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Policiers/Thrillers

  • [Livre] L’enfant du lac

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    Résumé : 1933. Comment Theo Edevane, adorable poupon de onze mois, a-t-il pu disparaître durant la nuit de la Saint-Jean ? Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l'enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour les filles Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l'abandon.

    Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune détective londonienne en vacances dans les Cornouailles, curieuse et momentanément désœuvrée, s'intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l'enquête, au grand dam de l'une des sœurs aînées de Theo, Alice, devenue écrivain à succès.

     

    Auteur : Kate Morton

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 4 mai 2017

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Je n’avais encore jamais lu de livre de Kate Morton, je n’ai donc aucun point de comparaison mais une chose est sûre, ce roman-là est un énorme coup de cœur.
    Dans cette histoire, on passe régulièrement des années 1910 aux années 1930 avant de faire un bond dans le présent en 2003.
    En 2003, on suit Sadie, flic mise au repos forcé après une indiscrétion auprès de la presse qui, désœuvrée, s’intéresse à l’affaire non résolu de la disparition d’un enfant de 11 mois. En 1933, Alice, qui deviendra une célèbre romancière, a été au cœur du drame, l’enfant disparu n’étant autre que son petit frère. Elle a vu le désespoir de sa mère Eleanor, peut être le seul moment où elle a vu cette femme altière et sévère se laisser aller à des sentiments humains. En 1911, Eleanor est une jeune fille fantasque, amoureuse, qui veut se libérer du carcan de son éducation.
    Au travers de l’enquête sur la disparition de Theo, on va découvrir comment cette jeune fille est devenue la mère implacable qu’a connue Alice.
    De souvenirs tronqués en secrets de famille, il va falloir que Sadie passe outre les réticences de la romancière de voir étaler sur la place publique un drame dont elle n’a peut-être pas toutes les clefs.
    Au fil de notre lecture, on suspecte tous les protagonistes présents en 1933. Tour à tour, on est certain que Théo est vivant quelque part, puis on est sûr qu’il est mort. On passe sans cesse de la thèse de l’accident à celle du meurtre en passant par celle de l’enlèvement qui a mal tourné… ou pas…
    Malgré tous ces retournements de situations et les nombreuses probabilités qui nous sont présentés, à aucun moment on ne se dit que c’est trop, que ce n’est plus crédible… car chacune de ces possibilités pourrait être la bonne.
    En parallèle à cette enquête, on suit celle qui a provoqué la mise à l’écart de Sadie, celle pour laquelle on l’a accusée d’être obsédée par sa théorie alors que les grands chefs ont décidés que la vérité était tellement plus simple. Mais cette « enquête » parallèle s’intègre parfaitement dans l’histoire sans jamais donner l’impression d’être là pour meubler.
    A présent, je suis curieuse de découvrir les autres romans de l’auteur, parce que, s’ils ont la même qualité, il serait dommage de passer à côté.

     

    Un extrait : C’était de la Chambre aux mûres que l’on voyait le mieux le lac ; Alice cependant décida de se contenter de la fenêtre de la salle de bains. M. Llewellyn était encore au bord de l’eau avec son chevalet : mais il rentrait la plupart du temps dans le courant de la matinée pour se reposer ; elle ne voulait pas prendre le risque de le croiser. Le vieil homme n’aurait pas fait de mal à une mouche, mais il était excentrique et quelque peu accaparant, surtout ces derniers temps ; et qui sait s’il ne se méprendrait pas sur la présence de la jeune fille dans sa chambre ? Alice fronça le nez. Autrefois, elle l’aimait tant, M. Llewellyn ! Affection des plus réciproques. Quand elle y repensait du haut de ses seize ans, elle avait une drôle d’impression. Les histoires qu’il lui racontait, les petits croquis qu’elle conservait si précieusement, et cette aura de merveille qui le suivait partout, comme une mélodie… Quoi qu’il en fût, la salle de bains était plus rapidement accessible que la Chambre aux mûres : et comme Mère se rendrait compte dans quelques minutes que le rez-de-chaussée manquait singulièrement de fleurs, Alice n’avait pas de temps à perdre à filer dans les étages. Tandis qu’une ribambelle de femmes de chambre se répandait dans le grand vestibule, chiffon à la main, Alice se faufila en hâte jusqu’à la fenêtre de la salle de bains.

    Mais où était-il passé ? Alice sentit son estomac se contracter ; en l’espace d’un instant, l’excitation s’était faite désespoir. Ses paumes tièdes plaquées sur le verre, elle balaya du regard le paysage qui s’offrait à sa vue : roses aux pétales roses ou ivoire, aussi luisants que s’ils avaient été astiqués ; précieuses pêches accolées au mur du jardin clos ; immense miroir d’argent du lac, scintillant dans la lumière du matin finissant. Le domaine avait été taillé et pomponné à la perfection, jusqu’au moindre brin d’herbe : et, cependant, jardiniers et intérimaires s’y affairaient encore en tous sens.

    Des musiciens embauchés pour la journée installaient des chaises dorées sur l’estrade dressée pour l’occasion ; et, tandis que les camionnettes des traiteurs se succédaient sur l’allée dans des nuages de poussière, la brise d’été soulevait les basques de la grande tente, pas encore finie de monter. La seule personne à ne pas se joindre à l’activité ambiante, c’était grand-mère deShiel. Petite silhouette voûtée, assise sur le banc de jardin en fer forgé, sous les fenêtres de la bibliothèque, elle était perdue dans le labyrinthe poussiéreux de sa mémoire et ne prenait pas garde aux ouvriers qui suspendaient les globes de verre des lanternes dans les arbres alentour.

    Alice soudain retint sa respiration.

    Il venait d’apparaître.

    Le sourire s’élargit sur le visage de la jeune fille avant qu’elle puisse le réprimer. Oh, joie délectable, scintillant de mille étoiles ! Il se tenait sur la petite île au centre du lac, un énorme rondin en équilibre sur l’épaule. Elle leva la main pour le saluer, sans réfléchir – allons donc, à quoi pensait-elle ! Il ne regardait pas dans sa direction. Et si tel avait été le cas, il se serait bien gardé de répondre à son salut. Ils savaient tous les deux qu’il leur fallait rester prudents.

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  • [Livre] #Help

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    Résumé : Attention à ce que vous dévoilez sur Internet… Claire, une jeune inspectrice enceinte de six mois, enquête sur la mort d’une mère célibataire dont la vie sociale se résumait à la fréquentation d’un forum d’entraide pour jeunes mamans. Mise au repos forcé, Claire s’inscrit à son tour sur Netmaman.com…

     

    Auteur : Sinéad Crowley

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 02 mai 2017

     

    Prix moyen : 17,50€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce livre même si le quatrième de couverture nous induit un peu en erreur. Si on se fie à lui, on pense que toute l’enquête se passe sur internet alors que Claire, l’inspectrice, ne s’inscrit sur le site qu’au bout de près de 300 pages. Tout le reste, c’est une enquête classique avec enquête, interrogatoires et recherches, souvent infructueuses et frustrantes.
    Ajoutons à ça que Claire est très enceintes et pas franchement enthousiaste à l’idée de devoir lever le pied (je me demande même si elle est enthousiaste à l’idée d’avoir un enfant tout court).
    Mais même si j’ai beaucoup aimé l’écriture de l’auteur, même si je me suis attachée à la plupart des personnages, j’ai quand même regretté qu’il n’y ait pas des indices nous permettant de découvrir le coupable. J’ai eu l’impression d’être devant un de ces films policiers où l’enquêteur ne partage les indices découverts que lorsqu’il confond le coupable. Or, une grande partie du plaisir est de tenter de découvrir son identité avant que ce soit révélé !
    Cette absence d’indice ne m’a pas empêché d’élaborer un grand nombre de théories dont certaines n’étaient pas très loin de la vérité !
    Les messages sur le forum sont vraiment très réalistes, y compris les messages où les gens prennent la mouche à la moindre parole (je ne supporte plus ce genre de forum où l’entraide laisse vite la place au jugement et à un mépris total des pensées et convictions d’autrui).
    J’ai eu beaucoup de sympathie pour Claire, et franchement, à sa place, j’aurais planté mon mari dès qu’il aurait eu la prétention de vouloir m’interdire quoi que ce soit. Ce n’est pas parce qu’on est enceinte qu’on devient la propriété du géniteur ! Il est gentil, mais il mérite des baffes parfois !
    J’ai lu ce livre très vite, une fois commencé, je n’ai plus eu envie de le lâcher.
    Même s’il y a des petits points qui peuvent être amélioré, je suis très curieuse de lire ses autres livres, en espérant qu’ils seront traduits en français.

