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Policiers/Thrillers

  • [Livre] L’île des absents

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    Résumé : Quelque part en Suède, Alex et sa fille Smilla se promènent sur un îlot situé au milieu du lac Cauchemar. Son épouse Greta les attend dans la barque amarrée au rivage. Mais la jeune femme s'endort et à son réveil, elle ne les trouve pas. De retour au village, elle décide de se rendre au commissariat. Pourtant, le policier prétend qu'elle n'est pas mariée et n'a jamais eu d'enfant.


    Auteur : Caroline Eriksson

     

    Edition : Presse de la cité

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 07 juin 2018

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Dès le départ, on sent que quelque chose ne va pas chez Greta.
    L’histoire s’ouvre sur la disparition de son mari, Alex, et de sa fille, Smilla.
    Pour autant, malgré la disparition qui implique une filette de ‘ ans, Greta ne se précipite pas chez la police.
    Elle cherche un peu par elle-même, tourne beaucoup en rond et ne fini par se rendre à la police qu’après plusieurs dizaines d’heures (plus de 24h).
    Mais là-bas, on lui répond qu’elle n’est pas mariée et n’a jamais eu d’enfants.
    L’histoire étant racontée du point de vue de Greta, on a comme un accès direct aux pensées de Greta et, le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est le fouillis là-dedans.
    Pendant un moment, je me suis demandée si elle n’était pas schizophrène, mais au fil de ma lecture, je me suis dit qu’elle n’était pas si délirante que ça, que c’était son cheminement de pensée qui l’était.
    Elle semble avoir un passé difficile qui tourne autour de la disparition de son père, ce qui fait échec à la disparition d’Alex.
    On comprend très vite que le père de Greta est mort dans des circonstances suspectes et dès lors, on se demande si Alex, dont le portrait se révèle peu flatteur, a réellement disparu.

    Là où réside la difficulté pour le lecteur, c’est que Greta a parfaitement conscience de ses mensonges et de son déni et que du coup, elle mélange élucubration et vérité sans que le lecteur ne puisse facilement faire la distinction entre les deux.
    J’ai trouvé la police bien peu présente. Une femme vient déclarer une disparition, impliquant un enfant, et, comme la personne n’a pas d’enfants, ça s’arrête là ? Ils ne la recherchent pas activement, ils n’enquêtent pas… ça m’a semblé très étrange.
    Mis à part la présence d’un groupe d’ados violents et arrogants, qui ne sont guère exploités et qui ne semblent être là que pour apporter un élément de danger, le thriller est essentiellement psychologique.
    La vérité qui fini par apparaître par bribes est encore plus inconcevable que les délires de Greta.
    Comme quoi, la perversité humaine ne connaît aucune limite et l’auteur ne nous ménage pas, nous laissant lessivés, nous demandant comment une simple disparition a pu nous entraîner jusque là.
    Un thriller déroutant, mais il faut s’accrocher car il vaut vraiment le coup.

     

    Un extrait : L’îlot au centre du Cauchemar n’est plus qu’à une dizaine de mètres. C’est notre destination. Baissant les yeux, j’essaie de voir au-delà de la surface. Je devine le fond. Brouillé par les remous, il se rapproche à mesure que nous progressons vers la rive. Les algues qui le tapissent se tendent vers notre embarcation tels de longs doigts verts et gluants. De part et d’autre, de hauts roseaux s’inclinent sur nous. Pour accoster, Alex se met debout, faisant osciller le canot. Fermant les yeux, je me cramponne au bord jusqu’à ce que le roulis se calme. Alex amarre solidement le bateau au tronc de l’arbre le plus proche. Smilla retire son gilet de sauvetage en se préparant à sauter à terre. Au passage, elle m’écrase le pied et me donne un coup de coude involontaire dans le sein. Je gémis de douleur, de façon sonore, mais elle a tellement hâte de rejoindre son papa que rien d’autre ne compte. En les voyant ensemble, nul ne peut douter qu’Alex soit le grand amour de Smilla. Quand nous sommes descendus vers le ponton, c’est à son côté qu’elle marchait, ou plutôt gambadait. Les rayons bas du soleil qui filtraient à travers les branches des arbres bordant l’étroit sentier forestier s’ajoutaient à son babillage enthousiaste : elle et papa allaient bientôt débarquer sur une île déserte, comme de vrais aventuriers. Smilla serait la princesse des pirates et papa serait… pourquoi pas le roi des pirates, tiens ? Smilla riait en tirant Alex par la main, impatiente d’arriver au lac. Je les suivais à quelques pas en arrière.

    À présent, Smilla enserre les jambes d’Alex entre ses petits bras. Le père et la fille, atome indivisible. Eux sur la terre ferme, moi dans le canot. Alex me tend la main en haussant les sourcils d’un air impérieux. J’hésite. Il s’en aperçoit.

    — Allez, viens ! C’est censé être une sortie en famille, chérie.

    Il sourit. Comme aimantée, je lance un coup d’œil à Smilla, et nos regards se croisent. Je ne peux m’empêcher de remarquer la manière qu’elle a de lever son menton. Ma voix est éraillée lorsque je décline l’invitation.

    — Allez-y tous les deux. Je vous attends ici.

    Alex tente encore, sans grand enthousiasme, de me convaincre, et quand je secoue la tête, il hausse les épaules et pivote vers Smilla. Roulant les yeux, il lui adresse une grimace qui fait briller les siens par anticipation.

    — Insulaires, prenez garde ! Voici Papa le pirate et Smilla la princesse pirate !

    À ce cri, Alex jette Smilla sur son épaule, déclenchant un hurlement de rire, et se met à courir vers le haut de la côte. La face de l’île où nous avons accosté est plus escarpée que l’autre. Alex se donne à fond, il ne laisse pas la montée ralentir son allure. Je sens presque la brûlure de ses muscles, la compression de l’estomac de Smilla au rythme des ballottements. Et c’est ainsi qu’ils atteignent le sommet et disparaissent de ma vue.

     

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  • [Livre] L’insigne du boiteux

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    Résumé : Un assassin, qui se fait appeler le Prince, exécute des mères de famille sous les yeux horrifiés de leurs jeunes fils âgés de 7 ans. Opérant à l’arme blanche avec une rare sauvagerie, le meurtrier taille ses victimes en lanières. Telle est la punition qu’il inflige. Mais qui punit-il ? Et de quoi ?
    Pour répondre à ces deux questions fondamentales, le commandant Falier s’adjoint les services du professeur Bareuil, spécialiste des crimes rituels, « retraité » de la Sorbonne, et de Jeanne Lumet, qui fut sa plus brillante élève. Or la jeune femme est mère d’un petit garçon de 7 ans. Détail qui n’échappera sans doute pas au Prince…


    Auteur : Thierry Berlanda

     

    Edition : De Borée

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 14 Février 2019

     

    Prix moyen : 7,5€

     

    Mon avis : Je sors vraiment mitigée de cette lecture.

    Si j’ai bien aimé l’histoire en elle-même - d’ailleurs c’est le résumé, plus que le titre, qui m’a convaincu de le lire - en revanche, j’ai eu plus de mal avec la forme du roman.

    L’auteur emploie un langage assez recherché, pas désagréable mais qui sonne faux dans un thriller, surtout quand au détour d’une page on tombe soudain sur des termes comme « gras-du-bide ». Si on met de côté ma répugnance pour ce genre de terme, on dirait que l’auteur hésite entre deux styles.

    Dès le début du livre, avant même d’être gênée par le style, j’ai remarqué un manque flagrant de rigueur dans l’édition.

    Alors, je sais bien qu’il ne s’agit « que » d’un poche, mais quand même, page 79, il manque carrément une phrase.

    L’auteur n’est pas en reste. On commence les ennuis page 84 avec une phrase qui laisse perplexe : « Je crois que tu ne peux pas m’occuper de lui ».

