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Selene raconte...

  • [Livre] Black Hills (Paha Sata)

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    Résumé : Au milieu du 19e siècle, aux États-Unis, l'avancée des colons blancs atteint la région des Black Hills et des grandes plaines. Le soir de ses fiançailles, la jeune Emma London, issue de la bourgeoisie de Chicago, est enlevée par une bande de Sioux Lakotas. Emmenée de force au village indien, Emma y restera prisonnière durant près de huit mois : huit mois de révolte et de confrontation avec ses ravisseurs, mais aussi de découverte d'un peuple paradoxalement attachant, au cœur duquel naîtra un improbable amour. Écartelée entre ses origines et une société qui la fascine, Emma va devoir choisir. Ce choix ne se fera pas sans danger...


    Auteur : Christian Carlier

     

    Edition : Plumes solidaires

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 15 Octobre 2019

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : C’est sur la proposition des éditions plumes solidaires que j’ai découvert ce roman.
    Emma London est une jeune femme volontaire, qui n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Son père l’a fiancée à David Bentley, jeune homme de bonne famille, riche héritier, de la région des Black Hills dans le Dakota, à la limite des terres colonisées (oui, comme docteur Quinn, mais dans un autre état).
    Après la mort de son père, Emma ne voit aucune raison de reprendre sa parole et quitte son Chicago natal pour rejoindre son futur.
    Au cours de la soirée donnée pour fêter les fiançailles du fils de la maison, David et Emma s’éloignent dans le jardin et David, passablement ivre, tente de violer Emma.
    Au même moment, un petit groupe de Sioux Lakota menés par le chef Chayton s’introduisent sur la propriété pour délivrer certains des leurs, prisonniers et réduits en esclavage par Bentley père.
    Entendant les cris d’Emma et soucieux de ne pas laisser de témoins, ils s’approchent pour voir qui est là et David Bentley étant un homme qu’ils détestent, ils le frappent violemment, le laissant pour mort. Sur l’impulsion du moment, ils enlèvent Emma.
    Commence alors pour la jeune femme une incursion aussi effrayante que fascinante dans le monde des sioux Lakota.
    Comme tous les blancs de cette époque, Emma ne connait les indiens qu’à travers les préjugés véhiculés par ceux qui leur vole leurs terres, sans faire de distinction entre les différentes tribus.
    Pourtant, au fil des jours de sa captivité, Emma découvre un peuple qui, s’il est sans pitié avec ses ennemis, plutôt vaniteux et enclin à une certaine violence, se montre parfaitement cordial avec ses prisonniers, et mène une vie tournée vers la nature où le respect de l’autre tient une grande place. Petit à petit, celle que les indiens appellent du nom indien signifiant Carcajou (à cause de son caractère mordant, comme l’animal), va s’adapter bon gré, mal gré, à sa nouvelle vie.
    Pendant ce temps, chez les blancs, James Bentley est ivre de rage. Son désir de vengeance ne connait aucune limite. Et ce désir de vengeance est mêlé de son avidité de pouvoir. Je me suis même demandé sérieusement si c’était vraiment l’attaque de son fils qui le rendait furieux ou si c’était parce qu’il considère cette attaque comme une attaque contre son autorité.
    C’est un homme qui veut avoir tout le monde à sa botte, ou, à défaut, sous sa coupe.
    Ce mec à tout pour plaire : il n’est courageux que s’il est en position de force, hurle et menace dès qu’on le contrarie et enfin, méprise ouvertement tous ceux qu’il juge inférieurs, soit la quasi-totalité de son entourage.
    L’auteur n’idéalise pas les indiens. S’il dépeint un mode de vie empreint de respect au sein de leur tribu, il montre aussi que les guerres entre les tribus avec scalp et vol de chevaux et de femmes est la norme et qu’ils sont enclins à régler les conflits dans le sang.
    Mais aucun de ces défauts n’arrivent à la chevilles de ceux des blancs, pas forcément les colons, pauvres, qui viennent travailler la terre pour survivre et chez qui on attise la peur des indiens, mais les blancs qui sont là pour déposséder les indiens de leurs terres afin d’exploiter les ressources de cette dernière, et qui les chassent ou les réduisent en esclavage en les maltraitant et les rendant dépendant à l’alcool.
    J’ai beaucoup aimé, à la fin du roman, avoir la signification des noms indiens ainsi que le calendrier qu’ils utilisent et qui rythme leur vie (j’ai particulièrement aimé la lune du gel dans le tipi, je me demande bien ce qui a inspiré ce nom ^^ ).
    J’ai été complètement captivée par ce roman que j’ai lu d’une traite, n’arrivant jamais à m’en éloigner plus de quelques minutes (heureusement que je ne travaillais pas !).
    Je voulais impérativement savoir ce qui allait se passer au chapitre suivant et même à la page suivante. Et je n’ai pas été déçue !

