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Policiers/Thrillers

  • [Livre] Du feu de l’enfer

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    Résumé : Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et soeur. Un jour, l'une des combines d'Ariel tourne mal et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s'accumulent autour d'eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s'intéresse à leur cas. Commence alors une traque qui brouillera les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l'épreuve les liens du sang.

     

    Auteur : Sire Cédric

     

    Edition : Presse de la Cité

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 09 mars 2017

     

    Prix moyen : 21€

     

    Mon avis : Première chose à savoir dans ce livre, surtout pour les âmes sensibles : Les chiens en prennent plein la tronche !!! Bon ok, les humains aussi, mais c’est moins grave !
    Ce livre est seulement le second que je lis de Sire Cédric (et la lecture du  premier, l’enfant des cimetières, remonte à un bout de temps) et c’est un coup de cœur.
    L’intrigue est prenante, glauque, oui, flippante, très certainement, mais prenante.
    Les personnages sont bien définis et, quand on découvre certains éléments sur certains d’entre eux (et un en particulier) on se rend compte que tout ce qu’on a lu sur ce personnage pouvait être interprété de différentes manière.
    Concernant les membres de la secte, je soupçonnais un personnage tout en me disant « ce qui serait vraiment bien, c’est que ce ne soit pas lui, mais tel autre » et en fait j’avais raison alors que je me disais que ce n’était pas possible, que j’aurais vu la chose venir… Et bien non, j’ai rien vu venir et j’ai relu trois fois le passage pour être sûre que mon cerveau ne me jouait pas des tours.
    On sent bien que l’auteur s’est documenté, que ce soit sur les pratiques sectaire (du moins j’espère qu’il s’est documenté et que ça ne lui ai pas venu tout seul !!) ou sur le métier de thanatopracteur. A aucun moment, que ce soit dans les actes des malades qui composent la secte ou dans les activités professionnelles de Manon on n’a l’impression de lire n’importe quoi. Les actes sont précis, même quand ils relèvent de la pure folie.
    Côté personnage, j’ai vraiment beaucoup aimé Manon même si j’ai parfois trouvé qu’elle n’était pas assez ferme sur ses positions (que ce soit sur ce qui leur est arrivé quand ils étaient enfants ou sur son attitude au début de l’histoire.)
    Ariel, son frère, en revanche, je n’ai pas pu le supporter. Etre arrogant à ce point quand on a aussi peu à offrir, qu’on est lâche, immature… ce type semble cumuler tous les défauts de la terre.
    Il semblerait que Sire Cédric ait pour habitude d’intégrer un élément surnaturel dans ses romans mais ce n’est pas le cas ici. Quelque tout puissant que les membres de la secte semblent être, ils n’en demeurent pas moins humains.
    La fin n’est moralement que peu satisfaisante mais est vraiment très efficace sur le plan littéraire. En tout cas, elle laisse une porte ouverte pour que l’auteur puisse, peut-être un jour, reprendre le personnage de Manon pour une éventuelle suite.
    Voilà un thriller qui prend à la gorge, qu’il vaut mieux éviter si on est impressionnable car l’auteur ne nous épargne aucune horreur, mais qui est un régal si on est fan de ce genre.

     

    Un extrait : — La police ne va pas tarder, annonça Manon en revenant dans la cuisine.

    Ariel venait de se faire un espresso. Il avala le contenu de la tasse d’une gorgée, sans croiser le regard de sa sœur.

    — Je vais te laisser gérer, si ça ne te dérange pas.

    Évidemment. Le lâche.

    Manon sentit sa colère envers son frère revenir. Une furieuse envie de le secouer pour qu’il grandisse enfin.

    — Ariel, tu ne peux pas t’en aller tout de suite, lui expliqua-t-elle aussi posément qu’elle le pouvait. Ils voudront nous poser des questions, je sais que c’est comme ça qu’ils procèdent. Nous avons trouvé le corps tous les deux.

    — Attends, grogna Ariel en ouvrant le frigo. Tu es montée toute seule. Je n’ai rien à voir avec tout ça, moi. Je n’habite même pas ici.

    Il attrapa la bouteille de nectar de pêche et but de longues gorgées.

    — Ne bois pas à la bouteille ! Merde ! explosa Manon. Je te l’ai dit combien de fois !

    — Désolé, dit Ariel en reposant le nectar à sa place. Ne te mets pas dans cet état pour ça.

    Il passa une main sur son crâne glabre. Il avait meilleure mine que cette nuit. Ce qui ne voulait pas dire grand-chose. Aux yeux de sa sœur, Ariel n’avait jamais réussi à avoir une bonne mine tout court. Elle n’arrivait à voir que ses dents abîmées par la consommation de drogue, ses paupières tombantes et son teint trop pâle, quelle que soit la saison. Pas étonnant qu’il passe rarement l’étape des entretiens d’embauche.

    — Merci pour cette nuit, OK ?

    — Attends au moins que les policiers soient là. S’il te plaît, Ariel.

    — Je préfère pas. Sérieux. Je n’ai rien à leur dire. Je n’ai rien vu. C’est toi qui es allée voir ce type.

    Manon fulmina. Son frère réussirait donc à la pousser à bout chaque fois qu’ils se voyaient.

    — Dans quoi tu trempes, maintenant ? Que je sache quel sujet je dois oublier.

    — Dans rien. T’inquiète pas.

    — Tu as retrouvé du travail, alors ?

    Il évitait son regard.

    — Non. Mais je cherche. C’est vrai.

    — Alors pourquoi la police te fait aussi peur ? insista-t-elle.

    Cette fois, ce fut au tour de son frère de pousser un juron entre ses dents. Il pointa un index peu assuré vers elle.

    — Et puis merde. Me fais pas la morale, OK ? La police a toujours quelque chose à te reprocher. Même si tu n’as rien fait. Tu le sais. Tu peux pas dire le contraire.

    Des conneries, oui, songea-t-elle.

    — Ce qui est certain, c’est que toi, tu agis comme si tu avais quelque chose à te reprocher, Ariel. Ou est-ce que tu es encore trop défoncé pour t’en rendre compte ?

    Il ouvrit le robinet de l’évier, se lava les mains, s’humecta le visage.

    — La psychanalyse est finie ? C’est tout de même pas de ma faute si ce con s’est suicidé, non ?

    Manon se sentit bouillir.

    — Tu n’as pas honte de dire une chose pareille ? Tu n’as pas de cœur. Merde, tu ne changeras donc jamais !

    — Faut croire que non. C’est ce que m’a dit Anne-Sophie avant de m’éclater une putain d’assiette sur la tête.

    — Je suis sûre qu’elle avait une bonne raison !

    — Oh et puis tu m’emmerdes, Manon ! Je me casse et c’est tout !

