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Livres

  • [Livre] Une famille trop parfaite

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    Résumé : Olivia Brookes et ses trois enfants se sont volatilisés.
    Pourtant, dans leur jolie maison des quartiers chic de Manchester, tout semble normal : la voiture de la jeune femme n'a pas bougé, aucune affaire ne semble manquer. Même le sac à main et le téléphone d'Olivia traînent encore dans la cuisine. Un mystère pour la police.
    Plus étrange encore : l'école assure ne pas avoir vu les enfants depuis plusieurs semaines ; Robert, le mari d'Olivia, semble plus furieux que désespéré ; et surtout, le nom de la jeune femme revient dans une ancienne affaire de disparition.
    Car, deux ans plus tôt, c'est Olivia qui lançait, affolée, un avis de recherche pour retrouver son mari et leurs enfants, dont elle était sans nouvelles...
    Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez les Brookes ? Quels sombres secrets cache cette famille que tout le voisinage pensait si tranquille ?


    Auteur : Rachel Abbott

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2017

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : Après avoir lu « la disparue de Noël », j’avais très envie de lire un autre livre de Rachel Abbott. Une famille trop parfaite se déroule quelques temps avant « la disparue de noël » et on retrouve le même duo de policier. Pour autant, ils ne prennent pas toute la place et restent un peu en retrait par rapport aux personnages qui composent l’intrigue.
    J’ai trouvé ce schéma très intéressant car l’enquête policière est un peu en filigrane de l’histoire. Elle fait avancer les choses sans qu’on ait l’impression d’être plongé dedans et de ne savoir que ce que la police nous révèle.
    Au niveau de l’histoire il a été assez déroutant pour moi de savoir plus ou moins dès le début ce qu’il se passait, de constater que mes  suppositions étaient les bonnes, mais de voir que le récit allait toujours un cran plus loin que ce que j’avais imaginé.
    Les personnages sont attachants, à l’exception de Robert, évidemment. Dès les premières lignes, j’ai été totalement du côté d’Olivia. Clairement Robert m’a déplu dès le premier instant et il m’aurait déplu ainsi même sans le prologue à cause de son attitude avec la police.
    L’auteur montre avec beaucoup de talent a quel point la manipulation psychologique est une forme de maltraitance même quand aucun coup n’est porté au conjoint ou aux enfants.
    Même quand parfois certains éléments paraissent n’avoir rien à voir avec l’histoire, on se rend compte quelque chapitres plus tard qu’ils sont des pièces indispensables au puzzle qui forme la vie de cette famille pas comme les autres.
    J’ai trouvé qu’Olivia avait un courage incroyable. Quand on pense à ce qu’elle a supporté et à ce qu’elle a mis en place pour protéger ses enfants, on se dit qu’elle est vraiment une dure à cuire, même si ce n’est pas perceptible au premier abord.
    J’ai beaucoup aimé que la police ne se cantonne pas à la première impression, qu’ils se méfient de tout et qu’ils remettent en question tout ce qu’on leur disait pour reconstruire ce puzzle. Ca change des livres où la police reste obtuse et braquée sur leurs premières constatations avant de réaliser, souvent suite à un drame, que, Ah, zut, ce n’était pas la bonne interprétation des faits.
    En bref, j’ai adoré ce livre et l’écriture de Rachel Abbott me plait toujours autant. J’ai deviné assez facilement les tenants et les aboutissants de l’histoire, mais ça ne m’a pas dérangé car l’auteur allait toujours plus loin que moi pour aller du point A au point B (Et puis, c’est comme dans Colombo, ce n’est pas parce qu’on connaît le coupable depuis le début que l’histoire n’est pas captivante).
    J’ai repéré deux autres titres de Rachel Abbott et j’ai hâte de me plonger dedans !

     

    Un extrait : Qui habite ici ?
    Cela pourrait être tout le monde et n’importe qui. Mais peut-être faut-il voir dans ce décor une réaction de Robert contre mon ancien appartement, où les murs orange et les tissus vert émeraude cohabitaient joyeusement. Ces couleurs rayonnaient de bonheur. Mais cette pièce, qu’est-ce qu’elle a à dire ?
    Rien.
    J’ai répondu à toutes les questions que le flic m’a posées. Je lui ai expliqué qu’il était impossible que Robert emmène les enfants voir de la famille ou des amis après le repas. Robert et moi n’avons plus de famille. Mes parents sont morts à l’époque où Jaz était bébé, et Robert n’a jamais connu son père. Sa mère est décédée quand il était petit, et ni lui ni moi n’avons de frère ou sœur. Ce sont là les tristes conséquences d’évènements que nous n’avons pas choisis.
    Mais comment expliquer le fait que je ne puisse pas citer un seul nom d’ami qu’il aurait pu aller voir avec les enfants ? Comment avons-nous pu devenir si isolés ? Si seuls ?
    Comment ? Je l’ignore. Je sais pourquoi, en revanche. Robert me veut pour lui toute seule. Il ne peut pas supporter l’idée de me partager avec qui que ce soit.
    J’aurais du me douter que quelque chose n’allait pas quand il m’a dit qu’il voulait sortir sans moi. Il n’avait jamais fait ça auparavant. Si seulement j’avais écouté, vraiment écouté ce qu’il me disait, j’aurais pu arrêter cela avant qu’il ne soit trop tard.
    « Olivia, m’a-t-il dit, il n’y a rien d’étrange à ce qu’un père emmène ses enfants manger des pizzas. D’ailleurs, il y a des pères qui sont toujours seuls avec leurs enfants. »
    Essayait-il de me dire quelque chose ? Avait-il percé à jour mes intentions ? Si mon mari avait été quelqu’un d’autre, n’importe qui, je me serais dit qu’il avait peut-être – peut-être – accepté l’idée que j’envisage de le quitter et qu’il essayait de prouver qu’il pouvait se débrouiller seul. Mais Robert n’est pas n’importe qui. Robert est Robert, et rien n’est jamais simple avec lui.
    Dans ma tête, j’ai passé en revue tous les scénarios possibles, et tous me glacent le sang. J’ignore ce qui est le pire : les images de mes bébés gisant quelque part à moitié morts ou mon autre crainte.
    Celle que je n’ose pas formuler avec des mots.

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  • [Livre] Mort-en-direct.com

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    Résumé : Adrian, professeur de psychologie, apprend qu'il est atteint d'une maladie dégénérative du cerveau provoquant, entre autres symptômes, des hallucinations.

    Un soir, il voit une jeune fille se faire embarquer de force dans une camionnette. Il est le seul à croire à un enlèvement. Sans l'aide de la police, Adrian doit, pour la sauver, recourir à un spécialiste des réseaux souterrains et illégaux : un pervers sexuel en liberté surveillée. Adrian la retrouvera-t-il avant de sombrer dans la folie ?