    A plusieurs reprises, on a de magnifiques incohérences, à se demander si l’auteur s’est seulement relu.
    Par exemple, un suspect s’identifie d’un nom et une date de naissance et, à peine une page plus loin, la police déclare ne pas avoir trouvé trace d’une personne de ce nom née… dix ans plus tard que la date annoncée par le suspect… et cela ne semble émouvoir personne.
    Plus loin, lors d’une discussion entre deux personnages, l’un dit à l’autre qu’il est au courant de l’enlèvement d’un troisième personnage, puis quelques lignes plus loin, le même personnage réclame d’être mis en contact avec la personne qu’il a dit savoir être enlevée.

    Ces incohérences, couplées au style employé, donne l’impression d’une enquête laborieuse, comme si l’auteur ne savait pas trop où il allait.

    J’ai regretté le manque de profondeur des personnages. Par exemple, on sait que Jeanne souffre de phobies, mais on ne sait ni à quoi elles sont dues, ni leur ampleur. Pourquoi ? En quoi ce fait apporte un plus aux personnages si ce n’est que mentionné en passant ?
    Et c’est pareil pour tous les personnages, tueur compris.

    La fin va trop vite, elle tient plus du coup de chance que de l’habilité des enquêteurs.
    Ici, on a les élucubrations d’un pseudo historien dont on se demande comment il peut ainsi manipuler son monde tant son arrogance ne connaît aucune limite, mais on n’a pas cette sensation que chaque meurtre permet de faire un pas de plus vers la solution.

    Le meurtrier est le seul a avoir un certain développement. Entre ses crises mystiques et ses souvenirs, on comprend relativement vite ce qui le motive.

    L’insigne du boiteux semble être le 1er tome d’une trilogie, mais je n’ai pas été suffisamment convaincue pour lire la suite.

    C’est dommage que le style et le traitement de l’histoire ne m’aient pas convaincue parce que l’histoire était vraiment intéressante à lire.

    Il m’a juste manqué quelques éléments pour réellement apprécier ma lecture.

     

    Un extrait : Les lampadaires émergent du brouillard, accrochant des maques d’effroi aux cariatides du boulevard. Jeanne Lumet marche en évitant de justesse les flaques gelées, et maudit celui qui l’oblige à sortir de chez elle à une heure pareille.
    Un coup de téléphone l’a tirée de son sommeil au milieu d’un rêve qui l’a transportait des mois en arrière, à l’époque où Paul habitait encore avec elle et leur fils. Les roses de Villandry, la splendeur des jardins, Léo caracolant dans les escaliers avec son épée de bois confectionnée par Paul et qu’il préférait décidément aux pistolets laser, les poses qu’elle prenait pour la photo en retenant sur ses cheveux un chapeau de paille courtisé par le vent, voilà le refuge de douceur éboulé en deux secondes par la sonnerie.
    Une voix inconnue. Un grésillement plutôt.

    - Commandant Falier, police criminelle.

    Pour Jeanne, le pire est toujours l’éventualité la plus plausible ; par réflexe, elle s’est ruée dans la chambre de Léo. Elle y a simplement vu un gosse qui rêve à des dinosaures. Ressort distendu, elle est revenue s’asseoir sur le bord de son lit en baillant, puis elle a cherché à quatre pattes le téléphone qui avait rebondi dessous comme un poisson dans l’herbe.

    - On est en pleine nuit. Qu’est ce qu’il se passe ?

    - J’appelle sur les conseils du professeur Bareuil…

    Entendre ce nom a provoqué chez Jeanne un afflux de sérotonine suffisant pour lui maintenir les paupières grandes ouvertes jusqu’au soir.

    - J’ai un cas bizarre. Bareuil pense que vous pourriez m’aider. Vous pouvez venir maintenant ?

    - Quoi ? Mais je dors… Et puis c’est quoi « bizarre » ? Ce qui est bizarre, c’est plutôt que Bareuil vous ait filé mon nom !

    - Bareuil… C’est lui qui vous pose un problème ?

    Des images lui sont revenues malgré elle, d’un passé qu’elle croyait enterré. Bareuil avait été son professeur d’histoire médiévale pendant ses deux années de Master. Jeanne se précipitait toujours à ses cours, sous l’œil perplexe des autres étudiants qui, bien qu’inscrits dans le même cursus, tombaient moins facilement qu’elle amoureux d’une icône melkite ou d’un masque copte. Bareuil avait tout de suite remarqué cette graine de championne. Lui qui passait pour le pape du magister classique s’était mis, au bout de quelques semaines, à s’adresser à elle comme à un confrère ; il ne corrigeait plus ses travaux, il les discutait. La facilité de son élève, excusée d’avance par sa grâce, ne l’irritait pas. Jeanne savait que si elle avait été une étudiante au teint gris et aux cheveux gras, bien qu’ayant eu les mêmes dispositions intellectuelles, elle aurait trouvé en Bareuil son pire ennemi ; percevant le talent des autres comme une menace, il lui aurait sans fin asséné la sempiternelle vérité institutionnelle selon laquelle, sans le travail, une bonne prédisposition n’est qu’un défaut.

     

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  • [Livre] Am, Stram, Gram

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    Résumé : Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d'une piscine vide dont il est impossible de s'échapper. À côté d'eux, un pistolet chargé d'une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message : « Vous devez tuer pour vivre. » Les jours passent, la faim et la soif s'intensifient, l'angoisse monte. Jusqu'à l'issue fatale.
    Les enlèvements se répètent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n'avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire.
    Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe.
    Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.


    Auteur : M. J. Arlidge

     

    Edition : 10/18

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 03 mars 2016

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : J’ai acheté ce livre après l’avoir vu sur la chaîne des livres d’Ali. Depuis janvier 2018, il attendait patiemment son tour (je ne l’avais pas oublié, non, mais je ne trouvais jamais le bon moment pour le sortir).
    Et bien, je dois dire que ça valait la peine d’attendre.
    En revanche, s’il est excellent, attention aux âmes sensibles, certaines scènes sont difficiles à lire.
    Pas tant à cause d’un afflux d’hémoglobine, ça j’aurais tenu le choc sans problème (oui, moi aussi je me rends bien compte que les thrillers rendent un poil insensibles), mais à cause de la description poussée de personnes mourant littéralement de soif et de faim, prêt à boire de l’urine ou à croquer des insectes. Rien que de l’écrire, la nausée me revient.

    Heureusement qu’il n’y a pas trop de scènes de cet acabit.

    Si ces scènes ont pour but de nous plonger plus avant dans l’horreur vécue par les victimes, ce roman n’en demeure pas moins avant tout un thriller et donc on s’attache  surtout à la recherche su coupable.

    L’enquête s’annonce complexe. Si les moyens mis en œuvre par le coupable écartent la théorie du crime d’opportunité, il ne semble y avoir aucun lien entre les victimes. Toujours enlevée par deux, ils sont fiancés, collègues, ou encore parents, d’âge et de sexe divers… Bref, difficile d’établir un schéma ou de prévenir de futurs crimes.

    Helen Grace est un commandant de police, un poste important pour une femme de son âge (Un peu plus de 35 ans, je pense).

    Elle est directe et même un peu agressive dans ses interrogatoires mais elle est efficace.

    Les crimes s’enchaînent, ne laissant guère le loisir de réfléchir, de se poser.

    J’ai ressenti comme si c’était la mienne la frustration et la rage d’Helen envers ce criminel qui semble avoir toujours un coup d’avance et dont la description n’est jamais deux fois la même à une exception près : il s’agirait d’une femme.

    Intercalés entre les chapitres, écrit en italique, un personnage raconte le calvaire vécu dans son enfance. Mais s’agit-il de l’histoire de la tueuse ? Ou de celle d’Helen qui semble cacher un passé aussi noir que douloureux ? Ou encore de cette journaliste opiniâtre qui a eu un mauvais départ dans la vie ? Ou même de Charlie, la collègue d’Helen, dont on ne sait, au final, pas grand-chose du passé…

    La psychologie de chaque personnage, que ce soit les policiers, les victimes, la coupable ou les autres intervenants, est étonnamment bien fouillée. Il n’y a aucun personnage qui soit là que pour faire de la figuration.

