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Policiers/Thrillers

  • [Livre] Une famille trop parfaite

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    Résumé : Olivia Brookes et ses trois enfants se sont volatilisés.
    Pourtant, dans leur jolie maison des quartiers chic de Manchester, tout semble normal : la voiture de la jeune femme n'a pas bougé, aucune affaire ne semble manquer. Même le sac à main et le téléphone d'Olivia traînent encore dans la cuisine. Un mystère pour la police.
    Plus étrange encore : l'école assure ne pas avoir vu les enfants depuis plusieurs semaines ; Robert, le mari d'Olivia, semble plus furieux que désespéré ; et surtout, le nom de la jeune femme revient dans une ancienne affaire de disparition.
    Car, deux ans plus tôt, c'est Olivia qui lançait, affolée, un avis de recherche pour retrouver son mari et leurs enfants, dont elle était sans nouvelles...
    Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez les Brookes ? Quels sombres secrets cache cette famille que tout le voisinage pensait si tranquille ?


    Auteur : Rachel Abbott

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2017

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : Après avoir lu « la disparue de Noël », j’avais très envie de lire un autre livre de Rachel Abbott. Une famille trop parfaite se déroule quelques temps avant « la disparue de noël » et on retrouve le même duo de policier. Pour autant, ils ne prennent pas toute la place et restent un peu en retrait par rapport aux personnages qui composent l’intrigue.
    J’ai trouvé ce schéma très intéressant car l’enquête policière est un peu en filigrane de l’histoire. Elle fait avancer les choses sans qu’on ait l’impression d’être plongé dedans et de ne savoir que ce que la police nous révèle.
    Au niveau de l’histoire il a été assez déroutant pour moi de savoir plus ou moins dès le début ce qu’il se passait, de constater que mes  suppositions étaient les bonnes, mais de voir que le récit allait toujours un cran plus loin que ce que j’avais imaginé.
    Les personnages sont attachants, à l’exception de Robert, évidemment. Dès les premières lignes, j’ai été totalement du côté d’Olivia. Clairement Robert m’a déplu dès le premier instant et il m’aurait déplu ainsi même sans le prologue à cause de son attitude avec la police.
    L’auteur montre avec beaucoup de talent a quel point la manipulation psychologique est une forme de maltraitance même quand aucun coup n’est porté au conjoint ou aux enfants.
    Même quand parfois certains éléments paraissent n’avoir rien à voir avec l’histoire, on se rend compte quelque chapitres plus tard qu’ils sont des pièces indispensables au puzzle qui forme la vie de cette famille pas comme les autres.
    J’ai trouvé qu’Olivia avait un courage incroyable. Quand on pense à ce qu’elle a supporté et à ce qu’elle a mis en place pour protéger ses enfants, on se dit qu’elle est vraiment une dure à cuire, même si ce n’est pas perceptible au premier abord.
    J’ai beaucoup aimé que la police ne se cantonne pas à la première impression, qu’ils se méfient de tout et qu’ils remettent en question tout ce qu’on leur disait pour reconstruire ce puzzle. Ca change des livres où la police reste obtuse et braquée sur leurs premières constatations avant de réaliser, souvent suite à un drame, que, Ah, zut, ce n’était pas la bonne interprétation des faits.
    En bref, j’ai adoré ce livre et l’écriture de Rachel Abbott me plait toujours autant. J’ai deviné assez facilement les tenants et les aboutissants de l’histoire, mais ça ne m’a pas dérangé car l’auteur allait toujours plus loin que moi pour aller du point A au point B (Et puis, c’est comme dans Colombo, ce n’est pas parce qu’on connaît le coupable depuis le début que l’histoire n’est pas captivante).
    J’ai repéré deux autres titres de Rachel Abbott et j’ai hâte de me plonger dedans !

     

    Un extrait : Qui habite ici ?
    Cela pourrait être tout le monde et n’importe qui. Mais peut-être faut-il voir dans ce décor une réaction de Robert contre mon ancien appartement, où les murs orange et les tissus vert émeraude cohabitaient joyeusement. Ces couleurs rayonnaient de bonheur. Mais cette pièce, qu’est-ce qu’elle a à dire ?
    Rien.
    J’ai répondu à toutes les questions que le flic m’a posées. Je lui ai expliqué qu’il était impossible que Robert emmène les enfants voir de la famille ou des amis après le repas. Robert et moi n’avons plus de famille. Mes parents sont morts à l’époque où Jaz était bébé, et Robert n’a jamais connu son père. Sa mère est décédée quand il était petit, et ni lui ni moi n’avons de frère ou sœur. Ce sont là les tristes conséquences d’évènements que nous n’avons pas choisis.
    Mais comment expliquer le fait que je ne puisse pas citer un seul nom d’ami qu’il aurait pu aller voir avec les enfants ? Comment avons-nous pu devenir si isolés ? Si seuls ?
    Comment ? Je l’ignore. Je sais pourquoi, en revanche. Robert me veut pour lui toute seule. Il ne peut pas supporter l’idée de me partager avec qui que ce soit.
    J’aurais du me douter que quelque chose n’allait pas quand il m’a dit qu’il voulait sortir sans moi. Il n’avait jamais fait ça auparavant. Si seulement j’avais écouté, vraiment écouté ce qu’il me disait, j’aurais pu arrêter cela avant qu’il ne soit trop tard.
    « Olivia, m’a-t-il dit, il n’y a rien d’étrange à ce qu’un père emmène ses enfants manger des pizzas. D’ailleurs, il y a des pères qui sont toujours seuls avec leurs enfants. »
    Essayait-il de me dire quelque chose ? Avait-il percé à jour mes intentions ? Si mon mari avait été quelqu’un d’autre, n’importe qui, je me serais dit qu’il avait peut-être – peut-être – accepté l’idée que j’envisage de le quitter et qu’il essayait de prouver qu’il pouvait se débrouiller seul. Mais Robert n’est pas n’importe qui. Robert est Robert, et rien n’est jamais simple avec lui.
    Dans ma tête, j’ai passé en revue tous les scénarios possibles, et tous me glacent le sang. J’ignore ce qui est le pire : les images de mes bébés gisant quelque part à moitié morts ou mon autre crainte.
    Celle que je n’ose pas formuler avec des mots.

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  • [Livre] Mort-en-direct.com

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    Résumé : Adrian, professeur de psychologie, apprend qu'il est atteint d'une maladie dégénérative du cerveau provoquant, entre autres symptômes, des hallucinations.

    Un soir, il voit une jeune fille se faire embarquer de force dans une camionnette. Il est le seul à croire à un enlèvement. Sans l'aide de la police, Adrian doit, pour la sauver, recourir à un spécialiste des réseaux souterrains et illégaux : un pervers sexuel en liberté surveillée. Adrian la retrouvera-t-il avant de sombrer dans la folie ?


