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  • [Livre] Dans l'ombre de la clairière

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    Résumé : Entrée dans la police pour confondre et punir l’assassin de sa jeune sœur, Tracy Crosswhite consacre maintenant sa carrière à rendre justice aux familles et aux amis des victimes de crimes. Lorsque Jenny, une ancienne camarade de l'école de police, lui demande de l'aider à résoudre le pseudo-suicide d'une jeune lycéenne amérindienne, affaire trop vite classée quarante ans auparavant, elle accepte sans hésitation. En suivant la piste des indices recueillis par le père de Jenny, enquêteur à l'époque, Tracy fouille dans les souvenirs d'une petite ville, et y découvre d’obscurs secrets bien dissimulés au sein de la communauté. Tracy pourra-t-elle tenir la promesse faite à la famille de la jeune fille et découvrir la vérité ? Ou bien sera-t-elle la prochaine victime ?


    Auteur : Robert Dugoni

     

    Edition : Amazon Crossing

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 12 Septembre 2017

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : Dans ce tome, Tracy va mener deux enquêtes de front. La première lui tombe dessus de manière tout à fait classique : un homme a été abattu dans le dos. Son ex-femme a immédiatement avoué le crime, expliquant que l’homme, violent, frappé d’une injonction d’éloignement, s’en est pris à son fils après l’avoir elle-même frappée et qu’elle n’a pas eu d’autre choix que de l’abattre. L’affaire semble limpide. Mais plusieurs détails viennent mettre la puce à l’oreille des enquêteurs qui ne tardent pas à se dire que les apparences sont peut-être bien plus trompeuses qu’ils ne l’ont cru au premier abord.
    La seconde enquête, Tracy va devoir la mener sur son temps libre, son capitaine, Nolasco, toujours lui, ce rat, refusant de lui accorder du temps pour la mener. Ici, il s’agit d’une affaire datant de 40 ans. Une jeune fille indienne, disparue puis retrouvée au fond d’un fleuve est réputée s’être suicidée. Le shérif a toujours douté de cette théorie et à sa mort, sa fille demande à Tracy de regarder le dossier pour voir s’il y aurait matière à le rouvrir.
    On se concentre surtout sur cette seconde enquête qui est bien plus complexe qu’il n’y parait. D’abord la thèse du suicide, bien que facile, semble impossible à croire pour beaucoup de monde. Ensuite, les pistes, 40 ans après les faits, vont être plus que compliquées à suivre. Les témoins de l’époque ont oublié certaines choses, la famille ne veut pas de faux espoirs, les éventuels suspects semblent avoir beaucoup de choses à cacher.
    Dans ce tome, on retrouve la construction passé/présent qu’on avait pu voir dans le premier tome : on oscille ainsi entre 1976 et la première enquête et le présent, où Tracy essaie de faire parler des indices vieux de 40 ans.
    Les deux affaires dont est chargée Tracy ont une chose en commun : des apparences trompeuses.
    Contrairement aux tomes précédents, on sait assez vite l’identité des coupables, même s’il s’agit plus de la conviction de Tracy que d’un fait étayé par des preuves. Pour autant l’enquête ou plutôt les enquêtes restent passionnantes car tout ne s’arrête pas aux seuls noms des coupables.
    Si, dans le cas du meurtre de l’ex-mari, j’avais de sérieux doutes qui se sont révélés exacts, dans le cas de l’affaire classée, je ne pensais pas que les choses allaient si loin ! Quand on croit que les choses sont pliées, et bien non, il y a encore quelque chose ! J’adore ça quand même au moment de la résolution, on se rend compte que les choses sont plus complexes que prévu.
    Côté personnel, j’ai été assez satisfaite du tour que prend la relation entre Dan et Tracy. Pour une fois, je suis d’accord avec un auteur sur le déroulement de la vie personnelle des personnages.
    Il ne me reste qu’un tome à lire, j’espère que l’auteur va bientôt en sortir un autre parce que je vais vite être en manque de Tracy Crosswhite !

     

    Un extrait : Lorsque Tracy et Jenny s’étaient rencontrées à l’école de police, Jenny, âgée d’à peine vingt ans, était une jeune femme passionnée qui voulait marcher sur les traces de son père, mais n’avait que peu de chances de réussir son diplôme. Nostalgique de son foyer, submergée par la charge de travail, Jenny vivait dans une chambre de motel déprimante. Tracy avait insisté pour qu’elle emménage avec elle dans son appartement et se joigne à l’équipe d’entraînement et au groupe d’études de Tracy. Les performances de Jenny s’étaient améliorées de façon spectaculaire, et Tracy lui avait appris à tirer suffisamment bien pour réussir son examen de qualification.

    — Tu aurais trouvé ta voie. Tu as trouvé ta voie.

    Jenny s’appuya contre le bureau, de toute évidence émotionnellement vidée après deux longues journées.

    — Mon père va me manquer. Maria et Sofia ont elles aussi perdu un père, mais moi, j’ai perdu en même temps un mentor et un ami. Les premiers jours au bureau sans lui ont été durs.

    — Tu t’en sortiras très bien, Jenny.

    — Dan a l’air très bien. Tu penses que ça pourrait être le bon ?

    Tracy haussa les épaules.

    — J’aimerais le croire, mais l’année a été dingue. Au moins, il ne m’a pas larguée.

    — Tu plaisantes ? Il est amoureux de toi. Il est venu à l’enterrement du père d’une amie à toi qu’il n’avait jamais rencontrée. Ça s’appelle de l’amour.

    — J’espère, répondit-elle.

    Jenny contourna le bureau pour aller s’asseoir.

    — Écoute, je t’ai fait venir avec une arrière-pensée. J’espérais discuter de quelque chose. Je sais que le timing pourrait être meilleur, mais je me suis dit qu’il valait mieux le faire maintenant, sinon je risquais de ne jamais m’y résoudre.

    Elle tira d’un tiroir du bureau un dossier marron de quinze centimètres d’épaisseur, qu’elle posa sur le plateau.

    — Qu’est-ce que c’est ?

    — Une affaire classée, répondit Jenny avant de se reprendre : enfin, pas exactement. C’est compliqué. Il s’agit du premier cas sur lequel mon père soit intervenu lorsqu’il est devenu shérif adjoint. 1976. Je n’étais pas encore née, mais la plupart des gens qui ont grandi ici connaissent Kimi Kanasket.

    — Qui est-ce ?

    — Une élève du lycée local qui a disparu un soir en rentrant à pied chez elle. Mon père a répondu à l’appel.

     

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  • [Livre] Son dernier souffle

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    Résumé : Tracy Crosswhite, détective à la Criminelle, a repris son travail après le procès sensationnel de l'assassin de sa sœur. Encore marquée par cette épreuve, elle se trouve entraînée dans une enquête qui menace de mettre en danger sa carrière, voire même sa vie.
    Un tueur en série, baptisé le Cow-boy, assassine des jeunes femmes dans des motels miteux du nord de Seattle. Après avoir reçu un message de menaces suggérant que le tueur pourrait s'en prendre à elle, Tracy est chargée de mettre la main sur le meurtrier. Les pistes sont minces, le nombre des victimes augmente, et elle soupçonne que la solution se trouve dans une enquête pour homicide vieille de dix ans, que personne, à commencer par son capitaine, Johnny Nolasco, ne souhaite rouvrir.
    Le Cow-boy toujours en chasse, Tracy découvrira-t-elle des preuves qui permettront de l'arrêter, ou bien deviendra-t-elle sa prochaine victime ?


