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Romances

  • [Livre] J’ai épousé un con

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    Résumé : « J’ai épousé un con ! »

    Quelle femme n’a pas eu, un jour, cette pensée ?

    Et quel homme n’a jamais pensé, lui : « J’ai épousé une emmerdeuse ! » ?

    Pépita rêve d'amour, Roméo pense dîner entre potes. Elle veut du duo mère-enfant mais aussi du tango homme-femme. Elle n’aura qu’un unique programme : Papa, Maman et le Frigidaire. C’est simple, un homme.

     

    Auteur : Agnès Bouquet

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 03 mai 2012

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : J’ai été assez déçue par ce livre. J’ai voulu aller jusqu’au bout, parce que je m’attendais à une fin qui rattrape un peu le contenu du livre, mais même pas. La fin est fade, sans intérêt.
    Le titre promet beaucoup d’humour, un couple auquel on peut s’identifier, mais là on a un abruti égoïste et une gourde sans cervelle… difficile de s’y identifier à moins d’avoir une estime de soi au ras des pâquerettes !
    la narration se veut légère, utilisant pour cela un langage parlé censé nous rapprocher de Roméo et Pepita mais ne réussit à atteindre aucun de ses objectif : c’est ennuyeux, la lecture est laborieuse. Si ce langage parlé ne choque pas dans les dialogues, dans le corps du récit, j’attends autre chose d’un livre.
    En plus de n’être pas franchement une réussite, ce style de narration nous éloigne du texte ; on se sent complètement extérieur à l’histoire, on n’y plonge pas vraiment.
    La chose qui m’a le plus rebuté est la narration : on a une narration à la troisième personne, mais avec un narrateur omniscient qui fait des remarques sur les personnages sans pour autant faire partie de l’histoire.
    Malgré son peu d’épaisseur, il m’a fallu un temps infini pour arriver au bout de ce livre qui n’a aucun humour, qui est décousu comme si l’auteur avait écrit sans aucune réflexion, sans organiser ses pensées.
    Tout ce que je retiens de cette lecture, c’est que j’ai perdu mon temps !

    Un extrait : Elle a préparé le terrain. Et l’a choisi, surtout. Pas n’importe lequel, pas des copains de la fac qui y sont encore mais des copains à idées et opinions, les uns journalistes, les autres psys et (ou) écrivains qui reçoivent dans un appart’ à moulures du boulevard Saint-Germain… Avec La Très Grande Bibliothèque, les œuvres d’art, les livres de photos et les catalogues d’expositions sur la table du salon. Donc, très loin de la chambre de bonne ou du petit appart’ du 5 qui guigne sur le 6 mais sent les fins de mois difficiles…
    Elle a choisi ces copains-là, et espère faire passer Roméo des histoires drôles (le concours de blagues étant le summum des fins de dîner chasse-spleen) aux drôles d’histoires : celles de la folie ordinaire ou celles de reportages lointains qui le séduiront sûrement. Elle espère surtout lui faire prendre goût à LA CONVERSATION. L’échange, l’écoute… Et tout ce qui fera rupture avec ce que Pépita nomme déjà, malgré sa béatitude amoureuse, le degré zéro de la discussion…
    Je précise que ses copains, elle les tient certes de la fac et d’un parcours en zigzag qui l’a menée du journalisme au dessin, en passant, depuis peu, par la psycho… Mais elle les tient aussi d’un richissime parcours amoureux qui l’a amenée à découvrir de nombreux corps de métier… Ainsi Pépita a su, durant toutes ces années, élargir son champ de relation. Et de vision. D’où sa préoccupation actuelle : en faire bénéficier son homme.
    Se faire mousser aussi.
    Ne pas s’arrêter là surtout.
    Enfin, ne renoncer à rien.
    J’entends : réunir à la même table l’intelligence et l’argent, dans la même vie la culture et la nature, l’amour et l’amitié, les Ex et l’actuel, enfin cultiver l’érotique du Sud sans jamais perdre le Nord… En clair : continuer à lire Pavese et son Métier de vivre (le journal de son suicide !) sur un yacht de quarante cinq mètres, à côté d’un mec abonné au Journal de la Baleine.

    Un pari osé. Mais bien bordé, dont le test in vivo va s’effectuer ce soir.
    Oui, car Pépita a largement bordé son affaire. A une inconnue près, les moitiés de ses copains. Qu’elle maîtrise moins bien mais se réjouit de découvrir. Un zeste d’anxiété en plus… Confirmée par les premiers « bonjour » à des costumes gris et sérieux en train de commenter le dernier masque africain acquis par l’appart’ de Saint-Germain. Seule Cecile, sa copine psy et Gucci, la rassure : elle allie magnifiquement l’allure branchée et la pensée éclairée. Voire éclairante. Pépita suppose qu’elle sera une passeuse (de message) parfaite : un fion d’enfer et une façon de « faire des phrases » incomparable, qui combine douceur et efficacité.
    Enfin, en général…
    L’apéritif traîne, on attend Roméo. Pépita l’excuse, les autres ne disent rien. Ils évaluent l’importance du bonhomme à son retard grandissant. Des ondes d’hostilité traversent les esprits… C’est au moment où on ne l’attend – presque – plus que Roméo débarque. Une bombe ! Speed, boucle hirsute, œil hagard, costume explosé par la journée, cravate irradiant de pois multicolores (ultrachic, selon lui) et, enfin, Roméo et Juliette dans la petite poche supérieure de son costume trois pièces… Le cigare de trop. Le cigare qui annonce la couleur.
    Ou la confirme.

  • [Livre] Un noël avec Darcy

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    Résumé : Georgiana Darcy, hantée par ce qu’elle a vécu avec Wickham, décide de privilégier désormais la raison à la passion, et la proposition de mariage du beau, riche et bien né M. Moresby est parfaite pour cela. Mais Darcy trouve cet homme ennuyeux, et Elizabeth a des doutes : s’agirait-il réellement d’un mariage heureux ?

    Pendant que la famille se rassemble à Pemberley pour célébrer Noël, l’envieuse Caroline Bingley répand des rumeurs venimeuses sur Georgiana.

    La jeune femme aura-t-elle le courage de se battre pour sauver sa réputation ? Et l’attirant et sympathique Sir Giles Hawkins arrivera-t-il à lui faire de nouveau écouter son cœur ?

     

    Auteur : Elizabeth Aston

     

    Edition : Bragelonne

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 08 décembre 2014

     

    Prix moyen : 2€

     

    Mon avis : 5 ans après le mariage d’Elizabeth et Darcy, c’est la petite sœur de ce dernier qui est sur le point de convoler. Mais dès le départ, et ce sans même avoir lu le quatrième de couverture, on sent que quelque chose ne va pas.
    D’une part, il ne semble y avoir aucune alchimie entre Georgiana et son austère fiancé, et d’autre part, il semblerait que la sœur de Mr Bingley, Caroline, ait eu des vues sur le bonhomme et que l’annonce des fiançailles entre Georgiana et lui soit assez dure à avaler. Et connaissant la méchanceté de Caroline, on peut s’attendre au pire.
    Et grâce à cette pimbêche aigrie, il ne faut pas longtemps pour que l’histoire Wickham soit remise sur le tapis.
    Georgiana semble complètement échaudée après sa mésaventure avec le jeune coureur de dot, elle sait qu’elle l’a échappé belle et refuse de se laisser prendre dans les filets d’un homme trop avenant. Elle recherche la sécurité et une vie sans surprise et avec un homme aussi terne que M. Moresby il semblerait bien qu’elle n’ait pas de soucis à se faire : pas la moindre petite étincelle d’excitation ne risque de s’immiscer dans sa vie !
    Caroline est telle qu’on pouvait s’y attendre : aussi venimeuse qu’une vipère.
    Quant à M. Moresby, je l’ai trouvé hypocrite. Quand on se targue d’être aussi droit, aussi intègre, aussi moral qu’il le dit, on ne prête pas foi aux rumeurs, sans même en discuter avec la principale intéressée. Son attitude montre qu’il n’est pas fait pour le mariage, il devrait plutôt se mettre en couple avec une statue, ainsi il serait sûr qu’elle ne risque pas d’avoir la moindre pensée contraire à ses « principes ». Si au début il parait seulement sérieux et ennuyeux, il m’est vite apparu comme totalement ridicule.
    En dehors des personnages, il y a Pemberley et l’ambiance qui s’y attache. Ici, c’est Noël et au milieu des rires et des jeux des enfants de Jane et Elizabeth, on assiste à un noël traditionnel de l’Angleterre du XVIIIème siècle.
    Du côté de la romance, on se doute de la fin dès qu’on a lu les premières pages, mais ce n’est pas important, ce qui compte c’est de voir comment l’auteur nous emmène vers cette fin et ce qu’elle va infliger à ses personnages pour y arriver.
    C’était une agréable petite nouvelle pour en savoir un peu plus sur Georgiana qu’on ne voit qu’assez peu dans Orgueil et Préjugés. Bien sûr, on est assez loin de la plume de Jane Austen. Ça n’en rend pas moins cette histoire divertissante.

