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Selene raconte... - Page 5

  • Le tiercé du samedi #106

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    Rappel du principe: Chaque semaine, le samedi comme son nom l’indique, il conviendra de choisir les trois livres, le trio gagnant, correspondant au thème proposé.

    A la fin de chacun de ces Rendez-vous, j’indiquerai le thème de la semaine suivante.

    Ce Rendez-Vous Livresque a été inspiré de « The Saturday Awards Book » créé par l’Echos de mots, et qui n'existe plus aujourd'hui.

    Comme annoncé la semaine dernière, le thème d'aujourd'hui est:

    Les trois livres avec une bonne histoire mais dont les personnages vous ont laissés de glace

     

    Alors pour ma part, le trio gagnant est:

     

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    Dans le labyrinthe

     

     

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    L'idée de base était bonne, mais les personnages ne sont pas attachants et l'histoire est décousue, ce qui n'arrange pas les choses

     

     

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    Rien ni personne

     

     

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    On a ici une bonne histoire, mais les longs monologues d'un des personnages et les digressions continuelles font qu'on perd tout intérêt pour les personnages

     

     

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    J'ai dix ans, ma vie est un cauchemar

     

     

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    L'auteur est froid et détaché, on ne le sent pas investi dans le récit, au point qu'on se demande si c'est bien à lui que tout cela est arrivé. Il a l'air tellement détaché et les répétitions continuelles renforcent ce sentiment



    Pour la semaine prochaine, le thème sera: Les trois livres qui vous ont tellement marqués qu’il vous a fallut 200 pages pour réaliser que vous les aviez déjà lus

    Et n'hésitez pas à laisser en commentaire le lien vers votre propre tiercé du samedi!

  • [Film] Le choc des titans

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    Titre original : Clash of the Titans

     

    Réalisé par : Louis Leterrier

     

    Date de sortie : 07 avril 2010

     

    Genre : Action

     

    Pays d’origine : USA

     

    Durée : 1h46

     

    Casting : Sam Worthington, Liam Neeson, Ralph Fiennes, Gemma Arterton, Mads Mikkelsen…

     

    Résumé : La dernière bataille pour le pouvoir met en scène des hommes contre des rois et des rois contre des dieux. Mais la guerre entre les dieux eux-mêmes peut détruire le monde. Né d'un dieu mais élevé comme un homme, Persée ne peut sauver sa famille des griffes de Hadès, dieu vengeur du monde des Enfers. N'ayant plus rien à perdre, Persée se porte volontaire pour conduire une mission dangereuse et porter un coup fatal à Hadès avant que celui-ci ne s'empare du pouvoir de Zeus et fasse régner l'enfer sur terre. A la tête d'une troupe de guerriers courageux, Persée entreprend un périlleux voyage dans les profondeurs des mondes interdits. Luttant contre des démons impies et des bêtes redoutables, il ne survivra que s'il accepte son pouvoir en tant que dieu, qu'il défie son destin et crée sa propre destinée.

     

    Mon avis : Le titre et le début du film induisent un peu en erreur. Avec toute l’explication sur comment les trois fils de Kronos se sont débarrassé de leur père et des autres titans, on s’attend à une libération des prisonniers et à une guerre entre les différents titans qui impacterait les humains. Mais à part ces explications du début, il n’est quasiment plus question des titans.
    En fait il semblerait que le titre se réfère plus à la définition moderne de titan qu’à la définition de la mythologie grecque et que du coup titan désigne le Kraken et Méduse (et comme ces deux personnages ne s’affrontent pas, on se demande où est le choc…).

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    Mais admettons…
    Malgré ce petit cafouillage sur le titre, j’ai bien aimé ce film. J’ai trouvé qu’il y avait un parfait équilibre entre l’action, la romance et l’humour. Les monstres, tous autant qu’ils sont, sont bien fait, même l’abominable Kraken qu’on pourrait considérer comme un peu « too much » mais bon, vu qu’il a permis de combattre les titans (les vrais), on ne peut pas voir débarquer un cocker non plus.
    J’ai beaucoup aimé Ralph Fiennes dans le rôle de Hadès. Il n’y a pas à dire, cet homme est fait pour jouer des méchants (que ce soit Hadès, Voldemort, ou même le duc dans The duchess, qui, sans être un méchant, n’est pas franchement sympathique non plus).

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    J’ai un peu grincé des dents devant la couleur noire de Pégase (et puis de le voir arriver si tôt dans le film puisque mythologiquement, c’est la mort de Méduse qui est à l’origine de sa création) mais bon, ne chipotons pas.

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    Alors c’est certain que ce n’est pas un film d’auteur, et qu’il n’aura pas un prix littéraire pour son scénario, mais il atteint son objectif qui est de divertir et d’en mettre plein la vue (et puis honnêtement, vous vous verriez échanger des propos philosophique alors que vous êtes en train d’essayer d’échapper à des scorpions géants ? Non ? Ben eux non plus !).
    C’est un film avec lequel il ne faut pas se prendre la tête et profiter du spectacle ! Je regrette que la 3D me déclenche des migraines parce que ce film doit vraiment être génial dans ce format !


