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Selene raconte... - Page 4

  • [Film] Tanguy

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    Titre original : Tanguy

     

    Réalisé par : Étienne Chatiliez

     

    Date de sortie : 21 novembre 2001

     

    Genre : Comédie

     

    Pays d’origine : France

     

    Durée : 1h48

     

    Casting : Eric Berger, André Dussollier, Sabine Azéma…

     

    Résumé : Paul et Edith Guetz, un riche couple de cinquantenaires, ne supportent plus que Tanguy, leur grand fils modèle de 28 ans, vive toujours au domicile familial. Ce dernier a beau être brillant et charmant, ses parents vont faire de son existence un enfer pour le forcer à quitter leur luxueux appartement.

     

    Mon avis : Tanguy est un film que j’aime beaucoup. Si Tanguy avait été un simple étudiant, j’aurais trouvé ses parents un poil indignes. Mais là, il ne faut pas pousser ! Le mec a plus que les moyens de se payer un appart, ses parents sont même prêts à le lui payer eux-mêmes et à demander à la femme de ménage de s’occuper de chez lui, mais non, monsieur ne supporte pas d’être seul, pire encore, il ne supporte pas d’être sans papa et maman car il ne semble pas pressé de s’installer avec sa copine. Il a beau être intelligent sur le plan des études, sur le plan humain c’est un abruti doublé d’un parasite.
    Personnellement, je n’ai pas cru une seconde à son cinéma lorsqu’il se retrouve à l’hôpital. La manière dont il regarde sa mère juste avant la crise…
    Quant au passage au tribunal je ne sais pas qui mérite le plus des claques de la justice ou de Tanguy. Car si effectivement la loi oblige les parents à assister leurs enfants, cela n’est valable que tant qu’ils n’ont pas les moyens de s’assumer tout seul !
    J’ai adoré la grand-mère, qui, même si elle exaspère son fils, le père de Tanguy, a parfaitement raison dans son analyse.

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    Le pire c’est qu’à plusieurs reprises, Tanguy semble parfaitement conscient du fait qu’il empêche ses parents de vivre. Ses proverbes chinois, qu’il sort en réponse à tout, donne envie de l’envoyer à Pékin en aller simple à grands coups de tatanes dans les fesses !

    Le film met en scène un problème émergeant au début des années 2000 et qui n’a cessé de s’accentuer depuis : ces jeunes adultes qui vivent toujours chez leurs parents autour de la trentaine. Il faut quand même leur reconnaitre que la plupart restent parce qu’ils n’ont pas le choix, les contrats précaires ne leurs permettant pas de prendre un logement.
    Mais Tanguy, lui, pourrait partir, mais il refuse. Depuis le film, le prénom est passé dans le langage courant et il n’est pas rare d’entendre d’une jeune adulte qu’il est un Tanguy.
    Le couple Dussolier/Azema fonctionne à merveille

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    et Eric Berger est parfait dans le rôle du mi-intellectuel mi-mollusque Tanguy.

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    J’ai vraiment passé un bon moment avec Tanguy. Il fait partie des comédies françaises que je trouve géniale. Dommage qu’il n’y en ait pas plus et que souvent, ces comédies fassent dans la surenchère et la vulgarité.
    Il suffit de voir Tanguy pour comprendre qu’on rit bien plus avec un peu plus de sobriété.


  • [Livre] Peter Pan

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    Résumé : Peter Pan enlève Wendy et ses frères. Il les conduit au Pays Imaginaire où il règne en maître sur les enfants abandonnés. La lutte contre le Capitaine Crochet est sans merci. La jalousie de la fée Clochette est sans pitié pour Wendy... Et le dévouement de Wendy pour les enfants sans mère est sans limite.

     

    Auteur : James Matthew Barrie

     

    Edition : Livre de poche

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 1911

     

    Prix moyen : 6€

     

    Mon avis : Comme beaucoup de monde, j’ai découvert Peter Pan au travers de l’adaptation de Disney dans lequel notre héros est, certes un peu espiègle, un poil arrogant, et quelque peu susceptible, mais quand même globalement sympathique.
    Mais ça, c’était la magie Disney. Parce que en vrai, c’est pas du tout, mais alors pas du tout ça !!
    Peter est arrogant et susceptible, mais il n’est pas espiègle (ou alors lui et moi, on n’a pas la même définition de l’espièglerie).
    Peter déteste les adultes et ne s’en cache pas. D’ailleurs, au pays imaginaire, ce n’est pas tant que les enfants perdus ne peuvent pas grandir, mais qu’ils n’en ont pas le droit. Car si Peter n’hésite pas à zigouiller allégrement pirates et indiens, il n’a pas plus de compassion pour ses propres amis qu’il élimine sans scrupule s’ils donnent l’impression d’avoir recommencé à grandir. Or Peter est le seul pour qui le temps est arrêté.
    Peter est également un horrible m’as-tu-vu, clairement atteint du symptôme du pompier pyromane : il n’hésite pas à provoquer des situations dans lesquelles il va apparaître comme le héros, et ce même s’il met au passage des personnes en danger.
    C’est un vrai dictateur qui impose des règles complètement absurdes mais qu’aucun des enfants perdus n’oserait enfreindre, sachant avec quelle violence Peter réagirait.
    Il n’y a qu’avec Wendy qu’il se montre courtois et même chevaleresque.
    Contrairement au Disney, l’histoire se déroule sur une assez longue période et les parents Darling ont pleinement conscience de la disparition de leurs enfants. Et de temps en temps, on est témoin de leur angoisse, de leur détresse et de leur attente insupportable.
    La raison pour laquelle Peter déteste les adultes est expliqué, mais, comme à chaque fois qu’il ouvre la bouche, on ne sait pas distinguer fantasme et réalité. Difficile alors de dire si la scène qu’il raconte a bien eu lieu ou s’il l’a tout simplement inventée pour justifier son comportement.
    Peter ne vit que l’instant présent. Il ne se projette pas vraiment dans l’avenir puisqu’il ne va pas évoluer, mais il semble aussi oublier tout ce qui est dans le passé, comme s’il ne voulait s’embarrasser d’aucuns souvenirs susceptibles de provoquer des sentiments tel que le remord ou les regrets.
    Côté pirates, on a une description de James « Jas » Crochet à la fois très différente et très proche du Disney. Très différente car on est très loin du dandy endimanché que nous présente le dessin animé. Là on nous parle d’un pirate au teint noiraud, qui fut le second de Barbe Noire et réputé le seul homme faisant peur à Long John Silver. Il est dit qu’il tue avec une certaine élégance (mais en éventrant quand même ses ennemis d’un coup de crochet). D’un autre côté, on retrouve le personnage de Disney dès que le crocodile, Tic Tac Croc, est dans les parages. Là le capitaine devient hystérique, un vrai lâche qui demande à ses hommes de la cacher à la vue du crocodile obsédé par le capitaine.
    La fin du conte montre bien à quel point Peter est le prisonnier volontaire d’une boucle temporelle car, quand il constate que Wendy grandit, il va prendre une décision à la fois étonnante et pourtant prévisible.