    Le rythme du récit est encore accentué par des chapitres courts qui donnent toujours envie de lire « juste le prochain et puis j’arrête ».

    La coupable est dotée d’un incroyable, à tous les sens du terme : autant pour son organisation et sa détermination que pour l’absence totale d’empathie qu’elle manifeste.

    Elle ne montre jamais la moindre hésitation, c’en est vraiment effrayant.

    Contrairement à mes habitudes, je n’ai pas essayé de résoudre l’enquête à tout prix, je me suis laissée porter par l’histoire, d’autant plus que l’on découvre l’identité de la coupable bien avant la fin (Ben oui, contrairement à d’autre livres du même genre, ici, ce n’est pas parce qu’on a identifié la personne qu’on lui a mis la main dessus).

    J’ai vraiment adoré ce livre et, si ce n’est pas un coup de cœur, c’est uniquement à cause de ces scènes dont je parlais au début et qui m’ont donnée la nausée.
    N’empêche que c’est un auteur que je vais suivre !

     

    Un extrait : Sam dort. Je pourrais le tuer là, maintenant. Son visage n’est pas tourné vers moi : ce ne serait pas difficile. Se réveillerait-il si je bougeais ? Essaierait-il de m’arrêter ? Ou serait-il simplement soulagé que ce cauchemar finisse ?

    Je ne peux pas penser des choses pareilles. Il faut que j’essaie de me rappeler ce qui est vrai, ce qui est bon. Mais quand on est prisonnier, les jours paraissent sans fin et l’espoir est le premier à mourir. Je me creuse la tête en quête de souvenirs joyeux susceptibles de repousser les idées noires : ils sont de plus en plus durs à convoquer.

    Nous ne sommes là que depuis dix jours (onze ?), et pourtant la vie normale ressemble déjà à un souvenir lointain. On faisait du stop après un concert à Londres quand c’est arrivé. Il pleuvait des cordes, plusieurs voitures nous avaient déjà dépassés sans même nous jeter un regard. Trempés jusqu’aux os, on s’apprêtait à retourner à l’abri quand une camionnette a fini par s’arrêter. À l’intérieur, il faisait chaud, il faisait sec. On nous a offert du café venant d’une bouteille Thermos. Sa seule odeur a suffi à nous revigorer. Au goût, c’était encore meilleur. Nous n’avions pas conscience que ce serait notre dernière gorgée de liberté.

    Quand je suis revenue à moi, j’avais la tête comme une casserole. Une croûte de sang sur les lèvres. Fini la camionnette douillette. J’étais dans un endroit glacial, obscur. Étais-je en train de rêver ? Derrière moi, un bruit m’a fait sursauter. Ce n’était que Sam qui se relevait en titubant.

    On avait été dépouillés. Dépouillés et largués. Laborieusement, j’ai avancé en me tenant aux parois qui nous entouraient. Des carreaux froids, durs. J’ai percuté Sam et je l’ai étreint une seconde, inhalant cette odeur que j’aime tant. Cet instant passé, l’horreur de la situation nous a frappés.

    On était dans une fosse à plongeon. Délaissée, mal aimée, elle avait été privée de ses plongeoirs, de ses panneaux, même de ses marches. Tout ce qui pouvait être récupéré l’avait été. Ne restait qu’un bassin profond et lisse, impossible à escalader.

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  • [Livre] Petits meurtres entre voisins

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    Résumé : Karen et Michel ne regrettent pas d'avoir quitté la capitale pour le petit village où ils viennent de s'installer. En plus d'un rythme de vie apaisé, ils ont trouvé un cercle social des plus grisants : un groupe d'urbains convertis aux bienfaits de la campagne qui partagent comme eux le goût de la bonne chère, des boissons et de l'argent. Ensemble, ils fondent un club et passent leur vie les uns chez les autres.
    Subrepticement, pourtant, l'équilibre vacille. Un violent incendie éclate en pleine nuit chez un des couples, tuant le mari. Autour de cette mort brutale, les jalousies et les rancœurs commencent à affleurer : adultère, soupçons de malversations. Et lorsque, quelques jours plus tard, un autre membre se défenestre depuis une chambre d'hôtel, le doute s'installe pour de bon. Puis la peur. Puis l'angoisse : un assassin se cache-t-il parmi eux ?..


    Auteur : Saskia Noort

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2007

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Karen et Michel ont quitté la grande ville pour un petit village. Après deux ans assez isolée, Karen fait la connaissance d’une voisine, qui la présente à d’autres et un petit club de 5 couples se forme.

    L’histoire s’ouvre sur un drame : un incendie chez l’un de ces couples dont le mari ne ressortira pas vivant.

    A partir de là, on fait sans-cesse des allers-retours entre passé et présent, mais quand qu’aucune indication temporelle ne soit indiquée.
    C’est un peu déroutant, surtout au début. Après on apprend à repérer les indices qui situent le chapitre dans le temps, mais ça reste quand même assez agaçant de devoir être comme ça sans arrêt aux aguets.

    « L’amitié » qui unit ces couples est assez sordide. Tout n’est qu’apparence, argent, préjugés et hypocrisie.

    Le pire de tous étant probablement Simon qui exerce une sorte de fascination sur ses amis, d’autant plus qu’il a investi dans toutes leurs sociétés et les tient donc par l’argent.
    Karen est la seule à avoir encore un peu de conscience et de critique pour leur attitude mais cela ne l’empêche pas de continuer à les fréquenter le dégoût qu’ils lui inspirent parfois.

    Alors que la question se pose de savoir si l’incendie était accidentel ou volontaire, un autre drame survient.

    Ce qui m’a tué, c’est la façon dont leurs coucheries et leur argent est plus important que tout pour ce groupe qui va jusqu’à mentir à la police pour protéger leurs petites vies.

    On soupçonne la présence d’un meurtrier mais ce qui compte c’est de sauver les apparences ?
    Heureusement que Karen a un peu plus de cervelle que ça, même si elle est un peu seule contre tous (son propre mari préfère mentir de peur de perdre de l’argent).

    Franchement, ils mériteraient d’aller tous en taule. On ne peut quand même pas mentir à la police, pendant une enquête criminelle, sans aucune conséquence, si ?

    Ils sont tous si antipathiques, qu’ils en deviennent tout suspects.

    D’ailleurs, je les ai tous soupçonnés (avec des théories complètes et tout) sauf, bien évidemment, le coupable.

    Au final, on finit par douter du jugement de Karen, du notre, par se méfier de chaque piste que suggère l’auteur et par se retrouver complètement perdu (enfin, par « on » comprenez « moi »).

    J’ai vraiment apprécié ces retournements de situation, et cette fin que j’ai trouvée très satisfaisante.

    Ce n’est pas le meilleur thriller que j’ai lu (la faute à l’auteur, ou à la traduction ?), mais c’était néanmoins une bonne lecture.

     

    Un extrait : Michel me secoua doucement au beau milieu de la nuit pour me dire, dans un demi-sommeil, que le téléphone sonnait. Je poussai un gémissement et enfouis ma tête dans l’oreiller en espérant que cette sonnerie allait cesser, jusqu’au moment où je compris qu’un coup de téléphone à une heure pareille n’annonce généralement rien qui vaille. J’allumai ma lampe de chevet et jetai un coup d’œil sur le réveil. Trois heures. La sonnerie s’interrompit. Michel marmonna que nous pouvions nous rendormir. Sans doute un dérangé, une erreur, quelque chose de ce genre.

    Juste à ce moment-là, le téléphone se remit à sonner. Plus fort cette fois, plus insistant, comme une sirène. Le cœur de ma belle-mère a lâché ! Ma sœur vient de perdre son bébé ! Je bondis hors de mon lit et dévalai l’escalier en attrapant ma robe de chambre au passage, suivie de Michel, nu comme un ver. En bas, je mis la main sur l’appareil qui traînait sur le canapé et continuait à sonner rageusement. Mon cœur cognait fort. Je répondis en regardant Michel qui, les bras croisés sur la poitrine, tentait de se réchauffer.

