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Historiques

  • [Livre] La sœur du roi

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    Résumé : Elle est princesse de sang. Recluse à la Cour de Versailles, vouée à rester seule et à se consacrer aux œuvres charitables.
    Lui est roturier. Brillant botaniste du jardin du Roy, il est adepte des Lumières.
    Tout oppose Madame Elisabeth, la jeune sœur de Louis XVI, et François Dassy. Pourtant, lorsqu’ils se rencontrent par hasard dans la forêt de Fontainebleau, une irrésistible attirance les pousse l’un vers l’autre. Mais la révolution gronde et menace cet amour clandestin… Elisabeth saura-t-elle suivre les idées nouvelles qui bouleversent la France ? Et mettre en danger la royauté ? Dassy est-il un honnête homme ou un imposteur ?


    Auteur : Alexandra de Broca

     

    Edition : Albin Michel

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 01 juin 2017

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : Alexandra de Broca a le chic pour prendre un pan de l’histoire méconnu et broder autour des connaissances que l’on possède pour nous offrir une histoire plausible.
    Ici son roman se fonde sur l’amitié profonde qui semble avoir uni Madame Elisabeth, petite sœur de Louis XVI, et François Dassy (ou Dacy), son médecin personnel.
    Dans la mesure où, à l’époque, la moindre amitié entre un membre de la famille royale et une personne de rang inférieur, donnait lieu à des rumeurs de liaisons plus vite qu’il n’en faut pour dire « rumeur », les relations entre Madame Elisabeth et son médecin a probablement du donner lieu à des rumeurs. Pour autant, les amourettes d’une petite princesse avec un roturier, dans la mesure où les tourments de la Révolution n’ont pas tardé à prendre le dessus sur tout le reste, n’ont pas donné lieu à de nombreux écrits, pour ne pas dire aucun.
    De Dassy, on ne sait pas grand-chose : Il fut le médecin de Madame Elisabeth, un botaniste. On sait aussi qu’après avoir vu passer la princesse dans la charrette et avoir fait un malaise dans la rue, il dit à son épouse : « J’ai reçu le coup de la mort. Je viens de voir un Ange conduit à l’échafaud ».
    A partir des quelques écrits historiques attestant de l’affection de la princesse, Alexandra de Broca nous dépeint une histoire platonique, touchante et tragique.
    Bien loin des « histoires d’amour » « dangereuses » et « passionnées » dont on nous abreuve à longueur de temps et où la plus dure des épreuves pour le couple est de devoir attendre une journée entière avant de se sauter dessus, on voit ici l’émergence d’un amour non seulement impossible mais interdit. Elisabeth et Dassy vivent dans un monde où le simple fait de se promener seul en forêt, où le fait de s’effleurer de leurs mains dégantées pourraient leur valoir des sanctions autrement plus grave que tout ce que l’on peut voir dans les romances moderne.
    D’ailleurs Alexandra de Broca le fait répéter à ses personnages, comme dans une volonté de conjurer le sort qui pourrait leur pendre au nez : « Le couvent pour Elisabeth, l’exil pour le docteur Lemonnier (complice des deux jeunes gens), les galères pour Dassy »
    Toute la vie d’Elisabeth a été sacrifiée par son frère Louis XVI qui trouvait en elle un interlocuteur avisé. Il ne voulait pas qu’elle soit détournée de lui par un mari et des enfants et il a fait peu de cas du bonheur de sa sœur.
    Les chapitres alternent entre Elisabeth et Dassy.
    Tout ce qui concerne la princesse repose sur des éléments historiques, en revanche l’auteur prévient qu’elle a imaginé la vie de Dassy puisqu’on ne connaît de lui que son existence, sa fonction et une relation avec la princesse dont la nature exacte reste inconnue. Alexandra de Broca a donc imaginé ce qu’aurait pu être cette relation en s’appuyant sur ce que l’on sait de la vie et du caractère d’Elisabeth.
    La religion tient une grande place dans la vie de la princesse et l’auteur en a fait l’un des obstacles majeurs entre Elisabeth et Dassy, presque plus important, du moins pour la princesse, que leur différence de classe.
    Alexandra de Broca a le don pour donner vie à l’Histoire. Ces romans, qui mélangent faits historiques et extrapolation plausibles, donnent toujours envie d’en savoir plus sur les personnages historiques qu’elle met en avant.

     

    Un extrait : Elisabeth voit le jour un matin de 1764 dans la demeure de ses parents. Lorsqu’on est née Bourbon, le château se nomme Versailles, le propriétaire en est Louis XV, et il faut partager son quotidien avec les trois mille occupants du haut lieu de la monarchie française.
    L’enfant n’a quasiment pas connu ses parents. Son père, le seul fil de Louis XV, décède de phtisie quelques mois après sa naissance. Sa mère, une princesse de Saxe, s’est passionnément consacrée à son époux, chose rare à la Cour, puis a succombé elle aussi à la même maladie, laissant deux filles et trois garçons survivants. De cette tragédie, Elisabeth ne se souvient de rien, si ce n’est d’avoir été embrassée par une ombre dans une chambre obscure, avant que sa gouvernante ne lui demande de prier pour que Son Altesse rejoigne au plus vite Monseigneur son père au ciel. Quelques heures plus tard, la même dame serre contre ses jupes la petite fille avant de lui expliquer qu’elle doit se réjouir.
    - Son Altesse Madame le Dauphine est désormais au royaume des Cieux parmi les anges.
    Le savoir transformée en bienheureuse ne change rien à la vie de la fillette de trois ans. Ce baiser furtif dans une atmosphère de tristesse sera son premier souvenir, à moins que sa sœur Clotilde, de six ans son aînée, n’ait voulu l’en persuader en le lui racontant.
    Elisabeth grandit choyée par sa sœur, sa gouvernante, et les membres de sa maison. Elle habite au premier étage de l’aile du Midi. De sa fenêtre, lorsqu’elles ne sont pas givrées par le froid ou assombries par la fumée de la cheminée elle aperçoit l’Orangerie. Elle est fascinée par les agrumes au feuillage persistant. L’hiver, elle observe les arbres protégés de paille et réchauffés de brasiers. Que de soins pour offrir aux descendants de Louis XIV ces fruits exotiques ! Comme lui, elle les adore et bat des mains lorsque sa gouvernante lui présente l’orange recouverte de filets de sucre…
    Dans cet immense palais, chacun s’extasie sur l’adorable princesse aux joues rebondies et aux cheveux bouclés. Son entourage fait son possible pour qu’elle grandisse avec le sourire, et tout particulièrement la princesse Clotilde, la gouvernante des Enfants de France, Madame de Marsan, et sa subordonnée Madame de Mackau. Cette dernière, nommée sous-gouvernante, aime profondément cette enfant joyeuse et cabotine. Pourtant, Elisabeth est autoritaire et colérique. Elle se déclare trop petite pour apprendre, et réclame qu’on la laisse jouer.

     

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  • [Livre] La cuisinière d’Himmler

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    Résumé : Ceci est l'épopée drolatique d'une cuisinière qui n'a jamais eu peur de rien. Personnage loufoque et truculent, Rose a survécu aux abjections de cet affreux XXe siècle qu'elle a traversé sans rien perdre de sa sensualité ni de sa joie de vivre. Entre deux amours, elle a tout subi : le génocide arménien, les horreurs du nazisme, les délires du maoïsme. Mais, chaque fois, elle a ressuscité pour repartir de l'avant. Grinçant et picaresque, ce livre raconte les aventures extraordinaires d'une centenaire scandaleuse qui a un credo : "Si l'Enfer, c'est l'Histoire, le Paradis, c'est la vie".


