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Policiers/Thrillers

  • [Livre] Meurtre mode d'emploi

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    Lecture terminée le : 24 janvier 2021

     

    Résumé : Il y a cinq ans, Sal Singh s'est accusé du meurtre de sa petite amie, Andie Bell, avant de se donner la mort. La police est sûre que l'affaire est résolue. Toute la ville aussi. Sauf Pippa...
    La jeune fille réouvre alors l'enquête et déterre un à un des secrets compromettants au sujet d'Andie.
    La liste des suspects se rallonge. Mais à trop s'approcher de la vérité, Pippa alerte aussi le véritable meurtrier... se mettant elle-même en danger.


    Auteur : Holly Jackson

     

    Edition : Casterman

     

    Genre : Thriller, Young Adult

     

    Date de parution : 29 Mai 2019

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : J'ai lu ce livre en lecture commune sur Instagram, et je peux vous dire qu'il a été très difficile de ne pas le lire d'une traite.

    La première chose qui m'a frappé et que j'ai apprécié, c'est sa forme. Ainsi le récit alterne avec des éléments du dossier que construit Pippa, la protagoniste principale. Nous pouvons lire ses comptes-rendus au fur et à mesure de son enquête, mais aussi les transcriptions des interviews et des conversations téléphoniques, les copies des textos qu'elle a envoyés et reçus, et même les schémas qu'elle a tracés pour arriver à ses fins.

    Ce que j'apprécie particulièrement dans la forme de ce roman, c'est la possibilité pour le lecteur de mener sa propre enquête en parallèle de celle de Pippa et de peut-être pouvoir réussir à trouver la solution en même temps qu'elle, voire avant elle (aaah pauvres naïfs).

    Dès le départ, Pippa part du principe que Sal, le petit ami de la victime, qui s'est suicidé après la disparition de celle-ci, est innocent et que l'enquête a été bâclée.

    Pour autant, lorsque des éléments de son enquête pointent en direction de Sal, elle le place quand même dans la liste des suspects tout en gardant en tête que son but est de l'innocenter. J'ai apprécié que la jeune fille n'écarte pas d'un revers de la main les éléments qui ne corroboraient pas son hypothèse ou qui ne l'arrangeaient pas.

    C'est d'autant plus mature, quelle est aidée dans son enquête par le propre frère de Sal, qui veut faire la toute la lumière sur la mort de son frère.

    Pour ma part, l'innocence du jeune homme était bien ma seule certitude pour la simple et bonne raison que Pippa ne tarde pas recevoir nombre de menaces lui enjoignant d'arrêter immédiatement son enquête.

    Du coup, en dehors de Sal, qui est mort et qui peut donc difficilement proférer des menaces, de Pippa, Ravi, et ceux qui, comme eux, étaient trop jeunes au moment des faits pour y avoir une responsabilité, j'ai soupçonné absolument tout le monde.

    Plus l'enquête avance, et plus les suspects se multiplient. Mais pire encore, à chaque fois que l'on a une certitude sur un suspect, les éléments suivants viennent tout remettre en cause. Même Andie, la victime, a été suspecte à mes yeux, puisque son corps n'a jamais été retrouvé.

    La forme particulière du roman, ainsi que les multiples pistes qui s'offrent à nous, font que je ne me suis pas ennuyée une seconde pendant ma lecture et que j'ai presque regretté que ça s'arrête si vite (et pourtant le livre fait plus de 500 pages).

    Quant à la solution, je dois dire que non seulement je ne l'ai pas trouvée, mais qu'en plus j'étais partie totalement à l'opposé.

    Mais ça ne m'a pas dérangée, car je n'ai pas eu l'impression qu'il m'avait manqué des éléments pour trouver la solution, je les ai tous eu exactement au même moment que Pippa elle-même et j'aurais pu, en les interprétant différemment, arriver aux mêmes conclusions que la jeune fille.

    J'ai vraiment passé un excellent moment avec cette lecture. Il me semble qu'il y a plusieurs thrillers qui sont fait un peu sur le même modèle et je vais me faire un plaisir de les chercher et de les découvrir.

     

    Un extrait : Journal de bord - Point numéro 1

    Le journal de bord est censé répertorier tous les obstacles qu'on rencontre au cours de notre travail, ainsi que les progrès accomplis et les objectifs du rapport final. Le mien sera un peu différent : je vais y consigner les recherches que j'entreprends, qu'elles soient pertinentes ou non, parce que, pour l'instant, je ne sais pas vraiment ce qu'il y aura dans mon rapport final et donc ce qui se sera avéré pertinent. Mes objectifs sont encore flous. Je ferai le point à la fin de mes recherches et je verrai quel projet je peux en tirer a posteriori. [Ça commence à ressembler à un journal intime, non???]

    J'espère que ce ne sera pas le projet que j'ai proposé à Mme Morgan. J'espère que ce sera la vérité : qu'est-il réellement arrivé à Andie Bell le 20 avril 2012? Et si, comme j'en ai l'intuition, Salil "Sal" Singh n'est pas coupable, alors qui l'a tuée ?

    Je ne prétends pas réussir à résoudre l'énigme ni découvrir l'assassin d'André. Je ne suis pas de la police, je n'ai pas accès à un labo médico-légal (ça va sans dire) et je ne me fais pas trop d'illusions. Mais j'ai espoir que mes recherches pourront mettre au jour des événements et des témoignages qui jetteront un doute sur la culpabilité de Sal et qui montreront que la police a eu tort de clore son enquête sans creuser plus loin.

    Mes méthodes d'investigation consisteront donc a interviewer les personnes proches du dossier, éplucher à fond les réseaux sociaux et envisager chaque hypothèse, même les plus farfelues.

     

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  • [Livre] Synopsix

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    Lecture terminée le : 14 janvier 2021

     

    Résumé : Un manoir se dresse dans la neige, majestueux malgré les dommages du temps qui passe. Mais ses lourdes portes ne dissimulent plus sont macabre secret: six cadavres pour six scènes de crime.
    Quelques semaines plus tôt, Mallory reçoit une étrange proposition par mail: devenir l'un des six participants à un jeu très confidentiel. Le challenge: se glisser dans la peau d'un enquêteur de la police scientifique pendant un mois, avec à la clé 100 000 euros de récompense. Pour la jeune femme, c'est l'occasion rêvée d'échapper à son travail de serveuse et surtout à sa patronne qu'elle ne supporte plus. Au fil des énigmes de la phase de qualification, Mallory se prend au jeu. Quand elle se réveille un jour après avoir été droguée devant cet imposant manoir, elle comprend qu'il est trop tard pour reculer: le jeu ne fait que commencer....


    Auteur : Angelina Delcroix

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 03 août 2020

     

    Prix moyen : 15,99€

     

    Mon avis : J'ai beaucoup aimé les livres d'Angelina Delcroix qui mettent en scène l'adjudant Joy Morel et qui va très loin dans la perversion humaine.
    Alors quand j'ai vu qu'une sortir un livre indépendant du même auteur, je me suis empressée de me le procurer.
    Il faut dire que le sujet avait tout pour me plaire : un huis-clos dans un vieux manoir isolé par la neige, un murdergame qui se révèle un peu trop réel, et plein de suspects à se mettre sous la dent.