    Auteur : Robert Dugoni

     

    Edition : Amazon Crossing

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 07 Mars 2017

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : Dans le tome 1, quand Tracy part pour sa ville natale pour élucider le meurtre de sa sœur, 20 ans après les faits, elle était sur une affaire de meurtre : une danseuse exotique du nom de Nicole Hansen avait été retrouvée étranglée.
    Dans ce tome, cette affaire est remise sur le devant de la scène avec le meurtre similaire d’une nouvelle danseuse. En faisant des recherches sur les crimes similaires, Tracy trouve une vieille enquête, de toute évidence bâclée, menée par son capitaine, Nolasco, quand il était encore sur le terrain. Autant dire que l’homme, qui voue une haine féroce à Tracy depuis que celle-ci, 20 ans plus tôt, à l’école de police, non contente de lui avoir cassé le nez après qu’il ait eu un geste déplacé sous le prétexte de montrer aux recrues comment procéder à une fouille, a eu le culot de battre son record de tir, n'est pas particulièrement ravi de la voir mettre son nez dans ce dossier. 
    Je me demande comment un mec aussi vindicatif, ouvertement injuste, et commettant erreur sur erreur dans le but non dissimulé de mettre la carrière de sa subordonnée en danger peut toujours être en poste !
    S’il est marié, je lui conseillerais de se pencher un peu sur les allers et venues de sa femme parce qu’une chance pareille, c’est suspect !
    Malgré les bâtons dans les roues que lui met cet imbécile, Tracy avance dans l’enquête sans pour autant que tout semble lui tomber tout cuit dans le bec.
    Le tueur est d’une patience et d’une maîtrise de lui-même qui fait vraiment peur. Rien ne semble pouvoir l’atteindre.
    J’ai bien apprécié de retrouver l’affaire Nicole Hansen, non résolue, et toujours d’actualité, les thrillers ayant tendance à faire disparaître les affaires secondaires qui n’apportent rien à l’histoire. Ici, cette affaire qui est secondaire dans le tome 1 devient l’enquête principale dans le tome 2. Pour autant, l’auteur ne fait pas de pirouette pour expliquer comment une affaire a pu être mise de côté et reprise comme ça, sans que cela n’émeuve personne.
    Ici le fait que Tracy ait laissé cette affaire de côté pour aller enquêter sur sa sœur a des conséquences. Et les journalistes, surtout Maria Vanpelt, ne se privent pas de rappeler en toute occasion que si le tueur récidive aujourd’hui, c’est parce que Tracy ne l’a pas arrêté plus tôt.
    L’affaire prend très vite un tour personnel quand Tracy commence à se sentir suivie. Mais l’est-elle vraiment ? Et si oui, est-ce en rapport avec cette affaire ou cela n’a-t-il rien à voir ?
    Tracy se sent toujours aussi responsable de la mort des victimes et semble se reprocher sans cesse de ne pas trouver les meurtriers plus vite.
    Comme dans le premier tome, on ne manque pas de suspects. Et pour une fois, je suis fière de moi, j’ai compris qui était le tueur (ok, dix pages avant que ce soit révélé et il ne restait que 2 possibilités) en me rappelant un indice donné au cours de l’enquête (c’est bien la première fois que je me souviens comme ça d’un indice !).
    J’ai quand même été surprise, aussi bien de l’identité du tueur que des quelques évènements précédent son arrestation.
    Encore un coup de cœur pour ce roman que j’ai lu dans la journée malgré ses 512p. Deux tomes sont encore disponibles, ils ne resteront pas longtemps à attendre sur l’étagère !

     

    Un extrait : La journaliste blonde se tenait dans la lumière du projecteur d’une caméra, sa veste en Gore-Tex noire et violette scintillant d’une myriade de gouttelettes.

    « Des enquêteurs de scène de crime se sont précipités sur le champ de tir ici plus tôt dans la soirée », entama-t-elle.

    — Il faut toujours qu’ils essayent de dramatiser le moindre truc, n’est-ce pas ? remarqua l’homme.

    La femme ne répondit rien.

    « Après qu’une enquêtrice de la Criminelle qui s’exerçait sur le champ de tir de la police a découvert un nœud de pendu », continua la journaliste.

    L’homme se redressa.

    Vanpelt poursuivit : « Vous vous souvenez peut-être de mon reportage exclusif dans lequel je révélais que la danseuse exotique Nicole Hansen avait été étranglée à l’aide d’un nœud de pendu dans une chambre de motel sur Aurora Avenue. Eh bien ce soir, nous avons appris que la détective de la Criminelle chargée de l’enquête sur cette affaire est celle qui a découvert le nœud au champ de tir ! »

    À l’image apparurent les agents de police en uniforme et en civil, ainsi que des voitures de patrouille et une camionnette de techniciens de scène de crime.

    « La famille de Nicole Hansen a critiqué la décision de la police de Seattle de reléguer cette enquête à la Division des affaires classées après tout juste quatre semaines, décision qui a également entraîné des protestations énergiques de plusieurs organisations des droits des femmes. La police a refusé de confirmer s’il y avait un lien quelconque entre le dossier de Hansen et le nœud retrouvé ce soir, mais celui-ci semble assurément transmettre un message bien précis. »

    « Merci, Maria, conclut le présentateur en tripotant les papiers sur son bureau. Bien entendu, c’est une affaire que notre chaîne continuera à suivre de près. »

     

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  • [Livre] 84 Charing Cross Road

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    Résumé : Par un beau jour d'octobre 1949, Helene Hanff s'adresse depuis New York à la librairie Marks & Co., sise 84, Charing Cross Road à Londres. Passionnée, maniaque, un peu fauchée, extravagante, Miss Hanff réclame à Frank Doel les livres introuvables qui assouviront son insatiable soif de découvertes. Vingt ans plus tard, ils s'écrivent toujours et la familiarité a laissé place à l'intime, presque à l'amour. Drôle et pleine de charme, cette correspondance est un petit joyau qui rappelle avec une délicatesse infinie toute la place que prennent, dans notre vie, les livres et les librairies. Livre inattendu et jamais traduit, 84, Charing Cross Road fait l'objet, depuis les années 1970, d'un véritable culte des deux côtés de l'Atlantique.


    Auteur : Helene Hanff

     

    Edition : Autrement

     

    Genre : Roman contemporain

     

    Date de parution : 17 janvier 2008

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Les lettres échangées entre Helen Hanff et Franck Doel (et une partie de son entourage) n’étaient pas destinées à être publiées.
    Helen, fauchée mais à la recherche de belles éditions anciennes qu’elle ne peut trouver en Amérique, écrit à une petite librairie anglaise.
    Va s’ensuivre une correspondance de plus de 20 ans, toujours ponctuées de demande et d’envois de petites pépites à des prix qui m’ont fait baver d’envie.
    Impulsive et spontanée, Helen, au début de la correspondance, apprenant que l’Angleterre est toujours soumise à des restrictions drastiques d’après-guerre (nous sommes alors en 1949) va prendre l’habitude d’envoyer des colis contenant des produits introuvables tels que des jambons, de la viandes, des œufs, des bas etc… à la librairie (dont profitent aussi bien les employés que leurs familles). Ces colis, qui vont changer le quotidien du personnel, seront très attendus, très appréciés et ne cesseront qu’à la fin des restrictions.
    En retour, on peut dire que la librairie va se mettre en quatre pour Helen.
    En lisant certaines lettres d’Helen, je me suis dit : « Bon sang, mais cette nana est juste affreuse ! ». Il faut dire que, comparé au flegme et à la politesse britannique, ses façons de faire ont tout de l’éléphant dans un magasin de porcelaine.
    Au fil des lettres, une solide amitié se noue entre l’américaine et toute la petite équipe anglaise.
    Si plein de titre qui me sont totalement inconnus émaillent ces quelques 20 années de correspondance, j’ai surtout été touchée par ces vies qui se racontent à distance et les dernières lettres m’ont provoquées une sacrée émotion, comme si je recevais, mais aussi, une dernière fois, des nouvelles d’un ami de vingt ans.

