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Policiers/Thrillers

  • [Livre] Le dernier repos de Sarah

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    Résumé : Tracy Crosswhite a passé vingt ans à mettre en doute les faits qui ont entouré la disparition de sa sœur Sarah et le procès criminel qui s’en est suivi. Elle ne croit pas qu’Edmund House – le violeur qui a purgé sa peine et a été condamné pour l’assassinat de Sarah – soit le véritable coupable. Pour que justice soit rendue, Tracy est devenue enquêtrice criminelle dans la police de Seattle, et a dévoué sa vie à la recherche des tueurs.

    Lorsque les restes de Sarah sont finalement découverts dans la ville où elles ont passé leur enfance, dans les montagnes de la région des Cascades, dans l’État de Washington, Tracy est décidée à obtenir des réponses à ses questions. Dans sa poursuite du véritable criminel, elle met à jour des secrets enfouis depuis longtemps, qui vont modifier la relation qu’elle entretient avec son passé, et ouvrir la porte à un danger mortel.

     

    Auteur : Robert Dugoni

     

    Edition : AmazonCrossing

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 26 janvier 2016

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Ce thriller est mon premier coup de cœur du mois (je l’ai lu le 23 octobre, il était temps). J’ai été presque immédiatement emportée dans l’histoire et dès le 3ème ou 4ème chapitre, pour moi, tout le monde était coupable ! Je voyais des complots et/ou de tueurs partout !
    Le récit alterne entre passé et présent. Dans le passé on lit aussi bien des moments de la petite enfance de Sarah et Tracy que la période entourant la disparition de Sarah et le procès qui en a découlé. Dans le présent, on a affaire à une Tracy déterminée à savoir enfin la vérité sur ce qui est arrivé à sa sœur, quelque en soit les conséquences.
    La disparition de Sarah, avec la certitude de tous que la jeune fille est morte, a non seulement détruit sa famille mais aussi la petite ville de Cedar Grove. La peur et l’angoisse que cette disparition a jetée sur les habitants ont eu raison de la prospérité de la ville qui est à présent décrépite et sinistre.
    On peut comprendre la colère et l’acharnement de Tracy car, le récit de l’enquête, la présentation des preuves, tout nous démontre une investigation bâclée. On se dit que le sheriff avait une idée précise de qui devait être le coupable et qu’il a fait en sorte que les preuves concordent avec son idée.
    Détective dans la police criminelle de Seattle, Tracy ne peut, bien évidemment, pas se contenter d’une telle enquête et est bien décidée à tout faire pour faire éclater la vérité. Mais elle se heurte à un véritable mur. Que ce soit le Sheriff de Cedar Grove, les habitants, l’ancien avocat de celui qui a été condamné, tous refusent de lui apporter leur aide et lui font clairement comprendre qu’elle n’est pas la bienvenue dans la petite ville si c’est pour remuer le passé. Les tentatives pour l’empêcher d’avancer vont se répercuter jusque dans sa propre hiérarchie.
    Ce roman nous maintient dans une tension quasi insoutenable qui ne retombe que le temps de petits coup d’éclat : une étreinte entre Tracy et Dan, avocat et ami d’enfance (mais est-il honnête celui-là ? Je vous l’ai dit : TOUS DES SUSPECTS !!!), une tentative pour effrayer Tracy et l’empêcher d’atteindre son but…
    Le visage du coupable ne se dessine que quelques chapitres avant la fin et il m’a fallu relire trois fois le passage pour être sûre d’avoir bien compris.
    Tous les personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires, ont une importance dans la résolution de l’affaire. Chacun apporte une pièce à l’édifice qui nous amène à la révélation finale.
    Comme je vous l’ai dit, ce roman est un coup de cœur, et j’ai hâte de découvrir le prochain tome dans lequel on va retrouver Tracy, libérée du poids du mystère entourant la mort de sa sœur… A moins qu’on ne sache pas encore tout !

     

    Un extrait : Au bout de six ans à travailler côte à côte, Tracy savait interpréter les signaux de Kins. Elle connaissait ses humeurs et ses mimiques. Le matin, elle savait instantanément s’il avait passé une mauvaise nuit ou s’il s’était envoyé en l’air. Kins était son troisième équipier à la Criminelle. Floyd Hattie, le premier désigné pour travailler avec elle, avait annoncé qu’il préférait prendre sa retraite plutôt que de faire équipe avec une femme, ce qu’il avait fait. Son deuxième équipier avait duré six mois, jusqu'à ce que sa femme à lui rencontre Tracy au cours d’un barbecue et ne supporte pas l’idée que son mari fréquente d’aussi près une blonde célibataire d’un mètre soixante-dix-huit âgée de trente-six ans à l’époque.

    Lorsque Kins s’était porté volontaire, Tracy s’était montrée un tant soit peu sensible sur le sujet.

    — D’accord, mais ta femme ? avait-elle demandé. Elle ne va pas nous faire un problème de baise, elle non plus ?

    — J’espère que non, avait répondu Kins. Avec trois enfants de moins de huit ans, c’est à peu près la seule chose marrante qu’on fasse encore ensemble.

    Elle avait aussitôt compris que c’était un homme avec lequel elle pouvait s’entendre. Ils avaient passé un accord : une franchise totale, aucune rancœur. Cela fonctionnait depuis six ans.

    — Tu as quelque chose d’autre en tête, Kins ?

    Il soupira et rencontra son regard.

    — Billy m’a arrêté dans le couloir, expliqua-t-il en faisant allusion au sergent de la A Team.

    — J’espère qu’il avait une bonne raison pour retarder l’arrivée de mon café. J’en ai tué pour moins que ça.

    Mais Kins ne sourit pas à la plaisanterie. Le brouhaha provenant des informations télévisées du poste suspendu dans l’open space de la B Team filtrait dans la pièce. Un téléphone sonnait dans le vide sur un bureau.

    — Un rapport avec Hansen ? Les huiles les lui cassent sur cette affaire ?

    Il secoua la tête en signe de dénégation.

    — Billy a reçu un coup de fil du bureau du médecin légiste, Tracy, répondit-il en la regardant dans les yeux. Deux chasseurs ont découvert des restes humains dans les collines au-dessus de Cedar Grove.

     

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  • [Livre] Hortense

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    Résumé : 1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec le père de cette dernière, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense. « Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. »

    2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu'elle le paraît ?

     

    Auteur : Jacques Expert

     