  • [Livre] Ils ont volé mon innocence

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    Résumé : Un bâtiment gris, sombre. Effrayant. Dans les souvenirs de Madeleine, c’est ainsi qu’apparaît l’orphelinat où elle a été placée dès sa plus tendre enfance. A l’âge de cinq ans, le cauchemar est quotidien pour la petite fille sans défense.

    Le directeur de l’établissement abuse d’elle comme si elle était son jouet. « Ne dis rien, personne ne croira une sale gamine comme toi », dit-il à Madeleine qui, terrorisée, se tait.

    Pire encore : dans cet orphelinat de l’horreur, les enfants sont vendus à des hommes qui leur font subir les pires sévices.

    En toute impunité, sans que personne ne s’en émeuve, parce que ces enfants sans parents sont considérés comme des moins que rien…

     

    Auteur : Madeleine Vibert avec Toni Maguire

     

    Edition : France loisirs

     

    Genre : témoignage

     

    Date de parution :

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Ce livre fait fulminer à plus d’un titre.
    D’abord on ne peut qu’être écœuré et révolté devant l’attitude de la direction et du personnel de l’orphelinat les Haut-de-la-Garenne qui ont trahi non seulement la confiance des enfants qui leur étaient confiés, mais également celle des tribunaux qui plaçaient chez eux des enfants, souvent retirés de leur famille pour leur protection.
    Madeleine Vibert et Toni Maguire ne s’étendent pas plus que de raison sur les sévices infligés aux pensionnaires des Haut-de-la-Garenne, évitant ainsi répétitions et escalade dans l’horreur, mais s’attachent surtout à décrire l’impact de ces actes sur l’esprit des victimes.
    Contrairement à beaucoup des personnes qui livrent ce genre de témoignage, Madeleine était pourvue d’une famille aimante mais pauvre. Leur misère, la dépression de sa mère, son alcoolisme aussi, ont poussé les autorités à placer Madeleine dès son plus jeune âge : d’abord dans une crèche, où elle a été traité comme tout enfant devrait l’être, puis dans cet enfer qu’était cet orphelinat de l’horreur. On peut se demander comment un tel établissement a pu rester ouvert si longtemps, sans que personne ne s’interroge, sur une si petite île.
    La mère de Madeleine, tout comme son beau-père, étaient pieds et poings lié, risquant de perdre la garde de leur fils s’ils faisaient trop de vagues.
    Sa mère a alterné entre la fureur et une sorte de déni, se carapaçant contre les déclarations de sa fille, puisqu’elle savait qu’elle ne pouvait rien faire pour elle. Cette impuissance n’a pas du arranger sa dépression.
    Mais il y a un second point qui est presque aussi révoltant si ce n’est plus : la tenacité des autorités, 40 ans plus tard, d’étouffer l’affaire. Malgré les quelques 200 témoignages d’anciens résidents des Haut-de-la-Garenne, police et politiques, se sont évertués à les discréditer, à répéter à qui voulait bien l’entendre que ces témoignages étaient au mieux de faux-souvenir, de l’hystérie collective, au pire, montés de toute pièce.
    Quand des policiers prêtaient un peu trop attention à l’affaire, ils étaient suspendus ; quand Madeleine se montra trop insistante, on saisit le premier prétexte pour l’envoyer en prison ; quand, malgré les magouilles et les pressions, ils ne purent éviter de mettre certaines personnes en accusation, les peines infligées furent ridicule (6 mois pour une surveillante qui se plaisaient à torturer physiquement et psychologiquement les enfants dont elle avait la charge).
    Je me demande pourquoi Madeleine ne s’est pas réfugiée en France, qui est toute proche de l’île de Jersey, pour se mettre hors de portée des persécutions.
    Dès le début du livre, j’ai été choquée par l’attitude des policiers qui disaient clairement : si vos parents avaient été de meilleurs parents, vous n’auriez pas été placé et donc tout est de leur faute.
    Comme s’il y avait un rapport ! Le fait qu’un enfant soit retiré à ses parents justifie-t-il qu’il soit maltraité et abusé au foyer supposé lui apporter la stabilité et la sécurité qu’il n’avait pas auprès des siens ?
    Pour autant, l’affaire a fait trop de bruit pour qu’elle puisse être complètement étouffée. Si la majorité des acteurs n’ont pas été poursuivis, bon nombre de victimes ont été finalement indemnisées et, grâce à la presse, le visage des tortionnaires est connu de tous.
    Ils auront du mal à reprendre leur petite vie tranquille, j’espère vraiment que leurs voisins, présents et à venir, sauront leur rappeler leur passé !