     

    Un extrait : Marks & Co.

    84, Charing Cross Road

    Londres, W.C. 2

    Angleterre

     

    Messieurs :

     

    Les livres me sont bien parvenus, le Stevenson est tellement beau qu’il fait honte à mes étagères bricolées avec des caisses à oranges, j’ai presque peur de manipuler ces pages en vélin crème, lisse et épais. Moi qui ai toujours eu l’habitude du papier trop blanc et des couvertures raides et cartonnées des livres américains, je ne savais pas que toucher un livre pouvait donner tant de joie.

    Un Britannique dont la fille habite au-dessus de chez moi a traduit les 1 livre 17 shillings 6 pence et m’a dit que je vous devais 5,30 dollars pour les deux livres. J’espère qu’il ne s’est pas trompé. Je joins un billet de 5 dollars et un billet de 1 dollar. Les 70 cents restants seront une avance sur le prix des Nouveaux Testaments, que je veux tous les deux.

    Pourriez-vous désormais traduire vos prix ? Même en américain, je ne suis pas très forte en calcul, alors maîtriser une arithmétique bilingue, ça tiendrait du miracle !

    Bien à vous,

    Helene Hanff

    J’espère que « madame » n’a pas le même sens chez vous que chez nous.

     

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  • [Livre] Bridget Jones : folle de lui

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    Résumé : Veuve, 51 ans, mère de deux enfants en bas âge, mais toujours en quête de l'homme idéal : Bridget is back !
    Elle n'est plus obsédée par ses kilos, plutôt par les réseaux sociaux, le nombre d'amis qu'elle a sur Facebook (ce qui ne peut que mal se passer, vu son niveau en informatique) et ses enfants qui la font tourner en bourrique.
    Le grand Mark Darcy avec qui elle a vécu le bonheur conjugal pendant dix ans est mort dans un accident, et après une longue période de deuil, Bridget se transforme en cougar dans les bras d'un trentenaire sexy (et quelque peu immature). Mais pour combien de temps ? Car elle a bien entendu toujours le don de se mettre dans des situations impossibles. Les mésaventures de cette Bridget plus posée et plus mûre n'ont rien perdu de leur piquant. Au contraire.


    Auteur : Helen Fielding

     

    Edition : Albin Michel

     

    Genre : Chick Lit

     

    Date de parution : 1 octobre 2014

     

    Prix moyen : 21€

     

    Mon avis : L’histoire en elle-même est plutôt sympa… la plupart du temps… on rigole… parfois…on se moque…assez souvent (Si, soyons honnête) mais… il y a un mais !
    Bridget est pile poil, à 51 ans, telle qu’elle était à 30 ! Et si son côté gaffeuse, naïve et irresponsable fait sourire chez une trentenaire célibattante, ça fait nettement moins rire chez une mère de famille quinquagénaire. On attend plus de maturité de sa part.
    D’ailleurs, tout au long de ma lecture, j’ai été assez agacée à chaque fois qu’un repère temporel me rappelait l’âge de Bridget.
    Bridget est devenue une femme qui n’a pas besoin de travailler pour vivre grâce au bon sens et aux précautions prises par Marc Darcy, son mari qui est décédé 5 ans plus tôt dans un terrible accident. J’ai trouvé que ses déboires pro perdaient beaucoup du charme qu’ils avaient dans les précédents tomes où Bridget n’avait pas la possibilité d’envoyer tout paître parce qu’elle avait de quoi vivre sans ce travail.
    La Bridget quinqua m’a vraiment agacée. Pas à cause de son âge mais vraiment de son comportement d’adolescente pré-pubère qui, par exemple, ne comprend pas qu’elle n’ait pas des milliers de followers sur Twitter alors qu’elle est inscrite depuis 1h et qu’elle n’a fait aucune contribution.
    Elle ne cesse de geindre, est toujours complètement débordée alors qu’elle ne fait rien de ses journées, laisse ses gosses faire n’importe quoi… D’ailleurs, elle n’a vraiment aucune autorité sur eux, c’est dingue ! Si encore c’était des adolescents en pleine rébellion, mais non, ils n’ont que 4/5 ans et 6/7 ans.
    Quant au recours quasi-systématique à des mésaventures impliquant du vomi, à part me donner la nausée, ça ne m’a pas arraché un sourire et m’a confortée dans l’idée que l’auteur n’a écrit ce tome que pour renflouer les caisses, sans avoir la moindre inspiration ou idée originale.

     

    Un extrait : 21 : 40. Rhâââ ! Ai fouillé toute ma penderie (c.-à-d. pile de vêtements en tas sur un vélo d’appartement), sans compter les placards, et impossible de trouver robe en soie bleu marine. Rien à me mettre pour la réunion, à présent. Rien. Comment se fait-il que j’aie toutes ces fringues et que cette robe soit la seule chose que je puisse porter pour un rendez-vous important ?

    Pris la résolution de ne plus passer mes soirées, à l’avenir, à me gaver de fromage râpé, de résister à l’envie d’avaler des verres de vin, et de trier calmement ma garde-robe pour donner aux pauvres ce que je n’ai pas porté depuis un an et organiser le reste en ensembles assortis, des « basiques de saison », de façon à ce que m’habiller devienne un plaisir calme et non une source de panique hystérique. Après ça, je ferai vingt minutes de vélo. Bien évidemment, un vélo d’appartement n’est pas une penderie, mais un appareil de gym.

     

    21 : 45. Mais ça serait peut-être une bonne idée de porter la robe bleu marine en permanence, à l’image du Dalaï Lama et de ses robes de moine. Si je pouvais mettre la main dessus. Le Dalaï Lama a probablement un assortiment de robes, ou un teinturier à disposition, et lui, il ne laisse pas ses robes traîner par terre dans un placard plein de vêtements qu’il ne porte pas et qu’il a achetés chez Topshop, Oasis, Asos, Zara, etc.

     

    21 : 46. Ni sur un vélo d’appartement.

     

    21 : 50. Suis allée voir les enfants. Mabel dormait, les cheveux sur la figure comme d’habitude, si bien qu’elle semblait avoir la tête à l’envers, et Salive dans les bras. Salive, c’est sa poupée. Billy et moi pensons qu’elle a fait un mélange entre le nom de Sabrina, l’adolescente sorcière, et celui des lapins Sylvanian, mais Mabel trouve le résultat parfait.

    J’ai embrassé la petite joue chaude de Billy. Il était blotti contre Mario, Horsio et Puffles 1 et 2. Mabel a soulevé la tête et dit « Il fait drôlement beau », puis est retombée sur son oreiller. J’ai contemplé leur visage rose et paisible, écouté leur petite respiration ronflante… et puis la pensée fatale : « Si seulement… » a envahi ma tête sans crier gare. « Si seulement… » – l’obscurité, les souvenirs, le chagrin ont surgi, me submergeant comme un tsunami.

