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Fantasy/Science-Fiction

  • [Livre] Le roi des fauves

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    Résumé : Poussés par une famine sans précédent, trois amis, Kaya, Ivar et Oswald, prennent le risque de braconner sur les terres de leur seigneur, mais son fils les surprend. Au terme d’une lutte acharnée, ils laissent le noble pour mort. Capturés et jugés pour tentative de meurtre, les trois amis sont condamnés à ingérer un parasite qui va les transformer en « berserkirs ». Au bout de sept jours de lente métamorphose, ils seront devenus des hommes-bêtes, et leur raison s’abîmera dans une rage inextinguible. Le temps de cette transformation, ils sont enfermés dans Hadarfell, un ancien royaume abandonné, dont le passé et l’histoire ont été engloutis par le temps…


    Auteur : Aurélie Wellenstein

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 09 Mars 2017

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Le roi des fauves est le premier livre que je lis de cet auteur. Et pour un coup d’essai, c’est un coup de maître.
    J’ai vraiment eu un coup de cœur pour l’écriture d’Aurélie Wellenstein. L’univers du roi des fauves est sombre, violent et angoissant. On est dans un monde médiéval, nordique voire viking si on en croit les termes assez spécifiques de Jarl, walkyries ou encore berzerkirs qui semble être tiré de Berserk (fou furieux en néerlandais). Les prénoms (Ivar, Oswald, Hilde…) renforcent cette idée de vikings. La population meurt de faim tandis que les jarls et les hauts-rois vivent dans l’aisance.
    Kaya, jeune couturière, convainc ses amis Oswald, herboriste, et Ivar, apprenti forgeron, de se glisser dans les bois appartenant au Jarl pour y dénicher un peu de gibier.
    Repéré et poursuivi par le jeune Jarl, ils sont, après une course poursuite à l’issue tragique, arrêté et emmené à la capitale pour être jugés.
    Là, le Jarl, un homme d’une cruauté exceptionnelle pour quelqu’un d’aussi jeune, décide d’épargner leur vie, non pas dans un acte de bonté, mais pour s’assurer que leurs souffrances soient plus vives, plus longues. Il décide qu’ils seront transformés en Berzekirs, ces créatures mi-hommes, mi-animaux, qui sont investis en permanence d’une rage dévastatrice, et maintenus sous contrôle grâce à la magie runique.
    La transformation dure approximativement 7 jours. C’est donc le délai qu’il reste à Ivar, Kaya et Oswald pour trouver le mystérieux roi des fauves, qui leur a promis, dans une vision, de les aider à surmonter le destin qu’on leur impose.
    Un long voyage doublé d’une course contre la montre commence alors. Les dangers sont multiples dans le sombre royaume des berzerkirs : il y a de nombreuses bêtes féroces qui vivent là, la faim, la soif, le froid, mais surtout, il y a ce changement inéluctable qui se produit en eux, lentement, insidieusement.
    C’est cette lutte contre eux même qui est le plus intéressant des aspects de ce livre. Aurélie Wellenstein la décrit avec beaucoup de finesse. La transformation de leur esprit est encore plus importante que celle du corps, mais si celle-ci reste impressionnante.
    J’ai beaucoup aimé Ivar, qui se bat avec une incroyable maitrise contre ces changements qu’il refuse, et Oswald et Hilde, même si elle a un rôle plus secondaire, qui sont plus doux, plus humains au sens figuré du terme. En revanche, j’ai eu beaucoup plus de ma avec Kaya. Certes je comprends qu’elle ressente toute l’injustice de la situation, mais j’ai trouvé qu’elle avait tendance à en vouloir aux autres en oubliant ses propres responsabilités. Elle est dure, inutilement méchante, et je pense que la forme animale que prend le berzerkir est révélateur du caractère de la personne. Bref, je ne l’ai pas aimée.
    J’ai passé un excellent moment avec ce roman, j’ai dû me forcer à le poser pour dormir, et je me suis replongée dedans à peine réveillée. J’ai deux autres de ses livres dans ma PAL, et j’ai hâte de me plonger dedans en espérant aimer autant !

     

    Un extrait : L’aube grisaillait à l’horizon quand Ivar quitta la forge. Soufflant dans son col pour se réchauffer, il s’engouffra dans les étroites ruelles du village. À cette heure, la grande majorité du bourg dormait encore et le jeune homme comptait sortir sans être vu. Par sécurité, il rasait les murs, son arc et ses flèches dissimulés sous son manteau. Il se demandait si ses amis avaient réussi à trouver le sommeil. Lui avait tourné et retourné leur projet insensé dans sa tête durant toute la nuit. Quand il s’était finalement levé, il était résolu à prévenir son père, mais bien sûr, il n’en avait rien fait. Il n’avait même pas eu le courage de réveiller le forgeron. Le pauvre homme était endormi devant la table vide de leur salle à manger, la tête sur les bras. À ce stade, l’accabler d’un fardeau supplémentaire relevait de la cruauté…

    Le jeune homme soupira et enfonça ses poings dans ses poches. Il devait avoir l’air si préoccupé qu’il se réjouit d’être seul, son expression noyée dans l’ombre ardoise des murs. Devant ses amis tout à l’heure, il lui faudrait faire meilleure figure.

    Ivar ralentit brièvement devant la boutique de l’herboriste, mais ne trouva personne. Oswald était déjà parti ou bien il se terrait chez lui. Le jeune homme allongea de nouveau l’allure. Un peu d’agacement colorait sa nervosité. Pourquoi s’entêtait-il à vouloir mêler son père à son dilemme ? Ce soir, il le mettrait devant le fait accompli, et voilà tout. À dix-sept ans, il était grand temps qu’il prenne ses responsabilités. Son père l’avait protégé et nourri jusqu’alors ; c’était à son tour à présent.

    Tout à ses pensées, il tourna trop rapidement l’angle de la rue et déboucha sur la place du marché : une poignée d’artisans relevaient déjà les volets de leurs boutiques. Ivar ne put s’empêcher d’effleurer la petite bosse que formait l’arc derrière son épaule. Il avait l’impression qu’un seul coup d’œil le trahirait.

    Allez, avance, s’ordonna-t-il.

    Il fit le premier pas, le plus difficile, et les autres suivirent. Il traversa la place, le dos droit, l’air dégagé. Les artisans lui jetèrent à peine un regard, ce qui bizarrement lui causa une déception trouble, comme si une partie de lui-même souhaitait être arrêtée. Mais était-ce si étrange ? Ne valait-il pas mieux se faire sermonner maintenant que condamner pour vol dans quelques heures ? Il rentrerait chez lui et redeviendrait ce qu’il était : un simple apprenti forgeron et non un braconnier se faufilant sur les terres du Jarl pour lui ravir du gibier…

     

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  • [Livre] Les sœurs Carmine – T03 - Dolorine à l’école

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    Résumé : Dolorine Carmine fait sa rentrée des classes dans un pensionnat et découvre avec stupeur qu'aucun fantôme ne hante ce lieu. Miss Elizabeth, l'inquiétante institutrice, y est peut-être pour quelque chose.


