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Selene raconte...

  • [Livre] Le plus bel endroit du monde est ici

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    Résumé : Iris a trente-six ans et des idées noires plein la tête. Ses deux parents viennent de mourir dans un tragique accident et, en une seconde, toute sa vie a basculé. Par un après-midi froid et gris, elle songe même à en finir. Son regard se pose alors sur la devanture d'un café auquel elle n'avait jamais prêté attention auparavant. Son nom étrange, Le plus bel endroit du monde est ici, éveille sa curiosité. A l'intérieur, il ne reste qu'une table libre, l'homme derrière le comptoir l'invite à s'y asseoir. Sans trop savoir pourquoi, Iris se laisse guider et fait bientôt une rencontre touchante, inoubliable, magique... Il s'appelle Luca, il est italien et, pendant six jours d'affilée, ils vont se retrouver dans cet endroit hors du temps, loin des soucis du quotidien. Petit à petit, Iris retrouve le sourire. Mais l'après-midi du septième jour, Luca ne réapparaît pas. Iris comprend qu'il ne reviendra plus mais, surtout, qu'il lui a ouvert une porte dont elle ne soupçonnait pas l'existence : celle du bonheur.


    Auteur : Francesc Miralles et Care Santos

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Roman contemporain

     

    Date de parution : 19 juin 2014

     

    Prix moyen : 6,40€

     

    Mon avis : Ce roman est vraiment un roman feel good. Il est tout doux avec un rythme assez lent. Autant dire qu’il est parfait à lire après une lecture rythmée, intense et/ou effrayante.
    Le livre est écris à quatre mains, mais je n’ai pas perçu de différence de style durant ma lecture.
    L’histoire commence avec une héroïne, Iris, au fond du trou, profondément malheureuse et au bord du suicide.
    Dérangée dans ses projets pour mettre fin à ses jours, Iris échoue dans un café au nom à rallonge : Le plus bel endroit du monde est ici.
    Intriguée, Iris y entre et y rencontre Luca, jeune homme mystérieux qui entraîne la jeune femme dans une quête d’elle-même pour retrouver le goût de la vie.
    A chaque visite dans le café, Iris s’installe à une table différente et Luca lui donne une sorte de mission qui va la pousser à s’interroger sur elle-même et pas la même occasion, ces questions qu’Iris se pose, on se les pose également.
    Aussi, malgré sa longueur réduite (188p), j’ai pris mon temps pour le lire, pour réfléchir entre chaque chapitre.
    Dans la 1ère partie du livre, Iris est guidée pas à pas mais dans la seconde elle va mettre en application ce qu’elle a découvert sur elle-même.
    Si j’ai eu quelques doutes concernant Luca, je n’ai en revanche rien vu venir pour le café, et pourtant quand on nous révèle ce qu’il en est, ça semble tellement évident !

    Iris a mon âge et sa situation personnelle aurait pu être assez semblable à la mienne sans le drame qui la frappe juste avant le début du roman.
    Aussi, j’ai quand même pu m’identifier a elle assez facilement.

    Ce livre est un peu un livre de développement personnel teinté de magie et d’ésotérisme qui ne laisse pas indifférent et appelle à l’introspection.

     

    Un extrait : Le dimanche après-midi est un mauvais moment pour prendre des décisions, surtout lorsque janvier étend sur la ville son manteau gris à étouffer les rêves.

    Iris sortit de chez elle après avoir déjeuné seule devant la télé. Jusqu’à la mort de ses parents dans un accident de la route, peu lui importait de n’avoir personne dans sa vie. Peut-être était-ce en raison de sa timidité maladive qu’elle trouvait presque normal, à trente-six ans, de n’avoir connu sur le plan sentimental qu’un amour platonique non payé en retour et quelques rendez-vous sans suite.

    Tout avait changé après ce terrible événement. Ses mornes journées de standardiste dans une compagnie d’assurances n’étaient plus compensées par ses week-ends en famille. À présent, elle était seule et, pour ne rien arranger, elle avait perdu sa faculté de rêver.

    Il fut un temps où Iris était capable d’imaginer toutes sortes d’aventures pour donner un sens à sa vie. Elle se figurait par exemple travaillant pour une ONG où un coopérant aussi réservé qu’elle lui promettait tacitement un amour éternel, leurs échanges passant uniquement par des poèmes écrits en un langage codé qu’eux seuls pouvaient déchiffrer, retardant ainsi le moment sublime où ils se fondraient en une étreinte interminable.

    Ce dimanche-là, pour la première fois, elle prit conscience que tout cela aussi était terminé. Après avoir débarrassé la table et éteint la télévision, un silence oppressant s’abattit sur son petit appartement. Elle eut l’impression de manquer d’air, ouvrit la fenêtre et contempla le ciel plombé, sans oiseaux.

     

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  • [Livre] L'essence des ténèbres

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    Résumé : La petite ville de St. Marys est frappée par des disparitions d'enfants inexpliquées. Cinq au total, en l'espace de quatre mois. Bien qu'aucun indice formel n'ait été relevé par les forces de police, tout porte à croire qu'il s'agit d'enlèvements. Le FBI est chargé du dossier. L'agent spécial Eliott Cooper est envoyé sur place pour enquêter. Peu à peu, il va être confronté à des faits qui ne relèveront plus de ses compétences d'agents, mais de sa capacité à lutter contre un mal obscur qui semble s'être emparé des forêts alentour de la ville... et ce n'est que le début de son enquête.


