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Young adults

  • [Livre] Nous les filles de nulle part

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    Résumé : Grace vient d'entrer au lycée de Prescott après avoir déménagé. Dans la chambre de sa nouvelle maison, elle découvre des mots griffés sur le mur : Aidez-moi. Tuez-moi, je suis déjà morte.
    Ces mots, c'est Lucy, qui les a tracés. Lucy, qui a accusé trois garçons de Prescott de l'avoir violée. Lucy, qui a été traitée de menteuse par le reste du lycée. Lucy, que la police n'a pas écoutée. Lucy, qui a fui la ville avec ses parents.
    Très vite, Grace comprend que cette violence s'exerce à tous les niveaux dans la ville de Prescott : quand les joueurs de l'équipe de foot notent le physique des filles qui passent devant eux ; quand son amie Rosina doit éviter les avances des clients du restaurant où elle travaille ; et surtout sur le blog du moment, « Les vrais mecs de Prescott » dont la ligne éditoriale consiste principalement à considérer les femmes comme des objets.
    Grace, Erin et Rosina sont décidées à agir, mais elles ne peuvent le faire seules.


    Auteur : Amy Reed

     

    Edition : Albin Michel

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 28 Février 2018

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Une adolescente dont la famille a dû quitter leur petite ville à cause de l’intégrisme religieux de la congrégation principale, Grace, arrive dans la ville de Prescott. Dans sa nouvelle chambre, elle trouve des phrases gravées sur le mur qui lui semble être autant d’appel à l’aide. Elle se renseigne auprès de ses nouvelles camarades et apprend qu’une jeune fille nommée Lucy a dû quitter la ville avec ses parents après avoir accusé trois garçons populaires de viol et n’avoir pas été cru.
    L’affaire semble avoir été oubliée par tous, d’autant plus que l’attitude agressive des garçons envers les filles parait être la norme dans cette ville. Rosina, une amie de Grace, en veut pour preuve un blog internet : Les vrais mecs de Prescott, qui est une litanie d’attaques contre la population féminine. Le blogueur, qui porte le pseudo révélateur de MâleAlpha451 (Enfin, selon leur définition d’Alpha) y détaille ses « conquêtes » ou plutôt ses agressions, ses opinions bien tranchées sur les filles et femmes et enfin ses conseils pour que les jeunes hommes moins bien informés que lui puisse devenir les saloparts parfaits.
    Grace décide de se battre contre cette situation. On se doute bien que son combat va faire des émules et que les filles vont, avec plus ou moins de difficultés pour s’entendre, s’allier contre les garçons.
    Et même si ce combat semé d’embûches est édifiant et devrait être mené par toutes celles qui sont victimes ou témoins de ce genre de situations, ce n’est pas ce qui m’a le plus marquée dans ce livre.
    En premier lieu, j’ai été choquée par la violence des rapports existant entre Rosina et sa mère. Comment devenir une femme épanouie quand on vous serine à longueur de journée que si vous n’êtes pas la boniche de la famille, vous êtes une sous-merde ?
    Et puis surtout, j’ai eu de la peine pour les garçons. Oui, ne me lapidez pas ! Je m’explique. Bien sûr, ils semblent avoir la vie parfaite, dénuée de toute conséquence et dédiée uniquement à leur plaisir. Mais ça, c’est à Prescott. Une petite ville qu’ils voudront peut-être quitter un jour pour aller dans des villes comme New York, Boston, Philadelphie… Bref des villes où le chef de la police n’a pas tous les pouvoirs.
    Ce que je veux dire, c’est que ces garçons ont toujours vécu ici, dans cette ville qui vit quasiment en autarcie. Il a une scène, dans le restaurant où travaille Rosina, qui est assez édifiante à ce sujet. Quand toutes les figures d’autorité : parents, pasteur, chef de la police, proviseur (qui est une femme, c’est à noter), coach, journalistes, et j’en passe, vous disent, depuis que vous êtes en culottes courtes, que vous avez tous les droits, que l’autre sexe est à votre service, comment voulez-vous développer un respect pour autrui ?
    Je ne dis pas que ces garçons ne méritent pas la sanction qui leur pend au nez, je dis juste qu’ils ne devraient pas être les seuls sur le banc des accusés. Parce qu’on les a conditionné à devenir des violeurs en puissance.
    Bon après, rien qu’à cause de l’existence du blog, je me suis demandé pourquoi personne n’avait contacté le FBI, puisque les attaques sur internet relèvent de leur compétence, ou pourquoi personne, devant l’attitude du chef de la police de Prescott n’est pas allé voir le sheriff du comté ou la police d’Etat.
    Bon, évidement, pendant tout le livre, j’ai enragé contre les garçons, j’aurais aimé qu’ils se prennent une bonne rouste maison pour leur remettre les idées en place ; mais je crois que j’ai encore davantage enragé contre ces adultes, pas seulement inutiles, pas seulement complaisants, mais carrément complices.
    Amy Reed n’a pas commis l’erreur de faire du combat de ces filles un truc facile, au contraire. Elles en bavent mais elles ne lâchent rien

     

    Un extrait : Le camion de déménagement ouvre sa porte coulissante pour la première fois depuis le départ d’Adeline (Kentucky), relâchant l’air ranci du petit bled sudiste où vivait Grace Salter, quand sa mère était encore une dévouée animatrice d’église baptiste. Pas officiellement « pasteure », car, dans la Convention des baptistes du Sud, une femme ne pouvait prétendre ni au titre ni à la rémunération nettement supérieure, malgré un doctorat en théologie et une décennie passée au service de la paroisse. Tout a changé dans la vie de Grace le jour où sa mère s’est cogné la tête en tombant de cheval : la commotion cérébrale a déclenché une expérience spirituelle libératrice qui l’a aidée à entendre la vraie voix du Seigneur (selon sa mère), a fichu leur vie en l’air et les a fait expulser d’Adeline (selon la fille).
    Canapés, lits et commodes sont à leur place approximative dans la nouvelle maison. La mère de Grace commence à déballer ce qui ira dans la cuisine. Son père cherche un livreur de pizza sur son téléphone. Grace monte un escalier raide et grinçant pour rejoindre la chambre qu’elle n’a jamais visitée avant aujourd’hui, la chambre que ses parents n’ont vue que sur les photos envoyées par l’agent immobilier, la chambre qui lui est destinée, elle le comprend à la peinture jaune des murs et aux décalcomanies de fleurs violettes.
    Elle s’assoit sur son vieux matelas une place, avec une seule envie : se rouler en boule et dormir, mais elle ne sait pas où sont ses draps. Après cinq journées de route non-stop, de fast-foods et de chambres de motel partagées avec ses parents, elle voudrait fermer sa porte et ne pas ressortir avant longtemps.
    S’asseoir sur des cartons de vaisselle pour manger de la pizza sur une serviette en papier, très peu pour elle.
    Couchée sur son lit, elle regarde le plafond nu. Elle étudie une tache faite par une fuite d’eau dans un angle. On est début septembre, donc officiellement c’est encore l’été, mais l’Oregon est connu pour être humide en toute saison, une particularité que Grace a découverte au cours de ses décevantes recherches sur Internet. Elle se demande si elle devrait essayer de dégoter un seau à poser par terre en cas de fuite. « Toujours prêt », n’est-ce pas la devise des boy scouts ?
    Elle n’en sait rien : elle était chez les guides. Dans sa troupe, on apprenait plutôt à tricoter ou à faire de la pâte d’amande.
    Grace tourne la tête pour regarder par la fenêtre, mais son regard accroche la texture du mur, sous le rebord blanc. Quelques mots gravés, comme ceux d’un prisonnier dans une cellule, qui traversent les couches de jaune écaillé, puis de bleu, puis de blanc : des mots tout frais, tranchant à travers des décennies de peinture.

    Qu’on me tue tout de suite,

    Je suis déjà morte.

    Son souffle se bloque dans sa gorge tandis qu’elle fixe l’inscription, qu’elle lit la douleur d’une inconnue qui a dû vivre, respirer et dormir dans cette chambre.
    Son lit était-il exactement au même endroit que celui-ci ? Son corps occupait-il cette position dans l’espace, là où se trouve maintenant celui de Grace ?
    Comme ils sont intimes, ces mots minuscules. Comme il doit falloir se sentir seule pour envoyer cet appel à quelqu’un qu’on ne voit même pas.

