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Selene raconte... - Page 6

  • Premières lignes #8

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.
    Pour ma part, j’ai décidé de vous faire découvrir mes coups de cœurs !

     

    Cette semaine, je vous présente La reine clandestine de Philippa Gregory dont vous pouvez lire le résumé et ma chronique ICI

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    J’ai pour père sir Richard Woodville, baron Rivers, noble du royaume, propriétaire de bonnes terres et partisan des véritables rois d’Angleterre : la lignée de Lancastre. Ma mère tire ses quartiers de noblesse du duché de Bourgogne. Dans ses veines coule le sang de Mélusine, qui fonda cette auguste maison avec le premier des ducs, son amant. La voix de la déesse se fait encore entendre quand, par-dessus les toits du château, elle avertit d’un long cri plaintif que le fils héritier se meurt, que la famille est maudite.
    Du fait de cette ascendance contradictoire, de cette solide terre anglaise à laquelle se mêlent les eaux françaises, on me tient tantôt pour une fille ordinaire, tantôt une enchanteresse. Certains affirment que ces deux qualités me dépeignent d’égale mesure. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, alors que je brosse ma chevelure avec soin, la couvre de ma plus haute coiffe, puis prends la route de Northampton avec mes deux fils à la main, je donnerais tout ce que je possède pour être simplement irrésistible.
    Il me faut attirer l’attention d’un jeune homme qui s’apprête à livrer une énième bataille contre un ennemi invincible. Peut-être ne m’apercevra-t-il même pas. Son humeur ne le portera ni à l’écoute d’une requête ni au badinage. Je dois susciter sa compassion pour qu’il mette un terme à mes tourments. Cet homme, au cou duquel se pendent chaque soir des femmes magnifiques, doit également choisir parmi des centaines de postulants dès qu’il lui plaît d’octroyer un poste.
    Ce personnage est un usurpateur, un tyran, mon ennemi tout comme son père l’était avant lui. Mon propre père s’en fut combattre à Towton ce gamin vantard qui se proclame roi d’Angleterre. Jamais je ne vis chevalier plus brisé que lui lorsqu’il revint de cette bataille, livide, la chemise imbibée de sang. Il balbutiait que ce jouvenceau surpassait les plus grands commandants, que notre cause était perdue. Vingt mille hommes périrent à Towton ; aucun champ de bataille anglais n’avait jamais été jonché d’autant de cadavres. Mon père qualifia la victoire yorkiste de véritable « fauchée de Lancastriens ». Dans son sillage, le roi Henri, notre souverain légitime, dut s’enfuir en Écosse avec son épouse, la reine Marguerite d’Anjou.
    Ceux d’entre nous demeurés en Angleterre ne se rendirent point sans combattre. Les échauffourées se succédèrent contre ce faux roi, cet enfant d’York. Mon propre époux, sir John Grey, périt à la tête de notre cavalerie à la bataille de St Albans, il y a trois ans, me laissant veuve, dépossédée de mes terres et de ma fortune. Ma belle-mère s’en est alors emparée, avec la bénédiction du véritable vainqueur. Celui que l’on surnomme le « faiseur de rois » : Richard Neville, comte de Warwick. Ce talentueux marionnettiste, maître de l’enfant-roi yorkiste, est parvenu à transformer en monarque un gamin vaniteux de vingt-deux ans. Il s’emploie aujourd’hui à convertir l’Angleterre en antichambre de l’enfer pour les partisans de la maison de Lancastre.
    Les Yorkistes occupent à présent toutes les positions dominantes du royaume, tirent profit des places fortes, des commerces et des impôts les plus lucratifs. Les amis du jeune souverain forment la nouvelle cour. Quant à nous, les vaincus, nous sommes devenus des étrangers dans notre propre pays, tandis que notre reine ourdit sa vengeance avec un vieil ennemi de l’Angleterre, Louis de France. Il nous faut accepter les conditions dictées par le tyran d’York, priant en notre for intérieur que Dieu s’en détourne et assiste notre souverain légitime lorsqu’il guidera son armée vers l’ultime confrontation.
    Dans l’intervalle, je m’applique à recoller les morceaux épars de ma vie. J’ambitionne de récupérer ma fortune, sans pouvoir compter sur l’aide de parents ni d’amis car j’appartiens à une famille de traîtres, pardonnés mais honnis, dépouillés de tout pouvoir.

     

    Alors, tentés?

  • [Film] In her shoes

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    Titre original : In her shoes

     

    Réalisé par : Curtis Hanson

     

    Date de sortie : 16 novembre 2005

     

    Genre : Comédie

     

    Pays d’origine : USA

     

    Durée : 2h10

     

    Casting : Cameron Diaz, Toni Collette, Shirley MacLaine, Mark Feuerstein, Ken Howard, Jerry Adler,

     

    Résumé : Maggie est convaincue que son seul atout dans la vie réside dans son art d'aimanter le sexe opposé. Dyslexique et certaine de n'avoir aucune aptitude intellectuelle, elle a toujours privilégié le maquillage aux livres. Sa principale qualité : savoir toujours dénicher la tenue idéale pour n'importe quelle occasion.
    Rose est en revanche une brillante avocate officiant dans un prestigieux cabinet de Philadelphie. Mais cette grande bosseuse a un point faible : son corps et ses incessantes variations de poids qui l'ont poussé depuis longtemps à renoncer à toute sorte de vie amoureuse. Son unique réconfort : les chaussures, car contrairement aux vêtements, elles lui vont toujours bien.
    Tout oppose les deux sœurs, dont l'unique point commun est la pointure.
    Après un violent clash, les deux sœurs vont peu à peu se rapprocher...

     

    Mon avis : La première chose qui frappe quand on voit Maggie pour la première fois, c’est son côté excessif. Ensuite on remarque son attitude avec les hommes et son égoïsme.
    Rose, au contraire, est posée et habitée par un sens du devoir, surtout concernant sa sœur, qui la met sans cesse dans des situations compliquées. Elle peut paraître un peu froide mais on a l’impression qu’elle compense ainsi la trop grande « amicalité » dont fait preuve sa petite sœur.

