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  • [Livre] Les secrets de Brune - L'amie parfaite

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

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    Résumé : C’est bientôt la rentrée et Brune change de collège… Son angoisse grandit à mesure que le jour fatidique approche. A quoi ressemblera sa nouvelle vie ? Son histoire commence…

     

    Auteur : Bruna Vieira

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 mai 2017

     

    Prix moyen : 15,50€

     

    Mon avis : Je sors de ma lecture très mitigée. Les illustrations sont douces, avec un petit côté flou. Personnellement ce n’est pas le genre d’illustrations qui me plaisent, mais tout est question de goût.
    Ce qui m’a vraiment gênée dans cet album, c’est qu’il y a vraiment trop peu de texte, surtout en considérant le prix de l’album.
    Il n’y a pas vraiment d’histoire suivie, seulement des bribes de dialogues et de pensées. Pour moi, c’est plus une ébauche, comme si l’auteur avait jetée quelques idées dans l’intention de faire un album. J’aurais préféré quelque chose de plus fourni, avec une vraie histoire.
    Pour le peu que j’ai lu, j’ai trouvé Brune assez irritante : elle se plaint que personne lui parle, mais ne va vers personne ; Et quand les gens lui parle, elle n’est encore pas contente : une critique et c’est la fin du monde ; un compliment et elle se sent agressée…
    J’aurais peu être plus eu de sympathie pour elle si le personnage avait été un peu plus approfondi, ici, je n’ai eu l’impression ni de suivre une histoire, ni de découvrir le personnage de Brune.
    En revanche j’ai bien aimé le côté interactif : il y a des emplacements pour que le lecteur écrive son histoire, ses pires journées à l’école ou encore sa playlist de musique qui donne la pêche etc…

    Un extrait :

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  • [Livre] Nils & Zena #3 Le commandeur

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

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    Résumé
     : Ce matin, c’est Nils qui emmène Pou, son petit frère mutique, à l’école maternelle. En chemin, ils passent devant le Manoir, la demeure du Commandeur – et son garde du corps, la Gorgone, les prend alors en chasse ! Nils et Pou s’en sortent sans encombre et arrivent à l’école. Mais quelques heures plus tard, la maîtresse lance l’alerte : Pou a disparu !
    Nils et Zena accourent aussitôt sur les lieux où, très vite, Zena trouve une piste, qui mène le duo sur la trace d’un cirque clandestin…

     

    Auteur : Sylvie Deshors

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 mai 2017

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : Pour ce troisième et dernier tome des aventures de Nils et Zena, je confirme et je signe : Zena et moi, ça ne le fait pas du tout ! Je continue à trouver cette fille inconsciente et égoïste. Il suffit de voir sa réaction quand Nils ne veut pas la suivre pour rester avec son frère le temps que sa mère arrive. Elle ne comprend tout simplement pas qu’il puisse choisir son frère plutôt qu’elle et préférerait nettement coller le gamin dans les pattes d’un des petits voyous du quartier, comme un paquet qu’il garderait en consigne.
    Nils lui, en revanche, est dévoré d’inquiétude quand il apprend la disparition de son petit frère (j’ai d’ailleurs trouvé très bien la réaction du proviseur du collège à ce sujet), et est d’autant plus préoccupé qu’il a bien vu que la Gorgone en avait après Pou.
    Le commandeur est plus méprisable que jamais. Voilà qu’il s’en prend à un bébé, maintenant. Comme si un bout de chou de trois ans pouvait menacer son empire. Mais on voit bien qu’il ne supporte simplement pas la moindre anicroche dans sa parfaite organisation. Il tient tout le monde soit par l’argent, soit par la menace, et, comme personne ne s’est probablement jamais élevé contre lui, il se sent tout puissant, invincible…

    On se demande d’ailleurs comment il peut toujours être à la tête de son organisation quand on voit comment il traite ses complices. Aucun d’entre eux ne se rend compte que s’ils s’unissaient, le commandeur n’aurait d’autre choix que de s’écraser ?
    J’ai bien aimé avoir le fin mot de l’histoire sur ce que trafiquait exactement ce sale type dans son manoir, et on peut dire que ce n’est pas petit comme révélation.
    J’ai cependant regretté que certains s’en sortent un peu facilement. J’aurais aimé une fin plus tranchée.
    Malgré tout, une fois commencé, je n’ai plus pu lâcher le livre avant d’en avoir lu la dernière ligne !

    Un extrait : Quand Nils sort de ses pensées, Pou a lâché sa main sans qu’il y prenne garde.
    Alerte ! Le petit se dirige droit vers le portail du maudit Manoir qui trône à l’entrée de l’impasse ! Pas du tout impressionné, il s’arrête pour tendre le cou et fixer avec curiosité la façade aux balcons tarabiscotés. Qu’est ce qui peut l’intéresser autant ? Ca le regarde… Mais quand Pou se met à faire coucou au Manoir, Nils le rejoint d’un bond et reprend d’autorité sa petite main dans la sienne.
    - On ne reste pas là. C’est la maison du méchant Commandeur, et elle est gardée par une affreuse gardienne, la Gorgone ! Viens vite.
    Seulement, Pou ne veut pas partir. Il se raidit, agite furieusement les bras, tape des pieds. Il résiste en silence, avec obstination, à la traction de son grand frère, sans quitter la bâtisse des yeux. Quant à Nils, tiraillé entre son appréhension du Commandeur et son étonnement face au comportement de Pou, il observe à son tour la demeure. Une porte-fenêtre bat, sur un des balcons du premier étage. Pou se pend à son bras avec insistance.
    Mais à cet instant, le portail métallique coulisse sur ses rails – Nils tire vivement son frère en arrière. Trop tard : la face aplatie de la Gorgone se tord avec mépris en les découvrant ! Elle jette un regard de haine pure à Pou et s’écrie :

    - Sale morveux fouineur, attends un peu… Ah, on est avec son grand frère, à ce que je vois. Encore dans mes pattes, le danseur ? On y prend goût !
    La gardienne du Manoir ricane, et dans le même temps, elle s’approche imperceptiblement. En vérité, elle essaie d’hypnotiser Nils de son regard bovin tout en tendant ses bras d’Haltérophile vers son petit frère.
    Nils s’en rend compte in extremis : vif comme l’éclair, il attrape Pou et le soulève juste avant que les gros poings n’aient pu s’en saisir. Nils file déjà, le petit accroché à son cou – il bondit, sprinte, sans se retourner. La peur lui donne des ailes…
    … mais la Gorgone les talonne, aboyant injures et menaces. Elle veut sans doute lui faire peur, pour se venger de la dernière fois, et lui filer une bonne raclée. Quel monstre, cette horrible femme ! Ses pas qui ébranlent le bitume et son souffle de taureau terrorisent Pou, qui cache son visage contre celui de son frère.
    Allez, plus vite, plus vite ! S’encourage Nils en accélérant. Leur traversée du rond point provoque un déluge de coups de klaxon et de crissements de pneus.
    Restée sur le trottoir, la Gorgone pousse un cri de guerre guttural !