     

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  • [Livre] Sang maudit

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    Résumé : Dans une France où la Révolution n’a jamais eu lieu, une épidémie mystérieuse décime la population… Angie, dix-sept ans, vient d’avoir son bac. Elle s’apprête à fêter sa réussite avec ses amis Clémence et Matt quand sa mère lui rend une visite surprise après plusieurs années d’absence : la duchesse de Noailles a décidé qu’il était temps pour sa fille, Angélique, de faire son entrée à la cour du roi Louis XXIV au château de Versailles. Angie, qui a grandi dans le quartier populaire de Belleville, au cœur de Paris, décide d'obéir, par curiosité plus que par devoir. Malgré son mépris pour la noblesse décadente française, la jeune femme va découvrir avec fascination les sombres intrigues des salons royaux...


    Auteur : Ange

     

    Edition : Castelmore

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 16 Août 2017

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Quand j’ai lu le résumé de ce roman, j’ai été très intriguée à l’idée de lire une uchronie et encore plus intriguée par cette histoire d’épidémie. Je ne m’attendais pas à tomber sur une histoire de vampires.
    Bon, très honnêtement, même si j’aurais préféré lire une uchronie réaliste, l’introduction des vampires n’est pas inintéressante. Leur présence est assez discrète et apporte juste ce qu’il faut de danger. Cela dit, on aurait pu s’en passer, le sujet étant bien assez vaste sans qu’il y ait besoin d’ajout d’éléments fantastiques.
    J’ai trouvé qu’ensuite les auteurs perdaient un peu le contrôle de leur univers et que celui-ci partait dans tous les sens sans vraiment suivre une ligne directrice.
    Finalement, au début du livre, on nous survend les vampires mais je les aurais préféré plus présents (tant qu’à faire, puisqu’ils sont là, qu’ils aient une réelle utilité). J’ai regretté en revanche que le coté fantastique s’étende comme il le fait et dans la direction qu’il prend : c’était trop : trop compliqué, trop rapide, trop peu développé.
    J’ai été aussi très déçue par la fameuse épidémie, annoncé dans le résumé comme un élément central du livre et qui n’est traité que de manière très secondaire. Elle a pourtant une sacrée importance dans l’histoire, mais elle a été très mal exploitée.
    Les auteurs ont voulu en mettre trop, sans prendre le temps de mettre en place leur histoire.
    La postface est complètement inutile et gâche la fin du livre. Il aurait mieux valu que les évènements relatés soient découvert au court du livre, en plusieurs parties, au travers de rêves ou de souvenirs de Philippe. Alors que là, elle arrive vraiment comme un cheveu sur la soupe et j’ai dû me forcer à aller jusqu’au bout.
    J’ai été aussi assez déçue par la fin qui est, encore une fois, bien trop rapide et peu crédible au regard de ce qui s’est passé avant. Elle n’est pas assez développée, elle est en queue de poisson et, comme il n’y a aucune mention annonçant un tome 2, elle nous laisse dans l’incertitude. On est donc supposé rester en apnée jusqu’à plus amples informations et ça, pour moi, c’est totalement rédhibitoire. Avec tous les livres qui sortent chaque mois, si j’avais su que le résumé était aussi trompeur et qu’aucun tome 2 n’était encore annoncé (s’il y en a un annoncé un jour), je n’aurais certainement pas acheté et lu ce livre.
    L’histoire me donnait envie de mettre 3 étoiles, car dans l’ensemble, elle est bien écrite et intéressante, mais cette fin et ce comportement envers les lecteurs me fait baisser ma note à 2.
    Je ne recommande pas cette lecture, du moins pas tant qu’un tome 2 n’est pas sorti.

     

    Un extrait : Les dames de la cour royale de Versailles descendirent du métro, soulevant leurs immenses jupes brodées d’or. Puis elles se dirigèrent vers leur correspondance, slalomant entre les hommes d’affaires accrochés à leurs téléphones portables et les femmes en imper sortant de leurs trains de banlieue. Malgré les efforts de leurs pages, les crinolines des élégantes effleurèrent deux SDF enveloppés dans leurs couvertures, qui se vengèrent en les insultant copieusement.

    Des touristes japonais photographièrent avec excitation les nobles passantes, tandis que leur guide leur murmurait les noms les plus connus :

    — La comtesse de Saint-Aignan… La marquise de Grammont – vous savez, la sœur de la fameuse duchesse de Montesquieu… Mme de Guise…

    Angie Moretti, dix-sept ans, venait elle aussi de descendre du métro. Amusée, elle observa les Japonais, puis suivit des yeux le groupe des belles dames laissant derrière elles un sillage parfumé, tandis que, derrière, leurs assistants pressés confirmaient, au téléphone, la présence de leurs maîtresses au Bal de Versailles.

    — On se demande vraiment pourquoi elles prennent le métro, grommela une femme derrière Angie, avec un léger accent du sud. Je veux dire, si j’avais une robe de ce prix – et l’argent qui va avec – je serais dans une limousine !

    Angie sourit. Pour les Parisiens, le spectacle était familier, mais les touristes étaient toujours surpris.

    — Le couronnement du roi est dans une semaine, expliqua-t-elle. Les bals, les fêtes et les représentations se succèdent. La route entre Paris et Versailles n’est qu’un immense embouteillage alors les dames prennent le métro. Et comme le Premier ministre vient d’inaugurer la Navette Royale Express…

    — Ah oui, la fameuse navette, entre le palais du Louvre et le château de Versailles, commenta la dame. Réservée aux nobles. Je me souviens du scandale…

    — Sans compter tous les étrangers qui viennent pour le couronnement.

    Au fond de la station, le groupe des élégantes disparaissait dans un couloir, sous le regard exaspéré des voyageurs obligés de se plaquer contre les parois pour céder le passage à leurs jupes démesurées.

    — Pff ! Elles sont trop vieilles. Jolie comme vous êtes, ce serait plutôt à vous de porter des robes et d’aller au bal, ironisa gentiment l’interlocutrice d’Angie, puis elle adressa un signe d’adieu à la jeune fille avant de s’éloigner.

    Angie resta immobile un instant, étonnée de ressentir, à cette réflexion, une confuse envie. Elle n’était pas portée sur le luxe, mais quelle jeune fille de dix-sept ans, tout juste sortie du lycée, n’aurait pas ressenti, devant les dames de la cour, une infime pointe de jalousie ? Retenant un soupir, Angie passa la main sur son jean… puis, haussant les épaules, elle reprit son chemin.

    Qu’importe le château de Versailles, la cour du roi, les navettes réservées aux nobles. La vie était belle. Angie avait eu son bac, ses deux meilleurs amis, Matt et Clémence, également. À la fac, les cours ne commençaient que le 28 octobre – Angie, qui aimait sortir et s’amuser, avait encore devant elle plus d’un mois de liberté bienvenue.

     

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  • [Livre] Before I fall

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    Résumé : Et s’il ne vous restait plus qu’un jour à vivre ? Que feriez-vous ? Qui aimeriez-vous embrasser ? Et surtout à quel sacrifice seriez-vous prête pour changer votre destin ?" Samantha Kingstone a tout pour elle : le petit copain le plus craquant du monde, trois meilleures amies géniales, et une cote de popularité illimitée. Ce vendredi de février aurait dû être un jour comme les autres. Un jour parfait dans une vie de rêve. Mais ce vendredi de février est le dernier pour Sam. Pourtant elle va obtenir une deuxième chance. Ou plutôt six chances. Six jours pour démêler le mystère entourant sa mort. Six occasions de découvrir la vraie valeur de tout ce qui l’entoure. Ce vendredi est le dernier jour de la vie de Sam. Ou le premier ?


    Auteur : Lauren Oliver       

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 29 Mars 2017

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Le roman est une version adolescente du film « un jour sans fin » avec Bill Murray. Dans le film, comme dans le roman, le personnage principal est insupportable et revit la même journée en boucle jusqu’à ce qu’il change d’attitude.
    Je ne me souviens plus de ce qui provoque la boucle temporelle dans le film, mais, dans le roman, il s’agit d’un accident de voiture dans lequel Sam, le personnage principal, va mourir.
    Sam et ses copines sont le type même des filles que je détestais au lycée (et que je ne supporte toujours pas d’ailleurs) : de sales pestes qui n’utilisent leur popularité pour torturer les autres, les humilier et ainsi se donner l’impression d’avoir une existence fabuleuse (Vous remarquerez qu’il est assez rare dans les films que les filles populaires soient amicales, ouvertes et traitent bien l’ensemble de leurs camarades…).

