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Selene raconte... - Page 5

  • Bonne année 2019

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  • C'est lundi que lisez-vous? #189

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog I believe in Pixie Dust.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    Comme je sais qu'aujourd'hui et demain je n'aurais pas le temps de lire, je n'ai pas encore commencé de nouvelles lectures

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    chevaux de foudre.jpg coup de foudre sous la neige.jpg Devine qui vient pour noel.jpg

    flocons d'amour.jpg Je sais qui tu es.jpg La danse hésitante des flocons de neige.jpg

    La disparue de la cabine n°10.jpg La douce caresse d'un vent d'hiver.jpg Le magicien d'oz.jpg

    Les orphelins du grand nord.jpg L'exquise clarté d'un rayon de lune.jpg marquée à vie.jpg

    Quand la neige danse.jpg Shade of magic.jpg snowblind.jpg

    Tout ce que je veux pour noel.jpg Un palais de colère et de brume.jpg y aura-t-il trop de neige à noel.jpg

     

    Et vous, que lisez-vous?

  • Premières lignes #31

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.
    Pour ma part, j’ai décidé de vous faire découvrir mes coups de cœurs !

     

    Cette semaine, je vous présente Joyland de Stephen King dont vous pouvez lire ma chronique ICI.

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    J’avais une voiture, mais au cours de cet automne 1973, je suis allé à Joyland à pied presque tous les jours depuis le petit gîte de bord de mer de Mrs. Shoplaw où je logeais à Heaven’s Bay. Ça me semblait la meilleure chose à faire. La seule, à vrai dire. Début septembre, la plage de Heaven’s Bay est quasiment déserte. Et ça m’allait. Car cet automne-là fut le plus beau de ma vie, même quarante ans plus tard je peux le dire. Et je n’ai jamais été aussi malheureux de ma vie, ça aussi je peux le dire. Les gens trouvent que les premières amours sont tendres. Et jamais plus tendres que lorsque ce premier lien se brise… Il y a bien un millier de chansons pop et country à l’appui : des histoires d’imbéciles qui ont eu le cœur brisé. Le fait est que ce premier cœur brisé est toujours le plus douloureux, le plus long à guérir, et celui qui laisse la cicatrice la plus visible. Tendre, vous croyez ?
    *
    De septembre jusqu’à début octobre, les ciels de la Caroline du Nord sont dégagés et l’air est doux même à sept heures du matin, l’heure où je quittais mon appartement du premier étage par l’escalier extérieur. Si je partais vêtu d’un blouson léger, il finissait généralement autour de ma taille avant que j’aie parcouru les cinq kilomètres séparant la ville du parc d’attractions.
    Mon rituel commençait par un arrêt chez Betty, à la boulangerie, pour acheter deux croissants tout chauds. Mon ombre, longue d’au moins six mètres, marchait avec moi sur le sable. Des mouettes pleines d’espoir tournoyaient au-dessus de ma tête, attirées par l’odeur des croissants dans leur papier paraffiné. Et quand je rentrais aux alentours de cinq heures (même si des fois il m’arrivait de rester plus tard – rien ni personne ne m’attendait à Heaven’s Bay, petite station balnéaire qui se rendormait à la fin de l’été), mon ombre marchait sur l’eau. Si c’était marée haute, elle ondulait à la surface, semblant danser une hula lancinante.
    Je ne saurais l’affirmer, mais je pense que le petit garçon, la femme et le chien étaient là dès mon premier trajet à pied par la plage.

     

    Alors, tentés?

  • [Livre] Sisters

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    Résumé : Irène avait trois ans quand ses parents l’ont abandonnée. Sa sœur, Eléonore, en revanche, ils l’ont gardée. Mais leur mère vient de mourir, et Eléonore l’a retrouvée.
    En acceptant d’assister aux funérailles, Irène espère comprendre enfin ce qu’il s’est passé trente ans plus tôt. Elle croyait que ses parents ne voulaient plus d’elle. Et si la vérité était plus terrible encore ? 