    Un extrait : Chaudement emmitouflée dans sa pelisse et coiffée de son élégant chapeau, Georgiana Darcy fit ses adieux et monta dans la voiture. Mr Darcy échangea quelques mots avec le cocher avant de la rejoindre, puis le garçon d’écurie s’écarta de l’attelage qui s’ébranla enfin.

    Alors que la voiture descendait en cahotant la longue allée, Georgiana contempla par la fenêtre le paysage pris dans le froid matinal. Elle aurait aimé être déjà à Pemberley. Elle songea alors que ce Noël était le dernier qu’elle passerait en tant que Miss Darcy et que c’était vraisemblablement la dernière fois qu’elle séjournerait à Pemberley pour les fêtes. À cette même période l’année suivante, elle serait Mrs Moresby et passerait les mois d’hiver avec la famille de son époux à Moresby Hall, dans le Sussex.

    Son frère se pencha en avant pour jeter un regard au pâle soleil que menaçaient à présent des nuages sombres en provenance du nord-est.

    — On dirait qu’il va neiger, fit-il remarquer.

    Il s’adossa de nouveau et sortit plusieurs documents de la mallette en cuir posée sur ses genoux.

    Georgiana connaissait bien son frère et savait qu’il resterait absorbé par ces papiers tant qu’il ferait jour, puis à la lueur du plafonnier de la voiture lorsque le crépuscule tomberait. Elle ne lui tenait pas rigueur d’être un compagnon aussi taciturne, consciente de l’importance des affaires gouvernementales dont il s’occupait pour servir son pays en guerre.

    Tout comme Elizabeth Darcy, Georgiana avait craint que Mr Darcy ne soit pas en mesure de quitter Londres. Mais en cette avant-veille de Noël, la vie normale avait finalement repris ses droits, en dépit de la guerre. Georgiana ne doutait pas que son frère était impatient d’arriver à Pemberley pour y célébrer Noël en compagnie de sa femme et de ses filles.

    Ils étaient partis la veille de la demeure londonienne familiale et avaient passé la nuit chez des amis dans le Northamptonshire. Ils entamaient à présent la dernière étape de leur trajet, avec de longues heures monotones en perspective avant de parvenir à destination.

    Georgiana avait emmené un livre mais le laissa fermé sur ses genoux. Elle se blottit dans un coin et tira sur elle sa couverture tout en regardant défiler le paysage morne et désolé, perdue dans ses réflexions. Elle songeait à Francis Moresby, l’homme qu’elle s’apprêtait à épouser. Le faire-part n’était pas encore paru dans La Gazette de Londres ; seulement quelques jours s’étaient écoulés depuis que Mr Moresby avait rendu visite à son frère pour la demander formellement en mariage.

    Mr Darcy lui avait donné son consentement, mais Georgiana se demandait dans quelle mesure la nouvelle de ces fiançailles le réjouissait. Elle esquissa une grimace en se remémorant la conversation qu’elle avait eue avec lui après le départ de son prétendant. Avec un grand sérieux, son frère avait tenu à s’assurer qu’elle désirait vraiment épouser Mr Moresby et suivait ce que lui dictait son cœur, et pas uniquement sa raison.

  • [Livre] La dame de Kyoto

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    Résumé : Kyoto, 1904. Depuis l'assassinat de ses parents, riches industriels de la soie, Myako Matsuka subit la tutelle de son frère Naoki. Lorsque celui-ci part pour le front de la guerre russo-japonaise, elle doit gérer seule l'entreprise familiale. Myako découvre alors avec horreur les conditions de travail des ouvrières et n'hésite pas à transgresser les consignes de son frère, révélant un tempérament fier et indépendant.
    Mais l'amour trouble qu'elle porte à un diplomate anglais, Allan Pearson, de même que l'intrusion dans sa vie d'un jeune Français passionné d'estampes, Martin Fallières, vont brouiller les cartes. 
    Torturée par le mystère de la mort de ses parents, déchirée entre ses instincts amoureux, ses responsabilités professionnelles et la fidélité qu'elle doit à sa famille, Myako va devoir choisir. Des choix douloureux qui feront éclater une vérité non moins tragique sur son passé et orienteront son avenir dans un sens bien différent de celui qu'elle envisageait

     

    Auteur : Eric Le Nabour

     

    Edition : Calmann Levy

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 2012

     

    Prix moyen : 20,50€

     

    Mon avis : Dans ce livre on est plongé dans le japon du début du XXème siècle, même si parfois j’ai eu des doutes quant aux définitions des termes comme les meiko qui seraient le nom donné au geisha à Kyoto, alors que, recherches faites, on les appelle les Geiko… erreur de l’auteur ? Coquille ?... du coup ça m’a rendu assez méfiante pour les autres termes que je ne connais pas (et je ne vais pas aller vérifier chaque terme non plus).
    Concernant les personnages, j’ai eu un peu de mal avec eux.
    Bizarrement, celui que j’ai le plus apprécié est Naoki alors qu’à première vue il est assez pénible. Mais son évolution au fil du roman (ou plutôt les révélations faites qui permettent de mieux le comprendre) fait qu’on s’attache à lui.
    Allan Pearson est insupportable, il n’a absolument rien pour lui, mais je pense que c’était le but.
    Mais je n’ai pas franchement apprécié Martin Fallière et Myako non plus.
    Le premier se comporte d’emblée comme si Myako était sa propriété et j’ai détesté son attitude. Il agit comme si Myako et son entourage avait des comptes à lui rendre.
    La vieille servante m’a agacée dans sa façon de traiter Myako comme une enfant alors qu’elle est sa maitresse mais d’un autre côté, quand on voit l’attitude de la jeune femme, on peut le comprendre un peu.
    Myako n’a aucune envie d’entrer dans le monde des adultes tout en ne supportant pas qu’on la traite en enfant. Pourtant, à 22 ans, il serait grand temps qu’elle se réveille un peu et qu’elle assume la conséquence de ses actes (et surtout qu’elle réfléchisse un peu avant de les commettre). Je n’ai ressenti aucune empathie envers elle.
    L’histoire est un peu cousue de fil blanc et le dénouement un peu trop rapide quand on songe au temps qu’il a fallu pour y arriver.
    Ça reste néanmoins une petite histoire légère et facile à lire, idéale pour reposer son esprit après des lectures plus intenses.

    Un extrait : Un nom et un visage lui étaient malgré tout venus immédiatement à l’esprit : Kodo Kobayashi, l’homme que son frère voulait lui faire épouser depuis plus d’un an déjà. Que pouvait-il y avoir de plus important la concernant aux yeux de Naoki ?

    Myako souffla doucement sur son thé brûlant.

    Épouser Kobayashi… Ce petit homme gras au sourire faux, aux manières apprêtées, aux doigts boudinés et aux ongles manucurés dont elle n’imaginait pas qu’ils puissent se poser un jour sur elle. « Plutôt travailler dans un bordel de Gion », songea Myako. Chacune de ses visites lui était un supplice. Le « gros Kodo », comme l’appelait Hiromi, venait régulièrement au ryôkan Matsuka. Une fois par mois environ. Il apportait toujours des présents inutiles et stupides. Il s’asseyait en face d’elle, replet et satisfait, les mains posées sur ses cuisses et la dévorait des yeux avec des airs de mangouste affamée.

    Aux yeux de Naoki, en revanche, Kodo Kobayashi présentait tous les avantages requis : petit-fils de samouraï, banquier et futur membre de la Diète impériale. Un parti inespéré tant sa fortune faisait des envieux dans les rangs les plus fermés de l’aristocratie japonaise. Pourtant, Myako ne parvenait pas à imaginer que le caractère inflexible de Naoki l’aveugle au point de vouloir faire consciemment son malheur.