    L'ambiance délicieusement lourde. Je ne suis pas du genre flippette en lecture (en lecture j'ai dit ! Arrêtez de rire!) mais je peux vous dire que je remercie le ciel qu'il n'y ait pas eu de coupure de courant pendant que j'étais plongée dans ce roman.
    Les participants à ce jeu macabre sont au nombre de 6 et chacun d'entre eux pourrait être l'organisateur et donc le coupable. Ou peut-être est-ce quelqu'un de complètement extérieur au petit groupe.
    Je me suis demandée longtemps si le mobile était quelque chose de type vengeance (bien terre à terre donc) ou s'il s'agissait d'une sorte d'expérience sociologique particulièrement tordue.

    L'histoire nous offre plusieurs points de vue et plusieurs temporalités.
    D'un côté, on suit Mallory dans le manoir et en parallèle on suit un auteur de thrillers, une jeune femme qui, à quelques jours de l'impression, n'est pas satisfaite de la fin de son roman.
    Quel est le lien???

    Régulièrement, on a également des chapitres se déroulant après les événements du manoir, quand la police essaie de tirer tout ça au clair (bon courage les gars!).

    Alors, la question principale...
    Est-ce que je me suis fait avoir?
    Et bien... pas complètement ... mais pas mal quand même!

    J'avais plusieurs suspects dont deux plus sérieux que d'autres et à un moment, un élément de l'histoire m'a sauté aux yeux (il était temps, c'était pas ma première occasion de le réaliser) et a réduit ma liste à une seule personne.
    On ne peut pas dire que j'avais mal interprété les indices...
    Pourtant je ne peux pas m'ôter de la tête que je n'ai fait que découvrir ce que l'auteur voulait bien que je découvre, car je n'ai finalement vu que la partie émergée de l'iceberg (Je me sens manipulé, Angelina, je me sens vraiment manipulée).

    Entre l'ambiance, le côté tordu de toute cette affaire et la plume de l'auteur, je n'ai pas pu lâcher ce livre une seconde (Et une nuit blanche de plus, une!)

    À quand la prochaine?

     

    Un extrait : Le premier café avalé, elle se lève pour s’en servir un autre et saisit son téléphone au passage. En voyant les notifications de mails, elle se souvient de celui de la veille. Elle ouvre sa boîte et l’un d’eux capte immédiatement son attention : Première sélection avant inscription. La certitude du fake la fait maintenant sourire quand elle repense à hier soir et qu’elle a bien failli se faire avoir. Elle ouvre le mail juste pour savoir quel genre de conneries ils peuvent balancer dans ces traquenards.

    « Ne cherchez pas à télécharger le formulaire d’inscription. Il n’existe que six formulaires papier cachés dans la ville. Les premiers à les découvrir pourront tenter leur chance. En cas de refus de votre dossier par notre comité de sélection, d’autres formulaires seront disséminés dans d’autres endroits. Dès que la sélection sera complète, nous clôturerons la première étape. Pour tenter votre chance, rendez-vous résidence Berthelot avant la levée du courrier, E5A6, entre 9 h 08 et 9 h 12… »

    Le mail continue ainsi avec cinq autres lieux et plages horaires.

    « Une fois le formulaire en votre possession, remplissez-le avec soin et envoyez-le par retour de mail. Bonne chance ! »

     

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  • [Livre] Jolies filles

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    Lecture terminée le : 04 février 2021

     

    Résumé : Le corps d’une ravissante jeune femme vient d’être découvert, à demi-nu et lacéré de blessures mortelles, dans une benne à ordures de la banlieue londonienne. Arrivée sur place avec son amant et ex-coéquipier, l’agent Peterson, l’inspectrice Erika Foster est sous le coup d’une double émotion : la révolte face à cette épouvantable scène de crime et la frustration. Car officiant désormais à la brigade des stup, elle n’est pas censée s’occuper de cette affaire…
    Mais impossible pour la flic de rester sur la touche. Enquêtant clandestinement, Erika découvre un lien avec une autre affaire similaire, survenue quelques mois plus tôt, où la très jolie victime présentait les mêmes incisions. Autre point commun : les deux femmes étaient inscrites sur un site de dating et pensaient avoir rencontré l’homme idéal.
    Comment démasquer ce prince charmant insaisissable, aux multiples profils ? Erika le sait : l’assassin a deux pas d’avance sur la police. C’est lui qui mène la danse, au rythme des cadavres.
    Et quand un nouveau corps est retrouvé dans une poubelle, Erika comprend qu’elle va devoir apprendre à valser, avant de pouvoir frapper à son tour…


    Auteur : Robert Bryndza

     

    Edition : Belfond

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 21 Janvier 2021

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Dans ce quatrième tome des enquêtes d'Erika Foster, je dois admettre que la jeune femme m'a un peu agacée dans les premiers chapitres. Dans les tomes précédents, elle avait décidé de quitter son poste à la Murder Team en postulant dans un autre service de la police de Londres, pour protester contre le fait que la promotion quelle convoitait ait été attribuée à un autre. Mais, quelques mois plus tard, décidant qu'elle déteste son nouveau poste, elle désire retrouver son ancienne affectation et supporte mal que ça lui soit refusé.
    Et en même temps on peut comprendre la réaction de ses supérieurs, la police métropolitaine de Londres n'étant pas un jeu de chaises musicales où les policiers passent d'un service à l'autre selon leur humeur du moment.
    Mais au lieu de faire profil bas et d'attendre un petit peu pour redemander sa mutation, Erika ne trouve rien de mieux à faire que de s'incruster sur une scène de crime, et s'offusque ensuite de s'en faire éjecter par le responsable de l'enquête.
    Pire encore, alors qu'elle a reçu l'ordre formel de quitter les lieux, elle désobéi à cet ordre en prenant des dépositions de témoins, ce qui pourrait former un vice de procédure.
    Même James Peterson, son collègue et amant, qui pourtant se range très souvent de son côté, se montre exaspéré par son attitude.
    Bien sûr, sans surprise, Erika ne tarde pas à réussir à se faire confier cette enquête ce qui est probablement le seul point manquant de crédibilité que j'ai trouvé dans ce roman.

    Cette fois-ci l'enquête s'avère ardue, le criminel se révélant être d'une rare prudence, et bénéficiant en plus d'une certaine dose de chance.
    Pour nous lecteurs, comme d'ordinaire, les chapitres alternent entre l'enquête menée par Erika et ses hommes et les tribulations du criminel, dont on connait, du coup, l'identité quasiment dès le début.
    Malgré l'attitude hostile d'Erika envers ses supérieurs, j'ai trouvé que la nouvelle Superintendant était plutôt efficace, à l'écoute, malgré quelques petits désaccords, et quelques petites erreurs dues au fait qu'elle est novice dans ce rôle.

    J'ai apprécié dans ce livre, de suivre le travail des enquêteurs, un travail de fourmi, reposant essentiellement, dans ce cas, au visionnage des caméras de surveillance afin d'essayer de trouver un élément les rapprochant de l'identité du suspect. J'ai aimé le fait que ce ne soit pas facile, que les informations récoltées grâce à d'éventuels témoins puissent mener dans des impasses ou être carrément des fausses pistes, que cette enquête, au final, ne soit pas réglée en deux coups de cuillère à pot, comme c'est trop souvent le cas dans les romans et films policiers.

