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Policiers/Thrillers

  • [Livre] Sauvage

    Je remercie la masse critique de Babelio et les éditions Calman Levy pour cette lecture

     

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    Résumé : De retour à Melbourne après un séjour éprouvant dans sa ville natale, l’agent fédéral Aaron Falk apprend la disparition d’Alice Russell. Cette dernière, qui n’est jamais revenue d’un challenge d’entreprise dans le bush, est son témoin clé dans une affaire de blanchiment d’argent à grande échelle.
    Alors que son enquête plonge Falk au cœur d’une nature magnifique mais impitoyable, surtout en plein hiver, il découvre que tous les participants à ce challenge ont quelque chose à cacher. Et qu’Alice, femme cruelle et insensible, est loin d’être appréciée par ses collègues. Le compte à rebours pour retrouver Alice vivante est enclenché mais, si les langues se délient progressivement, tout le monde ne semble pas prêt à coopérer.


    Auteur : Jane Harper

     

    Edition : Calmann Levy noir

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 04 Avril 2018

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : Après une petite hésitation sur le titre (il a d’abord été annoncé sous le titre « par la force » puis « hostile » avant d’être titré définitivement « Sauvage »), voilà enfin le second roman de Jane Harper entre mes mains.
    Le livre est le second tome des aventures d’Aaron Falk et j’ai cru comprendre qu’il commençait juste après la fin du premier « Canicule ».
    Quelques allusions sont faites à ce premier livre, mais il n’est pas du tout nécessaire de l’avoir lu pour se plonger dans « Sauvage » (Bon, évidement, maintenant je meurs d’envie de lire « Canicule » qui a rejoint ma PAL).
    Le roman est conçu selon une alternance de chapitres que j’ai toujours bien aimé : un chapitre se passe dans le présent, avec l’enquête des policiers, puis un chapitre relate ce qu’il s’est passé. Le but étant que les chapitres traitant du « passé » (ici seulement une semaine plus tôt) finissent par rejoindre ceux du présent.
    La difficulté pour l’auteur est de donner suffisamment d’informations au lecteur pour qu’il ait l’impression d’en savoir plus que les flics, sans pour autant lui dévoiler toute la solution.
    Et Jane Harper y réussi parfaitement. J’étais persuadée de suivre la bonne piste et finalement, tout comme les femmes qui, perdues dans le bush, ont commencé à avoir du mal à s’orienter et par voir des choses là où il n’y avait rien, je me suis complètement laissée embarquée dans la mauvaise direction.
    Même si on espère retrouver Alice, on n’arrive pas à s’attacher à cette femme froide, insensible, méprisante et même carrément méchante. En fait, on espère qu’elle soit retrouvée pour qu’Aaron et sa coéquipière puissent continuer leur enquête de fraude et de blanchiment d’argent sans difficultés et non pour la sauvegarde d’Alice.
    En réalité, je n’ai pas vraiment trouvé l’ensemble des protagonistes sympathique, excepté Aaron, sa coéquipière et le policier de la police locale qui mène les recherches. Chacune des femmes a ses raisons de ne pas vouloir être totalement coopérative. Cependant, de toute, je pense que celle que j’ai préféré est Beth. Certes elle a eu des difficultés dans le passé, mais c’est une battante qui n’a aucunement l’intention de se laisser marcher sur les pieds, sauf pour protéger sa sœur.
    Les quelques critiques que j’ai lues sont unanimes sur le fait que « Canicule » est meilleur que « Sauvage ». Du coup, je suis encore plus impatiente de le lire parce que j’ai déjà trouvé « Sauvage » excellent.
    Un super thriller dépaysant qui met l’accent aussi bien sur l’enquête que sur le bush australien et ses particularités.

     

    Un extrait : Après coup, les quatre femmes qui restaient ne s’accorderaient vraiment que sur deux points. Un : personne n’avait vu le bush engloutir Alice Russel. Et deux : Alice avait la langue si acérée qu’elle pouvait vous blesser.

    Les femmes étaient en retard au lieu de rendez-vous.
    Le groupe des cinq hommes – qui avait atteint le panneau trente-cinq bonnes minutes avant midi, l’heure prévue – ressortir de la forêt en se congratulant. Ils avaient fait du bon boulot. Le responsable du séminaire d’entreprise les attendait, l’air chaleureux et accueillant dans sa polaire rouge réglementaire. Les hommes lancèrent leurs duvets high-tech à l’arrière du minibus, dans lequel ils grimpèrent avec des soupirs de soulagement. A l’intérieur, ils trouvèrent des provisions de fruits secs et des Thermos de café. Les hommes se penchèrent par-dessus la nourriture, tendant plutôt le bras vers le sac contenant leurs téléphones portables, qu’ils avaient dû abandonner dès leur arrivée dans le parc. Retrouvailles.
    Il faisait froid dehors. Rien de changé, de ce côté-là. Le pâle soleil d’hiver n’était apparu qu’une seule fois au cours des quatre jours précédents. Au moins, dans le minibus, on était au sec. Les hommes s’enfoncèrent dans leurs sièges. L’un d’eux balança une blague sur les femmes et leur talent pour lire une carte, et tous éclatèrent de rire. Ils burent du café et attendirent que leurs collègues les rejoignent. Cela faisait trois jours qu’ils ne les avaient pas revus ; ils pouvaient bien patienter encore quelques minutes.
    Ce n’est qu’au bout d’une heure que leur autosatisfaction céda la place à l’irritation. Les uns après les autres, les cinq hommes s’extirpèrent des banquettes moelleuses et firent le cent pas sur la piste de terre. Ils tendaient leurs portables vers le ciel, comme si cette longueur de bras supplémentaire allait suffire pour capter un réseau hors d’atteinte. Ils tapaient des textos impatients que ne recevraient pas leurs moitiés respectives, restées en ville. En retard. On a été retenus. Ces quelques jours avaient paru une éternité, et des douches chaudes et des bières fraîches les attendaient là-bas. Et le boulot, le lendemain.
    Le responsable du séminaire contemplait les arbres.
    Finalement, il décrocha sa radio.

     

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  • [Livre] La dernière carte

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    Résumé : Sven-Gunnar Erlandsson est un homme ordinaire : entraîneur de football apprécié de tous, il mène une existence paisible entouré de sa femme Adrianti, une Singapourienne rencontrée lors d’un voyage en Asie, et de leurs deux enfants. Jusqu’à ce fameux soir où il se rend à une partie de poker et se fait abattre sur le chemin du retour. Dans sa poche, quarte cartes à jouer ainsi qu’un étrange code. Qui les y a mis et pourquoi ?

     

    Auteur : Carin Gerhardsen

     