     

    Un extrait : Ce soir-là, les principales forces de l’île étaient disposées comme suit. Les garçons perdus faisaient une sortie à la recherche de Peter. Les pirates faisaient une sortie à la recherche des garçons perdus. Les indiens faisaient une sortie à la recherche des pirates.
    Ils tournaient et tournaient en rond sur l’île mais sans parvenir à se rencontrer car ils avançaient tous à la même vitesse.
    Tous voulaient voir couler le sang sauf les garçons perdus qui aimaient ça d’ordinaire mais qui, ce soir-là, étaient simplement sortis pour accueillir leur capitaine. Leur nombre sur l’île varie selon que certains sont tués et ainsi de suite. Et quand ils semblent se mettre à grandir, Peter les élimine. A ce moment-là, il y en avait six, en comptant les jumeaux comme deux. Faisons comme si nous étions cachés au milieu des cannes à sucre et regardons-les s’avancer furtivement à la queue leu leu, la main posée sur leur coutelas.
    Comme Peter leur interdit de lui ressembler si peu que ce soit, ils se vêtent de peaux d’ours qu’ils ont tués de leurs propres mains, ce qui les rend si ronds et si rembourrés que, quand ils tombent, ils se mettent à rouler. Du coup, ils sont devenus extrêmement habiles pour éviter les chutes.

     

     

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  • [Livre] Les descendants – T02 – Retour sur l’île de l’oubli

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    Résumé
     : Après avoir passé toute leur enfance sur l'Île de l'Oubli, Mal, Evie, Jay et Carlos n'ont pas rejeté le luxe et le confort d'Auradon ! Après tout, vivre avec des princes et des princesses, c'est loin d'être aussi terrible qu'ils le pensaient. Pourtant, lorsqu'ils sont invités en secret à retourner sur l'Île, Mal et ses amis ne peuvent pas s'empêcher de retrouver leurs mauvaises manies. Mais tout n'est pas exactement comme dans leurs souvenirs.

    Le danger rôde, et ils vont rapidement devoir unir leurs talents afin de sauver le royaume d'une nouvelle menace, plus sombre et plus mystérieuse encore que les précédentes.

     

    Auteur : Melissa De La Cruz

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 29 juin 2016

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : J’avais été très déçue par le premier tome des descendants, mais je n’aime pas ne pas avoir le fin mot de l’histoire, donc j’étais bien décidée à jeter un œil au tome 2 pour voir s’il y avait de l’amélioration dans l’air.
    Même si le livre reste assez jeunesse et l’intrigue cousue de fil blanc, j’ai trouvé qu’il y avait une grande amélioration par rapport au premier tome dont la lecture avait plus ou moins été de la torture.
    Mal (dont le prénom est expliqué dans le livre), Jay, Evie et Carlos reçoivent chacun des menaces à peine voilées leur intimant de ficher le camp d’Auradon avant la prochaine pleine lune. Le roi et la reine ont pris leur retraite et sont en voyage, la marraine bonne fée s’est absentée et Ben, tout jeune monarque (tant pas l’âge que par la durée de son règne) est par mont et par vaux dans tout le royaume du fait d’une créature inconnue qui terrorise les différentes régions (et il n’a pas papa sous la main pour avoir des conseils). Or, avant d’autoriser l’utilisation de la magie, il souhaite se rendre compte par lui-même de l’importance du problème.
    De plus, Auradon, qui a toujours été paradisiaque, subi quelques perturbations désagréables tels que les tremblements de Terre. Mal en est sûre, sa mère, même transformée en lézard, est responsable de tout cela. Et le reste de leurs parents aussi !
    Les 4 exilés décident donc de retourner sur l’île de l’oubli pour tirer ça au clair.
    J’ai beaucoup ri en voyant que malgré leur envie de sauver Auradon, les priorités des ados sont très claires : assister au match, aller à la fête, sauver Auradon, et être à l’heure pour les cours lundi matin.
    Carlos est sans doute le plus terrorisé à l’idée de revoir sa mère, mais une fois sur l’île de l’oubli, ils vont se rendre compte que rien ne se passe comme ils l’avaient imaginé.
    Le style est toujours aussi jeunesse, mais l’intrigue est plus intéressante, même si j’ai trouvé que tout se résolvait très vite (et très facilement contrairement à ce qu’on nous vend avant la « quête »). Peut-être que le fait que le 1er tome et le téléfilm étaient vraiment nuls a fait que j’ai trouvé celui-ci plus lisible.
    Et la fin nous laisse présager de nouveaux ennuis, plus sérieux cette fois-ci, pour Auradon et je ne suis pas sûre que l’auteur ait la gentillesse de laisser nos héros s’y préparer.
    Je ne vais pas tarder à lire ce 3ème et normalement dernier tome, que je vais aborder avec moins d’appréhension que le premier.