    Auteur : John Katzenbach

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2013

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Dans ce livre, comme le protagoniste principal, on sait dès le début qu’un crime a été commis. On en sait même plus que lui car dès le début, on connait le nom et les intentions des ravisseurs de Jennifer.
    J’ai été choquée par l’inertie de la police qui part forcément du principe qu’une ado qui disparait ne peut qu’être fugueuse (et limite que si c’est plus que ça, elle l’aurait bien cherché en fuguant) et qui refuse de faire des recherches parce que c’est « compliqué ».
    Je n’ai pas trouvé d’intérêt au passé de la policière car ça n’apporte rien à l’histoire. On nous le raconte comme une anecdote sans que cela change l’attitude de la policière face à l’affaire de Jennifer.
    Les deux criminels qui ont enlevé la jeune fille ne semblent pas se considérer comme tels. Ils se voient comme des artistes incompris et, puisqu’il y a un marché pour le genre de « télé-réalité » qu’ils proposent, ils ne voient pas pourquoi ils s’abstiendraient ni qui aurait le droit de les en empêcher. Leur attitude fait vraiment froid dans le dos !
    Adrian, le protagoniste principal, est un homme brisé. Il a successivement vu mourir son frère, son fils, et sa femme et se retrouve seul face au diagnostic d’une force de démence foudroyante. Professeur et chercheur à l’université, cet homme brillant sait qu’il va décliner et se retrouver complètement dépendant. Quand il assiste, impuissant, à l’enlèvement de Jennifer il ne sait pas comment réagir dans un premier temps car un des symptômes de son mal est les hallucinations, qu’elles soient visuelles ou auditives. Adrian va être épaulé et aidé dans ses recherches par trois assistants de choix : son frère, sa femme et son fils. S’il sait que ce ne sont que des hallucinations et qu’ils ne font que lui révéler que ce que son cerveau a remarqué sans qu’il en ait conscience immédiatement, ces « apparitions » sont pour lui un soulagement.
    Il va être le meilleur allié de Jennifer car il n’a pas l’intention de laisser tomber et a bien l’intention d’aller jusqu’au bout de ses forces pour aider la jeune fille.
    Devant le refus de la police de faire le nécessaire, il va se risquer à la limite de la légalité pour embarquer dans l’affaire Mark Wolf, un pédophile en liberté surveillée.
    Mark Wolf est un personnage intéressant. D’un côté c’est un être ignoble, dont le nom même évoque le prédateur qu’il est, qui revendique sa pédophilie et qui n’a aucune intention de se soigner, juste de faire attention à rester sous les radars, de l’autre, il prend soin de sa mère malade avec beaucoup d’attention. Même si ses motivations ne sont guère altruistes, il est la meilleure chance d’Adrian pour trouver Jennifer.
    Parallèlement aux recherches que mènent Adrian et Wolf, on suit également Jennifer, dans le lieu où elle est retenue prisonnière. Cette adolescente de 16 ans seulement force l’admiration. Elle se résigne et obéit juste ce qu’il faut pour ne pas s’attirer les foudres de ses ravisseurs tout en faisant tout ce qui est en son pouvoir pour conserver son identité et ne pas être réduite à « numéro 4 ».
    Régulièrement, on peut également voir les réactions de ceux qui regardent « l’émission ». Leur comportement fait froid dans le dos. D’autant plus qu’on trouve là toute sorte de personnes et pas seulement des pédophiles lubriques enfermés dans leur sous-sol. A aucun moment l’un d’eux ne semble prendre conscience que Jennifer est une adolescente, avec une famille qui doit être morte d’inquiétude, aucun d’entre eux ne semble avoir l’intention de prévenir les autorités.
    J’ai une petite réserve sur la fin parce que je trouve que trop souvent les auteurs de thriller font se terminer leur histoire de la même façon qui semble être la solution de facilité. Mais en dehors de ce petit bémol, j’ai bien aimé ce thriller avec une trame originale.

    Un extrait : Jennifer Riggins ne se retourna pas tout de suite quand la camionnette s’approcha d’elle. Elle ne pensait qu’à une chose : rejoindre au plus vite l’arrêt de bus, à un kilomètre de là, sur l’avenue la plus proche. D’après le plan de fuite qu’elle avait soigneusement préparé, le bus la conduirait au centre-ville. Elle y prendrait un autocar pour une gare plus importante, à Springfield, à une trentaine de kilomètres. De là, elle pourrait aller n’importe où. Dans la poche de son jean, elle avait plus de trois cents dollars qu’elle avait volé peu à peu - dix par ci, cinq par là – dans le sac de sa mère ou le portefeuille de l’amant de cette dernière. Elle avait pris son temps plus d’un mois, pour rassembler l’argent qu’elle cachait dans une boîte au fond d’un tiroir, sous son linge. Elle avait veillé à ne jamais en prendre trop pour qu’ils ne s’en rendent pas compte. Des petites sommes, dont la disparition passait inaperçue.
    Le montant qu’elle s’était fixé devait lui suffire pour aller à New York ou Nashville, voire à Miami ou Los Angeles. Pour son dernier larcin, tôt ce matin-là, elle n’avait pris qu’un billet de vingt et trois d’un dollar, et elle avait dérobé la carte visa de sa mère. Elle n’était pas sûre de savoir où elle allait. Là où il faisait chaud, espérait-elle. Mais n’importe quel endroit lui conviendrait, du moment qu’il était éloigné et différent. C’est exactement ce à quoi elle pensait quand la camionnette s’était arrêtée non loin d’elle. Je peux aller où je veux…

    - Hé, mademoiselle ! cria l’homme assis à côté du chauffeur. Vous avez une seconde, j’ai besoin d’un renseignement.

    Elle s’arrêta et fit face au passager de la camionnette. Sa première impression fut qu’il ne s’était pas rasé. Elle se dit qu’il avait une vois bizarrement aigüe et qu’il était plus excité que sa question banale ne le justifiait.

     

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  • [Livre] 3 villes, 3 sadiques, 3 enquêtes - Enquête N°3 : le goût mortel de la pluie

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    Résumé : Réunis en un seul volume, trois thrillers, trois voyages aux confins de la peur, par le spécialiste du genre
    Cette enquête :

    Rain Man sévit à Los Angeles. Avant de tuer ses victimes et de déposer leurs cadavres dans les tunnels d'évacuation des eaux de pluie, il les contraint à adresser une demande de rançon aux autorités locales. Tess McCallum et Abby Sinclair, chargées de l'enquête, n'ont qu'une certitude : la fin prochaine de la saison des pluies.

