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  • [Livre] Le palanquin des larmes

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    Résumé : Le Palanquin des larmes, paru en 1975, est un récit biographique écrit par Georges Walter de la vie de Chow Ching Lie, pianiste, écrivain et femme d'affaires née à Shanghai en 1936.

    Le palanquin des larmes est le récit de la vie de Chow Ching Lie, qui fut fiancée de force à l'âge de treize ans, et eut son premier enfant à quatorze ans. Le récit, recueilli par Georges Walter, traite de la condition des femmes dans la chine de la guerre sino-japonaise, la guerre civile, et l'époque Maoïste.

    Il aborde aussi la vie traditionnelle des chinois de classe paysanne et les problèmes qu'engendre la révolution dans la famille de Chow Ching Lie.

     

    Auteur : Chow Ching Lie

     

    Edition : j’ai lu

     

    Genre : Témoignage

     

    Date de parution : 10 janvier 2011

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Chow Ching Lie nous livre, à travers la plume de Georges Walter, l’histoire d’un esclavage perpétuellement renouvelé. La belle-fille, épouse du fils ainé, est la domestique de ses beaux-parents, l’esclave de sa belle-mère ; le fils, même adulte, même marié, doit se plier sans mot dire aux desideratas de ses propres parents, quitte à sacrifier le bonheur de ses enfants dans la foulée.
    Il faudra attendre l’arrivée de Mao au pouvoir pour que les mariages forcés, tout comme le meurtre des nouveau-nés filles, soient interdits. A cinq mois près, Ching Lie aurait échappé à un mariage qui la révulsait.
    Même si son histoire est difficile, j’ai trouvé Ching Lie trop effacée, trop soumise. Sa jeune sœur cède moins facilement devant les pressions et même quand elle est obligée de se plier aux règles, elle n’hésite pas à faire savoir qu’elle désapprouve.
    La mère de Ching Lie est une idiote sans cervelle. D’un côté, elle veut à toute force marier sa fille de force, ne prenant en compte que la fortune de la belle-famille sans s’intéresser une seconde à la personnalité du fiancé, mais de l’autre, elle refuse de lui apprendre à coudre ou à cuisiner, car c’est pour elle les signes de l’esclavage. En mariant sa fille à une famille traditionnelle refusant le moindre progrès social, elle aurait pu se douter qu’il serait indispensable à sa fille de savoir préparer un repas ou coudre un vêtement.
    Tout au long du mariage de sa fille, elle ne pense qu’à l’argent, allant jusqu’à compter le nombre de bouchée qu’elle mange pour se les faire rembourser par la belle-famille.
    Ching Lie finira par s’habituer à un époux faible qui ne sait fonctionner que par le chantage au suicide et semble ne pas comprendre que sa femme puisse ne pas l’aimer.
    En dehors de son drame personnel, Ching Lie nous parle un peu des évolutions de la chine à cette époque et surtout de l’arrivée de Mao et de la rééducation par le travail de la Terre. On voit bien qu’on a affaire à une dictature quand les gens n’ont pas le droit de quitter le pays sans autorisation tant le nouveau gouvernement a peur de les voir vivre comme ils l’entendent loin de la Chine.
    Personnellement ce livre ne m’a pas donner envie de pleurer sur le sort de Ching Lie, mais en revanche il m’a bien décidée à ne jamais mettre les pieds dans un pays aussi hypocrite que la Chine.

     

    Un extrait : Je suis née dans la Chine de la misère et des larmes. Petite fille, j’ai souffert et pleuré de bonne heure. J’étais jolie : ce n’est pas un mérite, ce fut une malédiction. Laide et difforme, je n’aurais sans doute pas été mariée de force à l’âge de treize ans. Mais mon malheur ne vint pas de ma seule beauté : il était à l’image d’un vaste pays, où il ne faisait pas bon vivre, où il n’était surtout pas bon de naître si l’on avait l’infortune d’être une fille. J’aurais pu venir au monde dans une famille pauvre où l’on m’aurait à ma naissance enveloppée dans des chiffons et jetée avec les ordures. Qu’est-ce qui est plus cruel, étouffer un enfant à sa naissance ou plus tard, ne pouvant la nourrir, la vendre pour qu’elle devînt pensionnaire à Shanghaï d’une des maisons closes de la Quatrième Rue ? Ce dont je parle ici ne date pas du Moyen Âge, c’était le sort de la Chinoise au milieu du XXe siècle et très exactement jusqu’à Mao Tsé-toung qui, en 1950, édicta la première loi interdisant, entre autres, le meurtre des nouveau-nés, ainsi que les mariages forcés et l’abus de pouvoir de la belle-mère, tous ces fléaux qui furent aussi douloureux que les inondations et les famines.

    La famille où je suis née en 1936 ne m’aurait certes pas vendue, j’ai été pendant toute mon enfance à Shanghaï entourée d’affection et même couvée par un père plein d’amour, mais dans une aisance où le souvenir de la misère ne parvint jamais à s’estomper. C’est pourquoi, à cause de la cupidité d’une partie de ma famille, j’ai été vendue, moi aussi, sous des apparences certes plus honorables, celles du mariage, et même avec un déploiement de faste comme on en vit peu dans mon pays. Comédie de grande alliance familiale qui augmenta, par sa dérision, ma tragédie personnelle : j’étais une écolière connaissant la légende de Liang et Tso qui meurent pour leur amour comme Roméo et Juliette et je me voyais condamnée à vivre sans amour. D’autres, par millions, ont connu la faim du corps alors que je n’ai manqué de rien, mais les malheurs de la Chine sont les enfants d’une même famille. Aucun d’eux n’y échappe au sort commun.

    En entreprenant le récit de ma vie je ne crois nullement qu’elle soit exemplaire : que pèsent mes malheurs dans la tourmente qui a déchiré un continent pendant les cinquante ans qui ont précédé ma naissance et les treize ans qui l’ont suivie, puisque c’est l’année de mes treize ans que la Chine a été libérée dans tous les sens du terme ? Dans le cocon de la petite bourgeoisie de Shanghaï où vivaient soixante mille étrangers, on pouvait entendre les rumeurs des marins en goguette de toutes les flottes du monde. Mais on était sourd à la bataille gigantesque que les armées rouges vêtues de chiffons livraient depuis tant d’années aux armées bien équipées du maître de la Chine, le généralissime Tchang Kaï-chek. Personne, dans ma famille – à l’exception de mon frère aîné – n’était conscient que l’Histoire allait basculer d’un seul coup.

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  • [Livre] Journal de la Belle-mère (pas si) cruelle de Blanche-Neige

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    Résumé : Revenue d’un séjour dans un centre de méditation pour arrêter de se centrer sur son image, Reine va habiter dans une petite maison en campagne avec sa thérapeute, Rose, et tente de s’intégrer de nouveau à la vie du village Livredecontes.