    – Je sais à quoi ou à qui tu penses, glissa Hiromi. Je sais même que ça te tient éveillée la nuit. Tu crois sans doute que je ne t’entends pas dans ton sommeil…

    Myako feignit la surprise.

    – Que veux-tu dire ?

    – Tu le sais très bien. Ce n’est pas parce que je suis une vieille carne aujourd’hui que je n’ai pas été jeune moi aussi…

    – Je n’y peux rien, gémit Myako, je ne pense qu’à lui depuis des mois.

    Hiromi posa un doigt brun et tordu sur ses lèvres.

    – Eh bien, arrête ! Et même oublie-le, si tu peux ! Tu sais ce que je t’ai dit à son sujet. Un homme marié, n’y songe même pas, ma belle…

    – Mal marié !

    – Ce n’est pas ton affaire. Voudrais-tu faire honte à ton frère ?

    – Mais…

    Le doigt accentua sa pression et Myako en éprouva une sensation désagréable parce qu’il lui intimait l’ordre de se taire et qu’il sentait le vinaigre.

    – Il n’y a pas de mais… Allez, va voir Naoki, il doit s’impatienter…

    – Mais je ne suis pas encore…

    – Tu es fraîche comme une rose, il n’y verra que du feu. Et puis il préférera te voir sans apprêt plutôt que de faire le pied de grue dans son bureau. Je te l’ai dit, il est de mauvaise humeur.

    Le doigt se retira. La bouilloire siffla sur le fourneau. Myako émit un soupir de désolation, se resservit du thé d’orge grillé, puis avala le contenu de son bol avec une lenteur exaspérante. Quand elle ne put reculer davantage l’échéance, elle se dirigea enfin vers le bureau de son frère d’un pas glissant sous les regards lourds de sous-entendus de la vieille femme.

     

  • [Livre] Les filles de Mr Darcy

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    Résumé : Vingt années après Orgueil et Préjugés, nous faisons la connaissance des cinq filles d’Elizabeth et Darcy. Alors que leurs parents sont en voyage à Constantinople, les demoiselles viennent passer quelques mois à Londres chez leur cousin Fitzwilliam. La découverte de la vie citadine, des plaisirs et des disgrâces qu’elle offre, associée au caractère fort différent de ces jeunes personnes, va mener à des aventures, et des amours, inattendues, dans un cadre particulièrement mondain. De la tante Lydia - toujours aussi frivole - à Caroline Bingley - devenue lady Warren - on retrouve avec joie certains personnages créés par Jane Austen.

     

    Auteur : Elizabeth Aston

     

    Edition : Milady

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 18 Mai 2012

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Dans ce livre j’ai apprécié que les personnages principaux d’orgueil et préjugés soient absents. Même âgés de 20 ans de plus, trop de personnes ont imaginé comment serait la vie future d’Elizabeth et Darcy ou de Jane et Bingley pour ne pas chercher la petite bête en voyant cette vie relatée d’une manière qui pourrait différer de ce qu’on a pu imaginer.
    Ici, donc, on ne s’attache qu’à des personnages nouveaux, et plus particulièrement les filles d’Elizabeth et Darcy, ou à des personnages secondaires tels que Lydia, Caroline Bingley, les Gardiner ou encore le colonel Fitzwillian, cousin de Darcy.
    Ce dernier n’a pas évolué dans le bon sens. Quand Elizabeth l’a rencontré, 20 ans plus tôt, c’était un homme ouvert d’esprit et sympathique. Aujourd’hui, à 50 ans, c’est un hypocrite rétrograde, considérant que les femmes ne sont là que pour servir les intérêts des hommes. Autant dire que les conflits entre lui et les filles de Darcy sont légions. D’autant plus qu’il se permet des décisions que jamais Darcy ne lui a laissé la latitude de prendre.
    Letty, l’ainée des filles Darcy est insupportable. C’est celle que j’ai le moins appréciée. Je l’ai trouvée négative et d’une grande hypocrisie. J’ai été incapable de ressentir de l’empathie pour elle, quelques soit les mésaventures qui aient pu lui arriver.
    Belle et Georgina m’ont rappelées leur tante Lydia. Mais contrairement à Lydia, c’est la répression permanente exercée sur elles par leur sœur Letty et par leur cousin Fitwilliam qui les pousse à se conduire de manière de plus en plus scandaleuse.
    Alethea est encore très jeune, et les quelques « infractions » qu’elle commet sont plus dues à son insouciance qu’à un désir de choquer le bonne société. C’est une jeune fille volontaire, peu intéressée par les bals, les soupirants et tout ce qui fait vibrer ses sœurs, mais qui est prête à tout pour la musique, un art qu’elle pratique avec talent et qui, bien entendu, n’a pas la faveur de sa sœur et de son cousin qui trouvent qu’une jeune fille ne doit rien faire d’autre que broder, chanter de vieilles chansons anglaises et toutes autres activités sans intérêt pour une adolescente pleine de vie.
    Camilla, la seconde des filles Darcy, est celle que j’ai préférée. Elle n’a pas l’orgueil et les préjugés qu’on eut ses parents à son âge mais a leur spiritualité, leur intelligence et leur sons de la répartie. Elle ne se lamente pas devant l’adversité, n’écrit pas à son père à tort et à travers pour se plaindre, fait ce qu’il faut pour garder son indépendance et ne se laisse certainement pas impressionner par les colères de son cousin. La seule chose qui la perturbe c’est l’attitude parfois déplacée et souvent désinvolte de ses jeunes sœurs et celle insupportable de Letty.
    On devine sans mal comment va se finir le roman pour Camilla et Alethea, mais le sort de ses sœurs est plus surprenant.
    L’ambiance rappelle bien celle d’orgueil et préjugés tout en montrant que les mœurs ont évolués pendant ces vingt années, au grand dam de certains anciens comme Fitzwilliam ou Mr Gardiner.
    Un petit bémol : à trop vouloir faire ressortir les traits de caractères de leur famille chez les sœurs (les jumelles ressemblent à leur tante Lydia, Letty a le caractère négatif de leur tante Mary, Camilla est un mélange parfait de ses deux parents et Alethea ressemble beaucoup à son père), on finit par se retrouver avec une histoire quasi identique sur certains points (Pourquoi y-a-t-il 5 filles Darcy comme il y avait 5 filles Bennet ? Ou encore l’histoire de Georgina qui ressemble à s’y méprendre à celle d’une de ses tantes). Les détails qui ont été modifiés ne sont pas assez importants pour que cette impression de déjà-vu s’estompe.
    Finalement, j’ai bien aimé ce livre, mais dans la mesure où il est le premier tome d’une série consacrée à l’entourage des Darcy, que ce soit ses filles ou d’autres parents. J’ai considéré ce tome comme une sorte d’introduction, permettant de présenter les personnages et de planter le décor, surtout pour ceux qui ne connaissent pas Orgueil et préjugés.

    Un extrait : Un grand et beau valet en livrée du matin promenait deux Cavaliers King Charles. Remuant leurs queues duveteuses, les chiens sautillaient et poussaient de légers jappements. Une vendeuse d’huîtres vantait sa marchandise d’une voix braillarde, et, de l’autre côté de la place, un rémouleur criait pour demander de l’ouvrage. Un petit livreur flânait le long des grilles en sifflant, un paquet sous un bras, et un autre qu’il faisait tournoyer au bout d’une ficelle.

    — Il y a des gens pour qui le chant du coq, le roulement de la charrette du fermier et les bêlements des moutons sont insupportables, fit-elle remarquer sans détourner les yeux de l’animation de la rue.

    — Camilla, comment pouvez-vous dire une chose pareille ? La tranquillité, la douce sérénité de la campagne, la beauté silencieuse de nos bois et de nos rivières… Comme tout cela me manque !

    Camilla n’écouta Letty que d’une oreille tandis que celle-ci se lançait dans sa complainte favorite : combien la situation était injuste, et comme leurs parents avaient fait preuve d’inconscience, de les avoir arrachées ainsi à la paix et à la félicité du Derbyshire pour les traîner dans une maison londonienne.

    — C’est surtout pour Belle et Georgina que cela va être dur : elles vont détester leur séjour ici.

