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Selene raconte... - Page 4

  • C'est lundi que lisez-vous? #200

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog I believe in Pixie Dust.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

    lectures de la semaine passée.jpg

    Et en plus, il cuisine.jpg la boite à musique T02.jpg sorceline.jpg

    contes pour faire peur.jpg La cité du ciel.jpg

    lecture en cours.jpg

    la faute.jpg

    mes prochaines lectures.jpg

    Affaires secrètes.jpg am stram gram.jpg bride stories 3.jpg

    celimene et le cardinal.jpg contes pour faire peur.jpg Dix petites poupées.jpg

    Fandom.jpg la boite à musique T02.jpg la faute.jpg

    la menace du passé.jpg La mort s'invite à Pemberley.jpg la rumeur.jpg

    Les amours d'un fantôme en temps de guerre.jpg Les filles de salem.jpg Les quatre filles du reverend latimer.jpg

    l'ile des absents.jpg Mary Barton.jpg petits meurtres entre voisins.jpg

    sorceline.jpg une heure de tranquillité.jpg victoria.jpg


    Et les suites de séries:


    Eve Dallas T21.jpg Ni mariée ni enterrée T02.jpg 


    Et vous, que lisez-vous?

  • Premières lignes #42

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.
    Pour ma part, j’ai décidé de vous faire découvrir mes coups de cœurs !

     

    Cette semaine, je vous présente Glacé de Bernard Minier dont vous pouvez lire ma chronique ICI.

    glacé.jpg

    Chaque fois qu’il grimpait là-haut, il avait l’impression de saisir une vérité élémentaire de son existence. Mais il était incapable de dire laquelle.

    Huysmans déplaça son regard vers le sommet.

    Le terminus de la télécabine – un échafaudage métallique accroché à l’entrée bétonnée du puits d’accès – se rapprochait. Une fois la cabine immobilisée, les hommes emprunteraient une série de passerelles et d’escaliers jusqu’au blockhaus de béton.

    Le vent soufflait avec violence. Il devait faire dans les moins dix dehors.

    Huysmans plissa les yeux.

    Il y avait quelque chose d’inhabituel dans la forme de l’échafaudage.

    Quelque chose en plus…

    Comme une ombre parmi les entretoises et les poutrelles d’acier balayées par les bourrasques.

    Un aigle, songea-t-il, un aigle s’est pris dans les câbles et les poulies.

    Non, absurde. Mais c’était pourtant ça : un grand oiseau aux ailes déployées. Un vautour peut-être, prisonnier de la superstructure, empêtré entre les grilles et les barreaux.

    — Eh, regardez ça !

    La voix de Joachim. Il l’avait repéré, lui aussi. Les autres se tournèrent vers la plate-forme.

    — Bon Dieu ! qu’est-ce que c’est ?

    Ce n’est pas un oiseau en tout cas, songea Huysmans.

    Une inquiétude diffuse montait en lui. C’était accroché au-dessus de la plate-forme, juste en dessous des câbles et des poulies – comme suspendu dans les airs. Cela ressemblait à un papillon géant, un papillon sombre et maléfique qui se détachait sur la blancheur de la neige et du ciel.

    — Bordel ! c’est quoi ce truc ?

    La cabine ralentit sur son erre. Ils arrivaient. La forme grandit.

    — Sainte Mère de Dieu !

    Ce n’était pas un papillon – ni un oiseau.

    La cabine s’immobilisa, les portes s’ouvrirent automatiquement.

    Une rafale glacée chargée de flocons fouetta leurs visages. Mais personne ne descendit. Ils restèrent là, à contempler l’œuvre de folie et de mort. Ils savaient déjà qu’ils n’oublieraient jamais cette vision.

    Le vent hurlait autour de la plate-forme. Ce n’étaient plus des cris d’enfants que Huysmans entendait, mais ceux d’un autre supplice, des cris atroces couverts par les hurlements du vent. Ils reculèrent d’un pas à l’intérieur.

    La peur les percuta comme un train en marche. Huysmans se rua vers le casque à écouteurs, le vissa sur son crâne.

    — La centrale ? Ici Huysmans ! Appelez la gendarmerie ! Vite ! Dites-leur de rappliquer ! Il y a un cadavre ici ! Un truc de malade !

     

    Alors, tentés?

  • [Film] Descendants 2

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    Titre original : Descendants 2

     

    Réalisé par : Kenny Ortega

     

    Date de sortie : 17 avril 2017

     

    Genre : Jeunesse

     

    Pays d’origine : USA

     

    Durée : 1h51

     

    Casting : Dove Cameron, Cameron Boyce, Booboo Stewart, Sofia Carson, Mitchell Hope, China Anne McClain

     

    Résumé : Avec l'aide de ses amis de l'Ile de l'Oubli, Mal est devenue une parfaite Princesse au Royaume d'Auradon. Charmante, élégante, polie, bien élevée... elle sera bientôt sacrée "Lady" au prochain Bal Royal. Pourtant, tout n'est pas si rose pour la fille de Maléfique qui recommence à regretter sa vie passée. Décidée à découvrir sa véritable personnalité, Mal choisit de retourner sur l'Ile de l'Oubli et s'aperçoit que c'est désormais Uma - la fille d'Ursula la sorcière des mers - qui règne sur l'Ile et ses habitants. La terrible rivalité entre les deux amies d'enfance ne fait que commencer...

