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06/12/2016

[Livre] Les règles d'usage

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Résumé : Wendy, treize ans, vit à Brooklyn. Le 11 septembre 2001, son monde est complètement chamboulé : sa mère part travailler et ne revient pas. L’espoir s’amenuise jour après jour et, à mesure que les affichettes DISPARUE se décollent, fait place à la sidération. Le lecteur suit la lente et terrible prise de conscience de Wendy et de sa famille, ainsi que leurs tentatives pour continuer à vivre. Le chemin de la jeune fille la mène bientôt en Californie chez son père biologique qu’elle connaît à peine – et idéalise. Son beau-père et son petit frère la laissent partir le coeur lourd, mais avec l’espoir que cette expérience lui sera salutaire. Assaillie par les souvenirs, Wendy est tiraillée entre cette vie inédite et son foyer new-yorkais qui lui manque. Elle délaisse les bancs de son nouveau collège et, chaque matin, part à la découverte de ce qui l’entoure, faisant d’étonnantes rencontres : une adolescente tout juste devenue mère, un libraire clairvoyant et son fils autiste, un jeune à la marge qui recherche son grand frère à travers tout le pays. Wendy lit beaucoup, découvre Le Journal d’Anne Frank et Frankie Addams, apprend à connaître son père, se lie d’amitié avec sa belle-mère éleveuse de cactus, comprend peu à peu le couple que formaient ses parents – et les raisons de leur séparation. Ces semaines californiennes la prépareront-elles à aborder la nouvelle étape de sa vie ? Retournera-t-elle à Brooklyn auprès de ceux qui l’ont vue grandir ?

 

Auteur : Joyce Maynard

 

Edition : Philippe Rey

 

Genre : roman contemporain

 

Date de parution : 01 septembre 2016

 

Prix moyen : 22€

 

Mon avis : Au début du roman, j’ai été très gênée dans ma lecture par le non respect des règles typographiques du dialogue. Il est difficile de distinguer les dialogues du récit et ça a considérablement ralenti ma lecture, même quand je m’y suis un peu habitué.
C’est un point qui fera que je ne relirais pas ce roman et que je ne le conseillerais qu’avec quelques réserves et en mettant bien en garde de cette construction difficile.
J’ai beaucoup aimé Josh et Carolyn. Les « pièces rapportées » de la famille sont aussi celles qui sont les plus attachantes.
Garrett, le père de Wendy, reste un peu insouciant, même s’il semble s’être amélioré depuis l’époque où il était avec son ex femme.
Pour Janet, c’est plus difficile, car on ne la connaît qu’à travers les souvenirs qu’en a Wendy. Et avec la culpabilité qu’elle ressent de ne pas avoir dit au revoir à sa mère ce matin là, elle a tendance à revoir leurs disputes plus que leurs bons moments. Ainsi on voit une femme qui m’a parut amère et vindicative, désireuse de voir sa fille en vouloir à son père autant qu’elle-même lui en veut. A chaque fois que Wendy repense aux moments où sa mère et elle parlaient de son père, elle se souvient de la hargne de Janet à l’encontre de Garrett.
Kate, après la mort de Janet, se fait un peu le relais de cette colère. Et, alors que Josh décide de laisser partir Wendy, parce qu’il se dit qu’elle a peut être besoin de faire cette expérience pour surmonter la perte de sa mère, elle n’hésite pas à culpabiliser l’adolescente. J’ai trouvé qu’elle était un peu intrusive. Le fait d’avoir été la meilleure amie de Janet ne lui donne aucun droit de regard sur la vie de Wendy.
Garrett a été agaçant au début. Cette manière de débarquer après plusieurs années d’absence pour récupérer sa fille en occultant presque l’existence de Josh et de Louis, le petit frère, en disant qu’il ne lui reste que lui, est particulièrement énervante, parce que Josh était là, lui, pendant tout ce temps où Garrett était absent. Mais on se rend vite compte que c’est plus de la maladresse qu’autre chose et son attitude, par la suite, le rachète largement à mes yeux.
On croise beaucoup de personnages, Violet, Todd, Alan… qui vont aider Wendy à se reconstruire, chacun à leur niveau.
L’auteur a réussi à nous faire ressentir toute l’angoisse de l’attente insupportable, le chagrin, le refus de regarder la réalité en face, que beaucoup de famille des victimes du 11 septembre ont du ressentir. Le fait que, n’ayant pas de corps à enterrer, certaines personnes ont eu du mal à faire leur deuil car, comment ne pas garder un infime espoir ?
Le roman montre la reconstruction de Wendy, on la voit grandir aussi, pas seulement en âge, car il se déroule sur moins d’une année, mais aussi mentalement. Elle grandit, elle mûrit, elle avance, coûte que coûte.
Pour moi, il n’y avait pas de « bonne » fin. Que Wendy décide de rester en Californie avec son père et Carolyn, ou de rentrer à New York avec Josh et Louis, dans un certain sens, une des parties sera toujours lésée. Que ce soit sa famille et ses amis en Californie ou son autre famille et ses autres amis à New York, elle manquera cruellement à quelqu’un. D’autant plus qu’il ne s’agit pas là seulement de vivre dans une ville ou une autre, mais dans l’un ou l’autre d’Etats qui ne peuvent pas être plus éloignés.
Finalement, Wendy va devoir faire preuve d’un peu d’égoïsme, et choisir ce qui est le mieux pour elle.

Même si Joyce Maynard nous offre un roman résolument optimiste, puisqu’il est question avant tout de reconstruction, j’ai été au bord des larmes pendant la majorité du roman, parce que, même si je ne suis pas américaine, que je n’étais pas à New York le 11 septembre et que je n’ai perdu personne dans la catastrophe, l’auteur nous a fait ressentir toutes ses émotions, presque comme si on y était. Mais seulement presque, heureusement.