    Camilla, prudente, se garda bien de lui faire part de son avis et éclata de rire en voyant les deux épagneuls emmêler leurs laisses autour des beaux mollets du domestique, menaçant de le faire tomber à la renverse.

    — Éloignez-vous de cette fenêtre ; vous ne devez pas vous asseoir là, à la vue de n’importe qui.

    — Quel mal y a-t-il à ce que l’on me voie ? Je ne suis pas en train de lorgner le valet ; je ne fais qu’admirer le spectacle.

    — Lorgner le valet, vraiment ! Camilla, ne dites pas des choses pareilles. Je sais que vous plaisantez, mais les autres ne comprendront pas votre sens de l’humour et pourraient vous prendre au sérieux.

    — Il faudrait être idiot pour me prendre au sérieux, et depuis quand l’avis des idiots nous importe-t-il ? De plus, ce valet est vraiment très beau.

    Letty s’exprima avec une gravité non feinte :

    — Parler avec tant de liberté risque de vous attirer de gros ennuis ! Mr Fitzwilliam ne verrait pas cela d’un bon œil.

    Camilla le savait bien. Mr Fitzwilliam, leur cousin, un homme gentil et coquet âgé de cinquante ans, avait quitté l’armée et était désormais député au Parlement. Il tenait la bienséance en haute estime, et attendait des femmes de sa famille qu’elles observent le décorum. Il avait assurément un autre visage qu’il réservait à ses amis intimes et compagnons de longue date, au club et lors de manifestations sportives – une facette bien plus grossière de sa personnalité, qui le poussait à s’encanailler avec des demi-mondaines. Toutefois, c’était un aspect de sa vie qu’il n’aurait jamais dévoilé à Aubrey Square.

    Elle savait aussi que, parmi les cinq sœurs, Letty avait la préférence de Mr Fitzwilliam et ce depuis toujours.

    Camilla n’en prenait pas ombrage : elle se savait totalement opposée à l’idéal féminin de son cousin. En plus d’avoir hérité de son père sa force de caractère, elle était dotée d’un sens de l’humour trop aiguisé, d’un esprit trop brillant et d’une repartie trop spirituelle. Elle n’était pas une beauté classique comme Letty, et avait parfaitement conscience de mettre son cousin mal à l’aise : elle le voyait souvent se demander avec crainte à quoi elle pouvait bien penser.

     

  • [Livre] Et si c'était vrai?

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    Résumé : Que penser d'une femme qui choisit le placard de votre salle de bain pour y passer ses journées ? Qui s'étonne que vous puissiez la voir ? Qui disparaît et reparaît à sa guise et qui prétend être plongée dans un profond coma à l'autre bout de la ville ? Faut-il lui faire consulter un psychiatre ? En consulter un soi-même ? Ou, tout au contraire, se laisser emporter par cette extravagante aventure ? 
    Et si c'était vrai ?...
    S'il était vrai qu'Arthur soit le seul homme qui puisse partager le secret de Lauren, contempler celle que personne ne voit, parler à celle que personne n'entend…
     

     

    Auteur : Marc Levy

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 15 janvier 2000

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : J’ai choisi ce livre dans le cadre d’un challenge pour la catégorie « premier livre d’un auteur ».
    J’avais vu le film, qui m’avait beaucoup plu, donc je m’attendais à aimer également le roman. Mais je n’ai pas accroché.
    Déjà, le livre n’a rien à voir avec le film. Dans le livre, dès le tout début, Lauren sait parfaitement ce qui lui arrive, ce qui enlève beaucoup au coté léger et amusant de la première rencontre des protagonistes.
    J’ai trouvé ensuite qu’il y avait beaucoup de longueurs, d’ailleurs, ça ne rate jamais, je me suis traînée sur cette lecture, alors que j’ai plutôt tendance à dévorer.
    J’ai déjà eu du mal avec les 50 premières pages d’un livre, certains auteurs mettant un peu de temps à mettre les éléments en place avant d’entrer dans le vif du sujet. Le problème ici c’est que le vif du sujet, on y était et que l’histoire ne décollait pas, et que cet état de fait s’est prolongé bien au-delà de 50 pages.
    Au final je me suis ennuyée pendant la majorité du livre, le seul moment qui a eu un peu plus de « peps » a été l’organisation et l’application du plan pour sauver Lauren, qui a lieu vers la moitié du roman. En dehors de ce passage, il y a eu des longueurs, beaucoup de longueurs.
    Je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire, à m’identifier aux personnages qui m’ont laissée assez indifférente.
    J’ai eu du mal à arriver au bout de ce livre. J’ai vu qu’il y avait une suite, ce qui, vu la fin, était inévitable, mais je ne ressens pas le besoin de la lire.


    Un extrait :  Arthur comprit qu’il n’avait pas le choix, qu’il lui faudrait entendre ce que cette jeune femme avait à lui dire, et bien que sa seule envie du moment fût de dormir, il s’assit auprès d’elle et écouta la chose la plus invraisemblable qu’il entendit de sa vie.

    Elle s’appelait Lauren Kline, prétendait être interne en médecine, et avoir eu il y a six mois un accident de voiture, un grave accident de voiture à la suite d’une rupture de direction. « Je suis dans le coma depuis. Non, ne pensez rien encore et laissez-moi vous expliquer. » Elle n’avait aucun souvenir de l’accident. Elle avait repris conscience en salle de réveil, après l’opération. Parcourue de sensations très étranges, elle entendait tout ce qui se disait autour d’elle, mais ne pouvait ni bouger ni parler.

    Au début elle avait mis cela sur le compte de l’anesthésie. « Je me trompais, les heures ont passé et je n’arrivais toujours pas à me réveiller physiquement. » Elle continuait à tout percevoir mais elle était incapable de communiquer avec l’extérieur.

    Elle avait alors vécu la plus grande peur de sa vie, pensant pendant plusieurs jours être tétraplégique.

    « Vous n’imaginez pas par quoi je suis passée. Prisonnière à vie de mon corps. » Elle avait voulu mourir de toutes ses forces, mais il est difficile d’en finir quand on ne peut même pas lever son petit doigt. Sa mère était à son chevet.

    Elle la suppliait par la pensée de l’étouffer avec son oreiller. Et puis un médecin était entré dans la pièce, elle avait reconnu sa voix, c’était celle de son professeur. Mme Kline lui avait demandé si sa fille pouvait entendre lorsqu’on lui parlait, Fernstein avait répondu qu’il n’en savait rien, mais que des études permettaient de penser que les gens dans sa situation percevaient des signes de l’extérieur, et qu’il fallait être vigilant quant aux mots prononcés à côté d’elle. « Maman voulait savoir si je reviendrais un jour. » Il avait répondu d’une voix calme qu’il n’en savait toujours rien, qu’il fallait conserver une dose juste d’espoir, qu’on avait vu des malades revenir au bout de plusieurs mois, que c’était très rare mais que cela arrivait. « Tout est possible, avait-il dit, nous ne sommes pas des dieux, nous ne savons pas tout. » Il avait ajouté : « Le coma profond est un mystère pour la médecine. » Étrangement, elle en avait été soulagée, son corps était intact. Le diagnostic n’était pas plus rassurant mais au moins pas définitif. « La tétraplégie, c’est irréversible. Dans les cas de coma profond, il y a toujours un espoir, même minime »

     

  • [Livre] Cliente

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    Résumé : Fanny et Marco sont mariés depuis quatre ans. Ils s'aiment. Elle travaille dans un salon de coiffure, lui exécute de petits boulots sur des chantiers. Du moins, c'est ce qu'elle croit, jusqu'au jour où elle découvre son vrai métier : escort boy. Marco se prostitue. Il vend ses charmes à des femmes riches et solitaires. Parmi ces dernières, Judith, animatrice d'une émission de télé-achat, qui s'est prise d'affection pour le jeune homme au point de le recevoir chez elle... 