    Auteur : Franz-Olivier Giesbert

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 26 avril 2013

     

    Prix moyen : 21€

     

    Mon avis : J’ai vraiment bien aimé ce livre, mais honnêtement, je cherche encore le « drolatique » dans cette histoire. Même si Rose a parfois des réactions qui arrachent un sourire, le livre est surtout tragique. Rose a tout connu des horreurs du XXème siècle : génocide arménien (elle sera la seule survivante de sa famille et connaitra l’esclavage sexuel), 2nd guerre mondiale (son ex-mari et ses enfants seront déportés, elle sera violé par un nazi), le régime de Mao (son 3ème mari sera tué. Elle n’aura la vie sauve que grâce à son emploi à l’ambassade qui lui permettra de fuir le pays).
    Rose n’oublie rien, ne pardonne rien. Elle n’hésite pas à se venger en éliminant ceux qui lui ont fait du tort. Si on peut comprendre son envie de vengeance et si on ne va pas pleurer sur le sort de ses cousins adoptifs qui la réduisent en esclavage pour s’approprier l’héritage ou des collabos à qui elle a fait payer ses malheurs, on ne peut que s’interroger sur la moralité de cette femme qui s’érige en juge, jury et bourreau. D’autant plus qu’elle n’a pas hésité à travailler pour Himmler et plus si affinité, cuisinant même pour Hitler en personne pour avoir des informations sur le sort de ses enfants. Pendant tout ce temps, elle a fait les 4 volontés de ce haut fonctionnaire nazi sans broncher.
    J’avoue que si j’ai été très intéressée par le côté historique (Rose nous fait découvrir ou redécouvrir l’Histoire), j’ai été moins emballée par toutes les parties se déroulant de nos jours et où une rose de 105 ans continue à avoir « la gâchette facile ».
    Disons qu’à trop de surenchère, le personnage de Rose devient si absurde (mais pas dans le sens amusant du terme) qu’il perd tout intérêt au fur et à mesure qu’il perd en crédibilité.
    C’est dommage car c’était une manière intéressante de raconter l’histoire. Mais je pense que la Chine de Mao était de trop. Ou alors il aurait fallu plus d’un personnage, pour que chacun ait sa part d’histoire.
    Pour autant l’écriture est agréable et cette manière de raconter l’Histoire reste originale et percutante.
    Une lecture en demi-teinte quand on en attendait autre chose, trompé par le résumé.

    Un extrait : Je ne supporte pas les gens qui se plaignent. Or, il n’y a que ça, sur cette terre. C’est pourquoi j’ai un problème avec les gens.

    Dans le passé, j’aurais eu maintes occasions de me lamenter sur mon sort mais j’ai toujours résisté à ce qui a transformé le monde en grand pleurnichoir.

    La seule chose qui nous sépare des animaux, finalement, ce n’est pas la conscience qu’on leur refuse bêtement, mais cette tendance à l’auto-apitoiement qui tire l’humanité vers le bas. Comment peut-on y laisser libre cours alors que, dehors, nous appellent la nature et le soleil et la terre ?

    Jusqu’à mon dernier souffle et même encore après, je ne croirai qu’aux forces de l’amour, du rire et de la vengeance. Ce sont elles qui ont mené mes pas pendant plus d’un siècle, au milieu des malheurs, et franchement je n’ai jamais eu à le regretter, même encore aujourd’hui, alors que ma vieille carcasse est en train de me lâcher et que je m’apprête à entrer dans ma tombe.

    Autant vous dire tout de suite que je n’ai rien d’une victime. Bien sûr, je suis, comme tout le monde, contre la peine de mort. Sauf si c’est moi qui l’applique. Je l’ai appliquée de temps en temps, dans le passé, aussi bien pour rendre la justice que pour me faire du bien. Je ne l’ai jamais regretté.

    En attendant, je n’accepte pas de me laisser marcher sur les pieds, même chez moi, à Marseille, où les racailles prétendent faire la loi. Le dernier à l’avoir appris à ses dépens est un voyou qui opère souvent dans les files d’attente qui, à la belle saison, pas loin de mon restaurant, s’allongent devant les bateaux en partance pour les îles d’If et du Frioul. Il fait les poches ou les sacs à main des touristes. Parfois, un vol à l’arraché. C’est un beau garçon à la démarche souple, avec les capacités d’accélération d’un champion olympique. Je le surnomme le « guépard ». La police dirait qu’il est de « type maghrébin » mais je n’y mettrais pas ma main à couper.

    Je lui trouve des airs de fils de bourgeois qui a mal tourné. Un jour que j’allais acheter mes poissons sur le quai, j’ai croisé son regard. Il est possible que je me trompe, mais je n’ai vu dedans que le désespoir de quelqu’un qui est sens dessus dessous, après s’être éloigné, par paresse ou fatalisme, de sa condition d’enfant gâté.

    Un soir, il m’a suivie après que j’eus fermé le restaurant. C’était bien ma chance, pour une fois que je rentrais chez moi à pied. Il était presque minuit, il faisait un vent à faire voler les bateaux et il n’y avait personne dans les rues. Toutes les conditions pour une agression. À la hauteur de la place aux Huiles, quand, après avoir jeté un œil par-dessus mon épaule, j’ai vu qu’il allait me doubler, je me suis brusquement retournée pour le mettre en joue avec mon Glock 17. Un calibre 9 mm à 17 coups, une petite merveille.

     

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  • [Livre] Le voyage de Ruth

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    Résumé : 1804, sur l’île de Saint-Domingue, un massacre n’épargne qu’une seule vie, celle d’une petite fille noire. Recueillie par deux Français, l’enfant, qu’ils prénomment Ruth, part vivre avec eux dans la bouillonnante ville de Savannah, au sud des États-Unis. Ainsi commence l’incroyable destin de celle qui grandira dans un pays à la veille de la guerre de Sécession et tombera follement amoureuse d’un Noir libre, avant de devenir « la Mama » qui élèvera l’irrésistible Scarlett.
    Derrière le masque de la domestique dévouée, on découvre la vie secrète et les pensées de Ruth. Entre résilience et rêves brisés, Le Voyage de Ruth jette une nouvelle lumière sur l’une des inoubliables héroïnes d’Autant en emporte le vent.


    Auteur : Donald McCaig

     

    Edition : Michel Lafon

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 06 novembre 2014

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Donald McCaig nous livre ici l’histoire de la mama de la célèbre Scarlett O’Hara. Après avoir été sauvée, alors seule survivante d’un massacre perpétré sur Saint-Domingue (ex-Haiti), dont on ne saura pas par qui il a été commis (rebelles noirs ou troupes françaises), une petite noire d’environ 5 ans est recueilli par le capitaine Fornier qui l’offre à sa femme, Solange.
    Solange a une relation des plus étranges avec cette enfant qu’elle traite à la fois comme sa fille, comme sa servante et comme un animal de compagnie.
    A l’adolescence, la fillette, prénommée Ruth, va devenir la mama de la fille de Solange, Pauline. Bien que très jeune, comparée aux autres noires tenant le même rôle, Ruth sait s’imposer comme nurse. Sa maitresse, Solange, montre le caractère que l’on connait bien chez Scarlett : avide de liberté, refusant de se laisser dicter sa conduite par les on-dit, Solange Escarlette sera d’abord Solange Fornier, puis Solange Evans, puis enfin Solange Robillard.
    Le parcours de Ruth l’éloignera un temps de sa chère maîtresse, mais après plusieurs drames, elles finiront par être réunies. Et Ruth abandonnera son prénom pour ne vouloir qu’être désignée sous le nom de « mama ».
    Pour ceux qui ont lu « autant en emporte le vent », c’est un plaisir de retrouver, au fil des pages, des noms connus comme les Butler ou les O’Hara.
    Ruth garde en elle tout le chagrin qu’elle a pu connaitre, elle ne se livre que rarement et jamais complètement. Elle « voit » certaines choses qu’elle préférait ignorer et st dévouée corps et âme à ses maîtresses successives qu’elle a, chaque fois, beaucoup aimé.
    Le livre est divisé en trois parties. C’est dans la troisième, la seule racontée du point de vue de Mama Ruth que l’histoire rejoint « Autant en emporte le vent » avec l’arrivée sur scène des personnages que l’on a rencontré dans ce roman.
    Malgré tout, avoir lu « Autant en emporte le vent » n’est qu’un plus car le roman de Donald McCraig est fait de telle façon qu’il peut se lire indépendamment de celui qui l’a inspiré.
    L’auteur donne vie à Mama, et celle-ci, avec toutes les épreuves qu’elle a traversées, n’en méritait pas moins.