     

    Un extrait : C’était le « maman » qui l’avait contrariée. Tout s’était plutôt bien déroulé jusque-là : circulation fluide, place de parking libre tout près de l’hôpital et salle d’attente – après qu’ils l’eurent enfin localisée, quasi déserte. En réalité, lorsque Claire avait réalisé que le temps d’attente allait être bien plus court que ce qu’elle avait pensé, elle avait presque réussi à se convaincre que le moment pourrait se révéler agréable. L’infirmière avait alors désigné d’un geste le divan d’examen et réduit les espoirs de Claire à nant.
    - Installez-vous ici. Marie va venir examiner la maman.
    « Maman »
    Bienvenue dans le monde de la grossesse, où vous pouviez laisser votre individualité et votre nom à la porte du service de consultation prénatale. Poussant un soupir bruyant, Claire se tourna vers son mari, espérant trouver en lui une oreille compatissante à son exaspération. Mais à sa place elle découvrit un homme qu’elle ne connaissait pas, les yeux embués braqués sur l’écran de l’appareil d’échographie. Le même regard qu’il avait posé un jour sur le barman du Flanagan’s, connu pour servir la meilleure Guiness du monde.
    Bon, elle était donc seule. Une femme de petite taille à l’air fatigué – Marie, supposa-t-elle – franchit la porte blanche éraflée d’un pas pressé et s’affaira devant des sondes et des écrans.
    - Ca va être un peu froid…
    Claire tressaillit lorsque la jeune femme lui étala du gel sur le bas-ventre. Un peu froid ? Carrément glacial, oui. Et personne n’avait trouvé de solution à ce problème ? Claire pourrait essayer d’en concevoir une elle-même, voilà qui constituerait un excellent rempart contre l’ennui pendant son congé maternité. En temps normal, elle aurait fait part de cette idée à Matt et ils en auraient ri ensemble ; au lieu de quoi la grosse boule de guimauve qui se trouvait à ses côtés se pencha vers elle et lui attrapa la main.
    - C’est incroyable, non ?
    - Mmmh..
    Non, l’expérience n’avait rien d’incroyable pour Claire : entre vomissements et pantalons trop serrés, cela faisait vingt semaines qu’elle endurait la dure réalité de la grossesse ; elle n’avait nul besoin d’une échographie pour la lui confirmer. Matt, lui, semblait résolu à s’émouvoir de chaque instant, aussi lui serra-t-elle brièvement la main à son tour.
    - Oui. C’est dingue.
    La poche de Claire vibra et Marie lui adressa un regard noir.
    - Tous les téléphones portables doivent être éteins. Les ondes peuvent interférer avec notre matériel.
    - Oui, c’est vrai. Désolée.
    Claire extirpa son téléphone portable de sa poche. Avant de l’éteindre, elle ne put s’empêcher de lire le SMS qui s’affichait à l’écran.

    LES JURES SONT EN TRAIN DE DELIBERER.

    Bon sang. Son estomac se noua. Elle le savait.
    Le seul jour où elle ne pouvait pas être là. Son doigt resta en suspens au-dessus de la touche « Répondre », mais un bref regard en direction de Matt lui indiqua qu’il en était hors de question.

     

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  • [Livre] La maison en pain d'épices

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    Résumé : Une série de meurtres barbares s'abat sur la Suède. Fait troublant : les victimes ont le même âge et ont fréquenté la même école. Le coupable idéal : Thomas, leur ancien souffre-douleur, aujourd'hui dévoré par la rancune. Le commissaire Sörjberg en est sûr. Pourtant Thomas jure qu'il est innocent. La vérité n'est pas aussi simple qu'il y paraît....

     

    Auteur : Carin Gerhardsen

     

    Edition : Fleuve noir

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 10 février 2011

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : La maison en pain d’épice est le premier d’une série de 4 tomes (pour l’instant) suivant le commissaire Conny Sjôberg et son équipe d’enquêteurs. J’avais déjà lu « Hanna était seule à la maison » qui est le second tome. Techniquement, les tomes peuvent se lire indépendamment les uns des autres puisque chacun dépeint une enquête distincte, mais il y a quand même un certain fil conducteur au travers des vies personnelles des enquêteurs.
    Dans « Hanna était seule à la maison », Petra, l’une des enquêtrice, était aux prises avec un supérieurs aux mains baladeuses qui justifie son attitude par une photo de la jeune femme en pleine action qu’il a reçu par mail, apparemment de la part de Petra elle-même. Petra avoue donc à Conny qu’elle a été droguée et violée plusieurs mois auparavant et que si l’un de ses agresseurs a été appréhendé, l’autre est dans la nature et en possession d’un film de la scène.
    C’est dans « une maison en pain d’épices » que la jeune femme est agressée et c’est vrai qu’avoir lu « Hanna était seule à la maison » en premier m’a fait voir la scène, et certains des personnages, sous un autre angle.
    Concernant l’enquête, j’ai été menée par le bout du nez. Je pensais vraiment avoir le coupable et je pensais même pouvoir expliquer pourquoi il avait l’air aussi sincère quand il disait qu’il n’avait rien fait. Et toutes mes belles théories ont volés en éclats (clairement, il vaut mieux pour tous que je ne sois pas flic !).
    J’ai beaucoup aimé que le récit soit entrecoupé du journal intime de l’assassin, même si ça ne nous aide pas beaucoup à trouver la vérité.
    J’ai aussi beaucoup aimé que les inspecteurs pédalent dans la semoule. Non parce que parfois on a un inspecteur qui comprend toute l’affaire à partir d’un mégot de cigarette trouvé dans une voiture à l’autre bout du pays et c’est tellement peu crédible que c’est énervant.
    Là, les inspecteurs cherchent, ils galèrent, ils se tapent des listings entier de noms, ils passent des heures à appeler des témoins et potentiels suspect… on voit vraiment qu’ils n’ont pas la science infuse (il leur faut plus de la moitié du livre pour trouver un lien entre plusieurs meurtres).
    Un excellent polar que j’ai dévoré. Maintenant je n’ai qu’une envie : lire les deux tomes qui me manquent !