    Un extrait : Je croyais qu’ils voulaient en apprendre un peu plus au sujet de Colin Tilbrook et de ces riches hommes d’affaires qui étaient venus à l’orphelinat. Pendant que j’attendais la première question, le silence me parut assourdissant. J’entendais battre mon cœur et je sentais la sueur sur mes mains.
    Soudain, la pièce me parut insupportablement chaude. Je regrettais de ne pas avoir réclamé de l’eau. J’aurais voulu appuyer un verre glacé contre mes joues qui me donnaient l’impression d’être en feu.
    La première question vint, non de la femme comme je m’y étais attendue, mais de l’homme aux traits anguleux et aux yeux de la couleur des galets mouillés.
    - Parlez-nous des Jordan, Madeleine, commença-t-il.
    Les Jordan étaient arrivés à l’orphelinat pendant le règne de Tilbrook. Leur nom évoquait les cris et les coups, les os brisés, à peine plus épais que ceux des oiseaux, les sanglots désespérés de ceux qui savent que personne ne les aime, les enfants meurtris à tout jamais.
    Ce qui ne m’empêcha pas de continuer à ne pas comprendre, du moins à ce moment-là, pourquoi ils me posaient des questions sur les Jordan. Ils étaient apparus dans ma vie bien plus tard que les gens qui auraient dû intéresser la police, pour autant que je le sache ; et, malgré leur perversité, les Jordan n’avaient certainement pas le rôle principal parmi tous ceux qui avaient infligé tant de peine et de souffrance.
    - Nous voulons vérifier s’il y a suffisamment d’arguments pour les convoquer, dit la femme.
    Elle avait peut-être décelé la perplexité sur mon visage.
    - Pourquoi seulement eux ? insistai-je parce que je ne parvenais pas à la croire.
    Je ne pus attendre la réponse, et mes remarques fusèrent. Je sentais la colère monter en moi à la vitesse d’un feu de paille. Ce n’était pas à leur sujet que j’aurais dû être convoquée. Si on nous avait écoutés, si quelqu’un avait fait ce qu’il fallait, je n’aurais jamais rencontré les Jordan. Avant de pouvoir m’en empêcher, je dis tout cela.

    - Vous voulez dire que, si votre mère n’avait pas été déclarée inapte, vous n’auriez pas été placée pour votre propre sécurité ?
    Cette fois, c’était la femme qui parlait. Je lui adressais un regard furieux. N’allait-elle pas devenir mère (si elle ne l’était pas déjà) ? Elle pouvait certainement comprendre ce que j’avais, ce que nous avions traversé. Mais je ne décelai aucune compassion ou empathie sur son visage, uniquement la détermination d’obtenir des réponses aux questions telles qu’elles m’étaient posées.
    C’est à cet instant que je compris que ni la femme ni l’homme, dans son costume bleu foncé et sa chemise blanche étincelante, ne seraient satisfaits tant qu’ils n’auraient pas brisé la carapace que, au fil des années, j’avais réussi à ériger autour de moi, et qu’ils n’auraient pas extirpé le moindre de mes secrets. Ensuite, ils décideraient ce qu’ils allaient en faire. Eux, pas moi.
    La voix de l’homme interrompit mes pensées. Le sourire qui montrait à peine ses dents avait disparu, et ses yeux durs arboraient une expression vide et impassible.
    - Vos parents étaient des criminels, n’est ce pas ? Ils ont fait de la prison. C’est pour cela que vous avez passé la majeure partie de votre enfance dans des foyers. Alors, n’essayez pas de rejeter la faute sur nous, Madeleine.
    - Non, rétorquai-je avec emphase. Ma mère n’était pas une criminelle.
    - Alors, quel était son problème ?
    - Elle était triste, répondis-je.

  • [Livre] Pour vous servir

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    Résumé : C'est auprès d'un couple d'Écossais amateurs d'art, snobs en diable, dans une immense demeure du Luberon, que Françoise et son mari débutent « dans le milieu ». Le milieu : les très-riches ; le métier : gouvernante. Au gré des années, c'est autant de maisons et de personnalités qu'elle rencontre. Et c'est avec autant de malice que de discernement que Françoise va nous raconter comment elle a servi tout ce que l'Hexagone compte de riches et de puissants : aristocrates raffinés, rentière hystérique, prince arabe polygame, héritière intégriste, industriel survolté, sénateur épicurien... Ce faisant, elle nous livre les mésaventures réjouissantes et les psychodrames variés qui rythment le quotidien des grandes maisons, au salon et à l'office. Un roman sur les maîtres du monde et ceux qui les servent, aussi savoureux qu'instructif.

     

    Auteur : Véronique Mougin

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Roman contemporain

     