     

    Auteur : Josiane Balasko

     

    Edition : Livre de poche

     

    Genre : Inclassable

     

    Date de parution : 2005

     

    Prix moyen : 6€

     

    Mon avis : J’ai lu ce livre par curiosité, pour voir ce que valait Josiane Balasko en tant qu’écrivaine. Le livre est court mais bien écrit. L’histoire est néanmoins sans surprise et les personnages un peu caricaturaux. La femme de Marco, Fanny, est une petite garce qui veut le beurre et l’argent du beurre : elle a plongé son couple dans des difficultés financières énormes en achetant un salon de coiffure sans tenir compte du marché, ce qui fait que non seulement elle croule sous les dettes, mais qu’elle a engagé également les biens de sa mère pour un salon qui, dans les meilleurs jours, fait 4 clientes.
    Marco, son mari, fait des chantiers avec son meilleur ami, mais cela ne suffit pas à éponger les dettes de sa femme et, par un concours de circonstance, il découvre le monde des escorts boys. Comme il présente bien, il peut gagner en une heure ce qu’on le paye pour plusieurs jours de chantier. Alors il se lance là dedans et le couple se porte mieux. S’ils ne peuvent toujours pas prendre un appartement à eux et doivent continuer à vivre chez la mère de Fanny, Marco peut payer les traites du salon et la menace de saisie s’éloigne.
    La mère de Fanny est comme sa fille, en plus de la participation de Marco aux frais de la maison, elle n’arrête pas de lui demander de l’argent sous forme de réflexions : « j’achèterais bien du thon, mais c’est hors de prix », « Je n’ai toujours pas pu payer le téléphone »… et à chaque fois, Marco sort des billets.
    Quand Fanny découvre son vrai métier, elle exige qu’il arrête mais, dès que l’argent cesse d’arriver, elle le prend mal, et fini par demander à son mari de reprendre le boulot.
    Fanny est une fille qui se veut moderne et sophistiquée mais qui ne dépasse pas le stade du vulgaire. Elle manque d’intelligence et de clairvoyance.
    Judith, de son coté, est une femme qui assume le fait qu’elle est seule et que de temps en temps, elle a recours aux services d’un gigolo. Oui mais elle n’avait pas prévu toute cette histoire. Pour elle, Marco lui rendait un service, assurait une prestation qu’elle payait et point barre, et elle est entraînée un peu malgré elle dans ses histoires avec sa femme.
    Honnêtement, j’aurais été elle, je l’aurais viré.
    Marco n’aime pas particulièrement ce qu’il fait, mais en période de crise, il était prêt à tout pour empêcher sa femme de perdre son salon et sa belle-mère de voir saisis ses biens. La méthode qu’il a employée est certes peu conventionnelle, mais pour commencer, si Fanny avait eu un peu plus de jugeote, il ne se serait pas trouvé dans cette situation.
    Mais au final, quand on lit la conclusion du roman, je me dis qu’on a les partenaires qu’on mérite. 

     

    Un extrait : La première, c’était sur un chantier, avec Tou-toune. C’était la proprio. Elle avait la quarantaine frétillante, on sentait qu’elle en voulait, toujours à plaisanter, mais classe. Et puis Toutoune a commencé un autre chantier, j’ai fini celui-là tout seul. Et elle est devenue plus précise. Elle me faisait du café, elle venait de plus en plus tôt. Elle était pas mal, un peu forte, avec une grande bouche prête à rigoler.

    C’était au moment où Fanny déprimait, le salon avait ouvert depuis six mois, ça démarrait pas, c’était limite on lâche tout. Le dernier soir, je rangeais mon matos, elle est arrivée, j’étais pas en forme ce soir-là, et je faisais rien pour le cacher. Elle m’a demandé ce qui n’allait pas, et je lui ai tout raconté, le salon de coiffure, les traites, tout, notre vie, quoi. Alors elle m’a proposé de me dépanner. Elle a dit exactement : « On pourrait peut-être faire un échange de services. » J’ai pas compris tout de suite, alors elle a posé sa main sur ma cuisse. Je l’ai regardée, mais à vrai dire je l’ai pas vue. Je pensais à Fanny.

    Elle m’a pris dans ses bras, elle était plus grande que moi, et elle m’a serré contre elle. Je me suis laissé faire. C’était confortable. Je me suis mis à bander sans effort. C’est elle qui m’a fait l’amour. Après elle m’a donné de l’argent. C’était pas le tarif que je demande maintenant, mais c’était correct. Elle s’appelait Liliane.

    Je suis sorti de là comme si j’avais la gueule de bois. Je suis rentré à la maison, j’ai dit à Fanny que j’avais chopé la crève et je suis resté une demi-heure sous la douche. Ça m’a calmé et je me suis mis à réfléchir, sous la douche. J’avais gagné en une heure deux jours de boulot. À l’école j’étais super fort en maths, la seule matière où je me défendais. C’est ça qui m’a sauvé. Le calcul mental. L’argent qu’on devait, ce qu’il fallait que je gagne, comment je pouvais me démerder.

    Si je voulais vraiment faire les choses sérieusement, il fallait que j’investisse. Je suis retourné voir Liliane, quatre ou cinq fois. C’était une femme sympa, facile à contenter. Je me suis acheté des fringues, un costard, une veste en daim, j’ai installé la mansarde chez Mémée, l’ordinateur, le site Internet. 

    En trois mois, Fanny était à jour, avec les traites du salon… Pour elle, je faisais des chantiers en solo.

     

  • [Livre] Un accord incongru

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    Résumé : Miss Dolly Green était complètement anéantie par la demande du vieux duc. Ce marché, bien qu’incroyablement culotté, était peut-être le seul moyen pour elle de survivre. Elle venait de perdre son petit domaine et n’avait plus que sa beauté pour elle. Elle n’avait donc plus les moyens de rêver. Le bel Anton ne serait plus, à jamais, qu’un souvenir qu’elle pourrait chérir en secret…

    Auteur : Lhattie Haniel


    Edition : Auto édition

    Genre : Romance historique

    Date de parution : 2015

    Prix moyen : 10€

    Mon avis : J’adore les romances historiques mais ce livre a été une grosse déception. L’idée de départ est bonne bien qu’assez classique dans ce genre de littérature. Cependant, l’écriture manque de fluidité avec une syntaxe, une grammaire et une conjugaison parfois approximative.
    Entre autre l’emploi du mot « aussi », utilisé à tort et à travers, parfois à la place du mot « Ainsi », m’a dérangé, je trouve que lorsqu’on écrit un roman destiné à être publié, la moindre des choses est de vérifier le sens des mots que l’on emploie

    Et est-ce qu’on parle des anachronismes ? Pour n’en citer que deux :
    - Les femmes ne portaient rien sous leurs jupes avant le XIXème siècle où elles commencent à porter des pantalons, la petite culotte, elle, ne fait son apparition qu’en 1918, or, l’héroïne en porte une… En avance sur son temps la demoiselle…
    - Le comte Anton qui couche avec l’héroïne alors qu’ils ne se sont adressés que deux mots et qui ne se pose pas la question de la virginité, sachant que les mœurs de 1810 n’étaient pas particulièrement libres en Angleterre… Alors qu’ils couchent ensemble, ok, mais il fallait l’amener, les faire peut-être hésiter, mais en tout cas, certainement pas faire que le monsieur tombe des nues en découvrant sa virginité !

    Je n’ai pas compris les réactions de certains personnages comme par exemple le majordome qui se montre limite impoli, sans qu’aucune raison ne soit donnée, avec une visiteuse qui se présente pour rencontrer son maître... Un coup à se faire jeter sur le pavé, ça… Alors cette attitude peut passer, mais il faut que les actes des personnages soient motivés… Dans le cas contraire, on a l’impression que des noms de personnages ont été jetés sur le papier sans qu’ils n’aient été travaillés.

    La fin est non seulement sans surprise mais beaucoup trop rapide. Tout ce que l’auteur n’a pas eu le temps ou l’envie de détailler, elle l’a collé pêle-mêle dans l’épilogue.

    Etant une grande fan du genre, j’ai lu beaucoup de livres de romance historique, du coup, c’est vrai que je suis exigeante dans ce domaine, d’autant plus que ces livres sont légion dans le commerce. Alors quand je lis un livre comme ça, qui est une grande déception, j’ai du mal à dépasser cette déception pour tenter de lui trouver des points positifs.
    La romance historique est un exercice difficile justement parce que beaucoup s’y sont essayé et qu’il y a beaucoup d’auteurs brillants tels que Julie Garwood ou Madeline Hunter.

