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Livres

  • [Livre] Après la fin

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    Résumé : Tiphaine et Sylvain vivent ensemble depuis presque 20 ans. Ils ont connu des moments merveilleux et ont surmonté main dans la main des épreuves difficiles. Comme tant d’autres époux… Aujourd’hui leur couple bat de l’aile et élever Milo, leur fils de 15 ans, n’est pas une partie de plaisir. Une situation qui pourrait être très classique… Si Milo n’était pas leur fils adoptif. Si Milo n’était pas le fils de leur ancien voisin David qui s’est suicidé dans sa propre maison. Si Milo n’était pas le meilleur ami de Maxime, leur fils, décédé brutalement à l’âge de 7 ans. Si Milo n’avait pas hérité de la maison de son père dans laquelle vit désormais la nouvelle famille recomposée. Et si une nouvelle voisine n’était pas venue s’installer précisément dans leur ancienne maison, de l’autre côté de la haie, avec un petit garçon de 7 ans…


    Auteur : Barbara Abel

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 09 Avril 2015

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : L’histoire prend place 8 ans après les événements de « derrière la haine ». Tiphaine et Sylvain, tuteurs légaux de Milo, aujourd’hui âgé de 15 ans, se sont installés dans la maison dont a hérité ce dernier, puisque eux-mêmes n’étaient que locataires de la maison voisine. Aujourd’hui, leur ancienne maison va de nouveau être occupée. C’est Nora, jeune quadra récemment séparée de son avocat de mari, qui s’installe avec ses deux enfants, parmi lesquels Nassim, petit garçon de 7 ans, exactement l’âge de l’enfant qu’on perdu Laetitia et Sylvain et qui, par un hasard cruel, va s’installer dans la même chambre.
    Comme souvent dans les romans de Barbara Abel, je n’ai trouvé quasiment aucun personnage attachant. Ines et Nassim sont mignons mais m’ont laissé plutôt indifférente, Tiphaine est horrible à tout point de vue, Sylvain est un faible, le mari ne Nora est un pervers narcissique, Nora, je l’aimais bien jusqu’à une décision qui est juste inadmissible. Milo est finalement celui qui est le plus attachant. Le jeune homme est hostile envers tous, mais on finit par en connaitre la raison et on ne peut qu’avoir de l’empathie pour lui.
    Le livre a été un coup de cœur à la hauteur de celui ressenti pour le premier volet. Il peut éventuellement être lu seul, car l’auteur dispense régulièrement des rappels des précédents évènements, mais honnêtement, ce serait bête de passer à côté du premier livre.
    Le côté malsain de Tiphaine est encore plus développé que dans « derrière la haine », peut-être parce que, suite à ses actes laissés sans conséquences, elle se sent toute puissante est n’a donc plus aucune barrière à sa folie.
    Comme toujours dans les livres de Barbara Abel, on se demande jusqu’où la perversité des personnages peut aller sans qu’aucune conséquence ne vienne les foudroyer en plein vol. Clairement, pour Tiphaine, j’ai eu l’impression d’un monstre mythologique que rien ni personne ne peut arrêter.
    A chaque page, je me disais, là c’est la bonne, elle va commettre une erreur et elle va devoir rendre des comptes. Mais à chaque fois, d’une pirouette, elle semblait réussir à se poser en victime.
    Plus on avance dans le livre, plus la tension devient insoutenable et l’auteur ne nous fait pas l’aumône d’un trait d’humour pour détendre l’atmosphère. On tourne les pages de plus en plus vite, tant pour savoir ce qu’il va se passer, que dans l’espoir de voir cette tension enfin s’apaiser.
    Au final, si cette suite est aussi bien tournée que le premier tome, je l’ai trouvé aussi plus sombre, plus pesante.
    Dans tous les cas, je continue à être une grande fan de Barbara Abel et j’ai déjà un autre de ses livres en ligne de mire !

     

    Un extrait : Un lundi soir comme tant d’autres. Au commissariat central d’une petite ville de banlieue, pas loin de Paris, Didier Parmentier, l’agent de permanence, feuillette son journal. La soirée est calme, à peine une plainte pour tapage nocturne – alors qu’il n’est même pas 22 heures –, une déclaration de perte de portefeuille et un début de bagarre dans un bistrot des environs. Encore une longue nuit qui se profile, avec pour seuls compagnons le crépitement de la centrale radio et les quelques allées et venues des collègues en patrouille… Pas grave, Didier a prévu le coup. Il referme le journal et allume son iPad sur lequel il entame une partie de solitaire. Histoire de se mettre en forme. Ensuite, il passera aux choses sérieuses : Tetris, Max Awesome et Angry Birds Friends. Se connectera sûrement sur Facebook pour voir les news et bavarder en discussion instantanée avec un contact virtuel ou un ami réel.

    La sonnerie du téléphone le fait sursauter. Il détourne aussitôt les yeux de la tablette et s’empare du combiné.

    — Commissariat de police, j’écoute !

    À l’autre bout de la ligne, une voix de femme, ou plutôt un souffle, entre anhélation et chuchotement. Ton oppressé, débit saccadé.

    — S’il vous plaît, venez vite ! J’ai entendu du bruit en bas et…, commence-t-elle à la seconde où Didier achève sa formule d’introduction.

    Elle s’interrompt, le tourment aux aguets, comme à l’écoute d’une menace. La voix paraît réellement paniquée. Un murmure asphyxié par l’angoisse. Un hoquet de terreur. Semble vouloir se faire aussi discrète que possible, craignant d’être repérée. Et derrière le timbre glacé de la frayeur, il y a la respiration : courte, serrée, affolée.

    Didier perçoit l’urgence du besoin, celui d’être entendue d’abord, comprise ensuite, rassurée enfin.

    — Je vous écoute, madame. De quoi s’agit-il ?

    — Il faut venir, maintenant, tout de suite ! Il y a du bruit au rez-de-chaussée, quelqu’un est entré chez moi et… je suis presque certaine que c’est ma voisine…

    — Votre voisine ? Vous avez des problèmes de voisinage ?

    — S’il vous plaît, ne me laissez pas seule ! Elle… Elle est entrée par le jardin, je crois… Par la porte-fenêtre… Elle me déteste ! Elle m’a déjà menacée plusieurs fois… Je pense qu’elle veut se débarrasser de moi !

    — Restez calme, madame, nous arrivons tout de suite. Donnez-moi votre nom et votre adresse.

    La voix énonce ses coordonnées complètes, manquant céder à la panique lorsque Didier lui demande d’épeler son nom de famille. Le policier l’exhorte au calme, tente de la rassurer, lui promet qu’une patrouille sera rapidement sur les lieux.

    — Dépêchez-vous, je vous en supplie ! Et si je ne vous ouvre pas, défoncez la porte ! ajoute-t-elle dans un souffle.

    Didier s’apprête à lui proposer de rester en ligne jusqu’à l’arrivée de ses confrères, quand la communication est brutalement interrompue. Alors, sans perdre un instant, il communique par radio toutes les informations nécessaires pour agir au plus vite.

    — Motif de l’appel ? lui demande son collègue en ligne.

    — Problème de voisinage. Ça a l’air sérieux.