    Date de parution : 4 mai 2016

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Fiction ou témoignage indirect ? Difficile à dire. L’auteur n’est pas gouvernante mais journaliste et son livre est classé en roman contemporain et non en témoignage. Pour autant, difficile de croire qu’elle ait tout imaginé. Non pas que je doute de ses capacités à imaginer une histoire, mais, déformation professionnelle oblige, une journaliste aura tendance à vouloir faire passer un message dans ses livres.
    J’imagine les expériences et confidences de plusieurs gouvernantes réunies en une seule : Françoise.
    (Si l’auteur passe dans le coin et souhaite lever le mystère, qu’elle n’hésite pas !)
    Les manies des employeurs, si ridicules, font autant rire que leur comportement et leurs exigences font enrager (petite mention spéciale à ceux qui « virent » Françoise en fermant à clef la maison pendant qu’elle était allée faire les courses. A son retour, elle trouve donc la maison fermée et ses valises sur le palier… sa faute ? Avoir suscité l’affection des enfants, ce que tout l’argent du couple n’a pas réussi à faire).
    Les employeurs sont indescriptibles, plus méprisants (et méprisables) les uns que les autres. Finalement c’est le dernier, le vieux Mr Paquette, qui se révèle le plus adorable sous des dehors de vieux bouc.
    A la veille de prendre sa retraite, Françoise dresse un portrait sans concession de ses employeurs passés. Parfois on se demande si Véronique Mougin a forcé le trait, ou si elle a réuni chez un seul employeur les travers de plusieurs personnes, mais que chaque portrait soit celui de personnes précises ne me choquerait pas. De tout temps, l’argent et le pouvoir sur les autres ont tendance à rendre odieux. Certains le sont ouvertement, comme la vieille femme issue de la vieille aristocratie française, d’autre le sont sous couvert de bonté, plus souvent humiliante que réelle, d’autres enfin, semblent ne même pas se rendre compte de leur attitude (comme celle qui se plait à faire pousser des légumes mais refuse de manger quoi que ce soit qui ne viennent pas d’un traiteur luxueux et fait jeter sa récolte plutôt que de laisser ses employés profiter des légumes frais).
    La plume de Véronique Mougin est très agréable. Les « leçons » qui ponctue le livre sont à la fois drôles (par la manière dont elles sont rédigées) et affligeantes (pour leur contenu qui montre bien que les « très-riches » ne sont vraiment pas de la même planète).
    Quant à Françoise, si elle effectue ses tâches avec diligence, elle n’a pas l’intention de se laisser marcher sur les pieds et ne laisse pas ses patrons (trop) outrepasser leurs droits, même si, comme pour les forfaits téléphones, elle s’engage pour au moins un an.
    On a ici un roman qui est difficile à classer : ce n’est pas une comédie, même s’il y a des passages très drôles, ce n’est pas un document, pas un témoignage, pas de la chick lit… Je l’ai mis en roman contemporain, catégorie un peu bancale dans laquelle on a tendance à mettre tous ceux qu’on ne sait pas où coller. A moins de faire une catégorie : roman léger et sympa mais ayant un fond de critique de la société plus sérieux.

    Un extrait : - Françoise ? Françoise ? Françoiiiiiiiiiiiiiiiiiise !
    - Oui Madame ?

    - Mais où étiez-vous, enfin ?

    - Au sous-sol, madame.

    - C’est bien le moment ! Qu’arrive-t-il aux oranges pressées ?

    - Rien de spécial Madame…
    - Taisez-vous, il y a un goût. Il y a un goût, n’est-ce pas Douglas ?
    Douglas opina. Il y avait un goût.
    - Qu’avez-vous fait à ce jus, Françoise ?

    - J’ai fait exactement comme Madame m’a appr…
    - C’est impossible. Sentez. Vous sentez ? Goûtez ! Non, finalement ne goûtez pas.

    L’hérédité c’est important. Riche ou pauvre, personne n’échappe aux obsessions de ses ancêtres. Mes parents, par exemple, m’ont transmis la passion du classement. Il faut que je range, c’est ainsi, chaque chose à sa place. L’avènement du tri sélectif a mis toute ma corporation en transe, sauf moi.
    Rien ne le relaxe davantage que de séparer le carton du plastique, les torchons des serviettes, les cuillères des fourchettes. Il paraît qu’aujourd’hui les gens payent pour se détendre. Les stressés se précipitent au cours de yoga, au stage de méditation, au séminaire de sophrologie, au bout d’une heure leurs nerfs tournés se remettent d’équerre.
    J’ai de la chance, une bonne vaisselle me fait le même effet. Une fois que le fatras graisseux s’est transformé en piles propres et nettes, assiettes d’un côté, casseroles de l’autre, le monde tourne de nouveau sur son axe. Mon fils a sans doute hérité du gène : il groupait jadis ses Lego par couleur et maintenant ses chaussettes. Si tout va bien, ma petite-fille devrait rapidement exposer ses hochets par ordre croissant. Mes patrons, eux, ont tous la perfection dans le sang. Ce n’est pas de leur faute, c’est de famille. Je l’ai compris dès mes premiers, les Ecossais.
    Douglas et Elisabeth Mac Linley ne toléraient pas la médiocrité. Cela valait pour les oranges et pour le reste. Quand il s’agissait de « tirer les rideaux », il fallait entendre « au centimètre près », « chauffer l’eau de la piscine », c’était à 29° pile ; pas à 28 ni à 30. « Servir le café » ? Attention, le diable logeait dans cette consigne-là. Une fois passé, l’arabica grand cru d’Ethiopie devait être déposé sur la table quelques dizaine de secondes avant que les invités pénètrent dans le grand salon. Ni plus tôt, ni plus tard, pour qu’il soit encore chaud et qu’il ait eu le temps d’embaumer la pièce. Ainsi faisait-on chez les Mac Linley depuis longtemps, depuis toujours, peut-être même depuis que le café existait.
    Grâce à son vénérable ancêtre Donald qui s’était enrichi dans le charbon, Monsieur avait hérité d’une fortune vieille de trois siècles. Madame, elle, était la petite-fille d’un richissime marchand d’art londonien, descendant d’un orpailleur. Peu importe ce que leurs aïeux foraient, l’effet était le même : Douglas et Elizabeth n’avaient connu toute leur vie que valets tirés à quatre épingles, tapis de haute-laine et caviar béluga. Comme ces enfants de drogués qui naissent accros à la cocaïne, mes employeurs étaient des toxicomanes du sublime. La moindre rupture d’approvisionnement provoquait une terrible crise de manque.