     

    Un extrait : Dans son énorme propriété située dans la ville de Sudbury, lord Henry Grey, duc de Clarence, se réveillait seul dans sa chambre comme tous les jours depuis ces vingt dernières années.
    Alors, comme chaque matin que Dieu faisait, il se leva.
    Puis, comme chaque matin après ce soir d’hiver où il avait perdu Cecilia, son épouse tant adorée, il se dévisagea dans l’imposant miroir apposé au mur.

    — Eh oui, mon ami ! Encore une nouvelle journée à vivre, pour rien ni pour personne, se dit-il en regardant son pâle visage où se reflétaient, en même temps qu’une profonde mélancolie, les années passées, déjà pointées par l'empreinte du doigt qui décompose le corps.

    Et cet homme bien né et bien éduqué se retrouvait aujourd’hui tout seul parce que sa tendre Cecilia n’avait pu lui donner de descendance.
    Pourtant, ils s’étaient aimés, d’un amour ardent, bien avant leur mariage. Cecilia avait été une cousine éloignée avant d’être son épouse.
    Chez les Grey, les épousailles entre cousins étaient d’usage, et lord Grey — 5e duc de Clarence — n’avait pas failli à cette tradition familiale.
    Il se détourna alors de son reflet grisonnant et s’en alla tirer sur un épais bandeau de tissu suspendu au mur qui — relié à un long cordage — était muni en son extrémité d’une clochette en argent. Celle-ci, située dans les cuisines, se mit à tinter gracieusement. Alors, George — le valet de pied qui reconnut le tintement de la clochette qui lui avait été attribuée — se vêtit de sa veste, puis s’affaira à grimper les deux étages avant que M. Parker, le majordome, ne le lui en donne l’ordre.

  • [Livre] Le temps d'un hiver

    Je remercie les éditions Artalys pour cette lecture

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    Résumé : Jenna est une jeune femme dévastée quand elle revient chez ses parents, Sibylle, une femme autoritaire et froide, et Patrice, un homme totalement effacé. En attendant que naisse cet enfant qui grandit en elle mais dont elle ne veut pas, elle se souvient de cet hiver, neuf ans auparavant, où sa mère la contraignit à passer Noël chez son amie Élisabeth. Là, elle fit la connaissance d’un jeune Américain, Ryan, de passage lui aussi dans cette maison. L’amour naquit entre eux, un amour désespéré car tout les séparait. Ryan était en couple et la France n’était pas son pays. Il ne restait plus à Jenna qu’à combattre son attirance, mais elle en était incapable, pas même dans les bras d’Alec, son ami de toujours.
    Et tandis qu’elle revit ces souvenirs et que son enfant vient au monde, elle entrevoit la possibilité d’un pardon et du retour de la lumière dans sa vie.

     

    Auteur : Jessica Lumbroso


    Edition
     : Artalys

    Genre : Romance

    Date de parution : 21 juin 2014

    Prix moyen : 19,80€

    Mon avis : L’histoire est intéressante. La relation entre Jenna et ses parents, une vraie relation toxique est bien décrite.
    J’aime bien aussi l’alternance entre le présent et le passé qui dévoile comment Jenna en est arrivée là où elle en est au début du roman.
    Quelques phrases sont mal tournées, il y a parfois quelques problèmes de concordance des temps, mais rien qui ne gène la lecture au point de la rendre impossible.
    J’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs dans le récit du passé, il y a plusieurs paragraphes que j’ai eu envie de sauter pour aller à l’essentiel.
    En revanche, il faut reconnaître à l’auteur un gros travail sur les personnages, ils ne sont pas superficiels et on voit qu’elle a pensé chacun d’eux avec beaucoup de soin.
    Au point où j’en suis du roman au moment où j’écris ces lignes, plusieurs options m’ont effleurées l’esprit quant au pourquoi de la grossesse de Jenna, de son rejet de l’enfant, de sa solitude et de son retour chez des parents qu’elle déteste.
    Un aspect de ce livre m’a profondément dérangée : c’est le fait que les garçons, que ce soit Ryan ou Alec (mais plus Ryan) sont focalisés uniquement sur leurs propres désirs sans jamais prendre en compte ceux de Jenna : « Et si ce n’est pas ce que je désire ? », « Comptait-elle aller quelque part ? Non, elle n’en avait pas le droit. »…

    Leur attitude confine à l’agression sexuelle. Même si cela ne va pas jusqu’au viol, ils s’imposent physiquement à elle alors qu’elle leur dit clairement NON. Même si c’est à contrecœur, elle dit non. Et ils refusent de respecter ça.
    Je ne sais pas bien ce que l’auteur a voulu faire passer, mais si c’est sa vision du romantisme et des relations de couples, c’est limite dangereux parce que cela donne aux adolescent(e)s qui lisent ce livre l’impression que ce comportement est normal. Que les relations entre hommes et femmes se fondent sur un rapport de force constant dans lequel le plus fort impose sa volonté à l’autre.
    Pour l’histoire en elle-même, comme je l’ai déjà dit, j’ai eu envie de sauter certains passages pour arriver plus vite au fin mot de l’histoire. Surtout que le doute s’installe quand même assez tôt sur ce qu’il s’est passé et que c’est dur de devoir attendre pour voir ces doutes confirmés.
    Je pense que la transcription systématique des chansons, suivie de leur traduction est de trop (c’est bon pour les fanfic d’ado, pas pour un roman), une phrase par ci, par là, avec un paragraphe pour en expliquer le sens, intégré à l’histoire aurait été plus judicieux.
    Mais ce roman a vraiment un fort potentiel. Il faut le reprendre, le retravailler, supprimer les longueurs et surtout les fautes de syntaxes et de français, mais l’histoire est bien conçue et l’alternance entre passé et présent tient en haleine.
    Malgré les quelques défauts du texte, je n’ai pas pu lâcher ce livre avant son terme et j’ai même versé une petite larme dans la dernière partie.

     
    Un extrait : L’air, en ce lundi 7 décembre 2010, embaume de senteurs hivernales. Cette date, à marquer au fer rouge, restera gravée en moi comme un malheureux retour aux sources, après huit ans d’absence. À chaque expiration, une brume de vapeur se forme devant mes lèvres, en un fin nuage que je m’amuse à chasser d’un mouvement rapide de la main. Le froid s’est installé depuis mi-novembre, anormalement tôt pour la saison. Et emmitouflée dans mon épais blouson, les mains, la tête et le cou enveloppés dans de chaudes laines, je remonte la rue bordée de neige. Le poids de mon corps m’impose un rythme lent et régulier tandis que j’avance courbée. Les muscles tendus, les membres courbatus, je suis fatiguée de ce trop-plein d’exercices. Mais cette lassitude physique, cette douleur du corps, vaut mieux que l’étau qui enserre violemment mon cœur et m’asphyxie. Cette douleur, je tente de la refouler par tous les moyens – l’apaiser serait impossible, voilà longtemps que je l’ai réalisé.

    Avancer, toujours plus loin, poursuivre un but fixé au préalable, trouver le courage de mettre un pied devant l’autre. Tout cela me donne la sensation de marcher jusqu’à la potence. Je me sens lourde, lourde de tout ce poids qui nous sépare, toute cette tristesse, lourde de toutes ces années révolues.

    La neige crisse sous mes pas, faisant resurgir de lointains et fugaces souvenirs d’une enfance trop tôt oubliée. Les maisons alentour, bordées d’arbres effeuillés, sont recouvertes d’une fine couche blanche, comme si la neige avait déposé son doux manteau sur le toit du monde.

    La rue, que j’empruntais si souvent par le passé, me semble aujourd’hui interminable. Longue et tortueuse, serpentant entre les demeures. Je traîne des pieds, incapable d’accélérer la cadence.

    Dans ma poitrine, mon cœur joue des timbales avec force. Je perçois presque le son qu’il fait : po-dom, po-dom, po-dom... ; tandis que le sang bat contre mes tempes et résonne à mes oreilles. J’inspire profondément puis ravale ce flot d’émotions, de sensations et de souvenirs qui m’envahit encore.

    Bientôt, je vois se dessiner les contours familiers de mon ancien foyer. Celui d’une enfance pas toujours facile – un père absent et effacé ; une mère autoritaire – mais qui m’a fuie sans prévenir, et qu’il m’arrive de regretter. Non pas que cette période me manque, bien au contraire, mais il m’arrive parfois d’avoir le sentiment désagréable de ne pas en avoir profité. Si on m’en avait donné l’occasion, j’aurais sûrement souhaité recommencer de zéro, tout effacer, gommer les imperfections de la vie et redessiner mon passé, en y changeant les règles.

