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Livres

  • [Livre] Un noël plein d'espoir

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    Résumé : Dans le dédale miséreux de l'East End londonien, Noël 1883 prépare ses miracles. Comment Gracie Phipps, treize ans, pourrait-elle refuser d'aider une fillette bouleversée à retrouver son âne ? D'un mystère à l'autre, les deux enfants doivent faire la vérité sur la mort d'Oncle Alf, un chiffonnier du quartier, et sortir vivantes de ce cauchemar de Noël…

    Auteur : Anne Perry

     

    Edition : 10/18

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 03 novembre 2011

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : J’en suis à 3 nouvelles de noël écrite par Anne Perry et celle-ci et la première où je soupçonne presque tout le monde d’être le coupable.
    A travers les recherches de Gracie et Minnie Maude pour retrouver l’âne de cette dernière, on découvre les bas-fond de Londres avec ses codes, ses dangers, et son dédale de rue où il est bien difficile de s’orienter quand on est une fillette qui ne sait pas lire.
    C’est la plus courte des trois nouvelles que j’ai lu jusque-là et paradoxalement, j’ai trouvé que c’était la plus aboutie. Car même si on a une idée du coupable, on ne sait pas qui est impliqué et les deux fillettes découvrent les indices petit à petit malgré ceux qui leur mettent des bâtons dans les roues.
    Je crois que Gracie est un des personnages de la saga Charlotte et Thomas Pitt, mais, n’ayant pas encore commencé cette dernière, je ne sais pas de quelle manière elle leur est attachée.
    J’ai beaucoup aimé voir la débrouillardise des fillettes et cette enquête difficile dans un monde où la mort d’un vieux chiffonnier ne dérange pas grand monde et où tous ont bien trop à perdre pour prendre le risque de s’attirer des ennuis en ayant la langue trop pendue.

     

    Un extrait : Lorsque Gracie poussa la porte du logement de deux pièces où ils vivaient dans Heanage Street, sa grand-mère était devant une bassine d'eau, prête à laver et à éplucher les patates. Elle avait l'air épuisée d'avoir passé toute la journée debout, les mains plongées jusqu'au coude dans l'eau chaude, la soude caustique et la lessive, d'où elle devait sortir le linge trempé et le transporter d'un évier à l'autre, les épaules ankylosées et le dos si douloureux qu'elle pouvait à peine le toucher. Il lui fallait ensuite le soulever une seconde fois pour le passer dans l'essoreuse pour qu'il ait une chance de sécher avant qu'elle le rapporte et se fasse payer. Constamment il fallait de l'argent, que ce soit pour payer le loyer, acheter de la nourriture, une paire de bottes, du bois ou un peu de charbon pour allumer le feu, sans parler bien sûr de Noël.

    Gracie, qui semblait avoir arrêté sa croissance à un mètre trente, n'avait nul besoin de nouveaux vêtements, les siens pouvant toujours être rapiécés ou raccommodés. Mais Spike et Finn grandissaient à vue d'œil, ce qui, compte tenu des quantités qu'ils dévoraient, n'était guère étonnant.

     

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  • [Livre] Le spectacle de noel

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    Résumé : C'est à Whitby, petit village de pêcheurs ou le comte Dracula aurait fait sa première apparition – selon le roman éponyme de Bram Stoker –, que Joshua Fielding a décidé de produire sa troupe théâtrale. Avec sa femme Caroline, la mère de Charlotte Pitt, il s'apprête à livrer une adaptation inédite du fameux roman. La première est un désastre, mais l'apparition d'un étranger masqué, suivi d'un meurtre inattendu, viennent donner la dimension dramatique qui manquait à la pièce...

    Auteur : Anne Perry

     

    Edition : 10/18

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 07 novembre 2013

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Même s’il y a bien meurtre et enquête, ce n’est pas le point central de cette nouvelle. Quand le meurtre arrive, on est presque soulagé tant la tension entre tous est palpable. Les acteurs s’engueulent en permanence, et si la jeune auteur accepte de bonne grâce les modifications que Joshua exige pour la pièce, son fiancé, Douglas, ne cache pas son mécontentement de voir la jeune fille se passionner pour le théâtre. Il en est même agressif à plusieurs reprises et j’ai espéré pendant toute la nouvelle qu’Alice allait le renvoyer chez lui avec pertes et fracas !
    Le meurtre en lui-même n’est donc pas si important que ça (oui, je sais : va dire ça à la victime !). Et bien justement. Dès le début, elle m’a paru  étrange. Sa présence dans la maison de Netheridge n’est pas bien claire, même si l’excuse est parfaitement plausible.
    Ajoutez à ça qu’ils sont en train de préparer un spectacle sur les vampires (et qu’à l’époque on en voyait pas à tous les coins de romans), vous imaginez facilement l’état de nerf dans lequel ils sont tous.

    Je n’avais jamais lu d’Anne Perry avant, et comme ici il ne s’agit que de nouvelles, je ne m’attendais pas à ce que les personnages ou l’histoire soient très approfondis. Je n’ai donc pas été déçue, comme certains, amateur de l’auteur, l’ont été. Sans doute les a-t-elle habituée à des fins plus élaborées et arrivant plus progressivement. Il faudra attendre que je lise un roman d’Anne Perry (et donc que j’ai fini les nouvelles) pour que je me fasse une idée.
    Je ne connais pas les personnages non plus et donc, je n’ai pas eu ce côté : chouette, on va en découvrir plus sur les personnages secondaires. Ici, j’ai cru comprendre que l’héroïne était la maman de Charlotte, co-héroïne, avec son époux Thomas de toute une saga de l’auteur.
    Même si j’ai regretté la rapidité avec laquelle le meurtre est élucidé, je me dis que si l’auteur a su m’intéresser à ce point sur une nouvelle de moins de 200p, elle pourrait me passionner sur un roman de 400p.

     

    Un extrait : — Ne t’inquiète pas ce soir, mon chéri. Vous travaillerez demain sur la pièce, et ce ne sera peut-être pas aussi difficile quand vous répéterez tous ensemble que cela le paraît sur le papier. Combien de fois m’as-tu fait cette remarque à propos d’autres pièces ?

    Il se pencha pour l’embrasser.

    — À dire vrai, c’est épouvantable, avoua-t-il comme à regret. Adapter un roman au théâtre est très compliqué, ce dont Alice Netheridge n’a pas vraiment idée. Si nous n’avions pas désespérément besoin de trouver un mécène l’année prochaine, je n’essaierais même pas… Seulement, sans l’appui de Netheridge, nous devrions tous faire face à un printemps très sombre.

    — Ce n’est pas vrai, Joshua. Ça l’est sans doute pour la troupe, mais tu n’aurais aucun mal à décrocher un rôle. Je connais au moins trois directeurs de théâtre qui rêveraient de t’engager !