    À l’autre bout du fil, j’entendis des cris et des grésillements. Un homme hurla « Patricia ! » d’une voix affolée. Je perçus des pas et une respiration haletante, le couinement aigu et étouffé de quelqu’un qui a du mal à respirer, puis une voix basse chuchotant :

    « Karen ! Désolée de vous réveiller…

    — Patricia ? Que se passe-t-il ?

    — … C’est affreux. Viens vite. La maison d’Evert et Babette est en feu… Il faut essayer de sauver ce qu’on peut… Tout le monde va venir ici. Je les ai tous prévenus.

    — Oh, mon Dieu !… » Michel me prit la main et me regarda d’un air interrogateur.

    « Evert et Babette… Les garçons… Ils vont bien ?

    — Luuk et Beau sont indemnes. Babette est blessée… On n’a pas encore trouvé Evert… »

    J’eus l’impression que tout se figeait : le temps, mon sang, mon cœur. Michel, paniqué, me demanda ce qui se passait. Où, mais où fallait-il donc aller ?

    « Il y a le feu chez Evert et Babette… »

     

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  • [Livre] Dix petites poupées

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    Résumé : Layla a disparu il y a douze ans, en pleine nuit, alors qu'elle rentrait de vacancesen France avec son petit ami, Finn. On ne l'a jamais revue depuis.

    Lorsque les policiers l'ont interrogé, Finn leur a raconté la vérité sur cette nuit-là. Mais pas toute la vérité. Pas un mot, par exemple, sur la dispute violente qui les a opposés juste avant la disparition de Layla.

    Finn a refait sa vie. Avec la sœur de Layla. Jusqu'au jour où le passé ressurgit. Quelqu'un croit apercevoir Layla. Et pourquoi les petites poupées russes de son enfance font-elles soudain leur apparition ?


    Auteur : B.A. Paris

     

    Edition : Hugo & cie

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 03 Janvier 2019

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : J’avais adoré « derrière les portes » et j’ai « défaillances » dans ma PAL (qui ne va sans doute pas faire long feu, d’ailleurs). Mais, même si ce dernier est sorti le premier, je n’ai pas pu attendre quand j’ai eu « Dix petites poupées » entre les mains.

    Dès la lecture du résumé, j’ai commencé à me poser plein de questions.

    Dans ce roman, on a une alternance de point de vue, mais aussi une alternance entre présent et passé.

    Bien qu’il n’y ait pas une goutte de sang de versée, la tension ne se relâche jamais.

    Finn est le personnage principal. Ce n’est pas qu’il est vraiment antipathique, mais ses réactions le rendent difficile à apprécier pleinement.

    Il y a 12 ans, sa petite amie, Layla, a disparu sur une aire d’autoroute en France. Aujourd’hui, il a refait sa vie avec Ellen, la sœur de Layla, ce qui n’a pas plu à tout le monde.

    Enfants, Ellen et Layla se disputaient une petite poupée russe (la plus petite des poupées gigognes). Or, aujourd’hui, alors que Finn et Ellen sont sur le point de convoler, de petites poupées russes apparaissent partout sur leur chemin.
    Je n’aurais pas cru qu’un aussi petit truc puisse être aussi perturbant avant de voir Finn en trouver à chaque coin de rue.
    Finn a des réactions bizarres à ce sujet. Car de deux choses l’une : soit Layla est toujours en vie et on peut se demander ce qui la pousse à réapparaitre 12 ans plus tard pour jouer à ce petit jeu sordide, soit Layla est morte et quelqu’un joue avec les nerfs du couple. Dans les deux cas, il me parait tout naturel d’appeler la police pour leur faire part de ces curieux messages. Mais pas Finn. Et je n’ai pas compris pourquoi ce refus. Qu’il y ait 12 ans, il n’ait pas parlé de la dispute mentionnée dans le résumé, je peux le comprendre. Mais pourquoi, s’il n’a rien à se reprocher, refuse-t-il l’aide de professionnels ?
    Alors oui, évidemment, ça en a fait un suspect à mes yeux : il sait quelque chose qu’on ignore, il a tué Layla, sa disparition est un coup monté entre eux etc, etc… J’ai pensé à toutes les options.
    Mais il n’est pas le seul qui j’ai soupçonné ! Car pendant tout le livre on se demande qui est derrière cette histoire de poupées.
    Même si les chapitres alternent entre « Layla » et Finn, je n’ai pas pris ça pour une certitude de la survie de la jeune femme. Je me méfie un peu du sadisme de l’auteur depuis que j’ai lu « derrière les portes » et je ne me fie plus aux apparences.
    Alors j’ai douté. De tout et de tout le monde (limite, même du chien). Je me suis demandée qui aurait intérêt à rendre Finn complètement fou (Si tant est que ce ne soit pas lui qui soit derrière tout ça). Les doutes de Finn faisaient écho aux miens et ses suspicions rejoignaient les miennes.
    Autant dire que B.A. Paris m’a manée par le bout du nez, car, alors même que je pensais avoir tout compris, il y avait encore un élément qui m’échappait.
    Et qui changeait tout !

    Le pire (ou le mieux…) c’est qu’elle nous entraîne sur un tas de fausses pistes mais sans jamais nous perdre et en nous laissant une chance (petite, toute petite, hein, non je ne suis pas de mauvaise foi) de trouver la clef de l’énigme avant la fin du livre.
    Et comme je le disais plus tôt, toute cette histoire, toute cette tension, se déroule quasiment sans violence (bon, il se peut qu’il y ait un ou deux coups de poing sur le nez, mais pas de déferlement d’hémoglobine), mais repose essentiellement sur la culpabilité, la paranoïa et les mensonges.

    Maintenant, j’ai d’autant plus hâte de lire « défaillances » que j’ai lu quelque part qu’il était le meilleur des trois.

     

    Un extrait : Mon portable sonne au moment même où je traverse le hall d’entrée baigné de lumière des superbes bureaux de Harry, à London Wall. Je me retourne pour consulter l’horloge digitale au-dessus du bureau de la réceptionniste. Il n’est que seize heures trente, mais j’ai hâte de rentrer chez moi. J’ai dû batailler des mois pour persuader Grant James, homme d’affaires de grande réputation, d’investir cinquante millions de livres dans le nouveau portefeuille de Harry et aujourd’hui, je suis prêt à fêter ça. Pour me remercier, Harry a réservé pour Ellen et moi au Hideout, le meilleur restaurant de Cheltenham, et je suis sûr qu’elle va beaucoup apprécier.

    Je jette un coup d’œil impatient à mon téléphone, en espérant pouvoir ignorer l’appel. Le nom de mon correspondant s’affiche, c’est Tony Heddon, un policier d’Exeter. Nous nous sommes rencontrés il y a douze ans quand j’étais en garde à vue, soupçonné du meurtre de Layla, et depuis nous sommes devenus bons amis. Sur la gauche de la réception, il y a un banc incurvé, en acier, sur lequel je vais déposer mon porte-documents.

    « Tony, dis-je en prenant l’appel. Ça fait plaisir de t’entendre.

    — Je te dérange, peut-être ?

    — Pas du tout. » Je remarque qu’il paraît sérieux, comme à chaque fois qu’il m’appelle pour me dire que le corps d’une femme non identifiée a été retrouvé par la police française. J’imagine qu’il doit être mal à l’aise, et je décide d’aller droit au but : « On vient de trouver un nouveau corps ?

    — Non, rien de tout ça. » Son accent paisible du Devonshire est rassurant. « Mais Thomas Winter, tu sais, ton ancien voisin à St Mary, est passé au commissariat hier.

    — Thomas ? » Je suis surpris. « Après tout ce temps, je ne savais pas qu’il était toujours vivant. Comment va-t-il ?

