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Young adults

  • [Livre] Caraval

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    Résumé : Depuis qu’elle a dix ans, Scarlett envoie des lettres au maître de Caraval, Légende, pour qu’il vienne donner son extraordinaire spectacle sur son île. Alors qu’elle a dix-sept ans et qu’elle est sur le point de se marier avec un inconnu, le maître de Caraval lui répond enfin. Il l’invite, elle et sa sœur Donatella à venir sur l’île des Songes pour voir le spectacle... Mais leur père, un homme tyrannique, refuse qu’elles s’y rendent.

    Aidées par Julian, un marin, les deux sœurs s’échappent. Mais quand le bateau accoste sur l’île des Songes, Donatella a disparu, enlevée par Légende. Scarlett découvre que cette année le spectacle prend la forme d’un jeu dont le but est de retrouver sa sœur. Le gagnant verra son souhait le plus cher exaucé. Prête à tout pour sauver sa sœur, Scarlett accepte de participer, aidée par Julian. La jeune fille découvre alors un monde troublant, empreint de magie. Scarlett a beau savoir que tout ce qui se passe à Caraval n’est qu’un jeu, elle se retrouve bientôt empêtrée dans un univers à cheval entre rêve et réalité.

    Finalement, dans ce monde, Scarlett n’est sûre que d’une chose : si elle ne retrouve pas sa sœur avant que les cinq nuits du jeu soient écoulées, celle-ci disparaîtra pour toujours...

     

    Auteur : Stephanie Garber

     

    Edition : Bayard

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 08 Février 2017

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup entendu parler de ce livre. Tellement en fait, que je l’avais mis de côté et que je n’arrivais pas à m’y mettre.
    Et puis finalement, à la faveur d’un challenge, j’ai décidé de me lancer et je ne l’ai pas regretté !
    Difficile de décrire ce que j’ai ressenti à la lecture de ce livre. Au début, l’écriture me paraissait bien, mais sans plus. Un livre banal. Pas un qu’on a envie d’abandonner, plutôt une bonne lecture même, mais bon celui-là ou un autre…
    Et puis… je ne suis pas bien sûre de ce qu’il s’est passé. Au fur et à mesure de ma lecture, c’est comme si l’histoire s’adaptait à mes envies. C’est devenu de plus en plus addictif, à tel point que j’aurais presque pu me retrouver au cœur de Caraval. J’avais vraiment l’impression que l’histoire, l’écriture, se modifiait sous mes yeux.
    Est-il nécessaire de préciser que j’ai encore eu une nuit très courte ?
    Dans Caraval tout est fait pour déstabiliser les joueurs et du même coup le lecteur. Déjà, le jeu n’a lieu que de nuit. Le temps est donc inversé, ce qui est très déstabilisant car en 5 jours seulement, les joueurs n’ont pas le temps d’adapter leur corps à échanger ainsi les temps de sommeil et de veille, ce qu’il fait qu’ils sont moins attentifs dans une aventure ou chaque détail compte. Ensuite ce temps, il ne s’écoule pas de la même façon selon l’endroit où l’on se trouve. Il faut compter aussi avec les paiements qui ne se font jamais en espèces sonnantes et trébuchantes, mais avec des secrets, des désirs, voire même des jours de vie, avec les lieux et objets qui réagissent selon les émotions de ceux qui s’y trouve ou les utilise…
    J’ai beaucoup aimé Scarlett. C’est une jeune fille qui est un peu perdue, bien décidée à protéger sa sœur au détriment de son propre bonheur. Confrontée à un père d’une violence et d’un sadisme extrême, elle essais de faire face et de surmonter la peur qui l’envahit chaque fois qu’elle fait quoi que ce soit qui pourrait lui attirer les foudres de son père, autant dire à peu près tout.
    J’ai beaucoup aimé le fait qu’elle voit ses émotions en couleur mais j’ai regretté que ça n’apporte rien à l’histoire, qu’il n’y ait ni explication à ce sujet ni conséquences. J’aurais aimé que cette particularité ait vraiment un impact sur l’aventure de Scarlett.
    J’ai eu un peu plus de mal avec Donatella qui m’est apparue sans cervelle et égoïste.
    Concernant Julian, le fiancé de Scarlett, Dante et les autres personnages qui entourent plus ou moins Scarlett, j’ai été incapable de savoir qui était nocif pour la jeune fille, qui était digne de confiance… Les caractères, les réactions des uns et des autres, sont aussi changeant que le reste du jeu et j’ai passé ma lecture à me méfier de tout le monde.
    J’ai vraiment été emportée dans la lecture et, chose rare chez moi, j’ai refermé le livre en me disant : « pitié, faite qu’il y ait une suite ! »
    Ouf, c’est bien le cas ! Mais il va falloir être patient car il ne sort qu’en mai 2018 en anglais… La sortie VF n’est pas encore renseignée. Mais clairement, je me jetterais dessus dès sa sortie !

     

    Un extrait : Quand Scarlett était âgée de huit ans, les soldats de son père l’avaient mise en garde contre le sable noir et scintillant de la plage de Los Oros pour la dissuader d’approcher du rivage. « Il est noir parce que ce sont les restes de squelettes de pirates brûlés », lui avaient-ils affirmé. N’étant qu’une fillette à l’époque, elle les avait crus.

    Pendant un an au moins, elle s’était tenue à l’écart de la plage au point de ne même pas la voir. Puis un jour, Felipe, le fils aîné du garde le plus aimable de son père, lui avait dévoilé la vérité : le sable n’était que du sable, et pas du tout des os de pirates. Mais le mensonge des gardes s’était ancré profondément en Scarlett, comme c’est souvent le cas chez les enfants. Dans son esprit, ce sable noir resterait à jamais de la poussière de squelette calciné.

    Sous la lueur bleutée et inquiétante de la pleine lune, elle approcha de la crique rocheuse de Los Oros. À sa droite, la plage se terminait au pied d’une falaise noire et déchiquetée. À sa gauche, un ponton délabré s’avançait dans l’eau, derrière des rochers qui lui évoquaient des dents abîmées. Par une nuit pareille, elle parvenait à humer l’odeur de la lune, qui se mêlait au parfum iodé de l’océan.

    Elle songea aux mystérieux billets fourrés dans sa poche et aux inscriptions métalliques qui s’étaient illuminées sous ses yeux. L’espace d’un instant, elle fut tentée de changer d’avis, de céder à sa sœur et à la petite part d’elle-même encore capable de rêver.

    Hélas, ce n’était pas leur premier essai.

    Un jour, Felipe leur avait obtenu des places à bord d’une goélette.

    Tella et elle n’étaient pas allées plus loin que la passerelle d’embarquement du navire, mais elles l’avaient payé très cher. Un garde particulièrement brutal avait assommé Tella. Mais Scarlett, elle, n’avait pas perdu connaissance. On l’avait contrainte à rester au bord de la plage de galets, où, les pieds trempés par les flaques laissées par la marée, elle avait regardé son père conduire Felipe dans les vagues.

    C’était elle qu’on aurait dû tuer, ce soir-là. C’était sa tête à elle que son père aurait dû enfoncer sous l’eau jusqu’à ce qu’elle cesse de se débattre, que son corps devienne inanimé comme les algues qui s’échouaient sur le rivage. Au palais, tout le monde avait cru que Felipe s’était noyé par accident, seule Scarlett connaissait la vérité.

    – Si tu recommences, ta sœur subira le même sort, l’avait avertie le gouverneur Dragna.

    Scarlett n’avait jamais rien raconté à personne. Elle avait veillé sur Tella en lui laissant penser qu’elle était devenue surprotectrice. Seule Scarlett savait qu’elles ne pourraient jamais quitter Trisda en toute sécurité à moins qu’elle se marie et que son époux puisse les emmener.

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  • [Livre] Red Queen – T03 – King’s cage

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    Résumé : Mare Barrow a échangé sa liberté contre celle de ses amis. Retenue prisonnière par l’homme qu’elle aimait autrefois et désormais roi, Maven, elle est dans l’incapacité d’utiliser son pouvoir et subit maintes humiliations et mauvais traitements.

    Pendant ce temps, la rébellion continue de s’organiser, de s’entraîner et d’étendre son influence, plus que jamais décidée à lutter contre l’oppresseur. Mais en l’absence de la faiseuse d’éclairs, qui mènera cette armée au bout de son ambition ?