    Je m’arrête. Je suis arrivée. Seule la grille en fer forgé du jardin me sépare de mon enfance. Cette maison, dans laquelle j’ai vécu durant presque treize ans, se détache victorieuse, droite sous la neige. Dix mètres d’une allée pavée, que l’herbe folle recouvrait d’ordinaire, me séparent d’elle, quatre marches de perron, et enfin le porche, la porte d’entrée, la chaleur du domicile...

     

    Malineski. Ce sont encore les mêmes neuf lettres qui ornent la boîte aux lettres, celles de mon propre nom que j’ai souhaité si souvent abandonner. Malheureusement, aujourd’hui encore, âgée de vingt-six ans, je m’en trouve affublée.

     

  • [Livre] Accords imparfaits

    Il l'énerve...Elle l'exaspère...

    Je remercie les éditions Artalys pour cette lecture

     

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    Résumé : Quand Derrick rencontre Laura, cela fait des étincelles. Toutes sortes d’étincelles, de toutes les couleurs. Les deux jeunes gens savent qu’ils sont faits l’un pour l’autre, mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils pourront s’entendre car pour eux, se disputer devient tout un art. Ni l’un ni l’autre ne savent s’ils auront un avenir ensemble ni même s’ils devraient s’y essayer.
    Pourtant, ils vont s’efforcer d’abattre un à un les obstacles qu’ils se sont eux-mêmes employés à dresser pour découvrir ce qu’aimer veut dire…


    Auteur : Rose Darcy

    Edition : Artalys

    Genre : Romance

    Date de parution : 4 septembre 2013

    Prix moyen : 14,90€

    Mon avis : Le genre romance est difficile à écrire. Pas dans le style mais plutôt à cause du fait qu’il y a tant de romans de ce style sur le marché qu’il est difficile de trouver une approche originale.
    C’est peut être parce que je lis peu de romances et beaucoup d’autres genres de littérature que je n’ai pas du tout accroché.
    J’ai trouvé l’histoire banale et cousue de fil blanc. J’aurais apprécié plus de rebondissements plutôt qu’une quasi ligne droite vers l’épilogue.
    J’ai trouvé l’écriture trop simpliste. Mais encore une fois c’est peut être parce que je lis beaucoup de genres différents dans lequel l’écriture est radicalement différente.
    Les dialogues manquent un peu de naturel. Le récit m’a semblé bourré de clichés (la description de la fille sortant de l’eau en rejetant ses cheveux en arrière en arc de cercle et les disputes constantes entre les personnages et leur « conscience » étaient de trop et n’apportaient pas grand-chose à l’histoire à mon sens).
    Au début du chapitre 5, on a droit à une « note de l’auteur » :
    Note de l’auteur : la scène suivante se passe dans le salon puis la salle de bains. L’auteur précise à ses lecteurs curieux que la baignoire ici mise en scène est vide. Ben oui, des personnages trempés, ça le fait moyennement quand même ! Enfin, l’auteur laisse aux soins de la lectrice avisée (ou du lecteur) d’imaginer de l’eau ruisselant sur le torse nu de Derrick… *soupirs*.

    Alors ce genre de choses, c’est carrément rédhibitoire pour moi. J’ai eu l’impression, à ce moment, de lire une fanfiction de twilight même s’il y en a de très bien écrites (et d’ailleurs un certain Edward est mentionné dans les pensées de l’un des personnages).
    A un moment, le récit fait un bond dans le temps, à priori de plusieurs années, sans qu’aucun signe de ce bond ne soit donné, si ce n’est une remarque d’un des personnages.
    De 8, les colocataires passent à deux sans que l’on sache ce qu’il est advenu des autres. Il y a un couple qui voulait s’installer ensemble, ce qui fait 4 disparus…

    L’écriture s’améliore un peu à vers la fin, elle devient un peu plus fluide, et même si la fin est sans surprise, j’ai quand même pris plaisir à la lire.

    Un extrait : « Qu’est-ce que c’est ? demanda Derrick.

    — Ça, c’est un mot de ta voisine de chambre. Tu verras, elle en colle partout et nous refait la déco de la maison à coups de bouts de papier fluo », lui expliqua Lucas.

    Le jeune homme décolla le post-it vert de sa porte et le fixa comme s’il était radioactif.

    Chez moi…

    Ben voyons ! pensa-t-il.

    « Tu peux m’expliquer ? demanda-t-il à son ami en serrant la note dans son poing.

    — C’est Smiley ! répondit Lucas en souriant.

    — Smiley ?

    — Le surnom de Laura, la plus jeune du groupe. Tu la rencontreras tout à l’heure. Tu vas l’adorer ! »

    Rien que ça !

    « Je te trouve bien sûr de toi sur ce dernier point. Tu me connais pourtant », lâcha-t-il, légèrement amer.

    Derrick ne voulait plus adorer ni aimer personne.

    Apparemment, c’est pas gagné !

    Il souhaitait juste qu’on lui foute la paix. Partisan depuis la mort de sa mère de l’exposition minimale, il n’avait que peu d’amis, dont Lucas faisait partie. C’est pour ça qu’il était venu ici, vivre dans la maison que son ami avait hérité de sa grand-mère. Cette option avait semblé idéale à Derrick, avec un loyer modique, il pourrait subvenir à ses besoins en trouvant un job d’appoint le temps de terminer ses études et d’entamer sa formation. Un compromis qu’il était prêt à faire, lui qui ne ressentait pas le besoin de s’intégrer à un groupe, d’appartenir à quelque chose ou à quelqu’un. La solitude lui convenait parfaitement, lui offrant la liberté dont il avait tant besoin. Pas d’attaches, pas de complications, pas de souffrances. Derrick s’était retranché.

    Et celui qui me délogera de là n’est pas encore né !

    « Oh oui, je te connais ! reprit Luc’. Mais surtout, je la connais, elle.

    — Développe, intima Derrick.

    — Plus tard peut-être », rétorqua Lucas sur un clin d’œil.

    Derrick enfonça le post-it écrit par Laura dans la poche de son jean, sans plus y prêter attention. Alors qu’il poursuivait la visite de sa nouvelle maison, une affirmation de la jeune femme se mit à tourner en boucle dans son esprit.

    Chez moi.

    Une part de lui ne put s’empêcher de savourer ces deux petits mots qui avaient perdu tout leur sens à ses yeux quelques années auparavant.

    Chez moi.

    Si seulement…

    Après avoir fait le tour des étages, Lucas conduisit Derrick au sous-sol. Ils étaient à mi-chemin dans le couloir menant à la buanderie quand ils discernèrent des voix provenant de la pièce dont la porte était ouverte. Comprenant qu’on y parlait de Derrick, Lucas fit signe à ce dernier de continuer à avancer en silence. Le jeune homme tendit malgré lui l’oreille et décela deux voix féminines. Il reconnut celle de Juliette, la copine de Lucas qu’il avait déjà rencontrée. Quant à la seconde, elle ne lui était pas familière, non plus que l’électricité qui parcourut sa colonne vertébrale lorsqu’il entendit son prénom prononcé par elle.

    « Non, tu me fais marcher ! s’exclama Laura.

    — Je te jure que non, se défendit Juliette.

    — Nan, je ne te crois pas.

    — C’est la stricte vérité.

    — Et tu penses qu’il va se pointer avec ses lunettes à double foyer et son costume aux couleurs passées qui sent la naphtaline ?

    — Il est loin de ressembler à son célèbre homologue, tu peux me croire. Je dirais même qu’il est plutôt canon, si tu veux mon avis.

    — Ouais… m’enfin, avoue quand même qu’il est difficile de croire que des parents aient pu appeler leur enfant, de leur propre volonté, Derrick. Pas après avoir subi la série ô combien soporifique ! Ça me dépasse !

     

    — Et pourtant, ils l’ont fait », coupa Derrick, glacial, dans le dos de Laura.