    J’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à Sam car, même quand elle comprend qu’elle doit s’améliorer, elle se cherche toujours des excuses pour justifier son comportement. A l’entendre la faute vient forcément des autres. Cette fille est un vrai mouton qui suit aveuglément l’alpha de sa meute : Lindsay.
    Au fil des jours que revit Sam, j’ai appris à connaitre Lindsay et j’ai fini par avoir de la compassion pour elle car toute son attitude semble être dictée par la peur du rejet. Ca ne l’excuse pas de tout, mais ça permet de comprendre pourquoi elle est devenue comme ça.
    En revanche, Sam n’a aucune excuse. D’ailleurs elle ne modifie son attitude, au début, que par intérêt.
    Sans que ce soit trop répétitif, car chaque infime détail changé par Sam modifie le déroulement de la journée de manière assez radicale, j’ai trouvé que les états d’âmes de Sam étaient parfois longs et mal placés.
    Au final, il y a une chose qui a « sauvé » ma lecture : le dernier jour (et la fin).
    D’une part, c’est le seul jour où Sam est sincère dans les changements qu’elle opère, ensuite, quand on lit le roman, on n’imagine absolument pas une fin de ce style et l’auteur nous prend complètement au dépourvu en « changeant les règles » dans un certain sens.

    Je ne peux pas expliquer mon point de vue sur la fin plus en détail sans spoiler donc je me contenterai de dire que j’ai adoré cette fin qui casse les codes de ce type d’histoire pour adolescents. A présent, je suis curieuse de voir le film !

     

    Un extrait : D’après certains, juste avant de mourir, on voit sa vie entière défiler devant ses yeux. Ça n’a pas été mon cas.

    Pour être honnête, la perspective de ce passage en revue final m’a toujours fait frémir. Comme dirait ma mère, certains souvenirs méritent de rester aux oubliettes. Personnellement, j’aimerais autant ne pas me rappeler la dernière année du primaire (époque bénie où je portais des lunettes et un appareil dentaire rose). Et qui aimerait revivre sa rentrée au collège ?

    Ajoutez à ça les vacances familiales rasoirs, les cours de maths sans intérêt, les règles douloureuses et les baisers ratés, qui donnent suffisamment de fil à retordre la première fois…

    En revanche, je l’avoue, ça ne me dérangerait pas de revivre mes plus beaux souvenirs. La fois où nous nous sommes embrassés, Rob Cokran et moi, au milieu de la piste de danse lors de la soirée du lycée, au vu et au su de tous. La fois où nous avons bu, Lindsay, Elody, Ally et moi, au point de vouloir faire des anges dans la neige au mois de mai et de saccager la pelouse des parents d’Ally. La fête de mes seize ans, pour laquelle nous avions allumé une centaine de petites bougies et dansé sur la table de jardin. Le Halloween où Lindsay et moi avons fait une blague à Clara Seuse qui nous a valu d’être poursuivies par les flics et nous a procuré une crise de rire si violente que nous avons failli en vomir. Voilà ce dont j’aimerais me souvenir, ce pour quoi j’aimerais qu’on se souvienne de moi.

    Sauf qu’avant de mourir, je n’ai pensé ni à Rob ni à aucun autre mec. Je n’ai pas non plus pensé à tous les scandales dont nous nous étions rendues coupables, mes amies et moi. Je n’ai pensé ni à ma famille, ni à la lumière matinale qui colore les murs de ma chambre d’une teinte jaune pâle, ni même à l’odeur des azalées devant ma fenêtre en juillet, mélange de miel et de cannelle.

    Non, au lieu de tout ça, j’ai pensé à Vicky Hallinan.

    Plus exactement à ce cours de gym, en CM1, où Lindsay avait lancé devant la classe entière qu’elle ne voulait pas de Vicky Hallinan dans son équipe de balle aux prisonniers. « Elle est trop grosse, avait-elle lâché, n’importe qui pourrait la toucher les yeux fermés. » Je n’étais pas encore amie avec Lindsay, mais déjà à l’époque elle avait de l’esprit, et je m’étais marrée avec tout le monde en voyant Vicky devenir aussi rouge qu’un coucher de soleil.

    Voilà ce qui m’est revenu juste avant de mourir, au moment où j’étais censée avoir une révélation sur mon passé : l’odeur du caoutchouc et les crissements de nos baskets sur le parquet verni, mon short en polyester trop serré, les éclats de rire résonnant dans l’immense gymnase comme s’il contenait bien plus de vingt-cinq personnes.

    Et l’expression de Vicky.

     

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  • [Livre] Glitter

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    Résumé : Au 22e siècle, le château de Versailles a été racheté par une multinationale et il est désormais habité par une Cour vivant dans la frivolité et le luxe ; comme au 18e siècle. À un détail près : des robots s’assurent que tout le monde obéit aux règles imposées par le « roi ». Malgré le confort et l'extravagance de la Cour, la jeune Danica rêve de fuir cette prison dorée et cette vie. D’autant qu’à ses 18 ans, dans 6 mois, elle devra se marier avec l’effrayant souverain de Versailles, qu’elle le veuille ou non. Sa porte de sortie ? Trouver assez d’argent pour franchir les grilles de Versailles et rejoindre le monde réel. Elle commence alors à vendre clandestinement du « Glitter », cette drogue tellement puissante qu’une simple pincée provoque une totale addiction. Mais à la Cour, les secrets sont, comme autrefois, impossibles à garder bien longtemps…


    Auteur : Aprilynne Pike

     

    Edition : Dreamland (DMLD)

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 18 avril 2018

     

    Prix moyen : 17,50€

     

    Mon avis : En ce moment, je ne sais pas ce qu’il se passe avec Versailles, mais je n’arrête pas de voir passer de livres qui mettent la Cour à l’honneur à l’époque moderne. J’ai craqué pour deux d’entre eux dont Glitter.
    J’ai beaucoup aimé cet univers qui mélange les codes de la Cour (un roi tout puissant, un protocole lourd, des tenues et des comportements issus du XVIIIème siècle, un mariage arrangé, imposé même) et des aspects plus modernes (un conseil d’administration qui montre que ce royaume est avant tout une entreprise, des robots, de la surveillance électronique omniprésente).
    J’ai beaucoup aimé Danica. Certes, son choix de vendre du Glitter est discutable mais, entre son père inutile, sa mère manipulatrice, la perversité du roi et la somme astronomique que demande le passeur pour l’aider à fuir Versailles, on peut comprendre qu’à 17 ans, elle se soit sentie désespérée. Pourtant, s’il n’y avait pas ce mariage, Danica aurait adoré sa vie et elle est pleine de doutes quant à sa capacité à vivre dans le monde « normal ». En fait, la seule question qui ait de l’importance pour Danica est « quel est le prix de la liberté » et je pense qu’elle n’avait pas vraiment mesuré les conséquences découlant de la réponse qu’elle donne à cette question.
    Réginald, lui est… le premier mot qui me vient est « hypocrite ». Quand je mets en balance ses paroles au début du livre et ce que l’on apprend sur lui par la suite, je me dis que ce gars n’a vraiment rien pour lui et contrairement à Danica, lui, il n’a aucune excuse.
    Le roi, Justin, est, à seulement 19 ans, un vrai sociopathe. Ajoutez à ça qu’il a été élevé en petit tyran habitué à obtenir tout ce qu’il veut en un claquement de doigt et à ne jamais avoir à assumer la conséquence de ses actes, et vous imaginez ce que donne ce mélange.
    A plusieurs reprises, des évènements m’ont surprise (même si à d’autre moment j’en ai vu arriver d’autres gros comme des camions) mais s’il y a bien une chose que je n’ai pas vu venir, c’est le retournement de situation qui termine le livre.
    Il n’y a plus qu’à espérer que la suite, qui est sortie en février aux USA, ne se fasse pas trop attendre dans les rayons des librairies francophones !

     

    Un extrait : - Le fait que vous soyez une Louie n’est pas ce qui m’inquiète. Je ne vous aime pas, vous et vos semblables ; je déteste quand mon contact m’envoie l’un de vous. Mais si vous étiez une autre Louie, je pourrais accepter cette mission, rien que pour me moquer de votre jeune monarque. Mais pas vous, mademoiselle Grayson. Pas vous.

    Je ne peux étouffe un cri de surprise en entendant mon nom ; je ne suis toujours pas habituée à ma propre célébrité. Il revient vers moi, et je regrette qu’il ne soit pas resté dans l’obscurité quand ses yeux se posent sur moi, teintés de haine, mais aussi de désir.

    - Vous pensiez que je ne saurais pas qui vous êtes ? Vous croyiez vraiment que tout citoyen raisonnablement informé de cette planète ne reconnaîtrait pas votre visage en une seconde ? Avec plus de caméras dans ce monde que de paires d’yeux humains, il est assez difficile de faire disparaître un quidam. Mais vous ? C’est beaucoup trop risqué.