     

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  • [Livre] Le passé meurtri

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    Résumé : Ecrivain reconnu, Elizabeth Walker offre au monde l’image d’une femme réservée et distante, soucieuse avant tout de protéger sa vie privée. Mais derrière cette froideur se cachent en réalité des blessures que le temps n’a jamais pu cicatriser : orpheline à cinq ans, elle a vécu une enfance solitaire, ballottée de famille d’accueil en famille d’accueil, sans jamais revoir ses deux jeunes sœurs. Autant d’épreuves qui l’ont amenée à ériger autour d’elle des murs infranchissables…

    Mais sa vie bien ordonnée bascule le jour où sa meilleure amie Gina est menacée de perdre la garde de sa fille Jesse. Le père de l’enfant, un homme aussi influent que violent, a pour cela fait appel à Ryan Paxton, l’un des meilleurs avocats de la ville. Bouleversée, Elizabeth se révolte contre ce qu’elle considère comme une injustice de trop. Puisqu’il faut se battre, elle le fera. Pour Gina. Pour Jesse, sa filleule adorée. Et aussi pour se donner à elle-même une chance de tourner enfin la page du passé…

     

    Auteur : Karen Young

     

    Edition : Harlequin Bestseller

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 01 janvier 2006

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Dans ce thriller, le nom du coupable ne nous pose pas de problème puisqu’on le connait depuis le début. On sait aussi ce qu’il a fait (ou disons qu’on a de très fortes certitudes). L’essentiel de l’intrigue repose plus sur le fait de savoir comment il va être confondu et comment protéger sa fille de lui.
    La petite Jesse fait de la peine quand on voit la gamine vivante et volubile que l’on rencontre dès les premières pages et la gosse muette et terrifiée qu’elle devient après l’accident. D’ailleurs quand on voit sa réaction à chaque fois qu’elle croise son père, il n’y a pas besoin d’être psy pour se douter de ce qu’il s’est exactement passé.
    J’ai trouvé ce thriller encore plus angoissant que lorsqu’on cherche qui peut bien être le coupable car ici, on connait presque les faits à l’avance, on sait ce qu’il va probablement se passer et on voit les personnages impuissant à empêcher les évènements qu’ils redoutent se produire.
    La fille de Ray, Jen, est probablement le personnage qui évolue le plus avec Elizabeth.
    Si Elizabeth sort de la coquille dans laquelle elle s’est réfugiée depuis l’incendie qui a fait d’elle une orpheline (d’ailleurs j’ai beaucoup de mal avec cette décision des services sociaux de faire adopter deux des trois sœurs et de laisser la troisième errer d’une famille à l’autre), Jen, elle, montre à tous qu’elle n’est pas seulement une adolescente qui a pris quelques mauvaises décisions.
    Dès le début, je savais que Louis gardait un secret, mais j’étais loin de me douter duquel. Je n’ai compris que peu de temps avant la révélation à cause d’une réflexion qu’il fait en parlant avec Ray.
    Lindsay est un peu énervante au début, à vouloir forcer Elizabeth à reprendre contact avec elle sans sembler se soucier de ses sentiments. Sur ce coup-là, j’ai nettement préférée Megan, plus encline à laisser Elizabeth venir vers elles à son rythme si elle le souhaite.
    Mais Lindsay remonte dans mon estime dans sa détermination à aider Elizabeth et Jesse.
    Ray est quelqu’un de solide qui sait reconnaitre ses torts que ce soit ceux qu’il a envers sa fille ou ceux qu’il a d’avoir mal jugé Elizabeth à cause de l’identité de son père.
    Enfin il y a Austin, le père de Jesse et le « méchant » de l’histoire. A un moment, la fille de Ray dit qu’il est plus pathétique qu’autre chose. Je comprends ce qu’elle veut dire. Quand on voit son père, on comprend bien l’exemple qui lui a été donné et l’enfance qu’il a vécu. Cependant, je ne trouve pas que ce soit une raison suffisante pour tout ce qu’il fait. Etre réticent à payer une pension alimentaire, ça je peux le comprendre. Tout le reste : non.
    Tout le livre se dévore. Il n’y a pas forcément d’action époustouflante mais le rythme reste quand même élevé avec cette angoisse sur le sort de la fillette qui ne nous lâche pas même lorsqu’il n’est pas au premier plan. Si je ne l’avais pas vu de mes propres yeux, jamais je n’aurais cru que ce livre faisait plus de 500 pages quand je vois la vitesse à laquelle je l’ai lu. Quand je l’ai refermé, j’avais l’impression de n’avoir lu que 200 ou 300 pages. Il n’y a pas de temps mort et tout s’enchaîne avec une précision diabolique.

     

    Un extrait : - Je me fiche de savoir comment vous allez vous y prendre. Détruisez-la, un point c’est tout !
    Ryan Paxton laissa retomber son stylo sur le bloc-notes qu’il venait de couvrir d’une écriture nerveuse, et s’adossa à son fauteuil. Impassible, il regarda son collègue, le visage tordu par la colère et les mâchoires crispées, faire les cent pas dans le bureau.
    - Vous y allez un peu fort, Austin, protesta-t-il. Rien de ce que vous venez de me dire n’est de nature à convaincre un juge de refuser à Gina la compensation financière à laquelle elle peut prétendre après huit ans de vie commune.
    - C’est bien pourquoi nous devons la détruire.
    Ryan ne put retenir un soupir de frustration. Il avait accepté de représenter Austin Leggett uniquement parce que son père, principal associé de Leggett, Jones & Brunson, lui avait demandé comme un service personnel de tirer son rejeton d’une « sale affaire ». Curtiss voulait régler cette situation rapidement, proprement et définitivement afin qu’elle n’entache pas la réputation de la firme.
    Sans se faire d’illusions quant à ses chances de succès, Ryan consulta ses notes d’un œil songeur. Austin s’était accroché aux basques de Gina d’Angelo aussitôt qu’elle avait mis les pieds chez LJ&B, huit ans plus tôt. Ensemble, ils avaient une petite fille de cinq ans. Et maintenant, celui qui avait initié cette relation voulait  mettre un terme sans en assumer les conséquences financières. S’il s’était écouté, Ryan serait allé sans tarder informer Curtiss qu’il ne voulait en aucun cas être mêlé de près ou de loin aux sordides mésaventures sentimentales de son fils. Mais en tant qu’associé à part entière de la firme, il était concerné par la réputation de LJ&B. Hélas, Austin Leggett, lui, ne semblait pas étouffé par de tels scrupules…
    - Vous n’en seriez pas là, lança Ryan sèchement, si vous aviez respecté la règle de non-fraternisation avec le personnel qui est en vigueur dans cette entreprise.
    Austin haussa les épaules. Les mains plongées au fond de ses poches, il avait l’air d’un adolescent boudeur, forcé de se justifier après un écart de conduite.

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  • [Livre] Le refuge de l'ange

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    Résumé : Seule rescapée d'un horrible massacre, la jeune Reece pense avoir trouvé la sécurité dans un village reculé du Wyoming, où de longues randonnées solitaires l'aident à oublier les cauchemars de son passé. Un jour en scrutant la nature avec ses jumelles, elle est le témoin d'un meurtre. Mais lorsqu'elle parvient sur les lieux du crime, sur l'autre versant de la vallée, plus aucune trace de la victime ou du tueur. Devant l'incrédulité de la police locale, confrontée à une série d'incidents qui la menacent directement, Reece n'aura d'autre choix que de traquer elle-même l'assassin.