    Edition : 10/18

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 10 avril 2014

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : 4ème tome des aventures de Conny Sjoberg et son équipe, j’ai été surprise qu’à aucun moment, personne, dans l’équipe, ne fasse allusion à leur collègue, décédé dans des circonstances assez horribles, dans le tome précédent. Il est vrai que ce tome semble se passer un an et demi plus tard, si j’en crois la chronologie apportée par les réflexions à propos du viol de Petra (qui a eu lieu dans le premier tome) que se fait un de ses rares collègues au courant, bien décidé à faire tomber le « deuxième homme ». Mais quand même, quelques allusions à un collègue « tombé au combat », ça m’aurait paru normal.
    Alors qu’ils doivent tous reprendre le travail le lendemain, le sort décide de les faire revenir sur le terrain un jour plus tôt sur la scène d’un crime qui ressemble fort à une exécution. Un homme à été abattu d’une balle dans le dos et achevé d’une dans la nuque.
    Dans sa poche 4 cartes de jeu et une bande papier sur laquelle est inscrite une suite de chiffres et de lettres quasiment illisible.
    Dès le début de cette nouvelle enquête, on rencontre deux nouveaux membres de l’équipe : Hedvig Gerdin, qui reprend un poste après près de 30 ans d’interruption qu’elle a mit à profit pour se perfectionner intellectuellement et qui est assez antipathique au premier abord, toujours assez agressive, mais avec un bon instinct ; et Odd Andersson, très bon policier mais rendu célèbre pour avoir failli aller en finale dans la nouvelle star suédoise, ce qui parfois fait que les adolescentes ont du mal à le voir comme un policier.
    L’enquête part de suite sur la piste du poker, à cause d’une part des cartes retrouvées sur lui et du fait que la victime jouait chaque mois, avec trois camarades, et qu’ils avaient pour habitude, chaque année, de dépenser leurs gains dans un repas bien arrosé.
    Je comprends que les policiers aient immédiatement suivi cette piste qui parait évidente, mais j’ai trouvé que Conny Sjoberg commettait une grossière erreur en refusant d’envisager d’autres pistes sur le seul prétexte qu’elles sont soulevées par Hedvig Gerdin qu’il semble ne pas supporter.
    Il y a des retournements de situation auxquelles je ne m’attendais pas du tout, même si je n’étais en fait pas très loin de la vérité. Je pensais juste que ce n’était pas à ce point, et que ce n’était pas vraiment lié à l’enquête.
    Concernant l’enquête elle-même, comme dans chaque tome, on va jusqu’au bout. Concernant l’affaire du viol de Petra, on a avancé, beaucoup avancé même, mais j’attends le prochain tome où j’espère voir enfin le « deuxième homme » révélé au grand jour et se faire lamentablement écraser par l’équipe !

     

    Un extrait : Elles ont été intenses, ces vacances d’été. Le commissaire Conny Sjöberg a passé de longues journées à rénover sa maison de campagne et autant de longues soirées baignées par la clarté nordique à bien manger et à déguster du vin. Malheureusement, le travail physique n’a pas éliminé les traces de sa gourmandise sur son corps plus tout jeune. Toute la famille est retournée en ville le vendredi pour que les enfants reprennent un rythme de sommeil plus régulier avant la rentrée à la crèche et à l’école maternelle, lundi. La famille a passé le samedi au parc d’attractions Gröna Lund dans une ambiance proche du chaos, avec deux adultes tiraillés dans tous les sens par cinq enfants avec autant d’envies différentes. Le côté positif de la chose, c’est qu’ils peuvent désormais faire des activités ensemble, à présent, tous les enfants sont suffisamment grands pour des projets plus stimulants que des jeux à quatre pattes. Les jumeaux ont bien grandi cet été et se sont beaucoup calmés. Ce qui, combiné aux avancées dans la rénovation de leur exquise maison de la région de Bergslagen, lui procure un sentiment de calme et de libération. Le temps des dodos, landaus, tétines et cris de nourrissons est enfin révolu.

    Et pourtant, ce dimanche matin, il se retrouve quand même réveillé à cinq heures et demie. Mais cette fois, c’est à cause du téléphone.

    *

    Jens Sandén est déjà de retour au travail depuis une semaine. Après son attaque cérébrale de 2007, l’inspecteur âgé de 53 ans, s’est, contre toute attente, totalement repris en main en perdant vingt-deux kilos. Désormais il mange équilibré, fait de longues balades avant le petit déjeuner et ne manque jamais le match de tennis du vendredi matin avec son vieux compagnon d’armes Conny Sjöberg. Globalement, il se sent en pleine forme, et le fait que sa fille légèrement handicapée mentale mène désormais une vie plus rangée facilite les choses. Elle aussi est de retour au travail et a retrouvé ses marques à l’accueil du commissariat.

    Ce matin, Sandén s’est réveillé de lui-même à cinq heures et quart, puis s’est fait cuire un œuf au micro-ondes à l’aide d’un truc acheté dans une boutique design. Il est sur le point d’enfiler son ciré et ses bottes pour sortir faire un tour quand le téléphone sonne et qu’on lui demande de rejoindre au plus vite un lieu situé dans le bois d’Herrängen. Bon, ben…, se résigne-il, ça me fera toujours une balade.

     

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  • [Livre] La comptine des coupables

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    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix! D'ailleurs, j'indique dans la fiche le prix auquel je l'ai acheté, mais si entre-temps une version poche est sortie, je vous mets le lien vers le format le moins cher (après à vous de voir!)

     

    Résumé : À Stockholm, les policiers de la section criminelle du commissariat d'Hammarby sont sous le choc après le meurtre brutal d'une mère philippine et de ses deux enfants. Aucun indice sur le lieu du crime, aucune piste, mais des questions qui s'accumulent. Comment une femme de ménage aux revenus modestes peut-elle s'offrir une maison aussi luxueuse ? Pourquoi le père des enfants, un Suédois, vit-il isolé, presque sans contact avec le monde extérieur ? Le commissaire Conny Sjöberg, à la tête d'une équipe mal en point, peine à faire avancer l'enquête. Lui-même a l'esprit ailleurs... Les secrets, les remords, la culpabilité, voilà des maux qui rongent toutes les familles. Peut-être devrait-il creuser de ce côté-là ?

     

    Auteur : Carin Gerhardsen

     

    Edition : Fleuve noir

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 14 février 2013

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Troisième roman mettant en scène Conny Sjöberg et son équipe, la comptine des coupables montre une équipe plutôt mal en point. Petra affiche une hostilité non déguisée envers le collègue qu’elle estime être le second homme qui l’a violé, sans pour autant le dénoncer. Mais Jamal, qui a toujours été amical et protecteur avec elle est-il réellement un manipulateur sadique ou la victime d’une mise en scène visant à protéger le véritable coupable ? Conny se débat avec la culpabilité d’avoir mis quelques coup de canifs dans son contrat matrimonial ; Jens Sanden fait face aux problèmes de santé qu’il a connu dans les tomes précédents et, même s’il fait ce qu’il faut, ça ne le met pas d’excellente humeur ; quant à Einar Eriksson, l’irascible informaticien semble ne même plus prendre la peine de venir au travail.
    Mais une affaire d’une rare cruauté va les forcer à mettre leurs problèmes personnels de côté. L’équipe de Sjöberg est en effet appelée sur la scène d’un crime sordide : une mère et ses deux enfants de 2 et 4 ans gisent sur le lit, égorgés, presque décapités.
    Alors que l’enquête s’enlise, l’équipe va faire une découverte qui va remettre en question toutes leurs certitudes et presque les diviser.
    Régulièrement, le point de vue change, ce qui nous empêche de nous installer trop confortablement dans le récit et nous oblige à rester constamment sur nos gardes. A chaque fois qu’on pense être sur le point de faire une avancée majeure dans l’enquête, hop, à la place, on découvre un nouveau fait concernant le viol de Petra (je crois connaître le coupable et j’espère qu’il va en prendre plein la tronche dans le prochain tome !!).
    J’ai beaucoup aimé le passage entre ces deux « affaires » qui nous font rester sans cesse sur la brèche.
    Pour une fois, je n’ai pas compris l’identité du coupable avant les enquêteurs et même la manière dont se passe son arrestation a été une surprise car jusqu’au bout j’espérais qu’un évènement n’aurait pas lieu. Je pense que l’équipe aura du mal à s’en remettre !

     

    Un extrait : Petra Westman fait claquer le store de la fenêtre en le remontant. Une lumière grise de mars envahit la chambre et leur permet de l’observer en détail. Sandén jette un regard vers le lit. Les deux enfants reposent sur la couette. Ils portent tous deux un pyjama. Celui du garçon est de couleur rouge, avec une toile d’araignée noire imprimée sur le pantalon et un Spiderman sur la poitrine. Celui de la petite fille est bleu ciel, avec des petits oursons. La mère est vêtue d’un jean et d’une tunique blanche cintrée portée sur un débardeur. Ses pieds sont nus, les ongles recouverts d’un vernis transparent.

    — Il y a beaucoup de sang dans la salle de bains, affirme Sandén. Et aussi sur le sol, tout le long du trajet menant au lit.

    — Il a tué la femme en premier, constate Sjöberg. Pendant que les enfants dormaient dans son lit. Ensuite, il l’a transportée jusqu’ici. Je ne vois aucune trace de lutte. Mais pourquoi assassiner des enfants qui n’ont rien vu ?