     

    Auteur : Victoria Aveyard

     

    Edition : MSK

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 26 Avril 2017

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Au départ, quand j’ai lu le premier tome de Red Queen, je pensais que c’était une trilogie, vu que c’était la grande mode des trilogies à ce moment-là. Depuis quelques auteurs se sont démarqués en faisant des quadrilogies et bien entendue, comme c’était à prévoir, à présent, presque tous les auteurs font des quadrilogies en se croyant originaux.
    Red queen va donc être une quadrilogie et King’s cage en est le troisième tome.
    Dans ce tome Mare n’hésite pas à se remettre en question : elle pose un regard assez sévère sur les décisions qu’elle a pu prendre dans le tome 2. Je l’ai même trouvée un peu trop sévère envers elle-même. Après tout c’est une adolescente et elle a dû prendre ces décisions sans avoir réellement d’informations ni de temps pour peser le pour et le contre.
    J’ai bien aimé l’évolution de Kilorn dans ce tome, il a cessé de se comporter en gamin égoïste et furieux de voir sa propriété lui échapper et, le voir être amical avec Cal est réellement reposant.
    Cal en revanche m’a laissé plus froide. Encore une fois, il ne prend pas vraiment de décision, même s’il essaie d’être plus impliqué dans la garde écarlate. Mais on sent bien qu’il n’est pas ravi de bouleverser l’ordre établi et que, s’il aime Mare, il trouve quand même que les autres rouges devraient rester à leur place.
    Le colonel est un peu remonté dans mon estime, même s’il reste très bourru et obtus. Mais il faut dire que le ministre de la république libre de Montfort m’a laissé tellement perplexe que je ne pouvais qu’apprécier d’avantage le colonel. De toute évidence, Montfort se fiche pas mal des personnes qui l’entoure et son ministre n’hésite ni à sacrifier ni à manipuler pour arriver à ses fins (le souci c’est que pour l’instant, je n’arrive pas bien à savoir quelles sont ses fins).

    Dans ce tome, on en apprend plus sur Maven et sur ce que sa mère lui a fait pour en faire l’héritier parfait qu’elle désirait. Cela n’enlève rien à l’antipathie que j’ai ressentie pour le personnage, mais au moins, on commence à comprendre comment il en est arrivé là.
    J’ai beaucoup aimé, également, les trois chapitres qui sont du point de vue d’Evangeline. A chaque fois qu’on a été en contact avec elle, c’était à travers les yeux de Mare et donc elle nous est apparue comme une garce sans cœur, une vraie machine à tuer incapable du moindre sentiment humain. Or ici, bon ne nous voilons pas la face, elle ne devient pas Candy au pays des bisounours, mais nous nous penchons un peu plus sur ses pensées, ses sentiments et comment elle vit tout ce qui se passe. J’aurais aimé avoir plus de chapitre de son point de vue.
    Maintenant que j’ai dévoré ces 600 pages en un temps record (et une belle nuit presque blanche) je n’ai plus qu’une question en tête : c’est quand le tome 4 ?

     

    Un extrait : Je ne suis jamais seule.

    Mes geôliers ne me quittent pas. Il y en a toujours deux ; ils ne me lâchent pas des yeux, étouffant constamment ce qui me définit : mon pouvoir. Une porte fermée à clé leur suffit pour me garder prisonnière. Et si j’essaie de m’approcher trop près de la porte, l’un d’eux vient aussitôt me repousser au centre de ma chambre. Ils sont plus forts que moi, et en permanence sur leurs gardes. Je n’ai qu’un moyen d’échapper à leurs regards, me réfugier dans la minuscule salle de bains, pièce au carrelage blanc et à la robinetterie dorée dont le sol est bordé, sur toute sa longeur, de pierre du silence. Ces blocs gris sont assez nombreux pour faire palpiter mes tempes et me nouer la gorge. Je ne peux pas m’attarder, chaque seconde me suffoque. Cette sensation me rappelle Cameron et son pouvoir. Elle est capable de tuer avec son don de silentus. Même si je déteste mes gardes et leur présence continuelle, je ne prendrai pas le risque de mourir asphyxiée dans cette salle de bains pour quelques minutes supplémentaires de tranquillité.

    Quand je pense qu’à une époque ma plus grande terreur était de me retrouver seule… Je suis dans la situation inverse, et je n’ai jamais été aussi terrifiée de toute ma vie.

    Je n’ai pas senti mes éclairs depuis au moins quatre jours.

     

    Cinq.

     

    Six.

     

    Dix-sept.

     

    Trente et un.

     

    Je marque le passage du temps en faisant, chaque jour, une entaille dans la plinthe à côté du lit, avec une fourchette. Ça me procure du plaisir de laisser ma marque, d’infliger une petite blessure à ma prison dans le palais. Les silentus s’en moquent. Ils m’ignorent la plupart du temps, trop occupés à maintenir un silence total et absolu. Ils restent assis près de la porte, deux statues aux regards animés.

    Ce n’est pas la chambre que j’occupais lors de mon précédent séjour à Blanche-Flamme. Il ne serait évidemment pas convenable de loger une prisonnière au même endroit que la future épouse d’un prince. Mais je ne suis pas non plus dans une cellule. Ma cage est confortable et cossue, avec son lit moelleux, sa bibliothèque garnie de livres ennuyeux, quelques fauteuils, une table et même de jolis rideaux, le tout dans des tons neutres de gris, de brun et de blanc. Un lieu privé de couleurs comme je suis privée de mon pouvoir.

     

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  • [Livre] Forbidden

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    Résumé : Maya et Lochan ne sont pas des adolescents comme les autres. Élevés par une mère alcoolique et instable, ils sont livrés à eux-mêmes et n’ont d’autre choix que d’élever seuls le reste de la fratrie. Forcés de devenir adultes plus tôt que prévu, ils se soutiennent dans l’adversité et finissent par tomber amoureux. Lochan se sent seul au monde, et Maya est la seule à pouvoir le comprendre. Conscient de la monstruosité de cet amour, Lochan est prêt à tout pour bâillonner le désir et les sentiments que sa sœur lui inspire. Mais comment résister alors que Maya a besoin de lui autant qu’il a besoin d’elle ? Est-ce un crime de s’aimer si fort ?

     

    Auteur : Tabitha Suzuma

     

    Edition : Milady

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 22 Septembre 2017

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Je crois que l’émotion qui m’a le plus envahie dans ce livre est la colère.
    Colère contre la mère de Lochan et Maya qui en plus d’être alcoolique, se désintéresse totalement de son rôle de mère et abandonne à leur sort non seulement ses deux aînés mais aussi les trois petits, dont la plus jeune qui n’a que 5 ans.
    L’amour qui se développe entre Lochan et Maya ne m’a pas plus choquée que ça parce qu’ils n’ont jamais eu de vrais rapports fraternels. Tous jeunes, ils ont été obligés de se poser en couple parental pour pallier l’absence de leur père et l’indifférence de leur mère. Dans la mesure où les circonstances les obligent à vivre comme un couple, était-il vraiment étonnant qu’ils en viennent à voir leurs sentiments évoluer ?
    Mais la plus grosse colère que j’ai ressentie a été contre le gouvernement.
    En effet, en France l’inceste, dans le cadre d’une agression sexuelle, est constitutif de circonstances aggravantes, si les membres d’une même famille ne peuvent pas se marier, en revanche, on fiche la paix aux gens et l’inceste consenti n’est pas sanctionné.
    Mais l’histoire se passe en Angleterre. Et là, l’inceste consenti est sanctionné comme un acte criminel et passible d’une peine de prison.
    Un peu comme l’homosexualité, il n’y a pas si longtemps que ça (et encore dans certains pays). Or l’inceste, s’il a ici lieu entre frère et sœur, pourrait avoir lieu entre un oncle et sa nièce, sensiblement du même âge, et qui ne se rencontre qu’une fois adultes.
    Comment réagiriez-vous si on vous disait qui vous avez le droit d’aimer ? Si on décidait de vous envoyer en prison parce que, au nom de la morale (et la morale change d’une époque à l’autre, d’une société à l’autre), vous aimez quelqu’un « d’interdit » ?
    Et surtout, où se situe la limite ?
    Quand on torture et emprisonne les homosexuels, quand on emprisonne un couple qui s’aime mais qui a eu la malchance de naitre au sein d’une même famille, qu’est ce qui empêche d’aller plus loin ? Qu’est ce qui empêcherait les gouvernements de décider que dorénavant, ce sera à eux de former les couples et qu’il sera illégal de refuser le partenaire qu’on nous désignera ?
    Il ne faut pas confondre protection et ingérence. Car quel mal font Lochan et Maya ? Ils s’aiment. Ils ont un besoin vital l’un de l’autre. A qui portent-ils préjudices ? A ceux qui ne supportent pas leur amour ? A une société hypocrite (l’amour entre cousin est légal, mais pas celui d’une tante par alliance et d’un neveu qui n’ont pourtant aucun liens de sang).
    Ils essaient d’ailleurs de lutter contre cet amour qui les envahit, mais ce serait comme les amputer, les empêcher de respirer.
    Autant je peux comprendre que ce soit un sujet tabou, qu’il mette mal à l’aise, qu’il dérange, autant l’immixtion de la loi m’est insupportable.
    Si vous aimez les happy ends, passez votre chemin car dès le début, on se doute bien que l’histoire ne va pas bien se terminer. Pour autant, je ne m’attendais pas à ça. Pourtant, après coup, je me dis qu’en fait, il y avait de nombreux indices, mais peut-être que je n’ai pas voulu les voir.
    Je ne pleure pas souvent en lisant un livre, mais celui-là m’a complètement bouleversée et j’ai été incapable d’enchaîner immédiatement sur un autre. Un vrai coup de cœur, aussi bien pour l’histoire que pour l’écriture de Tabitha Suzuma.
    N’hésitez pas à dépasser vos préjugés pour lire cette histoire qui vous fera traverser un torrent d’émotions.