    Auteur : Tom Clearlake

     

    Edition : Moonlight

     

    Genre : Fantastique

     

    Date de parution : 11 mai 2018

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : J'ai pu lire ce livre grâce à la plateforme Simplement.pro, qui met en relation chroniqueur et auteurs/éditeurs pour demander/proposer des SP à des personnes qui sont intéressées par ce genre d'échange.
    Globalement, j’ai beaucoup aimé ma lecture. En réalité, je n’ai qu’un seul reproche à lui faire : celui de changer de registre en cours de route sans que rien, quand le quatrième de couverture, ne le laisse supposer.
    Or, tout ceux qui aiment les thrillers, même les thrillers ayant un élément surnaturel, n’apprécient pas forcément la science-fiction ou le fantastique. Et c’est pourtant vers ce genre que glisse rapidement le roman.

    En ce qui me concerne, même si je m’attendais à lire un thriller, je n’ai pas détesté ce changement de registre, d’autant plus qu’il se produit très tôt dans l’histoire.

    Le roman ne fait pas vraiment peur mais il contient quelques scènes assez « costauds » qui peuvent marquer l’esprit. La description des créatures auxquelles vont être confrontés les personnages est assez claire pour que je les imagine sans mal et disons que ce n'est pas le genre de personnes/créatures/sales bêtes qu'on est particulièrement ravi de croiser au détour d'un couloir...

    Même si j’ai parfois eu l’impression, surtout dans la seconde partie de l'histoire, que l’auteur faisait dans la surenchère, j’ai bien aimé la manière dont les pièces du puzzle se mettent en place pour que s’installe le complot international qui a lieu dans cette histoire.

    Je me suis assez vite attachée à Lauren que j’ai vraiment trouvée sympathique et pleine de ressources. Les autres personnages m'ont laissée plus indifférente, mais je n'ai jamais eu besoin d'aimer les personnages pour aimer un bouquin.
    L’histoire s’accélère de plus en plus au fur et à mesure que la situation semble devenir de plus en plus désespérée.
    Dans la dernière partie du livre, j’ai toutefois trouvé que les choses allaient un peu trop vite. J’ai parfois eu l’impression que l’auteur voulait en dire trop, en trop peu de pages.

    Pour autant, cela n’a pas diminué mon intérêt pour l’histoire.
    J’ai un avis un peu mitigé sur les dernières lignes du roman car je n’ai pas compris certaines choses (mais j’admets que je chipote).

    Même s’il y a donc des petits bémols, j’ai dans l’ensemble vraiment bien aimé cette histoire qui est portée par l’écriture agréable et fluide de l’auteur.

    Si vous aimez les récits fantastiques aux multiples ramifications, n’hésitez pas. En revanche, si vous n’aimez que les thrillers, même avec une petite touche de fantastique, ce n’est peu être pas le meilleur roman pour vous.
    Mais il était vraiment bien pour moi !

     

    Un extrait : Au cours des cinq derniers mois, la paisible ville de St. Marys avait été frappée par une série d’événements des plus terribles : plusieurs disparitions inexpliquées, cinq au total, s’étaient succédé. La petite ville, qui comptait douze mille âmes, avait tout entière basculé dans l’angoisse. Ces événements tragiques auraient pu être rationnellement acceptés par les habitants de St. Marys s’il ne s’était agi de jeunes enfants. Toutes les victimes étaient âgées de trois à cinq ans. Les rumeurs les plus sordides s’étaient répandues face au silence des forces de police. Les investigations menées par le capitaine Sherman n’avaient rien donné ; pas le moindre indice n’avait pu être relevé. Même si le terme d’enlèvements n’avait pas été officiellement prononcé, ces disparitions consécutives ne pouvaient pas être des coïncidences. Depuis trois semaines, le FBI avait relayé la police et repris la charge des enquêtes.

    Il alluma le chauffage, bascula le siège passager en arrière et s’y installa le plus confortablement qu’il put. Il prit le temps de se servir un café, du moins ce qu’il restait au fond de sa bouteille isotherme. Il hésita à aller chercher son réchaud dans le coffre mais se ravisa, estimant la boisson suffisamment tiède pour être bue. Les premières fiches du dossier qu’il venait de parcourir avaient accaparé son esprit.

    Le 9 juin de cette année 2017, madame Madeline Jones, mère du petit Ryan, âgé de trois ans et cinq mois, se rend avec son enfant chez une amie, Abigail Harris, pour y passer l’après-midi.

    Les deux filles de madame Harris, âgées de douze et quatorze ans, sont chargées de surveiller le petit Ryan qui joue avec elles dans le jardin clos de la demeure des Harris. L’après-midi est ensoleillé. Les deux mères discutent scolarité et éducation autour d’une tasse de thé sur la terrasse, non loin des trois enfants qui s’ébattent. Vers 15 h 30, madame Jones voit les deux filles passer en courant devant la terrasse. Elle cherche son fils du regard, mais ne le voit pas alentour. Interrompant alors la discussion avec son amie, elle se lève pour demander aux filles où est son petit. Elles lui répondent en souriant qu’ils jouent à cache-cache. 