    Auteur : Ariel Holzl

     

    Edition : Mnémos (Naos)

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 24 Mai 2018

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Encore une fois, on change totalement de ton dans ce troisième tome des sœurs Carmine. Et pour cause, si le précédent était raconté du point de vue de la sociopathe Tristabelle, ici, c’est l’innocente et naïve Dolorine, qui du haut de ses 8/10 ans nous raconte ses premiers pas au pensionnat.
    Car oui, dans ce tome, on quitte Grisaille même pour aller au fin fond des Laments dans un pensionnant isolé en pleine campagne. Déjà en temps normal, je serais plutôt sceptique à l’idée d’enfermer une bande de gamins avec des instituteurs sortis de je ne sais où sans moyen de joindre qui que ce soit, mais dans les Laments… avec tout ce qui traîne dans le coin… y’a intérêt à barder les mômes de couteaux, dagues et autres objets de premières nécessités !
    C’est assez perturbant de lire une histoire dans un registre plus enfantin que les précédentes, du fait de l’âge de sa narratrice, et de voir parler allégrement de meurtre, de mutilation, de sang et d’entrailles…
    Malgré leur jeune âge, les camarades de Dolorine sont déjà versés dans l’art du complot et de la manipulation. Ils sont aussi d’une froideur incroyable, plus intéressés par leurs biens matériels qu’à leur entourage.
    Dolorine est adorable mais d’une naïveté et d’une ignorance déconcertante. Elle comprend la moitié des mots et des expressions de travers et leur donne une signification souvent bien éloignée de la leur. Il y a une ou deux fois où il a fallu que je réfléchisse pour retrouver l’expression d’origine après qu’elle soit passée par la micro cervelle de Dolorine.
    Bien qu’on finisse par voir les trois sœurs être réunies, la quasi-absence de Merryvère et surtout de Tristabelle se fait sentir dans cet opus. L’humour grinçant et la morale toute particulière de l’aînée des Carmine m’a vraiment manqué.
    Ce tome est supposé être le dernier de la saga (oui trois sœur, trois livres, ça reste assez logique) mais j’espère vraiment qu’il y aura une suite, un dérivé, n’importe quoi, parce que je reste pleines de questions notamment sur les ambitions démesurées de Tristabelle et sur cette famille Amécrin, qui semble avoir disparue, mais dont on retrouve des traces importantes dans le sang de Dolorine. Et comme Carmine est une anagramme d’Amecrin (ou Amecrin est une anagramme de Carmine, c’est vous qui voyez), et bien, je veux en savoir plus !
    De même que j’aimerais en savoir plus sur maman Carmine et sur bébé Dram… bref, il y a tout un tas de questions sans réponses qui justifieraient amplement l’écriture d’une nouvelle histoire sur la famille Carmine !
    J’espère qu’Ariel Holzl laissera mûrir cette idée dans le bon sens !

     

    Un extrait : Monsieur Nyx aima le vieux pensionnat au premier coup d’œil. Dolorine, moins.
    Le manoir flottait au loin dans la brume, tout croulant et lugubre à souhait.
    Mais ça, ça lui plaisait bien…
    Le problème, c’était le trajet : une bonne heure de fiacre pour sortir de la ville, puis une heure de plus à travers les Laments. La longueur du voyage lui fit – enfin – prendre conscience qu’elle devrait dormir ailleurs qu’à la maison. Et, surtout, dans un autre lit que le sien. Ses rêves risquaient d’être tout chamboulés.
    Maman lui avait pourtant déjà expliqué la situation. Mais Dolorine n’avait écouté que d’une oreille, trop excitée à l’idée d’aller à l’école. La rentrée lui semblait plus mystérieuse qu’un périple vers un autre continent !
    Seulement, maintenant, Dolorine se rendait compte que les continents mystérieux, c’était pas la porte à côté. Elle allait se retrouver si loin de ses sœurs, de Maman et du bébé…
    Le nez pressé contre la vitre, la fillette serra contre elle Monsieur Nyx. Sa fidèle poupée boudait, comme souvent. Dolorine décida donc de compter les vaches.
    Il y en avait des troupeaux entiers, qui regardaient passer le fiacre en broutant l’herbe sombre. Mais comme la plupart des vaches possédaient deux têtes, Dolorine se perdit vite dans ses calculs.
    Elle se mit debout sur la banquette et colla son oreille au plafond de la voiture.
    C’était pour mieux entendre les jurons du cocher. Monsieur Nyx lui avait conseillé d’en apprendre autant que possible avant de commencer les cours.
    A son grand dam, Dolorine n’entendit que le bringuebalement des roues, les hennissements des chevaux et le claquement du fouet. La présence sur le toit de sa grande sœur Merryvère empêchait le cocher de jurer comme… disons… un « charretier » ? Ou peut-être qu’il se contentait de postillonner, à la place ? Oui, sûrement ! Maman appelait bien les cochers des « postillons », parfois…
    Dolorine ne comprenait pas encore très bien les subtilités entre ces différents conducteurs de chevaux. Mais une chose était certaine : tout ce qui sortait de leur bouche semblait tenir une importance capitale dans leur profession. En particulier, les insultes et la chique.

     

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  • [Livre] Le lac des cygnes

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    Résumé : Lorsque le prince Siegfried s’aventure en forêt ce soir-là, pour oublier les injonctions au mariage qui le pressent et le poids du royaume qui l’incombe, il s’attendait à tout sauf à croiser le chemin tortueux de l’intrigante Odette.
    Fasciné par la demoiselle et ses soeurs, prisonnières d’un antique sortilège, il voit là la quête de son existence et se fait la promesse de leur venir en aide. Mais a-t-il seulement conscience du danger qui rôde dans les bois et des ténèbres qui entourent la princesse ? Osera-t-il se confronter aux démons qui tirent les ficelles de ce jeu malsain, au risque de mettre en péril la vie d’Odette ?
    Autour d’un lac aux eaux teintées par une magie surannée, vont se jouer les destins croisés de Siegfried et d’Odette, des jeune-filles maudites, de Benno Von Sommerstern, le frère d’armes du prince mais aussi de la mystérieuse Odile qui ressemble tant à la princesse …


    Auteur : Alice Sola

     

    Edition : Magic Mirror

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 15 mars 2018

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Depuis la création de la maison d’édition Magic Mirror, j’ai acheté toutes leurs parutions et je dois dire que celle-ci est la première à un peu me décevoir.
    Déjà, et ça, c’est complètement rédhibitoire pour moi, surtout quand le livre est édité par une maison d’édition, j’ai trouvé énormément de coquilles dans le texte : oubli de mots, de lettres, fautes d’orthographe, etc…
    L’histoire elle-même était plaisante, mais je l’ai trouvé moins travaillée que les deux précédents romans édités par Magic Mirror. En effet, malgré l’introduction de touches personnelles, telle que le palais souterrain, j’ai trouvé que cette histoire était trop proche de celle du ballet de Tchaïkovski. Certes, c’est du coup très éloigné du conte original, mais l’essentiel de la réécriture a été faite par un autre.
    Finalement, le plus gros changement qu’a fait l’auteur est justement celui qu’il ne fallait surtout pas toucher : la fin tragique, qui est ici oublié au profit d’un happy end à la Disney dont je me serais volontiers passée.
    J’ai également trouvé qu’il y avait beaucoup de longueurs qui n’apportent rien à l’histoire, comme si l’auteur avait voulu allonger artificiellement son histoire, et qu’il y avait de nombreuses scènes brouillonnes et mal amenées.
    Pour moi, cette parution n’est clairement pas à la hauteur des deux autres.
    Pour autant, tout n’est pas négatif et on décèle un énorme potentiel dans l’écriture de l’auteur. Les défauts du texte sont très probablement à mettre au compte de la jeunesse et de l’inexpérience de l’auteur qui va très certainement gagner en maturité.
    Malgré les réticences que j’ai eu en tombant sur des coquilles ou en retrouvant trop du ballet dans ce livre, je l’ai lu quasiment d’une traite car rien ne gêne au point ne serait-ce que d’envisager d’abandonner.
    Ceux qui ne connaissent pas le ballet seront enchantés par ce texte qui raconte quand même une belle histoire.

     

    Un extrait : — Siegfried, tu as fêté ta majorité, et tu sais ce que cela signifie, mon fils. Il est temps que tu assumes les fonctions qui te reviennent par la naissance. Et pour cela - nous en avons déjà discuté - il te reste encore une chose à accomplir...