    - D’où viennent ces oranges ? Dites-moi la vérité, Françoise.
    - Ce sont les mêmes qu’hier, Madame.
    - Arrêtez vos sornettes, il y a un goût d’ail dans ce jus, vous pouvez m’en croire.
    - J’ai bien émincé de l’ail, mais c’était mardi dernier, et j’ai lavé la planche deux fois depuis…
    - C’est donc cela !
    Le soulagement se lisait sur le visage d’Elisabeth Mac Linley.
    - Vous réserverez désormais une planche à découper aux oranges. Et ne me refaites jamais une telle plaisanterie, je vous prie.

  • [Livre] Rendez-moi ma fille

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    Résumé : En vacances à Londres, Candice, 18 ans, Française d'origine juive, tombe amoureuse de Saddam, un prince saoudien appartenant à la famille royale. Une passion naît entre ces deux êtres que tout - la culture comme la religion - devrait séparer. Leur fille Haya voit le jour en 2001.

    Hélas pour Candice, son prince charmant révèle vite un autre visage. Aveuglée par les sentiments qu'elle lui porte, elle subit son emprise, puis sa violence, jusqu'au jour où elle est brutalement séparée de sa fille et séquestrée au palais.

    Depuis septembre 2008, Haya est retenue prisonnière en Arabie Saoudite dans la famille de son père. Tandis que Candice, échappant à une condamnation à mort, a été exfiltrée par le Quai d'Orsay. Depuis sa libération, elle se bat sans relâche pour que Haya lui soit rendue...

     

    Auteur : Candice Cohen-Ahnine

     

    Edition : Archipoche

     

    Genre : Témoignage

     

    Date de parution : 2014

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Pas de happy end à la fin de ce témoignage, on le sait dès la préface, écrite par Jean-Claude Elfassi, co-auteur et ami de Candice Cohen-Ahnine. En effet, cette dernière, après un combat de 4 ans et alors que des retrouvailles avec sa fille avaient été organisées, a trouvé la mort en tombant du 4ème étage, depuis la fenêtre de l’appartement qu’elle partageait avec son nouveau mari. Si celui-ci plaide l’accident, la presse et l’opinion publique pointent sa responsabilité.
    Pour ma part, je m’interroge sur cette « drôle » de coïncidence qui fait disparaitre cette jeune femme alors qu’elle était si près du but, ce qui aurait très certainement été une humiliation pour son ex compagnon, cet homme qui se croit au-dessus des lois, y compris de celles de son pays et de sa religion.
    Car en effet, Candice a obtenu non seulement la garde de sa fille devant les juridictions françaises, mais dans son livre, elle nous révèle que le tribunal islamique a confirmé cette décision, ne reconnaissant pas à Haya le statut d’enfant légitime puisque ses parents n’étaient pas mariés.
    Que pouvait-on attendre d’un homme qui se prétend musulman et qui passe ses journées et ses nuits à boire, à se droguer et à coucher avec tout ce qui bouge ?
    On voit très vite à quel point cet homme est un hypocrite, lui a prétendu être juif pour séduire Candice, lui qui l’a manipulée sans cesse et qui ne lui a enlevé Haya que parce que Candice avait eu l’audace de finir par le quitter.
    Candice a profondément aimé cet homme, elle l’avoue sans s’en cacher, et c’est peut-être pour ça qu’elle a accepté ce séjour en Arabie Saoudite, incapable de concevoir qu’il puisse commettre un tel acte.
    Certains fustigent sa naïveté, et naïve, elle l’a été, c’est certain, et à plusieurs reprises, mais tous les commentaires désobligeants qu’on a pu lui faire n’auront jamais la force de la culpabilité qu’elle a ressenti. Savoir que si elle avait écouté son entourage, rien ne serait arrivé est bien pire que tout ce qu’on peut lui dire. Savoir sa fille prisonnière d’un pays aux mœurs dignes du Moyen Age est la pire des punitions.
    Non content de lui enlever son enfant, Saddam et sa famille de dégénérés ont d’abord essayé de la retenir prisonnière, puis, outrés qu’elle ait osé se battre, qu’elle ait refusé l’esclavage qu’on essayait de lui imposer, ont tout simplement essayé de se débarrasser d’elle en l’accusant d’apostasie (ce qui est passable de la peine de mort en Arabie Saoudite).
    Candice n’a eu d’autre choix que de fuir sans sa fille.
    Ce qui m’a le plus outré c’est l’attitude des français, de certains français. Oui encore plus que celle des Saoudiens, ce n’est pas peu dire : entre madame le consul de France qui est corrompue jusqu’à la moelle (et qui, à mon sens, aurait dû être démise de ses fonctions et accusée de haute trahison, mais bon…), l’avocate qui de toute évidence n’a pas envie de causer trop d’ennuis à la famille princière et l’Etat qui ne fait rien alors que Haya aurait pu être récupérée au Liban… Mais qu’est-ce que la vie d’une jeune femme et l’avenir d’une petite fille face aux accords juteux que notre pays ne cesse de signer avec un pays qui bafoue sans cesse les droits dont nous sommes censés être les pères fondateurs ?
    Malgré le décès de Candice, en 2012, sa famille continue de se battre pour le retour de Haya.