     

    Un extrait : Le sol se mit à vibrer, les murs de la bibliothèque à trembler. Mal rattrapa ses livres avant qu’ils ne tombent, Ben agrippa la table pour la maintenir.

    « Encore un tremblement de terre, s’écria Mal. C’est le troisième depuis le début de la semaine. »

    Elle lança de nouveau un regard inquiet vers la porte close. Le sol avait déjà tremblé de cette manière quand le dragon avait attaqué. Du coup, Mal ne pouvait s’empêcher de penser à sa mère.

    « C’est pareil dans tout le royaume, dit Ben. Ce serait un phénomène naturel, les plaques tectoniques qui s’agitent sous l’océan.

    — Je préférerais qu’elles se tiennent tranquilles. Ça me donne la nausée.

    — C’est déjà fini. Tant mieux. »

    Pas comme d’autres fléaux, pensa Mal.

     

    Mal oublia le tremblement de terre et ne releva la tête que lorsque Ben rangea ses livres. Ce n’était pourtant pas encore l’heure du dîner.

    « Tu pars déjà ? Obligations royales ?

    — Oui, j’ai un ruban à couper pour l’inauguration du nouveau centre de loisirs des sous-fifres. Je n’ai pas le droit de les négliger. »

    Ben enfila son blazer bleu marine avec ses armes brodées sur la poche droite. Il prenait ses fonctions à cœur, Mal le savait bien : être le roi de tous ses sujets, sous-fifres et rejetons de Méchants y compris.

    « On s’écrit plus tard ? demanda Ben en tirebouchonnant une boucle de cheveux mauves.

    — Prems ! »

     

    Mal se remit au travail, jusqu’à ce que son téléphone vibre. Elle le sortit de son sac, persuadée que c’était déjà Ben. Mais non, le message provenait d’un numéro inconnu. Bizarre.

    Rentre chez toi.

    Pardon ? écrit-elle en retour.

    Elle observa ses voisins et voisines. Tous d’Auradon, et absorbés par leurs ordinateurs ou plongés dans leurs livres. Il faut dire que le devoir de cette semaine était un sacré morceau : « Comment faire plaisir à tout le monde quand vous avez une famille de sept sur les bras ? (a priori des nains). »

    L’estomac noué, Mal attendit la réponse qui tardait à arriver.

    Retourne sur l’île de l’Oubli avant la prochaine lune, sinon gare à toi !

    C’est qui ?

    Tu sais bien qui je suis. M.

    Signé M. Rien de plus. Qui était ce M lui ordonnant de rentrer ? Et pourquoi avant la pleine lune ? D’ailleurs, c’était quand la pleine lune ?

    Mal connaissait bien plusieurs M, mais il y en avait surtout une. La grande Maléfique. Sa mère serait donc capable de communiquer par textos ? Même transformée en lézard, Maléfique n’en restait pas moins la plus grande sorcière de tous les temps. Tout était possible avec elle.

    Évidemment, sa mère voulait que Mal rentre vivre sur l’île. Maléfique avait planifié son évasion pour retrouver sa magie, mais elle méprisait Auradon et ses vallons enchanteurs. Si la sorcière avait accompli sa vengeance, le royaume entier aurait ressemblé à la Forteresse interdite. Noir et sinistre, pire que le pire des cauchemars imaginés par ses amis de l’école.

    Le cœur battant, elle relut le message. Non, Mal ne pouvait pas laisser faire ça. Elle rassembla ses livres. Elle devait rejoindre ses amis au plus vite pour en discuter avec eux.

    Mal eut la désagréable impression que sa vie douce était en train de se terminer…

     

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  • [Livre] La mythologie

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    Résumé : L'ouvrage le plus clair et le plus complet sur la mythologie.Edith Hamilton est sans doute le seul auteur à avoir saisi toute l'importance que gardent, à notre époque, les mythes et les légendes, qui sont le fondement même de notre culture, et où nous puisons encore une si large inspiration. Remontant aux sources, c'est chez les poètes - Homère, Hésode, Pindare, Ovide - qu'elle retrouve la substance des grands thèmes mythologiques et nous les restitue, dans leur spontanéité, leur efficacité, sous forme de merveilleuses histoires : Orphée et Eurydice, Philémon et Baucis, Tantale et Niobé, les travaux d'Hercule, le défi d'Icare, la descente de Thésée aux Enfers...De l'avis unanime, voici, sur la mythologie, l'ouvrage le plus clair et le plus complet. Avec trente illustrations et un index très détaillé.

     

    Auteur : Edith Hamilton

     

    Edition : Poche Marabout

     

    Genre : documentaire

     

    Date de parution : 16 février 2007

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Un livre très complet, au format poche, donc plus maniable qui fait le tour de la mythologie grecque (et du coup romaine). Edith Hamilton ne se contente pas de nous présenter les dieux de l’Olympe avec leurs villes fétiches, leur animal, leur arbre/plante, leur ascendance et descendance, mais aussi les grandes légendes comme la guerre de Troie, ou encore les grandes familles, en détaillant le destin de ses membres les plus éminents.
    L’auteur s’appuie sur les écrits des grands auteurs comme Homère, Virgile, Ovide, et explique que dans certain cas les légendes n’ont été rapportées que par des auteurs latins et que du coup c’est pour cela qu’elle utilise le nom romain des dieux et demi-dieux.
    Le livre est sectionné en plusieurs partie : les dieux, les héros, les légendes, les couples, les familles… A la fin, Edith Hamilton consacre un chapitre à la mythologie nordique pour souligner ressemblances et différences entre ces mythologies.
    En annexe, on peut trouver les arbres généalogique des grandes familles : on ne se demandera plus de qui Agamemnon est le père, qui sont les diverses mères des enfants de Zeus ou encore quel est le lien entre Hélène de Troie et Castor et Pollux.
    L’index vous renverra aux pages concernées si vous n’êtes intéressé que par un seul Dieu ou un seul héro. Vous pouvez également lire le livre dans le désordre puisque chaque histoire, si elle s’imbrique dans d’autres, peut tout de même être lue indépendamment des autres.
    Un livre dont tout passionné de mythologie ne pourra plus se passer dès qu’il l’aura ouvert !

