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  • [Livre] La pâtissière de Long Island

    Je remercie Babelio et sa masse critique ainsi que les éditions J'ai lu pour cette lecture

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    Résumé : Pour l'empêcher de fréquenter l'homme qu'elle aime, le père de Marie décide de l'envoyer aussi loin que possible de leur petit village de Frise orientale : à New York, chez ses deux frères. Avec pour seuls bagages son coeur brisé et la recette secrète de son gâteau au fromage blanc, elle débarque à Brooklyn en ce froid mois de novembre 1932, à la fois fascinée et terrifiée par ce qui l'entoure. Elle est bien loin de se douter de l'incroyable destin que lui réserve le Nouveau Monde.

    Des décennies plus tard, Rona, sa petite-nièce en plein revers professionnel et sentimental, vient lui rendre visite. Marie lui raconte son histoire et lui confie la recette du cheesecake qui doit changer sa vie.

     

    Auteur : Sylvia Lott

     

    Edition : J'ai Lu

     

    Genre : Roman contemporain

     

    Date de parution : 2017

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’ai découvert un roman avec une écriture très agréable. Le passé, avec l’histoire de Marie, est écrit à la 3ème personne du singulier et le présent, avec celle de Rona, est à la première personne du singulier, ce qui permet de bien distinguer les parties (même si elles se confondent difficilement).
    Du côté de l’histoire et des personnages, j’ai trouvé que le père de Marie se comporte de manière odieuse. Certes, nous qui connaissons l’Histoire, savons qu’en envoyant sa fille aux USA contre son gré en 1932, il lui a permis de ne pas être en Allemagne lors de la montée en puissance d’Hitler et de la seconde guerre mondiale, mais ses raisons pour l’éloigner sont lamentables.
    Bien entendu, il décide de qui, de ses enfants, va reprendre son travail, sans se préoccuper une seconde de leurs envies.
    Marie m’a énervée à ce moment-là. Quand elle prend le bateau, elle se dit que le ressentiment enfoui vaut mieux qu’une crise ouverte. C’est encore une manière pour l’autre partie d’avoir la conscience tranquille et de se dire que si elle ne proteste pas c’est qu’au fond d’elle, elle sait que son père à raison.
    La vie aux USA est dépaysante. D’un côté, il y a ses frères, surtout son frère aîné, Willi, qui tente d’avoir la même autorité que son père sur sa sœur sans y parvenir, de l’autre il y a toutes les possibilités qui s’offrent à elle.
    Marie va se construire une nouvelle vie, avec l’aide d’une recette secrète de cheesecake qui va faire sa réputation et entrainer bien des choses, positives ou non.
    C’est cette recette qui fait le lien entre Marie et Rona, sa petite-nièce qui vit des instants difficiles en 2003. Venue rendre visite à sa grand-tante, celle-ci est en pleine reconstruction après des échecs tant professionnels que sentimentaux.
    Si elle ne croit pas vraiment au « pouvoir » du cheesecake, elle va être passionnée par l’histoire de la vie de Marie. Et prendre exemple sur elle pour se reconstruire.
    Le secret du cheesecake m’a obsédé toute ma lecture ! A chaque page, j’espérais qu’on saurait enfin ce qui faisait sa particularité.
    Rona est moins présente que Marie mais son histoire est tout aussi intéressante. Cela dit, c’est clairement l’histoire de Marie qui fait tout l’intérêt du roman. Certains passages de la fin m’ont un peu attristée, mais on pouvait s’y attendre et ce sentiment de tristesse s’évanoui vite.
    J’ai dévoré ce livre de près de 600 pages en moins d’une journée !

     

    Un extrait : « Reste donc avec nous, Rona », m’a prié tante Marie le troisième jour. Elle était assise avec son frère pour le thé de l’après-midi dans la véranda couverte. « C’est bien qu’une autre personne de la famille connaisse les vieilles histoires, quand nous ne serons plus là. »

    J’ai pris place dans un confortable fauteuil en rotin.

    « Nous parlions à l’instant de la famille d’Imke Wilken. »

    J’ai haussé les épaules : « Je ne la connais pas. »

    Après tout j’avais grandi dans une ville à vingt kilomètres de Südrhauderfehn, dans laquelle mes parents avaient une entreprise textile, et je n’étais toujours qu’en visite ou en vacances chez mes grands-parents, dans la maison des parents de ma mère – ce qui me convenait tout à fait.

    « Les Wilken », a insisté mon grand-père comme si je devais m’en souvenir, « ce sont ceux dont la maison, au cœur du marais, tombe en ruine !

    – Ah ! » Cela fit tilt. « Cette étrange famille qui vit totalement à l’écart et dont la maison ne tient plus que grâce au lierre… C’est d’eux que tu parles ?

    – Tout à fait. Ils ont perdu une fille, a expliqué tante Marie, Imke, c’était son nom.

    – C’est pour cela que ses parents et ses sœurs sont devenus si étranges, a ajouté Papi.

    – J’ai connu Imke, elle était dans la même classe que moi, nous avons chanté ensemble dans la chorale, a précisé ma grand-tante.

    – La famille n’a jamais surmonté ça. Cela devait être au début des années trente. L’été avant que tu ne partes en Amérique, non ? »

    Le regard grave de Tante Marie se perdait dans un lointain imaginaire. « Je me souviens très bien de ce jour, a-t-elle dit posément. Je sais même que c’était un mardi, un mardi de juin 1932…

    – …et tu étais amoureuse du p’tit maît’ d’école. »

    Tante Marie a acquiescé.

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  • [Livre] Le bois sans dessus dessous et autres histoires conthées

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    Résumé : À travers dix contes, les héros du Bois Sans Dessus Dessous nous emmènent dans des aventures gourmandes. Loirs, hérissons, grenouilles, chauve-souris : tous ont en commun le thé, qui sert de fil rouge à travers leurs différentes histoires. Ces petites contes initiatiques bien ciselés abordent des thèmes aussi variés que le vivre ensemble, la timidité ou encore l’acceptation de soi.

