Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Livres

  • [Livre] La terre qui penche

    la terre qui penche.jpg

    Résumé : Blanche est morte en 1361 à l’âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort! La vieille âme qu’elle est devenue aurait tout oublié de sa courte existence si la petite fille qu’elle a été ne la hantait pas. Vieille âme et petite fille partagent la même tombe et leurs récits alternent.
    L’enfance se raconte au présent et la vieillesse s’émerveille, s’étonne, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l’y attend.
    Veut-on l’offrir au diable filou pour que les temps de misère cessent, que les récoltes ne pourrissent plus et que le mal noir qui a emporté sa mère en même temps que la moitié du monde ne revienne jamais?
    Par la force d’une écriture cruelle, sensuelle et poétique à la fois, Carole Martinez laisse Blanche tisser les orties de son enfance et recoudre son destin.


    Auteur : Carole Martinez

     

    Edition : France loisirs

     

    Genre : Drame

     

    Date de parution : 2016

     

    Prix moyen : 17,50€

     

    Mon avis : La terre qui penche est un roman à deux voix. Blanche, fillette de douze ans, raconte son histoire, tandis que la vieille âme de l’enfant, qui a continué à vieillir après sa disparition, se souvient avec la lucidité que donne le recul.
    L’enfance de Blanche n’est pas heureuse. Son père est un homme que la mort en couche de sa femme a rendu amer, violent et cruel. Il tient à sa fille des propos très crus et culbute les servantes sous ses yeux tout en lui soutenant que c’est dans le corps des filles que le Diable trouve refuge.
    Il la maintient dans la peur de ce Diable au point que, lorsqu’il l’emmène en voyage, elle est persuadée qu’il s’en va la sacrifier pour apaiser le malin.
    Et pourtant, ce voyage va changer la vie de Blanche.
    Promise au seul fils du seigneur de Hautepierre, elle va se retrouver dans un lieu où elle va enfin être bien traitée, habillée confortablement et où on va lui apprendre à lire et écrire, chose que son père lui a toujours refusé, dédaignant l’éducation des filles.
    Mais ce n’est pas l’avis de son futur beau-père qui a tenu à ce que Blanche vienne deux ans plus tôt pour l’éduquer correctement.
    Blanche s’installe donc au bord de la Loue, au château de Hautepierre. Son futur mari, Aymond, est un simple d’esprit d’une grande gentillesse. Si Blanche n’est pas enchanté au départ, elle va se prendre d’affection pour le jeune garçon.
    La vieille âme revient donc sur l’histoire de Blanche, son histoire, avec un recul de plusieurs siècles. Elle est blasée, un peu dégoutée par le monde qui l’entoure.
    Elle redécouvre cette histoire à chaque fois qu’elle l’entend, comme si on la lui racontait pour la première fois.

    L’histoire se déroulant au Moyen-Age, la croyance en Dieu côtoie les croyances païennes et la rivière est vue comme une créature vivante, parfois joueuse, souvent malveillante.

    L’écriture réussit le tour de force d’être à la fois poétique et vulgaire.
    Il faut dire qu’au Moyen-Age, on ne prenait pas de gant et on appelait un chat, un chat… Pas de métaphore, pas d’euphémisme…

    Les relations entre les personnages sont magnifiquement bien décrites. Elles sont complexes et les personnages sont faillibles, ont des comportements contradictoires, bref, sont pleinement humains.

    En filigrane de l’histoire de Blanche, la mort est omniprésente : la peste (pestilence), les accidents, les meurtres (dont certains commis par un pédophile), les exécutions sommaires… Malgré son jeune âge, Blanche a depuis toujours été confrontée à la mort.
    Dire que la fin m’a surprise est un euphémisme. Je ne m’attendais vraiment pas à ça, mais j’ai vraiment apprécié cette fin.

     

    Un extrait : À tes côtés, je m’émerveille.

    Blottie dans mon ombre, tu partages ma couche.

    Tu dors, ô mon enfance,

    Et, pour l’éternité, dans la tombe, je veille.

    Tout aurait dû crever quand tu as gagné ton trou, gamine,

    Au lieu de quoi la vie a dominé, sans joie.

    Seule la rivière a tenté quelque chose pour marquer ton départ, ma lumineuse.