    Un extrait : Avant de vous raconter mon histoire, et celle de ma fille Haya, qui a aujourd’hui dix ans, je dois vous dire ceci : j’ai aimé follement, passionnément, l’homme dont je vais vous parler dans ce livre. Des années durant, cet amour m’a nourrie. J’ai vécu pour, et par lui. C’était un voyageur : pour être libre de le rejoindre, partout dans le monde, j’ai interrompu mes études. Afin de me rendre toujours disponible pour lui, j’ai accepté de ne pas travailler, et de dépendre de lui financièrement. Oui, j’ai aimé cet homme. Je l’ai choyé, j’ai voulu être pour lui une amante, une amie, une sœur. Pour le garder, par peur de le perdre, j’ai accepté des choses que je ne me serais jamais cru capable d’accepter. Cet homme aussi m’a profondément aimée, aujourd’hui encore j’en suis persuadée. Il m’a donné le plus beau des cadeaux : ma fille.
    Puis il me l’a reprise.
    J’étais très jeune lorsque je l’ai rencontré, je n’avais pas encore vingt ans. Plus une adolescente, pas tout à fait une adulte. Est-ce une excuse pour avoir été aussi crédule ? J’aimerais croire que oui, ainsi culpabiliserais-je moins. Ainsi comprendriez-vous mieux les lourdes erreurs que j’ai pu commettre. Au fil de ces pages, à un moment ou à un autre, vous allez me trouver bien naïve. Peut-être même stupide. Vous vous direz que j’avais perdu tout jugement. Certains me reprocheront de m’être laissée humilier, d’autres de n’avoir pas mieux protégé ma fille, d’autres enfin se diront même, peut-être, que j’ai mérité ce qui m’est arrivé. Tous ces reproches, je me les suis déjà maintes et maintes fois adressés. La culpabilité m’a longtemps habitée, mais l’énergie dont je dois faire preuve quotidiennement pour me battre est trop précieuse pour que je la gaspille. Aujourd’hui, mon seul but est de retrouver enfin mon enfant : elle m’a été enlevée il y a déjà trois ans.

     

  • C'est lundi que lisez-vous? #106

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog de Galleane.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    Je n'ai rien tiré au sort pour l'instant, car entre la reprise du boulot et mon craquage sur les livres de Betty et Mahtob Mahmoody, je n'ai pratiquement rien lu de mes prévisions de la semaine dernière!

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    Et vous? Que lisez-vous?

  • [Livre] Diva attitude

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    Résumé : Si votre spécialité est de faire voler les assiettes, d’apparaître en robe provocante à des soirées déjantées au bras d’hommes que vous jetez ensuite en poussant les hurlements… Si vous êtes accro des fringues les plus dingues, les plus chères et les plus hype… que vous ne mettrez qu’une fois, ça va sans dire…

    Ne cherchez pas ! La Diva, c’est vous !

     

    Auteur : Erica Orloff

     

    Edition : Harlequin

     

    Genre : chick lit

     

    Date de parution : 2005

     

    Prix moyen : 3€

     

    Mon avis : Diva attitude est un petit livre sans prétention parfait pour se remettre d’une lecture difficile ou un peu trop intense.
    Elektra Kasmirova nous enseigne à être une diva. Mais attention, elle dit bien diva et pas pouffe (désolée pour le terme). Une diva aime être le centre de l’attention mais n’écrase pas les autres pour y parvenir ; une diva rit avec les gens, pas des gens, une diva ne médit pas et surtout elle ne juge pas les autres.
    Alors certes, une diva est extravagante, elle peut repeindre son salon trois fois dans le mois, elle pique des colères monstrueuses car elle ne fait pas dans la demi-mesure : quand elle a mal, elle souffre le martyre, quand elle est heureuse, la terre entière le sait… mais une diva n’est jamais méchante, jamais injuste, jamais égoïste (un poil égocentrique parfois).
    Bref, à la lecture de ce livre, on se rend vite compte que pour l’auteur, bon nombre de « demoiselles » estampillées Diva par les médias relèverait plutôt de la seconde catégorie que j’ai cité et que je n’écrirais pas une seconde fois parce qu’après ma mère demande où j’ai appris un tel langage.
    J’ai lu ce livre après un témoignage qui était non seulement poignant mais qui en plus se finissait mal, et il m’a fait un bien fou !
    Il est vrai qu’il ne restera pas dans les mémoires mais c’est ce qu’on appelle un livre de plage : agréable, drôle, avec une pointe de romance, léger… parfait pour s’occuper l’esprit en légumant au soleil (ou à l’ombre, on n’est pas sectaire !)

    Un extrait : Je rentre chez moi, ravie d'y trouver un peu de silence et de solitude. Une diva supporte assez mal la cohabitation. Je sors un soda du frigo et vais sur la terrasse écouter le ressac. L'écho des vagues qui se fracassent sur le rivage est toujours une musique apaisante, qui éveille en moi une humeur contemplative.

    Lentement, mes pensées dérivent vers David. Je ne sais pas pourquoi, le voisin de Scott me fait perdre un peu de ma diva attitude. Rassurez-vous, je ne nourris pas à son propos d'idées folles, style mariage, enfants et autres insanités. Je n'ai pas l'intention de repasser ses chaussettes ni de faire cuire ses sushis. Pardon ? On ne repasse pas les chaussettes et on ne fait pas cuire les sushis ? Aucune idée. Je suis la reine du pressing et des plats à emporter.