     

    22 : 00. Viens de redescendre au pas de course dans la cuisine. Pire encore : tout est silencieux, désolé, vide. « Si seulement… » Arrête, arrête. Je ne peux pas me le permettre. Mets la bouilloire. Ne bascule pas dans le noir.

     

    22 : 01. On sonne. Ouf ! Mais qui ça peut bien être à cette heure-ci ?

     

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  • [Livre] Le lac des cygnes

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    Résumé : Lorsque le prince Siegfried s’aventure en forêt ce soir-là, pour oublier les injonctions au mariage qui le pressent et le poids du royaume qui l’incombe, il s’attendait à tout sauf à croiser le chemin tortueux de l’intrigante Odette.
    Fasciné par la demoiselle et ses soeurs, prisonnières d’un antique sortilège, il voit là la quête de son existence et se fait la promesse de leur venir en aide. Mais a-t-il seulement conscience du danger qui rôde dans les bois et des ténèbres qui entourent la princesse ? Osera-t-il se confronter aux démons qui tirent les ficelles de ce jeu malsain, au risque de mettre en péril la vie d’Odette ?
    Autour d’un lac aux eaux teintées par une magie surannée, vont se jouer les destins croisés de Siegfried et d’Odette, des jeune-filles maudites, de Benno Von Sommerstern, le frère d’armes du prince mais aussi de la mystérieuse Odile qui ressemble tant à la princesse …


    Auteur : Alice Sola

     

    Edition : Magic Mirror

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 15 mars 2018

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Depuis la création de la maison d’édition Magic Mirror, j’ai acheté toutes leurs parutions et je dois dire que celle-ci est la première à un peu me décevoir.
    Déjà, et ça, c’est complètement rédhibitoire pour moi, surtout quand le livre est édité par une maison d’édition, j’ai trouvé énormément de coquilles dans le texte : oubli de mots, de lettres, fautes d’orthographe, etc…
    L’histoire elle-même était plaisante, mais je l’ai trouvé moins travaillée que les deux précédents romans édités par Magic Mirror. En effet, malgré l’introduction de touches personnelles, telle que le palais souterrain, j’ai trouvé que cette histoire était trop proche de celle du ballet de Tchaïkovski. Certes, c’est du coup très éloigné du conte original, mais l’essentiel de la réécriture a été faite par un autre.
    Finalement, le plus gros changement qu’a fait l’auteur est justement celui qu’il ne fallait surtout pas toucher : la fin tragique, qui est ici oublié au profit d’un happy end à la Disney dont je me serais volontiers passée.
    J’ai également trouvé qu’il y avait beaucoup de longueurs qui n’apportent rien à l’histoire, comme si l’auteur avait voulu allonger artificiellement son histoire, et qu’il y avait de nombreuses scènes brouillonnes et mal amenées.
    Pour moi, cette parution n’est clairement pas à la hauteur des deux autres.
    Pour autant, tout n’est pas négatif et on décèle un énorme potentiel dans l’écriture de l’auteur. Les défauts du texte sont très probablement à mettre au compte de la jeunesse et de l’inexpérience de l’auteur qui va très certainement gagner en maturité.
    Malgré les réticences que j’ai eu en tombant sur des coquilles ou en retrouvant trop du ballet dans ce livre, je l’ai lu quasiment d’une traite car rien ne gêne au point ne serait-ce que d’envisager d’abandonner.
    Ceux qui ne connaissent pas le ballet seront enchantés par ce texte qui raconte quand même une belle histoire.

     

    Un extrait : — Siegfried, tu as fêté ta majorité, et tu sais ce que cela signifie, mon fils. Il est temps que tu assumes les fonctions qui te reviennent par la naissance. Et pour cela - nous en avons déjà discuté - il te reste encore une chose à accomplir...

    — Mère, soupira le jeune chevalier, ne nous engageons pas encore une fois dans un dialogue stérile. Vous savez que je...

    — Assez ! s'emporta la reine. Il est temps que tu comprennes ! Tu ne pourras pas te décharger de tes devoirs cette fois !

    Pour la première fois depuis longtemps, la reine perdait son calme, mais loin d'émouvoir son fils, cette déclaration lui fit bouillir le sang.

    — Vous ne pourriez être plus injuste, mère ! rétorqua-t-il sèchement. N'ai-je donc pas assez sacrifié pour nos terres ? Ne me suis-je donc pas appliqué à être un régent parfait ? Ne me forcez pas à accomplir contre mon gré l'unique acte dont je souhaite rester maître !

    La reine secoua la tête en le fusillant du regard.

    — Le royaume attend de toi que tu te maries, Siegfried. Maintenant. Tu dois cesser tes égarements nocturnes et te comporter comme un souverain. Comme ton père l'aurait fait.

    Une bouffée de fureur assaillit le jeune homme. Pourquoi sa mère ne pouvait-elle comprendre ?

    — Justement mère ! s'insurgea-t-il. Son mariage avec vous était une union d'amour ! Et c'est le respect et la confiance que vous éprouviez l'un envers l'autre qui ont rendu ces terres si belles et prospères. Je refuse d'épouser une quelconque princesse qui n'aura d'égards que pour mon titre et mon rang, acheva-t-il en soutenant le regard de sa mère. Le silence régna dans la salle un long moment après sa tirade, tandis que mère et fils se défiaient du regard. Dans un coin, Benno et ses autres amis se faisaient discrets, atrocement gênés mais guère surpris. Le sujet était une pomme de discorde depuis trop longtemps. Quant à Wolfgang et sa sage vieillesse, il attendait - tendu comme un arc - ce que la souveraine avait à annoncer. La princesse détourna finalement le regard et secoua sa tête avec lassitude, épuisée par cette douloureuse discorde avec son fils et par l'évocation de son époux adoré. Siegfried, lui, se sentait outré par cette mise en demeure. Même l'éloignement de ses amis prenait un sens ! Sa mère avait ourdi un véritable complot pour qu'il n'ait aucune marge de manœuvre pour échapper à son destin.

    — Je suis navrée mon fils, déplora-t-elle, mais je ne peux t'accorder ce que tu demandes. Il est vital pour ton avenir que tu te maries. C'est pourquoi dans cet unique but, j'ai organisé le bal de tes fiançailles le prochain jour où la lune sera pleine. Des princesses de tous horizons viendront se présenter à toi et tu devras faire un choix. Ou alors, acheva-t-elle plus durement, je le ferai pour toi.

     

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  • [Livre] Le bonhomme de neige

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    Résumé : Les premiers flocons ont quelque chose de féerique. Ils rapprochent les couples dans la chaleur des veillées, étouffent les bruits, étirent les ombres et masquent les traces. Dans le jardin familial des Becker, un bonhomme de neige fait irruption, comme sorti de nulle part, sorte de croquemitaine blanc, ses grands yeux noirs braqués sur les fenêtres du salon. Le lendemain matin, la mère a disparu, ne laissant qu'une écharpe rose entourée au cou du bonhomme de neige... Trop de femmes en Norvège, depuis des années, n'ont plus donné signe de vie dès la première neige. Harry Hole reçoit une lettre qui lui annonce d'autres victimes. D'une sobriété étonnante, l'inspecteur va se retrouver confronté, pour la première fois de sa carrière, à un tueur en série agissant sur son territoire. L'enquête le conduira jusqu'au gouffre de la folie.