     

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  • [Livre] Le roi des fauves

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    Résumé : Poussés par une famine sans précédent, trois amis, Kaya, Ivar et Oswald, prennent le risque de braconner sur les terres de leur seigneur, mais son fils les surprend. Au terme d’une lutte acharnée, ils laissent le noble pour mort. Capturés et jugés pour tentative de meurtre, les trois amis sont condamnés à ingérer un parasite qui va les transformer en « berserkirs ». Au bout de sept jours de lente métamorphose, ils seront devenus des hommes-bêtes, et leur raison s’abîmera dans une rage inextinguible. Le temps de cette transformation, ils sont enfermés dans Hadarfell, un ancien royaume abandonné, dont le passé et l’histoire ont été engloutis par le temps…


    Auteur : Aurélie Wellenstein

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 09 Mars 2017

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Le roi des fauves est le premier livre que je lis de cet auteur. Et pour un coup d’essai, c’est un coup de maître.
    J’ai vraiment eu un coup de cœur pour l’écriture d’Aurélie Wellenstein. L’univers du roi des fauves est sombre, violent et angoissant. On est dans un monde médiéval, nordique voire viking si on en croit les termes assez spécifiques de Jarl, walkyries ou encore berzerkirs qui semble être tiré de Berserk (fou furieux en néerlandais). Les prénoms (Ivar, Oswald, Hilde…) renforcent cette idée de vikings. La population meurt de faim tandis que les jarls et les hauts-rois vivent dans l’aisance.
    Kaya, jeune couturière, convainc ses amis Oswald, herboriste, et Ivar, apprenti forgeron, de se glisser dans les bois appartenant au Jarl pour y dénicher un peu de gibier.
    Repéré et poursuivi par le jeune Jarl, ils sont, après une course poursuite à l’issue tragique, arrêté et emmené à la capitale pour être jugés.
    Là, le Jarl, un homme d’une cruauté exceptionnelle pour quelqu’un d’aussi jeune, décide d’épargner leur vie, non pas dans un acte de bonté, mais pour s’assurer que leurs souffrances soient plus vives, plus longues. Il décide qu’ils seront transformés en Berzekirs, ces créatures mi-hommes, mi-animaux, qui sont investis en permanence d’une rage dévastatrice, et maintenus sous contrôle grâce à la magie runique.
    La transformation dure approximativement 7 jours. C’est donc le délai qu’il reste à Ivar, Kaya et Oswald pour trouver le mystérieux roi des fauves, qui leur a promis, dans une vision, de les aider à surmonter le destin qu’on leur impose.
    Un long voyage doublé d’une course contre la montre commence alors. Les dangers sont multiples dans le sombre royaume des berzerkirs : il y a de nombreuses bêtes féroces qui vivent là, la faim, la soif, le froid, mais surtout, il y a ce changement inéluctable qui se produit en eux, lentement, insidieusement.
    C’est cette lutte contre eux même qui est le plus intéressant des aspects de ce livre. Aurélie Wellenstein la décrit avec beaucoup de finesse. La transformation de leur esprit est encore plus importante que celle du corps, mais si celle-ci reste impressionnante.
    J’ai beaucoup aimé Ivar, qui se bat avec une incroyable maitrise contre ces changements qu’il refuse, et Oswald et Hilde, même si elle a un rôle plus secondaire, qui sont plus doux, plus humains au sens figuré du terme. En revanche, j’ai eu beaucoup plus de ma avec Kaya. Certes je comprends qu’elle ressente toute l’injustice de la situation, mais j’ai trouvé qu’elle avait tendance à en vouloir aux autres en oubliant ses propres responsabilités. Elle est dure, inutilement méchante, et je pense que la forme animale que prend le berzerkir est révélateur du caractère de la personne. Bref, je ne l’ai pas aimée.
    J’ai passé un excellent moment avec ce roman, j’ai dû me forcer à le poser pour dormir, et je me suis replongée dedans à peine réveillée. J’ai deux autres de ses livres dans ma PAL, et j’ai hâte de me plonger dedans en espérant aimer autant !

     

    Un extrait : L’aube grisaillait à l’horizon quand Ivar quitta la forge. Soufflant dans son col pour se réchauffer, il s’engouffra dans les étroites ruelles du village. À cette heure, la grande majorité du bourg dormait encore et le jeune homme comptait sortir sans être vu. Par sécurité, il rasait les murs, son arc et ses flèches dissimulés sous son manteau. Il se demandait si ses amis avaient réussi à trouver le sommeil. Lui avait tourné et retourné leur projet insensé dans sa tête durant toute la nuit. Quand il s’était finalement levé, il était résolu à prévenir son père, mais bien sûr, il n’en avait rien fait. Il n’avait même pas eu le courage de réveiller le forgeron. Le pauvre homme était endormi devant la table vide de leur salle à manger, la tête sur les bras. À ce stade, l’accabler d’un fardeau supplémentaire relevait de la cruauté…

    Le jeune homme soupira et enfonça ses poings dans ses poches. Il devait avoir l’air si préoccupé qu’il se réjouit d’être seul, son expression noyée dans l’ombre ardoise des murs. Devant ses amis tout à l’heure, il lui faudrait faire meilleure figure.

    Ivar ralentit brièvement devant la boutique de l’herboriste, mais ne trouva personne. Oswald était déjà parti ou bien il se terrait chez lui. Le jeune homme allongea de nouveau l’allure. Un peu d’agacement colorait sa nervosité. Pourquoi s’entêtait-il à vouloir mêler son père à son dilemme ? Ce soir, il le mettrait devant le fait accompli, et voilà tout. À dix-sept ans, il était grand temps qu’il prenne ses responsabilités. Son père l’avait protégé et nourri jusqu’alors ; c’était à son tour à présent.

    Tout à ses pensées, il tourna trop rapidement l’angle de la rue et déboucha sur la place du marché : une poignée d’artisans relevaient déjà les volets de leurs boutiques. Ivar ne put s’empêcher d’effleurer la petite bosse que formait l’arc derrière son épaule. Il avait l’impression qu’un seul coup d’œil le trahirait.

    Allez, avance, s’ordonna-t-il.

    Il fit le premier pas, le plus difficile, et les autres suivirent. Il traversa la place, le dos droit, l’air dégagé. Les artisans lui jetèrent à peine un regard, ce qui bizarrement lui causa une déception trouble, comme si une partie de lui-même souhaitait être arrêtée. Mais était-ce si étrange ? Ne valait-il pas mieux se faire sermonner maintenant que condamner pour vol dans quelques heures ? Il rentrerait chez lui et redeviendrait ce qu’il était : un simple apprenti forgeron et non un braconnier se faufilant sur les terres du Jarl pour lui ravir du gibier…

     

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  • [Livre] Vis ma vie avec un utérus

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    Résumé : Fin 2014, le hashtag Payetonuterus affole la toile. Les femmes dénoncent enfin leurs pires expériences chez le gynéco. Depuis, les témoignages se multiplient. Ce livre retrace le parcours gynécologique des femmes, de la première consultation à la dernière, en évoquant les grands moments : contraception, grossesse, accouchement, etc. En donnant la parole aux femmes, en partageant leurs histoires, nous ne cherchons pas à pointer du doigt les professionnels de santé mais simplement montrer aux victimes qu’elles ne sont plus seules. Vis ma vie avec un utérus aborde les violences obstétricales tout en offrant des conseils pratiques. Être une femme, cela se mérite !


    Auteur : Emmanuelle Friedmann

     

    Edition : Pygmalion

     

    Genre : Documentaire

     

    Date de parution : 27 février 2019

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Au vu du sujet et du résumé, j’attendais beaucoup de ce livre… trop peut-être.
    La première chose qui m’a sauté aux yeux est un nombre assez important de coquilles par rapport à la petite taille du livre. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est agaçant, ça donne l’impression que le sujet n’a pas été jugé suffisamment important pour valoir l’emploi d’un correcteur efficace.

    Dans le quatrième de couverture, il est fait état de conseils pratiques concernant les violences obstétricales.

    Pourtant, je n’ai trouvé aucun conseils, seulement des réflexions sur de courts témoignages, réflexions qui m’ont parfois mises mal à l’aise tant elles semblaient aller dans le sens de ce que l’auteur dénonce.

    Alors peut-être que l’auteur a voulu employer un ton sarcastique pour se moquer de ceux qui pensent ainsi, mais à certains moments, j’ai eu quelques doutes.
    Au mieux, l’auteur se montre maladroite et franchement, c’est un sujet qui ne supporte pas la maladresse.

    Concernant le contenu du livre, je trouve qu’une simple compilation de témoignages, c’est un peu léger pour un livre sur un sujet aussi sérieux et qui est quand même vendu 18€, ce n’est pas un prix modique).
    Alors, il est certain que lire les expériences vécues par d’autres peut permettre à celles qui ont été victimes de ces médecins « indélicats » de se sentir moins seules et que cela peut leur permettre de surmonter le traumatisme, mais, vraiment, j’en attendais plus.