     

    Auteur : Michael Prescott

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2012

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Remboursez ! Le titre du recueil précise : trois sadiques, trois villes, trois enquêtes. Trois sadiques : ok ; trois enquêtes : ok…Mais nous voilà de retour à Los Angeles ! Donc on n’a que deux villes dans l’ensemble du recueil ! Heureusement pour la maison d’édition, ils ont choisi de remettre un roman avec Tess McCallum et c’est un plaisir de la retrouver !
    Je ne sais pas si j’aurais fait attention en lisant les deux romans avec plusieurs mois d’écart entre mes deux lectures, mais là, en enchaînant les deux, j’ai pu me rendre compte d’une énorme coquille. Alors je ne sais pas si le problème vient de l’auteur ou du traducteur, mais comme je n’imagine pas un auteur oublier ce qu’il a écrit, j’aurais tendance à accuser la traduction : quand Tess découvre dans quel hôtel on l’a installée pour la durée de l’enquête à laquelle on lui demande de participer, elle est contrariée car « c’est l’endroit où a été tué Mobius ». Or, Mobius n’a été qu’une fois dans cet hôtel, il y a tué une femme et a fichu le camp bien avant l’arrivée de la police. L’hôtel est donc un endroit où Mobius a tué, et non où il a été tué.
    Tess est toujours aussi réfractaire aux règles surtout quand elles lui sont données par quelqu’un d’aussi imbuvable que « le nez » qu’elle ne pouvait déjà pas supporter pendant l’enquête sur Mobius.
    Il faut dire qu’il ne sait pas s’y prendre avec Tess et qu’il cherche sans cesse à la manipuler au lieu de jouer franc-jeu avec elle.
    Cette fois-ci, on connait assez vite le nom du tueur puisque Tess va être rencardée par une détective sans licence, Abby, qui circule à la limite de la légalité. Mais malgré le fait que Tess ait le nom du tueur, aucune action n’est autorisée contre lui. Il faut dire que l’homme est un ancien flic et qu’il a été arrêté pour harcèlement dans des circonstances qui ont toujours laissé le procureur dubitatif.
    Tess a beaucoup de mal à « faire équipe » avec Abby qui défend le droit à l’auto-défense, pratique que Tess, comme beaucoup de flic, combat avec acharnement.
    Pour autant, si la jeune femme affiche un mépris non déguisé pour la loi et les institutions, il faut avouer qu’elle est assez efficace et utile dans cette enquête.
    Comme dans l’enquête sur Mobius, Tess se retrouve assez vite à faire cavalier seul puisqu’elle n’est pas soutenue par le FBI (on se demande pourquoi ils lui ont demandé de venir si c’est pour ne jamais écouter son avis).
    Cette fois, j’ai réussi à trouver l’identité du complice du tueur, même si j’ai eu un gros doute à un moment car certains indices me semblaient pointer quelqu’un d’autre. Mais ma première impression était la bonne finalement !
    Après trois romans et 1147 pages dans un seul ouvrage, je crois que je peux dire que j’aime bien le style de Michael Prescott et que définitivement, je suis fan de Tess McCallum !

    Un extrait : Tess et Crandall n’échangèrent plus un mot avant la sortie du tunnel. De toute évidence, Crandall était gêné d’avoir avoué sa tendance à la claustrophobie. Tess tenta de le mettre à l’aise.
    - Est-ce que je sens aussi mauvais que vous ? lui demanda-t-elle, tandis qu’ils gravissaient la berge.

    - Non. Vous puez encore plus que moi, ajouta-t-il avec un sourire.
    Ils regagnèrent la Crown Victoria de Crandall, un véhicule banalisé du FBI, bleu foncé, la couleur traditionnelle. Tess prit place du côté passager. Crandall démarra en direction de l’avenue Santa Fe, puis accéléra vers les gratte-ciel du centre-ville qui se dressaient dans le crépuscule. Il n’était que seize heures trente, mais la nuit tombait vite, en plein mois de janvier, surtout par temps sombre.
    - Il ne pleuvra pas avant demain soir, annonça Crandall. Ca nous laisse un peu de temps.

    - Très peu… Ah, la Californie, pays du soleil éternel ! soupira Tess
    - Il y fait beaucoup moins beau qu’on l’imagine.
    - Oui, je sais.
    Elle regarda défiler palmier et bungalow. Contrairement aux idées reçues, cet amalgame de désert et de bord de mer, de verdure tropicale et de saleté urbaine n’avait rien d’exotique. Los Angeles était une ville trop vaste, surpeuplée. Si les fonds municipaux fondaient à vue d’œil, les impôts ne cessaient d’augmenter. Les services sociaux étaient en déperdition, la police débordée, les citoyens constamment harcelés par des fous ou des voyous. Les murs, les barrières, même les arbres disparaissaient sous les graffitis.


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  • [Livre] 3 villes, 3 sadiques, 3 enquêtes - Enquête n°2 : La prochaine victime

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    Résumé : Réunis en un seul volume, trois thrillers, trois voyages aux confins de la peur, par le spécialiste du genre
    Cette enquête :

    Un tueur en série sème la panique à Los Angeles. La jeune agent du FBI, Tess Mc Callum, happée par l'accélération des événements, comprend trop tard qu'elle figure sur la liste macabre de l'assassin.

     

    Auteur : Michael Prescott

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2012

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Dans cette seconde enquête du recueil de Michael Prescott, l’auteur nous entraîne cette fois à Los Angeles sur les traces d’un sacré psychopathe. Comme la première enquête du tome, mis à part un meurtre raconté dans le détail, le reste est plus psychologique que gore. Au milieu du livre, je me suis quand même levée pour aller vérifier les portes et les fenêtres de mon appartement (on ne sait jamais !).
    Au départ, je voyais 3 histoires complètement indépendantes les unes des autres : un meurtre-suicide en 1968, une sombre affaire de produit bactériologique volé et bien sûr l’enquête sur Mobius.
    Pendant un moment je n’ai pas vu de rapport entre ces différentes affaires, mais je me doutais bien que l’auteur ne nous les avait pas racontés par hasard. Et effectivement, des liens finissent par apparaître petit à petit.
    En plus d’avoir été l’enquêtrice principale sur l’affaire Mobius quand celui-ci opérait à Denver, Tess McCallum a des raisons très personnelles de vouloir le mettre derrière les barreaux (ou au fond d’un trou, elle n’est pas contrariante sur ce point).
    Je peux vous dire que l’auteur m’a complètement baladée et que, à aucun moment, je n’ai suspecté l’identité de Mobius. Quand on finit par découvrir son identité, je suis restée scotchée, je n’avais vraiment rien vu venir.
    J’ai beaucoup aimé ce roman qui m’a fait flipper à plusieurs moments tant on a l’impression que Mobius est insaisissable et est partout à la fois.

    Un extrait : « On a peut être ramassé notre homme. »
    L’esprit en ébullition, Tess McCallum fila le long du boulevard Wilshire au volant de sa voiture de fonction, traversa Beverly Hills, avec ses boutiques chics et ses palmiers. Le soleil était couché depuis des heures, et les étoiles devaient scintiller quelque part au-dessus de l’épais nuage de pollution.
    Ignorant les coups de klaxon, elle appuya sur l’accélérateur pour franchir un carrefour alors que le feu passait de l’orange au rouge.
    Elle avait hâte de le voir. De le regarder en face.
    L’avaient-ils vraiment rattrapé – finalement, après deux années de poursuite ? Rien n’était moins sûr.
    Mais on ne l’aurait pas obligée à quitter sa mission de surveillance s’il ne s’était agi que d’une « possibilité », comme le type de la semaine précédente, un représentant coupable d’un vulgaire adultère.
    La circulation était dense, comme toujours, et elle devait déboîter souvent pour dépasser les véhicules les plus lents. Sa voiture de fonction, une Crown Victoria de deux ans, était puissante et maniable. Une invitation à prendre des risques. Pourvu qu’elle ne se fasse pas arrêter par un flic ! Son badge du FBI lui épargnerait sans doute une contredanse, mais chaque minute comptait.
    Elle atteignit l’intersection des boulevards Wilshire et Santa Monica. A présent, elle était tout près de Westwood. La pendule du tableau de bord indiquait 21h58.
    Elle se demanda si Andrus avait été prévenu. Si oui, c’est qu’ils étaient pratiquement sûrs d’être sur la bonne piste. On était le 29 mars, la veille du long week-end de Pâques. Andrus n’était probablement pas pratiquant, mais pour déranger l’assistant directeur le Vendredi Saint, il fallait avoir une bonne raison.