    — Physiquement, plutôt en forme, mais il se fait vraiment vieux. C’est pour ça qu’on ne veut pas accorder trop d’importance à ce qu’il nous a dit », ajoute Tony après une pause. J’attends qu’il poursuive tout en cherchant à deviner ce que Thomas aurait bien pu dire à la police. Mais il me revient qu’avant que Layla et moi ne partions en vacances en France, Thomas ne nous voyait que comme le plus heureux des couples.

    « Pourquoi, qu’est-ce qu’il a dit ?

    — Qu’il a vu Layla, hier. »

     

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  • [Livre] Je veux m'envoler

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    Résumé : Marcus Notre-Dame, brillant lieutenant de la DRPJ de Versailles est dépêché sur une affaire hautement politique. « Beyond the Beauty », pur-sang prodige appartenant aux prestigieuses Écuries Villeret et à L'Émir du Qatar, est enlevée à l’aéroport Charles de Gaulle. La jument, joyau de la couronne qatarie, sera exécutée selon des rites sacrificiels inspirés de la mythologie nordique, qui tiendront le lecteur en haleine. Aidée par Jordis Silverstrand, agente d’Interpol spécialiste de la civilisation et mythologie nordique, la police judiciaire s’engage alors dans une véritable course contre la montre pour résoudre les différentes énigmes de ces rites macabres. Au cours de cette enquête, les pressions politico-médiatiques plongeront notre inspecteur au passé obscur dans une affaire de famille des plus sombre. Le lieutenant traquera une menace sans visage qui éventrera vos nuits. Deux familles ennemies ou alliées ? Deux femmes liées par une énigmatique relation. Avec puissance et émotion, l’auteur nous plonge dans une intrigue complexe qui révèlera la détresse d’un être qui “veut s’envoler”. Marcus Notre-Dame, arrêtera-t-il cette menace à temps ? Pourra-t-il seulement être le héros de cette fresque bouleversante, qui bouscule les codes du thriller.


    Auteur : Malik Grillon Mixtur

     

    Edition : Auto édition

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 31 Août 2019 

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : C’est de nouveau sur la plateforme Simplement Pro que l’auteur m’a proposé de lire son roman.
    Il s’agit d’un thriller mêlant mythologie nordique et magouilles politiques.
    Comme d’habitude, on va passer rapidement sur les quelques points avant de se pencher sur le positif.
    En réalité, les points négatifs sont quasiment essentiellement des problèmes de forme (donc facile à corriger).
    Le plus évident a été les fautes de conjugaison (-er au lieu de –é ; -ez au lieu de –er ou encore –ait au lieu de –aient) ainsi qu’une concordance des temps un peu fantaisiste.
    Ça se remarque, certes, mais ça n’empêche pas la compréhension de l’histoire.
    J’ai été plus dérangée par l’absence de marqueurs de dialogue (Mais peut être que c’est un défaut du format epub, j’ai déjà vu des changements intempestifs de mises en page sous ce format). On finit par s’y habituer un peu mais j’ai trouvé que ça alourdissait la lecture.
    Certains dialogues manquent de naturel car, paradoxalement, ils sont trop bien écrits. Cela ne se ressent pas dans les dialogues qui ont trait à l’enquête elle-même mais plutôt dans les conversations d’ordre personnel.
    en dehors de ces petits problèmes de forme (d’ailleurs, il est à noter qu’il n’y a pas de faute d’orthographe, du moins aucune qui m’ait sauté aux yeux), qui se régleront facilement avec une relecture extérieure (un œil extérieur est toujours appréciable), l’histoire est vraiment prenante et bien menée.
    Et soyons clair, quelqu’un qui écrit mal, une histoire incohérente, mal tournée etc… sera bien plus difficile à reprendre que quelqu’un qui fait quelques fautes de conjugaison. La forme est toujours plus facile à corriger que le fond.
    Et sur le fond, il n’y a vraiment rien à redire dans cette histoire.
    On en apprend beaucoup sur la mythologie nordique. J’ai vraiment adoré cet aspect de l’histoire.
    Les meurtres sont horribles (mais on aime ça, hein ? Bande de psychopathes) et le coupable se moque ouvertement de la police en se payant le luxe d’avoir toujours un coup d’avance.
    Les personnages sont attachants. J’ai surtout aimé l’indic de Marcus. J’ai bien moins apprécié Laetitia, que j’ai trouvée égoïste et pathétique.
    A titre personnel, j’ai regretté que les quelques scènes de sexe présentes soit si (trop) détaillées. L’une d’elle n’apporte rien à l’histoire et les autres auraient largement pu se contenter de suggérer les choses. N’étant pas adepte de pornographie, j’ai sauté ces passages qui m’ont un peu écœurée.
    En revanche, j’ai aimé les chapitres dans lesquels un militaire est interrogé sur le passé sombre de Marcus.
    Je ne saurais dire s’il est crédible qu’un homme avec un tel passé se retrouve à la DRPJ, mais il m’intrigue.
    On ne saura pas dans ce roman la raison de son interrogatoire, mais cela promet de sacré ennuis à Marcus dans un prochain tome.
    Marcus, c’est un peu compliqué. Je ne sais pas vraiment si je l’ai apprécié. C’est un excellent policier, mais je ne suis pas sûre d’avoir apprécié la mentalité de l’homme (surtout si les révélations sur son passé sont vraies).
    J’ai en revanche beaucoup aimé la profiler d’Interpol : Jordis.
    Ainsi, malgré quelques défauts, ce roman nous offre un thriller haletant et original que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire.

     

    Un extrait : Quand il s’agit de raconter sa vie, la bouche d’un homme n’est pas toujours fiable. Son corps en revanche, ne ment jamais. Celui de Marcus Notre-Dame avait la langue bien pendue. Les ongles tailladés par des Rangers  suggéraient un passé militaire. Une entaille au visage que le temps n’avait pas réussi à effacer témoignait d’une brève carrière de boxeur amateur. Le tatouage de deux revolvers qui croisaient le fer sur son bras rappelait qu’il avait déjà ôté la vie. Les veines saillantes qui tentaient de se frayer un chemin à travers les cicatrices de blessures par balle témoignaient de la vie d’un homme qui avait dû faire face à de nombreux dangers. Il s’apprêtait à affronter une menace bien moins périlleuse mais tout aussi désagréable, le moment où son réveille-matin allait sonner. Un manque de volonté habituel se ferait ressentir quand sonnerait le glas à six heures. Celui-ci se dissiperait alors que son corps reviendrait à la vie, avant de disparaître quand l’eau froide déferlerait sur les striures de sa peau dorée. Il essuyait ses abdominaux dessinés à l’arme blanche quand la femme qui partageait sa vie entra dans la salle de bain :

    « Bonjour mon chéri, as-tu bien dormi ?

    Oui très bien et toi ? Répondit Marcus.

    Oui j’ai bien dormi, j’ai rêvé que nous partions en week-end à Venise et que nous profitions du Carnaval. Et toi as-tu rêvé ?

    Peut-être…  Mais je ne m’en rappelle pas.

    Comme souvent…  J ’ai parfois l’impression de devoir rêver pour nous deux tu sais.

    De rêver pour nous deux ? Désolé Laetitia , je viens de me réveiller. Je ne te suis pas.

    Je rêve de pouvoir assister aux plus belles pièces de théâtre, d’avoir cette connexion privilégiée avec les comédiens qui me donnent parfois envie de pleurer, de rire ou de tristesse. Je rêve de pouvoir me rendre dans les plus belles expos, les plus beaux concerts de musique classique. Je rêve de réaliser tant de projets, en France et à l’étranger.

    C’est ce que j’aime chez toi, tu le sais, dit Marcus avec bienveillance.

    Je sais. Mais sais-tu la différence entre ceux qui rêvent et ceux qui réalisent leurs rêves ?

    Je t’écoute, répondit Marcus qui n’aimait pas la tournure que prenait cette discussion.