     

    Auteur : Nora Roberts

     

    Edition : j’ai lu

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 19 février 2014

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Comme toujours avec Nora Roberts, j’ai embarqué sans problème dans son histoire.
    Certes, n’on échappe pas à la romance entre les deux personnages que tout séparent au premier abord, mais c’est un classique des polars, comme si l’enquête ne pouvait exister sans la présence d’un couple.
    Cependant, excepté cela, l’histoire est bien menée. Les indices sont bien disséminé ce qui ne permet pas forcément de trouver le coupable avec facilité.
    Pour ma part, j’ai soupçonné deux personnages et je me suis royalement plantée. Bon le premier, je m’en doutais un peu, il avait tellement le profil du tueur qu’au final il était presque impossible qu’il le soit (mais sait-on jamais, parfois, les évidences sont les bonnes).
    Pour le second, je savais qu’il manquait un élément pour que ça puisse être lui, mais je ne voyais pas qui d’autre pouvait être le coupable (et pourtant, une fois qu’on le sait, on se dit que c’est plus qu’évident).
    Il est dommage que le 4ème de couverture nous dévoile le passé de Reece car j’ai bien aimé que l’on ne découvre ce dernier que petit à petit, au fil des souvenirs et des cauchemars de cette dernière.
    Il y a peut-être un peu moins d’action que dans d’autres romans de Nora Roberts et très nettement moins que dans la plupart des thrillers, mais bon une enquête qui repose sur des déductions et de la réflexion plutôt que de voir deux apprentis enquêteurs foncer dans le tas tête baissée change agréablement.
    J’ai surtout aimé le côté un peu perdu de l’héroïne qui ne sait pas très bien elle-même si ce qu’elle découvre est le fruit de son état mental fragile ou celui d’un persécuteur.
    J’ai bien aimé aussi l’ambiance petit village où un secret ne peut pas être gardé et où on n’imagine pas trouver un tueur.
    La patronne de Reece est, de loin, mon personnage préféré : brusque, impatiente, mais qui cache un cœur d’or, elle sera un pilier pour Reece, autant pour se reconstruire que pour faire face à tous ses évènements.
    Sans grande surprise, Nora Roberts nous a livré un thriller correct sans pour autant qu’il soit inoubliable.

     

    Un extrait : Non loin de là, à travers les branches dénudées des saules et des peupliers, elle aperçut quelques-uns des bungalows que Mac avait mentionnés. Des petits pavillons de bois et de verre pourvus de vérandas qui offraient une vue magnifique. Ce devait être agréable de s'y asseoir pour jouir du paysage, regarder les gens qui s'aventuraient à travers les marécages couverts de roseaux des étangs, disposer de tout cet espace autour de soi, de toute cette quiétude. Un jour peut-être, mais pas aujourd'hui. Elle aperçut des tiges de jonquilles dans un demi-tonneau à whisky, devant l'entrée d'un restaurant. Certes, elles s'agitaient un peu dans le vent frisquet, mais elles évoquaient le printemps. Tout se renouvelait au printemps, à commencer par elle-même, avec un peu de chance...

    Elle s'arrêta pour admirer les jeunes pousses. Cela faisait du bien de sortir enfin de ce long hiver. Les signes de renaissance allaient se multiplier, désormais. Son guide touristique glorifiait les étendues de fleurs sauvages qui poussaient le long des marécages, des lacs et des étangs.

    Son regard glissa vers la vitrine du restaurant, plutôt une gargote familiale d'ailleurs, avec des tables pour deux et pour quatre, des box, des murs rouge et blanc plutôt défraîchis. Sur le comptoir étaient présentés des gâteaux et des tartes et derrière on apercevait la cuisine. Deux serveuses allaient et venaient, armées de plateaux et de cafetières. La foule du déjeuner. Reece avait oublié le déjeuner. C'est alors qu'elle remarqua l'affichette manuscrite collée sur la vitre :

    ON RECHERCHE UN CUISINIER S'ADRESSER ICI

    Fallait-il y voir un nouveau signe ?

     

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  • [Livre] Riches à en mourir

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    Résumé : Tous les vendredis, la mort frappe. Jamais au hasard. Seulement les riches… Un terroriste sans visage s’attaque aux nantis là où ça leur fait le plus mal. Au portefeuille. S’ils ne veulent pas mourir, une seule alternative leur est offerte : donner une partie de leur fortune aux plus nécessiteux. La menace est réelle. Pour les douze millions de riches de la planète, le compte à rebours a commencé…

     

    Auteur : Frédéric Andréi

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 27 Août 2014

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : J’ai un avis plus que mitigé sur ce livre. Si j’ai bien aimé l’idée de départ, j’ai vite déchanté en me plongeant dans le texte.
    D’abord à cause de l’écriture. L’auteur semble vouloir nous éblouir avec des descriptions pleines d’adjectifs mais n’arrive qu’à une lourdeur ampoulée qui est difficile à digérer.
    Pour autant, on s’habitue à tout, et on finit par réussir à faire abstraction du style pour plonger dans l’histoire.
    Et là…seconde désillusion.
    Car si le pitch avait de quoi séduire, je cherche encore le suspense de l’affaire. En fait d’enquête, on se retrouve dans les méandres de la vie (sentimentale surtout) de Nicolas Dennac, ancien journaliste reconverti en charpentier.
    Déjà, la première chose qui m’a dérangée, est que, passé les deux ou trois premières victimes, on n’a plus qu’une vague idée de ce qu’il se passe. On suit Dennac et puis, au détour d’un dialogue on apprend qu’il y a plus de 100 victimes, sans plus d’explication sur cette hécatombe, on continue à suivre Dennac puis soudain : au fait ! On en est à plus de 500 victimes… Ah… ok…
    Ensuite viennent les incohérences qui décrédibilisent totalement l’histoire.
    Déjà, l’attitude du FBI. A entendre l’auteur, le FBI est une sorte d’entité au-dessus des lois, qui peuvent tout se permettre et qui est l’équivalent américain des services secrets… Alors bon, déjà le FBI c’est la police. Une police qui peut intervenir sur tout le territoire et qui n’est pas limitée à un seul état, mais la police quand même, ce qui veut dire qu’ils suivent des procédures, ils sont loin d’être au-dessus des lois comme semblent l’être ceux présent dans le livre (opération à cœur ouvert sans le consentement de la personne, implant de localisation sans mandat…)
    Ensuite, alors que tous les services secrets du monde cherchent la solution, ils comprennent vite que mais, oui, c’est bien sûr, le charpentier, ex journaliste, qui était jadis un bon fouille-merde va les sortir de là. Suffit de le laisser agir à sa guise en lui collant aux basques deux agents qui le surveillent et qui se vexent quand ils se font semer.
    Et la fin est à l’image du livre : aucune crédibilité. Mais je ne peux pas donner d’exemple ca ça révèlerai tout et bien que ce livre soit clairement à reprendre, ça serait dommage de gâcher la surprise à ceux qui veulent tenter l’aventure.