    Auteur : John Katzenbach

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2013

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Dans ce livre, comme le protagoniste principal, on sait dès le début qu’un crime a été commis. On en sait même plus que lui car dès le début, on connait le nom et les intentions des ravisseurs de Jennifer.
    J’ai été choquée par l’inertie de la police qui part forcément du principe qu’une ado qui disparait ne peut qu’être fugueuse (et limite que si c’est plus que ça, elle l’aurait bien cherché en fuguant) et qui refuse de faire des recherches parce que c’est « compliqué ».
    Je n’ai pas trouvé d’intérêt au passé de la policière car ça n’apporte rien à l’histoire. On nous le raconte comme une anecdote sans que cela change l’attitude de la policière face à l’affaire de Jennifer.
    Les deux criminels qui ont enlevé la jeune fille ne semblent pas se considérer comme tels. Ils se voient comme des artistes incompris et, puisqu’il y a un marché pour le genre de « télé-réalité » qu’ils proposent, ils ne voient pas pourquoi ils s’abstiendraient ni qui aurait le droit de les en empêcher. Leur attitude fait vraiment froid dans le dos !
    Adrian, le protagoniste principal, est un homme brisé. Il a successivement vu mourir son frère, son fils, et sa femme et se retrouve seul face au diagnostic d’une force de démence foudroyante. Professeur et chercheur à l’université, cet homme brillant sait qu’il va décliner et se retrouver complètement dépendant. Quand il assiste, impuissant, à l’enlèvement de Jennifer il ne sait pas comment réagir dans un premier temps car un des symptômes de son mal est les hallucinations, qu’elles soient visuelles ou auditives. Adrian va être épaulé et aidé dans ses recherches par trois assistants de choix : son frère, sa femme et son fils. S’il sait que ce ne sont que des hallucinations et qu’ils ne font que lui révéler que ce que son cerveau a remarqué sans qu’il en ait conscience immédiatement, ces « apparitions » sont pour lui un soulagement.
    Il va être le meilleur allié de Jennifer car il n’a pas l’intention de laisser tomber et a bien l’intention d’aller jusqu’au bout de ses forces pour aider la jeune fille.
    Devant le refus de la police de faire le nécessaire, il va se risquer à la limite de la légalité pour embarquer dans l’affaire Mark Wolf, un pédophile en liberté surveillée.
    Mark Wolf est un personnage intéressant. D’un côté c’est un être ignoble, dont le nom même évoque le prédateur qu’il est, qui revendique sa pédophilie et qui n’a aucune intention de se soigner, juste de faire attention à rester sous les radars, de l’autre, il prend soin de sa mère malade avec beaucoup d’attention. Même si ses motivations ne sont guère altruistes, il est la meilleure chance d’Adrian pour trouver Jennifer.
    Parallèlement aux recherches que mènent Adrian et Wolf, on suit également Jennifer, dans le lieu où elle est retenue prisonnière. Cette adolescente de 16 ans seulement force l’admiration. Elle se résigne et obéit juste ce qu’il faut pour ne pas s’attirer les foudres de ses ravisseurs tout en faisant tout ce qui est en son pouvoir pour conserver son identité et ne pas être réduite à « numéro 4 ».
    Régulièrement, on peut également voir les réactions de ceux qui regardent « l’émission ». Leur comportement fait froid dans le dos. D’autant plus qu’on trouve là toute sorte de personnes et pas seulement des pédophiles lubriques enfermés dans leur sous-sol. A aucun moment l’un d’eux ne semble prendre conscience que Jennifer est une adolescente, avec une famille qui doit être morte d’inquiétude, aucun d’entre eux ne semble avoir l’intention de prévenir les autorités.
    J’ai une petite réserve sur la fin parce que je trouve que trop souvent les auteurs de thriller font se terminer leur histoire de la même façon qui semble être la solution de facilité. Mais en dehors de ce petit bémol, j’ai bien aimé ce thriller avec une trame originale.

    Un extrait : Jennifer Riggins ne se retourna pas tout de suite quand la camionnette s’approcha d’elle. Elle ne pensait qu’à une chose : rejoindre au plus vite l’arrêt de bus, à un kilomètre de là, sur l’avenue la plus proche. D’après le plan de fuite qu’elle avait soigneusement préparé, le bus la conduirait au centre-ville. Elle y prendrait un autocar pour une gare plus importante, à Springfield, à une trentaine de kilomètres. De là, elle pourrait aller n’importe où. Dans la poche de son jean, elle avait plus de trois cents dollars qu’elle avait volé peu à peu - dix par ci, cinq par là – dans le sac de sa mère ou le portefeuille de l’amant de cette dernière. Elle avait pris son temps plus d’un mois, pour rassembler l’argent qu’elle cachait dans une boîte au fond d’un tiroir, sous son linge. Elle avait veillé à ne jamais en prendre trop pour qu’ils ne s’en rendent pas compte. Des petites sommes, dont la disparition passait inaperçue.
    Le montant qu’elle s’était fixé devait lui suffire pour aller à New York ou Nashville, voire à Miami ou Los Angeles. Pour son dernier larcin, tôt ce matin-là, elle n’avait pris qu’un billet de vingt et trois d’un dollar, et elle avait dérobé la carte visa de sa mère. Elle n’était pas sûre de savoir où elle allait. Là où il faisait chaud, espérait-elle. Mais n’importe quel endroit lui conviendrait, du moment qu’il était éloigné et différent. C’est exactement ce à quoi elle pensait quand la camionnette s’était arrêtée non loin d’elle. Je peux aller où je veux…

    - Hé, mademoiselle ! cria l’homme assis à côté du chauffeur. Vous avez une seconde, j’ai besoin d’un renseignement.

    Elle s’arrêta et fit face au passager de la camionnette. Sa première impression fut qu’il ne s’était pas rasé. Elle se dit qu’il avait une vois bizarrement aigüe et qu’il était plus excité que sa question banale ne le justifiait.

     

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  • [Livre] Les dames blanches

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    Résumé : Une étrange bulle blanche d’une cinquantaine de mètres de diamètre est découverte un jour dans une bourgade de l’ouest de la France. Elle attire et capture Léo, trois ans, le fils d’Élodie. D’autres bulles apparaissent, grossissent, et l’humanité échoue à les détruire. Leur activité magnétique de plus en plus importante perturbe les réseaux électriques et numériques, entraînant une régression technologique sans précédent. Seule l’ « absorption » de jeunes enfants semble ralentir leur expansion…La peur de disparaître poussera-t-elle l’humanité à promulguer la loi d’Isaac ? Mais peut-on élever un enfant en sachant qu’il vous sera arraché à ses trois ans ? Camille, qui a elle-même perdu un fils, et son ami Basile, d’origine malienne – ufologue de son état – vont essayer de percer le mystère des dames blanches afin d’éviter le retour à la barbarie.