     

    Un extrait : Le commissaire Conny Sjöberg somnole devant un dessin animé sur son canapé. Sur sa poitrine, un petit garçon d’un an s’agite frénétiquement, tentant par tous les moyens d’attraper les lunettes de son père, et ce malgré les réprimandes plus ou moins énergiques de ce dernier. De toute façon, elles sont déjà trop couvertes de traces de doigts pour qu’il puisse voir quoi que ce soit.
    Un deuxième énergumène du même âge est assis près du porte-revues, jetant consciencieusement les magazines par terre, un à un. Sjöberg se dit pour la énième fois qu’il doit vraiment trouver un autre système de rangement. Il se promet de s’en occuper le lendemain.
    Une fillette de quatre ans est plantée, à genoux, devant le poste de télévision, profondément concentrée sur un zèbre, une girafe, un singe et deux petits nounours qui rangent gaiement une chambre d’enfant.
    Impassible et totalement hermétique aux ravages perpétrés au même moment par ses petits frères, elle est littéralement absorbée par son émission préférée.
    Asa, la femme de Conny Sjöberg, finit de ranger la cuisine après le dîner, assistée par leur fille de six ans, passionnée de vaisselle et bavarde invétérée.
    Sjöberg entend sa voix claire par-dessus le vacarme de la télévision et les cris enjoués des jumeaux. Il ne manque plus que Simon, leur fils aîné, âgé de huit ans, qui est invité chez un copain, pour que la famille soit au complet.
    L’ordre qui règne dans l’appartement de la famille Sjöberg est surprenant, vu le nombre de personnes qui y vivent. C’est un élément indispensable au bien-être du père de famille, si bien qu’il veille à ce qu’il en soit toujours ainsi. Pour le visiteur non averti, lorsque tous les enfants sont rentrés et que commencent les activités de jeu, de bain et de dîner, la maison ressemble à un grand capharnaüm. Mais à 21 heures, lorsque les enfants dorment, l’appartement est toujours net, débarrassé des stigmates de l’agitation de l’après-midi.

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  • [Livre] Elles étaient jeunes et belles

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    Résumé : Jeunes, belles et brunes. Nuit après nuit, des lycéennes disparaissent de leur chambre. L’un après l’autre, leurs corps sont retrouvés quelques jours plus tard, sans vie…

    Révolté par l’horreur de ces meurtres qui terrorisent Raleigh, en Caroline du Nord, l’agent spécial Steven Thatcher n’a plus qu’un but : mettre le tueur en série sous les verrous. Hélas, celui-ci a méticuleusement effacé tous les indices ; l’enquête piétine. Jusqu’à ce que la ravissante Jenna, un des professeurs de son fils aîné Brad, commence à recevoir d’inquiétantes et sombres menaces. De crainte qu’elle ne soit la prochaine cible du tueur, Steven se jure de la protéger. Car, comme toutes les victimes de l’assassin, Jenna est jeune, belle et brune…

     

    Auteur : Karen Rose

     

    Edition : Harlequin best-seller

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 01 septembre 2013

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : J’aime bien, en général, les thrillers écrits par Karen Rose et celui-ci ne fait pas exception à la règle.
    J’ai eu un peu de mal à trouver l’assassin, même si j’ai fini par y arriver avant la révélation. Mais je crois que j’ai soupçonné quasi tout le monde, même ceux qui n’avaient matériellement pas la possibilité de l’être.
    J’ai beaucoup aimé Jenna et Steven, qui sont attiré l’un par l’autre mais ont des réserves à causes de passés douloureux.
    Pour ma part, je ne considère pas qu’il y ait de triangle amoureux car pour cela, il faut que le personnage qui attire l’affection de deux personnes ait du mal à choisir et hésite entre ces deux personnes, ce qui n’est pas le cas ici. La seule chose est la jalousie quasiment maladive de Steven qui tire des conclusions hâtives chaque fois que Jenna adresse la parole à un homme (il va falloir qu’il se calme, celui-là).
    Du côté des personnages secondaires, je crois que mes préférés sont Lucas, Nicky et Matt. Ces trois-là n’essaie pas de forcer les choses et laisse leur libre arbitre à leur amis et famille.
    La tante Helen et la belle-famille de Jenna, eux, en revanche, sont insupportables. Je trouve Steven et Jenna très patients parce que je ne crois pas qu’à leur place j’aurais supporté cette intrusion permanente dans ma vie. A un moment donné, il faut apprendre à juste foutre la paix aux gens.
    Concernant l’enquête elle-même j’ai apprécié que l’agent Thatcher ne trouve pas les indices sous les sabots d’un cheval : il tâtonne, il piétine, il galère et il voit les meurtres continuer sans qu’il puisse rien y faire. Ça change du super agent qui comprend tout en une fraction de seconde.
    On voit également qu’il a du mal à tout concilier : quand il s’occupe de ses enfants, trop peu à son goût, il ne peut pas être sur le terrain et quand il travaille, il délaisse un peu ses enfants (faut dire que son travail est prenant). Il comment aussi des erreurs, ce n’est pas un surhomme qui a toujours la bonne réponse et la bonne attitude.
    Parallèlement à l’enquête et à la romance naissance entre Jenna et Steven, on peut voir un problème assez récurrent aux USA : la sur-notation des sportifs pour qu’ils ne soient pas exclus de leur équipe pour résultats insuffisants. Le sport a une telle importance aux USA que certains professeurs n’hésite pas à noter ces élèves là avec indulgence pour ne pas pénaliser les équipes. C’est peut-être pour cela que, à part quelques élus qui percent ou qui ne jure pas que par le sport, la plupart des grands sportifs de lycée vivent vraiment les meilleures années de leur vie, avant de travailler en station-service ou en fastfood tout le reste de leur vie, faute d’avoir décroché des diplômes.
    Ici Jenna refuse cette complaisance et se retrouve victime de harcèlement de la part d’un petit groupe qui, se sentant invincible, va pousser les choses de plus en plus loin. Et tout ça sous le regard complaisant du proviseur.
    Ce que j’aime beaucoup dans les romans de karen rose, c’est que la romance ne prend jamais le pas sur l’intrigue et reste un petit plus savamment dosé. Il n’y a rien de plus énervant que de lire un thriller et de voir que les trois quart de l’histoire sont consacrés aux déboires amoureux des personnages. Bon nombre d’auteurs devraient prendre exemple sur elle.
    Ce livre s’intègre dans une série de livres appelée « don’t tell » et dans lesquels on retrouve les personnages des tomes précédents (Steven est un personnage secondaire du tome 1, par exemple). J’ai déjà lu le lys rouge et Et tu périras par le feu, que j’ai adorés et j’ai ajouté les autres à ma PAL.

     

    Un extrait : Il en avait vu des scènes de crime, au cours de sa carrière, suffisamment pour savoir que l'imagination des criminels n'avait pas de bornes. Et logiquement cela aurait dû lui faciliter les choses, lui permettre de réfléchir posément.

    Mais non.

    L'agent spécial Steven Thatcher desserra son nœud de cravate, mais n'en respira pas plus aisément et, en tout état de cause, cela ne changeait rien au spectacle qu'il avait découvert dans cette clairière, à la suite de l'appel anonyme que la police judiciaire de l'Etat de Caroline du Nord (le SBI) avait reçu.

    Et cela ne ressusciterait certainement pas la pauvre femme qui gisait sans vie devant lui.

    Steven remit donc en place sa cravate et avança d'un pas prudent vers le cadavre, ce qui lui valut un regard furieux du débutant que la police scientifique locale avait dépêché sur les lieux — car sa supérieure, une technicienne chevronnée, avait choisi cette semaine pour partir en croisière dans les Caraïbes, ne pouvant évidemment prévoir qu'un meurtre aussi atroce allait être commis pendant ses vacances.

    A présent qu'il avait sous les yeux ce corps affreusement mutilé — il avait servi de pâture aux animaux peuplant ces bois reculés —, Steven regrettait de n'être pas parti, lui aussi, voguer sur les flots, loin de la civilisation et de son cortège d'atrocités.

    — Faites attention où vous posez les pieds ! lui lança d'une voix irritée le débutant accroupi dans l'herbe près du cadavre.

    Kent Thompson avait déjà acquis la réputation d'être un bon professionnel, mais Steven réservait son jugement à l'égard de ce jeune collègue. En tout cas, le simple fait que ce dernier n'ait pas vomi tripes et boyaux face à un tel spectacle parlait en sa faveur.