     

    Un extrait : En avançant sur ce dédale de pontons, il y avait dès l’abord une maison en forme de chouette, celle de la toujours appétissante Munichoise, Veronica Berrenger, qui avait fui sa richissime famille d’industriels bavarois en 1964 pour faire à pied un tour du monde dont le terminus fut, en 1966, cette communauté hippie. Là, elle y avait épuisé les expériences et les hommes et y vivait désormais seule. Un peu plus loin on traversait un long ponton qui menait au repaire du Pirate Ginger, un vieil Irlandais dont on ne savait toujours pas s’il était irlandais de naissance ou simplement de réputation. Cet ancien docker qui survivait grâce à une retraite aussi maigre que lui s’était au fil des années fabriqué une jolie gueule de pirate qu’il entretenait avec plaisir. Il était connu pour la bière qu’il brassait lui-même dans sa masure flottante. Pas mauvaise en soi mais ne ressemblant à aucune autre, c’était de la bière uniquement parce qu’il affirmait que cela en était. En tournant on tombait sur la maison d’Anna et Franck. « Le vieux couple », la pierre angulaire de la Waldo Coop, avait tenu bon contre vents et marées malgré les innombrables coups de canifs dans le contrat. Cette adresse était au milieu de cette marée de célibataires comme une lumière dans la nuit, le signe que le Love & Peace était peut-être possible. Ensuite le ponton traversait un passage périlleux qui s’incurvait mollement dans le marais sur quelques mètres. On avait pourtant bien essayé de le consolider mais en vain, la vase était molle et à cela il n’y avait rien à faire. On l’avait surnommé « le triangle des Bermudes » car on soupçonnait ce maudit gué d’avoir avalé quelques-uns des anciens de la Waldo Coop. Ceux-là mêmes qui s’étaient volatilisés du jour au lendemain au hasard des années. Passé l’obstacle, on arrivait devant un taudis échoué dans un marécage puant. La ruine abritait un couple improbable, une vieille mère et son vieux fils Samuel. C’était un colosse de deux mètres d’une quarantaine d’années qui ne parlait pas et qui ne sortait que la nuit pour aller au ravitaillement. Du coup, à la Waldo Coop on avait admis que la vieille était trépassée et que Sam avait dissimulé le corps pour continuer à toucher la pension.

     

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  • [Livre] Gravé dans le sable

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    Résumé : A la veille du débarquement de Normandie, les soldats américains se réunissent dans la cale du navire. Aucun n’est prêt à s’élancer le premier sur la plage, le lendemain matin. Pour déterminer qui sera le premier à risquer sa vie, les gradés décident d’organiser un tirage au sort. Lucky, avec sa chance du diable, tire le numéro 148. Il semble sauvé. Pourtant, vingt ans plus tard, la belle Alice Queen pleure toujours la disparition de son premier amour. Lorsqu’elle découvre une parcelle de vérité, Alice décide d’enquêter. Pourquoi Lucky s’est-il élancé en quatrième position ce matin-là? Qu’est ce qui a pu le pousser à échanger sa place et à risquer sa vie? Et surtout, pourquoi n’en a-t-elle jamais rien su?

     

    Auteur : Michel Bussi

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 1 octobre 2015

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’adore Bussi depuis que j’ai lu « Maman a tort ». Ce livre, rebaptisé « gravé dans le sable » est la réédition d’« Omaha Crimes », le tout premier livre de l’auteur. Et il avait déjà ce petit côté sadique qu’on aime tant chez lui.
    Tout au long de ma lecture, je n’ai fait que douter ou presque. A chaque fois que je pensais avoir compris ce qu’il se passait exactement, il se passait quelque chose qui me faisait tout remettre en question. Très frustrant. Et qui oblige à tourner les pages de plus en plus vite pour « savoir » !
    Pourtant on sent bien que ce livre est le premier car, à un moment, j’ai eu un doute. Je me suis dit : Et si… et puis j’ai secoué la tête en me disant, meuh non… Et ben si !
    Depuis, l’auteur a pris de l’assurance et on a de moins en moins d’illuminations quand on lit ses livres (enfin si on en a…mais on est souvent à côté de la plaque… au mieux, on a un orteil dessus).

    L’histoire se déroule sur 3 périodes : 1944, 1964 et 1975. Au fil des différentes périodes, on est témoins de certaines choses et un puzzle se forme sous nos yeux. Mais jusqu’à la presque toute fin, il nous manque une pièce, une pièce centrale.
    Centrale parce que sans cette pièce, venue gripper la machine, rien ne se serait passé.
    Les personnages ont de multiples facettes. Certains qui semblent pourris jusqu’à la moelle se révèle animé par une juste cause (même si on peut remettre en question leurs choix pour atteindre leur but).
    D’autres, qui semblent gentils et bienveillant, ne sont pas si gentils et inoffensif que ça (pas toujours pour le pire, paradoxalement).

    Difficile d’en dire plus sur ce livre sans risque de dévoiler l’intrigue tant chaque action de chaque personnage a une importance dans le final.
    Je me contenterais donc de vous encourager à le lire. Pour moi, ça a été un coup de cœur !

     

    Un extrait : « Ils montèrent au ciel d’un jour où il tombait des cordes. » Cette phrase hantait Oscar. Il avait dû lire ça quelque part, il n’y a pas longtemps. Ou bien il l’avait entendu quelque part, de la bouche d’un con. Ça ne manquait pas de cons capables de dire cela, sur cette péniche. De cons se prenant pour des prophètes. De cons devenus mystiques, deux ou trois jours avant le Jugement dernier.

    Oscar enfonçait sa grosse tête ronde dans le hublot et regardait les cordes tomber. On ne distinguait plus rien dehors, ni l’eau du port, ni le ciel, ni les bâches grises dissimulant les péniches, à peine la lumière clignotante d’un phare, ou d’un bar, enfin juste d’une vie quelconque dehors, loin.

    Sûr qu’il en tomberait, des cordes, ce putain de 6 juin, sur cette putain de plage, là-bas en face. Sûr que l’eau serait glacée, que le sable serait lourd et lui collerait aux bottes, si jamais il l’atteignait, ce sable… Sûr qu’il ferait un temps pourri, histoire qu’ils ne quittent pas cette terre avec trop de regrets.

    Sûr qu’il tomberait des cordes !

    Oscar pensa alors bêtement que de toute sa vie, il n’était jamais parvenu à monter à une corde, ni à l’école, ni lors des entraînements avec le commando. Il était toujours resté planté à un mètre du sol comme un gros cochon suspendu. Il sourit. Cela prouvait bien qu’il n’avait rien à faire ici, dans cette péniche, parmi ces héros inconscients…

    Ces héros étaient exactement cent quatre-vingt-huit, cent quatre-vingt-sept sans compter Oscar Arlington. Cent quatre-vingt-sept jeunes Américains composant le 9e Rangers, tous serrés dans cette péniche, tous supportant sur leurs épaules le poids de l’une des missions les plus délicates du débarquement de Normandie : se rendre maîtres de la Pointe-Guillaume.

    La Pointe-Guillaume se présentait comme un piton rocheux dominant la falaise normande, coiffé d’un blockhaus et hérissé de canons ; elle était considérée par les stratèges comme l’un des sites les plus importants de l’opération Overlord. Dans la péniche s’entassaient donc cent quatre-vingt-sept jeunes volontaires américains enthousiastes, pétant de santé à grimper et redescendre depuis un mois les falaises anglaises, facilement maintenant, ayant désormais la main ferme, sans vertige, bruyants le soir au bar, buvant et riant, fiers et confiants, en eux, en leur étoile, dans les étoiles de ce drapeau protecteur qu’ils devaient aller planter en haut de la Pointe-Guillaume.