    - Je trouverais l’argent. Je suis sûre que…

    - Impossible, coupe-t-il, semblant davantage se parler à lui-même qu’à moi. Même pour un million d’euros. Ou deux millions. La seule chirurgie esthétique coûterait…

    J’ai déjà entendu des hommes d’affaires parler ainsi. Il a beau m haïr, il aime davantage l’argent. L’argent, et le goût du défi. Je me prends à espérer.

    - Cinq millions. En euros, précise-t-il.

    Et mon espoir vole en éclats. En cinq millions d’éclats.

    - Pas ces crédits que vous utilisez comme s’ils valaient quelque chose, ironise-t-il en roulant des yeux. Système monétaire absurde.

    - Si je vous apporte cinq millions d’euros, vous accepterez la mission ?

    Je n’ai aucun moyen d’avoir cette somme, même si j’ai encore plusieurs mois pour la réunir. Mais il faut que je sache, malgré tout.
    Il m’étudie, et je dois mobiliser toutes mes forces pour soutenir son regard sans trembler.

    - Je peux réussir. Même avec vous. Si vous pensez vraiment que votre misérable existence vaut cinq millions d’euros, alors, oui, j’accepterai la mission.

    Il hausse les épaules.

    - Mais cette promesse ne m’engage à rien, puisque personne à Sonoma ne laisserait un citoyen – même votre noble personne – mettre la main sur autant d’argent réel.

    - Comment puis-je vous contacter ?

    Il s’esclaffe. Puis il pointe un doigt long et fin vers le plafond au-dessus de moi. Je lève les yeux, mais le bruit d’une ampoule qui éclate frappe mes tympans, et les tunnels se retrouvent plongés dans une obscurité totale. De fins morceaux de verre tombent en pluie sur moi, et je me jette à terre, les mains sur la tête.

    - Retournez à Versailles, Votre Majesté.

    La voix de l’homme résonne dans le noir, semblant venir de toutes les directions à la fois.

    - Vous ne trouverez aucune aide à Paris ce soir.

     

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  • [Livre] Fragiles

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    Résumé : Gabriel a toujours été le bad boy du lycée : celui qui frappe avant de parler, qui fait craquer toutes les filles mais ne s’attache jamais. Brittany incarne la peste par excellence, à la répartie vicieuse, et au joli minois qui ne laisse aucun garçon indifférent. Pourtant, derrière leurs apparences montées de toutes pièces, tous deux cachent de profondes blessures qui les éloignent des autres. Dans cette course pour cacher leurs cicatrices, Gabriel et Brittany se cherchent mutuellement… Se trouveront-ils ?


    Auteur : Sarah Morant

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 05 avril 2017

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Gabriel et Brittany sont l’image vivante de « il ne faut pas se fier aux apparences ». Lui semble être le mauvais garçon qui se fout de tout et surtout des filles qu’il met dans son lit pour les jeter aussi vite qu’il les a conquit, le garçon qui ne sait parler qu’avec ses poings. Elle, c’est la peste par excellence, populaire, jolie, crachant son venin sur chaque personne ayant le malheur de lui déplaire.
    Dès le premier chapitre, on peut voir des bribes du passé de Gabriel et on comprend très vite qu’il a eu une enfance désastreuse. L’ampleur de ce qu’il a vécut ne se dévoile qu’au fil du récit, de ses souvenirs, puis des confidences, plus ou moins forcées, qu’il peut faire.
    Quant à Brittany, on s’aperçoit très vite qu’elle a une obsession malsaine de la perfection et qu’elle a une vision déformée de l’image que lui renvoie son miroir. De plus, sa vie familiale part en lambeaux et elle le vit très mal.
    Mais l’un comme l’autre tienne à leur image plus que tout et s’efforce de ne rien laisser paraître devant leur entourage.
    Tous les deux ont un certains passif : Brittany a brisé la réputation de Gabriel en se moquant de lui devant une grande partie du lycée à l’heure du déjeuner et Gabriel est bien décidé à le lui faire payer.
    De piques en piques, d’attaques en réparties cinglantes, Gabriel et Brittany se prennent au jeu, heureux sans l’avouer d’avoir quelqu’un capable de leur tenir la dragée haute.
    Très vite, chacun se rend compte que l’autre est bien plus que ce qu’il montre aux yeux du monde et le jeu prend une autre tournure qui va les entraîner à se considérer autrement que comme des rivaux.
    Gabriel a un instinct très protecteur, que ce soit avec son frère adoptif, Jake, qui a quelques ennuis avec des petits caïds du lycée ou avec Vanessa, sa meilleure amie, qui cache et se cache à elle-même un lourd secret. Bon évidement, sa manière de protéger revient souvent à éclater la tête de tous ceux qui les regardent de travers, mais l’intention y est !
    A cause de son passé et de son comportement, Gabriel doit voir la psychologue du lycée et, très honnêtement, j’ai trouvé que cette femme devrait être virée avec interdiction d’approcher des enfants. Ses méthodes sont horribles et cruelles. J’ai eu envie de lui mettre des claques !
    Jake est sans doute l’élément le plus positif dans la vie de Gabriel. Certes Claire et Patrick, ses parents adoptifs sont là eux aussi, mais Gabriel a du mal à les laisser approcher. Jake fait un peu la liaison entre tout le monde et ce petit bonhomme de 13 ans ne se laisse pas marcher sur les pieds !
    Brittany cache beaucoup de blessures et son estime de soi est quasiment en miette. Je ne suis pas sûre que son amie Vanessa, qui est probablement aussi abîmée qu’elle, bien que pour d’autres raisons, soit d’une grande aide. J’aurais même tendance à dire qu’elle l’enfonce en la maintenant dans une tension constante de quête de la perfection.
    Les secrets de Gabriel et Brittany sont dévoilés un à un, progressivement. J’ai beaucoup aimé l’évolution des personnages.
    Pour le plus gros secret concernant Gabriel, j’avais un petit doute, mais à un moment, une description d’une scène de son enfance m’a fait comprendre ce qu’il s’était exactement passé.
    Les chapitres alternent entre Gabriel et Brittany, mais parfois, ils laissent la place à d’autres personnages comme Jake, Vanessa ou Patrick, qui permettent de faire avancer le lecteur dans l’histoire sur des sujets que les deux personnages principaux ignorent, cependant ces chapitres du point de vue des personnages secondaires restent peu nombreux.
    J’ai trouvé que ce livre décrivait à la perfection ce que des ados aux prises avec des situations difficiles pouvaient ressentir. Cela doit d’autant plus être souligné que l’auteur a l’âge de ses personnages (17 ans lors de la sortie de Timide, son premier roman, en 2016). Ce n’est pas évident d’avoir un tel recul et Sarah Morant y arrive à merveille. Une chose est sûre : je ne vais pas tarder à lire ses autres livres (déjà 3 à son actif !)

     

    Un extrait : Beaucoup de gens craignaient les rentrées scolaires. La seule pensée qui envahissait mon esprit à cet instant, c’était que ce serait la dernière. J’étais enfin en terminale et l’année prochaine je partirais loin de cette putain de ville, faire le tour des États-Unis sans plus me soucier des devoirs de physique et de math qui me pourrissaient la vie depuis six ans. Je serais totalement libre, sans plus aucune attache dans ce monde étouffant. Et, si la plupart des hommes craignaient de disparaître ainsi, j’aimais l’idée de sombrer totalement dans l’oubli.

    Mon reflet dans le miroir me renvoya l’image de ce garçon âgé de dix-huit ans aux cheveux bruns et aux yeux marron clair que je croisais tous les jours. Je ne savais pas pourquoi je plaisais tant aux filles, je devais probablement avoir une sorte d’aimant dans les abdominaux. Ou un don d’hypnose inconscient.

    Claire m’attendait au rez-de-chaussée, préparant le petit déjeuner. Son mari était assis près d’elle, les yeux rivés sur la rubrique sports du journal du matin.

    — Je t’ai fait des crêpes, mon chéri, glissa-t-elle doucement en me tendant la bouteille de sirop d’érable.

    — Merci, Claire.

    Je vis une ombre passer dans les yeux de la jeune femme et je sus que je l’avais probablement déçue, comme chaque fois. Mais j’étais incapable de l’appeler autrement.

    Claire et Patrick faisaient partie de ces personnes que vous ne pouviez détester, un petit couple parfait pas vraiment friqué mais qui trouvait encore le moyen d’aider les autres. J’avais longtemps essayé de les repousser. Je leur avais fait les pires conneries, j’avais ruiné plusieurs de leurs amitiés, j’avais même tenté de les séparer.