     

    Un extrait : Quand Ruth revint finalement à la maison, Solange lui demanda : « Savais-tu qu’Augustin allait mourir ? »

    L’enfant évita son regard. « J’vois es choses.

    - Où étais-tu ?

    - J’devais r’prendre mon souffle. » Elle répéta avec véhémence : « J’devais r’prendre mon souffle ! » Elle toucha d’un doigt glacé la joue de sa maîtresse. « Z’allez épouser cet homme. Ouais. Vaut mieux être maudit pour c’qu’on est que pour c’qu’on est pas. »

    Quand, quelques temps plus tard, Solange épousa Wesley, Antonia Sévier expliqua qu’elle l’avait fait pour prouver son mépris des règles de bienséances, une idée que Solange fit sienne quelques années plus tard. Parce qu’il y avait une chose qu’elle n’arrivait pas à comprendre – et qu’aucune jeune fille bien élevée de Saint-Malo, et encore moins une Escarlette, ne pourrait avouer ou admettre : c’était le besoin irrépressible qu’elle avait ressenti de s’éclipser de la réception de son mariage avec Wesley pour se jeter dans le lit conjugal.
    Le second mari de Solange était aussi déterminé et perspicace qu’elle, avec, en plus, un certain sens de la dérision. « Quand Dieu nous regarde depuis le ciel, il voit une fourmilière qui grouille, dans laquelle rien ne différencie le riche de son serviteur. 

    - Un sou est un sou, disait Solange avec hauteur, que ce soit au ciel ou dans une fourmilière. »

    Deux ans et neuf mois après leur mariage, Mme Wesley Evans donna naissance à une petite fille en parfaite santé : Pauline. Toute la jeunesse de la haute société de Savannah se rendit au baptême du nourrisson et à la réception qui suivit chez les Evans. Une jeunesse qui n’avait cure des vieux scandales que chérissaient des croulants d’un autre siècle, attachés à des mœurs d’un autre siècle.

    Quand Solange suggéra que Ruth devienne la mama – c’est-à-dire la nounou – de Paulin, Wesley demanda :
    « Est-ce que tous les enfants du sud sont vraiment obligés d’avoir une mama ?

    - Les mamas permettent aux dames du Sud de dorloter leur homme », dit-elle avec un sourire en coin qui n’aurait jamais été approuvé par une Escarlette.

    Wesley se racla la gorge. « Ruth est si jeune.

    - Les Noirs grandissent plus vite que les Blancs. Ruth est une femme, plus une enfant.

    - Je crois que je n’ai jamais connu personne comme elle. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, dans les moments heureux comme dans les plus durs… jamais je n’ai vu notre charmante Ruth se départir de son sourire.

    - Alors ? Tu es contre ?

    - J’aimerais tellement savoir ce que Ruth pense vraiment.

    - Crois-moi sur parole, chéri, il ne vaut mieux pas. »

    Ruth était faite pour éduquer des enfants, et la mère de Pauline pour dorloter son mari, à la plus grande satisfaction des deux parties.


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  • [Livre] La mer en hiver

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    Résumé : Lorsque Carrie McClelland, auteur à succès, visite les ruines du château de Slains, elle est enchantée par ce paysage écossais, à la fois désolé et magnifique. La région lui semble étrangement familière, mais elle met de côté son léger sentiment de malaise afin de commencer son nouveau roman, pour lequel elle utilise le château comme cadre et l’une de ses ancêtres, Sophia, comme héroïne. Puis Carrie se rend compte que ses mots acquièrent une vie propre et que les lignes entre fiction et faits historiques se brouillent de plus en plus. Tandis que les souvenirs de Sophia attirent Carrie encore plus au cœur de l’intrigue de 1708, elle découvre une histoire d’amour fascinante, oubliée avec le temps. Après trois cents ans, le secret de Sophia doit être révélé.

    Auteur : Susanna Kearsley

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Romance historique

     

    Date de parution : 19 Octobre 2017

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Ce roman m’a beaucoup fait penser au film « d’un rêve à l’autre », sauf qu’ici ce n’est pas quand Carrie s’endors que Sophia prend vie, mais quand elle entre dans une sorte de transe la poussant à écrire le roman qu’elle a voulu du point de vue de son ancêtre.
    Ce qui, au départ, devait être un ajout fictif à un fond historique, devient de plus en plus étrange. Des faits que Carrie écrit, comme poussée par une force mystérieuse, s’avèrent ayant vraiment eu lieu, chose qu’elle n’avait aucune possibilité de savoir.
    Nous, lecteur, nous passons de l’histoire de Carrie à l’histoire de Sophia sans heurt, retrouvant le présent quand Carrie sort de transe et cesse d’écrire.
    J’ai beaucoup aimé que les chapitres consacrés à Carrie soient noté 1, 2, 3 etc… et ceux consacrés à Sophia I, II, III… bien qu’au fil des chapitres, la distinction ne soit plus aussi tranchée.
    J’ai aussi beaucoup aimé découvrir l’histoire de la tentative de prise de pouvoir Jacobite. Dans une note de fin de livre, l’auteur explique que, quand les faits historiques étaient avérés, elle s’y est strictement tenue. Ainsi, malgré le côté romancé dû à l’introduction de personnages imaginé comme Sophia ou les domestiques, l’histoire avec un grand H est assez fidèle à la réalité.
    Pendant tout le livre, j’ai espéré une fin, qui, si elle n’a pas réalité historique aurait au moins le mérite de faire en sorte que l’histoire de Sophia ne se termine pas mal. Je ne vous dirais pas si mes espoirs ont été déçus ou comblés mais sachez qu’ils m’ont du moins tenus en haleine jusqu’à la dernière ligne.
    Pour une fiction, l’auteur s’est clairement compliqué la tâche en s’imposant le strict respect des connaissances historiques. Ainsi il a fallu qu’elle jongle avec les dates, avec les rapports fait de discussions qui ont eu lieu entre certains personnages et qu’il lui a fallu intégrer dans son histoire. Contrairement à beaucoup d’auteurs de fiction, elle n’a pas plié l’histoire à ses besoins, mais s’est pliée aux obligations de l’histoire. C’est sans doute pour cela que ce roman a été un tel coup de cœur pour moi !
    J’ai aimé tous les personnages. Même les méchants ! Enfin, disons plutôt que ceux-là, j’ai adoré les détester et les vouer aux flammes de l’enfer ! En tout cas, pas un ne m’a laissé indifférente, pas même ceux qui étaient déjà morts quand l’histoire commence.
    L’histoire de Carrie est moins exaltante que celle de Sophia, parce que, ne nous voilons pas la face, on se doute que tout finira bien pour elle, et si les gens qui l’entourent sont très gentils, il n’y a guère de surprises dans leurs réactions et attitudes. En revanche, on tremble sans cesse pour Sophia qui, non contente de vivre à une époque dangereuse, n’a pas non plus la vie facile à titre personnel. J’ai trouvé que les passages concernant Carrie nous permettaient de souffler et de digérer ce qu’il se passait en 1708. C’étaient d’agréables interludes qui nous permettaient d’en savoir plus sur la période historique à travers les recherches de Carrie sans que l’histoire de Sophia ne soit alourdie.
    Au début j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire mais ça s’est arrangé dès que j’ai plongé dans la partie concernant Sophia et surtout que je me suis concentrée uniquement sur ce livre, sans en lire un autre en même temps. C’est un livre qui n’aime pas la concurrence !
    Mais je ne regrette pas de n’avoir eu qu’une seule lecture pendant quelques jours, parce que, réellement, ça a été un immense coup de cœur.

