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Selene raconte...

  • [Livre] La fille du faiseur de rois

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    Résumé : Angleterre, 1465, les grandes familles de Lancastre et York se disputent depuis plus de 10 ans le trône. À cette époque un homme œuvre dans l'ombre pour faire et défaire les dynasties, au gré de ses intérêts personnels : Richard Neville, comte de Warwick, surnommé le " faiseur de rois". Celui- ci, sans héritier homme, s'est servi de ses deux filles, Isabelle et Anne, comme des pions sur l'échiquier politique. L'histoire est racontée ici par Anne Neville.

     

    Auteur : Philippa Gregory

     

    Edition : Hugo Roman

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 09 juillet 2015

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : La fille du faiseur de roi est le quatrième tome (et le second traduit en français) de la saga Cousin’s war. L’ordre des livres est plus ou moins chronologique, bien que les histoires se chevauchent souvent car sont racontées à chaque fois par une femme différentes : Dans « la reine clandestine » c’est Elizabeth Woodville, dans « la princesse blanche » c’est Elizabeth d’York, dans « la malédiction du roi » c’est Margareth Plantagenêt. Dans « la fille du faiseur de roi », c’est Anne Neville, qui sera reine d’Angleterre quand son époux, Richard III s’emparera du pouvoir.
    J’aime beaucoup Philippa Gregory qui écrit sur ma période favorite de l’histoire d’Angleterre. J’avais déjà adoré : « Deux sœurs pour un roi » et « l’héritage Boleyn », et quand j’ai commencé à lire le premier tome (du moins le premier traduit en français), « la reine clandestine » j’ai aussitôt plongé dans l’histoire de la guerre des deux roses pour devenir complètement accro ! (Je ne désespère pas de voir un jour « The lady of the river » et « the red queen » qui devraient être respectivement du point de vue de Jacquette, la mère d’Elizabeth Woodville, et de Marguerite d’Anjou, l’épouse du roi déchu Henry VI).
    Anne m’a fait beaucoup de peine. Depuis toute petite, elle n’est qu’un pion pour son entourage : pour son père, sa mère, la reine Marguerite d’Anjou, la reine Elizabeth, sa propre sœur, tout le monde espère la manipuler pour son propre intérêt.
    Anne passe une grande partie de sa vie à vivre dans la peur. D’une enfance assez choyée, elle passe à une vie de fuite et de bataille lorsque son père se retourne contre Edward IV.
    Même lorsqu’elle épouse Richard, qui semble sincèrement épris d’elle et qui prend ses intérêts à cœur, sa propre mère essaie d’instiller le doute dans son esprit.
    Après avoir passé toute son enfance a avoir une peur terrible de Marguerite d’Anjou, qu’elle appelle « la méchante reine », elle passera sa vie d’adulte (si on peut dire adulte à 16 ans) à craindre Elizabeth Woodville, réputée être une terrible sorcière.
    Dans « la reine clandestine » on suit cette dernière pour qui on a très vite beaucoup d’affection. Elle est belle, généreuse, certes elle verse un peu dans la sorcellerie mais toujours pour se défendre. Et puis on passe à « la fille du faiseur de roi » et cette reine que l’on a adorée et aimée dans le livre précédent devient presque maléfique dans ce tome ci. Ce n’est pas plus étonnant que ça puisque le livre est raconté du point de vue d’une fille d’une famille ennemie à celle de la reine, mais tout de même c’est un sacré tour de force de nous faire détester un personnage que l’on a adoré dans le précédent.
    J’aime beaucoup les romans historiques, qu’ils soient ou non romancés. Ici il y a toute une part de fiction, bien entendu, rien qu’avec toute l’histoire de la sorcellerie, mais aussi une foule de détails historiques. On a un roman très fouillé, très documenté, mais écrit de manière à intéresser un maximum de monde à cette période troublée de l’histoire d’Angleterre.

     

    Un extrait : Héritière légitime, épouse du plus grand sujet du royaume, Mère entre la première. Ensuite vient Isabelle, car elle est l’aînée. Et enfin moi, la dernière, comme toujours. De ma place, je ne vois pas grand-chose lorsque nous pénétrons dans la grande salle du trône, dans la tour de Londres. Ma mère fait une révérence puis s’écarte. Isabelle s’incline bien bas, comme nous l’avons appris, car un roi reste un roi même s’il n’est qu’un jeune homme installé sur le trône par mon père, et quoi que l’on pense d’elle, son épouse sera sacrée reine. Alors que je m’avance pour faire ma révérence, je vois enfin, pour la première fois, la femme que nous sommes venues honorer à la cour.