     

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  • [Livre] Le voyageur de noel

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    Résumé : En ce Noël 1850, les frères Dreghorn se réunissent chez le plus âgé d'entre eux, Judah, dans son grand domaine de la région des lacs, en Angleterre. Mais l'heure n'est pas à la joie des retrouvailles. Judah vient de mourir dans des circonstances troubles, et sa veuve, Antonia, doit faire face à de terribles accusations portées contre son mari, un juge pourtant respecté. Pour l'épauler dans ces moments difficiles, elle fait appel à un vieil ami de la famille, Henry Rathbone. Avec l'aide de ses frères, Henry va tenter de faire la lumière sur cette affaire. Judah a-t-il été assassiné ? Et ces malheureuses insinuations, qui blessent l'honneur de toute une famille, pourraient-elles être fondées ?

    Auteur : Anne Perry

     

    Edition : 10/18

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 23 mai 2006

     

    Prix moyen : 4€

     

    Mon avis : C’est le premier texte d’Anne Perry que je lis et, ayant choisi le format de la nouvelle, je m’attendais à ce que le côté policier soit un peu bâclé (comment mener une enquête crédible en si peu de pages). Je crois que « l’erreur » d’Anne Perry, si j’ose dire, a été de vouloir présenter les personnages et la situation comme si elle écrivait un roman. Du coup, on arrive à une vingtaine de pages de la fin, obligé de terminer une histoire qui commence à peine à trouver sa vitesse de croisière.
    Je pense que cette histoire, sans quitter vraiment le monde de la nouvelle, aurait gagné à avoir une trentaine de pages en plus.
    Le personnage principal de la nouvelle, Henry
    Rathbone, est un des personnages de la série Monk (non pas Adrian, William) d’Anne Perry. Si pour commencer, je voudrais découvrir les Charlotte et Thomas Pitt, je pense que William Monk sera le suivant sur ma liste !
    J’ai beaucoup aimé la manière dont Henry doit annoncer la nouvelle à chaque membre de la famille à la place de sa filleule, mais on perd un temps fou. Ensuite il y a la colère, le refus de remettre en cause la mémoire du mort, puis les enquêtes. Je dis « les », parce que Henry se dissocie un peu de ses hôtes pour faire cavalier seul.
    J’ai beaucoup apprécié sa façon d’appréhender les faits d’une autre manière, avec l’esprit ouvert.
    En revanche, j’ai regretté la pirouette avec laquelle l’auteur se « débarrasse » de la révélation du coupable. J’aurais nettement préféré une confrontation directe, même courte, plutôt que cette solution-là qui m’a laissée complètement frustrée.

     

    Un extrait : Dans sa lettre, Antonia avait écrit qu’ils rentreraient tous pour Noël, même si leur retour promettait d’être amer et très différent des fois précédentes. Qu’Antonia ait réclamé la présence de son parrain n’était guère surprenant. Elle avait de terribles nouvelles à annoncer et n’avait pas d’autre famille pour l’aider. Ses parents étaient morts jeunes, et elle n’avait ni frère ni sœur, seulement un fils de neuf ans, Joshua, aussi endeuillé qu’elle.

    Henry avait toujours connu Antonia, d’abord comme une enfant grave et heureuse, curieuse d’apprendre et passant tout son temps à lire. Elle ne s’était jamais lassée de lui poser des questions. Ils avaient été amis dans la découverte.

    Par la suite, lorsqu’elle était devenue une jeune femme, une sorte de timidité avait mis une distance entre eux deux. Antonia s’était alors confiée avec plus de réticence, mais Henry n’en avait pas moins été le premier à être au courant de son amour pour Judah et, comme ses parents n’étaient plus là, c’était lui qui l’avait accompagnée à l’autel le jour de son mariage.

    Mais à présent, que pouvait-il faire pour elle ?

     

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  • [Livre] La mer en hiver

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    Résumé : Lorsque Carrie McClelland, auteur à succès, visite les ruines du château de Slains, elle est enchantée par ce paysage écossais, à la fois désolé et magnifique. La région lui semble étrangement familière, mais elle met de côté son léger sentiment de malaise afin de commencer son nouveau roman, pour lequel elle utilise le château comme cadre et l’une de ses ancêtres, Sophia, comme héroïne. Puis Carrie se rend compte que ses mots acquièrent une vie propre et que les lignes entre fiction et faits historiques se brouillent de plus en plus. Tandis que les souvenirs de Sophia attirent Carrie encore plus au cœur de l’intrigue de 1708, elle découvre une histoire d’amour fascinante, oubliée avec le temps. Après trois cents ans, le secret de Sophia doit être révélé.

    Auteur : Susanna Kearsley

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Romance historique

     

    Date de parution : 19 Octobre 2017

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Ce roman m’a beaucoup fait penser au film « d’un rêve à l’autre », sauf qu’ici ce n’est pas quand Carrie s’endors que Sophia prend vie, mais quand elle entre dans une sorte de transe la poussant à écrire le roman qu’elle a voulu du point de vue de son ancêtre.
    Ce qui, au départ, devait être un ajout fictif à un fond historique, devient de plus en plus étrange. Des faits que Carrie écrit, comme poussée par une force mystérieuse, s’avèrent ayant vraiment eu lieu, chose qu’elle n’avait aucune possibilité de savoir.
    Nous, lecteur, nous passons de l’histoire de Carrie à l’histoire de Sophia sans heurt, retrouvant le présent quand Carrie sort de transe et cesse d’écrire.
    J’ai beaucoup aimé que les chapitres consacrés à Carrie soient noté 1, 2, 3 etc… et ceux consacrés à Sophia I, II, III… bien qu’au fil des chapitres, la distinction ne soit plus aussi tranchée.
    J’ai aussi beaucoup aimé découvrir l’histoire de la tentative de prise de pouvoir Jacobite. Dans une note de fin de livre, l’auteur explique que, quand les faits historiques étaient avérés, elle s’y est strictement tenue. Ainsi, malgré le côté romancé dû à l’introduction de personnages imaginé comme Sophia ou les domestiques, l’histoire avec un grand H est assez fidèle à la réalité.
    Pendant tout le livre, j’ai espéré une fin, qui, si elle n’a pas réalité historique aurait au moins le mérite de faire en sorte que l’histoire de Sophia ne se termine pas mal. Je ne vous dirais pas si mes espoirs ont été déçus ou comblés mais sachez qu’ils m’ont du moins tenus en haleine jusqu’à la dernière ligne.
    Pour une fiction, l’auteur s’est clairement compliqué la tâche en s’imposant le strict respect des connaissances historiques. Ainsi il a fallu qu’elle jongle avec les dates, avec les rapports fait de discussions qui ont eu lieu entre certains personnages et qu’il lui a fallu intégrer dans son histoire. Contrairement à beaucoup d’auteurs de fiction, elle n’a pas plié l’histoire à ses besoins, mais s’est pliée aux obligations de l’histoire. C’est sans doute pour cela que ce roman a été un tel coup de cœur pour moi !
    J’ai aimé tous les personnages. Même les méchants ! Enfin, disons plutôt que ceux-là, j’ai adoré les détester et les vouer aux flammes de l’enfer ! En tout cas, pas un ne m’a laissé indifférente, pas même ceux qui étaient déjà morts quand l’histoire commence.
    L’histoire de Carrie est moins exaltante que celle de Sophia, parce que, ne nous voilons pas la face, on se doute que tout finira bien pour elle, et si les gens qui l’entourent sont très gentils, il n’y a guère de surprises dans leurs réactions et attitudes. En revanche, on tremble sans cesse pour Sophia qui, non contente de vivre à une époque dangereuse, n’a pas non plus la vie facile à titre personnel. J’ai trouvé que les passages concernant Carrie nous permettaient de souffler et de digérer ce qu’il se passait en 1708. C’étaient d’agréables interludes qui nous permettaient d’en savoir plus sur la période historique à travers les recherches de Carrie sans que l’histoire de Sophia ne soit alourdie.
    Au début j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire mais ça s’est arrangé dès que j’ai plongé dans la partie concernant Sophia et surtout que je me suis concentrée uniquement sur ce livre, sans en lire un autre en même temps. C’est un livre qui n’aime pas la concurrence !
    Mais je ne regrette pas de n’avoir eu qu’une seule lecture pendant quelques jours, parce que, réellement, ça a été un immense coup de cœur.

