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Enfants

  • [Livre] Rufus le fantôme

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

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    Résumé : Rufus est un fantôme. A l'école où il va, il y a des zombies, des vampires et des loups-garous. Si le papa de Rufus lui a dessiné un avenir tout tracé, notre fantôme, lui, à d'autres ambitions : il veut devenir LA MORT.

    Oui, la faucheuse, en chair et en os (surtout en os). Un métier passionnant et plein d'avenir, mais pas toujours facile à exercer, ainsi que Rufus va l'apprendre : conditions stressantes, horaires à rallonge...

    Et si tout ça devait mener à une grande GREVE DE LA MORT ?

     

    Auteur : Chrysostome Gourio

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Enfants

     

    Date de parution : 1 Février 2017

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : Encore un pépix plein d’humour et de rebondissements. Rufus est adorablement têtu et il a bien raison : comme s’il n’y avait pas assez de parents qui veulent contrôler la vie de leurs enfants, voilà maintenant qu’il y en a qui veulent contrôler leur mort. Et la mort, c’est quand même vachement plus long et donc c’est vachement plus embêtant d’être obligé de suivre un chemin tout tracé qui ne nous convient pas.
    Même s’il a avalé sa langue (et non, ce n’est pas une expression) et qu’il est donc très difficile à comprendre (un peu comme un enfant de 2 ans qui vous parle avec sa tétine dans la bouche), son copain, Octave, zombie de son état, est un formidable camarade qui l’aide autant qu’il le peut.
    Rufus a déjà choisi la vie, pardon la mort, qu’il aura plus tard : il veut être la mort, la faucheuse et quand il apprend par Melchior, la mort locale, que tout ce qui fait l’intérêt du poste est en danger, il décide de ruer dans les brancards et d’aider Melchior et ses collègues à faire valoir leurs droits. Même si pour cela, il doit défier ses parents.
    J’ai eu un peu de mal avec les parents de Rufus, surtout avec son père. Sa mère est plus ouverte, mais ne semble pas réaliser que ce n’est pas évident à comprendre au premier regard tant elle semble rigide.
    Le père de Rufus, qu’il appelle le Prof, lui, refuse que son fils puisse avoir une autre idée de son avenir que celle que lui-même s’est imaginé. Il ne laisse aucune liberté à Rufus et son épanouissement personnel semble être secondaire dans un premier temps.
    J’ai eu un peu de mal avec la maitresse aussi. Cette manière d’appeler les parents de Rufus après son exposé, j’ai trouvé ça très limite. Au point que j’ai pensé qu’un fantôme ne pouvait pas prétendre à être la Mort et que c’est pour cela qu’elle s’inquiétait pour son élève, alors que de toute évidence, la seule chose qui l’inquiétait, était qu’il ne suive pas le destin tracé par son père.
    J’ai passé un excellent moment avec cette lecture que j’ai fini en moins de 2h. J’ai toutefois une réserve, pour la première fois, sur les bonus. Ils sont plein de second degré qu’on comprend immédiatement en tant qu’adulte et que les enfants d’une douzaine d’années comprendront probablement sans grande peine aussi. En revanche, j’ai peur que les plus jeunes lecteurs ne prennent les « conseils » au pied de la lettre, et j’imagine déjà les réactions des parents quand ils découvriront que leur progéniture a découpé les draps de son lit pour faire un costume de fantôme, qu’il aura piqué du steak haché dans le frigo pour le coller dans son livre ou qu’il exigera une augmentation d’argent de poche sous peine de grève.
    Je pense que quand on s’adresse à un jeune public, il faut faire attention à ce que l’on « conseille » car les enfants ne sont pas réputés pour leur second degré.
    En dehors de cette petite réserve, je trouve que ce roman est très amusant et explique assez bien la notion de grève et de revendications syndicales, avec de petits points historiques disséminés l’air de rien dans les explications du Prof.

    Un extrait : Ils veulent tous comprendre, comme moi à leur âge. Tout ce dont je me souviens, c’est des crocs du loup dans mon bras, d’une silhouette sombre vêtue d’une ample cape, avec sa… grande faux fendant l’air… et puis plus rien. Jusqu’à ce que mes parents viennent me tirer de la tombe.
    Ca s’est passé il y a 526 ans. Et on peut dire que c’est mon âge. Je sais, on a l’impression que c’est vieux (comme mon prénom, Rufus, très à la mode à une époque), mais j’ai l’éternité devant moi, alors ça ne fait pas tant que ça. De plus, lorsque j’ai passé l’arme à gauche, j’avais dix ans. Donc je suis super jeune et je ne fais pas mes siècles.
    Par exemple, mon père, qui a 5347 ans, et ma mère qui en a 4871, sont dans la force de l’âge, alors que quand ils ont expiré, l’Humanité découvrait à peine la civilisation (oui, ils sont beaucoup plus âgés que moi… en fait, après la mort, l’âge devient un facteur assez relatif). Eux, ils ont même connu Homère et Virgile (des types dont vous n’avez peut-être pas entendu parler, mais qui ont écrit des histoires sensationnelles). C’est dire les fossiles !

    Enfin, ils ne les ont pas connus personnellement. Quoique… Est-ce que hanter une maison, ça compte ?
    Si ça compte, alors ils les ont connus de façon intime. Parce que les relations nocturnes, ça crée des liens.
    Normal pour des fantômes.
    Ah oui, c’est important de le noter (au cas où malgré la couverture, le quatrième de couverture, le titre du livre, de ce chapitre, le résumé de votre libraire ou de votre bibliothécaire, vous ne l’auriez pas compris) : je suis un fantôme. Un jeune fantôme, donc, mais un fantôme quand même. Un qui fait peur, traverse les murs et crie Ouuuuhhouuuu !! d’un air lugubre en agitant des chaînes. Enfin, en théorie (vous verrez que c’est plus compliqué que ça).
    Comme je n’ai que 526 ans, on voit clairement à quoi je ressemblais de mon vivant (avec le temps, on disparaît peu à peu, mais c’est pas pour tout de suite). Je n’étais pas très grand, j’avais des cheveux bruns frisottés et des yeux noirs. Ce qui est plutôt pas mal, vu que ça contraste avec mon teint blafard. Disons que maintenant, je suis plutôt beau gosse.
    La face de hachis Parmentier qui m’accompagne, c’est Octave, mon meilleur copain. Le zombie de la tombe d’à côté. Comme vous pouvez le remarquer, on a pas tout à fait la même tête. Parce que c’est un mort vivant. Moi, je suis revenu sans mon enveloppe corporelle, alors que lui a gardé la sienne. Et ça, on ne sait pas très bien à quoi c’est dû. J’ai beau demander à mon père, qui est un érudit, je n’ai jamais eu de réponse claire. Peut-être qu’il se trouvait charmant et ne voulait pas laisser son joli minois pourrir dans un cercueil ? En ce cas, compte tenu de ce qu’il est devenu, je ne suis pas sûr qu’il ait fait le bon choix.

     

  • [Livre] Victor tombe-dedans sur l'île au trésor

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

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    Résumé : Un matin pluvieux de vacances, l’intrépide canaille Victor met un plan en action afin de passer une journée dans sa chambre, pour (se) plonger dans le livre qu’il a choisi : L’Ile au trésor.
    Dès les premiers mots, son fabuleux pouvoir d’imagination l’emporte et il se retrouve les deux pieds dans le sable des Caraïbes, face au terrible pirate Chien Noir… mais aussi aux côtés de Jim Hawkins, le jeune héros de l’histoire de Stevenson. Ensemble, les deux garçons vont partir à la recherche d’un trésor, rencontrer Long John Silver, voir net dans son double jeu et, après bien des péripéties, déjouer les pièges des pirates mutins…

     

    Auteur : Benoît Minville

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Enfant

     

    Date de parution : 5 octobre 2016

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : Les livres de la collection Pepix sont toujours bourrés d’humour, que ce soit dans le texte lui-même ou dans les pages bonus qui parsèment le roman. Celui-ci ne fait pas exception à la règle.