    Auteur : Pierre Bordage

     

    Edition : L’Atalante

     

    Genre : Science-Fiction

     

    Date de parution : 21 Mai 2015

     

    Prix moyen : 21€

     

    Mon avis : Ce livre ne fait pas de cadeau à l’humanité. De grosses bulles blanches, indestructibles, apparaissent un peu partout dans le monde. Quelques enfants sont absorbés à l’intérieur des bulles et il n’en faut pas plus à l’ensemble des gouvernements pour décréter qu’il s’agit là d’entités intelligentes et hostiles à l’homme.
    Pour autant, bien que grossissant régulièrement, les bulles ne montrent aucune agressivité et ne semblent ne rien faire d’autre que d’absorber les enfants de moins de 4 ans qui s’approchent un peu trop d’elles.
    Devant l’impossibilité de détruire les « intruses », devant le nombre grandissant d’enfants « capturés » par les bulles, les gouvernements, sur l’impulsion de l’ONU, décident de les combattre en se servant d’enfants de moins de 4 ans.
    C’est d’une logique : les bulles capturent des enfants, donc on leur en donne encore plus…normal.
    Au début, personne ou presque ne s’émeut vraiment de ces pratiques car les enfants sacrifiés sont des orphelins, mais, très vite, il n’y a plus d’orphelin dans la bonne tranche d’âge et l’ONU va voter la loi Isaac, recommandant aux pays membres de mettre en place des sanctions très sévères contre ceux qui refusent de s’y plier (clairement, ils incitent les pays à mettre en place la peine de mort).
    Qu’est-ce que la loi Isaac, me direz-vous ? C’est tout simplement le sacrifice organisé des enfants en obligeant chaque couple à donner un « Isaac » soit un enfant pour qu’il soit sacrifié. Vous vous doutez bien que cette loi ne va pas passer toute seule ! La population va être divisée entre ceux qui n’ont pas d’enfants et qui ne voient aucun problème à ce que des enfants soient sacrifiés, ceux qui ont des enfants et qui considèrent de « fabriquer un enfant sacrificiel » est un devoir, ceux qui sont haut placés et échappent à cette loi mais qui sont intransigeant sur son application (aux autres, bien sûr) et enfin ceux qui ont bien l’intention de se battre bec et ongles contre cette loi absolument inhumaine.
    Ce qui fait le plus peur dans ce livre et que je suis intimement persuadée que les choses se passeraient exactement comme cela. Du début à la fin !
    J’ai vraiment aimé ce livre mais il m’a manqué un petit quelque chose pour qu’il passe de « bonne lecture » à « j’ai beaucoup aimé ».
    Ce petit quelque chose, ce sont les personnages. Le livre se déroule sur quasiment le temps d’une vie humaine et pour cela, présente de nombreuses ellipses narratives. Il se passe parfois de nombreuses années entre deux chapitres et, personnellement, ça m’a empêchée de m’attacher aux personnages.
    Or, pour avoir un coup de cœur, j’ai besoin de m’attacher aux personnages (pas forcément de les aimer, cela dit).

     

    Un extrait : Le capitaine de gendarmerie observait la sphère blanche avec le même air réprobateur qu’il aurait considéré un homme ivre au volant : la chose était une anomalie dans l’ordre et l’harmonie censés régner dans ce paysage bucolique des Deux-Sèvres. Le petit peloton de trois hommes et une femme s’était déployé à une dizaine de mètres de ce qu’ils surnommaient avec emphase le phénomène.

    « Vous affirmez que cette… boule a avalé votre fils ? »

    La moue perplexe du capitaine exaspéra Élodie.

    « Vous avez vu comment ça s’est passé ? » insista l’officier.

    Le mouvement de tête de la jeune femme décrocha les larmes perlant à ses cils. Le pull irlandais qu’elle avait passé par-dessus son tee-shirt et son pantalon ne suffisait pas à la réchauffer.

    « Je suis tombée au moment où il a disparu. Mais, avant, j’ai pu voir cette bulle avaler des buissons et des rochers.

    — Pourquoi ne vous a-t-elle pas avalée en ce cas ? »

    Elle se fendit d’un long soupir ; elle était tombée sur l’officier de gendarmerie le plus borné de la région.

    « Comment voulez-vous que je le sache ? Qu’est-ce que vous attendez pour délivrer Léo ? »

    Le capitaine secoua la tête.

    « C’est que… on ne sait pas trop ce qu’elle renferme. Il s’agit peut-être d’une arme d’un genre nouveau. Possible qu’elle contienne un gaz toxique, ou une autre saloperie. Il nous faut prendre des précautions. Je dois en référer au préfet.

    — Nous perdons du temps, hurla Élodie. Mon fils est là-dedans, chaque seconde compte.

    — Elle n’a pas tort, intervint la femme gendarme.

    — On ne vous a pas demandé votre avis, Kagalri, rétorqua le capitaine. C’est encore moi qui prends les décisions. »

    Il tira son téléphone portable de la poche de sa veste et s’éloigna d’un pas saccadé. La femme gendarme, une brune au teint mat et aux yeux couleur d’ambre, s’approcha d’Élodie.

    « Désolée : mon chef est un trouillard, il ne prend aucune initiative sans être couvert par la hiérarchie. »

    Élodie hocha la tête. Les larmes, de nouveau, sillonnèrent ses joues.

    « J’ai frappé cette bulle avec un objet pointu, murmura-t-elle. Impossible de la percer. »

    La femme gendarme contempla la sphère pendant quelques secondes en se mordant la lèvre inférieure, la main droite enroulée autour de la crosse de son pistolet en partie dégainé.

    « Il y a forcément un moyen de déchirer cette espèce de champignon géant. »

     

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  • [Livre] La boîte à musique – T01 – Bienvenue à Pandorient

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    Résumé : Pour son huitième anniversaire, Nola, petite fille espiègle, reçoit de la part de son père Martin la boîte à musique de sa mère, Annah, récemment décédée. Cette boîte est un symbole pour la petite fille, mais très vite, la fillette croit voir des signes de vie à l'intérieur. Oui, elle ne rêve pas : quelqu'un lui fait signe et lui demande de l'aide. Dès lors, en suivant les instructions d'Andréa, la fille de la boîte à musique, Nola rapetisse, entre dans la boîte et découvre le monde de Pandorient, un monde incroyable... Le temps presse cependant, car Mathilda, la mère d'Andréa et de son frère Igor, est gravement malade... Que lui arrive-t-il ? Aurait-elle été empoisonnée ? L'eau serait-elle contaminée ? Rapidement, les soupçons se confirment. En urgence, les enfants vont s'occuper de Mathilda puis remonter la piste du pollueur sans vergogne... avant que Nola ne regagne sa vie dans son monde, aux côtés de son père.
    À moins que tout cela ne fût qu'un rêve... ou pas !