    — Merci pour vos leçons d'investigation sur une scène de crime, répliqua-t-il sèchement.

    Les joues de Kent virèrent au pourpre.

    Il se redressa et détourna les yeux.

    — Excusez-moi... Mais je suis un peu à cran. J'ai passé toute la scène au peigne fin trois fois de suite... et rien ! Celui qui a apporté le corps ici n'a pas laissé la moindre trace.

    — Espérons alors que le médecin légiste trouvera un indice en examinant le corps.

    Kent laissa échapper un soupir.

    — Enfin, ce qu'il en reste...

    Il se tourna vers la victime sans manifester d'émotion particulière, ainsi qu'il sied à ceux qui exercent sa profession. Mais Steven remarqua une lueur de compassion maîtrisée dans les yeux du jeune homme, qui le rassura. Kent allait faire son boulot dans les règles, mais sans oublier cependant la victime. Un nouveau bon point pour ce bleu, frais émoulu de l'université.

    — Excuse-moi, Steven..., fit une voix bouleversée dans son dos.

    Steven se retourna et vit l'agent Harry Grimes glisser un mouchoir dans sa poche. Sa respiration était irrégulière et son visage encore tout pâle, quoique moins blafard depuis qu'il avait vomi dans un buisson le sandwich au bacon et aux œufs qu'il avait avalé en guise de petit déjeuner, tandis qu'ils se rendaient tous deux sur la scène de crime.

    Harry faisait ses débuts au SBI et Steven était chargé de le former. Il promettait beaucoup, malgré un estomac trop sensible. Steven ne pouvait lui reprocher cette réaction. Lui aussi aurait sans doute rendu son petit déjeuner — s'il avait eu le temps d'en prendre un.

     

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  • [Livre] Fétiches

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    Résumé : Des chuchotis dans les ténèbres.

    Une cavalcade étouffée dans les couloirs.

    Des gémissements.

    Les nuits sont rudes et effrayantes à l'établissement psychiatrique haute sécurité de Beechway ...

    Pour le personnel comme pour les patients.

    On murmure que le fantôme de « La Maude », la cruelle infirmière de tous leurs cauchemars, serait reparue.

    Hallucination collective ?

    Autosuggestion ?

    Lorsque les malades commencent à se mutiler et que des morts suspectes surviennent, l'infirmier en chef, AJ, décide d'alerter le commissaire Jack Caffery.

    La folie rôde, l'horreur est en marche et ne demande qu'à s'évader ...

     

    Auteur : Mo Hayder

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 08 janvier 2015

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Dans l’histoire de « la Maude », le commissaire Caffery n’arrive que vers la moitié du roman car il est occupé à la recherche d’une jeune fille disparue (ou plutôt de son corps car personne ne pense la trouver en vie). J’avoue que cette partie m’a laissée perplexe car je n’y ai trouvé aucun intérêt ni pour le personnage de Caffery, ni pour l’ensemble du roman. Comme le commissaire Caffery est un personnage récurrent des romans de Mo Hayder, je me suis demandé si toute cette histoire n’était pas là pour apporter une résolution à une affaire commencée dans un autre tome, mais comme ce tome est le seul que j’ai lu, je ne saurais le confirmer.
    La première chose à savoir c’est que ce livre est beaucoup moins effrayant que ne le laisse supposer le quatrième de couverture et la couverture. Franchement, je m’attendais à trembler, à ne pas pouvoir éteindre la lumière… et puis non. C’est un bon thriller, mais il ne file pas la trouille (surtout quand on a lu le dernier Sire Cédric peu de temps avant).
    Les chapitres sont très courts, ce qui fait qu’on avance assez vite (le coup du : encore un chapitre et je dors, ne marche absolument pas, les chapitres étant trop courts pour qu’on s’y tienne).
    Il y avait quelques indices qui nous indiquaient la fin, mais franchement, je n’ai pas su les décoder avant que la solution ne soit écrite sous mes yeux. Comme les personnages, je me suis laissée prendre aux apparences et je ne me suis pas méfiée de la bonne personne (en fait, même quand je m’en suis méfiée, j’ai minimisé son rôle).
    L’histoire personnelle d’Isaac est dure à avaler. Ok il a tué ses parents, mais certaines révélations font qu’on se demande si sa place était vraiment dans un hôpital psychiatrique pour aussi longtemps. Beaucoup de choses dans ce livre ne sont pas ce qu’elles semblent être.
    Malheureusement, beaucoup de choses ne sont pas expliquées comme : comment Isaac arrive à entrer chez Penny ?
    Parfois, certaines scènes semblent peu importantes, anecdotiques, mais au final, elles se révèlent toutes importante pour comprendre l’intrigue.
    J’ai beaucoup aimé Mère Monstre qui en sait bien plus que l’on croit et que personne ne songe à interroger sous prétexte qu’elle est une patiente. Et pourtant, elle en aurait des choses à dire !
    Fétiches fait partie d’une série de roman ayant pour personnage principal le commissaire Caffery mais peut se lire indépendamment des autres. La seule chose est que le personnage, qui a déjà évolué dans 5 livres avant celui-ci, ne sera pas développé autant que les personnages créés spécifiquement pour ce roman, puisqu’on est censé déjà le connaitre.
    Un thriller qui n’a pas été un coup de cœur, mais que j’ai lu d’une traite.

    Un extrait : Il est près de 11 heures quand AJ LeGrande, coordinateur en chef de l’établissement psychiatrique Beechway, s’éveille en sursaut d’un cauchemar. Son cœur cogne dans sa poitrine et il lui faut un moment pour retrouver ses repères et se rendre compte qu’il est habillé, assis dans son fauteuil, les pieds sur son bureau. Les rapports qu’il lisait se sont éparpillés sur le sol.

    Il se frotte la poitrine nerveusement. Cligne des yeux et se redresse. La pièce est sombre, il ne passe qu’un rai de lumière sous la porte. Sur sa rétine danse l’image floue récurrente d’une petite forme accroupie sur lui. A cheval sur sa poitrine, sa figure lisse proche de la sienne. Ses bras menus posés délicatement sur les clavicules d’AJ. Il se passe la langue sur les lèvres, parcourt la pièce des yeux, imagine la forme s’échappant malgré la porte fermée à clé. Glissant dessous, passant dans le couloir et se mettant à courir dans tout l’hôpital.

    Il a la gorge serrée. Il n’a pas l’habitude des cols de chemise : il n’est coordinateur que depuis un mois et ne s’habitue pas au costume. Et les cravates à clipser qu’il porte pour sa propre sécurité, il n’a pas le tour de main pour les fixer correctement. Elles ne sont jamais bien accrochées – du moins il n’a jamais l’impression qu’elles le sont. Il laisse ses pieds tomber par terre et défait sa cravate. L’étau qui lui comprime les poumons se desserre un peu. Il se lève, va à la porte. Tripote la poignée, hésite. S’il ouvre, il va découvrir une petite silhouette en chemise de nuit trottinant dans le couloir désert.

    Trois longues inspirations. Il ouvre la porte. Inspecte le corridor dans un sens puis dans l’autre. Rien en vue. Rien que les choses familières auxquelles il s’est accoutumé au fil des ans : les dalles vertes du sol, le point de rassemblement en cas d’incendie avec son plan du service, les mains courantes capitonnées. Pas d’ourlet de chemise de nuit disparaissant au détour du couloir.

    AJ s’appuie un moment au chambranle et tente d’éclaircir son esprit. Des naines sur sa poitrine ? Des petites créatures en chemise de nuit ? Le chuchotis de pieds menus ? Et deux mots auxquels il ne veut pas penser : la Maude.