    Un extrait : — Comment s’est passée ta journée, mon chou ?

    Je parviens à sourire.

    — Bien, maman. Comme toujours.

    — Génial ! s’exclame-t-elle, faisant mine de ne pas remarquer mon ton sarcastique.

    Si ma mère excelle dans un domaine, c’est bien l’art de ne jamais se mêler des affaires des autres.

    — Dans moins d’un an, tu n’auras plus besoin d’aller à l’école et de consacrer ton temps à ces sottises, déclare-t-elle dans un sourire. Et puis, bientôt, tu vas fêter tes dix-huit ans et tu seras l’homme de la maison !

    J’incline la tête contre l’encadrement.

    L’homme de la maison.

    C’est ainsi qu’elle m’appelle depuis que j’ai douze ans, depuis que papa nous a quittés.

    Faisant de nouveau face au miroir, elle presse ses seins au-dessus du décolleté profond de sa robe.

    — Comment tu me trouves ? demande-t-elle. J’ai eu ma paie aujourd’hui, et j’ai fait chauffer ma carte de crédit.

    Elle m’adresse un sourire espiègle, comme si j’étais complice de cette petite extravagance.

    — Regarde ces sandales dorées ! Elles sont superbes, non ?

    Incapable de lui rendre son sourire, je me demande quelle somme elle a déjà dépensée sur son salaire mensuel. Depuis des années maintenant, elle fait du shopping pour se remonter le moral. Maman s’accroche désespérément à sa jeunesse, un temps où tout le monde se retournait sur son passage, mais sa beauté fane à vue d’œil avec la vie qu’elle mène.

    — Tu es très belle, dis-je avec une voix de robot.

    L’éclat de son sourire diminue un peu.

    — Allez, Lochan, ne le prends pas comme ça ! J’ai besoin de ton aide, ce soir. Dave m’emmène dans un endroit vraiment sympa. Ça vient juste d’ouvrir, c’est sur Stratton Road, en face du cinéma. Tu vois où c’est ?

    — Mouais… Bon, amuse-toi bien.

    Je me fais violence pour ne plus froncer les sourcils et dissimuler le ressentiment dans ma voix. Dave n’est pas un mauvais bougre, d’ailleurs ; sur la longue liste des hommes avec qui ma mère est sortie depuis que papa l’a quittée pour une de ses collègues, c’est même le plus convenable. De neuf ans son cadet et propriétaire d’un restaurant où elle travaille comme serveuse, il est actuellement en train de divorcer. Mais comme tous les flirts de ma mère, il semble exercer sur elle ce même pouvoir étrange, c’est-à-dire la capacité de la transformer en une jeune fille qui rit sottement, aime faire la fête, et ressent le besoin impérieux de dépenser l’argent qu’elle gagne péniblement dans des présents pour « son homme » et des vêtements très ajustés et suggestifs pour elle. Aujourd’hui, il est à peine 17 heures, et elle rayonne déjà d’excitation à l’idée de sa soirée tout en se pomponnant, après avoir sans doute passé une heure à se demander comment elle allait bien pouvoir s’habiller pour sortir. Peignant ses cheveux permanentés et peroxydés en arrière, elle se fait une nouvelle coiffure et me demande de lui attacher son collier en faux diamants – un cadeau de Dave – qui, d’après elle, sont des vrais. Elle a la ligne, et pourtant elle est toute comprimée dans cette robe que sa fille de seize ans ne porterait pour rien au monde… Le commentaire, que marmonnent souvent mes voisins : « Elle a encore piqué les fringues de sa fille », me revient soudain en tête. Je sors de la salle de bains.

     

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  • [Livre] Un palais d’épines et de roses – T01

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    Résumé : En chassant dans les bois enneigés, Feyre voulait seulement nourrir sa famille. Mais elle a commis l'irréparable en tuant un Fae, et la voici emmenée de force à Prythian, royaume des immortels.

    Là-bas, pourtant, sa prison est un palais magnifique et son geôlier n'a rien d'un monstre. Tamlin, un Grand Seigneur Fae, la traite comme une princesse.

    Et quel est ce mal qui ronge le royaume et risque de s'étendre à celui des mortels ?

    A l'évidence, Feyre n'est pas une simple prisonnière. Mais comment une jeune humaine d'origine aussi modeste pourrait-elle venir en aide à de si puissants seigneurs ?

    Sa liberté, en tout cas, semble être à ce prix.

     

    Auteur : Sarah J. Maas

     

    Edition : La Martinière Jeunesse

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 09 février 2017

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Si on veut donner une définition superficielle de ce livre, on peut dire que c’est une réécriture de la Belle et la Bête. Mais il est tellement plus que cela. Oui, on est dans la Belle et la Bête mais ici la Belle a une véritable identité, elle n’est pas que l’innocence dont on attend qu’elle défaille entre les bras de la Bête, laquelle, elle aussi est pourvue d’un nom et ne harcèle pas la demoiselle pour qu’elle l’épouse.
    Au-delà de leurs noms, Feyre (la belle) et Tamlin (la bête) ont un passé, des sentiments, de la famille, des ennemis, des amis. Ils ne sont pas isolés du monde mais sont au milieu d’un univers très riche, où chaque personnage a été approfondi et développé au point qu’on a l’impression d’avoir déjà lu un livre sur eux. Que ce soit la grande méchante (digne de Maléfique) ou l’ami qui apporte une touche d’humour, on sait comment et pourquoi ils sont arrivés là où ils sont.
    Si l’histoire prend sa source dans le conte de la belle et la bête, on trouve des clins d’œil à d’autres contes, comme Cendrillon avec le tri des lentilles.
    J’ai beaucoup aimé Feyre qui se sacrifie pour sa famille sans jamais rien obtenir en retour. Je comprends sa réaction face aux immortels, surtout qu’on lui raconte des horreurs sur eux depuis son enfance et qu’ils ne font pas grand-chose pour se rendre agréable avec leur mépris affichés des humains.
    Tamlin est sans doute le plus agréable de tous, car même si Lucien et Alis sont sympathiques, ils laissent assez souvent échapper que pour eux les mortels sont inférieurs, alors que Tamlin essaie de ne pas laisser entendre trop souvent ce genre de choses.
    La sœur aînée de Feyre, Nesta, est assez difficile à cerner : quand on croit s’être fait une idée assez précise d’elle, elle dévoile une autre part de sa personnalité qui remet (presque) tout en cause.
    Ce roman est classé en Young adult et je ne le conseille pas aux plus jeunes car, surtout dans la seconde partie, il y a beaucoup de scène assez difficile que ce soit de pure violence ou avec des sous-entendus sexuels.
    L’histoire d’amour commence assez rapidement au vu de la longueur du livre, mais prend forme progressivement avec des doutes, des craintes, des hésitations, de parts et d’autres.
    Pour résumé c’est une réécriture de conte qui se développe bien au-delà de l’histoire originale, qu’elle étoffe et rend plus moderne, plus mature, plus complexe.
    Et au vue de la réaction d’un des personnages vis-à-vis de Feyre, à la presque fin, je suis très impatiente de lire la suite pour savoir ce que cela implique !

     

    Un extrait : La neige gelée crissa sous les semelles de mes bottes usées jusqu’à la trame et je grimaçai : visibilité réduite et bruit inopportun – j’allais rentrer encore bredouille.