    A tout le moins, plutôt qu’un encart me disant que chez le gynéco, il faut se détendre, j’aurais préféré avoir des infos sur les recours que peut avoir une patiente face à cette violence, des noms et coordonnées d’association de soutien, sur comment récupérer un dossier médical chez un médecin qui n’a pas très envie de le rendre… Bref, j’attendais de vrais conseils, utiles et concrets, et pas juste une compilation de témoignage que j’aurais aussi bien pu lire dans n’importe quel magazine féminin.
    Les témoignages étaient intéressants, bien qu’effrayant en ce sens qu’on se demande comment des personnes ayant prêté serment peuvent se comporter ainsi, mais je ressors de ma lecture mitigée et vaguement déçue.

     

    Un extrait : « À chaque question que je posais à ma gynéco, elle levait les yeux au ciel. Je ne savais pas si c’était parce qu’elle pensait que ce que je lui demandais était stupide ou si c’était parce que je lui faisais perdre du temps sur son planning, genre, c’est dix minutes la consultation et il ne faut pas les dépasser ! Je n’ai eu aucune réponse claire quant à l’hérédité du cancer du sein, ni à l’intérêt du vaccin contre le cancer du col de l’utérus. L’année suivante, je suis allée consulter une autre gynéco recommandée par une copine de fac, qui a passé avec moi le temps nécessaire. »

     

    Cette première visite chez le gynéco est très importante. Une jeune femme qui se sera sentie soutenue, écoutée n’aura-t-elle pas tendance à davantage faire attention à sa santé dans ce domaine, à confier ses doutes, à consulter plus souvent ? Une jeune femme qui s’est sentie humiliée lors de cette consultation, n’aura-t-elle pas tendance à éviter de se confier sur son intimité ? Pensera-t-elle seulement qu’il est légitime d’évoquer des douleurs durant les rapports sexuels, son embarras à propos d’une mycose, etc. ? Combien de temps attendra-t-elle avant d’y retourner ?

    Ce rendez-vous est également l’occasion de pouvoir clarifier les questions que l’on se pose, il est donc important de trouver un praticien auquel on pourra se confier sans se sentir jugée

     

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  • [Livre] L'autre soeur

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    Résumé : Quand la sœur aînée de Nico, Sarah, disparaît mystérieusement, sa famille est dévastée. Quatre années ont passé, et chacun a commencé à faire son deuil. Jusqu'au jour où elle réapparaît... Amnésique, mais vivante. Pareille et différente. Au fil des jours et des semaines, Nico en vient à se demander s'il ne s'agit pas d'une imposture. Comment réagir si c'est le cas ?


    Auteur : Cylin Busby

     

    Edition : Milan

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 24 Janvier 2018

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Même si la façon d’aller du point A au point B est différente, j’ai trouvé que ce roman, sorti en VO en 2016 ressemble étrangement à Perdue et retrouvée de Cat Clarke, sorti l’année précédente. De là à penser que l’un des auteurs s’est allégrement inspiré de l’autre, il n’y a qu’un pas.
    La base de l’histoire est la même et la fin est étrangement similaire, et, même si le traitement du sujet n’est pas tout à fait identique, je n’ai quand même pas pu, tout au long de ma lecture, me débarrasser de cette impression de déjà-vu (ou de déjà-lu, en l’occurrence).
    Peut-être que des lecteurs plus jeunes auront moins cette impression mais pour moi, c’était flagrant.
    L’écriture est agréable et le style sert bien ce thriller écrit du point de vue de la jeune sœur de Sarah, Nico.

    Pour lire le passage suivant caché, vous avez juste à le surligner. Sans révéler la fin, il en dit pas mal sur le déroulé de l’intrigue, donc, ne le lisez pas si vous ne voulez rien savoir, vous êtes prévenus.
    Si vous ne voulez pas lire ce passage, dépassez-le sans le surligner pour lire la fin de la chronique.

    *spoiler*
    La disparue, Sarah, était tout sauf une fille bien : méprisante, calculatrice, méchante, cruelle, elle menait la vie dure aussi bien à ses parents qu’à ses amis. Mais sa cible préférée, celle qu’elle aimait par-dessus tout humilier et bousculer, c’était Nico, sa petite sœur de 4 ans sa cadette.
    Aussi Nico, depuis la disparition de Sarah est partagée entre divers sentiments : la tristesse, surtout devant le désespoir de ses parents, le soulagement de ne plus être une victime de la cruauté de son aînée, et l’angoisse permanente de ne pas être assez parfaite pour ses parents, de leur causer inquiétude et soucis.
    Quand Sarah réapparaît, après 4 ans d’absence, les sentiments de Nico sont encore plus mélangés : Joie, soulagement, mais aussi méfiance et un certain découragement. Jusqu’à ce qu’elle se rende compte que la Sarah qui est revenue n’a pas grand-chose à voir avec la Sarah qui est revenue. La nouvelle Sarah est gentille, attentionnée, complice, à l’écoute… une vraie grande sœur quoi. Certes elle est amnésique et a grandi de quatre ans. De plus on peut imaginer que les épreuves qu’elle a traversé ont dû la faire encore plus mûrir.
    Nico devrait être contente des nouvelles dispositions de sa sœur. Et pourtant le doute s’installe dans un coin de son esprit : est-ce que cette nouvelle sœur est bien Sarah ?
    A partir de cette question fondamentale, l’auteur s’amuse à nous balader dans tous les sens. A chaque fois qu’on a l’impression d’avoir une preuve formelle de l’imposture de la jeune femme, une explication rationnelle est avancée, qui nous ramène au fait qu’il est possible que ce soit bien Sarah. Et inversement, à chaque fois qu’on a un élément qui nous fait dire : Ah oui, c’est Sarah, on a un petit quelque chose qui vient nous coller un doute.
    * fin spoiler *

    Entre les chapitres racontés du point de vue de Nico, s’insère parfois des chapitres du point de vue de Sarah, qui nous relatent ce que la jeune fille a pu subir. Ce n’est que vers la fin que ces chapitres nous révéleront la vérité.

    A partir du moment où la vérité est révélée, le reste est assez prévisible mais j’ai quand même eu quelques surprises de la part de Nico.
    L’auteur a vraiment bien traité les conséquences de la disparition d’un enfant sur son entourage, de même que les conséquences de son retour. Elle décrit avec beaucoup de justesse les sentiments mélangés de Nico vis-à-vis de sa sœur.
    J’ai aussi beaucoup aimé son approche de la réaction de la famille face à l’amnésie de Sarah. Avec d’un côté les médecins qui disent qu’il ne faut pas la forcer, que si le cerveau a provoqué cette amnésie c’est qu’il y a une raison et qu’il faut laisser le temps aux souvenirs de remonter à la surface ou pas, et d’un autre côté l’entourage qui ne supporte pas de rester dans l’ignorance et la police qui voudrait clore son enquête. J’imagine à quel point ça doit être difficile pour des parents de ne pas insister pour voir les souvenirs remonter, surtout quand l’amnésie ne touche pas uniquement les années du drame mais tout le passé. Le désir de retrouver la vie d’avant se voit dans les réactions de la mère de Sarah face à ses amis, elle aimerait que leur relation reprenne exactement là où elle s’est arrêtée sans tenir compte du fait qu’ils ont tous grandis et que les amis de Sarah ont continué leur vie sans elle.
    L’auteur s’est inspiré d’un fait réel pour écrire ce roman, mais je vous conseille de le lire avant de chercher à savoir lequel et de lire quoi que ce soit dessus (Parce que sinon, vous aurez la réponse à la plus grande question du roman !).