     

    Un extrait : David et Emma sortent sur la terrasse afin de s’isoler de tous ces regards qui les suivent depuis le début de soirée. Seulement, il y a là aussi trop de monde. Un solide quadragénaire à la redingote élimée, la chemise ouverte sur un poitrail velu, vient leur réitérer ses vœux de bonheur d’une voix pâteuse. David propose à sa fiancée de faire quelques pas à l’extérieur, là où on les laissera en paix. Ils s’enfoncent lentement dans la nuit en se tenant par la main. Parce que la musique de l’orchestre fait écran, Emma n’entendra pas l’étrange mélopée qui vient de s’élever près d’eux, dans une partie du jardin qu’aucune lumière n’éclaire.

    Il s’y trouve, invisible à cet instant, une baraque de bois très basse, longue et étroite, au bardage confectionné de planches disjointes. C’est de là que provient le chant. Des hommes y sont enfermés, des Peaux-Rouges, serrés dans un espace réduit et si bas qu’ils ne peuvent s’y tenir debout. Ils sont huit, jeunes, sauf un. C’est le vieux qui a entonné la mélopée d’une voix grave. Une voix qui dit leur présence.

    David Bentley et sa milice les ont capturés la semaine précédente lors de l’attaque-surprise d’un camp de chasse où se trouvait Chayton. Ce dernier et quelques braves avaient pu s’échapper malgré les balles sifflant autour d’eux. Trois Peaux-Rouges avaient trouvé la mort, fauchés par les tirs des blancs. Les autres, stupéfiés, désarmés, avaient dû se rendre sans combattre. Ils ne faisaient que chasser sur leurs terres, loin du village des blancs. David Bentley les épargna parce qu’il avait besoin de cette main-d’œuvre gratuite et forcée qu’il loue aux fermiers aisés d’Oxfield. Pour faire taire les bonnes consciences — il s’en trouvait —, on présenta les Lakotas comme ayant été sur le point de commettre un vol de chevaux. Cela eut pu être possible, mais ce n’était pas le cas. Le vieil Indien n’avait pas vraiment de valeur marchande, toutefois James Benthey, qui se targue de bien connaître les indigènes, savait que les jeunes guerriers emprisonnés, poussés par la honte et l’affliction, pouvaient avoir des réactions extrêmes. La présence parmi eux d’un ancien se montrait apaisante. C’est pour cela qu’il avait épargné le vieux, pour qu’il conseille la sagesse aux jeunes. Les Lakotas ont foi en la parole des anciens. Peut-être que James Bentley ne connaissait pas si bien que cela les Lakotas, finalement.

     

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  • C'est lundi que lisez-vous? #234

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog I believe in Pixie Dust.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    Et vous, que lisez-vous?

  • Premières lignes #76

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.
    Pour ma part, j’ai décidé de vous faire découvrir mes coups de cœurs !

     

    Cette semaine, je vous présente Cendrillon et moi: La belle-mère parle enfin de Danielle Teller.

