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Selene raconte...

  • C'est lundi que lisez-vous? #255

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog I believe in Pixie Dust.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    Et vous, que lisez-vous?

  • Premières lignes #96

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.

    Cette semaine, je vous présente La disparue de la cabine n°10 de Ruth Ware

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    Dans mon rêve, la fille dérivait, bien au-dessous des vagues et du cri des mouettes, dans les profondeurs froides et ténébreuses de la mer du Nord. Ses yeux rieurs étaient blancs et gorgés d’eau salée, sa peau pâle était ridée, ses vêtements réduits à l’état de haillons par des rochers coupants.
    Seuls restaient ses longs cheveux noirs qui flottaient dans l’eau comme des algues, s’emmêlaient dans les coquillages et les filets de pêche, pour s’échouer finalement tels des écheveaux de corde effilochée, tandis que le mugissement des vagues qui s’écrasaient sur la rive résonnait dans mes oreilles, assourdissant.
    Je me suis réveillée, pleine d’effroi. Il m’a fallu un petit moment pour me rappeler où je me trouvais, et plus longtemps encore pour réaliser que le grondement que j’entendais n’était pas le fruit de mon imagination.
    La pièce était plongée dans la pénombre, et l’humidité y suintait comme dans mon rêve. En me redressant, j’ai senti un courant d’air frais contre ma joue. Le bruit semblait venir de la douche.
    Je suis descendue du lit en frissonnant légèrement. La salle de bains était fermée, mais en m’approchant j’ai entendu le grondement enfler, tandis que mon cœur s’emballait. Prenant mon courage à deux mains, j’ai ouvert brusquement la porte. Le bruit de l’eau emplissait l’espace confiné. J’ai cherché l’interrupteur à tâtons. La lumière a inondé la pièce – et c’est là que je l’ai vu.
    En travers du miroir couvert de buée, en lettres d’une vingtaine de centimètres de haut, on avait écrit les mots : « ARRÊTE DE FOUINER ».


    Alors, tentés?

  • [Film] Bird box

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    Titre original : Bird Box

     

    Réalisé par : Susanne Bier

     

    Date de sortie : 21 décembre 2018

     

    Genre : Angoisse

     

    Pays d’origine : USA

     

    Durée : 1h57

     

    Casting : Sandra Bullock, Trevante Rhodes, Julian Edwards, Vivien Lyra Blair…

     

    Résumé : Alors qu'une mystérieuse force décime la population mondiale, une seule chose est sûre : ceux qui ont gardé les yeux ouverts ont perdu la vie. Malgré la situation, Malorie trouve l'amour, l'espoir et un nouveau départ avant de tout voir s'envoler. Désormais, elle doit prendre la fuite avec ses deux enfants, suivre une rivière périlleuse jusqu'au seul endroit où ils peuvent encore se réfugier. Mais pour survivre, ils devront entreprendre ce voyage difficile les yeux bandés.

     

    Mon avis : Le problème de ce film ? Croire que les gens, abrutis par les réseaux sociaux et par les films dans lesquels le méchants est d’une transparence ridicule avec un mobile aussi évolué qu’une amibe unicellulaire, et éliminé en bonne et due forme par le héros 10 minutes montre en main avant la fin, soient encore capable d’imagination.
    Dans un monde où de plus en plus de personnes délaissent les livres au profit des adaptations ciné parce qu’un livre « c’est trop long » ; ou pour les lecteurs, qui décrètent un roman « nul » parce que l’auteur ose prendre le temps de construire son histoire (De quoi ? Pas d’action héroïque dans les 100 premières pages ? Au bûcher !), un film comme Bird Box ne pouvait que s’attirer des critiques.
    Car finalement, quel est le maître mot de ce film ? La suggestion.
    Jamais on ne voit les « créatures », jamais on ne connait leur origine ou leur but. Pas plus qu’on ne sait pourquoi leur vue est fatale à tous sauf à une fraction de la population qui devient infectée et un peu les bras armés de ces créatures immatérielles.
    Et pourtant, c’est bien cette suggestion qui fait la force de ce film.
    Qu’est ce qui est en effet plus effrayant que l’inconnu ? Qu’une menace qu’on ne peut ni identifier, ni combattre ?
    Comment tuer des êtres intangibles qui peuvent vous pousser à vous tuer d’un seul regard?
    Comment éviter de regarder ce qui est invisible ?