    La nuit tomberait bientôt. Si je m’attardais ici, je devrais rentrer chez moi dans l’obscurité et j’avais encore en mémoire les avertissements des chasseurs de la ville : des meutes de loups géants rôdaient dans les environs. Sans parler des rumeurs sur d’étranges créatures aperçues dans les parages, des êtres de haute taille et mortellement dangereux.

    Tout sauf des immortels – c’étaient les prières que nos chasseurs adressaient à des dieux pourtant oubliés depuis longtemps, et je joignais secrètement les miennes aux leurs. Depuis huit ans que nous habitions ce village, à deux jours de voyage de la frontière de Prythian, terre des immortels, ces derniers nous avaient épargnés. Mais des marchands ambulants nous parlaient parfois de lointaines villes frontalières réduites en cendres. Ces récits, autrefois assez rares pour être considérés comme de simples rumeurs, étaient devenus quotidiens dans les nouvelles qu’on se chuchotait les jours de marché au cours de ces derniers mois.

    J’avais pris un risque considérable en m’aventurant aussi loin dans la forêt, mais nous avions fini notre dernière miche de pain la veille et nos restes de viande séchée l’avant-veille. Je préférais pourtant passer encore une nuit le ventre creux que de satisfaire l’appétit d’un loup – ou d’un immortel.

    J’aurais néanmoins constitué un maigre festin, car depuis le début de cet hiver, je pouvais compter la plupart de mes côtes. J’évoluais aussi légèrement et aussi discrètement que possible entre les arbres, le poing pressé contre mon estomac vide et douloureux. Je savais d’avance l’expression que je lirais sur le visage de mes sœurs aînées si je rentrais de nouveau les mains vides.

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  • [Livre] Diabolic

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    Résumé : Un Diabolic n'est pas humain. Un Diabolic est programmé pour être fidèle envers une seule personne. Un Diabolic n'existe que pour protéger son maître. Quitte à donner sa vie. Quitte à en prendre d'autres.

     

    Auteur : S. J. Kincaid

     

    Edition : Bayard

     

    Genre : Young adult

     

    Date de parution : 03 mai 2017

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Après en avoir entendu parler sur la chaîne de Vibration Littéraire, j’ai eu très envie de lire ce livre. Il m’a fallu un certain temps, mais c’est enfin chose faite.
    Ce livre est un énorme coup de cœur. Pour tout dire, il fait près de 600 pages et je l’ai lu dans la journée, ce qui, même pour moi, est vraiment rapide.
    Au début, j’ai eu du mal à entrer dans l’univers de Diabolic, peut-être, sans doute même, parce que j’attendais tellement de ce bouquin. Mais au bout d’une vingtaine de pages, c’était bon, j’étais dedans, et j’étais conquise !
    D’abord, j’ai beaucoup aimé que l’auteur prenne vraiment le temps de mettre l’univers en place. Je sais que c’est un point qui énerve certains lecteurs car ça ralentit un peu l’action, mais moi j’adore pouvoir me projeter dans l’univers, imaginer les lieux, les décors… comme un film dans ma tête. C’est peut-être pour ça que j’ai eu du mal au début, car ce commencement est un peu abrupt : on est plongé dans l’histoire sans parachute. Mais finalement c’était comme si on nous avait jeté du bateau pour ensuite nous lancer plein de petites bouées pour qu’on puisse apprécier la baignade.
    Némésis est une Diabolic, un être humanoïde, qui a bénéficié d’une croissance accélérée et qui est conçue pour ne protéger qu’une seule personne tout au long de sa vie. Avant d’être rattaché à un humain, les Diabolic sont élevés dans des conditions effroyables : en cage, maltraités, contraint à la brutalité pour avoir de la nourriture, bref comme des chiens de combat. Les Diabolic sont censé n’avoir aucun sentiment si ce n’est l’amour artificiel qu’ils vouent à leur maître. Cependant, dès le début, Némésis nous apprend que depuis sa création, elle ressent la peur. On peut se demander si les Diabolic sont dès lors capables de ressentir d’autres émotions.
    Même si l’univers créé par l’auteur est très riche, très intéressant (ça se passe dans le futur et tout de la religion aux vaisseaux en passant par la politique et les « gadgets » est précis et cohérent) le plus intéressant va être l’évolution du personnage de Némésis. De garde du corps humanoïde sans émotions, elle doit devenir en apparence une jeune fille un peu effrayée jetée dans le grand bain de la cour impériale. Et à force de jouer ce rôle, Némésis va réaliser qu’elle est bien plus qu’une machine à tuer sous forme humaine.
    Difficile de parler encore de ce livre sans spoiler, mais je dirai qu’en dehors de Némésis, on rencontre nombre de personnages, tous plus intéressant les uns que les autres, qui ont tous une importance et qui sont tous approfondis, même quand on ne les voit pas beaucoup. Une petite mention pour Tyrus, l’héritier du trône, le prince fou, comme on l’appelle, qui a une grande place dans le roman et qui, jusqu’au bout, oui oui, jusqu’à la dernière ligne, m’a laissé perplexe…
    Au début, ce livre était prévu comme un one-shot. Mais devant le succès remporté par la version originale, il a été décidé que ce serait finalement une trilogie. Tant mieux, parce que les doutes que j’ai encore et les questions que je me pose appellent une suite ! Celle-ci étant prévue (en anglais) pour octobre 2017, il ne reste plus qu’à s’armer de patience.

     

    Un extrait : – Je ne t’ai même pas remerciée. Merci, Némésis.

    Ses remerciements ne m’intéressaient pas. Je ne me souciais que de sa sécurité. J’étais sa Diabolic. Seuls les humains aiment les éloges.

    Les Diabolics ne sont pas humains.

    Nous leur ressemblions, certes. Nous possédions le même ADN, mais nous étions des êtres tout à fait différents : des créatures façonnées pour être impitoyables et fidèles jusqu’à la mort envers une seule personne. Pour elle, et uniquement pour elle, nous pouvions tuer sans la moindre hésitation. C’était pour cette raison que les membres de l’élite impériale s’étaient empressés de nous utiliser comme gardes du corps à vie pour eux-mêmes et leurs enfants, ainsi que pour être la terreur de leurs ennemis.

    Depuis quelque temps, les Diabolics semblaient toutefois s’acquitter trop bien de leur mission. Donia se connectait souvent en secret au flux vidéo du sénat pour regarder son père travailler. Depuis quelques semaines, la chambre débattait de la « menace Diabolic ». Les sénateurs évoquaient des Diabolics devenus incontrôlables, qui tuaient les ennemis de leurs maîtres pour des affronts sans gravité, ou supprimaient même des proches de leur protégé pour servir son intérêt. Certains estimaient que nous représentions davantage un danger qu’un atout.

    Je devinais que le sénat avait dû parvenir à une conclusion nous concernant, car, ce matin-là, la matriarche avait apporté à sa fille une missive émise directement par l’empereur. Après y avoir jeté un rapide coup d’œil, Donia s’était plongée dans la création de sa sculpture.

    Je vivais auprès d’elle depuis presque huit ans. Nous avions passé presque toute notre enfance ensemble. Elle ne devenait aussi silencieuse et distraite que lorsqu’elle s’inquiétait pour moi.

    – Que disait ce message, Donia ?

    Elle poussa un débris de statue du bout du doigt.

    – Némésis… ils ont interdit les Diabolics. Cette directive est rétroactive.

    Rétroactive. Cela signifiait qu’on interdisait les Diabolics déjà en service.

    Comme moi.

    – L’empereur veut donc que tu me mettes au rebut, conclus-je.

    Donia secoua la tête.

    – Je refuse d’obéir, Némésis.

    Évidemment qu’elle comptait refuser. Mais on la punirait pour cela. Ma voix se fit tendue.

    – Si tu n’es pas capable de te débarrasser de moi, je m’en chargerai moi-même.

    – J’ai décidé que je n’en ferais rien, et toi non plus ! s’écria-t-elle.

    Ses yeux lançaient des éclairs. Elle releva le menton.

    – Je trouverai une autre solution.

    Depuis toujours, Sidonia se montrait docile et réservée, mais cette apparence était trompeuse. Depuis longtemps, je savais qu’au fond d’elle-même elle possédait un tempérament d’acier.

    Son père fut de notre côté. Il nourrissait une profonde animosité contre l’empereur, Randevald von Domitrien.