  • [Livre] Appuyez sur étoile


    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

     

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    Résumé
     : Quelques saisons ? Quelques mois ? Avril ne sait pas combien de jours il reste à sa mémé avant « d'appuyer sur Étoile ».

    La maladie est revenue, et ça fait peur.

    Mais Avril est prête à tout pour tenter de rendre les derniers jours de sa mémé plus beaux, moins durs. Il faut dire que mémé, ce n'est pas le genre chandail & tisane. Elle a passé sa vie dans les lumières tamisées d'un bar à champagne ; elle a chanté, dansé, aimé plus que d’autres en mille vies ; alors, pas question pour elle de mourir les yeux rivés sur un plafond blanc !

    Un jour, à l'hôpital, elle expose son rêve à Avril : s'éteindre tout en haut d’une montagne, près des étoiles. Assez près pour les toucher.

    Projet fou ? Impossible ? Sauf qu'Avril a justement l’énergie qui déplace les montagnes. La Mort gagnera sans doute, à la fin; mais elle a affaire à deux sacrées combattantes.

     

    Auteur : Sabrina Bensalah

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 5 avril 2017

     

    Prix moyen : 15,50€

     

    Mon avis : En ce moment, ce n’est pas des plus gais chez Sarbacane collection exprim’. Après deux livres sur la maladie d’Alzheimer (Quelqu’un qu’on aime et Rien ni personne), nous voici confrontés au cancer.
    Si l’histoire a pour centre Mémé, sa maladie et sa fin prochaine, on va surtout suivre Avril : ses rêves, son travail, ses aspirations, son refus de voir la fin de Mémé, son acharnement à la combler pour ses derniers instants, sa volonté farouche qui va rassembler tant de gens si différents autour d’elle, unis dans le même but : offrir à Mémé un départ dans les étoiles…
    Sabrina Bensalah nous offre un récit d’une intensité qui coupe le souffle, une intensité qu’on n’identifie pas forcément au premier coup d’œil car elle ne parle, au final, que du quotidien.
    Avril est très attachante, elle a une grande force mais aussi une certaine fragilité qu’elle répugne à laisser voir.
    Chacun des personnages est semblable en cela qu’ils cherchent tous à faire bonne figure devant les autres : Mémé, comme Avril, ne montre pas qu’elle a peur ; Avril et son père cache leur peine ; Tarik lui, cache ses incertitudes et son mal-être. Chacun se cache, par soucis d’épargner les autres.
    Le roman, qui se déroule sur plusieurs saisons, avec au début de chacune un petit texte en forme de sablier reprenant et mélangeant les paroles d’Avril et de Mémé, comme pour les lier un peu plus qu’elles ne le sont déjà, alterne entre humour, tendresse et moments plus sombres avec l’évolution de la maladie de Mémé et sa fin que l’on sent de plus en plus proche.
    Il m’a manqué un petit je-ne-sais-quoi pour faire de ce roman un coup de cœur, mais il reste néanmoins un excellent moment de lecture.

    Un extrait : Leste silhouette enveloppée dans une veste en jean clair, Avril déambule parmi les étals colorés qui ont envahi la place Albert Thomas. Elle a accroché à sa poche une broche tête de lapin blanc. Et posé sur son visage un sourire qui la rend belle.
    Une valisette prolonge son bras droit avec élégance. Ce rectangle au revêtement métallique recèle des trésors. Ses ciseaux notamment, coûteux et performants, qu’elle a domptés de ses mains talentueuses. Ensemble, sa valise et elle parcourent la ville de Saint-Etienne, d’une cliente à l’autre. Dès qu’Avril l’ouvre, ses ustensiles rangés de façon méthodique dans des compartiments se déploient. C’est avec cette valisette que se dessine sa carrière de coiffeuse, elle l’a même surnommée « son avenir ».
    Attirée par les étals, Avril a soudain envie d’une pomme, s’en offre deux, croque dans la première – parfaitement juteuse – puis offre l’autre à cette femme qu’elle croise là, les fesses posées sur la misère.
    - Merci, ma p’tite !
    Avril sourit, pense à sa mémé. Les mêmes mots, mais sans la voix chaude. Mémé et cette fichue maladie… Des poussières dans la tête, elle dit souvent. Par eu le temps de faire le ménage : trop de temps passé à vivre. Le médecin a appelé ça tumeur. Il y a eu une opération, de la chimio, une longue convalescence. Là, c’est le temps de la rémission (définition : épée de Damoclès).
    Avril presse le pas, elle est attendue chez Madeleine Ruffaid.
    Madeleine est sa cliente la plus âgée. Chaque semaine, elle fait appel à Avril pour qu’elle lui façonne son chignon. Elle a des cheveux féériques, longs et vigoureux, d’un gris enchanteur. Elle vit seule, rue de la Résistance, à côté de la librairie Les croquelinottes. Avril admire la vitrine à chaque fois et se souvient qu’avec son père, elle y prenait du temps pour se choisir un roman.
    C’est au 23 que Madeleine l’attend ; mais à peine Avril a-t-elle posé un pied dur le paillasson Bienvenu qu’un véritable raffut l’accueille. Jean-Noël manifeste sa joie de la voir. Il est là, juste derrière la porte, et il aboie si fort qu’il vole la vedette à Michel Sardou, le chanteur favori de Madeleine.
    - J’arrive ! J’arriiiiive !

    Derrière la porte, Jean-Noël s’agite de plus belle… Avril retient son souffle, garde son sang-froid puis raidit sa jambe gauche parce que, elle le sait, c’est celle-ci qu’il préfère. La porte s’ouvre sur Je vais t’aimer – et sur le chien qui se faufile hors de l’appartement. Il renifle les ballerines et, inéluctablement, se campe sur ses deux pattes arrière pour mieux frétiller contre sa jambe. Avril cache une grimace de dégoût.
    Madeleine Ruffaid accourt à la rescousse.
    -Jean-Noël, veux tu arrêter ! Tu me fais honte ! Elle se fâche en ébrouant le poil de la bestiole. Entre, Avril, j’espère que tu as faim ?
    - Ma foi… il y a un petit vide dans mon estomac qu’il serait fort agréable de combler.
    - Ca tombe bien, j’ai fait un cake à la fraise. Ca te dit ? Avec un café ?
    - S’il vous plaît !
    Huuum ! Le cake à la fraise de Madeleine Ruffaid… une merveille. Et, incidemment, le préféré de Jean-Noël.
    - C’était le préféré de mon Jean-Noël.
    Pas le chien cette fois mais le mari, qui s’est volatilisé il y a trente ans avec un professeur de tennis, ancien champion régional. Le choc fut tellement violent que Madame Ruffaid en est restée inconsolable. Depuis, elle a affublé chacun de ses animaux de compagnie – perroquet, chat et même poisson rouge – du même nom que son mari. Rituel cathartique. Un cas rarissime dans les nombreuses maladies d’amour recensées.