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    Après la mort de sa mère, Rose a, de toute évidence, du prendre soin de sa petite sœur et a grandi très vite, prenant conscience de ses responsabilités, alors que Maggie est restée la petite fille couvée et choyée.
    Rose se voit comme insignifiante et semble toujours être étonnée qu’un homme lui trouve de l’intérêt. Maggie, elle, de son côté, pense qu’elle n’a rien d’autre à offrir que son corps et n’hésite pas à s’en servir pour obtenir ce qu’elle veut.
    Avec ses deux personnalités diamétralement opposées, il n’est pas étonnant qu’il finisse par y avoir un clash. Refusant de retourner chez son père à cause de la présence de sa belle-mère, Maggie, en fouillant dans les tiroirs pour trouver un peu d’argent, va trouver un sacré secret de famille qui va la conduire à Miami.
    Séparée et sans nouvelles l’une de l’autre, les deux sœurs vont pouvoir développer leur part de personnalité qui semblait réservée à l’autre : l’intelligence et les responsabilités pour Maggie, la séduction et le bien-être pour Rose.
    J’ai adoré voir l’évolution de Maggie.

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    Plus que celle de Rose car Rose ne se heurtait qu’à un léger manque de confiance en soi qui pouvait facilement disparaître avec l’affection de son petit ami. Mais pour Maggie, son manque de confiance est d’autant plus important qu’elle se croit stupide à cause d’un problème bien réel qui n’a pas été pris en charge : la dyslexie.
    Et tout vient de là pour Maggie : cataloguée ravissante idiote depuis son plus jeune âge, elle a fini par penser qu’elle n’avait pour elle que son corps et son visage.
    J’ai beaucoup aimé le rôle qu’à Ella dans le changement des deux sœurs.

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    En revanche, je ne comprends vraiment pas ce que le père attend pour remettre son horrible femme à sa place. Elle se montre odieuse avec les filles de son mari et, si on peut se dire qu’avoir Maggie à la maison, avec ses sorties, et ses retours alcoolisés au petit matin n’a pas dû être de tout repos, rien ne justifie l’attitude qu’elle va avoir lors de la petite fête donnée pour Rose.
    Même si la fin est sans surprises, on passe un excellent moment, avec un film plein d’émotions.


  • [Livre] Mémoires gelées

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    Résumé : Un matin de décembre, dans une petite ville suédoise, Seja est réveillée par un coup de fil d’Ake Melkersson, son voisin. Ake, sous le choc, lui apprend avoir découvert un homme mort, le bas du corps écrasé par une voiture. Lorsqu’elle l’accompagne sur le lieu du crime, le fragile équilibre qu’elle avait bâti dans sa vie est bouleversé. Seja rencontre l’inspecteur Christian Tell, en charge de l’affaire. Les indices restent minces et les choses se compliquent encore lorsqu’une nouvelle victime est retrouvée, tuée dans les mêmes circonstances. Sans compter le début d’une liaison entre Christian et Seja… Pourtant la jeune femme dissimule des éléments à l’inspecteur, se gardant de lui révéler que certains aspects des meurtres lui rappellent une jeune fille connue des années auparavant. Quel est le lien entre ces meurtres et les événements qui se sont déroulés douze ans plus tôt ? Le passé ressurgit, non sans conséquences pour Seja, pour l’enquête et pour le commissaire Christian Tell lui-même…

    Auteur : Camilla Ceder

     

    Edition : 10/18

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 05 septembre 2013

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Dans une ville au nom imprononçable (en tout cas pour moi), un homme d’un certain âge fait un détour pour demander à un garagiste de jeter un œil sur sa voiture. Il tombe nez à nez (si on veut) avec le cadavre du bonhomme et le moins qu’on puisse dire, c’est que celui qui s’en est occupé ne voulait vraiment pas qu’il s’en sorte.
    Il remonte vite fait dans sa voiture et va appeler la police (pas fou le vieux, il ne va pas rester à côté si y’a un psychopathe dans la nature). La voiture étant en train de rendre l’âme, il appelle sa voisine, une étudiante en journalisme, pour qu’elle vienne avec lui sur les lieux où la police l’attend pour l’interroger.
    Le livre alterne entre le présent (et donc les meurtres) et le passé, douze ans plus tôt où on suit My, une jeune fille un peu paumée affublée d’une mère très déséquilibrée. Il ne faut pas être Agatha Christie pour se douter qu’il y a un lien entre les deux histoires ! Mais lequel ! On va le découvrir, enfin du moins s’en douter fortement, au fur et à mesure de l’histoire de My. Du coup, on se retrouve vite dans la position du lecteur qui connait des faits que les inspecteurs ignorent encore, tout en ne découvrant les indices qu’en même temps qu’eux. C’est assez étrange car on a l’impression d’en savoir à la fois plus et moins qu’eux.
    L’histoire est assez fournie, les flics ne tombent pas sur la solution en un claquement de doigts, ils se lancent parfois sur de fausses pistes avant qu’un indice ne leur fasse remettre leurs découvertes en question et les remettent sur la bonne voie.
    J’ai beaucoup aimé que les flics soient humain, entre celui qui a tout pour plaire : misogyne, homophobe, xénophobe et tout ce que vous voulez d’autres, mais qui est a de l’expérience et donc dont on ne peut se passer, ou le commissaire qui entame une relation avec la journaliste, qui est notée comme premier témoin dans l’affaire, ce qui est donc loin d’être déontologique. La journaliste, elle, est assez perdue, obsessionnelle presque. J’ai eu l’impression que quand un homme s’intéresse à elle, elle ne supporte pas qu’il s’éloigne d’elle, ne serait-ce que pour son travail. Certes, au début on apprend qu’elle a vécu une rupture douloureuse, mais son attitude moitié femme envahissante, moitié journaliste sans scrupule m’a souvent agacée.
    J’ai bien aimé que les policiers, et donc du coup le lecteur, aient parfois l’esprit occupés par des détails inutiles. Parce que dans une enquête de police, si on ne peut négliger aucune piste, beaucoup ne donnent rien (Si c’était facile, on serait tous flics !).
    La fin m’a parue un peu rapide, mais d’un autre côté, ça fait du bien de voir un thriller qui, lorsque les policiers ont la réponse à l’énigme, ne nécessite pas encore 70 pages pour l’arrestation du coupable.
    C’était la première fois que je lisais un roman de Camilla Ceder, et j’ai bien aimé. Je la relirai sûrement si elle écrit un autre bouquin qui soit traduit en français.

     

    Un extrait : Sa mémoire lui jouait des tours. À chaque tournant s’ouvrait une nouvelle portion de route à travers une campagne déserte. Heureusement, le jour pointait. Il discerna soudain des cimes d’arbres au-dessus de la chaussée étroite.