     

    Un extrait : Tantale était fils de Zeus et plus que tous les autres enfants mortels du Seigneur de l'Olympe, il était honoré par les dieux. Ils lui permettaient de manger à leur table, de goûter au nectar et à l'ambroisie que, lui seul excepté, nul autre que les immortels ne pouvait savourer. Ils firent davantage ; ils vinrent à un banquet dans son palais ; ils condescendirent à dîner avec lui et chez lui. En retour de cette faveur insigne, il agit envers eux de façon si atroce que pas un poète ne tenta jamais d'expliquer sa conduite. Il tua Pélops, son fils unique, puis l'ayant fait bouillir dans un grand chaudron, il le servit aux dieux. Apparemment, la haine que lui inspirait les dieux l'incita à sacrifier son fils dans le but d'attirer sur eux l'horreur du cannibalisme. Il se peut aussi qu'il ait voulu montrer de la façon la plus saisissante et la plus effrayante possible combien il était facile d'abuser ces divinités solennelles, vénérées et si humblement adorées de tous. Dans son mépris des dieux et sa confiance sans limite en lui même, pas un instant il ne pensa que ses convives se rendraient compte de la nature du mets qu'il leur offrait. Il était insensé. Les Olympiens ne se laissèrent pas tromper. Ils refusèrent avec horreur l'abominable festin et leur fureur se tourna contre celui qui le leur avait proposé. Ils déclarèrent qu'il devait en être puni de façon telle, que tout homme à venir, sachant ce que celui-là avait souffert, n'oserait jamais les insulter. Ils le condamnèrent à rester éternellement dans le Hadès, au milieu d'un cours d'eau limpide, mais chaque fois que dans sa soif dévorante il se baisse pour y boire, l'eau disparaît dans le sol pour reparaître dès qu'il se redresse. Au dessus du ruisseau se penchent des branches d'arbres chargées de fruits, poires, grenades, pommes rosées et figues douces. Chaque fois qu'il étend la main pour les saisir, le vent les élève bien haut, hors de sa portée. C'est là qu'il demeure à jamais parmi l'abondance, la gorge brûlante et desséchée par la soif, et sa faim jamais assouvie.Les dieux ramenèrent son fils Pélops à la vie mais ils durent lui façonner une épaule d'ivoire. L'une des déesse_certains disent Déméter, les autres Thétis_ ayant par inadvertance mangé un peu du plat détestable, quand on rassembla les membres de l'adolescent, une épaule manquait. Cette vilaine histoire semble avoir été transmise à travers les âges dans toute sa brutalité première. Plus tard, elle déplut aux Grecs qui protestèrent, et le poète Pindare l'appelle un conte orné de ces mensonges étincelants qui se dressent contre la vérité.
    Qu'à aucun homme il ne soit permis de parler de cannibales parmi les dieux bénis.

     

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  • C'est lundi que lisez vous? #156

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog de Galleane.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    mort-en-direct.com.jpg Une famille trop parfaite.jpg

    On achève bien les chevaux.jpg Too late.jpg

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    Black Ice.jpg La fugitive.jpg La voie duloup.jpg

    Le chat qui a tout vu.jpg Les highlanders du nouveau monde.jpg meutres à la carte.jpg

    Une vicime idéale.jpg Yasmina dévoilée.jpg

     

    Et vous, que lisez-vous?

     

  • Le tiercé du samedi #158

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    Rappel du principe: Chaque semaine, le samedi comme son nom l’indique, il conviendra de choisir les trois livres, le trio gagnant, correspondant au thème proposé.

    A la fin de chacun de ces Rendez-vous, j’indiquerai le thème de la semaine suivante.

    Ce Rendez-Vous Livresque a été inspiré de « The Saturday Awards Book » créé par l’Echos de mots, et qui n'existe plus aujourd'hui.

    Comme annoncé la semaine dernière, le thème d'aujourd'hui est:

    Les trois plus longues sagas que vous avez lu (ou que vous êtes en train de lire)

     

    Alors pour ma part, le trio gagnant est:

     

     

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    Time Riders

     

     

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    La saga fait 9 tomes et je n'en ai, pour l'instant, lu que 2 ou 3... Autant dire que j'ai encore de longues heures de lectures devant moi...parce qu'en plus, c'est pas des poids plumes!

     

     

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    Anita Blake

     

     

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    La saga mise en coupe d'or comporte moins de tomes, mais les tomes sont plus gros et plus fourni que ceux d'Anita. Il faut dire que, plus on avance dans la saga, plus le côté succube d'Anita prend de la place au détriment de l'histoire, ce qui réduit d'autant la longueur réelle de l'histoire.

     

     

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    Le trône de fer

     

     

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    Comme en plus je le lis selon la découpe française (avant qu'en France on ait les intégrales), j'en suis au tome 14 sur 15... et l'auteur est en train d'écrire la suite!



    Pour la semaine prochaine, le thème sera: Parlons couvertures : quels sont les 3 livres avec une couverture à dominante bleue que vous avez préférés ?

    Et n'hésitez pas à laisser en commentaire le lien vers votre propre tiercé du samedi!