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  • [Livre] Les cœurs fêlés

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    Résumé : Brit, 16 ans, en pleine rébellion adolescente, est envoyée par son père dans une institution pour adolescents difficiles (enfermée pour guérir d'une maladie qu'elle n'a pas), Red Rock, aux méthodes aussi musclées que cruelles. Organisée par niveaux de brimades, encourageant la délation, la méthode a pour objectif de briser les caractères rétifs et fait vivre un enfer aux pensionnaires. Dans ce cauchemar sans issue, éperdue par son impuissance, Brit manque de sombrer. Mais l'amitié secrète (car interdite) qui se noue avec trois jeunes filles enfermées ici elles aussi pour des raisons disproportionnées lui redonne l'espoir... et la force de résister. Une force difficile à puiser en soi quand on a 16 ans.

     

    Auteur : Gayle Forman

     

    Edition : OH éditions

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 03 mars 2011

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : A chaque fois (ou presque) que je lis un roman de Gayle Forman, c’est un coup de cœur. Celui-ci ne déroge pas à la règle.
    Comme dans « J’étais là » l’accent est mis sur l’amitié mais ici, contrairement au précédent, l’amitié est au présent, on la vit en même temps que les héroïnes et nous ne rencontrons pas les personnages au travers de simples souvenirs.
    Leur amitié est d’autant plus forte qu’elle se fait face à l’adversité. Un réel adversaire cette fois, qui n’est pas, comme souvent, une petite peste de l’école, mais une maison de redressement pour fille se faisant passer pour un internat strict.
    Cette « école » fait froid dans le dos. Tout y passe, des humiliations aux quasi-tortures psychologiques et physiques. Les cours y sont quasi inexistants, d’un niveau bien trop faible pour les élèves.
    Celles-ci se retrouvent dans cette école sur inscription de leurs parents pour des « infractions » telle qu’avoir un petit ami mexicain, être homosexuelle ou avoir du poids à perdre.
    Quand je vois la fréquence de l’apparition de telles institutions dans les livres et les séries, je me dis qu’il ne peut pas y avoir de fumée sans feu et je me demande comment des établissements qui violent avec autant d’arrogance les plus élémentaires des droits humains peuvent encore exister (Un peu comme les couvent des sœurs Madeleine, en Irlande, qui n’ont fermés qu’en 1996).
    Le sentiment qui m’a dominée, pendant toute ma lecture, a été la colère : colère contre les surveillants, la psy et le directeur de l’école, mais surtout colère contre les parents qui enferment leurs enfants parce qu’ils sont différents (pas indisciplinés ou délinquants) sans jamais se donner la peine de vérifier les conditions dans lesquelles ils vivent. Le père de Brit m’a particulièrement donné envie de lui coller de grandes baffes (et un petit tour en taule ne lui aurait pas fait de mal…Je suis dure ? Peut-être, mais je n’ai aucune compassion pour ce genre de mec… Lisez le livre, et que celle qui n’a pas envie de lui arracher les yeux me jette le premier harlequin !).
    Même si j’ai été en colère contre beaucoup de personnages, j’ai éprouvé toutes sortes d’émotions, et à plusieurs reprises, j’ai eu une boule dans la gorge devant ce à quoi doivent faire face les sœurs du club fermé des fêlés.
    Encore une fois, le titre français n’est pas à la hauteur du titre anglais, on se demande même comment l’éditeur français en est arrivé à ce titre puisque littéralement, sisters of sanity veut dire : « sœurs de la santé mentale »… Je pense qu’un titre plus adéquat que les cœurs fêlés aurait pu être trouvé, non ?
    Même si ce livre est un coup de cœur, j’ai deux petits reproches à lui faire : La fin est, à mon sens, trop rapide. J’aurais aimé voir plus en détail cette fin, en voir les conséquences, qu’elles soient judiciaires ou personnelles.

     

    Un extrait : Ce devait être une excursion au Grand Canyon et je n’avais aucune envie d’y aller. En plein été, il devait bien faire trois mille degrés dans ce désert. Entre le climat et les deux jours de trajet en voiture avec mon père et le Monstre, sa seconde femme, j’étais sûre d’y laisser ma peau. Le Monstre est toujours après moi. Tout y passe : mes cheveux, rouges avec des mèches noires, ou noirs avec des mèches rouges, si l’on préfère ; mes tatouages — un brassard celtique, une guirlande de pâquerettes sur la cheville, et un cœur situé à un endroit qu’elle ne risque pas de voir ; ma prétendue mauvaise influence sur Billy, mon demi-frère, qui n’est encore qu’un bébé et doit prendre mes tatouages pour de la BD, si même il les a remarqués.

    En plus, c’était mon dernier week-end de liberté avant l’entrée en première et il s’annonçait d’enfer. Je joue de la guitare dans un groupe, Clod, et on devait se produire au Festival de l’été indien d’Olympia parmi des orchestres top niveau, le genre qui est sous contrat avec des producteurs. Rien à voir avec les cafés et les soirées particulières où l’on jouait d’habitude. Mais, bien sûr, le Monstre s’en fichait. Elle considère le rock punk comme une sorte de culte diabolique. D’ailleurs, après la naissance de Billy, elle m’a interdit de continuer à répéter dans le sous-sol pour protéger le petit trésor. Du coup, je dois me replier chez Jed, qu’elle n’aime pas non plus parce qu’il a dix-neuf ans et qu’il habite — horreur! — non pas avec ses parents, mais en colocation.

    J’ai donc refusé poliment. Bon, d’accord, peut-être pas si poliment que ça. J’ai dit que je préférais bouffer du verre pilé, ce qui a fait se précipiter le Monstre vers papa, lequel m’a demandé d’un air las la raison de ma mauvaise humeur. J’ai expliqué l’histoire du concert. Dans une vie antérieure, mon père s’est s’intéressé à la musique, mais, là, il s’est contenté d’ôter ses lunettes et de se masser la cloison nasale en déclarant que c’était comme ça et pas autrement. On allait au Grand Canyon en famille, point final. Comme je n’avais pas l’intention de me laisser faire, j’ai sorti tout mon arsenal d’arguments : pleurs, silence obstiné, vaisselle fracassée. Pour rien. Le Monstre a refusé de discuter et je me suis retrouvée face à papa, à qui je n’aime pas faire de la peine. Résultat, j’ai cédé.

    J’ai dû annoncer la nouvelle au groupe. Erik, le batteur, amateur de fumette, s’est contenté de lâcher mollement un juron, mais Denise et Jed étaient contrariés. « On a tellement bossé, tu as tellement bossé », s’est lamenté Jed. J’étais désolée de le voir si déçu. D’autant qu’il avait raison. J’étais sur le point de participer à un méga-concert alors que, trois ans plus tôt, j’étais incapable de faire la différence entre un accord de do et un fa. J’allais devoir tirer un trait dessus et Clod serait réduit à un trio lors du festival. Ça me ravageait de ne pas pouvoir y aller, mais, en même temps, la réaction de Jed me réchauffait le cœur.

    J’aurais dû me douter qu’un coup tordu se préparait quand, le vendredi matin, j’ai vu papa en train de charger seul le monospace marronnasse que le Monstre lui a fait acheter à la naissance de Billy. Ni elle ni mon petit frère n’étaient présents.

     

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  • [Livre] Il faut sauver Zoé

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    Résumé : Écho a connu des jours meilleurs. Ses parents l’ignorent, trop occupés à sombrer dans la dépression, ses amies d’enfance se détournent d’elle, et son entrée au lycée n’annonce aucune embellie.

    Mais comment parvenir à exister alors que le souvenir de sa sœur, Zoé, assassinée un an plus tôt, continue de la hanter ?

    Quand elle met la main sur le journal intime de sa sœur elle découvre, au fil des pages, les secrets que cette dernière a toujours voulu cacher. Et, entre les lignes, le seul moyen pour Écho de se reconstruire…

     

    Auteur : Alyson Noël

     

    Edition : Michel Lafon

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 12 juin 2014

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : J’ai eu un vrai coup de cœur avec ce livre. Je connaissais déjà la plume d’Alyson Noël mais dans un registre plus fantastique avec la saga éternels.
    Ici l’auteur s’attarde sur le deuil, mais le deuil dans des circonstances particulières. En effet, Zoé, la sœur du personnage principal n’a pas succombé à une maladie ou un accident, elle a été assassinée.
    C’est un point qui peut paraitre secondaire, on peut se dire que le travail de deuil doit se faire dans tous les cas, mais en réalité, ce point est primordial.
    Echo ressent à la fois la tristesse que la perte de Zoé a provoquée, mais elle ressent aussi une certaine colère envers sa sœur. Parce que Zoé a eu une part active dans sa disparition, elle a fait des cachoteries, s’est montrée imprudente, et Echo lui en veut à la fois de l’avoir abandonnée et d’avoir mis sa famille dans cette situation, avec ses parents qui s’étiolent, qui ne se parlent presque plus et qui ne la laisse quasiment plus respirer tant ils craignent qu’on vienne leur arracher la fille qui leur reste.