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    Il est devenu bien trop oppressant de dîner à la cour. La faute n’en revient pas seulement aux repas interminables, ou à l’obligation de respecter la dernière mode vestimentaire, de se poudrer le visage, de s’infliger des tortures capillaires pour exhiber de grandes cornes de bélier ornées de bijoux, de porter des robes en soie aux manches si étroites qu’on ne peut plus amener une cuillère à ses lèvres peintes avec soin... Non, ce sont les commérages qui sont insupportables, le bourdonnement sinistre de ces guêpes prêtes à piquer le moindre bout de chair tendre exposé à leurs dards empoisonnés.
    Ce soir, on m’a placée à côté du comte de Bryston, un sot vaniteux qui se fait rare à la cour. Il règne sur une bourgade perdue au nord du royaume, et semble croire que l’allégeance inébranlable des siens à la couronne l’autorise à commenter les faits et gestes de la famille royale.
    « Madame, j’ai cru comprendre que vos nobles filles ne sont pas encore mariées ? a-t-il demandé en tirant sur ses manchettes, si volumineuses qu’elles trempaient dans sa soupe.
    — En effet, comte, ai-je répondu, aussi brièvement que la courtoisie l’autorise.
    — Et pourtant, d’après ce qu’on m’a rapporté, il fut un temps où elles se seraient disputé les faveurs du prince Henry en personne ? » Le comte a délicatement tamponné ses lèvres écarlates avec sa serviette. « Elles auraient ainsi tenté de le détourner de la princesse Elfida ?
    — L’idée semble vous divertir, comte. Je crains que, pour l’essentiel, tout ce que vous avez entendu ne soit que pure invention », ai-je répliqué avec une froideur manifeste.
    Il a souri de toutes ses dents.
    « Ah, eh bien, c’est une histoire des plus incroyables ! La belle jeune fille opprimée qui devient princesse, les demi-sœurs jalouses, la pantoufle de vair qui résiste...
    — Comte, je ne peux donner crédit à de telles affabulations.
    — Voyons, madame ! Vous savez bien que tout le royaume est sous le charme de notre bienveillante et radieuse princesse ! Et j’ai beaucoup entendu parler de vos filles et de vous.
    — Une histoire captivante passe bien souvent sous silence l’humble vérité.
    — J’espère que vous me parlerez de la pantoufle », a-t-il poursuivi en ignorant ma réticence. Il a rompu un morceau de pain et laissé une traînée de miettes sur la table. « Mon épouse brûle de connaître les détails ! On dit que le prince a invité toutes les jeunes filles en âge de se marier à essayer la chaussure, y compris vos filles ! » À ces mots, il a éclaté de rire.
    « Est-ce si drôle de les imaginer recevoir les attentions d’un prince ?
    — Eh bien... »
    Son haussement d’épaules était des plus éloquents.
    « Elles sont laides, et Elfida est belle », ai-je déclaré.
    Le comte a froncé les sourcils et grimacé. L’élégance recommande de sous-entendre les vilenies plutôt que de les formuler explicitement.
    « Comte, j’ai eu vent de certaines des rumeurs auxquelles vous faites allusion. Pour moi, ces fables trahissent une épidémie de cécité. Le prince Henry devrait être aveugle pour ne pas reconnaître l’objet de son admiration ou distinguer un laideron d’une jeune fille à la beauté inégalée. Mes filles seraient aveugles de ne pas se voir telles qu’elles sont dans le miroir ou sur les visages de ceux qu’elles rencontrent... » J’ai haussé le ton, si bien que j’ai dû marquer une pause pour reprendre d’une voix neutre. « Elles devraient également se voiler la face pour méconnaître cette vérité : les hommes se persuadent que les belles femmes sont pourvues de vertu et de moralité, alors qu’aucune vertu n’est assez grande pour embellir un laideron.
    — Madame, la princesse Elfida est une étoile resplendissante qui brille au firmament royal, là où elle a toute sa place. Qu’elle vous invite, vos filles et vous, à dîner ici au palais témoigne de sa compassion, de sa mansuétude et de sa générosité, a-t-il conclu sans même tenter de déguiser son mépris.
    — Il est vrai, comte. Il est vrai », ai-je murmuré.

     

    Alors, tentés?

  • [Livre] Je veux m'envoler

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    Résumé : Marcus Notre-Dame, brillant lieutenant de la DRPJ de Versailles est dépêché sur une affaire hautement politique. « Beyond the Beauty », pur-sang prodige appartenant aux prestigieuses Écuries Villeret et à L'Émir du Qatar, est enlevée à l’aéroport Charles de Gaulle. La jument, joyau de la couronne qatarie, sera exécutée selon des rites sacrificiels inspirés de la mythologie nordique, qui tiendront le lecteur en haleine. Aidée par Jordis Silverstrand, agente d’Interpol spécialiste de la civilisation et mythologie nordique, la police judiciaire s’engage alors dans une véritable course contre la montre pour résoudre les différentes énigmes de ces rites macabres. Au cours de cette enquête, les pressions politico-médiatiques plongeront notre inspecteur au passé obscur dans une affaire de famille des plus sombre. Le lieutenant traquera une menace sans visage qui éventrera vos nuits. Deux familles ennemies ou alliées ? Deux femmes liées par une énigmatique relation. Avec puissance et émotion, l’auteur nous plonge dans une intrigue complexe qui révèlera la détresse d’un être qui “veut s’envoler”. Marcus Notre-Dame, arrêtera-t-il cette menace à temps ? Pourra-t-il seulement être le héros de cette fresque bouleversante, qui bouscule les codes du thriller.