  • [Film] Orgueil et préjugés

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    Titre original : Pride and Prejudice

     

    Réalisé par : Joe Wright

     

    Date de sortie : 18 janvier 2006

     

    Genre : Comédie sentimentale

     

    Pays d’origine : France, Angleterre, USA

     

    Durée : 2h07

     

    Casting : Keira Knightley, Matthew MacFadyen, Talulah Riley…

     

    Résumé : Dans un petit village d'Angleterre, sous le règne de George III, Mrs. Bennet veut marier ses filles afin de leur assurer un avenir serein. L'arrivée de nouveaux voisins, Mr. Bingley et son ami Mr. Darcy, plonge Jane et Elisabeth dans des affaires de cœur tumultueuses.

     

    Mon avis : Le pari était risqué. Réadapter Orgueil et préjugés après l’excellente adaptation de 1995 avec Jennifer Ehle et Colin Firth n’était pas la voie de la facilité et il est vrai que le film souffre de sa comparaison avec la mini-série de 1995.
    Les dialogues sont bien menés et reflètent bien le style et les discours de l’époque, je n’ai rien à redire non plus sur le jeu des acteurs.
    En revanche j’ai eu plus de mal avec les caractères des personnages. La mère est exaspérante et c’est peut-être la seule qui est bien représentée avec sa fille Lydia. Jane est parfois assez sèche avec sa sœur, chose qu’elle ne fait pas dans le livre, restant toujours douce et conciliante. Elisabeth, elle, est un peu trop vive. Elle s’emporte, crie sur sa famille, dit à sa mère que sa sœur doit avoir honte d’avoir une mère pareille, bref tout un tas de paroles que l’Elisabeth Bennet du roman n’aurait jamais prononcé de manière aussi crue. Il ne faut pas oublier qu’on est au début du XIXème siècle et que les adolescentes ne se comportent pas comme aujourd’hui.

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    Celui avec lequel j’ai eu le plus de mal est sans contexte le père. Si j’aime beaucoup le jeu de Donald Sutherland dans le rôle, le personnage de Mr Bennet est bien moins soucieux des conventions que cette interprétation-là.

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    Ici Mr Bennet cède assez rapidement aux caprices de sa femme alors que dans le livre, comme dans la mini-série, il s’amuse de la voir s’échauffer devant son refus de se plier à ses désirs.
    J’ai regretté aussi le choix de réduire voire de supprimer certaines scènes. Ainsi le rôle des sœurs de Mr Bingley est réduit comme peau de chagrin, l’une d’elle ayant carrément disparue, et avec elle toutes les scènes concernant les sœurs, Gorgianna ne fait qu’une apparition inutile… bref, on a parfois l’impression d’avoir sauté des chapitres.
    Probablement que ceux qui n’ont ni lu le livre, ni vu la mini-série de 1995, n’auront pas été aussi gênés que les autres.
    En résumé, c’est un film qui se laisse voir, mais qui n’a pas réussi à se hisser à la hauteur de son petit frère de 1995 !


  • [Livre] Once Upon a Time – T01 - Renaissance

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    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix!

     

    Résumé : Il existe une ville dans le Maine où tous les personnages des contes de notre enfance sont piégés entre deux mondes. Ils sont sous l’emprise d’une terrible malédiction lancée par la Méchante Reine. Un enfant connaît les secrets de ce sortilège : Henry. Pour lui, seule Emma, sa mère biologique qui l’a abandonné à sa naissance, peut les libérer.

    Lorsque Henry la retrouve et lui annonce qu’elle est la fille de Blanche Neige et du Prince Charmant, Emma est sous le choc. Elle ne veut pas de lien avec ce fils qu’elle n’a pas désiré, pourtant Henry semble avoir sérieusement besoin d’aide... Inquiète, elle décide alors de le ramener chez lui à Storybrook, où elle rencontre des gens étranges. Surtout Regina, la mère adoptive d’Henry. Emma comprend vite qu’il règne là-bas une atmosphère trop bizarre pour être vraiment réelle.

     

    Auteur : Odette Beane

     

    Edition : Michel Lafon

     

    Genre : Fantastique

     

    Date de parution : 13 juin 2013

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Cette novélisation de la première saison de Once Upon a Time est parfaite pour se remettre la saison en tête avant d’attaquer la suite, ou pour savoir de quoi parle la série sans se frapper les 22 épisodes.
    En tant que livre à proprement parler, je regrette le manque de description des personnages (si on n’a jamais vu la série, on a du mal à les imaginer). J’aurais aussi aimé que le livre profite de son format pour approfondir l’histoire, peut être en insistant sur les pensées des personnages ou sur leur caractère.
    Le livre résumant la saison 1 en seulement 350p, de nombreux raccourcis sont bien évidemment pris par l’auteur.
    Comme dans la série, le récit du présent et celui du passé dans le royaume enchanté sont en alternance ce qui fait que l’on découvre les choses petit à petit.
    Ce n’est pas vraiment ce que j’espérais en lisant ce livre, mais je reconnais l’avantage qu’il y a à pouvoir se remettre en tête certains évènements en simplement feuilletant les pages.
    Je pense que le manque d’éléments nouveaux a dû être un souci pour beaucoup de lecteur car ce livre est noté comme étant un tome 1. Nous sommes maintenant à la saison 6 de la série (que je n’ai toujours pas eu le temps de voir, alors chut) et l’expérience n’a pas été renouvelée pour les saisons suivantes.
    La seule différence entre le livre et la série est que la série se termine sur un cliffhanger destiné à nous donner envie de nous jeter sur la suite comme une poule sur un ver terre bien dodu. Dans le livre ce cliffhanger n’existe pas. De là à penser que l’auteur saurait que l’expérience ne serait pas renouvelée, il n’y a qu’un pas !
    Au final, j’ai bien aimé ce livre en ce sens qu’il m’a remis en mémoire les évènements de la saison 1 avant d’attaquer la saison 6 (j’aurais bien aimé, d’ailleurs, pouvoir faire pareil avec les 5 saisons).
    Mais pour des personnes qui n’ont pas vu la série, excepté pour ceux qui veulent juste savoir de quoi parle la saison 1 pour en discuter ou décider de poursuivre ou non la série, j’ai trouvé qu’il n’était pas assez approfondi.