    Edition : Sonatine

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 9 juin 2016

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : J’ai bien aimé le schéma de ce livre. Sur toute la première partie, on ne suit que le point de vue de « Sophie », puis viennent s’intégrer des chapitres du point de vue d’Emmanuelle « Hortense », moins nombreux. Tout au long du roman sont intercalé des procès-verbaux d’audition concernant un évènement qui n’a pas encore eu lieu.
    Au début de l’histoire, on plaint beaucoup Sophie. Non seulement sa fille est enlevée mais l’enlèvement se fait avec une violence inouïe. Pour nous, Sylvain Dufayet est un salopart et on espère qu’il va vite tomber entre les mains de la police (précision : je n’ai pas lu le quatrième de couverture avant de lire !).
    Et puis, au fil de la lecture, Sophie nous parle de sa relation avec Sylvain, qui semble avoir tout du pervers narcissique, puis de sa relation avec sa fille. Et là, j’ai commencé à me sentir mal à l’aise. La relation entre Sophie et Hortense m’est apparu de plus en plus comme malsaine, obsessionnelle…
    Et puis j’ai réalisé que de la relation entre Sophie et Sylvain, on ne connaissait que la version de Sophie qui m’apparaissait de moins en moins comme fiable.
    J’ai commencé à me poser des questions : Est-ce que Sylvain est vraiment le monstre qu’elle nous a décrit ? Ou est ce qu’elle n’a pas supporté qu’il ne réagisse pas en tout comme elle se l’était imaginé dans une sorte de délire sur leur couple ? Et surtout : est-ce que Sylvain a enlevé Hortense pour faire du mal à Sophie, comme elle le prétend ? Ou a-t-il ressenti le besoin impérieux de protéger sa fille de la folie de sa mère ?
    De la même façon, on se demande pendant tout le livre si Emmanuelle et Hortense sont une seule et même personne ou si tout ne repose que sur l’imaginaire de Sophie.
    Je n’ai trouvé aucune preuve formelle pour étayer les allégations de Sophie. Il y a des coïncidences, c’est sûr, mais à aucun moment je n’ai eu de certitudes.
    Jusqu’au dernier chapitre, j’ai vraiment été emporté par cette histoire et la plume de l’auteur, même si j’ai trouvé une erreur dans le livre qui m’a un peu fait tiqué (Emmanuelle parle de sa mère en l’appelant Nathalie. 120 pages plus loin, la mère devient Pauline).
    Mais il y a un MAIS. Et un gros en plus. C’est la fin.
    La fin est plus que brutale. Aucune des questions que l’on se pose au fil du roman n’est résolue mais cette fin pose elle-même une nouvelle question qui ne trouve pas de réponse. J’ai eu l’impression que l’auteur ne savait plus comment se sortir de son histoire et qu’il a balancé un épilogue pour s’en débarrasser. Je pense qu’il aurait fallu encore 3 ou quatre chapitres + un épilogue pour finir ce roman correctement. Si la fin avait été digne de ce nom, il aurait pu être un coup de cœur, mais cette fin le fait sacrément dégringoler dans le classement.
    J’ai été très déçue. Je déteste ce genre de fin qui est complètement incohérente. Elle m’a donné l’impression d’avoir perdu mon temps à lire un roman inachevé. J’ai déjà lu des romans de Jacques Expert, mais celui-ci m’a vraiment déçue.

     

    Un extrait : Je n’aime pas les épais nuages noirs qui assombrissent Paris et qui déjà s’emparent de la colline de Montmartre. En quelques secondes à peine il fait presque nuit. Pourtant il est tôt, pas encore dix-neuf heures, et nous sommes passés à l’heure d’été dimanche dernier. Déjà, une lourde goutte de pluie se faufile sous le col de ma chemise de coton gris. Je devrais presser le pas pour échapper à l’orage qui menace. Mon petit logement, rue des Martyrs, où je vis depuis tant d’années, n’est plus très loin.

    Comme chaque soir de la semaine, je suis sortie du métro à Anvers, et je descends à présent l’avenue Trudaine. Ensuite, je prendrai à gauche. Je m’arrêterai chez Tong pour acheter cinq nems, mon dîner du soir, avec une des pommes granny dont je fais provision tous les samedis matin au Verger de Montmartre. J’arriverai à mon immeuble, au 42 bis. Je monterai jusqu’au troisième étage, en ignorant l’ascenseur. À mon âge, cinquante et un ans dans trois mois, je peux bien me contraindre à ce petit exercice. Et puis je déteste être enfermée dans le minuscule habitacle. Ils l’ont installé il y a quatre ans et je crois ne l’avoir utilisé qu’à deux ou trois reprises. J’ai toujours peur d’y rester bloquée.

    Ma soirée sera semblable à celle d’hier, semblable à celle de demain. Je ne veux rien d’autre que cette monotonie quotidienne. Elle me convient. Les week-ends par contre sont douloureux. Ils s’éternisent, interminables, aussi je me force à marcher jusqu’à la place du Tertre dans l’après-midi, le samedi comme le dimanche, quelle que soit la saison, qu’il pleuve à verse ou qu’il règne un soleil de plomb. J’aime traîner au milieu des peintres qui me saluent amicalement. Depuis le temps (si longtemps…) que je viens ici, tous me reconnaissent, me font un signe de tête. Aucun ne me parle, ils me sourient et cela me suffit. Sans doute ne suis-je pour eux que cette étrange dame qui vient tous les week-ends se promener parmi les badauds. Peut-être leur fais-je un peu peur ?

    Moi, je m’amuse du ballet des touristes, surtout ceux qui se font faire un portrait, ou pire, une caricature grotesque qu’ils payent une fortune. Puis je redescends par la rue Lepic et je prends le boulevard de Pigalle. Je reconnais chacun des rabatteurs qui tentent d’attirer dans son établissement les visiteurs naïfs ou les pauvres types en goguette. Je compte les vieilles putes qui semblent endurer l’ennui de leur sort encore plus que moi. Depuis le temps, à force de les entendre s’interpeller, j’ai retenu leurs prénoms. Pas sûr, en revanche, qu’elles aient jamais vraiment remarqué la femme sans âge qui passe chaque dimanche à leur hauteur.

    Cette femme sans âge, c’est moi, transparente, anonyme.

    Voilà ce que je suis devenue. Rien.

    Même pas un fantôme. Un fantôme, on finit toujours par le voir. Moi je ne suis rien, depuis une éternité, et cela m’indiffère.

    Mieux, cela me convient tout à fait.

    Une fois de retour chez moi, vers dix-huit heures, je tire les rideaux, et j’attends, allongée sur mon canapé couvert de toile grise, l’heure du dîner. Le week-end c’est un plat surgelé, qui me fait les deux jours. Ensuite, je lis un peu, puis je vais au lit, à vingt-deux heures précises. Je n’ai même pas besoin de regarder ma montre. Cette vieille montre, qui me vient de ma mère décédée il y a dix-neuf ans. Je la lui avais enlevée en cachette de mes deux frères, je l’avais prise à son poignet avant qu’on ne referme le cercueil. Ils prétendaient qu’elle voulait être enterrée avec.

    Mes frères ? Pierre, l’aîné, est mort dans son sommeil, d’une crise cardiaque. Sa veuve m’a raconté comment elle l’a découvert, encore chaud, à son réveil. Je ne suis pas allée à ses funérailles. Pourtant je l’aimais bien, celui-là, davantage que Philippe et Serge, mes cadets. Mais cela aurait été trop dur. Pas de voir son cadavre, non, ce que je ne voulais pas, c’était les revoir eux. Cette famille, mon père, mes deux frères, leurs femmes, et leur ribambelle de gamins bruyants

     

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  • [Livre] En sacrifice à Moloch

     

    Je remercie Babelio et sa masse critique ainsi que les éditions Albin Michel pour cette lecture

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    Résumé : Au terme d'une traque impitoyable dans les forêts de Lainio, en Laponie suédoise, un ours féroce est abattu. Dans sa panse : les restes d'un homme... Cette macabre découverte est suivie quelques mois plus tard par l'assassinat d'une femme à coups de fourche. Chargée de l'enquête, la procureure Rebecka Martinsson ne tarde pas à recouper ces faits a priori sans rapport : les deux victimes avaient un lien de parenté ; ils étaient père et fille. Mais ils ne sont ni les premiers ni les derniers à disparaître, comme si une étrange malédiction frappait leur famille...

     

    Auteur : Asa Larsson

     

    Edition : Albin Michel

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 30 août 2017

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : J’ai découvert Rebecka Martinsson avec le 4ème tome de ses aventures : « Tant que dure ta colère ». Je n’ai pas encore eu le temps de lire les 3 premiers, mais, à part pour voir l’évolution des personnages et des rapports qu’ils entretiennent, chaque livre peut se lire indépendamment des autres.
    J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire à cause d’une écriture maladroite. Je ne crois pas que l’auteur soit en cause, j’ai vraiment eu le sentiment d’un gros problème de traduction.
    Mais au fil de l’histoire, celle-ci prend vite le pas sur la traduction.
    Rebecka va découvrir le corps d’une femme tuée à l’aide d’une arme perforante. La première idée qui vient à la jeune femme et qu’elle a été tué à coup de couteau, mais l’autopsie va révéler l’emploi d’une arme un peu moins classique.
    Mais Rebecka va se retrouver dessaisie de l’affaire à cause de l’arrivisme d’un collègue et de l’espèce de loque qui lui sert de chef et qui donne raison à celui qui crie le plus fort pour ne pas avoir à faire montre d’autorité (on en a un comme ça, chez moi).
    Pourtant la jeune femme est la seule à faire le rapprochement entre cette mort et le corps d’un homme en partie retrouvé dans un ours après une battue.
    Le rival de Rebecka semble plus intéressé par sa carrière et sa propre célébrité que par la poursuite de la vérité. L’homme est hystérique, de mauvaise foi et navrant d’incompétence.
    Kreisker, le policier défiguré par un incendie dans son enfance, amoureux de Rebecka mais n’osant pas se déclarer ouvertement, va, contre toute attente, être le seul à provoquer la confiance de Marcus, le petit-fils de la victime. Très vite, il devient clair que l’enfant est en danger.
    En parallèle à l’enquête, on peut prendre connaissance de comment la famille s’est constituée, dans une ville minière de 1914.
    Comment cette période éloignée, au cœur de la première guerre mondiale, peut-elle avoir un rapport avec le crime qui occupe tous les esprits ? Comment Marcus, 7 ans et demi, peut-il avoir attiré les foudres du meurtrier ?
    J’ai été emporté dans cette histoire et je n’ai compris la fin que quelques lignes avant qu’elle ne soit révélée.