    Ils rejettent aussi la faute sur beaucoup de monde. Sur le coupable, ben sûr, mais aussi sur Mark, l’ex petit ami de leur fille à qui ils reprochent de « ne pas avoir sauvé Zoé ». Ce reproche, bien évidemment, ils se le font l’un à l’autre, et la vie de la famille en est bouleversée.
    Pour couronner le tout, Echo, fille discrète qui préfère se plonger dans un roman que d’aller à des fêtes et qui a vécu toute sa vie dans l’ombre de sa sœur, entre au lycée que fréquentait celle-ci et se retrouve soudain sous des projecteurs malsains, devenant « celle dont la sœur a été assassinée ».
    Quand elle récupère le journal intime de Zoé, elle se rend compte qu’elle ignorait tout un pan de la vie de cette dernière, et si cela lui permet de mieux la comprendre, cela lui donne le sentiment d’être passé à côté de sa sœur.
    On ne sait pas exactement comment est morte Zoé, et les quelques informations que nous donnent Echo nous laisse imaginer une mort horrible.
    Une fois le livre commencé, il est impossible à lâcher. Comme Echo, on veut savoir quelles ont été les dernières semaines de la vie de zoé et comment elle en est arrivée à se mettre ainsi en danger.
    La plume d’Alyson Noël est fluide et l’histoire émouvante sans sombrer dans le pathos.
    Un livre que je recommande sans hésiter.

    Un extrait : Quand l’employée de la morgue – une dame aux cheveux frisés coiffés en une natte africaine et vêtue d’une longue robe à fleurs – a demandé si on pouvait lui apporter une photo de Zoé, ma mère s’est caché le visage dans les mains et a commencé à sangloter si fort que mon père l’a prise dans ses bras et, la mâchoire serrée, a hoché la tête comme pour indiquer qu’il s’en chargeait.

    Les yeux rivés sur mes Converse noires tout élimées, je ne comprenais pas bien la requête de cette dame. Partout en ville, on avait placardé des affiches avec la photo de Zoé, si bien qu’on croisait son image à chaque coin de rue. Elle qui était insaisissable, incapable de tenir en place, j’avais l’impression de la voir davantage que quand elle vivait dans la chambre à côté de la mienne.

    Ça avait commencé par deux petits flyers, que l’on avait scotchés partout où on avait trouvé de la place. Le premier, réalisé en urgence, était un agrandissement en noir et blanc d’une photo d’identité datant de un an. Pour le second, on avait utilisé un portrait plus récent, qui montrait ma sœur dans toute sa splendeur : belle, vive, heureuse. On y avait ajouté la promesse d’une généreuse récompense à quiconque serait capable de nous fournir la moindre information.

    Puis, les jours passant, on a commencé à voir son visage un peu partout : journaux, magazines, et même à la télé. Des âmes sensibles et sûrement bien intentionnées ont défilé devant notre maison pour y déposer des bougies, des poèmes, des animaux en peluche, des anges en porcelaine et, évidemment, des photos de Zoé. Quand ce mausolée de fortune a menacé d’envahir la rue tout entière, mon père et un de nos voisins ont décidé de débarrasser tout ce bazar.

    Ironie du sort : Zoé avait toujours rêvé de devenir mannequin ou actrice, et d’être admirée de tous. Elle attendait avec impatience le jour où elle pourrait échapper à notre bled paumé et mettre le cap sur Los Angeles, New York ou une autre grande ville à l’atmosphère trépidante. Alors, pendant qu’on la cherchait partout en s’efforçant de faire taire nos doutes, je m’imaginais que tout ça lui ferait une pub d’enfer et l’aiderait à lancer sa carrière. Que c’était en quelque sorte le casting ultime. J’ai donc trompé de longues heures d’angoisse à prétendre qu’elle serait ravie de voir son portrait repris en chœur par tout le pays lorsque, enfin, elle rentrerait à la maison.

    Puis, à la morgue, j’ai vu mes parents forcés de prendre les décisions les plus terribles qui soient, poussés à s’endetter par un croque-mort en costume noir qui leur recommandait le cercueil le plus luxueux de sa collection, les couronnes de fleurs les plus extravagantes, les colombes les plus blanches. Éberluée, j’ai compris que le deuil constituait un business lucratif et me suis demandé si ma mère percevait l’ironie de cette situation – l’ambition de Zoé, la requête de l’employée… Je me suis demandé si c’était pour ça qu’elle pleurait aussi fort.

    Puis j’ai renoncé à chercher une raison unique à son chagrin : il y en avait tellement…

  • [Livre] J'étais là

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    Résumé : Quand j'ai appris la mort de Meg, j'ai cru qu'elle me faisait une blague. Une de celles dont elle avait le secret.

    Elle avait tout prévu : la méthode, le lieu, ce qu'il faudrait faire de ses biens. Et même ce fichu mail, envoyé en différé, annonçant qu'elle en finissait avec la vie.

    Ensuite, il a fallu affronter la pitié des habitants de Plouc-la-ville. Faire face aux questions que je lisais sur tous les visages.

    Oui, Meg était ma meilleure amie.

    Non, je n'étais pas au courant.

    Pourquoi ne m'avait-elle rien dit? Elle avait eu besoin de moi, et je n'avais pas été à la hauteur.

    Pourtant, j'étais là.

     

    Auteur : Gayle Forman

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 09 septembre 2015

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Dans « Si je reste » Gayle Forman traitait du coma, du choix de vivre ou mourir et du deuil, dans « Là où j’irais » plus de la reconstruction après un drame. Dans « J’étais là », elle s’attaque au suicide, sujet tout aussi délicat à traiter.
    Après le décès de son amie, Cody l’idéalise un peu. Elle refuse d’accepter que Meg ait pu agir différemment à Seattle de ce qu’elle avait toujours fait dans leur petite ville ; elle refuse également d’imaginer une seule seconde que quiconque dans cette ville ait pu connaitre une Meg différente de celle qu’elle connaissait. Pour elle, il n’y a qu’une Meg et c’est celle qu’elle connait par cœur, celle qui est son amie depuis le jardin d’enfants, celle dont les parents l’ont pratiquement élevée, elle qui a une mère totalement dénué du moindre instinct maternel et pas de père.
    Après une interrogation du petit frère de Meg, Cody en est persuadée : Meg n’aurait jamais eu l’idée de se suicider, c’est donc que quelqu’un l’y a poussé.
    Elle a tellement besoin que son amie ne l’ait pas abandonnée de son propre chef, qu’elle saute sur ce que dit un gamin de 10 ans comme s’il détenait la moindre parcelle de vérité. Elle en oublie qu’il est lui aussi dans ce cas : il cherche une preuve que sa sœur ne l’a pas abandonné volontairement, qu’elle était manipulée.
    Cody va aller chercher les affaires de Meg, et compte en profiter pour se renseigner un peu, mais elle tombe de haut : la Meg qu’on lui décrit n’a rien à voir avec son amie.
    Immédiatement, elle en conclu que ces gens, qui ont vécu avec Meg pendant des mois, ne la connaissait pas et n’ont donc pas leur mot à dire sur sa copine.
    Cody est complètement repliée sur elle-même. Si je comprends son besoin de chercher une explication rationnelle à l’acte de Meg, je ne comprends pas qu’elle n’informe pas les parents de cette dernière de ses découvertes au fur et à mesure qu’elle les fait. Ils sont quand même les premiers concernés, non ?

    Une chose qu’on ne peut pas retirer à Cody, c’est qu’elle est tenace. Elle va très très loin pour comprendre ce qui est arrivé à Meg, mais elle est aussi un peu naïve. Heureusement, elle est entourée. Et va se rendre compte qu’elle peut bien plus compter sur sa mère que ce qu’elle croyait.
    Au travers de la quête de Cody pour comprendre Meg, Gayle Forman la fait passer par toutes les étapes du deuil.
    Cody va devoir admettre qu’elle n’était pas dans la tête de Meg, que celle-ci ne lui disait pas tout. Mais surtout elle va devoir se pardonner d’avoir été là, et de n’avoir rien vu. Parce que parfois, il est impossible de voir quoi que ce soit.
    Le roman a un petit côté polar, avec Cody prête à tout pour découvrir la vérité.
    Pour une fois, je n’ai pas pleuré. Peut-être parce qu’on n’a pas l’occasion de voir Meg et Cody ensemble, de ressentir leur amitié. J’ai eu l’impression de ne pas connaitre Meg, de ne pas la découvrir réellement. Je suis restée concentrée sur Cody.
    Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’émotions dans ce roman, mais la quête de Cody et le côté positif (que Cody reprenne sa vie et fasse le deuil de son amie) m’a empêchée de lâcher les grandes eaux.