    J'ai également aimé l'évolution d'Erika, tant au niveau personnel, puisqu'elle accepte enfin de recommencer à vivre après la mort de son mari, qu'au niveau professionnel, puisqu'elle semble faire des efforts avec sa nouvelle supérieure et prend même la peine de s'excuser, parfois, de son attitude abrupte.
    Ça n'a l'air de rien, mais au vu de son attitude dans les trois précédents tomes, c'est un grand pas en avant.

    Plus on approche de la fin, plus le suspense augmente en même temps que les chapitres raccourcissent, créant ainsi un rythme de plus en plus rapide, jusqu'à la résolution de l'enquête.
    Après quelques frayeurs, l'épilogue nous promet un nouveau défi professionnel pour Erika, et j'ai hâte de voir comment cette jeune femme entière et qui déteste les concessions va se débrouiller avec cette nouvelle donne!

     

    Un extrait : Débarrassée de sa combinaison, Erika faisait les cent pas dans le halo orange d’un réverbère. Des bourrasques de neige la glaçaient jusqu’aux os, et elle avait remonté le col de son manteau et enfoncé les mains dans ses poches. Avec un douloureux sentiment d’impuissance, elle observa l’arrivée d’un fourgon noir de la police scientifique qui se gara juste en face du cordon de sécurité. Malgré le froid mordant, elle ne voulait pas retourner à sa voiture. Elle savait ce qui l’attendait dans la boîte à gants : le paquet de cigarettes qu’elle gardait pour les situations d’urgence. Elle avait arrêté de fumer plusieurs mois auparavant mais, en période de stress, l’envie de nicotine revenait la tarauder. Il était hors de question qu’elle laisse Sparks la faire rechuter. Enfin, quelques minutes plus tard, il émergea de la scène de crime et vint droit sur elle.

    « Pourquoi êtes-vous venue, Erika ? »

    Sous la lumière, elle remarqua qu’il avait des cheveux gris et le visage émacié.
    « Je vous l’ai dit, on m’a prévenue que la DCI Hudson serait en retard.

    — Qui vous a prévenue ? »

    Elle hésita.

     « J’étais avec Peterson quand il a reçu l’appel, mais il n’y est pour rien. C’est moi qui ai insisté pour venir.

    — Vous étiez avec lui ?

    — Oui…

    — Alors comme ça, vous allez voir ailleurs ? » railla-t-il.

    En dépit du froid, Erika sentit ses joues devenir brûlantes.

     « Ça ne vous regarde pas.

    — Et ma scène de crime ne vous regarde pas. C’est moi qui gère les Murder Investigation Teams. Vous ne travaillez pas pour moi, et vous n’êtes pas la bienvenue. Alors ayez l’obligeance d’aller vous faire mettre. »

    Erika fit un pas en avant, soutenant son regard sans ciller. Une bouffée d’haleine rance et acide lui parvint.

     « Qu’est-ce que vous venez de dire ?

    — Vous m’avez parfaitement entendu, Erika. Allez-vous faire mettre. Vous n’êtes pas ici pour aider, vous voulez juste mettre votre grain de sel. Je sais que vous avez demandé une mutation vers une Murder Investigation Team. Déconcertant, quand on se rappelle le foin que vous avez fait en démissionnant parce que j’ai été promu avant vous. »

     

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  • [Livre] Des morts si proches

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    Lecture terminée le : 15 novembre 2020

     

    Résumé : Durant l’enquête sur la mort d’un jeune garçon renversé par une voiture qui a pris la fuite, la détective de la Criminelle de Seattle, Tracy Crosswhite, fait une découverte surprenante : le suspect est un militaire en service actif sur une base navale locale. Après la disparition d’une pièce à conviction cruciale, l’homme est disculpé par un tribunal militaire. Mais Tracy a conscience de ne pouvoir tourner le dos à ce type d’injustice.
    Lorsqu’elle découvre les liens du chauffard avec une récente épidémie d’overdoses d’héroïne, elle comprend qu’il ne s’agit pas simplement d’une affaire où l’armée protège les siens. Le problème est plus profond et le suspect ne travaillait pas seul. En approchant de la vérité derrière cette insidieuse conspiration, elle se met elle-même en danger. Et les seules personnes sur lesquelles elle peut compter sont peut-être celles auxquelles elle ne peut plus faire confiance.


    Auteur : Robert Dugoni

     

    Edition : Thomas & Mercer

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 12 Mars 2019

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : Cette fois-ci, on ne va pas avoir des alternances passé/présent mais deux enquêtes bien distinctes que l’on va suivre chacune leur tour.
    D’un côté, Tracy enquête sur un accident de la route avec délit de fuite dans lequel un enfant d’une douzaine d’années a trouvé la mort ; de l’autre, Del un des enquêteurs qui travaille avec Tracy cherche à trouver le responsable de l’overdose qui a tué sa nièce et ce faisant se rend compte qu’une nouvelle héroïne mortelle circule en ville.
    L’enquête concernant l’overdose a une tournure très personnelle et derrière l’enquête classique on s’inquiète de la réaction de Del lorsqu’il mettra la main sur les responsables. Tracy fait d’ailleurs plusieurs fois état de son inquiétude et de son incompréhension que Nolasco ait autorisé Del à enquêter même si ce dernier le fait de manière officieuse car l’enquêteur officiel est son équipier.
    D’ailleurs, en partant de Nolasco, je l’ai trouvé moins pénible que d’habitude dans cet opus. A-t-il compris qu’il allait finir par mettre sa carrière en danger et que pourrir la vie de Tracy pour le plaisir n’en valait pas la peine ? Ou prend-t-il des forces pour le prochain round ? En tout cas, je ne désespère pas de le voir commettre une erreur qui lui attirera les pires ennuis du monde !
    Tracy rencontre des difficultés dans son enquête, son principal suspect étant un marines, la Navy et le NCIS ne tardent pas à s’en mêler et Tracy se heurte rapidement à l’avocate de la défense de l’armée.
    Au fil des deux enquêtes, Des éléments laissent à penser que les deux enquêtes ne sont pas si distinctes que ça. Et plus Tracy enquête, plus le danger augmente.
    Sur un plan plus personnel, Tracy rencontre des difficultés pour tomber enceinte et le médecin lui déclare sans trop de ménagement qu’elle est un peu trop âgée (A peine plus de 40 ans), heureusement elle a le soutien absolu de Dan, toujours aussi parfait ! Alors bien sûr, il y en aura qui diront que ce qui nous intéressent c’est l’enquête et pas la vie privée des enquêteurs, mais je trouve que les réduire à des machines à enquêter enlèvent beaucoup de l’intérêt qu’on leur porte (et puis les mêmes se plaindraient, dans ce cas du manque de profondeur des personnages). En plus, je trouve le problème de conception de Tracy très actuel dans la mesure où on demande aux femmes d’avoir une carrière pour ensuite leur reprocher d’avoir trop tarder à faire des enfants (cela dit, comme la société n’a pas peur de la contradiction, elle reprochera tout autant à une femme d’avoir fait des enfants avant de faire une carrière…).
    Comme d’habitude, Robert Dugoni a très ficelé son histoire et même si certains éléments peuvent facilement être découverts par le lecteur, d’autres prennent par surprise et la manière dont on arrive du point A au point B est toujours aussi fascinant !
    Sans surprise, j’ai dévoré ce roman en un temps record. D’ailleurs je l’ai lu bien plus rapidement que d’autres romans qui avaient un bonne centaine de pages de moins.
    Et encore une fois sans surprise, cette lecture a été un coup de cœur.
    D’un côté j’ai très envie de lire le prochain tome, et d’un autre, comme le tome d’après n’est pas encore traduit, je vais essayer de freiner mes ardeurs (ce qui ne devrait pas être trop difficile vu la taille de ma Pile à Lire !!).