 

Un extrait : Plus tard, Wendy se repasserait ce matin-là pour tenter d’en graver le moindre détail dans sa mémoire. Elle n’oublierait jamais l’odeur du beurre chaud dans la poêle, ni la voix de Josh qui accompagnait Madonna. Ni le soleil doré qui tombait sur le toit de l’église de l’autre côté de la rue, en face de leur appartement, ni la femme qui était montée dans le bus à la même station qu’elle et déblatérait sur la liaison amoureuse d’un représentant du Congrès américain. Elle avait dû refaire trois fois la combinaison de son casier avant de réussir à en ouvrir le verrou. Le chef d’orchestre lui avait lancé : Je parie que tu es la seule clarinettiste à avoir travaillé ton instrument cet été, ce qui était vrai.
Elle établirait la liste de tous les trucs qu’elle était prête à faire – se couper les cheveux, se couper un bras, les deux jambes, prendre vingt-cinq, cent kilos, ne jamais rencontrer quelqu’un qui tombe amoureux d’elle pour la vie, se mettre nue devant toute la classe en cours d’EPS – si seulement elle pouvait retourner en arrière.
Pause, aimait dire Louis quand il se levait du canapé pour aller aux toilettes ou prendre un cookie et qu’il ne voulait pas qu’on fasse quoi que ce soit avant son retour. Rembobine, ordonnait-il quand il revenait en courant dans la pièce et croyait que le film avait continué sans lui. Parfois ils regardaient une vidéo, mais il le disait aussi quand on lui lisait un livre, quand ils jouaient au jeu des sept familles ou aux dames. Il pensait qu’on pouvait arrêter le temps dans la vraie vie comme dans les vidéos.
Si on ne pouvait pas rembobiner, alors on se mettait sur pause. On s’immobilisait pour toujours à cet instant sans jamais passer au suivant, et c’était encore un million de fois plus supportable que ce qui arrivait quand on laissait tourner.

Plus tard, elle reconstituerait ce qu’elle était en train de faire à la seconde exacte où c’était arrivé. Elle s’approchait du taille-crayon près du bureau de la classe et se demandait en aiguisant sa mine si les autres la trouvaient grosse. Griffonnait au dos de son cahier de textes une fille en combinaison orange style manga japonais avec une coupe punk et un ghetto-blaster sur l’épaule, un dessin qu’elle ne finirait jamais. Entrouvrait son classeur pour jeter un nouveau regard à la photo de la cabane aux cactus que son père lui avait envoyée. Les belles-de-jour, le pick-up vert funky et son papa adoré serrant le chiot contre sa poitrine.

Je parie qu’ils ont encore déréglé la sonnerie car elle aurait dû déjà retentir, leur dit Mrs Volt. Si elle n’a pas encore sonné dans une ou deux minutes, je vais vous envoyer à votre premier cours.
A cet instant précis, la voix du principal résonna dans le haut-parleur.
Je vous prie tous de garder votre calme. Nous cherchons encore des informations. Il y a eu un accident.

 

05/12/2016

C'est lundi que lisez vous? #85

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Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog de Galleane.

 

Il s'agit de répondre à trois questions:

Qu'ai-je lu la semaine passée?
Que suis-je en train de lire?
Que lirai-je après?

 

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Et vous, que lisez-vous?

 

04/12/2016

[Livre] Le lys rouge

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Résumé : Par une froide nuit de mars, à Chicago, une jeune fille se jette du vingt-deuxième étage. Chez elle, telle une signature macabre, la police découvre le sol jonché de lys. Quand il arrive sur les lieux, et qu’il y croise Tess Ciccotelli, psychiatre de la victime, l’inspecteur Aidan est sur la défensive, car des indices laissent penser que la jeune fille a été poussée au suicide par sa thérapeute. Soupçonnée de meurtre, Tess est interrogée par les policiers, puis libérée grâce à l’intervention de son avocate. Mais d’autres patients se suicident à leur tour. Lettres, empreintes, messages téléphoniques : tout accuse Tess. Etrangement, plus les preuves s’accumulent contre elle, plus Aidan est convaincu de son innocence. Quant à son avocate, elle refuse d’assurer sa défense. Seuls désormais face à la méfiance de leur entourage, Aidan et Tess vont devoir découvrir quel esprit manipulateur et pervers se cache derrière le piège diabolique qui se resserre autour de Tess…

Auteur : Karen Rose

 

Edition : Harlequin Best-Seller

 

Genre : Thriller

 

Date de parution : 2008

 

Prix moyen : 5€

 

Mon avis : Ce livre m’a menée par le bout du nez. Impossible de découvrir qui se cachait derrière les meurtres et le piège qui est tendu à Tess. A un moment, vers les deux tiers du livre, j’ai compris un élément important relatif au tueur, mais sans que cela me permette de mettre un nom sur sa silhouette.
D’ailleurs, les parties écrites du point de vue du tueur le sont de manière à ce que jamais un accord ou un pronom ne permette d’avoir des indices sur ce personnage, avec un recours quasi systématique à la voix passive. Par exemple, au lieu de dire : « Il avait placé les preuves là où la police ne pouvait pas les rater », l’auteur va écrire : « Les preuves avaient été placées là où la police ne pouvait pas les rater ».
Je n’ai pas été étonnée que Tess ne reste pas suspecte bien longtemps. Même si Aidan a, au début, de la rancœur contre elle, à cause d’une ancienne affaire, c’est un bon flic, et les preuves contre Tess étaient si nombreuses que soit elle était coupable et voulait que ça se sache, soit c’était un coup monté.
Les personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires, sont bien présentés et assez fouillés. Que ce soit leur passé, leurs aspirations, leurs problèmes, rien n’est laissé au hasard. Ils ne sont pas non plus là pour remplir des pages. Chacun de leurs problèmes peut être rattaché d’une manière ou une autre à l’enquête principale, que ce soit directement ou indirectement (en permettant à l’inspecteur de comprendre quelque chose par exemple).
Il y a un bon rythme, avec beaucoup d’action, entrecoupé de moment plus calmes qui permettent de faire retomber la tension. Tout s’emboîte avec beaucoup de logique. A aucun moment on n’a l’impression que l’histoire n’est pas crédible.
J’ai encore passé une nuit blanche car je n’arrivais pas à poser ce livre, il fallait absolument que je connaisse la suite.
J’ai lu ce livre en un temps record, et je n’ai pas du tout vu passer les 631 pages.
Encore un excellent thriller de Karen Rose. Mais il est rare que je sois déçue avec cet auteur.
D’ailleurs ce livre n’est pas le seul dans lequel on a affaire à la famille Reagan et leur entourage : A plusieurs reprises, Kristen, la belle-sœur d’Aidan, et Tess font allusion au fait que Kristen a également été victime d’un meurtrier ; et bien dans « Dors bien la nuit », on découvre ce qui lui est exactement arrivé. Et dans «Et tu périras par le feu », c’est la coéquipière d’Abe (le frère d’Aidan et époux de Kristen), Mia Mitchell, qu’on va suivre d’un peu plus près.