     

    Auteur : Clémentine Ferry

     

    Edition : éditions du lumignon

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 3 octobre 2017

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Le bois sans dessus dessous est un tout petit livre de 88 pages comportant 10 histoires mettant en scène les petits animaux de la forêt et le thé. Chaque histoire fait ainsi moins de 10 pages, ce qui est une longueur parfaite pour une histoire du soir : ni trop longue pour les parents, ni trop courte pour les enfants.
    Pour ma part, j’ai reçu ce livre en SP lors de la masse critique jeunesse de Babelio, mais je trouve le prix un peu excessif. 15€ pour un si petit livre, broché, illustré en noir et blanc, même si les histoires sont originales et mignonnes et que les dessins sont très beaux, je trouve que c’est élevé. Ce prix-là, je le vois plus sur un album d’au moins 150 pages, de la taille d’une BD, avec des pages d’illustrations et une couverture rigide.
    Mais je suppose que le fait que la maison d’édition n’est pas une grosse structure explique que le prix soit un peu élevé, ils ne doivent pas écouler autant de stock qu’une grosse maison d’édition.
    Je comprends tout à fait les contraintes de la maison d’édition, mais bon, j’ai aussi les miennes et n’ayant pas un gros salaire, il est évident que pour le même pris, entre un roman de 500 pages et un livre de 88p, mon choix sera vite fait.
    Dans le bois sans dessus dessous, tous les animaux ont une histoire avec le thé : du loir sujet au vertige, propriétaire d’un salon de thé volant, à la reinette qui a peur de l’eau, en passant par la petite chauve-souris qui n’aime pas le thé contrairement à sa nombreuse famille ou au renard, maître zen, qui aime à méditer près de la plantation de thé, au grand dam des gardiens, tous ont une relation particulière avec le breuvage ancestral.
    Chacun des héros de ces petites histoires a un nom de plante dont la particularité est expliquée dans un petit lexique à la fin du livre : Menthe, Saule, Pissenlit, Hellébore… chacun a des propriétés bénéfiques…ou non.
    A travers les aventures et petites mésaventures, le jeune lecteur va découvrir qu’il y a une solution au vertige, à la timidité, à la vue qui baisse, que le deuil, s’il est douloureux, et plus facilement acceptable si on se serre les coudes, qu’une catastrophe naturelle peut être surmontée si chacun vient en aide à son prochain…
    Il va apprendre l’importance de la confiance en soi et de l’acceptation de soi et des autres. Et, pourquoi pas, peut être en profitera-t-il pour s’initier au thé et à tous ses bienfaits.

     

    Un extrait : Le bois sans dessus dessous accueillait une nouvelle famille de chauve-souris. Saule le Loi leur avait trouvé une demeure perchée tout en haut d’un hêtre.
    Myrte, la matriarche, avait décidé d’organiser un goûthé costumé pour présenter sa famille à toute la communauté du Bois. Voyez-vous, chez les chauves-souris le thé était sacré et chacune avait des goûts très précis en la matière. Il fallait donc faire très attention à ce que l’on servait… Et à qui !

    Et pour époustoufler la société chauve-souris, quoi de plus original que de prendre le thé au beau milieu des nuages !

    Myrte comptait bien organiser le plus épatant des goûthé, mais il lui fallait cacher un bien gênant secret : la timide Hellébore, sa petite dernière, n’aimait pas le thé…

    Le jour J, on se pressa au bal costumé de la famille fraîchement installée. Les chauves-souris avaient revêtu leurs plus beaux costumes et la forêt resplendissait de milliers de couleurs. Les nuages servaient pour l’occasion de salle de réception et on félicita les hôtes pour la délicate décoration et la délicieuse nourriture. Tout se passait à merveille !

    N’ayant pas eu d’autre choix que de suivre ses parents, Hellébore resta cachée sous la table pendant tout le repas.
    Elle grignota le peu que son grand frère Houx lui glissait en douce sous la table. Elle entendait les rires des adultes et les jeux des plus jeunes, mais sa grande timidité l’empêchait de participer à la fête.

     

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  • [Livre] Le grand magasin fluo

    Je remercie les éditions sarbacane pour cette lecture

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    Résumé : Mathieu Martin est le souffre-douleur de sa classe. Heureusement, il a des amis : le gros Angelo au méga QI ; Peter, capable d'escalader n'importe quoi ; et Nat, championne de karaté ! Un jour, un immense supermarché pousse comme un champignon dans le terrain vague voisin. Un véritable monument, rose fluo, qui semble sortir de terre ! Dès l'ouverture, on annonce des promotions incroyables pour les chanceux qui recevront le fameux "Jeton d'Argent" permettant de remplir son caddie ... gratuitement ! Mais bientôt, le journal signale de nombreuses disparitions inexpliquées. C'est d'abord Maillot Jaune, le fou de vélo, puis Mademoiselle Pim, la mercière ... Pour Mathieu et sa bande, c'est sûr : les disparitions ont quelque chose à voir avec ce magasin louche, voire diabolique. Ils décident de mener l'enquête ...

     

    Auteur : Stéphane Gisbert

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 01 Novembre 2017

     

    Prix moyen : 10,90€

     

    Mon avis : j’ai bien aimé suivre les aventures de Mathieu et ses amis à travers une écriture simple et entraînante, une histoire au rythme effréné et des bonus amusant.
    Je suis certaine que les enfants seront plus qu’emballés par cette histoire et par le secret que cache le grand magasin.
    Pour ma part, en tant qu’adulte, j’ai regretté un certain manque de profondeur. Le harcèlement scolaire, pourtant tellement d’actualité, n’est mentionné que pour introduire les personnages puis laissé totalement de côté, la maltraitance est également mentionnée mais comme s’il s’agissait de quelque chose de normal qu’il n’y avait pas lieu de signaler. J’aurais préféré qu’il y ait au moins un paragraphe, ou même une simple phrase, qui indique que Mathieu aimerait bien parler à un adulte à ce sujet mais qu’i n’ose pas, plutôt que de balayer le sujet d’un revers de main.
    Pareil pour la tendance à la surconsommation des gens ou la disparition des petits commerçants, ruinés par les grands distributeurs. On en parle, vaguement, mais il n’y a aucune réflexion sur le sujet. Pourtant, je pense que c’est au travers des livres qu’on peut faire prendre conscience aux enfants de ces réalités.
    Ici j’ai vraiment eu l’impression que toute réflexion était évité au profit de l’aventure elle-même. Or je pense qu’on pouvait concilier les deux.
    Bien évidemment, c’est là le point de vue d’une adulte, et je suis persuadée que les enfants ne verront dans ce livre que la palpitante aventure que des enfants de leur âge sont en train de vivre.
    Le roman se lit très rapidement, et malgré les quelques réserves que j’ai évoquées plus haut, à aucun moment je n’ai été capable de le reposer.
    Cela reste donc un livre intéressant, amusant, qui plaira sans doute aussi bien aux garçons qu’aux filles.