     

    Un extrait : Un ballon de basket gisait dans le caniveau à côté d’un drap blanc étendu sur un corps. En cours de route, Tracy et Kins s’étaient interrogés sur la raison de la présence de la « A team » sur un accident de la circulation, d’ordinaire géré par l’unité d’enquête dédiée. Il était inhabituel qu’on fasse appel à la Criminelle.

    Kins se gara le long du trottoir dans South Henderson Street. Del et Faz s’arrêtèrent derrière eux. L’appel sur le portable de Tracy était venu de Billy Williams, le sergent de la « A team ». Celui-ci avait été contacté par Joe Jensen, le sergent de l’UEA, l’Unité d’enquête des accidents de la circulation.

    — Billy t’a dit ce qu’on faisait là ? interrogea Kins.

    Tracy secoua la tête en signe d’ignorance.

    — L’UEA pense qu’il s’agit d’un délit de fuite. C’est tout ce que je sais.

    Ils descendirent dans le froid, et patientèrent sur le trottoir en attendant que Del et Faz les rejoignent. Les gyrophares peignaient de bleu et de rouge les murs de stuc et les fenêtres et portes barreaudés des commerces locaux. De multiples voitures de patrouille étaient positionnées de biais, bloquant l’accès de Renton Avenue South. Des agents en uniforme munis de gants et de vestes épaisses déroutaient la circulation. Un camion de pompiers et une ambulance faisaient également partie du décor, mais les pompiers et les infirmiers demeuraient immobiles, l’air gelé.

    — Qu’est-ce que tu en penses, de ce que Nolasco ait laissé Del travailler sur le décès de sa nièce ? interrogea Tracy.

    Kins lui lança un regard en coin, avant de poursuivre son examen de la scène.

    — Faz gèrera Del.

    — Il ne devrait pas enquêter dessus.

     

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  • [Livre] Sorcière de chair

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    Lecture terminée le : 17 septembre 2020

     

    Résumé : Australie, 2016.
    Sept ans après un massacre qui a décimé toute une famille, de nouveaux meurtres surviennent à Melbourne. Des homicides si sordides que la Sorcellerie de Chair, taboue depuis les grandes chasses qui ont déchiré le pays, est évoquée.
    Pour Arabella Malvo, lieutenant de la brigade criminelle, ils s’avèrent particulièrement déstabilisants. Pourquoi les victimes lui ressemblent-elles comme des sœurs ? Le meurtrier la connaît-elle ? Pourquoi maintenant ?
    Une chose est sûre : l'abîme qu’elle fuit depuis toutes ces années risque de s’ouvrir à nouveau sous ses pieds. Et cette fois, de l’engloutir pour de bon…


    Auteur : Sarah Buschmann

     

    Edition : Noir d'absinthe

     

    Genre : Fantastique/Thriller

     

    Date de parution : 06 octobre 2018

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Dès les premières pages, j’ai été happée par cette histoire. Dès le prologue, même !
    Pour moi, le point fort de cette histoire, ce sont ses personnages ambivalents.
    Certains d’entre eux commettent des actes pour le moins répréhensibles et, d’un côté on les comprend quand on considère les horreurs qu’ils ont pu subir dans leur passé et en même temps il est difficile de cautionner leur comportement.
    Dès le début, je me demandais quel était le rapport entre le prologue et Arabella, parce que je me doutais que les meurtres sur lesquels elle enquête n’étaient pas le seul lien. J’avais émis plusieurs hypothèses et je me suis…totalement plantée…
    Ça n’a pas été la seule chose sur laquelle je me suis plantée et qui m’a fait tomber de haut mais sur l’autre chose, j’ai réalisé après coup qu’il y avait des indices et que j’aurais pu deviner.
    L’enquête est d’autant plus complexe qu’Arabella dissimule beaucoup d’éléments pour conserver ses secrets et que son coéquipier est du genre fouineur et têtu. Le pire est que finalement, quand on y réfléchit, il ne fait que son boulot, mais je lui en ai presque voulu (non pas presque, soyons honnête, je lui en ai voulu à mort) de ne pas lâcher l’affaire !
    Les scènes de crimes sont vraiment très détaillées (petites natures s’abstenir), de même que certaines scènes de violence se passant dans le passé.
    En effet, le récit du présent est entrecoupé de scènes se passant dans le passé et dévoilant les horreurs subies par certains personnages. Ces chapitres sont encore plus horribles que l’enquête sur les meurtres ! C’est dire ! Horriblement bons, mais horribles tout de même !
    J’ai fini par découvrir l’identité du coupable grâce à une réflexion qu’à fait Arabella et qui m’a fait me dire : « attends, il y a un truc qui a été dit et qui n’est pas logique ». Et j’avais raison ! Et c’est bien le seul moment du bouquin où j’ai eu raison sur quelque chose !
    L’écriture est vraiment addictive : pas de lourdeur, pas de mots inutilement soutenus qui dénotent dans l’histoire, pas de répétition… bref rien de ce qui me hérisse dans bon nombre de bouquins.
    J’ai également beaucoup aimé l’approche de la sorcellerie qui est expliquée de manière scientifique mais sans qu’on perde pour autant l’attrait qu’exerce la sorcellerie (bon on peut pas vraiment parler de gentilles sorcières… on est plus sur du Maléfique schizophrène que sur du sorcière Glenda).
    Tous les personnages sont ambivalents, même les pires ! Il y a un personnage qui est un parfait salopard, cruel, sadique, il a tout pour lui ce mec, et bien l’auteur arrive à nous faire éprouver (un peu) de peine pour lui à un moment. C’est rageant ! On se sentirait presque mal de tout ce qu’on a pu l’insulter avant de lire ce passage (j’ai dit presque).
    Quant à la fin, non seulement je n’ai rien vu, mais alors vraiment rien vu venir, mais en plus je suis restée figée, tournant la page plusieurs fois (comme si un épilogue supplémentaire allait apparaître comme par magie) en répétant : mais non, mais non…
    Et en même temps, cette fin est juste parfaite mais cruelle, mais parfaite… mais cru… bon vous avez compris !
    Je n’ai pas pu poser ce livre dès la seconde où je l’ai entamé, impossible de m’arrêter de lire et avant même de l’avoir fini, je savais que ça allait être un coup de cœur !
    Ah non, tiens, vous voyez, je disais des bêtises tout à l’heure : y’a un second point sur lequel j’avais raison !
    Maintenant une seule question me taraude : A quand le prochain roman de l’auteur !

     

    Un extrait : La forme prostrée n’avait presque plus rien d’humain. Sa peau décollée grossièrement, encore rattachée aux muscles à certains endroits, formait des paquets spongieux sur le sol. Le couteau avait dérapé à plusieurs reprises, pénétrant les chairs. La femme s’était vidée de son sang avant que le travail n’ait été terminé, laissant certaines parties intactes. Le mollet diaphane, encore entier, se détachait outrageusement de ce corps semblable à une pomme épluchée. Ses épaules, son cou ainsi que son bras droit étaient indemnes.