     

    Mon avis : J’avais trouvé le premier opus très moyen, avec des méchants un peu (beaucoup) ridicules et un jeu général des acteurs un peu trop forcé.
    Ces défauts sont nettement atténués dans ce second opus. Les jeunes acteurs semblent avoir pris de l’assurance et leurs parents fictifs, qui avaient le jeu le plus ridicule, sont tout simplement absent de l’histoire.
    On retrouve Mal, la fille de Maléfique, débordée et sous pression maintenant qu’elle est considéré comme la fiancée du roi Ben. Teinte en blonde, manucurée, vêtue de pastel, Mal s’étiole.

    descendants mal.jpg

    Elle a le sentiment, à juste titre j’ai l’impression, que le peuple d’Auradon veut oublier ses origines et ne voir en elle qu’une potiche insipide.
    L’envie de retrouver sa personnalité et sa liberté d’action et d’expression est de plus en plus forte au point que Mal fini par utiliser le grimoire de sa mère, qu’elle n’a pas donné à la bonne fée, pour regagner l’île.
    Sur l’ile justement, on trouve Uma, fille d’Ursula.

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    Comme tous les enfants de méchants, Uma n’est guère considérée par sa mère. Elle a toujours jalousée Mal et le départ de celle-ci pour Auradon a eu un double effet : d’une côté elle est rongée par la jalousie et d’un autre, elle a pu devenir une sorte de chef de gang, place qu’elle n’a jamais pu atteindre tant que Mal était là. Le retour de la jeune fille ne l’enchante donc pas.

    En digne fille de sa mère, Uma tente toujours d’obtenir quelque chose et là, ce qu’elle veut, c’est la baguette de la bonne fée qui pourrait lui permettre de briser la barrière et de libérer tous les méchants.

    D’un côté, je comprends l’amertume d’Uma. Il parait assez injuste que seuls 4 enfants de méchants aient eu une chance de changer de vie.
    D’un autre côté, on peut clairement constater que la plupart d’entre eux ne semblent pas décidés à vivre en respectant des règles. Je ne vois pas le fils de Crochet ou celui de Gaston s’intégrer à Auradon.

    descendants gil et harry.jpg

    Par contre, Java, la fille de Javotte, demi-sœur de Cendrillon, rêve de quitter l’ile. On l’imagine sans mal à Auradon avec sa gentillesse et sa surexcitation naturelle. Il n’y a pas un gramme de méchanceté chez cette rouquine survoltée raide dingue d’Evie qu’elle voit comme une grande sœur et un modèle, une idole.

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    L’histoire est parsemée de chansons (on est dans une production Disney tout de même). Elles sont rythmées et chorégraphiées mais j’avoue que ce n’est pas les moments que j’ai préférés. Dans les films d’animation, les passages chantés ne me dérangent pas et s’intègre bien à l’histoire, mais dans un film, ça me saoule vite.

    J’ai nettement préféré cet opus au premier, mais il faut reconnaître que ce n’est pas de la très grande qualité. A mon avis, Disney ferait bien de ne pas trop se vanter d’avoir produit ce genre de choses !



  • [Livre] L'autre soeur

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    Résumé : Quand la sœur aînée de Nico, Sarah, disparaît mystérieusement, sa famille est dévastée. Quatre années ont passé, et chacun a commencé à faire son deuil. Jusqu'au jour où elle réapparaît... Amnésique, mais vivante. Pareille et différente. Au fil des jours et des semaines, Nico en vient à se demander s'il ne s'agit pas d'une imposture. Comment réagir si c'est le cas ?


    Auteur : Cylin Busby

     

    Edition : Milan

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 24 Janvier 2018

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Même si la façon d’aller du point A au point B est différente, j’ai trouvé que ce roman, sorti en VO en 2016 ressemble étrangement à Perdue et retrouvée de Cat Clarke, sorti l’année précédente. De là à penser que l’un des auteurs s’est allégrement inspiré de l’autre, il n’y a qu’un pas.
    La base de l’histoire est la même et la fin est étrangement similaire, et, même si le traitement du sujet n’est pas tout à fait identique, je n’ai quand même pas pu, tout au long de ma lecture, me débarrasser de cette impression de déjà-vu (ou de déjà-lu, en l’occurrence).
    Peut-être que des lecteurs plus jeunes auront moins cette impression mais pour moi, c’était flagrant.
    L’écriture est agréable et le style sert bien ce thriller écrit du point de vue de la jeune sœur de Sarah, Nico.

    Pour lire le passage suivant caché, vous avez juste à le surligner. Sans révéler la fin, il en dit pas mal sur le déroulé de l’intrigue, donc, ne le lisez pas si vous ne voulez rien savoir, vous êtes prévenus.
    Si vous ne voulez pas lire ce passage, dépassez-le sans le surligner pour lire la fin de la chronique.

    *spoiler*
    La disparue, Sarah, était tout sauf une fille bien : méprisante, calculatrice, méchante, cruelle, elle menait la vie dure aussi bien à ses parents qu’à ses amis. Mais sa cible préférée, celle qu’elle aimait par-dessus tout humilier et bousculer, c’était Nico, sa petite sœur de 4 ans sa cadette.
    Aussi Nico, depuis la disparition de Sarah est partagée entre divers sentiments : la tristesse, surtout devant le désespoir de ses parents, le soulagement de ne plus être une victime de la cruauté de son aînée, et l’angoisse permanente de ne pas être assez parfaite pour ses parents, de leur causer inquiétude et soucis.
    Quand Sarah réapparaît, après 4 ans d’absence, les sentiments de Nico sont encore plus mélangés : Joie, soulagement, mais aussi méfiance et un certain découragement. Jusqu’à ce qu’elle se rende compte que la Sarah qui est revenue n’a pas grand-chose à voir avec la Sarah qui est revenue. La nouvelle Sarah est gentille, attentionnée, complice, à l’écoute… une vraie grande sœur quoi. Certes elle est amnésique et a grandi de quatre ans. De plus on peut imaginer que les épreuves qu’elle a traversé ont dû la faire encore plus mûrir.
    Nico devrait être contente des nouvelles dispositions de sa sœur. Et pourtant le doute s’installe dans un coin de son esprit : est-ce que cette nouvelle sœur est bien Sarah ?
    A partir de cette question fondamentale, l’auteur s’amuse à nous balader dans tous les sens. A chaque fois qu’on a l’impression d’avoir une preuve formelle de l’imposture de la jeune femme, une explication rationnelle est avancée, qui nous ramène au fait qu’il est possible que ce soit bien Sarah. Et inversement, à chaque fois qu’on a un élément qui nous fait dire : Ah oui, c’est Sarah, on a un petit quelque chose qui vient nous coller un doute.
    * fin spoiler *