    Le petit Ryan ne fut jamais retrouvé.

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  • C'est lundi que lisez-vous? #226

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog I believe in Pixie Dust.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    L'essence des ténèbres.jpg le parfum de Katsu.jpg Les arcanes d'Hemera T01.jpg

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    Et vous, que lisez-vous?

  • Premières lignes #68

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.
    Pour ma part, j’ai décidé de vous faire découvrir mes coups de cœurs !

     

    Cette semaine, je vous présente La légende des quatre de Cassandra O'Donnell dont vous pouvez lire ma chronique ICI

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    La lumière du jour commençait déjà à rosir pour annoncer le soir qui approchait. Un vent léger soufflait entre les arbres, faisant bouger en douceur les feuilles sur les branches. Mika courait, le museau collé au sol et la terre défilant sous ses pattes. Plus il avançait, plus l’odeur de sa proie saturait l’air et plus il avait du mal à contenir l’excitation qui le gagnait. Le sanglier était tout près maintenant, sa senteur était si forte que le jeune tigre parvenait à peine à se contrôler. Doucement, tu ne dois pas l’effrayer, songea-t-il en ralentissant soudain le rythme tandis qu’il atteignait le bord de la clairière. Puis, se glissant à travers les fourrés, il se mit à avancer silencieusement en espérant ne pas se faire repérer. La bête était énorme et un solitaire de cet âge pouvait se révéler extrêmement dangereux. Une seule erreur de sa part, une seule, et il risquait de se faire tuer. Tapi dans les hautes herbes, le petit tigre gratta nerveusement la surface rêche de ses griffes sur le sol et prit tranquillement le temps de l’observer. Gris-brun, le cou massif, l’arrière-train large et les défenses acérées, l’animal était plutôt impressionnant. Mais Mika s’en moquait. Il était parfaitement décidé à tenter sa chance. Tendant les muscles de ses pattes, il s’apprêtait à bondir sur sa proie quand il sentit soudain une main le tirer brusquement en arrière.
    — Non !
    Le sanglier, effrayé, se mit aussitôt à détaler et Mika, frustré de voir la bête lui échapper, se tourna vers le garçon brun aux yeux émeraude qui le tenait fermement au-dessus du sol et lui assena un coup de griffe.
    — Eh ! On se calme, d’accord ? Tu sais très bien que tu es beaucoup trop petit pour t’attaquer à un sanglier adulte, c’est trop risqué, soupira celui-ci en n’accordant même pas un regard au filet de sang qui s’écoulait à travers son pantalon déchiré.
    Le jeune tigre poussa un feulement de protestation et leva les yeux vers son grand frère en faisant onduler ses oreilles rondes. Petit ? Petit ? Oh bien sûr, il n’avait rien à voir avec Bregan. Son aîné, sous sa forme animale, mesurait déjà pas loin de 2 mètres, pesait près de 400 kilos et pouvait tuer un bœuf ou un cheval d’un seul coup de patte. Mais même si Mika était encore loin d’être aussi puissant, il était agile, discret, il pouvait grimper sur n’importe quel arbre et tenir bien plus de temps à la course que la plupart des adultes.
    — Allez, il est l’heure de rentrer, ajouta Bregan en lui ébouriffant gentiment la fourrure.
    Rentrer ? Sans même ramener une proie à la maison ? Alors là, pas question, songea Mika avant de balayer du regard les environs. La plupart des tigres préféraient chasser la nuit et possédaient une excellente vision nocturne, mais maman le jugeait encore trop jeune pour le laisser vagabonder avec les grands de 10 ou 12 ans. Or Mika trouvait ça profondément injuste, et il en avait plus qu’assez d’être traité comme un bébé. Il devait absolument prouver sa valeur et, pour ça, il ne pouvait pas se permettre de rentrer bredouille. Non, pas cette fois.

     

    Alors, tentés?

  • [Film] Mission impossible 4 – Protocole fantôme

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    Titre original : Mission: Impossible - Ghost Protocol

     

    Réalisé par : Brad Bird

     

    Date de sortie : 14 décembre 2011

     

    Genre : Action

     

    Pays d’origine : USA

     

    Durée : 2h13

     

    Casting : Tom Cruise, Jeremy Renner, Simon Pegg, Paula Patton…

     

    Résumé : Impliquée dans l'attentat terroriste du Kremlin, l'agence Mission Impossible (IMF) est totalement discréditée. Tandis que le président lance l'opération "Protocole Fantôme", Ethan Hunt, privé de ressources et de renfort, doit trouver le moyen de blanchir l'agence et de déjouer toute nouvelle tentative d'attentat. Mais pour compliquer encore la situation, l'agent doit s'engager dans cette mission avec une équipe de fugitifs d'IMF dont il n'a pas bien cerné les motivations…

     