Un extrait : Le siège du conducteur offrait une vue imprenable sur le balcon de Cynthia Adams. Lentement, la porte vitrée s’ouvrit, laissant apparaître Cynthia. Sa chemise de nuit légère volait dans le vent froid de l’hiver. Elle allait faire un beau cadavre à la Gloria Swanson, Boulevard du crépuscule, quel film de génie ! Des films comme ça, Hollywood n’en faisait plus. Ce serait parfait pour fêter ça : du pop-corn et un bon film. Sauf qu’il n’y aurait rien à fêter si Cynthia restait plantée sur le balcon. Saute, Bon Dieu !
- Dis lui de venir. Fais la sauter. Montre-moi ce que sais faire ma chérie.
La jeune femme déglutit en entendant ce mot tendre prononcé d’une voix aussi sarcastique, mais elle s’exécuta néanmoins.
- Fais un pas en avant, Cynthia. Encore un. Je t’attends.
- Reprend ta voix d’enfant, maintenant. Ta voix de petite fille.
- S’il te plait Cynthia, j’ai peur !
Elle était décidément très douée. En un battement de cils, elle pouvait passer d’une voix d’enfant à une voix d’adulte, de celle de Mélanie la morte à celle de Ciccotelli la psy.
- Viens, je t’en supplie !
Elle prit une profonde inspiration et expira en tremblant.
- J’ai besoin de toi !
Et enfin…le succès. Un cri d’horreur surgit de la gorge de la jeune femme tandis que Cynthia plongeait dans le vide. Vingt-deux étages. L’impact sourd de son corps sur le trottoir se fit entendre à travers les vitres fermées de la voiture. Son cadavre ne serait peut-être pas si beau à voir, finalement…
Mais si. Le corps de Cynthia Adams écrasé sur le trottoir était d’une beauté à couper le souffle. Dans le siège du passager, la jeune fille sanglotait, hystérique.
- Reprends-toi. Tu as un autre appel à passer.
- Oh, mon Dieu, mon Dieu…
Elle détourna son visage de la vitre tandis que la voiture passait tout près du corps de Cynthia Adams.
- Je n’arrive pas à croire que…Mon Dieu. J’ai envie de vomir.
- Pas dans ma voiture, chérie. Prends le téléphone. Tout de suite.
Elle ramassa le combiné en frémissant.
- Je ne peux pas.
- Mais si. Le numéro de Ciccotelli est programmé. Tu n’as qu’à appuyer sur le 1.  Quand elle décroche, dis-lui que tu es une voisine de Cynthia Adams, et qu’elle est sur la rambarde, prête à se jeter dans le vide. Vas-y. 
Elle s’exécuta et attendit.
- Elle ne décroche pas. Elle doit dormir.
- Alors rappelle. Fais sonner jusqu’à ce que la princesse décroche. Et mets le haut-parleur. Je veux entendre.
Le troisième essai fut concluant.
- Allô ?
Elle dormait. La pauvre n’avait rien de mieux à faire un samedi soir. C’était bon de savoir que cet aspect de la vie de Ciccotelli était également maîtrisé. Un petit coup de coude suffit à faire bégayer sa réplique à la jeune femme.
-Docteur Ciccotelli ? Tess Ciccotelli ?
- Qui est à l’appareil ?
- Je… Une voisine d’une de vos patientes. Cynthia Adams. Elle est sur la rambarde du balcon. Elle menace de sauter.
Les yeux fermés, la fille raccrocha et laissa le téléphone retomber sur ses genoux.
- C’est fini, dit-elle
- Pour ce soir.
- Mais…
Elle se tourna vivement, bouche bée.
- Vous m’aviez dit…
- J’ai dit que je garderais ton frère en vie si tu collaborais. J’ai encore besoin de ta collaboration. Continue à t’entraîner à imiter la voix de Ciccotelli. Il faudra que tu la refasses dans quelques jours. Pour ce soir, c’est fini. Un seul mot de ta part, et ton frère meurt.
Ciccotelli était en route. Que la partie commence !

 

03/12/2016

Le tiercé du samedi #83

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Rappel du principe: Chaque semaine, le samedi comme son nom l’indique, il conviendra de choisir les trois livres, le trio gagnant, correspondant au thème proposé.

A la fin de chacun de ces Rendez-vous, j’indiquerai le thème de la semaine suivante.

Ce Rendez-Vous Livresque a été inspiré de « The Saturday Awards Book » créé par l’Echos de mots, et qui n'existe plus aujourd'hui.

Comme annoncé la semaine dernière, le thème d'aujourd'hui est:

Vos trois tics de lectures (boisson, position, musique de fond, tout ce qui vous passe par la tête)

 

Alors pour ma part, le trio gagnant est:

 

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Du bouillon de poule, de bœuf ou de légume

 

 

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Comme je lis souvent le soir, je me prépare toujours un mug de bouillon. Je le prend dégraissé et pauvre en sel. Ça tient chaud et on a moins d'envie de grignotage en buvant une gorgée de temps en temps!

 

 

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Plaid

 

 

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S'il fait chaud, je suis dessus; s'il fait froid, je suis dessous; mais dans tous les cas, il est là (et parfois j'en ai plus d'un!)