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    Le film est séparé en deux parties qui alternent jusqu’à se rejoindre. La première a lieu au moment où la catastrophe arrive aux USA (d’après les infos que regardent Malorie au début du film, tout aurait commencé à l’est). Malorie, enceinte, voit soudain autour d’elle, les gens, y compris sa propre sœur, devenir fou et se donner la mort. Grâce à Tom, qui comme elle essaie de fuir cette folie, elle se réfugie chez Greg, un homme qui vit non loin de là et qui héberge déjà des survivants.

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    La seconde partie se passe 5 ans plus tard. Malorie tente de rejoindre une communauté de survivants avec ses deux enfants. Le trajet doit impérativement se faire les yeux fermés, pour ne pas risquer d’être infectés par les créatures, ce qui accroît le danger d’être attaqué par ceux qui travaillent pour les envahisseurs.
    Si la première partie est la plus riche en violence de tout type, car les gens, n’étant pas habitué au mode de fonctionnement des créatures, ont du mal à se protéger, c’est la seconde partie que j’ai trouvé la plus prenante.
    Cette angoisse viscérale de se retrouver dans le noir complet (ici les yeux bandés), entouré d’une menace qu’on sait présente sans pouvoir la voir arriver.

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    Sandra Bullock est parfaite dans son rôle de femme que son obstination à ne pas s’attacher rend peu sympathique. Les acteurs qui interprètent les enfants sont vraiment bien aussi, d’autant que ça n’a pas dû être un tournage facile.
    J’ai vraiment bien aimé ce film qui met sous tension sans être effrayant (et pourtant, je suis une vraie chochotte).
    Je trouve reposant de faire marcher un peu son imagination au lieu d’être bombardés de dizaines d’informations auditives et visuelles, et de ne pas rejouer, une fois de plus, un remake d’Independence Day ou La guerre des mondes.

     


  • Bilan du mois de mars 2020

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    En mars, j'ai lu 14 livres dont 2 BD, 1 livre de développement et 11 romans pour un total de 5217 pages

     

    Le livre de développement personnel était aussi un SP. Je l'ai lu, mais je n'ai pas encore essayé le programme.

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    J'ai lu aussi deux BD

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    Et enfin, j'ai lu des romans, certains qui entraient dans des challenges, d'autres au feeling
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    Si, malgré le confinement, je ne lis pas tant que ça, côté écran, je me rattrape!

    En séries, j'ai vu les saisons 13 et 14 de supernatural (je veux la saison 15!!) et la saison 2 de You
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    Mais aussi la saison 5 de the originals, la 7 de Elementary, et la 6 de Younger
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    Et encore les saisons 3 de Sabrina et de la servante écarlate et la saison 2 des rivières pourpres!
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    Et je n'ai pas oublié les films car j'ai vu:
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    Vous comprenez mieux pourquoi je ne lis pas plus?

     

    Côté achats hors livres, c'est assez vide puisque dès que la crise sanitaire a débuté, j'ai cessé de passer des commandes.
    Je n'ai donc que ma box du mois, que j'ai reçu à la toute fin du mois dernier (remarquez, ça me fais faire des économies!!)

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    Voilà, c'est tout pour ce mois-ci, on se retrouve le mois prochain pour le bilan d'avril!

     

  • Book Haul février-mars 2020

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    En février, je n'avais pas reçu assez de livres pour justifier un book haul.
    En mars, je me suis certes rattrapée, mais une partie des livres que j'ai achetés n'ont pas pu être expédiés du fait du confinement. Ils sont donc du coup gardé bien au chaud jusquà ce que la situation s'apaise et seront présentés dans un autre book haul.

     

    En février, donc, j'ai remporté une masse critique sur Babelio et ai reçu un livre particulièrement adapté à mon cas!

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    Puis, je suis allée sur amazon pour y acheter un livre autoédité qui n'est dispo que sur cette plateforme et j'en ai profité pour prendre une suite de série et le tome 4 de la magie du cinéma (oui, je n'aime pas faire déplacer le livreur pour rien)

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    En mars, j'ai reçu une commande passé chez Inceptio après de nombreuses péripéties qui étaient entièrement de la faute du centre de tri de la poste! Et le comble c'est que si Inceptio, qui n'était pour rien dans ce retard, s'en est excusé, la poste eux: pas un mot! (ça ne m'étonne même plus!)