    Un extrait : Le lendemain de la mort de Meg, j’ai reçu le mail suivant :

    J’ai le regret de vous informer qu’il m’a fallu en finir avec la vie. Cette décision, je l’ai prise il y a longtemps. Elle m’appartient entièrement. Je sais qu’elle vous causera du chagrin et j’en suis désolée, mais comprenez que je devais mettre un terme à mes souffrances. Ça n’a rien à voir avec vous, et tout avec moi. Ce n’est pas votre faute.

    Meg.

     

    Elle en avait envoyé une copie à ses parents et une au commissariat de Tacoma, cette dernière accompagnée d’une note indiquant aux policiers dans quelle chambre de quel motel ils la trouveraient, quel poison elle avait absorbé et comment les employés de la morgue pouvaient sans risques récupérer son cadavre. Sur son oreiller, un mot ordonnait à la femme de ménage de prévenir les secours et de ne pas toucher à son corps. Elle y avait joint cinquante dollars de pourboire.

    Elle avait veillé à expédier ses messages en différé. Ainsi, elle serait bel et bien morte quand nous les recevrions.

    Ces détails, je ne les ai appris que plus tard, bien sûr. En découvrant sa lettre d’adieu sur l’ordinateur de la bibliothèque municipale, j’ai cru à une farce. À un mauvais canular. Je l’ai appelée. Comme elle ne répondait pas, j’ai contacté ses parents.

    — Vous avez eu le mail de Meg ? leur ai-je demandé.

    — Quel mail ?

     

  • [Livre] Le joyau – T03 – La clé noire

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    Résumé : L'avenir se bâtit sur les ruines du passé.

    Cela fait trop longtemps que Violet et les habitants des anneaux extérieurs de la Cité solitaire sont soumis au moindre caprice de la noblesse du Joyau. La société secrète connue sous le nom de la Clé Noire s'apprête à lancer l'offensive pour renverser ces dirigeants cruels et corrompus.

    Violet a conscience du rôle crucial qu'elle doit jouer dans cette révolte, mais c'est une raison encore plus personnelle qui la pousse à s'engager corps et âme pour la cause.

     

    Auteur : Amy Ewing

     

    Edition : Robert Laffont

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 24 novembre 2016

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : J’ai retrouvé avec plaisir les personnages d’Amy Ewing pour la fin de cette trilogie pleine de magie et de rebondissement.
    Violet m’a énervée dans ce tome. Je comprends qu’elle veuille s’impliquer et prendre des risques, au vu des circonstances. Sa décision de s’introduire dans le joyau est tout à fait légitime mais sa manière d’agir vis-à-vis de ses compagnons, elle, laisse un peu à désirer.
    D’abord, j’ai trouvé qu’elle ne discutait avec personne, elle se pose en chef, prend des décisions sans consulter quiconque et les mets devant le fait accompli.
    De plus, elle agit comme si elle était la seule à pouvoir prendre des risques, comme si ses pouvoirs la rendaient unique. Alors déjà elle n’est pas la seule à avoir des pouvoirs, et ensuite, il y a bon nombre de membres de la clé noire qui se battait, sans pouvoir, pour leur liberté, quand elle croyait encore au mythe de la maison de retraite pour mères porteuses. Sa réaction envers Ash est à la limite du : « je t’interdis de bouger d’ici, peu importe que tu te sentes inutile, d’ailleurs si je pouvais je te mettrais en laisse. »
    Surtout, elle m’a donné l’impression de ne réfléchir qu’après avoir agi. Parfois, je l’ai comprise, car elle se devait de réagir rapidement, sans avoir le temps de peser le pour et le contre, et dans d’autre cas, j’ai trouvé qu’elle s’exposait inutilement. D’ailleurs ses actes vont parfois avoir de graves conséquences.
    J’ai un peu regretté qu’on voit si peu les personnages auxquels on s’était attachés dans les deux premiers tomes.
    Garnett a murit, il sait ce qu’il fait, ou en tout cas il donne drôlement bien le change.
    La date butoir, à savoir la prochaine vente aux enchères qui va avoir lieu en avance par rapport à la date habituelle, donne une certaine tension car on ne sait pas si les protectrices seront prêtes à temps. De plus on a la crainte que des choses soient changées au dernier moment à cause des attentats par des rebelles dont on ne sait pas trop s’ils sont indépendants ou des membres de la clé noire qui font plus ou moins sécession.
    Il y a plusieurs morts dans ce tome, dont deux auxquelles je ne m’attendais vraiment pas et qui m’ont fait pleurer toutes les larmes de mon corps.
    Quand on rentre dans l’action, la vraie, celle qui casse tout sur son passage, on est en plein dans la magie, tout va très vite et les protectrices vont déployer tout leur potentiel. Mais j’ai bien apprécié que l’auteur n’en fasse pas des filles indestructibles. Certaines ne s’en sortiront pas. Ca me paraissait évident, mais parfois, les auteurs ont du mal à tuer leurs personnages. Ce n’est pas le cas d’Amy Ewing, elle ne nous aura rien épargné, ou presque dans ce tome qui clôt en beauté cette trilogie.
    Le seul petit bémol est l’absence d’épilogue et donc l’absence de visibilité sur les conséquences de la révolution.

    Un extrait : La date de la prochaine Vente aux Enchères ayant été avancée d’octobre à avril, le Cercle de la Clé Noire – les forces rebelles de la Cité solitaire dirigées par Lucien – travaille d’arrache-pied pour rallier un maximum de personnes à notre cause, stocker armes et explosifs, et infiltrer les bastions de la royauté dans les cercles extérieurs.

    Toutefois, tous ces efforts seront vains si la royauté peut rester cachée, retranchée derrière le mur d’enceinte massif qui protège le Joyau. C’est là que nous intervenons. Nous, les mères porteuses. Nous sommes plus puissantes lorsque nous unissons nos forces. Nous devons rassembler autant de filles que possible pour détruire ce mur infranchissable. Pour arracher à la royauté son bouclier principal. Pour permettre au peuple de pénétrer dans le Joyau.

    Raven et moi sommes allées dans les quatre instituts, accompagnées des mères porteuses que Lucien a exfiltrées du Joyau – Sienna, Olive et Indi. Northgate fut de loin le pire, avec son sol glacé constitué d’acier et de pierre, ses uniformes ternes et son règlement draconien interdisant toute possession d’effets personnels. Pas étonnant que Sienna en garde un souvenir épouvantable. Elle y est retournée à reculons, or nous avions vraiment besoin d’un guide, d’une personne qui connaisse non seulement les lieux mais aussi les autres pensionnaires.

    Nous les avons prises à part par petits groupes et leur avons ouvert les yeux ; nous leur avons montré comment se connecter aux éléments, leur révélant ainsi leur véritable nature – au-delà du simple rôle de mère porteuse. Raven possède un pouvoir unique et intangible – celui d’accéder à un lieu sacré, une falaise qui surplombe l’océan. Elle est notamment capable d’y transporter d’autres personnes. C’est un endroit en dehors du réel, magique, où les filles telles que nous peuvent s’unir instantanément aux éléments de la nature. J’y suis moi-même allée un nombre incalculable de fois au cours des derniers mois.

    Avec Raven, je me tiens à présent devant mon ancien institut, que je contemple d’un air songeur. Nous devons choisir prudemment celles avec qui nous partagerons notre secret – uniquement celles qui vont se rendre aux Enchères, qui seront à bord des trains en direction du Joyau. Lucien nous a fourni les listes de noms.

    Contrairement à la Maison des compagnons, Southgate ne possède aucune entrée secrète ; aucun régimentaire ne patrouille alentour non plus. Southgate est une forteresse plantée au beau milieu d’une mer de taudis décrépits aux murs de boue séchée. Le Marais me paraît encore plus triste que dans mes souvenirs. L’odeur de soufre de la gadoue à mes pieds, les arbres épars et rachitiques, les masures délabrées… La pauvreté est omniprésente, elle saute aux yeux, vous assaille avec brutalité. Une réalité dont je n’ai vraiment pris conscience qu’à partir du moment où j’ai commencé à vivre dans le Joyau.

     

  • [Livre] Et si...