    Si ça se trouve, il n’existe plus, cet atelier de mécanique, songeait-il en regrettant son expédition, lorsqu’au détour du virage, les phares balayèrent une vieille grange croulante. En face, la maison d’habitation n’était pas non plus en très bon état et dans la cour s’entassaient des carcasses de voitures. Un coin perdu, mais l’enseigne métallique au nom de Thomas Edell, mécanique et carrosserie figurait en bonne place. Comme dans son souvenir.

    Soulagé, il gara son engin entre deux pick-up déglingués. Un silence presque religieux régnait sur les lieux. Il sortit de voiture, s’étira les jambes, respira profondément l’air glacé du matin et leva les yeux vers la maison aux planches de bois grisâtres. Les fenêtres étaient noires. Un flot de lumière sortait d’un bâtiment en tôle dans le prolongement de la grange : un garage, dont la porte était relevée.

    Rien d’étonnant à 7 heures passées. Les bosseurs commencent tôt, il en savait quelque chose. En revanche, qu’on ne l’ait pas entendu arriver, dans cette guimbarde… Un silence de mort. Il tâcha de signaler sa présence, toussa et traversa la pelouse.

    Le sol de l’atelier était encombré, mais il n’y avait apparemment personne. Une Nissan Micra, perchée sur l’élévateur, lui cachait la vue ; il pénétra plus avant dans le local.

    — Ohé !

    À la jonction avec la vieille grange, un box en contre-plaqué faisait office de bureau : mal rangé, vide, mais la radio grésillait, allumée sur moyenne fréquence. Il reconnut la station Romances et Ballades. Puis il réalisa qu’il serait en retard à son travail, à son pot de retraite, et que l’endroit, en dépit des apparences, était désert. Il regagna la pelouse et décida de faire un dernier tour.

    Plus tard, il se rappellerait cette sensation de malaise qui l’avait pris au ventre. Pas seulement à cause du retard ou de la tête du directeur Englund. Une sensation indéfinissable. Il frôla la crise cardiaque quand un chat blanc et noir bondit d’une fenêtre de la cave en poussant un miaulement plaintif. Une seconde après, il vit l’homme, étendu sur la bande de gravier qui longeait la grange. Toute la partie inférieure du corps était plus ou moins… écrasée.

    On l’a aplati, pensa Åke Melkersson dans un gloussement hystérique. Comme dans les BD, quand les personnages passent sous des rouleaux compresseurs et ressortent plats comme des crêpes. Sauf qu’il n’y avait jamais de sang sur ces vignettes. Là, oui : la tête nageait dans une mare de sang qui lui faisait une auréole rouge.

    Åke recula et se mit à vomir. Une première fois, puis il s’essuya la bouche sur la manche de sa veste, et une seconde fois, sur son pantalon. Pas question de me présenter au boulot dans cet état. Il se précipita vers sa voiture ; une brusque marche arrière lui valut de perdre le pot d’échappement, lequel racla le sol sur tout le trajet pour rejoindre la nationale.

    Une fois parvenu en zone civilisée, il osa se garer devant un arrêt de bus et composa le 112 d’une main tremblante.

    La policière lui parla sans émoi, cherchant simplement à obtenir le maximum d’informations. Il se ressaisit ; alla jusqu’à proposer de retourner sur les lieux. Il ne voulait pas inquiéter Kristina en faisant venir la police à la maison, surtout pour une affaire comme ça.

     

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  • [Livre] Des maris pas comme les autres

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    Résumé : Des maris insolites, illustres dans l'Histoire, de toutes natures et de tous genres. Des bons, des méchants, des drôles, des affreux, des navrants...

    Certains célèbres comme Du Guesclin, éternel absent, et d'Artagnan, marié à une terrible bigote.

    Peu importe leur place dans l'Histoire, c'est de leur qualité d'époux qu'il est question dans ce livre. Ils s'y montrent aussi différents qu'ingénieux. Les tragiques, les assassins, les brutes, les bigames, les trompeurs et les trompés, les bizarres, ainsi que les modèles...

    Juliette Benzoni nous guide dans une joyeuse et cruelle galerie de maris pas comme les autres.

     

    Auteur : Juliette Benzoni

     

    Edition : Bartillat

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 08 janvier 2004

     

    Prix moyen : 23€

     

    Mon avis : Juliette Benzoni nous fait découvrir certains faits de l’histoire d’un autre point de vue : celui du mariage de ses protagonistes.
    Richelieu, homme de pouvoir, capable d’imposer sa famille dans tous les cercles, a fait le malheur de deux de ses nièces en forçant des hommes qui n’avaient rien demandé à les épouser. Mme de Maintenon, en voulant forcer le bonheur de jeunes gens, condamnera la jeune fille à une vie sans amour.
    Juliette Benzoni a classé les époux en différentes catégories : les volages (ou pourvus d’une épouse volage), les brutes, les assassins, les époux presque modèles… Charlemagne occupe une place à part, il faut dire que c’était un sacré gaillard et qu’il n’a pas été de tout repos pour ses épouses.
    Qui aurait pensé que d’Artagnan, rendu célèbre par Alexandre Dumas, a épousé une telle bigote qu’elle prendra ombrage d’un portrait de la reine présent dans les appartements de son époux ?
    C’est une lecture très intéressante mais j’ai décelé quelques légèretés dans les dates. Un exemple : Marie-Catherine de Brignole-Sale qui va épouser Honoré III de Monaco, est supposée, au début du chapitre, avoir 16 ans en 1755. Donc si je calcule bien, cela veut dire qu’elle serait née en 1739. A la fin du chapitre, il est dit que son amant demande la permission de l’épouser en 1808, une fois qu’elle est veuve. Il est dit qu’elle a alors 62 ans. Or, vu son année de naissance, elle aurait eu 62 ans en 1801… quelques lignes plus loin, il est dit que les amoureux passèrent 4 ans ensemble avant le décès de l’un d’entre eux en… 1883… De deux choses l’une, ou Juliette Benzoni a écrit des dates approximatives avec intention (ou pas) de les vérifier et a oublié de le faire (ou s’est dit que le correcteur de la maison d’édition s’en changerait), ou il y a eu un très gros cafouillage à l’impression… dans les deux cas, ça ne fait pas sérieux et ça m’a fait douter de toutes les dates avancées dans le livre.
    A part cet inconvénient (assez important cela dit dans un livre historique), j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ces couples parfois heureux, parfois pas du tout, mais toujours atypiques.