    Mon avis : Le moins qu’on puisse dire, c’est que je ne suis pas l’ordre des films. Je n’ai pas chroniqué les trois premiers films, le 5ème film est déjà chroniqué et là, je viens de regarder le 4ème. Je vous rassure, je les ai vu dans l’ordre au moment de leur sortie, mais pour ce qui est du blog, c’est un poil plus chaotique.
    Dans ce quatrième volet, on retrouve Ethan Hunt dans une prison russe d’où son équipe doit l’extraire.
    L’IMF (Impossible Mission Force) lui confie une mission qui tourne au fiasco et le Président, pour sauver son image politique, discrédite l’agence et lance le « protocole fantôme ».
    L’équipe d’Ethan Hunt se retrouve livrée à elle-même, sans renforts, pour arrêter un sale type dans personne à part eux ne semble soupçonner l’existence.
    Comme à son habitude, Tom Cruise se lance dans des cascades improbables (il va finir par se péter le col du fémur, il aura l’air fin !), qu’il réalise sans trucage (comme l’escalade de la tour Burj Khalifa, 828 mètres de hauteur).

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    Un rythme effréné avec quelques scènes drôles comme celle dans laquelle l’agent Brandt (Jeremy Renner) a peur de sauter dans un puits d’aération, n’ayant pas été convaincu par les explications sur la technologie censée stopper sa chute (et donc l’empêcher de s’écraser comme une bouse 10 mètres plus bas).
    Dans cet opus, Ethan ne sauve pas la situation à lui tout seul, comme c’était plus ou moins le cas dans les 3 premiers films. Non, ici, il y a un vrai travail d’équipe et chaque membre de l’équipe est indispensable à la réussite de la mission.

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    Le seul bémol est l’absence d’un vrai méchant qui crève l’écran. Ici le terroriste est plutôt absent des radars, sauf dans quelques scènes où on ne peut pas se passer de lui. Le flic russe qui poursuit Ethan est bien plus flippant, sauf que comme le pauvre homme est de bonne foi, on ne peut pas vraiment le considérer comme un méchant.
    Mais à part ce point là, il n’y a rien à redire.
    La franchise, au lieu de s’essouffler, semble se bonifier avec le temps, et, comme j’ai déjà vu le 5ème film, il ne me reste plus qu’à voir le 6ème opus pour savoir si la tendance se confirme (Et si Tom Cruise va finir par regretter d’avoir joué les cascadeurs de 20 ans à presque 60 balais !)


  • [Livre] Everlasting

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    Résumé : “ L’amour éternel existe et Soulmates vous le trouvera.”

    C’est ainsi qu’Everlasting vend Soulmates, son logiciel révolutionnaire censé mettre fin au déclin inexorable de la natalité. Se soumettre au choix de l’algorithme, capable de trouver votre âme sœur, devient rapidement obligatoire. Sauf que les résultats d’As s’avèrent négatifs : « aucune correspondance dans la base de données ». Incapable d’envisager son futur sans cette âme sœur indispensable, As reprend finalement espoir quand Everlasting lui propose de tester une nouvelle version du logiciel... Seulement c’est au cœur du système que l’on en découvre les failles.


    Auteur : Juliette Pierce

     

    Edition : Inceptio

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 03 Octobre 2018

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Avec ce livre, je découvre une nouvelle maison d’édition : Inceptio.
    Pour une première lecture, c’est un bilan assez positif : la couverture est sympa, la police de caractère agréable à lire. Il y a peu de coquilles : je n’ai repéré qu’une concordance des temps hasardeuse, un mot manquant et, à deux reprises, le verbe servir utilisé à la place du verbe serrer (Je « sers » au lieu de je « serre »).
    Certes, ça fait tiquer sur le moment, mais ça ne se reproduit pas assez pour gêner la lecture.

    Quant à l’histoire, elle est géniale.
    On se trouve dans une dystopie futuriste. Les guerres et la pollution ont radicalement modifié la terre. La planète est devenue quasiment stérile, et les femmes le sont également de plus en plus. Les rares qui arrivent à concevoir sont peu à mener leur grossesse à terme et à mettre au monde des enfants viables. Dans ces conditions, rien d’étonnant à ce que la natalité ait dramatiquement plongée.
    Pour tenter d’y remédier, le gouvernement a rendu Soulmate obligatoire.
    Mais késako que Soulmate ? C’est un logiciel qui cherche à appareiller des âmes sœurs. Cela peut paraitre sympa sur le papier, mais les choses vont beaucoup plus loin que de simplement rechercher le ou la partenaire idéal(e). Ne pas avoir d’âme sœur est un obstacle au logement, au travail, à la nourriture… et à terme conduit à être exilé dans le Downside, banlieue dévastée où sont envoyés tous ceux qui ne rentrent pas dans le moule.
    As fait partie de ces personnes.
    Elle en souffre beaucoup même si elle cache ses angoisses sous un air bravache.
    Pour essayer de trouver sa place, As accepte de tester une nouvelle version de Soulmate.
    Et à partir de là, ça part en cacahouète et l’action ne s’arrête plus une seule seconde.
    Une chose que j’ai apprécié est que, contrairement aux autres dystopies, on voit l’évolution de celle-ci. As se rappelle de chacune des lois qui ont peu à peu servies à contrôler la population. D’ailleurs, en parallèle de l’action, on voit l’apparition de nouvelles lois en cours de votes et qui viennent durcir encore la position des autorités.