    — Peut-être qu’ils savaient quelque chose, suggère Sandén.

    — Le crime passionnel est envisageable. Il y a un homme dans cette famille ?

    — Ben, il y a écrit Larsson sur la porte d’entrée…

    — Et eux n’ont pas l’air de s’appeler Larsson, complète Sjöberg.

    Ils se tournent en même temps vers le lit. Des cheveux noirs luisants, et malgré l’aspect cadavérique, des traits asiatiques joliment ciselés. Autant de preuves qu’ils sont tous les trois originaires d’une contrée éloignée de la Suède.

    — Peut-être la Thaïlande ? propose Sandén.

    — Possible.

    Sur la table de nuit, grand ouvert, se trouve un livre en anglais de comptines pour enfants :

            De quoi sont faits les petits garçons ?

            De quoi sont faits les petits garçons ?

            De grenouilles et d’escargots

            Et de queues de chiots

            Ainsi sont faits les petits garçons.

            De quoi sont faites les petites filles ?

            De quoi sont faites les petites filles ?

            De sucre et d’épices

            Et de tout un tas de délices

            Ainsi sont faites les petites filles.

    — Il est possible qu’elle ait été adoptée, lance Jamal Hamad, inspecteur adjoint d’à peine 30 ans, accroupi sur le seuil de la salle de bains, en train d’étudier ce qui ressemble à une empreinte de semelle sur le bord d’une flaque de sang séché.

    Il se lève et pose son regard sur ses supérieurs hiérarchiques.

    — Il y a un sac à main suspendu au portemanteau de l’entrée, poursuit-il. Est-ce que j’y jette un coup d’œil en faisant attention, pour voir si on y trouve l’identité de la femme ? Comme ça, Einar aura déjà une base de travail avant que Bella en ait terminé.

    Gabriella Hansson, surnommée Bella, et ses techniciens de la police scientifique ne sont pas encore arrivés, mais Sjöberg sait qu’ils sont en route. Comme il fait confiance à l’instinct, il souhaite toujours que lui et son équipe puissent se faire leur propre opinion de la scène de crime avant que les scientifiques de la brigade criminelle s’approprient totalement les lieux.

    — Oui, vas-y, répond-il sans rien ajouter.

    Il a une grande confiance en Jamal et ne voit pas la nécessité de lui préciser la façon d’opérer.

    — Mais d’ailleurs, où est Einar ?

    Sandén manifeste son ignorance d’un haussement d’épaules.

    — Aucune idée, lance Jamal depuis l’entrée.

     

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  • [Livre] Je ne t’oublierai pas

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    Résumé : Geniver n’a jamais fait le deuil de sa fille, disparue à sa naissance il y a huit ans. Mais fissuré par le doute, le souvenir de cette séparation tragique laisse place à l’espoir. Prête à tout pour revoir son enfant, Geniver décide de mener l’enquête…

    Entre effroi et incompréhension, Geniver se retrouve seule face au danger. Les indices sont troublants et la vérité qui se dessine… glaçante.

     

    Auteur : Sophie McKenzie

     

    Edition : France loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution :

     

    Prix moyen : 21€

     

    Mon avis : Pour mon second livre de cet auteur, je n’ai pas été du tout déçue.
    Gen est une femme brisée. Ancien écrivain, elle n’a plus rien écrit depuis la mort in utero de sa petite fille, 8 ans auparavant. Son mari, Art, veut absolument une famille et, peut-être sans vraiment s’en rendre compte, il met une pression énorme sur Gen pour qu’elle retombe enceinte. Comme cela ne s’est pas reproduit naturellement, le couple a recours aux FIV, sans plus de succès. Gen, d’ailleurs, n’est pas très sûre de vouloir subir encore un cycle et de tenter de « remplacer » sa fille mort-née qu’elle a prénommée Beth. Mais cela, elle n’ose pas le dire à son mari, si désireux de fonder une famille.

    Enfoncée dans une déprime qui semble agacer son entourage, Gen reçoit la visite d’une femme qui prétend être la sœur de l’infirmière présente à l’accouchement de Gen, et qui, récemment décédée, lui aurait confiée que la petite Beth, bien loin d’être mort-née, aurait été enlevée avec la complicité de l’anesthésiste, de l’obstétricien et même de son propre mari Art.
    Bouleversée, incrédule, mais saisie par un fol espoir, Gen ne va rencontrer autour d’elle, lorsqu’elle en parle, que colère envers la femme, et condescendance et pitié envers elle.
    Pourtant, ces réactions ne vont pas rassurer Gen qui se lance dans la recherche de la vérité, épaulée par un ancien ami et associé de son mari.
    Au fil de ses recherches, elle découvre des coïncidences troublantes, et surtout découvre un aspect de son mari qu’elle ne connaissait pas, celui d’un manipulateur qui n’hésite pas à détruire la réputation des autres pour protéger la sienne.
    Si la quête de Gen pourrait n’être qu’un vain espoir d’une réalité que beaucoup jugent impossible, que l’enfant ait survécut, puis ait été subtilisé pour être offert peut être au plus offrant, cette recherche, cet espoir, a du moins le mérite de sortir Gen de la dépression dans laquelle elle s’engluait et qui se rapprochait de plus en plus dangereusement de la catatonie.
    Comme souvent dans les thrillers on a, d’une certaine manière deux fins. Le final, a révélation du coupable, si coupable il y a. Et l’épilogue.
    Et bien je peux vous dire que j’ai été bluffé par les deux !
    Si pour la révélation, je me dis qu’on aurait pu découvrir ou du moins deviner une partie de la vérité (mais ce n’était pas gagné, j’ai pensé à beaucoup de monde, à beaucoup de conclusion mais pas à cette explication là !), l’épilogue lui m’a laissé vraiment sur le cul !
    Le seul reproche que j’aurais à faire à cette histoire, et encore ce n’est qu’un demi-reproche, c’est que l’histoire se déroule dans un temps très court et cela nuit au réalisme dans la mesure où on se demande comment une personne lambda qui ne bénéficie pas des moyens de la police peut ainsi trouver pistes et solutions en un claquement de doigt, mais d’un autre côté je comprends parfaitement le désir de rythme effréné, de course contre la montre, qui n’aurait pas eu lieu si l’enquête avait duré des mois.
    Je ne peux que vous conseiller de vous plonger au plus vite dans ce roman !

     

    Un extrait : Concentrée sur ma respiration, j’essaie de ne pas penser à la tempête qui fait rage en moi.

    Art m’aime toujours. Je le sais. S’il ne m’aimait plus, il ne serait pas resté avec moi durant la longue, la terrible année après Beth. Sans parler des six tentatives de fécondation in vitro depuis.

    Seulement, il y a des moments où je me demande s’il m’écoute vraiment. J’ai essayé de lui dire à quel point j’étais lasse de ces visites à la clinique. Des hauts et des bas de la FIV. Près d’un an s’est écoulé depuis notre dernière tentative. À l’époque, j’avais insisté pour faire une pause et M. Tam – comme on le surnomme dans les forums en ligne sur l’infertilité – m’avait soutenue. Art était d’accord – nous espérions l’un et l’autre que je tomberais enceinte de manière naturelle. Il n’y avait vraiment aucune raison pour que cela ne se produise pas – du moins, on n’en avait trouvé aucune. Comme on n’a jamais trouvé aucune raison qui explique l’échec de chacune de nos tentatives de FIV.

    Il y a déjà plusieurs mois qu’Art me pousse à suivre un nouveau traitement. Il a même pris ce rendez-vous pour nous. Mais l’idée de recommencer, la perspective des effets secondaires et des déconvenues qui m’attendent me sont insupportables. Je suis passée par là trop souvent : entamer un cycle, ou gâcher l’occasion d’en entamer un parce qu’on est absent, aller chaque jour à la clinique subir un test, prendre les produits à des heures précises, à des dates précises – tout ça pour découvrir que les follicules ne sont pas assez matures ou assez nombreux, ou que les embryons n’ont pas survécu. Puis le repos pendant un cycle ou deux, la fixation sur la date de l’ovulation, de la menstruation, avant de recommencer. Et ainsi de suite. Et rien de tout cela, rien de rien, ne pourra jamais la ramener.