    Victor est un petit garçon malicieux qui adore sa petite sœur, ne supporte pas son ado de frère (qu’il surnomme tête de moussaka) et est affublé d’une mère qui semble considéré ses enfants comme des ennuis permanents.
    Mais Victor est surtout détenteur d’un super pouvoir génial : il peut entrer dans les histoires qu’il lit. Littéralement. Les aventures que contiennent les romans prennent une autre dimension quand on est projeté au cœur de l’histoire.
    Aujourd’hui, c’est dans l’île au trésor de Stevenson que se plonge Victor. On assiste donc à une réécriture de l’histoire qui ne manquera d’éveiller l’intérêt des jeunes lecteurs pour le roman original.
    Victor vit cette aventure en y ajoutant sa touche personnelle. Jim
    Hawkings, le héro du roman de Stevenson, est désarçonné par les anachronismes que n’arrête pas de faire Victor (qui lui parle du foot, de l’école primaire…).

    Le super pouvoir de Victor lui permettra même de se rapproche quelque peu de son frère, comme avant que celui-ci ne soit attaqué par cette bête étrange que la mère de Victor appelle puberté.
    Le rythme est effréné, on ne peut pas arrêter de tourner les pages. La longueur est idéale pour un enfant de 8 à 12 ans. 181 pages c’est assez long pour avoir une histoire bien conçue, bien fouillée, et assez court pour ne pas freiner l’enthousiasme de jeunes lecteurs.
    Il y a un premier tome, mais les deux histoires peuvent se lire indépendamment l’une de l’autre. Dans ce premier tome, c’est dans l’univers des trois mousquetaires que plonge Victor.
    Si j’ai un bémol sur ce livre, c’est que l’histoire est à la première personne, puis passe à la troisième personne avant de revenir à la première. Je n’ai compris ce changement de perspective et je ne l’ai pas trouvé très utile non plus. J’aurais nettement préférée lire toute la première partie de l’aventure en la voyant à travers les yeux de Victor plutôt qu’à travers ceux d’un narrateur extérieur, d’autant plus que jamais on ne voit des passages où Victor n’est pas présent.

    Mais en dehors de ce point en particulier, j’ai trouvé ce livre vraiment prenant et j’ai maintenant hâte de lire un autre livre de cet auteur, dans la collection Exprim, pour voir s’il est aussi talentueux lorsqu’il s’agit d’écrire pour des adolescents qu’il l’est pour s’adresser aux enfants.

    Un extrait : Tête de Moussaka pleurnichait comme un bébé, trempé de la tête aux pieds.
    J’ai tout de même travaillé un peu ma mauvaise foi.

    - J’ai rien fait, c’est lui.

    - La porte se referme toute seule, avec ton frère dehors ?

    - J’ai trouvé ça étrange aussi. Je pense qu’Alexandre est possédé par un esprit, faut pas être normal pour sortir en t-shirt par ce temps… La seule solution, pour être sûr, c’est de le pendre par les pieds au-dessus d’un puits.

    - Victor…

    - Si, c’est vrai ! C’est pas possible qu’il ressemble autant à une pizza boursoufflée sans être possédé.

    - VICTOR !! File dans ta chambre !

    Mon frère me maudissait, il ressemblait à un cocker passé à l’essoreuse.

    - T’es vraiment trop naze, comme frère. Des fois, je préférerais être fils unique.

    Ma sœur est passée devant lui et lui a tiré la langue. J’ai souri. Un héro incompris, mais heureux d’avoir donné une leçon au Plutonien mouillé.
    Etant arrivé à mes fins, j’ai filé dans ma chambre, et je me suis glissé sous ma couette ; la pluie tapait contre le toit.
    Le meilleur restait à venir : mes plus belles aventures, celles qui arrivent quand je plonge dans un livre et tombe dans l’histoire… Pour de vrai…

    Ah, ce plaisir de laisser les mots du bouquin exercer leur magie pour que mon GRAND pouvoir se mette en route !

    J’ai regardé la couverture. C’était un dessin représentant des pirates, un coffre, un jeune garçon de l’âge de mon frère.
    J’ai commencé à lire. Je lis, je lis…
    « Monsieur Trelawney, le docteur Livesey et tous ces messieurs m’ayant demandé d’écrire ce que je sais de l’île au Trésor, du commencement à la fin, sans rien omettre, si ce n’est la position exacte de l’île, et cela parce qu’il s’y trouve encore un trésor, je prends la plume en l’an de grâce 17… »

    Et…VLOOOOOOOOF, je tombe dedans…
    Bascule totale tête en avant…

     

  • [Livre] L'ogre à poil(s)

     

    Je remercie les éditions sarbacane pour cette lecture

     

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    Résumé : Coup de tonnerre au foyer d’enfants : Yoan et Abdou apprennent que La Boule est en danger, comme tous les habitants de la forêt : ogres, loups, sorcières…
    Accompagnés de l’ogre, les deux copains partent à l’aventure pour éradiquer l’usine qui empoisonne la forêt.
    Abdou et Yoan, ils sont futés et courageux. N’empêche, ce coup-ci, la mission est drôlement périlleuse.
    Si ni les sorcières, ni les ogres, ni les loups, n’ont pu venir à bout des empoisonneurs, qui le pourrait ?
    Le dernier dragon peut-être ?

     

    Auteur : Marion Brunet

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Enfant

     

    Date de parution : 7 septembre 2016

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : N’ayant pas lu les premiers tomes des aventures de l’ogre, j’ai parfois eu des instants d’incompréhension, qui ont, heureusement été rapide, l’auteur rappelant les faits précédents, l’air de rien. Bon je ne sais toujours pas comment le pull vert moutarde est devenu un pull rose griotte, mais je n’ai pas dit mon dernier mot et dès que j’aurais lu les quelques (dizaines de) livres en attente qui défient les lois de la gravité sur ma table de chevet, je remédierais à ça ! Il m’a fallut aussi quelques pages pour comprendre que Linda et La boule n’étaient qu’une seule et même personne, mais ça, je ne sais pas si c’est parce que je n’ai pas lu les tomes précédents ou si je suis intérieurement profondément blonde.
    J’ai aussi remarqué quelques petites coquilles oubliées, qui ne gênent pas la lecture, mais qui disparaitront, je l’espère lors d’une prochaine réimpression (comme : « En on n’était plus en été », page 8 ; ou « et où j’ai raconté cette d’histoire du type », page 10…)
    Yoan et Abdou, nos deux petits héros, vivent dans un foyer et doivent partir en vacances en Ardèche avec ledit foyer, ce qui les enchante totalement (vous sentez l’ironie ?).
    Bon moi, perso, j’aime l’Ardèche : c’est la campagne, il y a des rivières (sans crocodiles, c’est important), des prairies, des bois, des chèvres (ben quoi, j’aime les chèvres), des marchés dans des petits villages et des jolies ballades à faire… Mais bon, j’admets que pour deux garçons remuants qui ont eu affaire à des ogres, des sorcières, des loups et j’en passe, ça peut être un peu trop calme et ordinaire comme lieu de vacances…
    Heureusement, le salut arrive sous la forme d’une crevette (non je n’ai pas fumé, l’auteur en revanche, c’est pas dit…).
    Et cette crevette vient leur annoncer qu’un danger plane sur la forêt et ses habitants.
    Heureusement, le même message a été délivré à l’ogre et à Janine (là par contre, je n’ai pas compris comment ils avaient rencontré ce personnage, mais ça ne gène pas la lecture) qui s’empressent de venir les chercher sous un faux prétexte (et là on voit que le foyer est super professionnel : vous êtes la grand-mère de Yoan ? Vous avez absolument aucune preuve de cela, vous n’êtes pas dans nos fichiers, mais pas de soucis, emmenez le, et son pote aussi puisque vous y tenez !... Oui je sais, sans ça, il n’y aurait pas d’histoire, mais j’aime chipoter).
    Et là, ils vont découvrir que la rivière est polluée par une usine et que tout le monde est malade : les ogres maigrissent, les loups perdent leurs poils, les sorcières leurs pouvoirs… bref, l’heure est grave.
    Oh il y a bien quelqu’un qui pourrait les aider… mais il est un peu… comment dire… il a mauvaise réputation…il n’aime pas trop les visites… il est un brin égoïste, rouspéteurs, mauvaise tête et pas franchement coopératif et surtout… il a tendance à carboniser sur place les gens avant qu’ils aient eu le temps d’en placer une… Oui, vous l’aurez compris, c’est bien un dragon qui est le seul espoir de la forêt. Et pas n’importe quel dragon, le dernier de son espèce !
    Yoan, Abdou, Janine, l’ogre, Linda, Belusine (une collègue sorcière de Linda), Crasmos (un copain ogre du frère ogre de l’ogre…ben quoi ?) et petit loup (est il nécessaire d’apporter une explication ?) sont volontaire pour aller demander de l’aide.
    Avec autant de caractères différents, on ne va pas s’ennuyer.
    Beaucoup d’humour et de références que les plus petits ne relèveront pas mais que leurs parents trouveront très drôles.
    A travers l’aventure de cette bande, Marion Brunet aborde l’air de rien le thème de la pollution, surtout celle faite par les grandes entreprises qui, pour des raisons de gros sous, vont au plus rapide, sans se soucier des conséquences. On en regretterait presque que la solution du dernier dragon ne soit pas applicable dans la vraie vie !
    Quand au titre de ce tome, on en comprendra la signification dans les derniers chapitres, ce qui fera bien rire tout le monde, personnages comme lecteurs !