    Ceux qui réalisent leurs rêves ne sont pas attentistes, ils prennent leurs responsabilités. Ils s’impliquent et s’organisent en conséquence. Ce qui n’est pas toujours évident, surtout quand les obligations quotidiennes sont prenantes », dit-elle avec un sourire. « Le « couple » prend à ce moment précis toute son importance, qu’en penses-tu ?

    Je suis d’accord, nous devons nous soutenir.

    Exactement » , conclut Laetitia  en lui baisant la joue.

    Elle s’éloigna en le regardant du coin de l’œil. Marcus connaissait ce regard déterminé à le faire réagir. Les signaux que Laetitia  envoyait étaient de plus en plus évidents, elle ne se satisfaisait plus des belles phrases de circonstance destinées à éviter les conflits. Elle attendait plus d’implication de sa part pour faire « vivre » ce couple. Il s’appuyait beaucoup sur elle, elle aimait cela, mais désirait aussi goûter à cette sensation. Celle où le conjoint fait preuve d’initiative pour vous surprendre. Elle lui faisait comprendre doucement mais sûrement.

     

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  • [Livre] La faute

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    Résumé : Ses trois enfants, son mari et son travail au refuge pour animaux ne laissent guère de temps à Lisa Kallisto. Ou juste assez pour culpabiliser et envier la vie parfaite de sa voisine et amie Kathy.

    Un soir, alors que la fille de Kathy doit justement venir dormir chez eux, l'adolescente disparaît sans que Lisa, trop débordée, ne réalise son absence et prévienne sa mère. C'est le début du cauchemar. Et si Lucinda ne revenait pas ? Et si elle avait été enlevée, comme cette autre jeune fille retrouvée errant, à moitié nue et complètement traumatisée, dans les rues de la ville ?

    Lisa en est persuadée : tout cela est sa faute.

    Et elle doit maintenant la réparer.


    Auteur : Paula Daly

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 11 juin 2015

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Lisa Kallisto est une mère de famille de 3 enfants, au mari chauffeur de taxi (et qui s’appelle Joe, si si). Avec un boulot à temps plein dans un refuse pour animaux, elle est souvent débordée et se sent terriblement inférieure à son amie Kate, mère au foyer parfaite.
    La sœur de cette dernière, Alexa, lui a d’ailleurs bien fait sentir qu’elle leur était inférieure, socialement comme intellectuellement. Et bien sûr, Lisa l’a crue.

    J’ai vraiment détesté Alexa, malgré le peu qu’on la voit. Il faut dire qu’à chacune de ses apparitions, elle se montre odieuse : hautaine, snob, arrogante, méprisante, agressive… une perle quoi.

    Comme beaucoup de mère débordée, Lisa n’écoute parfois ses enfants que d’une oreille et c’est ainsi qu’elle oublie de Lucinda, la fille de Kate, était supposée dormir chez elle pour préparer un exposé avec sa propre fille.
    Or le lendemain, c’est le drame : Lucinda a disparue et comme sa mère la croyait chez Lisa, l’alerte n’a été donnée qu’après plusieurs heures.

    L’inspecteur Joanne Aspinall est chargée de l’affaire et la pression est énorme car une autre fillette du même âge a déjà été enlevée et violée avant d’être relâchée, à moitié nue, dans une rue animée. Cependant, après la durée envisagée, Lucinda ne réapparait pas, ce qui fait craindre à tout que le pédophile n’ait franchi un nouveau cap dans la violence.

    J’avoue que j’ai eu assez de mal avec Lisa. A plusieurs reprises, elle ramène tout à elle. Par exemple, juste après la disparition de Lucinda, elle adresse une prière à Dieu. N’importe qui aurait prié pour que la petite soit  retrouvée, en bonne santé.
    Mais Lisa, elle, prie, certes pour qu’on retrouve l’enfant, mais cela pour ne pas avoir à supporter tout sa vie cette culpabilité. Et ce genre de comportement égocentrique se reproduit plusieurs fois.

    Finalement, les seuls personnages que j’ai vraiment bien aimé sont Joanne, l’inspecteur chargée de l’affaire, patiente et efficace et Joe, le mari de Lisa, tellement gentil, empathique, compatissant, qui défend sa femme envers et contre tout en public, mais n’hésite pas à lui dire ce qu’il pense en privé.

    Du côté de l’enquête, on ne s’ennuie pas. Les rebondissements s’enchaînent. Le récit est entrecoupé des pensées, du point de vue d’un pédophile.

    Si j’avais compris une partie de l’histoire, je n’avais en revanche aucune idée de la fin qui nous attendait.
    J’ai vraiment adoré cette fin, dans tous ses aspects.

    On peut dire que Paula Daly a bien menée sa barque, elle délivre les indices au compte-goutte et l’affaire touche de nombreux sujets autres que la pédophilie.

    Bref, une super lecture, très prenante jusqu’à la dernière ligne.

     

    Un extrait : Je me réveille plus crevée que la veille au soir. J’ai dormi cinq heures trente et, après avoir appuyé pour la troisième fois sur le bouton répétition de mon alarme, je parviens à ouvrir un œil.

    Je serais bien incapable d’expliquer cette fatigue. Vous savez, ce genre d’épuisement qui vous fait penser : mais qu’est-ce qui m’arrive en ce moment ? Je dois avoir une carence quelconque. Ou pire, j’ai peut-être chopé un truc carrément grave, vu qu’une fatigue pareille, ça n’existe pas. Enfin, je crois.

    Pourtant j’ai fait des analyses. Les résultats étaient parfaitement normaux. Mon généraliste – un vieux roublard qui doit voir défiler une ribambelle de femmes éternellement claquées –

    m’a balancé la nouvelle avec un sourire goguenard. « Désolé, Lisa, mais le truc dont tu souffres… ça s’appelle la vie. »

    J’ai parfois l’impression de participer à une vaste étude sociologique. Je me dis qu’un savant fou a décidé de prendre pour sujet d’expérience la totalité de la gent féminine peuplant le monde occidental : d’abord on les éduque, puis on leur donne un boulot intéressant et enfin, on regarde ce qui arrive quand elles se reproduisent. Parce que c’est à ce moment-là que tout explose !

    Vous pensez que j’en fais trop ?

    Vous avez raison, je le pense aussi.

    C’est d’ailleurs le gros problème. Je ne peux même pas me plaindre sans me sentir coupable. Pourquoi ? Parce que je suis une femme comblée qui a tout pour être heureuse – tout ce que l’on peut raisonnablement souhaiter. Et de surcroît, j’aime ma vie.

    Comment en suis-je arrivée là ? me dis-je en étudiant mon reflet dans le miroir de la salle de bains tout en me brossant les dents. J’ai toujours été gentille et aimable, j’ai toujours consacré du temps aux autres et voilà que maintenant, je suis sans arrêt sur les nerfs. Je me fatigue moi-même et je déteste cela.

    Je suis une femme débordée. Je ne trouve vraiment pas d’autre terme pour me qualifier et c’est ce que je ferai graver sur ma tombe.

    Lisa Kallisto : elle était vraiment trop débordée.

     

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  • [Livre] La mort s’invite à Pemberley

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    Résumé : Rien ne semble devoir troubler l'existence ordonnée et protégée de Pemberley, le domaine ancestral de la famille Darcy, dans le Derbyshire, ni perturber le bonheur conjugal de la maîtresse des lieux, Elizabeth Darcy. Elle est la mère de deux charmants bambins ; sa sœur préférée, Jane, et son mari, Bingley, habitent à moins de trente kilomètres de là ; et son père adulé, Mr Bennet, vient régulièrement en visite, attiré par l'imposante bibliothèque du château.

    Mais cette félicité se trouve soudain menacée lorsque, à la veille du bal d'automne, un drame contraint les Darcy à recevoir sous leur toit la jeune sœur d'Elizabeth et son mari, que leurs frasques passées ont rendu indésirables à Pemberley. Avec eux s'invitent la mort, la suspicion et la résurgence de rancunes anciennes.