     

    Un extrait : Ce n’était pas un hasard. Rien de tout cela n’était arrivé par simple hasard.

    Je l’appris plus tard ; même si j’eus du mal à accepter cette évidence quand elle me frappa, car j’avais toujours cru fermement à l’autodétermination. Jusque-là, ma vie avait semblé corroborer cette idée – j’avais choisi certaines voies qui m’avaient menée à certaines fins, toutes positives, et je considérais les quelques contretemps rencontrés le long de la route non comme de la malchance, mais comme de simples fruits de mon jugement imparfait. Si j’avais dû choisir un credo, j’aurais opté pour ces deux vers du poète William Henley, vibrants de courage : Je suis maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme.

    Ainsi, lorsque tout commença en ce matin d’hiver, quand j’allai chercher la voiture que j’avais louée et que je quittai Aberdeen pour me diriger vers le nord, l’idée que quelqu’un d’autre puisse être à la barre ne m’effleura pas une seconde.

    Je croyais sincèrement que m’éloigner de la route principale pour emprunter celle qui longeait la rive découlait de ma propre décision. Sans doute pas la meilleure décision qui soit, d’ailleurs, étant donné que les routes étaient bordées de la neige la plus épaisse qui s’était abattue sur l’Écosse depuis quarante ans, et que l’on m’avait avertie des risques de dérapages et de retards. La prudence et le fait que j’aie un rendez-vous auraient dû m’inciter à rester sur la route principale, plus sûre, mais le petit panneau indiquant « Route côtière » me fit dévier.

    Mon père me disait toujours que j’avais la mer dans le sang. J’étais née et j’avais grandi sur la côte de la Nouvelle-Écosse, et je n’avais jamais pu résister à l’attrait des vagues. Alors, quand la route principale tourna vers l’intérieur des terres, je préférai bifurquer à droite et emprunter la voie côtière.

    Je ne pourrais pas dire à quelle distance je me trouvais lorsque j’aperçus sur les falaises le château en ruine, une ligne d’obscurité dentée se détachant sur un ciel nuageux, mais dès l’instant où je le vis, je fus captivée et accélérai. Je ne prêtai aucune attention aux grappes de maisons se dressant sur mon passage et sentis une pointe de déception lorsque la route repartit dans la direction opposée. Mais ensuite, derrière un bois touffu, la route tourna de nouveau et il surgit devant moi : un château sombre abandonné, s’élevant au milieu des champs enneigés qui s’étendaient entre la route et le bord de la falaise, comme pour en interdire l’accès.

     

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  • [Livre] La disparue de noel

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    Résumé : En Angleterre, de nos jours. Emma le sait, il est des passés qui ne s'oublient pas. Mariée à David, directeur de banque traumatisé par la mort de sa première épouse et l'inexplicable disparition de sa fille Natasha la veille de Noël, six ans plus tôt, la jeune femme a appris à vivre avec les drames. Mais l'arrivée d'Ollie, leur fils de dix-huit mois, semble avoir redonné le sourire à David et renforcé leur couple. La promesse de jours meilleurs semble enfin possible... Mais le monde d'Emma se fissure lorsqu'une jeune fille apparaît un jour dans sa cuisine. Natasha. Alors que David est en joie, Emma, elle, s'interroge : où était-elle toutes ces années ? Comment l'intégrer dans leur vie de famille idéale ? Et pourquoi ce sentiment que l'adolescente pourrait représenter une menace pour elle et pour son bébé ? Que cache la disparue de Noël ?

    Auteur : Rachel Abbott

     

    Edition : Belfond

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 02 Novembre 2017

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : Je ne connaissais cet auteur que de nom mais j’avais lu suffisamment de bonnes chroniques de ce thriller pour tenter le coup. Et je n’ai pas été déçue.
    Dès le prologue, je n’arrêtais pas de me demander qui voulait du mal à Natasha et sa mère, Carolyne et surtout qui avait appelé pour tenter de mettre Carolyne en garde. Avec le recul, je me dis que j’aurais dû comprendre plus tôt qui était au bout du fil, mais j’étais trop prise dans le thriller pour raccrocher ce détail aux wagons.
    Le récit alterne entre le point de vue d’Emma, la nouvelle femme du veuf de Carolyne, David, et celui de Tom, policier qui ne se remet pas de la mort de son frère, lequel avait été le petit ami d’Emma.
    Les chapitres sont assez courts et donnent un rythme effréné au récit qui ne se déroule que sur quelques jours.
    Je comprends la réaction d’Emma quand Tasha réapparait d’on ne sait où après 6 ans de disparition. David, lui, ne voit que le fait qu’il a récupéré sa fille et semble se moquer de savoir ce qu’a été sa vie pendant ces 6 années. Tout ce qui compte pour lui et qu’ils soient réunis. Emma, elle, réagit de manière plus détachée car elle n’a pas de lien avec Tasha. Tout ce qu’elle voit, c’est une adolescente agressive qui refuse de parler à la police et qui pourrait être un danger pour son bébé à cause de son instabilité.
    Dans le résumé, on nous dit : que cache la disparue de Noël ? Je m’attendais à une tension de plus en plus insoutenable jusqu’à ce que le vrai visage de la réapparue se dévoile. Mais en réalité, on sait très vite ce que cache Tasha puisque le thriller ne commence vraiment qu’à compter du moment où elle se dévoile.
    Au niveau des personnages, j’ai beaucoup aimé Tom et son équipe qui agissent vraiment avec précaution et sans jamais considérer Emma et les siens comme des pions qui n’ont pas leur mot à dire.
    Emma est forte et, même si elle n’a aucun goût pour la violence, elle n’hésite ni à se mettre en danger, ni à foncer dans le tas pour protéger sa famille.
    David est un faible. Il ne réagit jamais, comme si tout allait finir par s’arranger sans qu’il ait à lever le petit doigt. C’est un homme qui se laisse porter par le courant et semble toujours choisir la solution de facilité. Plus d’une fois j’ai eu envie de lui taper dessus. Vraiment, il m’a insupporté pendant tout le roman.
    Pour Tasha, je suis partagée. D’un côté, elle est agressive, manipulatrice, elle semble ne pas avoir le moindre sentiment à part une immense haine dirigée vers son père. Elle fait tout pour qu’Emma ne l’aime pas mais on sent qu’elle n’a pas vraiment quelque chose contre elle, qu’elle veut juste maintenir une distance.
    Au final, malgré certains aspects de sa personnalité (qui sont facilement excusable au fur et à mesure qu’on découvre sa vie) et certaines de ses actions (qui sont, elles aussi excusables quand on pense qu’il ne s’agit que d’une adolescente), je crois que je l’ai bien aimé. En tout cas, j’ai eu beaucoup de compassion pour elle.
    J’ai été un peu frustrée par la fin. J’aurais aimé quelque chose de plus tranché sur deux des personnages et rester ainsi dans l’interrogation m’a un peu déçue.
    Mais, malgré ce tout petit détail, j’ai vraiment adoré ce livre que j’ai quasiment lu d’une traite.