    Un extrait : C’est ce soir là que tout à (re)commencé : mon copain Yoan croisait les bras, assis sur son lit, bien décidé à ne pas faire son sac.
    Moi j’avais commencé à remplir le mien, mais j’hésitais entre deux pulls (le wolverine marron et le wolverine jaune). Finalement, j’ai fourré les deux dans mon sac à dos, vu qu’on allait de toute façon se cailler, c’était couru d’avance : les séjours avec le foyer, c’est toujours dans des endroits où y’a de la campagne, des montagnes, et où même quand c’est l’été, il pleut. Et on était plus en été de toute façon, on était en octobre.
    « Ca va vous faire du bien, quelques jours au grand air », avait dit Fabrice, notre éducateur, quand il avait annoncé au groupe qu’on partait tous pour les vacances de la Toussaint. Au grand air, tu parles. Moi j’ai toujours préféré les petits airs, genre l’air malin ou l’air de rien.

    - J’y vais pas ! a annoncé Yoan
    - On n’a pas le choix, j’ai grogné.
    - C’est nul.
    - Je sais.
    - Ils pourraient nous emmener…je sais pas, moi, dans des endroits vraiment intéressants ? Au Far West par exemple, ou à San Francisco ? Visiter Alcatraz, voir des éléphants de mer, des indiens ? Un truc vraiment bien ?
    - On va où déjà ?
    Yoan a poussé un soupir monstrueux et s’est avachi sur son lit en rugissant la réponse :
    - Aaaardèèèèche…

    Ses cheveux ont fait comme une grosse étoile autour de sa tête : depuis quelques temps, Yoan, il se laisse pousser les cheveux. Et comme il est très frisé qu’il a beaucoup de cheveux, ça fait des sortes de dreadlocks. Son père est pas fan (mais en même temps il n’a pas grand-chose à dire, son père, vu qu’il le voit seulement le week-end). Le nouveau directeur du foyer non plus. Notre éducateur Fabrice, il ne dit rien, je crois que ça l’amuse, même s’il lui dit quand même de les laver de temps en temps. Moi j’aime bien, et puis de toute façon c’est mon copain ; il pourrait se faire des couettes que ce serait toujours mon copain.
    On devait partir le lendemain matin, en minibus.
    Bon, je vous cache pas que ça peut être marrant parfois, les vacances avec le foyer, et j’ai quelques souvenirs plutôt sympa, comme la fois om on faisait du camping et où j’ai raconté cette histoire du type qui se fait couper la tête dans la forêt alors Lola et Zoé ont hurlé et ça a réveillé Fabrice et…

    - Allez allez, les petits loups ! Brossage de dents et au lit. Vous devez tous avoir fini vos sacs !

    Yoan s’est redressé en entendant la voix de Fabrice, justement. Il a jeté ses habits en vrac au fond de son sac, et puis sa pile de comics par-dessus. On a fini par aller dans la salle de bains commune en traînant des pieds.
    On s’est rapprochés des robinets.
    On était les derniers, tous les autres étaient déjà au lit.
    Et c’est LA qu’il s’est passé ce truc incroyable qui a changé le cours de l’histoire, nous a fait repartir à l’aventure, et surtout… qui nous a évité de partir en séjour de vacances avec le foyer.

    Lorsque j’ai tourné le robinet, l’eau n’est pas sortie tout de suite. Une crevette s’est extirpée du robinet pour atterrir dans le lavabo.
    Oui, tu as bien lu : une crevette. Rose, avec une carapace brillante et des petits yeux noirs en tête d’épingle. Ca, déjà, au départ, c’était super bizarre, évidemment. Mais ce n’était pas le plus dingue. Ce qui nous a vraiment estomaqués, c’est qu’elle a levé vers nous ses antennes qui bougeaient doucement et qu’elle s’est mise… à parler.

     

  • [Livre] Le pays des contes - T04 - Au delà des royaumes

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    Résumé : Depuis que l’Homme masqué lui a échappé, Alex n’a qu’une obsession : le retrouver. Sauf qu’elle a été déchue du Conseil des fées et que tous refusent de croire que cet homme est une véritable menace. Heureusement, elle peut compter sur l’aide de son frère jumeau, Conner, de Boucle d’or, du Petit Chaperon rouge et de la Mère l’Oie. Grâce à eux, elle découvre le plan démoniaque de son ennemi : armé d’une potion capable de transformer n’importe quel livre en portail vers d’autres univers, il part recruter une armée de méchants de la littérature afin de conquérir le Pays des contes…

     

    Auteur : Chris Colfer

     

    Edition : Michel Lafon

     

    Genre : Enfant

     

    Date de parution : 12 Mai 2016

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Dans ce quatrième tome, Alex a des ennuis. Elle est complètement obsédée par l’homme masqué (il faut dire qu’elle est la seule à avoir vu son visage et que cela lui a causé un choc), au point d’en perdre le contrôle de ses émotions et de ses pouvoirs.
    Et si, nous, lecteurs, nous savons dès le prologue qui est exactement l’homme masqué, il faudra plus de temps aux jumeaux pour comprendre de quoi il retourne.
    Le conseil des fées m’a énervé. Fidèles à eux-mêmes, ses membres se montrent d’une arrogance incroyable face à Alex, sans tenir aucun compte du fait qu’elle est le chef du conseil et que ses intuitions, même lorsqu’ils n’y croyaient pas, a sauvé le pays des contes à plusieurs reprises.
    Ils vont même jusqu’à la bannir ce qui choque nombre de personnes, de Conner à Boucle d’or, en passant par la plupart des fées qui ne font pas partie du conseil. On se demande ce que le conseil a le plus à cœur : la sauvegarde du pays des contes ou leur pouvoir de dirigeants.
    Bien sûr les jumeaux et leurs amis ne vont pas s’en tenir là, et peu importe ce qu’en pense le conseil.
    Leur traque va prendre un tour plus étrange et aventureux quand ils se rendent compte qu’ils vont devoir poursuivre l’homme masqué à travers de nouveaux lieux qu’il rallie grâce à une potion volée au palais des fées.
    Les jumeaux et leurs compagnons vont donc rencontrer de nouvelles personnes à travers les nouveaux mondes qu’ils vont traverser tels que Merlin ou Peter Pan.
    On retrouve nos personnages favoris avec beaucoup de plaisir, même si, au final, on les voit peu. Mais boucle d’or aux prises avec les hormones de la grossesse est très drôle. Quant à Rouge elle est égale à elle-même et a bien changé en même temps, plus mature. Cela dit, je trouve que ses amis ne lui montrent pas beaucoup de compassion au vue de ce qui lui arrive.
    Dans ce tome, tout se passe à un rythme effréné qui ne nous laisse guère le temps de souffler, les jumeaux passent de monde en monde rapidement, ayant juste le temps de faire de nouvelles rencontres avant de devoir passer dans le suivant. J’ai parfois regretté qu’ils ne s’attardent pas un peu plus dans chaque monde, mais cela aurait sûrement cassé le rythme que l’auteur a voulu imposer.
    Contrairement aux tomes précédents, celui-ci ne résous pas l’affaire dans ses dernières pages. Il faut dire que ce n’est pas un petit problème qui se pose aux jumeaux, on comprend qu’il va falloir au moins deux tomes pour en venir  à bout.
    On termine donc ce tome horriblement frustrés, devant non seulement une situation au pays des contes qui ne laisse rien présager de bon, mais en ayant une révélation de dernière minute qui nous coupe le souffle.