     

    Un extrait : Vous voyez ce gosse avec ses lunettes de travers ? Non ? Regardez mieux. Le petit, là, qui s’essuie le nez, avec un pantalon troué aux deux genoux ! Le maigrelet, là – mais si, regardez : son cartable est ouvert par terre, toutes ses affaires sont répandues au sol…

    Celui qui chiale, quoi !?

    Ben, c’est moi.

    Et si je suis assis là, à renifler dans mon coin, c’est que je me suis fait chahuter pas plus tard qu’à l’instant.
    - Hé ! L’intello ? T’aurais pas un truc qui m’appartient ?

    A chaque fois, c’est la même scène : Tony et sa bande m’attendent en bas de chez moi (à croire qu’ils me guettent !) et ils me rançonnent. Mon goûter, un stylo… Faut que je leur donne quelque chose. Sinon, gare !

    « Péage ! », annonce Tony. Et j’obéis. Que voulez-vous que je fasse ? Ils sont beaucoup trop forts pour moi.

    La plupart du temps, j’arrive à les éviter. En quittant mon immeuble cramponné au bras de ma mère comme un petit de maternelle. Pas très glorieux, mais bon…
    Je passe devant eux tête baissée, en feignant de ne pas les voir. Ils ne sont pas idiots au point d’essayer de me racketter devant elle. Dans ces moments, ils ont des petits sourires mauvais, genre « on t’aura plus tard… ».

    Ou bien je les guette de la fenêtre et j’attends qu’ils soient partis. Mais alors, j’ai beau courir, j’arrive en retard au point de rendez-vous avec mes copains, et donc à l’école.

    Ce matin, quand je me suis réveillé, ma mère était déjà sortie et il y avait un post-it sur le frigo.
    Remarquez, ça arrive fréquemment.

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  • [Livre] En sacrifice à Moloch

     

    Je remercie Babelio et sa masse critique ainsi que les éditions Albin Michel pour cette lecture

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    Résumé : Au terme d'une traque impitoyable dans les forêts de Lainio, en Laponie suédoise, un ours féroce est abattu. Dans sa panse : les restes d'un homme... Cette macabre découverte est suivie quelques mois plus tard par l'assassinat d'une femme à coups de fourche. Chargée de l'enquête, la procureure Rebecka Martinsson ne tarde pas à recouper ces faits a priori sans rapport : les deux victimes avaient un lien de parenté ; ils étaient père et fille. Mais ils ne sont ni les premiers ni les derniers à disparaître, comme si une étrange malédiction frappait leur famille...

     

    Auteur : Asa Larsson

     

    Edition : Albin Michel

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 30 août 2017

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : J’ai découvert Rebecka Martinsson avec le 4ème tome de ses aventures : « Tant que dure ta colère ». Je n’ai pas encore eu le temps de lire les 3 premiers, mais, à part pour voir l’évolution des personnages et des rapports qu’ils entretiennent, chaque livre peut se lire indépendamment des autres.
    J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire à cause d’une écriture maladroite. Je ne crois pas que l’auteur soit en cause, j’ai vraiment eu le sentiment d’un gros problème de traduction.
    Mais au fil de l’histoire, celle-ci prend vite le pas sur la traduction.
    Rebecka va découvrir le corps d’une femme tuée à l’aide d’une arme perforante. La première idée qui vient à la jeune femme et qu’elle a été tué à coup de couteau, mais l’autopsie va révéler l’emploi d’une arme un peu moins classique.
    Mais Rebecka va se retrouver dessaisie de l’affaire à cause de l’arrivisme d’un collègue et de l’espèce de loque qui lui sert de chef et qui donne raison à celui qui crie le plus fort pour ne pas avoir à faire montre d’autorité (on en a un comme ça, chez moi).
    Pourtant la jeune femme est la seule à faire le rapprochement entre cette mort et le corps d’un homme en partie retrouvé dans un ours après une battue.
    Le rival de Rebecka semble plus intéressé par sa carrière et sa propre célébrité que par la poursuite de la vérité. L’homme est hystérique, de mauvaise foi et navrant d’incompétence.
    Kreisker, le policier défiguré par un incendie dans son enfance, amoureux de Rebecka mais n’osant pas se déclarer ouvertement, va, contre toute attente, être le seul à provoquer la confiance de Marcus, le petit-fils de la victime. Très vite, il devient clair que l’enfant est en danger.
    En parallèle à l’enquête, on peut prendre connaissance de comment la famille s’est constituée, dans une ville minière de 1914.
    Comment cette période éloignée, au cœur de la première guerre mondiale, peut-elle avoir un rapport avec le crime qui occupe tous les esprits ? Comment Marcus, 7 ans et demi, peut-il avoir attiré les foudres du meurtrier ?
    J’ai été emporté dans cette histoire et je n’ai compris la fin que quelques lignes avant qu’elle ne soit révélée.

     

    Un extrait : Le policier et maître-chien Krister Eriksson arrêta sa voiture devant la maison de Rebecka Martinsson. De loin, il avait vu la lumière allumée dans la cuisine au premier étage et avait ressenti l’habituel pincement au cœur.

    Il ouvrit sa portière et regarda les chiens de Rebecka arriver en courant.

    D’abord Vera. Avec son arrière-train qui se tordait d’un côté à l’autre et son dos arrondi.

    Les deux chiens de Krister, Tintin et Roy, étaient deux jolis bergers pure race, bien dressés et travailleurs. Ils étaient célèbres dans la région. Le Morveux était un fils de Tintin. Il deviendrait un jour un chien exceptionnel.