     

    Un extrait : Un rayon de soleil filtrant à travers les nuages noirs illumina la fenêtre de la cuisine, faisant disparaître le reflet comme s’il n’avait jamais existé. Instinctivement, Emma s’accrocha au rebord de l’évier. Avait-elle pu imaginer tout cela ? Mais le soleil avait à peine eu le temps de percer qu’il fut chassé par les nuages. Et le reflet réapparut.

    Sans quitter des yeux cette image fantomatique qui devenait de moins en moins nette à mesure que la lumière à l’extérieur passait du noir au gris, Emma se mit à tâtonner devant elle, cherchant une arme potentielle. Mais il n’y avait rien d’autre sur l’égouttoir qu’un bol en plastique. Sans réfléchir, elle tendit le bras vers le panier à couverts et éprouva une douleur aiguë suivie d’une sensation de chaleur liquide au moment où elle referma sa main sur la lame d’un couteau désosseur. Nerveusement, elle fit remonter ses doigts humides et poisseux le long de l’acier pour empoigner le manche.

    Ne voulant pas briser le fragile contact visuel, ne serait-ce qu’une seconde, de crainte que la personne ne se déplace, ne se rapproche d’elle ou d’Ollie, ne quitte son champ de vision ou ne parte vers le hall, où elle serait contrainte de la suivre, Emma inspira profondément et se retourna, appuyant ses jambes, soudain devenues faibles, contre le placard sous l’évier.

    Le cœur battant, la gorge trop serrée pour lui permettre de hurler, elle regarda fixement la personne qui se trouvait en face d’elle, tandis que des décharges d’adrénaline lui traversaient le corps, comme pour la préparer au combat ou à la fuite.

    C’était une toute jeune fille, presque une enfant.
    Elle était de constitution fine, avec des cheveux blonds hirsutes qui retombaient au niveau de ses épaules sur un duffle-coat gris élimé, dans les poches duquel elle avait enfoncé ses mains. Les yeux dont Emma avait vu le reflet dans la fenêtre étaient hypnotisants. Grands, ovales et d’un gris-vert sombre semblable à celui de l’océan quand il est agité par la tempête, ils cillèrent légèrement au moment où Emma brandit le couteau. Mais la jeune fille ne bougea pas.

    Emma reposa l’ustensile sur le plan de travail de l’îlot, mais ne lâcha pas son manche. Elle ne savait pas ce que voulait cette fille, mais malgré son jeune âge, elle ne lui faisait pas confiance.

    « Qu’est-ce que tu fais dans ma cuisine ? lui demanda-t-elle. Sors d’ici tout de suite, ou j’appelle la police. »

    L’adolescente ne bougea pas. Et elle continua de regarder Emma. Ses yeux étaient rivés sur son visage, et la jeune femme crut y lire de l’hostilité, mais peut-être était-ce de la confusion ou de la peur.

     

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  • [Livre] L'ultime refuge

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    Résumé : Depuis qu’un inconnu lui envoie des photos inquiétantes sur lesquelles elle croit se reconnaître, Jo Hathaway vit en permanence dans la terreur. Une terreur qui monte encore d’un cran le jour où elle s’aperçoit que l’un des clichés ne la représente pas elle, mais sa mère, Annabelle, disparue vingt ans plus tôt sans laisser de traces… Peu après, la photo est subtilisée dans son appartement. Sans preuve à fournir à la police, et épuisée par la tension et la peur, Jo se réfugie alors dans la maison familiale, sur une île au large de la Géorgie. Là, espère-t-elle, elle sera en sécurité. Mais, dans ce lieu où flotte encore l’ombre d’Annabelle, le danger est partout. Et Jo pourrait bien avoir trouvé là son dernier refuge…

    Auteur : Nora Roberts

     

    Edition : Best Seller Harlequin

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 01 Juillet 2005

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’ai trouvé qu’on avait là un thriller psychologique prometteur. Le tueur cherche à bouleverser Jo Ellen en lui envoyant de nombreuses photos d’elle, au milieu desquelles il glisse des photos de sa mère avant de faire disparaitre ces dernières. Jo Ellen qui est restée traumatisée par l’abandon de la famille par sa mère 20 ans plus tôt, qui s’est coupé de sa famille, qui n’a quasiment aucune vie personnelle et ne vit réellement que pour son métier. Autant dire que, n’ayant personne à qui se confier, Jo Ellen sombre. Son arrivée sur l’île de son enfance ne pas guère arranger les choses. Déjà, on comprend très vite que le tueur l’a amenée très exactement où il voulait qu’elle soit, ensuite on ne peut pas dire que Jo Ellen soit aidée par sa famille (cela dit, elle ne leur dit rien non plus, mais on peut comprendre.) son frère ne pense qu’à maintenir l’affaire familiale à flot, sa petite sœur est rongée par la jalousie et a l’impression que la réussite de Jo Ellen l’empêche de réussir elle-même et la condamne à rester sur l’île, quant au père, il ne s’est pas remis du départ de sa femme et ne s’occupe de rien sauf de la sauvegarde de sa chère île. Au milieu de ça, Kate, la cousine qui a dû remplacer la mère essaie de réunir la famille et de les forcer à s’ouvrir les uns aux autres.
    Le problème que j’ai eu avec ce livre est que, dès que Nathan arrive et raconte son histoire, j’ai su qui était celui qui traquait Jo Ellen. J’avais même un énorme doute sur toute l’histoire. Mais j’ai quand même laissé le bénéfice du doute à Nora Roberts en me disant que, peut-être, il y aurait un coup de théâtre. Mais non, tout ce que j’avais soupçonné s’est réalisé. Je n’ai même pas eu à faire marcher mes petites cellules grises, comme dirait Poirot, et ça, c’est vraiment un truc qui me manque dans un thriller. Ça m’énerve quand l’auteur ne laisse pas la moindre chance au lecteur de démasquer le coupable, mais trouver trop vite est aussi très frustrant (sauf si tout l’intérêt du livre est la manière d’arrêter le coupable plus que son identité !).
    Pour finir, je dirais que j’ai bien aimé le côté reconstruction familiale du livre, mais que le côté thriller ne m’a pas interpellé, étant bien trop prévisible.