     

    Un extrait : Ce premier jour, quand Emma se réveilla, elle se demanda brièvement ce qu’elle fichait dans cette maudite ville.

    Mais elle le savait. Elle savait parfaitement pourquoi elle était là.

    Elle était dans la salle de bains quand elle entendit frapper à la porte. En ouvrant, elle fut surprise de voir une Regina Mills tout sourire.

    – Bonjour ! la salua madame le maire. Je me suis dit que j’allais passer vous voir pour vous faire un présent.

    Elle brandit un panier de pommes et s’introduisit dans la petite chambre sans attendre d’y avoir été invitée. Emma l’observa avec méfiance.

    – Je suis sûre que vous les savourerez en rentrant chez vous, ajouta-t-elle. Il est dommage que vous n’ayez pas pu partir hier soir.

    Après avoir regardé autour d’elle avec un certain dédain, Regina posa les pommes sur le plan de travail.

    – J’ai décidé de rester, riposta Emma en contemplant les pommes. Mais merci quand même.

    – Êtes-vous certaine que ce soit une bonne idée ? demanda Regina d’un ton jovial, visiblement peu étonnée. Henry a connu un certain nombre de problèmes affectifs, et je suis persuadée que votre présence ne fera que le désorienter encore un peu plus, non ?

    – Le fait que vous m’ayez menacée à deux reprises en douze heures, finit par lui confier Emma, m’a donné envie de rester un peu plus longtemps.

    – Pardon ? s’offusqua Regina. Vous considérez ces pommes comme une menace ? Je ne…

    – Je sais lire entre les lignes. Je crois que je vais rester jusqu’à ce que je comprenne ce qui se passe réellement avec Henry. Je veux m’assurer qu’il va bien.

    – Je vois. Vous craignez que je sois vraiment… maléfique, n’est-ce pas ? Vous aussi avez lu son livre. Je vous garantis qu’il va très bien. Et qu’il est entre de bonnes mains. Il n’a pas besoin de vous.

    – Que voulez-vous dire ?

    – Qu’il suit une thérapie, expliqua Regina. Il comprendra bientôt que la réalité a bien plus de sens que l’imagination. Comme je ne cesse de le lui rappeler. Et qu’une seule de nous deux qui sait ce qui est bon pour lui.

    – Je commence à croire que vous avez raison sur ce point.

    L’audace de cette femme était incroyable. Emma n’aurait jamais songé à entrer si effrontément chez une inconnue pour lui parler avec un tel mépris. Regina s’approcha d’elle, le sourire aux lèvres.

    – Ravie de vous avoir rencontrée, mais il est temps pour vous de quitter la ville.

    – Sinon ? s’enquit-elle, les bras toujours croisés.

    La femme s’approcha encore. À une trentaine de centimètres de son visage, elle lui conseilla d’un ton glacial :

    – Ne me sous-estimez pas, mademoiselle Swan. Vous n’avez aucune idée de ce dont je suis capable.

    Emma prit le temps de la réflexion.

    – Eh bien, lui répondit-il enfin, vous allez m’en faire la démonstration, n’est-ce pas ?

    Regina plissa les yeux.

    – Vous l’aurez voulu.

     

    Petite déception 2 étoiles.jpg

  • [Livre] Ce que murmure la mer

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    Résumé : L’histoire de la sirène qui aimait l’homme n’a pas d’âge, l’impossibilité de cette pulsion se noue à la manière des grandes tragédies et étouffe inexorablement l’héroïne. Pourtant, quand Galathée aperçoit Yvon, solitaire sur son bateau à voiles, l’amour la foudroie et la pousse à toutes les folies. Eperdue, désespérée, animée par un espoir aveugle, elle parvient à se faire une place dans la vie du jeune marin, mais qu’en est-il de son coeur?

     

    Auteur : Claire Carabas

     

    Edition : Magic Mirror

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 07 septembre 2017

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Ce livre est le tout premier que je lis des éditions Magic Mirror et le second roman édité par cette toute petite et toute récente maison d’édition est déjà en prévision de lecture. Autant vous dire que je guette la sortie de leur prochaine édition, prévue pour courant 2018, comme la prochaine saison de Game of Throne (si, si, c’est un compliment).
    Claire Carabas signe une réécriture de la petite sirène d’Hans Christian Andersen (dont le conte original est à la fin du livre) bien loin du conte de fée quasi-idyllique que nous avait proposé Disney (Ce n’est pas une critique, j’avais adoré). Ici, dès le prologue, on s’attend à une histoire plus sombre, plus tragique, et on va en avoir pour notre argent, si j’ose dire.
    La petite sirène, dont nous ignorons le vrai prénom mais qui va être baptisée Galathée (Toutes ses sœurs ayant un prénom commençant par un N, je suppose qu’elle doit elle aussi avoir un prénom en N), va, lors d’une excursion à la surface de l’eau, repérer et tomber folle amoureuse d’un humain en train d’effectuer un tour du monde en solitaire.
    Comme dans le conte ou le Disney, le père de notre sirène n’apprécie pas, mais alors pas du tout, cette inclination. Mais là où le roi Triton avait une forte tendance à hurler mais finissait par se laisser fléchir, celui de « Galathée » est plutôt du genre impitoyable, prêt à sacrifier sa fille plutôt que de céder. Son attitude m’a vraiment choquée.
    Le récit alterne entre le récit de Galathée et le journal d’Yvon, le marin de ses rêves. On a du coup les deux points de vue, ce qui donne de la profondeur à l’histoire.
    Certaines des scènes du contes sont ici dignes d’un film d’horreur, notamment la scène où elle donne sa voix à la sorcière des mers.
    Concernant les personnages, si je me suis assez vite attachée à Galathée, je suis restée assez froide vis-à-vis d’Yvon. Je lui ai préféré les personnages secondaires comme les sœurs de Galathée ou le meilleur ami d’Yvon.
    J’ai beaucoup aimé la fin. En fait c’est la fin que j’aurais voulu avoir dans le conte d’origine et j’ai trouvé que l’auteur avait eu une super idée.
    Quant à la fin, même si quelques pages avant j’avais compris de quoi il retournait, j’ai vraiment trouvé ça bien trouvé et original.
    J’ai passé un excellent moment avec ce livre que je conseille à tous (enfin, pas aux plus jeune car l’histoire est bien plus sombre).