    C’était drôle de voir Vera la vagabonde au milieu de tous ces champions. Maigre comme un coucou, une oreille dressée, l’autre tombante. Un coquard noir autour d’un œil.

    Au début, il avait essayé de la dresser. Il lui disait : « Assis ! » et elle le regardait, la tête penchée sur le côté avec l’air de dire : « Je ne comprends rien à ce que tu me dis, mais si tu ne finis pas ta tartine de pâté de foie, je la veux bien. »

    Il avait l’habitude que les chiens lui obéissent. Mais avec elle, il était tombé sur un os.

    « Salut, clocharde ! » l’accueillit-il, lui tirant affectueusement les oreilles et posant un baiser sur sa tête étroite. « Comment fais-tu pour rester aussi maigre avec tout ce que tu manges ? »

    Elle accepta la brève caresse mais céda rapidement la place au Morveux. Le chiot galopait comme un troll à qui on aurait mis de la moutarde dans le cul, se jetait dans les jambes de Krister, faisait des huit, incapable de rester en place assez longtemps pour que Krister puisse lui dire bonjour. Puis il se coucha, en position de totale soumission, se releva, posa les pattes avant sur les jambes de Krister, se recoucha sur le dos, roula, partit en courant chercher un bâton pour jouer, le posa devant les pieds de Krister, lui lécha la main et finit par un long bâillement, un moyen comme un autre de relâcher le trop-plein de sentiments qui l’envahissait.

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  • [Livre] Les cancres de Rousseau

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette excellente lecture

     

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    Résumé : 1994, Sarcelles, Djiraël en est sûr, cette année sera exceptionnelle. Il entre en terminale, dans la même classe que ses potes Sacha, Jazz, Rania et les autres. En plus, la belle Tatiana semble enfin réponde à ses avances... Cerise sur le gâteau, le prof principal, c'est monsieur Fèvre - le seul qui s'intéresse à eux. Bref, c'est parti pour une année d'éclate... sauf que parfois, plus on prévoit les choses, moins elles se passent comme on le pensait.

     

    Auteur : Insa Sané

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 04 octobre 2017

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce livre et pourtant, excepté un ou deux, je ne me suis pas attachée aux personnages. Tatiana m’est apparue comme une manipulatrice, Rania, une pleurnicheuse. Djiraël se cache un peu trop à mon goût derrière le côté noir de banlieue pour justifier ses combines à la limite de la légalité, quand il ne franchi pas carrément la ligne. La mère de Djiraël, que j’appréciais au début, est vite tombée dans mon estime quand elle reproche à son fils de n’avoir que 13 de moyenne comme s’il avait ramené un 4 et quand elle lui ordonne de cesser de se battre pour ses idées. En fait, elle et son mari, dont on se demande de quel droit il ramène sa fraise, n’étant jamais là plus d’une semaine d’affilée, semble conseiller à leur fils de ne jamais montrer d’émotion mais en même temps de faire profil bas, de s’écraser… ce n’est pas ma conception de l’éducation. Si j’avais un fils, je préférerais le voir s’élever contre l’injustice, quitte à repasser un examen un an plus tard, plutôt que de la voir ramper devant ceux qui se croit au-dessus de lui parce qu’ils sont nés du « bon » côté de la barrière.
    Le proviseur, et surtout le CPE, devrait être traduit devant un conseil de discipline. Je l’ai pensé dès le début du livre quand le CPE essais, à mots à peine couverts, d’influencer le vote des élèves quant à la nomination du délégué des délégués, et mon sentiment n’a fait que se renforcer au fil de ma lecture.
    En revanche, j’ai beaucoup aimé Mr Fèvre, qui est un prof comme tout le monde aimerait en avoir. Côté ados, j’ai bien aimé Maceo « jazz » ainsi que Sacha, même si j’ai grincé des dents devant certaines de ses décisions.
    Ce livre est la preuve qu’on peut aimer un bouquin, vraiment l’apprécier, sans pour autant accrocher avec les personnages et leur personnalité.
    La fin est parfaite, avec une pointe d’amertume mais qui fait bien passer le message qu’il est rare de gagner sur tous les tableaux, même quand on est dans son bon droit, et qu’il faut savoir lâcher sur certaines choses pour en obtenir d’autres plus importante.
    Un petit point reste en suspension, à la toute fin, mais comme ce point concerne un personnage que je n’ai vraiment pas apprécié, ça m’a laissée complètement froide, j’ai préféré me concentrer sur la fin de l’histoire, sur l’amitié qui lie ces adolescents.
    J’ai vraiment apprécié ma lecture, encore plus que si je m’étais attachée aux personnages. Parce que quand on aime d’entrée de jeu les personnages, on peut dire que la moitié du chemin est fait pour l’auteur. Même quand l’histoire a quelques défauts, il y a ce sentiment envers les personnages qui font pencher la balance sur « j’aime ». Dans le cas, où comme ici, je n’ai pas franchement d’affinité avec les personnages, il faut que l’écriture et l’histoire soient quasiment sans défaut pour que le texte fasse mouche. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé ici, l’histoire est tellement forte et bien écrite que la personnalité des personnages en devient secondaire, pas pour l’histoire elle-même, mais pour l’appréciation qu’on va en faire.
    Il semblerait que d’autres romans d’Insa Sané portent sur ces mêmes personnages (ou leur entourage, j’ai cru voir un résumé où le personnage principal serait le petit frère de Djiraël) et c’est donc avec plaisir que je retrouverais la plume de l’auteur dans un avenir, je pense, assez proche.
    Petit bonus, après l’extrait, je vous mets le lien vers une interview de l’auteur.

     

    Un extrait : Maman s’est invitée dans ma chambre – sans frapper, bien sûr. Je feuilletais les derniers potins du foot et j’ai dû paraître un peu trop insensible à son intrusion, car elle m’a arraché le magazine des mains.

    - Tu compte t’en débarrasser quand, de ces cartons ? On se croirait dans un grenier !

    D’un geste large, elle a désigné ma chambre, dont les deux tiers étaient encombrés par des piles de cartons fermés.