    Elle est impressionnante, la plus belle femme que j’ai jamais vue de toute ma vie. Aussitôt, je comprends pourquoi le roi a arrêté son armée à sa vue, pour ensuite l’épouser quelques semaines plus tard. Elle a un sourire qui s’épanouit lentement, puis brille d’un éclat angélique. Je connais des statues qui paraîtraient fades à côté d’elle, des madones peintes dont les traits seraient grossiers en comparaison de sa beauté lumineuse. Après ma révérence, je me relève pour la fixer telle une icône raffinée, incapable de détourner les yeux. Sous mon regard insistant, elle me sourit en rougissant, et je ne peux m’empêcher de lui rendre son sourire. Elle rit, comme si ma franche adoration l’amusait, mais j’aperçois alors le coup d’œil furieux de ma mère et me précipite à ses côtés, où ma sœur Isabelle fait la grimace.

    — Tu la fixais comme une idiote, siffle-t-elle. C’est embarrassant pour nous. Que dirait Père ?

    Le roi s’avance et embrasse chaleureusement ma mère sur les deux joues.

    — Avez-vous reçu des nouvelles de mon cher ami, votre époux ?

    — Il travaille à votre service, répond-elle promptement.

    Père manque le banquet de ce soir et toutes les autres fêtes, car il s’entretient avec le roi de France en personne et le duc de Bourgogne, d’égal à égal, afin de se réconcilier avec ces puissants hommes de la chrétienté maintenant que le roi endormi a été vaincu et que nous sommes les nouveaux souverains d’Angleterre. Mon père est un grand homme, le représentant du nouveau roi et de toute l’Angleterre.

    Ce nouveau roi — le nôtre — esquisse une petite révérence devant Isabelle et me tapote la joue. Il nous connaît depuis que nous sommes toutes petites, trop petites pour assister à de tels banquets, et que lui était un garçon sous la garde de notre père. Pendant ce temps, ma mère regarde autour d’elle comme si nous étions chez nous au château de Calais, à la recherche d’une erreur commise par les serviteurs. Je sais qu’elle souhaite ardemment découvrir quelque chose qu’elle pourra rapporter plus tard à mon père, une preuve que cette magnifique reine n’est pas faite pour tenir ce rang. À son expression hargneuse, je devine qu’elle n’a rien trouvé.

    Personne n’aime cette reine, je ne devrais donc pas l’admirer. 

     

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  • Le tiercé du samedi #120

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    Rappel du principe: Chaque semaine, le samedi comme son nom l’indique, il conviendra de choisir les trois livres, le trio gagnant, correspondant au thème proposé.

    A la fin de chacun de ces Rendez-vous, j’indiquerai le thème de la semaine suivante.

    Ce Rendez-Vous Livresque a été inspiré de « The Saturday Awards Book » créé par l’Echos de mots, et qui n'existe plus aujourd'hui.

    Comme annoncé la semaine dernière, le thème d'aujourd'hui est:

    Les trois livres que vous feriez dédicacer si vous n’aviez ni file d’attente à faire, ni livre à racheter exprès, ni de limite concernant l’auteur (s’il est mort, on le ressuscite juste pour vous, dites donc !)

     

    Alors pour ma part, le trio gagnant est:

     

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    Les cœurs fêlés

     

     

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    En fait, c'est tous les livres de Gayle Forman que j'aimerais faire dédicacer parce que chacun de ses livres est un coup de cœur!

     

     

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    Du feu de l'enfer

     

     

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    Parce que c'est un coup de coeur, et aussi parce que je l'ai lu il y a une bonne semaine et que je me suis pas encore remise de la révélation sur l'identité d'un des membres de la secte!

     

     

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    Wicked

     

     

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    Parce que c'est un bouquin génial et que j'ai retourné la moitié de l'Europe francophone pour le trouver.



    Pour la semaine prochaine, le thème sera: Les trois livres indispensables à lire à des enfants ou à conseiller à de jeunes ados (parce que plus tard, ne nous voilons pas la face, il suffit qu’on leur conseille un livre pour qu’ils décident aussitôt qu’ils ne le liront jamais)

    Et n'hésitez pas à laisser en commentaire le lien vers votre propre tiercé du samedi!

  • [Film] Telle mère, telle fille

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    Titre original : Telle mère, telle fille

     

    Réalisé par : Noémie Saglio

     

    Date de sortie : 29 mars 2017

     

    Genre : Comédie

     

    Pays d’origine : France

     

    Durée : 1h34

     

    Casting : Juliette Binoche, Camille Cottin, Lambert Wilson, Catherine Jacob, Philippe Vieux, …

     

    Résumé : Inséparables, Avril et sa mère Mado ne peuvent pourtant pas être plus différentes. Avril, 30 ans, est mariée, salariée et organisée à l'inverse de sa mère, éternelle ado insouciante et délurée qui vit aux crochets de sa fille depuis son divorce. Mais quand les deux femmes se retrouvent enceintes en même temps et sous le même toit, le clash est inévitable. Parce que si Mado, en pleine crise de jeunisme, n'est pas prête à être grand-mère, Avril, quant à elle, a bien du mal à imaginer sa mère... mère !