    Bon Dieu. Il se frappe le front de la jointure d’un doigt. Voilà ce qui arrive quand on enchaîne deux services d’affilée et qu’on s’assoupit avec une cravate trop serrée. Franchement, c’est dingue. Comment se fait-il que, passé cadre administratif, il assure pour la deuxième fois le service de nuit d’un membre du personnel soignant ? C’est tout à fait ridicule, parce que, auparavant, le service de nuit était très recherché : une occasion de regarder la télé ou de rattraper du sommeil en retard. Tout a changé depuis ce qui est arrivé la semaine précédente au pavillon Pissenlit. D’un seul coup, ceux qui étaient de service de nuit ont quitté le navire tels des rats en se faisant porter pâles sous toutes sortes de prétextes. Personne ne veut plus passer la nuit dans le service, comme s’il y était arrivé quelque chose de surnaturel.

     

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  • [Livre] L’héritage des templiers

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    Résumé : 1118, Jérusalem, Terre sainte. Neuf chevaliers créent un ordre militaire, les « Pauvres Chevaliers du Christ ». Le roi Baudoin II leur cède pour résidence une partie de son palais, bâti sur les ruines du Temple de Salomon. Ils deviennent les « chevaliers du Temple », puis les « Templiers ».

    1307 : Jacques de Molay, le grand maître de l'ordre des Templiers, est arrêté sur ordre de Philippe le Bel et livré à l'Inquisition. Il garde le silence sur le déjà célèbre trésor des Templiers.

    2006 : Cotton Malone, ex-agent du département de la Justice américaine, et son amie Stéphanie, entrent en possession de documents troublants relatifs à la nature du trésor des Templiers. Commence alors une quête à la fois historique, érudite et périlleuse, qui les mènera à Rennes-le-Château, cœur du mystère.

     

    Auteur : Steve Berry

     

    Edition : Le cherche midi

     

    Genre : historique

     

    Date de parution : 01 mars 2007

     

    Prix moyen : 25€

     

    Mon avis : Dans le cadre d’un challenge je devais lire un livre sur les templiers et mon choix s’est porté sur celui-ci.
    Je suis très vite entrée dans cette histoire qui mêle avec talent faits historiques, théories religieuses et fiction.
    J’ai beaucoup aimé le personnage de Cotton Malone, en revanche celui de Stephanie Nelle m’a vraiment énervée. Cette femme est d’une arrogance, toujours à mettre son métier en avant, comme si c’était un gage de compétence, alors qu’il est clair qu’elle n’a rien à faire sur le terrain. Son coté : je vais appeler Washington et tout sera réglé, alors que l’histoire se déroule en France est également pénible. Elle décide que tel ou tel élément devrait être éradiqué et que, bien sûr, l’armée américaine doit intervenir et on a qu’une seule envie, c’est lui rappeler qu’elle n’est pas chez elle et que les militaires américains n’ont rien à foutre sur le territoire français, sauf s’ils viennent en vacances !
    J’avais presque envie qu’il lui arrive quelque chose de définitif, comme ça on aurait été débarrassé d’elle, de ces certitudes, de ses préjugés…

    C’est vraiment un personnage que je n’ai pas supporté, tout comme De Rochefort, mais lui, on n’est pas franchement supposé l’apprécier.
    On ne sait pas grand-chose de Cotton, même pas comment il a eu ce surnom, mais comme il est le personnage principal de bon nombre des romans de Steve Berry, je suppose que le personnage se dévoile au fil des tomes.
    Ce roman nous offre une théorie sur le trésor des templiers, non seulement sur le lieu où il pourrait se trouver, mais sur son contenu qui ne se limiterait pas à de l’or et des pierres précieuses mais à des preuves de certains événements qui mettrait à mal toute la religion catholique.
    Les énigmes que doivent résoudre les personnages sont bien élaborés et la solution est trouvée au bout d’un temps raisonnable (ni trop rapide, ni trop long).

    Histoire, complot, trahison, aventure, enquête, on a là un thriller historique qui a un rythme rapide et qu’on a du mal à lâcher avant la dernière page.

     

    Un extrait : Cotton Malone remarqua le couteau au moment même où il apercevait Stéphanie Nelle. Il était confortablement installé à la terrasse du café Nikolaj. Par cette douce après-midi d’été, la Højbro Plads, fameuse place danoise qui s’étendait sous ses yeux, grouillait de monde. Comme d’habitude, il régnait une atmosphère survoltée dans le café qui ne désemplissait pas, et il attendait Stéphanie depuis une demi-heure.

    C’était une femme frêle, âgée d’une soixantaine d’années – bien qu’elle n’ait jamais confirmé cette information. Quant aux fichiers personnels du ministère de la Justice que Malone avait consultés un jour, ils ne comportaient que la malicieuse mention « non communiquée » dans l’espace réservé à sa date de naissance. Des reflets argentés jouaient dans ses cheveux bruns, et dans son regard marron transparaissaient à la fois la compassion de l’humaniste et la fougue du procureur. Deux présidents avaient tenté de la nommer ministre de la Justice, mais elle avait décliné leur offre. Un ancien ministre de la Justice avait exercé des pressions pour lui faire perdre sa place – surtout après qu’elle eut été engagée par le FBI pour enquêter sur son compte –, mais la Maison Blanche avait refusé d’en entendre parler puisque Stéphanie Nelle faisait preuve, entre autres qualités, d’une honnêteté scrupuleuse.

    Par contraste, l’homme au couteau était petit, replet, avait le visage étroit et les cheveux coupés en brosse, les traits caractéristiques des Européens de l’Est. Son air hagard, accablé, inquiétait Malone plus que la lame étincelante de son arme ; il portait une tenue décontractée, un jeans et un blouson rouge sang.

    Malone se leva sans quitter Stéphanie des yeux.

    Il pensa la mettre en garde en criant, mais elle se trouvait trop loin et la place était trop bruyante. Elle disparut un instant derrière l’une des sculptures modernes de la Højbro Plads qui représentait une femme d’une obésité obscène couchée nue sur le ventre, ses imposantes fesses de bronze ressemblant à des collines exposées aux quatre vents. Lorsque Stéphanie réapparut, l’homme s’était rapproché d’elle et Malone le vit sectionner la bandoulière passée sur son épaule gauche, s’emparer de son sac de cuir et la pousser sur les pavés.

    Une femme cria et la vue d’un voleur à la tire armé d’un couteau provoqua l’émoi de la foule.

    L’homme au blouson rouge s’enfuit, le sac de Stéphanie à la main, bousculant les badauds au passage. Certains le bousculèrent à leur tour. Le voleur prit à gauche, contourna l’une des autres statues et se mit finalement à courir. Il semblait se diriger vers Købmagergade, rue piétonne qui bifurquait vers le nord depuis la Højbro Plads et s’enfonçait dans le quartier commerçant.

    Malone bondit de son siège, résolu à barrer la route à l’agresseur avant qu’il ait pu disparaître au coin de la rue, mais un groupe de cyclistes le gênait. Il se mit à courir après les avoir évités et dut contourner une fontaine avant de pouvoir se jeter sur sa proie.

    Ils heurtèrent le pavé ; l’homme au blouson rouge fut le plus durement touché et Malone remarqua immédiatement la musculature de son adversaire. Sans se laisser démonter, l’homme roula sur lui-même et enfonça son genou dans l’estomac de Malone.

    Le choc lui coupa le souffle et lui retourna les tripes.

    Sans perdre une seconde, l’homme au blouson rouge s’élança et remonta Købmagergade en courant.

    Malone voulut se lever, mais dut immédiatement s’accroupir pour reprendre son souffle.

    Bon sang. Il avait perdu l’habitude.

     

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  • [Livre] Du feu de l’enfer

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    Résumé : Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et soeur. Un jour, l'une des combines d'Ariel tourne mal et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s'accumulent autour d'eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s'intéresse à leur cas. Commence alors une traque qui brouillera les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l'épreuve les liens du sang.