     

    Un extrait : Le policier et maître-chien Krister Eriksson arrêta sa voiture devant la maison de Rebecka Martinsson. De loin, il avait vu la lumière allumée dans la cuisine au premier étage et avait ressenti l’habituel pincement au cœur.

    Il ouvrit sa portière et regarda les chiens de Rebecka arriver en courant.

    D’abord Vera. Avec son arrière-train qui se tordait d’un côté à l’autre et son dos arrondi.

    Les deux chiens de Krister, Tintin et Roy, étaient deux jolis bergers pure race, bien dressés et travailleurs. Ils étaient célèbres dans la région. Le Morveux était un fils de Tintin. Il deviendrait un jour un chien exceptionnel.

    C’était drôle de voir Vera la vagabonde au milieu de tous ces champions. Maigre comme un coucou, une oreille dressée, l’autre tombante. Un coquard noir autour d’un œil.

    Au début, il avait essayé de la dresser. Il lui disait : « Assis ! » et elle le regardait, la tête penchée sur le côté avec l’air de dire : « Je ne comprends rien à ce que tu me dis, mais si tu ne finis pas ta tartine de pâté de foie, je la veux bien. »

    Il avait l’habitude que les chiens lui obéissent. Mais avec elle, il était tombé sur un os.

    « Salut, clocharde ! » l’accueillit-il, lui tirant affectueusement les oreilles et posant un baiser sur sa tête étroite. « Comment fais-tu pour rester aussi maigre avec tout ce que tu manges ? »

    Elle accepta la brève caresse mais céda rapidement la place au Morveux. Le chiot galopait comme un troll à qui on aurait mis de la moutarde dans le cul, se jetait dans les jambes de Krister, faisait des huit, incapable de rester en place assez longtemps pour que Krister puisse lui dire bonjour. Puis il se coucha, en position de totale soumission, se releva, posa les pattes avant sur les jambes de Krister, se recoucha sur le dos, roula, partit en courant chercher un bâton pour jouer, le posa devant les pieds de Krister, lui lécha la main et finit par un long bâillement, un moyen comme un autre de relâcher le trop-plein de sentiments qui l’envahissait.

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  • [Livre] Le jour où mon pénis est tombé

     

    Je remercie David Duranteau pour cette lecture

     

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    Résumé : Je m’appelle Fabrice Carmen, j’ai 43 ans, je suis le présentateur vedette de la matinale d’une grande radio française. J’ai du fric, je suis connu, les meufs m’adorent, je suis le mec que tout le monde rêve d’être… Sauf que récemment les petits désagréments s’accumulent… Mon pénis, par exemple… Il est tombé, un matin, sous la douche… Ça fait un choc de le voir à côté de la savonnette… Et cette nouvelle animatrice à la radio qui ne porte jamais de culotte, c’est la fille d’un cinéaste connu, je crois qu’elle essaie de me piquer ma place… Et comme une apothéose, à l’instant où je vous parle, une femme est allongée sur mon canapé hors de prix, une coupe de champagne plantée dans la gorge… Je m’allumerais bien une clope, moi…

     

    Auteur : David Duranteau

     

    Edition : Librinova

     

    Genre : Polar humoristique

     

    Date de parution : 28 Juin 2017

     

    Prix moyen : 5€

     

    Mon avis : J’ai bien aimé le ton et l’écriture de ce roman, même si dans la première partie, je n’adhère pas forcément à l’humour autour de la perte du pénis de Fabrice Carmen, a aucun moment je ne me suis dit : « pourquoi je lis ça déjà ? ».
    Le texte est bien tourné, même si j’ai eu quelques frissons devant quelques fautes d’orthographe que, soyons charitables, on va qualifier de coquille. C’est le « souci » avec les autoéditions (et avec de plus en plus de petites maisons d’éditions, d’ailleurs), il n’y a pas de correcteur. A charge à l’auteur de se relire tout seul (et si le métier de correcteur existe, c’est bien qu’il est utile, non ? Sinon les grands auteurs de bestsellers se reliraient eux-mêmes, eux aussi !).
    Quelques fautes, donc, qui sautent aux yeux, certes, mais qui n’enlèvent rien à la qualité du récit. Où pour prendre les choses à l’envers : le récit est suffisamment intéressant et prenant pour que les fautes ne soient pas un obstacle à la lecture (y’en a pas toutes les deux lignes non plus, ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit, hein !).
    Le texte est écrit à la première personne. Petit hic : il y a plusieurs narrateurs. Et le point de vue change plusieurs fois au cours d’un chapitre. Des fois, c’est un peu difficile de savoir qui est en train de parler. J’aurais apprécié une petite info, peut-être le prénom de la personne qui s’exprime, histoire de savoir où j’en suis, surtout qu’il n’y a pas vraiment de changement de ton entre les différents personnages (Oui, ils sont tous déjantés, chacun à leur manière… certains sont plus atteints que d’autres) ce qui est dommage car ils ont tous des personnalités différentes. Peut-être le fait que l’auteur ait écrit du théâtre a joué ici puisque dans le théâtre beaucoup de choses passent dans l’interprétation du rôle.
    Bien que le livre soit intéressant depuis le début, dès qu’on arrive au point où ce « pauvre » Fabrice se retrouve avec une nénette qui a une coupe de champagne plantée dans le cou, je n’ai carrément plus pu poser le livre. Le flic est tout simplement génial et l’enquête, si elle paraît absurde, avance quand même de manière assez logique.
    J’avais découvert le ou la coupable assez tôt, mais David Duranteau m’a quand même fichu le doute et il a fallu que je vois la réponse noir sur blanc pour arrêter de me dire : « c’est… non en fait, je crois que non…mais en fait si…mais peut-être que non… ».
    Au final, je trouve qu’on a ici un excellent livre qui nécessite quelques petits ajustements. Une bonne relecture, quelques corrections, une combine pour qu’on sache rapidement qui est en train de parler et il sera nickel (et les maisons d’éditions se taperont la tête contre les murs en se demandant qui est le crétin de stagiaire qui a laisser passer ce manuscrit ! Bien fait !)

     

    Un extrait : On m’opère tout de suite, sinon ma bite va pourrir... Quand on y pense : La bite de Fabrice Carmen qui pourrit ! ... Mais dans quel monde vit-on ? ! ... J’espère que ça va marcher... Parce qu’on rigole, mais si la greffe ne prend pas ! ... Personne n’y pense, mais la vie va être pénible...

    Je réalise tout à coup ! ... Qu’est-ce qu’un homme, sans pénis ? ... Déjà on perd un fidèle compagnon de route... Notre pénis ne nous accompagne pas uniquement dans les escapades sexuelles, on peut très bien se tripoter le zizi dans son bain en pensant aux taux d’intérêts plutôt bas en ce moment... Est-ce le moment d’investir dans l’immobilier ? ... Floc, floc, floc... Je tapote mon zizi sur la surface de l’eau... Après, les prix baissent, faut peut-être attendre un peu ? ... Floc, floc, floc...