     

    Auteur : Catherine Girard-Audet

     

    Edition : Goélette

     

    Genre : jeunesse

     

    Date de parution : 6 octobre 2011

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : 3ème tome de la série « L’envers des contes », nous nous penchons dans celui-ci sur ce qu’il est advenu de la méchante Reine après que le beau prince (et non prince charmant, la distinction est importante puisqu’ils vivent tous proches les uns des autres) ait réveillé Blanche-neige d’un baiser et l’ai emporté dans son château pour l’épouser. Reine, vaincue, a été envoyé dans un centre de méditation pour guérir de sa jalousie maladive et reprendre sa vie en main. A la sortie du centre, pour parfaire sa guérison, elle va vivre dans une cabane dans la forêt, non loin de la chaumière des nains.

    Si l’humour du livre passera parfois au-dessus de la tête des enfants, il leur permettre sans doute d’acquérir du vocabulaire et nul doute que la présentation en forme de journal intime écrit à l’encre violette sur fond lilas ne pourra que leur plaire.
    Dans ce tome, on retrouve Mildred, la pas si méchante demi-sœur de cendrillon, qui s’est reconverti, avec son amie Bo Peep, comme détective privé.
    En effet, Reine ne va pas tarder à avoir besoin de ses services.
    Mais son but premier va être de convaincre les habitants de Livredecontes qu’elle a bel et bien changé. Et elle n’est pas la seule, ainsi on se rend compte que Blanche-Neige accorde un soin tout particulier à son apparence et que ce n’est pas là le moindre de ses changements.
    Toute la saga apprend aux enfants l’importance des secondes chances et de savoir s’amender. Avoir mal agi ne signifie pas que rien ne peut changer.
    A la fin du livre, comme dans tous les livres de cette saga, on trouve une fiche de « vilain », un petit test ainsi que quelques recettes de cuisine.

     

    Un extrait : 7 juin

    Cela fait trois mois aujourd’hui que je suis au centre de méditation. Au fil des jours, je me suis liée d’amitié avec plusieurs personnes ici, et elles ont organisé une petite fête ce soir pour souligner mes progrès.
    Je trouve ça très généreux de leur part, surtout quand je pense à la façon dont je les ai traitées à mon arrivée.
    Disons qu’à mon entrée ici, je ne me sentais pas prête à faire face à mes erreurs et à ma vraie nature. Je vivais le moment présent et n’avais aucune envie de revisiter mon passé. Mais lors de la première rencontre de groupe, notre thérapeute, Esmeralda, m’a demandé de me lever, de me présenter et d’expliquer en quelques mots les raisons de mon internement au centre.
    - Bonjour, ai-je dis d’un air bourru. Je m’appelle Reine. On m’a forcé à venir ici parce que… en fait…je… 

    Je n’ai pas été capable de finir ma phrase. Pour la première fois de ma vie, j’éprouvais de la honte et je n’arrivais pas à assumer la portée de mes gestes.
    - Continuez, Reine, a insisté Esmeralda. Nous ne sommes pas là pour vous juger, mais pour vous aider à affronter vos peurs et à repousser vos limites.

    - Je… J’ai essayé d’empoisonner ma belle-fille parce que j’étais jalouse de sa beauté, ai-je répondu, surprise d’être aussi honnête et de mettre, pour la première fois, le doigt sur mon problème.
    A mon grand étonnement, les autres femmes assises en cercle autour de moi ne semblaient pas choquées outre mesure par ma révélation. En avouant mon crime, je me croyais guérie : on me laisserait partir. Mais ensuite Esmeralda m’a expliqué le plan d’action pour que je « reprenne confiance en moi et que je puisse affronter le regard des gens que j’ai blessés en gardant la tête haute ».
    Je dois suivre des cours pour me libérer de toute vanité et de ma jalousie. Pour y parvenir, il me faut me départir de tout artifice. Je dois apprendre à m’apprécier pour ce que je suis, sans accorder d’importance à mon apparence physique. En d’autres mots, j’ai été forcée de me débarrasser de toutes mes belles robes, de mon maquillage et surtout de mon miroir magique. Ainsi, tous les jours, depuis trois mois maintenant, je porte des vêtements amples en coton. Je ne me suis pas regardée dans la glace une seule fois depuis mon arrivée. Rose, ma thérapeute personnelle, croit que c’est la meilleure façon de me détacher des biens matériels et d’apprendre à m’apprécier pour ce que je suis « à l’intérieur ».
    J’ai eu beaucoup de difficulté à m’habituer à cette simplicité volontaire, mais au fil du temps, j’ai fini par comprendre ce qu’elle voulait dire. Je crois que je suis devenue une (presque) nouvelle femme.

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  • [Livre] Journal de la sœur (pas si) laide de Cendrillon

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    Résumé : Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants...Tout le monde sait comment se termine l'histoire de Cendrillon. Le Prince Charmant, la pantoufle de verre et le mariage heureux. Et tout le monde sait que Cendrillon a deux demi-soeurs, très méchantes, mais saviez-vous que l'une d'elles, Mildred, n'est en fait pas si méchante que ça?

     

    Auteur : Claire Pyatt

     

    Edition : Goélette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 2010

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Ce tome est le premier de la série « l’envers des contes » qui met en scène les méchants des dits contes, après le « ils vécurent heureux… ».
    Chaque tome peut se lire individuellement des autres mais il est vrai qu’il peut y avoir de petits clins d’œil aux tomes précédents. Par exemple, dans le tome « journal d’un nain (pas si) grognon », le nain voit une thérapeute, Rose, qu’on rencontre dans le tome « journal de la Belle-Mère (pas si) cruelle de Blanche-Neige.
    Dans ce tome, on s’attache à Mildred, une des vilaines demi-sœurs de Cendrillon, qui se révèle plutôt gentille. Rapidement, après le départ de Cendrillon, elle prend conscience du travail que demande l’entretien d’une maison et n’apprécie guère que sa sœur Agatha et sa mère continue à comploter contre Cendrillon.
    Avec l’aide de son amie Bo Peep et le concours de Josh, un des gardes du prince charmant, Mildred est bien décidée non seulement à sauver Cendrillon mais aussi à continuer à changer et à se détacher de l’étiquette de la vilaine sœur qui lui colle à la peau.
    Mildred est assez naïve et parfois un peu impatiente mais pleine de bonne volonté.
    Le livre se présente comme un journal intime et, contrairement aux éditions kennes dans lesquelles j’ai lu le tome du nain, ici les pages sont colorées (écriture rose foncée sur page rose clair).
    En ce qui me concerne, j’aurais franchement préféré une écriture traditionnelle noir sur blanc, qui aurait eu le mérite d’être bien plus lisible, mais ce livre étant destiné aux 9-10 ans, je comprends l’intention.
    La traductrice est québécoise et parfois il y a quelques mots qui le font ressentir (comme aller « magasiner ») mais l’histoire reste très compréhensible (j’ai lu des livres québécois qui étaient presque incompréhensibles pour un français !).
    Du côté des personnages, j’ai beaucoup aimé certains personnages principaux, même si on ne fait que les apercevoir, comme Raiponce et Boucle d’Or qui sont deux petites pestes qui ne pensent qu’à leur apparence.
    L’auteur a transposé l’univers des contes de fée à notre époque et on croise aussi bien des bûcherons et des gardes avec épées et chevaux que des voitures, des DVD, des cartons de pizza et le dernier tube de Justin Timberlake.
    A la fin du livre, on trouve un petit quizz, une fiche présentant la méchante reine, belle-mère de Blanche-neige et la recette de la tarte aux pommes.