    Pourtant, dans la plus grande salle de la péniche, la salle qu’on utilisait habituellement comme bar, un silence absolu régnait. On avait rangé les cartes, les bières, les dés, tout ce qui servait à tuer le temps sous la bâche. Les cent quatre-vingt-huit rangers s’y tenaient serrés. Certains, comme Oscar, appuyés contre un hublot, d’autres ayant réussi à s’asseoir sur un coin de table ou de tabouret, quelques-uns par terre, la plupart restaient simplement debout. Ces cent quatre-vingt-huit jeunes Américains, le crâne rasé à faire peur, ordinairement pleins d’histoires salaces et de pensées cochonnes, se regardaient muets. Ça puait l’humidité, ça puait la promiscuité suante, ça puait la respiration forte, ça puait comme dans un vestiaire de football. Mais pas un ne disait un mot…

    Le vestiaire de l’équipe qui aurait perdu. Où chacun attendrait la punition, où chacun espérerait qu’elle tomberait sur un autre. Les cent quatre-vingt-huit paires d’yeux regardaient au centre de la pièce un petit tabouret tout bête avec dessus un casque posé.

    Simplement un casque, fixé par tous comme la statue d’un diable.

    Mais qu’est-ce que je fous là ? pensait Oscar.

     

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  • [Livre] Chuuut !

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    Résumé : «On se tait, on se tient.» Telle est la devise des Saint Junien. L'arrivée de Nils, «l'enfant prodigue» que personne n'attendait, va faire voler en éclats l'unité de cette famille en apparence si parfaite...

     

    Auteur : Janine Boissard

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 07 mars 2013

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Chuuut ! est le premier livre de Janine Boissard que je lis, et pourtant la dame est prolifique. Difficile de classer ce livre dans une catégorie : un peu polar, quoi qu’il n’y ait pas d’enquête à proprement parler, un peu romance, mais très peu, un peu saga familiale mais en un seul tome… le mélange de genre ne perturbe pas le lecteur, bien au contraire. Il donne au texte de multiples facettes, montrant que tout n’est pas noir ou blanc : le côté polar cherche le coupable mais le côté saga familiale hésite à le chercher au risque de faire exploser la famille…
    Dès le début, enfin dès ce qu’on va appeler le drame pour éviter de trop en dévoiler, on sait que Nils est innocent. Tout simplement parce qu’on était avec lui et que l’écriture n’est pas faite pour tromper le lecteur. Pas de moment caché que le lecteur n’a pas pu voir, donc. Nils est innocent. C’est un fait.
    Très vite après qu’il soit accusé (à tort donc) on sait, enfin on devine ce qu’il a pu se passer. Là aussi pas de piège : tout est logique.
    Ce qui l’est moins, c’est l’attitude de la famille dans cette affaire et même avant.
    Il y a deux camps : d’un côté le grand-père, droit fier, mais doté d’un grand cœur et sachant remettre en question ses actions passé, la grand-mère, à l’image de son époux, la plus jeune de ses trois fille, Hermine avec son mari, ses enfants et une de ses nièces.
    De l’autre le reste de la famille. Qui voit d’un mauvais œil arriver ce nouveau venu, Nils, fils de la sœur perdu, enfuie, qui a « mal tournée » qu’on juge sans jamais essayer de comprendre. Dans ce clan-là, on a peur surtout, j’ai l’impression, de voir son héritage diminuer.
    Tout le livre oscille entre deux impératifs : prouver l’innocence de Nils en confondant le vrai coupable et préserver la famille et surtout ce grand-père au grand cœur à qui personne ne veut briser le cœur. Les deux sont incompatibles ? Peut-être.
    Ce qui nous tient en haleine dans ce livre, ce n’est pas tant le mystère (oui, il y en a une petite part), ce sont les sentiments qui animent les personnages.
    J’ai beaucoup aimé Nils et ses grands-parents, qui ne les aimerait pas, tout comme Hermine et son mari. Philippine m’a parfois agacée, dès son plus jeune âge on sent la journaliste qu’elle aspire à être, friande de vérité mais parfois un peu trop centrée sur cet objectif en écartant d’un haussement d’épaule les dommages collatéraux.
    Fine, plus douce, est plus effacée, parfois peut être un peu trop. L’avocate est quelqu’un d’exceptionnel qui a su écouter son client et ses désirs comme ses problèmes de conscience.

    Je suis arrivée à la fin, sûre d’avoir tout compris sur ce qu’il s’était passé. Et puis non. Malgré le fait que l’on sache beaucoup de choses dès le début, l’auteur a sur nous garder un élément de surprise.
    Ce livre a été un coup de cœur !

     

    Un extrait : Je viens d'avoir quatorze ans et voilà longtemps que les « chut » ont dévoilé leurs secrets.

    « Fille perdue », ça veut dire que tante Roselyne s'est laissé séduire par un maquereau qui l'a emmenée à l'étranger où elle vend son corps sur le trottoir. Le maquereau s'appelle Werner.

    La maladie d'Alexander s'appelle l'autisme et il ne guérira jamais.

    Tante Monique a tout essayé, les psys, une école spécialisée et des leçons particulières, c'est cuit. Attention, il n'est pas idiot ! Il connaît un certain nombre de mots même s'il les mélange, et il sait plutôt bien compter, mais il vit dans une prison qu'il s'est fabriquée pour se protéger des dangers de l'extérieur. L'endroit où il se sent le mieux, c'est sa chambre : sa forteresse où tout doit être rangé dans un ordre parfait. Même tante Monique n'a pas le droit de bouger ses affaires quand elle fait le ménage. Elle profite des promenades pour aérer, mais quand il rentre, il flaire l'air nouveau, alors il se méfie et vérifie que rien n'a changé de place. Parfois, il se parle à lui-même avec des voix différentes. Il a des crises d'angoisse et des moments de violence dont on ignore la cause, c'est dans son cerveau. Maman craint que tante Monique ne finisse par devenir folle ; à mon avis et à celui de Philippine, c'est bien parti pour.

    En tout cas, plus personne n'a besoin de nous dire « chut ». Nous avons compris qu'il s'agissait de secrets de famille qui ne devaient sous aucun prétexte passer la grille du château.

  • [Livre] A la une, à la deux, à la proie

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    Résumé : "Coucou! C'est Stéphanie. - Stéphanie?" Stéphanie Plum, la chasseuse de primes. Parée, bottée, cagoulée - c'est l'hiver à Trenton et le thermomètre flirte outrageusement avec les basses températures... Prête à se lancer dans de nouvelles aventures.

    Cette fois encore, son cousin, l'immonde Vinnie, la charge d'une mission impossible. Ramener devant les tribunaux Oncle Mo, le marchand de glaces et de bonbons adulé par au moins trois générations. De quoi se mettre à dos les trois quarts de la ville. Heureusement, la belle a plus d'un tour dans son sac et quelques amis pour l'aider : Morelli, le flic de son cœur, Lula, l'ancienne prostituée black, relookée façon Shirley Temple, et l'énigmatique Ranger...