      

  • [Livre] Autant en emporte le vent

    En pleine guerre de sécession, une jeune fille insouciante doit devenir sans scrupule pour sauver le domaine familial. Ce qui ne sera pas du goût de tout le monde

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    Résumé : En pleine guerre de Sécession, la ravissante et très déterminée Scarlett O'Hara voit le bel avenir qui lui était réservé à jamais ravagé. Douée d'une énergie peu commune, elle va se battre sur tous les fronts, dans la Géorgie en feu, pour sauver la terre et le domaine paternels: Tara. Ses amours? Le fragile et distingué Ashley Wilkes et Rhett Butler, forceur de blocus et séduisante canaille, attiré par Scarlett parce qu'elle n'a pas plus de scrupules que lui...Amours romantiques, violentes, impossibles, rythment ce grand moment de l'histoire américaine, le drame du Sud.

    Auteur : Margaret Mitchell

    Edition : Gallimard

    Genre : Romance, Drame

    Date de parution : dans cette édition : 2003 Mais première parution en 1936

    Prix moyen : 30€

    Mon avis : Le film j'en ai entendu parlé toute ma vie, mais bien sur je n'avais jamais le temps de le regarder. Mon père me disait que quand les femmes voulaient pleurer, elles allaient voir autant en emporte le vent.
    Bien sur je savais que le film était tiré d'un livre, mais j'étais pas curieuse plus que ça.

    Et puis j'ai été opérée. 3 jours d’hôpital où je m'ennuyais comme un rat mort. Ma mère m'a acheter les 4 premier Harry Potter (le 5 était pas encore sortit): dévoré en 1 journée et demi. Alors elle a cherché un pavé... un qui aurait une chance de faire le temps restant. Et elle m'a ramené autant en emporte le vent.
    Dès que je l'ai ouvert, je n'ai plus pu le refermer, j'ai complètement été happée dans l'histoire.

    Dès le début, Suellen m’a profondément déplu. Mais je n’étais pas franchement fan de Scarlett non plus. Je la trouvais arrogante, dans le genre : « Mais comment ? Tous les hommes ne sont-ils donc pas à mes pieds ? Oh I’m shocking ! » Et je trouvais Mama bien patiente (ce que j’ai pensé d’un bout à l’autre du roman d’ailleurs, c’est une des rares personnes sensées présentes).
    J’ai commencé à apprécier davantage Scarlett quand la guerre la rattrape alors qu’elle est à Atlanta avec Mélanie. Sa manière de protéger cette dernière, à sa façon un peu brusque, quoi qu’il arrive, malgré le fait que Mélanie ait épousé l’homme que Scarlett aime ou du moins crois aimer car je ne pense pas qu’elle sache encore ce qu’est l’amour à ce moment là.
    Quand le docteur déconseille à Mélanie de voyager et que Scarlett, malgré le fait que les Yankees marchent sur la ville, refuse de fuir tant qu’elle le peut encore pour rester avec sa belle-sœur m’a vraiment touché, c’est à ce moment là que j’ai commencé à vraiment l’apprécier. Et à détester toutes les vieilles rombières bigotes qui n’ont de cesse de pointer le moindre petit défaut.
    Après l’avoir apprécié, j’ai commencé à l’admirer devant son acharnement à sauver Tara, en mettant la main à la pâte, elle qui a eu une vie choyée et protégée jusque là. Elle n’hésite devant rien, pas même à se vendre elle-même en épousant un homme plus âgé, qu’elle n’aime pas, uniquement dans le but de sauver Tara de la saisie. Et même si cela doit lui aliéner encore un peu plus son égoïste de sœur, Suellen qui, si on la laissait faire, vendrait sûrement Tara pierre par pierre pour ne pas avoir à lever le petit doigt.

    J’ai suivi son histoire avec Rhett avec avidité. Enfin elle ne se mariait pas par dépit, ni vraiment par intérêt car elle avait les moyens de ne pas se remarier si elle l’avait voulu.
    Je me suis demandé si ces deux là allaient finir par tomber le masque de froideur et d’arrogance qu’ils portaient en permanence tant leur peur d’être rejeté parait grande. J’attendais qu’enfin ils s’avouent leurs sentiments.
    La célèbre phrase de Rhett « Franchement ma chère, c’est le cadet de mes soucis » m’a fait grincer des dents.

    Bref, il y a tant à en dire qu’il y aurait matière à faire un roman sur le roman. En tout cas, il est vraiment devenu LE livre, celui que je relis avec une tasse de chocolat les soirs de blues. Je le connais presque par cœur, mais qu'importe. J'ai, comme Scarlett, à la fois haïs et adoré Rhett. Envie de lui foutre des baffes pour son arrogance comme de la voir se réfugier auprès de lui, lui qui trouve des solutions a tout...

    En résumé un super roman (et la suite « Scarlett » d'Alexandra Ripley est digne de lui)

    Un extrait : Alors, tandis que les giboulées de mars obligeaient tout le monde à rester chez soi, Scarlett apprit l’affreuse nouvelle. Les yeux brillants de joie, baissant la tête pour dissimuler sa fierté, Mélanie lui annonça qu’elle allait avoir un enfant.

    « Le docteur Meade m’a dit que ce serait pour la fin d’août ou le début de septembre, fit-elle. J’en avais bien l’impression…Mais jusqu’à aujourd’hui je n’en étais pas sûre. Oh ! Scarlett, n’est-ce pas merveilleux ? J’étais si jalouse de ton Wade, je voulais tant avoir un enfant. J’avais si peur de ne pas pouvoir et, ma chérie, j’en veux une douzaine ! »

    Scarlett était en train de se peigner avant de se coucher quand Mélanie lui apprit l’événement. Elle s’arrêta, le bras à demi levé.
    « Mon Dieu ! » s’exclama-t-elle. Et pendant un moment elle ne comprit pas très bien ce que cela signifiait. Enfin elle revit brusquement se fermer la porte de la chambre à coucher de Mélanie et elle eut l’impression d’avoir reçu un coup de
    poignard. Elle éprouvait une peine aussi déchirante que si Ashley avait été son propre mari et qu’il l’eût trahie ! Un enfant !
    l’enfant d’Ashley ! Oh ! comment avait-il pu, quand c’était elle qu’il aimait et non pas Mélanie ?

    « Je sais que ça t’étonne, reprit Mélanie, le souffle court. N’est-ce pas trop beau ? Oh ! Scarlett, je me demande comment je pourrai l’écrire à Ashley ! Ce ne serait pas aussi gênant si je pouvais le lui dire ou… ou… Tiens, ne rien dire du tout, mais
    simplement lui laisser remarquer petit à petit, enfin tu sais…

    — Mon Dieu ! » répéta Scarlett, presque dans un sanglot.

    Elle lâcha le peigne et s’appuya au-dessus du marbre de la coiffeuse.

    « Ma chérie, ne fais pas cette tête-là. Ça n’a rien de laid d’avoir un enfant. Tu l’as dit toi-même. Et puis, ne te tracasse pas pour moi. Oh ! je sais bien, tu es si bonne que tu vas te mettre martel en tête. Naturellement, le docteur Meade a dit que j’étais… que j’étais… bafouilla Mélanie en rougissant, que j'étais très étroite, mais que peut-être je n’aurais pas d’ennuis, et… Scarlett, dis-moi, as-tu écrit à Charlie quand tu as su pour Wade, ou bien est-ce ta mère ou M. O’Hara qui ont écrit pour
    toi ? Oh ! chérie, si seulement j’avais ma mère ce serait elle qui écrirait. Moi, je ne vois pas du tout…

    — Tais-toi ! lança Scarlett avec violence. Tais-toi !

    — Oh ! Scarlett, je suis bête. Je suis désolée. Je crois que tous les gens sont égoïstes. J’avais oublié, Charlie… le…

    — Tais-toi ! » lança de nouveau Scarlett en s’efforçant de ne pas trahir son émotion. Pour rien au monde Mélanie ne devait voir ou deviner ce qui se passait en elle.

    Mélanie, la plus délicate des femmes, pleurait de sa propre méchanceté. Comment avait-elle pu faire évoquer à Scarlett d’aussi terribles souvenirs, lui rappeler que Wade était né des mois après la mort du pauvre Charlie. Comment avait-elle pu être étourdie à ce point ?

    « Laisse-moi t’aider à te déshabiller, ma chérie, demanda-t-elle d’un ton humble. Je te masserai la tête.

    — Laisse-moi tranquille », fit Scarlett, le visage durci.

    Honteuse de sa maladresse, Mélanie éclata en sanglots et quitta la chambre précipitamment. Restée seule, Scarlett, jalouse, déçue, blessée dans son orgueil, se mit au lit sans une larme.