    Un extrait : – Ça fait deux semaines que je n’ai plus de nouvelles ! hurla Charlotte dans le miroir magique. Vous savez ce que ça fait d’être parent et de ne pas avoir de nouvelles de ses enfants ? J’espère qu’un jour vos enfants aussi disparaîtront des semaines, voire des mois d’affilée, pour que vous sachiez simplement ce que toi et ta sœur me faites subir !

    Conner était assis dans les appartements de sa sœur dans le Palais des fées ; comme il aurait préféré être ailleurs !

    – Non, maman, je ne sais pas. Je suis désolé de ne pas t’avoir tenue suffisamment au courant.

    – JE NE TOLÉRERAI PLUS une telle attitude ! Si vous ne m’appelez pas au moins deux fois par semaine, je vais venir au pays des contes de fées et vous ramener tous les deux à la maison !

    – Maman, tu ne peux pas venir au pays des contes sans magie… dit Conner qui regretta immédiatement ses mots.

    Charlotte souleva les sourcils et lui lança le regard le plus noir qu’il eût jamais vu sur son visage.

    – Tu crois que je ne peux pas venir au pays des contes de fées, Conner ? Peu importe le mur entre nos dimensions, rien ne me coupera de mes enfants. Magie ou pas, je pénétrerai ce miroir et je vous traînerai moi-même jusqu’à la maison s’il le faut !

    De toute évidence, rien de ce qu’il aurait pu dire n’aurait arrangé la situation. Les jumeaux étaient coupables d’avoir négligé leur mère et Conner en faisait les frais.

    – Maman, tu as tous les droits d’être énervée mais, s’il te plaît, détends-t…

    – Conner Jonathan Bailey, ne me dis pas de me détendre !

    Quand elle utilisait son nom complet, c’était très mauvais signe.

    – Comment veux-tu que je me détende quand mes enfants âgés de seulement quatorze ans combattent une armée et des dragons dans un autre monde ?

    – Pour être exact, c’est grand-mère qui a combattu le dragon.

    – Ce dragon aura l’air d’un petit lapin à côté de moi si je dois venir vous chercher. Et où est ta sœur ? Pourquoi n’est-elle pas là pour me parler ?

    Les jumeaux s’étaient mis d’accord pour en dire le moins possible à leur mère sur leurs dernières aventures. Si elle s’énervait tant parce qu’ils ne la contactaient pas régulièrement, Conner n’osait même pas imaginer la réaction qu’elle aurait en apprenant que l’homme qu’ils pourchassaient était probablement son mari disparu.

    – Alex est en réunion avec le Conseil des fées. Elle ne fait pas ça exprès pour t’embêter. Disons qu’elle a du pain sur la planche depuis la disparition de grand-mère.

    C’était difficile pour Conner de cacher la vérité à sa mère, surtout quand il voyait à quel point cela affectait Alex. Il aurait presque souhaité que sa mère trouve bel et bien un moyen de venir au pays des contes de fées remettre les idées en place à sa sœur.

    – Je me fiche de savoir à quel point vous devenez puissants ou importants. Je suis votre mère et j’ai droit au respect ! Si les Présidents et les rois trouvent le temps d’appeler leurs mères, mes enfants aussi en sont capables !

    Soudain on frappa à la porte. Grenouille et Jack passèrent une tête dans la pièce. Conner comprit qu’ils avaient dû écouter aux portes car ils paraissaient particulièrement inquiets.

    – C’est bon, les gars, vous pouvez entrer, dit Conner. Maman me passe un savon parce que je ne l’appelle pas assez souvent.

    Il rit pour détendre l’atmosphère mais leur expression ne changea pas d’un poil.

    – Il faudrait que tu viennes dans le grand salon, suggéra Grenouille.

    – Ça chauffe entre ta sœur et le Conseil, renchérit Jack.

    Conner soupira. Il n’arriverait donc jamais à avoir un instant de répit dans ce palais.

    – Maman, je suis désolé, il y a le feu. Je te promets de te parler au moins deux fois par semaine. J’amènerai Alex devant le miroir par la force s’il le faut.

    Charlotte croisa les bras.

    – Une dernière chose avant que tu t’en ailles !

    Conner se prépara à une ultime remarque ; il était convaincu que ça allait faire mal.

    – Je vous aime tellement tous les deux. Faites attention à vous, dit-elle d’une voix douce.

    Conner en eut le cœur brisé. Avait-elle prévu depuis le début de terminer la conversation ainsi ? Sa mère savait parfaitement le faire culpabiliser.

    – On t’aime aussi, maman. Et ne t’inquiète pas, on est très entourés. S’il te plaît, dis bonjour à Bob de notre part.

    L’image de Charlotte disparut dans le miroir. Conner suivit Grenouille et Jack hors de la pièce et descendit les escaliers en direction du grand salon du Palais des fées. Il avait trouvé ses rapports tendus avec sa mère, mais la tension qui régnait dans le salon était tellement forte qu’il eut du mal à respirer.

    Les membres du Conseil des fées se tenaient chacun à leur place tandis qu’Alex faisait les cent pas devant eux. Tout le monde avait l’air mal à l’aise et Conner voyait bien que sa sœur était furieuse.

  • [Livre] Le pays des contes - T03 - L'éveil du dragon

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    Résumé : Depuis que la brèche entre les univers a été refermée, les jumeaux Alex et Conner vivent séparés. Alex continue son apprentissage de la magie, et Conner est un collégien brillant. Lorsque ce dernier découvre qu’une menace séculaire pèse sur le Pays des contes, il se lance dans une quête périlleuse à travers l’Europe, prêt à tout pour prévenir ses amis et trouver le portail oublié qui lui permettra de les rejoindre.

     Mais le danger que craignait Conner s’avère pire que prévu : une armée piégée entre les deux mondes depuis près de deux cents ans est soudain libérée. Et avec elle, la seule chose capable de détruire le Pays des contes : le dernier œuf de dragon

     

    Auteur : Chris Colfer

     

    Edition : Michel Lafon

     

    Genre : Enfant

     

    Date de parution : 15 Mai 2015

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : C’est fou ce qu’on s’habitue vite aux choses. En seulement deux tomes, on a pris l’habitude de voir Alex et Conner faire leur recherches ensemble. Or ici, les voilà séparés. Alex est aux prises avec son entrainement de fée et délaisse un peu ses conversations avec son frère. Conner, de son côté, accompagné d’une camarade de classe pour qui il a le béguin, vient de découvrir qu’une menace pèse sur le pays des contes. Il ne parvient pas à joindre sa sœur, mais il finit par joindre la mère l’oie, qui est en partie responsable de ce qui se passe.
    Conner se lance dans un voyage à travers l’Europe avec son amie Bree pour découvrir le passage que lui a indiqué la mère l’oie.
    Il va pouvoir joindre ses forces à Alex pour combattre ce qui est en train de se produire.
    Du côté du royaume, les derniers enchantements de la bonne fée sont en train de se défaire, et tous craignent que celle-ci ne soit arrivée au terme de sa longue vie. Rouge a également des ennuis, et Alex se méfie de celle qui les a produits. Mais Rouge et ennuis riment si bien ensemble…
    Le général de l’armée napoléonienne est vraiment affreux. Il n’avait aucun ordre de son roi, c’est de lui-même qu’il a décidé d’envahir le pays des contes et je me demande comment il va réagir quand il apprendra que l’empire français qu’il affectionne tant s’est effondré il y a près de 200 ans et que lui et ses hommes ont passés tout ce temps enfermés dans le passage. Sans doute qu’il ne le croira pas, ou que s’il le croit, il se proclamera le nouveau roi et décidera de s’établir définitivement au pays des contes.
    La décision de Charlie quant à son état d’homme grenouille a de quoi surprendre, et, avec tout ce que vient de vivre Rouge, je comprends sa réaction (qui n’a pas été si mal que ça). Je me demande comment ça va se terminer cette histoire. Je ne sens pas du tout l’homme qui manipule (oui, pour moi, il la manipule) la mère Michel et je me demande ce qu’il veut exactement.
    On se demande aussi qui est cet homme masqué ? Surtout depuis la prédiction de la reine des neiges. A qui veut-il le plus cacher son identité ? A la bonne fée ? A l’une des reines ? J’essaie de chercher dans les contes un personnage dont on n’aurait pas encore entendu parler et qui pourrait se cacher sous le masque, mais pour l’instant je sèche.