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    Enfin, j'ai eu du flair car le jeudi précédent le confinement, j'ai décidé d'aller écouler mes bons de noël du boulot

    J'ai d'abord pris des suites de séries

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    Puis des nouveautés qui me faisaient de l’œil

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    De quoi bien m'occuper en attendant le retour à la normale... et l'arrivée de mes autres acquisitions!

    Du coup c'est tout pour ce mois-ci et rendez-vous le mois prochain ou le mois suivant pour le prochain book haul!
    En attendant: Prenez soin de vous.

     

  • C'est lundi que lisez-vous? #254

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog I believe in Pixie Dust.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    Et vous, que lisez-vous?

  • Premières lignes #95

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.

    Cette semaine, je vous présente La disparue de Noël de Rachel Abbott

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    Dans dix minutes à peine, elle serait chez elle, saine et sauve.
    Caroline Joseph poussa un soupir de soulagement. Le long trajet était quasiment terminé. Elle détestait conduire la nuit ; elle avait l’impression d’être privée d’une partie de ses moyens. C’était comme si chaque paire de phares qui approchait l’attirait vers elle, et quand leur lumière blanche illuminait l’habitacle de la voiture, elle devait s’accrocher au volant pour ne pas dévier de sa trajectoire.
    Tout serait bientôt terminé, cependant. Elle avait hâte de faire prendre son bain à Natasha, de lui donner une tasse de chocolat chaud et de la border dans son lit. Elle pourrait ensuite consacrer ce qui resterait de la soirée à David. Quelque chose le turlupinait, elle en était certaine, mais si elle parvenait à le convaincre de boire un verre de vin avec elle au coin du feu, elle n’aurait aucun mal à le faire parler de son problème, qui avait sans doute trait à son travail.
    Caroline jeta un coup d’œil à son rétroviseur pour observer son adorable petite fille. Sa silhouette frêle la faisait paraître plus jeune, mais Tasha avait déjà six ans (ou six ans trois quarts, comme elle se plaisait à le dire). Ses cheveux blond platine retombaient en ondulations sur ses épaules, et ses traits délicats étaient baignés de lumière jaune chaque fois qu’elles passaient près d’un réverbère. Ses paupières étaient fermées. Et elle semblait si paisible que Caroline ne put s’empêcher de sourire.
    Ce jour-là, Tasha s’était montrée comme à son habitude très mignonne, jouant gaiement avec ses petits cousins pendant que les adultes se démenaient pour satisfaire les caprices de son grand-père. Son dernier décret : que Caroline, ses frères et sœurs et leurs familles respectives se rassemblent de toute urgence chez lui pour dîner ensemble avant Noël. Comme toujours, tout le monde s’était plié à sa volonté. Enfin, tout le monde sauf David.
    Le carrefour précédant le hameau où ils habitaient se rapprochait. Caroline jeta un dernier coup d’œil à Natasha. Une fois qu’elles auraient quitté la route principale et se seraient éloignées des vitrines vivement éclairées des magasins et de la lueur ambrée des hauts réverbères, la banquette arrière serait plongée dans le noir. La petite avait dormi pendant la plus grande partie du trajet, mais elle commençait à s’agiter.
    « Ça va, Tasha ? » lui demanda Caroline. Pas suffisamment réveillée pour répondre, la fillette murmura un vague « hmm » tout en se frottant les yeux avec ses poings. Caroline sourit. Elle freina et rétrograda pour bifurquer. Il ne lui restait plus que trois kilomètres à parcourir dans les routes sombres, étroites et bordées de haies. Trois petits kilomètres, et elle pourrait se détendre un peu. Elle ressentit soudain un élan de colère à l’encontre de David. Il savait bien qu’elle détestait conduire la nuit ; il aurait tout de même pu faire un effort. Au moins pour Natasha. Il leur avait manqué, à toutes les deux, au cours de la soirée.
    Tout à coup, un mouvement, à sa gauche, attira son attention. Le cœur battant à se rompre, elle tourna la tête. Une chouette qui volait au-dessus des haies ; son jabot blanc, éclairé par ses pleins phares, et se détachait nettement sur le ciel nocturne. Elle laissa échapper un soupir.
    Il n’y avait pas de lune, et le goudron noir des routes étroites qui menaient à leur maison scintillait de fragments de givre. Tout autour d’elle semblait parfaitement silencieux, comme si le temps s’était arrêté, et maintenant que la chouette avait disparu, elle avait l’impression d’être le seul être encore en mouvement. Elle savait que si elle ouvrait sa fenêtre, elle n’entendrait aucun autre bruit que le discret ronronnement du moteur. Il n’y avait pas la moindre lumière, ni devant ni derrière. Or elle avait toujours eu peur du noir, et cette peur menaçait de la submerger.
    Dès qu’elle eut mis la radio en sourdine, elle se sentit rassurée par la gaieté des chansons de Noël si familières. Dans quelques jours à peine, elle ne pourrait plus les supporter, mais en cet instant, leur banalité joyeuse eut sur elle un effet apaisant.
    Elle sourit. Et au même instant, son téléphone, sur le siège passager, se mit à sonner. Certaine qu’il s’agissait de David appelant pour demander quand elle pensait être rentrée, elle jeta un coup d’œil distrait à l’appareil, mais au dernier moment, elle s’aperçut que l’appel provenait d’un numéro masqué. Machinalement, elle appuya sur l’écran pour l’effacer. Elle ne savait pas qui c’était, mais cela attendrait. Alors qu’elle replaçait le téléphone sur le siège, elle dut aborder un virage serré de sa seule main libre. Les roues patinèrent un peu sur le givre, et elle fut soudain prise de panique. Mais la voiture tint la route, et elle put respirer à nouveau.
    Caroline négocia prudemment les quelques virages qui suivirent et elle sentit ses épaules crispées se détendre quand elle arriva à la courte ligne droite que de hautes haies protégeaient des profonds fossés. Tout à coup, elle se pencha vers le pare-brise pour mieux voir. Ses phares venaient d’éclairer une ombre plus sombre que les autres, un peu plus loin sur la route. Craignant un danger quelconque, elle appuya doucement sur la pédale de frein et rétrograda.
    Arrivée devant l’obstacle, elle passa la seconde et finit par comprendre avec horreur qu’il s’agissait d’une voiture arrêtée en travers de la route, ses roues avant enfoncées dans le fossé de droite. Il lui sembla discerner une silhouette à l’intérieur, comme le corps d’une personne avachie sur le volant.
    Tout en continuant d’avancer lentement, le cœur battant, elle appuya sur le bouton qui permettait de baisser la vitre. Apparemment, la ou les personnes qui se trouvaient dans cette voiture avaient besoin d’aide.
    Le téléphone se remit à sonner.
    Elle fut d’abord tentée de l’ignorer. Mais s’il y avait bel et bien eu un accident, il faudrait peut-être qu’elle demande de l’aide ? Brusquement, donc, elle saisit l’appareil et décrocha, s’apercevant à ce moment-là que ses mains tremblaient.
    « Allô ?
    — Caroline ? Tu es rentrée chez toi ? »
    La voix lui disait vaguement quelque chose, mais elle n’arrivait pas à la resituer. Sans quitter du regard l’obstacle qui se trouvait devant elle, elle immobilisa la voiture et retira sa ceinture de sécurité.
    « Pas encore, non. Pourquoi ? Qui est-ce ?
    — Écoute-moi. Quoi qu’il puisse se passer, il ne faut surtout pas que tu arrêtes la voiture. Quoi qu’il arrive, quelles que soient les circonstances, tu ne t’arrêtes pas, d’accord ? » L’homme parlait rapidement, mais d’une voix basse. « Rentre chez toi. Rentre chez toi directement. Tu m’as bien compris ? »