    — Mère, soupira le jeune chevalier, ne nous engageons pas encore une fois dans un dialogue stérile. Vous savez que je...

    — Assez ! s'emporta la reine. Il est temps que tu comprennes ! Tu ne pourras pas te décharger de tes devoirs cette fois !

    Pour la première fois depuis longtemps, la reine perdait son calme, mais loin d'émouvoir son fils, cette déclaration lui fit bouillir le sang.

    — Vous ne pourriez être plus injuste, mère ! rétorqua-t-il sèchement. N'ai-je donc pas assez sacrifié pour nos terres ? Ne me suis-je donc pas appliqué à être un régent parfait ? Ne me forcez pas à accomplir contre mon gré l'unique acte dont je souhaite rester maître !

    La reine secoua la tête en le fusillant du regard.

    — Le royaume attend de toi que tu te maries, Siegfried. Maintenant. Tu dois cesser tes égarements nocturnes et te comporter comme un souverain. Comme ton père l'aurait fait.

    Une bouffée de fureur assaillit le jeune homme. Pourquoi sa mère ne pouvait-elle comprendre ?

    — Justement mère ! s'insurgea-t-il. Son mariage avec vous était une union d'amour ! Et c'est le respect et la confiance que vous éprouviez l'un envers l'autre qui ont rendu ces terres si belles et prospères. Je refuse d'épouser une quelconque princesse qui n'aura d'égards que pour mon titre et mon rang, acheva-t-il en soutenant le regard de sa mère. Le silence régna dans la salle un long moment après sa tirade, tandis que mère et fils se défiaient du regard. Dans un coin, Benno et ses autres amis se faisaient discrets, atrocement gênés mais guère surpris. Le sujet était une pomme de discorde depuis trop longtemps. Quant à Wolfgang et sa sage vieillesse, il attendait - tendu comme un arc - ce que la souveraine avait à annoncer. La princesse détourna finalement le regard et secoua sa tête avec lassitude, épuisée par cette douloureuse discorde avec son fils et par l'évocation de son époux adoré. Siegfried, lui, se sentait outré par cette mise en demeure. Même l'éloignement de ses amis prenait un sens ! Sa mère avait ourdi un véritable complot pour qu'il n'ait aucune marge de manœuvre pour échapper à son destin.

    — Je suis navrée mon fils, déplora-t-elle, mais je ne peux t'accorder ce que tu demandes. Il est vital pour ton avenir que tu te maries. C'est pourquoi dans cet unique but, j'ai organisé le bal de tes fiançailles le prochain jour où la lune sera pleine. Des princesses de tous horizons viendront se présenter à toi et tu devras faire un choix. Ou alors, acheva-t-elle plus durement, je le ferai pour toi.

     

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  • [Livre] Les sœurs Carmine – T02 – Belle de gris

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    Résumé : Trois semaines séparent Tristabelle Carmine du Grand Bal de la Reine. Trois semaines pour trouver la robe de ses rêves, un masque, une nouvelle paire d’escarpins… et aussi un moyen d’entrer au Palais. Car Tristabelle n’a pas été invitée. Mais ça, c’est un détail. Tout comme les voix dans sa tête ou cette minuscule série de meurtres qui semble lui coller aux talons.
    En tout cas, elle ne compte pas rater la fête. Quitte à écumer les bas-fonds surnaturels de Grisaille, frayer avec des criminels, travailler dans une morgue ou rejoindre un culte. S’il le faut, elle ira même jusqu’à tuer demander de l’aide à sa petite sœur. Car Tristabelle Carmine est une jeune femme débrouillarde, saine et équilibrée. Ne laissez pas ses rivales ou ses admirateurs éconduits vous convaincre du contraire. Ils sont juste jaloux. Surtout les morts.


    Auteur : Ariel Holzl

     

    Edition : Mnèmos

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 16 Novembre 2017

     

    Prix moyen :

     

    Mon avis : La fin du tome 1 nous laissait dans une angoisse insupportable (j’exagère un peu, mais à peine). Je ne vais pas spoiler la fin, histoire de ne pas gâcher la surprise à ceux qui ne l’on pas encore lu, mais disons que c’était un retournement de situation qui m’était un poil resté en travers du gosier.
    On s’attend donc, naturellement, à ce que le tome 2 s’empresse de nous raconter ce qu’il s’est passé après le point final du tome précédent.
    Et bien non !
    Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que si le tome 1 était raconté par Merryvère, ce tome 2 l’est par son ainée, Tristabelle, et que la demoiselle n’est pas du tout disposée à perdre son temps à raconter quelque chose qui ne la concerne pas directement et même pire, qui concerne sa sœur (bon rassurez-vous, on va quand même savoir le fin mot de l’histoire, mais Tristabelle ne va guère prendre de gants et va nous balancer la sauce de manière assez succincte).
    Si Merryvère était une poissarde à la moralité presque correcte, Tristabelle, elle, est une vraie sociopathe, qui passe la moitié de son temps à se disputer avec les voix présentes dans sa tête. Elle est tellement insupportable, hautaine, arrogante et insensible qu’elle en devient drôle.
    Toujours soucieuse d’occuper le rang qu’elle estime devoir être le sien, Tristabelle brigue le poste de dame de compagnie de la Reine de Grisaille.
    Qu’elle n’ait pas d’invitation au bal, pas d’argent pour une robe et qu’elle soit qu’une roturière alors que toutes les candidates viennent des familles nobles de Grisaille importe peu. Tristabelle n’a pas l’intention de s’encombrer de détails, ni d’obstacles d’ailleurs et, franchement, est-ce bien sa faute si lesdits obstacles tombent comme des mouches autour d’elle ?
    3 histoires, tournant autour de Tristabelle, se développent et s’entremêlent. Dans ce tome, on en apprend un peu plus sur les pères des sœurs, surtout sur celui de Tristabelle.
    Quelques chapitres sont consacrés à Merryvère, ce qui nous permet de continuer à la suivre.
    J’ai un peu regretté de ne plus avoir de pages du journal de Dolorine à lire. La fillette m’a un peu manquée. Heureusement, elle sera la narratrice du 3ème tome que j’ai vraiment hâte de lire pour retrouver ces héroïnes tout sauf convenables et conventionnelles.

     

    Un extrait : L’hiver avait transformé Grisaille en sablier glacial : les monceaux de neige qui encrassaient la Haute-Ville finissaient invariablement par crouler jusqu’à la Basse-Ville sous leur propre poids. Percés par la moindre brise, ils s’écoulaient des toits en trainées souffreteuses, fardant les hauts-de-forme des messieurs, poudrant les doublets sombres des dames qui n’avaient pas eu les moyens d’adapter leur garde-robe au changement de saison. Tristabelle Carmine se gaussait de leur déconfort, drapée d’un sourire mesquin et d’une toute nouvelle pèlerine.

    « Mesquin » ? Vraiment ?

    Le sourire s’adressait également à une ou deux privilégiées – riches en lys mais pauvres en sens pratique – parées d’atours trop clairs et trop laiteux. La neige les salissait de filaments grisâtres en s’évaporant. Inhabituel pour de la neige, certes, mais les nuages débordaient de cendres à Grisaille. Pas celles – trop denses – recrachées par les haut-fourneaux Forge-Rage ; des cendre plus fines, portées aux cieux par les cheminées des crématoriums. Les particules de glace leur offraient une nouvelle vie, plus élémentaire, presque volcanique. L’occasion de se rappeler aux pauvres diables en contrebas et de ruiner la toilette de quelques prétentieuses…

    Aux yeux de Tristabelle, ce n’était que justice : ces cocottes avaient failli à leur « devoir d’avant-garde », une notion issue tout droit de l’esprit détraqué de la jeune fille.