    Et ils étaient toujours restés. J’en étais moi-même étonné. Ils m’avaient gardé sous leur toit et avaient essayé de me donner une éducation correcte.

    Des pas lourds retentirent dans l’escalier et un blondinet descendit les marches en traînant les pieds.

    — Jake, tu veux des crêpes aussi ?

    — Ouais, m’man, répondit-il d’une voix lasse.

    Mec, si t’es déjà blasé à treize piges, je n’imagine même pas dans vingt ans.

    Claire me sortit de mes pensées en m’embrassant sur le front, et je soupirai avant de partir à l’école.

     

     

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  • [Livre] Treize raisons

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    Résumé : Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu'elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. Et Clay en fait partie. D'abord effrayé, Clay écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l'oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer...


    Auteur : Jay Asher

     

    Edition : Le Livre de Poche

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 30 mai 2012

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Je ne sais pas si c’est parce que je ne suis plus une ado, mais je n’ai pas ressentie d’empathie particulière pour Hannah. J’ai eu l’impression d’une jeune fille qui a monté en épingle des bêtises et qui n’a jamais rien fait pour que les choses réellement graves s’arrêtent. Par exemple, à aucun moment, elle n’envisage de parler à ses parents, à l’infirmière du lycée ou encore à un professeur de l’attitude de certains garçons après qu’elle a été noté sur « la liste ».
    J’ai eu plus de peine pour ses parents et pour Clay, à qui elle pourri la vie en toute connaissance de cause. Quand j’ai lu « la cassette » qui concernait le jeune homme, je me suis dit : « non mais pour de bon, elle a osé lui faire ça ? »
    Tout ce qu’Hannah a fait en prévision des jours/semaines suivant sa mort, elle aurait pu le faire de son vivant.
    Ce qui m’a dérangée, c’est que Hannah met au même niveau un poème publié contre son gré dans le journal du lycée et un viol. Comme si les deux faits étaient d’égales importances. Il y a aussi le fait qu’elle ramène tout à elle : ce viol a fait partie des faits l’ayant poussé au suicide dit-elle… sauf qu’elle n’est pas la victime. Elle est un témoin qui s’est tu, qui a laissé faire. Je ne vois pas en quoi elle est à plaindre quand on sait qu’elle a laissé faire sans réagir et qu’après les faits, elle a gardé le silence.
    Le sujet est grave, parfois tabou, et j’ai vraiment eu l’impression qu’il était traité un peu de manière légère. J’aurais apprécié que Clay, dans ses observations au fil de la lecture, nous dise quel impact la mort d’Hannah a eu sur la communauté.
    Sur la manière de traiter le sujet, j’ai trouvé que la série était plus explicite et plus profonde en mettant en avant ce que ressentent les parents d’Hannah, le procès qu’ils intentent au lycée, la réaction de Clay aux divers récits qui est moins passives… bref, je trouve que la série lève plus le tabou que le livre qui m’a laissée sur ma faim.
    En fait, je crois que c’est cette histoire même de cassettes qui m’a mise mal à l’aise. L’auteur présente le suicide d’Hannah comme une vengeance ; comme si faire souffrir et culpabiliser des petits cons valaient la vie humaine. Là on n’est pas dans le cas, malheureusement fréquent, d’ados harcelés qui un jour, craquent, et, ne voyant pas d’autre alternative, mettent fin à leurs jours. Ici on a une jeune fille qui a passé des heures à enregistrer ces cassettes, à organiser leur diffusion… Bref, j’ai trouvé qu’il y avait presque une banalisation du suicide en en faisant une arme. Et j’ai trouvé que ce n’était pas rendre justice à la souffrance que ressent un ado qui commet ce geste.
    Pour autant l’écriture n’est pas désagréable et je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ma lecture. J’ai aimé le style, la manière d’écrire, mais je suis plus réservée sur le contenu.

     

    Un extrait : Salut, tout le monde. Ici Hannah Baker. En live et en stéréo.

    Je n'en crois pas mes oreilles.

    Il n'y aura pas d'autres dates. Pas de rappels. Et cette fois, aucune intervention du public.

    Non, c'est impossible. Hannah Baker s'est suicidée.

    J'espère que vous êtes prêts, parce que je vais vous raconter l'histoire de ma vie. Ou plus exactement, la raison pour laquelle elle s'est arrêtée. Et si vous êtes en train d'écouter ces cassettes, c'est que vous êtes l'une de ces raisons.

    Hein ? Non !

    Je ne vous dirai pas laquelle de ces cassettes vous concerne personnellement. Mais n'ayez crainte : si vous avez reçu cette charmante petite boîte, votre nom surgira à un moment ou à un autre... c'est promis.

    Et la parole d'une morte, c'est sacré

    Tiens ! Ça me rappelle une blague. Quel est l'autre nom du croque-mort ? Réponse : Le mord-bide.

    C'est un genre de lettre d'adieu tordue, ou quoi 

    Allez. Riez.

    Bon, tant pis. Je trouvais ça drôle.

    Avant sa mort, Hannah a enregistré des cassettes audio. Pourquoi ?

    Les règles sont simples. Et au nombre de deux seulement. Petit un : écouter. Petit deux : faire passer les cassettes à la personne suivante. L'un comme l'autre, je l'espère, devraient vous être très pénibles.

    — Qu'est-ce que tu écoutes ?

    — Maman !

    Je me jette sur la platine, presse plusieurs boutons à la fois. 

    — Tu m'as fait peur. C'est rien. Juste un devoir pour le lycée. Ma réponse automatique, idéale en toutes circonstances.

     

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  • [Livre] Après nous - T01 - Le commencement

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    Résumé : Les cartes du destin de l'humanité sont entre ses mains. Est-elle porteuse de chaos ou de la promesse d'un monde meilleur ? 
    Jezebel Kern a tout pour elle : des parents aimants, soucieux de son avenir, un véritable talent de musicienne, une voix envoûtante. Rien ne semble pouvoir troubler son petit paradis. Mais lorsque Hannah et Johann Kern perdent la vie dans un accident de la route, Jezebel découvre qu'il n'y a aucun acte de naissance à son nom. Peu à peu s'impose une terrible vérité : elle a été kidnappée dans sa petite enfance. À qui ? Pourquoi ? Et surtout, d'où lui vient cette voix capable de charmer... comme de blesser mortellement ? Jezebel devra le découvrir au travers d'une quête qui fera vaciller ses croyances et la portera aux frontières de l'apocalypse.



    Auteur : Myra Eljundir

     

    Edition : Robert Laffont

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 23 Novembre 2017 

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Ce livre était une bonne lecture mais il m’a laissé une impression mitigée. Je pense qu’il me faudra lire le tome 2 avant de pouvoir dire si mon avis penche vers le positif ou le négatif.
    J’ai beaucoup aimé l’écriture de Myra Eljundir. Cela m’a donné envie de lire son autre série, dont j’ai entendu pas mal de bien : Kaleb.
    Il y a un assez bon rythme. Les descriptions sont courtes et précises et ne ralentissent pas la lecture.
    Une des révélation de Jarod m’a obligée à retourner lire le début du roman pour me rendre compte qu’effectivement, l’auteur n’avait pas donné d’indices sur ce dont il parle et que, comme les personnages, j’avais sauté à la conclusion la plus évidente sans aucune preuve. C’était vraiment bien tourné car il a vraiment fallu que j’y retourne pour me rendre compte que j’avais moi-même rempli les blancs sans que l’auteur ne me pousse dans un sens plutôt qu’un autre.
    Le roman est assez difficile à lâcher, j’avais sans cesse envie de lire la suite, chaque chapitre me donnant terriblement envie de connaître les suivants (ce qui rend compliqué le « encore un chapitre et je dors »).
    Pour autant, j’ai l’impression que, malgré toutes les informations qu’on nous donne, on ne sait presque rien sur l’univers mis en place par l’auteur. On a des bribes d’information sur tout un tas de choses mais j’ai eu du mal à me faire une idée d’ensemble.
    Les personnages de Jezebel et Rowan sont ceux qui m’ont le plus intéressée, sans doute aussi parce que ce sont les plus élaborées.
    J’ai eu l’impression que la fin était précipitée. Comme si l’auteur s’était soudain rendu compte qu’il ne lui restait que deux chapitres pour finir son roman et qu’elle avait absolument voulu finir dans les temps, quitte à prendre des raccourcis. Par exemple, il y a un chapitre sur Jarod, vers la fin, dans lequel il y a certain retournement de situation que je trouve un peu trop facile et qui, en plus, ne débouche sur absolument rien. J’espère vraiment qu’on aura quelque chose de plus développé à ce sujet dans le second tome, sinon on pourra se demander si l’auteur n’a pas fait là du remplissage.
    J’ai eu un peu de mal avec les changements de points de vue qui alterne entre les différents personnages à l’intérieur d’un même chapitre sans qu’il y ait vraiment de séparation ni physique, ni de style. C’était parfois un peu compliqué de suivre qui parlait.
    Si je devais résumer ce livre en un seul mot, ce serait « Brouillon ». Rien n’est clair, tout est hésitant, irrégulier, fouillis.
    La plume de l’auteur sauve ce premier tome, mais j’attends vraiment le second tome pour me prononcer sur la saga. Ce premier tome ne me permet pas vraiment de dire si l’histoire tient la route ou non.