    Beth. Mon bébé mort-né.

    Je veux dire tout cela à Art, mais il faudrait que je parle de Beth et elle est enfermée à l’abri dans ma tête avec la douleur et le chagrin et je ne veux pas les faire remonter à la surface.

     

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  • [Livre] Qui je suis

     

    Je remercie Babelio et les éditions Mazarine pour cette lecture

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    Résumé : Hattie Hoffman a passé sa vie à jouer de nombreux rôles : la bonne élève, la bonne fille, la bonne petite amie. Mais Hattie rêve d’autre chose, d’une expérience plus intense… et qui se révèle extrêmement périlleuse. Lorsque son corps sauvagement poignardé est découvert, une redoutable onde de choc traverse la ville de Pine Valley.
    Très vite, il apparaît que Hattie entretenait une relation secrète, hautement compromettante et potentiellement explosive. Quelqu’un d’autre était-il au courant ?
    Et jusqu’où cette personne était-elle prête à aller pour mettre fin à cette relation ? Le petit ami de Hattie semble désespéré par sa mort. Son amour profond serait-il devenu une obsession ? Ou l’intrépide Hattie s’est-elle simplement retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment ?

    Auteur : Mindy Mejia

     

    Edition : Mazarine

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 20 Mars 2018

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : Dès le chapitre 2 de ce livre, on entre dans le vif du sujet : Le corps d’une adolescente, clairement assassinée après avoir eu de toute évidence un rapport intime, est retrouvé dans une vieille grange abandonnée de la petite ville de Pine Valley. Son identité est rapidement établie : il s’agit d’une adolescente de 18 ans : Henrietta, dite Hattie, bonne élève, travailleuse, talentueuse, sérieuse, bref la gosse idéale.
    Sauf qu’au fil des pages, qui alternent entre le présent avec l’enquête menée par Del, le shérif de la ville et la dernière année de la vie de Hattie racontée alternativement par la jeune fille et par Peter, son professeur d’anglais, on se rend vite compte que la jeune fille était loin, très loin d’être parfaite.
    Hattie semble jouer un rôle, ou plutôt des rôles, en permanence. Elle fait ce qu’il faut pour être appréciée et change carrément de personnalité selon la personne avec qui elle interagit. Elle semble voir son entourage comme des personnages de théâtre sans importances sur lesquels elle exerce son talent en attendant d’aller s’installer à New York.
    Franchement, je ne l’ai pas trouvé vraiment sympathique. J’étais touchée qu’elle ait été tuée et je voulais vraiment qu’on trouve le coupable, mais Hattie m’est apparue comme une manipulatrice. Je n’ai rien contre le fait qu’elle veuille plus que tout quitter sa petite ville pour New York, ni même qu’elle dise à la plupart des gens ce qu’ils veulent entendre parce que dans ces petites villes qui tiennent plus du village, vouloir autre chose est presque une hérésie et je n’ai pas été choquée qu’elle veuille donner le change pour qu’on lui foute la paix. Mais entre dire : « bien sûr qu’une université tout près d’ici reste une option » alors qu’elle pense : « plutôt manger de la mort aux rats » et certaines de ses attitudes, il y a un monde. Hattie ne se contente pas de faire en sorte d’avoir la paix, elle joue avec les gens, et ça, ça a eu du mal à passer.
    De la même manière, j’ai eu beaucoup de mal avec la femme de Peter. Elle a épousé son mari en sachant que c’était un citadin et que toute sa vie était en ville ; déjà, je le trouve gentil d’accepter d’aller s’installer dans un trou perdu sous prétexte qu’une vieille femme sénile refuse de quitter une ferme qu’elle est incapable d’exploiter, mais l’attitude de Marie Beth est vraiment lamentable. Pour ne citer qu’un exemple ? Alors que son mari est végétarien et très sensible à la souffrance animale, elle décapite une poule sous ses yeux, sans le prévenir, comme une provocation. Et après elle fait la victime parce qu’il lui dit qu’il ne veut pas rester vivre dans la ferme ?
    En revanche j’ai beaucoup aimé Del qui essaie de résoudre un meurtre alors qu’il n’y a jamais pire qu’un peu de braconnage ou des bagarre d’ivrogne dans sa ville. J’ai aimé voir qu’il était coincé dans son enquête par les délais pour les analyses scientifiques (jusqu’à 1 an pour un résultat ADN !), qu’il fasse ressentir que si pour lui et pour la ville Hattie est importante, pour l’employé qui analyse des éléments de preuves pour tout le comté, elle n’est qu’un dossier anonyme parmi d’autres…
    Pendant tout le livre, j’ai hésité sur l’identité du coupable. Je me demandais si le coupable était celui qui avait eu des rapports sexuel avec Hattie juste avant sa mort ou si quelqu’un d’autre avait pu arriver après le départ du premier. J’ai soupçonné tout le monde, jusqu’à la propre mère de l’adolescente.
    Et pile au moment où j’ai cru avoir tout compris : tout a été remis en cause !
    Au final, je me suis faite complétement balader, mais j’ai adoré ça !

     

    Un extrait : La fille morte gisait sur le dos, dans un coin de la grange abandonnée d’Erickson, à moitié immergée dans l’eau du lac qui recouvrait la partie inférieure du plancher affaissé. Ses mains reposaient sur sa poitrine, sur un vêtement à fanfreluches taché de sang qui avait dû être une robe, et, sous l’ourlet, ses jambes s’étendaient dans l’eau, nues et choquantes, gonflées, aussi larges que ses hanches, flottant comme des lamantins dans un lagon sale. Le haut du corps n’avait plus aucun lien avec ces jambes. J’avais déjà vu des corps amputés et aussi pas mal de noyés, mais jamais les deux cauchemars réunis sur un même cadavre. Si son visage mutilé interdisait toute identification, il n’y avait qu’une seule jeune fille portée disparue dans tout le comté.
    « C’est sûrement Hattie. »
    Commentaire de Jake, mon adjoint.
    Le standard avait reçu un appel du plus jeune des fils Sanders, qui avait découvert le corps en venant ici en douce avec une fille. Il y avait une flaque de vomi encore frais juste derrière la porte voilée, là où l’un des deux avait rendu son repas avant qu’ils décampent. Je ne savais pas si c’était le vomi ou la puanteur de la mort qui provoqua un haut-le-cœur chez Jake quand nous entrâmes. En temps normal, je n’aurais pas manqué de le charrier, mais pas là. Pas en voyant ça.
    Je décrochai l’appareil photo fixé à ma ceinture et me mis à la photographier, en essayant de la prendre sous tous les angles, sans glisser dans l’eau à côté d’elle.
    « On ne sait pas encore si c’est Hattie. »
    Malgré cette pierre qui me pesait sur l’estomac tout à coup, nous étions obligés de suivre la procédure.
    Dès que nous étions entrés, j’avais appelé le laboratoire de la police de la grande ville et demandé qu’une équipe d’experts vienne étiqueter et emballer le moindre indice. Nous avions environ une heure devant nous avant leur arrivée.
    « Qui ça pourrait être sinon ? »

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  • [Livre] Duelle

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    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix! D'ailleurs, j'indique dans la fiche le prix auquel je l'ai acheté, mais si entre-temps une version poche est sortie, je vous mets le lien vers le format le moins cher (après à vous de voir!)