    Auteur : Jo Nesbø

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 29 octobre 2015

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Le bonhomme de neige est le 7ème tome des enquêtes de Harry Hole, du coup, on sent bien que la vie privée de Harry a déjà été bien abordée dans les tomes précédents. Mais l’enquête étant totalement indépendante, ça ne pose aucun problème de lecture.
    D’autant que le personnage se cerne assez vite : un bon flic, doté d’un solide instinct et du flair d’un chien de chasse, mais clairement alcoolique et entretenant des rapports conflictuels avec sa hiérarchie.
    Mais il faut lui reconnaitre qu’il ne lâche rien. Il explore toutes les pistes et, contrairement à ses chefs, n’hésite pas à dire au public quand il s’est planté, quand ceux-ci veulent étouffer les erreurs commises pour des questions de politique et d’image.
    Dans la recherche du tueur surnommé « le bonhomme de neige », les fausses pistes s’enchaînent. Plusieurs suspects sont sérieusement envisagés, d’autant plus que plusieurs personnes ont pas mal de choses à cacher, que ces choses aient quelque chose à voir avec le tueur ou pas.
    La façon de faire du tueur, lors de ses meurtres, fait vraiment froid dans le dos (vous me direz… pour un bonhomme de neige…).
    Sans jamais nous dévoiler quoi que ce soit sur l’identité du coupable, le roman revient sur plusieurs moments passés qui montrent que le tueur n’en est pas à son coup d’essai.
    Pour les suspects, on a l’embarras du choix : maris des victimes, un chirurgien plastique au comportement suspect, un célèbre journaliste pervers et narcissique ou encore cet homme, qui vient faire des travaux dans l’appartement de Harry ? Ce dernier m’a beaucoup intriguée. Tout au long du roman je me suis demandée : Est-ce le tueur ? L’auteur est-il en train de mettre en place un personnage pour un prochain tome ? Ou encore n’est-ce qu’un leurre qui attire notre attention et la détourne d’un faisceau d’indice qui pourrait nous conduire au coupable ?
    La tension reste présente jusqu’à la dernière ligne.
    Si j’ai eu un peu de mal à me faire à l’écriture de Jo Nesbo, je ne regrette absolument pas de m’être accrochée parce que maintenant, je suis vraiment fan de Harry Hole !

     

    Un extrait : « On dirait que le capitaine de police a oublié de t’en informer. »

    Elle fit la remarque en insistant légèrement sur toutes les syllabes du grade de Gunnar Hagen.

    « Mais tu es censé me faire faire le tour du propriétaire et t’occuper de moi au cours des jours à venir. Jusqu’à ce que je sois en mesure de me débrouiller seule. Tu y arriveras, tu crois ? »

    Harry sourit. Il l’appréciait, jusqu’à présent, mais était bien sûr susceptible de changer d’avis. Harry était toujours pleinement disposé à donner aux gens une nouvelle chance d’atterrir sur sa liste noire.

    « Je ne sais pas, répondit-il en s’arrêtant près de la machine à café. Commençons par ceci.

    – Je ne bois pas de café.

    – Peu importe. Cela se passe d’explications. Comme pas mal de choses ici. Que penses-tu de cette disparition ? »

    Harry pressa le bouton « Americano », qui en l’occurrence était aussi américain qu’un café de ferry norvégien.

    « Oui ? répondit Bratt.

    – Tu crois qu’elle est vivante ? »

    Harry essaya de poser la question sur un ton sérieux, pour qu’elle ne comprenne pas que c’était un test.

    « Tu me prends pour une idiote ? » Elle regarda avec un dégoût non dissimulé la machine qui crachait en toussant un liquide noir dans un gobelet en plastique blanc. « Tu n’as pas entendu le capitaine dire que j’avais travaillé aux mœurs pendant quatre ans ?

    – Mmm. Morte ?

    – Autant que faire se peut », répondit Katrine Bratt.

    Harry leva le gobelet blanc. Il apercevait peut-être la possibilité d’avoir récupéré une collègue qu’il apprécierait.

     

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  • [Livre] La renaissance de Pemberley

     

    Je remercie Lise Antunes Simoes pour cette très belle lecture
    Lise, tu as une plume géniale, n’arrête jamais d’écrire ! Même si ça te prends des années pour décider d'écrire un nouveau roman.
    Après tout, entre les tomes 4 et 5 des enfants de la terre de Jean M. Auel, il s'est passé 12 ans! Alors on peut attendre ^^

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    Résumé : Alors qu’Elizabeth Bennet s’imaginait vieille fille, la voilà contre toute attente mariée à l’un des plus beaux partis du Derbyshire. Désormais, elle doit faire face à un défi de taille : assumer son rôle à Pemberley, l’immense et prestigieux domaine familial, où tout le monde exige qu’elle conduise sa maisonnée de main de maître. Elle n’a pas le droit à l’erreur, certains s’en réjouiraient beaucoup trop. Darcy est là, bien sûr, prêt à l’épauler, mais il ne peut pas la protéger de tout. Des mauvaises langues qui persiflent sur son passage. De l’isolement dans un pays où elle se sent étrangère. Des responsabilités, parfois lourdes, qu’elle doit apprendre à honorer. Du fantôme de Lady Anne, la mère de Darcy, à qui on la compare sans cesse.Heureusement, Elizabeth ne manque ni de volonté ni de courage. Un jour, elle en est sûre, elle triomphera des esprits les plus mesquins et prouvera à tous qu’elle est bien digne d’être la nouvelle maîtresse de Pemberley


    Auteur : Lise Antunes Simoes

     

    Edition : Bibliothèque et Archives nationales du Québec

     

    Genre : Romance historique

     

    Date de parution : 05 janvier 2019

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : J’ai découvert la plume de l’auteur avec sa trilogie « Les filles de joie » que j’avais beaucoup aimé, d’autant plus qu’elle explorait le même univers que la série « maison close » qui m’avait laissé sur ma faim en étant brutalement annulée.
    Alors, quand l’auteur m’a contactée pour me proposer de lise son nouveau roman : « La renaissance de Pemberley », je n’ai pas hésité une seule seconde.
    Et j’ai bien fait, parce que ce roman est mon premier coup de cœur de janvier (il était temps ! Je l’ai lu autour du 23 janvier), et du coup de l’année.
    Il m’a tellement emballé que je pardonne à l’auteur de m’avoir fait faire une nuit presque blanche (alors que je bossais le lendemain !).
    J’ai toujours fait partie de ces personnes qui ont du mal à voir une histoire se refermer. D’autant plus quand il reste encore tant de choses à dire !
    Alexandra Ripley m’avait déjà sauvée de la frustration que la fin d’« autant en emporte le vent » avait causé avec son roman « Scarlett ».
    Aujourd’hui, c’est au tour de Lise Antunes Simoes de prolonger la magie d’ « Orgueil et préjugés » avec « La renaissance de Pemberley ».
    J’ai vraiment adoré ma lecture. Si le style respecte bien les codes de l’époque de Jane Austen, Lise Antunes Simoes ne fait pas pour autant de ses personnages des êtres asexués ne faisant que se donner de chastes baisers et se reproduisant par génération spontanée.
    Non. Du tout. Darcy et Elizabeth sont bien mari et femme jusqu’au bout des ongles et, à ce titre, partagent le même lit (Ouh, scandale!!! Ne riez pas, j'ai vu un avis qui considère comme négatif que Darcy et Elizabeth n'essaient pas de se reproduire à la manière des poissons rouges... Je m'interroge...). Mais si vous êtes adeptes des scènes à la Hugo Romance, passez votre chemin, ici tout est suggéré (pour ma part, je préfère nettement ça !).