     

    Alors, tentés?

  • [Livre] Mers mortes

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    Lecture terminée le : 26 juin 2019

     

    Résumé : Les humains ont massacré les mers et les océans. L’eau s’est évaporée ; les animaux sont morts. Quelques années plus tard, les mers et les océans reviennent. Ils déferlent sur le monde sous la forme de marées fantômes et déplacent des vagues de poissons spectraux, tous avides de vengeance. Les fantômes arrachent leurs âmes aux hommes et les dévorent. Bientôt, les humains eux aussi seront éteints… Leur dernier rempart face à la mort : les exorcistes. Caste indispensable à l’humanité, les exorcistes sont bien entendu très convoités. L’un d’eux, Oural, va se faire kidnapper par une bande de pirates qui navigue sur les mers mortes à bord d’un bateau fantôme. Voilà notre héros embarqué de force dans une quête sanglante et obligé, tôt ou tard, de se salir les mains…


    Auteur : Aurélie Wellenstein

     

    Edition : Scrineo

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 14 mars 2019

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Un autre livre d’Aurélie Wellenstein, je ne pouvais pas résister. Et pourtant, la lecture de ses livres n’est jamais un long fleuve tranquille, bien au contraire.
    Dans « Mers mortes », l’auteur met en avant la maltraitance animale. Le sujet principal du roman est déjà limpide, mais, pour appuyer ses dires, aurélie Wellenstein nous raconte certaines scènes de massacre (Je ne peux décemment pas appeler cela de la pêche) vues du point de vue des victimes à qui elle prête sentiments humains et conscience.