     

    Un extrait : Quand elle reprit connaissance, elle était allongée sur le sol des toilettes, du papier humide sur le front.
    - Putain, Ro, tu m’as fais peur !

    - Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda-t-elle en ôtant sa compresse de fortune.

    Noé lui avait posé du PQ sur le crâne ! Pouvait-elle être encore moins séduisante qu’en ce moment même ?

    - Tu as fais un malaise.

    - Ah oui, ça me revient… Je touchais Jarod… et il y avait Jezebel, sa façon de me regarder… j’ai senti qu’elle m’en voulait de quelque chose… et la peau de Jarod m’a semblé soudain glacée… Où sont-ils passés ?
    - Ils sont allés boire un verre.

    A sa mine renfrognée, Rowan devina que Noé aurait préféré partir avec eux plutôt que de jouer les gardes-malades. Elle en ressentit une si grande tristesse que les larmes lui montèrent instantanément aux yeux.
    - Je suis désolée…
    - C’est rien. Il y aura d’autres occasions, je ne te laisse pas seule, tu le sais bien.
    - Vraiment ?

    Alors pourquoi avait-elle le sentiment qu’il n’hésiterait pas à rejoindre Jezebel à son premier claquement de doigts ? Qu’il était déjà complètement assujetti à elle, prêt à tout pour lui être agréable et obtenir ses faveurs ? La jeune fille se sentait lasse, convaincue d’avoir perdu une bataille qui n’avait pourtant pas commencé, certaine que l’entrée de Jezebel dans sa vie sonnait le glas de son bonheur.
    - N’importe quoi !
    Devant l’air interrogateur de son amie, Noé sourit et répéta :
    - N’importe quoi je te dis ! Je ne sais pas à quoi tu penses, mais vu ta tête ce n’est pas joyeux et c’est forcément des conneries.

    - Je ne crois pas, non, répondit-elle, morose.

    - Et moi je sens que si. Mon intuition m’a-t-elle déjà trahi ?

    - Non… Mais, là, c’est différent.

    - Ah oui, et en quoi ?

    - C’est bon, laisse tomber.

     

    Rowan n’avait aucune envie d’expliquer à Noé les pensées qui l’agitaient, ses pressentiments lugubres, la jalousie qui l’avait consumée dès que cette fille avait fat irruption dans leur vie. Instinctivement, elle savait que Noé n’avait jamais ressenti une telle attirance pour qui que ce fût, que Jezebel lui plaisait vraiment. Vraiment. Et qu’il lui échappait déjà. Rowan sentit à nouveau son cœur se tordre, d’impuissance, de tristesse. De peur. Le mot était lâché. Le genre de peur irrationnelle, incontrôlable u’on ressent lorsqu’on fait face à la fatalité. Car quand Jezebel l’avait fusillée du regard et que la vie avait semblé déserter son corps, Rowan avait acquis la certitude que cette fille était dangereuse.
    Parce que dans ses yeux elle avait lu la promesse du chaos.
    La fin de toute chose.

     

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  • [Livre] Heartless

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    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix!

     

    Résumé : La Reine de Coeur n’a pas toujours été la terrible souveraine d’Alice au pays des merveilles. Avant d’être couronnée, elle s’appelait Catherine et rêvait de devenir la plus grande pâtissière du royaume. Mais le sort a décidé de lui jouer un vilain tour : le Roi de Coeur veut absolument l’épouser et les parents de Catherine, très ambitieux, placent de gros espoirs en cette union.
    Catherine, elle, veut vivre librement et aimer celui qui fait battre son coeur : Badin, le bouffon du Roi.
    Malheureusement au pays des merveilles, où s’entrechoquent magie, folie et monstres, les contes n’ont pas tous une fin heureuse…

     

    Auteur : Marissa Meyer

     

    Edition : PKJ

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 05 Octobre 2017 

     

    Prix moyen : 18,50€

     

    Mon avis : J’avais déjà beaucoup aimé la saga des chroniques lunaire dans lesquels Marissa Meyer revisitait le conte de Cendrillon mais aussi celui de Raiponce, du petit chaperon rouge et de Blanche Neige. Alors quand j’ai vu qu’elle nous offrait cette fois ci, non pas une revisite mais un prequel de conte, et que son héroïne était l’effroyable Reine de Cœur d’Alice au pays des merveilles, je ne pouvais pas ne pas sauter dessus.
    Longtemps avant d’être la souveraine un poil hystérique et susceptible du pays des merveilles, ou plutôt du Royaume du Cœur, la terrible reine était une jeune femme rêveuse et simple dont le seul but était d’être reconnue par tous comme la meilleure cuisinière du royaume et d’ouvrir une pâtisserie avec sa servante et meilleure amie, Marie Anne.
    Mais Catherine, c’est son prénom, a un gros problème. Deux problèmes pour être exacte : l’ambition démesurée de ses parents, très fiers de leur marquisat, et le roi. En effet, à force de confectionner de merveilleuse friandises et pâtisseries pour le monarque dans l’espoir qu’il lui fasse un peu de pub gratos, Catherine a attiré son attention, mais pas de la manière dont elle l’espérait.
    Il faut dire que le roi a tout pour plaire : petit, inconstant, lâche et incapable, il est en plus bouffi d’orgueil et n’imagine même pas qu’il puisse ne pas intéresser Catherine.
    Or Catherine a envie d’un homme, un vrai, et cet homme, celui qui l’insupporte et l’attire irrésistiblement à la fois, c’est Badin, le nouveau bouffon du roi.
    Bon une fille de marquis, convoitée par le roi, avec des parents ambitieux, qui craque pour le bouffon du roi et veut ouvrir une pâtisserie… Vous la sentez venir la mega embrouille ?
    J’adore ces histoires dans lesquelles on découvre comment le « méchant » d’une histoire est devenu méchant. On passe notre temps à espérer que le livre finira bien en sachant que ce ne sera pas le cas, puisque dans un sens, on connaît déjà la fin : il ou elle devient le grand méchant de son univers. Donc on sait d’avance qu’il n’y aura pas de fin heureuse… mais on ne peut pas s’empêcher d’espérer.
    Le roi n’est pas méchant, mais son orgueil l’empêche d’imaginer qu’il puisse être repoussé et son besoin que tout aille bien le pousse à ne prendre aucune mesure pour régler les problèmes du royaume. Et de problème, il en a un énorme sur les bras en la « personne », si j’ose dire, d’un monstre plein de dents et plein de griffes qui sème la terreur sur son passage.
    J’ai beaucoup aimé découvrir les personnages du pays des merveilles avant que le royaume ne tombe sous la coupe de la souveraine et de son règne de la terreur. Le lapin blanc, le chapelier pas encore si toqué que ça, le lièvre de mars… bref tous ces personnages emblématique qui sont à la fois semblables au livre original et en même temps tellement différents.
    Au fil du récit, on a plein d’allusion au livre, comme la mention des non-anniversaires. Pas vraiment d’explications données, mais quand on a lu le livre ou vu le Disney, on a l’impression de connaître déjà ce royaume.
    Au fil des évènements, on comprend comment et pourquoi la reine est devenue si insensible, si réfractaire aux roses blanches et si portée sur la décapitation. Et franchement, même si sa réaction est extrême sur le long terme, sur le court terme en revanche, je crois que je la comprends.
    Ce roman a été un énorme coup de cœur, et pour ne rien gâcher, la couverture est superbe !

     

    Un extrait : Trois alléchantes tartes au citron luisaient sous le regard de Catherine. Elle enfonça dans le four ses mains entortillées dans des serviettes, ignorant la chaleur qui enveloppait ses bras et lui cuisait les joues, puis sortit la plaque. La garniture dorée des tartes frémit – à croire qu’elle était soulagée d’échapper à cette prison de pierre.