    « Détraqué » ? Et puis quoi encore…

    En substance, ce devoir d’avant-garde signifiait que lorsque l’on appartenait au grand monde, il fallait le prouver en toute occasion. Sinon comment le bon goût et la haute-pensée rejailliraient-ils sur les masses ignorantes, surtout dans le domaine vestimentaire ? Une promenade dans la Basse-Ville offensait déjà suffisamment de sens – l’odorat, l’ouïe, le bon sens – pour ne pas y ajouter la vue. Alors oser le blanc ivoirin pour braver les neiges de la Haute-Ville, quand une nuance de gris perle était tellement plus appropriée… Impardonnable.

    Tristabelle aurait volontiers condamné un tel impair par une petite dizaine d’années aux mines de sel, histoire de faire retenir la leçon aux contrevenantes.

    La jeune fille pressa le pas, ses talons hauts mitraillant la ruelle silencieuse malgré la pellicule de neige qui vernissait les pavés. Elle marchait comme elle respirait, parlait, vivait : avec l’arrogance d’un prédateur sur son territoire de chasse, la cruauté du félin au royaume des souris, le mépris du serpent pou… 

    Un « serpent » maintenant ?!

    Bon, ça suffit ! Vous croyez que je n’entends pas vos persiflages ?

    Vous êtes peut-être une voix dans MA tête, mais cela ne vous donne pas le droit de m’insulter ! Ni de raconter n’importe quoi à mon sujet ! Qui vous a appris les bonnes manières ?!

    Je reprends les choses en main. Libre à vous d’aller espionner la vie d’une autre si cela ne vous sied pas…

    Ah, voilà qui est mieux !

    Vous êtes toujours là ? É-vi-dem-ment. Comme si vous aviez plus intéressant à faire…

     

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  • [Livre] Les sœurs Carmine – T01 – le complot des corbeaux

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    Résumé : Merryvère Carmine est une monte-en-l’air, un oiseau de nuit qui court les toits et cambriole les manoirs pour gagner sa vie. Avec ses sœurs, Tristabelle et Dolorine, la jeune fille tente de survivre à Grisaille, une sinistre cité gothique où les mœurs sont plus que douteuses. On s’y trucide allègrement, surtout à l’heure du thé, et huit familles d’aristocrates aux dons surnaturels conspirent pour le trône.
    Après un vol désastreux, voilà que Merry se retrouve mêlée à l’un de ces complots ! Désormais traquées, les Carmines vont devoir redoubler d’efforts pour échapper aux nécromants, vampires, savants fous et autres assassins qui hantent les rues…


    Auteur : Ariel Holzl

     

    Edition : Mnémos

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 16 Mars 2017

     

    Prix moyen :

     

    Mon avis : L’univers que nous offre Ariel Holzl est sombre mais non dépourvu d’un certain humour. Dans ce monde, une monarchie du XIXème siècle baignant dans une brume permanente (d’où son nom de Grisaille). On y croise voleurs, assassins, vampires, zombies et autres joyeusetés à tous les coins de rue. 8 grandes familles, constituant la noblesse, toutes pourvues de pouvoirs spécifiques, luttent plus ou moins ouvertement pour le trône, lequel, s’il est supposé se transmettre héréditairement, est souvent vacant suite à des « accidents » opportuns. Le reste de la ville, s’il est constitué de roturiers peu préoccupés par les guerres de pouvoirs, ne s’entretue pas moins allégrement à la moindre occasion.
    Les sœurs Carmine, roturières sans pères, sont au nombre de trois. Leur mère étant une courtisane de haut vol, disparue depuis quelque temps, on se doute que leurs pères ne sont probablement pas bouchers ou croque-mort mais on n’en sait pas plus.
    L’aînée, Tristabelle, est égocentrique et narcissique et toujours préoccupée de son apparence même dans le pire des dangers. Elle possède le don certain de provoquer chez autrui d’irrépressibles envie de meurtre à son endroit.
    Merryvère, la cadette, et la narratrice de ce premier tome, est sans doute celle qui a le plus les pieds sur terre (sans jeu de mot avec son métier de monte en l’air). Elle vole pour faire vivre sa famille et pour tenter de payer leurs dettes tandis que Tristabelle semble croire que l’argent finira bien par tomber du ciel. Contrairement à la majorité des habitants de Grisaille, Merryvère n’aime pas tuer et essaie d’éviter au maximum que ce genre d’évènement désagréable ne se produise. Malheureusement pour elle, elle est le pire monte en l’air au monde, doté d’une poisse incroyable qui la suit partout et qui provoque diverse catastrophes. Merryvère se fourre sans cesse dans des pétrins inextricables.
    La plus jeune des sœurs Carmine, Dolorine, n’a que 8 ans. Elle traine partout avec elle une poupée appelée Nyx qui passe son temps à lui conseiller de tuer des gens. Capables de voir les fantômes, elle apprend toujours plein de choses en discutant avec eux, mais ça façon bien à elle de relayer les informations fait que ses sœurs ne comprenne toujours que trop tard ses avertissements.
    Malgré leur morale quelque peu vacillante, on s’attache très vite aux trois sœurs, que ce soit Merryvère que l’on suit tout au long du livre, Tristabelle qu’on découvre au travers des yeux de sa sœur qu’elle exaspère, ou Dolorine qu’on ne découvre quasiment qu’à travers les pages de son journal intime.
    La fin du livre nous laisse sur un sacré cliffhanger et je suis bien contente d’avoir déjà les tomes 2 et 3 dans ma bibliothèque et de ne pas être obligée d’attendre des mois pour découvrir la suite !
    Du côté de l’écriture, rien à redire. Le style est une vrai drogue, tout comme l’univers qui est décrit de manière à nous donner l’impression d’y être plongé.
    Ma scène préféré reste celle où une bataille est raconté minute par minute et que soudain, une information totalement inutile est donnée, cassant complètement le rythme et me provoquant un fou rire dont j’ai eu du mal à me remettre tant ce passage était absurde.
    Il va sans dire que je ne vais pas tarder à me jeter sur le tome 2 !

     

    Un extrait : À Grisaille, de la brume, il y en avait partout : parmi les ruelles scabreuses, à travers les allées malsaines, au fin fond des impasses, au pied des gargouilles, devant les vitraux des cathédrales, sous les lampes à gaz, entre les pavés toujours humides de pluie ou de sang…

    Partout !

    La cité en devenait plus sinistre qu’une morgue. Pour ne rien arranger, l’engouement de la Reine pour l’Arbor tragicus – un spécimen affreusement mélancolique de saule pleureur – ajoutait à la morosité générale. Pas étonnant alors que le taux de suicide dans les jardins publics ait fini par pulvériser tous les records, à tel point que les employés royaux ne décrochaient même plus les pendus des arbres. Ils se contentaient de vêtir les cadavres de couleurs vives et d’y épingler des guirlandes de lampions, pour leur donner un petit côté festif pendant les pique-niques ou les garden-parties.

    Presque aussi paresseuse, la brume somnolait ce matin entre le marbre des stèles. Elle ne faisait malheureusement pas briller le cimetière par son originalité.

    Mais il fallait l’excuser, la brume… Deux cent quarante-trois cimetières pour une seule ville, difficile de toujours se renouveler.

    L’aube pesante ne l’aidait guère. L’automne avait dénudé les saules, dégarni les cyprès, recouvert de corbeaux la moindre grille, la moindre branche tortueuse.

    On venait heureusement d’échapper au cliché des croassements de mauvais augure ; le TCHAC ! abrupt de la lame avait tué le récital dans l’œuf. Ou presque.

    La main qui avait lancé le poignard se prolongeait par une manche de dentelle blanche, puis une robe trop ample où flottait une jeune fille qui détestait les oiseaux. Elle leur vouait une haine strictement professionnelle cependant, qui n’était ni du sadisme ni de la cruauté. Comparée aux autres habitants, une telle déviance méritait d’être soulignée.