    Entre les chapitres racontés du point de vue de Nico, s’insère parfois des chapitres du point de vue de Sarah, qui nous relatent ce que la jeune fille a pu subir. Ce n’est que vers la fin que ces chapitres nous révéleront la vérité.

    A partir du moment où la vérité est révélée, le reste est assez prévisible mais j’ai quand même eu quelques surprises de la part de Nico.
    L’auteur a vraiment bien traité les conséquences de la disparition d’un enfant sur son entourage, de même que les conséquences de son retour. Elle décrit avec beaucoup de justesse les sentiments mélangés de Nico vis-à-vis de sa sœur.
    J’ai aussi beaucoup aimé son approche de la réaction de la famille face à l’amnésie de Sarah. Avec d’un côté les médecins qui disent qu’il ne faut pas la forcer, que si le cerveau a provoqué cette amnésie c’est qu’il y a une raison et qu’il faut laisser le temps aux souvenirs de remonter à la surface ou pas, et d’un autre côté l’entourage qui ne supporte pas de rester dans l’ignorance et la police qui voudrait clore son enquête. J’imagine à quel point ça doit être difficile pour des parents de ne pas insister pour voir les souvenirs remonter, surtout quand l’amnésie ne touche pas uniquement les années du drame mais tout le passé. Le désir de retrouver la vie d’avant se voit dans les réactions de la mère de Sarah face à ses amis, elle aimerait que leur relation reprenne exactement là où elle s’est arrêtée sans tenir compte du fait qu’ils ont tous grandis et que les amis de Sarah ont continué leur vie sans elle.
    L’auteur s’est inspiré d’un fait réel pour écrire ce roman, mais je vous conseille de le lire avant de chercher à savoir lequel et de lire quoi que ce soit dessus (Parce que sinon, vous aurez la réponse à la plus grande question du roman !).

     

    Un extrait : Ma sœur était morte, je le savais. Je le sentais dans mon corps, jusque dans mes os. Après tout, c’étaient aussi un peu les siens. Nous avions les mêmes parents, le même ADN, ces gènes qui façonnent notre identité. Je lui ressemblais physiquement, comme une jumelle plus jeune de quelques années. Avec nos longs cheveux blonds et nos yeux noisette, nous étions toutes les deux le portrait craché de Maman à l’époque du lycée. Quand je me regardais dans le miroir, je voyais non seulement mon propre reflet mais aussi le sien : son visage sur les avis de recherche placardés dans tout Mapleview quatre ans plus tôt, ainsi qu’aux informations télévisées et dans les journaux nationaux. Maintenant que je ne portais plus d’appareil dentaire, je pouvais même sourire comme elle sur notre dernière photo de famille. C’était le sourire d’une fille capitaine des pom-pom girls, qui sortait avec un garçon plus âgé et avait des secrets. Je voulais vraiment croire que Sarah était encore en vie, m’accrocher à cet espoir comme Maman. Alors j’essayais d’imaginer son retour à la maison d’un jour à l’autre. Mais la nuit, je perdais tout espoir. Dans mes cauchemars, je voyais les horreurs infligées aux filles comme Sarah. Quand je me réveillais, avec ces terribles images encore à l’esprit et mon cœur qui battait la chamade, je restais couchée dans mon lit à regarder la lumière des phares des quelques voitures passer sur le plafond et les murs de ma chambre. Je songeais aux passagers de ces voitures. D’où venaient-ils et où allaient-ils, si tard dans la nuit ? À quoi ressemblait leur vie, sans l’immense vide laissé par la disparition d’un membre de leur famille ? Je tentais de me représenter ma sœur aujourd’hui : plus âgée, les cheveux plus longs ou plus courts, aussi bronzée que la dernière fois où je l’avais vue. À mesure que les jours s’écoulaient, le poids de son absence se faisait de plus en plus lourd. Les semaines devinrent des mois, puis des années. Je connaissais la vérité, mais ne pourrais jamais la révéler à personne. Je savais que la chambre sombre à côté de la mienne resterait vide, porte close, car cette fois Sarah ne reviendrait pas.

     

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  • [Livre] Moi Simon, 16 ans, Homo Sapiens

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    Résumé : Simon Spier, 16 ans, est gay. Personne n’est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c’est bien à l’abri derrière l’écran de son ordinateur. C’est sur un chat qu’il a « rencontré » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui. Simplement :

    1/ Ils fréquentent le même lycée.

    2/ Blue est irrésistible.

    3/ Il l’apprécie énormément. (Pour être tout à fait honnête, Simon commence même à être un peu accro.)