    Auteur : Michelle Adams

     

    Edition : Bragelone

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 14 Juin 2017

     

    Prix moyen : 19,50€

     

    Mon avis : Dès le début, dès les premières lignes, on sait sans l’ombre d’un doute qu’El est une malade mentale, au sens médical. Au vu de son attitude, je pense que c’est une sociopathe.
    La relation entre Irène et El est clairement toxique mais quand on voit les relations d’Irène avec les autres membres de sa famille, que ce soit son père ou sa tante, ainsi que ses relations avec son petit ami, on se rend compte que la jeune femme n’a de bonnes relations avec personne et que tous ses problèmes relationnels ramènent toujours à El.
    Manipulatrice, sadique, violente, instable, El terrorise tout le monde et j’ai eu beaucoup de mal avec les justifications que tout le monde trouve pour ne pas avoir dénoncé cette malade à la police.
    L’excuse « c’est la famille » ne peut pas fonctionner pour tout.
    J’ai trouvé que l’histoire met très longtemps à se mettre en place. J’ai trouvé que l’histoire tournait beaucoup en rond autour de l’attitude d’El sans que ça fasse vraiment avancer l’histoire et celle-ci ne décolle vraiment qu’à la moitié du roman.
    Là, les choses s’enchaînent assez vite et l’ampleur de la psychologie instable et perverse d’El se révèle dans toute sa splendeur.
    Le problème pour Irène c’est que tout le monde ment dans cette histoire, tout le monde a quelque chose à cacher et ça ne facilite pas la tâche d’Irène.
    J’ai eu beaucoup de mal avec Antonio, le compagnon d’Irène, qui est, à mes yeux, un vrai parasite. Pour ne citer qu’un exemple, le mec fait des cadeaux à Irène et à lui-même et ce, toujours avec l’argent d’Irène bien entendu.
    J’ai eu du mal aussi avec les deux flics, surtout la femme, qui sont dans le jugement constant sur les relations d’Irène avec sa famille alors qu’ils ne savent rien de la manière dont Irène a été traité par sa famille.
    En revanche, j’ai beaucoup aimé Matt qui, même s’il a, lui aussi, des failles et des secrets, est sûrement le personnage le plus équilibré et le plus sain dans le livre.
    Si j’ai une réserve, c’est sur la fin que je trouve à la fois précipitée et incomplète.
    Plein de questions restent en suspend et je n’ai pas trop appréciée. Sans aller jusqu’à la trouver bâclée, je trouve qu’elle aurait pu être bien meilleure.

     

    Un extrait : J’opte pour un aller simple, car j’ignore quand je serai en état de rentrer chez moi. Cette idée me fait perdre aussitôt le peu d’assurance que j’ai pu puiser. Antonio ne me propose pas de m’accompagner. Peut-être qu’un peu d’air lui fera du bien. Peut-être que ça nous fera du bien à tous les deux.

    - Viens te recoucher, maintenant, dit-il.

    Antonio m’emmène en me tenant par la main, comme une adolescente qui s’apprête à se faire sauter pour la première fois. On se glisse dans les draps. Il me prend dans ses bras et m’embrasse.