    Auteur : Carbone et Gijé

     

    Edition : Dupuis

     

    Genre : Bande-Dessinée

     

    Date de parution : 26 Janvier 2018

     

    Prix moyen : 12€

     

    Mon avis : A force d’entendre parler de cette BD, j’ai eu envie de voir ce que ça pouvait bien donner.
    Dès que je l’ai ouverte j’ai apprécié les dessins qui sont dans des couleurs très douces mais bien présentes.
    Côté histoire, si le début est assez classique, avec l’entrée dans un monde par un objet du quotidien, Nola, la petite héroïne, va découvrir un univers que sa mère a déjà visité avant elle. Elle va donc à la fois devoir se familiariser avec ce monde inconnu et comprendre pourquoi sa mère ne lui en a jamais parlé.
    Pour l’instant, ni Nola, ni le lecteur ne savent grand-chose de Pandorient si ce n’est qu’il semble que ce soit un pays vivant sous une sorte de dictature (Nola apprend qu’à Pandorient on n’est pas libre d’aimer qui on veut) et que les lieux sont dangereux.
    Ce tome est vraiment un tome d’introduction qui nous met l’eau à la bouche sans pour autant nous expliquer quoi que ce soit sur l’univers dans lequel vivent Andréa et Igor.
    Le fait que la mère de ces deux nouveaux amis ait connu sa mère, de savoir que celle-ci a eu un tel secret, va pousser Nola à sortir de son enfermement et à commencer à faire son deuil.
    Les personnages présents à Pandorient sont étonnants. Si Andréa et sa famille sont humains bien que dotés de certains pouvoirs, on peut voir évoluer à leurs côtés des animaux parlants et d’autres créatures plus difficilement identifiables.
    Pas grand-chose de plus à dire sur ce premier tome qui ne fait, au final, que nous présenter Nola ainsi qu’Andréa, Igor et leur maman, si ce n’est que j’ai hâte de découvrir la suite, prévue pour novembre.

     

    Un extrait :

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  • [Livre] Le froid modifie la trajectoire des poissons

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    Résumé : 4 janvier 1998. Un garçon de dix ans apprend que ses parents vont se séparer. Désespéré, il demande au ciel de l'aider. Le lendemain débute la plus grande tempête de verglas que le Québec ait jamais connue. Ce déluge de glace n'empêche pas son père de quitter la maison. Mais les choses se présentent différemment pour ses voisins, car des événements incroyables ou anodins vont faire peu à peu basculer leurs vies. Julie, danseuse en mal d'amour, accueille chez elle Boris, scientifique égocentrique, qui ne vit que pour ses expériences sur les poissons ; Michel et Simon, les deux «frères » si discrets, qu'on ne voit jamais ensemble, ouvrent leur porte à Alexis, leur voisin homophobe. Face à l'adversité, des liens se créent ; face au froid, l'entraide, la solidarité et l'altruisme enflamment les coeurs. Le Grand Verglas va progressivement changer la vie de tous les habitants de cette rue... pour le meilleur.


    Auteur : Pierre Szalowski

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Roman contemporain

     

    Date de parution : 29 août 2012

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Décidément je ne suis pas faite pour lire des romans en français québécois (mais pour ma défense, je ne savais pas que c’était le cas. Ce n’est pas parce que ça se passe à Montréal que ça doit forcément être écrit comme ça !). Les expressions et tournures de phrases m’ont vraiment exaspérée.
    Le narrateur est un enfant d’une dizaine d’année, qui ne nous révèle pas son prénom, et qui va être confronté à la séparation de ses parents. Il va demander au ciel de l’aider à empêcher le divorce et, dès le lendemain, une immense tempête de glace va peu à peu paralyser l’ensemble de la ville.
    Mais si le verglas ne va pas empêcher son père de partir, il va bouleverser la vie des voisins car tout un côté de la rue va se retrouver privé d’électricité.
    Ainsi, les voisins d’un côté vont inviter les voisins de l’autre pour passer le cap de cette tempête. Ainsi Julie, jeune fille un brin nymphomane, stripteaseuse de son métier, va héberger Boris, un étudiant cherchant à boucler sa thèse en mathématique sur la trajectoire des poissons et qui, pour y parvenir et ne pas ficher en l’air plusieurs années d’études, doit maintenir la température de l’eau à 32°.
    Simon et Michel, qui se prétendent frères, vont inviter Alexis et Alex. Alex est le meilleur ami du narrateur, sa mère a quitté la famille depuis des années et depuis, son père s’enlise dans le chagrin et le ressentiment qu’il exprime par un rejet des juifs et des homosexuels. Mais pense-t-il vraiment ce qu’il dit, ou n’est ce que le reflet d’un mal être intérieur ?
    Le problème, en dehors de l’écriture en français québécois (ou peut-être à cause de ça ?), c’est que je n’ai absolument pas réussi à m’attacher aux personnages. A aucun moment je n’ai eu envie de vite tourner les pages pour savoir ce qui allait leur arriver. Tout au long du roman, je me suis sentie très détachée d’eux. Et ça a eu un effet certain sur ma lecture. Si je n’ai pas forcément eu envie d’abandonner, je l’ai lu sans passion et j’ai été soulagée d’en finir et de passer à autre chose !

    Un extrait : Neuf heures trente-neuf. Toc ! Toc ! Toc ! Ma mère a ouvert la porte de ma chambre. Elle a passé la tête sans sourire.

    — Ton père est réveillé…

    Je n’ai pas sauté du lit comme je le fais tous les matins de Noël. Dans la voix de ma mère, il y avait de la tristesse. Sur le moment, je n’ai pas remarqué qu’elle avait dit « ton père » au lieu de « papa ». C’est juste sa tristesse qui m’a frappé.

    En sortant de ma chambre, j’ai vu dans la cuisine que mon père et Julien n’avaient pas bu une bouteille de plus, mais deux. Dans le salon, papa m’attendait, affalé dans son fauteuil face à la télévision qui n’était pas allumée, le grand break du matin de Noël. Il m’a difficilement souri en se frottant la tête. Je me suis demandé s’il n’y avait pas d’autres bouteilles vides cachées sur le balcon.

    Noël, c’est une fois par an, mais on n’oublie jamais nos petites habitudes. Ça m’a étonné que mes parents ne soient pas ensemble. Ma mère n’était pas assise sur l’accoudoir du fauteuil réservé à mon père, mais sur le divan plus loin. Ils faisaient deux.