    Cath tenait la plaque avec autant de déférence que s’il s’était agi de la couronne du Roi. Elle traversa la cuisine sans la quitter des yeux pour la déposer en douceur sur la table. Les tartes tremblotèrent brièvement avant de s’immobiliser, scintillantes et parfaites.

    Posant ses serviettes, elle piocha parmi les écorces de citron enrobées de sucre qu’elle avait étalées sur un parchemin et les disposa en rosaces sur ses tartes, les enfonçant délicatement dans la garniture encore chaude. Des arômes de citron frais et de pâte au beurre assaillirent ses narines.

    Elle se recula d’un pas pour admirer son œuvre.

    Faire les tartes lui avait pris toute la matinée. Cinq heures à peser le beurre, le sucre et la farine, à mélanger, pétrir et rouler la pâte, à fouetter, cuire à petit feu et filtrer les jaunes d’œufs et le jus de citron pour leur donner une consistance crémeuse, couleur de boutons-d’or. Elle avait glacé la pâte et découpé les bords comme un napperon en dentelle. Elle avait fait bouillir les écorces de citron dans du sirop et broyé finement des cristaux de sucre pour la décoration. L’envie la démangeait d’en saupoudrer le dessus des tartes, mais elle se retint. Elles devaient d’abord refroidir, sans quoi le sucre fondrait en grumeaux disgracieux à la surface.

    Ces tartes étaient un condensé de tout ce qu’elle avait appris dans les vieux livres cornés rangés sur l’étagère de la cuisine. Catherine n’avait précipité aucune étape, négligé aucun geste, n’avait employé que des ingrédients de la meilleure qualité. Elle avait fait preuve d’une méticulosité sans faille. Elle y avait mis tout son cœur.

    Elle prolongea son inspection, scrutant chaque repli de pâte, chaque centimètre carré de la surface luisante.

    Avant de s’autoriser enfin un petit sourire.

    Elle avait sous les yeux trois tartes absolument divines, et tout le royaume de Cœur – depuis les dodos jusqu’au Roi en personne – devrait reconnaître qu’elle était la meilleure pâtissière. Même sa propre mère serait bien forcée d’en convenir.

    Soulagée, elle sautilla sur la pointe des pieds et battit des mains.

    — Vous êtes ma plus grande fierté, proclama-t-elle en écartant les bras au-dessus des tartes comme pour les adouber. À présent, partez à la conquête du monde avec votre volupté citronnée et faites naître des sourires sur toutes les bouches que vous remplirez de vos délices.

    — On s’adresse encore à la nourriture, lady Catherine ?

    — Ah ! mais pas à n’importe quelle nourriture, Cheshire. (Elle leva un doigt sans se retourner.) Je te présente les plus merveilleuses tartes au citron jamais préparées dans le glorieux royaume de Cœur.

    Une queue rayée s’enroula autour de son épaule droite. Une tête poilue ornée de longues moustaches apparut sur sa gauche. Le ronronnement pensif de Cheshire vibra le long de son dos.

    — Stupéfiant, dit le chat, sur ce ton que Catherine ne savait jamais comment interpréter.

    Il disparut de ses épaules pour réapparaître sur la table, une patte griffue tendue au-dessus des tartes. Cath bondit pour l’écarter.

    — Pas touche ! Elles sont destinées au Roi, sale bête.

    Les moustaches de Cheshire tressaillirent.

    — Au Roi ? Encore ?

    Cath attrapa un tabouret, l’approcha de la table en faisant crisser ses pieds sur le sol et s’assit dessus.

    — Je pensais lui en réserver une et faire servir les autres au banquet. Sa Majesté est si heureuse quand je lui cuisine quelque chose. Et le bonheur du Roi…

    — … fait celui du royaume.



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  • [Livre] Phobos - T04

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    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix! D'ailleurs, j'indique dans la fiche le prix auquel je l'ai acheté, mais si entre-temps une version poche est sortie, je vous mets le lien vers le format le moins cher (après à vous de voir!)

     

    Résumé : Lancement des chaînes des pionniers dans

    3 secondes...

    2 secondes...

    1 seconde...

    Ils peinent à reprendre leurs marques.

    Ils sont les rescapés du programme Genesis. Exilés sur Mars, ils ont traversé un désert de solitude. De retour sur Terre, ils sont emportés par un tourbillon de célébrité.

    Elle peine à reprendre son souffle.

    Obsédée par des questions sans réponse, Léonor refuse les honneurs et les caméras. Le danger planant sur la planète bleue est-il vaincu pour toujours ? Les secrets hantant la planète rouge sont-ils enfouis à jamais ? Et si, d'un bout à l'autre du système solaire, tout pouvait basculer à nouveau ?

    Même si l'angoisse mène au bord de l'asphyxie, il est trop tôt pour respirer.

     

    Auteur : Victor Dixen

     

    Edition : Robert Laffont

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 23 Novembre 2017

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Avec une écriture toujours aussi addictive, Victor Dixen nous emmène dans la dernière ligne droite de l’aventure martienne.
    Les pionniers, qu’ils soient de la saison 1 ou de la saison 2, sont de retour sur Terre et le moins qu’on puisse dire, c’est que tout n’est pas de tout repos. Déjà, ils sont confrontés au réchauffement climatique, que Victor Dixen dénonce au travers de son histoire. Ce réchauffement a pour effet d’avoir fait disparaitre de nombreuses villes sous la montée des eaux et d’avoir créé une nouvelle sorte de réfugiés : les errants climatiques.
    Mais ce n’est pas le seul problème auquel les pionniers vont être confrontés : Serena, si elle est en fuite, est toujours là, tapie dans l’ombre, espérant sans doute se venger de ceux qui ont révélé son vrai visage au public, certains d’entre eux, pour diverses raisons, sont « coincés » en orbite autour de la terre et surtout, la plus grosse menace, d’après moi, c’est le public justement.
    Comme dans toute télé-réalité, les gens s’imaginent avoir un droit de regard sur la vie des pionniers. Victor Dixen a parfaitement sur retranscrire le genre de commentaire que l’on peut voir sur youtube, où toute la bêtise humaine semble se donner rendez-vous. Dès lors qu’ils sont bien à l’abri derrière leur anonymat et leur écran, des imbéciles, pour rester poli, s’acharnent sur les pionniers, avec des jugements à l’emporte pièces, sans, bien entendu, connaître les tenants et les aboutissants des évènements qu’ils condamnent et sans, Dieu les en garde, réfléchir une seconde. C’est d’ailleurs bien la première fois en quatre tomes que je suis d’accord avec quelque chose qui sort de la bouche de Serena : « Ils choisissent plutôt de croire aux faits alternatifs, aux fake news et aux conspirations. Parce que ces dernières leur permettent d’exprimer leurs passions les plus inavouables : la jubilation narcissique de la mauvaise foi, la peur panique du changement, l’instinct de revanche contre son prochain. »

    Dans ce tome, Victor Dixen inclus un peu une sorte d’ « origines » version fille. En effet, on en apprend plus sur le passé de certaines pionnières, comme Elizabeth, par exemple, ou Kristen et bien entendu, Leonor. (psss : on va enfin savoir d’où vient la salamandre !).
    Bon, je ne vous cache pas que les deux passages avec les chiots ont été supers durs à lire pour moi et que, même si, effectivement, je ne voyais pas bien comment l’auteur aurait pu faire autrement (Ceux qui l’ont lu verront de quoi je parle… les autres… bah lisez-le  ^^)
    Dans ce tome, Mars est là, mais un peu au second plan. Quoi de plus normal, puisque les pionniers sont rentrés sur Terre et que, la chaîne Genesis n’existant plus, la liaison avec Mars est coupée (et de toute façon pourquoi aurait-on gardé une liaison une fois les pionniers rentrés ?).
    J’ai un avis un peu mitigé sur la fin. Celle-ci est assez ouverte, mais ça ne m’a pas dérangé plus que ça, à part sur un point que j’ai trouvé être laissé un peu trop de côté. J’aurais sans doute préféré une fin plus trachée, ne serait-ce que pour clore ce sujet-là en particuliers. Mais le fait que l’on reste dans le flou n’est pas non plus un vrai problème car Victor Dixen nous laisse deviner ce qu’il se passera pour les protagonistes une fois le livre refermé.
    Un tome qui clôt parfaitement la saga tout en laissant la place pour une nouvelle ou un hors-série venant clarifier quelques points.