    Quant aux personnages, que ce soit Bingley, Darcy, Elizabeth, Jane ou autres, ils sont remarquablement fidèles à ceux qu’avaient décrits Jane Austen.
    L’auteur est même allée plus loin en tenant compte de l’évolution des personnages tels que Georgiana qui acquiert une personnalité plus complexe ou Kitty qui, libérée de l’influence de Lydia, est bien plus supportable.
    Le chemin que fait Elizabeth pour s’imposer comme Dame de Pemberley, ses doutes, ses hésitations, comme ses succès, sont très bien décrits également. Les choses ne vont ni trop vite ni trop lentement et sont tout à fait crédibles.
    Pour ne rien gâcher, je pense que Lise Antunes Simoes et moi avons appréhendés les personnages de Jane Austen de la même façon car l’évolution qu’elle leur fait subir est très exactement ce que j’aurais imaginé et ce que j’avais envie de lire.
    Les descriptions donnent vraiment l’impression d’y être. Sans être une seule seconde lourdes ou ennuyeuses, elles nous font découvrir le manoir, le domaine, les terres qui l’entoure en même temps qu’Elizabeth.
    Lise Antunes Simoes, au travers d’Elizabeth, apporte un vent de modernité subtil à l’histoire tout en respectant les us et coutumes et le langage de l’époque.
    Non, ce n’est pas contradictoire ! Comme je le disais, c’est très subtil.
    Ai-je un point négatif à dire sur ce livre ? Absolument ! Il se termine !

    J’ai poussé un grand cri en refermant le livre. Il se peut même que j’ai dit que je détestais l’auteur (Pardon Lise).
    Mais j’avais tellement envie de continuer cette histoire, surtout considérant la fin. Comment ne pas avoir envie de rester en compagnie de Darcy, Bingley, Jane et surtout Elizabeth !
    Même la compagnie de Lady Catherine ou de Mr Collins était plaisante, c’est dire !
    Peut-être que si on est très gentil, qu’on insiste beaucoup, qu’on pleure un peu, peut être que Lise Antunes Simoes pourrait envisager une suite ? Alors ok, non, ce n'est pas prévu. Mais bon, on peut rêver, non ?

     

    Un extrait : La berline n’était pas conçue pour accueillir cinq personnes, mais depuis peu, Mrs. Bennet refusait catégoriquement que l’une des filles monte s’asseoir avec leur père, quand bien même le temps clément le permettrait. « Que diraient les gens s’ils vous voyaient, cheveux au vent, comme de vulgaires filles de ferme ? » s’était-elle exclamée. Les sœurs Bennet, qui avaient pourtant toujours voyagé sur le siège du cocher lorsque cela était nécessaire, n’avaient pas insisté. Depuis que Jane et Elizabeth étaient fiancées, leur mère redoublait d’inventivité et de prétextes – pour ne pas dire de lubies – et il était moins épuisant de la laisser faire que de chercher à argumenter.

    _ Ah, mes enfants, quel fardeau que d’avoir à gérer tant d’invitations, croyez-moi ! déclara Mrs. Bennet en s’éventant le visage de la main pour se rafraîchir. Il faut penser à tout et l’on n’a plus une minute à soi ! Et Dieu sait que je pars en étant certaine, une fois encore, d’avoir oublié quelque chose d’absolument indispensable… Et quand nous reviendrons, tout à l’heure, ces messieurs seront avec nous et il sera trop tard pour rattraper les bêtises de Hill… Ce matin, au lieu du jambon, nous aurons de la dinde. Savez-vous seulement combien coûte une dinde ? Non, bien sûr. Avant-hier, au dîner, c’était du lapin, du veau et une pintade. Et il y a cinq jours, un petit porcelet et des cailles, avec du foie de mouton. Tout cela coûte une fortune ! C’est que je n’avais pas imaginé que nous aurions à recevoir ces messieurs si souvent !

    _ Vous vous donnez bien du mal, maman, mais je suis certaine que Mr. Bingley, tout autant que Mr. Darcy, se contenterait volontiers d’un repas plus simple et convivial, en particulier aujourd’hui, objecta doucement Jane. Ce n’est qu’un déjeuner, après tout, pas un dîner mondain.

    _ « Non ut edam vivo, sed ut vivam edo », cita Mary. Les maîtres le disent depuis l’Antiquité : nous ne devrions pas vivre pour manger, mais seulement manger pour vivre.

    _ C’est vrai, renchérit Elizabeth, qui pour une fois était d’accord avec sa cadette, pourquoi organiser de tels festins ? Je pense comme Jane : Bingley et Darcy ne viennent pas chez nous pour les plaisirs de la table, et même au dîner ils se satisferaient amplement d’une bonne soupe et de viandes froides.

    _ De la soupe ! Des viandes froides ! s’écria Mrs. Bennet, scandalisée. Détrompez-vous, mon enfant ! Ces grands hommes sont habitués dès l’enfance au plus grand raffinement et ils ont l’œil pour détecter les fautes de goût. Vous deviendrez comme eux, Lizzy, bien sûr, et Jane également. Je suis persuadée qu’un jour prochain vous jetterez sur votre pauvre maman et sur votre modeste maison le même regard critique.

    _ Maman ! protestèrent les deux sœurs.

    _ Si, si, mes chéries, vous verrez !

     

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  • [Livre] Le charmant cottage d’Amelia

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    Résumé : Alors qu'elle s'apprête à fêter ses 30 ans, Amelia retrouve dans un tiroir une liste de souhaits qu'elle s'était promis de réaliser. Parmi ses souhaits il y avait celui de vivre à la campagne dans un cottage. Amelia et Jack son mari achètent une vieille bâtisse de charme qui nécessite d'être rénovée. Amelia ignore combien ce déménagement allait bouleverser sa vie familiale et sentimentale.


    Auteur : Abby Clements

     

    Edition : Prisma

     

    Genre : Roman contemporain

     

    Date de parution : 06 octobre 2016

     

    Prix moyen : 12€

     

    Mon avis : « Le charmant cottage d’Amelia » est un vrai roman doudou. Il est parfait à lire entre deux thrillers.
    Amelia réalise un rêve d’enfant en achetant un petit cottage à la campagne. Mais, par un concours de circonstance, son mari et elle doivent renoncer au cottage de leur rêve et se rabattre sur un autre cottage plein de potentiel mais qui nécessite d’importants travaux.
    Le livre est découpé en chapitre, chacun représentant la rénovation d’une pièce du cottage qui va servir de scène aux divers évènements.
    Même si le roman aborde des sujets sérieux : l’abandon, la vieillesse, le désir ou non de maternité, cela reste un roman léger qui n’approfondit pas ces sujets outre mesure.
    Il ne faut donc pas en attendre plus que ce qu’il est censé apporté : une petite lecture décontractante.
    Le couple de Jack et Amelia semble au bord de l’implosion comme si le souci de la rénovation faisait remonter à la surface tout un tas de non-dits.
    J’ai été un peu déçue par la fin, même si elle plaira sans doute au plus grand nombre.
    J’aurais aimé que, pour une fois, les concessions n’aillent pas encore dans le même sens, celui des conventions sociales.

     

    Un extrait : L’ombre d’un sourire apparut au coin de sa bouche. Un instant, je revis l’enfant vif et espiègle qu’il avait été, celui qui était entré dans ma classe en sixième.