    J’ai entendu dire qu’un être humain de sexe masculin pense au sexe toutes les 52 secondes ! ... C’est très exagéré... Toutes les deux minutes me paraît plus vraisemblable... Si je n’ai plus de sexe, vous me direz, je peux toujours y penser, beaucoup d’êtres humains sur terre s’en contentent... Mais penser à quelque chose n’est excitant que si la probabilité qu’elle se réalise, existe... Donc, je vais penser de moins en moins au sexe... Je vais avoir du temps... Qu’est-ce que je vais faire de tout ce temps ? ... Va quand même falloir que je me trouve un paquet de trucs à faire... Je vais devoir également changer de comportement face au sexe féminin... Ne plus minauder sans cesse, ne plus provoquer, ne plus inquiéter, ne plus fasciner... Ne plus séduire, en somme... Qu’est-ce que je vais faire de ma vie si je ne dois plus séduire ?

    En plus, je connais les nanas... Je vais les ignorer, bien obligé, vu mon éventuel handicap physiologique... Mais ça ne va pas se passer comme ça... Tu crois que les filles, les femmes, les cougars, les vieilles, vont accepter si facilement qu’un homme les ignore ? ... C’est tout l’inverse ! ... Ça va les intriguer... Elles vont me suivre dans la rue et je tenterai de leur échapper... Alors leur instinct animal va ressurgir, elles me pourchasseront, me piègeront, elles arracheront mes vêtements avec leurs ongles, leurs dents... Je serai un homme traqué !

  • [Livre] L’enfant du lac

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    Résumé : 1933. Comment Theo Edevane, adorable poupon de onze mois, a-t-il pu disparaître durant la nuit de la Saint-Jean ? Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l'enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour les filles Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l'abandon.

    Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune détective londonienne en vacances dans les Cornouailles, curieuse et momentanément désœuvrée, s'intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l'enquête, au grand dam de l'une des sœurs aînées de Theo, Alice, devenue écrivain à succès.

     

    Auteur : Kate Morton

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 4 mai 2017

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Je n’avais encore jamais lu de livre de Kate Morton, je n’ai donc aucun point de comparaison mais une chose est sûre, ce roman-là est un énorme coup de cœur.
    Dans cette histoire, on passe régulièrement des années 1910 aux années 1930 avant de faire un bond dans le présent en 2003.
    En 2003, on suit Sadie, flic mise au repos forcé après une indiscrétion auprès de la presse qui, désœuvrée, s’intéresse à l’affaire non résolu de la disparition d’un enfant de 11 mois. En 1933, Alice, qui deviendra une célèbre romancière, a été au cœur du drame, l’enfant disparu n’étant autre que son petit frère. Elle a vu le désespoir de sa mère Eleanor, peut être le seul moment où elle a vu cette femme altière et sévère se laisser aller à des sentiments humains. En 1911, Eleanor est une jeune fille fantasque, amoureuse, qui veut se libérer du carcan de son éducation.
    Au travers de l’enquête sur la disparition de Theo, on va découvrir comment cette jeune fille est devenue la mère implacable qu’a connue Alice.
    De souvenirs tronqués en secrets de famille, il va falloir que Sadie passe outre les réticences de la romancière de voir étaler sur la place publique un drame dont elle n’a peut-être pas toutes les clefs.
    Au fil de notre lecture, on suspecte tous les protagonistes présents en 1933. Tour à tour, on est certain que Théo est vivant quelque part, puis on est sûr qu’il est mort. On passe sans cesse de la thèse de l’accident à celle du meurtre en passant par celle de l’enlèvement qui a mal tourné… ou pas…
    Malgré tous ces retournements de situations et les nombreuses probabilités qui nous sont présentés, à aucun moment on ne se dit que c’est trop, que ce n’est plus crédible… car chacune de ces possibilités pourrait être la bonne.
    En parallèle à cette enquête, on suit celle qui a provoqué la mise à l’écart de Sadie, celle pour laquelle on l’a accusée d’être obsédée par sa théorie alors que les grands chefs ont décidés que la vérité était tellement plus simple. Mais cette « enquête » parallèle s’intègre parfaitement dans l’histoire sans jamais donner l’impression d’être là pour meubler.
    A présent, je suis curieuse de découvrir les autres romans de l’auteur, parce que, s’ils ont la même qualité, il serait dommage de passer à côté.

     

    Un extrait : C’était de la Chambre aux mûres que l’on voyait le mieux le lac ; Alice cependant décida de se contenter de la fenêtre de la salle de bains. M. Llewellyn était encore au bord de l’eau avec son chevalet : mais il rentrait la plupart du temps dans le courant de la matinée pour se reposer ; elle ne voulait pas prendre le risque de le croiser. Le vieil homme n’aurait pas fait de mal à une mouche, mais il était excentrique et quelque peu accaparant, surtout ces derniers temps ; et qui sait s’il ne se méprendrait pas sur la présence de la jeune fille dans sa chambre ? Alice fronça le nez. Autrefois, elle l’aimait tant, M. Llewellyn ! Affection des plus réciproques. Quand elle y repensait du haut de ses seize ans, elle avait une drôle d’impression. Les histoires qu’il lui racontait, les petits croquis qu’elle conservait si précieusement, et cette aura de merveille qui le suivait partout, comme une mélodie… Quoi qu’il en fût, la salle de bains était plus rapidement accessible que la Chambre aux mûres : et comme Mère se rendrait compte dans quelques minutes que le rez-de-chaussée manquait singulièrement de fleurs, Alice n’avait pas de temps à perdre à filer dans les étages. Tandis qu’une ribambelle de femmes de chambre se répandait dans le grand vestibule, chiffon à la main, Alice se faufila en hâte jusqu’à la fenêtre de la salle de bains.

    Mais où était-il passé ? Alice sentit son estomac se contracter ; en l’espace d’un instant, l’excitation s’était faite désespoir. Ses paumes tièdes plaquées sur le verre, elle balaya du regard le paysage qui s’offrait à sa vue : roses aux pétales roses ou ivoire, aussi luisants que s’ils avaient été astiqués ; précieuses pêches accolées au mur du jardin clos ; immense miroir d’argent du lac, scintillant dans la lumière du matin finissant. Le domaine avait été taillé et pomponné à la perfection, jusqu’au moindre brin d’herbe : et, cependant, jardiniers et intérimaires s’y affairaient encore en tous sens.

    Des musiciens embauchés pour la journée installaient des chaises dorées sur l’estrade dressée pour l’occasion ; et, tandis que les camionnettes des traiteurs se succédaient sur l’allée dans des nuages de poussière, la brise d’été soulevait les basques de la grande tente, pas encore finie de monter. La seule personne à ne pas se joindre à l’activité ambiante, c’était grand-mère deShiel. Petite silhouette voûtée, assise sur le banc de jardin en fer forgé, sous les fenêtres de la bibliothèque, elle était perdue dans le labyrinthe poussiéreux de sa mémoire et ne prenait pas garde aux ouvriers qui suspendaient les globes de verre des lanternes dans les arbres alentour.

    Alice soudain retint sa respiration.

    Il venait d’apparaître.

    Le sourire s’élargit sur le visage de la jeune fille avant qu’elle puisse le réprimer. Oh, joie délectable, scintillant de mille étoiles ! Il se tenait sur la petite île au centre du lac, un énorme rondin en équilibre sur l’épaule. Elle leva la main pour le saluer, sans réfléchir – allons donc, à quoi pensait-elle ! Il ne regardait pas dans sa direction. Et si tel avait été le cas, il se serait bien gardé de répondre à son salut. Ils savaient tous les deux qu’il leur fallait rester prudents.