     

    Mon avis : Je ne sais pas laquelle des deux familles est la pire : les parents de Louis avec la mère à fleur de peau en permanence, ce qui se comprend quand tu vois le beauf qui lui sert de mari, ou ceux d’Avril, divorcés depuis vingt ans mais qui recouche ensemble pour atténuer le choc de l’annonce de grossesse de leur fille.
    Bon quand même trois des grands parents le prennent plutôt bien. Et puis il y a Mado, la mère d’Avril, âge mental 15 ans, qui vit au crochet de sa fille et chez elle tout en étant persuadé d’avoir tous les droits et dont la première réaction est : « mais vous allez pas le garder ? »

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    Comme on peut s’en douter, les relations mère/fille ne vont pas être au beau fixe devant l’attitude négative de Mado face à la grossesse de sa fille. Et quand cette dernière apprend la grossesse de son immature et égoïste de mère, c’est le pompom !
    Mais honnêtement, je me demande comment Avril n’a pas craqué avant, parce que l’attitude de sa mère n’est qu’un problème parmi d’autres.

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    Les beaux-parents intrusifs, le père absent, le mari sans travail qui « bosse » sur sa thèse (qu’on se demande s’il rendra un jour) et qui, bien sûr, ne lève pas le petit doigt pour aider sa compagne, ne serait-ce que pour ranger les courses quand elle rentre, épuisée, d’une journée de travail.
    Je suis étonnée qu’elle ne soit pas taraudée par une furieuse envie d’envoyer tout le monde paître dès le début de l’histoire.
    On a ici un film ou on n’arrête quasiment pas de rire, avec un rythme effréné, sans pratiquement une minute de temps mort.
    Pas le film du siècle, mais un bon moment de rigolade.


  • [Livre] Le pays des contes - T05 - L'odyssée imaginaire

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    Résumé : Lorsque les jumeaux et leurs amis entrent dans les mondes fabriqués à partir de l'imagination de Conner, trouver des alliés comme personne n'aurait jamais rêvé, la course commence à mettre un terme au règne de l'homme masqué de la terreur. Les jumeaux peuvent-ils enfin rétablir la paix dans le monde des contes de fées ?

     

    Auteur : Chris Colfer

     

    Edition : Michel Laffon

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 08 juin 2017

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Comme à chaque fois, j’attends le tome avec une impatience grandissante, je le dévore en 1 ou 2 jours et je recommence immédiatement à piaffer pour le tome suivant.
    Ce schéma n’a pas changé pour ce tome. Quand une copinaute m’a dit que le tome 5 allait sortir, je me suis jetée dessus le jour même de la mise en vente.
    Dès les premières pages, on plonge immédiatement dans l’action car on reprend l’histoire là où le tome précédent l’avait laissée.
    Le premier chapitre tourne autour de Mme Peters, le redoutable professeur puis directrice des jumeaux, qui leur a donné le goût de s’intéresser aux vrais contes, et non pas à leurs adaptations, et qui a poussé Conner à écrire. Mais son intervention se borne à rendre ses histoires à Conner. Cependant, une révélation faite à son sujet me laisse espérer qu’on ait encore affaire à Mme Peters.
    Voici donc les jumeaux prêts à aller chercher de l’aide contre l’armée des méchants de la littérature dans les histoires écrites par Conner.

    En premier lieu, il est très intéressant de découvrir les histoires de Conner, non seulement leur côté original, mais aussi la ressemblance avec les personnages que les jumeaux connaissent et qui révèlent souvent les sentiments profonds de Conner.
    Alex va beaucoup remettre en question son attitude envers son frère en le (re)découvrant à travers ses écrits.
    En parallèle des allers-retours des jumeaux dans les contes de Conner, on trouve deux autres histoires : le pourquoi du comment de l’enlèvement d’
    Emmerich, qui avait eu lieu dans le tome 4, avec quelques révélations sur les origines du garçon, et un complot des sorcières, qui reste en marge de l’histoire, mais qui va sans doute devenir central dans le prochain tome si on en croit la fin époustouflante et très frustrante que nous offre l’auteur.
    Ce que j’ai préféré dans ce tome, c’est le rôle nettement plus important que d’habitude que va avoir Charlotte, la mère des jumeaux.
    Maintenant reprend la longue attente (1 ans plus ou moins) avant le prochain tome, ce qui est une véritable torture quand un livre se termine sur un tel cliffhanger.
    Il semblerait que Chris Colfer soit sur le point (ou en train) de préparer l’adaptation du tome 1 dont il sera le réalisateur. Espérons que le fait que l’auteur soit aussi impliqué dans une adaptation rendra celle-ci meilleure que les autres adaptations de roman qu’on a pu voir au fil des années.