     

    Un extrait : Ce n’était pas un hasard. Rien de tout cela n’était arrivé par simple hasard.

    Je l’appris plus tard ; même si j’eus du mal à accepter cette évidence quand elle me frappa, car j’avais toujours cru fermement à l’autodétermination. Jusque-là, ma vie avait semblé corroborer cette idée – j’avais choisi certaines voies qui m’avaient menée à certaines fins, toutes positives, et je considérais les quelques contretemps rencontrés le long de la route non comme de la malchance, mais comme de simples fruits de mon jugement imparfait. Si j’avais dû choisir un credo, j’aurais opté pour ces deux vers du poète William Henley, vibrants de courage : Je suis maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme.

    Ainsi, lorsque tout commença en ce matin d’hiver, quand j’allai chercher la voiture que j’avais louée et que je quittai Aberdeen pour me diriger vers le nord, l’idée que quelqu’un d’autre puisse être à la barre ne m’effleura pas une seconde.

    Je croyais sincèrement que m’éloigner de la route principale pour emprunter celle qui longeait la rive découlait de ma propre décision. Sans doute pas la meilleure décision qui soit, d’ailleurs, étant donné que les routes étaient bordées de la neige la plus épaisse qui s’était abattue sur l’Écosse depuis quarante ans, et que l’on m’avait avertie des risques de dérapages et de retards. La prudence et le fait que j’aie un rendez-vous auraient dû m’inciter à rester sur la route principale, plus sûre, mais le petit panneau indiquant « Route côtière » me fit dévier.

    Mon père me disait toujours que j’avais la mer dans le sang. J’étais née et j’avais grandi sur la côte de la Nouvelle-Écosse, et je n’avais jamais pu résister à l’attrait des vagues. Alors, quand la route principale tourna vers l’intérieur des terres, je préférai bifurquer à droite et emprunter la voie côtière.

    Je ne pourrais pas dire à quelle distance je me trouvais lorsque j’aperçus sur les falaises le château en ruine, une ligne d’obscurité dentée se détachant sur un ciel nuageux, mais dès l’instant où je le vis, je fus captivée et accélérai. Je ne prêtai aucune attention aux grappes de maisons se dressant sur mon passage et sentis une pointe de déception lorsque la route repartit dans la direction opposée. Mais ensuite, derrière un bois touffu, la route tourna de nouveau et il surgit devant moi : un château sombre abandonné, s’élevant au milieu des champs enneigés qui s’étendaient entre la route et le bord de la falaise, comme pour en interdire l’accès.

     

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  • [Livre] Des maris pas comme les autres

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    Résumé : Des maris insolites, illustres dans l'Histoire, de toutes natures et de tous genres. Des bons, des méchants, des drôles, des affreux, des navrants...

    Certains célèbres comme Du Guesclin, éternel absent, et d'Artagnan, marié à une terrible bigote.

    Peu importe leur place dans l'Histoire, c'est de leur qualité d'époux qu'il est question dans ce livre. Ils s'y montrent aussi différents qu'ingénieux. Les tragiques, les assassins, les brutes, les bigames, les trompeurs et les trompés, les bizarres, ainsi que les modèles...

    Juliette Benzoni nous guide dans une joyeuse et cruelle galerie de maris pas comme les autres.

     

    Auteur : Juliette Benzoni

     

    Edition : Bartillat

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 08 janvier 2004

     

    Prix moyen : 23€

     

    Mon avis : Juliette Benzoni nous fait découvrir certains faits de l’histoire d’un autre point de vue : celui du mariage de ses protagonistes.
    Richelieu, homme de pouvoir, capable d’imposer sa famille dans tous les cercles, a fait le malheur de deux de ses nièces en forçant des hommes qui n’avaient rien demandé à les épouser. Mme de Maintenon, en voulant forcer le bonheur de jeunes gens, condamnera la jeune fille à une vie sans amour.
    Juliette Benzoni a classé les époux en différentes catégories : les volages (ou pourvus d’une épouse volage), les brutes, les assassins, les époux presque modèles… Charlemagne occupe une place à part, il faut dire que c’était un sacré gaillard et qu’il n’a pas été de tout repos pour ses épouses.
    Qui aurait pensé que d’Artagnan, rendu célèbre par Alexandre Dumas, a épousé une telle bigote qu’elle prendra ombrage d’un portrait de la reine présent dans les appartements de son époux ?
    C’est une lecture très intéressante mais j’ai décelé quelques légèretés dans les dates. Un exemple : Marie-Catherine de Brignole-Sale qui va épouser Honoré III de Monaco, est supposée, au début du chapitre, avoir 16 ans en 1755. Donc si je calcule bien, cela veut dire qu’elle serait née en 1739. A la fin du chapitre, il est dit que son amant demande la permission de l’épouser en 1808, une fois qu’elle est veuve. Il est dit qu’elle a alors 62 ans. Or, vu son année de naissance, elle aurait eu 62 ans en 1801… quelques lignes plus loin, il est dit que les amoureux passèrent 4 ans ensemble avant le décès de l’un d’entre eux en… 1883… De deux choses l’une, ou Juliette Benzoni a écrit des dates approximatives avec intention (ou pas) de les vérifier et a oublié de le faire (ou s’est dit que le correcteur de la maison d’édition s’en changerait), ou il y a eu un très gros cafouillage à l’impression… dans les deux cas, ça ne fait pas sérieux et ça m’a fait douter de toutes les dates avancées dans le livre.
    A part cet inconvénient (assez important cela dit dans un livre historique), j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ces couples parfois heureux, parfois pas du tout, mais toujours atypiques.

     

    Un extrait : La nuit était noire, et dans le château, le silence était complet. A l’extérieur, sur les vieilles murailles féodales qui dominaient du haut de leur butte la campagne environnante, seul résonnait le pas lourd et lent des sentinelles et, parfois, le claquement d’une hallebarde reposée un peu brutalement.
    La femme, debout dans l’obscurité du couloir, l’oreille collée au vantail sculpté d’une porte, retenait sa respiration. Elle écoutait avec passion. Aucune lumière, cependant, ne filtrait sous cette porte. Quel secret Catherine Evesque cherchait-elle donc à surprendre auprès d’une porte fermée sur une chambre obscure ? Le temps passait, et rien ne se faisait entendre.
    Soudain, un faible sourire de triomphe éclaira le visage ingrat de la guetteuse. Derrière le vantail, quelqu’un parlait… une voix de femme. Très faible d’abord et indistincte, elle devint plus claire au bout d’un moment, et son sourire s’accentua. Ce qu’elle entendait, c’étaient des mots d’amour… quelques phrases brèves, des mots sans suite, comme on en murmure lorsque l’on aime, ou lorsque l’on rêve. Un nom vint bientôt.
    - Jean…murmurait l’occupante de la chambre…Jean, je t’aime.
    C’était tout ce que Catherine Evesque voulait savoir. Mais sa curiosité ayant atteint son paroxysme, elle osa appuyer sur la poignée de la porte, essayer de l’ouvrir. Peine perdue. La porte était fermée à clef de l’intérieur.
    Alors, ramassant ses jupes autour d’elle pour ne pas faire de bruit, la femme s’éloigna le long des corridors obscurs jusqu’à l’escalier du donjon, éclairé de loin en loin par une torche tenue dans une griffe de fer. Avec une agilité que l’on n’eût pas attendue de sa corpulence, elle grimpa quatre à quatre jusque chez la marquise douairière.