    Simon commet alors une erreur monumentale : il oublie de fermer sa session sur l’ordi du lycée. Résultat ? Martin, un de ses camarades de classe, sait désormais que Simon est gay. Soit Simon lui arrange un coup avec sa meilleure amie, soit Marin révèle son secret à la terre entière. Problème réglé ? Pas si sûr…


    Auteur : Becky Albertalli

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 15 Avril 2015

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Franchement, j’ai trouvé ce livre plaisant à lire mais loin d’être aussi bien qu’on pourrait s’y attendre en voyant les avis des lecteurs. Pour moi, le fait qu’il mette en scène un homosexuel en personnage principal ne suffit pas à faire de lui un livre exceptionnel.
    J’ai trouvé que l’entourage de Simon était trop stéréotypé, comme si l’auteur avait besoin de personnages ayant des caractéristiques particulières pour que son personnage gay devienne normal. Je ne pense pas qu’il avait besoin de ça, au contraire. Là on dirait qu’il dit : bon, ok, les gay c’est pas normal, essayons de le normaliser. J’aurais nettement préféré que Simon évolue dans un groupe constitués de plus de mecs blanc hétéros, pour bien montrer que rien ne le distingue d’eux, hormis son orientation sexuelle.
    Par exemple, Simon a une excellente amie, douée, talentueuse et qui est, bien malgré elle, le départ de ses ennuis. Mais pourquoi l’auteur ressent-il le besoin de rappeler à tout bout de champs qu’elle est noire ? Comme si la couleur de sa peau était la condition à sa réaction face au coming out de Simon.
    De plus, pour un roman censé parler de la quête de l’identité, ce livre est étonnamment lisse. Sérieusement, la plus grosse angoisse de Simon concernant son coming out, c’est que ses parents soient trop « enthousiastes » et en parlent ? Allez dire ça à tous les jeunes hommes qui ont peur de se retrouver à la rue ou pire ? Je ne dis pas que les parents de Simon auraient du mal réagir, mais les « angoisses » de Simon m’ont semblées vides de sens.
    Bon après, je ne suis pas la plus grande fan de littérature homosexuelle qui soit, tout simplement parce que quand je lis une romance, j’ai besoin de m’identifier à un personnage pour apprécier le livre et que du coup, il me faut une romance hétérosexuelle. Mais je trouve anormal qu’il y ait si peut de romance homosexuelle sur le marché (et je parle de romance, pas de quasi porno, merci bien), parce que si j’ai besoin de pouvoir m’identifier, je ne doute pas qu’un homosexuel, femme ou homme, a besoin de la même chose.
    Mais ce roman, je n’arrive pas à lui trouver une « case ». Ce n’est pas vraiment de la romance (un peu, mais sans plus) et côté livre engagé sur l’homosexualité, c’est un peu comme si on faisait de oui-oui va à l’école un livre engagé pour l’éducation…
    J’ai quand même bien aimé les réactions de la prof de théâtre face aux moqueries cruelles dont Simon est la cible après son coming out. Si tous les profs pouvaient réagir ainsi, sans la moindre concession, plus d’adolescents oseraient envisager de vivre leur sexualité au grand jour.
    Bon ça reste un livre qui se lit vite et qui n’est pas désagréable, mais il ne faut pas lui en demander pour plus que ce qu’il est : une bluette adolescente sympathique mais sans grand intérêt.

     

    Un extrait : C’est une conversation étrangement subtile. Tout juste si je m’aperçois du chantage.

    Nous sommes dans les coulisses, assis sur des chaises pliantes en métal, quand Martin Addison m’annonce :

    — J’ai lu tes mails.

    — Quoi ?

    Je lève la tête.

    — Tout à l’heure. À la bibliothèque. Sans le faire exprès, bien sûr.

    — Tu as lu mes mails ?

    — Disons que j’ai utilisé l’ordi juste après toi, et quand je suis allé sur Gmail, ton compte s’est ouvert. Tu aurais dû te déconnecter.

    Je le dévisage, médusé.

    — Pourquoi ce pseudo ? demande-t-il en martelant le pied de sa chaise.

    Merde, excellente question. À quoi bon utiliser un pseudonyme si le premier clown venu perce à jour mon identité secrète ?

    Il a dû me voir devant l’ordinateur, je suppose.

    Et je suppose que je suis le roi des crétins.

    C’est qu’il sourit, en plus.

    — Enfin bref, ça t’intéressera sans doute de savoir que mon frère est gay.

    — Euh, pas particulièrement.

    Il me fixe. Je demande :

    — Qu’est-ce que tu essaies de me dire ?

    — Rien. Écoute, Spier, ça ne me pose aucun problème, à moi. Disons que je m’en contrefiche.

    Sauf que c’est quand même une petite catastrophe. Voire un foutu cataclysme, suivant la capacité de Martin à la fermer.

    — C’est vraiment gênant, dit-il.

    Je ne sais même pas quoi répondre.

    — Enfin, reprend-il, tu n’as clairement pas envie que ça se sache.

    Franchement… Je suppose que non. Même si le coming out ne me fait pas peur. Oui, bien sûr, plus gênant tu meurs, et on ne va pas se leurrer, je ne suis pas pressé d’y être. Mais ça ne sera pas la fin du monde. Pas pour moi.

    Le problème, c’est que ça serait délicat pour Blue. Si jamais Martin venait à parler.

    Martin Addison. Il fallait que ce soit lui qui se connecte à Gmail après moi ! Comprenez : jamais je n’aurais utilisé l’ordi de la bibliothèque si j’avais pu me connecter au Wi-Fi depuis mon portable. Or c’était un de ces jours où je n’avais pas la patience d’attendre d’être rentré pour lire mes messages. Je ne pouvais même pas attendre de sortir sur le parking pour consulter mon téléphone.

    Parce que j’avais écrit à Blue depuis ma boîte secrète le matin même. Un mail plutôt important.

    Je voulais simplement voir s’il m’avait répondu.