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  • [Livre] #Help

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    Résumé : Attention à ce que vous dévoilez sur Internet… Claire, une jeune inspectrice enceinte de six mois, enquête sur la mort d’une mère célibataire dont la vie sociale se résumait à la fréquentation d’un forum d’entraide pour jeunes mamans. Mise au repos forcé, Claire s’inscrit à son tour sur Netmaman.com…

     

    Auteur : Sinéad Crowley

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 02 mai 2017

     

    Prix moyen : 17,50€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce livre même si le quatrième de couverture nous induit un peu en erreur. Si on se fie à lui, on pense que toute l’enquête se passe sur internet alors que Claire, l’inspectrice, ne s’inscrit sur le site qu’au bout de près de 300 pages. Tout le reste, c’est une enquête classique avec enquête, interrogatoires et recherches, souvent infructueuses et frustrantes.
    Ajoutons à ça que Claire est très enceintes et pas franchement enthousiaste à l’idée de devoir lever le pied (je me demande même si elle est enthousiaste à l’idée d’avoir un enfant tout court).
    Mais même si j’ai beaucoup aimé l’écriture de l’auteur, même si je me suis attachée à la plupart des personnages, j’ai quand même regretté qu’il n’y ait pas des indices nous permettant de découvrir le coupable. J’ai eu l’impression d’être devant un de ces films policiers où l’enquêteur ne partage les indices découverts que lorsqu’il confond le coupable. Or, une grande partie du plaisir est de tenter de découvrir son identité avant que ce soit révélé !
    Cette absence d’indice ne m’a pas empêché d’élaborer un grand nombre de théories dont certaines n’étaient pas très loin de la vérité !
    Les messages sur le forum sont vraiment très réalistes, y compris les messages où les gens prennent la mouche à la moindre parole (je ne supporte plus ce genre de forum où l’entraide laisse vite la place au jugement et à un mépris total des pensées et convictions d’autrui).
    J’ai eu beaucoup de sympathie pour Claire, et franchement, à sa place, j’aurais planté mon mari dès qu’il aurait eu la prétention de vouloir m’interdire quoi que ce soit. Ce n’est pas parce qu’on est enceinte qu’on devient la propriété du géniteur ! Il est gentil, mais il mérite des baffes parfois !
    J’ai lu ce livre très vite, une fois commencé, je n’ai plus eu envie de le lâcher.
    Même s’il y a des petits points qui peuvent être amélioré, je suis très curieuse de lire ses autres livres, en espérant qu’ils seront traduits en français.

     

    Un extrait : C’était le « maman » qui l’avait contrariée. Tout s’était plutôt bien déroulé jusque-là : circulation fluide, place de parking libre tout près de l’hôpital et salle d’attente – après qu’ils l’eurent enfin localisée, quasi déserte. En réalité, lorsque Claire avait réalisé que le temps d’attente allait être bien plus court que ce qu’elle avait pensé, elle avait presque réussi à se convaincre que le moment pourrait se révéler agréable. L’infirmière avait alors désigné d’un geste le divan d’examen et réduit les espoirs de Claire à nant.
    - Installez-vous ici. Marie va venir examiner la maman.
    « Maman »
    Bienvenue dans le monde de la grossesse, où vous pouviez laisser votre individualité et votre nom à la porte du service de consultation prénatale. Poussant un soupir bruyant, Claire se tourna vers son mari, espérant trouver en lui une oreille compatissante à son exaspération. Mais à sa place elle découvrit un homme qu’elle ne connaissait pas, les yeux embués braqués sur l’écran de l’appareil d’échographie. Le même regard qu’il avait posé un jour sur le barman du Flanagan’s, connu pour servir la meilleure Guiness du monde.
    Bon, elle était donc seule. Une femme de petite taille à l’air fatigué – Marie, supposa-t-elle – franchit la porte blanche éraflée d’un pas pressé et s’affaira devant des sondes et des écrans.
    - Ca va être un peu froid…
    Claire tressaillit lorsque la jeune femme lui étala du gel sur le bas-ventre. Un peu froid ? Carrément glacial, oui. Et personne n’avait trouvé de solution à ce problème ? Claire pourrait essayer d’en concevoir une elle-même, voilà qui constituerait un excellent rempart contre l’ennui pendant son congé maternité. En temps normal, elle aurait fait part de cette idée à Matt et ils en auraient ri ensemble ; au lieu de quoi la grosse boule de guimauve qui se trouvait à ses côtés se pencha vers elle et lui attrapa la main.
    - C’est incroyable, non ?
    - Mmmh..
    Non, l’expérience n’avait rien d’incroyable pour Claire : entre vomissements et pantalons trop serrés, cela faisait vingt semaines qu’elle endurait la dure réalité de la grossesse ; elle n’avait nul besoin d’une échographie pour la lui confirmer. Matt, lui, semblait résolu à s’émouvoir de chaque instant, aussi lui serra-t-elle brièvement la main à son tour.
    - Oui. C’est dingue.
    La poche de Claire vibra et Marie lui adressa un regard noir.
    - Tous les téléphones portables doivent être éteins. Les ondes peuvent interférer avec notre matériel.
    - Oui, c’est vrai. Désolée.
    Claire extirpa son téléphone portable de sa poche. Avant de l’éteindre, elle ne put s’empêcher de lire le SMS qui s’affichait à l’écran.

    LES JURES SONT EN TRAIN DE DELIBERER.

    Bon sang. Son estomac se noua. Elle le savait.
    Le seul jour où elle ne pouvait pas être là. Son doigt resta en suspens au-dessus de la touche « Répondre », mais un bref regard en direction de Matt lui indiqua qu’il en était hors de question.

     

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  • [Livre] La maison en pain d'épices

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    Résumé : Une série de meurtres barbares s'abat sur la Suède. Fait troublant : les victimes ont le même âge et ont fréquenté la même école. Le coupable idéal : Thomas, leur ancien souffre-douleur, aujourd'hui dévoré par la rancune. Le commissaire Sörjberg en est sûr. Pourtant Thomas jure qu'il est innocent. La vérité n'est pas aussi simple qu'il y paraît....

     

    Auteur : Carin Gerhardsen

     

    Edition : Fleuve noir

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 10 février 2011

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : La maison en pain d’épice est le premier d’une série de 4 tomes (pour l’instant) suivant le commissaire Conny Sjôberg et son équipe d’enquêteurs. J’avais déjà lu « Hanna était seule à la maison » qui est le second tome. Techniquement, les tomes peuvent se lire indépendamment les uns des autres puisque chacun dépeint une enquête distincte, mais il y a quand même un certain fil conducteur au travers des vies personnelles des enquêteurs.
    Dans « Hanna était seule à la maison », Petra, l’une des enquêtrice, était aux prises avec un supérieurs aux mains baladeuses qui justifie son attitude par une photo de la jeune femme en pleine action qu’il a reçu par mail, apparemment de la part de Petra elle-même. Petra avoue donc à Conny qu’elle a été droguée et violée plusieurs mois auparavant et que si l’un de ses agresseurs a été appréhendé, l’autre est dans la nature et en possession d’un film de la scène.
    C’est dans « une maison en pain d’épices » que la jeune femme est agressée et c’est vrai qu’avoir lu « Hanna était seule à la maison » en premier m’a fait voir la scène, et certains des personnages, sous un autre angle.
    Concernant l’enquête, j’ai été menée par le bout du nez. Je pensais vraiment avoir le coupable et je pensais même pouvoir expliquer pourquoi il avait l’air aussi sincère quand il disait qu’il n’avait rien fait. Et toutes mes belles théories ont volés en éclats (clairement, il vaut mieux pour tous que je ne sois pas flic !).
    J’ai beaucoup aimé que le récit soit entrecoupé du journal intime de l’assassin, même si ça ne nous aide pas beaucoup à trouver la vérité.
    J’ai aussi beaucoup aimé que les inspecteurs pédalent dans la semoule. Non parce que parfois on a un inspecteur qui comprend toute l’affaire à partir d’un mégot de cigarette trouvé dans une voiture à l’autre bout du pays et c’est tellement peu crédible que c’est énervant.
    Là, les inspecteurs cherchent, ils galèrent, ils se tapent des listings entier de noms, ils passent des heures à appeler des témoins et potentiels suspect… on voit vraiment qu’ils n’ont pas la science infuse (il leur faut plus de la moitié du livre pour trouver un lien entre plusieurs meurtres).
    Un excellent polar que j’ai dévoré. Maintenant je n’ai qu’une envie : lire les deux tomes qui me manquent !