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  • [Livre] 3 villes, 3 sadiques, 3 enquêtes - Enquête N°1 : l’arracheur de visage

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    Résumé : Réunis en un seul volume, trois thrillers, trois voyages aux confins de la peur, par le spécialiste du genre
    Cette enquête :
    Un maniaque traque les femmes comme du gibier. Dans cette effroyable affaire, il faudra toute l'énergie et le talent de Roy Sheperd, de la police de Tucson, pour démêler le vrai du faux.

     

    Auteur : Michael Prescott

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2012

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : L’histoire commence par une chasse à l’homme, enfin à la femme, en l’occurrence. Une jeune femme prénommée Sharon fuit dans la forêt, hagarde, ne suivant plus qu’un instinct purement animal.
    Il ne faut pas longtemps au lecteur pour comprendre ce qu’il se passe. Très vite, en l’espace de quelques lignes, on sait qu’elle est poursuivie par un homme qui la traque comme du gibier. En moins de 4 pages, le titre trouve son explication avec la mise à mort de cette femme. D’emblée, on connaît le nom du tueur : John Cray. Puis, tout aussi rapidement, on constate qu’il est lui-même suivi par une jeune femme : Elisabeth.
    On ne sait rien d’Elisabeth, sinon qu’elle suit Cray et qu’elle sait ce qu’il fait aux femmes.
    Au fil des pages, le passé des deux protagonistes se dévoile peu à peu mais il va falloir presque toute la durée du roman pour avoir toutes les clefs.
    Malgré son titre, il n’y a que très peu de passages gores, en réalité il n’y a que les premières pages, qui décrivent en détail le meurtre de Sharon, mais après cette description (assez précise, il faut le reconnaître), l’auteur joue sur la connaissance de l’auteur de ce que fait Cray aux femmes et de la manière dont Elisabeth se sortira d’une situation qui semble se refermer autour d’elle comme un piège inextricable.
    Qui dit meurtre dit flic et ici on a un flic qui a des préjugés certains contre les personnes atteintes d’une maladie mentale après un drame qui a touché sa famille. Ces préjugés vont l’empêcher de suivre certaines pistes et vont même le rendre dangereux pour Elisabeth à certains moments.
    De John Cray, on ne sait pas davantage de choses sinon qu’il a de l’argent, qu’il bénéficie d’une certaine célébrité et qu’il est absolument glaçant tant il est froid, calculateur et implacable.
    Tout comme Elisabeth, on en apprendra plus sur lui au fil des pages.
    Très vite, j’ai pensé qu’Elisabeth n’était pas aussi coupable que le laisse supposer sa fuite de la police ou que du moins elle avait une excellente raison d’avoir fait ce dont on l’accusait. Mais il a fallu plus de la moitié du roman pour que je fasse le lien entre son passé et John Cray, du moins au-delà des apparences.
    Un excellent thriller qui se révèle plus psychologique que gore mais qui fonctionne à merveille.
    A présent, il me reste à lire les deux autres romans de ce recueil qui, si on en croit son titre, vont m’emmener dans d’autres coins des USA à la poursuite de nouveaux meurtriers !

    Un extrait : Elle ne percevait que la fouleur, la faiblesse, la faim et les battements furtifs de son cœur affolé.
    C’était tout ce qui lui restait, cela et le grand calme qui l’entourait, le silence qui s’étirait, qui s’étirait comme s’il devait durer éternellement.
    La seconde balle l’atteignit à la hanche.
    Elle tressaillit sous l’impact et les larmes lui vinrent aux yeux, de surprise et de douleur.
    Sous ses doigts, elle sentit le liquide chaud jaillir et inonder sa jupe. Elle chercha à tâtons à colmater le trou mais l’effort était dérisoire et elle était à bout de force.
    Elle n’avait pas entendu la détonation – peut-être son glapissement de surprise avait-il couvert le bruit -, mais elle entendit une nouvelle fois le coyote hurler son chant funèbre.
    Ce n’était pas un coyote, bien sûr. Il n’y avait jamais eu de coyote.
    C’était lui.

     

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  • [Livre] Redemption

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    Résumé : A Manhattan, plusieurs femmes sont retrouvées assassinées - des prostituées que le tueur a revêtues d'une robe de bure après les avoir torturées selon un rituel pervers...
    La perversion, le Dr Morgan Snow la côtoie tous les jours, au point d'être considérée comme l'une des meilleures spécialistes en la matière. C'est ainsi qu'elle reçoit depuis peu les confidences de Cleo Thane, une prostituée de luxe à laquelle les hommes les plus riches et les plus puissants de New York demandent d'assouvir leurs fantasmes dans l'un des clubs les plus fermés et les plus chics de la ville. Des confidences que Cleo consigne dans un journal intime...
    Mais Cleo disparaît brusquement.
    Morgan fait aussitôt le lien avec le tueur en série qui sévit à Manhattan, mais refuse de trahir sa patiente en révélant ses secrets à la police. Inquiète, elle décide alors, en se faisant passer pour elle, de rencontrer un à un les clients de la jeune femme - qui tous auraient pu vouloir empêcher Cleo de divulguer leurs sulfureux secrets. Morgan est persuadée que parmi eux se cache un monstre sadique et psychopathe. Et pour le percer à jour, elle est prête à plonger au cœur de la folie humaine...