    Le titre me semble mal choisi pour se tome, car, même s’il y a effectivement un dragon, on ne le voit finalement que très peu. Quelque chose comme « l’invasion de la grande armée » aurait été mieux adapté à l’intrigue principale du tome.
    La fin est brutale et très énervante. Elle m’a arraché un « Quoi ??? » suivi d’un « Bon ok, pas de panique, essayons de raisonner de manière logique ».
    Je pense avoir une explication à ce que découvre Alex mais ça, je n’en aurais la confirmation que dans le tome 4 qui sortira, si on se fie à la fréquence de parution des trois premiers tomes, vers Mai/juin 2016…
    Que ça va être dur d’attendre !

    Un extrait : Conner faisait un rêve délirant. Il trottinait dans la campagne allemande en Lederhose vert clair, portant joyeusement un panier de fleurs fraîchement cueillies. Il yodlait gaiement en sautillant vers un village pittoresque qui apparaissait devant lui. Tout était paisible et joyeux, il ne voulait pas partir. Mais soudain, une alarme déchirante résonna ; c’était un bruit familier, entendu des centaines de fois. Conner leva les yeux vers le ciel et vit l’horrible espèce d’Alien de la série télé qu’il avait regardée la veille descendre et envahir le village !

    Le rêve s’arrêta soudain, quand Conner réalisa que le bruit provenait de son réveil. Il tapa dessus plus que nécessaire pour l’éteindre. Il était tellement épuisé qu’il avait du mal à se croire encore en vie. Son esprit était embrouillé par un nuage noir qui l’empêchait de garder les yeux ouverts.

    S’il était content d’avoir pu passer du temps avec Alex la nuit précédente, il regrettait sérieusement sa décision de veiller tard. Il s’habilla et tira Betsy en bas de l’escalier, une marche après l’autre. Bob et Charlotte l’attendaient dans l’entrée ; ils avaient toujours été des lève-tôt, une race que Conner ne comprendrait jamais.

    – Prêt, bonhomme ? lança Bob en faisant tournoyer ses clés dans sa main.

    Conner poussa un grognement qui ressemblait à un oui. Charlotte, qui commençait tôt à l’hôpital, était déjà revêtue de sa tenue de travail. Elle passa ses bras autour de son fils et le serra avec force.

    – Comporte-toi bien, Conner, dit-elle. Mais surtout, amuse-toi !

    – Maman, je ne peux pas partir en Allemagne si tu ne me lâches pas, parvint à prononcer Conner sous l’étreinte de sa mère.

    – Juste une minute, insista Charlotte. Tu es le dernier enfant qu’il me reste à embrasser.

    Quand sa mère le libéra enfin, Conner mit la valise à l’arrière de la voiture de Bob et ils quittèrent la maison. Ils s’arrêtèrent dans un drive-in pour un petit déjeuner bien gras tel qu’ils n’auraient jamais pu en commander en présence de Charlotte, puis ils se dirigèrent vers l’aéroport. Tout en conduisant, Bob narra gaiement ses propres aventures en Europe. Conner abandonnait de temps à autre la conversation, bercé par les petites bosses et les vibrations de la voiture. Ils finirent par atteindre l’aéroport et Bob se gara contre le trottoir.

    – Avant de descendre, je voulais te donner quelque chose, annonça-t-il d’un ton extrêmement sérieux.

    – Tu ne vas pas me parler des garçons qui naissent dans les choux, et les filles dans les roses, quand même ? Parce que j’ai déjà vu plein de vidéos à l’école.

    – Hmm, non…

    Bob se tut un instant, se demandant s’il ne devait pas justement lui en parler, mais finit par revenir à ce qu’il avait prévu.

    – J’ai quelque chose pour toi, ta mère n’est pas au courant.

    Bob plongea la main dans sa poche et sortit une carte de crédit. Il la tendit à son beau-fils. Conner était sous le choc en voyant inscrit au bas : « Conner Jonathan Bailey ».

    – C’est… c’est… c’est moi ! Bob, tu m’as pris une carte de crédit ?

    – Oui. Le code est ton année de naissance. À n’utiliser qu’en cas d’urgence, et seulement pour ce voyage, compris ? Dès que tu seras rentré sain et sauf à la maison, je la récupérerai. Ta mère est contre ce genre de choses, mais mieux vaut prévenir que guérir… Alors ce sera notre petit secret, d’accord ?

    Conner hocha la tête à toute vitesse.

    – Oui, oui, oui ! Bob, petit à petit, tu deviens ma personne préférée sur cette terre ! Merci mille fois !

    Bob sourit et rit tout seul.

    – Je suis content de l’entendre, dit-il en lui tapant dans le dos. Tu es ma famille, Conner. J’ai besoin de savoir que tout ira bien pour toi. Maintenant, pars à l’aventure, enfin je veux dire selon les standards de notre monde. Évite autant que possible les enchanteresses maléfiques et les animaux parlants.

    Conner aperçut Mme Peters devant l’entrée du terminal. Elle était entourée d’un groupe de quatre filles de l’école qui venaient d’arriver, elles aussi. S’il était très excité de voyager, Conner n’était pas ravi de devoir le faire avec ces filles-là.

    – Ne t’inquiète pas, l’assura Conner, le pire m’attend juste là-devant.

     

  • [Livre] La drôle d'expédition

     

    Je remercie les éditions sarbacane pour cette lecture

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    Résumé : Une autre aventure de Zach, le petit garçon qui a réussi à s’évader de la prison d’Alcatraz ! Perdu dans le jeu vidéo que son père est en train de créer, Zach cherche une issue. Il finit par se retrouver dans un… cockpit de fusée. Et pas n’importe laquelle : le voilà qui s’envole à bord d’Apollo 11, aux côtés des trois astronautes, Armstrong, Aldrin et Collins ! Zach se fait accepter par l’équipage, s’acclimate à la vie dans l’espace, rencontre un alien pour, au bout du voyage, vivre la plus excitante des aventures humaines : MARCHER SUR LA LUNE 

     

    Auteur : Séverine Vidal

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Enfant

     

    Date de parution : 02 mars 2016

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : Je suis ravie de retrouver la plume de Séverine Vidal que j’avais découvert dans un roman jeunesse « il était 2 fois dans l’ouest » et dans un autre plus mature, abordant un sujet plus difficile « Quelqu’un qu’on aime ». J’aime bien ces auteurs qui maîtrisent aussi bien l’humour que la tendresse et qui savent s’adresser aussi bien aux 8/10 ans qu’aux adolescents.
    Ici, on est dans les 8/10 ans avec une nouvelle aventure de Zach. Mais que les lecteurs se rassurent, Zach lui-même les informe au début de son histoire que son aventure peut être lue indépendamment du 1er tome. Ouf, tant mieux !
    Comme dans « il était 2 fois dans l’ouest », entre les chapitres, nous avons des petits bonus amusants comme par exemple les diverses positions que Chicken, le chat au poil qui ressemble à des plumes, peut prendre dans le but de déranger au maximum (bon Zach ne dit pas ça, c’est moi qui le dit. Les chats ont deux buts dans la vie : nous enquiquiner et conquérir le monde).