    Une sensation qui m’a manqué ces derniers temps, alors qu’il s’est montré de plus en plus froid et distant. Je m’abandonne à son étreinte, en essayant de retrouver mes sensations d’antan. Mais ce n’est pas le cas. Le toucher d’Antonio est anguleux, comme si nous étions deux pièces de puzzle qui ne vont pas ensemble. Sa présence auprès de moi n’a plus le pouvoir de balayer le passé, comme avant.
    Le réveil affiche maintenant 2 :46. Le temps s’écoule de plus en plus lentement. Chaque seconde m’enfonce un peu plus loin sous la surface. Je pourrai battre des pieds tant que je veux, ça n’y changera rien. Le compte à rebours a commencé, vers ce rendez-vous inéluctable, avec une femme silencieuse qui a été ma mère. Entourée par la nuit et les bras d’Antonio, je me demande quelle terrible bêtise je viens de faire.
    Je n’aurais pas dû dire à El que je venais. J’aurais dû ignorer la voix au fond de moi qui me disait que j’avais une dette envers elle. J’aurais dû m’enfuir en courant, comme je l’ai fait il y a des années quand, en pyjama, les larmes dégoulinant de mon visage et le bras en sang, j’ai compris que ma seule chance de survie était de m’éloigner d’elle. Cette journée nous a séparées pour de bon, en même temps qu’elle nous a liées l’une à l’autre définitivement. Ce jour-là, El m’a sauvé la vie. Elle m’a aussi terrifiée, plus que jamais.
    Ce n’est pas seulement la soif d’en savoir plus qui me ramène au bercail. J’ai besoin de revoir El, aussi. Je suis irrémédiablement liée à elle, en dépit du danger. Je n’y peux rien. J’ai cru pouvoir la repousser, toutes ces années durant, mais j’en suis incapable. Je croyais que je pouvais me passer d’elle. C’est faux. Et cette idée me terrifie, parce que, quand El ma annoncé la mort de notre mère, et que j’ai oublié de lui demander comment elle est morte, j’avais une bonne raison d’oublier. Je n’avais pas besoin de le lui demander. Je sais comment elle est morte. Je suis sûre que c’est El qui l’a tuée.

     

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  • [Livre] Rue du bonheur

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    Résumé : Johanna, aide-soignante et célibataire, est la mère de deux adolescentes. Son ex-mari, Calle, s'est installé à Stockholm avec sa nouvelle petite amie et rechigne à lui payer sa pension alimentaire. Johanna tente de joindre les deux bouts et d'élever au mieux ses filles. Un jour, elle gagne 20 millions de couronnes au loto. 


    Auteur : Anna Fredriksson

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Roman contemporain

     

    Date de parution : 2015

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Dans ce roman, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages. A part Fanny, la nouvelle compagne de Calle, et Sara, sa fille, les autres me sont apparus comme plutôt antipathiques.
    Johanna semble incapable d’essayer d’être heureuse. Malgré son gain qui la sort de sa situation difficile, elle continue à se comporter comme lorsqu’elle n’avait pas assez d’argent pour acheter à manger. Elle est terne, ne fait rien pour se faire des amies malgré les diverses tentatives de ses collègues de travail. Elle se pose en victime permanente, surtout dans son divorce avec Calle. Au début, je pensais que Calle l’avait quitté du jour au lendemain pour Fanny, plus jeune, plus pétillante, plus riche. Mais on se rend vite compte que sa relation avec la jeune femme est récente. Et j’ai été sidérée quand j’ai connu les circonstances de leur séparation.
    Calle ne vaut pas tellement mieux. Il ne vit que pour l’argent, l’ascension sociale. Si je peux comprendre qu’il prend là une revanche sur son enfance malheureuse, il y a des limites et Calle est insupportable d’arrogance. Il est dans la représentation permanente. Un vrai m’as-tu-vu. La seule chose qui compte pour lui est l’image qu’il montre aux autres.
    L’auteur présente les petites villes comme des lieux peu évolués où les mentalités volent au ras des paquerettes. Le harcèlement que subit Sara en est l’exemple majeur (d’ailleurs, la colère m’a pris quand j’ai vu les excuses invoquées. Sara aurait une part de responsabilité dans ce harcèlement parce qu’elle serait trop intelligente et qu’elle aurait du se mettre au niveau de ses camarades).
    Je trouve injuste et réducteur de laisser entendre qu’une telle chose n’aurait pas pu avoir lieu dans une grande ville, « tellement plus évoluées intellectuellement » et plus ouvertes d’esprit que les bourgades étriquées.
    Si le harcèlement scolaire n’avait pas lieu dans les grandes villes, ça se saurait.
    Finalement, Fanny est la seule qui relève le niveau : gentille, volontaire, forte et déterminée, c’est une vraie bouffée d’air frais dans cette famille recomposées.
    Il n’y a pas de grand retournement de situation dans la lignée du « Bon sang, mais c’est… bien sûr » du capitaine Bourrel dans les cinq dernières minutes.
    Juste l’histoire d’une famille recomposée, parfois un peu décomposée, où chacun essaie simplement de trouver sa place.