    La lumière qui traversait les vitres de la coupole au-dessus de leurs têtes embrasait la scène d’un éclat mordant, presque agressif. Le sang prenait une teinte vive, éclaboussant d’un vermeil encore luisant le bois des tables de travail environnantes. Le corps gisait entre deux rangées de longs et fins bureaux. Arabella s’approcha autant qu’elle le put sans salir ses bottes. Une odeur cuivrée imprégnait l’air.

    — Quelle horreur ! s’exclama une voix rauque derrière elle.

    Arabella se tourna vers Nolan, son collègue, qui se frottait la bouche avec la manche de son pull. Son visage, d’une teinte verdâtre, était crispé par une grimace de dégoût. La policière en aurait souri, s’il n’y avait eu cette femme à moins d’un mètre.

    — Je ne crois pas qu’un tel crime ait déjà été commis dans cette ville, murmura Arabella en contournant la masse écarlate.

    — Sûrement pas ! rétorqua Nolan, choqué. Rien de semblable n’a jamais été perpétré dans ce pays !

    — Tu oublies tout un pan de notre histoire, j’ai l’impression.

    L’Australie de 2016 était un des pays les plus sûrs au monde, ce qui n’avait pas toujours été le cas. Les premières chasses aux sorcières des années 70 avaient entraîné une vague de violence, qui avait régressé depuis une dizaine d’années. Melbourne possédait désormais la réputation d’être une ville agréable à vivre. Le travail des policiers, dans ce contexte, consistait surtout à réguler les erreurs de conduite issues des règles étranges des croisements de cette ville ou à indiquer le chemin aux touristes égarés.

    Même si Nolan était jeune et n’avait pas connu l’embrasement lié à la révélation des sorcières, sa remarque demeurait naïve.

     

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  • [Livre] Le chuchoteur – T04 – Le jeu du chuchoteur

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    Lecture terminée le : 03 juillet 2020

     

    Résumé : Un homme tatoué utilise le succès d'un nouveau jeu vidéo nommé Deux pour manipuler à distance les joueurs, en les poussant à libérer leurs pulsions. Lorsqu'un père de famille assassine sa femme et ses enfants sans aucune raison, l'enquêtrice Mila Vasquez décide de s'inscrire à Deux pour comprendre les mécanismes de ce crime, avant d'être traquée par le mystérieux manipulateur.


    Auteur : Donato Carrisi

     

    Edition : Calmann-Lévy

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 02 Octobre 2019

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Suite à l’aventure éprouvante qu’elle a vécu dans le tome 3, Mila Vasquez a démissionné de la police et s’est retirée du monde, ou quasiment, pour élever sa fille loin des horreurs du monde.

    Mais, poussée par la sans scrupule chef de la police Johanna Shutton, qui tient plus que tout à conserver ses statistiques « parfaites » de criminalité, elle va devoir reprendre du service suite au massacre d’une famille.
    Très vite, Mila se rend compte qu’ils ont de nouveau affaire à un chuchoteur.
    Affaire classée ? Non… elle ne fait que commencer. Car Mila vient de plonger dans les rouages d’une affaire pleine de faux semblant, de rebondissements et de manipulations…
    Le ou les adversaires de Mila sont sans scrupules et prêts à tout pour atteindre leur but.
    Très vite, on ne sait plus qui croire. Tout le monde est suspect, tout le monde pourrait avoir été rallié à la cause du maître en manipulation qu’est le chuchoteur.
    J’ai beaucoup aimé le fait qu’une partie de l’histoire se déroule dans un jeu de réalité virtuelle.
    L’auteur profite de la part technologique de l’histoire pour dresser un portrait sans concession des réseaux sociaux. Et à juste titre.
    Car les réseaux de ce type font leur beurre en divulguant les données personnelles de leurs utilisateurs. Malheureusement, beaucoup de gens ne prennent aucune précaution quant aux informations qu’ils mettent en ligne et étalent leur vie aux yeux de tous. Les réseaux sociaux étant ce qu’ils sont, ce sont les utilisateurs qui doivent faire preuve de réflexion et de prudence (et éviter, par exemple, comme ça s’est vu, de poster des photos d’eux faisant la fête alors qu’ils se sont fait porter pales au boulot… je dis ça….)
    C’est également sur les réseaux qu’ont lieu les pires manipulations mentales. C’est là qu’ont très souvent lieu les recrutements sectaires ou terroristes. Ce n’est donc pas étonnant que Donato Carrisi ait fait d’un jeu en réseau le terrain de chasse du chuchoteur.
    L’affaire va très vite prendre une tournure très personnelle pour Mila qui va s’interroger sur la relation qu’elle entretien avec sa fille, Alice.
    La fillette demande de plus en plus souvent après son père et Mila ne sait pas que lui dire à ce sujet.
    Elle semble s’attendre à ce que la gamine tourne forcément mal. J’ai trouvé qu’elle ne laissait aucune chance à cette enfant et que les problèmes psychologiques qu’elle pouvait avoir étaient plus du à la froideur de sa mère, qu’à la génétique.
    Mila justifie sa froideur en se réfugiant derrière son absence d’empathie et prive Alice de tout un pan de son histoire personnelle en refusant de lui parler de son père.
    J’avais plus ou moins deviné un élément de la fin de l’histoire, mais, vu comment je me suis faite balader tout au long du roman, y’a pas de quoi frimer !
    Mais justement… Est-ce la fin ?
    Non parce que Donato Carrisi ne voulait pas faire de troisième tome, et là il vient de sortir le quatrième.
    Et puis, après ce final, on se pose encore beaucoup de questions, aussi bien sur le chuchoteur que sur Alice, la fille de Mila.
    Alors certes, il pourrait en rester là et nous laisser dans le flou (il est assez sadique pour cela) mais je pense qu’il y a matière à faire un dernier tome pour répondre à toutes ces questions.
    On n’en a pas fini avec le chuchoteur (du moins, j’espère) ni avec Mila Vasquez !

     

    Un extrait : Consciente qu’elle ne trouverait jamais le sommeil, Mila passa la nuit recroquevillée sur le canapé où, quelques heures plus tôt, Joanna Shutton lui avait envoyé au visage une vérité qu’elle aurait préféré ne jamais découvrir.

    « Tu es probablement la seule à pouvoir nous révéler qui est Enigma. »

    Les paroles de la Juge résonnaient encore dans la pièce.

    — Tu n’auras pas à le rencontrer, l’avait-elle rassurée. Il te suffira d’écouter le compte-rendu de ce que nous savons sur lui, ensuite tu nous diras si cela t’évoque quelque chose, puis tu seras libre d’oublier cette histoire.

    — Comment pouvez-vous être certains qu’il s’agit de mon prénom ? avait protesté l’ex-policière. Mila peut signifier mille choses, de même que ces nombres. Vous ne savez pas encore de quoi ils sont le symbole.

    — Peut-être qu’on se trompe, mais on a l’obligation d’essayer.

    La Juge avait joué sa plus grosse carte en faisant appel à son sens du devoir.

    Mila observa le feu s’éteindre doucement dans la cheminée, la laissant seule dans un froid glacial qui lui était familier.

    Dans le silence de la maison, elle entendait les bruits du bois. Le vent qui agitait les branches pour se frayer un chemin entre les arbres et, au loin, la rengaine paresseuse des vagues au bord du lac.

    Alice avait senti que quelque chose n’allait pas. Elle était agitée. Mila l’avait autorisée à dormir dans son refuge de couvertures avec une lampe torche, ses livres préférés et son iPod avec Elvis, entourée du sourire rassurant de ses peluches.