    Dans la brume du petit matin, elle a soudain figé ses eaux vertes tout du long, si bien qu’en amont de la Furieuse, les aubes des moulins se sont arrêtées de tourner, comme engluées dans du métal fondu. Dès que l’haleine humide et claire qui la nappait de vapeurs nocturnes est remontée à flanc de coteaux jusqu’à se dissoudre tout à fait dans la chaleur du jour, dès que la rivière est apparue, nue, débarrassée de ses longs voiles laiteux, les meuniers de la vallée ont découvert que la Loue enchanteresse s’était changée en miroir : plus rien ne bougeait dans son lit que le reflet du monde des berges et celui des nuages épars de mai. Alors, à mesure que le jour s’est déplié sur cette terre qui penche, la vie du dehors s’est laissé prendre au piège de sa propre image, étonnée de se voir des contours si nets à la surface des eaux mortes et inquiétantes qu’aucune ondulation ne venait plus troubler. La Loue faisait silence et, jusqu’à ce que les cloches aient sonné sexte, on n’a plus entendu le moindre clapotis contre les pierres. Chut ! Chut ! Même dans les pentes raides des gorges, qui, jamais jusque-là, ni de nuit, ni de jour, n’avaient cessé leurs papotages, les langues d’eau, saisies en pleine course, s’étaient tues. Chut ! Chut !

    Rien ne semblait pouvoir briser le sortilège qui avait pétrifié la rivière. Car c’était bien de cela qu’il s’agissait, de quelque enchantement !

    Ce matin qui a suivi la fin de notre histoire, mon éclatante, le vent lui-même a renoncé à remuer la surface plombée de la Loue. Aucune de ses caresses ne pouvait froisser l’enveloppe, lisse à pleurer, de la belle serpente. Nul sillage ne ridait cette étrange peau de métal qu’elle s’était forgée en une nuit. Ni frisson sous les ongles des araignées d’eau, ni tressaillement aux frôlements bleus d’une libellule, ni efflorescence sous les branches basses. La Loue ne prenait plus plaisir à lécher ses berges, plus de va-et-vient sur le sable ou la pierre, plus d’ondoiements dans sa chevelure d’algues, plus de soupirs, plus un souffle. Rien ne scintillait à sa surface. Le soleil, qui se faufilait entre les arbres pour la rejoindre, se glaçait à son contact. L’astre était réduit à un cercle blanc, sans feux.

     

    bonne lecture 3 étoiles.jpg

  • [Livre] Love story à l'iranienne

    love story à l'irannienne.jpg

    Résumé : Les jeunes Iraniens rêvent-ils encore d’en finir avec le régime ? Comment se rencontrer dans cette société qui ne le permet jamais ? Comment flirter ? Comment choisir sa femme ou son mari ? Malgré la tradition, malgré le régime. Des journalistes ont interviewé clandestinement de jeunes Iraniens pour donner un éclairage politique et social. Comment échapper à la police pour vivre sa love story ?


    Auteur : Jane Deuxard

     

    Edition : Delcourt

     

    Genre : Bande dessinée

     

    Date de parution : 13 janvier 2016

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Sous le pseudonyme de Jane Deuxard se cache un couple de journalistes qui parcourt anonymement l’Iran pour y recueillir des témoignages.
    On se doute du danger qu’ils courent ainsi tous les jours dans un pays qui tolère de moins en moins les journalistes étrangers.
    Les iraniens qui se confient à eux risquent aussi beaucoup. On sait que le régime a l’habitude des arrestations arbitraires de ceux n’entrent pas parfaitement dans le moule.
    Pour la protection des uns comme des autres, une seule règle : ne se rencontrer qu’une seule fois, le jour du témoignage.
    Le fait de ne pas se revoir limite grandement le risque de dénonciation, qui est la plus grande cause des arrestations.
    Dans cette BD, comme l’indique le titre, il est question avant tout des relations amoureuses des jeunes d’aujourd’hui.
    La première chose qui ressort des témoignages est que, malgré l’élection du candidat réformateur, les répressions de la police des mœurs sont toujours aussi vives. Ce n’est pas tellement étonnant quand on sait que ledit « réformateur » est un mollah.
    Les jeunes qui témoignent parlent de la tradition des mariages arrangés, de l’impossibilité pour les jeunes de se rencontrer de manière naturelle, d’apprendre à se connaître avant le mariage…
    Et même quand les fiancés sont amoureux et complices, ils doivent se cacher pour ne serait-ce que s’embrasser et, ils ne peuvent pas faire l’amour car la famille du fiancé est en droit d’exiger un certificat de virginité.
    Au cours de leurs investigations, les journalistes ont pu constater tout l’arsenal répressif sur lequel s’appuie le régime : caméra, patrouille de police, dénonciations, milices en civil, contrôles intempestifs dans les établissements publics…
    On parle aussi de la désillusion de ceux qui ont fait la révolution culturelle en 1979 et ont vu ce régime se mettre en place, ainsi que la colère de la génération suivante qui accuse leurs aînés d’avoir fait une révolution désastreuses par caprice.
    C’est sans doute cette incompréhension entre les générations qui empêche le peuple iranien de faire front contre le régime.
    tout comme « Paroles d’honneur » de Leila Slimani, « Love story à l’iranienne » nous permet d’entrer dans l’intimité d’un peuple dont la voix est trop souvent étouffée.