    Sa présence ici, en revanche, n’avait rien de remarquable : selon les naturalistes de Grisaille, les jeunes filles en robes blanches arrivaient en troisième position des espèces les plus communes dans les cimetières, juste après les corbeaux et les asticots. En voici d’ailleurs une autre, assise sur une pierre tombale, non loin de la première. Sa robe blanche tombait mieux sur elle, tout comme ses boucles auburn qui tombaient mieux jusqu’à ses épaules que les mèches courtes et blondes de la lanceuse de couteaux. Mais impossible de s’y méprendre, elles faisaient partie de la même espèce et, plus particulièrement, de la même fratrie.

     

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  • [Livre] La passe-miroir – T02 – Les disparus du Clairdelune

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    Résumé : Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.


    Auteur : Christelle Dabos

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 29 Octobre 2015

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : J’ai laissé passe un mois entre ma lecture du 1er tome et celui-ci. Il faut dire que l’auteur ne cache pas que le tome 4 va se faire attendre. Alors autant prendre son temps. Le hic c’est qu’on risque d’oublier des choses entre deux lectures. Et bien, l’auteur y a pensé et, au début du tome 2, elle nous offre un rappel des points clefs du tome 1 et c’est vraiment appréciable.
    Dans ce tome, Ophélie se rebiffe et j’ai adoré voir ça. Elle en  marre qu’on la traite en fillette fragile et docile et elle commence à prendre de l’assurance. Elle prend les devants à plusieurs reprises, hausse le ton, exige des choses, bref, elle cesse d’être la petite animiste effacée que Thorn a rencontré.
    Ses interactions  avec Farouk, l’esprit de famille instable du Pôle la montre déterminée, à défaut d’être toujours sûre d’elle.
    Thorn, lui, est toujours froid et renfermé. J’ai été déçue qu’il ne se dévoile pas un peu plus et le peu qu’il dévoile arrive très tard dans le livre.
    Thorn m’a énervée a tout garder pour lui, à refuser de partager ses pensées avec Ophélie, à la repousser constamment sans aucun égard pour elle. J’aurais aimé qu’Ophélie ait des griffes de dragons comme Bérenilde pour qu’elle lui fasse une belle entaille ! Ca lui aurait appris à ce malotru !

    Malgré une présence moins importante que dans le premier tome, j’ai trouvé qu’on en apprenait finalement bien plus sur Archibald que sur Thorn. Surtout lors de la scène où l’on découvre la chambre de l’ambassadeur, qui est très révélatrice et ne laisse pas indifférent.
    La famille d’Ophélie a beau être aimante, elle est insupportable. Incapable d’appréhender une autre façon de vivre que la leur, ils passent leur temps à agir d’une manière qui m’aurait fait mourir de honte à la place d’Ophélie. Sa mère a aussi une façon de croire qu’elle peut continuer à diriger la vie de fille comme si Ophélie était encore une petite fille qui fait que, à sa place, je les aurais réexpédié sur Anima à peine ils auraient foutu les pieds au Pôle ! Retour à l’expéditeur les casse-couilles ! Mais il fat admettre qu’ils pensent souvent bien faire, même s’ils n’ont pas plus de jugeote qu’une bande de furet !
    A travers les « bribes », ces éclats de souvenirs de Farouk, on en apprend plus sur le comment de l’existence des arches et, à la fin du livre, Thorn se pose une question à laquelle je n’avais pas pensé et qui risque de bien compliquer toute cette histoire (en même temps, c’est tellement logique cette question que je me demande comment j’ai pu ne pas y penser avant).
    Dans ce tome, Ophélie attire bien malgré elle l’attention de Farouk et c’est un cadeau empoisonné qui peut apporter protection comme danger, honneur comme jalousies.
    Petit bémol : j’ai été un peu déçue par la sortie de scène du Chevalier. Je m’attendais à plus de panache pour un tel personnage. Cela dit, il reste deux tomes, il n’est pas impossible que ce sale môme n’ait pas dit son dernier mot.
    La fin est pleine de rebondissements entre l’identité du ou des responsables des disparitions, de la révélation des rôles de certains… Le plus gros rebondissement concernant, bien évidement Thorn et Ophélie.
    Je n’ai maintenant qu’une hâte : lire le prochain tome. Mais vu qu’on n’a pas toujours pas de date de sortie pour le tome 4, je vais tenter de patienter le plus longtemps possible.

     

    Un extrait : Ophélie s’avança jusqu’à l’estrade en sentant sur elle des regards si brûlants de curiosité qu’elle se demanda si elle n’allait pas finir par prendre feu. Elle ignora de son mieux le clin d’œil polisson que lui adressa Archibald depuis sa table de jeu et gravit les marches blanches de l’estrade en se concentrant sur une seule pensée : « Mon avenir va dépendre de ce qui se jouera ici et maintenant. »

    Peut-être fut-ce à cause de la nervosité que lui inspirait Thorn, de la voilette en dentelle qui l’empêchait de voir correctement, de l’écharpe enroulée à son pied ou de sa maladresse pathologique, le fait est qu’Ophélie heurta la dernière marche de l’escalier. Elle se serait étalée de tout son long si Thorn ne l’avait rattrapée au vol en lui empoignant le bras et en la rétablissant de force sur ses jambes. Ce raté n’échappa cependant à personne : ni à Berenilde dont le sourire s’était figé, ni à la tante Roseline qui avait enfoui son visage dans ses mains, ni à la côte fêlée d’Ophélie qui pulsait rageusement contre son flanc.

    Il y eut des rires à travers tout le jardin de l’Oie, mais ils furent vite réprimés quand on s’aperçut que Farouk, lui, n’avait pas l’air de trouver la situation amusante du tout. Il n’avait pas bougé d’un cheveu depuis la fin de la partie, le coude toujours sur la table, l’air profondément ennuyé, ses favorites en diamants collées à son corps comme si elles en étaient le prolongement naturel.

    Ophélie elle-même avait oublié Thorn dès l’instant où l’esprit de famille avait posé sur elle son regard indéchiffrable, aux iris d’un bleu pâle, presque blanc. En fait, tout était blanc chez Farouk – ses longs cheveux lisses, sa peau éternellement jeune, ses habits impériaux – mais Ophélie, pour sa part, ne remarqua que ses yeux. Les esprits de famille étaient impressionnants par nature. Chaque arche, à une exception près, possédait le sien. Puissants et immortels, ils étaient les racines du grand arbre généalogique universel, les parents communs à toutes les grandes lignées. Les rares fois où Ophélie avait rencontré sa propre ancêtre sur Anima, Artémis, elle s’était sentie minuscule. Ce n’était pourtant rien en comparaison de ce que lui inspirait Farouk à cet instant. Ophélie était séparée de lui par la distance protocolaire, et même ainsi, sa puissance psychique l’écrasait tandis qu’il l’observait avec une fixité de statue, sans un battement de paupières, sans un état d’âme.

    – Qui est-ce ? demanda Farouk.

    Ophélie ne pouvait pas lui reprocher de ne pas se souvenir d’elle. La seule fois où ils s’étaient croisés, c’était de loin, elle était travestie en valet et ils n’avaient pas échangé un seul regard. Elle fut déconcertée quand elle s’aperçut que la question incluait également Thorn et Berenilde, sur lesquels Farouk avait reporté ses yeux inexpressifs. Ophélie savait que les esprits de famille possédaient une très mauvaise mémoire, mais tout de même ! Thorn était le surintendant de la Citacielle et de toutes les provinces du Pôle ; en tant que tel, il avait la responsabilité des finances et d’une bonne partie de l’administration judiciaire. Quant à Berenilde, elle était enceinte de Farouk et, la veille encore, ils avaient passé la nuit ensemble.