    - Pour la centième fois, ce sont les bouquins que j’ai achetés pour la Bourse aux livres du lycée. Dans un mois, tu ne les verras plus.
    - Y’a intérêt, sinon c’est moi qui vais les faire disparaître.

    Elle a pris une voix plus accorte :

    - Sinon… Tu te sens prêt ?

    Je voyais très bien où elle voulait en venir, mais j’avais décidé de faire le sale gosse. L’air affolé, j’ai lancé d’une voix chevrotante :

    - Ooooooh non, Maman ! La chaise électrique est prête ? c’est ça ? C’est ça ??

    Elle a pouffé en secouant la tête.

    - T’es vraiment trop bête !

    Reprenant son sérieux :

    - Je suis sûre que ça va être une année fantastique.

    - Te prend pas la tête comme ça. Le Bac, ça ne vaut plus rien.
    - Peut-être, mais c’est un passeport pour les études supérieures. Moi, si j’avais eu ta chance, je me serais accrochée de toutes mes forces…
    Et voilà, c’était reparti. Elle fredonnait la même comptine depuis que j’étais en CP ! Je savais très bien ce que représentait cette année à ses yeux. Elle qui n’avait pas pu poursuivre ses études parce qu’elle avait le ventre gonflé, à l’époque… Elle aimait l’école plus que tout au monde, et elle aurait sans doute pu aller loin – si elle n’avait pas encore plus aimé Papa. C’était au Sénégal, il y avait longtemps de ça.
    Bref ! Maintenant que j’entrais en Terminale, elle était excitée comme une mère le jour de Noël devant son mioche en train de déballer les cadeaux. Elle voulait me voir heureux, et son bonheur à elle dépendait de la lueur que j’aurais dans les yeux en découvrant mon nouveau joujou… Fallait peut-être lui rappeler qu’à Noël, Papa et elle ne m’offraient que des bouquins, et que la plupart du temps je tirais la tronche !

     

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  • [Livre] Colorado Train


    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

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    Résumé : Durango, 1949

    La poussière rouge. Les sombres rocheuses. L'Amérique profonde, tout juste sortie de la Deuxième Guerre mondiale.

    C'est dans ce monde-là que grandissent Michael et ses copains: le gros Donnie, les inséparables Durham et George, Suzy la sauvage.

    Ensemble, ils partagent les jeux de l'enfance, les rêves, l'aventure des longs étés brûlants...

    Jusqu'au jour où un gosse de la ville disparaît. Avant d'être retrouvé, quelques jours plus tard... à moitié dévoré.

    Aussitôt, la bande décide d'enquêter.

    Mais dans l'ombre, le tueur- la chose? - les regarde s'agiter.

    Et bientôt, les prend en chasse...

     

    Auteur : Thibault Vermot

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 06 septembre 2017

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : Ce roman est plus long que la moyenne dans la collection X’prim : près de 400 pages de pur régal.
    J’ai beaucoup aimé le côté plus sombre de l’histoire que ce que l’on trouve d’habitude (ici il est quand même question de meurtre d’enfants et de cannibalisme) avec un petit côté thriller quand les enfants se lance à la recherche du tueur.
    Au début de ma lecture, j’ai eu un peu de mal à me faire au style d’écriture de l’auteur que j’ai trouvé un peu trop familier à mon goût, mais, une fois prise par l’histoire, je n’y ai vraiment plus fait attention.
    Dans ce roman, le point fort est l’amitié qui lie les protagonistes. Ce ne sont pas non plus des héros, ce sont des enfants normaux qui se retrouvent confrontés à une situation anormale, à une époque où il n’y avait pas de portables pour appeler à l’aide et où il fallait souvent plusieurs heures pour aller prévenir quelqu’un.
    J’ai beaucoup aimé le côté course contre la montre qu’il y a dans toute la seconde partie du livre et qui tient en haleine.
    En revanche, j’ai été frustrée de ne pas savoir qui est « la chose » comme l’appelle les enfants. Aux indices laissés dans le livre, on sait que l’on n’est pas en présence d’un roman fantasy et qu’il n’y a pas de surnaturel, on peut même dresser un portrait du tueur, mais on n’a aucune certitude et ça m’a vraiment manqué. De même, on parle à plusieurs reprises d’un tueur d’adolescentes, père de l’un des enfants, et qui s’est enfui avant d’être pris à parti par le sheriff de la ville, mais au final, on reste encore sur notre faim, n’ayant pas de conclusion concernant cette personne.
    J’ai été un peu déçue de cette fin, mais peut-être que les adolescents n’accordent pas autant d’importance que moi à comprendre le pourquoi du comment des agissements du « méchant » de l’histoire.

     

    Un extrait : Il connaissait Durango par cœur… mais là, c’était la nuit…
    En plein jour, Don avait pas peur ; il voyait les choses, il voyait les gens. Il voyait la tronche à Butler, derrière ses courges. Mais dans la nuit, Donnie… la nuit opaque… épaisse… épaisse et vide… Dans la nuit sans fin, on frôle des choses épouvantables, un danger flotte tout près…
    Lequel ?
    Bon, il en savait foutre rien.
    Peut-être que c’était pareil ailleurs, dans les autres villes.
    « Mais que fout un gosse de cet âge dehors à une heure pareille ? »
    - Je t’en pose moi des questions, trouduc’ ? il mimait avec sa bouche.
    Des vacheries d’idées le tenaient debout toute la nuit, ces temps-ci. Ces idées de nanas. Ca le rendait dingue. Ca lui faisait sauter le cerveau. Alors il attendait que tout le monde pionce, et puis il se mettait à gamberger en marchant à travers la ville. Au moins ça te fera perdre un peu de gras, hein, Donnie. Les filles elles aiment pas les gros, Donnie. Cette nuit comme d’autres avant celle-là, il marchait pour se débarrasser des filles à poil qui dansaient dans sa tête.
    Ca commençait toujours pareil. L’une d’elles sortait la tête d’un buisson, dans un recoin de son crâne. Elle regardait si y avait pas de danger, puis elle sortait… Comme les ballerines, elle faisait une petite révérence… Puis elle donnait la main à la deuxième, qui bondissait elle aussi hors du buisson, les jambes longues, fines… Puis une troisième pointait le bout de son nez… et venait les autres… Une ribambelle de filles sans un centimètre carré de tissu pour cacher quoi que ce soit ! Et elles dansaient. Leurs sourires fendaient leurs visages ; leurs dents blanches scintillaient…
    Mec, tu vas pas y croire. J’les vois à poil !!