     

    Un extrait :

    jane-deuxard-deloupy-love-story-a-liranienne-_010.jpg

    jane-deuxard-deloupy-love-story-a-liranienne-_011.jpg


    adoré 5 étoiles.jpg

  • [Livre] Assassins: Les psychopathes célèbres

    Assassins - Les Psychopathes célèbres.jpg

     

    Résumé : Les plus grands meurtriers de l'Histoire (Manson, Hitler, Petiot, Jack l'Éventreur...) présentés par M. et Mme tout le monde. En deux mots : Ils ont tué dix personnes, cinquante ou dix-sept millions... Ils sont mégalomaniaques, asociaux, narcissiques, manipulateurs, pervers... Ces psychopathes célèbres racontés par Brigitte la psy, Gaspard l'intermittent ou encore Patrick le numérologue, vont vous rappeler, tout au long de cette lecture, à quel point vous êtes quelqu'un de bien. Même si vous avez déjà eu envie de tuer quelqu'un, entendons-nous bien. Les histoires relateront les vies de Charles Manson, Jack l'Éventreur, Docteur Petiot, Mary Bell, La Comtesse Sanglante, Hitler...


    Auteur : Jeff Pourquié

     

    Edition : Fluide Glacial

     

    Genre : Bande dessinée

     

    Date de parution : 21 Août 2019

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Dans cette BD, un narrateur, différent à chaque portrait, nous expose les actes de plusieurs psychopathes célèbres tels que Jack l’éventreur, Belle Gunnes, Charles Manson ou encore le docteur Petiot.
    L’idée de faire présenter le portrait de chaque tueur par une personne lambda (un numérologue, une psy, un assureur, un prêtre, des lycéens, un député-maire…) était une excellente idée. Malheureusement, j’ai trouvé que, malgré la fiche récapitulative placée après chaque présentation, tout était beaucoup trop survolé au point parfois de frôler l’inexactitude.
    De plus, certains des « présentateurs » sont vraiment limites. Franchement, certains, comme le député-maire, sont vraiment vulgaire, sans que cela n’apporte quoi que ce soit à la BD.

    Je sais bien que Fluide glacial n’est pas réputé pour son bon goût, mais je pensais qu’ils s’étaient un peu améliorés avec le temps.
    Disons que cette BD est un bon résumé des actes des célèbres criminels, mais un peu comme un quatrième de couverture résumerait un roman de 900 pages.

    Alors un conseil, si un de ces hommes ou femmes vous intrigue, lisez un ouvrage qui leur est destiné et ne vous contentez surtout pas de cette BD !

     

    Un extrait :

    assassins-1.jpg

     

    Déçue 1 étoile.jpg

  • [Livre] Les cénacles du don - T01 - Les Dieux déchus

    Les dieux déchus.jpg


    Résumé
     : Plus d'aventure, plus de liberté ! Depuis qu'elle a échappé à une terrible mort, Jessie ne souhaite que cela. Elle va apprendre, à ses dépens, que tous les désirs ne sont pas bons à réaliser. Ce que nos sociétés modernes ont oublié, elle va le redécouvrir brutalement : sorcière, augure, torche, porte-chance, thaumaturge ou encore combattant. Jessie va entrer dans : les cénacles du Don.


    Auteur : Régis Moreau

     

    Edition : Autoédité

     

    Genre : Fantastique

     

    Date de parution : 03 Juillet 2019

     

    Prix moyen : 12€

     

    Mon avis : Alerte coup de cœur ! Dès la 3ème lecture de l’année, on peut dire que 2020 commence bien question lecture (au moins ça !)