    Dans cette aventure, Zach, plus mature que chacun de ses parents et même que les deux réunis (entre le prénom que s’est donné sa mère et celui donné à l’une des jumelles, déjà….), se retrouve par accident aspiré dans le jeu vidéo qu’est en train de créer son père avec son chat, Chicken.
    Mais alors qu’il est guidé par celui-ci pour sortir, voilà que des ennuis supplémentaires se présentent : Zach n’est plus dans un jeu vidéo mais bel et bien dans Apollo 11, en 1969, et directement en partance pour la lune.
    Malgré le danger et les hésitations, les trois astronautes, qui seront bientôt mondialement connus, le gardent à bord avec eux.
    Zach va s’adapter à la vie à bord dont il nous décrit certains aspects dans les bonus.
    Il pose la question de la faille temporelle : sa présence dans la fusée ne va-t-elle pas changer le futur tel qu’il le connaît ? Sa présence ne risque-t-elle pas de provoquer une catastrophe ? Et si la mission était un échec et que Neil Armstrong ne marchait jamais sur la lune ?
    C’est une lourde responsabilité à porter pour un petit garçon, aussi mature soit-il, d’autant qu’il n’a pas cherché à ce que cette histoire se produise.

    Malgré ses aventures, les frayeurs et la beauté de ce qu’il peut voir à travers les hublots, Zach n’en oublie pas son objectif premier : rentrer chez lui pour être un grand frère digne de ce nom pour ses petites sœurs.

    L’écriture, comme toujours dans les romans de Séverine Vidal, est fluide, amusante et bien adaptée à l’âge visé. Les notes de bas de page, toujours de la plume de Zach, sont très drôles.
    Les enfants (et les adultes aussi, ne nous voilons pas la face) apprennent plein de choses sur cette mission primordiale dont on n’a, au final, retenu que Neil Armstrong et sa célèbre phrase.

    Le tome 1 des aventures de Zach va rejoindre ma wish-list, je suis curieuse d’en savoir plus sur cette fameuse évasion !

    Un extrait : Bon, je reconnais : elles sont moins moches que je pensais.
    D’abord, c’est des filles. Ça me rassure un peu. Je ne me voyais pas trop avec deux mini-Caleb à la maison. C’est le risque avec les garçons : qu’ils grandissent en prenant papa comme modèle. Dans notre famille, ça peut être dangereux…
    Ils auraient fini par passer leur vie à se goinfrer de brochettes de bonbons en triturant nerveusement leurs manettes de jeux tout en crachant des morceaux de chips sur l’écran (Ok, je caricature, mais comme ça vous visualisez). Ils auraient appris à dire « Spooïng », « Wraaaam », « Chpioutchou » et « Tak-tak-tak » avant « Maman », « Zach » ou « Gros Caca ».
    Maman et moi, on aurait été en infériorité numérique, on n’aurait pas supporté (euh, je suis bien un garçon, mais pas un garçon « modèle Caleb »).
    Donc, ouf, c’est des filles.
    Ça existe, bien sûr, les filles qui jouent aux jeux vidéo, je le sais. Mais la probabilité est moins grande.
    Question prénom, elles s’en sortent pas trop mal, finalement.
    Ma mère voulait absolument June, « pour rester dans les noms de mois ». Caleb lui a rappelé qu’en vrai elle s’appelle Denise, ainsi que toutes les femmes de sa famille, et j’ai proposé de maintenir cette tradition.
    Maman l’a mal pris.
    J’ai eu l’idée de Matilda, comme dans le livre de Roald Dahl. Maman était pas contre, mais Papa restait bloqué sur Zelda, en hommage « au meilleur jeu de tous les temps ! ».
    Zelda contre Matilda, la bataille a duré deux semaines. On a failli en venir aux mains, pourtant je vous assure qu’on est pas des violents, à la base.
    « Et si on gardait les deux prénoms, avec un trait d’union ? C’est très à la mode » a lancé Maman un soir de lassitude.
    Mais petites sœurs toutes fraîches de lundi dernier, jolies comme des cœurs (et pour lesquelles j’ai prévu d’être un grand frère de super compèt’) s’appellent donc : June et Zelda-Matilda.
    Elles rentrent cet après-midi. On va les chercher à l’hôpital après le déjeuner, « pour entamer notre nouvelle et flamboyante vie à 5 » (Caleb sait être un poil lyrique dans les grands moments). J’ai précisé que, techniquement, avec Chicken, on serait 6. Caleb m’a répliqué que « techniquement, un chat ça compte pas comme un humain » (Caleb sait se montrer de mauvaise foi dans les grands moments).

     

  • [Livre] Marquise en sabots

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    Résumé : Sa mère étant été tuée durant les guerres de Vendée, la petite Fanou, en l'absence de son père, le marquis de Valmont, émigré en Angleterre, a été recueillie par un ménage de braves gens qui l'élèvent comme leur propre enfant. Aussi, lorsque le marquis réapparaît, huit ans plus tard, pour réclamer sa fille, c'est un véritablement déchirement. Au château de Valmont, Fanou fait sensation par ses manières de petite paysanne... L'amitié du jeune Gaëtan, la sollicitude de sa gouvernante l'aideront à devenir une jeune fille accomplie, sans lui faire jamais oublier ceux qu'elle considère comme ses vrais parents.

     

    Auteur : Jacqueline Dumesnil

     

    Edition : Rouge et or

     

    Genre : Enfant

     

    Date de parution : 1961

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : J’aime beaucoup l’écriture de Jacqueline Dumesnil. A travers ses personnages, réels ou fictifs, elle fait découvrir ou redécouvrir des passages de l’histoire de France. Ici, au travers de l’histoire de Fanou, on découvre des passages de la Révolution qui ne sont pas vraiment évoqué à l’école de nos jours tels que les guerres de Vendée et les noyades de Nantes.
    Ce que j’apprécie aussi c’est que l’évolution des personnages est crédible. Dans la plupart des romanes jeunesses d’aujourd’hui (surtout les romans américains, soyons réalistes), les enfants commencent par se rebeller contre une situation totalement injuste puis, du jour au lendemain, accepte ladite situation, qui n’a pas changée d’un poil, parce que « les enfants doivent obéir et que les adultes savent mieux qu’eux ce qui est bon pour eux ». Alors ça marche peut être sur le papier, mais en réalité, on a des romans très énervants ou on ne comprend absolument pas le changement d’attitude soudain des enfants.
    Ici, il n’y a pas que Fanou qui évolue. Il est vrai qu’au fil du temps, elle devient plus ouverte à l’enseignement de sa famille biologique, mais la marquise, sa belle-mère, se montre plus ouverte aussi, le marquis met de l’eau dans son vin et comprend qu’il ne peut pas effacer de la mémoire de la fillette les 8 années qu’elle a passé avec sa famille adoptive.
    Politiquement, il s’adoucit un peu aussi : de fervent royaliste, il en vient à reconnaître la valeur de Bonaparte puis à se déclarer déçu par l’attitude de Louis XVIII. Changer sa fille en parfaite royaliste n’est plus un but.
    De plus, il engage une gouvernante intelligente qui ne cherche pas à changer ce qu’est la fillette, mais à lui apporter quelque chose de plus.
    Au final, on a une évolution de tous, en douceur, progressive, qui rend réaliste le déroulement de l’histoire.

    Un extrait : — Je veux retourner chez nous ! dit Fanou, obstinée.

    — C’est ici, « chez vous » ! fit sèchement le marquis. Ce château est celui de vos ancêtres. C’est là que je suis né, là que votre mère a vécu.

    — Je veux retourner chez les Bernard ! clama la fillette.

    Si le marquis lui avait parlé doucement, l’avait prise dans ses bras, Fanou aurait probablement fini par accepter son sort. Mais on lui parlait de son rang, du nom qu’elle portait et du château de ses ancêtres. Tout cela faisait horreur à Fanou, élevée dans les idées républicaines. Être la fille d’un marquis, et, par-dessus le marché, d’un marquis émigré, lui paraissait un cauchemar. Elle aurait voulu s’enfuir et aller se réfugier là où elle était aimée.