     

    Un extrait : La nuit était noire, et dans le château, le silence était complet. A l’extérieur, sur les vieilles murailles féodales qui dominaient du haut de leur butte la campagne environnante, seul résonnait le pas lourd et lent des sentinelles et, parfois, le claquement d’une hallebarde reposée un peu brutalement.
    La femme, debout dans l’obscurité du couloir, l’oreille collée au vantail sculpté d’une porte, retenait sa respiration. Elle écoutait avec passion. Aucune lumière, cependant, ne filtrait sous cette porte. Quel secret Catherine Evesque cherchait-elle donc à surprendre auprès d’une porte fermée sur une chambre obscure ? Le temps passait, et rien ne se faisait entendre.
    Soudain, un faible sourire de triomphe éclaira le visage ingrat de la guetteuse. Derrière le vantail, quelqu’un parlait… une voix de femme. Très faible d’abord et indistincte, elle devint plus claire au bout d’un moment, et son sourire s’accentua. Ce qu’elle entendait, c’étaient des mots d’amour… quelques phrases brèves, des mots sans suite, comme on en murmure lorsque l’on aime, ou lorsque l’on rêve. Un nom vint bientôt.
    - Jean…murmurait l’occupante de la chambre…Jean, je t’aime.
    C’était tout ce que Catherine Evesque voulait savoir. Mais sa curiosité ayant atteint son paroxysme, elle osa appuyer sur la poignée de la porte, essayer de l’ouvrir. Peine perdue. La porte était fermée à clef de l’intérieur.
    Alors, ramassant ses jupes autour d’elle pour ne pas faire de bruit, la femme s’éloigna le long des corridors obscurs jusqu’à l’escalier du donjon, éclairé de loin en loin par une torche tenue dans une griffe de fer. Avec une agilité que l’on n’eût pas attendue de sa corpulence, elle grimpa quatre à quatre jusque chez la marquise douairière.

     

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  • [Livre] Emmène-moi au ciel

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    Résumé : Lorsque Hailey apprend que son prochain vol a été annulé et qu'elle peut rentrer chez elle pour fêter son anniversaire avec son petit ami, la belle l'hôtesse de l'air exulte. Son retour anticipé lui permet d'avoir un peu plus de temps pour se préparer, détail non négligeable, car ce soir - elle en est convaincue, Michael va la demander en mariage. Mais quand elle franchit la porte de son appartement et qu'elle découvre son petit ami en charmante compagnie, la surprise est loin de celle qu'elle espérait... Au moment où elle saisit ses sacs pour fuir la scène, une chose est claire dans son esprit : sa vie vient de prendre un virage à 180 degrés. Hailey refuse de se laisser aller et décide de profiter enfin pleinement des avantages que lui offre son métier.

     

    Auteur : Alyson Noël

     

    Edition : Fleuve noir

     

    Genre : Chick Lit

     

    Date de parution : 22 janvier 2008

     

    Prix moyen : 5€

     

    Mon avis : Quand j’ai commencé à lire ce livre, je savais, par le résumé, que Mickael, le petit ami d’Hailey allait être surpris par cette dernière en charmante compagnie, mais j’étais loin d’imaginer la scène qui nous laisse pétrifiés, entre horreur (en se mettant dans les chaussures d’Hailey) et envie de se laisser aller au fou rire. Je n’avais pas non plus imaginé à quel point cet homme est un sale type, un vrai goujat qui ne comprend même pas ce qu’il y a de vexant dans ses paroles.
    Mais au-delà de la rupture d’Hailey, au-delà de son ami Clay ou de son envie de se remettre à l’écriture, on peut voir certaines réalités dérangeantes.
    D’abord, puisqu’on parle d’écriture, parlons un peu des maisons d’édition qui envoie des lettres contradictoires, réclamant une réécriture précise de certains passages pour ensuite refuser les livres sur la base de ces mêmes passages pourtant réécrits selon leurs consignes. Parlons aussi des auteurs « célèbres » qui se pensent irrésistibles ou qui « monnayent » leurs coups de pouce… franchement, parfois, il vaut mieux ne pas connaître ses idoles !
    D’ailleurs au niveau de l’écriture, j’ai trouvé Hailey particulièrement naïve. Dès le premier jet de son roman, elle s’attend à être rappelée séance tenante par une maison d’édition, n’envoie que 6 manuscrits, ne se renseigne pas sur les conditions de publication desdites maisons d’édition… bref, semble croire que le monde de l’édition n’attend qu’elle. Sa manière d’agir avec le voisin de Kat, qui ne fait jamais que lui donner des conseils montre aussi qu’elle se croit un peu supérieure aux autres.
    Mais ce que j’ai beaucoup aimé, c’est de lire l’envers du décor du « personnel naviguant ». Entre les horaires, les astreintes, les surveillances par des chefaillons n’ayant pas même la décence de se montrer polis, les exigences et/ou comportement des passagers, on croit halluciner et être transporter dans un monde parallèle. Hélas, je ne pense pas que l’auteur ait beaucoup exagéré les conditions de travail des hôtesses de l’air et des Stewards et je suis persuadée que si leur métier fait souvent rêver les populations, au quotidien, ça ne doit vraiment pas être une partie de plaisir.
    Bien entendu, j’ai souri lors des différentes aventures d’Hailey et surtout des raisons de ses différentes ruptures, mais vraiment le côté « dans les coulisses du personnel naviguant » m’a beaucoup plus intéressée que le reste.
    Une bonne lecture, légère et amusante.

     

    Un extrait : J'ai rencontré Clay lors du stage de formation d'Atlas Airlines, nous avons sympathisé dès le premier jour. Je lui dois, entre autres choses, d'avoir tenu jusqu'à la fin. En effet, j'aurais volontiers pris la fuite au bout de deux minutes, vu l'esprit de l'entreprise - entrain forcé, perfectionnisme maladif. Mais chaque fois que je parlais de renoncer, Clay me rappelait les avantages qui nous attendaient, lorsque nous aurions gagné nos ailes : les longues escales à l'étranger, dans des villes de rêve, le shopping à volonté dans les duty free, les rencontres faciles avec les passagers de première classe - des hommes riches, séduisants, et souvent célibataires.

    En échange, il nous fallait survivre à six semaines d'enfer, dont notre âme et notre personnalité ne ressortiraient sans doute pas indemnes, et que seul quelqu'un ayant connu un camp d'entraînement militaire pouvait espérer surmonter.