 

 

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Mettre la TV en fond sonore

 

 

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Peu importe ce que c'est: film, série, émission... De toute façon, je mets le son trop bas pour vraiment savoir de quoi ça parle. Mais le silence est trop pénible, mon esprit se focalise sur le moindre petit craquement, le bruit du vent, un chat qui miaule, l'imbécile de coq du quartier qui chante à n'importe qu'elle heure...



Pour la semaine prochaine, le thème sera: Vos trois chaînes booktubes préférées (si vous ne regardez pas de vidéos booktube, alors vos trois blogs littéraires préférés)

Et n'hésitez pas à laissez en commentaire le lien vers votre propre tiercé du samedi!

 

 

02/12/2016

Bilan de lecture Novembre 2016

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En novembre, j'ai lu 16 livres (J'ai lu "émancipés" en 6 épisodes, mais je les compte pour un seul livre) pour un total de 5694 pages.

 

Ce mois-ci, j'ai de nouveau lu trois partenariats avec deux masses critiques Babelio et un livre des éditions Sarbacane

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Trois livres excellents, mais pas de coup de cœur.


Toujours dans le cadre de l'aventure ELLE, ce mois-ci, j'ai lu 4 livres.

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Des livres assez irréguliers

 

Et j'ai bien sûr pioché dans ma PAL

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Les 6 épisodes d'émancipés que je n'ai compté que pour un seul livre (puisqu'ils ont été réunis en un seul tome)

 

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De bonnes lectures avec une petite préférence pour Revived qui a failli être un coup de cœur (mais une fin trop peu crédible sur un point en particulier l'a "disqualifié")

 

Ce mois-ci, je n'ai pas trouvé le temps de me poser devant un film.


On se voit dans un mois pour le prochain bilan!

 

01/12/2016

[Livre] Effacée - T03 - Brisée

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Résumé : Kyla est en danger. Les Lorders sont toujours à sa poursuite et le TAG, groupe Terroriste Anti-Gouvernemental, l'a manipulée. Pour leur échapper, Kyla a dû se résoudre à une mesure extrême : se faire passer pour morte. Sous une nouvelle identité et avec une nouvelle apparence, elle part à la recherche de son passé et de sa vraie famille. Mais la vérité est plus compliquée - et bien plus sombre - que Kyla l'avait imaginée...

 

Auteur : Teri Terry

 

Edition : La Martinière Jeunesse

 

Genre : Young adult

 

Date de parution : 22 Octobre 2015

 

Prix moyen : 16,50€

 

Mon avis : Dans ce troisième et dernier tome, Kyla quitte son village et, sous une nouvelle identité, va se réfugier chez Stella Connor, sa mère, retrouvée par le Service des Personnes Disparues, une organisation secrète qui tente de renverser les Lorders avec des moyens beaucoup plus pacifiques et beaucoup moins discutables que les TAG.
Jusque-là, Kyla n’avais eu qu’un aperçu de ce que faisait les lorders avec les arrestations arbitraires et les centres où étaient exécutés les effacés qui n’avaient pas « remplis leur contrat » (ce point étant sujet à toutes les interprétations).
Ici, dans ce nouveau village, elle va découvrir que la réalité est pire encore que ce qu’elle croyait savoir, et, en faisant cette découverte, se mettre en danger.
Obligée de fuir à nouveau, elle va devoir se montrer encore plus prudente qu’avant dans la confiance qu’elle accorde tant chaque personne semble changer de visage de minutes en minutes.
Nico, toujours aussi dangereux, est toujours dans la nature, et la menace qu’il représente plane au-dessus de Kyla. Le concernant, je n’ai pas été étonnée quand ses motivations sont révélées, j’ai toujours su pourquoi il agissait.
Stella, la mère de Kyla, est difficile à suivre (même si on comprendra son comportement plus tard). Elle apparaît à la fois comme surprotectrice, sévère, manipulatrice, secrète. On n’a pas l’impression qu’elle ait envie de donner des réponses à Kyla et en même temps on la sens agacée que l’adolescente ne se souvienne pas d’elle (et d’un autre côté, quand on rencontre Astrid, la mère de Stella, on comprend que celle-ci soit un tantinet tendue… une vrai araignée cette vieille peau).
Ben m’a surprise dans ce tome. Et d’un autre côté, je me dis qu’on se base sur Kyla pour juger les effacés en oubliant qu’elle est un cas particulier. Ainsi, on oublie facilement qu’on ne sait rien de la personnalité de Ben avant qu’il ne soit effacé, on ne sait pas du tout qui il était et ce que les multiples manipulations sur son cerveau ont pu donner. Aussi, à chaque fois qu’il fait un pas, on se dit : je ne pensais pas qu’il réagirait comme ça, Kyla n’aurait pas fait comme ça… C’est perturbant, mais très logique.
La fin est très bien construite aussi, d’abord intense en actions, puis en révélations qui la rendent logique. Mais jusqu’à la dernière seconde, on n’aura pas su avec certitude qui était du côté de qui. Qui étaient les méchants ? Tout simplement parce que personne n’est blanc ou noir (enfin il y a quand même deux ou trois personnages à qui on aura du mal à trouver des excuses).
Pour une fois, je ne reste pas sur ma faim avec un dernier tome de trilogie !

Un extrait : Le car s’arrête non loin de la longue allée menant à la maison de Mac. Je m’y élance, préoccupée par ce que je viens de voir. À quel enterrement se rendaient ma mère et ma sœur ? L’inquiétude me gagne tandis qu’une autre partie de mon cerveau enregistre un changement : le ciel est étrangement bas et le fond de l’air est glacé. Va-t-il neiger ? Jamais je n’ai vu la neige, et pourtant il me semble que j’adore ça. Certes, quand j’étais Lucy, j’ai dû en faire l’expérience : enfant, j’ai grandi dans la région du Lake District. Mais les souvenirs de Lucy ont été effacés par la chirurgie des Lorders.

La maison de Mac apparaît au tournant. C’est une construction isolée, fermée à l’arrière par un haut portail. Depuis l’allée, j’aperçois un long trait blanc et brillant au-dessus. Un van est garé là… celui d’Aiden ?