  • [Livre] L'écrivain abominable

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

     

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    Résumé : Manolo, allergique à la lecture, redoute la venue à l'école de Roland Dale, célèbre auteur pour la jeunesse invité par la maîtresse. A peine arrivé, Dale capture les enfants grâce à un sort. Epargnés, le garçon et son amie Joanna partent secourir leurs amis enfermés dans le manoir de l'écrivain qui tente de leur voler leur imagination

     

    Auteur : Anne-Gaëlle Balpe

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : jeunesse

     

    Date de parution : 05 avril 2017

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce livre que les enfants pourront qualifier de « qui fait peur, mais pas trop ».
    J’ai retrouvé avec plaisir les bonus de la collection pépix, bien qu’ils soient ici un peu moins nombreux que dans les autres livres de la collection, en appréciant particulièrement la carte du manoir, qui permet aux enfants de se situer à la fois dans l’histoire et dans leur lecture, et la page expliquant les différences existant entre un phoque et une otarie.
    Concernant l’histoire en elle-même, je pense que beaucoup d’adultes auront le sourire en découvrant le nom de l’auteur qui doit visiter la classe de Manolo : Roland Dale. Difficile, en effet, de ne pas faire le rapprochement avec Roald Dahl (qui sera lui aussi cité dans le texte).
    Manolo est complètement réfractaire à l’enseignement traditionnel (et on ne peut que le comprendre) et aux livres. Comme lui, j’ai trouvé ridicule d’obliger les élèves à poser chacun une question à l’auteur : déjà, c’est le meilleur moyen pour braquer les plus récalcitrant (parler en public n’est pas facile pour tout le monde) et ensuite la rencontre perd de sa spontanéité.
    Manolo est très débrouillard même s’il manque un peu de finesse et de patience. La relation qu’il a avec Honk, son otarie est très forte ; d’ailleurs celle-ci se comporte avec lui comme un petit chien.
    Dès le début, Manolo, par son agitation, échappe aux phénomènes bizarres qui entourent l’écrivain qui n’a rien de sympathique.
    On suit avec plaisir et intérêt l’avancée du petit groupe qui entoure Manolo dans son avancée à l’intérieur du manoir, véritable labyrinthe dont ils devront comprendre la logique avant de pouvoir se déplacer efficacement.
    Un bon petit roman, mi-aventure, mi-thriller, qui plaira sans aucun doute à tous les petits fonceurs !

    Un extrait : Ca ne faisait pas trois jours que ses parents avaient installé le cirque à Saint-Laurent-sur-Grole, et Manolo n’en pouvait déjà plus. Il en avait super marre.
    Super marre de rester assis dans cette classe.
    Super marre de devoir supporter la voix nasillarde de Madame Gastraud (Ok, pour son nom, le premier jour c’était marrant).
    Super marre de l’imparfait du subjonctif des verbes du premier groupe (qui ne sert à rien, on est d’accord ?)
    Super marre des hommes préhistoriques avec leur peau de bête et leurs dents toutes pourries.
    Et surtout…surtout…
    Super-Archi-marre des divisions posées. C’est bien simple : la seule chose que Manolo avait pigée à ce truc, c’était que ça ressemblait à une potence à laquelle on aurait pendu un quotient. Vous trouvez ça réjouissant ?
    D’autant qu’il suffisait de sortir une calculatrice, et hop, l’affaire était dans le sac, pas la peine d’y passer des semaines !
    En récré, ça n’était pas mieux. Les autres gamins de la classe le traitaient comme un extraterrestre. Ils n’arrêtaient pas de lui poser des questions débiles, du genre :
    - Hé Manolo, y’a une douche dans ta caravane ?
    - Ton père, il enlève son nez rouge pour manger ?
    - On peut avoir une entrée gratuite ?
    - Ta mère, c’est la femme à barbe ?
    C’était comme ça depuis deux jours, et Manolo avait franchement envie de se pendre dans son cahier de maths avec les quotients. Ou alors, de libérer les tigres et de les lâcher dans l’école (ou les lamas, ce qui serait moins grave mais quand même marrant).

  • [Livre] Le président

     

    Je remercie l'auteur et le site Librinova pour cette lecture

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    Résumé : L’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, la décision du Royaume-Uni de sortir de l’Union Européenne, la victoire de François Fillon à la Primaire de la Droite et du Centre, puis le "Pénélope Gate", la montée d’Emmanuel Macron dans la course à l’Elysée ou le renoncement de François Hollande sont autant d’exemples récents qui semblent donner raison à cet adage. Dans ce contexte mouvant, ne peut-on pas imaginer un retour de Nicolas Sarkozy dans la course à l'élection Présidentielle de 2017, à l'aune d'événements peut-être pas si improbables que ça...

     

    Auteur : David Guinard

     

    Edition : Librinova

     

    Genre : Roman contemporain

     

    Date de parution : 14 février 2017

     

    Prix moyen : 14,90€

     

    Mon avis : J’ai classé ce livre en roman contemporain parce que je ne savais pas trop où le classer. On a un peu de doc fiction, un peu de thriller psychologique… difficile de ne le ranger que dans un seul genre.
    J’espère que l’auteur s’est renseigné sur la légalité de son livre : utiliser des personnes existantes dans un récit de fiction se basant sur des faits réels ne peut-il pas lui attirer des ennuis ? J’espère que non, ce serait dommage.
    Ce livre se lit vite et facilement tout en étant très pointu sur les notions de droit constitutionnel et de fonctionnement des institutions.
    J’ai trouvé très peu de coquilles, et on voit bien qu’il s’agit de coquilles, de fautes de frappes et pas de méconnaissance de la langue. Bien au contraire, d’ailleurs, car parfois l’auteur utilise des termes littéraires tels que mésaises ou commensaux. J’ai trouvé que ce changement de registre était dommage car cela cassait le rythme du récit.
    J’ai aussi regretté la vulgarité des personnages principaux. Il y a eu des moments ou je me suis demandé si leur vocabulaire ne se limitait pas à « niquer ».
    J’ai détesté le personnage principal, Sébastien. Tellement, qu’en comparaison Sarkozy m’a presque paru sympathique (j’ai dis presque). Tout m’a rebuté chez lui, de son tempérament à ses convictions politiques, mais le pire était certainement son arrogance. Tout le livre, j’ai espéré le voir se fracasser au sol, mais sur ce plan là, je suis restée sur ma faim. Rien d’étonnant, me direz vous, les politiques s’en sortent toujours…
    Les
    conspirationnistes diront que les faits relatés dans ce livre sont tout à fait plausibles, je préfère croire que les politiques ne sont pas pourris à ce point. Restons positif !
    Moi que la politique gonfle profondément, je ne me suis pas ennuyée une seconde avec cette lecture.
    La fin m’a d’abord frustrée (c’est le syndrome du lecteur qui veut des fins tranchées), mais avec le recul, je la trouve parfaite. Il n’y avait aucune autre fin possible !


    Un extrait : Les résultats sont tombés depuis plus de trois heures déjà, et pourtant Sébastien ne parvient pas à détacher son regard du bandeau qui trône en pied d’écran sur les quatre télévisions qui encadrent le salon. Non pas qu’il n’avait pas anticipé la défaite de Nicolas Sarkozy, les sondages la clamaient haut et fort depuis plus d’un an à mesure que Juppé s’imposait comme l’ultime recours, presque trans-partisan, à une France exsangue, mais pas ce soir, pas à l’issue d’un premier tour plaçant le collaborateur Fillon à plus de 40% des suffrages et dépossédant ainsi son candidat de son ultime baroud d’honneur.