     

    Auteur : Janet Evanovich

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Polar

     

    Date de parution : 13 janvier 2000

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Ce roman est le troisième tome des aventures de Stephanie Plum, mais il peut être lu sans problème indépendamment des autres. Je n’ai pas (encore) lu les 2 premiers tomes, et, en dehors de certaines relations entre les personnages (et encore, car les circonstances de la rencontre sont rappelées en 2 mots), je n’ai eu à aucun moment l’impression d’avoir raté quelque chose.
    1ère chose, importante pour moi, dans ce roman Stephanie découvre un lien entre l’un des fugitifs qu’elle recherche et l’univers de la pornographie et pourtant, il n’y a pas de vulgarité dans le texte. C’est la preuve que l’on peut parler de ces sujets sans adopter le langage de ceux qui en font partie.
    Le personnage principal me fait beaucoup rire. Elle est très consciente de ses faiblesses mais se lance toujours dans l’aventure en se disant que sur un malentendu, ça peut passer. Lula, sa coéquipière, ancienne prostituée, m’agace un peu. Elle veut devenir chasseur de prime mais ne supporte pas d’avoir à suivre des règles et ne veut rien avoir à faire avec les flics.
    Pour moi Stephanie Plum c’est une Eve Dallas avec un peu moins de conscience professionnelle et beaucoup moins de respect des procédures !
    J’ai beaucoup aimé Ranger et Morelli, même si je comprends que Stephanie ait parfois envie de leur arracher les yeux (Cette manie de forcer sa porte pour entrer chez elle !!).
    L’enquête est bien présente mais sert aussi de prétexte à suivre Stephanie dans sa vie sentimentale, sur sa vie personnelle avec ses problèmes de voiture, sa mère qui rêve de la voir mariée et surtout de la voir faire un autre métier, plus « respectable », son père qui ne jure que par les buick, etc… Et le changement de coiffure de Stephanie nous fait presque regretter de ne pas avoir d’illustration dans ce livre !
    En bref ce roman regroupe plusieurs genres : policier, romance, chick lit… et c’est avec plaisir que je lirais très certainement les autres tomes de la saga.

    Un extrait : Ciel gris métallisé. Voitures et trottoirs gelés, passants frigorifiés. C'est Trenton en janvier.

    Dans le bureau de Vincent Plum, Vinnie pour les intimes, agent de cautionnement judiciaire, c'était la sinistrose.

    - C'est hors de question, dis-je à mon cousin Vinnie. Je n'ai jamais refusé une affaire, mais là, c'est non. Je ne peux pas l'arrêter. Tu n'as qu'à demander à Ranger. Ou à Barnes.

    - Pas question de refiler ce minable à Ranger, fit Vinnie. C'est de la roupie de sansonnet, c'est pour toi. Sois pro, merde. Ça va faire cinq mois que t'es "chasseuse de primes", bordel ! C'est quoi le problème ?

    - C'est Oncle Mo ! m'écriai-je. Si je l'arrête, je me mets tout le monde à dos, même ma meilleure amie !

    Vinnie coula son corps de mollusque dans son fauteuil de bureau et appuya sa nuque contre le dossier en cuir.

    - Mo ne s'est pas présenté au tribunal, contrairement aux termes de sa caution, dit-il. Donc, c'est une ordure. Point final.

    Moïse Bedemier, plus connu sous le nom d'Oncle Mo, a commencé à vendre des glaces et des bonbons le 5 juin 1958, et il en vend toujours. Sa boutique se trouve à l'orée du Bourg, agréable quartier résidentiel de Trenton où les maisons et les esprits sont fiers d'être étroits, et où les gens ont un coeur gros comme ça. Je suis née et j'ai grandi dans le Bourg, et même si mon appartement actuel est à un peu plus d'un kilomètre, j'y suis toujours reliée par un cordon ombilical invisible.

    Moïse Bedemier est un habitant du Bourg pur jus. Son lino et lui se sont fanés, écaillés, étiolés de concert au fil des trente et quelques années qu'ils ont passées sous un éclairage au néon. La façade jaune en brique et l'enseigne métallique de son magasin font vieillot et ont été dégradées par les intempéries.

    Le chrome des tabourets et le formica du comptoir ont perdu de leur éclat. Mais rien de tout cela n'a la moindre importance car ici, Oncle Mo n'est pas loin d'être classé monument historique.

    Et moi, Stéphanie Plum, soixante-deux kilos et demi, un mètre soixante-dix, brune aux yeux bleus et... chasseuse de primes, je venais de me voir confier la mission de traîner Oncle Mo en prison, par la peau de ses augustes fesses s'il le fallait !

  • [Livre] Le couple d'à côté

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    Résumé : La baby-sitter leur a fait faux bond, et alors ? Invités à dîner chez leurs voisins, Anne et Marco décident de ne pas renoncer à leur soirée. Cora, leur bébé de six mois, dort à poings fermés et ils ne sont qu’à quelques mètres. Que peut-il arriver ? Toutes les demi-heures, l’un ou l’autre va vérifier que tout va bien. Pourtant quand à une heure déjà avancée, le couple regagne son domicile, c’est un berceau vide qui les attend.

    Désespérés mais aussi dépassés, les jeunes parents attirent les soupçons de la police : Anne en dépression depuis son accouchement, Marco au bord de la ruine, les victimes ont soudain des allures de coupables. Dans cette sombre histoire, chacun semble dissimuler derrière une image lisse et parfaite de terribles secrets. L’heure de la révélation a sonné…

     

    Auteur : Shari Lapena

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2017

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Dès que la disparition de l’enfant est signalée, l’inspecteur en charge de l’affaire, Rasbach, se focalise immédiatement sur les parents, sans prendre en compte la possibilité d’autres pistes. Pourquoi ? Parce que en ce qui le concerne « ce sont toujours les parents ». Et parce que personne n’a vu de personne inconnu sortir par la porte principale et que pour lui, c’est impossible de sortir avec un bébé dans les bras sans se faire remarquer. Sauf que l’enlèvement a eu lieu entre minuit et demi et 1h30 du matin… c’est bien connu, les gens ont tous le nez à la fenêtre à cette heure-ci.
    Du coup, je n’ai pas vraiment été en phase avec cet inspecteur, surtout quand il est persuadé que la mère est la coupable au seul motif qu’elle souffre de dépression post-partum… Que toutes celles qui ont souffert de baby blues lui jette une tonne de pierre… et à l’auteur aussi car, après tout, c’est son personnage !
    Que l’inspecteur suive la piste des parents ne m’a pas dérangée, mais j’aurais préféré soit qu’il ait une raison valable de le faire, soit qu’il démontre clairement que, même s’il suit cette piste, il n’a pas pour autant laissé de côté l’hypothèse d’un enlèvement d’opportunité. La vie d’un bébé est en jeu quand même !
    Pour moi presque tous les personnages sont susceptibles d’avoir commis l’enlèvement. A part Anne. A aucun moment je n’ai soupçonné Anne, elle est fragile, c’est vrai, elle est fatiguée et elle se reproche sans cesse de ne pas être à la hauteur… mais je ne la vois pas une seconde s’en prendre à sa fille.
    Les parents d’Anne m’ont énervée parce que pour eux Marco, leur gendre, ne vaut rien, pour la seule et unique raison qu’il ne vient pas d’une famille fortunée.
    J’ai eu quelques doutes sur le fin mot de l’histoire vers le milieu de l’histoire. Mais je n’ai fait qu’effleurer la vérité car il y avait tellement plus… un peu comme si j’avais repéré un iceberg sans savoir la masse qui se cache sous l’eau.

    Quant à la fin après la fin, si j’ose dire, elle m’a laissée stupéfaite !