    Auteur : Malik Grillon Mixtur

     

    Edition : Auto édition

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 31 Août 2019 

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : C’est de nouveau sur la plateforme Simplement Pro que l’auteur m’a proposé de lire son roman.
    Il s’agit d’un thriller mêlant mythologie nordique et magouilles politiques.
    Comme d’habitude, on va passer rapidement sur les quelques points avant de se pencher sur le positif.
    En réalité, les points négatifs sont quasiment essentiellement des problèmes de forme (donc facile à corriger).
    Le plus évident a été les fautes de conjugaison (-er au lieu de –é ; -ez au lieu de –er ou encore –ait au lieu de –aient) ainsi qu’une concordance des temps un peu fantaisiste.
    Ça se remarque, certes, mais ça n’empêche pas la compréhension de l’histoire.
    J’ai été plus dérangée par l’absence de marqueurs de dialogue (Mais peut être que c’est un défaut du format epub, j’ai déjà vu des changements intempestifs de mises en page sous ce format). On finit par s’y habituer un peu mais j’ai trouvé que ça alourdissait la lecture.
    Certains dialogues manquent de naturel car, paradoxalement, ils sont trop bien écrits. Cela ne se ressent pas dans les dialogues qui ont trait à l’enquête elle-même mais plutôt dans les conversations d’ordre personnel.
    en dehors de ces petits problèmes de forme (d’ailleurs, il est à noter qu’il n’y a pas de faute d’orthographe, du moins aucune qui m’ait sauté aux yeux), qui se régleront facilement avec une relecture extérieure (un œil extérieur est toujours appréciable), l’histoire est vraiment prenante et bien menée.
    Et soyons clair, quelqu’un qui écrit mal, une histoire incohérente, mal tournée etc… sera bien plus difficile à reprendre que quelqu’un qui fait quelques fautes de conjugaison. La forme est toujours plus facile à corriger que le fond.
    Et sur le fond, il n’y a vraiment rien à redire dans cette histoire.
    On en apprend beaucoup sur la mythologie nordique. J’ai vraiment adoré cet aspect de l’histoire.
    Les meurtres sont horribles (mais on aime ça, hein ? Bande de psychopathes) et le coupable se moque ouvertement de la police en se payant le luxe d’avoir toujours un coup d’avance.
    Les personnages sont attachants. J’ai surtout aimé l’indic de Marcus. J’ai bien moins apprécié Laetitia, que j’ai trouvée égoïste et pathétique.
    A titre personnel, j’ai regretté que les quelques scènes de sexe présentes soit si (trop) détaillées. L’une d’elle n’apporte rien à l’histoire et les autres auraient largement pu se contenter de suggérer les choses. N’étant pas adepte de pornographie, j’ai sauté ces passages qui m’ont un peu écœurée.
    En revanche, j’ai aimé les chapitres dans lesquels un militaire est interrogé sur le passé sombre de Marcus.
    Je ne saurais dire s’il est crédible qu’un homme avec un tel passé se retrouve à la DRPJ, mais il m’intrigue.
    On ne saura pas dans ce roman la raison de son interrogatoire, mais cela promet de sacré ennuis à Marcus dans un prochain tome.
    Marcus, c’est un peu compliqué. Je ne sais pas vraiment si je l’ai apprécié. C’est un excellent policier, mais je ne suis pas sûre d’avoir apprécié la mentalité de l’homme (surtout si les révélations sur son passé sont vraies).
    J’ai en revanche beaucoup aimé la profiler d’Interpol : Jordis.
    Ainsi, malgré quelques défauts, ce roman nous offre un thriller haletant et original que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire.

     

    Un extrait : Quand il s’agit de raconter sa vie, la bouche d’un homme n’est pas toujours fiable. Son corps en revanche, ne ment jamais. Celui de Marcus Notre-Dame avait la langue bien pendue. Les ongles tailladés par des Rangers  suggéraient un passé militaire. Une entaille au visage que le temps n’avait pas réussi à effacer témoignait d’une brève carrière de boxeur amateur. Le tatouage de deux revolvers qui croisaient le fer sur son bras rappelait qu’il avait déjà ôté la vie. Les veines saillantes qui tentaient de se frayer un chemin à travers les cicatrices de blessures par balle témoignaient de la vie d’un homme qui avait dû faire face à de nombreux dangers. Il s’apprêtait à affronter une menace bien moins périlleuse mais tout aussi désagréable, le moment où son réveille-matin allait sonner. Un manque de volonté habituel se ferait ressentir quand sonnerait le glas à six heures. Celui-ci se dissiperait alors que son corps reviendrait à la vie, avant de disparaître quand l’eau froide déferlerait sur les striures de sa peau dorée. Il essuyait ses abdominaux dessinés à l’arme blanche quand la femme qui partageait sa vie entra dans la salle de bain :

    « Bonjour mon chéri, as-tu bien dormi ?

    Oui très bien et toi ? Répondit Marcus.

    Oui j’ai bien dormi, j’ai rêvé que nous partions en week-end à Venise et que nous profitions du Carnaval. Et toi as-tu rêvé ?

    Peut-être…  Mais je ne m’en rappelle pas.