    On ne parle pas souvent de ces formations intensives, et seules les personnes travaillant dans le milieu sont au courant. Dans l'inconscient collectif, l'hôtesse de l'air reste avant tout un objet de fantasme, si bien que l'on nous témoigne rarement le respect qui nous est dû. En réalité, un système conçu pour maintenir ses employés dans une paranoïa constante et institutionnalisée n'a rien de fantasmatique. Oubliez de sourire et vous risquez d'être accusé d'insubordination et de recevoir un aller simple pour rentrer chez vous.

    Durant six longues semaines, deux formatrices, ressemblant à s'y méprendre aux actrices de Et l'homme créa la femme, nous ont enseigné l'art de survivre en pleine mer, avec trois fusées éclairantes, une écope, et une pauvre boîte de bonbons acidulés datant de l'Egypte ancienne, d'une marque totalement inconnue. Nous avons appris comment réagir en cas de décès en vol - ne jamais parler de « mort » -

    ou d'acte sexuel - proposer une couverture, détourner les yeux - ; comment ligoter sur son siège un passager agité à l'aide du ruban adhésif estampillé du logo de la compagnie ; comment agir efficacement en cas de : blessures à la tête, brûlure, hémorragie, accouchement impromptu, vomissement, énurésie, défécation ; comment tout nettoyer : revêtir une combinaison en plastique taille unique, puis utiliser du soda pour effacer les taches et des sachets de café lyophilisé pour chasser les mauvaises odeurs.

    Nous avons combattu des incendies, rampé dans des cabines obscures et enfumées. Nous avons même été jusqu'à évacuer un faux avion en glissant sur un vrai toboggan gonflable, exercice qui s'est soldé par trois pantalons déchirés, de nombreuses éraflures et un bras cassé - son propriétaire s'est d'ailleurs vu remercier, pour cause d'ossature défaillante.

    Ils ont revu nos coupes de cheveux et notre façon de nous maquiller. Ils nous ont interdit de porter des bijoux, nous ont bourré le crâne de propagande, et vivement découragé de poser des questions, de faire la moindre plaisanterie ou remarque, d'effectuer tout acte trahissant des velléités de libre expression.

    Et une fois qu'ils ont estimé nos esprits forts suffisamment domptés, et nos personnalités rebelles changées en bons petits soldats, ils nous ont renvoyés dans le monde, nous on fait monter à bord d'un Boeing, et nous ont rappelé de sourire en toutes circonstances.

     

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  • C'est lundi que lisez vous? #165

     

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog de Galleane.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

    lectures de la semaine passée.jpg

    L'étrangleur de Sandpoint pavé.jpg souviens toi du passé pavé.jpg

    Le cercle secret pavé.jpg alpha et omega T5.jpg

    lecture en cours.jpg

    eve dallas T16.jpg

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    Entre la reprise du travail et la semaine à lire, je vais taper dans des lectures que je ne chronique pas. J'ai suffisamment de chroniques en avance pour ne rien faire une petite semaine de plus!

    charley davidson T12.jpg Crime et imposture pavé.jpg le chant de la meute T4.jpg

    eve dallas T17.jpg eve dallas T17,5.jpg Le triangle maudit pavé.jpg

    menace à Manhattan pavé.jpg vampire chicago HS.jpg


    Et vous, que lisez-vous?

  • Premières lignes #7

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.
    Pour ma part, j’ai décidé de vous faire découvrir mes coups de cœurs !

     

    Cette semaine, je vous présente La servante écarlate de Margaret Atwood

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    Nous dormions dans ce qui fut autrefois le gymnase. Le sol était en bois verni, avec des lignes et des cercles tracés à la peinture, pour les jeux qui s’y jouaient naguère ; les cerceaux des paniers de basket-ball étaient encore en place, mais les filets avaient disparu. Un balcon courait autour de la pièce, pour recevoir le public, et je croyais sentir, ténue comme une image persistante, une odeur âcre de sueur transpercée par les effluves sucrés de chewing-gum et de parfum que dégageaient les jeunes spectatrices, que les photographies me montraient en jupes de feutrine, plus tard en minijupes, ensuite en pantalons, puis parées d’une unique boucle d’oreille, les cheveux en épi, striés de vert. On avait dû y organiser des bals ; leur musique y traînait encore, palimpseste de sons non entendus, un style succédant à l’autre, courant souterrain de batterie, plainte désespérée, guirlandes de fleurs en papier mousseline, diables en carton, boule de miroirs pivotante, poudrant les danseurs d’une neige de lumière.
    Cette salle sentait les vieilles étreintes, et la solitude, et une attente de quelque chose sans forme ni nom. Je me rappelle cette nostalgie de quelque chose qui était toujours sur le point d’arriver et qui n’était jamais comme ces mains alors posées sur nous, au creux des reins, ou comme ce qui se passait sur le siège arrière, dans le parking, ou dans le salon de télévision, le son coupé, avec seules les images à clignoter sur la chair émue. Nous soupirions après le futur. Comment l’avions-nous acquis, ce don de l’insatiabilité ? Il était dans l’air ; et il y demeurait, comme une pensée à retardement, tandis que nous essayions de dormir dans les lits de camp qui avaient été disposés en rangées, espacées pour que nous ne puissions pas nous parler. Nous avions des draps de molleton, comme ceux des enfants, et des couvertures de l’armée, des vieilles, encore marquées U.S. Nous pliions soigneusement nos vêtements et les déposions sur les tabourets placés au pied des lits. La lumière était en veilleuse, mais pas éteinte. Tante Sarah et Tante Élisabeth patrouillaient ; un aiguillon électrique à bétail était suspendu par une lanière à leur ceinture de cuir.
    Pas de pistolet, pourtant, même à elles on n’aurait pas confié une arme. Les revolvers étaient réservés aux gardes, triés spécialement parmi les Anges. Les gardes n’étaient pas autorisés à entrer dans le bâtiment, sauf sur appel, et nous n’étions pas autorisées à en sortir sauf pour nos promenades, deux fois par jour, à faire deux par deux le tour du terrain de football, qui était maintenant entouré d’une clôture en maillons de chaîne, surmontée de fil de fer barbelé. Les Anges se tenaient à l’extérieur, le dos vers nous. Ils étaient pour nous des objets de peur, mais d’autre chose aussi. Si seulement ils voulaient bien regarder. Si seulement nous pouvions leur parler. Quelque chose pourrait être échangé, pensions-nous, quelque arrangement conclu, quelque marché, nous avions encore nos corps. Tel était notre fantasme.
    Nous apprîmes à murmurer presque sans bruit. Dans la demi-obscurité nous pouvions étendre le bras, quand les Tantes ne regardaient pas, et nous toucher la main à travers l’espace. Nous apprîmes à lire sur les lèvres, la tête à plat sur le lit, tournée sur le côté, à nous entre-observer la bouche. C’est ainsi que nous avons échangé nos prénoms, d’un lit à l’autre.
    Alma. Janine. Dolorès. Moira. June.