    Intimement, il se rend compte, en dépit de ses dénégations prudentes de ces derniers jours, qu’il avait conservé au fond de lui-même un espoir en un renversement des tendances, en un nouveau coup de massue sur la tête des sondeurs, en un violent sursaut du peuple. L’élection de Trump quelques semaines auparavant flottait nécessairement en filigrane dans son inconscient, et même la remontée récente du croque-mort de la Sarthe dans les intentions de votes lui avait soufflé des calculs de report de voix ultra-cathos au second tour éventuellement propices à une victoire sur le fil.

    Fol espoir que le présentateur de BFM TV a douché ce soir avec une désinvolture qui fait insulte à leur engagement à tous. Sébastien ne parvient toujours pas à réaliser que Fillon a réuni deux fois plus de votants que l’ancien Président et s’ouvre ainsi, presque sans suspens, les portes de l’Elysée avec un programme à faire gerber tout individu doué de la raison la plus élémentaire. Que tout s’achève ainsi, ici, dans les coulisses d’une salle de conférence sans doute désormais désertée par les journalistes, lui semble si incongru, presque intolérable.

    Sébastien sirote distraitement son verre de cognac que Christophe, son acolyte de toujours, avait glissé dans son sac en quittant l’appartement qu’ils partagent rue de Tocqueville dans le XVIIème ce matin, afin de célébrer dignement – un Borderies XO de chez Camus, son préféré – la qualification de Nicolas Sarkozy au second tour des primaires de la droite et du centre, et qui achève, à cet instant, de noyer leur désarroi commun. Au moins l’amertume glisse-t-elle avec chaleur jusqu’au creux de sa gorge.

    — C’est fini, souffle la voix délicieusement éraillée de Nadia, derrière lui.

    Ça doit bien faire huit fois qu’elle répète ces trois mots, comme une punchline destinée à briser le sort, comme un appel au secours, comme un cri. Sébastien a envie de se retourner et de lui foutre deux baffes afin qu’elle se ressaisisse, un peu comme lorsqu’au moment de jouir, elle cherche à reprendre le contrôle de leurs mouvements corps contre corps, et qu’il lui inflige une dernière salve de ses reins afin de l’achever sans considération.

    Sébastien aime bien niquer avec elle, même s’il sait que depuis quelques semaines elle voyait aussi un mec du staff de Lemaire, on ne sait jamais, elle a raison de ménager ses arrières, surtout un soir comme celui-ci, mais Sébastien se dit que si l’alcool n’avait pas commencé à attaquer ses terminaisons nerveuses, il l’aurait bien attrapée par le bras et conduite jusque dans les chiottes du sous-sol afin de faire éclater sa frustration en son sein.

    — Peut-être pas.

     

  • [Livre] Nils & Zena #2 Le manoir

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

    Nils et Zéna, tome 2  Le Manoir.jpg

    Résumé : De leur cabane perchée, Zéna et Nils aperçoivent un incendie qui s'est déclaré dans le quartier. Guidés par Kraï, ils atteignent le départ du feu...

    Ils sont furieux de découvrir que Blaise, un SDF qu'ils connaissent bien, a été accusé sans preuve d'être l'incendiaire. Blaise est innocent, ils en sont certains. Il faut le dédouaner !

     

    Auteur : Sylvie Deshors

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 Mars 2017

     

    Prix moyen :

     

    Mon avis : On retrouve Nils, Zena et bien sûr Krai pour la suite de leurs aventures.
    Petit bémol, d’entrée, le quatrième de couverture est, à mon sens, trompeur.

    En effet, il nous promet une sorte de combat pour innocenter Blaise, le SDF du quartier, alors qu’il n’en est rien.
    Nils et Zena vont bien aider quelqu’un, mais il ne s’agit pas de Blaise.
    Cette fois, c’est Nils qui les lance dans l’aventure. Quand il voit qu’un feu s’est déclaré et qu’il vient du côté du collège, il veut s’assurer que sa précieuse salle informatique n’est pas en danger. Zena, certaine que le collège n’a rien, le suit quand même. C’est toujours mieux que de rester à traîner seule dans leur cabane.
    Kraï va encore accumuler les misères dans ce tome. J’ai trouvé Zena d’une hypocrisie sans nom. En effet, elle s’énerve contre une personne, l’accusant de ne pas prendre soin de son animal de compagnie, mais oublie que Kraï est sans arrêt blessé par sa faute.
    Dans ce tome, sans surprise, je l’ai trouvé énervante, oscillant sans arrêt entre arrogance et témérité. Je n’avais qu’une envie : lui coller une paire de baffe pour lui remettre le cerveau en place.
    Là, elle franchit un nouveau cap en se montrant très agressive, sans aucune raison, avec un personnage qu’elle juge interférer dans sa relation avec Nils.
    Un brin de jalousie peut se comprendre, mais là son attitude est vraiment pathétique. Je comprends pourquoi, à par Nils, personne n’a d’affinité avec elle, quand on voit comment elle parle aux gens qu’elle juge inférieurs à elle (soit quasiment tout le monde).
    Les ados vont se retrouver de nouveau nez à nez avec le commandeur qui trafique on ne sait quoi mais qui est de plus en plus louche et détestable. D’ailleurs j’attends avec impatience de le voir tomber (parce que c’est un roman jeunesse et que je refuse de seulement imaginer qu’il pourrait tirer son épingle du jeu).
    Je me demande qui est vraiment cet homme pour avoir un tel pouvoir et pour agir ainsi en toute impunité ou presque.
    Encore une aventure haletante qui laisse pas mal de questions en suspens. Vivement le tome 3 pour avoir le fin mot de l’histoire !

    Un extrait : Au milieu de l’impasse Beauséjour, le cerisier flamboie sur le ciel gris d’automne. Nils s’arrête, lève la tête pour mieux l’admirer. La belle cabane perchée, cachée au cœur du vieil arbre, est à peine visible. Ils l’ont construite avec Zena, et rien que d’y penser, son cœur bat plus vite. Là-haut, toutes les aventures sont possibles, toutes…
    Un sifflement éraillé coupe court à sa rêverie. C’est Zena qui appelle Kraï, son corbeau.
    D’un bref coup d’œil, Nils vérifie que personne ne le voit s’engager dans la haie qui clôture le jardin du pavillon de Zena – les lauriers, entre leurs feuilles épaisses et caduques, dissimulent toute l’année le passage secret qui mène à la cabane perchée.
    A la sortie, il tombe sur Kraï, qui agite ses ailes à deux centimètres de son nez. Apparemment, il dérange monsieur ! Ce n’est pas la première fois que Nils rêve d’un matin sans corbeau… En courant vers le cerisier, il appelle :
    - Zena, tu es là ?
    Sans attendre la réponse, il saisit la corde, grimpe lestement sur la plate-forme. A peine y a-t-il posé le pied que Zena, surexcitée, le tire vers l’ouverture – celle qu’ils ont taillée dans les branches :

    - Regarde ça ! Là-bas !! C’est le collège qui brûle !
    - Sacré incendie… Tu es sûre que ça se passe au collège ?
    Son amie hausse les épaules avec mépris.