     

    Un extrait : Et maintenant, elle se retrouvait à son point de départ… Par excès de confiance et, surtout, de naïveté.
    « Bah ! Ce n’est que temporaire, se répéta-t-elle. Dans un peu moins d’un an, elle aurait vingt-cinq ans et entrerait en possession de son héritage – ou de ce qu’il en restait. Alors elle repartirait pour New York et, cette fois, se montrerait plus avisée, plus prudente. Elle prendrait une année sabbatique et, un beau jour, se retrouverait sur une scène, sous les feux des projecteurs, enivrée par la ferveur et l’admiration du public qui monteraient jusqu’à elle en vagues enthousiastes.
    Et elle serait enfin quelqu’un.
    Et pas seulement la plus jeune fille d’Annabelle.

    Elle apporta les dernières assiettes sales dans la cuisine tandis que Brian s’affairait déjà à remettre tout en ordre.
    Plus de vaisselle ni de poêles huileuses dans l’évier, plus de déchets ni de graisse sur le comptoir. Tout en sachant que c’était un geste stupide, Lexy posa une tasse encore remplie de café sur la pile d’assiettes propres. Le café se renversa et la tasse, déséquilibrée, alla se briser sur le carrelage.
    « Oups ! » fit-elle avec un sourire narquois.
    « On dirait que ça te fait plaisir de jouer à l’imbécile, Lex », remarqua froidement son frère. « Dans ce domaine, je dois dire que tu excelles.
    - Vraiment ? »
    Elle lâcha la pile d’assiettes qui se fracassa à son tour sur le sol. Des restes de nourriture et des éclats de porcelaine s’éparpillèrent à travers toute la cuisine. « Et ça ? fit-elle, c’est bien joué aussi ?
    - Bon Dieu, Lex ! Qu’est-ce que tu cherches à prouver ? Que tu es toujours aussi destructrice ? Tu crois peut-être qu’il y aura toujours quelqu’un derrière toi pour réparer tes conneries ? »
    Il bondit vers un placard et revint, armé d’un balai qu’il lui tendit.
    « Ramasse ça tout de suite ! »
    Elle regrettait déjà son geste impulsif mais, par pur entêtement, refusa d’obtempérer. « Fais-le toi-même. Après tout, ces précieuses assiettes sont les tiennes…
    - Tu vas obéir, sinon je t’assure que je vais te casser le balai sur le dos !

    - Essaie un peu, Bri ! »

    Elle se dressa, toute droite, pour l’affronter. Une petite voix intérieure lui soufflait qu’elle avait tort de se comporter ainsi, mais c’était plus fort qu’elle.
    « Oui, essaie ! cria-t-elle, et moi, je t’écorche vif ! J’ai ai archimarre d’être traitée comme une moins que rien. Cette maison m’appartient autant qu’à toi !
    - Eh bien ! Je vois que rien n’a décidément changé, ici… »
    Ils se retournèrent en même temps, leurs visages empourprés de colère. Jo se tenait sur le seuil de la pièce, deux valises posées à ses pieds, l’air épuisé.
    « J’ai su que j’étais à la maison rien qu’en entendant le fracas de la vaisselle et l’écho gracieux de vos voix… »
    Instantanément, Lexy changea d’expression. Abandonnant sa mauvaise humeur, elle glissa son bras sous celui de son frère, se serrant contre lui.
    « Regarde, Brian. Un autre enfant prodigue de retour. J’espère qu’il reste encore un peu de veau gras.
    - J’aimerais bien une tasse de café », dit Jo en refermant la porte derrière elle.


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  • [Livre] Que ta chute soit lente

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    Résumé
     : Pour la star américaine Gaia Lafayette, la superproduction hollywoodienne dans laquelle elle s'apprête à tourner est enfin l'occasion d'être prise au sérieux, et pourrait même lui valoir une nomination aux Oscars... Pour la ville de Brighton qui accueille le tournage, c'est la promesse d'un formidable coup de publicité. Mais pour l'inspecteur Roy Grace, c'est un cauchemar ! Il est chargé de la protection de la diva. Or, quelques jours avant de rejoindre Brighton, Gaia est victime d'une tentative de meurtre perpétrée par un fan. Roy Grace est prévenu, un psychopathe erre dans la nature, sans doute est-il déjà arrivé à Brighton. Dissimulé dans l'ombre, il attend, épie, planifie... Son but ? Voir son étoile tomber !

    Auteur : Peter James

     

    Edition : fleuve noir

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 11 Septembre 2014

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Ce livre est le 8ème mettant en scène Roy Grace et le premier que je lis. Même si, au niveau de la vie personnelle des enquêteurs et sur certaines enquêtes passées, je pense que les réponses ou le début des évènements ont lieu dans les tomes, précédents, ça ne gêne absolument pas la lecture, des rappels étant faits à chaque fois de manière à ce qu’on comprenne sans problème de quoi il retourne. De plus, les enquêtes en cours dans ce tome sont indépendantes des autres tomes, et donc, le livre peut être lu sans problème par quiconque n’ayant jamais lu les précédents.
    J’ai beaucoup aimé que les policiers soient aux prises avec plusieurs affaires car souvent, dans les livres comme dans les films, on dirait que le monde s’arrête de tourner le temps de l’enquête. Ici, non seulement, il y a plusieurs affaires en cours, mais, quand les policiers doivent se concentrer plus particulièrement sur ces affaires-là, le commissaire laisse clairement entendre qu’il culpabilise de laisser tout le reste plus ou moins en suspens. En plus des affaires en cours, les enquêtes passées sont encore sur le devant de la scène, puisque les flics concernés doivent se préparer à aller témoigner devant le tribunal. Ainsi, en quelques lignes placées ici et là, l’auteur rappelle que le travail du policier ne s’arrête pas quand il passe les menottes à un suspect, et qu’il a rarement le luxe de pouvoir se consacrer pleinement à une seule enquête, d’autant plus qu’il doit souvent attendre un bon moment pour avoir les résultats scientifiques et que pendant cette attente, il ne reste pas les bras croisé, mais fait d’autres recherche.
    L’auteur met également en avant la dichotomie entre l’exigence de résultat, avec la pression constante des politiciens, et le manque de moyen financier et humain auquel sont confrontés les enquêteurs.
    A côté des enquêtes sur lesquelles planchent Roy Grace et son équipe dans ce tome, il y a des éléments qui donnent envie de découvrir la suite parce qu’on se dit : mais c’est quoi ce bordel ?
    Ces éléments sont essentiellement liés à la vie personnelle de Roy Grace, mais je pense que ça pourrait très vite tourner en enquête officielle.
    Si je me suis doutée assez vite que les différentes enquêtes avaient un point commun, même si cela n’en faisait pas forcément une seule et même affaire, j’avoue qu’il y a un élément que je n’avais absolument pas vu venir, et j’ai adoré parce que, certes, j’ai été bluffée, mais ce n’était pas incohérent et comme un cheveu sur la soupe.
    Il y a quelques mois, j’avais abandonné ce livre mais je l’avais gardé de côté en me disant que soit je n’aimais vraiment pas, soit ce n’était pas le bon moment pour lire un thriller de ce type.
    Je suis ravie de voir que le problème venait du timing et pas du roman en lui-même ! Comme ça, j’ai un autre auteur à mettre dans la catégorie : valeur sûre !