    L’obscurité était venue la chercher. La décision que Mila devait prendre concernait également sa fille. Et il était nécessaire qu’elle puisse revenir en arrière, le cas échéant.

    Tout allait si bien jusque-là, pourquoi avait-elle ouvert la porte à la Juge ? En même temps qu’elle, elle avait laissé entrer une personne sans nom, qui se nourrissait de la rage et des cris de victimes innocentes et qui, sans surprise, comptait s’installer. Mila la sentait, telle une ombre parmi les ombres de la pièce. Et elle ne savait comment la chasser.

    L’inconnu qui avait massacré les Anderson s’était tatoué son prénom.

    Cette idée la tourmentait. Ce n’était pas la signification de ce geste qui la troublait, mais l’acte même de se marquer la peau. Combien de fois Mila avait-elle creusé dans sa propre chair pour tenter de faire affleurer un sentiment humain, une douleur imitant la pitié et la compassion ? La ressemblance ou, pire encore, l’affinité qui la reliait au monstre, la terrorisait.

    Ça ne peut pas être un hasard. Il le sait. Est-ce pour ceci qu’il essaie de m’impliquer ?

     

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  • [Livre] Les suppliciées de l’Arizona

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    Lecture terminée le : 02 mai 2020

     

    Résumé : À 59 ans, Brigid Quinn aspire à une vie tranquille après des années à combattre le crime. Mais l'affaire des "meurtres de la route 66" refait bientôt surface. Brigid n'a jamais réussi à mettre la main sur cet implacable tueur en série, qui compte parmi ses victimes son ancienne partenaire, Jessica. Convaincue que l'homme arrêté n'est pas le vrai coupable, l'ex-agente du FBI n'a d'autre choix que de se confronter elle-même à cette sordide affaire.


    Auteur : Becky Masterman

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2013

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Quand on a ce genre de titre, on s’attend à quelque chose d’un minimum sanglant mais en fait, non, pas tant que ça.
    On est plutôt dans du « gentillet », on ne peut pas dire que j’ai vraiment tremblé pour le personnage principal ou pour de potentielles victimes… vraiment pas.
    Et c’est dommage, parce que trembler pour les personnages, c’est quand même 50% du plaisir de la lecture d’un thriller !
    Ici, on suit un personnage plus âgé que ce qu’on a l’habitude de voir puisque Brigid est un agent du FBI à la retraite de presque 60 ans.
    Vu que dans beaucoup de thriller, les flics tirent à tout va et descendent joyeusement la moitié des suspects, j’ai trouvé très intéressant que Brigid ait été mise en retraite anticipée à cause d’un tir sur un suspect désarmé.
    Le passif de Brigid est important car il conditionne toutes ses réactions à venir.
    Très honnêtement, je n’ai guère apprécié Brigid. Je l’ai trouvé irréfléchie et inutilement dissimulatrice.
    On dirait qu’elle a été odieusement trahie par ses supérieurs alors que bon, elle a effectivement tué un suspect désarmé et je trouve qu’elle aurait pu s’en sortir plus mal que ça !
    Et lors d’une mission précédente, alors qu’elle pourchassait le tueur de la route 66, une jeune recrue sous sa responsabilité a été tué et le tueur jamais appréhendé. On ne peut donc pas dire que sa fin de carrière fut glorieuse.
    Quand le livre commence, Brigid est contactée par une jeune agent qui lui annonce que le tueur a été arrêté et qu’il a accepté de les conduire au corps de la jeune recrue assassinée.
    Mais très vite, la jeune agent, conçoit des doutes quant à la culpabilité de l’homme arrêté. Brigid, d’abord sceptique, va vite se trouver dans l’obligation d’enquêter.
    Et c’est là que le bât blesse. A partir de là, j’ai trouvé que Brigid s’enfonce dans les mauvaises décisions. De plus, à part dans une seule scène et dans la scène finale, je n’ai jamais eu la sensation que le personnage principal était réellement en danger.
    Et traitez-moi de sadique si ça vous chante, mais cette tension, cette angoisse, ces scènes où on assiste aux actes du tueur et dans lesquelles on cherche des indices sur son identité, m’ont drôlement manquées !

    Malgré tout, l’intrigue est assez prenante pour que je lise le livre d’une traite et sois surprise par la fin.
    Cependant, je ne crois pas que j’en garderais un grand souvenir (j’ai déjà oublié le nom de la moitié des personnages !)

     

    Un extrait : Il m’arrivait parfois de regretter les femmes que j’avais été.

    Il y en avait tant : fille, sœur, flic, dure à cuire, plusieurs sortes de putains, amante plaquée, épouse idéale, héroïne, tueuse. Je dirai la vérité sur chacune d’entre elles, pour autant que j’en sois capable. Conserver des secrets et mentir requièrent des qualités identiques. Les deux deviennent une habitude, presque une accoutumance difficile à briser en dehors du boulot, même avec ses proches. Par exemple, il paraît qu’il ne faut jamais faire confiance à une femme qui vous dévoile son âge ; si elle révèle ce secret, elle sera incapable de garder les vôtres.

    J’ai cinquante-neuf ans.

    Lors de mon intégration au FBI, peu de femmes occupaient le poste d’agent spécial. Avec mon mètre soixante de blonde naturelle, moulée en forme de pom-pom girl juvénile, je représentais un atout appréciable dans de nombreuses affaires et le Bureau en avait largement tiré parti. Je n’avais pas la taille requise, mais ils n’avaient pas hésité une minute à accorder la dérogation nécessaire. Pendant une bonne partie de ma carrière, j’avais été affectée à des missions d’infiltration – la plupart du temps, je jouais les appâts pour arrêter des trafiquants de chair humaine et des prédateurs sexuels qui commettaient des crimes à travers les États-Unis ou venant de l’étranger.

    J’ai travaillé sous couverture pendant neuf ans. Environ cinq ans de plus que la plupart des agents, qui finissent par craquer ou perdre leur famille. Jamais mariée et sans enfant, j’aurais pu continuer longtemps sans cet accident qui s’était soldé par plusieurs vertèbres soudées. Ça aurait pu être pire, vous auriez dû voir dans quel état était le cheval !

    Après l’intervention chirurgicale, je n’avais pas retrouvé certaines qualités requises pour l’exercice de mon métier, et de nombreuses activités liées à ma profession me furent dorénavant interdites. Bondir sur les toits… Éviter les coups de poignard… Faire une lap dance correcte. J’aurais pu m’arrêter pour incapacité, mais je n’envisageais pas ma vie en dehors du Bureau, la seconde moitié de ma carrière s’était donc déroulée au service des Enquêtes. Ensuite, j’ai demandé ma retraite.

    Non, ce n’est pas toute la vérité. Vers la fin, j’avais un peu de mal à faire preuve de discernement dans la prise de décisions. En particulier, il y a deux ans, quand j’ai abattu un criminel désarmé, près de Turnerville, en Georgie.