     

    Un extrait : Elles dorment encore toutes les deux, paquets informes sous leur couette.
    — Coucou, les filles, lance Johanna. Il est l’heure de se réveiller. Papa ne va pas tarder à arriver.
    Elles commencent à gigoter, lentement et à contrecoeur.
    Johanna parcourt la pièce des yeux. Des vêtements sont éparpillés sur le sol, les chaises et les montants des lits. Des brosses à cheveux, du maquillage et des manuels scolaires. Les valises sont béantes, à moitié prêtes. Une bande dessinée gît, ouverte, à côté du lit de Sara.
    — Ne vous rendormez pas. Il faut que vous ayez le temps de finir vos valises. Allez, debout.
    Elle leur passe la main dans les cheveux.
    — Mhm. Deux minutes.
    Comme d’habitude, seule Agnes répond. Sara reste muette. Pourvu qu’elle n’ait pas en tête de refuser d’y aller. Ça lui arrive parfois, et il faut alors une sérieuse séance de négociations pour la faire changer d’avis.
    Johanna attrape quelques habits sur un tas et essaie de déterminer s’ils sont propres ou sales. Elle aperçoit un jean, un t-shirt et un chemisier qu’elle a repassés l’autre jour, à nouveau froissés. 
    Elle continue à sélectionner des affaires dans la pile de vêtements, sans vraiment savoir ce qu’elle cherche à faire. Mettre de l’ordre dans ce chaos semble mission impossible. Puis elle attrape un sweat-shirt en coton roulé en boule. Il est humide et dégage une odeur désagréable.
    - Sara

    Pas de réponse.

    - Sara

    - Mhm ?

    Sara ouvre les yeux. Johanna tend le sweat sous son nez.

    - Qu’est ce que c’est que ça ?

    - Quoi ?

    - Le sweat. Il est humide et il sent mauvais. Qu’est-ce que tu as fait ?

    Sara se tourne vers le mur et referme les yeux.
    - Tu as renversé quelque chose ? Pourquoi ne l’as-tu pas mis à la lessive ?

    - C’est rien.

    - Vraiment ? Tu ne peux pas me regarder ?

    Sara se contorsionne. Johanna lui montre le vêtement.

    - Qu’est-ce qui sent comme ça ?

    - Du lait.

    Une brève pause.

    - Comment ça se fait ?

    Sara garde le silence, puis elle se redresse dans son lit et se frotte les yeux.
    — C’est des copains de classe, mais c’était juste pour rigoler.
    — Ils ont versé du lait sur ton sweat ? s’étonne Johanna. Pour rigoler ?
    Agnes relève la tête de son oreiller et les observe.
    Elle a cette expression déterminée dans les yeux, ce regard mûr, qui n’exprime pas seulement la révolte, mais impose le respect. À quinze ans, elle est sensiblement plus adulte et raisonnable que Sara, âgée de treize ans. Il se passe beaucoup de choses en deux ans.
    — Bon, d’accord, abdique Johanna. Levez-vous et habillez-vous maintenant.
    Elle emporte le sweat et le jette dans la corbeille à linge en passant devant sa chambre. Elle consulte l’heure : dix heures et demie. Elle entend ses filles se lever et commencer à se préparer. Bien. Pas de mutinerie cette fois-ci.

     

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  • [Livre] Glacé

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    Résumé : Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée. Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d’altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ? Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l’extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation !


    Auteur : Bernard Minier

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 10 mai 2012

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Comme souvent dans les romans de Bernard Minier, j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire. Il ne m’a fallut, cela dit, qu’une soixantaine de pages pour que l’écriture de Bernard Minier fasse mouche et que je plonge toute entière dans les montagnes des Pyrénées et dans la première enquête de Martin Servaz.
    Les pratiques psychiatriques évoquées dans le livre font froid dans le dos (d’autant plus que, dans une note à la fin du livre, Bernard Minier explique qu’il n’a rien inventé et que toutes les pratiques qu’il évoque ont bien court).
    Les différents aspects de l’enquête semblent, à première vue, n’avoir aucun liens entre eux, mais, contrairement à d’autres romans dans lesquels on ne sait pas où on va, ici, on sait qu’il y a un lien. La police le sait aussi. Reste à trouver lequel. Cela dit, savoir qu’il existe un lien a changé ma façon de lire car j’étais à l’affut du moindre indice pouvant m’expliquer comment les différents éléments étaient reliés.
    La pression sur les personnages est constante que ce soit la pression de la hiérarchie pour certains, ou la peur, qu’elle soit dû à l’isolement ou au danger, ressentie par d’autres.
    On voit que l’auteur, en plus de s’être renseigné sur les pratiques psychiatriques, s’est aussi rencardé sur le coin où se déroule son histoire.
    Ses descriptions, sans être lourdes, nous plongent merveilleusement bien dans l’ambiance de cette vallée isolée, entourée de montagnes.
    J’ai beaucoup aimé le fait que l’enquête tourne parfois en rien, piétine, puis qu’un détail vienne infirmer certaines pistes, confirmer d’autres ou encore ouvre la voie à une nouvelle piste. Cela rend l’enquête plus réaliste.
    Les personnages, même quand ils ne sont pas attachants, ont beaucoup de profondeur. L’auteur dissémine des informations sur leur passé, sur leur vie, que ce soit au cours de l’enquête pour l’entourage des victimes ou lors de scènes intermédiaires qui, en plus de nous rendre les protagonistes plus réels, font un peu redescendre la pression tout au long du livre.
    Même si je vous déconseille de faire la même erreur que moi, à savoir lire ce livre dans l’obscurité (sauf si ça ne vous fait rien d’aller vérifier toutes les 5 minutes que les portes et fenêtres sont bien fermées), je ne peux que vous recommander ce roman et même, tant qu’à faire, cet auteur et toutes les enquêtes de Martin Servaz.

     

    Un extrait : L’hélico s’élança à l’assaut de la montagne comme un moustique survolant le dos d’un éléphant. Le grand toit d’ardoise de la centrale et le parking plein de véhicules s’éloignèrent brusquement – trop brusquement au goût de Servaz, qui sentit un trou d’air lui siphonner l’estomac.

    Sous l’appareil, les techniciens allaient et venaient, en combinaison blanche sur le blanc de la neige, de la gare du téléphérique au fourgon-laboratoire, transportant des mallettes qui contenaient les prélèvements effectués là-haut. Vue d’ici, leur agitation paraissait dérisoire : l’effervescence d’une colonne de fourmis. Il espéra qu’ils connaissaient leur travail. Ce n’était pas toujours le cas, la formation des techniciens en scènes de crime laissait parfois à désirer. Manque de temps, manque de moyens, budgets insuffisants – toujours la même rengaine, malgré les discours politiques promettant des jours meilleurs. Puis le corps du cheval fut emballé dans sa housse, la fermeture à glissière tirée sur lui et le tout roulé sur une grande civière jusqu’à une longue ambulance qui démarra sirène hurlante, comme s’il y avait une quelconque urgence pour ce pauvre canasson.

    Servaz regarda devant lui à travers la bulle de Plexiglas.

    Le temps s’était dégagé. Les trois tuyaux géants qui émergeaient de l’arrière du bâtiment escaladaient le flanc de la montagne ; les pylônes du téléphérique suivaient le même trajet. Il hasarda un nouveau coup d’œil vers le bas – et le regretta aussitôt. La centrale était déjà loin au fond de la vallée, les voitures et les fourgons rapetissaient à grande vitesse, dérisoires points de couleur aspirés par l’altitude. Les tuyaux plongeaient vers la vallée comme des sauteurs à skis du haut d’un tremplin : un vertige de pierre et de glace à couper le souffle. Servaz pâlit, déglutit et se concentra sur le haut du massif. Le café qu’il avait avalé au distributeur dans le hall flottait quelque part dans son œsophage.