     

    Un extrait : 10 Aout
    Cendrillon a déménagé ses affaires aujourd’hui. Il faut dire qu’elle n’avait pas grand-chose : quelques valises remplies d’effets personnels et son vieux chien miteux. J’étais un peu mal à l’aise. Elle va me manquer, et pas seulement parce qu’elle s’occupait des tâches ménagères ; j’aimais bien discuter avec elle, et je n’aimais pas la traiter avec méchanceté. Les autres filles sont encore fâchées qu’elle ait été la seule à posséder un pied assez petit pour enfiler la pantoufle de verre.
    Honnêtement, je suis plutôt soulagée que cette chaussure n’ait pas été à ma pointure. Elle n’avait pas l’air très confortable.
    J’ai éprouvé de la jalousie en voyant, par la fenêtre, Cendrillon embarquer dans son carrosse doré. Si j’avais été plus gentille avec elle lorsqu’elle habitait ici, elle m’aurait peut-être emmenée faire un tour.

     

    16 aout
    Ca ne fait pas une semaine qu’elle est partie, et la maison ressemble déjà à un dépotoir.
    Nous n’avons plus rien de propre à nous mettre sur le dos, et comme personne ne sait cuisiner, on commande de la nourriture tous les jours. Hier soir, j’ai rangé les boites de pizzas sous le canapé pour que tout ait l’air un peu plus propre, et j’ai croisé une créature vraiment étrange. Je sais que ça a l’air complètement dingue, mais je suis certaine d’avoir aperçu une petite souris vêtue d’un chapeau et d’un T-shirt. Je crois que j’ai avalé tellement d’additifs que ça commence à agir sur mon cerveau. J’ai voulu raconter ma découverte à maman et à Agatha, mais je les ai surprises dans la cuisine en train de chuchoter en consultant un livre. Quand je suis entrée, elles m’ont regardée avec un air coupable et maman a rapidement rangé le bouquin dans un tiroir. Elle sont peut-être en train de me préparer une fête-surprise (vraiment, vraiment d’avance). Oh ! Je suis excitée !

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  • [Livre] L’enfant du lac

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    Résumé : 1933. Comment Theo Edevane, adorable poupon de onze mois, a-t-il pu disparaître durant la nuit de la Saint-Jean ? Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l'enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour les filles Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l'abandon.

    Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune détective londonienne en vacances dans les Cornouailles, curieuse et momentanément désœuvrée, s'intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l'enquête, au grand dam de l'une des sœurs aînées de Theo, Alice, devenue écrivain à succès.

     

    Auteur : Kate Morton

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 4 mai 2017

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Je n’avais encore jamais lu de livre de Kate Morton, je n’ai donc aucun point de comparaison mais une chose est sûre, ce roman-là est un énorme coup de cœur.
    Dans cette histoire, on passe régulièrement des années 1910 aux années 1930 avant de faire un bond dans le présent en 2003.
    En 2003, on suit Sadie, flic mise au repos forcé après une indiscrétion auprès de la presse qui, désœuvrée, s’intéresse à l’affaire non résolu de la disparition d’un enfant de 11 mois. En 1933, Alice, qui deviendra une célèbre romancière, a été au cœur du drame, l’enfant disparu n’étant autre que son petit frère. Elle a vu le désespoir de sa mère Eleanor, peut être le seul moment où elle a vu cette femme altière et sévère se laisser aller à des sentiments humains. En 1911, Eleanor est une jeune fille fantasque, amoureuse, qui veut se libérer du carcan de son éducation.
    Au travers de l’enquête sur la disparition de Theo, on va découvrir comment cette jeune fille est devenue la mère implacable qu’a connue Alice.
    De souvenirs tronqués en secrets de famille, il va falloir que Sadie passe outre les réticences de la romancière de voir étaler sur la place publique un drame dont elle n’a peut-être pas toutes les clefs.
    Au fil de notre lecture, on suspecte tous les protagonistes présents en 1933. Tour à tour, on est certain que Théo est vivant quelque part, puis on est sûr qu’il est mort. On passe sans cesse de la thèse de l’accident à celle du meurtre en passant par celle de l’enlèvement qui a mal tourné… ou pas…
    Malgré tous ces retournements de situations et les nombreuses probabilités qui nous sont présentés, à aucun moment on ne se dit que c’est trop, que ce n’est plus crédible… car chacune de ces possibilités pourrait être la bonne.
    En parallèle à cette enquête, on suit celle qui a provoqué la mise à l’écart de Sadie, celle pour laquelle on l’a accusée d’être obsédée par sa théorie alors que les grands chefs ont décidés que la vérité était tellement plus simple. Mais cette « enquête » parallèle s’intègre parfaitement dans l’histoire sans jamais donner l’impression d’être là pour meubler.
    A présent, je suis curieuse de découvrir les autres romans de l’auteur, parce que, s’ils ont la même qualité, il serait dommage de passer à côté.

     

    Un extrait : C’était de la Chambre aux mûres que l’on voyait le mieux le lac ; Alice cependant décida de se contenter de la fenêtre de la salle de bains. M. Llewellyn était encore au bord de l’eau avec son chevalet : mais il rentrait la plupart du temps dans le courant de la matinée pour se reposer ; elle ne voulait pas prendre le risque de le croiser. Le vieil homme n’aurait pas fait de mal à une mouche, mais il était excentrique et quelque peu accaparant, surtout ces derniers temps ; et qui sait s’il ne se méprendrait pas sur la présence de la jeune fille dans sa chambre ? Alice fronça le nez. Autrefois, elle l’aimait tant, M. Llewellyn ! Affection des plus réciproques. Quand elle y repensait du haut de ses seize ans, elle avait une drôle d’impression. Les histoires qu’il lui racontait, les petits croquis qu’elle conservait si précieusement, et cette aura de merveille qui le suivait partout, comme une mélodie… Quoi qu’il en fût, la salle de bains était plus rapidement accessible que la Chambre aux mûres : et comme Mère se rendrait compte dans quelques minutes que le rez-de-chaussée manquait singulièrement de fleurs, Alice n’avait pas de temps à perdre à filer dans les étages. Tandis qu’une ribambelle de femmes de chambre se répandait dans le grand vestibule, chiffon à la main, Alice se faufila en hâte jusqu’à la fenêtre de la salle de bains.

    Mais où était-il passé ? Alice sentit son estomac se contracter ; en l’espace d’un instant, l’excitation s’était faite désespoir. Ses paumes tièdes plaquées sur le verre, elle balaya du regard le paysage qui s’offrait à sa vue : roses aux pétales roses ou ivoire, aussi luisants que s’ils avaient été astiqués ; précieuses pêches accolées au mur du jardin clos ; immense miroir d’argent du lac, scintillant dans la lumière du matin finissant. Le domaine avait été taillé et pomponné à la perfection, jusqu’au moindre brin d’herbe : et, cependant, jardiniers et intérimaires s’y affairaient encore en tous sens.