    On a beau avoir onze ans, c’est toujours le plus gros cadeau qu’on ouvre en premier sous le sapin. J’ai tout de suite compris que c’était une idée de maman, cette boîte de chimie. Elle m’a toujours acheté des jouets éducatifs. Pour elle, un cadeau, ça doit être utile. J’ai un an d’avance à l’école puisqu’elle m’a appris à lire à l’âge de quatre ans. J’étais la vedette de la garderie. Aujourd’hui, je suis le premier de classe qui fait une tête de moins que les autres.

    Il me restait à ouvrir trois cadeaux de taille presque identique. Dans ce cas-là, c’est toujours le plus lourd qu’on ouvre. Mon père m’a fixé, soudain trop complice.

    — Ça, c’est la petite surprise à papa…

    J’ai fait semblant de ne pas voir le regard noir que venait de lui jeter maman. J’ai déchiré le papier cadeau et mes yeux se sont grands ouverts ! J’en revenais pas. Un caméscope ! Je me suis tourné vers mon père. J’ai juste murmuré.

    — Wow ! p’pa…

    Il s’est calé dans son fauteuil, satisfait. Ma mère a serré ses mâchoires. Je ne pouvais pas la laisser triste.

    — Merci, maman aussi ! Merci, vous deux… Merci, Père Noël !

    Elle a souri, forcée. Le caméscope, ce n’était vraiment pas son idée. J’ai rapidement ouvert les deux autres cadeaux, une boîte de Lego, une autre idée de ma mère pour développer ma motricité fine. J’ai tellement été développé de ce côté-là que je suis capable de démonter une montre avec des gants de hockey.

     

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  • [Livre] 3 villes, 3 sadiques, 3 enquêtes - Enquête N°3 : le goût mortel de la pluie

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    Résumé : Réunis en un seul volume, trois thrillers, trois voyages aux confins de la peur, par le spécialiste du genre
    Cette enquête :

    Rain Man sévit à Los Angeles. Avant de tuer ses victimes et de déposer leurs cadavres dans les tunnels d'évacuation des eaux de pluie, il les contraint à adresser une demande de rançon aux autorités locales. Tess McCallum et Abby Sinclair, chargées de l'enquête, n'ont qu'une certitude : la fin prochaine de la saison des pluies.

     

    Auteur : Michael Prescott

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2012

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Remboursez ! Le titre du recueil précise : trois sadiques, trois villes, trois enquêtes. Trois sadiques : ok ; trois enquêtes : ok…Mais nous voilà de retour à Los Angeles ! Donc on n’a que deux villes dans l’ensemble du recueil ! Heureusement pour la maison d’édition, ils ont choisi de remettre un roman avec Tess McCallum et c’est un plaisir de la retrouver !
    Je ne sais pas si j’aurais fait attention en lisant les deux romans avec plusieurs mois d’écart entre mes deux lectures, mais là, en enchaînant les deux, j’ai pu me rendre compte d’une énorme coquille. Alors je ne sais pas si le problème vient de l’auteur ou du traducteur, mais comme je n’imagine pas un auteur oublier ce qu’il a écrit, j’aurais tendance à accuser la traduction : quand Tess découvre dans quel hôtel on l’a installée pour la durée de l’enquête à laquelle on lui demande de participer, elle est contrariée car « c’est l’endroit où a été tué Mobius ». Or, Mobius n’a été qu’une fois dans cet hôtel, il y a tué une femme et a fichu le camp bien avant l’arrivée de la police. L’hôtel est donc un endroit où Mobius a tué, et non où il a été tué.
    Tess est toujours aussi réfractaire aux règles surtout quand elles lui sont données par quelqu’un d’aussi imbuvable que « le nez » qu’elle ne pouvait déjà pas supporter pendant l’enquête sur Mobius.
    Il faut dire qu’il ne sait pas s’y prendre avec Tess et qu’il cherche sans cesse à la manipuler au lieu de jouer franc-jeu avec elle.
    Cette fois-ci, on connait assez vite le nom du tueur puisque Tess va être rencardée par une détective sans licence, Abby, qui circule à la limite de la légalité. Mais malgré le fait que Tess ait le nom du tueur, aucune action n’est autorisée contre lui. Il faut dire que l’homme est un ancien flic et qu’il a été arrêté pour harcèlement dans des circonstances qui ont toujours laissé le procureur dubitatif.
    Tess a beaucoup de mal à « faire équipe » avec Abby qui défend le droit à l’auto-défense, pratique que Tess, comme beaucoup de flic, combat avec acharnement.
    Pour autant, si la jeune femme affiche un mépris non déguisé pour la loi et les institutions, il faut avouer qu’elle est assez efficace et utile dans cette enquête.
    Comme dans l’enquête sur Mobius, Tess se retrouve assez vite à faire cavalier seul puisqu’elle n’est pas soutenue par le FBI (on se demande pourquoi ils lui ont demandé de venir si c’est pour ne jamais écouter son avis).
    Cette fois, j’ai réussi à trouver l’identité du complice du tueur, même si j’ai eu un gros doute à un moment car certains indices me semblaient pointer quelqu’un d’autre. Mais ma première impression était la bonne finalement !
    Après trois romans et 1147 pages dans un seul ouvrage, je crois que je peux dire que j’aime bien le style de Michael Prescott et que définitivement, je suis fan de Tess McCallum !

    Un extrait : Tess et Crandall n’échangèrent plus un mot avant la sortie du tunnel. De toute évidence, Crandall était gêné d’avoir avoué sa tendance à la claustrophobie. Tess tenta de le mettre à l’aise.
    - Est-ce que je sens aussi mauvais que vous ? lui demanda-t-elle, tandis qu’ils gravissaient la berge.

    - Non. Vous puez encore plus que moi, ajouta-t-il avec un sourire.
    Ils regagnèrent la Crown Victoria de Crandall, un véhicule banalisé du FBI, bleu foncé, la couleur traditionnelle. Tess prit place du côté passager. Crandall démarra en direction de l’avenue Santa Fe, puis accéléra vers les gratte-ciel du centre-ville qui se dressaient dans le crépuscule. Il n’était que seize heures trente, mais la nuit tombait vite, en plein mois de janvier, surtout par temps sombre.
    - Il ne pleuvra pas avant demain soir, annonça Crandall. Ca nous laisse un peu de temps.

    - Très peu… Ah, la Californie, pays du soleil éternel ! soupira Tess
    - Il y fait beaucoup moins beau qu’on l’imagine.
    - Oui, je sais.
    Elle regarda défiler palmier et bungalow. Contrairement aux idées reçues, cet amalgame de désert et de bord de mer, de verdure tropicale et de saleté urbaine n’avait rien d’exotique. Los Angeles était une ville trop vaste, surpeuplée. Si les fonds municipaux fondaient à vue d’œil, les impôts ne cessaient d’augmenter. Les services sociaux étaient en déperdition, la police débordée, les citoyens constamment harcelés par des fous ou des voyous. Les murs, les barrières, même les arbres disparaissaient sous les graffitis.