    Comme on vit l’histoire du point de vue d’As, on est aussi paumé qu’elle, plus même, car elle ne nous dévoile son passé que par bribes.

    C’est à travers ses yeux qu’on rencontre les différents personnages, donc, naturellement, on se retrouve à avoir souvent la même opinion qu’elle, à se méfier des mêmes personnes…
    Les rebondissements s’enchaînent sans discontinuer et ce, jusqu’à la toute fin.
    Une fin qui m’a vraiment prise au dépourvu. Je ne m’y attendais absolument pas mais j’avoue que j’ai bien aimé.
    Je ne sais pas si l’auteur prévoit de faire une suite.
    D’un côté, cette fin se suffit à elle-même, mais d’un autre, elle pourrait ouvrir la voie à un nouveau roman tout aussi palpitant.

    Quoi qu’il en soit, suite d’Everlasting ou tout nouveau roman, j’espère bien lire de nouveau la plume de Juliette Pierce.

     

    Un extrait : <recherche d’âme sœur>

    En traitement.

    </recherche d’âme sœur>

    J’ai peur. Peur de finir seule, dans le noir, sans personne pour m’aimer, sans personne pour me regarder. J’ai peur de ne plus ressentir les étincelles d’antan, celles qui m’emportaient loin, loin sur l’embrun des mers, sur le flan des montagnes, sur les ailes d’un oiseau ou dans le cœur d’un papillon. J’ai peur de ne plus avoir le droit de goûter au miel de l’amour, à l’amertume des tristesses nocturnes.

    Et dans mon champ de vision, la barre de téléchargement ne se remplit pas. J’ai beau cligner des yeux, rafraichir la page, ça ne change rien. Elle charge. Soulmates charge. Soulmates, le logiciel censé me trouver mon âme sœur. « En traitement ».
    Voilà des mois que j’attends, que j’essaie de ne plus avoir peur, de ne plus pleurer. Mes amies obtiennent la leur, voient les tatouages de l’amour fleurir sur leur peau, et moi… j’attends.
    J’ai l’impression d’être une pestiférée.

    Ce n’est pas que a me tienne spécialement à cœur, mais c’est comme a, je dois avoir une âme sœur pour mériter d’exister aux yeux des autres. Et si je veux pouvoir garder mon appartement, symbole d’un statut social dont je suis déchue.

     

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  • [Livre] Le professeur

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    Résumé : « Il ne m'était pas difficile de découvrir la meilleure manière de cultiver l'esprit de Frances, de satisfaire son âme altérée, de favoriser l'expansion de cette force intérieure que le froid et la sécheresse avaient paralysée jusqu'à présent ; une bienveillance continuelle cachée sous un langage austère et ne se révélant qu'à de rares intervalles par un regard empreint d'intérêt ou par un mot plein de douceur, un profond respect dissimulé sous un air impérieux, une certaine sévérité jointe à des soins assidus et dévoués, furent les moyens dont je me servis avec elle, et ceux qui convenaient le mieux à sa nature aussi fière que sensible. »


    Auteur : Charlotte Brontë

     

    Edition : Archipoche

     

    Genre : Classique étranger

     

    Date de parution : 1ère édition : 1857 ; Dans cette édition : 4 février 2015

     

    Prix moyen : 7,65

     

    Mon avis : Le professeur est le tout premier écrit de Charlotte Brontë et on dit souvent qu’il est le moins abouti.
    Personnellement, j’ai bien aimé la simplicité qu’il y a dans l’écriture de ce roman.
    Pour autant, si le professeur est le premier écrit de l’auteur, il n’est pas à proprement parlé une œuvre de jeunesse puisqu’il est daté de 1847 et que Charlotte, qui avait 31 ans, avait déjà occupé un poste d’enseignante à Bruxelle dans la pension de Mme Heger. C’est d’ailleurs probablement le mari de cette dernière qui lui a inspiré le personnage de William et la relation qu’il y a entre lui et Mlle Henri, à la fois élève et sous-maitresse.
    Elle prend un risque en écrivant à la première personne alors que son personnage principal est masculin.
    Difficile de se mettre dans la peau d’un jeune homme quand on n’en fréquente guère, mais, à part quelques petites descriptions un peu trop détaillées des tenues vestimentaires, étonnantes dans les pensées d’un homme, elle s’en tire plutôt pas mal.
    William ne m’a pas semblé très sympathique. Il a beaucoup de principes rigoristes qui ne reposent sur rien si ce n’est son sentiment de supériorité sur toutes ces personnes sans lesquelles il serait sans doute à la rue. Il ne cesse de montrer à quel point il se sent supérieur à eux, sur un plan moral surtout, quand ce n’est pas du fait de sa naissance, dont il n’a pas vraiment de quoi être fier.
    En fait, l’ensemble des personnages, à l’exception notable de Mlle Henri, est plutôt antipathique.
    Bien entendu personne ne va apprécier Edward, le frère de William, qui est un être odieux et méprisable et qui semble rongé par l’appréhension que quelqu’un, fusse son propre frère, puisse ramasser une miette qu’il aurait laissé tomber.
    Je n’ai pas plus apprécié Hudsen, qui, s’il est un peu le salut de William, semble totalement dépourvu de convenance et décide de certaines choses sans l’avis du principal concerné.
    Quant aux directeurs des deux pensions où va travailler William, le seule chose que j’ai apprécié chez eux, que ce soit Mr Pelet ou Mme Reuter, c’est leurs mères respectives, deux bonnes femmes toutes simples et sans malice que j’ai regretté de ne pas voir davantage.
    Quand je vois la haute opinion que William a de lui-même, ainsi que sa perception des femmes qui l’entourent, notamment de ses élèves, je déplore une certaine facilité dans l’atteinte des buts qu’il se fixe.
    Certes, il évolue au fil du roman, mais si peu finalement. J’aurais aimé que quelques désillusions plus sérieuses, sans personne cette fois pour lui tendre une main secourable, balaient un peu sa fierté et le force à se remettre sérieusement en question.
    Malgré cette antipathie pour les personnages, j’ai vraiment aimé l’histoire, l’écriture de Charlotte Brontë, si elle utilise ici un style plus simple que dans Jane Eyre, n’en demeure pas moins aussi belle et prenante. J’ai eu beaucoup de mal à lâcher ce livre, qui, Dieu merci pour mon sommeil en retard, ne fait que 382 pages et n’a donc pas provoqué une trop longue insomnie.