    Disons que j'aimerais juste me rouler contre lui le soir en m'endormant, après l'amour. Enfin, certains soirs. Et si j'ai envie de dormir. En général, l'amour me donne plutôt envie de dévorer un T-bone avec triple dose de frites ou un plateau de fruits de mer.

    De toute façon, je ne cours pas grand risque : ce David est l'exact inverse de mon type d'homme. Calme, studieux, posé... le portrait craché d'un prof de fac. D'ailleurs, il enseigne la littérature comparée à l'université de Miami (pour Scott, la littérature, c'est Cosmopolitan). En réalité, c'est justement son petit côté premier de la classe qui me donne envie d'ébouriffer ses cheveux et de faire souffler un vent de liberté sur son existence bien rangée.

    Oui, à la réflexion, cet homme a besoin qu'on s'occupe de lui. Bien entendu, il ne s'en doute pas. Pas encore. Mais c'est sûr, il attend qu'une diva vienne réveiller la bête de virilité qui sommeille en lui.

  • Le tiercé du samedi #105

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    Rappel du principe: Chaque semaine, le samedi comme son nom l’indique, il conviendra de choisir les trois livres, le trio gagnant, correspondant au thème proposé.

    A la fin de chacun de ces Rendez-vous, j’indiquerai le thème de la semaine suivante.

    Ce Rendez-Vous Livresque a été inspiré de « The Saturday Awards Book » créé par l’Echos de mots, et qui n'existe plus aujourd'hui.

    Comme annoncé la semaine dernière, le thème d'aujourd'hui est:

    Les trois sagas que vous aimeriez voir adaptées en série TV

     

     

    Alors pour ma part, le trio gagnant est:

     

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    Phobos

     

     

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    Ça pourrait être une série originale (Si c'est bien fait!)

     

     

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    Charley Davidson

     

     

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    J'ai pas d'idées d'acteurs, mais s'ils arrivent à trouver un acteur qui ressemble ne serait-ce qu'un petit peu à la description que l'auteur fait de Reyes Farrow... Ben, est-il vraiment nécessaire d'en dire plus?

     

     

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    Rebecca Kean

     

     

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    Avec le caractère qu'elle a et tous les ennuis qu'elle s'attire, si c'est bien fait (oui c'est un gros SI), ça peut être génial



    Pour la semaine prochaine, le thème sera: Les trois livres avec une bonne histoire mais dont les personnages vous ont laissés de glace

    Et n'hésitez pas à laissez en commentaire le lien vers votre propre tiercé du samedi!

     

     

  • Book Haul d'avril

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    Ce mois-ci, c'est un tout petit book haul que je fais (bah oui, 11 livres dont 4 BD, par rapport aux book haul que je vois sur booktube, c'est de la gnognotte)

     

    En premier lieu, voici les livres reçus des éditions Sarbacane (Comprendre: c'est pas ma faute, je ne suis responsable en aucune façon ^^)

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    Je n'ai pas été très convaincu par la BD mais j'ai beaucoup aimé les deux livres

    Ensuite, j'ai eu envie de BD. J'ai donc acheté les tomes qui me manquait d'Elinor Jones et j'ai craqué sur deux autres BD, dont j'avais déjà lu d'autres tomes.

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    Enfin, j'ai du faire ma commande trimestrielle sur France Loisirs, et, comme il y avait des promos intéressante, j'ai craqué sur 4 livres

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    2 thrillers, bien sûr, France Loisirs étant mon pourvoyeur officiel de thriller. Un petit livre feel good avec rue du bonheur. Et enfin le 1er tome d'une saga sur une lignée de femmes, que j'ai repéré depuis très longtemps sans jamais réussir à les trouver, alors, quand j'ai vu que France Loisirs se lançait dans la publication de ces histoires, j'ai foncé dessus!

     

    Je trouve que j'ai été assez sage (rappelez vous: promo chez France Loisirs!) et je n'ai pas trop augmenté ma PAL (d'autant plus que ces deux dernières semaines, j'ai pas mal lu: vive les vacances!)

    A très bientôt pour le prochain Book Haul (et n'hésitez pas à me donner le votre, ou le lien vers le votre, en commentaire!)

  • [Livre] L'héritière

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    Résumé : Twylla est promise au prince héritier du royaume de Lormere. Mais la jeune élue possède un don maléfique. Elle a le pouvoir de tuer par son simple toucher : elle est l'arme parfaite ! La cruelle reine qui l'a adoptée la contraint à exécuter les traîtres. Nul ne peut approcher Twylla sans risquer sa vie. Jusqu'au jour où Lief, son nouveau garde, charmant et rebelle, fait vaciller la jeune fille dans sa foi et sa soumission ...