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  • [Livre] 3 villes, 3 sadiques, 3 enquêtes - Enquête n°2 : La prochaine victime

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    Résumé : Réunis en un seul volume, trois thrillers, trois voyages aux confins de la peur, par le spécialiste du genre
    Cette enquête :

    Un tueur en série sème la panique à Los Angeles. La jeune agent du FBI, Tess Mc Callum, happée par l'accélération des événements, comprend trop tard qu'elle figure sur la liste macabre de l'assassin.

     

    Auteur : Michael Prescott

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2012

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Dans cette seconde enquête du recueil de Michael Prescott, l’auteur nous entraîne cette fois à Los Angeles sur les traces d’un sacré psychopathe. Comme la première enquête du tome, mis à part un meurtre raconté dans le détail, le reste est plus psychologique que gore. Au milieu du livre, je me suis quand même levée pour aller vérifier les portes et les fenêtres de mon appartement (on ne sait jamais !).
    Au départ, je voyais 3 histoires complètement indépendantes les unes des autres : un meurtre-suicide en 1968, une sombre affaire de produit bactériologique volé et bien sûr l’enquête sur Mobius.
    Pendant un moment je n’ai pas vu de rapport entre ces différentes affaires, mais je me doutais bien que l’auteur ne nous les avait pas racontés par hasard. Et effectivement, des liens finissent par apparaître petit à petit.
    En plus d’avoir été l’enquêtrice principale sur l’affaire Mobius quand celui-ci opérait à Denver, Tess McCallum a des raisons très personnelles de vouloir le mettre derrière les barreaux (ou au fond d’un trou, elle n’est pas contrariante sur ce point).
    Je peux vous dire que l’auteur m’a complètement baladée et que, à aucun moment, je n’ai suspecté l’identité de Mobius. Quand on finit par découvrir son identité, je suis restée scotchée, je n’avais vraiment rien vu venir.
    J’ai beaucoup aimé ce roman qui m’a fait flipper à plusieurs moments tant on a l’impression que Mobius est insaisissable et est partout à la fois.

    Un extrait : « On a peut être ramassé notre homme. »
    L’esprit en ébullition, Tess McCallum fila le long du boulevard Wilshire au volant de sa voiture de fonction, traversa Beverly Hills, avec ses boutiques chics et ses palmiers. Le soleil était couché depuis des heures, et les étoiles devaient scintiller quelque part au-dessus de l’épais nuage de pollution.
    Ignorant les coups de klaxon, elle appuya sur l’accélérateur pour franchir un carrefour alors que le feu passait de l’orange au rouge.
    Elle avait hâte de le voir. De le regarder en face.
    L’avaient-ils vraiment rattrapé – finalement, après deux années de poursuite ? Rien n’était moins sûr.
    Mais on ne l’aurait pas obligée à quitter sa mission de surveillance s’il ne s’était agi que d’une « possibilité », comme le type de la semaine précédente, un représentant coupable d’un vulgaire adultère.
    La circulation était dense, comme toujours, et elle devait déboîter souvent pour dépasser les véhicules les plus lents. Sa voiture de fonction, une Crown Victoria de deux ans, était puissante et maniable. Une invitation à prendre des risques. Pourvu qu’elle ne se fasse pas arrêter par un flic ! Son badge du FBI lui épargnerait sans doute une contredanse, mais chaque minute comptait.
    Elle atteignit l’intersection des boulevards Wilshire et Santa Monica. A présent, elle était tout près de Westwood. La pendule du tableau de bord indiquait 21h58.
    Elle se demanda si Andrus avait été prévenu. Si oui, c’est qu’ils étaient pratiquement sûrs d’être sur la bonne piste. On était le 29 mars, la veille du long week-end de Pâques. Andrus n’était probablement pas pratiquant, mais pour déranger l’assistant directeur le Vendredi Saint, il fallait avoir une bonne raison.

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  • [Livre] 3 villes, 3 sadiques, 3 enquêtes - Enquête N°1 : l’arracheur de visage

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    Résumé : Réunis en un seul volume, trois thrillers, trois voyages aux confins de la peur, par le spécialiste du genre
    Cette enquête :
    Un maniaque traque les femmes comme du gibier. Dans cette effroyable affaire, il faudra toute l'énergie et le talent de Roy Sheperd, de la police de Tucson, pour démêler le vrai du faux.

     

    Auteur : Michael Prescott

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2012

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : L’histoire commence par une chasse à l’homme, enfin à la femme, en l’occurrence. Une jeune femme prénommée Sharon fuit dans la forêt, hagarde, ne suivant plus qu’un instinct purement animal.
    Il ne faut pas longtemps au lecteur pour comprendre ce qu’il se passe. Très vite, en l’espace de quelques lignes, on sait qu’elle est poursuivie par un homme qui la traque comme du gibier. En moins de 4 pages, le titre trouve son explication avec la mise à mort de cette femme. D’emblée, on connaît le nom du tueur : John Cray. Puis, tout aussi rapidement, on constate qu’il est lui-même suivi par une jeune femme : Elisabeth.
    On ne sait rien d’Elisabeth, sinon qu’elle suit Cray et qu’elle sait ce qu’il fait aux femmes.
    Au fil des pages, le passé des deux protagonistes se dévoile peu à peu mais il va falloir presque toute la durée du roman pour avoir toutes les clefs.
    Malgré son titre, il n’y a que très peu de passages gores, en réalité il n’y a que les premières pages, qui décrivent en détail le meurtre de Sharon, mais après cette description (assez précise, il faut le reconnaître), l’auteur joue sur la connaissance de l’auteur de ce que fait Cray aux femmes et de la manière dont Elisabeth se sortira d’une situation qui semble se refermer autour d’elle comme un piège inextricable.
    Qui dit meurtre dit flic et ici on a un flic qui a des préjugés certains contre les personnes atteintes d’une maladie mentale après un drame qui a touché sa famille. Ces préjugés vont l’empêcher de suivre certaines pistes et vont même le rendre dangereux pour Elisabeth à certains moments.
    De John Cray, on ne sait pas davantage de choses sinon qu’il a de l’argent, qu’il bénéficie d’une certaine célébrité et qu’il est absolument glaçant tant il est froid, calculateur et implacable.
    Tout comme Elisabeth, on en apprendra plus sur lui au fil des pages.
    Très vite, j’ai pensé qu’Elisabeth n’était pas aussi coupable que le laisse supposer sa fuite de la police ou que du moins elle avait une excellente raison d’avoir fait ce dont on l’accusait. Mais il a fallu plus de la moitié du roman pour que je fasse le lien entre son passé et John Cray, du moins au-delà des apparences.
    Un excellent thriller qui se révèle plus psychologique que gore mais qui fonctionne à merveille.
    A présent, il me reste à lire les deux autres romans de ce recueil qui, si on en croit son titre, vont m’emmener dans d’autres coins des USA à la poursuite de nouveaux meurtriers !