     

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  • [Livre] Miss Peregrine et les enfants particuliers – T03 – La bibliothèque des âmes

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    Résumé : Dans le Londres d'aujourd'hui, Jacob Portman et Emma Bloom se lancent à la recherche de leurs amis enlevés par les Estres. Ils retrouvent leur trace grâce au flair aiguisé d'Addison, l'illustre chien particulier doué de parole. Bientôt, au bord de la Tamise, ils font la connaissance de Sharon, un géant bourru qui, moyennant une pièce d'or, propose de leur faire traverser le fleuve. Ils rejoignent ainsi l'Arpent du Diable, une boucle temporelle à la réputation effroyable où séjournent les particuliers les moins recommandables, où pirates et malfaiteurs commettent leurs forfaits en toute impunité.

    Jacob et Emma ne se sont pas trompés : l'ennemi a bien établi son QG dans l'Arpent, derrière les murs d'une forteresse imprenable...


    Auteur : Ransom Riggs

     

    Edition : Bayard

     

    Genre : Fantastique

     

    Date de parution : 11 Mai 2016

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Ce troisième et dernier tome, comme je l’avais prédit à la fin du tome 2, est explosif.
    Tous les enfants particuliers ont été capturés à l’exception de Jacob et Emma et du chien particulier Addison.
    Le tome 2 nous laissait en présence d’un creux prêt à attaquer et stoppé net dans son élan par un Jacob qui n’en croyait pas ses yeux.
    Ce don, qui se déclenche de manière un peu aléatoire, en général quand Jacob a une grosse trouille, ce qui n’est pas franchement difficile en présence de creux, va se développer. Grâce à ce don, Jacob va se sentir plus à sa place dans le monde des particuliers, mais il garde quand même un recul que n’a pas Emma. A plusieurs reprise, la jeune fille veut foncer tête baissée ou refuse de croire ce qu’il y a pourtant sous ses yeux et Jacob va devoir la raisonner.
    Le jeune homme va prendre de l’assurance mais il se pose aussi beaucoup de questions sur son rôle au sein du monde des particuliers, de sa relation avec Emma et de son avenir qui semble ne pas pouvoir concilier les particuliers et sa famille. Il est déchiré entre les deux mondes, refusant de perdre ses parents ou ses amis (surtout Emma).
    J’ai quand même trouvé Emma particulièrement agaçante dans ce tome. Elle reste butée sur des choses qu’elle croyait vraie et elle refuse d’ouvrir les yeux, comme par exemple d’accepter que tous les particuliers ne sont pas forcément sympathiques et dignes de confiance. Je comprends parfaitement que certaines choses se déroulant dans l’Arpent du diable sont difficile à avaler, mais bon, quand sa vie est en jeu, on doit être capable de comprendre les choses vites et d’accepter la réalité.
    J’ai beaucoup aimé Sharon, le guide des enfants dans l’Arpent. Il est le parfait exemple de la dualité que l’on découvre dans ce monde au sujet des particuliers. Il est à la fois loyal et opportuniste, serviable et intéressé… il est difficile à cerner et pendant la majorité de ma lecture je ne savais pas si les particuliers pouvaient réellement compter sur lui.
    J’ai beaucoup aimé en savoir un peu plus sur les frères de miss Peregrine et sur les circonstances de la création des sépulcreux. Clairement, Caul est un fou dangereux, mais ça, on en avait eu un aperçu dans le tome précédent. Son autre frère est plus ambigu, plus difficile à cerner. Je pense que même lui ne se cerne pas lui-même.
    J’ai trouvé que les Ombrunes n’apprenaient pas de leurs erreurs. Quand on sait que la « rébellion » qui a conduit à la création des sépulcreux a eu lieu notamment parce que certains particuliers ne supportaient plus d’être soumis aux Ombrunes, on se demande quand est-ce qu’elles vont remettre leur façon de faire en question, car elles semblent bien décidées à continuer à refuser d’associer les particuliers à leurs décisions. A sans cesse les traiter en inférieurs, elles ne peuvent pas se plaindre de les voir de rebiffer.
    Les parents de Jacob ne sont vus que brièvement, mais ils n’ont pas changés, ils sont toujours obtus et étroit d’esprit, même quand les choses sont sous leur nez.
    J’ai vraiment adoré découvrir une autre facette du monde des particuliers, moins idyllique, où les « méchants » ne sont pas que les Estres et les sépulcreux et où certains particuliers peuvent mal tourner au point qu’il existe des boucles punitives. Cela casse le côté tout noir ou tout blanc des deux premiers tomes.
    Dans ce tome on a la réponse à quasiment toutes les questions que l’on a pu se poser dans les deux premiers opus (en tout cas ça a répondu à toutes les miennes). L’écriture est toujours aussi fluide et agréable et la tension est bien présente jusqu’au bout de l’histoire.
    J’ai tendance à être déçue à la fin des trilogies qui présentent des fins trop faciles ou bâclées. Ici, ce n’est pas le cas et j’ai été ravie de la fin !

    Un extrait : Le monstre était là, devant nous. Si proche qu’il lui aurait suffi de déployer une de ses langues pour nous toucher. Ses yeux étaient fixés sur nos gorges, et des idées de meurtre tournoyaient dans son cerveau rabougri. Son instinct lui commandait de nous dévorer : les âmes des particuliers sont des mets de choix pour les Sépulcreux, et nous étions disposés devant lui comme un étalage de petits fours au buffet d’une réception.

    Autour de nous, la station de métro avait des allures de night-club après un bombardement. Des conduites éventrées laissaient échapper en hurlant des rideaux de vapeur fantomatique. Des écrans pendaient du plafond, suspendus à leurs câbles, telles des volailles au cou brisé. Une nappe scintillante de tessons de verre s’étalait jusqu’aux voies, clignotant dans la lueur rouge des lampes de secours comme une immense boule à facettes.

    Addison se tenait courageusement devant moi, la queue dressée. Emma, encore sonnée par la déflagration, s’accrochait à ma taille, incapable de produire ne serait-ce qu’une flamme d’allumette. Adossés à la carcasse de la cabine téléphonique, coincés entre un mur et un océan de verre, nous étions dans une situation délicate, à quelques pas seulement d’une créature de cauchemar qui rêvait de nous mettre en pièces.

    Pourtant, le monstre ne semblait pas pressé de couvrir cette distance. Il avait pris racine, et oscillait sur ses talons comme un ivrogne ou un somnambule. Ses langues pendaient sagement devant sa tête dégoulinante de bave noire, semblables à un nid de serpents endormis par un sortilège.

    C’était moi qui l’avais mis dans cet état. Moi, Jacob Portman, un garçon ordinaire, venu de Nulle-Part, en Floride. Le Sépulcreux ne nous avait pas encore dévorés parce que je le lui avais interdit. Je lui avais commandé de retirer la langue qu’il avait enroulée autour de mon cou, avant de lui ordonner « Recule ! », dans un langage fait de sons étranges, que je n’aurais jamais cru pouvoir prononcer. « Debout », avais-je ajouté, et il s’était redressé comme par enchantement. Ses yeux me défiaient, mais son corps m’obéissait. Sans savoir comment, j’avais dompté le cauchemar ; je l’avais ensorcelé.

    Hélas, les créatures endormies finissent toujours par se réveiller, et les sortilèges se dissipent – surtout ceux qu’on a lancés par accident. Sous son apparence placide, je sentais le Creux bouillir.