    Auteur : P.D. James

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 30 mai 2012

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup entendu parler de P.D. James mais je n’avais encore jamais eu l’occasion de la lire.
    Orgueil et préjugés est mon second livre préféré de l’œuvre de Jane Austen et j’aime toujours découvrir les suites imaginées par différents auteurs.
    Dans « La mort s’invite à Pemberley », l’histoire prend place plusieurs années après les mariages d’Elizabeth et de Jane. Les voilà bien établies et pourvues chacune de plusieurs enfants.
    La veille d’un bal donné chaque année en l’honneur de la défunte mère de Darcy, Lady Anne, la jeune sœur d’Elizabeth, Lydia, débarque, hystérique, hurlant que son mari a été tué dans les bois.
    Darcy et les quelques invités déjà présents, partent à la recherche de Wickham et le découvrent, ivre et couvert de sang, agenouillé près du cadavre de son ami, le capitaine Martin Denny.
    On ne peut pas dire qu’il y ait une enquête. La réputation de Wickham le précède et le magistrat appelé par Darcy a son opinion toute faite sur sa culpabilité.
    Malgré l’antipathie que Darcy ressent pour le jeune homme, il ne le croit pas capable de meurtre.

    L’histoire tient donc essentiellement dans le procès de Wickham.

    Celui-ci est long, pénible, autant pour l’accusé que pour son entourage et l’on peut voir Darcy et Elizabeth complétement épuisés par cette histoire.
    Lydia est égale à elle-même : égoïste, geignarde, sans une once de cervelle. Son attitude vis-à-vis d’Elizabeth est vraiment inqualifiable, au point que même Jane, qui trouve pourtant des excuses à tout le monde, fini par en avoir assez.

    Même s’il n’y a pas vraiment d’enquête, et dans la mesure où je n’ai cru une seconde à la culpabilité de Wickham, j’ai apprécié qu’on sache ce qu’il s’est passé, même si on ne le sait qu’à la fin du livre (comme dans un thriller, en fait).

    On a aussi le plaisir de voir une Georgiana toujours réservée mais moins timide. Elle a muri et s’est ouverte au monde au contact d’Elizabeth. J’ai regretté un peu qu’on ne la voit pas davantage, mais, en tant que jeune fille non mariée, sa place n’était pas, à cette époque, au cœur de la tourmente. Pour autant, j’ai savouré chacune de ses apparitions.
    J’ai aussi beaucoup que l’auteur cite, au fil de son récit, d’autres personnages issus de l’œuvre de Jane Austen, comme Sir Walter Elliott (du roman Persuasion) cité comme un ancien et éphémère employeur de Wickham, ou Robert et Harriet Martin, qu’on rencontre dans le roman Emma et qui sont cités dans la résolution de l’énigme.

    J’ai beaucoup aimé ces petits clins d’œil qui auront sûrement fait sourire les fans de Jane Austen.
    J’ai trouvé qu’on avait là une suite sympa d’Orgueil et préjugés, crédible, qui respecte bien le caractère des personnages ou qui explique le pourquoi de leur évolution.
    Un registre différent, certes, mais une super lecture.

     

    Un extrait : Elizabeth était trop réaliste pour ignorer que nul n’avait oublié ces antécédents et qu’aucune famille ne pouvait s’installer dans la région sans être dûment informée de la stupeur provoquée par le choix de Mr Darcy. Il était connu comme un homme fier, qui accordait une valeur suprême à la tradition et au prestige familial. Son propre père avait encore rehaussé la position de sa lignée en épousant la fille d’un comte. Il avait semblé qu’aucune femme ne posséderait les qualités requises pour devenir Mrs Fitzwilliam Darcy, et voilà qu’il avait jeté son dévolu sur la cadette d’un gentleman dont la propriété, grevée d’une clause de succession qui empêchait ses propres enfants d’en jouir à sa mort, était à peine plus vaste que le parc d’agrément de Pemberley. À en croire la rumeur, la fortune personnelle de cette jeune personne ne dépassait pas cinq cents livres ; et elle était affligée de deux sœurs célibataires et d’une mère d’une vulgarité telle qu’elle ne pouvait être reçue dans la bonne société. Qui pis est, une de ses jeunes sœurs avait épousé George Wickham, le fils déshonoré du régisseur du vieux Mr Darcy, dans des circonstances que la pudeur commandait d’évoquer à voix basse. Mr Darcy et sa famille se trouvaient ainsi encombrés d’un homme pour lequel il éprouvait un tel mépris que personne à Pemberley ne prononçait jamais le nom de Wickham et que le couple ne franchissait jamais la porte du château. Force était de reconnaître qu’Elizabeth était parfaitement respectable et les esprits les plus critiques eux-mêmes avaient fini par admettre qu’elle était plutôt jolie et qu’elle avait de beaux yeux, mais cette union continuait à susciter l’étonnement, voire l’indignation, de plusieurs jeunes demoiselles qui, sur le conseil de leurs mères, avaient refusé plusieurs partis avantageux pour ne pas risquer de laisser échapper le gros lot, et approchaient désormais de l’âge fatidique de trente ans sans la moindre perspective en vue.

     

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  • [Livre] N'oublie pas que je t'attends

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    Résumé
     : " Maman, je reviens bientôt"

    Quand ce message est découvert sur le pare-brise d'une voiture garée devant chez elle, Tess Campwell reprend espoir. Car l'enfant qui a écrit ces mots ne peut être que sa petite Emily, kidnappée trois semaines plus tôt, et qui, elle en a la certitude, est toujours vivante.
    Mais à Eden, petite ville tranquille du Mississippi, Tess n'est pas seule à vivre dans l'angoisse de ne plus jamais revoir son enfant. Tout près d'elle, une autre mère, Naomi, endure ce clavaire depuis dix ans déjà. depuis que sa fille Sadie a été enlevée dix ans plus tôt, dans la même école qu'Emily, et dans des circonstances étrangement similaires. Y a-t-il un lien entre ces deux enlèvements? Et si oui, quels sont les mobiles des ravisseurs, qui n'ont fait aucune demande de rançon?

    Devant l'inertie de la police, Tess et Naomi décident d'unir leurs forces et de continuer à se battre. C'est alors qu'un nouveau drame se produit, qui vient relancer l'enquête : dans la petite école d'Emilie et de Sadie, une troisième fillette, Sara Beth, manque à l'appel ...


    Auteur : Amanda Stevens

     

    Edition : Harlequin

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 01 octobre 2017

     

    Prix moyen : 7,50

     

    Mon avis : Je ressors assez mitigée de ma lecture. Le côté thriller était plutôt bien ficelé, mais une trop grande place était laissée à la romance.

    J’aime bien qu’une petite romance se glisse dans un thriller, mais en revanche je n’apprécie guère de la voir prendre autant d’importance.

    Trois enlèvements d’enfants ont lieu dans la petite ville d’Eden. Tout a commencé avec la disparition de la petite Sadie Cross, 5 ans. 10 ans plus tard, jour pour jour, la petite Emily, 5 ans, disparait au même endroit. Deux jours plus tard, c’est au tour de Sara Beth de s’évaporer dans la nature.

    L’enquête, et par la même occasion le roman, est divisée en 3 parties.

    La première se consacre à Sara Beth dont l’enlèvement ne semble pas s’inscrire dans le même schéma que les deux autres.
    Cette partie est assez indépendante des deux autres. Elle est bien menée mais la résolution était assez évidente.

    La seconde partie se concentre sur Emily. Là, j’ai autant de mauvais points que de bons.
    Dans les mauvais, je noterai avant tout le changement de personnalité d’Abby, la flic qui a résolu l’affaire Sara Beth et qui est accessoirement la tante de la petite disparue Sadie. En plus de devenir très étroite d’esprit, elle est reléguée au rang d’accessoire, puisque c’est la mère d’emily, qui n’est pas dans la police, qui va mener l’essentiel de l’enquête.
    L’histoire autour de la disparition d’Emily est plus complexe, la solution était moins facile à trouver et les fausses pistes mieux ficelées.
    De plus, cette affaire étant liée d’une manière ou d’une autre au tout premier enlèvement, des indices sont révélés qui vont introduire la 3ème enquête.