    - Evidemment.
    Elle se détourne. Ses tresses noires en pagaille la font ressembler à son corbeau, tout comme son pull en dentelle de laine noire, avec ses manches longues et évasées. Même ses collants rayés gris et noirs, qui sortent d’un pantalon de jogging bordeaux coupé aux genoux, rappellent les pattes de Kraï.
    - Ca te va bien, ce look, murmure Nils. Bien mieux que les Benzine…
    Soudain, il s’affole en observant la colonne de fumée qui s’élève à l’horizon :
    - La salle informatique !
    Zena le regarde paniquer et son rictus s’agrandit presque comme un sourire. Mais Nils ne le remarque même pas. Atterré, il se prend la tête dans les mains et gémit :
    - Oh non… Si les ordis du collège brûlent, je n’aurai plus que celui de ta sœur…
    A cet instant, son amie fait un grand bond en l’air et entame une « danse du scalp » autour de lui :
    - Ha ha ! Je t’ai eu, le geek ! Le collège est beaucoup plus à droite. Tu les retrouveras, tes beaux ordis !
    Nils, la main en visière, scrute l’horizon. Il préférerait être sûr – Zena a une super mémoire visuelle, d’accord, mais de là à situer avec exactitude le point de départ d’un incendie… Son amie a semé le doute dans son esprit.
    - On va vérifier sur place, d’accord ? dit-il

     

     

  • [Livre] Marquise

     

    Je remercie les éditions sarbacane pour cette lecture

     

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    Résumé : UN CASTING

    Une centaine de candidats, huit lauréats

    LEUR RÊVE ?

    Intégrer une société secrète dans un château en Écosse, où une poignée d'élus vivent comme à la cour du Roi Soleil chez le mystérieux "Marquis".

    AU PROGRAMME :

    Séduction, mensonges et manipulations...

    Si Charlotte avait su comment ça finirait... sûr qu'elle n'aurait pas suivi Billy dans cette galère !

     

    Auteur : Joanne Richoux

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 01 mars 2017

     

    Prix moyen : 15,50€

     

    Mon avis : Au début de ce livre, j’ai été comme Charlotte : dubitative. Puis, comme Charlotte, je me suis laissée prendre au jeu. La ressemblance avec Charlotte s’arrête là, car moi, je ne suis pas redescendue de mon nuage de toute ma lecture !
    D’emblée, la couverture attire l’œil (et pourtant je ne suis pas une folle des couvertures, je suis plus intéressée par le texte). Cette jeune femme, coiffée d’une perruque blanche de l’Ancien Régime, arborant un petit tatouage en fleur de lys, sur ce fond jaune éclatant… Cela donne tout de suite envie de découvrir l’histoire.
    Le style de l’auteur est agréable, j’ai immédiatement plongé dans l’histoire. Alors que souvent, au début d’un livre, j’aime bien, mais je ne suis pas dans une bulle, je suis attentive aux bruits, aux mouvements… Là rien du tout, il aurait pu y avoir une déclaration de guerre que j’en n’aurais rien su !

    J’ai beaucoup aimé le décalage du langage entre les personnages. D’un côté, on a ceux qui font partie des voluptueuses et qui ont un langage très codifié, censé reproduire celui de Versailles, mais qui en réalité sonne plus faux qu’autre chose, parce que, clairement, ils n’ont aucune connaissance historique, et le langage de Charlotte, qui est plus franc, voire parfois carrément argotique ou vulgaire (elle force un peu le trait sur la vulgarité, d’ailleurs, et on sent bien qu’elle veut énerver les personnes qui l’entourent). Le langage de Charlotte montre son refus de se plier aux règles, de rentrer dans le moule.
    Elle est très agacée par tout ce qui se passe au château. D’ailleurs, même si elle ne le relève pas, j’ai trouvé très hypocrite de vouloir reproduire la vie sous le règne de Louis XIV, en copiant certaines choses comme les coiffures extravagantes (d’ailleurs plus à la mode sous le règne de Louis XVI, mais bon) mais de faire porter aux femmes des robes moulantes, fendues, exotiques… au lieu des encombrantes crinolines et des corsets qui coupaient la respiration. On est un peu dans de la reconstitution à la carte !
    Du côté des personnages, il est difficile de se prononcer. Au début, Charlotte a des jugements à l’emporte-pièce : Gloria est une peste, pour rester polie, Giovanni une sorte Gaston de la Belle et la Bête de Disney. Le marquis, on le voit assez peu, mais il n’est guère sympathique. Joshua m’a énervée. Il se montre sympa avec Charlotte, mais il en fait trop. On sent le mec qui ne supporte pas qu’on lui dise non.
    Mais la difficulté pour décrire les personnages est qu’au fil de la lecture, les caractères sont changeants et leurs réactions pas toujours en accord avec ce qu’on aurait imaginé.
    J’ai beaucoup aimé Charlotte, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds mais qui n’est pas exempte de défauts (impatience, un peu trop directe sans penser au fait qu’elle risque de blesser quelqu’un par ses paroles…). Billy, j’ai eu envie de lui mettre des claques. On dirait un gamin capricieux : je veux entrer aux voluptueuses, alors on y va tous les deux ; je veux être en couple avec toi, donc toi aussi tu dois vouloir… c’est plus subtil, mais je le trouve très manipulateur, il joue beaucoup sur l’affectif, à la limite du chantage. Et Charlotte veut tellement qu’il soit bien, qu’elle lui passe un peu trop de choses.
    Au fil de ma lecture je me suis fait une idée de la suite des évènements et même de la fin qui semblait prévisible, mais je me suis faite avoir dans les grandes largeurs ! Je ne m’attendais pas du tout à ça, il a presque fallut que je relise la fin tant j’étais bluffée.
    Le seul (petit, tout petit) bémol que je pourrais avancer, est que la fin est un peu brutale. D’un côté, c’est agréable de s’imaginer ce qu’il peut se passer après la dernière ligne, de réfléchir aux conséquences qu’il pourrait y avoir, mais d’un autre, je me suis sentie un peu frustrée de ne pas avoir de fin tranchée.
    Je ne pense pas qu’il pourrait y avoir une suite, mais sait-on jamais !!!