     

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  • [Livre] Mémoires de Marie-Antoinette - T01 - Versailles

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    Résumé : J'avançai dans un rêve. 
    Versailles m'émerveilla.
    Mais me fit aussi peur, sans que je sache pourquoi...

     

    Auteur : Noël Simsolo, Isa Python

     

    Edition : Glénat

     

    Genre : Bande-dessinée, Historique

     

    Date de parution : 24 mai 2017

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Sous la forme de mémoires fictives qu’aurait écrites Marie-Antoinette pendant sa détention au Temple, cette bande dessinée en deux tomes, dont le second sortira en mai 2018, retrace la vie de Marie-Antoinette depuis son mariage avec Lois-Auguste, futur Louis XVI, jusqu’à la tourmente révolutionnaire. Cela dit, comme avant son exécution, la reine a été emprisonnée dans des conditions inhumaines à la conciergerie, où elle n’avait plus la possibilité d’écrire, je me demande comment les auteurs vont détourner la réalité historique pour aller jusqu’au bout de l’histoire de Marie-Antoinette. Peut être un changement de narrateur ? Affaire à suivre…
    Dans ce premier tome, on voit la jeune Marie-Antoinette qui découvre Versailles et se trouve confrontée à une étiquette étouffante. Malgré la rigueur religieuse présente à la cour de sa mère Marie-Thérèse, qui n’a pas court à Versailles, la vie y est beaucoup plus simple et détendue qu’à Versailles où le moindre geste est scruté, critiqué et étudié par la cours entière.
    La jeune princesse va aussi être confrontée au manque d’enthousiasme matrimonial de son timide et nouvel époux. Car si Louis XVI est réputé pour être le seul roi de France à n’avoir jamais eu de maîtresse, il n’honorait pas son épouse pour autant et le mariage ne fut consommé qu’au bout de sept longues années. Autant dire que ces sept années ont dû être extrêmement difficile pour la jeune princesse puis reine car, bien entendu, la responsabilité de l’absence d’héritier, lui était totalement imputé.
    On nous présente la reine sans la diaboliser, ni excuser tous ses comportements.
    C’est le problème avec cette Reine : soit on la montre comme un monstre d’égoïsme qui a mené le roi à sa perte par son attitude et ses mauvais conseils, quand on ne la montre pas en plus infidèle ; soit on la montre comme une victime inconsciente de tout.
    Je pense que Marie-Antoinette est plus complexe que ça. Certes elle était dépensière, mais a-t-on jamais pris la peine de lui enseigner la moindre notion d’argent et d’économie ? On lui prête de mauvais conseils, mais ne lui a-t-on pas prêté une influence politique qu’elle n’avait pas ? Louis XVI écoutait sa femme dans l’intimité, mais en était-il de même au niveau politique ?
    La bande dessinée reste dans ces deux aspects de la reine : ni ange, ni démon, juste une femme, dont le plus grand drame a sans doute été d’être reine de France, exposée aux yeux de tous. Sans doute aurait-elle pu trouver le bonheur si elle n’avait pas été jetée en pâture à la Cour de France.
    Le fait que la reine « écrive » son histoire depuis sa prison fait qu’à plusieurs reprise, elle commente les évènements, ses actions, ses choix, avec le recul et avec une grande conscience de ses erreurs.
    Du côté des dessins, la dessinatrice a cherché à se rapproché le plus possible des portraits qui ont été fait des différents protagonistes, sans chercher à gommer leurs défauts, sans chercher à les embellir. Parfois, le dessin peut sembler un peu grossier, mais on se rend vite compte que ce n’est qu’une fausse impression car le dessin rend justice à la Cour de France.
    J’ai maintenant très hâte de découvrir le second tome !

     

    Un extrait :

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  • [Livre] Je te vois reine des quatre parties du monde

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    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix! D'ailleurs, j'indique dans la fiche le prix auquel je l'ai acheté, mais si entre-temps une version poche est sortie, je vous mets le lien vers le format le moins cher (après à vous de voir!)



    Résumé : Comme Christophe Colomb, Doña Isabel Barreto rêva de repousser les limites des mondes connus. Admirée – haïe aussi –, elle devint, au temps des conquistadors, la première et la seule femme amirale de la flotte espagnole.

    En 1595, elle part de Lima avec quatre galions en quête du cinquième continent : l’Australie. Elle traverse le Pacifique, couvrant près de la moitié du globe sur une route maritime inexplorée.

    Au fil de ses découvertes, elle va devoir affronter la violence et tenir tête à la mort. Elle aimera follement deux hommes qui partageront son ambition. Mais pour survivre, elle accomplira des actes qu’elle-même ne pourra se pardonner...

     

    Auteur : Alexandra Lapierre

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 03 avril 2014

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Alexandra Lapierre n’aime pas la partialité. D’Isabel Barreto, on ne trouve que des portraits bien peu flatteurs qui ne servent qu’à mettre en avant des hommes qui l’ont côtoyée.
    Alexandra Lapierre reprend donc l’histoire de cette femme au caractère bien trempé qui fut la seule femme amirale du temps des conquistadors.
    Après trois ans de recherche sur la jeune femme, elle nous livre son histoire, sans chercher à en faire une héroïne irréprochable. On peut dire qu’Isabel est pleine de défauts, même si souvent son intransigeance qui confinait à la cruauté avait une raison parfaitement légitime. Peut-être aurait-elle du s’y prendre autrement, peut-être qu’avec plus de soutien des hommes qui l’entouraient, elle aurait pu s’y prendre autrement.
    Mariée très jeune à un homme de plus de vingt ans son aîné, elle va vouer une admiration sans borne à cet homme qui a passé la moitié de sa vie à rechercher les îles Salomon.
    Veuve, elle va devoir ramener à bon port ce qu’il reste de l’armada montée par son défunt mari. Son commandement sera accusé de toute part par ceux qui craignent de porter la moindre responsabilité dans la débâcle (et pourtant, y a-t-il vraiment un responsable quand on s’engage dans l’immensité de l’océan à la recherche de terres inconnues ?).
    Elle créera le scandale en se remariant avec un homme trois mois seulement après la mort de son premier mari, et ce sans demander la permission de personne à une époque où les femmes sont mineures à vie, appartenant comme des meubles à leurs pères, frères ou mari.
    Alexandra Lapierre nous livre un récit certes romancé, ce qui le rend d’autant plus attractif, mais également historiquement très recherché. On sent, et on sait si o a lu la postface, que l’auteur a fouillé dans des archives, dans les écrits, pour reconstituer au plus près la vie d’Isabel Barreto.
    La première partie du livre est racontée par la sœur d’Isabel, Pétronille, religieuse au couvent de Santa Clara, qui se remémore l’enfance d’Isabel jusqu’à son mariage Puis Isabel prend le relais. Ainsi on passe subtilement d’un récit raconté par une autre (J’ai trouvé cette première partie un peu lourde, j’ai eu du mal à avancer) à celui que l’on découvre en étant au cœur de l’action (Et là, en revanche, on plonge dedans).
    Je n’ai pas toujours apprécié l’attitude d’Isabel, je l’ai souvent trouvé arrogante, trop sûre d’elle et de sa haute position, croyant avoir tous les droits sur les autres parce qu’elle est, elle, de haut lignage. Ses décisions sur le bateau m’ont paru souvent dénuées d’humanité.
    Mais d’un autre côté, j’ai trouvé la manière dont elle est traitée par l’équipage, surtout les officiers, scandaleuse. Certes, une femme à bord est supposé porter malheur, mais ils s’embarquaient pour trouver et coloniser des terres, donc il y avait forcément des femmes à bord, si cela les dérangeaient, ils n’avaient qu’à refuser le poste. Mais l’appât du gain était plus important que tout pour des hommes qui, par leur attitude, ont sciemment fait échouer la mission que devait remplir l’armada.
    Je te vois reine des quatre parties du monde est un livre qui ravira aussi bien les passionnés d’aventures que les amateurs d’histoire. Et même s’il faut d’accrocher pendant les 60 premières pages, après, c’est juste fantastique.