     

    Alors, tentés?

  • [Film] The circle

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    Titre original : The circle

     

    Réalisé par : James Ponsoldt

     

    Date de sortie : 12 juillet 2017

     

    Genre : Drame

     

    Pays d’origine : USA

     

    Durée : 1h50

     

    Casting : Emma Watson, Tom Hanks, John Boyega, Karen Gillan, Patton Oswalt…

     

    Résumé : Les Etats-Unis, dans un futur proche. Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant au monde. Pour elle, c'est une opportunité en or ! Tandis qu'elle prend de plus en plus de responsabilités, le fondateur de l'entreprise, Eamon Bailey, l'encourage à participer à une expérience révolutionnaire qui bouscule les limites de la vie privée, de l'éthique et des libertés individuelles. Désormais, les choix que fait Mae dans le cadre de cette expérience impactent l'avenir de ses amis, de ses proches et de l'humanité tout entière…

     

    Mon avis : Quand Mae décroche un boulot au cercle, boite de technologie et médias sociaux, on se dit que tout commence bien pour elle : le travail n’est guère différent que celui qu’elle exerce déjà mais mieux payé et dans des locaux plus grands, plus aérés, plus agréables. Les chefs sont sympas, ouverts, serviables ; elle peut loger sur place, la boîte étant une sorte de ville dans la ville proposant tout le confort : piscine, clubs de sports, bibliothèques, discothèques, soirées, concerts, et elle a une super mutuelle (ce qui, aux USA, reste essentiel à un niveau de vie correct).

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    Le rêve quoi.
    Sauf que le rêve dure environ une demi-heure. Ensuite le rêve commence à devenir flippant avec l’arrivée de deux télétubbies toutes dents dehors s’étonnant que Mae ne soit pas inscrite sur des forums parlant de la maladie de son père, qu’elle ne poste pas chacune de ses activité à la seconde où elle les fait, qu’elle ne soit pas « ouverte » à la communauté. Suit une visite médicale qui aurait sans doute valu un procès à la boite s’ils m’avaient fait le même coup qu’à Mae. Plus on avance dans la découverte du cercle et plus on se demande où on est tombé : ils vont jusqu’à parler de vol quand on ne filme pas une expérience vécue. Le cercle considère comme un droit fondamental de chacun de partager les expériences de tous à l'aide de micro-caméras. Les secrets sont vus comme des mensonges et la vie privée comme de l’égoïsme.

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    Alors bien sûr, tout n’est pas complètement négatif, et Mae va montrer que le programme peut aider la justice à parvenir à ses fins. Cependant, comme souvent quand il s’agit de réseaux sociaux, il y a des dérives, des dérivent importantes. Comme, déjà aujourd’hui, les gens pensent que le fait d’être cachés derrière un écran leur permet de dire tout et n’importe quoi, du jugement de valeur à l’insulte pure et simple, l’effet de groupe a le même effet dans le cercle. Non seulement les gens vont de plus en plus loin, mais chacun se dédouane de toute responsabilité au prétexte que les autres l’ont fait. Plus personne n’est responsable de rien, n’est coupable de rien, du moment que tout est public. Les victimes sont montrées du doigt car c’est elles qui sont considérées comme coupables d’avoir voulu garder leur intimité secrète. Ce qui, aux yeux de la masse, justifie tout.
    Le film, s’il a des défauts, s’il n’est certainement pas à la hauteur du livre (que j’ai hâte de lire), montre clairement la pente glissante sur laquelle nous sommes déjà engagés. Le film alerte sur les dérives du « tout partager » sans pour autant prôner un retour au monde avant les réseaux sociaux. Il rappelle juste qu’il faut réfléchir avant de poster commentaires, vidéos, photos, sur nous-même et a fortiori sur les autres, surtout quand ils ne vous ont rien demandé.




  • [Livre] Horreur boréale

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    Résumé : Une ferveur religieuse sans précédent s'est emparée de la petite ville minière de Kiruna, en Laponie, depuis que le charismatique Viktor Strandgârd, le Pèlerin du Paradis, a survécu à un terrible accident et est revenu d'entre les morts. Pourtant, un matin, il est retrouvé sauvagement assassiné et mutilé dans l'église de la Force originelle où il officiait. Sanna, la fragile sœur de Viktor, demande à son amie d'enfance, Rebecka Martinsson, avocate fiscaliste à Stockholm, de venir la soutenir et l'aider à échapper aux soupçons de la police. Rebecka, aux prises avec son passé et menacée par les disciples de cette communauté religieuse qu'elle a fuie, doit prouver l'innocence de Sanna au nom d'une amitié depuis longtemps brisée...

     

    Auteur : Asa Larsson

     