    Des musiciens embauchés pour la journée installaient des chaises dorées sur l’estrade dressée pour l’occasion ; et, tandis que les camionnettes des traiteurs se succédaient sur l’allée dans des nuages de poussière, la brise d’été soulevait les basques de la grande tente, pas encore finie de monter. La seule personne à ne pas se joindre à l’activité ambiante, c’était grand-mère deShiel. Petite silhouette voûtée, assise sur le banc de jardin en fer forgé, sous les fenêtres de la bibliothèque, elle était perdue dans le labyrinthe poussiéreux de sa mémoire et ne prenait pas garde aux ouvriers qui suspendaient les globes de verre des lanternes dans les arbres alentour.

    Alice soudain retint sa respiration.

    Il venait d’apparaître.

    Le sourire s’élargit sur le visage de la jeune fille avant qu’elle puisse le réprimer. Oh, joie délectable, scintillant de mille étoiles ! Il se tenait sur la petite île au centre du lac, un énorme rondin en équilibre sur l’épaule. Elle leva la main pour le saluer, sans réfléchir – allons donc, à quoi pensait-elle ! Il ne regardait pas dans sa direction. Et si tel avait été le cas, il se serait bien gardé de répondre à son salut. Ils savaient tous les deux qu’il leur fallait rester prudents.

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  • [Livre] #Help

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    Résumé : Attention à ce que vous dévoilez sur Internet… Claire, une jeune inspectrice enceinte de six mois, enquête sur la mort d’une mère célibataire dont la vie sociale se résumait à la fréquentation d’un forum d’entraide pour jeunes mamans. Mise au repos forcé, Claire s’inscrit à son tour sur Netmaman.com…

     

    Auteur : Sinéad Crowley

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 02 mai 2017

     

    Prix moyen : 17,50€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce livre même si le quatrième de couverture nous induit un peu en erreur. Si on se fie à lui, on pense que toute l’enquête se passe sur internet alors que Claire, l’inspectrice, ne s’inscrit sur le site qu’au bout de près de 300 pages. Tout le reste, c’est une enquête classique avec enquête, interrogatoires et recherches, souvent infructueuses et frustrantes.
    Ajoutons à ça que Claire est très enceintes et pas franchement enthousiaste à l’idée de devoir lever le pied (je me demande même si elle est enthousiaste à l’idée d’avoir un enfant tout court).
    Mais même si j’ai beaucoup aimé l’écriture de l’auteur, même si je me suis attachée à la plupart des personnages, j’ai quand même regretté qu’il n’y ait pas des indices nous permettant de découvrir le coupable. J’ai eu l’impression d’être devant un de ces films policiers où l’enquêteur ne partage les indices découverts que lorsqu’il confond le coupable. Or, une grande partie du plaisir est de tenter de découvrir son identité avant que ce soit révélé !
    Cette absence d’indice ne m’a pas empêché d’élaborer un grand nombre de théories dont certaines n’étaient pas très loin de la vérité !
    Les messages sur le forum sont vraiment très réalistes, y compris les messages où les gens prennent la mouche à la moindre parole (je ne supporte plus ce genre de forum où l’entraide laisse vite la place au jugement et à un mépris total des pensées et convictions d’autrui).
    J’ai eu beaucoup de sympathie pour Claire, et franchement, à sa place, j’aurais planté mon mari dès qu’il aurait eu la prétention de vouloir m’interdire quoi que ce soit. Ce n’est pas parce qu’on est enceinte qu’on devient la propriété du géniteur ! Il est gentil, mais il mérite des baffes parfois !
    J’ai lu ce livre très vite, une fois commencé, je n’ai plus eu envie de le lâcher.
    Même s’il y a des petits points qui peuvent être amélioré, je suis très curieuse de lire ses autres livres, en espérant qu’ils seront traduits en français.

     

    Un extrait : C’était le « maman » qui l’avait contrariée. Tout s’était plutôt bien déroulé jusque-là : circulation fluide, place de parking libre tout près de l’hôpital et salle d’attente – après qu’ils l’eurent enfin localisée, quasi déserte. En réalité, lorsque Claire avait réalisé que le temps d’attente allait être bien plus court que ce qu’elle avait pensé, elle avait presque réussi à se convaincre que le moment pourrait se révéler agréable. L’infirmière avait alors désigné d’un geste le divan d’examen et réduit les espoirs de Claire à nant.
    - Installez-vous ici. Marie va venir examiner la maman.
    « Maman »
    Bienvenue dans le monde de la grossesse, où vous pouviez laisser votre individualité et votre nom à la porte du service de consultation prénatale. Poussant un soupir bruyant, Claire se tourna vers son mari, espérant trouver en lui une oreille compatissante à son exaspération. Mais à sa place elle découvrit un homme qu’elle ne connaissait pas, les yeux embués braqués sur l’écran de l’appareil d’échographie. Le même regard qu’il avait posé un jour sur le barman du Flanagan’s, connu pour servir la meilleure Guiness du monde.
    Bon, elle était donc seule. Une femme de petite taille à l’air fatigué – Marie, supposa-t-elle – franchit la porte blanche éraflée d’un pas pressé et s’affaira devant des sondes et des écrans.
    - Ca va être un peu froid…
    Claire tressaillit lorsque la jeune femme lui étala du gel sur le bas-ventre. Un peu froid ? Carrément glacial, oui. Et personne n’avait trouvé de solution à ce problème ? Claire pourrait essayer d’en concevoir une elle-même, voilà qui constituerait un excellent rempart contre l’ennui pendant son congé maternité. En temps normal, elle aurait fait part de cette idée à Matt et ils en auraient ri ensemble ; au lieu de quoi la grosse boule de guimauve qui se trouvait à ses côtés se pencha vers elle et lui attrapa la main.
    - C’est incroyable, non ?
    - Mmmh..
    Non, l’expérience n’avait rien d’incroyable pour Claire : entre vomissements et pantalons trop serrés, cela faisait vingt semaines qu’elle endurait la dure réalité de la grossesse ; elle n’avait nul besoin d’une échographie pour la lui confirmer. Matt, lui, semblait résolu à s’émouvoir de chaque instant, aussi lui serra-t-elle brièvement la main à son tour.
    - Oui. C’est dingue.
    La poche de Claire vibra et Marie lui adressa un regard noir.
    - Tous les téléphones portables doivent être éteins. Les ondes peuvent interférer avec notre matériel.
    - Oui, c’est vrai. Désolée.
    Claire extirpa son téléphone portable de sa poche. Avant de l’éteindre, elle ne put s’empêcher de lire le SMS qui s’affichait à l’écran.

    LES JURES SONT EN TRAIN DE DELIBERER.

    Bon sang. Son estomac se noua. Elle le savait.
    Le seul jour où elle ne pouvait pas être là. Son doigt resta en suspens au-dessus de la touche « Répondre », mais un bref regard en direction de Matt lui indiqua qu’il en était hors de question.

     

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  • [Livre] Les 76 jours de Marie-Antoinette à la Conciergerie – T02 – Un procès en infamie

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    Résumé : Ce deuxième épisode palpitant des Soixante-Seize Jours de Marie-Antoinette à la Conciergerie raconte le combat acharné de ceux qui tentèrent l'impossible pour délivrer Marie-Antoinette de sa captivité et le  procès de la Reine.