On m’attend, si j’en crois le rideau qui vient de retomber sur la fenêtre de devant. Un instant plus tard, Mac ouvre la porte d’entrée.

— C’est vraiment toi, Kyla ?

— Je m’appelle Donna, maintenant.

J’entre et ôte mon béret, ce qui m’arrache une grimace de douleur. Aiden est là aussi, et mon expression de souffrance ne lui a pas échappé.

— Tu as mal ? Je t’avais proposé de venir te chercher…

Je réponds d’un haussement d’épaules et me dirige vers l’ordinateur au fond du couloir, prenant juste le temps de laisser mon écharpe et mon manteau sur une chaise. Je dois comprendre ce que faisait ma famille derrière ce corbillard. Un coup d’œil sur un site d’actualités locales va me renseigner…

L’ordinateur de Mac est illégal. Il ne l’a pas déclaré au gouvernement et il capte Internet sur des réseaux clandestins. Skye, la chienne de Ben, tente de me faire la fête mais je lui donne une rapide caresse et la repousse.

Une fois devant l’écran, prise d’une soudaine inspiration, je consulte d’abord le site Internet du SPD. Je cherche la fiche de Lucy Connor, disparue de la ville de Keswick à l’âge de dix ans, et récemment retrouvée. Ma véritable identité, volée par les Lorders, et reconquise grâce à mes amis.

Or, maintenant, la fiche porte l’inscription « Décédée ».

Je contemple l’écran, abasourdie, puis tressaille en sentant une main se poser sur mon épaule.

— Tu as l’air en forme, pour une morte, raille Mac. J’aime beaucoup tes nouveaux cheveux.

Je pivote. Aiden est là aussi, près de Mac, et il a une drôle d’expression.

— C’est toi qui as marqué ça ! m’écrié-je, furieuse. Mais pourquoi ?

— Désolé, Kyla, mais tu es officiellement décédée depuis qu’une bombe a détruit une partie de la maison de tes parents adoptifs.

— Mais les Lorders n’ont pas pu retrouver mon cadavre… Attends une minute ! Mon car a croisé un convoi funéraire, tout à l’heure. Maman et Amy suivaient le corbillard. Ne me dis pas que c’était mon enterrement ?

Aiden semble mal à l’aise.

— J’ignorais que ça se passait aujourd’hui.

Mac et Aiden échangent un regard perplexe.

— Le plus vraisemblable, c’est qu’ils ne veulent pas reconnaître que tu leur as échappé, déclare Aiden.

Aiden pense que les Lorders ont placé cette bombe pour me punir d’avoir aidé Ben à couper son Nivo. Il ne sait rien du double jeu que j’ai tenu, au risque de ma vie, pour les Lorders d’un côté et pour les TAG de l’autre. Mon secret est bien lourd et il me ronge.

Mais Aiden aussi a des secrets.

Mes yeux s’emplissent de larmes.

— Je ne peux pas laisser maman et Amy croire que je suis morte. C’est trop cruel.

Aiden s’assied près de moi et me prend la main.

— Il le faut, Kyla. Nous ne pouvons prendre aucun risque.

Je retire ma main de la sienne.

— Non ! Je refuse de partir comme ça. C’était déjà pénible de passer pour disparue, mais morte… Tu m’en demandes trop.

— Elles sont peut-être surveillées. C’est trop dangereux, proteste Aiden.

— Personne ne me reconnaîtra, à présent.

Aiden secoue la tête.

— Réfléchis bien, Kyla. Une autre vie t’attend à Keswick. Ne gâche pas cette chance. Et ta mère ne voudrait pas que tu prennes ce risque.

Cette fois, je me tais. Il a raison.

 

30/11/2016

[Livre] Effacée - T02 - Fracturée

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Résumé : Kyla en apprend de plus en plus sur son passé d’Effacée… Mais parviendra-t-elle à s’accepter ?

Après son effacement, Kyla devrait avoir perdu tout souvenir de son passé. Elle se demande quel avenir elle peut envisager. Pourtant, des bribes de mémoire lui reviennent avec d’inquiétants points sombres. Et quand un homme mystérieux qu’elle a connu avant son effacement réapparaît dans son existence, elle se dit qu’elle va enfin comprendre d’où elle vient. Mais plus elle en apprend sur elle-même, plus son avenir devient confus…

 

Auteur : Teri Terry

 

Edition : La Martinière Jeunesse

 

Genre : Young adult

 

Date de parution : 16 Octobre 2014

 

Prix moyen : 16€

 