     

    Un extrait : Ma sœur était morte, je le savais. Je le sentais dans mon corps, jusque dans mes os. Après tout, c’étaient aussi un peu les siens. Nous avions les mêmes parents, le même ADN, ces gènes qui façonnent notre identité. Je lui ressemblais physiquement, comme une jumelle plus jeune de quelques années. Avec nos longs cheveux blonds et nos yeux noisette, nous étions toutes les deux le portrait craché de Maman à l’époque du lycée. Quand je me regardais dans le miroir, je voyais non seulement mon propre reflet mais aussi le sien : son visage sur les avis de recherche placardés dans tout Mapleview quatre ans plus tôt, ainsi qu’aux informations télévisées et dans les journaux nationaux. Maintenant que je ne portais plus d’appareil dentaire, je pouvais même sourire comme elle sur notre dernière photo de famille. C’était le sourire d’une fille capitaine des pom-pom girls, qui sortait avec un garçon plus âgé et avait des secrets. Je voulais vraiment croire que Sarah était encore en vie, m’accrocher à cet espoir comme Maman. Alors j’essayais d’imaginer son retour à la maison d’un jour à l’autre. Mais la nuit, je perdais tout espoir. Dans mes cauchemars, je voyais les horreurs infligées aux filles comme Sarah. Quand je me réveillais, avec ces terribles images encore à l’esprit et mon cœur qui battait la chamade, je restais couchée dans mon lit à regarder la lumière des phares des quelques voitures passer sur le plafond et les murs de ma chambre. Je songeais aux passagers de ces voitures. D’où venaient-ils et où allaient-ils, si tard dans la nuit ? À quoi ressemblait leur vie, sans l’immense vide laissé par la disparition d’un membre de leur famille ? Je tentais de me représenter ma sœur aujourd’hui : plus âgée, les cheveux plus longs ou plus courts, aussi bronzée que la dernière fois où je l’avais vue. À mesure que les jours s’écoulaient, le poids de son absence se faisait de plus en plus lourd. Les semaines devinrent des mois, puis des années. Je connaissais la vérité, mais ne pourrais jamais la révéler à personne. Je savais que la chambre sombre à côté de la mienne resterait vide, porte close, car cette fois Sarah ne reviendrait pas.

     

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  • [Livre] Moi Simon, 16 ans, Homo Sapiens

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    Résumé : Simon Spier, 16 ans, est gay. Personne n’est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c’est bien à l’abri derrière l’écran de son ordinateur. C’est sur un chat qu’il a « rencontré » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui. Simplement :

    1/ Ils fréquentent le même lycée.

    2/ Blue est irrésistible.

    3/ Il l’apprécie énormément. (Pour être tout à fait honnête, Simon commence même à être un peu accro.)

    Simon commet alors une erreur monumentale : il oublie de fermer sa session sur l’ordi du lycée. Résultat ? Martin, un de ses camarades de classe, sait désormais que Simon est gay. Soit Simon lui arrange un coup avec sa meilleure amie, soit Marin révèle son secret à la terre entière. Problème réglé ? Pas si sûr…


    Auteur : Becky Albertalli

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 15 Avril 2015

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Franchement, j’ai trouvé ce livre plaisant à lire mais loin d’être aussi bien qu’on pourrait s’y attendre en voyant les avis des lecteurs. Pour moi, le fait qu’il mette en scène un homosexuel en personnage principal ne suffit pas à faire de lui un livre exceptionnel.
    J’ai trouvé que l’entourage de Simon était trop stéréotypé, comme si l’auteur avait besoin de personnages ayant des caractéristiques particulières pour que son personnage gay devienne normal. Je ne pense pas qu’il avait besoin de ça, au contraire. Là on dirait qu’il dit : bon, ok, les gay c’est pas normal, essayons de le normaliser. J’aurais nettement préféré que Simon évolue dans un groupe constitués de plus de mecs blanc hétéros, pour bien montrer que rien ne le distingue d’eux, hormis son orientation sexuelle.
    Par exemple, Simon a une excellente amie, douée, talentueuse et qui est, bien malgré elle, le départ de ses ennuis. Mais pourquoi l’auteur ressent-il le besoin de rappeler à tout bout de champs qu’elle est noire ? Comme si la couleur de sa peau était la condition à sa réaction face au coming out de Simon.
    De plus, pour un roman censé parler de la quête de l’identité, ce livre est étonnamment lisse. Sérieusement, la plus grosse angoisse de Simon concernant son coming out, c’est que ses parents soient trop « enthousiastes » et en parlent ? Allez dire ça à tous les jeunes hommes qui ont peur de se retrouver à la rue ou pire ? Je ne dis pas que les parents de Simon auraient du mal réagir, mais les « angoisses » de Simon m’ont semblées vides de sens.
    Bon après, je ne suis pas la plus grande fan de littérature homosexuelle qui soit, tout simplement parce que quand je lis une romance, j’ai besoin de m’identifier à un personnage pour apprécier le livre et que du coup, il me faut une romance hétérosexuelle. Mais je trouve anormal qu’il y ait si peut de romance homosexuelle sur le marché (et je parle de romance, pas de quasi porno, merci bien), parce que si j’ai besoin de pouvoir m’identifier, je ne doute pas qu’un homosexuel, femme ou homme, a besoin de la même chose.
    Mais ce roman, je n’arrive pas à lui trouver une « case ». Ce n’est pas vraiment de la romance (un peu, mais sans plus) et côté livre engagé sur l’homosexualité, c’est un peu comme si on faisait de oui-oui va à l’école un livre engagé pour l’éducation…
    J’ai quand même bien aimé les réactions de la prof de théâtre face aux moqueries cruelles dont Simon est la cible après son coming out. Si tous les profs pouvaient réagir ainsi, sans la moindre concession, plus d’adolescents oseraient envisager de vivre leur sexualité au grand jour.
    Bon ça reste un livre qui se lit vite et qui n’est pas désagréable, mais il ne faut pas lui en demander pour plus que ce qu’il est : une bluette adolescente sympathique mais sans grand intérêt.

     

    Un extrait : C’est une conversation étrangement subtile. Tout juste si je m’aperçois du chantage.

    Nous sommes dans les coulisses, assis sur des chaises pliantes en métal, quand Martin Addison m’annonce :

    — J’ai lu tes mails.

    — Quoi ?

    Je lève la tête.

    — Tout à l’heure. À la bibliothèque. Sans le faire exprès, bien sûr.

    — Tu as lu mes mails ?

    — Disons que j’ai utilisé l’ordi juste après toi, et quand je suis allé sur Gmail, ton compte s’est ouvert. Tu aurais dû te déconnecter.

    Je le dévisage, médusé.

    — Pourquoi ce pseudo ? demande-t-il en martelant le pied de sa chaise.

    Merde, excellente question. À quoi bon utiliser un pseudonyme si le premier clown venu perce à jour mon identité secrète ?

    Il a dû me voir devant l’ordinateur, je suppose.

    Et je suppose que je suis le roi des crétins.

    C’est qu’il sourit, en plus.

    — Enfin bref, ça t’intéressera sans doute de savoir que mon frère est gay.

    — Euh, pas particulièrement.

    Il me fixe. Je demande :

    — Qu’est-ce que tu essaies de me dire ?

    — Rien. Écoute, Spier, ça ne me pose aucun problème, à moi. Disons que je m’en contrefiche.

    Sauf que c’est quand même une petite catastrophe. Voire un foutu cataclysme, suivant la capacité de Martin à la fermer.

    — C’est vraiment gênant, dit-il.

    Je ne sais même pas quoi répondre.

    — Enfin, reprend-il, tu n’as clairement pas envie que ça se sache.

    Franchement… Je suppose que non. Même si le coming out ne me fait pas peur. Oui, bien sûr, plus gênant tu meurs, et on ne va pas se leurrer, je ne suis pas pressé d’y être. Mais ça ne sera pas la fin du monde. Pas pour moi.

    Le problème, c’est que ça serait délicat pour Blue. Si jamais Martin venait à parler.

    Martin Addison. Il fallait que ce soit lui qui se connecte à Gmail après moi ! Comprenez : jamais je n’aurais utilisé l’ordi de la bibliothèque si j’avais pu me connecter au Wi-Fi depuis mon portable. Or c’était un de ces jours où je n’avais pas la patience d’attendre d’être rentré pour lire mes messages. Je ne pouvais même pas attendre de sortir sur le parking pour consulter mon téléphone.