    Auteur : M.J. Rose

     

    Edition : Harlequin Best Seller

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 01 juillet 2006

     

    Prix moyen : 5€

     

    Mon avis : Avec les thrillers édités par Harlequin on peut tomber sur du bon ou du très mauvais. Parfois, on tombe sur des thrillers qui n’ont de thriller que le nom et où l’intrigue policière, cousue de fil blanc, ne sert que de prétexte pour une romance. Au final on s’ennuie parce que le roman veut quand même rester dans le registre du thriller et donc ne donne pas à fond dans une romance intéressante et du coup, nous, lecteur, on se retrouve frustré parce qu’on n’a ni une bonne romance, ni un bon thriller.
    Mais parfois, on tombe dur d’excellents thriller, qui prennent aux tripes, et c’est le cas de celui-ci.
    S’il y a bien une romance, elle est très légère et ne prend absolument pas le pas sur le thriller.
    J’ai beaucoup aimé le personnage de Morgan. Elle ne compte pas passer outre le secret professionnel mais elle met quand même tout en œuvre pour aider la police, quitte à se mettre elle-même en danger.
    J’ai mis un moment à comprendre qui était le tueur, en fait je n’ai compris que quand Morgan a remarqué quelque chose sans pour autant faire de suite la liaison. Cependant, comme, en tant que lecteur, j’avais plus d’informations que Morgan, j’ai fais le rapprochement entre les différents indices et cela m’a apporté une solution dont j’ai eu la confirmation quelques chapitres plus tard. Cependant, connaître la vérité avant Morgan ne m’a pas dérangée car d’une part ce n’était pas très longtemps avant elle et d’autre part, j’étais ensuite comme hypnotisée, frustrée de ne pas pouvoir empêcher Morgan de prendre des risques que je savais trop importants.
    En revanche j’ai eu plus de mal à comprendre son comportement envers sa fille. Qu’elle ait des réserves vis-à-vis du métier de comédien, je peux comprendre étant donné son passé. Mais il ne faut pas tout mélanger. Sa fille n’a rien à voir avec sa mère. Elle rappelle que pour devenir psy, elle a du faire une thérapie mais on se demande si celle-ci a été d’une quelconque utilité !
    J’ai eu plus de réserve sur Nina, l’amie et mentor de Morgan. Je comprends qu’elle ait été touchée par la mort de son mari, mais de là à refuser de collaborer avec la police dans le cadre d’une affaire criminelle, je l’ai trouvée ridicule. Son mari avait des activités illégales, il a été arrêté. Nina reproche aux flics d’avoir utilisé un agent sous couverture pour le coincer et donc d’avoir plus ou moins triché. On se demande dans quel monde elle vit ! Un malfaiteur doit être arrêté ! Point barre !
    J’ai aimé l’incursion de Morgan dans le monde de Cleo, la prostituée de luxe qu’elle recherche. Elle a pu ainsi se rendre compte que son métier est bien plus complexe qu’une simple affaire de sexe.
    Les scènes de crime sont très détaillée et assez horrible. Il faut avoir le cœur bien accroché. Le psychopathe est méticuleux, malgré l’horreur de ses crimes.
    Sans être exceptionnel, ce thriller était une très bonne lecture avec juste ce qu’il faut d’horreur et de danger.

     

    Un extrait : - Les filles convenables ne parlent pas de leurs liaisons.
    Elle a caressé le coussin qu’elle tenait sur ses genoux. Le mouvement de ses doigts avait quelque chose de fascinant.
    - Dois-je comprendre que vous ne vous rangez pas dans cette catégorie ou que vous n’allez pas me parler de vos liaisons ?
    Cleo Thane a éclaté de rire – un rire enfantin et innocent absolument délicieux, avec juste une pointe de sensualité.
    - Je me considère comme quelqu’un de bien, mais pas comme une fille convenable.
    Avec ses cheveux blonds, sa peau sans défaut, son maquillage discret qui illuminait sa beauté sans rien dissimuler, ses clous d’oreilles en diamant, sa montre – en platine, moins tape-à-l’œil que l’or -, son pantalon et sa veste impeccablement coupés, ses chaussures chics et son sac d’une marque prestigieuses, on l’aurait prise pour la directrice d’une compagnie de cosmétique ou d’une galerie d’art.
    Pourtant, pas plus tard que la nuit dernière, cette charmante jeune femme avait fait l’amour avec un présentateur de télévision. Installée sur le siège arrière de sa limousine, elle lui avait murmuré des mensonges à l’oreille pour l’emmener jusqu’à l’orgasme, sans se formaliser de la présence du chauffeur dont ils n’étaient séparés que par une simple vitre. Tout ça après avoir allégé de deux milles dollars la carte de crédit de son client – le prix à payer pour avoir le privilège de passer trois heures avec elle.
    Ce contraste entre ce qu’elle était et ce qu’elle paraissait m’avait toujours intriguée. Entre autres.
    - Docteur Snow, j’ai beau enrober la chose d’une manière extrêmement délicate, je suis une pute. Je gagne ma vie avec le sexe. Dans ces conditions, on ne peut pas me considérer comme une personne convenable, non ?
    Je l’ai regardé enlever une de ses chaussures et elle a surpris mon regard. Ce n’était pas la première fois que je m’intéressais à ses talons hauts, mais elle ne l’avait jamais remarqué jusque-là. J’en ai pris mentalement note.
    - Dans mon boulot, on porte toujours des talons aiguilles.
    - Parce que c’est sexy ?
    - Parce que c’est une arme.

     

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  • [Livre] 13 ½

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    Résumé : 13 1/2 : un juge, douze jurés et même pas une moitié de chance...

    Minnesota, 1968. Quand Dylan, onze ans, se réveille dans sa maison couvert de sang, il ne se souvient de rien. Pourtant, tout prouve qu'il vient de massacrer ses parents et sa petite sœur à la hache. Seul survivant : Richard, son frère aîné. Dylan est désormais le célèbre "petit Boucher".

    La Nouvelle-Orléans, 2007. Dans une petite ville dévastée par l'Ouragan Katrina vivent sous le même toit deux frères, Marshall et Danny... en réalité Richard et Dylan. Nouveau départ, nouvelle identité, mais qui est qui ? Lorsque Marshall rencontre Polly, mère de deux filles, c'est le coup de foudre. Mais en entrant dans la vie des deux hommes, Polly vient de se jeter avec ses enfants dans la gueule du loup.


    Auteur : Nevada Barr

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2010

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Dès le premier chapitre on se doute de ce qu’il s’est réellement passé dans la maison de Dylan et Richard. Mais ce que j’ai trouvé intéressant, c’est la psychologie des personnages. Au final on se fiche un peu de savoir qui, de Dylan ou Richard est un meurtrier. Ce qui est fascinant c’est la manière dont chacun des deux va vivre cette partie de leur vie puis la suite.
    Pendant une partie du roman on se demande qui est qui. Comme les garçons ont changé d’identité et sont devenus Marshall et Danny, j’ai envisagé plusieurs hypothèses. Deux en fait, basées toutes les deux sur le fait que Danny semble ouvertement hostile à l’idée que Marshall épouse Polly.
    Ma première hypothèse était que Marshall était le tueur de la famille et que Danny ne voulait pas que Polly entre dans la famille sachant de quoi son frère est capable.
    Ma seconde hypothèse était que Danny était le tueur et ne voulait pas que Marshall se marie de peur de perdre l’ascendant qu’il avait sur lui.
    Vous remarquerez que dans mes hypothèses je n’ai pas relié les anciens noms aux nouveaux.
    Même si très vite, j’ai compris qui était le tueur, j’avais du coup quand même un doute sur l’identité réelle de Marshall et Danny et surtout, je ne voyais pas qu’elles étaient les motivations du tueur. J’avais bien quelques idées (mais je me suis royalement plantée !). Quand est venu le temps des révélations, j’avais bien raison sur certains points mais il y a des choses que je n’avais pas du tout vu venir.
    J’ai passé tout mon temps de lecture dans une certaine tension comme quand on connait le coupable au début du livre et qu’on aimerait crier aux inspecteurs ou à l’entourage qu’ils se font mener en bateau.
    J’ai trouvé dommage que ce livre s’attire de mauvaises critiques au seul motif que sa construction est différente des thrillers habituels : « meurtre – recherche du suspect – découverte du coupable ».
    J’ai trouvé qu’au contraire, bouleverser un peu l’ordre de lecture, en permettant au lecteur de se douter dès le début de l’identité du tueur, était très intéressant et permettait d’avoir un tout autre rapport avec l’histoire.
    Un thriller que j’ai vraiment apprécié.