     

    Un extrait : Marla jeta un coup d’œil à sa montre. Elle avait un rendez-vous ce soir-là, et déjà deux heures de retard, à cause des exigences de Gaia… La routine. Avant elle, aucune assistante personnelle n’avait tenu plus de dix-huit mois. Aussi incroyable cela soit-il, elle venait d’entamer sa troisième année. Le job était difficile, les journées longues, le salaire pas mirobolant, mais c’était une expérience incroyable. Malgré sa relative dureté, sa patronne était attachante. Un jour, elle prendrait le large, mais ce moment n’était pas encore arrivé.

    — Pas de problème, répondit-elle.

    — Prends la Mercedes.

    La nuit était douce. Gaia était suffisamment intelligente pour savoir quand accorder une petite faveur.

    — Cool ! Je reviens tout de suite. Autre chose ?

    Gaia secoua la tête.

    — Tu peux garder la voiture jusqu’à demain matin.

    — Vraiment ?

    — Bien sûr, je ne sors pas.

    Marla adorait cette SL55 AMG gris métallisé. Elle se voyait déjà arpenter Sunset Boulevard jusqu’au bureau de tabac. Puis aller chercher Jay. Que lui réserverait la nuit ? Travailler pour Gaia était, chaque jour, une véritable aventure. Tout comme l’était chaque nuit, depuis qu’elle avait rencontré Jay. C’était un acteur débutant et elle avait décidé de l’aider à percer en surfant sur le réseau de Gaia.

    Ce qu’elle ignorait, en se dirigeant vers la Mercedes, c’est qu’elle était en train de commettre une grave erreur.

     

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  • [Livre] La piste noire

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    Résumé : Au nord de la Suède, au bord d'un lac gelé, un pêcheur découvre dans une cabane abandonnée le cadavre torture d'une femme. La belle Inna Wattrang était la porte-parole de Mauri Kallis, un célèbre industriel à la tête d'une multinationale minière dont l'ascension et la réussite fascinent le pays. Les indices sont minces et les deux inspecteurs de la PJ de Kiruna font appel à l'ex-avocate Rebecka Martinsson, devenue procureur auxiliaire, pour tenter d’élucider les relations troubles qui semblent unir Kallis à son employée. Mais derrière le meurtre d'Inna se profile un univers de mensonges, de haines et de faux-semblants ou le Mal se tient à l'affut comme un corbeau noir.

    Auteur : Asa Larsson

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 3 septembre 2015

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Pour l’instant, je dois dire que ce tome est certainement celui que j’ai le moins apprécié de tous les livres mettant en scène Rebecka Martinsson (j’ai lu les 5 disponibles).
    Déjà, ce qui est pour moi un énorme point noir est la quasi-absence de Rebecka de l’affaire. Elle fait quelques apparitions, donne quelques pistes de recherche en fonction de découvertes qu’elle fait en servant tout bonnement de documentaliste aux flics, mais à part ça, c’est à peine si on parle d’elle. Je veux bien qu’elle se remette d’un moment très difficile, qu’elle prenne ses marques dans un nouveau métier, mais tout de même, la série est fondée sur elle et là, je me suis sentie flouée.
    En plus, si au début j’ai beaucoup aimé le côté puzzle de l’enquête avec toutes les difficultés que rencontrent les policiers pour s’entretenir avec les témoins qui ne sont absolument pas coopératifs, j’ai trouvé que plus on avançait dans le temps, plus l’histoire manquait de cohérence. On n’est pas ici dans un livre de science-fiction, alors la minette qui a tout vu et tout compris avant tout le monde parce qu’elle a un don de voyance, c’était à la limite du ridicule. Qu’il y ait un personnage qui verse dans le mystique, qui croit vraiment avoir un pouvoir, pourquoi pas, mais que toute une partie du livre s’appuie sur ça, là je dis non, pas dans un thriller se déroulant dans le monde réel !
    Le coupable, pour moi était évident. J’hésitais entre deux dans les premières pages, mais il a très vite été clair que seul l’un des deux avait assez de sang froid pour être responsable.
    Les passages entre passé et présent, qui aurait pu être si intéressants, sont gâchés par le passé d’un des personnages qui ne sert à rien dans l’enquête et dont on ne comprend pas vraiment l’histoire qui reste sans réponse sur certains points.
    La fin est pleine d’action, c’est vrai, mais j’ai eu l’impression de tomber en plein film d’action américain à gros budget et ça m’a un peu gâché le plaisir, parce que si je voulais ce genre de fin, je ne lirai pas une auteur suédoise qui m’a habituée à des fins glaçante se déroulant pratiquement en huis-clôt.
    La seule chose qui remonte un peu la note du livre, c’est l’écriture d’Asa Larsson, qui est toujours aussi plaisante, et le fait que, l’ayant déjà lu avant, je sais que le tome suivant va revenir à ce qui m’a plu chez elle et que ce tome-là n’était donc qu’un égarement temporaire.

     

    Un extrait : L’officier de police Anna-Maria Mella et son collègue Sven-Erik Stålnacke arrivèrent sur les lieux à minuit moins le quart. Ils avaient emprunté deux motoneiges à la station touristique d’Abisko. L’un des deux était équipé d’une luge. Un guide de montagne leur avait proposé son aide. Il conduisit les deux inspecteurs sur place dans le blizzard et la nuit.

    L’homme qui avait découvert le corps attendait à la station touristique. Il avait déjà été entendu par la brigade mobile qui était arrivée la première.

    La réception était fermée quand Leif Pudas avait rejoint la station. Le personnel du pub avait mis un certain temps à le prendre au sérieux. On était samedi soir et les serveurs avaient l’habitude de voir des touristes habillés n’importe comment. Il n’était pas rare qu’ils boivent une bière en sous-vêtements après avoir retiré leur combinaison. Leif Pudas avait débarqué vêtu d’une doudoune qui lui arrivait à peine au nombril et d’une paire de caleçons longs sur la tête en guise de turban.

    Il avait fallu qu’il éclate en sanglots pour qu’ils comprennent que quelque chose de grave s’était produit. Ils l’avaient écouté raconter son histoire et l’avaient surveillé en attendant l’arrivée de la police.

    Il prétendait avoir trouvé une femme morte. Il dut leur répéter plusieurs fois que ce n’était pas dans son arche qu’il l’avait trouvée. Ils pensèrent malgré tout qu’il s’agissait probablement d’un homme qui avait tué son épouse. Personne n’avait osé le regarder dans les yeux. Il était tout seul dans son coin en train de pleurer sans déranger personne quand la police était arrivée.

    Il s’était avéré impossible de délimiter un périmètre autour de l’arche, la tempête emportait les bandes de plastique jaune et noir au fur et à mesure qu’on essayait de les fixer sur leurs piquets. Au lieu de cela, on avait dû les nouer autour de la cabane comme un paquet cadeau. Elles battaient maintenant furieusement au vent. Les experts de la police scientifique étaient arrivés et travaillaient à l’extérieur éclairés par les phares des scooters, et à l’intérieur dans la faible lumière dispensée par une lampe à gaz.

    On ne pouvait pas rentrer à plus de deux dans la cabane. Pendant que les techniciens faisaient leur boulot, Anna-Maria Mella et Sven-Erik Stålnacke piétinaient dehors.