    Je ne suis ni vegan, ni particulièrement portée sur l’écologie. Je pense que la Terre se régénéra très bien sans aide, comme elle l’a déjà fait par le passé, du moment que ses parasites actuels auront disparus, et que le but des écolos n’est pas tant de sauver la planète que de nous sauver nous-même. Or je pense que nous somme  destinés à disparaitre afin que la planète puisse recommencer un nouveau cycle, comme ce fut le cas après les dinosaures.

    D’ailleurs Oural, l’exorciste, se pose cette question : les humains valent-ils la peine d’être sauvés ? Et si oui, ce qui se discute, à quel prix ?

    Je ne me suis jamais vraiment attachée aux personnages.
    Les pirates étaient une idée originale pour un monde où les mers et océans ont disparus. Mais même si le but qu’ils poursuivent leur semble noble, j’ai eu beaucoup de mal à cautionner leurs méthodes. Surtout celles de Bengale, leur chef, qui affiche au mépris incroyable pour autrui.

    J’ai un peu plus apprécié Oural qui, malgré les circonstances, cherche à respecter son serment en protégeant les êtres humains.
    Cela dit, Oural change. Ses cauchemars l’éloignent de plus en plus de l’humanité pour le rapprocher des fantômes des animaux. Il les combat toujours mais commence à comprendre les raisons de leur colère.

    Les scènes des marées hautes sont impressionnantes, tout comme les souvenirs des tueries qui les ont provoquées.
    Et comme si les marées hautes ne présentaient pas un danger suffisant, comme à chaque fois que la situation est désespérée, il faut aussi se méfier de ses semblables : La peur, l’avidité, la soif de pouvoir, sont autant de raisons pour les être-humains de s’entretuer.

    Du côté de l’écriture, j’aime toujours autant la plume de l’auteur, sans surprise.
    Le seul petit bémol, qui m’a fait grincer des dents tout au long du livre, c’est l’emploi de « Delphine » pour désigner un dauphin femelle. Il n’y a PAS de féminin à dauphin (tout comme il n’y a pas de masculin à grenouille, d’ailleurs).
    Si encore elle avait utilisé « Dauphine », j’aurais moins grincé des dents, car au moins il s’agit d’un nom commun, contrairement à Delphine qui est strictement un nom propre.

    La fin du roman comporte comme toujours une part de frustration tout en apportant de la satisfaction.
    Et malgré ce petit point de langage énervant, « Mers mortes » est un roman addictif, presque impossible à lâcher avant la dernière ligne.

     

    Un extrait : La vague roulait sur lui en silence. Face à elle, l’exorciste était impuissant. Personne en ce monde ne pouvait la repousser ou la faire dévier. Elle allait se fracasser sur eux, les recouvrir. El alors, les fantômes des animaux marins surgiraient. D’un coup, ils seraient tous là, avides. Il les sentait déjà qui se pressaient dans l’air, affamés, impitoyables. Oural avala sa salive. Aux yeux des spectres, il était comme une torche jetée dans les ténèbres. Son âme brillait avec une telle force…

    Une minute avant l’impact.

    La brèche entre les plans s’élargissait. Les survivants n’occupaient plus qu’un coin minuscule du monde et les océans colossaux se pressaient contre les murs fragiles de leur refuge. C’était difficile à concevoir… Oural avant la tête légère.

    Trente secondes.

    La vague fantôme ressemblait désormais à une nappe de brouillard tendue d’un bout à l’autre du ciel. Une brume de poix. On en distinguait plus rien à vingt mètres. Les formes noires dansaient, se chevauchaient, s’étiraient. Des algues fantômes, rien d’autres. C’était une chance.

    Quinze secondes

    Dans le bastion s’éleva la mélopée de ses sujets. Durance commençait la messe. Son bouclier allait progressivement recouvrir l’église pour les dissimuler aux yeux des monstres.

    C’est très bien petite, pensa-t-il.