    Comme souvent…  J ’ai parfois l’impression de devoir rêver pour nous deux tu sais.

    De rêver pour nous deux ? Désolé Laetitia , je viens de me réveiller. Je ne te suis pas.

    Je rêve de pouvoir assister aux plus belles pièces de théâtre, d’avoir cette connexion privilégiée avec les comédiens qui me donnent parfois envie de pleurer, de rire ou de tristesse. Je rêve de pouvoir me rendre dans les plus belles expos, les plus beaux concerts de musique classique. Je rêve de réaliser tant de projets, en France et à l’étranger.

    C’est ce que j’aime chez toi, tu le sais, dit Marcus avec bienveillance.

    Je sais. Mais sais-tu la différence entre ceux qui rêvent et ceux qui réalisent leurs rêves ?

    Je t’écoute, répondit Marcus qui n’aimait pas la tournure que prenait cette discussion.

    Ceux qui réalisent leurs rêves ne sont pas attentistes, ils prennent leurs responsabilités. Ils s’impliquent et s’organisent en conséquence. Ce qui n’est pas toujours évident, surtout quand les obligations quotidiennes sont prenantes », dit-elle avec un sourire. « Le « couple » prend à ce moment précis toute son importance, qu’en penses-tu ?

    Je suis d’accord, nous devons nous soutenir.

    Exactement » , conclut Laetitia  en lui baisant la joue.

    Elle s’éloigna en le regardant du coin de l’œil. Marcus connaissait ce regard déterminé à le faire réagir. Les signaux que Laetitia  envoyait étaient de plus en plus évidents, elle ne se satisfaisait plus des belles phrases de circonstance destinées à éviter les conflits. Elle attendait plus d’implication de sa part pour faire « vivre » ce couple. Il s’appuyait beaucoup sur elle, elle aimait cela, mais désirait aussi goûter à cette sensation. Celle où le conjoint fait preuve d’initiative pour vous surprendre. Elle lui faisait comprendre doucement mais sûrement.

     

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  • Bilan du mois d'octobre 2019

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    En octobre, j'ai lu 17 livres, dont 3 BD et 14 romans pour un total de 5219 pages lues.

     

    Comme je l'ai dis, j'ai lu 3 BD

    Brindille T01.jpg la vie hantée d'Anya.jpg princesse Sara T12.jpg


    J'ai également lu plusieurs SP

    je veux m'envoler.jpg Les larmes de jundur T02 duelle.jpg Saisons éternelles.jpg


    Et enfin, j'ai pioché, comme d'habitude, plus ou moins au hasard dans ma PAL

    des étoiles plein le coeur.jpg la déréliction de la chaussette trouée.jpg la liste de mes envies.jpg

    le dernier magicien.jpg les soeurs de la lune T12.jpg on comptera les étoiles.jpg

    petites recettes de bonheur pour les temps difficiles.jpg retour à whitechapel.jpg révélée.jpg

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    Côté écran, je ne me suis pas tellement distinguée. J'ai vu un seul film et une seule série.

    Pour les films, j'ai vu celui-ci, (seulement parce qu'il passait à la télé), et il ne faisait pas partie de ma liste du mois (que voulez-vous, on se refait pas)
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    Pour la série, j'ai juste regardé la saison 2 de Big little lies
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    Pour les achats hors livres, j'ai reçu ma box du mois dégusta box

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    J'ai aussi commandé du thé sur deux sites absolument géniaux

    J'ai commandé ces thés et tisanes sur le site charm in a tea dont la saveur super originale: chocolat citrouille. Parfait pour cette saison. J'ai aussi pris un thé vert  la poire et la jeune femme qui tient cette boutique m'a rajouté un petit sachet d'infusion à la pomme.
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    Ensuite, j'ai commandé une des anciennes box sur Envouthé et je vous avoue que j'hésite vraiment énormément à m'abonner à leur box!

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    Non mais regardez-moi la beauté de cette boîte. J'en ai pris trois faces, mais le dessus, le dessous et le quatrième coté sont tout aussi beau. Une chose est sûre, je vais garder la boîte. Et je vous raconte même pas l'odeur qui s'en dégage! Rien qu'avec ça, je suis shootée!

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    Il y a 6 thés différents, ainsi qu'un petit paquet de sablés pour l'accompagner. Je n'ai pas encore osé ouvrir les paquets!

     

    Enfin, j'ai commandé des petits marques-pages magnétiques et, après quelques péripéties (la boutique m'avait envoyé la commande de quelqu'un d'autre et lui avait envoyé ma commande, heureusement, on a pu se joindre et se faire parvenir les commandes), j'ai enfin récupéré mes précieux!
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    C'est tout pour ce mois-ci, on se retrouve le mois prochain pour le bilan de novembre!