     

    Un extrait : Le commissaire Conny Sjöberg somnole devant un dessin animé sur son canapé. Sur sa poitrine, un petit garçon d’un an s’agite frénétiquement, tentant par tous les moyens d’attraper les lunettes de son père, et ce malgré les réprimandes plus ou moins énergiques de ce dernier. De toute façon, elles sont déjà trop couvertes de traces de doigts pour qu’il puisse voir quoi que ce soit.
    Un deuxième énergumène du même âge est assis près du porte-revues, jetant consciencieusement les magazines par terre, un à un. Sjöberg se dit pour la énième fois qu’il doit vraiment trouver un autre système de rangement. Il se promet de s’en occuper le lendemain.
    Une fillette de quatre ans est plantée, à genoux, devant le poste de télévision, profondément concentrée sur un zèbre, une girafe, un singe et deux petits nounours qui rangent gaiement une chambre d’enfant.
    Impassible et totalement hermétique aux ravages perpétrés au même moment par ses petits frères, elle est littéralement absorbée par son émission préférée.
    Asa, la femme de Conny Sjöberg, finit de ranger la cuisine après le dîner, assistée par leur fille de six ans, passionnée de vaisselle et bavarde invétérée.
    Sjöberg entend sa voix claire par-dessus le vacarme de la télévision et les cris enjoués des jumeaux. Il ne manque plus que Simon, leur fils aîné, âgé de huit ans, qui est invité chez un copain, pour que la famille soit au complet.
    L’ordre qui règne dans l’appartement de la famille Sjöberg est surprenant, vu le nombre de personnes qui y vivent. C’est un élément indispensable au bien-être du père de famille, si bien qu’il veille à ce qu’il en soit toujours ainsi. Pour le visiteur non averti, lorsque tous les enfants sont rentrés et que commencent les activités de jeu, de bain et de dîner, la maison ressemble à un grand capharnaüm. Mais à 21 heures, lorsque les enfants dorment, l’appartement est toujours net, débarrassé des stigmates de l’agitation de l’après-midi.

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  • [Livre] Elles étaient jeunes et belles

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    Résumé : Jeunes, belles et brunes. Nuit après nuit, des lycéennes disparaissent de leur chambre. L’un après l’autre, leurs corps sont retrouvés quelques jours plus tard, sans vie…

    Révolté par l’horreur de ces meurtres qui terrorisent Raleigh, en Caroline du Nord, l’agent spécial Steven Thatcher n’a plus qu’un but : mettre le tueur en série sous les verrous. Hélas, celui-ci a méticuleusement effacé tous les indices ; l’enquête piétine. Jusqu’à ce que la ravissante Jenna, un des professeurs de son fils aîné Brad, commence à recevoir d’inquiétantes et sombres menaces. De crainte qu’elle ne soit la prochaine cible du tueur, Steven se jure de la protéger. Car, comme toutes les victimes de l’assassin, Jenna est jeune, belle et brune…

     

    Auteur : Karen Rose

     

    Edition : Harlequin best-seller

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 01 septembre 2013

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : J’aime bien, en général, les thrillers écrits par Karen Rose et celui-ci ne fait pas exception à la règle.
    J’ai eu un peu de mal à trouver l’assassin, même si j’ai fini par y arriver avant la révélation. Mais je crois que j’ai soupçonné quasi tout le monde, même ceux qui n’avaient matériellement pas la possibilité de l’être.
    J’ai beaucoup aimé Jenna et Steven, qui sont attiré l’un par l’autre mais ont des réserves à causes de passés douloureux.
    Pour ma part, je ne considère pas qu’il y ait de triangle amoureux car pour cela, il faut que le personnage qui attire l’affection de deux personnes ait du mal à choisir et hésite entre ces deux personnes, ce qui n’est pas le cas ici. La seule chose est la jalousie quasiment maladive de Steven qui tire des conclusions hâtives chaque fois que Jenna adresse la parole à un homme (il va falloir qu’il se calme, celui-là).
    Du côté des personnages secondaires, je crois que mes préférés sont Lucas, Nicky et Matt. Ces trois-là n’essaie pas de forcer les choses et laisse leur libre arbitre à leur amis et famille.
    La tante Helen et la belle-famille de Jenna, eux, en revanche, sont insupportables. Je trouve Steven et Jenna très patients parce que je ne crois pas qu’à leur place j’aurais supporté cette intrusion permanente dans ma vie. A un moment donné, il faut apprendre à juste foutre la paix aux gens.
    Concernant l’enquête elle-même j’ai apprécié que l’agent Thatcher ne trouve pas les indices sous les sabots d’un cheval : il tâtonne, il piétine, il galère et il voit les meurtres continuer sans qu’il puisse rien y faire. Ça change du super agent qui comprend tout en une fraction de seconde.
    On voit également qu’il a du mal à tout concilier : quand il s’occupe de ses enfants, trop peu à son goût, il ne peut pas être sur le terrain et quand il travaille, il délaisse un peu ses enfants (faut dire que son travail est prenant). Il comment aussi des erreurs, ce n’est pas un surhomme qui a toujours la bonne réponse et la bonne attitude.
    Parallèlement à l’enquête et à la romance naissance entre Jenna et Steven, on peut voir un problème assez récurrent aux USA : la sur-notation des sportifs pour qu’ils ne soient pas exclus de leur équipe pour résultats insuffisants. Le sport a une telle importance aux USA que certains professeurs n’hésite pas à noter ces élèves là avec indulgence pour ne pas pénaliser les équipes. C’est peut-être pour cela que, à part quelques élus qui percent ou qui ne jure pas que par le sport, la plupart des grands sportifs de lycée vivent vraiment les meilleures années de leur vie, avant de travailler en station-service ou en fastfood tout le reste de leur vie, faute d’avoir décroché des diplômes.
    Ici Jenna refuse cette complaisance et se retrouve victime de harcèlement de la part d’un petit groupe qui, se sentant invincible, va pousser les choses de plus en plus loin. Et tout ça sous le regard complaisant du proviseur.
    Ce que j’aime beaucoup dans les romans de karen rose, c’est que la romance ne prend jamais le pas sur l’intrigue et reste un petit plus savamment dosé. Il n’y a rien de plus énervant que de lire un thriller et de voir que les trois quart de l’histoire sont consacrés aux déboires amoureux des personnages. Bon nombre d’auteurs devraient prendre exemple sur elle.
    Ce livre s’intègre dans une série de livres appelée « don’t tell » et dans lesquels on retrouve les personnages des tomes précédents (Steven est un personnage secondaire du tome 1, par exemple). J’ai déjà lu le lys rouge et Et tu périras par le feu, que j’ai adorés et j’ai ajouté les autres à ma PAL.

     

    Un extrait : Il en avait vu des scènes de crime, au cours de sa carrière, suffisamment pour savoir que l'imagination des criminels n'avait pas de bornes. Et logiquement cela aurait dû lui faciliter les choses, lui permettre de réfléchir posément.

    Mais non.

    L'agent spécial Steven Thatcher desserra son nœud de cravate, mais n'en respira pas plus aisément et, en tout état de cause, cela ne changeait rien au spectacle qu'il avait découvert dans cette clairière, à la suite de l'appel anonyme que la police judiciaire de l'Etat de Caroline du Nord (le SBI) avait reçu.

    Et cela ne ressusciterait certainement pas la pauvre femme qui gisait sans vie devant lui.

    Steven remit donc en place sa cravate et avança d'un pas prudent vers le cadavre, ce qui lui valut un regard furieux du débutant que la police scientifique locale avait dépêché sur les lieux — car sa supérieure, une technicienne chevronnée, avait choisi cette semaine pour partir en croisière dans les Caraïbes, ne pouvant évidemment prévoir qu'un meurtre aussi atroce allait être commis pendant ses vacances.