    Ils ne pouvaient pas s’entendre à cause du blizzard et de leurs gros bonnets. Même Sven-Erik, qui mettait un point d’honneur à rester tête nue tout l’hiver, s’était résigné à porter une chapka à oreilles. Ils se parlaient en hurlant et en gesticulant comme deux gros bonshommes Michelin dans leurs combinaisons.

    « Regarde ça. C’est dingue ! »

    Elle ouvrit les bras comme on déploie une voile. C’était une petite femme et elle ne pesait pas très lourd. La glace avait fondu dans la journée et regelé dans la nuit pour se transformer en un miroir lisse. Le vent la poussa et elle commença lentement à glisser.

    Sven-Erik éclata de rire et fit mine de la rattraper avant qu’elle ne s’en aille de l’autre côté du Torneträsk.

     

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  • [Livre] Le sang versé

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    Résumé : Après un long congé maladie, l’avocate Rebecka Martinsson est de retour, en mission pour son cabinet, dans sa ville natale de Kiruna. Mais les retrouvailles sont loin d’être aussi paisibles que le suggèrent les forêts enneigées de Laponie. Une femme pasteur, dont l’engagement féministe suscitait des remous dans la communauté, est retrouvée sauvagement mutilée, pendue à l’orgue de son église. Cette exécution fait remonter en Rebecka le souvenir traumatisant d’une enquête sur le meurtre d’un autre pasteur à laquelle elle avait participé un an auparavant. Le coupable est-il le même ? Y aura-t-il d’autres victimes ? La terre, désormais, semble prête à dévoiler le sang versé…

    Auteur : Asa Larsson

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 02 septembre 2015

     

    Prix moyen : 3€

     

    Mon avis : Ce second tome reprend environ 1 an et demi après le 1er tome. Rebecka a été quelque peu traumatisée par les évènements clôturant la fin de « horreur boréale » (on le serait à moins, vous me direz), du coup, elle ne fait que de la figuration à son travail, jouant les potiches pour que les clients au pénal (le cabinet ayant beaucoup développé cette activité depuis que Rebecka a fait la une de toutes les infos) ait l’impression d’être bien défendu.
    Dans le cadre du côté fiscal dont s’occupe toujours le cabinet, un des patrons de Rebecka doit se rendre dans une petite ville juste à côté de la ville natale de la jeune femme. Un peu réticente, celle-ci accepte de l’accompagner pour jouer les assistantes, histoire que les futurs clients soient « rassurés » de voir qu’au moins un des employés du cabinet connait leur coin perdu (Comme quoi, décrocher un contrat tient à peu de choses).
    A peine arrivés, et à peine les clients rencontrés, qu’ils apprennent qu’un pasteur, une femme, a été assassinée d’une manière assez horrible.
    Alors là, clairement Rebecka se pose la question : Y a-t-il un quelconque rapport avec l’assassinat de Viktor dans le tome 1 ? Et moi, je me suis demandé : C’est un sport national de buter les pasteurs dans le coin ?
    Et je ne suis pas la seule ! Dans les remerciements, Asa raconte que son oncle, vicaire à la retraite, lui aurait dit, après avoir lu son livre : « Tu sais, Åsa, il faut que tu arrêtes d’assassiner des prêtres. »
    Personnellement, j’ai envie de lui dire « vous savez, Asa, butez tous les corps de métiers que vous voulais, mais pitié, arrêtez de buter les chiens ! » Non, sérieux ! J’ose à peine ouvrir le tome 3 tellement j’angoisse de savoir quel chien va encore en prendre plein le museau !
    Rebecka va rester sur place après le départ de son patron, sans pour autant dévoiler forcément qui elle est. On sent qu’elle a envie de renouer avec les lieux de son enfance mais qu’en même temps, c’est difficile pour elle à cause de ce qu’elle a vécu.
    Dans un restaurant du coin, Rebecka va rencontrer un jeune homme retardé mental adorable et devenir assez proche de lui.
    Parallèlement à la tentative de reconstruction de Rebecka, on suit, bien sûr l’enquête policière, avec Anna-Maria Mella. On va apprendre que le pasteur, Mildred, n’était guère aimée de la population masculine du coin. Déjà, un autre pasteur du coin dit clairement qu’il n’aime pas qu’une femme soit pasteur et qu’il pense que c’est un poste qui devrait être réservé aux hommes… ambiance… Mais ce n’est pas tout ! Les hommes en général lui reproche de pousser leurs femmes à s’émanciper et à ne plus accepter aveuglement leur domination, les chasseurs craignent qu’elle ne convainque le conseil paroissial de leur retirer le bail d’une portion de forêt et l’ensemble des hommes lui reproche de vouloir protéger une louve (qui, disons-le, ne fais de mal à personne). Bref, le nombre de suspect comprend la moitié de la ville !
    J’ai imaginé des dizaines de scénarios, suspecté bon nombre de coupables (mais quand même j’avais un plus fort soupçon sur l’un d’eux) et, honnêtement, si mon doute sur l’identité du coupable était bon, en revanche, le mobile m’est complètement passé au-dessus de la tête. J’en suis restée comme deux ronds de flan !
    J’ai beaucoup aimé ce tome et je vais attaquer sans attendre le 3e tome, seul de la série qu’il me reste à lire (jusqu’à un tome 6 ?)

     

    Un extrait : Ils avaient interrogé tout le monde. Quelqu’un avait forcément dû voir quelque chose. À Jukkasjärvi, où l’on avait retrouvé le corps de la pasteure suspendu à l’orgue de l’église, ou à Poikkijärvi, où elle habitait. Rien du tout. Il avait frappé à des centaines de portes sans que cela donne le moindre résultat. Il n’avait aucune piste.

    C’était une drôle d’histoire. Quelqu’un l’avait tuée au bord de la rivière, sur le terrain communal, puis le meurtrier avait transporté le corps jusqu’à l’église, et personne n’avait rien vu. Certes, ça s’était passé en pleine nuit, mais il faisait aussi clair que si ç’avait été en plein jour.

    L’enquête avait établi que la pasteure ne faisait pas l’unanimité. Quand Sven-Erik avait cherché à savoir si elle avait des ennemis, la plupart des femmes de la paroisse avaient répondu : « Bien sûr qu’elle avait des ennemis ! Tous les hommes de la ville sans exception ! » Une femme du secrétariat paroissial, dont la bouche pincée était creusée de part et d’autre de profondes rides, avait dit carrément que la pasteure ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même si elle s’était fait buter. Elle avait déjà fréquemment fait parler d’elle dans la presse locale de son vivant. Elle s’était mis le conseil paroissial à dos en organisant des cours d’autodéfense pour les femmes dans la salle de réunions. Ensuite elle s’était battue avec les services communaux pour exiger que la patinoire du village soit réservée un tiers du temps à son groupe de lecture biblique pour femmes, l’association Magdalena, pour ses entraînements de hockey sur glace féminin et de patinage artistique. Récemment encore, elle s’était disputée avec des chasseurs et des éleveurs de rennes à propos d’une louve qui avait élu domicile sur des terres appartenant à l’Église. Mildred Nilsson considérait qu’il était du devoir de celle-ci de protéger la louve. Le Norrländska Socialdemokraten, le journal local, avait publié une photo d’elle en page centrale en face d’une photo de l’un de ses opposants sur le sujet et avait mis en sous-titre : « Pour ou contre la louve ? »

    Et sur la rive opposée à Jukkasjärvi, son mari était toujours installé dans le presbytère de Poikkijärvi. En congé maladie et inapte à s’occuper de la succession. Sven-Erik se souvenait encore à quel point il lui avait été pénible de parler à ce pauvre type : « Encore vous ? Vous n’en avez jamais marre ? » Chaque fois qu’il était allé le voir, il avait eu l’impression d’être devant un trou dans la glace et de devoir briser la mince couche qui avait regelé entre-temps. Et le chagrin du bonhomme remontait à la surface sous ses yeux. Il avait du mal à regarder en face ce regard bouffi par trop de larmes. Le pauvre homme n’avait même pas d’enfant avec qui partager sa douleur.