     

    Auteur : Paul Belaiche-Daninos

     

    Edition : Actes Sud

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 4 octobre 2006

     

    Prix moyen : 24€

     

    Mon avis : Dans ce second tome, toujours aussi documenté, l’auteur nous raconte les différents complots qui ont été organisés en vain pour tenter de sauver la reine. Pendant que ses partisans se démenaient pour la soustraire à ses bourreaux, ces derniers se hâtaient de préparer son procès de peur que la Reine, très malade et affaiblie tant par ses hémorragies que par ses conditions déplorables de détention, ne meurent de mort naturelle sans qu’ils ne puissent l’exhiber sur la place publique.
    A partir des bribes des minutes du procès, dont on sait, par divers témoignages, que le greffier n’a rapporté que de manière tronquée, évitant de noter tout ce qui était favorable à la reine, l’auteur a reconstitué le déroulé de celui-ci. En fait de procès, on a droit à une mascarade où des « témoins » achetés par Fouquier-Tinville viennent parler de faits auxquels ils n’ont pas assistés. La réponse la plus courante de ces témoins aux objections des avocats de la reine est : « tout le monde le sait ».
    D’ailleurs, ces avocats, commis d’office, ont réellement défendu la reine, comme la constitution les y oblige, et, pour leur peine, ils se sont vus notifier leur mandat d’arrestation en pleine audience, un peu avant leur plaidoirie. Si ce n’est pas là une tentative d’intimidation pour les forcer à bâcler cette plaidoirie qu’ils n’ont qu’une dizaine d’heures pour la préparer.
    De même la défense n’a eu que 24h pour préparer le procès. La reine a écrit une lettre pour demander un délai de 3 jours supplémentaires pour ses avocats. Cette lettre, avec d’autres écrits de la Reine et entre autres sont testament moral, adressé à Madame Elizabeth, furent retrouvés sous le matelas de Robespierre sa chute. Sans doute ne voulait-il prendre le risque de voir la requête acceptée par l’Assemblée. Le dossier étant vide, il était important que les avocats n’aient pas le temps de préparer une défense étayée de preuves à décharge.
    A la fin du livre, sur plus de 100 pages, l’auteur nous liste les acteurs du drame. Une grande majorité d’entre eux sont des victimes innocentes, guillotinés, ou devrai-je dire assassinés, à cause de leur nom ou parce qu’ils désapprouvaient le nouveau régime.
    Il reste un livre, du même auteur, pour refermer cette page sombre de l’histoire. L’auteur le cite plusieurs fois au cours du livre sous le titre : la vengeance du Baron de Batz. Après quelques recherches, il semble qu’il soit sorti sous le titre : La Révolution fracassée : la Justice du baron de Batz. Je ne l’ai pas encore. Je le place dans ma liste de livres à acheter au plus vite !

     

    Un extrait : - Examinons, s’il te plait, les accusations de politique intérieure.
    - C’est ça, c’est ça… Examinons d’abord les accusations de politique intérieure.
    - D’abord l’aspect financier, il est important. N’oublions pas que sans la banqueroute du tyran, il n’y aurait jamais eu de Révolution.
    - J’énumère tes accusations : tu prétends qu’Antoinette a dilapidé les finances de la France avec Calonne, mais tout le monde sait qu’elle détestait Calonne. C’est même elle qui l’a chassé… Alors qu’est-ce que Calonne vient faire ici ? Voudrais-tu par hasard donner des verges à la défense pour nous fouetter ?
    - Calonne est une ordure ! On la charge avec Calonne !

    - Aurais-tu l’intention de citer dans ce procès toutes les ordures de l’Ancien Régime ?

    - En tout cas, certainement ceux avec lesquels elle a trahi.
    - Je pressens déjà que nous allons nous noyer… Revenons sur l’aspect financier : à part le Grand Livre, avons-nous des pièces comptables pour évaluer les sommes gaspillées sous Turgot, Calonne, Necker et Brienne ? C’est là l’important.
    - T’occupe ! dit Fouquier en balayant la question d’un revers de main.
    - As-tu des pièces comptables, oui ou non ?
    - Je n’en ai pas.
    - Je m’en doutais – il feuillette quelques fois. Ailleurs, tu affirmes sans aucun justificatif qu’elle a fait passer des millions à son frère l’Empereur d’Autriche.
    - Exact, son frère est une ordure !
    - Les preuves de ces transferts ?
    - On ne les retrouve plus.
    - Un peu plus loin, tu affirmes qu’elle aurait dépensé des millions pour faire Trianon.
    - La garce !
    Fouquier, de plus en plus éméché, remplit son verre.
    - Nous n’avons aucune pièce comptable, aucune facture, pas un papier. Rien ! Je te rappelle, au cas où tu l’aurais oublié, que Trianon a été construit par la Pompadour. Cela, tout le monde le sait.
    - T’occupe, te dis-je ! On garde Trianon dans les chefs d’accusation. Le peuple croit que c’est elle.

     

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  • [Livre] Lexi Smart a la mémoire qui flanche

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    Résumé : Lexi Smart est une fille plutôt normale : vingt-cinq ans, un boulot assez assommant, les dents pas très alignées, le cheveu désespérément terne, quelques kilos en trop, un appart minuscule, un fiancé un peu nul et très fauché et trois super copines avec qui elle fait la fête le vendredi soir. Un beau matin, Lexi se réveille dans une chambre d'hôpital avec un sourire parfait, une cascade de boucles blondes, une silhouette de sirène, un beau gosse de mari richissime... et une amnésie partielle due à un accident de voiture : trois ans de sa vie viennent de s'effacer, Lexi ne se souvient de rien. Qui est cette snobinarde qui prétend être sa meilleure amie ? Depuis quand Lexi vit-elle dans un loft luxueux ? Qu'a-t-elle fait à ses collègues pour qu'ils la surnomment le Cobra ? Et qui est ce mystérieux architecte qui la harcèle de messages ? Pour comprendre comment elle est passée de fille toute simple à garce carriériste, Lexi va devoir fouiller cette parenthèse de trois ans. Et ce qu'elle va y découvrir pourrait bien lui donner quelques leçons pour l'avenir...

     

    Auteur : Sophie Kinsella

     

    Edition : France loisirs collection piment

     

    Genre : Chick Lit

     