     

    Résumé : Abandonnée par sa mère à la naissance, Lucy a néanmoins vécu une enfance heureuse au sein de sa famille d'adoption. Aujourd'hui, elle mène une existence sans histoire entre son mari et leurs deux enfants. Mais le jour où l'équipe de Devine qui est là ? frappe à sa porte, son destin bascule. Il s'agit d'une émission de télé-réalité qui se propose de réunir ceux que la vie a séparés. Lucy n'a aucun doute sa mère biologique cherche à la retrouver. Elle a quinze jours pour se préparer à cette rencontre. Quinze jours d'excitation, d'angoisse et d'appréhension. Mais au fil du temps, la jeune femme n'est plus sûre de rien... Et s'il s'agissait de quelqu'un d'autre ? La confrontation aura bien lieu, surprenante, inattendue, qui fera éclater un bouleversant secret, conduisant Lucy aux confins de l'enfer, là où le rêve devient cauchemar.

     

    Auteur : Barbara Abel

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2014

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Après « Derrière la haine » et « Je sais pas », j’ai longé sans appréhensions dans ce troisième roman de Barbara Abel qui n’a fait que confirmer mon amour absolu pour cet auteur.
    C’est rare que j’aime avec autant d’intensité tous les livres d’un auteur. Souvent il y en a au moins un que je trouve « bon, mais pas autant que les autres ». Alors certes, je n’ai lu que trois livres de Barbara Abel, mais pour l’instant, je serais bien en peine de faire un classement entre les trois.
    Pour une fois, le quatrième de couverture n’en dévoile pas trop. Il a l’air détaillé comme ça, mais en réalité, il ne fait que résumer les trente à cinquante premières pages. L’intrigue, la vraie, celle que l’on suit tout au long du roman, commence après que Lucy ait participé à l’émission et donc ait découvert qui cherchait à la retrouver.
    Barbara Abel prend tout son temps pour tisser sa toile autour de ses personnages, autant dire que ceux qui ont la patience d’une mouette devant un étal de poissonnier peuvent passer leur chemin, merci d’être passés !
    Connaissant un peu Barbara Abel, à présent, je ne me suis pas trop fiée à la première impression. Quand on commence le livre on se dit que tout est dit, qu’on voit tout à fait ce qu’il va se passer.
    Alors oui… mais non…
    Certaines de mes certitudes se sont révélées vraies, mais ce n’était pas pour autant que je n’ai pas eu de surprises !
    A vrai dire, il y a un certain évènement que je voyais venir, mais la surprise a été la raison pour laquelle il survient. Je ne me doutais absolument pas de ce que nous préparait l’auteur. Autant dire que je ne m’attendais pas non plus à la suite des évènements !
    Ce que j’aime le plus, que ce soit dans ce livre ou dans les deux autres que j’ai lu, c’est que tout part d’une histoire banale, une vie que n’importe qui pourrait vivre. Ici, l’histoire commence avec Lucy, adoptée à la naissance, qui se pose des questions sur sa mère biologique mais qui n’a jamais osé entreprendre des démarches de peur d’une part d’être déçue et de l’autre de faire de la peine à celle qui l’a élevée et qui reste sa « vraie » maman. Un environnement normal, des métiers tout ce qu’il y a de plus banals… et puis, petit à petit, presque imperceptiblement, on bascule dans quelque chose de noir, de glauque, de complètement fou.
    Les retournements de situations sont nombreux, mais bien amenés et aucun ne tombe comme un cheveu sur la soupe.
    J’ai deux livres de Barbara Abel dans ma PAL dont un que j’ai prévu de lire en janvier et je peux vous dire que je suis impatiente de me plonger à nouveau dans cette écriture et cette imagination !

     

    Un extrait : — Je ne dis pas que ce n’est pas une bonne nouvelle… Je dis juste que je ne sais pas si, moi, j’ai envie d’être exposé comme ça aux médias ! Ni mes enfants d’ailleurs !

    Yves tourne en rond dans la cuisine. Lucy est installée à table, avec les enfants qui, tout en mangeant, ne perdent pas une miette de la conversation orageuse de leurs parents. La surprenante nouvelle n’a pas eu l’effet escompté auprès du mari. Après avoir écouté Lucy d’une oreille circonspecte, Yves a lâché un grognement pour le moins réprobateur. Puis il a posé ses questions, sur un ton plutôt froid. Comptait-elle se rendre à cette émission ? Sous le coup de la surprise, Lucy a éclaté de rire. Bien sûr qu’elle comptait s’y rendre ! Yves a toisé sa femme d’un regard froid. Et lui, devait-il également se prêter à ce jeu de cons ? De plus en plus ébahie, Lucy a gardé le silence pendant quelques secondes, avant d’expliquer d’une voix sourde qu’il ne s’agissait nullement d’un jeu de cons, mais plutôt d’un moment terriblement important de son existence. Sa véritable mère cherchait à la retrouver. Pour la première fois de sa vie, elle allait être confrontée à sa propre histoire, et peut-être même recevoir les réponses qu’elle attend depuis si longtemps.

    — Ce n’est pas toi qui seras exposé aux médias ! rétorque Lucy d’une voix nerveuse. C’est moi qu’on essaie de retrouver. Yves ! Tu le sais, cela fait des années que j’y pense. Et aujourd’hui, c’est elle qui vient me chercher. Je ne peux pas lui dire non !

    — Ça aussi, ça me fait bien rire ! raille-t-il en serrant les dents. Elle t’abandonne à la naissance, et tout à coup, elle nous envoie une équipe de télévision pour venir te chercher. Tu m’excuseras, mais je trouve son attitude un peu légère ! Si elle avait réellement eu envie de te retrouver, pourquoi faire appel à cette émission de merde ? Pourquoi…

    — On ne peut pas dire « merde », papa ! corrige Léa sans lever le nez de son assiette.

    Lucy foudroie son mari du regard.

    — Si elle a fait appel à cette émission, c’est qu’elle me cherche depuis longtemps sans parvenir à me retrouver toute seule ! réplique-t-elle en baissant le ton afin de calmer le jeu. Elle ne sait pas que mes parents adoptifs sont partis vivre en Belgique. Elle a dû me chercher dans toute la France… Et elle ne connaît même pas mon nom de jeune fille ! C’est pour cela qu’ils ont accepté sa demande. Ils ne s’occupent que des cas désespérés.

    — C’est des conneries ! ricane Yves sans se soucier du coup d’œil furibond que lui lance une nouvelle fois Lucy. Ils prennent n’importe quoi pourvu que ça leur assure un minimum d’audience. Je le connais, moi, le beau monde des médias ! J’y travaille, je sais quelles sont les intentions de ces gens-là ! Ils ne s’embarrassent ni des véritables motivations des gens, ni des dégâts que leur foutue émission provoque dans leur vie privée. Et une femme qui a abandonné son gosse à la naissance et qui cherche à le retrouver trente-cinq plus tard, ça fait vendre !

    Lucy laisse échapper un gros soupir d’exaspération :

    — Bien sûr ! Ce sont tous des sal… d’ignobles individus qui ne cherchent qu’à s’enrichir sur le dos des gens. Et tu as peut-être raison ! Mais tu vois, ça m’est bien égal. Tout ce qui m’importe aujourd’hui, c’est de savoir que ma mère me cherche. C’est un rendez-vous que je ne manquerais pour rien au monde.

     

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  • [Livre] Avec tes yeux

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    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix! D'ailleurs, j'indique dans la fiche le prix auquel je l'ai acheté, mais si entre-temps une version poche est sortie, je vous mets le lien vers le format le moins cher (après à vous de voir!)

     

    Résumé : Thomas ne croit que ce qu'il voit, mais personne ne le croit. Depuis quelque temps, Thomas fait des rêves atroces. D'épouvantables rêves qui le réveillent en sursaut et morcellent son sommeil qu'il a déjà fragile. Si ce n'était que ça ! Après une séance d'hypnose destinée à régler ses problèmes d'insomnie, il est en proie à des visions. Il se voit, à travers les yeux d'un autre, torturant une jeune femme... Persuadé qu'un meurtre est effectivement en train de se produire, il part à la recherche de la victime. Le cauchemar de Thomas ne fait que commencer.