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    Résumé : Quand Cal retrouve Nicole à des milliers de kilomètres de leur ville natale, il n’en croit pas ses yeux. Son amie d’enfance dont il a toujours été amoureux prétend s’appeler Nyelle, et son caractère semble à l’opposé de ce qu’elle était. Qui est vraiment Nyelle ? Nicole, frappée d’amnésie ? Un simple sosie ? La seule chose dont Cal est sûr, c’est qu’il ne peut plus vivre sans elle…

     

    Auteur : Rebecca Donovan

     

    Edition : PKJ

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 01 octobre 2016

     

    Prix moyen : 18,50€

     

    Mon avis : Lu pendant le weekend à lire de Mars, ce livre a été mon coup de cœur de la semaine (et peut être même du mois).
    Le récit alterne entre le présent qui est du point de vue de Cal, et le passé, du moment où Nicole a emménagé dans leur petite bourgade jusqu’à la fin du lycée, qui est raconté alternativement du point de vue de Nicole et de celui de Richelle.
    Dès les premiers souvenirs de Nicole et Richelle, on ressent un vrai malaise dans la famille de Nicole. Un malaise qui tourne autour du père, même si la mère n’est pas en reste.
    Au fil de la lecture de ces souvenirs, le malaise se précise. Le père est un personnage qu’on ne peut que détester, et pourtant on ne le voit que deux ou trois fois, il est la plupart du temps évoqué par son épouse ou par Nicole.
    On voit que la vie de Nicole est quasiment insupportable. Il y a une telle pression qui pèse sur ses épaules. Des parents pareils ne devraient pas avoir le droit de voir leurs enfants sans la surveillance d’un tiers.
    D’ailleurs, un des derniers souvenirs de Cal, avant que Nicole ne disparaisse, est une dispute entre la jeune fille et ses parents. C’est très frustrant pour le lecteur, car d’une part cal ne se souvient de cette scène que par bribes (il était saoul quand il a entendu la dispute) et d’autre part, il n’a pas tous les éléments, n’ayant pas été présent lors de la scène, mais ayant juste entendu les éclats de voix depuis la rue. Et ce n’est qu’à la quasi fin du livre qu’on saura ce qu’il s’est exactement passé ce soir-là.
    Autre mystère : le déménagement précipité de la famille de Richelle. Je veux bien qu’un père puisse être muté, surtout aux USA. Mais de là à déménager dans la précipitation, sans même laisser le temps à leur fille de faire ses adieux à ses amis ? Il y a quelque chose autour de ce déménagement, et j’ai passé le livre à essayer de comprendre quoi. Mais Je m’attendais à tout sauf à la réponse que j’ai fini par avoir !
    Le mystère principal auquel on est confronté est : Est-ce que Nyelle est Nicole ?
    Cal semble en être persuadé mais quand on voit le caractère de Nicole dans les souvenirs et qu’on constate celui de Nyelle, on ne peut qu’avoir un doute.
    Si tel est le cas, se pose alors la question de savoir pourquoi elle se fait passer pour une autre ? Pourquoi elle prétend qu’elle n’est pas Nicole ? Pourquoi tant de mystères ?
    J’ai adoré le personnage de Nyelle, qui est pleine de vie et à multiple facettes, même si c’était parfois agaçant d’avoir l’impression d’avoir une anguille en face de Cal.
    Cal aussi est attachant, surtout avec son problème majeur : il ne sait pas dire non à une fille, ce qui fait qu’il a partout des ex qui lui en veulent.
    J’ai eu un peu plus de mal avec Rae, que j’ai trouvée agressive et péremptoire.
    La romance entre Cal et Nyelle est bien amenée, de même que les révélations de la fin. Tout au long du livre, on a des indices qui sont distillés, ce qui fait que la fin n’est pas une totale surprise, mais le voir écrit noir sur blanc dissipe les doutes qu’on aurait pu avoir.
    J’ai bien aimé le fait que tout le mystère ne soit pas concentré sur l’identité de Nyelle. Le roman va bien au-delà de ça et, au final, cette révélation-là est presque secondaire.
    J’avais déjà eu un coup de cœur pour la trilogie « ma raison d’espérer » du même auteur, et là, rebelote. Je pense que Rebecca Donovan est bien partie pour être, comme Jennifer Brown, un auteur coup de cœur pour moi.
    Avec ce roman plein d’émotions, elle me donne envie de découvrir au plus vite sa prochaine histoire (c’est tout juste si on lui laisse le temps de l’écrire !)

    Un extrait : En faisant la queue chez Bean Buzz, je sens qu’il me faut à tout prix de la caféine pour me secouer. J’ai joué à fond mon rôle d’étudiant bourré… Ça ne m’arrive pas souvent. C’était vraiment n’importe quoi, cette soirée.

    Je remercie Mel quand elle me tend mon gobelet. En marchant vers la porte, les paupières mi-closes, j’ai l’impression d’être un somnambule. Je me concentre sur la lumière qui provient de la sortie, et je m’efforce d’avancer dans cette direction.

    — Cal ?

    J’écarquille les yeux et j’inspire profondément par le nez afin de me concentrer. Carly est devant moi. Comment savait-elle que je serais ici ? Je ne l’ai jamais emmenée chez Bean Buzz. Je n’y ai jamais invité de filles. J’ai choisi exprès un café situé loin du campus pour ne pas tomber par hasard sur l’une d’elles.

    — Carly, mais qu’est-ce que tu fais ici ?

    Je suis trop surpris pour le cacher.

    — Euh, je prends un café ? répond-elle en soulevant son gobelet.

    — Ah, bah oui ! dis-je avec un léger hochement de tête.

    Je me sens vraiment stupide.

    — T’as une seconde ? J’aurais bien aimé qu’on parle.

    — Euh…

    J’ai déjà du mal à tenir debout, alors parler…

    — J’en ai pas pour longtemps, promis.

    — OK.

    Je la suis à contrecœur jusqu’à une table devant la baie vitrée. Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre. J’imagine qu’elle veut s’excuser d’avoir cassé comme ça avec moi la veille.

    — Je crois que j’ai fait une erreur, dit-elle alors que je m’assieds. Je n’aurais pas dû te plaquer.

    Pour une surprise, c’est une surprise.

    Voyant que je reste bouche bée, elle poursuit :

    — Je crois que j’ai flippé parce que je commence à avoir des sentiments pour toi. Mais après ton départ hier soir, je me suis rendu compte que le campus grouillait de gros blaireaux. Tu n’es pas comme eux. J’ai fait une bêtise, et j’aimerais qu’on se donne une seconde chance.

    Je ne suis pas assez lucide pour affronter un truc pareil. Alors j’essaie de gagner du temps en buvant lentement mon café tout en évitant soigneusement de regarder la fille assise en face de moi qui attend ma réponse. C’est alors que je vois les yeux bleus incroyables de la nuit dernière. Ils me scrutent depuis le canapé en cuir à l’autre bout du café – mais sans le masque. Carly me ramène à la réalité : — Cal ?

    — Pas possible ! je murmure, subjugué.

    — Quoi ? me demande Carly, prise de panique. Ça veut dire non ?

    — Désolé.

    Je me remets de mes émotions, et je me force à détourner le regard.

    — Euh, j’ai cru voir… Laisse tomber !

    Je secoue la tête et tente de me concentrer sur la conversation. La nuit dernière, cette fille m’a montré la porte. Alors je l’ai prise. De toute façon, notre histoire n’aurait pas duré beaucoup plus longtemps, surtout si elle attendait plus de moi.

    J’inspire un petit coup avant de répondre :

    — En fait, non. On ne peut pas se remettre ensemble.

    — Hein ? Quoi ?

    Carly plisse les yeux.

    — Pourquoi ?

    — Désolée, Carly. Ce n’est pas possible.

    Je me lève et je m’en vais sans attendre sa réaction. Je devrais continuer mon chemin et sortir. Mais au lieu de ça, je traverse le café jusqu’au canapé en cuir marron où la fille de la nuit dernière, sans masque, est en train de lire, les pieds posés sur la table basse.

    Et puis je reste planté devant elle à la regarder. Elle ne me remarque pas, et c’est sans doute mieux car j’ai vraiment l’air d’un pauvre type. Je suis à court de mots parce que je me trouve devant Nicole Bentley. Et en même temps, cette fille paraît… différente. Elle ne ressemble pas exactement à celle qui a emménagé dans mon quartier il y a quinze ans. Peut-être que ce n’est pas elle. Je ne vois pas ce qu’elle ferait ici. Mais… ces yeux-là, ce sont les siens.