     

    Un extrait : DE LONGUES LANGUES ROUSSES S’ÉLÈVENT MAJESTUEUSEMENT DANS LE VIDE DE L’ESPACE.

    Elles se déploient avec lenteur telles des volutes, elles dansent en ondulant comme des flammes.

    Mais ce n’est qu’une illusion : ce feu-là ne brûle pas.

    Il n’émane pas d’un âtre, mais d’un visage – celui d’une jeune femme aux joues mangées de son : Léonor, la pionnière française du programme Genesis.

    Le corps en suspension, elle est vêtue d’un jean et d’un T-shirt trop grand, dont le tissu blanc flotte dans l’apesanteur ; une tenue semblable à celle qu’elle arborait en s’embarquant pour le vol aller du Cupido, deux ans et demi auparavant. Mais ce n’est plus la rage de conquérir la gloire à tout prix qui fait briller ses yeux. Ce sont simplement les étoiles, qui scintillent par millions derrière la bulle de verre du Parloir et sur la tablette à croquis qu’elle tient entre ses mains. Du bout de son stylet, elle reproduit les constellations et dessine au-dessus des dragons, des pégases, des chimères : les figures mythologiques que les hommes ont cru y voir depuis la nuit des temps.

    Soudain, un grincement métallique retentit.

    Léonor détache les yeux de son œuvre ; elle tourne la tête, envoyant une onde à travers sa chevelure flottante, pour regarder en direction de la trappe qui conduit aux étages inférieurs du compartiment de vie.

    Une grande fille aux cheveux rassemblés dans un chignon de danseuse se tient là, en haut de l’échelle : c’est Elizabeth, la pionnière britannique, elle aussi rescapée de la première saison du programme Genesis.

    « Léo ? appelle-t-elle doucement. J’étais sûre de te trouver ici, dans la bulle – c’est un miracle que tu n’aies pas attrapé le mal de l’espace, avec tout le temps que tu y passes depuis le début du voyage ! Tu n’en as pas assez ? »

    Léonor embrasse le panorama cosmique du regard :

    « Comment peut-on en avoir assez de ça ? demande-t-elle en guise de réponse. Comment peut-on en avoir assez de l’infini ?

    — Il va pourtant falloir que tu redescendes sur Terre, comme nous toutes, dit l’Anglaise en souriant affectueusement. Plus qu’une petite semaine avant d’arriver en orbite terrestre. On va enfin pouvoir respirer autre chose que de l’air recyclé tournant en boucle ! D’ailleurs, les équipes au sol sont sur le point de s’adresser à nous, on m’a envoyée te chercher – tu viens ? »

     

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  • [Livre] Deux secondes en moins


    Je remercie la masse critique de Babelio et les éditions Magnard pour cette belle lecture

     

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    Résumé : Depuis qu'un accident de voiture l’a complètement défiguré, Igor se mure dans le silence. Sa rancune envers son père, responsable de l'accident, est immense, comme sa solitude.
    Rhéa sombre dans le chagrin après le suicide de son petit ami. Encore sous le choc, elle ne sait plus à qui ni à quoi se raccrocher dans la ville où elle vient d'emménager.
    Pour l'un et l'autre, tout s'est joué à deux secondes. Deux secondes qui auraient pu tout changer...
    Et pourtant, Igor et Rhéa reprennent jour après jour goût à la vie en se raccrochant à la musique. Une fantaisie de Schubert et un professeur de piano pas comme les autres vont les réunir et les mener sur un chemin inespéré.


    Auteur
     : Marie Colot et Nancy Guilbert

     

    Edition : Magnard

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 13 Février 2018

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : La particularité de ce roman est qu’il est écrit à quatre mains. Au fil des chapitres, on alterne le point de vue de Rhéa et celui d’Igor et chacun des deux ados a été « pris en main » par l’un des auteurs. Du coup les deux récits font vraiment ressortir une personnalité propre à chaque personnage.

    Les drames vécus par Igor et Rhéa sont très différents : Igor est blessé physiquement tandis que Rhéa a le cœur brisé. Mais leur souffrance, elle, est très similaire.

    J’ai trouvé que les réactions de l’entourage de Rhéa étaient assez dénuées d’empathie. A un moment sa mère lui dit qu’elle ne peut pas leur imposer son chagrin et j’ai trouvé ça vraiment anormal parce qu’on ne parle pas d’un simple chagrin d’amour, qui serait déjà une raison légitime d’avoir du chagrin, on parle d’un suicide, qui s’est déroulé à peine 4 ou 5 mois plus tôt. Je me suis demandé si cette femme s’entendait parler, si elle réalisait la dureté de ses mots.

    Du côté d’Igor, à plusieurs reprises, sa mère lui reproche à demi-mot sa rancune envers son père mais je comprends parfaitement cette rancune quand on connait les raisons de celle-ci.

    Fred est mon personnage préféré. Déjà, aux yeux des ados, comme aux miens, il a une légitimité pour leur parler du temps qui guéri les blessures, de la nécessité d’avancer, car lui aussi a vécu un drame, ensuite, il a une façon de présenter les choses, sans jamais mettre de pression ni exiger de réactions immédiates, qui pousse Rhéa et Igor à se poser des questions et à explorer leurs sentiments pour voir s'ils sont prêts à faire le pas suivant.

    Alors, il est vrai que j’ai eu les larmes aux yeux pendant la quasi-totalité du roman, mais, même si celui-ci démarre dans le drame vécu par Igor et Rhéa, on a ici un roman sur la reconstruction au travers de la musique.

    Bien sûr ce n’est pas facile pour autant et pour chaque pas en avant, Rhéa et Igor en font un en arrière et deux sur le côté, mais petit à petit, ils avancent, ils retrouvent leurs marques. Tout n’est pas effacé, les drames n’ont pas disparus, mais ils vont apprendre à vivre avec.

    Pour soulager la tension, le torrent d’émotions qu’apporte ce récit, il y a Obama. Un perroquet, très bavard, rapporteur et fan de son homonyme au point d’avoir appris les slogans anti-Trump, vexé que son chouchou ne soit plus à l’honneur. Il dit parfois tout haut ce que les autres pensent tout bas sans oser le dire et allège un peu l’ambiance parfois morose.

    Ce livre, que j’ai lu sans penser trouver autre chose qu’une énième histoire d’adolescent devant se reconstruire après un drame ou une maladie, a été un vrai coup de cœur tant il a su me toucher que ce soit par l’histoire elle-même ou par les plumes des auteurs, aussi belles l’une que l’autre.

     

    Un extrait : Fred, je le connais depuis que je suis petit. C’est un ami de ma mère. Ils ont étudié ensemble au Conservatoire, ils étaient comme les deux doigts de la main jusqu’à ce qu’ils prennent des voies opposées. Quand elle a rencontré mon père, ma mère a délaissé son violon, puis elle est tombée enceinte au cours des premiers mois de leur histoire, et ses doigts ont troqué l’archet contre les couches culottes. Pendant ce temps, Fred taillait son chemin de grand pianiste, les mains courant sur le clavier de son piano. Il a joué quelques années avec un orchestre, a voyagé un peu partout en Europe et en Asie, jusqu’à trouver son âme sœur au premier rang d’une belle salle de concert parisienne. Il a abandonné les tournées pour rester auprès d’elle, en compagnie de notes de musique, évidemment. Il enseigne au Conservatoire depuis huit ans et, s’il n’y avait pas eu l’accident, il aurait été mon prof de troisième cycle cette année.
    A la place, depuis début septembre, il vient me donner une leçon trois fois par semaine. Il parait que j’ai du talent. Et il faut éviter que je perde la main puisque j’ai déjà perdu la face. Fred m’aide à persévérer, malgré tout. Il me répète que « ça va passer », que quand ça ne va pas, il suffit de respirer, comme avant d’entamer la Toccata de Bach au piano. Je n’ose pas l’envoyer se faire voir avec ses bons conseils. Lui, il sait de quoi il parle : Hua est décédée il y a six ans, mais il est toujours là, avec son air confiant, sa barbe de trois jours, ses doigts longs et nets, sa veste e velours et son jean délavé dont s’échappe souvent un bout de chemise. Il n’a jamais arrêté de jouer, même si elle n’était plus là pour l’écouter. Il était au piano à son enterrement, et il m’a dit souvent que ça l’avait sauvé de cette maudite journée d’adieu, que les notes de musique avaient apporté de la lumière dans sa maison où il broyait du noir depuis le départ de sa femme.
    « Fourrer le nez dans le clavier, ça permet de garder la tête hors de l’eau ! »

     

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