    Edition : Folio

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 02 février 2011

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Concernant Rebecka Martinsson, j’ai pris les choses à l’envers. J’ai d’abord lu le tome 4 dans le cadre du grand prix des lectrices ELLE ; puis le tome 5 dans le cadre de la masse critique Babelio. Enfin, je me suis dit, qu’il était peut-être temps de savoir comment tout avait débuté !
    Dans ce premier tome, Rebecka est avocate fiscaliste. Autant vous dire que j’ai passé ma lecture à chercher les indices indiquant qu’elle pourrait devenir procureur un jour (c’est ça de commencer par la fin !).
    Rebecka revient pour la première fois depuis des années dans sa ville natale pour épauler une ancienne amie qui se trouve suspecte dans l’assassinat de son frère, un pilier de la communauté religieuse.
    On ne peut pas franchement dire que Rebecka se précipite à son aide, mais, au fil des pages, on comprend à la fois ses réticences à aider Sanna et celles à retourner à Kiruna.
    Il faut dire que Rebecka a autrefois fait partie de cette communauté religieuse, qui, pour ma part, ressemble plus à une secte qu’à une religion. On sait qu’elle n’est pas la bienvenue à Kiruna, mais on ne comprend ce qu’il s’est passé que par bribes, au travers de flash-backs concernant le passé de Rebecka.
    Les personnages sont complexes : Rebecka a refait sa vie et n’a aucune envie de retourner à Kiruna mais se sent un peu obligée de le faire au nom d’une amitié qui n’existe plus vraiment (et on le comprend quand on avance dans les flash-back) ; Les pasteurs de la communauté agissent en complète contradiction avec les valeurs qu’ils prônent, ils sont avides, cupides, n’hésitant pas à plier la loi à leur avantage, sûr que personne ne va venir leur reprocher quoi que ce soit, puisqu’ils tiennent la majorité de la population sous leur coupe ; Le patron de Rebecka se comporte parfois comme un vrai crétin, et parfois comme un type vraiment génial.
    Personnellement j’aime beaucoup la flic : Anna-Maria Mella. Enceinte, interdite de terrain jusqu’à son accouchement, elle ne vient, au début, que jeter un œil pour donner son avis à un collègue. Puis elle est prise dans la spirale et ne cesse de se mêler de l’enquête, frisant plus ou moins d’insubordination toutes les deux minutes. Elle conduit comme une folle, n’a absolument aucun tact, et j’ai pensé que c’était un miracle qu’elle n’ait pas accouché sur une scène de crime !
    En dehors des « pasteurs », qui sont tous plus méprisables les uns que les autres (je ne supporte pas ceux qui tentent d’utiliser Dieu pour soumettre les gens à leurs 4 volontés), le personnage que j’ai le moins supporté est Sanna. Je sais bien qu’elle a toujours été soumise à la secte, que ses parents l’ont élevée pour qu’elle soit une godiche soumise et silencieuse, mais son attitude, tout au long du livre, m’a donné envie de lui foutre des baffes pour la sortir de son monde et la ramener dans la réalité.
    On a beau avoir de sérieux doutes sur l’identité du ou des coupable(s), la tension reste intacte jusqu’à la fin. Et pour ma part, même une fois le livre refermé, pour un certain personnage, je doute encore !

     

    Un extrait : Sanna reprit la parole. Sa voix semblait aussi fragile que la glace de septembre. Cette voix, Rebecka la reconnaissait : eau noire et glaciale tourbillonnant sous une surface lisse en apparence.

    — Ils lui ont coupé les mains. Et ses yeux étaient… enfin, tout ça est si étrange. Quand je l’ai retourné, sa nuque était… Je crois que je deviens folle. Et la police me recherche. Ils sont venus à la maison très tôt ce matin. Je n’ai pas ouvert et j’ai dit aux filles de ne pas faire de bruit. Ils doivent penser que j’ai tué mon propre frère. Alors j’ai pris les petites et je suis partie. J’ai peur de ne pas tenir le coup. Pourtant ce n’est pas ça le pire.

    — Non ? dit Rebecka.

    — Sara était avec moi quand je l’ai trouvé. Lova aussi mais elle dormait dans le traîneau devant l’église. Sara est sous le choc. Elle ne prononce plus un mot. J’essaie de lui parler mais elle reste prostrée devant la fenêtre, ses cheveux derrière les oreilles.

    Rebecka sentit son estomac se nouer.

    — Pour l’amour de Dieu, Sanna, fais quelque chose. Appelle l’hôpital psychiatrique et demande une consultation d’urgence. Vous avez besoin de soutien psychologique, tes filles et toi. J’ai l’air de dramatiser la situation, bien sûr, mais…

    — Je ne peux pas et tu le sais bien, gémit Sanna. Papa et maman prétendront que je suis folle et ils chercheront à m’enlever les enfants. Tu les connais. Et puis notre Église exècre les psychologues, les hôpitaux et tout ce qui s’en approche. Nos fidèles ne comprendraient pas. Je ne peux pas parler à la police non plus, ils compliqueraient la situation. Je n’ose même pas répondre au téléphone par peur des journalistes. Les débuts de notre cause ont été aussi mouvementés que pénibles. Les gens appelaient pour traiter Viktor de cinglé. Selon eux il était victime d’hallucinations.

    — Tu comprends que tu ne vas pas pouvoir continuer à te cacher comme ça, implora Rebecka.

    — Je n’en peux plus, je n’en peux plus, dit Sanna comme pour elle-même. Excuse-moi de t’avoir dérangée, Rebecka, tu as sûrement du boulot qui t’attend.

    Bon sang de bordel de merde, jura intérieurement celle-ci.

    — J’arrive, soupira-t-elle. Mais tu dois accepter de parler à la police. Je viens pour te soutenir, O.K. ?

    — D’accord, murmura Sanna.

    — Es-tu capable de conduire et d’aller jusqu’à la maison de ma grand-mère, à Kurravaara ?

    — Je peux demander à quelqu’un de m’y accompagner.

    — Bon. Il n’y a jamais personne là-bas en hiver. Emmène Sara et Lova. Tu te souviens où est cachée la clé. Fais du feu. Je serai là cet après-midi. Tu vas pouvoir tenir le coup jusque-là ?

    Après avoir reposé le combiné, Rebecka resta un instant à fixer l’appareil. Déboussolée, elle se sentait vidée de l’intérieur.

    — Bon sang, c’est pas croyable, dit-elle désespérée à Maria Taube. Elle n’a même pas eu besoin de me le demander.

     

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  • [Livre] Il était une fois – T05 – La jeune fille à la tour

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    Résumé : De passage à Londres, le duc de Kinross succombe au charme de la ravissante Edith Gilchrist. Parée de toutes les qualités nécessaires à une épouse, elle joue en prime divinement bien du violoncelle. Quelques baisers volés leur promettent déjà mille délices. Pourquoi faire traîner les fiançailles ? Le mariage est rondement célébré. Mais, contre toute attente, la nuit de noces se passe mal. La jeune femme s'isole dans la plus haute chambre du château de Craigievar. Et Gowan se retrouve face à un sacré défi : conquérir le coeur et le corps de la Belle de la Tour... sa duchesse

     