     

    Auteur : Melinda Salisbury

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 17 avril 2015

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Avec l’héritière, nous voilà dans un roman tirant vers le médiéval fantasy. Ainsi nous avons des monarchies, des légendes, des croyances, mais très peu de magie en dehors de la capacité de Twylla à tuer d’un simple contact.
    Sur le moment, on peut se dire que cette histoire de tuer au contact donne une impression déjà vu avec la saga insaisissable de Tahereh Mafi, mais ce n’est pas aussi simple. L’histoire de Twylla est bien plus complexe qu’il n’y parait au premier abord.
    On découvre l’univers petit à petit, ce qui peut parfois être frustrant. Comme par exemple dans le cas de la mangeuse de péchés. Ce nom est cité dès le début de l’histoire, mais ce n’est que bien plus tard qu’il nous est clairement expliqué. Parfois, certains détails ne le sont pas, laissant au lecteur le soin de faire une déduction logique en s’appuyant sur le contexte et les dialogues (comme la signification des yeux de taureau lors d’une dévoration).
    De la même façon, on apprend le contenu des croyances et les légendes qui s’y rattachent au fur et à mesure du récit, parfois bien loin du moment où on voit le nom des dieux ou héros de légende pour la première fois.
    Pour autant, cette façon de faire ne m’a pas gênée, bien au contraire. J’avais l’impression d’être en vacances dans un pays étrangers et d’en découvrir les coutumes au fur et à mesure de mon voyage.
    L’histoire se passe presque exclusivement dans une partie assez restreinte du château ainsi que dans les jardins. Les extérieurs sont très peu évoqués dans l’histoire : la forêt où a lieu les chasses un peu plus que le reste que l’on ne connait qu’au travers des souvenirs de la vie de Twylla avant qu’elle ne soit « élue ». On parle un peu des pays alentours par le biais des voyages de Merek mais on ne sait pas grand-chose d’eux.
    Quand l’histoire commence, on rencontre une Twylla soumise, très concentrée sur sa tâche et qui, bien qu’elle en déteste certains aspects, ne cherche absolument pas à s’y soustraire. Depuis sa naissance, la jeune fille est promise à une destinée et est donc conditionnée à ne pas remettre en question les choix des dieux.
    Dans l’histoire il va y avoir une sorte de triangle amoureux. Je dis une sorte car pour moi un triangle amoureux c’est quand deux personnes sont amoureux de la 3ème et que celle-ci éprouve des sentiments pour les deux de sorte qu’on ait vraiment du mal à savoir où va vraiment son cœur. Là c’est un peu différent, même si on a bien trois personnes.
    Concernant les personnages, j’ai pu constater que chaque personnage auquel l’auteur accorde de l’attention va avoir une importance dans l’histoire.
    On peut quand même retenir 4 personnages principaux : Twylla, bien sûr, dont j’ai déjà parlé ; Lief, son nouveau garde qui parait insousciant mais cache peut être des secrets, Merek, le prince à qui est promise Twylla et à qui j’ai eu un peu de mal à faire confiance et enfin la reine qui est tout simplement diabolique (cruelle, mot utilisé dans le quatrième de couverture pour la décrire n’est clairement pas assez fort !)
    La fin est ouverte, ce qui est normal puisqu’il y a 2 autres tomes en anglais (je ne sais pas si une traduction française est prévue) mais j’ai trouvé que cette fin pouvait se suffire à elle-même avec un brin d’imagination.
    J’ai vraiment passé un bon moment avec ce roman !

    Un extrait : Mes gardes marchent prudemment à mes côtés, le corps tendu, en maintenant une bonne distance entre eux et moi. Si je levais le bras vers l’un d’eux, ils s’écarteraient, horrifiés. Si je trébuchais ou m’évanouissais et que leur instinct les trahissait, les poussant à accourir pour me rattraper, ils signeraient leur arrêt de mort. On leur trancherait la gorge sur-le-champ, par compassion. Être égorgé est une chance comparé à l’agonie causée par ma peau empoisonnée.

    Tyrek n’a pas eu cette chance.

    Dans la chambre de Révélation, mes gardes se placent contre la porte et l’apothicaire de la reine, Rulf, m’indique d’un bref signe de tête le tabouret sur lequel je dois m’asseoir, puis il me tourne le dos et passe en revue son équipement. Les murs sont tapissés d’étagères où s’alignent des bocaux emplis de substances troubles, de poudres étranges et de feuilles inconnues, entassés sans ordre apparent. Rien n’est étiqueté, du moins je ne distingue pas grand-chose à la faible lumière des bougies, car il n’y a point de fenêtres à cet étage souterrain. Au début, il me paraissait incongru qu’un rituel comme la Révélation s’accomplisse ici dans le secret, en ce lieu perdu dans le labyrinthe des passages qui sillonnent les sous-sols du château. Mais maintenant, je comprends. Si j’échouais… Il vaut mieux éviter que cela n’arrive sous le regard de la cour et de tout le royaume. Il vaut mieux que cela se passe dans le secret d’une petite pièce, à mi-chemin entre l’enfer des cachots et le quasi-paradis du Grand Salon.

    Tandis que, assise sur le tabouret, j’arrange mes jupes autour de moi, l’un de mes gardes, le plus jeune, racle le sol de ses pieds. Ce son est trop bruyant pour la pièce exiguë. Rulf se retourne et le gratifie d’un coup d’œil sévère. Puis il croise mon regard. Son expression est neutre, son visage impassible comme un masque, et je pense que, même s’il n’était pas muet, il n’aurait rien à me dire maintenant.