    Un extrait : A chaque fois qu’il ouvrait la bouche, la blancheur criarde de ses dents irradiait son gigantesque mono-sourcil. Ce jeu de réverbération m’évitait de me focaliser sur la protubérance qui lui trônait au milieu de la face. Raide et longiligne, sa truffe semblait agitée de spasmes de plaisir quand elle reniflait mon trac. Et elle avait de quoi se régaler : mains moites, gorge sèche, pouls déchaîné…je n’étais plus qu’une liste de symptôme rougissants. Les deux femmes qui entouraient mon interlocuteur me faisaient moins d’effet. L’une était fascinée par son stylo, l’autre par sa manucure. Tant mieux.
    Comment je m’étais retrouvée là, au juste ?
    Les quinze jours précédents n’avaient été qu’une ronde d’alcool et de tourisme. On ne s’était rien refusé : la Tour Eiffel, le pont des Arts, le Louvre, Notre Dame, le Père Lachaise, Pigalle... A ce train là, nos économies auraient vite fait d’y passer. Billy semblait oublier qu’on était censés payer notre tribut à la réalité – cette pouffiasse. Il se voyait déjà mener la belle vie dans un château. Moi, je me souvenais qu’on avait surtout intérêt à trouver du boulot. N’importe quoi. Pour après.
    En attendant de pouvoir reprendre mes distributions de CV, j’étais donc là, plantée devant trois magistrats de la valeur humaine, à tenter d’expliquer pourquoi moi – Charlotte-l’orpheline-au-grand-cœur – je méritais ma place dans la communauté des Voluptueuses. Putain de Billy ! Suite à l’envoi des dossiers de candidature, on avait reçu deux lettres – parfumées au jasmin – qui nous invitaient à nous présenter à une audition, le samedi suivant.
    A notre arrivée, une secrétaire nous avait donné une étiquette avec un numéro à scotcher sur notre poitrine. Puis on avait signé des contrats de confidentialité.

    « Je suis le numéro 3329G et je m’engage à ne pas divulguer ou communiquer à des tiers, par quelque moyen que ce soit, les informations qui me seront transmises par la Partie Emettrice. »

    Depuis, on poireautait.

     

  • [Livre] Nils & Zena #1 L'homme au cigare

     

    Je remercie les éditions sarbacane pour cette lecture

    Nils et Zéna, tome 1 L'homme au cigare.jpg

    Résumé : Après une journée à jouer aux cartes dans la cabane perchée qui domine leur cité, Nils et Zéna sans oublier Kraï partent en expédition dans un hangar à l'abandon, au fond de l'impasse.
    Ils découvrent, caché dans le sous-sol, un stock de vêtements Benzine, marque très prisée par les jeunes ; ça sent la contrebande...

     

    Auteur : Sylvie Deshors

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 01 mars 2017

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : Avec ce roman, on découvre non seulement une nouvelle histoire mais aussi une nouvelle collection sarbacane avec Pepix noir, destinée aux 11 – 14 ans. Cette nouvelle collection me semble être tout à fait ce qu’il manquait pour cette tranche d’âge un peu entre deux eaux, où on devient trop grand pour les pepix mais où on manque encore peut être un peu de maturité pour s’attaquer à la collection Exprim’ (Et c’est ça qui génial avec les livres, c’est qu’ils attendent patiemment qu’on ait l’âge, la maturité ou parfois même seulement l’état d’esprit pour les lire).
    J’ai trouvé qu’on avait ici une écriture moins élaborée que dans les Exprim’, avec des phrases plus simples, mais qui aborde des sujets plus sérieux que les pepix.
    Ici, le sujet est celui de la contrebande, mais aussi des voyous de quartiers qui font la loi et semblent agir en toute impunité, se croyant tout puissant alors qu’ils ne sont que du menu fretin, manipulés par un réseau autrement plus important qu’eux.
    J’ai beaucoup aimé le style de l’auteur qui va droit au but et qui n’alourdit pas le texte avec des descriptions qui n’en finissent pas. Ici, elles sont limitées au strict nécessaire pour planter le décor qui va appuyer l’histoire. A l’imagination des lecteurs d’ajouter les détails.
    Lorsque j’ai lu la description du livre, je craignais que les illustrations de style manga ne soient trop présentes, mais non, elles sont bien dosées, en plus d’être bien réalisées et éveille l’intérêt sans pour autant éclipser le texte.
    26BGMRNcb5ipUtdT2.gifDu coté des personnages, j’ai beaucoup aimé Nils. Il n’hésite pas une seconde à aider et à protéger Zena, même lorsqu’il la désapprouve. Il n’est pas téméraire de lui-même, il a l’air plutôt sérieux et responsable.

     

     

     

     

     

    J’ai aussi beaucoup aimé Kraï qui a un satané caractère et comprend bien plus de xTiN0AbvWJ7cJMw1xu.gifchose que ne le devrait un corbeau.

    J’ai eu plus de mal avec Zena que j’ai trouvée arrogante et inconsciente. Elle agit sur des coups de tête, sans réfléchir aux conséquences de ses actes et en entrainant Nils dans ses embrouilles, n’hésitant pas à le faire culpabiliser pour qu’il cède à ses caprices. Le pire est que quand les choses tournent vinaigre, elle n’est pas plus tôt sortie des ennuis qu’elle y replonge aussitôt…

    Quant à l’homme au cigare et au commandeur, on ne sait pas grand-chose d’eux à part que ce sont des malfrats et qu’ils sont détestables.

    La fin du livre clôt l’histoire principale du tome 1 tout en titillant la curiosité au sujet d’un personnage énigmatique : le commandeur.
    On ne peut qu’avoir envie de continuer la série pour en savoir plus sur lui et sur son mystérieux manoir !

    Un extrait : Le pavillon de Zena ne se distingue pas des autres alignés de chaque côté de l’impasse Beauséjour ; comme eux, il est décrépi et entouré d’un jardin. Ce soir, la grande barre d’immeuble qui le domine paraît encore plus grise et triste que d’habitude. Emportés par le vent, les stores frappent et claquent les façades.
    Nils jette un coup d’œil blasé sur la fenêtre de la chambre qu’il partage avec ses frères, au 13ème étage de la barre d’immeuble. Avant, songe-t-il, au lieu que les appartements soient empilés comme des cartons, on construisait des quartiers à plat en y plantant des arbres…

    Il suit Zena à l’intérieur du pavillon :

    - J’allume un feu ?

    - Plus de bois, répond Zena, laconique.

    Nils lorgne avec regret la cheminée éteinte. Dans le jardin, la tempête explose. Il insiste :

    - Et le tas derrière l’atelier de ton père ? Y en a plein !

    - Si tu y touches, tu finiras découpé à la scie électrique.

    - Je préférerais la tronçonneuse, c’est plus rapide !

    - Mon père ne te laissera pas le choix. Tu ne pourras plus mettre les pieds ici, plus question de piquer l’ordi de ma sœur et …

    - Stop ! Parle pas de malheur.
    Zena hausse les épaules :

    - Je sais où trouver des bûches.

    - Génial ! Où ?

    - Au fond de l’impasse, dans le sous-sol du vieil entrepôt.

    A l’entrée de l’impasse, un imposant Manoir tarabiscoté se dresse sur le boulevard – mais à l’autre bout, il n’y a rien qu’une vieille usine délabrée, et le terrain vague qui longe le canal.

    - L’entrepôt ? Il est fermé par une grosse chaîne.
    - Et un cadenas à chiffres, je sais. Je les ai vus.

    Zena plisse les yeux :

    - Je ne suis pas idiote. Mais c’est plein de bois sec, et on peut y accéder. Treize rangées de bûches débitées à la même longueur nous attendent sagement, bien visibles par le soupirail ouvert. Ma main à couper qu’il y en a autant d’empilés dans l’ombre.
    Nils sait qu’il peut se fier à l’exceptionnelle mémoire photographique de Zena. Ce qui réduit les risques.