    Ce roman, l’auteur me l’a proposé sur la plateforme Simplement Pro et je l’ai accepté en pensant lire une histoire sympa mais sans en attendre plus que cela.
    Je m’attendais à tout, sauf à plonger dans une telle histoire !
    Au début, je n’ai pas vraiment apprécié Jessie. Malgré les avertissements de Pierre, elle ne veut le Don de la chance que pour en tirer profit. Alors le fait que Pierre, qui lui transmet le Don, omette de lui préciser certains « détails » désagréables de la chose, je dois avouer que j’ai trouvé que c’était bien fait.
    Sauf que la leçon devient vite disproportionné et que j’ai fini par avoir de la peine pour cette pauvre Jessie, qui certes méritait une petite leçon mais pas tout ce qui va lui tomber sur le coin du museau.
    Car bien malgré elle, Jessie ne fait plus vraiment partie du monde des humains. Elle est entrée dans le monde des sorcières, des augures, des portes chances ou encore des passeurs de feu.
    Comme le titre le laisse deviner, ces personnes dotées de pouvoirs se réunissent en cénacles, supposément pour leur protection.
    Protection contre quoi ? Ben contre un tas de choses en fait, dont on ne voit qu’une fraction dans ce premier tome.
    Au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire, celle-ci devient de plus en plus sombre.
    Même si certains personnages m’ont déplu dès leur première apparition (et il y avait de quoi !), jamais je n’aurais imaginé que l’histoire allait prendre ce tournant-là !
    J’ai été totalement embarquée dans cette histoire et par la plume de l’auteur qui est vraiment agréable à lire.
    L’histoire est telle que je ne peux pas vous en dire davantage, même pas sur mes sentiments à propos des personnages, sans risquer de vous gâcher le plaisir de la surprise.
    Mais je ne peux que vous encourager à plonger dans cette histoire palpitante pleine de rebondissements, qui promet un tome 2 haletant !

     

    Un extrait : A l’extérieur, un air rafraîchi par les dernières pluies l’accueillit, tranchant avec l’agréable chaleur du bus.
    Sous un plafond de nuages gris, Jessie ajusta le col de son imper sur son cou et se mit en marche vers le bar où elle devait rejoindre son amie.
    Soudainement, elle se figea en jurant : « Merde, mon parapluie ». Dépitée, elle se revit l’avoir calé entre la cloison du bus et son siège. « Quelle conne je fais ! Je vais être fraîche, s’il se remet à pleuvoir ».
    Rapidement, elle se retourna dans l’espoir que le bus fut encore bloqué sur son emplacement de stationnement, ou pas très loin, coincé dans le trafic. Mais, évidemment, il avait disparu, happé par la circulation agitée.
    La bonne surprise vint d’un petit monsieur qui la hélait.
    Comme s’il s’agissait d’un précieux trophée, il agitait son parapluie de gauche à droite.
    - Mademoiselle, n’est-ce pas ceci que vous cherchez, par hasard ?
    Soulagée, Jessie sourit spontanément. Pas tant pour la valeur marchande de l’objet, que pour sa valeur d’utilité. Au moins, elle ne finirait pas la soirée, transformée en vieille serpillière dégoulinante.
    - Quelle petite tête je fais. Merci, monsieur.
    - Voilà, tenez.
    En reprenant son bien, la main de Jessie toucha celle de l’inconnu. 
    Dès que leur peau entra en contact, elle sentit immédiatement une chaleur s’insinuer dans ses doigts, puis gagner sa paume, pour enfin remonter jusqu’à son épaule et à son cou. C’était surprenant et agréable. Un peu dérangeant, aussi. Jamais, auparavant, elle n’avait eu ce genre de réaction en touchant quelqu’un. Le petit monsieur ne sembla pas se rendre compte de son trouble. Tout sourire, il lui abandonna son parapluie.
    - Bonne soirée, mademoiselle. Amusez-vous bien. Un petit conseil : évitez de manger italien ce soir, lui lança-t-il.
    Derrière la teinte d’humour de la voix, une intonation sérieuse, voire impérieuse, pointait.
    - Pardon ?
    - Je vous disais de ne pas entrer pas dans un restaurant italien. Le cours du blé et de la mozzarella est en chute libre. Celui du riz est en pleine hausse. Mangez chinois ou japonais, par exemple.
    La platitude de la blague ne fit ricaner que le petit bonhomme. Cependant, Jessie ne fut pas dupe. L’objectif n’était pas tellement de la faire rire, plutôt de lui faire passer un message.