    Cette troisième enquête était située un peu entre les deux autres au niveau de la qualité.
    D’un côté, la partie thriller est vraiment bien menée. Il fallait vraiment penser à ça et clairement, je n’y avais pas pensé !
    En revanche, j’ai trouvé que le côté romance était trop présent et pas assez crédible.

    Bref, comme je le disais, lecture mitigée. J’aurais préféré que le livre ne soit qu’un thriller. D’autant plus que l’idée était vraiment bien pensée.
    Ce n’était pas une mauvaise lecture, mais elle aurait pu être meilleure.

     

    Un extrait : Il y a dix ans, disparut le premier enfant d’Eden.

    L’enlèvement eut lieu par un lourd après-midi d’août. Les classes maternelles de Fairhaven Academy, une école privée des quartiers nord de la ville, venaient de fermer leurs portes. En attendant l’arrivée de leurs parents, et malgré la chaleur, les enfants s’étaient engagés dans une bruyante partie de cache-cache dans la cour de récréation.

    Au début, personne n’avait remarqué l’absence de Sadie Cross. Des petits écoliers à l’institutrice chargée de les surveiller, chacun avait simplement imaginé qu’elle s’était dissimulée dans l’une de ses cachettes favorites jusqu’à ce que l’un ou l’autre de ses camarades la trouvât, ou que sa mère vînt la chercher.

    Lorsque cette dernière se présenta, l’alarme n’avait pas encore été donnée. Ne s’agissait-il pas d’Eden, après tout ? Une petite ville tranquille et rassurante, où presque tout le monde se connaissait ? Ici, les enfants ne disparaissaient pas d’une école en plein jour. Sadie devait être tapie quelque part, frémissante d’excitation, à moins qu’elle ne se fût trop éloignée pour entendre les appels. Elle finirait bien par se montrer, avaient assuré à Naomi Cross les autres mamans. Ce n’était qu’une question de temps.

    Pourtant, Sadie n’avait pas réapparu. Ni ce jour-là, ni ceux qui suivirent. Et en dix ans, aucune trace d’elle ne fut jamais retrouvée. Elle semblait s’être évanouie dans l’atmosphère évanescente de cette chaude journée d’été.

    Et aujourd’hui une autre enfant venait de disparaître à Eden.

     

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  • [Livre] Mon amie Adèle

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    Résumé : LOUISE

    Mère célibataire, elle est coincée dans un quotidien minuté. Un soir pourtant elle embrasse un homme dans un bar… sans savoir qu’il est son nouveau patron.

    DAVID

    Psychiatre renommé et dévoué à sa femme, il regrette ce baiser mais ne peut s’empêcher de tomber amoureux de son assistante.

    ADÈLE

    L’épouse de David semble n’avoir aucun défaut. Si ce n’est de vouloir à tout prix devenir l’amie de Louise... Fascinée par ce couple modèle, Louise se retrouve malgré elle piégée au coeur de leur mariage. Et peu à peu, elle commence à entrevoir des failles.

    David est-il l’homme qu’il prétend être ?

    Adèle, aussi vulnérable qu’elle y paraît ?

    Et par quel secret inavouable sont-ils liés l’un à l’autre ?


    Auteur : Sarah Pinborough

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 06 Mars 2019

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Dès le départ, on peut voir qu’on alterne entre les points de vue d’Adèle et de Louise. Les parties « Adèle » sont elles-mêmes séparées entre le présent et le passé (auteur de ses 18 ans, avant son mariage).

    Dès le départ également, on sent que quelque chose ne va pas chez David et Adèle.

    David est très clairement alcoolique, il a des sautes d’humeur et exerce un contrôle quasi-total sur son épouse : appel à heure fixe, médicaments qu’il prescrit lui-même, il ne lui laisse ni carte de crédit ni téléphone portable, a le contrôle total de la fortune de sa femme… Bref, il a le profil type du pervers narcissique.

    Adèle, de son côté, est étrange. Sa rencontre avec Louise est suspecte. Ca pourrait juste être une épouse malheureuse prise au piège dans un mariage intolérable mais son attitude met extrêmement mal à l’aise.

    Chacun des deux agit comme si c’était l’autre qui était instable, dangereux.
    Et Louise est prise entre le marteau et l’enclume.

    Qui croire ? A qui faire confiance ? Louise est asse vulnérable. Le père de son fils, son ex-mari, l’a trompée et elle ne fait plus confiance ni aux hommes, ni à elle-même.

    Elle aussi boit trop. Je ne sait pas trop si c’est pour tromper la solitude, ou dans l’espoir de mettre un terme à ses terreurs nocturnes.

    Ces terreurs nocturnes vont avoir une importance capitale dans l’histoire, d’une manière assez intrigante et qui franchi la frontière du surnaturel.
    Toutefois, je rassure ceux qui n’aiment pas l’introduction du surnaturel dans un thriller : ici ça passe sans problème.
    Je fais partie de ces personnes qui n’aiment pas ce mélange des genres, du moins quand on n’est pas prévenu à l’avance, et ça n’a absolument pas gêné ma lecture tant c’est bien intégré dans l’histoire.

    On peut se dire que ’histoire ne semble pas des plus originales et on voit venir le déroulement sans trop de difficulté, une fois qu’on a débroussaillé tout ça.
    Que tu crois !! Si j’ose dire…

    Alors que tout se déroulait comme je l’avais plus ou moins prévu, le tout prend un tour que je n’avais pas vraiment vu venir, même si, avec le recul, j’aurais du me méfier.

    Et c’est là que Sarah Pinsborough nous assène le second effet Kiss Kool !

    Cette fin ! Sérieusement je n’aurais jamais imaginé ça ! Il a presque fallu que je relise le dernier chapitre une seconde fois tellement cette fin m’a scotchée. Vraiment  s’il y a bien une chose que je n’attendais pas, c’était ça !

    Je comprends mieux pourquoi, sur la toile, fleuri le hashtag #findedingue.
    Franchement c’est mérité !

    Mais je vous préviens : la fin est perturbante. Parfaite, géniale, mais perturbante !

    Vous êtes avertis !

     

    Un extrait : J’ai encore de la terre sous les ongles quand David rentre enfin. Je la sens qui pique ma peau écorchée. Mon ventre se noue, mes nerfs se tendent alors que la porte se ferme. Pendant un moment, nous nous contentons de nous dévisager, chacun à un bout du long couloir de notre nouvelle et belle maison, séparés par une longue étendue de bois parfaitement verni, puis, titubant légèrement, il se dirige vers le salon. Je respire un grand coup et je le rejoins, tressaillant à chacun des chocs durs de mes talons sur le plancher. Je ne dois pas avoir peur. Il faut arranger ça. Que nous l’arrangions.

    — J’ai préparé le dîner, dis-je sans montrer mon angoisse. Un Stroganoff, c’est tout. Il tiendra jusqu’à demain si tu as déjà mangé.

    Il ne me regarde pas, scrutant nos étagères que les déménageurs ont remplies de livres sortis des cartons. Je m’efforce de ne pas penser à la durée de son absence. J’ai nettoyé le verre brisé, balayé et frotté le sol, avant de m’occuper du jardin. Toutes les traces de rage ont été effacées. Je me suis rincé la bouche après chaque verre de vin que j’ai bu quand il n’était pas là, il ne sentira rien. Il n’aime pas que je boive. Juste un verre ou deux quand nous sommes en société. C’est tout. Mais ce soir, je n’ai pas pu me retenir.

    J’ai pris une douche, sans réussir à enlever complètement la terre sous mes ongles, et j’ai enfilé une robe bleu pastel avec des chaussures à talons assorties. J’ai soigné mon maquillage. Plus de larmes, plus le moindre signe de dispute. Je veux que nous nous débarrassions de ça. C’est notre nouveau départ. Un autre commencement. Il le faut.

     

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