     

    Un extrait : Une belle matinée d’octobre succéda à la soirée brumeuse pendant laquelle j’avais été, pour la première fois, introduit à Crimsworth Hall. J’étais sur pied de bonne heure, et je me promenai dans le parc qui entourait la maison. Le soleil d’automne, en se levant sur les collines, éclairait un paysage qui n’était pas sans beauté. Des bois aux feuilles jaunies variaient l’aspect des champs dépouillés de leurs moissons. Une rivière coulait entre les arbres et réfléchissait un ciel pâle où glissaient quelques nuages ; sur ses rives on apercevait, à de fréquents intervalles, de hautes cheminées cylindriques, tourelles élancées qui indiquaient la présence des manufactures à demi cachées par le feuillage. Çà et là, suspendues au flanc des coteaux, s’élevaient de grandes et belles maisons pareilles à celle de mon frère. A une distance d’environ cinq milles, un vallon, qui s’ouvrait entre deux collines peu élevées, renfermait dans ses plus la cité de X… Un nuage épais et constant planait au-dessus de la ville industrieuse où étaient situés l’usine et les magasins d’Edward. La vapeur et les machines avaient depuis longtemps banni de ces lieux la solitude et la poésie ; mais le pays était fertile et présentait dans son ensemble un aspect riant et animé.

     

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  • [Livre] Tu devras choisir

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    Résumé : Ce jour-là, Aiden et Annabel s’apprêtent à fêter leur dixième anniversaire quand on sonne à la porte. C’est un homme, le visage masqué, une arme à la main. Il menace les enfants et force Madeleine, leur mère, à faire un choix impossible : lequel de ses deux jumeaux va vivre, lequel va mourir ? Quelques semaines après le drame, Madeleine se réveille à l’hôpital. Elle n’a que des bribes de souvenirs de ce jour terrible. Deux tirs de revolver. Elle qui rampe dans l’herbe. Et du sang, beaucoup de sang. Peu à peu, Madeleine tente de reconstituer le fil des événements. Et si le tueur ne s’en était pas pris à sa famille par hasard ? En exhumant les secrets de ceux qu’elle croyait connaître, elle comprend aussi que la menace est toujours là. Plus que jamais.