     

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  • [Livre] Les dames blanches

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    Résumé : Une étrange bulle blanche d’une cinquantaine de mètres de diamètre est découverte un jour dans une bourgade de l’ouest de la France. Elle attire et capture Léo, trois ans, le fils d’Élodie. D’autres bulles apparaissent, grossissent, et l’humanité échoue à les détruire. Leur activité magnétique de plus en plus importante perturbe les réseaux électriques et numériques, entraînant une régression technologique sans précédent. Seule l’ « absorption » de jeunes enfants semble ralentir leur expansion…La peur de disparaître poussera-t-elle l’humanité à promulguer la loi d’Isaac ? Mais peut-on élever un enfant en sachant qu’il vous sera arraché à ses trois ans ? Camille, qui a elle-même perdu un fils, et son ami Basile, d’origine malienne – ufologue de son état – vont essayer de percer le mystère des dames blanches afin d’éviter le retour à la barbarie.


    Auteur : Pierre Bordage

     

    Edition : L’Atalante

     

    Genre : Science-Fiction

     

    Date de parution : 21 Mai 2015

     

    Prix moyen : 21€

     

    Mon avis : Ce livre ne fait pas de cadeau à l’humanité. De grosses bulles blanches, indestructibles, apparaissent un peu partout dans le monde. Quelques enfants sont absorbés à l’intérieur des bulles et il n’en faut pas plus à l’ensemble des gouvernements pour décréter qu’il s’agit là d’entités intelligentes et hostiles à l’homme.
    Pour autant, bien que grossissant régulièrement, les bulles ne montrent aucune agressivité et ne semblent ne rien faire d’autre que d’absorber les enfants de moins de 4 ans qui s’approchent un peu trop d’elles.
    Devant l’impossibilité de détruire les « intruses », devant le nombre grandissant d’enfants « capturés » par les bulles, les gouvernements, sur l’impulsion de l’ONU, décident de les combattre en se servant d’enfants de moins de 4 ans.
    C’est d’une logique : les bulles capturent des enfants, donc on leur en donne encore plus…normal.
    Au début, personne ou presque ne s’émeut vraiment de ces pratiques car les enfants sacrifiés sont des orphelins, mais, très vite, il n’y a plus d’orphelin dans la bonne tranche d’âge et l’ONU va voter la loi Isaac, recommandant aux pays membres de mettre en place des sanctions très sévères contre ceux qui refusent de s’y plier (clairement, ils incitent les pays à mettre en place la peine de mort).
    Qu’est-ce que la loi Isaac, me direz-vous ? C’est tout simplement le sacrifice organisé des enfants en obligeant chaque couple à donner un « Isaac » soit un enfant pour qu’il soit sacrifié. Vous vous doutez bien que cette loi ne va pas passer toute seule ! La population va être divisée entre ceux qui n’ont pas d’enfants et qui ne voient aucun problème à ce que des enfants soient sacrifiés, ceux qui ont des enfants et qui considèrent de « fabriquer un enfant sacrificiel » est un devoir, ceux qui sont haut placés et échappent à cette loi mais qui sont intransigeant sur son application (aux autres, bien sûr) et enfin ceux qui ont bien l’intention de se battre bec et ongles contre cette loi absolument inhumaine.
    Ce qui fait le plus peur dans ce livre et que je suis intimement persuadée que les choses se passeraient exactement comme cela. Du début à la fin !
    J’ai vraiment aimé ce livre mais il m’a manqué un petit quelque chose pour qu’il passe de « bonne lecture » à « j’ai beaucoup aimé ».
    Ce petit quelque chose, ce sont les personnages. Le livre se déroule sur quasiment le temps d’une vie humaine et pour cela, présente de nombreuses ellipses narratives. Il se passe parfois de nombreuses années entre deux chapitres et, personnellement, ça m’a empêchée de m’attacher aux personnages.
    Or, pour avoir un coup de cœur, j’ai besoin de m’attacher aux personnages (pas forcément de les aimer, cela dit).

     

    Un extrait : Le capitaine de gendarmerie observait la sphère blanche avec le même air réprobateur qu’il aurait considéré un homme ivre au volant : la chose était une anomalie dans l’ordre et l’harmonie censés régner dans ce paysage bucolique des Deux-Sèvres. Le petit peloton de trois hommes et une femme s’était déployé à une dizaine de mètres de ce qu’ils surnommaient avec emphase le phénomène.

    « Vous affirmez que cette… boule a avalé votre fils ? »

    La moue perplexe du capitaine exaspéra Élodie.

    « Vous avez vu comment ça s’est passé ? » insista l’officier.

    Le mouvement de tête de la jeune femme décrocha les larmes perlant à ses cils. Le pull irlandais qu’elle avait passé par-dessus son tee-shirt et son pantalon ne suffisait pas à la réchauffer.

    « Je suis tombée au moment où il a disparu. Mais, avant, j’ai pu voir cette bulle avaler des buissons et des rochers.

    — Pourquoi ne vous a-t-elle pas avalée en ce cas ? »

    Elle se fendit d’un long soupir ; elle était tombée sur l’officier de gendarmerie le plus borné de la région.

    « Comment voulez-vous que je le sache ? Qu’est-ce que vous attendez pour délivrer Léo ? »

    Le capitaine secoua la tête.

    « C’est que… on ne sait pas trop ce qu’elle renferme. Il s’agit peut-être d’une arme d’un genre nouveau. Possible qu’elle contienne un gaz toxique, ou une autre saloperie. Il nous faut prendre des précautions. Je dois en référer au préfet.

    — Nous perdons du temps, hurla Élodie. Mon fils est là-dedans, chaque seconde compte.

    — Elle n’a pas tort, intervint la femme gendarme.

    — On ne vous a pas demandé votre avis, Kagalri, rétorqua le capitaine. C’est encore moi qui prends les décisions. »

    Il tira son téléphone portable de la poche de sa veste et s’éloigna d’un pas saccadé. La femme gendarme, une brune au teint mat et aux yeux couleur d’ambre, s’approcha d’Élodie.

    « Désolée : mon chef est un trouillard, il ne prend aucune initiative sans être couvert par la hiérarchie. »

    Élodie hocha la tête. Les larmes, de nouveau, sillonnèrent ses joues.

    « J’ai frappé cette bulle avec un objet pointu, murmura-t-elle. Impossible de la percer. »

    La femme gendarme contempla la sphère pendant quelques secondes en se mordant la lèvre inférieure, la main droite enroulée autour de la crosse de son pistolet en partie dégainé.

    « Il y a forcément un moyen de déchirer cette espèce de champignon géant. »

     

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  • [Livre] La passe-miroir – T01 – Les fiancés de l’hiver

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    Résumé : Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'Arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel.