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  • [Livre] Les secrets de Brune - L'amie parfaite

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

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    Résumé : C’est bientôt la rentrée et Brune change de collège… Son angoisse grandit à mesure que le jour fatidique approche. A quoi ressemblera sa nouvelle vie ? Son histoire commence…

     

    Auteur : Bruna Vieira

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 mai 2017

     

    Prix moyen : 15,50€

     

    Mon avis : Je sors de ma lecture très mitigée. Les illustrations sont douces, avec un petit côté flou. Personnellement ce n’est pas le genre d’illustrations qui me plaisent, mais tout est question de goût.
    Ce qui m’a vraiment gênée dans cet album, c’est qu’il y a vraiment trop peu de texte, surtout en considérant le prix de l’album.
    Il n’y a pas vraiment d’histoire suivie, seulement des bribes de dialogues et de pensées. Pour moi, c’est plus une ébauche, comme si l’auteur avait jetée quelques idées dans l’intention de faire un album. J’aurais préféré quelque chose de plus fourni, avec une vraie histoire.
    Pour le peu que j’ai lu, j’ai trouvé Brune assez irritante : elle se plaint que personne lui parle, mais ne va vers personne ; Et quand les gens lui parle, elle n’est encore pas contente : une critique et c’est la fin du monde ; un compliment et elle se sent agressée…
    J’aurais peu être plus eu de sympathie pour elle si le personnage avait été un peu plus approfondi, ici, je n’ai eu l’impression ni de suivre une histoire, ni de découvrir le personnage de Brune.
    En revanche j’ai bien aimé le côté interactif : il y a des emplacements pour que le lecteur écrive son histoire, ses pires journées à l’école ou encore sa playlist de musique qui donne la pêche etc…

    Un extrait :

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  • [Livre] Nils & Zena #3 Le commandeur

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

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    Résumé
     : Ce matin, c’est Nils qui emmène Pou, son petit frère mutique, à l’école maternelle. En chemin, ils passent devant le Manoir, la demeure du Commandeur – et son garde du corps, la Gorgone, les prend alors en chasse ! Nils et Pou s’en sortent sans encombre et arrivent à l’école. Mais quelques heures plus tard, la maîtresse lance l’alerte : Pou a disparu !
    Nils et Zena accourent aussitôt sur les lieux où, très vite, Zena trouve une piste, qui mène le duo sur la trace d’un cirque clandestin…

     

    Auteur : Sylvie Deshors

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 mai 2017

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : Pour ce troisième et dernier tome des aventures de Nils et Zena, je confirme et je signe : Zena et moi, ça ne le fait pas du tout ! Je continue à trouver cette fille inconsciente et égoïste. Il suffit de voir sa réaction quand Nils ne veut pas la suivre pour rester avec son frère le temps que sa mère arrive. Elle ne comprend tout simplement pas qu’il puisse choisir son frère plutôt qu’elle et préférerait nettement coller le gamin dans les pattes d’un des petits voyous du quartier, comme un paquet qu’il garderait en consigne.
    Nils lui, en revanche, est dévoré d’inquiétude quand il apprend la disparition de son petit frère (j’ai d’ailleurs trouvé très bien la réaction du proviseur du collège à ce sujet), et est d’autant plus préoccupé qu’il a bien vu que la Gorgone en avait après Pou.
    Le commandeur est plus méprisable que jamais. Voilà qu’il s’en prend à un bébé, maintenant. Comme si un bout de chou de trois ans pouvait menacer son empire. Mais on voit bien qu’il ne supporte simplement pas la moindre anicroche dans sa parfaite organisation. Il tient tout le monde soit par l’argent, soit par la menace, et, comme personne ne s’est probablement jamais élevé contre lui, il se sent tout puissant, invincible…

    On se demande d’ailleurs comment il peut toujours être à la tête de son organisation quand on voit comment il traite ses complices. Aucun d’entre eux ne se rend compte que s’ils s’unissaient, le commandeur n’aurait d’autre choix que de s’écraser ?
    J’ai bien aimé avoir le fin mot de l’histoire sur ce que trafiquait exactement ce sale type dans son manoir, et on peut dire que ce n’est pas petit comme révélation.
    J’ai cependant regretté que certains s’en sortent un peu facilement. J’aurais aimé une fin plus tranchée.
    Malgré tout, une fois commencé, je n’ai plus pu lâcher le livre avant d’en avoir lu la dernière ligne !

    Un extrait : Quand Nils sort de ses pensées, Pou a lâché sa main sans qu’il y prenne garde.
    Alerte ! Le petit se dirige droit vers le portail du maudit Manoir qui trône à l’entrée de l’impasse ! Pas du tout impressionné, il s’arrête pour tendre le cou et fixer avec curiosité la façade aux balcons tarabiscotés. Qu’est ce qui peut l’intéresser autant ? Ca le regarde… Mais quand Pou se met à faire coucou au Manoir, Nils le rejoint d’un bond et reprend d’autorité sa petite main dans la sienne.
    - On ne reste pas là. C’est la maison du méchant Commandeur, et elle est gardée par une affreuse gardienne, la Gorgone ! Viens vite.
    Seulement, Pou ne veut pas partir. Il se raidit, agite furieusement les bras, tape des pieds. Il résiste en silence, avec obstination, à la traction de son grand frère, sans quitter la bâtisse des yeux. Quant à Nils, tiraillé entre son appréhension du Commandeur et son étonnement face au comportement de Pou, il observe à son tour la demeure. Une porte-fenêtre bat, sur un des balcons du premier étage. Pou se pend à son bras avec insistance.
    Mais à cet instant, le portail métallique coulisse sur ses rails – Nils tire vivement son frère en arrière. Trop tard : la face aplatie de la Gorgone se tord avec mépris en les découvrant ! Elle jette un regard de haine pure à Pou et s’écrie :