    Parce que j’avais écrit à Blue depuis ma boîte secrète le matin même. Un mail plutôt important.

    Je voulais simplement voir s’il m’avait répondu.

     

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  • [Livre] Nous les filles de nulle part

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    Résumé : Grace vient d'entrer au lycée de Prescott après avoir déménagé. Dans la chambre de sa nouvelle maison, elle découvre des mots griffés sur le mur : Aidez-moi. Tuez-moi, je suis déjà morte.
    Ces mots, c'est Lucy, qui les a tracés. Lucy, qui a accusé trois garçons de Prescott de l'avoir violée. Lucy, qui a été traitée de menteuse par le reste du lycée. Lucy, que la police n'a pas écoutée. Lucy, qui a fui la ville avec ses parents.
    Très vite, Grace comprend que cette violence s'exerce à tous les niveaux dans la ville de Prescott : quand les joueurs de l'équipe de foot notent le physique des filles qui passent devant eux ; quand son amie Rosina doit éviter les avances des clients du restaurant où elle travaille ; et surtout sur le blog du moment, « Les vrais mecs de Prescott » dont la ligne éditoriale consiste principalement à considérer les femmes comme des objets.
    Grace, Erin et Rosina sont décidées à agir, mais elles ne peuvent le faire seules.


    Auteur : Amy Reed

     

    Edition : Albin Michel

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 28 Février 2018

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Une adolescente dont la famille a dû quitter leur petite ville à cause de l’intégrisme religieux de la congrégation principale, Grace, arrive dans la ville de Prescott. Dans sa nouvelle chambre, elle trouve des phrases gravées sur le mur qui lui semble être autant d’appel à l’aide. Elle se renseigne auprès de ses nouvelles camarades et apprend qu’une jeune fille nommée Lucy a dû quitter la ville avec ses parents après avoir accusé trois garçons populaires de viol et n’avoir pas été cru.
    L’affaire semble avoir été oubliée par tous, d’autant plus que l’attitude agressive des garçons envers les filles parait être la norme dans cette ville. Rosina, une amie de Grace, en veut pour preuve un blog internet : Les vrais mecs de Prescott, qui est une litanie d’attaques contre la population féminine. Le blogueur, qui porte le pseudo révélateur de MâleAlpha451 (Enfin, selon leur définition d’Alpha) y détaille ses « conquêtes » ou plutôt ses agressions, ses opinions bien tranchées sur les filles et femmes et enfin ses conseils pour que les jeunes hommes moins bien informés que lui puisse devenir les saloparts parfaits.
    Grace décide de se battre contre cette situation. On se doute bien que son combat va faire des émules et que les filles vont, avec plus ou moins de difficultés pour s’entendre, s’allier contre les garçons.
    Et même si ce combat semé d’embûches est édifiant et devrait être mené par toutes celles qui sont victimes ou témoins de ce genre de situations, ce n’est pas ce qui m’a le plus marquée dans ce livre.
    En premier lieu, j’ai été choquée par la violence des rapports existant entre Rosina et sa mère. Comment devenir une femme épanouie quand on vous serine à longueur de journée que si vous n’êtes pas la boniche de la famille, vous êtes une sous-merde ?
    Et puis surtout, j’ai eu de la peine pour les garçons. Oui, ne me lapidez pas ! Je m’explique. Bien sûr, ils semblent avoir la vie parfaite, dénuée de toute conséquence et dédiée uniquement à leur plaisir. Mais ça, c’est à Prescott. Une petite ville qu’ils voudront peut-être quitter un jour pour aller dans des villes comme New York, Boston, Philadelphie… Bref des villes où le chef de la police n’a pas tous les pouvoirs.
    Ce que je veux dire, c’est que ces garçons ont toujours vécu ici, dans cette ville qui vit quasiment en autarcie. Il a une scène, dans le restaurant où travaille Rosina, qui est assez édifiante à ce sujet. Quand toutes les figures d’autorité : parents, pasteur, chef de la police, proviseur (qui est une femme, c’est à noter), coach, journalistes, et j’en passe, vous disent, depuis que vous êtes en culottes courtes, que vous avez tous les droits, que l’autre sexe est à votre service, comment voulez-vous développer un respect pour autrui ?
    Je ne dis pas que ces garçons ne méritent pas la sanction qui leur pend au nez, je dis juste qu’ils ne devraient pas être les seuls sur le banc des accusés. Parce qu’on les a conditionné à devenir des violeurs en puissance.
    Bon après, rien qu’à cause de l’existence du blog, je me suis demandé pourquoi personne n’avait contacté le FBI, puisque les attaques sur internet relèvent de leur compétence, ou pourquoi personne, devant l’attitude du chef de la police de Prescott n’est pas allé voir le sheriff du comté ou la police d’Etat.
    Bon, évidement, pendant tout le livre, j’ai enragé contre les garçons, j’aurais aimé qu’ils se prennent une bonne rouste maison pour leur remettre les idées en place ; mais je crois que j’ai encore davantage enragé contre ces adultes, pas seulement inutiles, pas seulement complaisants, mais carrément complices.
    Amy Reed n’a pas commis l’erreur de faire du combat de ces filles un truc facile, au contraire. Elles en bavent mais elles ne lâchent rien

     

    Un extrait : Le camion de déménagement ouvre sa porte coulissante pour la première fois depuis le départ d’Adeline (Kentucky), relâchant l’air ranci du petit bled sudiste où vivait Grace Salter, quand sa mère était encore une dévouée animatrice d’église baptiste. Pas officiellement « pasteure », car, dans la Convention des baptistes du Sud, une femme ne pouvait prétendre ni au titre ni à la rémunération nettement supérieure, malgré un doctorat en théologie et une décennie passée au service de la paroisse. Tout a changé dans la vie de Grace le jour où sa mère s’est cogné la tête en tombant de cheval : la commotion cérébrale a déclenché une expérience spirituelle libératrice qui l’a aidée à entendre la vraie voix du Seigneur (selon sa mère), a fichu leur vie en l’air et les a fait expulser d’Adeline (selon la fille).
    Canapés, lits et commodes sont à leur place approximative dans la nouvelle maison. La mère de Grace commence à déballer ce qui ira dans la cuisine. Son père cherche un livreur de pizza sur son téléphone. Grace monte un escalier raide et grinçant pour rejoindre la chambre qu’elle n’a jamais visitée avant aujourd’hui, la chambre que ses parents n’ont vue que sur les photos envoyées par l’agent immobilier, la chambre qui lui est destinée, elle le comprend à la peinture jaune des murs et aux décalcomanies de fleurs violettes.
    Elle s’assoit sur son vieux matelas une place, avec une seule envie : se rouler en boule et dormir, mais elle ne sait pas où sont ses draps. Après cinq journées de route non-stop, de fast-foods et de chambres de motel partagées avec ses parents, elle voudrait fermer sa porte et ne pas ressortir avant longtemps.
    S’asseoir sur des cartons de vaisselle pour manger de la pizza sur une serviette en papier, très peu pour elle.
    Couchée sur son lit, elle regarde le plafond nu. Elle étudie une tache faite par une fuite d’eau dans un angle. On est début septembre, donc officiellement c’est encore l’été, mais l’Oregon est connu pour être humide en toute saison, une particularité que Grace a découverte au cours de ses décevantes recherches sur Internet. Elle se demande si elle devrait essayer de dégoter un seau à poser par terre en cas de fuite. « Toujours prêt », n’est-ce pas la devise des boy scouts ?
    Elle n’en sait rien : elle était chez les guides. Dans sa troupe, on apprenait plutôt à tricoter ou à faire de la pâte d’amande.
    Grace tourne la tête pour regarder par la fenêtre, mais son regard accroche la texture du mur, sous le rebord blanc. Quelques mots gravés, comme ceux d’un prisonnier dans une cellule, qui traversent les couches de jaune écaillé, puis de bleu, puis de blanc : des mots tout frais, tranchant à travers des décennies de peinture.