    – Vous êtes intelligent, vous êtes doué pour le travail en groupe. Vous nous faites tous rire – quand vous êtes de meilleure humeur qu’aujourd’hui. Donnez-moi simplement quelque chose noir sur blanc pour que je puisse le prouver à tout le monde.

    – Je sais, fit-il en frottant le bout de sa basket contre le pied de la table. Je dois travailler plus.

    – Vous en êtes capable, vous savez, assurai-je en tentant de croiser son regard. Si vous avez besoin d’aide, je suis là. Et votre professeure principale aussi.

    Il hocha la tête en silence, et se pencha pour reprendre son sac.

    – Merci, m’dame.

    – De rien.

    Je me tournai pour éteindre le tableau électronique et refermer mon ordinateur portable, en vérifiant l’heure. Plus que cinq minutes, pas assez pour un café. Ma conversation avec Carly devrait attendre. Mais j’avais le temps de filer aux toilettes avant mon prochain cours.

    Trey se leva. Je le regardai sortir dans le couloir animé. Son uniforme scolaire foncé se perdit rapidement dans la masse des élèves agglutinés devant les casiers.

    On y arrivera peut-être, me dis-je en prenant mon sac pour aller aux toilettes. Trey avait encore une chance de réussir ses examens, d’obtenir quelque chose. C’était pour cette lueur d’espoir qu’au bout de sept années à préparer des cours et corriger des copies, j’enseignais encore, même s’il m’arrivait, par périodes, de voir à peine Jack, mon mari, et de me sentir bien plus vieille que mes vingt-neuf ans – et avec des rides, en prime.

    Je mis la main dans mon sac pour y prendre mon téléphone. En général, Jack m’envoyait un texto au moment de ma pause. Mais ma main ne rencontra qu’un petit carnet et la doublure. Le sac paraissait très léger. C’est une blague !

    Mon téléphone et mon portefeuille avaient disparu.

     

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  • [Livre] Le zoo

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    Résumé : Le zoo est sur le point de fermer ses portes. Joan et son fils de quatre ans, Lincoln, sont dans leur coin préféré, à l'écart du chemin principal. Ils profitent des dernières minutes. Mais quand ils se dirigent vers la sortie, ce qu'ils découvrent transforme cette journée de rêve en cauchemar : des corps étalés sur l'herbe, des hommes armés de fusils. Sans réfléchir, Joan prend son enfant dans ses bras et court, jusqu'à en perdre le souffle, jusqu'à ce que ses muscles la brûlent.
    Pendant trois heures, la mère et son fils vont se retrouver piégés avec les animaux et les tueurs. Pour sauver Lincoln, Joan est prête à tout... même au pire.


    Auteur : Gin Phillips

     

    Edition : La bête noire

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 21 septembre 2017

     

    Prix moyen : 7,50€

     

    Mon avis : Joan est une femme comme les autres. Elle n’a rien d’une héroïne, n’a pas de capacité ou de formation particulière, c’est juste une maman lambda pourvue d’un petit garçon de 4 ans qui n’a pas la langue dans sa poche.
    L’action se déroule en à peine 3h mais les chapitres, qui nous font le décompte du temps nous montrent bien combien ces 3h sont interminables pour les protagonistes.
    J’ai beaucoup aimé Joan. Ses réactions sont parfaitement réalistes et on ressent à la fois sa peur et sa farouche détermination à protéger son fils coûte que coûte.
    J’ai eu plus de mal avec Lincoln. Je pense que c’est le contraste entre son vocabulaire, qui m’a semblé trop élaboré pour son âge, ainsi que ses réflexions trop matures et son comportement (parler fort parce que sa mère lui demande de ne pas le faire, pleurer à la moindre contrariété, faire du bruit en permanence…) qui m’a agacée.
    La plupart du temps, j’ai oublié qu’il avait 4 ans et j’avais envie de le secouer pour qu’il la ferme (remarquez, même en tenant compte de son âge… il me gonflait…). Je sais que je suis injuste mais je n’ai pas pu dépasser ce sentiment d’exaspération.
    Le livre est à 95% un huis-clos et l’ambiance est oppressante. On suit essentiellement Joan et son fils mais on a quelques aperçus de ce que vivent d’autres personnes, y compris l’un des tireurs.
    Je comprends les choix de Joan, même s’ils paraissent moralement discutables. Après tout, sa préoccupation première est de protéger son fils et pour ça, elle est prête à tout.
    La fin est extrêmement abrupte puisque le livre s’arrête à la fin de l’action des tireurs quelle qu’en soit l’issue. Ainsi, on reste ignorant du sort de la plupart des protagonistes.
    J’avoue que cette fin, même si je comprends le choix de l’auteur, m’a un peu frustrée. J’aurais aimé en savoir plus sur ce qu’il s’est passé et qu’on n’a pas vu parce qu’on ne voyait que ce que voyait Joan.
    Malgré tout, ce livre reste un thriller psychologique très prenant et j’ai adoré ma lecture.

     

    Un extrait : Elle entend un nouveau bang, plus fort et plus près qu'avant, suivi d'une dizaine de détonations sèches. Peut-être un mécanisme hydraulique ?

    Ils arrivent au bord d'un plan d'eau – le plus grand du zoo, presque un lac –, et elle aperçoit des cygnes qui filent à la surface. Le sentier bifurque : la branche de droite conduit de l'autre côté de l'étang, vers le secteur de l'Afrique, tandis que celle de gauche les emmènerait à la sortie en quelques secondes. Elle voit l'éclair rouge et vert des perroquets droit devant, inhabituellement silencieux. Elle aime leur petite île au milieu de tout ce béton – un bassin entouré de briques avec un monticule couvert d'herbe et d'épineux – et c'est toujours leur premier et dernier arrêt, l'ultime rituel de toutes leurs visites.

    — Tu devrais t'exercer à parler comme un perroquet, lui suggère-t-elle.

    — Je n'ai pas besoin de m'exercer. Je veux juste voir les épouvantails.

    — Il va falloir qu'on les regarde sans s'arrêter.

    Une longue rangée d'épouvantails a été dressée le long de la palissade qui fait le tour du plan d'eau. Beaucoup ont des citrouilles à la place de la tête, et Lincoln est absolument fasciné. Il aime Superman et l'astronaute – celui avec la citrouille peinte en blanc comme un casque spatial –, mais surtout le Chat qui porte un chapeau.

    — Allez, mon cœur, c'est bon.

    Il lui lâche la main et lève les bras.

    Joan jette un coup d'œil le long de la barrière et repère la tête de citrouille bleue de Pete le Chat. Vers le milieu, plusieurs épouvantails sont tombés. Une demi-douzaine, soufflés par le vent, suppose-t-elle. Sauf que non, il n'y a pas eu de bourrasque. Et pourtant, les épouvantails sont renversés, éparpillés tout du long jusqu'à l'enclos des perroquets, et encore au-delà.

    Non, pas des épouvantails. Pas des épouvantails.

    Elle voit bouger un bras. Un corps beaucoup trop petit pour être un épouvantail. Une jupe, remontée de façon indécente sur une hanche pâle, des jambes fléchies.

    Elle relève lentement les yeux, mais quand elle regarde plus loin, derrière les formes allongées par terre, après les perroquets, vers le long bâtiment avec les toilettes publiques et les portes marquées RÉSERVÉ AU PERSONNEL, elle repère un homme debout, immobile, à côté de la fontaine à eau. Il lui tourne le dos. Il est en jean et tee-shirt noir. Il a les cheveux bruns ou noirs, et à part cela elle ne distingue pas les détails, sauf un, quand l'homme finit par bouger : il donne un coup de pied dans la porte des toilettes, son bras remonte pour la rattraper, et elle voit qu'il tient une arme à feu dans la main droite, une espèce de fusil, long et noir, dont le bout étroit monte comme une antenne derrière sa tête alors qu'il disparaît entre les murs vert pâle des toilettes pour femmes.