    Sven-Erik avait une fille qui habitait Luleå, mais il était capable de reconnaître le drame de la solitude quand il la rencontrait. Il était divorcé et il vivait seul. Enfin, seul avec son chat, et personne n’avait tué sa femme avant de la pendre au bout d’une chaîne.

     

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  • [Livre] Noël, l'amour et autres contrariétés

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    Résumé : Qui a dit que j’avais besoin d’un love coach ?
    J’ai 29 ans et je m’apprête à passer mon premier Noël de célibataire en dix ans ! Dix ans que je ne suis pas allée dans un bar pour un speed dating ou que je n’ai pas tenté de séduire un homme. Donc, il y a urgence !
    Mes copines, Hallie et Erika, prétendent que la séduction, c’est comme le vélo : ça ne s’oublie pas. Moi, j’ai du mal à les croire.
    Comment engager la conversation ? Comment avoir l’air sexy sans en faire trop ? Bref, je crois bien que j’ai perdu la main.
    Le hic, c’est que je viens de rencontrer Todd. Un cadeau inespéré : grand, mignon, un faux air de Colin Farrell.
    Dire que je n’ai rien trouvé d’autre comme tactique d’approche que de lui citer toutes les répliques des Incorruptibles ! Cela dit, ça a eu l’air de marcher.
    Alors, peut-être que je ne suis pas encore un cas désespéré… Peut-être même que j’ai encore le droit de croire au Père Noël…

    Auteur : Caren Lissner

     

    Edition : Harlequin

     

    Genre : Chick Lit

     

    Date de parution : 01 décembre 2012

     

    Prix moyen : 5€

     

    Mon avis : Encore une fois, comme souvent dans les romans de chick lit, le titre et le résumé donnent une fausse idée du contenu du bouquin.
    D’ailleurs, j’aurais pu être déçue et ne pas apprécier ma lecture à cause de ça (quand on s’attend à quelque chose et que ça ne correspond en rien à nos attentes) mais je n’ai pas lu le résumé avant de lire le livre. Donc je ne savais pas trop ce que j’allais trouver et je n’avais pas d’a priori.
    Certes, Gert a effectivement 29 ans et est seule dans la vie, mais pas parce qu’elle est une célibattante ou une working girl incapable de se détendre et d’aborder un homme. Depuis 1 an et demi, Gert est veuve. Ses copines la presse de « remettre le pied à l’étrier » mais difficile pour la jeune femme de faire son deuil et d’envisager une nouvelle histoire sans avoir l’impression de trahir son mari, Marc. Le fait que sa belle-famille ait quasiment coupé tout contact avec elle depuis la mort de Marc n’aide pas. Gert trouve du réconfort dans un groupe de soutien où elle rencontre des veuves de tout âge, y compris du sien. Il faut dire que Marc est mort quelques jours avant le 11 septembre, et que, depuis les attentats, les jeunes veuves sont moins isolées car plus nombreuses.
    Gert accompagne son amie Hallie et l’amie de celle-ci, Erika, dans leur sorties pour « ferrer » un homme, mais l’attitude de celles-ci a tendance à l’agacer. Elle trouve que les deux filles se plaignent sans cesse de leur célibat tout en rejetant les hommes sous les prétextes les plus futiles.
    On a aussi affaire à la patronne de Gert, Missy, qui a l’air d’un vrai dragon, mais qui, finalement, n’est pas si méchante que ça (comme quoi même les « garces » peuvent avoir des soucis sentimentaux).
    A force de suivre ses copines dans les bars, Gert va rencontrer Todd. Commence alors pour elle un vrai dilemme : Lui dire qu’elle est veuve ? Oui mais quand ? Ou le lui cacher de peur de l’effrayer ?
    Le roman est assez léger mais il parle quand même de la reconstruction après le deuil et mets l’accent sur le fait qu’il n’est pas forcément nécessaire d’être confronté à la mort pour devoir faire un deuil : on peut faire le deuil d’un mort, mais aussi d’une relation, d’un mode de vie, de certitudes etc… On va dire que ce livre parle plus de reconstruction que de deuil.
    Même si le titre n’est absolument pas adapté, et ne parlons même pas du résumé qui est une honte au monde de l’édition, j’ai trouvé qu’on passait un bon moment avec Gert et Todd.

     

    Un extrait : Gert savait que Hallie et Erika la traînaient à leur remorque, simplement pour tenter de l’« aider » — tout comme ceux qui lui répétaient que la souffrance s’atténuerait à la longue, ou bien qu’elle était forte et s’en remettrait. Mais personne n’avait idée du nombre de fois dans une journée où elle entendait des expressions, des chansons ou des références évoquant le souvenir de Marc. Au moindre événement désagréable, ou encore dès qu’elle se sentait seule, elle pensait aussitôt à lui, comme elle l’avait fait la majeure partie de sa vie d’adulte — et cela lui rappelait une fois encore qu’il n’était plus. Ils s’étaient rencontrés durant leur deuxième année de fac. Donc, cela faisait huit ans, ou encore deux mille neuf cent vingt jours de souvenirs à garder enfouis au fond de soi-même pour ne serait-ce que se sentir dans un état à peu près correct. Pourquoi personne ne saisissait ça ?

    Les seules qui comprenaient étaient les femmes du groupe de soutien de Long Island, où elle se rendait chaque semaine. Parmi ses amies, les veuves de vingt-neuf ans n’étaient pas légion. La plupart d’entre elles n’étaient même pas encore mariées. Et Gert qui, si longtemps, s’était tenue éloignée de ses amies célibataires en se félicitant de sa chance avait maintenant — à cause d’un jour atroce — rejoint leurs rangs.

    Un an et demi seulement s’était écoulé depuis l’accident de voiture. Durée insuffisante pour accepter la réalité. Et à peine suffisante pour ne plus souffrir de ces brefs instants où, baignée de la même sensation de sécurité que par le passé, elle se rappelait en un éclair que tout s’était écroulé.

    Mais Gert avait fini par céder aux exhortations de Hallie et Erika à sortir. Ce serait plus sain que de rester enfermée chez elle toute la soirée. Mais son cœur n’y était pas, sa tête non plus. Elle allait fonctionner en automate — comme si souvent maintenant.

     

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