     

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  • [Livre] Nous les filles de nulle part

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    Résumé : Grace vient d'entrer au lycée de Prescott après avoir déménagé. Dans la chambre de sa nouvelle maison, elle découvre des mots griffés sur le mur : Aidez-moi. Tuez-moi, je suis déjà morte.
    Ces mots, c'est Lucy, qui les a tracés. Lucy, qui a accusé trois garçons de Prescott de l'avoir violée. Lucy, qui a été traitée de menteuse par le reste du lycée. Lucy, que la police n'a pas écoutée. Lucy, qui a fui la ville avec ses parents.
    Très vite, Grace comprend que cette violence s'exerce à tous les niveaux dans la ville de Prescott : quand les joueurs de l'équipe de foot notent le physique des filles qui passent devant eux ; quand son amie Rosina doit éviter les avances des clients du restaurant où elle travaille ; et surtout sur le blog du moment, « Les vrais mecs de Prescott » dont la ligne éditoriale consiste principalement à considérer les femmes comme des objets.
    Grace, Erin et Rosina sont décidées à agir, mais elles ne peuvent le faire seules.


    Auteur : Amy Reed

     

    Edition : Albin Michel

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 28 Février 2018

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Une adolescente dont la famille a dû quitter leur petite ville à cause de l’intégrisme religieux de la congrégation principale, Grace, arrive dans la ville de Prescott. Dans sa nouvelle chambre, elle trouve des phrases gravées sur le mur qui lui semble être autant d’appel à l’aide. Elle se renseigne auprès de ses nouvelles camarades et apprend qu’une jeune fille nommée Lucy a dû quitter la ville avec ses parents après avoir accusé trois garçons populaires de viol et n’avoir pas été cru.
    L’affaire semble avoir été oubliée par tous, d’autant plus que l’attitude agressive des garçons envers les filles parait être la norme dans cette ville. Rosina, une amie de Grace, en veut pour preuve un blog internet : Les vrais mecs de Prescott, qui est une litanie d’attaques contre la population féminine. Le blogueur, qui porte le pseudo révélateur de MâleAlpha451 (Enfin, selon leur définition d’Alpha) y détaille ses « conquêtes » ou plutôt ses agressions, ses opinions bien tranchées sur les filles et femmes et enfin ses conseils pour que les jeunes hommes moins bien informés que lui puisse devenir les saloparts parfaits.
    Grace décide de se battre contre cette situation. On se doute bien que son combat va faire des émules et que les filles vont, avec plus ou moins de difficultés pour s’entendre, s’allier contre les garçons.
    Et même si ce combat semé d’embûches est édifiant et devrait être mené par toutes celles qui sont victimes ou témoins de ce genre de situations, ce n’est pas ce qui m’a le plus marquée dans ce livre.
    En premier lieu, j’ai été choquée par la violence des rapports existant entre Rosina et sa mère. Comment devenir une femme épanouie quand on vous serine à longueur de journée que si vous n’êtes pas la boniche de la famille, vous êtes une sous-merde ?
    Et puis surtout, j’ai eu de la peine pour les garçons. Oui, ne me lapidez pas ! Je m’explique. Bien sûr, ils semblent avoir la vie parfaite, dénuée de toute conséquence et dédiée uniquement à leur plaisir. Mais ça, c’est à Prescott. Une petite ville qu’ils voudront peut-être quitter un jour pour aller dans des villes comme New York, Boston, Philadelphie… Bref des villes où le chef de la police n’a pas tous les pouvoirs.
    Ce que je veux dire, c’est que ces garçons ont toujours vécu ici, dans cette ville qui vit quasiment en autarcie. Il a une scène, dans le restaurant où travaille Rosina, qui est assez édifiante à ce sujet. Quand toutes les figures d’autorité : parents, pasteur, chef de la police, proviseur (qui est une femme, c’est à noter), coach, journalistes, et j’en passe, vous disent, depuis que vous êtes en culottes courtes, que vous avez tous les droits, que l’autre sexe est à votre service, comment voulez-vous développer un respect pour autrui ?
    Je ne dis pas que ces garçons ne méritent pas la sanction qui leur pend au nez, je dis juste qu’ils ne devraient pas être les seuls sur le banc des accusés. Parce qu’on les a conditionné à devenir des violeurs en puissance.
    Bon après, rien qu’à cause de l’existence du blog, je me suis demandé pourquoi personne n’avait contacté le FBI, puisque les attaques sur internet relèvent de leur compétence, ou pourquoi personne, devant l’attitude du chef de la police de Prescott n’est pas allé voir le sheriff du comté ou la police d’Etat.
    Bon, évidement, pendant tout le livre, j’ai enragé contre les garçons, j’aurais aimé qu’ils se prennent une bonne rouste maison pour leur remettre les idées en place ; mais je crois que j’ai encore davantage enragé contre ces adultes, pas seulement inutiles, pas seulement complaisants, mais carrément complices.
    Amy Reed n’a pas commis l’erreur de faire du combat de ces filles un truc facile, au contraire. Elles en bavent mais elles ne lâchent rien

     