    Qu’on me tue tout de suite,

    Je suis déjà morte.

    Son souffle se bloque dans sa gorge tandis qu’elle fixe l’inscription, qu’elle lit la douleur d’une inconnue qui a dû vivre, respirer et dormir dans cette chambre.
    Son lit était-il exactement au même endroit que celui-ci ? Son corps occupait-il cette position dans l’espace, là où se trouve maintenant celui de Grace ?
    Comme ils sont intimes, ces mots minuscules. Comme il doit falloir se sentir seule pour envoyer cet appel à quelqu’un qu’on ne voit même pas.

     

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  • [Livre] Les sœurs Carmine – T03 - Dolorine à l’école

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    Résumé : Dolorine Carmine fait sa rentrée des classes dans un pensionnat et découvre avec stupeur qu'aucun fantôme ne hante ce lieu. Miss Elizabeth, l'inquiétante institutrice, y est peut-être pour quelque chose.


    Auteur : Ariel Holzl

     

    Edition : Mnémos (Naos)

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 24 Mai 2018

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Encore une fois, on change totalement de ton dans ce troisième tome des sœurs Carmine. Et pour cause, si le précédent était raconté du point de vue de la sociopathe Tristabelle, ici, c’est l’innocente et naïve Dolorine, qui du haut de ses 8/10 ans nous raconte ses premiers pas au pensionnat.
    Car oui, dans ce tome, on quitte Grisaille même pour aller au fin fond des Laments dans un pensionnant isolé en pleine campagne. Déjà en temps normal, je serais plutôt sceptique à l’idée d’enfermer une bande de gamins avec des instituteurs sortis de je ne sais où sans moyen de joindre qui que ce soit, mais dans les Laments… avec tout ce qui traîne dans le coin… y’a intérêt à barder les mômes de couteaux, dagues et autres objets de premières nécessités !
    C’est assez perturbant de lire une histoire dans un registre plus enfantin que les précédentes, du fait de l’âge de sa narratrice, et de voir parler allégrement de meurtre, de mutilation, de sang et d’entrailles…
    Malgré leur jeune âge, les camarades de Dolorine sont déjà versés dans l’art du complot et de la manipulation. Ils sont aussi d’une froideur incroyable, plus intéressés par leurs biens matériels qu’à leur entourage.
    Dolorine est adorable mais d’une naïveté et d’une ignorance déconcertante. Elle comprend la moitié des mots et des expressions de travers et leur donne une signification souvent bien éloignée de la leur. Il y a une ou deux fois où il a fallu que je réfléchisse pour retrouver l’expression d’origine après qu’elle soit passée par la micro cervelle de Dolorine.
    Bien qu’on finisse par voir les trois sœurs être réunies, la quasi-absence de Merryvère et surtout de Tristabelle se fait sentir dans cet opus. L’humour grinçant et la morale toute particulière de l’aînée des Carmine m’a vraiment manqué.
    Ce tome est supposé être le dernier de la saga (oui trois sœur, trois livres, ça reste assez logique) mais j’espère vraiment qu’il y aura une suite, un dérivé, n’importe quoi, parce que je reste pleines de questions notamment sur les ambitions démesurées de Tristabelle et sur cette famille Amécrin, qui semble avoir disparue, mais dont on retrouve des traces importantes dans le sang de Dolorine. Et comme Carmine est une anagramme d’Amecrin (ou Amecrin est une anagramme de Carmine, c’est vous qui voyez), et bien, je veux en savoir plus !
    De même que j’aimerais en savoir plus sur maman Carmine et sur bébé Dram… bref, il y a tout un tas de questions sans réponses qui justifieraient amplement l’écriture d’une nouvelle histoire sur la famille Carmine !
    J’espère qu’Ariel Holzl laissera mûrir cette idée dans le bon sens !

     

    Un extrait : Monsieur Nyx aima le vieux pensionnat au premier coup d’œil. Dolorine, moins.
    Le manoir flottait au loin dans la brume, tout croulant et lugubre à souhait.
    Mais ça, ça lui plaisait bien…
    Le problème, c’était le trajet : une bonne heure de fiacre pour sortir de la ville, puis une heure de plus à travers les Laments. La longueur du voyage lui fit – enfin – prendre conscience qu’elle devrait dormir ailleurs qu’à la maison. Et, surtout, dans un autre lit que le sien. Ses rêves risquaient d’être tout chamboulés.
    Maman lui avait pourtant déjà expliqué la situation. Mais Dolorine n’avait écouté que d’une oreille, trop excitée à l’idée d’aller à l’école. La rentrée lui semblait plus mystérieuse qu’un périple vers un autre continent !
    Seulement, maintenant, Dolorine se rendait compte que les continents mystérieux, c’était pas la porte à côté. Elle allait se retrouver si loin de ses sœurs, de Maman et du bébé…
    Le nez pressé contre la vitre, la fillette serra contre elle Monsieur Nyx. Sa fidèle poupée boudait, comme souvent. Dolorine décida donc de compter les vaches.
    Il y en avait des troupeaux entiers, qui regardaient passer le fiacre en broutant l’herbe sombre. Mais comme la plupart des vaches possédaient deux têtes, Dolorine se perdit vite dans ses calculs.
    Elle se mit debout sur la banquette et colla son oreille au plafond de la voiture.
    C’était pour mieux entendre les jurons du cocher. Monsieur Nyx lui avait conseillé d’en apprendre autant que possible avant de commencer les cours.
    A son grand dam, Dolorine n’entendit que le bringuebalement des roues, les hennissements des chevaux et le claquement du fouet. La présence sur le toit de sa grande sœur Merryvère empêchait le cocher de jurer comme… disons… un « charretier » ? Ou peut-être qu’il se contentait de postillonner, à la place ? Oui, sûrement ! Maman appelait bien les cochers des « postillons », parfois…
    Dolorine ne comprenait pas encore très bien les subtilités entre ces différents conducteurs de chevaux. Mais une chose était certaine : tout ce qui sortait de leur bouche semblait tenir une importance capitale dans leur profession. En particulier, les insultes et la chique.

     

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  • [Livre] Prise au piège

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    Résumé : Qui est cette femme dont le corps a été retrouvé dans un casier à crabes au fond des eaux froides du Puget Sound ? Pour retrouver son tueur, Tracy Crosswhite doit découvrir l’identité de la victime, malgré les efforts de cette dernière pour la garder secrète. Que cherchait-elle à fuir ? Plus Tracy Crosswhite plonge dans le passé de la victime, plus les indices se révèlent contradictoires et mènent à de fausses pistes. Avec l'équipe de l'Unité des crimes violents de la police de Seattle, elle se retrouve confrontée à une affaire sombre et complexe, faite de trahison et de cupidité, qui la renvoie au souvenir douloureux du meurtre de sa propre sœur. Hantée par ce drame, Tracy est prête à tout pour affronter le meurtrier, quitte à mettre sa vie en jeu


    Auteur : Robert Dugoni

     