     

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  • [Livre] Arrêt d'urgence

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    Lecture terminée le : 06 avril 2020

     

    Résumé : En panne au bord de l’autoroute, Eileen laisse ses trois enfants dans la voiture pour aller appeler les secours. Sous une chaleur caniculaire, Jack, Joy et la petite Merry l’attendent en vain. La jeune femme, enceinte, a disparu. On la retrouve quelques jours plus tard, assassinée. Trois ans plus tard, Jack, 15 ans, s’occupe seul de ses deux petites sœurs et fait tout son possible pour les rendre heureuses, quand le hasard le place face à l’arme du crime de sa mère. Le danger n’a jamais été si proche…


    Auteur : Belinda Bauer

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 01 juin 2019

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : J’ai trouvé ce roman vraiment bien ficelé. Le suspense ne réside pas vraiment dans l’identité du meurtrier mais dans la manière de le confondre.
    Car dès le départ, ou presque, Jack, jeune garçon de 15 ans qui vit de cambriolages et dont la mère a été assassinée 3 ans plus tôt, identifie le meurtrier.
    Et l’attitude de l’homme en question ne m’a personnellement laissé aucun doute sur sa culpabilité malgré l’absence de preuves notables.
    J’ai aimé l’obstination de Jack. Son obstination à prendre soin de ses sœurs, son obstination à découvrir la vérité et à voir le coupable répondre de ses actes.
    Je n’ai éprouvé aucune sympathie pour aucun des policiers : l’un ne veut qu’une occasion de retourner à Londres, l’autre est d’une arrogance insupportable.
    Mais bon, bon gré, mal gré, quelle que soit leur motivation, ils font le job et c’est tout ce qu’on leur demande.
    Si j’ai bien aimé le déroulé de l’enquête, tout comme suivre la vie quotidienne de Jack et de ses sœurs, j’ai trouvé la fin un peu rapide, un peu expédiée. Comme un tour de passe-passe pour éviter de s’attarder sur les détails (parce que si j’ai eu l’intime conviction d’avoir bien trouvé le meurtrier, les preuves restent assez faibles).
    Mais à part ces quelques facilités sur la fin, j’ai vraiment trouvé cette histoire intéressante.

     

    Un extrait : Il faisait tellement chaud dans la voiture que l’odeur des sièges donnait l’impression qu’ils étaient en train de fondre. Jack était en short, et à chaque fois qu’il desserrait les jambes, elles faisaient un bruit de scotch qu’on décolle.

         Pas un souffle d’air ne passait à travers les vitres baissées : on n’entendait que le grésillement de petits insectes, comme le froissement d’un papier ancien. Tout là-haut était suspendu un unique lambeau de nuage, tandis qu’un avion invisible laissait une traînée de craie dans le ciel d’un bleu éclatant.

         Des gouttes de sueur ruisselaient sur la nuque de Jack, il ouvrit la portière d’un geste brusque.

         — Non ! protesta Joy. Maman a dit de rester dans la voiture !

         — Mais je ne pars pas ! répliqua-t-il. J’essaie juste de me rafraîchir un peu.

         L’après-midi était calme et il n’y avait pas beaucoup de circulation, mais à chaque fois qu’une voiture passait, la vieille Toyota vibrait un peu.

         Quand c’était un camion, elle vibrait beaucoup.

         — Ferme la porte ! ordonna Joy.

         Jack s’exécuta avec un tss… tss d’agacement. Joy en faisait des tonnes. À neuf ans, elle ne cessait de passer du rire aux larmes… quand elle ne chantait pas. En général, elle obtenait ce qu’elle voulait.

         — Ça fait combien de temps, maintenant ? demanda-t-elle en pleurnichant.

         Jack regarda sa montre. Il l’avait eue en cadeau pour son dernier anniversaire – celui de ses onze ans – alors qu’il avait demandé une PlayStation.

         — Vingt minutes, répondit-il.

         Il mentait. Cela faisait près d’une heure que le moteur avait toussoté et que la voiture avait fait une embardée, avant de s’arrêter en crissant sur la bande d’arrêt d’urgence de la M5, l’autoroute du Sud. Plus d’une demi-heure s’était donc écoulée depuis que leur mère les avait laissés là pour partir à la recherche d’un téléphone d’urgence.

         Restez dans la voiture. Je ne serai pas longue.

     

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  • [Livre] Au risque des ténèbres

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    Lecture terminée le : 31 mars 2020

     

    Résumé : Un garçon de neuf ans a disparu un matin de la petite voie de Lafferton, sans explication.
    L'affaire hante encore les mémoires et, malgré l'absence d'indices, le séduisant et solitaire inspecteur Simon Serrailler poursuit l'enquête. Quand un deuxième, puis un troisième enfant sont kidnappés à leur tour, convaincu que le profil du ravisseur n'a rien d'ordinaire, il s'engage dans une terrifiante course-poursuite. Il découvrira alors l'inimaginable: la confrontation au mal absolu, qu'il tentera jusqu'au bout de comprendre, à force d'interrogatoires et d'enquêtes.
    Qui est donc ce serial killer apparemment sans mobile, sans pathologie et sans antécédents ? Et comment l'inculper si aucun cadavre n'a pu être retrouvé ? Lorsque de nouveaux drames viennent frapper des femmes de Lafferton, les certitudes de Simon Serrailler semblent définitivement s'effondrer.


    Auteur : Susan Hill

     

    Edition : Robert Laffont

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2007

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : J’ai trouvé ce livre dans la boite à livre du boulot et quand j’ai lu le résumé, je n’ai absolument pas vu qu’il s’agissait d’un tome 3.
    Est-ce important ? Non…et oui…
    et non ce n’est pas si contradictoire que ça.
    Malgré le fait que je n’ai pas lu les deux premiers tomes, je n’ai eu aucun mal à plonger dans cette histoire. Et à m’y intéresser. Il y a plusieurs histoires qui se forment autour de l’histoire principale. C’est parfois un peu déroutant de passer d’un personnage à l’autre et d’une histoire à l’autre.
    La fin m’a d’abord laissé un sentiment mitigé. En effet, on n’a pas de réponses à plus de la moitié des affaires qu’on a suivies pendant tout le livre.
    Et c’est à ce moment-là que j’ai réalisé que non seulement ce livre était un tome 3 mais qu’en plus il était suivi de plusieurs tomes.
    Du coup, je me suis penchée sur le résumé du tome 2, et j’ai réalisé que l’histoire principale de ce tome trouvait sa conclusion dans « au risque des ténèbres » donc je me dis qu’il est possible que les histoires commencées dans ce tome 3 trouvent leur conclusion dans les prochains tomes.
    Alors on peut parfaitement lire ce roman sans avoir lu les précédents et on peut parfaitement se passer de lire les suivants car les histoires dont on n’a pas la fin ne sont que des histoires secondaires. Mais bon… c’est quand même mieux de tout lire !
    Voilà pourquoi je dis qu’il est à la fois important et pas important d’avoir lu les autres tomes.
    D’un côté, l’histoire est construite de telle manière qu’on en sait assez sur l’affaire principale sans avoir besoin de lire le tome précédent et, si on n’est pas très curieux, on n’a pas vraiment besoin de connaitre le fin mot des affaires secondaires.
    Et d’un autre côté, on ne peut que gagner à lire les autres tomes, autant pour connaitre début et fin mot des affaires, que pour approfondir les personnages.
    Il faut dire que si j’ai beaucoup apprécié Simon Serrailler, lui et sa famille m’ont énormément intriguée.
    Plusieurs allusions sont faites quant au passé de ses membres et j’ai très envie d’en savoir plus.
    J’ai donc prévu de lire les deux premier tomes aussi vite que possible et d’enchainer tout aussi rapidement avec les tomes suivants.
    Ben oui, quand on aime, on ne compte pas !