    Un extrait : Le camion de déménagement ouvre sa porte coulissante pour la première fois depuis le départ d’Adeline (Kentucky), relâchant l’air ranci du petit bled sudiste où vivait Grace Salter, quand sa mère était encore une dévouée animatrice d’église baptiste. Pas officiellement « pasteure », car, dans la Convention des baptistes du Sud, une femme ne pouvait prétendre ni au titre ni à la rémunération nettement supérieure, malgré un doctorat en théologie et une décennie passée au service de la paroisse. Tout a changé dans la vie de Grace le jour où sa mère s’est cogné la tête en tombant de cheval : la commotion cérébrale a déclenché une expérience spirituelle libératrice qui l’a aidée à entendre la vraie voix du Seigneur (selon sa mère), a fichu leur vie en l’air et les a fait expulser d’Adeline (selon la fille).
    Canapés, lits et commodes sont à leur place approximative dans la nouvelle maison. La mère de Grace commence à déballer ce qui ira dans la cuisine. Son père cherche un livreur de pizza sur son téléphone. Grace monte un escalier raide et grinçant pour rejoindre la chambre qu’elle n’a jamais visitée avant aujourd’hui, la chambre que ses parents n’ont vue que sur les photos envoyées par l’agent immobilier, la chambre qui lui est destinée, elle le comprend à la peinture jaune des murs et aux décalcomanies de fleurs violettes.
    Elle s’assoit sur son vieux matelas une place, avec une seule envie : se rouler en boule et dormir, mais elle ne sait pas où sont ses draps. Après cinq journées de route non-stop, de fast-foods et de chambres de motel partagées avec ses parents, elle voudrait fermer sa porte et ne pas ressortir avant longtemps.
    S’asseoir sur des cartons de vaisselle pour manger de la pizza sur une serviette en papier, très peu pour elle.
    Couchée sur son lit, elle regarde le plafond nu. Elle étudie une tache faite par une fuite d’eau dans un angle. On est début septembre, donc officiellement c’est encore l’été, mais l’Oregon est connu pour être humide en toute saison, une particularité que Grace a découverte au cours de ses décevantes recherches sur Internet. Elle se demande si elle devrait essayer de dégoter un seau à poser par terre en cas de fuite. « Toujours prêt », n’est-ce pas la devise des boy scouts ?
    Elle n’en sait rien : elle était chez les guides. Dans sa troupe, on apprenait plutôt à tricoter ou à faire de la pâte d’amande.
    Grace tourne la tête pour regarder par la fenêtre, mais son regard accroche la texture du mur, sous le rebord blanc. Quelques mots gravés, comme ceux d’un prisonnier dans une cellule, qui traversent les couches de jaune écaillé, puis de bleu, puis de blanc : des mots tout frais, tranchant à travers des décennies de peinture.

    Qu’on me tue tout de suite,

    Je suis déjà morte.

    Son souffle se bloque dans sa gorge tandis qu’elle fixe l’inscription, qu’elle lit la douleur d’une inconnue qui a dû vivre, respirer et dormir dans cette chambre.
    Son lit était-il exactement au même endroit que celui-ci ? Son corps occupait-il cette position dans l’espace, là où se trouve maintenant celui de Grace ?
    Comme ils sont intimes, ces mots minuscules. Comme il doit falloir se sentir seule pour envoyer cet appel à quelqu’un qu’on ne voit même pas.

     

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  • C'est lundi que lisez-vous? #199

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog I believe in Pixie Dust.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

    lectures de la semaine passée.jpg

    bride stories 3.jpg Vis ma vie avec un utérus.jpg Eve Dallas T21.jpg

    n'oublie pas que je t'attend.jpg celimene et le cardinal.jpg

    une heure de tranquillité.jpg La mort s'invite à Pemberley.jpg

     

    lecture en cours.jpg

    La cité du ciel.jpg

     

    mes prochaines lectures.jpg

    Ma PAL:

    Affaires secrètes.jpg am stram gram.jpg bride stories 3.jpg

    celimene et le cardinal.jpg contes pour faire peur.jpg Dix petites poupées.jpg

    Fandom.jpg la boite à musique T02.jpg la faute.jpg

    la menace du passé.jpg La mort s'invite à Pemberley.jpg la rumeur.jpg

    Les amours d'un fantôme en temps de guerre.jpg Les filles de salem.jpg Les quatre filles du reverend latimer.jpg

    l'ile des absents.jpg Mary Barton.jpg petits meurtres entre voisins.jpg

    sorceline.jpg une heure de tranquillité.jpg victoria.jpg


    Mes sagas en cours tirées au sort (un tome à lire par tirage au sort)

    Eve Dallas T21.jpg Ni mariée ni enterrée T02.jpg

     

    Et vous, que lisez-vous?

  • Premières lignes #41

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.
    Pour ma part, j’ai décidé de vous faire découvrir mes coups de cœurs !

     

    Cette semaine, je vous présente le premier tome de la passe-miroir: Les fiancées de l'hiver de Christelle Dabos dont vous pouvez lire ma chronique ICI.

    la passe-miroir T01 les fiancés de l'hiver.jpg

    Bribe

    Au commencement, nous étions un.
    Mais Dieu nous jugeait impropres à le satisfaire ainsi, alors Dieu s’est mis à nous diviser. Dieu s’amusait beaucoup avec nous, puis Dieu se lassait et nous oubliait. Dieu pouvait être si cruel dans son indifférence qu’il m’épouvantait. Dieu savait se montrer doux, aussi, et je l’ai aimé comme je n’ai jamais aimé personne.
    Je crois que nous aurions tous pu vivre heureux en un sens, Dieu, moi et les autres, sans ce maudit bouquin. Il me répugnait. Je savais le lien qui me rattachait à lui de la plus écœurante des façons, mais cette horreur-là est venue plus tard, bien plus tard. Je n’ai pas compris tout de suite, j’étais trop ignorant.
    J’aimais Dieu, oui, mais je détestais ce bouquin qu’il ouvrait pour un oui ou pour un non. Dieu, lui, ça l’amusait énormément. Quand Dieu était content, il écrivait. Quand Dieu était en colère, il écrivait. Et un jour, où Dieu se sentait de très mauvaise humeur, il a fait une énorme bêtise.
    Dieu a brisé le monde en morceaux.