    Un extrait : La baby-sitter a annulé, et alors ? Ils auraient dû amener Cora, en prenant son lit parapluie. Mais Cynthia avait dit : « Pas d’enfants. » Ce devait être une soirée entre adultes, pour l’anniversaire de Graham. Encore une des raisons pour lesquelles Anne a pris Cynthia en grippe, alors qu’elles ont été amies à une époque : elle n’aime pas les bébés. Comment peut-on déclarer qu’un nourrisson de six mois n’est pas le bienvenu à une soirée ? Comment Anne a-t-elle pu laisser Marco la persuader que ce n’était pas grave ? C’est irresponsable. Elle se demande ce qu’en penseraient les autres participantes à son groupe de jeunes mamans, si elle leur racontait ça : « Nous avons laissé notre petite de six mois toute seule à la maison, pour aller dîner chez les voisins. » Elle imagine leurs expressions stupéfaites, le silence gêné. Mais elle ne leur dira jamais. On la fuirait.
    Marco et elle se sont disputés à ce propos. Quand la jeune fille a appelé pour annuler, Anne s’est proposée pour rester avec la petite – de toute manière, ce dîner ne lui disait rien. Mais Marco n’a rien voulu savoir.
    « Tu ne vas quand même pas rester ici ! » a-t-il protesté, chez eux, dans la cuisine.
    Elle a répondu à voix basse, ne voulant pas que Cynthia les entende se quereller au sujet de son invitation, de l’autre côté du mur.
    « Ca ne me dérange pas du tout.
    - Ca te fera du bien de sortir un peu », l’a contrée Marco en lui aussi la voix.
    Puis il a ajouté : « Tu sais bien ce que t’a dit le médecin. »
    Toute la soirée, elle a tâché de déterminer si ce dernier commentaire était perfide, ou égoïste, ou s’il avait simplement lancé cela pour l’aider. Elle a fini par céder. Marco l’a convaincue que, grâce au babyphone, ils entendraient la petite aussitôt qu’elle bougerait ou se réveillerait. Ils iraient jeter un coup d’œil sur elle toutes les demi-heures. Rien ne pouvait lui arriver.

  • [Livre] Les nuits blanches du chat botté

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    Résumé : En octobre 1700, d'étranges crimes ensanglantent la région si paisible des Alpes provençales. A quelques jours d'intervalle, on a retrouvé le cadavre d'une jeune fille curieusement vêtue d'une cape rouge, puis un mari et sa femme étranglés dans leur lit, la bouche emplie de petits cailloux blancs, enfin un marchand et sa fillette eux aussi étranglés. L'enquête est confiée au procureur Guillaume de Lautaret. Jeune homme à l'esprit vif, aussi habile à tirer l'épée qu'à trousser les filles, il s'ennuie mortellement dans cette place forte où rien ne se passe et rêve d'une brillante carrière à Versailles. Non loin de là, Delphine d'Orbelet s'ennuie tout autant dans les salons du château de sa mère. L'affaire va passionner et rapprocher les deux jeunes gens. Ils ne pourront cependant comprendre le sens de ces meurtres sauvages sans la découverte faite par Delphine à la lecture des fameux Contes de ma mère l'Oye...

     

    Auteur : Jean-Christophe Duchon-Doris

     

    Edition : 10/18

     

    Genre : Thriller historique

     

    Date de parution : 01 avril 2004

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : J’ai lu ce roman par curiosité car l’auteur est l’époux de mon ancienne prof de droit comparé. Comme j’ai maintenant quitté la fac et que je ne risque plus ni d’être saquée, ni d’être accusée de fayottage, j’ai enfin lu ce livre et peut donner mon avis sans « risque ».
    Dès les premières pages, 1er point positif pour moi : l’auteur a adapté le vocabulaire employé à l’époque à laquelle se passe l’histoire. Je sais que c’est souvent, au contraire, un point négatif pour les lecteurs qui sont perturbés de ne pas avoir une écriture moderne, mais pour moi, c’est un des plaisirs de lire une histoire qui se passe au moyen-âge ou sous l’Ancien Régime: avoir l’impression d’y être. Bon évidemment, je ne lirai pas un livre écrit en ancien français : ça peut être marrant, mais faut s’accrocher.
    Au début, j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, mais assez rapidement on se prend au jeu. Si on sait dès le départ que les meurtres ne sont pas du fait d’un animal mais d’un homme, il est difficile de ne pas voir tout le monde comme un suspect.
    Je me suis vraiment attachée à Delphine et Guillaume (et d’ailleurs, je pense lire les deux autres romans qui les mettent en scène).
    Plusieurs affaires se mêlent : Guillaume s’intéresse surtout au meurtrier, tandis que les agents du royaume veulent avant tout capturer un leader de la foi réformé (A la limite, la population peut se faire massacrer, ils s’en foutent).
    J’ai bien aimé les références aux contes qui permettent d’avancer dans l’enquête sans pour autant prendre le pas sur elle. On a d’ailleurs aussi une référence à l’histoire de la bête du Gévaudan, puisque les loups sont accusés d’une partie des meurtres et qu’une battue va être organisée quand bien même Guillaume est certain que les bêtes n’ont rien à voir dans l’histoire.
    Personnellement, même si j’avais établi plusieurs hypothèses, j’étais très loin de l’identité du coupable que je n’ai trouvé qu’en même temps que Guillaume. J’ai plongé à pied joint dans les pièges tendus par l’auteur, sans aucune frustration d’ailleurs, parce que c’était vraiment bien tourné.

    Un extrait : Si Mme d’Astuard et Mme d’Orbelet ne partageaient pas toujours les mêmes idées, elles s’entendaient pour ne pas se mêler aux autres familles nobles de la vallée, la première parce qu’elle redoutait que les fêtes d’aujourd’hui ne fussent que la pâle copie des fêtes d’autrefois, la seconde parce qu’elle fuyait l’agitation du monde. Si bien qu’à l’exception des domestiques, les seuls hommes qui fréquentaient le château étaient l’abbé Jorisse, vicaire officiel de la chapelle de Montclar, et le chevalier de Beuldy.

    Le chevalier de Beuldy habitait une ancienne forteresse, à moins d’une lieue du château, et venait en voisin. C’était un petit homme au pourpoint fatigué, canne à la main, fraise et chausses fanées, et toujours, sur sa tête chiffonnée, pardessus une vieille perruque poudrée de frimas, un chapeau avec la plume unique d’un faisan. Ancien compagnon d’armes de feu le baron François-Louis d’Astuard, il avait, en cette qualité, acquis le privilège définitif d’entrer comme chez lui dans la bibliothèque de Montclar où il se livrait à des travaux d’érudit dont lui seul connaissait la teneur. D’une maigreur et d’une discrétion qui le dotaient comme d’une transparence, il venait sans se faire annoncer, glissait dans les couloirs, montait les escaliers, flottait jusqu’aux ouvrages qu’il voulait consulter. Seul, parfois, le hurlement aigu mais bref d’un domestique sursautant en croisant son fantôme révélait sa présence à Montclar.

    Mais, ce matin-là, il ne chercha pas à se cacher. Ce fut dans un grand désordre qu’il fit irruption dans le vestibule du château et qu’il se précipita sur Delphine.

    – Ah ! mon Dieu ! dit-il. Connaissez-vous la nouvelle ? Une jeune fille a été tuée sur vos terres !

    – Sur nos terres ! s’écria, à l’étage, Mme d’Astuard en se penchant par-dessus la rampe de l’escalier. Comment est-ce possible ? Êtes-vous sûr de vous, monsieur le chevalier ?

    – Je viens de croiser le chirurgien que l’on était allé quérir. Il réclame de l’eau et des linges.

    – Une jeune fille… ? répéta Delphine, très pâle, en s’appuyant sur l’une des colonnes de l’entrée.