    - Sale morveux fouineur, attends un peu… Ah, on est avec son grand frère, à ce que je vois. Encore dans mes pattes, le danseur ? On y prend goût !
    La gardienne du Manoir ricane, et dans le même temps, elle s’approche imperceptiblement. En vérité, elle essaie d’hypnotiser Nils de son regard bovin tout en tendant ses bras d’Haltérophile vers son petit frère.
    Nils s’en rend compte in extremis : vif comme l’éclair, il attrape Pou et le soulève juste avant que les gros poings n’aient pu s’en saisir. Nils file déjà, le petit accroché à son cou – il bondit, sprinte, sans se retourner. La peur lui donne des ailes…
    … mais la Gorgone les talonne, aboyant injures et menaces. Elle veut sans doute lui faire peur, pour se venger de la dernière fois, et lui filer une bonne raclée. Quel monstre, cette horrible femme ! Ses pas qui ébranlent le bitume et son souffle de taureau terrorisent Pou, qui cache son visage contre celui de son frère.
    Allez, plus vite, plus vite ! S’encourage Nils en accélérant. Leur traversée du rond point provoque un déluge de coups de klaxon et de crissements de pneus.
    Restée sur le trottoir, la Gorgone pousse un cri de guerre guttural !

  • [Livre] Appuyez sur étoile


    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

     

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    Résumé
     : Quelques saisons ? Quelques mois ? Avril ne sait pas combien de jours il reste à sa mémé avant « d'appuyer sur Étoile ».

    La maladie est revenue, et ça fait peur.

    Mais Avril est prête à tout pour tenter de rendre les derniers jours de sa mémé plus beaux, moins durs. Il faut dire que mémé, ce n'est pas le genre chandail & tisane. Elle a passé sa vie dans les lumières tamisées d'un bar à champagne ; elle a chanté, dansé, aimé plus que d’autres en mille vies ; alors, pas question pour elle de mourir les yeux rivés sur un plafond blanc !

    Un jour, à l'hôpital, elle expose son rêve à Avril : s'éteindre tout en haut d’une montagne, près des étoiles. Assez près pour les toucher.

    Projet fou ? Impossible ? Sauf qu'Avril a justement l’énergie qui déplace les montagnes. La Mort gagnera sans doute, à la fin; mais elle a affaire à deux sacrées combattantes.

     

    Auteur : Sabrina Bensalah

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 5 avril 2017

     

    Prix moyen : 15,50€

     

    Mon avis : En ce moment, ce n’est pas des plus gais chez Sarbacane collection exprim’. Après deux livres sur la maladie d’Alzheimer (Quelqu’un qu’on aime et Rien ni personne), nous voici confrontés au cancer.
    Si l’histoire a pour centre Mémé, sa maladie et sa fin prochaine, on va surtout suivre Avril : ses rêves, son travail, ses aspirations, son refus de voir la fin de Mémé, son acharnement à la combler pour ses derniers instants, sa volonté farouche qui va rassembler tant de gens si différents autour d’elle, unis dans le même but : offrir à Mémé un départ dans les étoiles…
    Sabrina Bensalah nous offre un récit d’une intensité qui coupe le souffle, une intensité qu’on n’identifie pas forcément au premier coup d’œil car elle ne parle, au final, que du quotidien.
    Avril est très attachante, elle a une grande force mais aussi une certaine fragilité qu’elle répugne à laisser voir.
    Chacun des personnages est semblable en cela qu’ils cherchent tous à faire bonne figure devant les autres : Mémé, comme Avril, ne montre pas qu’elle a peur ; Avril et son père cache leur peine ; Tarik lui, cache ses incertitudes et son mal-être. Chacun se cache, par soucis d’épargner les autres.
    Le roman, qui se déroule sur plusieurs saisons, avec au début de chacune un petit texte en forme de sablier reprenant et mélangeant les paroles d’Avril et de Mémé, comme pour les lier un peu plus qu’elles ne le sont déjà, alterne entre humour, tendresse et moments plus sombres avec l’évolution de la maladie de Mémé et sa fin que l’on sent de plus en plus proche.
    Il m’a manqué un petit je-ne-sais-quoi pour faire de ce roman un coup de cœur, mais il reste néanmoins un excellent moment de lecture.

    Un extrait : Leste silhouette enveloppée dans une veste en jean clair, Avril déambule parmi les étals colorés qui ont envahi la place Albert Thomas. Elle a accroché à sa poche une broche tête de lapin blanc. Et posé sur son visage un sourire qui la rend belle.
    Une valisette prolonge son bras droit avec élégance. Ce rectangle au revêtement métallique recèle des trésors. Ses ciseaux notamment, coûteux et performants, qu’elle a domptés de ses mains talentueuses. Ensemble, sa valise et elle parcourent la ville de Saint-Etienne, d’une cliente à l’autre. Dès qu’Avril l’ouvre, ses ustensiles rangés de façon méthodique dans des compartiments se déploient. C’est avec cette valisette que se dessine sa carrière de coiffeuse, elle l’a même surnommée « son avenir ».
    Attirée par les étals, Avril a soudain envie d’une pomme, s’en offre deux, croque dans la première – parfaitement juteuse – puis offre l’autre à cette femme qu’elle croise là, les fesses posées sur la misère.
    - Merci, ma p’tite !
    Avril sourit, pense à sa mémé. Les mêmes mots, mais sans la voix chaude. Mémé et cette fichue maladie… Des poussières dans la tête, elle dit souvent. Par eu le temps de faire le ménage : trop de temps passé à vivre. Le médecin a appelé ça tumeur. Il y a eu une opération, de la chimio, une longue convalescence. Là, c’est le temps de la rémission (définition : épée de Damoclès).
    Avril presse le pas, elle est attendue chez Madeleine Ruffaid.
    Madeleine est sa cliente la plus âgée. Chaque semaine, elle fait appel à Avril pour qu’elle lui façonne son chignon. Elle a des cheveux féériques, longs et vigoureux, d’un gris enchanteur. Elle vit seule, rue de la Résistance, à côté de la librairie Les croquelinottes. Avril admire la vitrine à chaque fois et se souvient qu’avec son père, elle y prenait du temps pour se choisir un roman.
    C’est au 23 que Madeleine l’attend ; mais à peine Avril a-t-elle posé un pied dur le paillasson Bienvenu qu’un véritable raffut l’accueille. Jean-Noël manifeste sa joie de la voir. Il est là, juste derrière la porte, et il aboie si fort qu’il vole la vedette à Michel Sardou, le chanteur favori de Madeleine.
    - J’arrive ! J’arriiiiive !