     

    Auteur : Sire Cedric

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 09 Mars 2017

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’ai découvert Sire Cedric il y a peu avec son roman « du feu de l’enfer », j’avais lu, il y a longtemps « L’enfant des cimetières » et je n’avais pas été convaincue, du coup j’avais mis l’auteur de côté alors que j’ai plusieurs de ses bouquins.
    Du feu de l’enfer m’a réconciliée avec son œuvre, et cela se confirme avec « Avec tes yeux » (il n’est pas exclu que je relise un de ces jours « L’enfant des cimetières », je n’étais peut être pas dans le bon état d’esprit quand je l’ai lu la première fois).
    Dans ce roman, la première chose qui m’a frappée, c’est l’antipathie immédiate que j’ai ressentie envers Nathalie. Je l’ai trouvée geignarde, toujours à rejeter ses fautes sur les autres. Ok, son père abuse sûrement de son pouvoir pour la brider, mais tout au long du roman, je me suis dit : mais t’es juste une mauvaise flic. Faut dire que la voir choisir des coupables puis tout faire pour que les preuves aillent dans son sens (alors qu’elle n’est pas chargée de l’enquête) m’a juste exaspérée.

    Mais bon, il faut bien ne pas supporter au moins un personnage dans un roman, sinon on est au pays des bisounours. Et les romans de Sire Cedric se déroulent dans tout ce que vous voulez, mais certainement pas le pays des bisounours.
    Et donc ceci explique que non seulement je n’ai pas dormi la première nuit parce que je voulais savoir la suite, mais je n’ai pas non plus dormi la nuit suivante parce qu’il fallait que je me remette de l’histoire (et surtout de sa fin !!!).
    L’auteur ne nous épargne rien, aucune description. Et ce que ressent Thomas lorsqu’il assiste aux meurtres à travers les yeux du meurtrier, nous le ressentons aussi à travers ces descriptions. Si Thomas ne peut pas échapper à ces visions d’horreur, nous ne sommes pas mieux lotis car il nous est impossible de passer le paragraphe de peur de rater un élément essentiel.
    Je ne suis pas trop versée dans le SF et c’est ce que j’aime dans ce livre : il y a du paranormal, certes, mais ce n’est pas exagéré. C’est présent, mais raconté de telle manière que cela s’intègre parfaitement dans l’histoire et qu’on y croit, sans avoir l’impression de ridicule qui arrive souvent quand on tente de mélanger deux genres. Dans ce livre, il y aurait presque une explication scientifique aux phénomènes paranormaux. Une explication qui nous fait dire : oui, pourquoi pas, après tout, on ne connait pas toutes les réponses.
    La force du roman est l’absence de temps morts. Même quand le rythme s’adoucit, ce n’est jamais pour longtemps, juste le temps de reprendre son souffle avant de replonger dans la tension et l’horreur.
    J’ai également beaucoup aimé que l’enquête, que ce soit l’officielle ou celle que mène Thomas, ne soit pas facile et ne se résolve pas en un claquement de doigt.
    D’un bout à l’autre du livre, on peut faire comme Thomas, et ne croire que ce que l’on voit, ça n’empêchera pour autant pas Sire Cedric de nous balader à sa guise dans l’intrigue et de nous surprendre sans cesse jusqu’au dénouement, que j’aurais bien été en peine de deviner !

     

    Un extrait : Après avoir bu un demi-litre de café, Thomas allume le téléviseur. Il choisit une chaîne d’info en continu. La météo annonce une alternance de pluie et de soleil pour toute la semaine, avec des températures normales pour un mois d’avril. Thomas tourne en rond dans l’appartement. L’esprit ailleurs.

    Il ne sait toujours pas quoi ressentir. Il a relu le mot de rupture vingt fois, et il s’efforce d’intégrer l’idée que Sophie vient de le quitter.

    Il se doutait que cela finirait par arriver, bien sûr. Comment aurait-il pu en être autrement ?

    Mais ce n’était pas encore réel. Pas avant aujourd’hui.

    Qu’à cela ne tienne, se dit-il. C’est comme ça.

    Déjà 9 heures. Il va prendre une douche. Autour de lui, les étagères de la salle de bains sont pleines des produits de beauté de Sophie. Sels de bain, crèmes de douche, masques, bougies parfumées… Sans oublier tous les appareils qui lui appartiennent, ses trois lisseurs de cheveux, son pistolet épilateur à lumière pulsée et ainsi de suite. Il faudra bien qu’elle revienne pour tout emporter. L’appartement est plein à craquer de ses affaires. Où les emmènera-t-elle ? Où ira-t-elle vivre maintenant ?

    Trop de questions. Trop de stress. Trop d’émotions qu’il ne sait comment gérer. Il s’habille machinalement, puis remplit un nouveau mug de café qu’il va boire dans le canapé. À la télévision, deux hommes politiques débattent. Il est question de l’incendie d’une synagogue de l’Essonne, un attentat attribué aux milieux islamistes radicaux, selon les premiers éléments de l’enquête. Des images de murs carbonisés défilent. Des bribes de tags antisémites. Retour des chambres à gaz. Vengeance Palestine. Mort à Israël. On évoque l’action d’un véritable commando, cagoulé et armé, criant des slogans islamiques pendant l’attaque, et aussi le fait qu’il y aurait une victime, une adolescente de seulement treize ans, rouée de coups et abandonnée dans l’incendie, qui serait entre la vie et la mort à l’hôpital. Le sujet enflamme les passions, forcément, et sur le plateau télévisé le ton monte. Un des invités s’en prend à l’Islam de manière virulente, tandis que l’autre accuse au contraire la politique d’Israël de jeter de l’huile sur le brasier, et rappelle qu’on parle moins des attaques de mosquée, tout aussi nombreuses dans le pays.

    Thomas éteint la télé sans remords, il ne se sent pas concerné. Et il est assez déprimé comme ça.

    Son mug de café est vide. Il fait la vaisselle, tout en regardant du coin de l’œil l’heure défiler.

    À 10 h 30, il se dit qu’il devrait se mettre en route.

    Cela fait des mois qu’il repousse ce rendez-vous. Mais il a finalement appelé le médecin qu’on lui a conseillé.

    Au vu des circonstances, c’est un jour tout à fait indiqué pour un nouveau départ.

     

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  • [Livre] Les suicidées

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    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix! D'ailleurs, j'indique dans la fiche le prix auquel je l'ai acheté, mais si entre-temps une version poche est sortie, je vous mets le lien vers le format le moins cher (après à vous de voir!)

     

    Résumé : Tony Hill fait à nouveau équipe avec Carol Jordan sur une affaire de meurtres en série maquillés en suicide. Les victimes, des féministes actives sur Internet, ont été l'objet de cyber harcèlement et des livres de Sylvia Plath et Virginia Woolf sont retrouvés près de leurs corps. Une brillante hackeuse vient en aide au duo pour traquer le tueur.