     

    L’archiviste

    On dit souvent des vieilles demeures qu’elles ont une âme. Sur Anima, l’arche où les objets prennent vie, les vieilles demeures ont surtout tendance à développer un épouvantable caractère.
    Le bâtiment des Archives familiales, par exemple, était continuellement de mauvaise humeur. Il passait ses journées à craqueler, à grincer, à fuir et à souffler pour exprimer son mécontentement. Il n’aimait pas les courants d’air qui faisaient claquer les portes mal fermées en été. Il n’aimait pas les pluies qui encrassaient sa gouttière en automne. Il n’aimait pas l’humidité qui infiltrait ses murs en hiver. Il n’aimait pas les mauvaises herbes qui revenaient envahir sa cour chaque printemps.
    Mais, par-dessus tout, le bâtiment des Archives n’aimait pas les visiteurs qui ne respectaient pas les horaires d’ouverture.
    C’est sans doute pourquoi, en ce petit matin de septembre, le bâtiment craquelait, grinçait, fuyait et soufflait encore plus que d’habitude. Il sentait venir quelqu’un alors qu’il était encore beaucoup trop tôt pour consulter les archives. Ce visiteur-là ne se tenait même pas devant la porte d’entrée, sur le perron, en visiteur respectable. Non, il pénétrait dans les lieux comme un voleur, directement par le vestiaire des Archives.
    Un nez était en train de pousser au beau milieu d’une armoire à glace.
    Le nez allait en avançant. Il émergea bientôt à sa suite une paire de lunettes, une arcade sourcilière, un front, une bouche, un menton, des joues, des yeux, des cheveux, un cou et des oreilles. Suspendu au milieu du miroir jusqu’aux épaules, le visage regarda à droite, puis à gauche. La pliure d’un genou affleura à son tour, un peu plus bas, et remorqua un corps qui s’arracha tout entier de l’armoire à glace, comme il l’aurait fait d’une baignoire. Une fois sortie du miroir, la silhouette ne se résumait plus qu’à un vieux manteau usé, une paire de lunettes grises, une longue écharpe tricolore.
    Et sous ces épaisseurs, il y avait Ophélie.

     

    Alors, tentés?

     

  • [Film] Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar

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    Titre original : Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales

     

    Réalisé par : Joachim Rønning, Espen Sandberg

     

    Date de sortie : 24 mai 2017

     

    Genre : Aventure

     

    Pays d’origine : USA

     

    Durée : 2h09

     

    Casting : Johnny Depp, Javier Bardem, Brenton Thwaites, Kaya Scodelario, Geoffrey Rush…

     

    Résumé : Les temps sont durs pour le Capitaine Jack, et le destin semble même vouloir s’acharner lorsqu’un redoutable équipage fantôme mené par son vieil ennemi, le terrifiant Capitaine Salazar, s’échappe du Triangle du Diable pour anéantir tous les flibustiers écumant les flots… Sparrow compris ! Le seul espoir de survie du Capitaine Jack est de retrouver le légendaire Trident de Poséidon, qui donne à celui qui le détient tout pouvoir sur les mers et les océans. Mais pour cela, il doit forger une alliance précaire avec Carina Smyth, une astronome aussi belle que brillante, et Henry, un jeune marin de la Royal Navy au caractère bien trempé. À la barre du Dying Gull, un minable petit rafiot, Sparrow va tout entreprendre pour contrer ses revers de fortune, mais aussi sauver sa vie face au plus implacable ennemi qu’il ait jamais eu à affronter…

     

    Mon avis : Dernier film de la saga Pirates des Caraïbes (du moins pour l’instant), j’ai trouvé qu’il était un cran en dessous des précédents.
    Rien à redire sur l’action ou les effets spéciaux qui sont toujours aussi soignés mais l’ensemble semble souffrir d’un certain essoufflement. Jack Sparrow est toujours aussi loufoque et imprévisible mais son humour lui aussi s’essouffle (cela dit, le pirate vieillit).

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    La présence d’Orlando Bloom au tout début et à la toute fin du film

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    , rejoint pour quelques minutes par Keira Knighley, semble être un moyen un peu désespéré de renouer avec le succès des premiers films.

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    Je n’ai pas réussi à m’attacher à Henry Turner dont la présence semble anecdotique. Contrairement à Elizabeth et Will dans les trois premiers films, ou à Angelica dans le 4ème, il n’a pas un rôle significatif. Franchement, s’il n’avait pas été là, ça n’aurait pas changé grand-chose.

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    Carina, la jeune scientifique accusée de sorcellerie, est bien plus intéressante.

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    Le changement de réalisateur se fait sentir et malheureusement pas dans le bon sens. Ces deux gugus n’ont rien compris à l’univers et ont supprimé tout ce qui faisait son succès : l’humour un peu absurde, les personnages secondaires un peu loufoque (l’absence de Pintel et Ragetti se fait cruellement sentir) et surtout, surtout, la musique !
    On était habitués, à chaque film, à une musique reprenant le thème des pirates mais dont les arrangements changeaient suffisamment chaque version pour donner l’impression d’une nouvelle musique.
    Ici j’ai vraiment ressenti un manque, au point, une fois le film terminé, d’être totalement incapable de me souvenir de la musique ou même seulement des moments où elle accompagnait les images. C’est dire si elle m’a marquée !
    Quant à l’histoire du compas, elle aurait pu être intéressante mais non seulement on cherche encore le rapport entre l’objet et la malédiction mais elle entre en totale contradiction avec les films précédents et notamment le 3ème opus où Jack s’était déjà défait du compas au profit de Will, ce qui, selon ce film, aurait dû déclencher les évènements présents dans « la vengeance de Salazar ».
    Salazar est censé être un être terrifiant, mais il m’a laissé de marbre et plus généralement, il m’a manqué ce côté « entre le marteau et l’enclume » qui caractérisait les autres films avec un Jack aux prises avec deux ennemis dont l’un était toujours les officiels de la couronne.