    Dix seconde

    Durance avait toujours été bonne élève. Une fille sérieuse, née après la catastrophe. Comment des parents pouvaient-ils avoir la cruauté de faire naître un enfant dans un monde pareil ?

    Cinq secondes.

    Jusqu’à quel âge vivrait Durance ?

    Quatre secondes.

    Quinze ans grand maximum ?

    Trois secondes.

    Oural retint machinalement sa respiration. La vague géante toucha les créneaux du bastion.

    Deux secondes.

    Se répandit sur les terrasses.

    Une.

    Et engloutit Oural.

     

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  • [Livre] L’ombre de l’autre femme

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    Lecture terminée le : 23 juin 2019

     

    Résumé : Quand Libby rencontre Jack, elle croit vivre le plus grand bonheur de sa vie. Elle l'épouse quatre mois plus tard. Mais à peine a-t-elle emménagé dans la grande demeure de son mari que son rêve tourne au cauchemar. Jack est obsédé par son ex-femme décédée, Eve. Et son comportement est de plus en plus étrange.
    C'est alors que Libby découvre qu'Eve a peut-être été assassinée. Elle décide de tout faire pour savoir ce qui lui est arrivé.
    Et si Libby était elle aussi en danger ?


    Auteur : Dorothy Koomson

     

    Edition : Charleston noir

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 10 avril 2018

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Dans la première partie du livre, une ambiance pesante est mise en place. On alterne entre le passé, au moment de la rencontre de Jack et Libby, et le présent qui commence avec un accident dans lequel Libby a été gravement blessée.
    C’est au cours de cette partie que l’on apprend les circonstances de la mort de Eve, la première femme de Jack, et que l’on voit le souvenir de cette dernière s’immiscer entre Libby et son mari.
    J’ai trouvé dommage que la flic qui montre une hostilité particulièrement tenace envers Jack, ne soit pas plus exploitée. Même si j’ai vraiment apprécié de voir Libby rembarrer cette saleté, j’ai vraiment regretté que cette punaise disparaisse ainsi, en un claquement de doigts.

    Dans la seconde partie, on plonge dans la vie d’Eve, via ses journaux intimes que l’on découvre en même temps que Libby.
    On assiste alors à la véritable descente aux enfers d’une jeune femme que la vie n’a décidément pas épargnée.
    Je crois que j’ai encore plus aimé cette partie que la première. J’ai aimé voir le cheminement d’Eve, son évolution dans la vie comme son évolution psychologique.
    Plus Libby, et nous par la même occasion, avance dans la lecture des journaux, plus on sent une menace planer sur la jeune femme.

    On se demande très vite si la mort d’Eve est vraiment accidentelle ou si elle est liée à son lourd passé. Car dans ce passé, les suspects ne manquent pas.
    L’un d’eux, en particulier, m’a semblé très intéressant mais je n’aurais jamais cru que cette piste m’entrainerait là où elle m’a conduit.
    Mais remonter cette piste ne sonne pas la fin du livre, car il reste à Libby à se dépatouiller de tout ce qu’elle va découvrir.
    L’angoisse avait un peu diminuée au profit d’une certaine répulsion à l’égard de la gent masculine à la lecture de l’histoire d’Eve, mais elle va revenir dès lors qu’on réalise qu’avoir trouvé ces récits met Libby en grand danger.
    La toute fin du roman était une surprise mais j’ai vraiment adoré ça. Ça change de ce qu’on a l’habitude de voir.

     

    Un extrait : Quand je pense à Jack, j’essaie de penser à nos jambes flageolantes au sortir des montagnes russes miniatures au bout de la jetée de Brighton. J’essaie de penser à nous deux, allongés sur une couverture élimée sur la plage de galets, des filaments de barbe à papa collante plein la bouche.
    J’essaie de penser aux poignées de pop-corn fourrées dans ma chemise au premier rang de cinéma, à nos fous rires, à moi pliée en deux, les larmes roulant sur mes joues.

    « Libby, Libby, allez, réveillez-vous. Ne vous endormez pas tout de suite. »

    Cette voix douce, légèrement implorante, résonne comme un encouragement.
    J’ouvre les yeux et il est flou. L’homme à la voix douce et implorante apparait, un peu trouble. Cligner des yeux ne semble rien y faire. J’ai le visage trempé, la tête qui me tourne et un froid glacial s’est emparé de moi. La douleur me transperce le corps.