    Auteur : Samantha King

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : Avril 2018

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Comme dit dans le quatrième de couverture, le livre commence par l’irruption chez Maddie d’un homme cagoulé qui, sous la menace d’une arme, lui demande de choisir lequel de ses jumeaux de 10 ans, de son fil ou de sa fille, doit mourir.
    Quelques semaines plus tard, Maddie se débat dans sa culpabilité. Son mari et son fils ne la regardent plus dans les yeux, elle est victime d’absences et ne sort plus de chez elle.
    Isolée dans sa propre maison, Maddie repense à sa vie avant le drame.
    Le moins que l’on puisse dire, c’est que son couple n’avait rien d’idéal.
    Dominic, son mari, est un être dominateur et arrogant, extrêmement frustré de ne pas être né avec une cuillère d’argent dans la bouche et persuadé qu’on ne le traite pas selon ce qu’il mérite. L’ascension sociale semble être sa seule motivation et, très honnêtement, dès leur première rencontre, je n’ai pas pu le piffer : entre la drague en mode : « je vois bien que tu n’attendais que moi » et la manière à peine voilé dont il annonce à Maddie, enceinte, qu’il ne souhaite pas la voir travailler… bref, il m’a hérissé le poil.
    Et ça ne s’améliore pas au fil des souvenir de Maddie. A ce niveau, ce n’était plus des baffes que j’avais envie de lui mettre, mais carrément des coups de batte dans la tronche.
    Le déroulé des journées de Maddie, ce qu’elle perçoit, m’ont fait élaborer une théorie qui s’est confirmée dans la seconde partie.
    Mais cette théorie n’est que le début de l’histoire car de nombreuses révélations et rebondissements vont avoir lieu pour mener à la découverte du coupable.
    On est vraiment dans un thriller psychologique. Peu importe, en réalité, de qui a posé cette question inconcevable à Maddie, l’important réside en comment la jeune femme va bien pouvoir se sortir de là.
    Une des choses que j’ai le plus appréciée est que, si le coupable s’imagine invincible et suprêmement intelligent, il ne passe pas entre les mailles du filet. Ça change de tous ces thrillers où on voit un type faire des choses totalement dingue sans que personne ne se rende compte de rien. Là, quand on découvre la vérité, les erreurs commise sont pointées et on se rend compte qu’en fait, il n’a trompé personne et surtout pas les flics.
    Après, le fait que le coupable soit repéré ne va pas forcément arranger les affaires de Maddie !
    La plus grande qualité de ce roman est de jouer avec nos nerfs : quand on devine quelque chose, on se dit que c’est bon, on a tout compris et on se rend compte que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg), ou encore on comprend qu’une chose va se passer et on la voit se produire un peu comme un terrible accident qu’on ne peut pas empêcher d’arriver. Sans compter toutes ces choses qui nous apparaissaient comme des certitudes et qui finalement sont complètement fausse. Ou le fait qu’on se mettre à se méfier de tout le monde…
    La tension est quasi permanente mais si j’ai un petit reproche à faire, c’est d’avoir fait une fin un peu trop facile. J’aurais aimé que l’auteur aille un peu plus loin que ça.
    Mais pour un premier roman, ce thriller est vraiment bien mené et je l’ai dévoré en seulement quelques heures.

     

    Un extrait : Le soleil du matin donne des reflets d’or rouge à la chevelure de ma fille. Ses boucles folles échappent à mes mains désespérément tendues et je reste clouée sur place, les regardant se déployer vers le ciel en un nuage flamboyant. Je n’essaie pas d’attraper ses cheveux, mais son corps qui se dérobe toujours en arrière, tel un plan au ralenti ancré dans mon cerveau. Mes bras battent en vain dans l’air sec de l’été, n’étreignant que le vide contre ma poitrine. Je tente de la rattraper avant qu’elle ne tombe mais je ne parviens à saisir que quelques-unes de ses mèches cuivrées, ces bouclettes soyeuses que j’aime tant et qu’elle veut à tout prix raccourcir et lisser pour paraître moins petite fille, faire plus grande que son âge.
    Mais elle restera toujours une petite fille ; elle ne grandira jamais.

     

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  • C'est lundi que lisez-vous? #225

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog I believe in Pixie Dust.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    horizons T02.jpg les nocturnes.jpg les loups ne se mangent pas entre eux.jpg

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    Pour faire un peu saisonnier, je marque en orange les livres que j'ai lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge (On s'amuse comme on peut).

    Et vous? Que lisez-vous?

  • Premières lignes #67

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.
    Pour ma part, j’ai décidé de vous faire découvrir mes coups de cœurs !

     

    Cette semaine, je vous présente La cité du ciel de Amy Ewing dont vous pouvez lire ma chronique ICI