  • Mes sorties du mois #49

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    Chaque mois voit son lot de sorties, que ce soit en livres ou en films. 
    Chaque 1er mercredi du mois, je vous donnerai les sorties, parmi celles qui ont retenues mon attention.
    Voyons ce qui nous attend d'intéressant ce mois-ci!

     
    Que ce soit les livres ou les films, je vous laisse aller sur booknode ou allociné pour découvrir résumés et/ou bandes annonces.

     

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    Bandes-dessinées et mangas

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    Romans

    Les plus attendus:

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    le-dernier-magicien-tome-2-les-cinq-artefacts-1251244.jpg les-etranges-soeurs-1259344.jpg mercy-thompson-tome-11-le-souffle-du-mal-1257626.jpg


    Et les autres:

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    ce-que-tu-as-fait-de-moi-1258048.jpg Couv-HÔTEL-DE-LA-DERNIERE-CHANCE-500px.jpg desorientee-1256168.jpg

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    Et vous? Vous avez repéré des sorties intéressantes pour ce mois de novembre?

  • Book Haul octobre 2019

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    Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai jeté la raison aux orties, mais disons que je ne me suis pas privée (mais si on détaille, j'ai été super raisonnable en fait)

     

    D'abord, les SP

    De la masse critique Babelio j'ai reçu:
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    Un livre que j'ai beaucoup aimé. J'ai également beaucoup apprécié les échanges avec l'auteur qui a prit la peine de relayer le post de mon blog!

     

    Sur le site Simplement Pro, j'ai été contactée par un auteur et une maison d'édition pour lire deux livres

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    Ensuite, j'avais des bons d'achat France Loisirs, dans le cadre de la reprise de livres, du coup, je n'ai rien déboursé (d'autant plus que c'est ma mère qui a rajouté ce qui dépassait du bon ^^)
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    Je lui allée deux fois sur Amazon
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    J'ai aussi craqué sur la dernière sortie des éditions inceptio
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    Enfin, j'ai également craqué pour un livre autoédité par un auteur et une illustratrice. Après avoir suivi toutes les étapes du projet sur le site de l'auteur, je ne pouvais pas ne pas craquer.

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    De jolies pépites qui ont rejoint ma PAL sans vider mon compte en banque! J'ai déjà repéré pas mal de pépites, j'ai déjà peur!

     

  • C'est lundi que lisez-vous? #233

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog I believe in Pixie Dust.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    je veux m'envoler.jpg petites recettes de bonheur pour les temps difficiles.jpg revenir pour mourir.jpg

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    Et vous, que lisez-vous?

  • Premières lignes #75

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.
    Pour ma part, j’ai décidé de vous faire découvrir mes coups de cœurs !

     

    Cette semaine, je vous présente Tu tueras le père de Sandrone Dazieri dont vous pouvez lire ma chronique ICI