    A présent qu'il avait sous les yeux ce corps affreusement mutilé — il avait servi de pâture aux animaux peuplant ces bois reculés —, Steven regrettait de n'être pas parti, lui aussi, voguer sur les flots, loin de la civilisation et de son cortège d'atrocités.

    — Faites attention où vous posez les pieds ! lui lança d'une voix irritée le débutant accroupi dans l'herbe près du cadavre.

    Kent Thompson avait déjà acquis la réputation d'être un bon professionnel, mais Steven réservait son jugement à l'égard de ce jeune collègue. En tout cas, le simple fait que ce dernier n'ait pas vomi tripes et boyaux face à un tel spectacle parlait en sa faveur.

    — Merci pour vos leçons d'investigation sur une scène de crime, répliqua-t-il sèchement.

    Les joues de Kent virèrent au pourpre.

    Il se redressa et détourna les yeux.

    — Excusez-moi... Mais je suis un peu à cran. J'ai passé toute la scène au peigne fin trois fois de suite... et rien ! Celui qui a apporté le corps ici n'a pas laissé la moindre trace.

    — Espérons alors que le médecin légiste trouvera un indice en examinant le corps.

    Kent laissa échapper un soupir.

    — Enfin, ce qu'il en reste...

    Il se tourna vers la victime sans manifester d'émotion particulière, ainsi qu'il sied à ceux qui exercent sa profession. Mais Steven remarqua une lueur de compassion maîtrisée dans les yeux du jeune homme, qui le rassura. Kent allait faire son boulot dans les règles, mais sans oublier cependant la victime. Un nouveau bon point pour ce bleu, frais émoulu de l'université.

    — Excuse-moi, Steven..., fit une voix bouleversée dans son dos.

    Steven se retourna et vit l'agent Harry Grimes glisser un mouchoir dans sa poche. Sa respiration était irrégulière et son visage encore tout pâle, quoique moins blafard depuis qu'il avait vomi dans un buisson le sandwich au bacon et aux œufs qu'il avait avalé en guise de petit déjeuner, tandis qu'ils se rendaient tous deux sur la scène de crime.

    Harry faisait ses débuts au SBI et Steven était chargé de le former. Il promettait beaucoup, malgré un estomac trop sensible. Steven ne pouvait lui reprocher cette réaction. Lui aussi aurait sans doute rendu son petit déjeuner — s'il avait eu le temps d'en prendre un.

     

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  • [Livre] Fétiches

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    Résumé : Des chuchotis dans les ténèbres.

    Une cavalcade étouffée dans les couloirs.

    Des gémissements.

    Les nuits sont rudes et effrayantes à l'établissement psychiatrique haute sécurité de Beechway ...

    Pour le personnel comme pour les patients.

    On murmure que le fantôme de « La Maude », la cruelle infirmière de tous leurs cauchemars, serait reparue.

    Hallucination collective ?

    Autosuggestion ?

    Lorsque les malades commencent à se mutiler et que des morts suspectes surviennent, l'infirmier en chef, AJ, décide d'alerter le commissaire Jack Caffery.

    La folie rôde, l'horreur est en marche et ne demande qu'à s'évader ...

     

    Auteur : Mo Hayder

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 08 janvier 2015

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Dans l’histoire de « la Maude », le commissaire Caffery n’arrive que vers la moitié du roman car il est occupé à la recherche d’une jeune fille disparue (ou plutôt de son corps car personne ne pense la trouver en vie). J’avoue que cette partie m’a laissée perplexe car je n’y ai trouvé aucun intérêt ni pour le personnage de Caffery, ni pour l’ensemble du roman. Comme le commissaire Caffery est un personnage récurrent des romans de Mo Hayder, je me suis demandé si toute cette histoire n’était pas là pour apporter une résolution à une affaire commencée dans un autre tome, mais comme ce tome est le seul que j’ai lu, je ne saurais le confirmer.
    La première chose à savoir c’est que ce livre est beaucoup moins effrayant que ne le laisse supposer le quatrième de couverture et la couverture. Franchement, je m’attendais à trembler, à ne pas pouvoir éteindre la lumière… et puis non. C’est un bon thriller, mais il ne file pas la trouille (surtout quand on a lu le dernier Sire Cédric peu de temps avant).
    Les chapitres sont très courts, ce qui fait qu’on avance assez vite (le coup du : encore un chapitre et je dors, ne marche absolument pas, les chapitres étant trop courts pour qu’on s’y tienne).
    Il y avait quelques indices qui nous indiquaient la fin, mais franchement, je n’ai pas su les décoder avant que la solution ne soit écrite sous mes yeux. Comme les personnages, je me suis laissée prendre aux apparences et je ne me suis pas méfiée de la bonne personne (en fait, même quand je m’en suis méfiée, j’ai minimisé son rôle).
    L’histoire personnelle d’Isaac est dure à avaler. Ok il a tué ses parents, mais certaines révélations font qu’on se demande si sa place était vraiment dans un hôpital psychiatrique pour aussi longtemps. Beaucoup de choses dans ce livre ne sont pas ce qu’elles semblent être.
    Malheureusement, beaucoup de choses ne sont pas expliquées comme : comment Isaac arrive à entrer chez Penny ?
    Parfois, certaines scènes semblent peu importantes, anecdotiques, mais au final, elles se révèlent toutes importante pour comprendre l’intrigue.
    J’ai beaucoup aimé Mère Monstre qui en sait bien plus que l’on croit et que personne ne songe à interroger sous prétexte qu’elle est une patiente. Et pourtant, elle en aurait des choses à dire !
    Fétiches fait partie d’une série de roman ayant pour personnage principal le commissaire Caffery mais peut se lire indépendamment des autres. La seule chose est que le personnage, qui a déjà évolué dans 5 livres avant celui-ci, ne sera pas développé autant que les personnages créés spécifiquement pour ce roman, puisqu’on est censé déjà le connaitre.
    Un thriller qui n’a pas été un coup de cœur, mais que j’ai lu d’une traite.

    Un extrait : Il est près de 11 heures quand AJ LeGrande, coordinateur en chef de l’établissement psychiatrique Beechway, s’éveille en sursaut d’un cauchemar. Son cœur cogne dans sa poitrine et il lui faut un moment pour retrouver ses repères et se rendre compte qu’il est habillé, assis dans son fauteuil, les pieds sur son bureau. Les rapports qu’il lisait se sont éparpillés sur le sol.

    Il se frotte la poitrine nerveusement. Cligne des yeux et se redresse. La pièce est sombre, il ne passe qu’un rai de lumière sous la porte. Sur sa rétine danse l’image floue récurrente d’une petite forme accroupie sur lui. A cheval sur sa poitrine, sa figure lisse proche de la sienne. Ses bras menus posés délicatement sur les clavicules d’AJ. Il se passe la langue sur les lèvres, parcourt la pièce des yeux, imagine la forme s’échappant malgré la porte fermée à clé. Glissant dessous, passant dans le couloir et se mettant à courir dans tout l’hôpital.

    Il a la gorge serrée. Il n’a pas l’habitude des cols de chemise : il n’est coordinateur que depuis un mois et ne s’habitue pas au costume. Et les cravates à clipser qu’il porte pour sa propre sécurité, il n’a pas le tour de main pour les fixer correctement. Elles ne sont jamais bien accrochées – du moins il n’a jamais l’impression qu’elles le sont. Il laisse ses pieds tomber par terre et défait sa cravate. L’étau qui lui comprime les poumons se desserre un peu. Il se lève, va à la porte. Tripote la poignée, hésite. S’il ouvre, il va découvrir une petite silhouette en chemise de nuit trottinant dans le couloir désert.

    Trois longues inspirations. Il ouvre la porte. Inspecte le corridor dans un sens puis dans l’autre. Rien en vue. Rien que les choses familières auxquelles il s’est accoutumé au fil des ans : les dalles vertes du sol, le point de rassemblement en cas d’incendie avec son plan du service, les mains courantes capitonnées. Pas d’ourlet de chemise de nuit disparaissant au détour du couloir.