     

    Auteur : Sire Cédric

     

    Edition : Presse de la Cité

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 09 mars 2017

     

    Prix moyen : 21€

     

    Mon avis : Première chose à savoir dans ce livre, surtout pour les âmes sensibles : Les chiens en prennent plein la tronche !!! Bon ok, les humains aussi, mais c’est moins grave !
    Ce livre est seulement le second que je lis de Sire Cédric (et la lecture du  premier, l’enfant des cimetières, remonte à un bout de temps) et c’est un coup de cœur.
    L’intrigue est prenante, glauque, oui, flippante, très certainement, mais prenante.
    Les personnages sont bien définis et, quand on découvre certains éléments sur certains d’entre eux (et un en particulier) on se rend compte que tout ce qu’on a lu sur ce personnage pouvait être interprété de différentes manière.
    Concernant les membres de la secte, je soupçonnais un personnage tout en me disant « ce qui serait vraiment bien, c’est que ce ne soit pas lui, mais tel autre » et en fait j’avais raison alors que je me disais que ce n’était pas possible, que j’aurais vu la chose venir… Et bien non, j’ai rien vu venir et j’ai relu trois fois le passage pour être sûre que mon cerveau ne me jouait pas des tours.
    On sent bien que l’auteur s’est documenté, que ce soit sur les pratiques sectaire (du moins j’espère qu’il s’est documenté et que ça ne lui ai pas venu tout seul !!) ou sur le métier de thanatopracteur. A aucun moment, que ce soit dans les actes des malades qui composent la secte ou dans les activités professionnelles de Manon on n’a l’impression de lire n’importe quoi. Les actes sont précis, même quand ils relèvent de la pure folie.
    Côté personnage, j’ai vraiment beaucoup aimé Manon même si j’ai parfois trouvé qu’elle n’était pas assez ferme sur ses positions (que ce soit sur ce qui leur est arrivé quand ils étaient enfants ou sur son attitude au début de l’histoire.)
    Ariel, son frère, en revanche, je n’ai pas pu le supporter. Etre arrogant à ce point quand on a aussi peu à offrir, qu’on est lâche, immature… ce type semble cumuler tous les défauts de la terre.
    Il semblerait que Sire Cédric ait pour habitude d’intégrer un élément surnaturel dans ses romans mais ce n’est pas le cas ici. Quelque tout puissant que les membres de la secte semblent être, ils n’en demeurent pas moins humains.
    La fin n’est moralement que peu satisfaisante mais est vraiment très efficace sur le plan littéraire. En tout cas, elle laisse une porte ouverte pour que l’auteur puisse, peut-être un jour, reprendre le personnage de Manon pour une éventuelle suite.
    Voilà un thriller qui prend à la gorge, qu’il vaut mieux éviter si on est impressionnable car l’auteur ne nous épargne aucune horreur, mais qui est un régal si on est fan de ce genre.

     

    Un extrait : — La police ne va pas tarder, annonça Manon en revenant dans la cuisine.

    Ariel venait de se faire un espresso. Il avala le contenu de la tasse d’une gorgée, sans croiser le regard de sa sœur.

    — Je vais te laisser gérer, si ça ne te dérange pas.

    Évidemment. Le lâche.

    Manon sentit sa colère envers son frère revenir. Une furieuse envie de le secouer pour qu’il grandisse enfin.

    — Ariel, tu ne peux pas t’en aller tout de suite, lui expliqua-t-elle aussi posément qu’elle le pouvait. Ils voudront nous poser des questions, je sais que c’est comme ça qu’ils procèdent. Nous avons trouvé le corps tous les deux.

    — Attends, grogna Ariel en ouvrant le frigo. Tu es montée toute seule. Je n’ai rien à voir avec tout ça, moi. Je n’habite même pas ici.

    Il attrapa la bouteille de nectar de pêche et but de longues gorgées.

    — Ne bois pas à la bouteille ! Merde ! explosa Manon. Je te l’ai dit combien de fois !

    — Désolé, dit Ariel en reposant le nectar à sa place. Ne te mets pas dans cet état pour ça.

    Il passa une main sur son crâne glabre. Il avait meilleure mine que cette nuit. Ce qui ne voulait pas dire grand-chose. Aux yeux de sa sœur, Ariel n’avait jamais réussi à avoir une bonne mine tout court. Elle n’arrivait à voir que ses dents abîmées par la consommation de drogue, ses paupières tombantes et son teint trop pâle, quelle que soit la saison. Pas étonnant qu’il passe rarement l’étape des entretiens d’embauche.

    — Merci pour cette nuit, OK ?

    — Attends au moins que les policiers soient là. S’il te plaît, Ariel.

    — Je préfère pas. Sérieux. Je n’ai rien à leur dire. Je n’ai rien vu. C’est toi qui es allée voir ce type.

    Manon fulmina. Son frère réussirait donc à la pousser à bout chaque fois qu’ils se voyaient.

    — Dans quoi tu trempes, maintenant ? Que je sache quel sujet je dois oublier.

    — Dans rien. T’inquiète pas.

    — Tu as retrouvé du travail, alors ?

    Il évitait son regard.

    — Non. Mais je cherche. C’est vrai.

    — Alors pourquoi la police te fait aussi peur ? insista-t-elle.

    Cette fois, ce fut au tour de son frère de pousser un juron entre ses dents. Il pointa un index peu assuré vers elle.

    — Et puis merde. Me fais pas la morale, OK ? La police a toujours quelque chose à te reprocher. Même si tu n’as rien fait. Tu le sais. Tu peux pas dire le contraire.

    Des conneries, oui, songea-t-elle.

    — Ce qui est certain, c’est que toi, tu agis comme si tu avais quelque chose à te reprocher, Ariel. Ou est-ce que tu es encore trop défoncé pour t’en rendre compte ?

    Il ouvrit le robinet de l’évier, se lava les mains, s’humecta le visage.

    — La psychanalyse est finie ? C’est tout de même pas de ma faute si ce con s’est suicidé, non ?

    Manon se sentit bouillir.

    — Tu n’as pas honte de dire une chose pareille ? Tu n’as pas de cœur. Merde, tu ne changeras donc jamais !

    — Faut croire que non. C’est ce que m’a dit Anne-Sophie avant de m’éclater une putain d’assiette sur la tête.

    — Je suis sûre qu’elle avait une bonne raison !

    — Oh et puis tu m’emmerdes, Manon ! Je me casse et c’est tout !

     

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  • [Livre] Le passé meurtri

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    Résumé : Ecrivain reconnu, Elizabeth Walker offre au monde l’image d’une femme réservée et distante, soucieuse avant tout de protéger sa vie privée. Mais derrière cette froideur se cachent en réalité des blessures que le temps n’a jamais pu cicatriser : orpheline à cinq ans, elle a vécu une enfance solitaire, ballottée de famille d’accueil en famille d’accueil, sans jamais revoir ses deux jeunes sœurs. Autant d’épreuves qui l’ont amenée à ériger autour d’elle des murs infranchissables…

    Mais sa vie bien ordonnée bascule le jour où sa meilleure amie Gina est menacée de perdre la garde de sa fille Jesse. Le père de l’enfant, un homme aussi influent que violent, a pour cela fait appel à Ryan Paxton, l’un des meilleurs avocats de la ville. Bouleversée, Elizabeth se révolte contre ce qu’elle considère comme une injustice de trop. Puisqu’il faut se battre, elle le fera. Pour Gina. Pour Jesse, sa filleule adorée. Et aussi pour se donner à elle-même une chance de tourner enfin la page du passé…

     

    Auteur : Karen Young

     