    Elle croit percevoir un autre mouvement du côté des perroquets, un autre personnage encore debout, mais elle n'en voit pas davantage car à cet instant elle se détourne.

    Elle attrape Lincoln, le soulève – les jambes du garçon se balancent lourdement –, et le dépose sur sa hanche, sa main droite serrée autour de son poignet gauche sous les fesses de l'enfant.

    Elle se met à courir.

     

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  • [Livre] Les sœurs Carmine – T02 – Belle de gris

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    Résumé : Trois semaines séparent Tristabelle Carmine du Grand Bal de la Reine. Trois semaines pour trouver la robe de ses rêves, un masque, une nouvelle paire d’escarpins… et aussi un moyen d’entrer au Palais. Car Tristabelle n’a pas été invitée. Mais ça, c’est un détail. Tout comme les voix dans sa tête ou cette minuscule série de meurtres qui semble lui coller aux talons.
    En tout cas, elle ne compte pas rater la fête. Quitte à écumer les bas-fonds surnaturels de Grisaille, frayer avec des criminels, travailler dans une morgue ou rejoindre un culte. S’il le faut, elle ira même jusqu’à tuer demander de l’aide à sa petite sœur. Car Tristabelle Carmine est une jeune femme débrouillarde, saine et équilibrée. Ne laissez pas ses rivales ou ses admirateurs éconduits vous convaincre du contraire. Ils sont juste jaloux. Surtout les morts.


    Auteur : Ariel Holzl

     

    Edition : Mnèmos

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 16 Novembre 2017

     

    Prix moyen :

     

    Mon avis : La fin du tome 1 nous laissait dans une angoisse insupportable (j’exagère un peu, mais à peine). Je ne vais pas spoiler la fin, histoire de ne pas gâcher la surprise à ceux qui ne l’on pas encore lu, mais disons que c’était un retournement de situation qui m’était un poil resté en travers du gosier.
    On s’attend donc, naturellement, à ce que le tome 2 s’empresse de nous raconter ce qu’il s’est passé après le point final du tome précédent.
    Et bien non !
    Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que si le tome 1 était raconté par Merryvère, ce tome 2 l’est par son ainée, Tristabelle, et que la demoiselle n’est pas du tout disposée à perdre son temps à raconter quelque chose qui ne la concerne pas directement et même pire, qui concerne sa sœur (bon rassurez-vous, on va quand même savoir le fin mot de l’histoire, mais Tristabelle ne va guère prendre de gants et va nous balancer la sauce de manière assez succincte).
    Si Merryvère était une poissarde à la moralité presque correcte, Tristabelle, elle, est une vraie sociopathe, qui passe la moitié de son temps à se disputer avec les voix présentes dans sa tête. Elle est tellement insupportable, hautaine, arrogante et insensible qu’elle en devient drôle.
    Toujours soucieuse d’occuper le rang qu’elle estime devoir être le sien, Tristabelle brigue le poste de dame de compagnie de la Reine de Grisaille.
    Qu’elle n’ait pas d’invitation au bal, pas d’argent pour une robe et qu’elle soit qu’une roturière alors que toutes les candidates viennent des familles nobles de Grisaille importe peu. Tristabelle n’a pas l’intention de s’encombrer de détails, ni d’obstacles d’ailleurs et, franchement, est-ce bien sa faute si lesdits obstacles tombent comme des mouches autour d’elle ?
    3 histoires, tournant autour de Tristabelle, se développent et s’entremêlent. Dans ce tome, on en apprend un peu plus sur les pères des sœurs, surtout sur celui de Tristabelle.
    Quelques chapitres sont consacrés à Merryvère, ce qui nous permet de continuer à la suivre.
    J’ai un peu regretté de ne plus avoir de pages du journal de Dolorine à lire. La fillette m’a un peu manquée. Heureusement, elle sera la narratrice du 3ème tome que j’ai vraiment hâte de lire pour retrouver ces héroïnes tout sauf convenables et conventionnelles.

     

    Un extrait : L’hiver avait transformé Grisaille en sablier glacial : les monceaux de neige qui encrassaient la Haute-Ville finissaient invariablement par crouler jusqu’à la Basse-Ville sous leur propre poids. Percés par la moindre brise, ils s’écoulaient des toits en trainées souffreteuses, fardant les hauts-de-forme des messieurs, poudrant les doublets sombres des dames qui n’avaient pas eu les moyens d’adapter leur garde-robe au changement de saison. Tristabelle Carmine se gaussait de leur déconfort, drapée d’un sourire mesquin et d’une toute nouvelle pèlerine.

    « Mesquin » ? Vraiment ?

    Le sourire s’adressait également à une ou deux privilégiées – riches en lys mais pauvres en sens pratique – parées d’atours trop clairs et trop laiteux. La neige les salissait de filaments grisâtres en s’évaporant. Inhabituel pour de la neige, certes, mais les nuages débordaient de cendres à Grisaille. Pas celles – trop denses – recrachées par les haut-fourneaux Forge-Rage ; des cendre plus fines, portées aux cieux par les cheminées des crématoriums. Les particules de glace leur offraient une nouvelle vie, plus élémentaire, presque volcanique. L’occasion de se rappeler aux pauvres diables en contrebas et de ruiner la toilette de quelques prétentieuses…

    Aux yeux de Tristabelle, ce n’était que justice : ces cocottes avaient failli à leur « devoir d’avant-garde », une notion issue tout droit de l’esprit détraqué de la jeune fille.

    « Détraqué » ? Et puis quoi encore…

    En substance, ce devoir d’avant-garde signifiait que lorsque l’on appartenait au grand monde, il fallait le prouver en toute occasion. Sinon comment le bon goût et la haute-pensée rejailliraient-ils sur les masses ignorantes, surtout dans le domaine vestimentaire ? Une promenade dans la Basse-Ville offensait déjà suffisamment de sens – l’odorat, l’ouïe, le bon sens – pour ne pas y ajouter la vue. Alors oser le blanc ivoirin pour braver les neiges de la Haute-Ville, quand une nuance de gris perle était tellement plus appropriée… Impardonnable.

    Tristabelle aurait volontiers condamné un tel impair par une petite dizaine d’années aux mines de sel, histoire de faire retenir la leçon aux contrevenantes.

    La jeune fille pressa le pas, ses talons hauts mitraillant la ruelle silencieuse malgré la pellicule de neige qui vernissait les pavés. Elle marchait comme elle respirait, parlait, vivait : avec l’arrogance d’un prédateur sur son territoire de chasse, la cruauté du félin au royaume des souris, le mépris du serpent pou… 

    Un « serpent » maintenant ?!

    Bon, ça suffit ! Vous croyez que je n’entends pas vos persiflages ?

    Vous êtes peut-être une voix dans MA tête, mais cela ne vous donne pas le droit de m’insulter ! Ni de raconter n’importe quoi à mon sujet ! Qui vous a appris les bonnes manières ?!

    Je reprends les choses en main. Libre à vous d’aller espionner la vie d’une autre si cela ne vous sied pas…

    Ah, voilà qui est mieux !

    Vous êtes toujours là ? É-vi-dem-ment. Comme si vous aviez plus intéressant à faire…

     

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