    Date de parution : 07 mai 2009

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Comme beaucoup des héroïnes de Sophie Kinsella, Lexi m’a un peu agacée. Mais beaucoup moins que Becky d’une accro au shopping.
    Becky se moque de tout et de tout le monde, sûre qu’elle finira par se sortir de toutes les situations alors que Lexi refuse de remettre en question la vie en apparence idyllique qu’elle découvre après son accident, mais j’ai eu l’impression que c’était plus par peur de l’inconnu. Certes cette vie idyllique lui est aussi inconnue, mais au moins tout le monde, ou presque, s’accorde à lui dire que c’était SA vie.
    Mais quand elle réalise qu’elle a perdu ses amies, elle décide de réagir.
    J’ai été bien plus énervé par son entourage. Sa sœur Amy est un peu égoïste et écervelée, mais bon, c’est une ado de 16 ans qui a du mal à gérer ce qu’elle a découvert sur son père, on peut donc la comprendre. En revanche, sa mère, est insupportable. Son obsession pour les chiens couplée à son refus de parler de tout ce qui la dérange, et même si cela empêche sa fille de retrouver la mémoire est insupportable (le coup de : « ce n’est qu’une question de volonté » m’a donné envie de la baffer).
    Eric aussi est pénible, dans un genre tout opposé. Tout chez lui n’est qu’apparences. On se demande si c’est un homme ou une poupée Ken animée.
    Quant à ses amies… je suis mitigée. C’est vrai que Lexi est devenue carriériste, qu’elle a grimpé rapidement les échelons de sa boîte, mais j’ai eu l’impression qu’elles lui reprochaient plus d’avoir été un manager et de ne pas accepter leur déjeuner à rallonge et leurs notes de frais délirantes que d’avoir été un mauvais chef. En gros, elles lui reprochent de ne pas avoir fait passer leur amitié avant son devoir envers l’entreprise. On dirait qu’elles espéraient pouvoir faire tout ce qu’elles voulaient sans aucune conséquence sous prétexte que leur copine avait eu une promotion.
    Tout le monde semble avoir beaucoup de mal à accepter et à comprendre la profondeur du traumatisme de Lexi. C’est le même problème que rencontre chaque personne victime d’une maladie qui ne se voit pas.
    Il y a pas mal de moments très drôle mais il y a également un côté plus sérieux dans la recherche de Lexi pour retrouver sa mémoire et surtout dans les raisons qui l’ont poussée à changer de vie.
    J’ai beaucoup aimé découvrir le cheminement de Lexie pour comprendre comment sa vie est passée de ce dont elle se souvient à ce qu’on lui raconte.
    Si ce n’est pas mon Kinsella préféré (il est moins léger et drôle que ses autres livres), j’ai passé un excellent moment.

     

    Un extrait : À mon réveil, une lumière matinale filtre sous les rideaux fermés. Un verre  de  jus  d'orange  est  posé  sur  ma  table  de  chevet  et  Maureen s'active  dans  un  coin  de  la  chambre.  Mon  goutte-à-goutte  a  disparu comme par miracle, et je me sens bien plus normale.

    —  Bonjour, Maureen, dis-je de ma voix d'écorchée, quelle heure est-il

    ?

    Elle se retourne, le sourcil levé.

    —Vous vous souvenez de moi ?

    —Bien sûr. On a bavardé ensemble hier soir.

    —Parfait  !  Ça  prouve  que  vous  êtes  sortie  de  votre  amnésie  post-traumatique.  Ne  vous  inquiétez  pas,  c'est  normal  après  une commotion cérébrale.

    Machinalement,  je  tâte  ma  tête  et  découvre  un  pansement.  Le  choc contre ces marches a dû être terrible.

    —  Vous récupérez bien. Je vous apporte un jus d'orange frais.

    On  frappe  et  une  femme  d'une  cinquantaine  d'années,  grande  et mince, entre. Des yeux bleus, des pommettes saillantes et des cheveux gris-blond  bouclés.  Elle  porte  un  gilet  molletonné  rouge  sur  une longue robe imprimée, un collier d'ambre et un sac en papier.

    Maman  !  J'en  suis  sûre  à  quatre-vingt-dix-neuf  pour  cent.  Je  ne comprends même pas pourquoi j'hésite.

    —  On étouffe ici ! se plaint-elle de sa voix aiguë de petite fille.

    Oui, impossible de se tromper, c'est maman
    —Je  me  sens  mal,  continue-t-elle  en  s'éventant.  Et  quel  trajet atroce...

    Elle me jette un coup d'œil et demande, en se tournant vers Maureen

    :

    —Comment va-t-elle ?

    —Oh, bien mieux aujourd'hui. Beaucoup moins groggy qu'hier.

    —Dieu  merci,  fait  maman  en  baissant  la  voix  d'un  cran.  J'avais l'impression de parler à une dingue ou à une demeurée.

    —Lexi n'a rien de débile, elle comprend tout ce qu'on lui dit.

    En vérité, je l'écoute à peine. Je n'arrête pas de l'observer. Qu'est-ce qui  cloche  ?  Elle  a  changé.  Plus  mince.  Et  plus...  vieille.  Elle s'approche  de  la  fenêtre  et,  avec  la  lumière  en  pleine  figure,  c'est encore pire.

    Elle est peut-être malade ?

    Non.  J'aurais  été  au  courant.  Pourtant,  on  dirait  qu'elle  a  pris  un coup  de  vieux  en  une  nuit.  Pour  Noël,  je  vais  lui  offrir  un  pot  de Crème de la Mer. Sans faute.

    —  Me voici, dit-elle en détachant chaque syllabe, ta mère.

    Me  tendant  le  sac  en  papier  qui  contient  du  shampoing,  elle m'embrasse  sur  la  joue.  En  respirant  son  parfum,  moitié  odeur  de chien,  moitié  fragrance  rose-thé,  c'est  ridicule  mais  j'ai  les  larmes aux yeux. Je ne m'étais pas rendu compte à quel point je me sentais abandonnée.

    —  Bonjour, maman !

    Je  veux  la  prendre  dans  mes  bras  mais  elle  s'est  déjà  reculée  et consulte sa petite montre en or.

    —Je ne peux rester qu'une minute, dit-elle comme si le monde allait exploser si elle traînait là une seconde de plus. J'ai rendez-vous avec un spécialiste pour Roly.

    —Roly?

    —Le dernier-né de Smoky, voyons. Tu te souviens du jeune Roly !

    Comment  ma  mère  peut-elle  s'attendre  à  ce  que  je  me  rappelle  les noms de ses chiens ? Elle en a une vingtaine, tous des whippets et chaque  fois  que  je  mets  les  pieds  à  la  maison,  il  y  en  a  encore  un nouveau. On n'avait pas de chien - en tout cas jusqu'à l'été de mes dix-sept  ans.  Pendant  des  vacances  au  pays  de  Galles,  maman  a acheté un chiot sur un coup de tête. Et sa folie pour les whippets a débuté.

    J'aime  les  chiens.  Modérément.  Mais  pas  quand  ils  sont  six  à  me sauter  dessus  pour  m'accueillir.  Ni  quand  ils  occupent  les  canapés ou les sièges où je veux m'asseoir. Ni quand les plus beaux cadeaux sous le sapin leur sont réservés

     

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  • [Livre] Carry On

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    Résumé : Simon Snow déteste cette rentrée. Sa petite amie rompt avec lui ; son professeur préféré l'évite ; et Baz, son insupportable colocataire et ennemi juré, a disparu. Qu'il se trouve à l'école de magie de Watford ne change pas grand-chose. Simon n'a rien, mais vraiment rien de l'Élu. Et pourtant, il faut avancer, car la vie continue...

     

    Auteur : Rainbow Rowell

     

    Edition : PKJ

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 05 janvier 2017

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Quand j’ai commencé ce livre je me suis dis : c’est Harry Potter en moins bien. En fait, c’est une fanfiction Harry Potter avec un Harry/Draco à la clef.
    Cela dit, il y a des fanfictions bien écrites, des que j’ai beaucoup aimées et ici on a finalement une bonne fanfiction dans laquelle les détails les plus évidents comme les prénoms ou certaines situations, on été modifiées pour pouvoir être publiés et vendue.
    Ce qui m’a le plus dérangée, ce sont les formules. Je ne sais pas quel était le but : humour, désir de s’éloigner des formules latines de Harry Potter… Mais j’ai trouvé ça profondément ridicule, au point de sauter les lignes ou était noter ses soi-disant formules.