    - D’accord, on y va. On prend la remorque ?

    - Tu veux les porter sur ton dos, peut-être ?

     

     

  • [Livre] Rien ni personne

     

    Je remercie les éditions sarbacane pour cette lecture

     

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    Résumé : La vieille dame semble avoir poussé comme un champignon. Quand Jeanne la trouve dans la forêt, elle ne réagit pas. Rien. Pas un mot.
    Jeanne finit par la recueillir, mais pour un temps seulement.
    Elle a ses propres problèmes. En fuite, elle vise la lointaine Thaïlande, où elle espère exercer ses talents de boxeuse thaï.
     
    Au fil des jours, Jeanne se familiarise avec sa pensionnaire, qu’elle baptise « Al » - comme Alzheimer. Peu à peu, leurs solitudes se rencontrent.
    Mais le passé n’a pas fini de les poursuivre…

     

    Auteur : Lorris Murail

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 01 février 2017

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Je ne ressors pas de ma lecture aussi enthousiaste que d’habitude quand je fini un roman sarbacane de la collection exprim’.
    La plupart du temps, quelle que soit la gravité du sujet de fond traité dans le roman, il y a du rythme et, très souvent, beaucoup d’humour.
    Il est vrai que le sujet traité, la maladie d’Alzheimer, n’est pas facile à aborder dans un roman jeunesse, mais, Severine Vidal l’a déjà fait avec brio, rythme et beaucoup d’humour et de tendresse dans « 
    Quelqu’un qu’on aime ».
    Ici, même si j’ai bien aimé le roman, j’ai regretté la lenteur qui s’en dégage. On a quasiment un monologue entrecoupé de recherches guère passionnantes.
    Je n’ai pas réussi à m’attacher à l’héroïne, Jeanne, que j’ai trouvée agressive et incapable de prendre la moindre responsabilité de ses actes. Quant à Al, même si elle est touchante, elle n’a pas assez de présence pour devenir attachante. La fin, du coup, m’a laissé de marbre : difficile de ressentir des émotions quand les personnages laissent indifférent.
    L’écriture est pourtant agréable en elle-même et pas un instant je n’ai envisagé l’idée d’abandonné le livre, mais, contrairement à d’autres, je n’ai pas eu trop de mal à le mettre en pause quand j’avais d’autres choses à faire.
    C’est donc avec un avis en demi-teinte que je termine ma lecture. D’un coté, ce n’est pas un livre que j’aurais envie de relire, mais ce n’est pas non plus un livre que je déconseille.
    Il est tellement sur le fil que je pense vraiment qu’il peut plaire ou déplaire selon la sensibilité du lecteur, voire le moment où il est lu par un même lecteur. Peut être que je l’aurais plus apprécié si je l’avais lu à un autre moment.

    Un extrait : Les gens du pays disaient les bois, pas la forêt. Les forêts sont plus vastes, elles sont parfois impénétrables. Avec ses puits d’ombre et ses lumières suspendues, celle-ci aurait pourtant fourni un bon repaire aux fées, aux enchanteurs et aux lutins. Jeanne s’y trouvait bien et son dragon sans doute s’y promenait à son aise. La jeune fille portait l’animal fabuleux à gauche, de l’épaule à la saignée du bras. Noir et jaune, avec une queue d’écailles en tire-bouchon.
    Elle n’avait pas poussé le moindre gémissement, pas un. Toutes les trois minutes, Elric levait les aiguilles de son dermographe et lui demandait ça va ou bien je te fais pas trop mal ? Il lui arrivait de prévenir ça risque de piquer un peu. Au bout d’une heure de travail, Elric avait posé son instrument et annoncé une pause. Son torse en forme de barrique, que se disputaient un tigre et les hautes herbes d’une jungle, luisait de sueur. Le tatoueur était fatigué par l’effort. Jeanne avait souri, sans montrer son impatience. Elle avait écouté Elric lui expliquer qu’il fallait laisser les endorphines se refaire une santé, sinon le tatoué commençait à sentir la douleur. Il avait dit j’ai l’air d’un monstre pervers mais j’essaie quand même de ne pas trop faire souffrir les clients, je tiens à ce qu’ils reviennent. Jeanne lui avait certifié que non, il ne lui faisait pas mal.
    La séance avait duré près de trois heures et Jeanne n’avait donc ni gémi ni frémi. Comme Elric s’en étonnait, limite vexé, elle lui avait dit tu aurait pu me le coudre, mon dragon, que j’aurais pas moufté. T’as bien choisi, avait répondu Elric, c’est toi le monstre finalement, t’as une peau de dragon, gamine, et peut-être pas que la peau. Puis il avait ajouté, à propos, j’ai l’impression qu’il lui manque quelque chose, une belle langue de feu, tu vois, ç’aurait été bien mais j’ai plus la place, si je te la fais ça va partir sous l’aisselle. Jeanne avait répliqué t’as qu’à la mettre ailleurs. Elle lui désignait sa cheville. Pas aujourd’hui, la peau est fine à cet endroit-là, comme t’es en manque d’endorphine au bout de trois heures, tu sauterais au plafond. Jeanne se moquait des endorphines, elle voulait en finir.

     

     

  • [Livre] Korss'Hanes - T01 - L'Eveil

     

    Je remercie les auteurs et le site Librinova pour cette lecture

     

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    Résumé
     : La naissance de deux enfants peut-elle faire basculer le destin d’une nation ?
    Une ancienne prophétie le laisse suggérer et les événements se précipitent. Une guerre se prépare mais qui pourra en prévoir les conséquences ?
    Quand le passé antique et les légendes ressuscitent, le monde des hommes flirte avec le bord du précipice.
    Les enfants du présage se retrouvent au centre du combat. Mais peut-on se fier aux prophéties ?

     

    Auteur : Benjamin Lebrun et Yohann Carouge

     

    Edition : Auto-Edition avec l’aide de Librinova

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 4 Janvier 2017

     

    Prix moyen : 21€

     

    Mon avis : J’ai mis un certain temps à lire ce livre car je n’ai pas vraiment l’habitude (ni la patience, mea culpa) de lire de la fantasy. Il faut dire que ce premier tome a la lourde charge de nous présenter tout un monde avec ses coutumes (plusieurs coutumes, car plusieurs peuples), ses traditions, ses légendes etc… Cela donne un univers très riche et une somme d’informations assez importante à intégrer.
    Pour autant, les auteurs ne se sont pas laissés emportés dans des pages et des pages indigestes de descriptions. Les informations, quoique nombreuses, sont dispersées tout au long du roman, ce qui les rend plus faciles à appréhender.
    En général, j’ai du mal à apprécier les romans auto-édités. Les auteurs ont du mal à accepter cet état de fait, mais force est de constater que si leur roman n’a pas trouvé de maison d’édition, ce n’est pas pour rien.
    Mais ce roman fait partie des exceptions ! Il est bien meilleur que ce que j’ai pu voir, en général, dans le domaine de l’autoédition.
    Il a un style clair et direct, qui évite les répétitions inutiles (la plupart du temps), et le langage inadapté au style du livre, ce qui est le reproche que l’on peut le plus souvent faire aux romans auto-édités.
    Peut-être le fait que les auteurs soient deux les a-t-il aidés à ce sujet.