    Auteur : Eloïsa James

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 18 juin 2014

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Dernier tome de la saga « il était une fois », celui-ci est supposé s’inspirer de Raiponce. Mais j’ai trouvé que la tour dans son rôle principal arrivait bien trop tard dans l’histoire pour justifier le titre.
    En effet, ce n’est que dans les 50 dernières pages que l’histoire tourne autour de la tour. Avant cela, il s’en est passé des choses ! D’ailleurs, Edith ne file pas s’enfermer dès la nuit de noce passée, contrairement à ce que laisse entendre le résumé, mais bien longtemps après.
    J’ai beaucoup aimé Layla, même si son comportement est parfois un peu inconséquent. Déjà, elle n’aurait pas dû mentir à sa belle-fille concernant la nuit de noce. Ce mensonge va participer au désarroi d’Edith qui va penser que le problème qu’elle rencontre n’est pas normal. Si elle avait été prévenue, elle aurait pu dire à son époux que c’était éprouvant et qu’elle avait besoin de quelques jours avant de recommencer. Franchement, quand on voit le caractère du bonhomme, on se doute qu’il aurait compris et ne se serait pas imposé à sa femme.
    Au début, je ne supportais pas Bardolph, j’avais l’impression qu’il cherchait un peu à conserver sa place de numéro 1 auprès de Gowan, même si cela devait se faire aux dépends de la vie du couple de son patron. Mais finalement, j’ai fini par l’apprécier. Il cache bien son jeu !
    J’ai trouvé Gowan un peu pénible. Entre sa manière de ne pas lâcher ses livres de compte une seconde, comme si la moindre seconde passée à autre chose était une seconde perdue, et sa façon de s’occuper de sa sœur, j’ai trouvé qu’il n’était vraiment pas à la hauteur. Tout dois aller vite avec lui, et peu importe s’il brise des cœurs et blesse des sentiments au passage.
    D’un autre côté, Edith est tout aussi pénible que lui avec sa musique. Je comprends qu’elle soit passionnée, mais à un moment donné, il n’y a pas que ça dans la vie. Elle s’est mariée, elle pourrait grandir un peu et prendre ses responsabilités de châtelaine un peu au sérieux au lieu de sans cesse chercher à s’en décharger sur d’autres. Ce n’est quand même pas comme si on lui demandait de trimer dans les champs du matin au soir.
    Et surtout, ces deux-là m’ont exaspérée à ne jamais se parler franchement. Tout se complique uniquement parce qu’ils sont trop fiers pour dire les choses et on aurait envie d’entrer dans le livre pour leur filer des baffes !
    La lecture demeure agréable, bien que la fin soit, comme toujours dans les romances historiques, très prévisible. Mais ce n’est pas mon tome préféré de la saga !

     

    Un extrait : Dans la mesure du possible, Gowan Stoughton de Craigievar, duc de Kinross, chef du clan MacAulay, évitait les endroits pleins d’Anglais. Ces derniers débitaient des potins à n’en plus finir, avec dans le crâne plus de cérumen que de cervelle, comme disait son père autrefois – et Shakespeare avant lui.

    Le voilà pourtant qui s’apprêtait à faire son entrée dans un bal au cœur de Londres au lieu de jeter sa ligne dans un loch des Highlands, ce qu’il aurait préféré de très loin. La vie était ainsi faite, la sienne en tout cas : la pêche à l’épouse avait pris le pas sur celle au saumon.

    À l’instant où il fut annoncé, une kyrielle de jeunes femmes se tournèrent vers lui, dévoilant avec un bel ensemble des rangées de dents aussi parfaites qu’étincelantes. Des sourires un peu trop guindés à son goût, sans doute un réflexe lié à son titre. Après tout, il était un noble sans attaches, plutôt bien fait de sa personne. Et propriétaire d’un château.

    Ses hôtes, le comte et la comtesse de Gilchrist, l’attendant au pied de l’escalier, il échappa pour un temps à l’assaut des donzelles. Gowan appréciait Gilchrist – un homme sévère, mais juste, au regard maussade presque écossais. À la différence de la plupart des aristocrates, tous deux s’intéressaient à la finance et le comte était un investisseur hors pair. Étant tous deux gouverneurs, lui à la Banque d’Écosse, Gilchrist à celle d’Angleterre, ils avaient échangé une abondante correspondance ces deux dernières années, même s’ils s’étaient rarement rencontrés.

    — Milord, permettez-moi de vous présenter mon épouse, dit lord Gilchrist.

    À la surprise de Gowan, celle-ci était beaucoup plus jeune que le comte – pas plus de trente ans. Avec ses lèvres pleines et sensuelles, sa gorge opulente sertie dans un corsage froufroutant de soie rose, elle avait tout de ces aristocrates qui se plaisent à ressembler à des danseuses d’opéra. Gilchrist, lui, évoquait plutôt un prêtre austère. Un couple bien mal assorti.

    La comtesse lui parlait de sa belle-fille, Edith. Gowan s’inclina et exprima son plaisir ineffable à l’idée de rencontrer la jeune demoiselle.

    Edith. Quel affreux prénom !

    Seule une pipelette pouvait porter un prénom pareil. Une folle vieux jeu aux oreilles d’éléphant. Bref, une Anglaise.

    Sans crier gare, lady Gilchrist glissa son bras sous le sien et l’entraîna dans la salle de bal adjacente. Il parvint tout juste à réprimer un mouvement de recul. Lorsqu’il était jeune, une armée de serviteurs vibrionnait toujours autour de lui, ajustant ses vêtements, lui essuyant la bouche à table. Mais depuis ses quatorze ans, il ne tolérait de telles familiarités qu’en cas d’absolue nécessité.

    Il veillait à maintenir une barrière physique entre le monde et lui, même s’il était très rarement seul. Il ne regrettait pas ce manque d’intimité ; il considérait comme une perte de temps, par exemple, de s’habiller sans écouter simultanément le rapport de son secrétaire. Or, s’il y avait une chose que Gowan détestait, c’était perdre son temps. L’existence était déjà bien trop courte. Quelle idiotie de croire qu’elle était éternelle, ce que devait, selon lui, penser ces gens qui paressaient dans leur bain ou passaient des heures à lire de la poésie. Par inclination et habitude personnelles, il mettait un point d’honneur à entreprendre le plus de choses possibles à la fois.

    Le bal de ce soir en était un exemple parfait : avant sa rencontre avec des banquiers à Brighton le lendemain, il voulait l’avis de Gilchrist sur l’épineuse question de l’émission du billet d’une livre. Le comte donnait un bal où se bousculeraient les jeunes filles à marier. Et Gowan était en quête d’une épouse – pas une quête désespérée, juste urgente. Bref, il ferait d’une pierre deux coups.

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