    Derrière la porte, Jean-Noël s’agite de plus belle… Avril retient son souffle, garde son sang-froid puis raidit sa jambe gauche parce que, elle le sait, c’est celle-ci qu’il préfère. La porte s’ouvre sur Je vais t’aimer – et sur le chien qui se faufile hors de l’appartement. Il renifle les ballerines et, inéluctablement, se campe sur ses deux pattes arrière pour mieux frétiller contre sa jambe. Avril cache une grimace de dégoût.
    Madeleine Ruffaid accourt à la rescousse.
    -Jean-Noël, veux tu arrêter ! Tu me fais honte ! Elle se fâche en ébrouant le poil de la bestiole. Entre, Avril, j’espère que tu as faim ?
    - Ma foi… il y a un petit vide dans mon estomac qu’il serait fort agréable de combler.
    - Ca tombe bien, j’ai fait un cake à la fraise. Ca te dit ? Avec un café ?
    - S’il vous plaît !
    Huuum ! Le cake à la fraise de Madeleine Ruffaid… une merveille. Et, incidemment, le préféré de Jean-Noël.
    - C’était le préféré de mon Jean-Noël.
    Pas le chien cette fois mais le mari, qui s’est volatilisé il y a trente ans avec un professeur de tennis, ancien champion régional. Le choc fut tellement violent que Madame Ruffaid en est restée inconsolable. Depuis, elle a affublé chacun de ses animaux de compagnie – perroquet, chat et même poisson rouge – du même nom que son mari. Rituel cathartique. Un cas rarissime dans les nombreuses maladies d’amour recensées.

  • [Livre] L'écrivain abominable

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

     

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    Résumé : Manolo, allergique à la lecture, redoute la venue à l'école de Roland Dale, célèbre auteur pour la jeunesse invité par la maîtresse. A peine arrivé, Dale capture les enfants grâce à un sort. Epargnés, le garçon et son amie Joanna partent secourir leurs amis enfermés dans le manoir de l'écrivain qui tente de leur voler leur imagination

     

    Auteur : Anne-Gaëlle Balpe

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : jeunesse

     

    Date de parution : 05 avril 2017

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce livre que les enfants pourront qualifier de « qui fait peur, mais pas trop ».
    J’ai retrouvé avec plaisir les bonus de la collection pépix, bien qu’ils soient ici un peu moins nombreux que dans les autres livres de la collection, en appréciant particulièrement la carte du manoir, qui permet aux enfants de se situer à la fois dans l’histoire et dans leur lecture, et la page expliquant les différences existant entre un phoque et une otarie.
    Concernant l’histoire en elle-même, je pense que beaucoup d’adultes auront le sourire en découvrant le nom de l’auteur qui doit visiter la classe de Manolo : Roland Dale. Difficile, en effet, de ne pas faire le rapprochement avec Roald Dahl (qui sera lui aussi cité dans le texte).
    Manolo est complètement réfractaire à l’enseignement traditionnel (et on ne peut que le comprendre) et aux livres. Comme lui, j’ai trouvé ridicule d’obliger les élèves à poser chacun une question à l’auteur : déjà, c’est le meilleur moyen pour braquer les plus récalcitrant (parler en public n’est pas facile pour tout le monde) et ensuite la rencontre perd de sa spontanéité.
    Manolo est très débrouillard même s’il manque un peu de finesse et de patience. La relation qu’il a avec Honk, son otarie est très forte ; d’ailleurs celle-ci se comporte avec lui comme un petit chien.
    Dès le début, Manolo, par son agitation, échappe aux phénomènes bizarres qui entourent l’écrivain qui n’a rien de sympathique.
    On suit avec plaisir et intérêt l’avancée du petit groupe qui entoure Manolo dans son avancée à l’intérieur du manoir, véritable labyrinthe dont ils devront comprendre la logique avant de pouvoir se déplacer efficacement.
    Un bon petit roman, mi-aventure, mi-thriller, qui plaira sans aucun doute à tous les petits fonceurs !

    Un extrait : Ca ne faisait pas trois jours que ses parents avaient installé le cirque à Saint-Laurent-sur-Grole, et Manolo n’en pouvait déjà plus. Il en avait super marre.
    Super marre de rester assis dans cette classe.
    Super marre de devoir supporter la voix nasillarde de Madame Gastraud (Ok, pour son nom, le premier jour c’était marrant).
    Super marre de l’imparfait du subjonctif des verbes du premier groupe (qui ne sert à rien, on est d’accord ?)
    Super marre des hommes préhistoriques avec leur peau de bête et leurs dents toutes pourries.
    Et surtout…surtout…
    Super-Archi-marre des divisions posées. C’est bien simple : la seule chose que Manolo avait pigée à ce truc, c’était que ça ressemblait à une potence à laquelle on aurait pendu un quotient. Vous trouvez ça réjouissant ?
    D’autant qu’il suffisait de sortir une calculatrice, et hop, l’affaire était dans le sac, pas la peine d’y passer des semaines !
    En récré, ça n’était pas mieux. Les autres gamins de la classe le traitaient comme un extraterrestre. Ils n’arrêtaient pas de lui poser des questions débiles, du genre :
    - Hé Manolo, y’a une douche dans ta caravane ?
    - Ton père, il enlève son nez rouge pour manger ?
    - On peut avoir une entrée gratuite ?
    - Ta mère, c’est la femme à barbe ?
    C’était comme ça depuis deux jours, et Manolo avait franchement envie de se pendre dans son cahier de maths avec les quotients. Ou alors, de libérer les tigres et de les lâcher dans l’école (ou les lamas, ce qui serait moins grave mais quand même marrant).