    Bien sûr, il a quelques défauts, mais ce sont des défauts qui ne seront pas difficile à corriger.
    Parmi eux on compte quelques maladresses de langage, quelques fautes d’orthographes (ou peut-être des coquilles), quelques erreurs de concordance. Le plus gros « problème » est un gros souci d’accord du participe passé qui se présente à plusieurs reprises.
    En bref, rien qui ne soit insurmontable et qui ne peut pas être corrigé avec une relecture plus minutieuse.
    Et même si on grince un peu des dents, cela n’empêche pas la lecture car le texte reste tout à fait compréhensible et ce n’est pas non plus comme s’il y avait une faute à chaque paragraphe.
    Il y a parfois des mots d’argot français qui semblent dénoter dans un monde inconnu comme celui créé par les auteurs (Quand une guerrière « s’emplafonna » contre un mur, il m’a fallu 5 minutes pour arrêter de rigoler… ça a un peu cassé le coté dramatique et sérieux de la scène).

    J’ai beaucoup aimé la complexité des personnages. Aucun d’entre eux n’est tout blanc ou tout noir, et même pour ceux à qui on ne donnerait même pas l’heure, il est difficile de comprendre leurs motivations du premier coup.
    Les personnages sont attachants, qu’ils soient principaux ou secondaires. A chaque combat, j’avais presque peur de tourner les pages, car, s’il y a bien une chose qui ressort des scènes de bataille c’est que, comme dans Game of thrones : personne n’est à l’abri !!! (Bon à part peut-être les jumeaux, mais pour combien de temps ?).
    Comme tout premier tome qui se respecte, celui-ci nous fait nous poser plein de questions.
    Il y en a une que je me pose plus particulièrement : le traître qui se fait crever un œil (non, je ne spoile pas, quand il se fait crever un œil, on sait déjà que c’est un traître) : j’aurais aimé en savoir plus sur ses motivations. Alors oui, ok, il y a l’ambition et l’avidité. Mais il y a aussi une profonde haine, et, étant donné qu’il semblerait que ce soit un ami d’une des héroïnes (ou en tout cas qu’il l’a été dans le passé), j’aurais aimé savoir ce qui avait provoqué cette haine.
    Les dieux et déesses m’ont également intriguée et agacée. Déjà, il semblerait qu’ils ne soient pas plus divinités que vous et moi, seulement de puissants shamans si l’on se fie à une discussion entre « la déesse » et l’un des derniers représentants d’une race ancienne (et là, ça devient difficile d’en parler sans trop en dire !). Je suis curieuse de voir comment cela va tourner… Surtout après les révélations faites sur l’un des jumeaux.

    La fin est assez intrigante pour qu’on ait envie d’en savoir plus et, si le prochain tome est plus relu et corrigé, ce livre sera digne de ceux qui ont inspiré les auteurs !

    Un extrait : L’éclat étincelant des rayons des soleils ne perturbait pas les deux combattants. De nombreuses gouttes de sueur ruisselaient sur leurs fronts plissés. La concentration était à son paroxysme. Le fer s’entrechoquait tandis que de la poussière s’envolait à chaque mouvement d’esquive, de parade ou d’attaque. La fluidité et la vitesse d’exécution des gestes des bretteurs laissaient supposer une grande maîtrise dans l’art de l’acier. Les épéistes étaient splendides à observer, leur gestuelle était un véritable spectacle pour la dizaine d’officiers en armure intégrale, attroupés autour des deux fines lames. Chacun d’entre eux hurlait des encouragements à l’encontre de son favori. Les deux bretteurs n’avaient rien de commun. L’un était un véritable colosse maniant une large épée à deux mains, et l’autre, une amazone combattant avec deux armes. Elle alliait la grâce, la précision et l’agilité d’un félin.

    Soudain, d’une facilité déconcertante, cette dernière désarma son adversaire à l’aide d’un moulinet du poignet et en profita pour lui poser une de ses lames sur la gorge. Celui-ci était maintenant à genoux dans la poussière. Leurs regards se croisèrent lorsque plusieurs cris de soldats brisèrent l’instant de silence d’après confrontation. Elle se retourna arborant un sourire resplendissant. Malgré les marques de l’effort, sa beauté envoûtante n’était en aucun cas affectée. Sa chevelure brune flottait au gré des rafales de vent, ses courbes fines et sa taille de guêpe auraient fait frémir de désir un homme de foi.

    Alors que tout semblait gagné, le colosse lui faucha les jambes à l’aide de son puissant avant-bras droit. La belle guerrière eut à peine le temps de réaliser ce qui lui arrivait que le genou de son adversaire se posait sur sa cage thoracique, lui coupant le souffle et bloquant, par la même occasion, sa capacité de mouvement. Il lui adressa alors la parole d’un air sévère, le ton de sa voix n’avait rien d’agréable. On aurait dit la leçon d’un adulte envers un garnement un peu trop effronté.

    — Combien de fois devrais-je te répéter Illiaka que rien n’est gagné tant que ton adversaire n’est pas tombé sous les coups de ta lame ? Si tu jouais ta vie en ce moment, tes entrailles seraient déjà en train de se déverser sur ce sol.

    — Mais père, ce n’était qu’un entraînement ! Je n’ai pas combattu avec l’intention de vous tuer.

    Ce genre de discours, emprunt de légèreté, énervait au plus haut point Kiran Ryan, le général en charge de la forteresse d’Yvosk.

    — Sotte ! Tu n’es qu’une sotte ! Nous ne sommes pas en guerre mais ne prends pas cet entraînement à la légère. Je n’irai pas ramasser les restes de ton cadavre si tu succombes sous le poids de ton insouciance.

    Illiaka s’échappa de l’emprise de son père, se leva et se dirigea vers ses quartiers. Elle se retourna et le défia du regard.

    — Celui qui me tuera n’est pas encore né ! Personne ne manie l’art de l’acier mieux que moi et vous le savez très bien, assura-t-elle en s’éloignant.

    Alors qu’elle se dirigeait vers ses appartements, elle décida de faire un léger détour par les murs d’enceinte de la cité. Arriver en haut n’était pas chose aisée, leur hauteur avait déjà repoussé par le passé de nombreuses tentatives d’invasion. La forteresse était restée inviolée jusqu’à ce jour, les armées romoriennes et thodoriennes avaient subi quantité d’échecs. De gigantesques « tueurs de pierre » gardaient la muraille, il s’agissait de catapultes capables d’envoyer d’énormes amas de roches. Un véritable massacre si l’armée adverse n’arrivait pas à les neutraliser. Cette dizaine d’engins de mort faisait la fierté de la cité kholienne d’Yvosk. Du haut des remparts, Illiaka pouvait observer ses futures terres, celles qu’elle avait juré de défendre au péril de sa vie. Être la fille de Kiran Ryan impliquait de lourdes responsabilités et elle n’en était pas peu fière.