    Un extrait : Elle ne percevait que la fouleur, la faiblesse, la faim et les battements furtifs de son cœur affolé.
    C’était tout ce qui lui restait, cela et le grand calme qui l’entourait, le silence qui s’étirait, qui s’étirait comme s’il devait durer éternellement.
    La seconde balle l’atteignit à la hanche.
    Elle tressaillit sous l’impact et les larmes lui vinrent aux yeux, de surprise et de douleur.
    Sous ses doigts, elle sentit le liquide chaud jaillir et inonder sa jupe. Elle chercha à tâtons à colmater le trou mais l’effort était dérisoire et elle était à bout de force.
    Elle n’avait pas entendu la détonation – peut-être son glapissement de surprise avait-il couvert le bruit -, mais elle entendit une nouvelle fois le coyote hurler son chant funèbre.
    Ce n’était pas un coyote, bien sûr. Il n’y avait jamais eu de coyote.
    C’était lui.

     

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  • [Livre] La passe-miroir – T01 – Les fiancés de l’hiver

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    Résumé : Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'Arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel.


    Auteur : Christelle Dabos

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 06 juin 2013

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Ca fait un certain temps, pour ne pas dire un temps certain que je vois parler de ce livre. Au vu de l’enthousiasme de certaines booktubeuses/blogueuses en qui j’ai toute confiance par expérience (de nombreuses lectures choisies après avoir vu ou lu leur avis ont été des coups de cœur ou pas loin) j’avais très envie de découvrir cette histoire.
    Mais deux points me retenaient :
    - Le premier et sans doute le plus important : quand j’ai commencé à m’intéresser à la saga, le tome 3 n’était pas sorti et, Christelle Dabos n’étant pas auteur de métier, elle avouait elle-même sans honte qu’elle mettrait un moment avant de finir le tome 3 et un très long moment avant de nous offrir le tome 4.
    Ce n’est pas que je sois spécialement impatiente (pour les enfants de la terre j’ai attendu plus de 10 ans entre certains tomes…) mais j’avais peur de ne pas avoir de suite du tout (et ça c’est nettement plus frustrant). Une fois le tome 3 publié, je me suis dit que quand même si elle était allé jusque-là, et surtout si Gallimard l’avait suivi jusque là, il n’y avait pas de raison qu’elle ne continue pas.
    - Le second point était que beaucoup de personnes ayant adoré la saga disaient que le premier tome était difficile à lire, qu’il y avait trop de descriptions, que c’était un tome d’introduction. On le présentait presque comme un mal nécessaire qui ne commençait à être vraiment intéressant que 200 pages avant la fin. Et je n’étais tout simplement pas dans le bon état d’esprit pour lire quelque chose qu’il fallait lire pour comprendre la suite mais qui était lui-même sans grand intérêt.
    Tout étant enfin réuni : la parution  tome 3 et l’état d’esprit, je me suis lancée.
    Et j’ai été conquise dès la 4ème page !
    Toutes ces descriptions qui ont fait grincer tant de dents sont pour moi un des atouts majeurs de ce tome, et à mon sens n’ont pas été étrangère au résultat du concours jeunesse qui a permis sa publication.
    Bien loi, à mon sens, d’être un mal nécessaire, à travers ces descriptions, Christelle Dabos nous brosse le tableau d’un univers d’une richesse incroyable. A chaque ligne, j’avais vraiment l’impression d’y être.
    Ca va être difficile de parler des personnages sans dévoiler l’intrigue, donc je vais être succincte 
    J’ai adoré Ophélie. Elle a l’air calme, résignée et sans volonté, mais ce n’est qu’une apparence. La scène avec la balle de plomb quand elle est encore dans son musée suffit à démontrer qu’elle n’aime pas qu’on lui marche sur les pieds et qu’elle sait se défendre ! Elle est seulement de ces gens qui savent choisir leur batailles, qui préfèrent réfléchir avant d’agir et argumenter plutôt que trépigner.
    Sa tante Rosaline, qui parait froide et sèche au premier abord, se révèle une alliée indéfectible bien que sans réel pouvoir sur l’arche où a été envoyée la jeune fille pour son mariage. C’est d’ailleurs mon sentiment sur l’ensemble de sa famille, même si on les voit très peu, tout au long du livre, à chaque fois qu’il est question d’eux, on a l’impression qu’Ophélie n’est qu’un pion destinée à servir son arche, mais à un moment, ils montrent qu’ils s’inquiètent vraiment du sort de la jeune fille.
    Du côté des habitants de l’arche du pôle, c’est une autre histoire. Chez eux, la trahison et les coups de poignards dans le dos vont bon train, même au sein d’une même famille.
    Thorn, le futur époux, souffle le chaud et le froid, on a du mal à savoir quels sont ses sentiments à l’égard d’Ophélie, mais surtout à savoir quel son but dans toute cette histoire.
    Sa tante Berenilde est affreuse mais au fil des pages je me suis dis que son attitude pouvaient être compréhensible. Bon, je reste au conditionnel quand même, parce que même si certains évènements de son passé (et de son présent aussi d’ailleurs) peuvent l’expliquer, il reste qu’elle est égocentrique, jalouse, cruelle, capricieuse, lunatique… bref, vous avez compris l’idée !
    Chacun des personnages a un pouvoir, plus ou moins offensif, plus ou moins courant, plus ou moins développé.
    Ophélie est une liseuse : en touchant un objet, elle retrace son histoire depuis sa fabrication, revivant les sentiments et la vie de ses propriétaires successifs. Il semblerait que ce soit une liseuse très douée mais elle a aussi un pouvoir très rare : c’est une passe-miroir. Elle peut passer à travers les miroirs pour se rendre d’un endroit à l’autre.
    Les habitants du Pôle ont également des pouvoirs, mais qui n’ont rien à voir avec tous ce qu’Ophélie a pu connaître. Et attention, c’est du lourd !
    Tous les personnages que l’on rencontre, même brièvement, sont parfaitement décrits. Je ne sais pas si c’est parce que l’auteur a décidé qu’ils devaient intervenir dans les prochains tomes ou non, mais j’ai trouvé que ça donnait encore plus de profondeur à l’univers des arches.
    Il y a une chose que j’ai beaucoup appréciée : tout commence par l’annonce à Ophélie de son mariage arrangé avec Thorn. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle n’est pas emballée même si elle réalise vite qu’elle n’a pas le choix.
    Dans la plupart des livres qui commencent par un mariage forcé, la jeune fille fait une crise, jurant qu’elle ne pliera jamais et tombe folle amoureuse de son mari dans les 15 pages suivantes. Vous ne pouvez pas savoir comme ça m’énerve.
    Sans, bien sûr, vous dévoiler les détails, je peux vous dire qu’Ophélie va donner nettement plus de fil à retordre à Thorn ! Il va être content du voyage celui-là !
    Si au début de l’histoire, l’auteur nous décrit parfaitement l’arche natale d’Ophélie, on ne sait du Pôle que ce que la jeune fille en apprend. On découvre donc ce nouveau monde, et ses règles, en même temps qu’elle.
    Maintenant je n’ai qu’une hâte : lire le tome 2. Mais comme le 4ème et dernier tome n’est pas encore sorti, je ne veux pas trop me précipiter, j’ai le temps !