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    Nous sommes les Céruléennes. Notre sang est magique.
    Les mères de Sera le lui répétaient depuis sa naissance. Elles le lui enseignèrent avant même qu’elle ne parle, ne pense par elle-même ou ne comprenne ce que ça signifie. Toutes les enfants céruléennes savaient que la magie coulait dans leurs veines ; que leur sang possédait des vertus curatives et qu’il créait entre elles une connexion des plus intimes.
    Aujourd’hui toutefois, cette magie n’était d’aucun secours à Sera.
    Dans le bois nébuleux, il faisait froid ; c’était le seul endroit de la Cité du Ciel où l’air n’était pas parfaitement tempéré. L’herbe craquela sous ses pieds nus lorsqu’elle se pencha pour saisir une poignée de filaments de nuage accrochés aux feuilles noires d’un arbre nébuleux. Des filaments aussi fins qu’une toile d’araignée. Les cheveux d’ange lui échappèrent des mains pour aller se fixer sur une feuille plus en hauteur, hors de sa portée.
    — Zut !
    Deux filles proches d’elle poussèrent un petit cri de surprise. Koreen lui décocha un regard perspicace. Rejetant sa chevelure bleu vif dans son dos, elle enroula son nuage jusqu’à former un fil des plus délicats, comme pour montrer l’exemple à Sera. Celle-ci baissa les yeux sur sa robe en fils de nuage, celle que sa mère céladon lui avait confectionnée ; elle sut qu’elle n’arriverait jamais à tisser assez de nuages pour s’en fabriquer une elle-même.
    — Ne cherche pas à les attraper, lui conseilla Leela, qui quitta son métier à tisser où elle avait déjà réuni une épaisse bobine de fil prête à être convertie en tissu. Laisse-les venir à toi.
    — Facile à dire pour toi, rétorqua Sera. Voilà trois semaines qu’on travaille dans ce bois et je n’ai fait aucun progrès.
    — On passera bientôt aux mines de gemmes d’étoiles, répondit Leela. Peut-être que tu y trouveras ta vocation.
    Leela était la meilleure amie de Sera. Sa seule amie, à vrai dire. Sa fougue, ses emportements incontrôlables et ses questions incessantes n’avaient pas l’air de la déranger. Pas plus que ses accès de rire frénétiques qui effrayaient même les oiseaux dans la volière.
    Leela la regarda, pleine d’espoir. Sera ne put se résoudre à lui dire qu’elle ne se croyait pas taillée non plus pour la chasse aux pierres précieuses. Elle ignorait quel rôle lui était destiné dans la Cité. Et bientôt, elle allait avoir dix-huit ans, elle deviendrait adulte. Elle craignait que la grande prêtresse ne lui attribue par défaut une place de novice au temple. C’était bien le dernier endroit au monde où Sera s’imaginait. Elle adorait Mère Soleil, évidemment, toutefois elle ne voyait pas l’intérêt de passer ses journées à chanter des cantiques en son honneur et à nettoyer le temple.
    Mais son éducation était terminée. Cela faisait un an que sa mère céladon avait cessé de l’instruire. Ensemble, les jeunes Céruléennes s’étaient initiées aux diverses tâches de la Cité du Ciel. Sa mère céladon espérait la voir marcher dans ses pas et développer un goût pour le tissage de nuages. C’était d’ailleurs elle qui avait fabriqué toutes les robes de sa fille. Sa mère orange voulait qu’elle prononce ses vœux, mais c’était peu probable – Sera arrivait systématiquement en retard à la messe et aux prières du soir. Sa mère violine jouait la plus douce des musiques à la harpe – on lui réclamait toujours un morceau lors des grandes occasions. Mais Sera n’ayant aucun talent musical, elle ne lui avait jamais mis la pression. En outre, Sera était trop turbulente pour la volière ; elle s’ennuyait au pâturage lorsqu’elle devait surveiller le troupeau de moutons de brume ; et elle n’avait pas la patience de s’occuper des abeilles dans le rucher.
    — Peut-être que Sera sera la première Céruléenne à n’avoir aucune vocation, fit remarquer Koreen d’un ton mielleux et cependant teinté d’acidité.
    Treena et Daina échangèrent un regard. Daina avait déjà trouvé sa vocation, s’occuper des vergers, et elle avait reçu la bénédiction de la grande prêtresse. Sa mission débuterait bientôt. Sera était quasi sûre que Treena demanderait à travailler avec les sages-femmes d’un jour à l’autre.
    — Bien sûr qu’elle va trouver sa vocation, rétorqua sèchement Leela.
    — Mais ce n’est pas encore le cas, souligna Daina.
    — Pour moi non plus, répliqua Leela du tac au tac.
    — Oui, mais…
    — J’aimerais m’occuper du cordon, l’interrompit Sera.
    Elle ignorait d’où lui étaient venues ces paroles, mais une fois qu’elle les eut prononcées, elle sut que c’était vrai. Les autres filles la dévisagèrent d’un air ahuri comme s’il venait de lui pousser une deuxième tête.
    — Le cordon ? répéta Elorin, perplexe.
    — Personne ne s’occupe du cordon, railla Koreen. Ça fait des années et des années qu’on n’a pas eu besoin de s’en occuper. C’est justement pour cette raison qu’on a amarré notre Cité à la planète du dessous.
    La Cité du Ciel n’avait rien de comparable aux autres planètes de l’univers. Pour commencer, ce n’était pas une planète à part entière. Elle n’était pas ronde comme un ballon mais plate, un disque ovale flottant avec un temple en son centre et un jardin tentaculaire à ses deux extrémités. Une fine membrane de magie l’englobait comme une coquille d’œuf, la protégeant du danger et sécurisant ses rebords pour empêcher les Céruléennes imprudentes de s’égarer et de tomber dans l’espace. Comme il n’y avait ni pluie ni neige ni aucune saison discernable, la Cité devait s’arrimer à une planète au moyen d’un lien, une fine chaîne magique constituée de maillons or, argent et bleu, invisible à l’œil humain mais parfaitement visible aux Céruléennes. Ce cordon alimentait la Cité, qui tirait ses nutriments de la planète à laquelle elle était attachée, il en aspirait les minéraux et les molécules de toutes sortes comme l’herbe puise l’eau dans le sol. Grâce à cela, le Grand Estuaire était rempli et les vergers arrosés. L’air était pur et les animaux en bonne santé.
    D’après la mère céladon de Sera, le voyage qui les avait conduites vers cette planète avait été semé d’embûches. Il remontait à presque neuf cents ans, à la suite de la Grande Tristesse. La vie des Céruléennes avait alors changé de manière irrévocable. Il leur avait fallu si longtemps pour trouver l’orbe vert-bleu-marron qui gravitait au-dessous de la Cité que l’Estuaire s’était quasiment asséché, que les champs de fleurs de lune avaient fané et presque disparu et que les moutons de brume avaient commencé à mourir.

     

    Alors, tentés?