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    Ici, sur le papier, il y a toujours une certaine poursuite par la couronne, mais dans les faits, les officiels sont totalement inconsistants et n’apportent pas grand-chose à l’histoire.
    Bref, je l’ai regardé jusqu’à la fin, mais d’un œil, en luttant pour ne pas m’endormir.
    S’il devait un jour y avoir un 6ème volet, de grâce, redonner la réalisation à Gore Verbinski et cessez de la confier à n’importe qui !



  • [Livre] Les sœurs Carmine – T03 - Dolorine à l’école

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    Résumé : Dolorine Carmine fait sa rentrée des classes dans un pensionnat et découvre avec stupeur qu'aucun fantôme ne hante ce lieu. Miss Elizabeth, l'inquiétante institutrice, y est peut-être pour quelque chose.


    Auteur : Ariel Holzl

     

    Edition : Mnémos (Naos)

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 24 Mai 2018

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Encore une fois, on change totalement de ton dans ce troisième tome des sœurs Carmine. Et pour cause, si le précédent était raconté du point de vue de la sociopathe Tristabelle, ici, c’est l’innocente et naïve Dolorine, qui du haut de ses 8/10 ans nous raconte ses premiers pas au pensionnat.
    Car oui, dans ce tome, on quitte Grisaille même pour aller au fin fond des Laments dans un pensionnant isolé en pleine campagne. Déjà en temps normal, je serais plutôt sceptique à l’idée d’enfermer une bande de gamins avec des instituteurs sortis de je ne sais où sans moyen de joindre qui que ce soit, mais dans les Laments… avec tout ce qui traîne dans le coin… y’a intérêt à barder les mômes de couteaux, dagues et autres objets de premières nécessités !
    C’est assez perturbant de lire une histoire dans un registre plus enfantin que les précédentes, du fait de l’âge de sa narratrice, et de voir parler allégrement de meurtre, de mutilation, de sang et d’entrailles…
    Malgré leur jeune âge, les camarades de Dolorine sont déjà versés dans l’art du complot et de la manipulation. Ils sont aussi d’une froideur incroyable, plus intéressés par leurs biens matériels qu’à leur entourage.
    Dolorine est adorable mais d’une naïveté et d’une ignorance déconcertante. Elle comprend la moitié des mots et des expressions de travers et leur donne une signification souvent bien éloignée de la leur. Il y a une ou deux fois où il a fallu que je réfléchisse pour retrouver l’expression d’origine après qu’elle soit passée par la micro cervelle de Dolorine.
    Bien qu’on finisse par voir les trois sœurs être réunies, la quasi-absence de Merryvère et surtout de Tristabelle se fait sentir dans cet opus. L’humour grinçant et la morale toute particulière de l’aînée des Carmine m’a vraiment manqué.
    Ce tome est supposé être le dernier de la saga (oui trois sœur, trois livres, ça reste assez logique) mais j’espère vraiment qu’il y aura une suite, un dérivé, n’importe quoi, parce que je reste pleines de questions notamment sur les ambitions démesurées de Tristabelle et sur cette famille Amécrin, qui semble avoir disparue, mais dont on retrouve des traces importantes dans le sang de Dolorine. Et comme Carmine est une anagramme d’Amecrin (ou Amecrin est une anagramme de Carmine, c’est vous qui voyez), et bien, je veux en savoir plus !
    De même que j’aimerais en savoir plus sur maman Carmine et sur bébé Dram… bref, il y a tout un tas de questions sans réponses qui justifieraient amplement l’écriture d’une nouvelle histoire sur la famille Carmine !
    J’espère qu’Ariel Holzl laissera mûrir cette idée dans le bon sens !

     

    Un extrait : Monsieur Nyx aima le vieux pensionnat au premier coup d’œil. Dolorine, moins.
    Le manoir flottait au loin dans la brume, tout croulant et lugubre à souhait.
    Mais ça, ça lui plaisait bien…
    Le problème, c’était le trajet : une bonne heure de fiacre pour sortir de la ville, puis une heure de plus à travers les Laments. La longueur du voyage lui fit – enfin – prendre conscience qu’elle devrait dormir ailleurs qu’à la maison. Et, surtout, dans un autre lit que le sien. Ses rêves risquaient d’être tout chamboulés.
    Maman lui avait pourtant déjà expliqué la situation. Mais Dolorine n’avait écouté que d’une oreille, trop excitée à l’idée d’aller à l’école. La rentrée lui semblait plus mystérieuse qu’un périple vers un autre continent !
    Seulement, maintenant, Dolorine se rendait compte que les continents mystérieux, c’était pas la porte à côté. Elle allait se retrouver si loin de ses sœurs, de Maman et du bébé…
    Le nez pressé contre la vitre, la fillette serra contre elle Monsieur Nyx. Sa fidèle poupée boudait, comme souvent. Dolorine décida donc de compter les vaches.
    Il y en avait des troupeaux entiers, qui regardaient passer le fiacre en broutant l’herbe sombre. Mais comme la plupart des vaches possédaient deux têtes, Dolorine se perdit vite dans ses calculs.
    Elle se mit debout sur la banquette et colla son oreille au plafond de la voiture.
    C’était pour mieux entendre les jurons du cocher. Monsieur Nyx lui avait conseillé d’en apprendre autant que possible avant de commencer les cours.
    A son grand dam, Dolorine n’entendit que le bringuebalement des roues, les hennissements des chevaux et le claquement du fouet. La présence sur le toit de sa grande sœur Merryvère empêchait le cocher de jurer comme… disons… un « charretier » ? Ou peut-être qu’il se contentait de postillonner, à la place ? Oui, sûrement ! Maman appelait bien les cochers des « postillons », parfois…
    Dolorine ne comprenait pas encore très bien les subtilités entre ces différents conducteurs de chevaux. Mais une chose était certaine : tout ce qui sortait de leur bouche semblait tenir une importance capitale dans leur profession. En particulier, les insultes et la chique.

     

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