     

    Un extrait : L’air était empli d’une fumée si épaisse que l’on distinguait à peine le ciel. Chaque fois qu’un vent puissant le dégageait, l’atmosphère s’emplissait à nouveau des émanations d’un village pillé ou d’un feu de forêt. Durant la journée, le soleil ressemblait à une faible lanterne à travers un voile marron. La nuit, apercevoir une simple étoile était aussi rare que voir des étoiles filantes.

    Le monde des contes de fées avait connu de nombreux troubles au cours des dernières années, mais jamais rien de semblable. C’était la première fois de l’histoire qu’une fin heureuse semblait hors de portée.

    En l’espace d’une nuit, l’armée des Winkies de la Méchante Sorcière de l’Ouest avait attaqué le Royaume charmant et le territoire des Troblins. Ses singes volants avaient été envoyés pour terroriser l’Empire des elfes et le Royaume du coin. La Reine de cœur avait marché avec ses soldats de carte sur le Royaume du Centre puis ravagé le Royaume de l’Est. La troupe de pirates du Capitaine Crochet avait empoisonné le lagon des Sirènes, poussant ces dernières à fuir vers les profondeurs de l’océan. Le navire volant de Crochet, le Jolly Roger, avait attaqué le Royaume des fées, laissant le palais en ruines. Puis le capitaine avait fondu sur le Royaume du Nord.

    Les soldats et les villageois de tous les royaumes, qui s’étaient autrefois unis pour repousser la Grande Armée, n’étaient pas de taille contre les envahisseurs. Leurs maisons et leurs villes avaient été pillées et entièrement brûlées. Les fermes et les étables avaient été saccagées, le bétail et les chevaux, volés.

    On savait toutes les fées mortes ou en fuite. Les rois et les reines avaient perdu leurs trônes et leurs châteaux étaient en ruines. Les forêts avaient lentement brûlé une à une, offrant aux animaux et aux réfugiés de moins en moins d’endroits où se cacher.

    Les royaumes et les territoires d’hier avaient cessé d’exister. Toute la terre du monde des contes de fées avait été unifiée en un large empire unique, sous le règne de l’infâme Homme masqué et de sa récente armée de la Littérature.

     

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  • [Livre] Quand l'imprévu s'en mêle

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    Résumé : Après une semaine magique en Grèce, l’heure du retour à Paris et à la réalité a sonné pour Emma, Alice, Andréa et Chloé, nos quatre femmes formidables. Mais pas question pour autant de retomber dans les travers du quotidien. Leur séjour a été l’occasion de nombreuses remises en question, et chacune est bien décidée à reprendre sa vie en main. Pour leurs hommes aussi, cette grève a été l'occasion de réfléchir, et tous semblent prêts à prendre un nouveau départ. Pourtant, pas si simple d’appliquer ses bonnes résolutions lorsque l’imprévu s’en mêle… Nos héroïnes vont devoir modifier leurs plans, d’autant plus que l’une d’elles s’apprête à vivre une terrible épreuve. C’est le moment pour les quatre amies de se serrer les coudes. Et qui sait, l’imprévu, bon comme mauvais, leur réservera peut-être de belles surprises?

     

    Auteur : Alex Riva

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Chick it

     

    Date de parution :