    Edition : Amazon Crossing

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 13 mars 2018

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : Comme dans les précédents livres de Robert Dugoni, l’histoire se déroule en alternance entre présent et passé bien que cette dernière partie finisse par rejoindre le récit au présent. Contrairement aux autres tomes, ici les passages dans le passé ne sont pas des récits à la 3ème personne mais le point de vue à la première personne d’un des protagonistes, qui commence bien avant le début de l’enquête.
    On pourrait se dire que, grâce à ce presque journal intime, on aurait une longueur d’avance sur Tracy et son équipe, mais en fait, non. Enfin, on sait que certains points sont exacts ou non avant eux, mais au final, ça ne nous donne aucun avantage dans cette enquête qui nous balade de fausse piste en fausse piste.
    Côté enquêteurs, j’ai été contente d’en apprendre un peu plus sur l’équipe (oui, même sur Nolasco). L’évolution du couple que forment Dan et Tracy est sans surprise, mais comme c’est quand même ce qu’on a envie de voir, ce n’est pas grave. Et puis des surprises, il y en a bien assez du côté de l’enquête !
    Entre les guerres de juridiction et les multiples fausses pistes, l’enquête est plus complexe que celles des précédents livres.
    Les chapitres sont relativement courts mais se terminent toujours sur un élément qui ne donne qu’une envie : entamer le suivant. Le résultat est que le livre est difficile à lâcher et que son rythme ne s’essouffle jamais.
    Pour une fois, Tracy est moins sur la sellette que d’habitude dans son travail. Elle ne rentre pas vraiment dans le rang, mais elle semble avoir appris à présenter les choses de manière diplomate plutôt que de foncer dans le tas. Et si Nolasco ne la soutien pas plus que d’habitude, il ne cherche pas à toute force à la faire virer pour une fois (peut être que lui aussi a appris à surveiller son attitude !).
    Les lieux sont décrits à la perfection, nous donnant l’impression de découvrir en vrai le lac, le phare, les restaurants… sans pour autant que ces description ne soient trop présentes et ne viennent prendre le pas sur l’enquête en créant des longueurs.
    Ne pas avoir lu les précédents tomes ne gène pas la lecture, l’enquête étant totalement indépendante et les divers évènements ayant eu lieu précédemment sur le plan de la vie personnelle des protagonistes étant rappelés par de discrètes mentions qui s’insèrent parfaitement dans le récit sans qu’on ait l’impression d’avoir un encart : « dans les épisodes précédents » (en mode séries télévisées).
    Le livre se termine sur un événement personnel qu’on attendait beaucoup pour Tracy, et, au vu de ses dernières interrogations, on attend avec impatience le prochain tome, qui, si Tracy obtient ce qu’elle souhaite dans sa vie personnelle, risque d’être assez intéressant !

     

    Un extrait : Tracy Crosswhite gara son pick-up Ford F-150 face au nord sur Beach Drive SW, ramena ses cheveux en arrière et les noua rapidement en queue-de-cheval avec un élastique. Elle ne portait plus que rarement une queue-de-cheval. À quarante-trois ans, elle ne tenait pas à ressembler à ces femmes qui voulaient encore se donner l’air d’une vingtaine guillerette ; à cette heure matinale, elle ne se sentait guère guillerette, et se fichait pas mal de son apparence. Elle ne s’était pas douchée, et n’avait pas pris la peine de se maquiller.

    Elle ouvrit l’application bloc-notes de son mobile, et fit défiler l’écran juste en dessous de sa première entrée. Elle avait dicté l’heure à laquelle elle avait reçu l’appel de Billy Williams, son sergent à l’Unité des crimes violents de la police de Seattle. Elle activa la touche du micro et annonça : « Heure : 5 h 45. Garée sur Beach Drive SW près de Cormorant Cove ».

    Williams l’avait appelée environ vingt minutes plus tôt. Les répartiteurs avaient reçu un appel d’urgence à propos d’un corps retrouvé dans le Puget Sound, et le crâne de la mort était suspendu dans l’alcôve de Tracy – un vrai faux crâne que les enquêteurs accrochaient à l’alcôve de l’équipe de la Criminelle désignée de garde ; dans le cas présent, Tracy et son équipier, Kinsington Rowe. Williams lui avait dit qu’il continuait de collecter les faits, mais quelqu’un avait signalé la découverte du corps près de Cormorant Cove, qui se trouvait à quelques kilomètres à peine de la maison que louait Tracy dans l’Admiral District, à West Seattle. Elle avait battu tout le monde de vitesse, à l’exception des agents qui avaient répondu à l’appel, dont les voitures de patrouille étaient garées de l’autre côté de la rue, dans le sens opposé.

    Tracy descendit de la cabine du pick-up. Le croissant d’une lune pâlissante dans un ciel bleu clair lui souriait. La température déjà agréable présageait d’une nouvelle journée de chaleur désagréable. Au bout de six jours au-dessus de 32 oC, ce mois de juin s’annonçait comme le plus chaud jamais enregistré.

    Tracy dicta une nouvelle note : « Le temps est clair, pas de vent notable. » Elle consulta son application météo et ajouta : « 11, 6 oC à West Seattle ».

    Un samedi matin, les plages et la promenade surélevée n’allaient pas tarder à grouiller de chiens accompagnés de leurs maîtres, de joggeurs et de familles en balade. La rencontre avec un cadavre sur la plage allait sacrément refroidir leur début de week-end.

     

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  • [Livre] Là où elle repose

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    Résumé : À Ridgedale, petite ville aisée du New Jersey, le corps d’un bébé est retrouvé dans les bois voisins de l’université. Malgré toutes les rumeurs et les hypothèses que ne manque pas de susciter le drame, personne ne connaît l’identité de la fillette et encore moins les raisons de sa mort. Molly Anderson, journaliste indépendante récemment arrivée avec son mari et sa fille, est recrutée par le journal local pour couvrir le fait divers. Une affaire, pour la jeune femme, qui réveille un tourment douloureux. En effet, elle a perdu un bébé et ne s’est jamais vraiment remise de cette épreuve… Or, ses investigations vont mettre à jour certains secrets bien enfouis de cette petite communauté aux apparences si convenables.


    Auteur : Kimberly McCreight

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 06 Septembre 2017

     

    Prix moyen : 8,6€

     

    Mon avis : Tout commence avec la découverte du corps d’un nouveau-né sur la berge d’un ruisseau traversant une petite ville universitaire. Molly, une ancienne avocate reconvertie dans le journalisme, va être chargée de couvrir l’affaire, un peu par hasard car elle ne couvre d’ordinaire pas les faits divers. Cette affaire n’est pas facile pour elle car elle a fait un avortement spontanée tardif et a donc du accoucher d’un bébé mort-né, ce qu’elle a très mal vécu, culpabilisant beaucoup de ne pas avoir senti que son bébé était en train de mourir dans son ventre.
    Dans cette affaire, ses instincts d’avocate vont prendre une grande place. Ayant beaucoup travaillé avec des femmes enceintes en détresse, elle est plus dans le questionnement et la prévention que dans le désir de vengeance comme bon nombre des lecteurs du magazine en ligne. D’ailleurs, les commentaires sont tellement odieux, mais tellement réels, que je me demande si ceux qui ont tendance à laisser ce genre de messages et qui ont lu le livre se sont rendu compte d’à quel point ils sont méchants et ridicules avec leurs certitudes toutes faites et leurs instincts de charognards.
    On s’attache très vite à Molly qui, malgré le traumatisme qu’elle a vécu, refuse de laisser tomber cette affaire et veut en faire une occasion de relever la tête une bonne fois pour toute.
    Son mari, Justin, l’a beaucoup soutenu au moment de la mort du bébé mais il est assez réticent de la voir travailler sur une telle affaire. Il semble craindre qu’elle ne soit pas capable de le supporter et qu’elle s’effondre de nouveau.
    J’ai beaucoup aimé Sandy, une jeune fille pourvu d’une mère marginale et qui lutte pour s’en sortir.
    En revanche, je n’ai pas pu supporter Barbara. Cette femme est affreuse, totalement horrible, et je n’arrive pas à comprendre que personne ne la remette une bonne fois pour toute à sa place. J’ai eu envie de lui envoyer des paires de claques à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche !
    En plus de l’enquête policière sur le bébé, on aborde divers sujets comme les démons du passé et la sécurité sur les campus, qui rechignent à impliquer la police dans des affaires qu’ils considèrent comme relevant strictement de la discipline universitaire y compris lorsqu’il s’agit de crime tels que les viols ou les agressions sexuelles.
    J’ai trouvé que, tout en étant différent, puisque sur un autre sujet, le roman était plus ou moins construit comme le premier livre de l’auteur « Amelia ». Plus psychologique que d’action, l’histoire est bien ficelée et les évènements qui semblent être complétement extérieur à l’enquête se révèle y être lier de manière plus ou moins importante.
    Un excellent thriller.