     

    Auteur : Val McDermid

     

    Edition : Flammarion

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 22 mars 2017

     

    Prix moyen : 21€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce livre qui se distingue des autres thrillers que j’ai l’habitude de lire.
    Ici, si nous, lecteurs, savons qu’il y a bien un meurtrier et connaissons ses motivations, bien qu’on ne connaisse pas son identité, il n’en est pas de même pour l’équipe d’enquêteurs.
    En effet, comme le titre l’indique, les femmes retrouvées mortes se sont suicidées. C’est du moins ce que laisse penser les apparences. Et comme les différents services de police ne communiquent pas sur les suicides, bien évidemment, personne ne s’inquiète de trouver un point commun entre ces morts.
    Jusqu’à ce que Tony Hill soit interloqué par un détail et qu’il le livre en pâture à Carol Jordan pour la détourner de son addiction à l’alcool.
    Car l’enquête, au début, n’est rien d’autre que cela : une distraction.
    Jusqu’à ce que Carol soit placée à la tête d’une nouvelle équipe pilote de la police anglaise : une brigade volante spécialisée dans les homicides et autres crimes violents, sur lesquels les policiers lambda ne sont pas vraiment formés, et qui va couvrir plusieurs secteurs.
    Au début, Carol Jordan apparaît comme extrêmement antipathique en plus d’être clairement alcoolique. Mais rapidement, j’ai eu l’impression que, comme l’alcool, son attitude n’était qu’un masque destiné à se protéger de ses propres émotions. Il faut dire que les quelques bribes d’informations qu’on a sur son passé ne sont pas des plus joyeuses. Moi aussi, à sa place j’aurais sombrée dans l’alcool.
    Les personnages étant présents dans les livres précédents de l’auteur, on ne nous refait pas leur biographie, mais j’ai trouvé que leur comportement était suffisamment expliqué, ce qui n’empêche pas d’aller lire les autres livres si on veut leurs histoires dans le détail.
    Quant à l’enquête, j’ai particulièrement apprécié le fait qu’on n’avait pas droit, comme souvent dans les thrillers, à quelque chose d’époustouflant, avec des rebondissements de folies, des enquêteurs qui manquent de se faire tuer à tous les coins de rue…etc… J’ai trouvé cette enquête très réaliste : les enquêteurs cherchent, ne savent pas toujours vraiment ce qu’ils cherchent d’ailleurs, ils tâtonnent, ils ne savent pas, ne sont pas sûrs, ils avancent un peu par à-coup et parfois à la faveur d’un coup de bol. Quand ils font une avancée majeure, tout s’accélèrent soudain parce qu’ils ne vont plus être en phase de recherches mais en phase d’action.
    Le fait d'en savoir parfois, souvent même, plus que les enquêteurs a été pour moi un plus. J'avais envie de secouer le livre en criant: "mais non, pas ça!! Là à côté, juste à côté!!!" (Avec en voix off: "ils t'entendent pas, tu sais?").
    J’ai vraiment passé un excellent moment avec cette enquête et je n’hésiterais pas à tenter un autre roman de l’auteur.

     

    Un extrait : Le week-end, c'était idéal. Il ne travaillait pas, si bien qu'il était plus facile pour lui de surveiller les femmes qui l'intéressaient. La plupart du temps, elles ne travaillaient pas non plus ces jours-là, ce qui lui permettait d'observer leurs habitudes et de réfléchir au meilleur moyen de les tuer.

    Il savait observer. Ses professeurs, et plus tard ses employeurs, avaient toujours remarqué l'attention qu'il portait aux détails. Il ne se lançait jamais dans un projet sans en avoir au préalable mesuré les risques et les possibilités. La première fois qu'il avait tué, ça l'avait secoué mais il n'en avait pas moins suivi son plan à la lettre. Plus tard, il avait compris que cet acte avait été pour lui le début d'une nouvelle mission. Une mission qui occupait maintenant une place centrale dans sa vie.

    Comme aujourd'hui. Il n'avait pas encore déterminé qui serait la prochaine. Il avait plusieurs noms en tête et savait comment il allait tuer celle qu'il choisirait. Il ne restait plus qu'à s'assurer de la logistique. Quand on prévoyait de pendre quelqu'un, il fallait être sûr d'avoir le bon support. Il n'était pas pressé. Le souvenir de la précédente était encore frais dans sa mémoire, source de profonde satisfaction. Exécuté à la perfection.

    Celle-ci cependant… elle remplissait tous les critères. Mais il n'allait pas prendre de décision trop hâtive. Pas comme la première fois où il s'était lancé dans cette aventure, selon l'expression qu'il affectionnait. Se remémorer cette expérience alors qu'il observait une maison où il ne se passait rien était excitant. Excitant mais stressant, aussi. Tout aurait pu tellement mal se dérouler.

    C'était si inattendu de la voir seule qu'il en avait perdu l'équilibre. Il s'était égratigné les doigts contre le mur de briques et avait légèrement saigné. Il avait eu du mal à y croire, mais elle était bel et bien seule. Pas de garde du corps, pas de chauffeur, pas d'assistante, aucune de ces sales bonnes femmes qui jacassaient sans arrêt et lui apportaient leur soutien. Rien qu'elle, descendant à grands pas les cinq marches du perron pour gagner l'étroite allée gravillonnée séparant sa jolie maison de la rue où étaient relégués les gens comme lui. Il s'attendait presque à voir la porte s'ouvrir de nouveau pour laisser un ou plusieurs de ses employés lui emboîter le pas, la rattraper avant qu'elle n'atteigne le portillon.

    Mais non. Il n'y avait personne. Rien qu'elle.

     

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  • [Livre] Les nouveaux voisins

    Je remercie la masse critique de Babelio et les éditions Michel Lafon pour cette lecture

     

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    Résumé : Peut-on faire confiance à ceux qui nous entourent ?
    Julie Prentice, son mari Daniel et leurs jumeaux de six ans emménagent à Cincinnati pour échapper à une femme qui a harcelé Julie après la parution de son roman Le Jeu de l'assassin, devenu un best-seller. Un charmant quartier résidentiel semble l'endroit parfait pour un nouveau départ.
    Mais la présidente de l'association du quartier ne leur rend pas la tâche facile. À grand renfort d'e-mails et de lettres sur les règles de bonne conduite à suivre, elle régit la vie de tous et oppresse Julie qui doit faire face à la curiosité du voisinage.
    Lorsqu'elle reçoit des menaces, Julie prend peur : sont-elles le fait de sa harceleuse ou de voisins malveillants ? Alors que la tension monte, les ennemis se révèlent et le calme apparent d'une rue sans histoires se transforme en cauchemar.

     

    Auteur : Catherine Mckenzie

     

    Edition : Michel Lafon

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 11 janvier 2018

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne voit pas passer les 400 pages de ce livre. Sa construction est vraiment faite pour faire monter le stress ! On alterne entre deux moments : aujourd’hui qui est du point de vue de John et le récit de ce qu’il s’est passé en commençant 12 mois plus tôt et en avançant dans le temps. Dans ce second récit, on alterne encore cette fois entre deux points de vue : celui de Julie et celui de John. Enfin, tous les trois chapitres (donc si vous me suivez bien on a par exemple « aujourd’hui », « douze mois plus tôt – John », « douze mois plus tôt – Julie ») on peut lire un des mails envoyé par Cindy, la fondatrice et présidente auto-proclamée de l’association de quartier, qui tyrannise tout le monde.
    Dès le début, dès le premier chapitre « aujourd’hui », on sait qu’il s’est passé quelque chose. Quelque chose de grave qui implique la famille de John. Mais on ne sait pas quoi. Au fur et à mesure de la lecture, l’impression qu’un drame a eu lieu se précise, mais non seulement on ne sait pas ce qu’il s’est passé exactement, on ne sait pas qui dans la famille de John est sur la sellette, mais on ne sait pas non plus qu’est ce qui a provoqué le drame qu’on pressent.
    A plusieurs reprises, l’auteur met l’accent sur Julie en la montrant comme une femme qui a perdu pied à un moment de sa vie et qui, aujourd’hui, est devenue parano et dont l’attitude va provoquer certains des événements. Personnellement, j’ai trouvé que Julie avait toutes les raisons de se montrer un peu parano. D’ailleurs, est-on parano quand on a raison et qu’il se passe vraiment quelque chose de pas normal ?
    En revanche, je n’ai pas supporté Hanna, la femme de John. Je l’ai trouvé vraiment cinglé et odieuse.
    Cindy aussi, mais c’est un tigre de papier. Si tout le monde lui avait dit d’aller se faire voir avec son règlement à la con, elle se serait dégonflée comme une baudruche. Le seul point où j’ai été d’accord avec elle, ça a été l’histoire des ralentisseurs parce que je pense qu’il devrait y en avoir dans toutes les zones résidentielles.
    J’ai trouvé la fin parfaite mais, seul point négatif, j’aurais aimé en savoir plus sur Heather, la harceleuse qui a poussé Julie et sa famille à déménager et dont on parle régulièrement.
    L’auteur a écrit un thriller psychologique vraiment prenant, difficile à lâcher avant les révélations qui n’ont lieu qu’à la dernière ligne, ou presque.