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    Le monde est une paroi arrondie de ciment gris. Le monde est fait de bruits ouatés et d'échos. Le monde est un cercle deux fois plus large que ses bras grands écartés. La première chose que le garçon a apprise dans ce monde circulaire, ce sont ses nouveaux noms. Il en a deux. « Fils » est celui qu'il préfère. Il y a droit quand il fait bien les choses, quand il obéit, quand ses pensées sont simples et rapides. Dans le cas contraire, son nom est « Bête ». Quand il s'appelle Bête, le garçon est puni. Quand il s'appelle Bête, le garçon a froid et faim. Quand il s'appelle Bête, le monde circulaire empeste.
    Si Fils ne veut pas devenir Bête, il doit savoir précisément où se trouvent les choses qui lui ont été confiées et en prendre soin. Le seau pour les besoins doit toujours être suspendu à la poutre, en attendant d'être vidé. Le broc pour l'eau doit toujours être au centre de la table. Le lit doit rester fait et propre, avec la couverture toujours bien repliée. Le plateau du repas doit toujours être proche de la trappe.
    La trappe est le centre du monde circulaire. Le garçon la craint et la vénère comme une divinité capricieuse. La trappe peut s'ouvrir tout à coup, ou rester fermée des jours durant. La trappe peut laisser entrer nourriture, vêtements propres et couvertures, livres et crayons, ou bien distribuer des punitions.
    L'erreur est toujours punie. Pour les erreurs mineures, il y a la faim. Pour les erreurs plus importantes, le froid ou la chaleur atroce. Une fois, il a eu tellement chaud qu'il ne pouvait plus transpirer. Il s'est effondré sur le ciment en pensant qu'il allait mourir. Il a été pardonné par un jet d'eau glacée. Il était de nouveau Fils. Il pouvait de nouveau boire et nettoyer le seau bourdonnant de mouches. La punition est sévère dans le monde circulaire. Implacable et précise.
    C'est ce qu'il a toujours cru, avant de découvrir que le monde circulaire était imparfait. Le monde circulaire avait une fissure. Aussi longue que son index, la fissure s'est ouverte dans le mur, à l'endroit où la poutre s'encastre dans le ciment, là où s'accroche le seau.
    Le garçon n'a pas osé la regarder de près pendant des semaines. Il savait qu'elle était là, elle faisait pression aux frontières de sa conscience, elle le brûlait comme le feu. Le garçon savait que regarder la fissure était une Chose Interdite, parce que dans le monde circulaire tout ce qui n'est pas explicitement permis est défendu. Mais, une nuit, le garçon a cédé à la tentation. Il a transgressé pour la première fois le temps toujours égal de son monde circulaire. Il l'a fait avec prudence, lentement, attentif à chacun de ses mouvements. Il s'est levé du lit et il a fait semblant de tomber.
    Stupide Bête. Bête incapable. Il a fait semblant de se rattraper au mur pour ne pas tomber et, l'espace d'un instant, il a posé l'œil gauche sur la fissure. Il n'a rien vu, rien que du noir, mais l'énormité de son geste l'a fait suer de peur pendant des heures. Des heures où il a attendu la punition et la douleur, le froid et la faim. Mais rien ne s'est produit. Cela a été une surprise extraordinaire. Pendant ces heures, qui sont devenues une nuit d'insomnie et une journée de fièvre, le garçon a compris que certains de ses actes n'étaient pas vus. Certains de ses actes n'étaient pas évalués ni jugés, récompensés ou punis. Il s'est senti perdu et totalement seul, comme ça ne lui était plus arrivé depuis ses premiers jours dans le monde circulaire, quand le souvenir d'Avant était encore très présent, quand les murs n'existaient pas et qu'il portait un autre nom, qui n'était ni Bête ni Fils. Le garçon a senti ses certitudes s'écrouler et c'est pour ça qu'il a osé regarder de nouveau. La deuxième fois, il a collé son œil contre la fissure pendant presque une seconde entière. La troisième fois, le temps d'une respiration. Et il a vu. Il a vu le vert. Il a vu le bleu. Il a vu un nuage qui ressemblait à un cochon. Il a vu le toit rouge d'une maison.
    Maintenant le garçon est en train de regarder encore, en équilibre instable sur la pointe des pieds, les mains grandes ouvertes sur le ciment froid pour ne pas tomber. Il y a quelque chose qui bouge dehors, dans une lumière que le garçon imagine être celle de l'aube. C'est une silhouette sombre qui devient de plus en plus grande au fur et à mesure qu'elle s'approche. Tout à coup le garçon comprend qu'il est en train de faire l'erreur la plus grave qui soit, qu'il est en train de commettre la transgression la plus impardonnable qui soit.
    L'homme qui marche dans la prairie, c'est le Père, et il le regarde. Comme s'il avait deviné ses pensées, le Père presse le pas. Il vient pour lui.
    Et il a un couteau à la main.

     

    Alors, tentés?

     

  • [Livre] La faute

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    Résumé : Ses trois enfants, son mari et son travail au refuge pour animaux ne laissent guère de temps à Lisa Kallisto. Ou juste assez pour culpabiliser et envier la vie parfaite de sa voisine et amie Kathy.

    Un soir, alors que la fille de Kathy doit justement venir dormir chez eux, l'adolescente disparaît sans que Lisa, trop débordée, ne réalise son absence et prévienne sa mère. C'est le début du cauchemar. Et si Lucinda ne revenait pas ? Et si elle avait été enlevée, comme cette autre jeune fille retrouvée errant, à moitié nue et complètement traumatisée, dans les rues de la ville ?

    Lisa en est persuadée : tout cela est sa faute.

    Et elle doit maintenant la réparer.


    Auteur : Paula Daly

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 11 juin 2015

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Lisa Kallisto est une mère de famille de 3 enfants, au mari chauffeur de taxi (et qui s’appelle Joe, si si). Avec un boulot à temps plein dans un refuse pour animaux, elle est souvent débordée et se sent terriblement inférieure à son amie Kate, mère au foyer parfaite.
    La sœur de cette dernière, Alexa, lui a d’ailleurs bien fait sentir qu’elle leur était inférieure, socialement comme intellectuellement. Et bien sûr, Lisa l’a crue.