    Marie d’Astuard donnait déjà des ordres. Elle avait enfilé sa capeline et secouait le chevalier pour qu’il la conduisît le plus vite possible sur les lieux du drame. Ils partirent en courant. Leurs pas pressés sur la pierraille du chemin sonnaient dans l’air limpide comme du verre brisé.

    C’était un jour pâle et tranquille, un jour d’automne, balayé de longs tourbillons de feuilles. Le ciel, dans l’aube naissante, n’était qu’un grand linceul blanc. Delphine hésita et puis, les jambes chancelantes, elle courut après eux.

  • [Livre] Les diables du Mont-Saint-Michel

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    Résumé : 1430. Assiégé par les Anglais, le Mont-Saint-Michel résiste depuis trente ans à tous les assauts, grâce à de grands capitaines comme Bertrand du Guesclin, quand, soudain, la cité héroïque est le théâtre de crimes mystérieux qui frappent moines et chevaliers, sans distinction. Meurtres politiques ? Rituels ? Sataniques ? Louis d'Estouteville, le nouveau chef de la garnison, enquête avec l'aide du nouveau supérieur des Bénédictins, savant chimiste et physicien, et l'aubergiste de la cité, complice de tous les contrebandiers. L'atmosphère étrange de l'île, avec ses brumes propices aux hallucinations, oriente les recherches vers des causes surnaturelles.

     

    Auteur : Claude Merle

     

    Edition : Nouveau monde

     

    Genre : Thriller Historique

     

    Date de parution : juin 2015

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : 1430, les anglais jubilent d’avoir capturé (enfin, plutôt de s’être fait livrer) Jeanne d’Arc. Ils ne le savent pas encore, mais la guerre de 100 ans entame sa dernière phase, celle qui va les conduire à la défaite.
    Pour l’heure, ils multiplient attaques et embargo sur la forteresse du Mont-Saint-Michel où ne vit plus qu’une poignée de moines, des soldats et quelques laïcs.
    Claude Merle mêle personnages historiques comme Jeanne D’Arc, Yolande d’Aragon ou encore l’abbé Jolivet à d’autre inventés de toute pièce comme Héloïse ou l’abbé Richard de Mantoue.
    L’introduction de ce dernier parait logique pour l’histoire car, dans la réalité, l’abbé qui a succédé à l’abbé Jolivet a été Guillaume d’Estouteville qui était le frère de Louis d’Estouteville, capitaine du Mont-Saint-Michel et héro, si j’ose dire, de notre histoire. Or une grande partie de l’histoire repose sur le fait que Louis ne sais pas si l’abbé lui cache ou non des choses… Si ce dernier avait été son frère, ils auraient eu une relation différente qui n’aurait pas forcément servi le roman.
    Claude Merle simplifie les choses en plaçant Richard de Mantoue à la place de l’abbé Jolivet, passé à l’ennemi (en réalité c’est
    Jean Gonnault, vicaire qui le remplaça), tout en précisant qu’il occupe la place d’abbé sans qu’aucun vote n’ait eu lieu.
    Pour moi Louis d’Estouteville est un peu un anti-héro : il est violent, orgueilleux, très fier de son rang de noble et n’accordant qu’un regard méprisant à tous ceux qu’il juge inférieur à son rang (en gros, presque tout le monde). Il n’hésite pas à recourir à la torture pour obtenir des aveux, ce que ne manque pas de lui signifier discrètement l’abbé Richard, qui lui laisse entendre que des aveux soutirés dans ces conditions ne peuvent guère être considérés comme solides.
    Dans l’affaire à laquelle il est confronté, on a l’impression qu’il est plus énervé de voir un meurtrier lui échapper et donc porter atteinte à son honneur, à son autorité et à sa réputation, qu’affecté par les morts qui s’accumulent.
    Le style de Claude Merle est clair, les chapitres sont assez courts pour donner un rythme soutenu aux évènements, le texte, émaillés de données historiques qui l’étoffent sans l’alourdir.
    Bien qu’à aucun moment, tout comme Louis d’Estouteville, je n’ai suspecté de cause surnaturelle aux meurtres perpétrés, j’ai été incapable de déceler le moindre indice, mes soupçons ne se portaient vraiment sur personne. La seule chose dont j’étais sûre était que chaque meurtre avait été perpétré parce que la victime avait vu ou entendu quelque chose susceptible de démasquer le coupable.
    Pourtant, quand enfin on connaît le fin mot de l’histoire, j’ai trouvé ça tellement logique que je me demande encore comment j’ai pu ne pas avoir de doutes.
    Un livre assez court, mais qui ne bâcle aucun détail de son histoire.

    Un extrait : Louis d’Estouteville examina l’immense miroir de la baie, puis la forteresse éclairée par la lumière de l’aube, puissante lame de pierre brandie vers le ciel. Après la tempête de la nuit, le beau temps était revenu, mélange de bleu et de vert sillonné de coulées brunes.

    Au soleil, il était huit heures. L’eau glacée lui brûlait le torse et les joues, plus franche cependant que l’humidité sournoise des murs de granit. Le baquet sur lequel il se penchait lui renvoya le reflet d’un visage aux traits durs, lèvres minces, pommettes hautes, cheveux coupés ras. Il effleura par habitude la cicatrice qui lui entaillait le front et se perdait sous sa brosse blonde. Avant d’être promu capitaine du Mont-Saint-Michel, le gentilhomme, fils du chambellan du duc d’Orléans, grand bouteiller de France, avait combattu victorieusement les Anglais sur terre et sur mer. Son corps portait témoignage de sa vaillance.
    Il revêtit une chemise de toile, mit ses chausses, laça son pourpoint de cuir, chaussa ses bottes et ceignit son épée. Avant de l’engainer, il éprouva le tranchant de sa lame, songeant qu’il devrait la confier bientôt à Estienne, le forgeron de l’île, quand Yvon surgit.
    - Seigneur, venez !
    Louis dévisagea le jeune chevalier breton, qu’il avait lui-même adoubé quelques mois auparavant, nota les joues rouges, le souffle court et l’excitation mal maîtrisée de ses yeux bleus. Instinctivement, il se tourna vers la baie d’où pouvait venir le danger. Le rivage était désert, l’ennemi retenu par la marée montante.
    - Là-bas, précisa Yvon.
    Il désigna les puissants contreforts de l’abbaye ancrés dans le rocher.
    - Que se passe-t-il ?
    - Un mort, seigneur.

    Le capitaine haussa ses larges épaules avec indifférence. Des morts, on en voyait souvent, à cause de la guerre, des pestilences et de l’épuisement. Ce dernier fléau frappait les pèlerins venus de très loin prier Saint Michel, malgré les vexations des Godons qui assiégeaient l’île.
    Il suivit le soldat dans l’escalier, traversa la cour du Roy, puis escalada les marches de pierre jusqu’au pied de la tour Sainte-Catherine. Sur la terrasse il y avait foule : hommes d’armes, gens de la cité, moines et pèlerins, les yeux levés vers le ciel. Suivant leurs regards, Louis d’Estouteville aperçu un corps suspendu à la muraille. On aurait dit l’un des mannequins de paille, vêtu d’oripeaux bruns, qu’on brûlait jadis à la Saint-Jean pour célébrer l’avènement de l’été. Cependant, le personnage n’était pas factice, c’était un moine pendu par le col à l’aspérité d’un confort.