     

    Un extrait : « Moi, Alvaro de Mendaña, Gouverneur et Capitaine général de toutes les îles de la Mer du Sud par la grâce de Sa Majesté Philippe II, roi d'Espagne… sain d'esprit… libre de ma volonté… libre de mon jugement… et libre de mes choix, je publie ici mon testament… de la manière et dans la forme suivantes :

    « Je rends mon épouse légitime, Doña Isabel Barreto, seule propriétaire et maîtresse absolue de tous les biens apportés avec moi sur ces rivages. Ainsi que de tous les autres biens qui sont miens aujourd'hui, ou qui pourraient être découverts comme tels dans l'avenir.

    « Je lègue à Doña Isabel Barreto le marquisat héréditaire que je tiens de mon souverain le roi d'Espagne, ainsi que tous les autres titres et toutes les autres distinctions dont il a plu à Sa Majesté de m'honorer.

    « Je la nomme chef des forces armées actuellement sous mon  commandement, avec le titre de Capitaine général de mon armada et d'Adelantada de cette expédition.

    « Je lui confère les pleins pouvoirs sur mes hommes – marins, soldats ou colons –, et sur tous mes navires, afin qu'elle assure l'application de mes volontés et qu'elle poursuive la découverte, la conquête, l'évangélisation et la colonisation de la Terre de mon Hypothèse.

    « Au nom de Sa Majesté, je fais de Doña Isabel Barreto, mon épouse légitime, l'incarnation de la personne royale sur l'océan Pacifique.

    « La représentante de Dieu Tout-Puissant sur la terre et sur la mer.

    « Par ce testament, je révoque tous les autres, déclarant nuls et sans effet mes testaments ou codicilles antérieurs.

    « Telles sont mes irrévocables et ultimes volontés.

    « Fait sur l'île que j'ai baptisée Santa Cruz, dans la baie que j'ai baptisée Graciosa, le 18 octobre 1595, en présence de mes capitaines. »

    Cinq hommes se détachent du groupe et s'approchent pour signer.

    Doña Isabel les devance.

    Sous les yeux des témoins, elle murmure quelques phrases à l'oreille de son mari.

    Il reprend avec difficulté :

    « Je déclare…

    Le greffier hésite.

    À bout de forces, l'Adelantado s'impatiente :

    — Écrivez ! ordonne-t-il dans un ultime sursaut.

    «… que si ladite Doña Isabel Barreto, mon épouse légitime, désirait se remarier après ma mort, elle pourra jouir librement de tous mes biens. Et que le mari qu'elle choisira pourra jouir pareillement de tous mes biens, et titres, et distinctions qu'il a plu à Sa Majesté de m'octroyer. »

    Le greffier lui tend la plume.

    Son paraphe, d'ordinaire si élégant, est devenu, comme le reste de sa personne, tremblotant et fragile.

    La jeune femme congédie les témoins. Elle a pris le testament pour le ranger dans le coffre de son mari, qu'elle referme des trois clés qui pendent à sa ceinture.

    Ce geste accompli, elle s'effondre à genoux. Les larmes coulent sur son visage, qu'elle cache en baissant la tête. Elle reste penchée vers le sable, tente de prier, mais ne parvient plus à contenir son chagrin et sanglote en silence.

    Il l'appelle. Elle bondit.

    Il cherche à fixer sur elle, une dernière fois, son regard qui se trouble : « Isabel, la Conquête », il les confond toutes deux dans une même interrogation.

    — Que va-t-il advenir des îles ? Que va-t-il advenir de toi ?

    — Ne te tourmente pas pour moi.

    — Les îles d'or existent. Je les ai vues !

    — Évidemment, tu les as vues.

    — Ne laisse pas les autres abandonner… Ne renonce pas.
    Isabel s'efforce de le rassurer :

    — Moi, renoncer ?

    Elle lui a pris la main qu'elle serre avec force.

    Elle essaye, sans même le savoir, de lui communiquer sa sève et sa chaleur :

    — … Je continuerai, tu me connais.

    Il ferme les paupières. Il garde les yeux clos.

    Au-delà de sa passion pour cette épouse trop jeune, trop belle, trop riche, trop vigoureuse, une femme qui incarne le triomphe de la vie sous toutes ses formes, Alvaro de Mendaña la respecte et la connaît pour ce qu'elle est. L'égale d'un homme. Si quelqu'un peut gouverner ici, si quelqu'un peut survivre, c'est elle.

    — Je te vois reine des quatre parties du monde.

    Cette phrase, il l'avait prononcée lors de sa première déclaration d'amour. Il l'avait répétée à l'heure de sa demande en mariage. Il l'avait murmurée au matin de leur nuit de noces.

    — Je te vois reine des quatre parties du monde, répète-t-il dans son agonie.

    Quand la nuit finira, quand le soleil sera à son zénith le 18 octobre 1595, Don Alvaro de Mendaña rendra son âme à Dieu sur ces mots.

    *

    Et maintenant ?

    — Dieu est au ciel. Le Roi est au loin… Et ici, maintenant, c'est moi qui commande !

     

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  • [Livre] Le nom de la Rose

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    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix! D'ailleurs, j'indique dans la fiche le prix auquel je l'ai acheté, mais si entre-temps une version poche est sortie, je vous mets le lien vers le format le moins cher (après à vous de voir!)



    Résumé : Rien ne va plus dans la chrétienté. Rebelles à toute autorité, des bandes d'hérétiques sillonnent les royaumes et servent à leur insu le jeu impitoyable des pouvoirs. En arrivant dans le havre de sérénité et de neutralité qu'est l'abbaye située entre Provence et Ligurie, en l'an de grâce et de disgrâce 1327, l'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville, accompagné de son secrétaire, se voit prié par l'abbé de découvrir qui a poussé un des moines à se fracasser les os au pied des vénérables murailles. Crimes, stupre, vice, hérésie, tout va alors advenir en l'espace de sept jours.

     

    Auteur : Umberto Eco

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : Novembre 1983

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Chose rare : j’ai préféré le film. Et pas uniquement parce que Sean Connery tient le rôle principal (quoique).
    Le livre est, comment dire… Pas facile (c’est un euphémisme).
    Déjà le côté thriller est très en retrait alors que le livre est quand même classé en thriller historique. On pourrait se dire que l’essentiel du livre va donc être focalisé sur l’enquête que doit mener Guillaume. Mais que nenni (pour rester dans l’ambiance), on va être bien plus dans les questions existentielles et spirituelles d’Adso, dans les désaccords spirituels et surtout politiques qui opposent l’empereur germanique au pape d’Avignon, dans la question de savoir si la connaissance doit être à la portée de tous ou dissimulée pour l’usage de quelques élus.
    Cela aurait pu être tout aussi intéressant que la trame policière s’il n’y avait eu le latin.
    Umberto Eco a écrit son livre comme si c’était réellement l’œuvre d’un moinillon du XIVe siècle. Il n’a fait aucun effort pour adapter l’histoire au lecteur moderne et donc, tous les paragraphes, on se prend dans les dents de une phrase à un bon paragraphe en latin. (qui, traduction vérifiée à la fin du livre, n’apporte rien qui n’aurait pu être dit en français.)
    Moi qui n’aime guère la philosophie, je me suis retrouvée embarquée dans un livre qui se compose à 80% de philosophie et de religion pour 15% de questionnement d’Adso sur ses envies de mortel et 5% d’intrigue.
    Autant dire que je me suis ennuyée une bonne partie du livre et que ça a été très dur d’en venir à bout.
    De toute évidence Umberto Eco était plus intéressé par le réalisme des questionnements et de la manière de s’exprimer d’autrefois que par le rythme de l’histoire.
    Pour paraphraser un des professeurs de Marcel Pagnol : « Que c’est long, messieurs, que c’est long ! ».
    Je suis contente d’être arrivée au bout de ma lecture mais je ne pense pas que je retenterais de lire cet auteur. Je préfère les livres qui ne se perdent pas autant en conjectures.