     

    Un extrait : Richard était grièvement blessé. Il le savait, avec cette atroce certitude que l’on ressent à la seconde où l’on comprend que c’est la dernière erreur que l’on commettra sur terre, quand l’horreur dure une éternité avant que votre corps s’écrase sur les rochers en contrebas.
    Une lueur effrayante se faufilait à travers la tempête de neige, l’orange éclatant des lampadaires avalé et recraché par dix milliards de facettes verglacées : le ciel, le sol, les branches d’arbres, l’air. Les pièces de la maison étaient orange, le monde entier pareil à l’intérieur d’une citrouille d’Halloween.
    Dans cette lumière incandescente, Richard n’arrivait pas à déterminer quelle quantité de sang il perdait. Beaucoup. Beaucoup trop. Il le sentait jaillir en petites giclées contre la paume de sa main. L’espace d’une seconde étourdissante, il eut la sensation que le sang pénétrait en lui en une vague nocturne et s’écoulait de ses veines en un étang, un lac, une étendue d’eau sans cesse grandissante.
    Son petit frère était étendu en travers du lit où il était tombé. Sur le pyjama de Dylan, les cow-boys et les indiens étaient noyés d’un rouge écarlate, une guerre de flanelle avait eu lieu. Du sans imprégnait le drap contre la joue droite du visage de Dylan.
    Il semblait mort.
    « Dyl ? » Richard essaya de crier, mais il n’eut que la force de murmurer. « Dylan, t’avise pas de mourir. » Richard se mit à pleurer, puis s’interrompit. Il prit une profonde inspiration et essaya de nouveau, « Dylan si t’es réveillé, appelle les secours, la police. »
    Son frère ne bougea pas.
    Pour l’avoir appris chez les scouts et à la télé, Richard savait que s’il retirait sa main de la blessure ouverte sur l’intérieur de sa cuisse, il mourrait d’hémorragie.
    Pendant un battement de cœur ou deux, il envisagea de céder, de lâcher prise et de regarder sa vie jaillir de son corps. Elle paraissait si pressée de le quitter, et il y avait eu un tel carnage, pourquoi ne pas abandonner, se laisser aller au néant ?
    Dylan gémit doucement. Malgré l’aspect étouffant de ses rêveries morbides, dans le silence total d’une nuit enneigée, le son grinça à plein volume dans les oreilles de Richard. Il ne l’avait pas tué – son frère était vivant.
    Le rêve s’évapora ; le néant cessa de l’attirer. Soudain, Rich voulut vivre. « Frangin », murmura-t-il. Les paupières de Dylan frémirent. Richard aperçut l’éclair blanc de son orbite, éclatant au milieu du masque d’un rouge séché. « Réveille-toi, petit frère. S’il te plait. »
    A l’aide de sa main et de sa jambe intacte, son autre paume pressée contre sa blessure, Richard essaya de se traîner à travers la chambre. Le tissu et le sang le clouaient au parquet. Centimètre par centimètre – deux, sept, dix – il avança vers Dylan. L’effort était si intense qu’il n’y avait plus de place pour ses pensées.

     

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  • [Livre] Mortelle impasse

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    Résumé : Sur le panneau " Impasse " là, devant elle... Non, Brette ne rêve pas: c'est bien l'empreinte d'une main qu'elle distingue nettement. Une main de petite taille, et d'une étrange couleur sombre. Comme du sang ... Choquée, Brette Barry veut d'abord croire à une plaisanterie. Mais qui, dans le tranquille petit comté de Wood, aurait intérêt à monter une farce aussi macabre ? L'inquiétude s'empare vite de la jeune femme lorsque son fils Eric lui apprend que son meilleur ami a disparu depuis la veille. L'adolescent a-t-il fugué, comme cela lui est déjà arrivé... ou l'empreinte sanglante sur le panneau était-elle la sienne ? Craignant pour la vie de ce garçon secret et solitaire qu'elle considère comme le sien, Brette, révoltée que la police ne la prenne pas au sérieux, décide de mener sa propre enquête. Il lui faut faire d'autant plus vite que, entre-temps, la fameuse empreinte a mystérieusement disparu. Qui peut l'avoir effacée ? Qui... et pourquoi, sinon pour éliminer toute trace d'un crime abominable ?

    Auteur : Helen R. Myers

     

    Edition : Harlequin Best Seller

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 01 novembre 2005

     

    Prix moyen : 5€

     

    Mon avis : Comme il serait quasiment impossible de parler de l’intrigue sans spoiler, je vais donner un avis sur ce qui entoure l’intrigue.
    Déjà, même si j’ai beaucoup aimé ma lecture, j’ai trouvé qu’on s’éloignait trop du sujet. En effet, la moitié du livre se concentre sur un évènement qui n’a aucune incidence sur ce qui fait de ce livre un thriller, même si quelques détails les relient. Disons que toute la première partie aurait pu ne pas être présente et être condensée en 1 chapitre, ça aurait suffi.
    Ensuite, on a un évènement qui est présenté comme majeure quand il arrive mais qui au final n’a absolument aucune utilité pour l’histoire. Je cherche encore en quoi cet évènement a apporté quelque chose.
    Concernant les personnages, je dois dire que si j’ai beaucoup aimé Eric, le fils de Brette, j’ai eu beaucoup plus de mal avec Brette elle-même.
    Jugez vous-même : elle se méfie de son voisin, jusqu’à vouloir refuser son aide au début du livre à cause de… Là vous vous dites qu’il a eu des paroles ou un geste déplacés, mais non, pas du tout, il a simplement refusé de faire ami-ami en déclinant une invitation à dîner. Voilà son crime. Ne pas avoir envie de souscrire à la « tradition » qui veut que quand on emménage en banlieue on devient un peu la propriété de ses voisins et qu’ils doivent tout savoir de vous.
    J’ai trouvé Brette tellement ridicule sur ce point-là, elle m’a vraiment exaspérée, surtout que ça prend une sacré ampleur !
    Son « amie » Sally n’est pas mieux. Une espèce de droguée nymphomane qui croit être irrésistible et n’accorderait pas une minute de son temps à son fils même si sa vie en dépendait.
    Hank est un gamin difficile, mais, même si certaines de ses attitudes sont énervantes, il a de sacré excuses ce môme.
    Mais la palme revient au Sheriff qui divulgue des informations personnelles devant des tiers et juge un homme selon le passé de sa famille au risque de briser sa vie. J’ai trouvé qu’il aurait dû être viré car son attitude n’est pas digne de sa fonction.
    Même si j’ai trouvé qu’on perdait beaucoup de temps en digression, le reste de l’histoire était intéressante et, même si je me suis assez vite doutée de l’identité du coupable, j’ai quand même gardé un petit doute jusqu’à ce qu’il se dévoile.
    Une bonne lecture mais pas transcendante et qui ne restera pas bien longtemps dans ma mémoire.