     

    Un extrait : Le premier matin dans notre nouvelle maison, je me levai au point du jour, enfilai le survêtement que j’avais laissé au bout du lit, et me faufilai par la porte de devant avec notre berger allemand, Sandy, en faisant aussi peu de bruit que possible.
    Nous étions début octobre. L’aube avait la fraîcheur vivifiante de l’automne. Je tirai la fermeture éclair de mon jogging, remontai la capuche, et écartai mes cheveux de mes yeux. Sandy haletait à côté de moi, son souffle formant un nuage autour de son museau noir.
    Les maisons de notre nouvelle rue étaient une explosion de couleur. C’était pour cela que j’avais choisi ce quartier. Ses rues vallonnées et ses maisons resserrées me rappelaient San Francisco, avec une touche de Cape Cod pour faire bonne mesure.
    Construites sur les flancs de Mount Adams, l’une des sept collines de Cincinnati, les maisons sont hautes et étroites, avec des enduits peints ou des bardeaux usés. Plus loin derrière coule la rivière Ohio, joyeux mélange de vert et de bleu. Il y a une grande église de pierre au sommet de la rue, de discrets chemins arborés, et une petite rue commerçante pleine de jolies boutiques et de restaurants en brique rouge à quelques pâtés de maisons de là.
    Je n’étais jamais allée à Cincinnati avant que nous nous installions ici, ce qui, je dois l’admettre, faisait partie de son attrait. Partir pour un endroit entièrement nouveau, vierge de mon passé, semblait être la meilleure solution face au désastre qu’était devenue ma vie. J’avais passé des semaines à étudier les cartes de la région avant de déménager, pour pouvoir me repérer et débuter ma nouvelle vie sans entrave.
    Je me récitai intérieurement la route d’Eden Park en courant vers le bas de la colline. J’avais choisi un chemin simple : Parkside jusqu’à Martin Drive, qui me mènerait jusqu’au bosquet des Ecrivains.
    Du moins, je l’espérais.

     

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  • [Livre] Le nom de la Rose

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    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix! D'ailleurs, j'indique dans la fiche le prix auquel je l'ai acheté, mais si entre-temps une version poche est sortie, je vous mets le lien vers le format le moins cher (après à vous de voir!)



    Résumé : Rien ne va plus dans la chrétienté. Rebelles à toute autorité, des bandes d'hérétiques sillonnent les royaumes et servent à leur insu le jeu impitoyable des pouvoirs. En arrivant dans le havre de sérénité et de neutralité qu'est l'abbaye située entre Provence et Ligurie, en l'an de grâce et de disgrâce 1327, l'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville, accompagné de son secrétaire, se voit prié par l'abbé de découvrir qui a poussé un des moines à se fracasser les os au pied des vénérables murailles. Crimes, stupre, vice, hérésie, tout va alors advenir en l'espace de sept jours.

     

    Auteur : Umberto Eco

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : Novembre 1983

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Chose rare : j’ai préféré le film. Et pas uniquement parce que Sean Connery tient le rôle principal (quoique).
    Le livre est, comment dire… Pas facile (c’est un euphémisme).
    Déjà le côté thriller est très en retrait alors que le livre est quand même classé en thriller historique. On pourrait se dire que l’essentiel du livre va donc être focalisé sur l’enquête que doit mener Guillaume. Mais que nenni (pour rester dans l’ambiance), on va être bien plus dans les questions existentielles et spirituelles d’Adso, dans les désaccords spirituels et surtout politiques qui opposent l’empereur germanique au pape d’Avignon, dans la question de savoir si la connaissance doit être à la portée de tous ou dissimulée pour l’usage de quelques élus.
    Cela aurait pu être tout aussi intéressant que la trame policière s’il n’y avait eu le latin.
    Umberto Eco a écrit son livre comme si c’était réellement l’œuvre d’un moinillon du XIVe siècle. Il n’a fait aucun effort pour adapter l’histoire au lecteur moderne et donc, tous les paragraphes, on se prend dans les dents de une phrase à un bon paragraphe en latin. (qui, traduction vérifiée à la fin du livre, n’apporte rien qui n’aurait pu être dit en français.)
    Moi qui n’aime guère la philosophie, je me suis retrouvée embarquée dans un livre qui se compose à 80% de philosophie et de religion pour 15% de questionnement d’Adso sur ses envies de mortel et 5% d’intrigue.
    Autant dire que je me suis ennuyée une bonne partie du livre et que ça a été très dur d’en venir à bout.
    De toute évidence Umberto Eco était plus intéressé par le réalisme des questionnements et de la manière de s’exprimer d’autrefois que par le rythme de l’histoire.
    Pour paraphraser un des professeurs de Marcel Pagnol : « Que c’est long, messieurs, que c’est long ! ».
    Je suis contente d’être arrivée au bout de ma lecture mais je ne pense pas que je retenterais de lire cet auteur. Je préfère les livres qui ne se perdent pas autant en conjectures.

     

    Un extrait : C’était une belle matinée de la fin novembre. Dans la nuit, il avait neigé un peu, mais le terrain était recouvert d’un voile frais pas plus haut que trois doigts. En pleine obscurité, sitôt après laudes, nous avions écouté la messe dans un village de la vallée. Puis nous nous étions mis en route vers les montagnes, au lever du soleil.

    Comme nous grimpions par le sentier abrupt qui serpentait autour du mont, je vis l’abbaye. Ce ne furent pas les murailles qui l’entouraient de tous côtés qui m’étonnèrent, semblable à d’autres que je vis dans tout le monde chrétien, mais la masse imposante de ce que j’appris être l’Édifice. C’était là une construction octogonale qui, vue de loin, apparaissait comme un tétragone (figure absolument parfaite qui exprime la solidité et le caractère inexpugnable de la Cité de Dieu), dont les côtés méridionaux se dressaient sur le plateau de l’abbaye, tandis qu’au septentrion ils paraissaient s’élever des pentes mêmes du mont d’où ils s’innervaient à pic. Je dis qu’en certains points, vus d’en bas, il semblait que le rocher se prolongeait vers le ciel, sans solution de teintes et de matière, et devenait à un certain point donjon et tour (ouvrage de géants qui auraient grande familiarité et avec la terre et avec le ciel). Trois ordres de verrières disaient le rythme ternaire de sa surélévation, si bien que ce qui était physiquement carré sur la terre était spirituellement triangulaire dans le ciel. À mesure qu’on s’en approchait davantage, on comprenait que la forme quadrangulaire produisait, à chacun de ses angles, une tour heptagonale, dont cinq côtés s’avançaient vers l’extérieur – quatre donc des huit côtés de l’octogone majeur produisant quatre heptagones mineurs, qui vus de l’extérieur apparaissaient comme des pentagones. Et il n’est personne qui ne voie l’admirable concordance de tant de nombres saints, chacun révélant un très subtil sens spirituel. Huit le nombre de la perfection de tout tétragone, quatre le nombre des évangiles, cinq le nombre des parties du monde, sept le nombre des dons de l’Esprit Saint. Par sa masse imposante, et par sa forme, l’Édifice m’apparut comme plus tard il me serait donné de voir dans le sud de la péninsule italienne Castel Unico ou Castel dal Monte, mais par sa position inaccessible il était des plus terribles, et capable d’engendrer de la crainte chez le voyageur qui s’en approchait peu à peu. Et heureusement par cette cristalline matinée d’hiver, la construction ne m’apparut pas telle qu’on la voit dans les jours de tempête.

    Je ne dirais pourtant pas qu’elle suggérait des sentiments joyeux. Pour ma part, j’en éprouvai de la peur, et une inquiétude diffuse. Dieu sait qu’il ne s’agissait pas de fantômes de mon âme immature, et que j’interprétais exactement d’indubitables présages inscrits dans la pierre, depuis le jour où les géants y mirent la main, et avant que la naïve volonté des moines ne s’enhardît à la consacrer à la garde de la parole divine.

     

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