    C’est dommage parce que dans l’ensemble, c’est une bonne fanfiction, même si je trouve un peu gonflé de se servir aussi largement de l’univers créé par une autre personne, au point de ne pas avoir besoin de raconter dans le détail le passé des mages et les premières années d’école de Harry…euh pardon, de Simon.

    Simon et Agatha m’ont vraiment gonflée. Simon se noie dans les détails et Agatha est une sale gamine trop gâtée qui veut tout et son contraire.
    En revanche, j’ai bien aimé Baz qui m’a fait pensé à un mélange de Draco et du Severus Rogue jeune que l’on peut voir dans les fanfictions (oui, on en revient toujours là).
    Je ne dis pas que j’ai passé un mauvais moment de lecture, mais j’ai été déçue que ce roman ne soit finalement qu’une fanfiction. Si encore les personnages avaient été transposés dans un autre univers ou si les différences entre les deux univers avaient été plus marquantes…
    Bref, un livre qui se laisse lire, mais qui ne vaut pas le prix qu’il coûte.

     

    Un extrait : JE VAIS SEUL À L’ARRÊT DE BUS.

    D’habitude, chaque fois que je sors, c’est toute une histoire avec mes papiers. Pendant l’été, rien que pour aller à Tesco, il m’a fallu un chaperon et l’autorisation de la Reine. Mais maintenant, il suffit que je signe le registre de sortie du foyer, et c’est bon, je peux filer. Parce que c’est la rentrée.

    — Il va dans une école spéciale, explique une des deux secrétaires à l’autre.

    Elles sont dans une sorte de bocal en plexiglas, et je dois glisser mes papiers par une fente dans la vitre.

    — Une école pour délinquants, ajoute-t-elle en chuchotant.

    L’autre femme ne lève même pas les yeux.

    C’est toujours la même chose, en septembre ; pourtant je ne suis jamais dans le même foyer.

    La première fois que je suis allé à l’école, le Mage est venu me chercher en personne. J’avais onze ans. Mais l’année suivante, il m’a dit que je pouvais me débrouiller tout seul pour aller à Watford. « Tu as tué un dragon. Tu te sortiras très bien d’une longue marche et de quelques bus. »

    Je n’avais pas voulu tuer ce dragon. Il ne m’aurait pas fait de mal, je ne crois pas. (J’en rêve encore. Je revois la manière dont le feu l’a consumé de l’intérieur, comme s’il avait avalé de la braise et qu’elle lui dévorait les entrailles.)

    À l’arrêt de bus, je mange un Milky Way en attendant. J’ai d’abord un bus, puis un autre. Et enfin un train.

    Une fois dans le train, j’essaie de dormir, les pieds posés sur le siège en face et mon sac sur les genoux, mais un homme, trois rangées derrière, n’arrête pas de m’observer. Je sens son regard sur ma nuque.

    Un pervers, peut-être. Ou un flic.

    À moins que ce soit un chosseur de primes qui a entendu parler d’un des contrats qu’il y a sur moi… (« On dit chasseur de primes », ai-je corrigé Pénélope, la première fois qu’on en a combattu un. « Non, chosseur, m’a-t-elle répondu. Avec le mot os ; c’est ce qu’ils vont récolter s’ils t’attrapent. »)

    Je change de wagon et je renonce à dormir. Plus je me rapproche de Watford, plus je suis impatient. Chaque année, j’ai envie de sauter du train et de me jeter un sort pour arriver plus vite à l’école, quitte à tomber dans le coma.

    Je pourrais lancer au train : Dépêche-toi ! mais c’est un sort risqué en soi, et comme mes premiers sorts de l’année scolaire sont toujours un peu hasardeux, je préfère m’abstenir. L’été, je suis censé m’entraîner. Travailler des sorts faciles, prévisibles, quand personne ne regarde. Allumer une veilleuse, par exemple. Ou transformer des pommes en oranges.

     

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  • [Livre] Miss Peregrine et les enfants particuliers – T02 – Hollow City

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    Résumé : Jacob et les enfants particuliers sont désemparés : Miss Peregrine, changée en oiseau, est prisonnière de son état, suite à l’attaque des Estres, des âmes damnées, sur l’île Cainholm. Les voilà donc livrés à eux-mêmes ! Après avoir essuyé une tempête entre Cainholm et le continent, Jacob et ses amis s’échouent sur une rive de Grande-Bretagne, en 1940, alors que la Seconde Guerre Mondiale fait rage. Entre fuir des Estres déguisés en soldats, des rencontres avec des animaux singuliers, et la recherche de la dernière Ombrune en liberté afin de redonner à la directrice de l’orphelinat sa forme humaine, cette deuxième aventure de la série s’annonce palpitante et pleine de frissons !

     

    Auteur : Ransom Riggs

     

    Edition : Bayard Jeunesse

     

    Genre : Fantastique

     

    Date de parution : 19 juin 2014

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Dans ce second tome, les enfants particuliers sont contraints de voyager. Leur boucle a été détruite et de toute façon, ce n’est pas en restant à la maison qu’ils vont trouver une ombrune encore libre pour redonner sa forme humaine à miss Peregrine.
    Très vite, un compte à rebours se met en place : les enfants n’ont que trois jours pour sauver miss Peregrine avant qu’elle ne soit définitivement coincée dans son corps de piaf.
    Bon d’un autre côté, vu qu’ils ont une armée d’estres aux basques et qu’ils sont dans la capitale anglaise en pleine guerre mondiale avec des bombes qui tombent de tous les côtés, ils ne sont pas trop dans l’esprit ballade touristique.
    J’avais beaucoup aimé le premier tome. Ici, il n’y a pas vraiment de rappel des personnages et de leurs capacités, si ce n’est un petit trombinoscope au début du roman. Mais bon, pour moi ce n’est pas vraiment un problème (quand tu as lu Game of Throne, les personnages à foison te font plus peur, tu es rodé !).
    Les enfants particuliers vont vivre pas mal d’aventures que je vais taire pour ne pas trop en dire.
    Sachez seulement que Jacob se pose beaucoup de questions existentielles et que Enoch est de plus en plus énervant au fur et à mesure des pages (j’avais envie de le noyer ou de l’offrir en cadeau à un sépulcreux). Miss Peregrine m’a manquée car elle est absente du livre (en terme de présence réelle et utile). Le père de Jacob  ne fait qu’une très brève apparition, mais dans cette brève apparition a suffi pour que toute l’antipathie que j’ai ressenti pour lui dans le premier tome ressurgisse (il ne s’améliore pas, en clair).
    Dans les 50 ou 60 dernières pages, une révélation, à laquelle on ne s’attend pas du tout, va préparer l’arrivée du tome 3 qui promet d’être explosif quand on voit comment fini ce tome 2 !