    Edition : Harlequin Bestseller

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 01 janvier 2006

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Dans ce thriller, le nom du coupable ne nous pose pas de problème puisqu’on le connait depuis le début. On sait aussi ce qu’il a fait (ou disons qu’on a de très fortes certitudes). L’essentiel de l’intrigue repose plus sur le fait de savoir comment il va être confondu et comment protéger sa fille de lui.
    La petite Jesse fait de la peine quand on voit la gamine vivante et volubile que l’on rencontre dès les premières pages et la gosse muette et terrifiée qu’elle devient après l’accident. D’ailleurs quand on voit sa réaction à chaque fois qu’elle croise son père, il n’y a pas besoin d’être psy pour se douter de ce qu’il s’est exactement passé.
    J’ai trouvé ce thriller encore plus angoissant que lorsqu’on cherche qui peut bien être le coupable car ici, on connait presque les faits à l’avance, on sait ce qu’il va probablement se passer et on voit les personnages impuissant à empêcher les évènements qu’ils redoutent se produire.
    La fille de Ray, Jen, est probablement le personnage qui évolue le plus avec Elizabeth.
    Si Elizabeth sort de la coquille dans laquelle elle s’est réfugiée depuis l’incendie qui a fait d’elle une orpheline (d’ailleurs j’ai beaucoup de mal avec cette décision des services sociaux de faire adopter deux des trois sœurs et de laisser la troisième errer d’une famille à l’autre), Jen, elle, montre à tous qu’elle n’est pas seulement une adolescente qui a pris quelques mauvaises décisions.
    Dès le début, je savais que Louis gardait un secret, mais j’étais loin de me douter duquel. Je n’ai compris que peu de temps avant la révélation à cause d’une réflexion qu’il fait en parlant avec Ray.
    Lindsay est un peu énervante au début, à vouloir forcer Elizabeth à reprendre contact avec elle sans sembler se soucier de ses sentiments. Sur ce coup-là, j’ai nettement préférée Megan, plus encline à laisser Elizabeth venir vers elles à son rythme si elle le souhaite.
    Mais Lindsay remonte dans mon estime dans sa détermination à aider Elizabeth et Jesse.
    Ray est quelqu’un de solide qui sait reconnaitre ses torts que ce soit ceux qu’il a envers sa fille ou ceux qu’il a d’avoir mal jugé Elizabeth à cause de l’identité de son père.
    Enfin il y a Austin, le père de Jesse et le « méchant » de l’histoire. A un moment, la fille de Ray dit qu’il est plus pathétique qu’autre chose. Je comprends ce qu’elle veut dire. Quand on voit son père, on comprend bien l’exemple qui lui a été donné et l’enfance qu’il a vécu. Cependant, je ne trouve pas que ce soit une raison suffisante pour tout ce qu’il fait. Etre réticent à payer une pension alimentaire, ça je peux le comprendre. Tout le reste : non.
    Tout le livre se dévore. Il n’y a pas forcément d’action époustouflante mais le rythme reste quand même élevé avec cette angoisse sur le sort de la fillette qui ne nous lâche pas même lorsqu’il n’est pas au premier plan. Si je ne l’avais pas vu de mes propres yeux, jamais je n’aurais cru que ce livre faisait plus de 500 pages quand je vois la vitesse à laquelle je l’ai lu. Quand je l’ai refermé, j’avais l’impression de n’avoir lu que 200 ou 300 pages. Il n’y a pas de temps mort et tout s’enchaîne avec une précision diabolique.

     

    Un extrait : - Je me fiche de savoir comment vous allez vous y prendre. Détruisez-la, un point c’est tout !
    Ryan Paxton laissa retomber son stylo sur le bloc-notes qu’il venait de couvrir d’une écriture nerveuse, et s’adossa à son fauteuil. Impassible, il regarda son collègue, le visage tordu par la colère et les mâchoires crispées, faire les cent pas dans le bureau.
    - Vous y allez un peu fort, Austin, protesta-t-il. Rien de ce que vous venez de me dire n’est de nature à convaincre un juge de refuser à Gina la compensation financière à laquelle elle peut prétendre après huit ans de vie commune.
    - C’est bien pourquoi nous devons la détruire.
    Ryan ne put retenir un soupir de frustration. Il avait accepté de représenter Austin Leggett uniquement parce que son père, principal associé de Leggett, Jones & Brunson, lui avait demandé comme un service personnel de tirer son rejeton d’une « sale affaire ». Curtiss voulait régler cette situation rapidement, proprement et définitivement afin qu’elle n’entache pas la réputation de la firme.
    Sans se faire d’illusions quant à ses chances de succès, Ryan consulta ses notes d’un œil songeur. Austin s’était accroché aux basques de Gina d’Angelo aussitôt qu’elle avait mis les pieds chez LJ&B, huit ans plus tôt. Ensemble, ils avaient une petite fille de cinq ans. Et maintenant, celui qui avait initié cette relation voulait  mettre un terme sans en assumer les conséquences financières. S’il s’était écouté, Ryan serait allé sans tarder informer Curtiss qu’il ne voulait en aucun cas être mêlé de près ou de loin aux sordides mésaventures sentimentales de son fils. Mais en tant qu’associé à part entière de la firme, il était concerné par la réputation de LJ&B. Hélas, Austin Leggett, lui, ne semblait pas étouffé par de tels scrupules…
    - Vous n’en seriez pas là, lança Ryan sèchement, si vous aviez respecté la règle de non-fraternisation avec le personnel qui est en vigueur dans cette entreprise.
    Austin haussa les épaules. Les mains plongées au fond de ses poches, il avait l’air d’un adolescent boudeur, forcé de se justifier après un écart de conduite.

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  • [Livre] Le refuge de l'ange

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    Résumé : Seule rescapée d'un horrible massacre, la jeune Reece pense avoir trouvé la sécurité dans un village reculé du Wyoming, où de longues randonnées solitaires l'aident à oublier les cauchemars de son passé. Un jour en scrutant la nature avec ses jumelles, elle est le témoin d'un meurtre. Mais lorsqu'elle parvient sur les lieux du crime, sur l'autre versant de la vallée, plus aucune trace de la victime ou du tueur. Devant l'incrédulité de la police locale, confrontée à une série d'incidents qui la menacent directement, Reece n'aura d'autre choix que de traquer elle-même l'assassin.

     

    Auteur : Nora Roberts

     

    Edition : j’ai lu

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 19 février 2014

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Comme toujours avec Nora Roberts, j’ai embarqué sans problème dans son histoire.
    Certes, n’on échappe pas à la romance entre les deux personnages que tout séparent au premier abord, mais c’est un classique des polars, comme si l’enquête ne pouvait exister sans la présence d’un couple.
    Cependant, excepté cela, l’histoire est bien menée. Les indices sont bien disséminé ce qui ne permet pas forcément de trouver le coupable avec facilité.
    Pour ma part, j’ai soupçonné deux personnages et je me suis royalement plantée. Bon le premier, je m’en doutais un peu, il avait tellement le profil du tueur qu’au final il était presque impossible qu’il le soit (mais sait-on jamais, parfois, les évidences sont les bonnes).
    Pour le second, je savais qu’il manquait un élément pour que ça puisse être lui, mais je ne voyais pas qui d’autre pouvait être le coupable (et pourtant, une fois qu’on le sait, on se dit que c’est plus qu’évident).
    Il est dommage que le 4ème de couverture nous dévoile le passé de Reece car j’ai bien aimé que l’on ne découvre ce dernier que petit à petit, au fil des souvenirs et des cauchemars de cette dernière.
    Il y a peut-être un peu moins d’action que dans d’autres romans de Nora Roberts et très nettement moins que dans la plupart des thrillers, mais bon une enquête qui repose sur des déductions et de la réflexion plutôt que de voir deux apprentis enquêteurs foncer dans le tas tête baissée change agréablement.
    J’ai surtout aimé le côté un peu perdu de l’héroïne qui ne sait pas très bien elle-même si ce qu’elle découvre est le fruit de son état mental fragile ou celui d’un persécuteur.
    J’ai bien aimé aussi l’ambiance petit village où un secret ne peut pas être gardé et où on n’imagine pas trouver un tueur.
    La patronne de Reece est, de loin, mon personnage préféré : brusque, impatiente, mais qui cache un cœur d’or, elle sera un pilier pour Reece, autant pour se reconstruire que pour faire face à tous ses évènements.
    Sans grande surprise, Nora Roberts nous a livré un thriller correct sans pour autant qu’il soit inoubliable.