    AJ s’appuie un moment au chambranle et tente d’éclaircir son esprit. Des naines sur sa poitrine ? Des petites créatures en chemise de nuit ? Le chuchotis de pieds menus ? Et deux mots auxquels il ne veut pas penser : la Maude.

    Bon Dieu. Il se frappe le front de la jointure d’un doigt. Voilà ce qui arrive quand on enchaîne deux services d’affilée et qu’on s’assoupit avec une cravate trop serrée. Franchement, c’est dingue. Comment se fait-il que, passé cadre administratif, il assure pour la deuxième fois le service de nuit d’un membre du personnel soignant ? C’est tout à fait ridicule, parce que, auparavant, le service de nuit était très recherché : une occasion de regarder la télé ou de rattraper du sommeil en retard. Tout a changé depuis ce qui est arrivé la semaine précédente au pavillon Pissenlit. D’un seul coup, ceux qui étaient de service de nuit ont quitté le navire tels des rats en se faisant porter pâles sous toutes sortes de prétextes. Personne ne veut plus passer la nuit dans le service, comme s’il y était arrivé quelque chose de surnaturel.

     

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  • [Livre] L’héritage des templiers

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    Résumé : 1118, Jérusalem, Terre sainte. Neuf chevaliers créent un ordre militaire, les « Pauvres Chevaliers du Christ ». Le roi Baudoin II leur cède pour résidence une partie de son palais, bâti sur les ruines du Temple de Salomon. Ils deviennent les « chevaliers du Temple », puis les « Templiers ».

    1307 : Jacques de Molay, le grand maître de l'ordre des Templiers, est arrêté sur ordre de Philippe le Bel et livré à l'Inquisition. Il garde le silence sur le déjà célèbre trésor des Templiers.

    2006 : Cotton Malone, ex-agent du département de la Justice américaine, et son amie Stéphanie, entrent en possession de documents troublants relatifs à la nature du trésor des Templiers. Commence alors une quête à la fois historique, érudite et périlleuse, qui les mènera à Rennes-le-Château, cœur du mystère.

     

    Auteur : Steve Berry

     

    Edition : Le cherche midi

     

    Genre : historique

     

    Date de parution : 01 mars 2007

     

    Prix moyen : 25€

     

    Mon avis : Dans le cadre d’un challenge je devais lire un livre sur les templiers et mon choix s’est porté sur celui-ci.
    Je suis très vite entrée dans cette histoire qui mêle avec talent faits historiques, théories religieuses et fiction.
    J’ai beaucoup aimé le personnage de Cotton Malone, en revanche celui de Stephanie Nelle m’a vraiment énervée. Cette femme est d’une arrogance, toujours à mettre son métier en avant, comme si c’était un gage de compétence, alors qu’il est clair qu’elle n’a rien à faire sur le terrain. Son coté : je vais appeler Washington et tout sera réglé, alors que l’histoire se déroule en France est également pénible. Elle décide que tel ou tel élément devrait être éradiqué et que, bien sûr, l’armée américaine doit intervenir et on a qu’une seule envie, c’est lui rappeler qu’elle n’est pas chez elle et que les militaires américains n’ont rien à foutre sur le territoire français, sauf s’ils viennent en vacances !
    J’avais presque envie qu’il lui arrive quelque chose de définitif, comme ça on aurait été débarrassé d’elle, de ces certitudes, de ses préjugés…

    C’est vraiment un personnage que je n’ai pas supporté, tout comme De Rochefort, mais lui, on n’est pas franchement supposé l’apprécier.
    On ne sait pas grand-chose de Cotton, même pas comment il a eu ce surnom, mais comme il est le personnage principal de bon nombre des romans de Steve Berry, je suppose que le personnage se dévoile au fil des tomes.
    Ce roman nous offre une théorie sur le trésor des templiers, non seulement sur le lieu où il pourrait se trouver, mais sur son contenu qui ne se limiterait pas à de l’or et des pierres précieuses mais à des preuves de certains événements qui mettrait à mal toute la religion catholique.
    Les énigmes que doivent résoudre les personnages sont bien élaborés et la solution est trouvée au bout d’un temps raisonnable (ni trop rapide, ni trop long).

    Histoire, complot, trahison, aventure, enquête, on a là un thriller historique qui a un rythme rapide et qu’on a du mal à lâcher avant la dernière page.

     

    Un extrait : Cotton Malone remarqua le couteau au moment même où il apercevait Stéphanie Nelle. Il était confortablement installé à la terrasse du café Nikolaj. Par cette douce après-midi d’été, la Højbro Plads, fameuse place danoise qui s’étendait sous ses yeux, grouillait de monde. Comme d’habitude, il régnait une atmosphère survoltée dans le café qui ne désemplissait pas, et il attendait Stéphanie depuis une demi-heure.

    C’était une femme frêle, âgée d’une soixantaine d’années – bien qu’elle n’ait jamais confirmé cette information. Quant aux fichiers personnels du ministère de la Justice que Malone avait consultés un jour, ils ne comportaient que la malicieuse mention « non communiquée » dans l’espace réservé à sa date de naissance. Des reflets argentés jouaient dans ses cheveux bruns, et dans son regard marron transparaissaient à la fois la compassion de l’humaniste et la fougue du procureur. Deux présidents avaient tenté de la nommer ministre de la Justice, mais elle avait décliné leur offre. Un ancien ministre de la Justice avait exercé des pressions pour lui faire perdre sa place – surtout après qu’elle eut été engagée par le FBI pour enquêter sur son compte –, mais la Maison Blanche avait refusé d’en entendre parler puisque Stéphanie Nelle faisait preuve, entre autres qualités, d’une honnêteté scrupuleuse.

    Par contraste, l’homme au couteau était petit, replet, avait le visage étroit et les cheveux coupés en brosse, les traits caractéristiques des Européens de l’Est. Son air hagard, accablé, inquiétait Malone plus que la lame étincelante de son arme ; il portait une tenue décontractée, un jeans et un blouson rouge sang.

    Malone se leva sans quitter Stéphanie des yeux.

    Il pensa la mettre en garde en criant, mais elle se trouvait trop loin et la place était trop bruyante. Elle disparut un instant derrière l’une des sculptures modernes de la Højbro Plads qui représentait une femme d’une obésité obscène couchée nue sur le ventre, ses imposantes fesses de bronze ressemblant à des collines exposées aux quatre vents. Lorsque Stéphanie réapparut, l’homme s’était rapproché d’elle et Malone le vit sectionner la bandoulière passée sur son épaule gauche, s’emparer de son sac de cuir et la pousser sur les pavés.

    Une femme cria et la vue d’un voleur à la tire armé d’un couteau provoqua l’émoi de la foule.

    L’homme au blouson rouge s’enfuit, le sac de Stéphanie à la main, bousculant les badauds au passage. Certains le bousculèrent à leur tour. Le voleur prit à gauche, contourna l’une des autres statues et se mit finalement à courir. Il semblait se diriger vers Købmagergade, rue piétonne qui bifurquait vers le nord depuis la Højbro Plads et s’enfonçait dans le quartier commerçant.

    Malone bondit de son siège, résolu à barrer la route à l’agresseur avant qu’il ait pu disparaître au coin de la rue, mais un groupe de cyclistes le gênait. Il se mit à courir après les avoir évités et dut contourner une fontaine avant de pouvoir se jeter sur sa proie.

    Ils heurtèrent le pavé ; l’homme au blouson rouge fut le plus durement touché et Malone remarqua immédiatement la musculature de son adversaire. Sans se laisser démonter, l’homme roula sur lui-même et enfonça son genou dans l’estomac de Malone.

    Le choc lui coupa le souffle et lui retourna les tripes.

    Sans perdre une seconde, l’homme au blouson rouge s’élança et remonta Købmagergade en courant.

    Malone voulut se lever, mais dut immédiatement s’accroupir pour reprendre son souffle.

    Bon sang. Il avait perdu l’habitude.

     

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