Mon avis : Le début de ce second tome est un peu abrupt car l’auteur ne fait aucun rappel. Le premier chapitre de ce livre est écrit comme s’il était le chapitre suivant du dernier du tome 1. Du coup, on a un peu de mal à se remettre dans l’histoire, mais ça ne dure pas. Après seulement quelques pages, on est replongé dans l’histoire.
Dans ce tome, on va en apprendre un peu plus sur le passé de Kyla qui commence à avoir des souvenirs de plus en plus net, quoique encore assez épars. On va également en apprendre plus sur ces TAG, ces terroristes qui combattent le gouvernement des Lorders.
Leur chef, Nico, ne m’a pas du tout plu. Il semble manipulateur et dangereux, se moquant totalement de la vie d’autrui que ce soit des « ennemis » ou des « alliés ». Je pense que son but est de s’emparer du pouvoir et que s’il pouvait être à la tête des Lorders, il ne s’embarrasserait pas à les combattre. On dirait vraiment le gourou d’une secte avec tout le pouvoir de nuisance que cela implique.
Ce tome est plus sombre que le premier, et, à l’instar de Kyla, on ne sait plus sur quel pied danser avec les personnages. Il y en a certain en qui on avait confiance, qui semblait ne pas être à la solde des lorders, ni à celle des TAG, d’ailleurs, mais maintenant on doute, on n’est plus sur de les avoir cernés comme il le faut.
Les raisons du comportement du père, tour à tour sévère et menaçant ou gentil et ouvert, sont révélées à la fin de ce tome. Je n’en ai pas été surprise, ça n’a fait que confirmer mes doutes.
J’aurais quand même aimé savoir pourquoi les personnes arrêtées dans le premier tome l’ont été car que ce soit Phoebe qui avait accusé Kyla d’être une espionne des Lorders, ce qui n’était rien de plus que des chamailleries d’adolescentes, ou le professeur de dessin, qui avait fait un portrait de la jeune fille disparue, il n’y avait là aucune critique ou attaque contre le système. Rien d’ouvertement contre le système en tout cas, et on peut se demander pourquoi les lorders sont ainsi sur la défensive. N’ont-ils pas autant la main mise sur la population qu’ils veulent le faire croire ?
Kyla va rencontrer également un nouveau personnage en la personne de Cam. Pour qu’il soit introduit comme ça au second tome, je me doutais qu’il allait avoir une importance et que ses actes ne seraient pas anodins, mais je n’avais pas imaginé ça !
Le docteur Lysander va prendre encore plus d’importance dans ce tome, et elle me laisse perplexe. Tout dans son attitude semble montrer qu’elle est du côté de Kyla, mais elle reste l’inventeur de la procédure d’effacement et elle défend ce système avec énergie. Est-ce qu’elle n’apprécie pas les méthodes des lorders ? Est-ce qu’elle désapprouve les dérives causées par son système (avec apparemment des effacements sans procès) ? Ou bien cache-t-elle des dessins plus sombres derrière une façade amicale ?
J’espère avoir les réponses à toutes mes questions dans le dernier tome.

Un extrait : Un bourdonnement lointain m’arrache au néant et j’oscille un instant entre éveil et torpeur, puis, doucement, repars au pays des rêves.

Le bourdonnement reprend.

Erreur !

Éveillée en un clin d’œil, je bondis hors de mon lit, mais quelque chose me retient et je manque hurler, me débats, le jette à terre et m’accroupis en position de combat, prête à l’attaque. Prête à tout…

Mais pas à ça. Des formes inconnues, menaçantes, se brouillent, se transforment et deviennent des objets ordinaires. Un lit. Un réveil qui sonne encore sur une table de chevet. Mes entraves, des couvertures maintenant à terre. Un tapis sous mes pieds nus. Une faible lueur filtrant d’une fenêtre ouverte. Et un chat grincheux et somnolent qui pousse des miaulements furieux, prisonnier des couvertures.

Je presse le bouton du réveil, me force à respirer lentement – inspirer, expirer –, à ralentir le rythme frénétique de mon cœur, mais mes nerfs sont encore à vif.

Sebastian me dévisage, le poil hérissé.

— Tu me reconnais, mon minou ? dis-je à voix basse, et je tends la main pour qu’il la hume, lui caresse le dos autant pour m’apaiser que pour le rassurer. Je refais le lit et il saute dessus, s’étale mais garde les yeux mi-clos, aux aguets.

À mon réveil, je me croyais encore là-bas. À demi assoupie, je reconnaissais chaque détail. Les abris de fortune, les tentes. Le froid, l’humidité, l’odeur de bois brûlé, le bruissement des feuilles, les oiseaux d’avant l’aube. Les murmures. Mais, à mesure que je m’éveillais, tout cela disparaissait. Les détails s’évanouissaient. Était-ce un rêve ou un lieu bien réel ?

Mon Nivo à 5,8 indique que je suis contente, mais mon cœur bat encore vite. Après ce qui vient d’arriver, mon Nivo aurait dû descendre en flèche. Je le fais tourner sans douceur sur mon poignet : rien. Ça devrait pourtant me faire mal. Les Effacés sont incapables de la moindre violence envers les autres ou envers eux-mêmes tant qu’un Nivo contrôle leurs émotions, tant qu’il peut provoquer des évanouissements, ou même la mort si son porteur est trop bouleversé ou furieux. Après ce que j’ai fait hier, je devrais être morte, éliminée par la puce qu’on a implantée dans mon cerveau quand on m’a Effacée.

Des échos de mon cauchemar de la nuit dernière résonnent en moi : Je ne pourrai jamais m’enfuir. Il me retrouvera toujours…

Nico ! Il s’appelle Nico, et ce n’est pas un rêve sans consistance. Il existe bel et bien. Des yeux bleu pâle brillent dans mon souvenir, des yeux dont le regard peut devenir en un éclair glacial ou ardent. Il saura certainement ce que tout cela signifie. C’est un élément vivant de mon passé, ressurgi Dieu sait comment dans ma nouvelle vie, sous l’apparence de mon professeur de sciences naturelles. Une bien étrange transformation de… de quoi ? Ma mémoire me trahit de nouveau. Exaspérée, je serre les poings. Je l’avais devant moi, je savais qui il était, ce qu’il représentait, et puis, tout à coup, plus rien.

Nico saura sûrement de quoi il s’agit, mais ai-je intérêt à lui poser la question ? Quel qu’il soit, je suis au moins sûre d’une chose : il est dangereux. À la seule pensée de son nom, mon estomac se noue à la fois de crainte et de nostalgie. Être proche de lui, voilà ce que je veux, quel qu’en soit le prix.

Il me retrouvera toujours…

On frappe à la porte de ma chambre.

— Kyla, tu es levée ? Sinon, tu vas arriver en retard au lycée.

 

29/11/2016

[Livre] L'échappée

Je remercie la masse critique Babelio et les éditions Milan pour cette lecture

 

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Résumé : "Comment peut-on ne pas vouloir sortir avec Jason ? il est ultra cool. [...] Jason, pour moi, c'est un rêve qui se réalise."
Hélas pour Leslie, son rêve va vite tourner au cauchemar...
Jason, le nouveau qui attire tous les regards, n'est pas le garçon bien qu'il paraît être. Lentement, il tisse sa toile autour d'elle.
Pour qu'elle ne puisse plus s'échapper. Pour qu'elle lui appartienne. Corps et âme.