    Le marquis ne comprenait pas ce qui se passait dans le cœur de Fanou. Blessé et humilié de retrouver sa fille, cette fille qu’il n’avait jamais connue, avec des idées et des manières tellement contraires à celles qu’aurait dû avoir une demoiselle de Valmont, il ne pensait qu’à extirper de l’esprit de Fanou ces idées fausses, à corriger ces mauvaises manières.

    — Écoutez-moi bien, Françoise ! dit-il sévèrement. Votre mère est morte dans les prisons républicaines, votre oncle a été fusillé par les républicains. Je vous prie de ne jamais l’oublier. Ces gens qui vous ont élevée sont de dangereux révolutionnaires. Il est inutile d’entretenir l’espoir que je vous laisserai retourner dans un pareil milieu. Vous ne reverrez pas la famille Bernard !

    — Alors, je me sauverai ! cria Fanou, révoltée. Les Bernard sont mes vrais parents et je les aime !

    De saisissement, le marquis laissa choir son face-à-main.

    — Françoise, je ne saurais dire quelle peine vous me faites, dit-il d’une voix altérée. Je pensais que vous seriez heureuse d’apprendre que vous apparteniez à une famille riche et honorable et que vous auriez de la joie à connaître votre père. Je me suis trompé, n’en parlons plus. Je vais vous présenter à la marquise. J’espère que, du moins, vous vous montrerez polie avec elle.

    — La marquise ? bégaya Fanou, saisie. Mais vous venez de dire… que ma mère… est morte.

    — Votre mère est morte, en effet. Je me suis remarié l’année dernière. J’ai épousé Mme de Rochebelle, veuve du vicomte Hubert de Rochebelle. Le jeune garçon que vous avez si bien giflé est Gaëtan de Rochebelle, le fils du vicomte.

    Une vague de désespoir submergea Fanou. Une belle-mère ! Elle avait une belle-mère ! Son malheur était complet !

     

  • [Livre] La potion magique de Georges Bouillon

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    Résumé : Décidément, Georges déteste sa grand-mère ! Elle ressemble trop à une sorcière. Il est encore plus sûr que c'est une vieille chipie. Il s'enferme dans la cuisine et décide de lui préparer une redoutable potion magique.

     

    Auteur : Roald Dahl

     

    Edition : Folio junior

     

    Genre : enfant

     

    Date de parution : 1981

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Déjà que le pauvre Georges s’ennuie dans la ferme isolée de tout de son père, il faut avouer que sa grand-mère est vraiment très méchante. Une vraie sorcière comme les aime Roald Dahl.
    D’ailleurs, persuadé qu’il a affaire à une vraie sorcière, comme dans les contes, Georges cherche comment il pourrait se débarrasser de la mégère.
    Quand on voit tout ce que Georges met dans sa potion, on se dit qu’il va tuer la mémé. C’est vraiment immonde, mieux vaut ne pas avoir trop mangé avant de le lire…
    Et les effets de la potion sont tels que le père de Georges, attiré par l’appât du gain, décide d’en refaire immédiatement. Sauf que son fils n’a pas noté les ingrédients qu’il a utilisé et que les nouvelles potions vont se révéler…intéressantes.
    C’est un livre amusant, un peu plus délirant que Mathilda ou même que Charlie et la chocolaterie. Il m’a moins plu que ce dernier, d’ailleurs, mais pour un 7 – 10 ans, cela peut donner le goût de la lecture grâce aux situations absurdes qu’il met en scène.

     

    Un extrait : Georges s’ennuyait à mourir. Il n’avait ni frère ni soeur. Son père était fermier et, comme la ferme était loin de tout, Georges n’avait pas d’amis avec qui jouer. Il en avait assez de contempler les cochons, les poules, les vaches et les moutons. Et surtout, il en avait par-dessus la tête de vivre dans la même maison que cette vieille ourse mal léchée de Grandma. Passer son samedi matin à s’occuper d’elle ne le réjouissait guère.

    — Prépare-moi une petite tasse de thé, dit Grandma à Georges. Ça t’empêchera de faire des bêtises pendant un moment.

    — Oui, Grandma, répondit Georges.

    Georges n’y pouvait rien, il détestait Grandma. C’était une vieille femme grincheuse et égoïste qui avait des dents jaunâtres et une petite bouche toute ridée comme le derrière d’un chien.

    — Combien de cuillerées de sucre dans ton thé, aujourd’hui, Grandma ? demanda Georges.

    — Une, répondit-elle sèchement. Et n’ajoute pas de lait.

    La plupart des grand-mères sont d’adorables vieilles dames, gentilles et serviables, mais pas celle-la. Elle passait sa journée, toutes ses journées, assise dans son fauteuil, près de la fenêtre et elle était tout le temps en train de se plaindre, de bougonner, de ronchonner, de râler et de pester sur tout et sur rien. Jamais, même dans ses bons jours, elle n’avait souri à Georges, jamais elle ne lui avait dit : « Bonjour, Georges, comment ça va ? » ni : « Et si on jouait au jeu de l’oie ? » ni : « Comment ça s’est passé à l’école aujourd’hui ? » Elle ne s’intéressait qu’à elle. C’était une affreuse vieille mégère.

     

  • [Livre] Journal d'un nain pas si grincheux

    Je remercie les éditions Kennes et la masse critique Babelio pour cette lecture

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    Résumé : Tout le monde croit que ça me plaît d’être grognon ! Ce que les gens ne savent pas, c’est que j’en ai assez de faire la moue, et que j’ai décidé de retrouver le sourire ! Avec l’aide de Boucle d’or et de sa cousine Perle, je suis donc prêt à affronter les terrifiantes créatures de la Forêt hantée pour mettre la main sur la plante Bonheuratus, qui a le pouvoir de redonner le sourire à tous ceux qui l’ont perdu.

     

    Auteur : Catherine Girard-Audet

     

    Edition : Kennes

     

    Genre : Enfant

                                                                                                

    Date de parution : Octobre 2015

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : J’aime beaucoup tout ce qui est contes plus ou moins revisités. Autant dire que cette série de livre sur « l’envers des contes » mettant en scène des « méchants » pas si méchants que ça ne pouvait que m’attirer.

    Ce tome est le quatrième de la série mais, même s’il peut y avoir quelques allusions aux personnages des tomes précédents, la lecture de chaque livre semble pouvoir se faire de manière indépendante.
    Comme l’indique le titre, il s’agit d’un journal, donc écrit à la première personne, et, dès les premières pages nous pouvons identifier le nain grognon qui n’est autre que Grincheux, un des sept nains de Blanche-Neige, laquelle est mariée et partie depuis longtemps.
    En commençant ma lecture, j’ai immédiatement eu le sourire en voyant cités deux personnages célèbres des comptines de mon enfance : la Mère Michel et Dame Tartine.
    Le vocabulaire est parfois un peu élaboré pour des enfants de 8 ans (comme les « chars allégoriques » qu’il semble y avoir dans la tête de Joyeux selon Grincheux), ce qui, à mon avis, n’est pas un mal (pour apprendre de nouveaux mots, il faut bien commencer par les découvrir), du moment que les parents et/ou enseignants prennent la peine de les expliquer.