     

    Un extrait : Sam attendait, tout pétulant d'enthousiasme, et tendit la main pour récupérer le portable.

    ― S'il sonne pendant que tu es à la batte, qu'est-ce que je fais ?

    ― Tu prends le nom, le numéro et tu dis que je rappelle.

    ― D'accord, chef.

    Simon se pencha et resserra la boucle de sa jambière, pour dissimuler un sourire.

    Mais tandis qu'il s'éloignait, une fine brume de détresse le saisit, masquant la clarté de cette journée, ternissant son plaisir. Cette affaire d'enlèvement d'enfant occupait profondément son esprit. Cela ne tenait pas seulement au fait qu'elle demeurait inexpliquée, irrésolue. Mais le ravisseur de ce garçon était libre de sévir à nouveau. Personne n'aimait laisser une affaire en suspens, et à plus forte raison quand elle était aussi douloureuse. L'appel téléphonique de Jim Chapman avait ramené Simon à l'affaire Angus, à son unité de police judiciaire, à son travail... et, de là, aux sentiments que son métier lui inspirait, ces derniers mois. Et à leurs motifs.

    Se confronter au lancer feinté d'un interne en cardiologie lui fournit un autre motif de concentration – pour le moment. Simon cueillit la première balle et courut.

     

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  • [Livre] Innocent

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    Lecture terminée le : 28 mars 2020

     

    Résumé : Seule survivante d'un tueur en série, l'ancien officier de la police new-yorkaise Carole Anderson lutte chaque jour pour retrouver une vie normale. Son tortionnaire, Rudy Stanford, croupit depuis deux ans dans le couloir de la mort. Lors d'une de ses rares sorties dans un lieu public, croit l'apercevoir dans la foule. Bouleversée, elle cède au dire : et si l'homme emprisonné était innocent ? Bientôt de nouveaux meurtres sont commis... Il est temps pour Carole d'affronter les démons de son passé.


    Auteur : Emmanuel Valnet

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 01 octobre 2018

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Voilà un roman qui m’aura donné du mal. Le début est répétitif. On n’avance pas.
    L’auteur nous explique je ne sais combien de fois que le personnage principal, Carole, va à la piscine avant l’ouverture, mais que le gardien risque sa place parce que ce n’est guère légal. Certes cette information va avoir une certaine importance, mais il n’était pas nécessaire de nous la marteler autant de fois !
    Et on revient également 1000 fois sur sa peur du monde, et sur ses conversations sans fin et sans but avec son amie Tess, et sur son nouveau livre qui n’avance pas…
    Ça tourne en rond et j’ai bien failli abandonner. D’autant que le personnage principal n’a rien de sympathique. Alors oui, bien sûr, on est désolés de ce qui lui est arrivé, personne ne mérite ça, mais plus on découvre son passé et je me disais qu’elle n’avait vraiment rien à faire dans la police.
    Après l’incident de la boutique de luxe, on commence enfin à entrevoir une intrigue.
    Bon, il y a toujours beaucoup de répétitions et il a fallu que je me force à continuer (mais rendue là, je voulais savoir comment ça allait se terminer).
    J’ai élaboré plusieurs théories : complice, folie, imitateur, fan… mais je ne m’attendais pas à être autant à côté de la plaque que ça. Je n’ai rien vu venir et cette fin rattrape presque les défauts du roman.
    Toutefois, le fait de ne pas pouvoir s’attacher à Carole a été un gros point noir. Je n’ai pas forcément besoin de m’attacher à un personnage pour aimer un livre, mais vu le tournant donné à cette histoire, je trouve qu’il aurait été bien mieux de ressentir de l’empathie pour Carole. Or ça n’a pas été le cas. D’un côté elle se dit traumatisée mais de l’autre, elle fait fortune en écrivant un roman basé sur son histoire (et pas un témoignage, mais un roman de fiction). Elle dit ne pas supporter la foule, mais elle passe son temps dans le métro.
    Quant à Tess, elle est inutile. Vu l’importance qu’elle semble avoir dans la vie du personnage principal, on serait en droit d’attendre à ce qu’elle ait un rôle un tant soit peu étoffé dans le roman, mais non. Le seul moment où j’ai cru qu’elle allait peser sur l’histoire est retombé comme un soufflé en quelques pages, comme si l’auteur avait changé d’avis mais n’avait pas pris la peine de réécrire les scènes déjà écrites et désormais inutiles.
    C’est vraiment dommage car la fin est tellement inattendue et bluffante que, si le roman avait été mieux construit en amont, ça aurait pu être un vrai coup de cœur.
    Mais même si cette fin est vraiment percutante, elle ne fait pas oublier le reste pour autant et j’ai refermé le livre mitigée, avec une certaine impression de manque.
    Et ça, c’était vraiment dommage !

     

    Un extrait : Le Sergeant Carole Anderson était un officier souvent en conflit avec sa hiérarchie. Cependant, exemplaire dans son travail, elle exerçait sa profession avec la devise du NYPD, « Courtoisie-Professionnalisme-Respect », tatouée sur la peau.

    Elle avait échappé à une mort atroce en luttant pour sa vie, en s’y accrochant avec une volonté de fer. Un combat qui avait marqué son esprit et sa chair à jamais. Sa ténacité avait permis l’arrestation de son agresseur.

    À la suite de cette expérience traumatisante, Carole avait démissionné de son poste et quitté les services de police de la ville de New York. Ses supérieurs avaient épinglé sur son uniforme une décoration en hommage à son courage et sa bravoure.

    Son médecin traitant, chez qui elle se rendait régulièrement, lui avait conseillé de sortir et de rencontrer d’autres personnes pour l’aider à reprendre goût à la vie. Carole s’était essayée au shopping, au cinéma, à la bibliothèque, à quelques concerts. Des lieux qui l’obligeaient à côtoyer ses semblables. Elle avait rapidement abandonné. Par la suite, elle avait porté ses choix sur d’autres activités et s’était jetée à corps perdu dans le sport.

    Elle avait commencé les entraînements par des séances de course à pied dans Central Park. Elle aimait se retrouver au milieu des joggeurs venus, comme elle, se défouler. Son parcours habituel était long de plusieurs kilomètres dans ce poumon vert au cœur de la ville. Carole additionnait les kilomètres sur son podomètre pour se vider la tête, mais également pour ne pas demeurer isolée. C’était tout le paradoxe et l’ambiguïté de ce qu’était sa vie au quotidien. L’angoisse d’être seule et la peur de l’autre. En général, elle évitait tout contact avec des inconnus. Mais parfois, elle se laissait aller à quelques rapprochements occasionnels qui se limitaient à de rapides gestes de salutation et des échanges de regards. Si elle affectionnait sa solitude, Carole ne restait jamais isolée lors de ses sorties. Elle avait appris à ses dépens qu’une proie seule se capture plus facilement. Malgré son besoin permanent de maintenir les autres à distance, elle se souciait cependant d’avoir toujours du monde autour d’elle. Immergée au sein de cette horde de sportifs, Carole se sentait protégée et en confiance.

    Jour après jour, plusieurs visages étaient devenus familiers. Elle recouvrait peu à peu de l’assurance dans ses relations avec autrui, se risquant même à échanger quelques paroles avec d’autres sportifs. Mais sa méfiance permanente l’incitait toujours à se maintenir à l’écart.

     

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