     

    Un extrait : Au commencement, nous étions un.

    Mais Dieu nous jugeait impropres à le satisfaire ainsi, alors Dieu s’est mis à nous diviser. Dieu s’amusait beaucoup avec nous, puis Dieu se lassait et nous oubliait. Dieu pouvait être si cruel dans son indifférence qu’il m’épouvantait. Dieu savait se montrer doux, aussi, et je l’ai aimé comme je n’ai jamais aimé personne.

    Je crois que nous aurions tous pu vivre heureux en un sens, Dieu, moi et les autres, sans ce maudit bouquin. Il me répugnait. Je savais le lien qui me rattachait à lui de la plus écœurante des façons, mais cette horreur-là est venue plus tard, bien plus tard. Je n’ai pas compris tout de suite, j’étais trop ignorant.

    J’aimais Dieu, oui, mais je détestais ce bouquin qu’il ouvrait pour un oui ou pour un non. Dieu, lui, ça l’amusait énormément. Quand Dieu était content, il écrivait. Quand Dieu était en colère, il écrivait. Et un jour, où Dieu se sentait de très mauvaise humeur, il a fait une énorme bêtise.

    Dieu a brisé le monde en morceaux.

     

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  • [Livre] L'histoire de la bête

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    Résumé : C'est une histoire vieille comme le monde : celle d’un prince cruel transformé en Bête. Et celle d’une belle jeune fille qui surgit dans sa vie. Le monstre est métamorphosé par la compassion de la jeune fille et l’amour qu’il ressent pour elle. Puis ils se marient et ont beaucoup d’enfants. 
    Mais comme pour chaque histoire, il y a plusieurs versions. Qu’importe ce que l’on a pu dire ou écrire, une seule question demeure : qu’est-ce qui a changé le prince en la Bête que l’on connaît ?
    Voici l’une de ces histoires. Une histoire de bêtes, et, bien sûr, de belles.


    Auteur : Serena Valentino

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 01 mars 2017

     

    Prix moyen : 14€

     

    Mon avis : Après son premier livre qui explorait le passé de la méchante reine, ainsi que les raisons de ses mauvaises actions, Serena Valentino rempile avec cette fois les raisons qui ont conduit un prince à devenir la bête.
    Dans le dessin-animé de Disney, qui sert d’inspiration à ce livre, le prologue nous expliquait qu’une enchanteresse, dissimulée sous un déguisement, avait demandé au prince de la laisser entrer chez lui par un soir d’orage. Devant son refus, elle lui jette un sort.
    Ici, s’il y a bien une enchanteresse, ses motivations sont un peu plus sérieuses que de s’être levée un matin en se disant qu’elle allait tester un peu le caractère des princes des environs.
    Et si on ne connaissait pas la jeune Circé, ses trois sœurs aînées, nous les avons déjà rencontrées dans le premier tome où elles n’étaient pas étrangères au changement de comportement de la méchante Reine. J’ai comme l’impression que ces trois là ont plus ou moins à voir avec tout ce qui tourne pas rond dans tous les royaumes enchantés du coin !
    L’histoire se lit très vite et j’ai beaucoup appréciée de retrouver des scènes du dessin animé.
    Les scènes présentes dans le dessin animé sont rapportées fidèlement, mais enrichies des pensées de la bête, de ses motivations, ce qui éclaire les scènes que l’on connaît d’un jour nouveau.
    Bien que l’histoire aillé jusqu’à la fin du dessin animé, les scènes avec Belle ne sont pas nombreuse et les trois quart du roman concernent ce qu’il s’est passé avant, quand le prince était encore totalement humain, sa transformation et ses premiers temps en tant que Bête.
    L’histoire de la Bête n’est pas un coup de cœur, comme l’avait été pour moi Miroir, Miroir, mais il le frôle. A présent je suis impatiente de découvrir les histoires d’Ursula et de Maléfique, déjà sorties en anglais et qui, je l’espère, seront bientôt éditées en français.

     

    Un extrait : Avant la malédiction, la vie avait comblé le Prince de tous ses bienfaits. Cependant, il n’était rien de plus qu’un jeune homme arrogant, vaniteux et pleinement conscient des privilèges que lui apportait son ascendance royale. Il ne s’en cachait nullement, pas plus qu’il n’en rougissait. Il n’avait qu’une piètre opinion des princes qui s’abandonnaient aux billevesées codifiées par les contes de fées. Selon les croyances populaires, ils devaient chevaucher par monts et par vaux, vaincre dragons impétueux et cruelles marâtres dans le but unique de sauver de Belles au bois dormant et de les réveiller d’un premier baiser d’amour.
    Hypocrisie ! Duperie ! Qui donc pouvait croire que tous ces hommes bien-nés n’étaient autres que des princes charmants au grand cœur ? Ne combattaient-ils que pour obtenir la main de leur princesse, au nom de la justice ? Jamais ne le faisaient-ils pour leur propre gloire, pour flatter leur ego, ou tout simplement pour satisfaire un penchant belliqueux ?
    Quand bien même, le Prince se refusait à une existence d’amoureux transi. Il préférait se consacrer à la chasse et au plaisir que lui consacraient la traque et les trophées exposés à sa gloire. Abattre un élan ou vaincre un ours était tout autant gratifiant, si ce n’est plus, que de se frotter de trop près à des pommes empoisonnées ou des nains colériques. Les dépouilles qu’il traînait jusqu’à la taverne, où le vieil Higgins les empaillait, lui assuraient un nom et les faveurs de la gent féminine. Nil besoin de terrasser un dragon ou de vaincre une horrible sorcière pour obtenir le baiser d’une jouvencelle !
    Sa vie était parfaite : tous l’aimaient et l’idolâtraient comme il se devait.

     

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