     

    Un extrait : C’était une belle matinée de la fin novembre. Dans la nuit, il avait neigé un peu, mais le terrain était recouvert d’un voile frais pas plus haut que trois doigts. En pleine obscurité, sitôt après laudes, nous avions écouté la messe dans un village de la vallée. Puis nous nous étions mis en route vers les montagnes, au lever du soleil.

    Comme nous grimpions par le sentier abrupt qui serpentait autour du mont, je vis l’abbaye. Ce ne furent pas les murailles qui l’entouraient de tous côtés qui m’étonnèrent, semblable à d’autres que je vis dans tout le monde chrétien, mais la masse imposante de ce que j’appris être l’Édifice. C’était là une construction octogonale qui, vue de loin, apparaissait comme un tétragone (figure absolument parfaite qui exprime la solidité et le caractère inexpugnable de la Cité de Dieu), dont les côtés méridionaux se dressaient sur le plateau de l’abbaye, tandis qu’au septentrion ils paraissaient s’élever des pentes mêmes du mont d’où ils s’innervaient à pic. Je dis qu’en certains points, vus d’en bas, il semblait que le rocher se prolongeait vers le ciel, sans solution de teintes et de matière, et devenait à un certain point donjon et tour (ouvrage de géants qui auraient grande familiarité et avec la terre et avec le ciel). Trois ordres de verrières disaient le rythme ternaire de sa surélévation, si bien que ce qui était physiquement carré sur la terre était spirituellement triangulaire dans le ciel. À mesure qu’on s’en approchait davantage, on comprenait que la forme quadrangulaire produisait, à chacun de ses angles, une tour heptagonale, dont cinq côtés s’avançaient vers l’extérieur – quatre donc des huit côtés de l’octogone majeur produisant quatre heptagones mineurs, qui vus de l’extérieur apparaissaient comme des pentagones. Et il n’est personne qui ne voie l’admirable concordance de tant de nombres saints, chacun révélant un très subtil sens spirituel. Huit le nombre de la perfection de tout tétragone, quatre le nombre des évangiles, cinq le nombre des parties du monde, sept le nombre des dons de l’Esprit Saint. Par sa masse imposante, et par sa forme, l’Édifice m’apparut comme plus tard il me serait donné de voir dans le sud de la péninsule italienne Castel Unico ou Castel dal Monte, mais par sa position inaccessible il était des plus terribles, et capable d’engendrer de la crainte chez le voyageur qui s’en approchait peu à peu. Et heureusement par cette cristalline matinée d’hiver, la construction ne m’apparut pas telle qu’on la voit dans les jours de tempête.

    Je ne dirais pourtant pas qu’elle suggérait des sentiments joyeux. Pour ma part, j’en éprouvai de la peur, et une inquiétude diffuse. Dieu sait qu’il ne s’agissait pas de fantômes de mon âme immature, et que j’interprétais exactement d’indubitables présages inscrits dans la pierre, depuis le jour où les géants y mirent la main, et avant que la naïve volonté des moines ne s’enhardît à la consacrer à la garde de la parole divine.

     

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  • [Livre] Les 76 jours de Marie-Antoinette à la Conciergerie – T02 – Un procès en infamie

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    Résumé : Ce deuxième épisode palpitant des Soixante-Seize Jours de Marie-Antoinette à la Conciergerie raconte le combat acharné de ceux qui tentèrent l'impossible pour délivrer Marie-Antoinette de sa captivité et le  procès de la Reine.

     

    Auteur : Paul Belaiche-Daninos

     

    Edition : Actes Sud

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 4 octobre 2006

     

    Prix moyen : 24€

     

    Mon avis : Dans ce second tome, toujours aussi documenté, l’auteur nous raconte les différents complots qui ont été organisés en vain pour tenter de sauver la reine. Pendant que ses partisans se démenaient pour la soustraire à ses bourreaux, ces derniers se hâtaient de préparer son procès de peur que la Reine, très malade et affaiblie tant par ses hémorragies que par ses conditions déplorables de détention, ne meurent de mort naturelle sans qu’ils ne puissent l’exhiber sur la place publique.
    A partir des bribes des minutes du procès, dont on sait, par divers témoignages, que le greffier n’a rapporté que de manière tronquée, évitant de noter tout ce qui était favorable à la reine, l’auteur a reconstitué le déroulé de celui-ci. En fait de procès, on a droit à une mascarade où des « témoins » achetés par Fouquier-Tinville viennent parler de faits auxquels ils n’ont pas assistés. La réponse la plus courante de ces témoins aux objections des avocats de la reine est : « tout le monde le sait ».
    D’ailleurs, ces avocats, commis d’office, ont réellement défendu la reine, comme la constitution les y oblige, et, pour leur peine, ils se sont vus notifier leur mandat d’arrestation en pleine audience, un peu avant leur plaidoirie. Si ce n’est pas là une tentative d’intimidation pour les forcer à bâcler cette plaidoirie qu’ils n’ont qu’une dizaine d’heures pour la préparer.
    De même la défense n’a eu que 24h pour préparer le procès. La reine a écrit une lettre pour demander un délai de 3 jours supplémentaires pour ses avocats. Cette lettre, avec d’autres écrits de la Reine et entre autres sont testament moral, adressé à Madame Elizabeth, furent retrouvés sous le matelas de Robespierre sa chute. Sans doute ne voulait-il prendre le risque de voir la requête acceptée par l’Assemblée. Le dossier étant vide, il était important que les avocats n’aient pas le temps de préparer une défense étayée de preuves à décharge.
    A la fin du livre, sur plus de 100 pages, l’auteur nous liste les acteurs du drame. Une grande majorité d’entre eux sont des victimes innocentes, guillotinés, ou devrai-je dire assassinés, à cause de leur nom ou parce qu’ils désapprouvaient le nouveau régime.
    Il reste un livre, du même auteur, pour refermer cette page sombre de l’histoire. L’auteur le cite plusieurs fois au cours du livre sous le titre : la vengeance du Baron de Batz. Après quelques recherches, il semble qu’il soit sorti sous le titre : La Révolution fracassée : la Justice du baron de Batz. Je ne l’ai pas encore. Je le place dans ma liste de livres à acheter au plus vite !

     

    Un extrait : - Examinons, s’il te plait, les accusations de politique intérieure.
    - C’est ça, c’est ça… Examinons d’abord les accusations de politique intérieure.
    - D’abord l’aspect financier, il est important. N’oublions pas que sans la banqueroute du tyran, il n’y aurait jamais eu de Révolution.
    - J’énumère tes accusations : tu prétends qu’Antoinette a dilapidé les finances de la France avec Calonne, mais tout le monde sait qu’elle détestait Calonne. C’est même elle qui l’a chassé… Alors qu’est-ce que Calonne vient faire ici ? Voudrais-tu par hasard donner des verges à la défense pour nous fouetter ?
    - Calonne est une ordure ! On la charge avec Calonne !

    - Aurais-tu l’intention de citer dans ce procès toutes les ordures de l’Ancien Régime ?