     

    Un extrait : Nous avons traversé le port à la rame. Ici et là, des bateaux dansaient sur l’onde en pleurant des larmes de rouille le long de leurs soudures. Des jurys d’oiseaux de mer silencieux nous regardaient passer, perchés sur les vestiges de quais effondrés, colonisés par les bernacles.

    Les pêcheurs qui jetaient leurs filets interrompaient leur besogne pour nous observer, sans savoir si nous étions réels ou imaginaires : des fantômes flottants ou des fantômes en devenir.

    Notre petite procession – dix enfants et un oiseau, entassés dans trois frêles embarcations – ramait vers la haute mer avec une tranquille intensité. Nous laissions derrière nous le seul refuge sûr à des kilomètres à la ronde – notre île magique, dont le relief escarpé se découpait dans la lumière bleu doré de l’aube –, pour rejoindre la côte déchiquetée du pays de Galles. Le continent était quelque part devant nous, à peine plus visible qu’une bavure d’encre à l’horizon.

    Dans notre dos se dressait le vieux phare qui avait servi de théâtre aux incidents tragiques de la veille au soir. C’était là que, sous une pluie de bombes, nous avions failli nous noyer et périr déchiquetés par des balles. Là aussi que j’avais saisi un revolver, appuyé sur la détente et tué un homme – un acte que j’avais encore du mal à comprendre. C’était là, enfin, que nous avions perdu Miss Peregrine, avant de la retrouver et de la soustraire aux mâchoires d’acier d’un sous-marin.

    Hélas, notre directrice était blessée. Elle avait cruellement besoin d’aide, et nous étions impuissants à la secourir. Perchée à l’arrière de notre barque, elle regardait l’abri qu’elle avait créé pour ses protégés s’estomper dans le lointain.

    Passé le môle, nous avons mis le cap vers le large. Les eaux calmes et miroitantes du port avaient cédé la place à des vaguelettes qui léchaient les flancs de nos barques. J’ai entendu un avion filer entre les nuages et je me suis immobilisé, le cou tendu, l’oreille aux aguets. Je venais d’avoir une vision de notre petite armada depuis le ciel. Ce monde que j’avais choisi, et tout ce qu’il contenait de précieux pour moi. Nos vies fragiles et particulières, entassées dans trois coques de bois, à la dérive sur le vaste œil de la mer, qui jamais ne cillait.

     

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  • [Livre] La maison en pain d'épices

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    Résumé : Une série de meurtres barbares s'abat sur la Suède. Fait troublant : les victimes ont le même âge et ont fréquenté la même école. Le coupable idéal : Thomas, leur ancien souffre-douleur, aujourd'hui dévoré par la rancune. Le commissaire Sörjberg en est sûr. Pourtant Thomas jure qu'il est innocent. La vérité n'est pas aussi simple qu'il y paraît....

     

    Auteur : Carin Gerhardsen

     

    Edition : Fleuve noir

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 10 février 2011

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : La maison en pain d’épice est le premier d’une série de 4 tomes (pour l’instant) suivant le commissaire Conny Sjôberg et son équipe d’enquêteurs. J’avais déjà lu « Hanna était seule à la maison » qui est le second tome. Techniquement, les tomes peuvent se lire indépendamment les uns des autres puisque chacun dépeint une enquête distincte, mais il y a quand même un certain fil conducteur au travers des vies personnelles des enquêteurs.
    Dans « Hanna était seule à la maison », Petra, l’une des enquêtrice, était aux prises avec un supérieurs aux mains baladeuses qui justifie son attitude par une photo de la jeune femme en pleine action qu’il a reçu par mail, apparemment de la part de Petra elle-même. Petra avoue donc à Conny qu’elle a été droguée et violée plusieurs mois auparavant et que si l’un de ses agresseurs a été appréhendé, l’autre est dans la nature et en possession d’un film de la scène.
    C’est dans « une maison en pain d’épices » que la jeune femme est agressée et c’est vrai qu’avoir lu « Hanna était seule à la maison » en premier m’a fait voir la scène, et certains des personnages, sous un autre angle.
    Concernant l’enquête, j’ai été menée par le bout du nez. Je pensais vraiment avoir le coupable et je pensais même pouvoir expliquer pourquoi il avait l’air aussi sincère quand il disait qu’il n’avait rien fait. Et toutes mes belles théories ont volés en éclats (clairement, il vaut mieux pour tous que je ne sois pas flic !).
    J’ai beaucoup aimé que le récit soit entrecoupé du journal intime de l’assassin, même si ça ne nous aide pas beaucoup à trouver la vérité.
    J’ai aussi beaucoup aimé que les inspecteurs pédalent dans la semoule. Non parce que parfois on a un inspecteur qui comprend toute l’affaire à partir d’un mégot de cigarette trouvé dans une voiture à l’autre bout du pays et c’est tellement peu crédible que c’est énervant.
    Là, les inspecteurs cherchent, ils galèrent, ils se tapent des listings entier de noms, ils passent des heures à appeler des témoins et potentiels suspect… on voit vraiment qu’ils n’ont pas la science infuse (il leur faut plus de la moitié du livre pour trouver un lien entre plusieurs meurtres).
    Un excellent polar que j’ai dévoré. Maintenant je n’ai qu’une envie : lire les deux tomes qui me manquent !

     

    Un extrait : Le commissaire Conny Sjöberg somnole devant un dessin animé sur son canapé. Sur sa poitrine, un petit garçon d’un an s’agite frénétiquement, tentant par tous les moyens d’attraper les lunettes de son père, et ce malgré les réprimandes plus ou moins énergiques de ce dernier. De toute façon, elles sont déjà trop couvertes de traces de doigts pour qu’il puisse voir quoi que ce soit.
    Un deuxième énergumène du même âge est assis près du porte-revues, jetant consciencieusement les magazines par terre, un à un. Sjöberg se dit pour la énième fois qu’il doit vraiment trouver un autre système de rangement. Il se promet de s’en occuper le lendemain.
    Une fillette de quatre ans est plantée, à genoux, devant le poste de télévision, profondément concentrée sur un zèbre, une girafe, un singe et deux petits nounours qui rangent gaiement une chambre d’enfant.
    Impassible et totalement hermétique aux ravages perpétrés au même moment par ses petits frères, elle est littéralement absorbée par son émission préférée.
    Asa, la femme de Conny Sjöberg, finit de ranger la cuisine après le dîner, assistée par leur fille de six ans, passionnée de vaisselle et bavarde invétérée.
    Sjöberg entend sa voix claire par-dessus le vacarme de la télévision et les cris enjoués des jumeaux. Il ne manque plus que Simon, leur fils aîné, âgé de huit ans, qui est invité chez un copain, pour que la famille soit au complet.
    L’ordre qui règne dans l’appartement de la famille Sjöberg est surprenant, vu le nombre de personnes qui y vivent. C’est un élément indispensable au bien-être du père de famille, si bien qu’il veille à ce qu’il en soit toujours ainsi. Pour le visiteur non averti, lorsque tous les enfants sont rentrés et que commencent les activités de jeu, de bain et de dîner, la maison ressemble à un grand capharnaüm. Mais à 21 heures, lorsque les enfants dorment, l’appartement est toujours net, débarrassé des stigmates de l’agitation de l’après-midi.

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