    J’ai vraiment détesté Alexa, malgré le peu qu’on la voit. Il faut dire qu’à chacune de ses apparitions, elle se montre odieuse : hautaine, snob, arrogante, méprisante, agressive… une perle quoi.

    Comme beaucoup de mère débordée, Lisa n’écoute parfois ses enfants que d’une oreille et c’est ainsi qu’elle oublie de Lucinda, la fille de Kate, était supposée dormir chez elle pour préparer un exposé avec sa propre fille.
    Or le lendemain, c’est le drame : Lucinda a disparue et comme sa mère la croyait chez Lisa, l’alerte n’a été donnée qu’après plusieurs heures.

    L’inspecteur Joanne Aspinall est chargée de l’affaire et la pression est énorme car une autre fillette du même âge a déjà été enlevée et violée avant d’être relâchée, à moitié nue, dans une rue animée. Cependant, après la durée envisagée, Lucinda ne réapparait pas, ce qui fait craindre à tout que le pédophile n’ait franchi un nouveau cap dans la violence.

    J’avoue que j’ai eu assez de mal avec Lisa. A plusieurs reprises, elle ramène tout à elle. Par exemple, juste après la disparition de Lucinda, elle adresse une prière à Dieu. N’importe qui aurait prié pour que la petite soit  retrouvée, en bonne santé.
    Mais Lisa, elle, prie, certes pour qu’on retrouve l’enfant, mais cela pour ne pas avoir à supporter tout sa vie cette culpabilité. Et ce genre de comportement égocentrique se reproduit plusieurs fois.

    Finalement, les seuls personnages que j’ai vraiment bien aimé sont Joanne, l’inspecteur chargée de l’affaire, patiente et efficace et Joe, le mari de Lisa, tellement gentil, empathique, compatissant, qui défend sa femme envers et contre tout en public, mais n’hésite pas à lui dire ce qu’il pense en privé.

    Du côté de l’enquête, on ne s’ennuie pas. Les rebondissements s’enchaînent. Le récit est entrecoupé des pensées, du point de vue d’un pédophile.

    Si j’avais compris une partie de l’histoire, je n’avais en revanche aucune idée de la fin qui nous attendait.
    J’ai vraiment adoré cette fin, dans tous ses aspects.

    On peut dire que Paula Daly a bien menée sa barque, elle délivre les indices au compte-goutte et l’affaire touche de nombreux sujets autres que la pédophilie.

    Bref, une super lecture, très prenante jusqu’à la dernière ligne.

     

    Un extrait : Je me réveille plus crevée que la veille au soir. J’ai dormi cinq heures trente et, après avoir appuyé pour la troisième fois sur le bouton répétition de mon alarme, je parviens à ouvrir un œil.

    Je serais bien incapable d’expliquer cette fatigue. Vous savez, ce genre d’épuisement qui vous fait penser : mais qu’est-ce qui m’arrive en ce moment ? Je dois avoir une carence quelconque. Ou pire, j’ai peut-être chopé un truc carrément grave, vu qu’une fatigue pareille, ça n’existe pas. Enfin, je crois.

    Pourtant j’ai fait des analyses. Les résultats étaient parfaitement normaux. Mon généraliste – un vieux roublard qui doit voir défiler une ribambelle de femmes éternellement claquées –

    m’a balancé la nouvelle avec un sourire goguenard. « Désolé, Lisa, mais le truc dont tu souffres… ça s’appelle la vie. »

    J’ai parfois l’impression de participer à une vaste étude sociologique. Je me dis qu’un savant fou a décidé de prendre pour sujet d’expérience la totalité de la gent féminine peuplant le monde occidental : d’abord on les éduque, puis on leur donne un boulot intéressant et enfin, on regarde ce qui arrive quand elles se reproduisent. Parce que c’est à ce moment-là que tout explose !

    Vous pensez que j’en fais trop ?

    Vous avez raison, je le pense aussi.

    C’est d’ailleurs le gros problème. Je ne peux même pas me plaindre sans me sentir coupable. Pourquoi ? Parce que je suis une femme comblée qui a tout pour être heureuse – tout ce que l’on peut raisonnablement souhaiter. Et de surcroît, j’aime ma vie.

    Comment en suis-je arrivée là ? me dis-je en étudiant mon reflet dans le miroir de la salle de bains tout en me brossant les dents. J’ai toujours été gentille et aimable, j’ai toujours consacré du temps aux autres et voilà que maintenant, je suis sans arrêt sur les nerfs. Je me fatigue moi-même et je déteste cela.

    Je suis une femme débordée. Je ne trouve vraiment pas d’autre terme pour me qualifier et c’est ce que je ferai graver sur ma tombe.

    Lisa Kallisto : elle était vraiment trop débordée.

     

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