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : Cette suite de « la grève des femmes formidables » commence là où c’était arrêté le premier tome : à l’aéroport, pour le retour des filles, où leurs hommes les attendent de pied ferme, ayant découvert le pot aux roses.
    Avant le début du livre, Alex Riva nous fait un petit rappel des faits s’étant produits, ce qui fait qu’on replonge sans problème dans l’histoire.
    Si pour certaines la grève a eu des effets plus que bénéfiques comme notamment sur Emma qui a fait une rencontre et sur Andréa qui a décidé de mettre son traitement pour avoir un nouveau bébé de côté, il n’en est pas de même pour toutes.
    Chloé a vécu une vrai déception avant de quitter la Grèce, mais cela l’a rendue encore plus déterminée à ne plus être la bonne poire de l’histoire et à devenir plus exigeante sur ce qu’elle désire, que ce soit professionnellement ou sentimentalement.
    Une nouvelle amie va venir se greffer au groupe et fait preuve de beaucoup de courage face à une situation difficile. J’ai beaucoup aimé cette Laurence et j’ai regretté qu’on ne la voie pas un peu plus.
    Encore une fois, comme dans le 1er tome, c’est le couple Paul/Alice qui m’a le plus énervée. Entre Paul qui a fait un effort et pense qu’il s’est acquitté à vie de ses devoirs de mari et retombe dans sa routine confortable et Alice qui ne fait que se plaindre et qui n’apprécie ni que les choses restent telle qu’elles sont, ni qu’elles changent, chaque passage de ce couple m’a exaspéré.
    Concernant l’épreuve que doit subir l’une des filles, j’ai été « déçue ». Déjà je trouve que cette épreuve a été trop survolée et qu’on n’a pas pu avoir le temps de ressentir une empathie pour celle qui la subit. Peut-être que ce second roman n’aurait pas dû être raconté du point de vue d’Emma, ou en tout cas pas uniquement.
    Ensuite, je ne trouve pas que cette épreuve ait tant que ça modifié les plans que font les filles au début de l’histoire.
    J’ai bien aimé cette suite, et j’ai été contente de voir comment les filles agissaient pour changer leurs vies après leur petite grève, mais j’ai été déçue par la narration à la première personne que j’ai trouvé peu adaptée.
    Dans le 1er tome, les filles étant toujours ensemble ou presque, Emma nous racontait quotidiennement leurs aventures, ici, les filles ont chacune leurs vie et ne se voient pas tous les jours. Parfois, elles n’arrivent à se retrouver que lors de leur diner mensuel et se raconte tout ce qui s’est passé entre temps, ce qui fait que la narration prend des allures de compte rendu qui fait perdre beaucoup de son charme à l’histoire. J’aurais préféré soit une narration classique, à la troisième personne avec un narrateur omniscient, soit une narration à la première personne alternant entre les points de vue de chacune des filles.

     

    Un extrait : Encore sous le choc de ce comité d’accueil surprise, nous nous dirigeons vers le parking de l’aéroport. Andréa rayonnait d’avoir retrouvé Vincent, son homme, celui qu’elle avait décidé de demander en mariage. Chloé, encore sous le choc et en pleine confusion sentimentale, avait le visage fermé. Elle avait fui le hall de l’aéroport, ne sachant ni si elle devait se réjouir de la présence et de la déclaration de Thomas. Quant à Alice, j’aurais adoré être une petite souris pour l’observer durant le trajet du retour avec Paul. Comment allait-elle aborder ce premier face-à-face avec lui après le baiser échangé avec Olivier ? Ce comité d’accueil avait été des plus étonnants et je me doutais que nous n’étions pas au bout de nos surprises.
    Un SMS de Mike me tira de mes pensées. Sourire aux lèvres, je songeais à notre rencontre, aux doux moments partagés durant la grève et à notre dernière nuit en Grèce. Cette semaine m’avait fait le plus grand bien. J’avais quitté une vie dont je me sentais prisonnière. Je la retrouvais sereine, avec de beaux projets en perspective et le désir d’avancer. Mike venait d’entrer dans ma vie. J’allais devoir apprendre à dompter mes angoisses pour ne pas reproduire, une fois de plus, le scénario qui régissait mes relations amoureuses.

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  • [Livre] La grève des femmes formidables

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    Résumé : Chères femmes formidables,(et chers messieurs curieux…),

    Si vous vous dites souvent que :

    Vous êtes fatiguée de tout gérer, pour tout le monde, tout le temps,

    Vous répétez à vos enfants chaque jour la même chose sans effet,

    Vous vous retenez de donner votre démission à chaque crise de votre patron,

    Vous aimeriez bien avoir une vingt-cinquième heure juste pour vous,…

    Alors il est temps de venir découvrir mes aventures et celles de mes amies Alice, Andréa et Chloé. Elles vous rappelleront sûrement des moments que vous avez déjà vécus, des rires, des larmes, des colères, des moments de blues… Bref, tous les instants de la vie d’une femme formidable parce que, vous aussi, vous en êtes une !

    Si vous prenez autant de plaisir à lire notre histoire que nous en avons eu à la vivre, c’est que j’ai bien fait de vous écrire.

     

    Auteur : Alex Riva

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Chick Lit

     

    Date de parution :