 

Auteur : Allan Stratton

 

Edition : Milan

 

Genre : Jeunesse

 

Date de parution : 07 septembre 2016

 

Prix moyen : 14€

 

Mon avis : Dans la lignée des romans comme Risk de Fleur Ferris sur les dangers des rencontres internet, Blacklistée de Cole Gibsen sur le harcèlement scolaire ou encore Little sister de Benoît Séverac sur le djihadisme, Allan Stratton alerte les adolescents sur la violence conjugale au sein des couples adolescents au travers de l’histoire de Leslie.
Leslie est une adolescente un peu à la dérive. Elle a du quitter sa ville et ses amie pour émigrer dans un coin un peu perdu du canada suite à la mutation de son père, lequel, très vite, a quitté le foyer conjugal pour une midinette. Sa mère, devenue mère célibataire ne sait pas comment gérer à la fois sa fille et son chagrin et multiplie cris et attaques verbales contre le père. Leurs revenus ayant drastiquement baissés, elles ont du déménager dans un petit appartement dans un quartier guère reluisant. Pour couronner le tout, sa seule amie la délaisse pour se rapprocher de ses camarades d’église.
Alors déjà que l’adolescence n’est pas franchement une période de félicité familiale, là Leslie a beaucoup de mal à faire face.

Son professeur d’anglais va demander aux élèves d’écrire, pendant 15 minutes à chaque début de cours, dans un journal intime et c’est à travers ce journal que l’on découvre l’histoire de Leslie.
Quand elle rencontre Jason, 18 ans, nouveau au lycée, Leslie voit ici l’occasion d’avoir enfin une personne à qui se confier et qui soit là pour elle (et aussi de clouer le bec à l’insupportable Ashley, celle qui lui « vole » sa meilleure amie).
Allan Stratton amène l’intrigue lentement mais sûrement. Bien sûr, on ne le découvre qu’en même temps que Leslie, puisque c’est elle qui nous le raconte et le doute s’installe.
Même si, pour ma part, je n’ai eu aucun doute dès lors que Leslie nous relate la première scène ambiguë avec Jason, je pense que ça tiens aussi au fait que je suis adulte et que, même s’il est manipulateur, Jason reste un ado, avec la subtilité que ça implique. Mais je comprends qu’une adolescente de 15 ans soit complètement déboussolée devant ce qu’il se passe et ne sache plus où elle en est.
Au fil des pages, Leslie montre un courage et une force de caractère incroyable, même s’ils sont noyés dans de mauvaises décisions (mais bon, si elle avait pris la bonne décision dès le départ, il n’y aurait plus eu d’histoire).
Jason…je ne sais pas si on doit le plaindre ou le blâmer. Ce qu’il fait est répréhensible, je ne dis pas le contraire. Mais je me demande comment un ado de 18 ans en arrive là. J’ai eu l’impression d’un gosse qui a grandit seul et à qui on a passé tous les caprices pour pallier l’absence des parents, entre une mère de tout évidence alcoolique et un père plus intéressé par sa carrière que par son fils. Un gamin qui n’a jamais fait que ses quatre volontés et dont le père a « arrangé » chacun de ses actes soit par son argent, soit par ses relations. Je ne pense pas que quiconque ait inculqué à ce gosse les notions de bien et mal ou de respect de l’autre. Je ne dis pas qu’il devrait être absous mais que ses parents devraient payer autant que lui.
J’ai trouvé la fin frustrante. D’une part parce qu’elle est un peu rapide et cela tient à l’auteur. Mais surtout à cause des conséquences qui en découlent et cela, en revanche, tiens au système. L’auteur n’a fait que montrer ce qui se serait passé si Leslie et Jason n’avaient pas été des personnages de fiction.
C’est une histoire très bien menée, qui maintient sous tension jusqu’à la conclusion et qui fait monter en nous une colère incroyable à la fois contre Jason mais aussi contre la société qui permet à des Jason d’agir en toute impunité pendant des années.

Un extrait : Les proviseurs adjoints, en fait, c’est les flics du lycée. Ils adorent jouer les gros durs et bouffer des donuts. Et de ce point de vue là, c’est clair que M. Manley a choisi le boulot qu’il lui fallait. En revanche, on ne peut pas dire qu’il porte très bien son nom, lui qui est à peu près aussi viril qu’un éléphant en costard. Il paraît qu’il était prof d’EPS, avant. Aujourd’hui, adieu l’exercice physique. Il se contente de beugler, et il a les cordes vocales gonflées aux stéroïdes !
C’est pathétique ! M. Manley se donne des airs importants, comme s’il faisait partie du FBI, alors qu’on sait tous que c’est juste un vieux type qui prend son pied en gueulant sur les ados. Il passe son temps dans le parking, à roder derrière les voitures pour choper les fumeurs, ou à renifler l’haleine des élèves pour voir s’ils n’ont pas bu, ou fumé de l’herbe. Pendant les bals du lycée, il se balade avec une lampe torche pour débusquer les couples sur le terrain de foot ou dans le réduit sous l’escalier. Il faut être pervers pour faire un boulot pareil.
L’an dernier, en troisième, j’étais sans arrêt dans son bureau. Pour plaisanter, je disais qu’il voulait me voir tous les jours parce qu’il craquait sur moi ; mais en fait, c’était à cause de mes retards. Et parce que je séchais souvent les cours. Mes parents s’étaient séparés « quelques temps pour voir », et je ne le vivais pas très bien.
Je le vis toujours mal d’ailleurs. Surtout depuis que ce n’est plus « pour voir », mais « pour de bon », et que maman est passé du statut d’épouse à celui de mère célibataire.
Maintenant, quand elle voit à la télé des personnalités politiques parler des mères seules, elle fond en larmes. Et puis elle m’engueule. On dirait qu’elle se force à être sévère, de peur que je me transforme en une de ces graines de démons qui viennent parler de leur foyer brisé dans les talk-shows.
- Il va falloir que tu changes d’attitude ! crie-t-elle. Tu m’entends Leslie ?
- Non, je suis sourde.
- Attention à toi !
Je lui lance mon regard breveté. Celui qui la rend dingue.
- Ne me regarde pas comme ça.
- Alors arrête de me gueuler dessus ! Franchement, c’est pas étonnant que papa soit parti !