    — Ça n’a pas l’air d’aller.

    — Pas de problème. Tout va bien.

    — Vous avez le vertige ?

    — Non…

    Le capitaine Ziegler sourit sous son casque à écouteurs. Servaz ne voyait plus ses yeux derrière ses lunettes de soleil – mais il pouvait admirer son bronzage et le léger duvet blond de ses joues caressées par la lumière violente qui se réverbérait sur les crêtes.

    — Tout ce cirque pour un cheval, dit-elle soudain.

    Il comprit qu’elle n’approuvait pas plus que lui ce déploiement de moyens et qu’elle profitait qu’ils fussent à l’abri des oreilles indiscrètes pour le lui faire savoir. Il se demanda si sa hiérarchie lui avait forcé la main. Et si elle avait renâclé.

    — Vous n’aimez pas les chevaux ? dit-il pour la taquiner.

    — Je les aime beaucoup, répondit-elle sans sourire, mais ce n’est pas le problème. Nous avons les mêmes préoccupations que vous: manque de moyens, de matériel, de personnel, et les criminels ont toujours deux longueurs d’avance. Alors, consacrer autant d’énergie à un animal…

    — En même temps, quelqu’un capable de faire ça à un cheval…

    — Oui, admit-elle avec une vivacité qui lui fit penser qu’elle partageait son inquiétude.

     

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  • Joyeux Noël 2018!!

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  • C'est lundi que lisez-vous? #188

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog I believe in Pixie Dust.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    flocons d'amour.jpg Je sais qui tu es.jpg La danse hésitante des flocons de neige.jpg

    La disparue de la cabine n°10.jpg La douce caresse d'un vent d'hiver.jpg Le magicien d'oz.jpg

    Les orphelins du grand nord.jpg L'exquise clarté d'un rayon de lune.jpg marquée à vie.jpg

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    Et vous, que lisez-vous?

  • Premières lignes #30

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.
    Pour ma part, j’ai décidé de vous faire découvrir mes coups de cœurs !

     

    Cette semaine, je vous présente Chuuut de Janine Boissard dont vous pouvez lire ma chronique ICI.

     

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    Chut ! Quand j'étais petite et que je n'arrêtais pas de demander « pourquoi, pourquoi, pourquoi ? », c'était la réponse que je recevais le plus souvent.
    « Chut » avec les gros yeux, « chut » avec des larmes dans les yeux, « chut » avec un doigt posé sur les lèvres comme un barreau de plus.
    Toute la famille vivait au château, la maison de mon grand-père, même si ça n'était pas un vrai avec un pont-levis, des tours et des mâchicoulis d'où tu jettes de la poix brûlante et des pierres sur l'ennemi, mais un château quand même, et maman m'expliquait que grand-père était un roi, le roi du cognac, comme la ville de François Ier que l'on voyait des fenêtres du haut. Et, derrière la grille, toutes ces rangées de vigne étaient ses armées, les bouteilles d'alcool qu'on en tirait ses oriflammes, et sur chacune son nom était marqué : Edmond de Saint Junien.
    De chaque côté du château qui donnait sur une grande cour avec un puits fleuri – interdit de s'asseoir sur la margelle –, grand-père avait fait ajouter des ailes qu'on appelait aussi des « dépendances », afin d'y loger ses quatre enfants lorsqu'ils seraient mariés : une pour Baudoin et Roselyne, les aînés, une pour Monique et Hermine (maman), les cadettes.