     

    Un extrait : Ce n’est qu’après coup que je pense au sac et aux serviettes ensanglantées roulées en boule. Ils sont trop volumineux pour que je puisse les enterrer, pourtant je ne peux pas les laisser là. J’aurais peut-être dû mieux me préparer. Davantage penser aux détails. Mais difficile d’être prêt pour quelque chose qu’on ne se serait jamais imaginé faire.

    Je finis par les apporter sur la Route 17. Une benne à ordures, je me dis. Derrière une station-service, peut-être, ou un fast-food. Et ensuite, demain matin, les éboueurs emporteront les preuves. Malheureusement les stations sont toutes encore ouvertes, les restos aussi, les voitures sont garées juste à côté des poubelles, les clients vont et viennent. Trop de témoins. Ce n’est qu’en arrivant à Highlights, le centre de bronzage, que je trouve enfin ce que je cherche. Le centre, fermé, donne à l’arrière sur un terrain vide où une benne est remisée dans un coin sombre reculé.

    Je m’apprête à ouvrir le couvercle, le cœur battant. Du soulagement : c’est ce que je ressens déjà. Presque fini, c’est réglé, basta. Seulement, le couvercle ne bouge pas. Je tire dessus une fois, deux fois. À la deuxième tentative, je fais un geste tellement brusque que je me retourne les ongles. La benne est fermée par une chaîne. Bien verrouillée, histoire d’empêcher quelqu’un comme moi de cacher de vilains secrets à l’intérieur.

    Mais je ne peux pas chercher ailleurs. Pas le temps. Impossible d’attendre une seconde de plus. De faire un pas de plus. Il faut que ça marche. J’ai besoin d’en finir, maintenant.

    Je fais le tour de la benne au pas de course en essayant de trouver une faille. Je finis par tomber sur un bord qui se soulève : juste de quelques centimètres, peut-être assez. Il faut pousser fort pour faire rentrer les serviettes trempées de sang, encore plus fort pour faire passer le sac en toile par la mince ouverture. Je crains un instant qu’il reste coincé. J’appuie dessus de toutes mes forces et il file si vite dans l’interstice que je suis à deux doigts de m’écraser la tête contre le bord de la benne.

    Je retire mes mains d’une secousse, elles sont couvertes de sang. Je crois un instant que c’est le mien. Mais ce n’est pas le mien. C’est celui du bébé. Ça recommence, j’en ai partout, exactement comme il y a une heure.

     

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  • [Livre] On ne meurt pas la bouche pleine

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    Résumé : Alors qu'à Tokyo deux cadavres d'hommes empoisonnés par une substance indécelable embarrassent la police japonaise, en France un commandant de la brigade criminelle est chargé d'élucider la mort d'un riche Japonais lui aussi empoisonné par un produit inconnu. Des deux côtés de la planète, des assassinats qui, a priori, n'ont rien à voir, sauf que... Le commandant Simmeo, passionné d'art, découvre qu'ils sont liés par les yakuzas.

    Voilà la Crim' du 36, quai des Orfèvres obligée de travailler avec son homologue japonaise, aux méthodes bien différentes, pour coincer un coupable qui utilise la cuisine moléculaire pour parvenir à ses fins... Entre Paris et Tokyo, une sidérante plongée dans les eaux troubles de la gastronomie, de la science et du crime.


    Auteur : Odile Bouhier et Thierry Marx

     

    Edition : Plon

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 26 Octobre 2017

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Le titre est accrocheur, le format l’est moins. Il est atypique et ne trouve sa place ni sur l’étagère des poches (même si le texte à l’intérieur est au format poche, laissant de larges bandes blanches en marges démesurées) ni sur celle des grands formats. Ça tombe bien, finalement, qu’il ne m’ait pas assez convaincue pour mériter une place dans ma bibliothèque. Il faut dire que les places sont chères et mes étagères non extensibles, alors maintenant, je suis sans concession, quand un livre ne m’apporte pas ce que j’attendais de lui, il dégage, en espérant faire le bonheur de quelqu’un d’autre.
    L’idée de départ est originale et l’enquête elle-même prenante. On alterne entre France et Japon avant que les différentes parties s’imbriquent parfaitement les unes dans les autres.
    Les personnages sont attachants que ce soit le commandant Simmeo (qui n’est jamais appelé par son grade mais inspecteur ou commissaire par ceux qui, selon lui, regarde trop la télé) ou le chef de la famille yakuza qui évoque un vieux lion fatigué mais encore capable de vous arracher la tête d’un coup de croc.
    Le savoir-faire de Thierry Marx dans le domaine de la cuisine moléculaire sert parfaitement bien cette enquête aux saveurs étranges, et, même si je ne suis pas fan de toutes les associations évoquées, ma curiosité a été éveillée.
    L’écriture d’Odile Bouhier n’est pas désagréable, bien au contraire. Elle nous emporte sur les traces d’un meurtrier calculateur et efficace et nous embarquons dans l’affaire sans problème.
    Mais… car oui, il y a un mais. Pas un gros mais, rédhibitoire et qui fait sortir les yeux des orbites (choix malheureux des termes quand on pense à certaines scènes de ce livre… yerk), mais tout un tas de petits mais, qui font qu’au final je suis arrivée à une indigestion de mais…
    Il y en a deux, en particuliers, qui m’ont fait hausser un sourcil : d’abord, quand un notaire signale a Simmeo que la loi lui impose d’accepter un héritage. Il était si simple de vérifier qu’un héritage peut parfaitement être refusé !
    Le second point constitue un sérieux manque de rigueur. Déjà, la scène n’apporte rien à l’histoire et je ne vois pas bien à quoi elle sert, mais, en l’espace de 10 pages, on a une jeune fille qui est censée être mineure, puis qui a dépassé la majorité, puis qui est mineure à nouveau.
    Du coup, quand je vois de telles négligences sur des choses faciles à vérifier et à écrire correctement, je ne peux m’empêcher de remettre en doute toutes les infos que nous donne l’auteur.
    J’ai de plus trouvé la fin assez peu crédible. Tout ça combiné fait que ce livre ne va pas rester dans les annales. Heureusement que je l’avais acheté d’occasion !

     

    Un extrait : La lumière blafarde ajoutée à l’odeur aigre de peur et d’urine contredisait sans complexe la vue magistrale sur la place que la Concorde ainsi que le luxe déployé dans la somptueuse suite de ce célèbre palace de la ville des lumières. Le Pomelos. Vingt-deux étages de luxe et de sobriété en pleine capitale, un jardin de mille mètres carrés réservé aux clients de ce prestigieux établissement à deux pas des Tuileries, forcément tout le temps complet.
    Décidément, la mort bouffait à tous les râteliers. Achille Simmeo le savait d’expérience.
    Le cadavre, une femme au vu de la poitrine opulente et pointue moulée par la combinaison intégrale en latex, était étendu sur le dos, écartelé, les mains et les chevilles attachées aux pieds du lit. Des seins siliconés, paria Simmeo. La panoplie caricaturale d’une séance sadomasochiste qui aurait mal tourné n’échappa nullement au commandant, qui se garde de tout commentaire. Trop tôt pour des conclusions définitives. Un sac de plastique serré au cou par un large ruban adhésif gris recouvrait la tête. Au niveau du bassin, une vaste auréole tachait le drap.
    Simmeo ne comprenait pas en quoi une combinaison intégrale en latex, cloutée de surcroît, pouvait susciter une quelconque excitation, et il n’avait pas envie de le savoir. Cette matière gluante comme une sangsue le débectait au point qu’il avait développé une sévère allergie. Forcément handicapant lorsqu’il s’agissait d’enfiler les gants de protection en latex, obligatoires sur une scène de crime. Afin de contrer ces démangeaisons intempestives, le policier veillait à toujours garder sur lui une paire de gants 10% soie 90% coton. Au pire des cas, un tube de cette pommade grasse miraculeuse qui l’empêchait de se gratter jusqu’au sang l’attendait toujours quelque part.

     

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