    Grincheux est donc convaincu par ses condisciples les nains et par Reine, la belle-mère de Blanche-Neige de suivre une thérapie. Au cours de celle-ci, la thérapeute, Rose, laisse entendre que Grincheux pourrait bien être atteint d’une maladie qui l’empêche de sourire. Le remède ? Une plante. Le problème est que cette plante ne pousse qu’au fond d’une forêt si dangereuse que la thérapeute lui déconseille de tenter l’aventure et de plutôt faire des efforts en thérapie.
    Grincheux, sentant bien que ses efforts sont vains, va décider de tenter l’aventure, avec Perle, jeune fille qui vient d’une autre contrée et qui est devenue son amie et de Boucle d’or, cousine de Perle et surtout journaliste qui n’a pas l’intention de passer à coté d’un tel scoop.
    Comme on peut s’y attendre, la forêt est remplie de bestioles plus ou moins charmantes.
    Boucle d’or est une vraie fashion victim, superficielle et vaniteuse, totalement à l’opposée de sa cousine qui s’adapte facilement aux situations. Dès le départ, je pense que Grincheux se demande comment la faire discrètement dévorer par un ours (en tout cas, j’y ai pensé moi).
    Ils vont vivre quelques aventures qui ne se déroulent jamais comme on l’aurait imaginé.
    J’ai beaucoup apprécié, à la fin du livre, après l’histoire elle-même, de trouver quelques questions de lectures pour les enfants, quelques idées d’activités pour les enfants (une partie à faire entre amis et une autre destinée à être supervisée par des adultes) et enfin, quelques recettes de mets cités dans le livre.

    On est vraiment sur un conte qui est destiné aux enfants sans pour autant exclure parents et professeurs.

    Un extrait : 7 avril.
    Joyeux m’énerve royalement. On dirait qu’il y a constamment une fanfare et des chars allégoriques dans sa tête et que rien ne peut lui enlever le sourire.
    Ce matin, je sortais à peine du lit quand il est venu me voir pour m’offrir de prendre le petit-déjeuner à l’extérieur.

    - Non, lui ai-je répondu. Je n’ai pas le temps, et je n’aime pas que les moustiques se baignent dans mes céréales.

    - Mais il fait si beau ! Allons, viens ! Ca te fera du bien de prendre un peu d’air frais ! C’est bon pour le moral, a-t-il insisté.

    - Non mais ! Qu’est ce qu’il a mon moral ? J’en ai assez que vous me cassiez les oreilles avec ça ! Je suis très bien comme je suis, alors si ça ne fait pas votre affaire, vous n’avez qu’à me laisser tranquille !

    Joyeux a baissé les yeux, déçu, puis il est allé rejoindre Atchoum qui s’était déjà installé dehors et qui éternuait toutes les cinq minutes à cause du pollen. Le printemps est une saison infernale pour lui.

    Le reste de la journée s’est bien déroulée, puisque j’adore mon travail et que j’aime bien Henri. Il est excellent comme contremaître et il ne s’acharne pas sur mon cas comme tous les autres. Soupir. Si seulement il pouvait leur expliquer que ça ne sert à rien d’essayer de me changer.

     

  • [Livre] Mon bel oranger

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    Résumé : A cinq ans, Zézé a tout appris seul : la lecture, les grossièretés de la rue, les trafics de billes, les tangos pleins de sentiments du marchand de chansons. Tout le monde le bat, sauf sa sœur Gloria. Ange ou diable, il a un secret dans le cœur : un petit pied d'oranges douces, le seul confident de ses rêves, qui l'écoute et lui répond.

     

    Auteur : José Mauro de Vasconcelos

     

    Edition : Livre de poche

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 1971

     

    Prix moyen : 6€

     

    Mon avis : J’ai lu ce livre quand j’avais 8 ou 9 ans. Et je l’ai relu un grand nombre de fois depuis.
    Zézé est très attachant. Vu que tout le monde, dans sa famille, joue du fait qu’ils sont ses aînés pour le maltraiter, il pourrait agir de même avec son petit frère Luis mais non, au contraire, il fait tout pour l’amuser et l’occuper et surtout le tenir éloigner de la misère qui les entoure.
    Mais la misère n’excuse pas tout : oui la vie est dure, oui Zézé est turbulent, mais l’acharnement que les aînés, en particulier le père et sa sœur Jandira, montrent à l’égard de Zézé ne peut pas être excusé par la pauvreté.
    Zézé a une imagination débordante et il ne l’utilise pas toujours à bon escient, mais sa précocité fait un peu rapidement oublier à tous qu’il n’a que 5 ans (même s’il doit mentir sur son âge pour que sa famille puisse être débarrassée de lui dans la journée en l’envoyant à l’école).
    Sa rencontre avec Portuga, un adulte qui lui parle avec gentillesse et sera un vrai modèle paternel pour lui, va changer sa vie et ramener un peu de bonheur pour cet enfant.
    Mais la vie n’est pas une partie de plaisir et, déjà que le livre en lui-même est triste, la fin m’a fait pleurer comme une madeleine.
    Je sais qu’il y a eu une adaptation ciné, mais la bande annonce ne m’a pas convaincu : Zézé n’a plus 5 ans mais 8, il n’est pas blond (ni Gloria, alors que dans le livre, il insiste beaucoup sur ce point), Portuga est aussi plus âgé que dans le livre… ne pas être capable de respecter ce genre de choses me fait craindre pour le scénario.
    J’ai appris également, il y a peu, qu’il y avait une suite à ce livre, qui raconte l’adolescence de Zézé. J’espère pouvoir la lire bientôt.

    Un extrait : À la maison chacun des aînés devait s’occuper d’un de ses petits frères. Jandira s’était occupée de Glória et d’une autre sœur qui avait été donnée à des gens du Nord. Antonio était son chouchou. Ensuite, Lalà s’était occupée de moi jusqu’à ces derniers temps. Elle avait même l’air de bien m’aimer, mais ensuite elle en eut assez ou bien c’est qu’elle était trop occupée par son amoureux, un gommeux comme celui de la chanson : en pantalon long et veste courte. Le dimanche, quand on allait faire du « footing » du côté de la gare (son amoureux disait comme ça), il m’achetait des bonbons que j’aimais beaucoup. C’était pour que je ne dise rien à la maison. Je ne pouvais même pas interroger l’oncle Edmundo, sinon on aurait tout découvert…

    Mes deux autres petits frères étaient morts tout bébés et j’avais seulement entendu parler d’eux. On disait que c’étaient deux petits Indiens Pinagés. Bien bruns avec des cheveux noirs et raides. C’est pourquoi on avait appelé la fille Aracy et le garçon Jurandyr.

    Enfin venait mon petit frère Luís. C’était surtout Glória qui s’occupait de lui et ensuite moi. Personne, d’ailleurs, n’avait besoin de s’occuper de lui car c’était le petit garçon le plus joli, le plus gentil et le plus sage qu’on ait jamais vu.

    C’est pourquoi, lorsqu’il m’adressa la parole de sa petite voix qui prononçait tout sans faute, moi qui m’apprêtais à gagner le monde de la rue, je changeai d’idée.

    « Zézé, tu veux m’emmener au Jardin zoologique ? Aujourd’hui, il ne risque pas de pleuvoir, n’est-ce pas ? »

    Qu’il était mignon, il disait tout sans se tromper. Ce petit-là serait quelqu’un, il irait loin.

    Je regardai la belle journée, rien que du bleu dans le ciel. Je n’eus pas le courage de mentir. Parce que quelquefois, quand je n’en avais pas envie, je disais :

    « T’es fou. Luís. Tu ne vois pas que l’orage arrive !… »

    Cette fois-ci, je pris sa menotte et nous voilà partis pour les aventures dans le jardin.

    Le jardin se partageait en trois domaines. Le Jardin zoologique. L’Europe qui se trouvait près de la haie bien entretenue de la maison de seu Julinho. Pourquoi l’Europe ? Même mon petit oiseau ne le savait pas. Enfin l’endroit où nous jouions au téléphérique du Pain de Sucre. Je prenais la boîte à boutons et je les enfilais tous sur une ficelle. Ensuite on attachait une extrémité à la haie et Luís tenait l’autre. On mettait en haut tous les boutons et on les laissait glisser lentement un à un. Chaque voiture arrivait pleine de gens connus. Il y en avait un, tout noir, qui était le wagon du nègre Biriquinho. De temps à autre, on entendait une voix dans le jardin voisin.

    « Tu n’abîmes pas ma haie, Zézé ?

    – Non, dona Dimerinda. Vous pouvez regarder.

    – C’est comme ça que je t’aime, jouant gentiment avec ton petit frère. Ce n’est pas mieux ? »

    C’était peut-être mieux mais quand mon « parrain », le diable, s’emparait de moi, il n’y avait rien de plus agréable que de faire des sottises…