    Aujourd'hui, c'était fait. L'oncle Baudoin et la tante Béatrix occupaient l'aile droite avec leurs trois enfants, Thibaut, Louis-Adrien et Philippine. La tante Monique, l'aile gauche avec son fils Alexander, et nous à côté, bien séparés, chacun chez soi, Hermine et Gilles, mes parents avec moi, Fine, et mon petit frère Benjamin.
    Et là, les « pourquoi » commençaient.
    — Dis, maman, pourquoi les volets de la dépendance de tante Roselyne sont toujours fermés ? Où elle est ? Pourquoi on l'a jamais vue ?
    — Chut, ma Fine, répondait maman. Ta tante Roselyne est partie très loin, dans un autre pays. Ça a fait beaucoup de chagrin à tes grands-parents, alors surtout tu ne leur en parles pas.
    — Et toi aussi, maman, ça t'a fait beaucoup de chagrin ?
    — Bien sûr, c'était ma grande sœur.
    — Et elle reviendra quand ?
    Là, c'était « chut » les larmes aux yeux.
    — Jamais, mon cœur.

     

    Alors, tentés?

  • [Film] Bouquet final

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    Titre original : Bouquet final

     

    Réalisé par : Michel Delgado

     

    Date de sortie : 05 novembre 2008

     

    Genre : Comédie

     

    Pays d’origine : France

     

    Durée : 1h41

     

    Casting : Didier Bourdon, Marc-André Grondin, Bérénice Bejo, Gérard Depardieu, Marthe keller, Michel Galabru…

     

    Résumé : Recruté comme directeur commercial Paris d'une entreprise américaine de pompes funèbres, Gabriel part trois mois en stage sur le terrain aux côtés de Gervais Bron, quinze ans de métier. Il parvient à dissimuler son nouveau job à ses parents et à son amoureuse, Claire, qui voient en lui un grand musicien, jusqu'au jour où il vend des obsèques à prix d'or à un vieux monsieur qui n'est autre que le grand-père de Claire...

     

    Mon avis : Faire rire avec une entreprise de pompes funèbres, il fallait oser. Et pourtant c’est une réussite. Il n’y a pas à dire, la comédie française montre aux américains qu’on n’a pas besoin de vulgarité pour faire rire le public.
    Les situations s’enchaînent, entre la mâchoire du mort qui ne se ferme pas, le chien de la défunte qui se glisse dans la chambre et qui ruine le maquillage de la thanatopractrice, le fou rire qui prend les deux entrepreneurs en présence du fils du défunt ou encore le plus jeune des deux croque-morts qui manque brûler vif dans la caravane du défunt qui doit être brûlée par tradition… on ne cesse de rire sans pour autant que le film ne fasse que de la comédie.
    D’autres sujets sont abordés, comme le management anti-vieux, les disputes autour de l’héritage, le deuil bien entendu, aussi bien de la part des clients que de l’un des entrepreneurs qui va être touché personnellement. Le regard que l’entourage porte sur ce métier peu commun est également abordé.
    Didier Bourdon est excellent en entrepreneur qui a de la bouteille et qui se voit évincer d’un poste à responsabilité par un jeune qui ne connaît rien au métier.

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    Alors ok, on est plus sur de l’humour noir, remarquez, on s’en doutait vu le sujet, mais en ce qui me concerne, je préfère nettement ça aux comédies du genre de Mary à tout prix, american pie, scary movie et autre soi-disant comédies qui n’ont aucun contenu, aucune recherche, et ne joue que sur la vulgarité pour faire rire ce que ce genre de chose font rire.
    Pour autant, les situations comiques dans Bouquet final, ne sont pas absurdes. Les scènes semblent assez fidèles au quotidien d’un entrepreneur de pompes funèbres. Il a déjà dû déjà arriver qu’une famille tienne à enterrer un défunt dans un costume trop petit ou difficile à enfiler, ou que entrepreneurs tombent en plein règlement de compte à ok corral sur des questions d’héritage, ou bien encore qu’un événement extérieur vienne perturber l’enterrement (bon peut être pas un parachutiste qui vise mal, mais un orage soudain, ça a dû arriver !). Bref, ce n’est pas l’absurde qui fait rire, c’est le fait que ces choses arrivent dans un moment supposé être très solennel et qu’on se dit : « purée mais si la famille s’en rend compte !! »
    On a là une excellente comédie, avec une petite romance en fil conducteur qui n’est pas inintéressante et qui ne prend pas le pas sur l’humour.