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : 4 copines se retrouvent dans un même esprit de ras-le-bol, malgré des situations différentes : ras-le-bol du mari, des enfants, du boulot…bref d’un quotidien qui ne leur correspond plus et qui les étouffe.
    Quand j’ai ouvert le livre, je me suis dit : bon, encore un énième bouquin écrit sous forme d’une sorte de journal intime, qui va nous présenter, à la première personne, une accumulation d’anecdotes qui n’ont entre elles qu’un vague lien.
    Et puis finalement non. Même si Alex Riva ne révolutionne pas le genre (on reste dans la Chick Lit), l’histoire tient la route et l’écriture est agréable. Quel que soit notre situation, on se retrouve forcément dans au moins un des « problèmes » d’une des filles, que ce soit un mari qui croit que tout est acquis, une lassitude au boulot, des conflits avec les enfants…
    Plutôt que de se contenter de soupirer de concert, les filles, lors de leur dîner mensuel, ont l’idée de tout planter pendant une semaine : elles posent une semaine de congé et, pour celles qui ont mari et enfants, les laissent livrés à eux-mêmes.
    Chez les conjoints, les réactions sont diverses : si l’un s’inquiète de ce ras-le-bol en se reprochant de n’avoir rien vu, l’autre, égoïste, ne pense qu’à son petit confort et se demande de quoi son esclave conjugale pourrait bien se plaindre.
    Lors de cette semaine de détente, libérée de toutes contraintes, les filles vont m’être à plat, et par écrit, ce qu’elles aimeraient voir changer dans leur vie, et franchement, elles ne demandent pas la lune !
    Du côté des personnages, j’ai beaucoup aimé les deux sœurs ; Chloé et Andréa ainsi que leur amie Emma, qui nous raconte toute l’affaire. J’ai eu plus de mal avec Alice qui refuse de jouer le jeu, se fait tirer l’oreille pour mettre les choses à plat, se plaint de tout sans jamais rien faire pour changer. En réalité, je l’ai trouvée très assortie avec son mari, aucun d’eux ne veut se remettre en question. Et jusqu’à la dernière page du livre je vais avoir ce sentiment concernant Alice : elle m’exaspère. Son mari ne change pas, elle ne le supporte pas ; il change, elle n’est pas contente non plus parce que sa routine est perturbée…
    Sous ses couverts de roman facile de plage, ce livre pose la question de l’épanouissement personnel. Jusqu’à quel point doit-on se fondre dans le moule qu’on a construit pour nous ? Une femme peut-elle se contenter d’être une employée, une épouse, une mère ? N’y-a-t-il pas autre chose au-delà de ces rôles ?

     

    Un extrait : Alice, Andréa, Chloé et moi avions instauré le rituel du dîner des filles le troisième jeudi du mois. Nos vies nous laissaient peu de répit et cette pause commune mensuelle était notre bouffée d’oxygène. C’était l’occasion de faire le point sur la période qui venait de s’écouler, de partager nos petits bonheurs, nos scoops, nos rencontres, nos galères, nos pétages de plombs respectifs… Bref, une vraie soirée de filles ! Nous organisions le dîner à tour de rôle. Ce soir-là, c’était mon tour. J’avais choisi un bar à vins cosy.
    Comme d’habitude, j’étais la première. Installée dans mon large fauteuil, rêveuse, je parcourais la salle du regard avec curiosité lorsque j’entendis : « Hello, ma belle ! » L’arrivée de Chloé me ramena à la réalité.
    J’aimais sa jeunesse et son enthousiasme. Elle n’était plus la petite fille que j’avais connue, mais je désirais toujours la protéger et l’aider pour lui éviter de commettre les mêmes erreurs que les nôtres. Autant que nos expériences lui servent.


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  • C'est lundi que lisez-vous? #120

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog de Galleane.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    Et vous, que lisez-vous?

  • Le tiercé du samedi #119

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    Rappel du principe: Chaque semaine, le samedi comme son nom l’indique, il conviendra de choisir les trois livres, le trio gagnant, correspondant au thème proposé.

    A la fin de chacun de ces Rendez-vous, j’indiquerai le thème de la semaine suivante.

    Ce Rendez-Vous Livresque a été inspiré de « The Saturday Awards Book » créé par l’Echos de mots, et qui n'existe plus aujourd'hui.

    Comme annoncé la semaine dernière, le thème d'aujourd'hui est:

    Les trois derniers plus gros pavés que vous avez lus

     

    J'ai lu pas mal de pavés ces derniers temps puisque je suis au beau milieu d'un challenge qui les mets à l'honneur. Mais les trois plus volumineux que j'ai lu ces derniers temps sont:

     

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    Harry Potter et la coupe de feu

     

     

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    652 pages

     

     

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    Les 76 jours de Marie-Antoinette à la Conciergerie

     

     

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    750 pages

     

     

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    Charleston

     

     

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    800 pages

     

     

    Pour la semaine prochaine, le thème sera: Les trois livres que vous feriez dédicacer si vous n’aviez ni file d’attente à faire, ni livre à racheter exprès, ni de limite concernant l’auteur (s’il est mort, on le ressuscite juste pour vous, dites donc !)

    Et n'hésitez pas à laisser en commentaire le lien vers votre propre tiercé du samedi!

  • [Film] Premier contact

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    Titre original : Arrival

     

    Réalisé par : Denis Villeneuve

     

    Date de sortie : 7 décembre 2016

     

    Genre : Science-fiction

     

    Pays d’origine : USA

     

    Durée : 1h56

     

    Casting : Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Whitaker…

     

    Résumé : Lorsque de mystérieux vaisseaux venus du fond de l’espace surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d’experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions.