    Auteur : Christelle Dabos

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 06 juin 2013

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Ca fait un certain temps, pour ne pas dire un temps certain que je vois parler de ce livre. Au vu de l’enthousiasme de certaines booktubeuses/blogueuses en qui j’ai toute confiance par expérience (de nombreuses lectures choisies après avoir vu ou lu leur avis ont été des coups de cœur ou pas loin) j’avais très envie de découvrir cette histoire.
    Mais deux points me retenaient :
    - Le premier et sans doute le plus important : quand j’ai commencé à m’intéresser à la saga, le tome 3 n’était pas sorti et, Christelle Dabos n’étant pas auteur de métier, elle avouait elle-même sans honte qu’elle mettrait un moment avant de finir le tome 3 et un très long moment avant de nous offrir le tome 4.
    Ce n’est pas que je sois spécialement impatiente (pour les enfants de la terre j’ai attendu plus de 10 ans entre certains tomes…) mais j’avais peur de ne pas avoir de suite du tout (et ça c’est nettement plus frustrant). Une fois le tome 3 publié, je me suis dit que quand même si elle était allé jusque-là, et surtout si Gallimard l’avait suivi jusque là, il n’y avait pas de raison qu’elle ne continue pas.
    - Le second point était que beaucoup de personnes ayant adoré la saga disaient que le premier tome était difficile à lire, qu’il y avait trop de descriptions, que c’était un tome d’introduction. On le présentait presque comme un mal nécessaire qui ne commençait à être vraiment intéressant que 200 pages avant la fin. Et je n’étais tout simplement pas dans le bon état d’esprit pour lire quelque chose qu’il fallait lire pour comprendre la suite mais qui était lui-même sans grand intérêt.
    Tout étant enfin réuni : la parution  tome 3 et l’état d’esprit, je me suis lancée.
    Et j’ai été conquise dès la 4ème page !
    Toutes ces descriptions qui ont fait grincer tant de dents sont pour moi un des atouts majeurs de ce tome, et à mon sens n’ont pas été étrangère au résultat du concours jeunesse qui a permis sa publication.
    Bien loi, à mon sens, d’être un mal nécessaire, à travers ces descriptions, Christelle Dabos nous brosse le tableau d’un univers d’une richesse incroyable. A chaque ligne, j’avais vraiment l’impression d’y être.
    Ca va être difficile de parler des personnages sans dévoiler l’intrigue, donc je vais être succincte 
    J’ai adoré Ophélie. Elle a l’air calme, résignée et sans volonté, mais ce n’est qu’une apparence. La scène avec la balle de plomb quand elle est encore dans son musée suffit à démontrer qu’elle n’aime pas qu’on lui marche sur les pieds et qu’elle sait se défendre ! Elle est seulement de ces gens qui savent choisir leur batailles, qui préfèrent réfléchir avant d’agir et argumenter plutôt que trépigner.
    Sa tante Rosaline, qui parait froide et sèche au premier abord, se révèle une alliée indéfectible bien que sans réel pouvoir sur l’arche où a été envoyée la jeune fille pour son mariage. C’est d’ailleurs mon sentiment sur l’ensemble de sa famille, même si on les voit très peu, tout au long du livre, à chaque fois qu’il est question d’eux, on a l’impression qu’Ophélie n’est qu’un pion destinée à servir son arche, mais à un moment, ils montrent qu’ils s’inquiètent vraiment du sort de la jeune fille.
    Du côté des habitants de l’arche du pôle, c’est une autre histoire. Chez eux, la trahison et les coups de poignards dans le dos vont bon train, même au sein d’une même famille.
    Thorn, le futur époux, souffle le chaud et le froid, on a du mal à savoir quels sont ses sentiments à l’égard d’Ophélie, mais surtout à savoir quel son but dans toute cette histoire.
    Sa tante Berenilde est affreuse mais au fil des pages je me suis dis que son attitude pouvaient être compréhensible. Bon, je reste au conditionnel quand même, parce que même si certains évènements de son passé (et de son présent aussi d’ailleurs) peuvent l’expliquer, il reste qu’elle est égocentrique, jalouse, cruelle, capricieuse, lunatique… bref, vous avez compris l’idée !
    Chacun des personnages a un pouvoir, plus ou moins offensif, plus ou moins courant, plus ou moins développé.
    Ophélie est une liseuse : en touchant un objet, elle retrace son histoire depuis sa fabrication, revivant les sentiments et la vie de ses propriétaires successifs. Il semblerait que ce soit une liseuse très douée mais elle a aussi un pouvoir très rare : c’est une passe-miroir. Elle peut passer à travers les miroirs pour se rendre d’un endroit à l’autre.
    Les habitants du Pôle ont également des pouvoirs, mais qui n’ont rien à voir avec tous ce qu’Ophélie a pu connaître. Et attention, c’est du lourd !
    Tous les personnages que l’on rencontre, même brièvement, sont parfaitement décrits. Je ne sais pas si c’est parce que l’auteur a décidé qu’ils devaient intervenir dans les prochains tomes ou non, mais j’ai trouvé que ça donnait encore plus de profondeur à l’univers des arches.
    Il y a une chose que j’ai beaucoup appréciée : tout commence par l’annonce à Ophélie de son mariage arrangé avec Thorn. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle n’est pas emballée même si elle réalise vite qu’elle n’a pas le choix.
    Dans la plupart des livres qui commencent par un mariage forcé, la jeune fille fait une crise, jurant qu’elle ne pliera jamais et tombe folle amoureuse de son mari dans les 15 pages suivantes. Vous ne pouvez pas savoir comme ça m’énerve.
    Sans, bien sûr, vous dévoiler les détails, je peux vous dire qu’Ophélie va donner nettement plus de fil à retordre à Thorn ! Il va être content du voyage celui-là !
    Si au début de l’histoire, l’auteur nous décrit parfaitement l’arche natale d’Ophélie, on ne sait du Pôle que ce que la jeune fille en apprend. On découvre donc ce nouveau monde, et ses règles, en même temps qu’elle.
    Maintenant je n’ai qu’une hâte : lire le tome 2. Mais comme le 4ème et dernier tome n’est pas encore sorti, je ne veux pas trop me précipiter, j’ai le temps !

     

    Un extrait : Au commencement, nous étions un.

    Mais Dieu nous jugeait impropres à le satisfaire ainsi, alors Dieu s’est mis à nous diviser. Dieu s’amusait beaucoup avec nous, puis Dieu se lassait et nous oubliait. Dieu pouvait être si cruel dans son indifférence qu’il m’épouvantait. Dieu savait se montrer doux, aussi, et je l’ai aimé comme je n’ai jamais aimé personne.

    Je crois que nous aurions tous pu vivre heureux en un sens, Dieu, moi et les autres, sans ce maudit bouquin. Il me répugnait. Je savais le lien qui me rattachait à lui de la plus écœurante des façons, mais cette horreur-là est venue plus tard, bien plus tard. Je n’ai pas compris tout de suite, j’étais trop ignorant.

    J’aimais Dieu, oui, mais je détestais ce bouquin qu’il ouvrait pour un oui ou pour un non. Dieu, lui, ça l’amusait énormément. Quand Dieu était content, il écrivait. Quand Dieu était en colère, il écrivait. Et un jour, où Dieu se sentait de très mauvaise humeur, il a fait une énorme bêtise.

    Dieu a brisé le monde en morceaux.

     

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  • [Livre] Le monde des sorciers - La magie du cinéma – T03 – Objets ensorcelés

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    Résumé : Découvrez les objets magiques des films « Harry Potter » et « Les Animaux fantastiques». Baguettes magiques, balais volants, valise remplie de créatures... le monde des sorciers est peuplé d'objets enchantés. Cet ouvrage fascinant dévoile les coulisses des films et révèle les secrets de fabrication d'une multitude d'objets de légende de la saga « Harry Potter » et des « Animaux fantastiques». Du Vif d'Or aux Horcruxes de Voldemort, en passant par la valise de Norbert Dragonneau, chaque objet est présenté avec précision, accompagné de prototypes, de dessins préparatoires, de photographies... Fourmillant de surprises - autocollants, bonus détachables, rabats à soulever - ce livre somptueusement illustré offre une expérience exceptionnelle du Monde des Sorciers de J.K. Rowling.

     

    Auteur : Ramin Zahed, Bonne Burton

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Fantastique

     

    Date de parution : 09 Novembre 2017 

     

    Prix moyen : 27€

     

    Mon avis : Comme les deux premiers tomes, cet ouvrage commence par nous présenter les objets des « animaux fantastiques » avant de se pencher sur ceux de « Harry Potter ».
    Après une présentation de l’objet tel que l’a imaginé JK Rowling, le livre nous montre comment le visuel et la « mécanique » de l’objet a été étudié, créé, pour être porté à l’écran.
    Il y a de nombreux bonus, pop-up, encart, stickers… disséminés dans le livre et même un tutoriel pour fabriquer sa propre baguette : une activité intéressante à mettre en place avec des enfants de 10 à 12 ans.
    L’objet-livre est vraiment magnifique : les photos, le papier, les bonus… l’équipe l’ayant réalisé a vraiment fait un travail d’orfèvre, c’est un livre qui est aussi agréable à lire qu’à regarder exposé dans une bibliothèque.

    Un extrait :

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