En général, c’est là qu’elle blêmit et file en courant dans sa chambre. Juste après, d’affreux bruits d’animaux filtrent sous sa porte, et j’ai envie de mourir. Au fond, je ne veux pas la blesser. C’est vrai. Je voudrais juste qu’elle arrête de crier en permanence. Pourquoi tout est-il toujours ma faute ?

 

 

28/11/2016

C'est lundi que lisez vous? #84

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Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog de Galleane.

 

Il s'agit de répondre à trois questions:

Qu'ai-je lu la semaine passée?
Que suis-je en train de lire?
Que lirai-je après?

 

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Et vous, que lisez vous?

 

27/11/2016

[Livre] Samedi 14 novembre

Je remercie les éditions Sarbacane pour cette excellente lecture

 

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Résumé : Vendredi, 13 novembre 2015. B. était à la terrasse d'un café, quand les terroristes ont tiré. Son frère est mort, lui s'en sort indemne. 
Il quitte l'hôpital au matin, monte dans le métro. Son regard croise celui d'un passager. 
Il reconnaît le visage de l'un des tueurs et décide de le suivre.

Auteur : Vincent Villeminot

 

Edition : Sarbacane

 

Genre : Jeunesse

 

Date de parution : 02 novembre 2016

 

Prix moyen : 15,50€

 

Mon avis : L’écriture de Vincent Villeminot est toujours aussi addictive et ce quelque soit le sujet qu’il aborde. Ici, il a décidé de s’attaquer à un sujet difficile, à peine un an après les faits, quand tout est encore frais, peut être un peu trop, dans les esprits.
Les paragraphes sont courts, les chapitres tout autant, parfois juste une demi-page. Du coup, même si le texte en lui-même ne comporte guère d’action, cette construction donne un sentiment d’urgence. Ce n’est pas un livre qu’on pose facilement. En ce qui me concerne, je ne l’ai pas posé et l’ai lu en 2h à peu près.
Son personnage principal, B., est à la fois une victime des attentats et un membre de la famille d’une victime. Sur place lors d’une des attaques, il n’a été que légèrement blessé mais à vu son frère aîné tomber sous les balles des terroristes. Ce choix est un pari risqué car la manière de traiter le personnage peut être mal perçu par les victimes et familles des victimes.

En dehors de l’histoire principale qui suit B., passant du rôle de victime à celui d’agresseur, presque malgré lui, il ya les entractes qui sont comme des flashes sur les personnes qui entourent ou croisent B.
B. agit sous le coup du choc, de la colère, de la rage. Son frère est mort. Il a du mal à réaliser mais à chaque fois qu’il réalise la rage reprend le dessus. Il va commettre des actes qu’il n’aurait jamais commis en temps normal. Et même si certaines de ses actions sont choquantes, on a du mal à lui en vouloir.
Vincent Villeminot, à travers ces actes que commet le jeune homme déboussolé, fait passer un message comme le risque d’amalgame : non tous les musulman ne sont pas des terroristes, voile ne veut pas dire intégrisme, et important aussi, les familles des intégristes ne sont pas toujours complices.
Du coté des victimes, un autre message passe : ne sont pas victimes que ceux qui sont tombés sous les balles : leurs familles, leurs amis, les familles et amis des survivants traumatisés sont autant de victimes collatérales qui n’ont pas été recensées par les médias mais qui ont bel et bien été touchés par ces attentats.
Ce livre est une vrai claque, les dialogues sont parfois, souvent, surtout au début, violents et même choquants, mais c’est un choix de ne pas édulcorer « l’après ». Parce que « après » les gens étaient choqués et violents, en pensées sinon en actes.
Ce roman assez court (un peu plus de 200 pages) peut servir de base pour ouvrir le dialogue sur le sujet avec de jeunes adolescents qui n’ont peut être pas eu la possibilité de s’exprimer sur ce sujet délicat.
Il n’y a plus qu’à espérer que des professeurs intelligents le donnent à lire à leurs élèves. Et que si ce n’est pas le cas, ce soit les parents qui s’en chargent !

Un extrait : Et puis ensuite, il y eut une brève pause de silence, B. s’en souviendrait.
Quelques secondes, deux ou trois, c’est très court, comme s’il fallait que chacun se remette de sa stupeur. Ou peut-être est-ce attendre, reprendre son souffle ; comprendre qu’on est vivant ; s’assurer qu’ils sont vraiment partis, les tueurs. Ou bien est-ce tout le bruit, le vacarme du monde qui se sont retirés ? Il paraît que lorsqu’une munition d’artillerie explose, l’effet de souffle te donne ce sentiment – tout l’air s’en va, en une seconde, juste avant que les shrapnels te déchirent ; que la peau cesse d’être une peau, un bouclier, une frontière entre le monde et toi.
Mais là, ce n’est pas ça. Il n’y a pas eu de shrapnels.

Il y a eu la voiture qui freine, les portières qui s’ouvrent, claquent. Et, sans une semonce, les rafales. Deux armes. Des fusils d’assaut, marque kalachnikov, modèle AKM (ou peut-être AKMS en tôle emboutie), dont on vide les chargeurs.
Il y a eu – autour de B. – les chaises qui se renversent, les tables, les corps qui tombent, les verres qui explosent en esquilles, en milliers de débris ; l’impact sec sur les vitrines, les cris, de surprise, d’effroi.
Et ensuite, les portières, le moteur qui s’emballe.
Puis ce silence.
Ce sursis.

B. relève les yeux, à quatre pattes sur le trottoir, dans les chaises emmêlées, les tables, dans le givre du verre.

La voiture est partie.

Il a le temps de penser : « Je ne suis pas mort », avant la fin du monde.
Un gémissement.

Il a le temps de se demander : « Pierre ? Où est Pierre ? »
Et puis, une femme se met à pleurer, doucement. Et toutes ces voix, d’un coup, tous ces cris. De peur. De douleur. Des appels. Des suppliques. Des soupirs.