    Face à l’énigme que constituent leur présence et leurs messages mystérieux, les réactions dans le monde sont extrêmes et l’humanité se retrouve bientôt au bord d’une guerre absolue. Louise Banks et son équipe n’ont que très peu de temps pour trouver des réponses. Pour les obtenir, la jeune femme va prendre un risque qui pourrait non seulement lui coûter la vie, mais détruire le genre humain…

     

    Mon avis : Difficile d’écrire un avis sans spoiler car ce film est un vrai cercle : le début est la fin et la fin est le début, à l’image de l’écriture du langage des aliens qui viennent de débarquer sur Terre.
    Pour une fois, on ne se trouve pas en présence d’un colonel de l’armée adepte du « on tire d’abord et on pose les questions ensuite ».

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    Non ici, l’armée veut comprendre. Elle veut comprendre non seulement pourquoi les extraterrestres sont ici mais aussi comment ils sont venus.
    Bien sûr, ils restent prudents, avec des évacuations de zones, des sas de décontamination, un suivi médical strict de ceux qui s’approchent des extraterrestres… mais ils ne se montrent pas inutilement hostiles.
    Hélas, on ne peut pas en dire autant de toutes les nations qui ont vu un engin extraterrestre atterrir sur leur sol et certains sont en faveur d’une élimination, sans soucis des éventuelles représailles qu’un tel acte pourrait engendrer.
    Louise est engagée par le gouvernement pour essayer de communiquer avec les mystérieux visiteurs, mais politique et linguistique ne fonctionne pas pareil et les différents gouvernements veulent des réponses bien plus vite que ce que Louise et son équipe n’en sont capable.

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    On voit bien dans ce film les contradictions typiquement humaines : la plupart des gens spéculent sur le fait qu’il puisse ou non y avoir une autre forme de vie dans l’univers (ce qui, vu sa taille, ne serait pas aberrant), et quand on a enfin la réponse à cette question, leur première réaction est d’exiger de leurs gouvernements respectifs la destruction pure et simple des visiteurs qui ne montrent, c’est à noter, aucun signe d’agressivité.
    Cela dit, si le gouvernement avait décidé de tirer à vue, il est à parier que le monde se serait insurgé de la cruauté de ses leaders… contradictions vous dis-je !
    J’ai beaucoup aimé les extraterrestres qu’on ne voit jamais vraiment nettement mais qui ont une façon de communiquer assez fabuleuse (et qui sont d’une patience…).

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    Ceux qui aiment l’action, le danger, les explosions, zappez sur independence day parce que vous ne trouverez rien de tout cela dans Premier contact. Le film est très doux, très cérébral, on est plus dans la réflexion que dans l’action. Personnellement, j’ai bien aimé, mais je sais que ça peut en déranger certains.


  • [Livre] Gravé dans le sable

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    Résumé : A la veille du débarquement de Normandie, les soldats américains se réunissent dans la cale du navire. Aucun n’est prêt à s’élancer le premier sur la plage, le lendemain matin. Pour déterminer qui sera le premier à risquer sa vie, les gradés décident d’organiser un tirage au sort. Lucky, avec sa chance du diable, tire le numéro 148. Il semble sauvé. Pourtant, vingt ans plus tard, la belle Alice Queen pleure toujours la disparition de son premier amour. Lorsqu’elle découvre une parcelle de vérité, Alice décide d’enquêter. Pourquoi Lucky s’est-il élancé en quatrième position ce matin-là? Qu’est ce qui a pu le pousser à échanger sa place et à risquer sa vie? Et surtout, pourquoi n’en a-t-elle jamais rien su?

     

    Auteur : Michel Bussi

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 1 octobre 2015

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’adore Bussi depuis que j’ai lu « Maman a tort ». Ce livre, rebaptisé « gravé dans le sable » est la réédition d’« Omaha Crimes », le tout premier livre de l’auteur. Et il avait déjà ce petit côté sadique qu’on aime tant chez lui.
    Tout au long de ma lecture, je n’ai fait que douter ou presque. A chaque fois que je pensais avoir compris ce qu’il se passait exactement, il se passait quelque chose qui me faisait tout remettre en question. Très frustrant. Et qui oblige à tourner les pages de plus en plus vite pour « savoir » !
    Pourtant on sent bien que ce livre est le premier car, à un moment, j’ai eu un doute. Je me suis dit : Et si… et puis j’ai secoué la tête en me disant, meuh non… Et ben si !
    Depuis, l’auteur a pris de l’assurance et on a de moins en moins d’illuminations quand on lit ses livres (enfin si on en a…mais on est souvent à côté de la plaque… au mieux, on a un orteil dessus).