    « C’est bien. Essayez de garder les yeux ouverts, ok ? Essayez de rester éveillée. Vous savez qui je suis ? Vous vous souvenez de moi ?

    - Sam, dis-je, même si je n’ai pas l’impression que les mots sortent de ma bouche. Vous êtes un pompier, donc votre nom c’est Sam, comme dans le dessin-animé. »

    Je le vois un peu plus nettement maintenant que le voile s’estompe et j’arrive à distinguer suffisamment pour entrevoir son visage mat se fendre d’un sourire.

    « - C’est presque ça.

    - Je vais mourir ? »

    Encore une fois, je ne sais pas trop si j’ai parlé, mais Sam le pompier à l’air de ma comprendre.

    « - Pas si je peux l’éviter. »

     

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  • [Livre] Persepolis

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    Lecture terminée le : 19 juin 2019

     

    Résumé : A L’Association, on n’aime pas beaucoup le terme d’intégrale, alors on ne va pas en plus l’écrire sur le livre (certains n’hésitent pas). On préfère parler de monovolume (on ne l’écrira pas dessus non plus). Bref, ce livre rassemble les quatre volumes du Persepolis de Marjane Satrapi. On ne fera pas non plus le visuel de la couverture avec l’affiche du film, comme cela se pratique dans ces cas-là. Car il y a bel et bien un long-métrage d’animation de Persepolis qui sortira sur les écrans au moment du festival de Cannes, que Marjane a réalisé elle-même avec Winshluss, et qui sera aussi un événement. Que l’édition de Persepolis en un volume soit prête à cette occasion était la moindre des choses.


    Auteur : Marjane Satrapi

     

    Edition : L’association

     

    Genre : Bande dessinée

     

    Date de parution : 20 Octobre 2017

     

    Prix moyen : 36€

     

    Mon avis : Je n’ai pas (encore) vu l’adaptation animé mais les deux courts extraits que j’ai vus m’ont donné très envie de lire la BD.
    Avec cette intégrale (désolée à ces messieurs dames de l’association, mais moi je continue à utiliser le mot. Déjà qu’il y en a de plus en plus qui inventent des mots, si on commence à ne plus utiliser ceux qui existent, on ne va pas s’en sortir), j’ai pu lire les 4 tomes sans interruption.
    Ce qui m’a le plus frappé dans cette histoire, c’est l’hypocrisie.
    Hypocrisie du père de Marjane qui manifeste pour la liberté mais qui est offusqué que sa servante ose vouloir épouser quelqu’un qui n’est pas de sa classe sociale et qui explique plus ou moins à Marjane qu’elle doit rester à sa place ; hypocrisie des filles soi-disant libérées qui sont les 1ère à traiter Marjane de pute parce qu’elle a eu des rapports sexuels en Europe ; hypocrisie des religieuses catholiques qui véhiculent des messages bien peu chrétien (mensonges et préjugés) ; des potes « anarchistes » mais partant au ski aux frais de papa maman ; sans parler bien sûr des « religieux » iraniens dont Marjane ne cesse de pointer du doigt les incohérences… Bref, de l’hypocrisie à quasiment toutes les pages.
    A travers les yeux de Marjane, qui n’a que 10 ans au moment de la révolution islamique, on voit l’évolution de la prise de pouvoir des religieux.

    Marjane ne comprend pas toujours ce qu’il se passe et les explications que lui apportent ses parents permettent au lecteur de comprendre l’évolution du pays.

    On voit à quel point il est difficile d’avoir des informations fiables tant les média mentent tous : les média occidentaux diabolisent les orientaux et exagèrent les victoires irakiennes et les média iraniens diabolisent les occidentaux et minimisent leurs défaites dans la guerre qui les opposent à l’Irak.
    A l’adolescence, Marjane est envoyée en Europe pour sa sécurité et on constate que malgré la liberté qu’elle y trouve, l’intégration y est difficile et le mal du pays, intolérable.
    Malgré le climat politique instable et extrêmement hostile aux femmes, Marjane ne le quittera avec réticence. Après ses études en Autriche, elle va revenir en Iran, puis, plus tard, à l’âge adulte, elle va partir pour la France, laissant sa famille derrière elle.

    Si elle entretient l’espoir de voir son pays sortir un jour de l’obscurantisme, elle doit pour l’instant vivre séparée des siens car, comme elle dit « la liberté a un prix ».
    Il ne me reste plus maintenant qu’à découvrir l’adaptation !

     

    Un extrait :

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