     

    Un extrait : Et zut ! pesta Sam à part lui. Maintenant qu’il s’approchait de Russell, voilà que ce dernier remontait dans sa voiture et s’apprêtait à démarrer. L’inspecteur lui expliqua que le central venait de lui signaler un accident de la circulation, à quelques kilomètres de là. Il devait se rendre sur place. L’autre policier de service était occupé ailleurs et le rejoindrait dès que possible.

    - Apparemment, il y a des blessés, poursuivit-il. Je ne pourrai donc pas revenir tout de suite, mais je ferai de mon mieux.

    - Et le shérif Cudahy ? s’enquit Sam alors que l’inspecteur tournait la clé de contact. Ne pourrait-il pas remettre en service des hommes qui étaient de repos ?

    - Le central l’a joint également. Nous verrons bien ce que ça donne. Je suis désolé, mais il faut vraiment que j’y aille.

    Il faisait demi-tour dans l’allée quand Brette souffla :

    - Je n’arrive pas à y croire… Il nous laisse tomber !

    - D’après lui, il y avait des blessés.

    Des arguments. Il fallait qu’il trouve des arguments à la conduite de Russell et que Brette les estime valables. Ainsi, elle ne conclurai pas que les autorités se fichaient totalement du sort de Hank.

    - La police intervient en priorité là où des vies sont en danger immédiat, Brette. C’est normal.

    - J’avais bien compris, réplica-t-elle. Et je ne suis pas indifférente à la souffrance d’autrui. Simplement, je n’arrive pas à admettre qu’il y ait si peu de flics de garde la nuit. C’est absurde : le comté est vaste. Mais c’est comme si, le crépuscule tombé, ceux qui sont censés nous protéger se mettaient aux abonnés absents.

    - Le comté est vaste, oui, mais très peu peuplé. D’ordinaire, la petite équipe de policiers suffit.

    - Mais un enfant a disparu !

     

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  • [Livre] Un noël à New-York

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    Résumé
     : La fille de Thomas Pitt, Jemima, est l’héroïne de ce nouveau mystère de Noël dans le New York de 1904.
    Jemina Pitt, la fille du célèbre directeur de la Special Branch, a 23 ans durant l’hiver 1904. Elle décide d’accompagner sa jeune amie Delphinia Cardew à New York, sur le point de se marier avec l’aristocrate Brent Albright. Dans la haute société new-yorkaise, ce mariage est une grande affaire qui liera deux familles prodigieusement riches. Mais Jemina détecte une ombre mystérieuse planant sur la célébration. Maria, la mère de Delphinia, est absente de la fête et les Albright refusent de mentionner son nom. Et quand le frère du marié demande à Jemina de l’aider à retrouver Maria afin de prévenir un scandale, elle n’hésite pas à se lancer dans une enquête aussi inattendue que périlleuse.
    De Hell’s Kitchen à Central Park, Jemina devra trouver son chemin à travers les rues enneigées de New York, sans se douter qu’un danger mortel la menace.

    Auteur : Anne Perry

     

    Edition : 10/18

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 03 novembre 2016

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Voici la dernière nouvelle de noël que j’ai lu dans le cadre de mon challenge d’hiver. Ici l’histoire s’inscrit dans l’univers Charlotte et Thomas Pitt, puisqu’on va suivre leur fille Jemina, âgée de 23 ans, qui va s’attirer quelques ennuis à New York.
    Venue accompagner une amie afin de lui servir de chaperon jusqu’à son mariage, Jemina fait montre de beaucoup plus de patience que je n’aurais pu. En effet, Delphinia, cette merdeuse de 19 ans qu’elle se doit de chaperonner dans son voyage d’Angleterre à New York, passe son temps à la rabaisser et à lui rappeler à quel point son père à elle est riche et combien Jemina devrait s’estimer heureuse de faire ce voyage tous frais payés.
    A peine arrivées, le frère ainé du fiancé entraîne Jemina à la recherche de la mère de la future mariée, afin d’éviter un scandale, cette dernière ayant abandonnée sa fille depuis 15 ans et risquant néanmoins de pointer son nez au mariage.
    Dès le départ on sent qu’il y a quelque chose derrière cet « abandon ». Le fils ainé, qui n’a donc pas eu vraiment de contact avec la mère de sa future belle-sœur, semble lui vouer une haine féroce si on en croit ses réactions à chaque fois que sa tante ose l’évoquer.
    Très vite lui et Jemina retrouvent la trace de la jeune femme et, quelque temps après, celle-ci est retrouvée morte.
    Tout semble accuser Jemina, mais personnellement, dès cet instant, j’ai su exactement ce qu’il en était.
    Heureusement pour Jemina, le policier en charge de l’affaire, Patrick Flannery, ne croit pas plus à sa culpabilité que les lecteurs et va tout faire pour l’aider à découvrir la vérité.
    Dans cette histoire, on est encore dans une sorte de lutte des classes. La lutte contre la ségrégation quand on parle de la mère de Delphinia, la lutte entre classe sociale dans l’enquête elle-même puisqu’on se trouve encore en présence de personne se croyant intouchables du fait de leur rang social et trouvant normal de faire accuser une personne moins bien née à leur place.
    Et côté cœur, je dirais simplement que Jemina semble bien parti pour marcher sur les traces de sa mère !

     

    Un extrait : Une dame âgée dans une tenue d’hiver splendide la dépassa, se retourna en la toisant d’un bref regard, puis la salua d’un signe de tête.

    — Bonjour, Miss Pitt, lança-t-elle avec froideur.

    Qu’elle sache son nom étonna Jemina, pas tout à fait certaine cependant qu’il faille le prendre pour un compliment. Elle réalisa soudain que la femme connaissait Phinnie, dont elle n’était que « la dame de compagnie ». Une étiquette qui n’avait rien de très flatteur.

    — Bonjour, Mrs. Weatherby ! répondit-elle en redressant le menton et en avançant sans attendre de voir si aurait pu s’engager une conversation.

    Elle alla rejoindre Phinnie dans sa cabine, l’une des plus luxueuses du bateau, qui, en plus de la chambre, comportait un salon de belle taille. La jeune fille était lovée dans l’un des fauteuils. Plus petite que Jemina, et légèrement plus ronde, elle avait de grands yeux sombres – c’était son principal atout – et d’épais cheveux quasiment noirs qui bouclaient de façon naturelle, ce que Jemina lui enviait. Les siens, d’un acajou étincelant, avaient des reflets roux qu’elle n’aimait pas. Sans compter qu’il fallait les encourager avec une extrême vigueur pour espérer obtenir la moindre ondulation !