    L’histoire se déroule sur 3 périodes : 1944, 1964 et 1975. Au fil des différentes périodes, on est témoins de certaines choses et un puzzle se forme sous nos yeux. Mais jusqu’à la presque toute fin, il nous manque une pièce, une pièce centrale.
    Centrale parce que sans cette pièce, venue gripper la machine, rien ne se serait passé.
    Les personnages ont de multiples facettes. Certains qui semblent pourris jusqu’à la moelle se révèle animé par une juste cause (même si on peut remettre en question leurs choix pour atteindre leur but).
    D’autres, qui semblent gentils et bienveillant, ne sont pas si gentils et inoffensif que ça (pas toujours pour le pire, paradoxalement).

    Difficile d’en dire plus sur ce livre sans risque de dévoiler l’intrigue tant chaque action de chaque personnage a une importance dans le final.
    Je me contenterais donc de vous encourager à le lire. Pour moi, ça a été un coup de cœur !

     

    Un extrait : « Ils montèrent au ciel d’un jour où il tombait des cordes. » Cette phrase hantait Oscar. Il avait dû lire ça quelque part, il n’y a pas longtemps. Ou bien il l’avait entendu quelque part, de la bouche d’un con. Ça ne manquait pas de cons capables de dire cela, sur cette péniche. De cons se prenant pour des prophètes. De cons devenus mystiques, deux ou trois jours avant le Jugement dernier.

    Oscar enfonçait sa grosse tête ronde dans le hublot et regardait les cordes tomber. On ne distinguait plus rien dehors, ni l’eau du port, ni le ciel, ni les bâches grises dissimulant les péniches, à peine la lumière clignotante d’un phare, ou d’un bar, enfin juste d’une vie quelconque dehors, loin.

    Sûr qu’il en tomberait, des cordes, ce putain de 6 juin, sur cette putain de plage, là-bas en face. Sûr que l’eau serait glacée, que le sable serait lourd et lui collerait aux bottes, si jamais il l’atteignait, ce sable… Sûr qu’il ferait un temps pourri, histoire qu’ils ne quittent pas cette terre avec trop de regrets.

    Sûr qu’il tomberait des cordes !

    Oscar pensa alors bêtement que de toute sa vie, il n’était jamais parvenu à monter à une corde, ni à l’école, ni lors des entraînements avec le commando. Il était toujours resté planté à un mètre du sol comme un gros cochon suspendu. Il sourit. Cela prouvait bien qu’il n’avait rien à faire ici, dans cette péniche, parmi ces héros inconscients…

    Ces héros étaient exactement cent quatre-vingt-huit, cent quatre-vingt-sept sans compter Oscar Arlington. Cent quatre-vingt-sept jeunes Américains composant le 9e Rangers, tous serrés dans cette péniche, tous supportant sur leurs épaules le poids de l’une des missions les plus délicates du débarquement de Normandie : se rendre maîtres de la Pointe-Guillaume.

    La Pointe-Guillaume se présentait comme un piton rocheux dominant la falaise normande, coiffé d’un blockhaus et hérissé de canons ; elle était considérée par les stratèges comme l’un des sites les plus importants de l’opération Overlord. Dans la péniche s’entassaient donc cent quatre-vingt-sept jeunes volontaires américains enthousiastes, pétant de santé à grimper et redescendre depuis un mois les falaises anglaises, facilement maintenant, ayant désormais la main ferme, sans vertige, bruyants le soir au bar, buvant et riant, fiers et confiants, en eux, en leur étoile, dans les étoiles de ce drapeau protecteur qu’ils devaient aller planter en haut de la Pointe-Guillaume.

    Pourtant, dans la plus grande salle de la péniche, la salle qu’on utilisait habituellement comme bar, un silence absolu régnait. On avait rangé les cartes, les bières, les dés, tout ce qui servait à tuer le temps sous la bâche. Les cent quatre-vingt-huit rangers s’y tenaient serrés. Certains, comme Oscar, appuyés contre un hublot, d’autres ayant réussi à s’asseoir sur un coin de table ou de tabouret, quelques-uns par terre, la plupart restaient simplement debout. Ces cent quatre-vingt-huit jeunes Américains, le crâne rasé à faire peur, ordinairement pleins d’histoires salaces et de pensées cochonnes, se regardaient muets. Ça puait l’humidité, ça puait la promiscuité suante, ça puait la respiration forte, ça puait comme dans un vestiaire de football. Mais pas un ne disait un mot…

    Le vestiaire de l’équipe qui aurait perdu. Où chacun attendrait la punition, où chacun espérerait qu’elle tomberait sur un autre. Les cent quatre-vingt-huit paires d’yeux regardaient au centre de la pièce un petit tabouret tout bête avec dessus un casque posé.

    Simplement un casque, fixé par tous comme la statue d’un diable.

    Mais qu’est-ce que je fous là ? pensait Oscar.

     

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