     

    Un extrait : Depuis ma cachette, je me délectais des heures dérobées aux leçons ennuyeuses. Quand la voie était libre, je cueillais sur les dulses les petits mollusques et des crabes qui les grignotaient. Je les déposais plus loin, vers le potager royal. Je me cachais pour rire de la colère des jardiniers, furieux de découvrir ces nouveaux envahisseurs. Je me faisais des bracelets avec les spirulines dorées. Je posais des étoiles dans mes cheveux. Je flottais, le ventre offert à la transparence qui tombait de la surface, le dos chatouillé par l'onde de la prairie. La lumière caressait de ses rayons les anémones de ma mère. Je choisissais celle qui me plaisait le mieux, le temps d'une journée. Parfois c'était la pâle avec le bout des doigts violets, parfois la rose flamboyante, la bleue électrique aux très longs filaments, la petite géométrique aux reflets métalliques. Seule ma grand-mère savait me trouver là.

    Elle me surprit un jour alors que je passais ma main dans les corallines pour en libérer le parfum.

    - Comme tu ressembles à ta mère !

    L'occasion qu'elle m'offrait était trop belle.

    - Parle-moi d'elle, grand-mère ! Raconte-moi les histoires de ma mère ! Dis-moi ce que je tiens d'elle !

    Ma grand-mère, déjà, regrettait ses paroles échappées. Elle leva les yeux vers la lumière qui jouait entre les ondes comme sur les cordes d'une harpe. Elle écoutait un chant que je n'entendais pas. Elle me regarda à nouveau, secoua la tête. Ses yeux se voilèrent. Et puis le silence. Encore ce silence. Seul leur silence me parlait de ma mère. Le silence de mon père alourdi de colère, le silence de ma grand-mère empreint de tristesse, le silence gêné des servantes dessinaient d'elle une ombre pleine de mystère qui traversait les conversations pour disparaître devant moi. Le mutisme de tout le palais se refermait sur le souvenir de ma mère et tenait son secret aussi serré que l’huître serre ses valves.

    Ma grand-mère savait détourner ma curiosité. Quand je posais trop de questions, elle se lançait dans le récit de contes qu'elle seule connaissait. Et moi, inconstante, oublieuse, je la pressais de me dire encore ces fables. Je poursuivais ces leurres semés pour m'écarter du mystère de ma mère. Elle me racontait l'histoire de la petite fille qui voyait des merveilles dans le feu de ses allumettes, l'histoire de Gerda qui partit jusque dans les royaumes reculés à la recherche du jeune garçon qu'elle aimait et l'histoire de la métamorphose des cygnes sauvages en hommes. J'adorais l'écouter. Ce monde fascinant regorgeait d'énigmes.

     

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  • [Livre] Heartless

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    Résumé : La Reine de Coeur n’a pas toujours été la terrible souveraine d’Alice au pays des merveilles. Avant d’être couronnée, elle s’appelait Catherine et rêvait de devenir la plus grande pâtissière du royaume. Mais le sort a décidé de lui jouer un vilain tour : le Roi de Coeur veut absolument l’épouser et les parents de Catherine, très ambitieux, placent de gros espoirs en cette union.
    Catherine, elle, veut vivre librement et aimer celui qui fait battre son coeur : Badin, le bouffon du Roi.
    Malheureusement au pays des merveilles, où s’entrechoquent magie, folie et monstres, les contes n’ont pas tous une fin heureuse…

     

    Auteur : Marissa Meyer

     

    Edition : PKJ

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 05 Octobre 2017 

     

    Prix moyen : 18,50€

     

    Mon avis : J’avais déjà beaucoup aimé la saga des chroniques lunaire dans lesquels Marissa Meyer revisitait le conte de Cendrillon mais aussi celui de Raiponce, du petit chaperon rouge et de Blanche Neige. Alors quand j’ai vu qu’elle nous offrait cette fois ci, non pas une revisite mais un prequel de conte, et que son héroïne était l’effroyable Reine de Cœur d’Alice au pays des merveilles, je ne pouvais pas ne pas sauter dessus.
    Longtemps avant d’être la souveraine un poil hystérique et susceptible du pays des merveilles, ou plutôt du Royaume du Cœur, la terrible reine était une jeune femme rêveuse et simple dont le seul but était d’être reconnue par tous comme la meilleure cuisinière du royaume et d’ouvrir une pâtisserie avec sa servante et meilleure amie, Marie Anne.
    Mais Catherine, c’est son prénom, a un gros problème. Deux problèmes pour être exacte : l’ambition démesurée de ses parents, très fiers de leur marquisat, et le roi. En effet, à force de confectionner de merveilleuse friandises et pâtisseries pour le monarque dans l’espoir qu’il lui fasse un peu de pub gratos, Catherine a attiré son attention, mais pas de la manière dont elle l’espérait.
    Il faut dire que le roi a tout pour plaire : petit, inconstant, lâche et incapable, il est en plus bouffi d’orgueil et n’imagine même pas qu’il puisse ne pas intéresser Catherine.
    Or Catherine a envie d’un homme, un vrai, et cet homme, celui qui l’insupporte et l’attire irrésistiblement à la fois, c’est Badin, le nouveau bouffon du roi.
    Bon une fille de marquis, convoitée par le roi, avec des parents ambitieux, qui craque pour le bouffon du roi et veut ouvrir une pâtisserie… Vous la sentez venir la mega embrouille ?
    J’adore ces histoires dans lesquelles on découvre comment le « méchant » d’une histoire est devenu méchant. On passe notre temps à espérer que le livre finira bien en sachant que ce ne sera pas le cas, puisque dans un sens, on connaît déjà la fin : il ou elle devient le grand méchant de son univers. Donc on sait d’avance qu’il n’y aura pas de fin heureuse… mais on ne peut pas s’empêcher d’espérer.
    Le roi n’est pas méchant, mais son orgueil l’empêche d’imaginer qu’il puisse être repoussé et son besoin que tout aille bien le pousse à ne prendre aucune mesure pour régler les problèmes du royaume. Et de problème, il en a un énorme sur les bras en la « personne », si j’ose dire, d’un monstre plein de dents et plein de griffes qui sème la terreur sur son passage.
    J’ai beaucoup aimé découvrir les personnages du pays des merveilles avant que le royaume ne tombe sous la coupe de la souveraine et de son règne de la terreur. Le lapin blanc, le chapelier pas encore si toqué que ça, le lièvre de mars… bref tous ces personnages emblématique qui sont à la fois semblables au livre original et en même temps tellement différents.
    Au fil du récit, on a plein d’allusion au livre, comme la mention des non-anniversaires. Pas vraiment d’explications données, mais quand on a lu le livre ou vu le Disney, on a l’impression de connaître déjà ce royaume.
    Au fil des évènements, on comprend comment et pourquoi la reine est devenue si insensible, si réfractaire aux roses blanches et si portée sur la décapitation. Et franchement, même si sa réaction est extrême sur le long terme, sur le court terme en revanche, je crois que je la comprends.
    Ce roman a été un énorme coup de cœur, et pour ne rien gâcher, la couverture est superbe !