    Phinnie leva les yeux en la voyant entrer. Elle venait de finir d’écrire dans son journal, qu’elle referma avec précaution avant de mettre en place le minuscule cadenas.

    — Je vais avoir envie de mémoriser ce moment, observa-t-elle en souriant. Je ne serai plus célibataire très longtemps. Je pourrais oublier quelle impression ça fait…

    — Je te le rappellerai, rétorqua Jemina en refermant la porte.

    Elle était contente de se retrouver au chaud. Le vent qui balayait l’océan avait quelque chose de cinglant.

    Phinnie haussa vaguement une épaule.

    — Oh, tu ne resteras peut-être pas toujours célibataire ! s’exclama-t-elle d’une voix enjouée. Tu devrais t’intéresser davantage au sujet… Tu n’as pas besoin d’avoir autant de fortune que moi pour trouver un bon parti.

    Non sans effort, Jemina ravala la réplique mordante qui lui vint aux lèvres à propos de ce qui convenait à chacun. Après tout, le père de Phinnie payait son billet, ainsi qu’il le lui avait déjà été rappelé à deux reprises.

     

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  • [Livre] Le condamné de noël

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    Résumé : Londres, 1868. Alors que la période de Noël commence, Claudine Burroughs ne se sent pas joyeuse à l'idée des bals sans fin, des obligations sociales et des évènements somptueux. Venir en aide aux femmes dans le besoin à la clinique Hester Monk lui a ouvert les yeux sur un autre monde, et le fait que son mari n'approuve pas ce choix la rend malheureuse. Mais les deux univers qu'elle côtoie vont bientôt se rencontrer. Lors d'un gala de Noël, une femme est brutalement battue, et il apparaît rapidement qu'il s'agit d'une prostituée invitée clandestinement par l'un des invités. Le poète Dai Tregarron, accusé d'être l'agresseur, prétend qu'il ne faisait que protéger cette femme contre la violence de trois riches jeunes hommes. Claudine croit en l'histoire de Dai, mais face au rang social qui joue en sa défaveur, comment peut-elle prouver son innocence sans tout risquer ?

     

    Auteur : Anne Perry

     

    Edition : 10/18

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 05 novembre 2015

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Cette nouvelle prend place dans l’univers de la série William Monk. Bien qu’il y ait une enquête, on s’attache plus à la description des mœurs de la bonne société anglaise et de ses dérives.
    Claudine s’attire les foudres de son mari en refusant de laisser un homme aux origines modestes payer pour un crime commis par un fils de bonne famille. Si on ne sait pas immédiatement ce qu’il s’est passé, et lequel de ces gosses de riches est coupable, on se doute dès les premières lignes que Dai Tregarron n’est qu’un bouc émissaire.
    On voit Claudine de battre contre une certaine solidarité de la bonne société mais aussi contre sa condition de femme car, d’un claquement de doigt, son mari peut lui fermer toutes les portes et lui interdire de continuer à se rendre utile à l’hôpital où elle vient en aide aux prostituées, ce qui, pour un homme qui côtoie l’aristocratie et la haute bourgeoisie sans vraiment en faire partie, n’est pas « convenable ». Il aurait sans doute préféré que sa femme s’occupe d’une œuvre de charité mettant moins en avant les réalités de la vie des pauvres. J’ai trouvé cet homme, très donneur de leçon, totalement hypocrite et j’ai adoré voir sa femme lui mettre le nez sur ses contradictions.
    J’ai aussi apprécié que l’auteur n’hésite pas à montrer que si cet homme, bien qu’innocent, n’avait pas eu de son côté une femme de qualité et, grâce à elle, de quelques soutiens dans la bonne société, il aurait été pendu car la police se serait arrêtée à la parole des aristocrates. Elle montre bien à quel point la justice était à deux vitesses (quoi que je ne suis pas sûre que ça ait tellement changé, mais bon).
    C’est une des nouvelles que j’ai préférée car elle ne prétend pas mettre en place une enquête policière en si peu de page. Ici, il s’agit plus de trouver un moyen de prouver l’innocence d’un homme accusé à tort alors que l’on sait déjà qui est le vrai coupable.

    Un extrait : Wallace était planté au milieu du vestibule, son manteau sur le dos. Son mari était un homme imposant, plus gros que ne le laissaient deviner ses costumes onéreux coupés sur mesure. L’impatience qui crispait ses traits dépourvus de charme lui fit comprendre qu’elle l’avait fait attendre.

    Sans lui adresser le moindre compliment sur sa tenue, il l’aida à passer sa cape, puis fit un signe au valet de pied avant de franchir la porte derrière elle. Leur voiture était déjà avancée, prête à les emmener. Le cocher devait connaître l’adresse où ils se rendaient, car Wallace ne lui donna aucune indication.

    Pendant le trajet, ils n’échangèrent pas un seul mot. Il y avait longtemps qu’ils avaient épuisé les sujets de conversation et ne se parlaient plus de leur vie ni de leurs sentiments. Elle imaginait que son mari n’avait pas davantage envie qu’elle de faire semblant. Ils devraient bien assez donner le change au cours de cette soirée. Les autres invités appartenaient tous à la haute société – c’était d’ailleurs pour cette raison précise qu’ils y allaient. Wallace était le conseiller financier très apprécié de plusieurs personnes d’une importance considérable, et Claudine admettait volontiers qu’il le méritait. Outre qu’il était doué, il travaillait d’arrache-pied en vue de cultiver les bonnes relations et ne se dérobait jamais à ce qu’il considérait relever de son devoir. Ce dont il était incapable, c’était de rire et de s’amuser, de faire preuve de gentillesse ou d’imagination. Sans doute était-ce au-delà de ses capacités en même temps qu’inscrit dans sa nature. À de rares moments, Claudine espérait que son mari était plus heureux que lui n’avait su la rendre heureuse.

    Et cependant, ne pas reconnaître qu’elle n’avait jamais manqué de rien eût été injuste. Elle n’avait jamais redouté la lettre ou la visite d’un huissier réclamant une somme qu’elle n’aurait pu payer. Et, autant qu’elle le sache, Wallace ne lui avait jamais menti, de même qu’il n’avait jamais trop bu, ne l’avait jamais mise dans l’embarras en public et ne lui avait probablement jamais été infidèle – ce qu’elle aurait pu comprendre, voire lui pardonner. C’eût été la preuve d’un tempérament passionné qu’il n’avait, hélas, jamais possédé. Loin de susciter son admiration, l’ordre et la rigueur de son mari la mettaient en rage. Il pliait tout, jusqu’aux vieux journaux qu’il repliait avec un soin maniaque, et rangeait systématiquement chaque chose à sa place.

    Mais c’était là des reproches aussi vains que dénués d’intérêt. Si son mari avait compris ce qu’étaient la passion et la solitude, le désir désespéré d’affection, elle aurait pu l’aimer. Et ce n’était pas faute d’avoir essayé.

     

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