     

    Un extrait : Non loin de là, à travers les branches dénudées des saules et des peupliers, elle aperçut quelques-uns des bungalows que Mac avait mentionnés. Des petits pavillons de bois et de verre pourvus de vérandas qui offraient une vue magnifique. Ce devait être agréable de s'y asseoir pour jouir du paysage, regarder les gens qui s'aventuraient à travers les marécages couverts de roseaux des étangs, disposer de tout cet espace autour de soi, de toute cette quiétude. Un jour peut-être, mais pas aujourd'hui. Elle aperçut des tiges de jonquilles dans un demi-tonneau à whisky, devant l'entrée d'un restaurant. Certes, elles s'agitaient un peu dans le vent frisquet, mais elles évoquaient le printemps. Tout se renouvelait au printemps, à commencer par elle-même, avec un peu de chance...

    Elle s'arrêta pour admirer les jeunes pousses. Cela faisait du bien de sortir enfin de ce long hiver. Les signes de renaissance allaient se multiplier, désormais. Son guide touristique glorifiait les étendues de fleurs sauvages qui poussaient le long des marécages, des lacs et des étangs.

    Son regard glissa vers la vitrine du restaurant, plutôt une gargote familiale d'ailleurs, avec des tables pour deux et pour quatre, des box, des murs rouge et blanc plutôt défraîchis. Sur le comptoir étaient présentés des gâteaux et des tartes et derrière on apercevait la cuisine. Deux serveuses allaient et venaient, armées de plateaux et de cafetières. La foule du déjeuner. Reece avait oublié le déjeuner. C'est alors qu'elle remarqua l'affichette manuscrite collée sur la vitre :

    ON RECHERCHE UN CUISINIER S'ADRESSER ICI

    Fallait-il y voir un nouveau signe ?

     

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  • [Livre] Riches à en mourir

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    Résumé : Tous les vendredis, la mort frappe. Jamais au hasard. Seulement les riches… Un terroriste sans visage s’attaque aux nantis là où ça leur fait le plus mal. Au portefeuille. S’ils ne veulent pas mourir, une seule alternative leur est offerte : donner une partie de leur fortune aux plus nécessiteux. La menace est réelle. Pour les douze millions de riches de la planète, le compte à rebours a commencé…

     

    Auteur : Frédéric Andréi

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 27 Août 2014

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : J’ai un avis plus que mitigé sur ce livre. Si j’ai bien aimé l’idée de départ, j’ai vite déchanté en me plongeant dans le texte.
    D’abord à cause de l’écriture. L’auteur semble vouloir nous éblouir avec des descriptions pleines d’adjectifs mais n’arrive qu’à une lourdeur ampoulée qui est difficile à digérer.
    Pour autant, on s’habitue à tout, et on finit par réussir à faire abstraction du style pour plonger dans l’histoire.
    Et là…seconde désillusion.
    Car si le pitch avait de quoi séduire, je cherche encore le suspense de l’affaire. En fait d’enquête, on se retrouve dans les méandres de la vie (sentimentale surtout) de Nicolas Dennac, ancien journaliste reconverti en charpentier.
    Déjà, la première chose qui m’a dérangée, est que, passé les deux ou trois premières victimes, on n’a plus qu’une vague idée de ce qu’il se passe. On suit Dennac et puis, au détour d’un dialogue on apprend qu’il y a plus de 100 victimes, sans plus d’explication sur cette hécatombe, on continue à suivre Dennac puis soudain : au fait ! On en est à plus de 500 victimes… Ah… ok…
    Ensuite viennent les incohérences qui décrédibilisent totalement l’histoire.
    Déjà, l’attitude du FBI. A entendre l’auteur, le FBI est une sorte d’entité au-dessus des lois, qui peuvent tout se permettre et qui est l’équivalent américain des services secrets… Alors bon, déjà le FBI c’est la police. Une police qui peut intervenir sur tout le territoire et qui n’est pas limitée à un seul état, mais la police quand même, ce qui veut dire qu’ils suivent des procédures, ils sont loin d’être au-dessus des lois comme semblent l’être ceux présent dans le livre (opération à cœur ouvert sans le consentement de la personne, implant de localisation sans mandat…)
    Ensuite, alors que tous les services secrets du monde cherchent la solution, ils comprennent vite que mais, oui, c’est bien sûr, le charpentier, ex journaliste, qui était jadis un bon fouille-merde va les sortir de là. Suffit de le laisser agir à sa guise en lui collant aux basques deux agents qui le surveillent et qui se vexent quand ils se font semer.
    Et la fin est à l’image du livre : aucune crédibilité. Mais je ne peux pas donner d’exemple ca ça révèlerai tout et bien que ce livre soit clairement à reprendre, ça serait dommage de gâcher la surprise à ceux qui veulent tenter l’aventure.

     

    Un extrait : En avançant sur ce dédale de pontons, il y avait dès l’abord une maison en forme de chouette, celle de la toujours appétissante Munichoise, Veronica Berrenger, qui avait fui sa richissime famille d’industriels bavarois en 1964 pour faire à pied un tour du monde dont le terminus fut, en 1966, cette communauté hippie. Là, elle y avait épuisé les expériences et les hommes et y vivait désormais seule. Un peu plus loin on traversait un long ponton qui menait au repaire du Pirate Ginger, un vieil Irlandais dont on ne savait toujours pas s’il était irlandais de naissance ou simplement de réputation. Cet ancien docker qui survivait grâce à une retraite aussi maigre que lui s’était au fil des années fabriqué une jolie gueule de pirate qu’il entretenait avec plaisir. Il était connu pour la bière qu’il brassait lui-même dans sa masure flottante. Pas mauvaise en soi mais ne ressemblant à aucune autre, c’était de la bière uniquement parce qu’il affirmait que cela en était. En tournant on tombait sur la maison d’Anna et Franck. « Le vieux couple », la pierre angulaire de la Waldo Coop, avait tenu bon contre vents et marées malgré les innombrables coups de canifs dans le contrat. Cette adresse était au milieu de cette marée de célibataires comme une lumière dans la nuit, le signe que le Love & Peace était peut-être possible. Ensuite le ponton traversait un passage périlleux qui s’incurvait mollement dans le marais sur quelques mètres. On avait pourtant bien essayé de le consolider mais en vain, la vase était molle et à cela il n’y avait rien à faire. On l’avait surnommé « le triangle des Bermudes » car on soupçonnait ce maudit gué d’avoir avalé quelques-uns des anciens de la Waldo Coop. Ceux-là mêmes qui s’étaient volatilisés du jour au lendemain au hasard des années. Passé l’obstacle, on arrivait devant un taudis échoué dans un marécage puant. La ruine abritait un couple improbable, une vieille mère et son vieux fils Samuel. C’était un colosse de deux mètres d’une quarantaine d’années qui ne parlait pas et qui ne sortait que la nuit pour aller au ravitaillement. Du coup, à la Waldo Coop on avait admis que la vieille était trépassée et que Sam avait dissimulé le corps pour continuer à toucher la pension.

     

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