     

    Un extrait : Trois alléchantes tartes au citron luisaient sous le regard de Catherine. Elle enfonça dans le four ses mains entortillées dans des serviettes, ignorant la chaleur qui enveloppait ses bras et lui cuisait les joues, puis sortit la plaque. La garniture dorée des tartes frémit – à croire qu’elle était soulagée d’échapper à cette prison de pierre.

    Cath tenait la plaque avec autant de déférence que s’il s’était agi de la couronne du Roi. Elle traversa la cuisine sans la quitter des yeux pour la déposer en douceur sur la table. Les tartes tremblotèrent brièvement avant de s’immobiliser, scintillantes et parfaites.

    Posant ses serviettes, elle piocha parmi les écorces de citron enrobées de sucre qu’elle avait étalées sur un parchemin et les disposa en rosaces sur ses tartes, les enfonçant délicatement dans la garniture encore chaude. Des arômes de citron frais et de pâte au beurre assaillirent ses narines.

    Elle se recula d’un pas pour admirer son œuvre.

    Faire les tartes lui avait pris toute la matinée. Cinq heures à peser le beurre, le sucre et la farine, à mélanger, pétrir et rouler la pâte, à fouetter, cuire à petit feu et filtrer les jaunes d’œufs et le jus de citron pour leur donner une consistance crémeuse, couleur de boutons-d’or. Elle avait glacé la pâte et découpé les bords comme un napperon en dentelle. Elle avait fait bouillir les écorces de citron dans du sirop et broyé finement des cristaux de sucre pour la décoration. L’envie la démangeait d’en saupoudrer le dessus des tartes, mais elle se retint. Elles devaient d’abord refroidir, sans quoi le sucre fondrait en grumeaux disgracieux à la surface.

    Ces tartes étaient un condensé de tout ce qu’elle avait appris dans les vieux livres cornés rangés sur l’étagère de la cuisine. Catherine n’avait précipité aucune étape, négligé aucun geste, n’avait employé que des ingrédients de la meilleure qualité. Elle avait fait preuve d’une méticulosité sans faille. Elle y avait mis tout son cœur.

    Elle prolongea son inspection, scrutant chaque repli de pâte, chaque centimètre carré de la surface luisante.

    Avant de s’autoriser enfin un petit sourire.

    Elle avait sous les yeux trois tartes absolument divines, et tout le royaume de Cœur – depuis les dodos jusqu’au Roi en personne – devrait reconnaître qu’elle était la meilleure pâtissière. Même sa propre mère serait bien forcée d’en convenir.

    Soulagée, elle sautilla sur la pointe des pieds et battit des mains.

    — Vous êtes ma plus grande fierté, proclama-t-elle en écartant les bras au-dessus des tartes comme pour les adouber. À présent, partez à la conquête du monde avec votre volupté citronnée et faites naître des sourires sur toutes les bouches que vous remplirez de vos délices.

    — On s’adresse encore à la nourriture, lady Catherine ?

    — Ah ! mais pas à n’importe quelle nourriture, Cheshire. (Elle leva un doigt sans se retourner.) Je te présente les plus merveilleuses tartes au citron jamais préparées dans le glorieux royaume de Cœur.

    Une queue rayée s’enroula autour de son épaule droite. Une tête poilue ornée de longues moustaches apparut sur sa gauche. Le ronronnement pensif de Cheshire vibra le long de son dos.

    — Stupéfiant, dit le chat, sur ce ton que Catherine ne savait jamais comment interpréter.

    Il disparut de ses épaules pour réapparaître sur la table, une patte griffue tendue au-dessus des tartes. Cath bondit pour l’écarter.

    — Pas touche ! Elles sont destinées au Roi, sale bête.

    Les moustaches de Cheshire tressaillirent.

    — Au Roi ? Encore ?

    Cath attrapa un tabouret, l’approcha de la table en faisant crisser ses pieds sur le sol et s’assit dessus.

    — Je pensais lui en réserver une et faire servir les autres au banquet. Sa Majesté est si heureuse quand je lui cuisine quelque chose. Et le bonheur du Roi…

    — … fait celui du royaume.



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