    - En tout cas, certainement ceux avec lesquels elle a trahi.
    - Je pressens déjà que nous allons nous noyer… Revenons sur l’aspect financier : à part le Grand Livre, avons-nous des pièces comptables pour évaluer les sommes gaspillées sous Turgot, Calonne, Necker et Brienne ? C’est là l’important.
    - T’occupe ! dit Fouquier en balayant la question d’un revers de main.
    - As-tu des pièces comptables, oui ou non ?
    - Je n’en ai pas.
    - Je m’en doutais – il feuillette quelques fois. Ailleurs, tu affirmes sans aucun justificatif qu’elle a fait passer des millions à son frère l’Empereur d’Autriche.
    - Exact, son frère est une ordure !
    - Les preuves de ces transferts ?
    - On ne les retrouve plus.
    - Un peu plus loin, tu affirmes qu’elle aurait dépensé des millions pour faire Trianon.
    - La garce !
    Fouquier, de plus en plus éméché, remplit son verre.
    - Nous n’avons aucune pièce comptable, aucune facture, pas un papier. Rien ! Je te rappelle, au cas où tu l’aurais oublié, que Trianon a été construit par la Pompadour. Cela, tout le monde le sait.
    - T’occupe, te dis-je ! On garde Trianon dans les chefs d’accusation. Le peuple croit que c’est elle.

     

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  • [Livre] L’héritage des templiers

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    Résumé : 1118, Jérusalem, Terre sainte. Neuf chevaliers créent un ordre militaire, les « Pauvres Chevaliers du Christ ». Le roi Baudoin II leur cède pour résidence une partie de son palais, bâti sur les ruines du Temple de Salomon. Ils deviennent les « chevaliers du Temple », puis les « Templiers ».

    1307 : Jacques de Molay, le grand maître de l'ordre des Templiers, est arrêté sur ordre de Philippe le Bel et livré à l'Inquisition. Il garde le silence sur le déjà célèbre trésor des Templiers.

    2006 : Cotton Malone, ex-agent du département de la Justice américaine, et son amie Stéphanie, entrent en possession de documents troublants relatifs à la nature du trésor des Templiers. Commence alors une quête à la fois historique, érudite et périlleuse, qui les mènera à Rennes-le-Château, cœur du mystère.

     

    Auteur : Steve Berry

     

    Edition : Le cherche midi

     

    Genre : historique

     

    Date de parution : 01 mars 2007

     

    Prix moyen : 25€

     

    Mon avis : Dans le cadre d’un challenge je devais lire un livre sur les templiers et mon choix s’est porté sur celui-ci.
    Je suis très vite entrée dans cette histoire qui mêle avec talent faits historiques, théories religieuses et fiction.
    J’ai beaucoup aimé le personnage de Cotton Malone, en revanche celui de Stephanie Nelle m’a vraiment énervée. Cette femme est d’une arrogance, toujours à mettre son métier en avant, comme si c’était un gage de compétence, alors qu’il est clair qu’elle n’a rien à faire sur le terrain. Son coté : je vais appeler Washington et tout sera réglé, alors que l’histoire se déroule en France est également pénible. Elle décide que tel ou tel élément devrait être éradiqué et que, bien sûr, l’armée américaine doit intervenir et on a qu’une seule envie, c’est lui rappeler qu’elle n’est pas chez elle et que les militaires américains n’ont rien à foutre sur le territoire français, sauf s’ils viennent en vacances !
    J’avais presque envie qu’il lui arrive quelque chose de définitif, comme ça on aurait été débarrassé d’elle, de ces certitudes, de ses préjugés…

    C’est vraiment un personnage que je n’ai pas supporté, tout comme De Rochefort, mais lui, on n’est pas franchement supposé l’apprécier.
    On ne sait pas grand-chose de Cotton, même pas comment il a eu ce surnom, mais comme il est le personnage principal de bon nombre des romans de Steve Berry, je suppose que le personnage se dévoile au fil des tomes.
    Ce roman nous offre une théorie sur le trésor des templiers, non seulement sur le lieu où il pourrait se trouver, mais sur son contenu qui ne se limiterait pas à de l’or et des pierres précieuses mais à des preuves de certains événements qui mettrait à mal toute la religion catholique.
    Les énigmes que doivent résoudre les personnages sont bien élaborés et la solution est trouvée au bout d’un temps raisonnable (ni trop rapide, ni trop long).

    Histoire, complot, trahison, aventure, enquête, on a là un thriller historique qui a un rythme rapide et qu’on a du mal à lâcher avant la dernière page.

     

    Un extrait : Cotton Malone remarqua le couteau au moment même où il apercevait Stéphanie Nelle. Il était confortablement installé à la terrasse du café Nikolaj. Par cette douce après-midi d’été, la Højbro Plads, fameuse place danoise qui s’étendait sous ses yeux, grouillait de monde. Comme d’habitude, il régnait une atmosphère survoltée dans le café qui ne désemplissait pas, et il attendait Stéphanie depuis une demi-heure.

    C’était une femme frêle, âgée d’une soixantaine d’années – bien qu’elle n’ait jamais confirmé cette information. Quant aux fichiers personnels du ministère de la Justice que Malone avait consultés un jour, ils ne comportaient que la malicieuse mention « non communiquée » dans l’espace réservé à sa date de naissance. Des reflets argentés jouaient dans ses cheveux bruns, et dans son regard marron transparaissaient à la fois la compassion de l’humaniste et la fougue du procureur. Deux présidents avaient tenté de la nommer ministre de la Justice, mais elle avait décliné leur offre. Un ancien ministre de la Justice avait exercé des pressions pour lui faire perdre sa place – surtout après qu’elle eut été engagée par le FBI pour enquêter sur son compte –, mais la Maison Blanche avait refusé d’en entendre parler puisque Stéphanie Nelle faisait preuve, entre autres qualités, d’une honnêteté scrupuleuse.

    Par contraste, l’homme au couteau était petit, replet, avait le visage étroit et les cheveux coupés en brosse, les traits caractéristiques des Européens de l’Est. Son air hagard, accablé, inquiétait Malone plus que la lame étincelante de son arme ; il portait une tenue décontractée, un jeans et un blouson rouge sang.

    Malone se leva sans quitter Stéphanie des yeux.

    Il pensa la mettre en garde en criant, mais elle se trouvait trop loin et la place était trop bruyante. Elle disparut un instant derrière l’une des sculptures modernes de la Højbro Plads qui représentait une femme d’une obésité obscène couchée nue sur le ventre, ses imposantes fesses de bronze ressemblant à des collines exposées aux quatre vents. Lorsque Stéphanie réapparut, l’homme s’était rapproché d’elle et Malone le vit sectionner la bandoulière passée sur son épaule gauche, s’emparer de son sac de cuir et la pousser sur les pavés.

    Une femme cria et la vue d’un voleur à la tire armé d’un couteau provoqua l’émoi de la foule.

    L’homme au blouson rouge s’enfuit, le sac de Stéphanie à la main, bousculant les badauds au passage. Certains le bousculèrent à leur tour. Le voleur prit à gauche, contourna l’une des autres statues et se mit finalement à courir. Il semblait se diriger vers Købmagergade, rue piétonne qui bifurquait vers le nord depuis la Højbro Plads et s’enfonçait dans le quartier commerçant.

    Malone bondit de son siège, résolu à barrer la route à l’agresseur avant qu’il ait pu disparaître au coin de la rue, mais un groupe de cyclistes le gênait. Il se mit à courir après les avoir évités et dut contourner une fontaine avant de pouvoir se jeter sur sa proie.

    Ils heurtèrent le pavé ; l’homme au blouson rouge fut le plus durement touché et Malone remarqua immédiatement la musculature de son adversaire. Sans se laisser démonter, l’homme roula sur lui-même et enfonça son genou dans l’estomac de Malone.

    Le choc lui coupa le souffle et lui retourna les tripes.

    Sans perdre une seconde, l’homme au blouson rouge s’élança et remonta Købmagergade en courant.

    Malone voulut se lever, mais dut immédiatement s’accroupir pour reprendre son souffle.

    Bon sang. Il avait perdu l’habitude.

     

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