     

    coup de coeur.jpg

  • [Livre] La vallée des carnutes

    La vallée des Carnutes.jpg

    Résumé : La vie est douce en pays carnute en cette fin du second siècle avant notre ère, au centre de ce qui deviendra un jour la Gaule, le commerce des céréales y enrichit désormais plus que les batailles et les butins. Cette quiétude est brutalement troublée par une série de morts aux circonstances effrayantes. Quel animal est sorti des enfers, et pourquoi ? Le druide Andanatos, autorité judiciaire incontestée, va devoir comprendre et dénouer l'écheveau, tandis que les menaces s'accumulent de toute part sur la Celtique. À l'est, les hordes cimbres et teutonnes s’apprêtent à déferler sur les riches campagnes celtes, tandis qu'au nord, des tribus belges ont retrouvé le chemin des pillages. Le jeune seigneur Donotalos, missionné par les druides, voit dans tous ces événements l'occasion de sortir de cette paix qui l'ennuie et d'être digne de sa glorieuse lignée. Il y trouvera plus encore.


    Auteur : Jean-Pierre Deséchalliers

     

    Edition : Autoédité

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 01 septembre 2019

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : La dernière fois que j’ai lu une histoire avec des druides, des bardes et des guerriers, c’était un « Astérix ».

    Alors, vous voyez, je partais de loin !
    Il y a beaucoup de personnages, avec des noms parfois très proches les uns des autres. Autant vous dire que j’ai énormément apprécié la délicate attention de l’auteur de nous mettre en début d’ouvrage un lexique des noms (des dieux, des personnages, des lieux, des fonctions…) ainsi que le calendrier utilisé par les druides qui nous permet de situer l’histoire dans le temps.
    En plus de la plongée dans la vie quotidienne des carnutes : justice, règles de successions, fêtes… On assiste aussi aux pillages des peuples ennemis et des combats qui en découlent.
    Et au milieu de tout cela, une étrange créature sème la terreur parmi la population.
    Même si tout laisse à penser que la bête en question est un sanglier plus gros que la moyenne, j’ai quand même eu le même sentiment d’angoisse qu’en lisant des romans sur la bête du Gévaudan.
    On sent un danger omniprésent, on sent que cet animal est bien trop intelligent pour un simple sanglier.
    Toute l’histoire ne tourne pas autour de cette affaire mais elle est en filigrane de l’histoire et sert un peu de fil conducteur.
    Ce roman semble très documenté mais je regrette un peu l’absence d’une bibliographie car je suppose que l’auteur a eu plus d’une source historique pour écrire son roman.
    En tout cas, au-delà des exactitudes ou éventuelles inexactitudes de la période historique, l’inspiration de l’auteur n’est jamais prise en défaut.
    Les chapitres sont très longs. D’habitude c’est quelque chose qui me dérange parce j’ai tendance à vouloir aller jusqu’au bout du chapitre en cours avant de dormir, mais là, l’histoire était si prenante que je ne me suis réellement rendue compte qu’en finissant le livre et en voyant le nombre total de chapitres, de leur longueur.
    Et si le texte comporte quelques coquilles, cela n’a jamais dérangé ma lecture et à chaque fois que j’ai dû poser le livre, j’ai eu beaucoup de mal à sortir de l’histoire.
    J’ai vraiment apprécié cette lecture même si je n’ai pas atteint le coup de cœur… mais ce n’était vraiment pas très loin !

     

    Un extrait : Une forte et longue averse prolongea la nuit, noyant tout autre bruit, et au petit jour le réveil fut paresseux, chacun restant réfugié à l’abri des maisons aux vastes toits de chaume et de branchages. Même les appels des bêtes manquaient de conviction.
    À son habitude, Artopennos fut un des premiers debout. Il passa le mors à Maros, son cheval pommelé gris et blanc aux épaules et à la croupe élevées et solides à même de le porter sans fatigue, et le sortit silencieusement de l’écurie. Puis il entama la ronde d’inspection qui inaugurait chacune de ses journées dans le domaine. Le portail franchi, il tourna à main droite en remontant la pente vers la forêt, selon un chemin invariable qui suivait le fossé hautement remparé qui cernait les habitations et les cours de Cauanoialon. Il en connaissait chaque pieu, chaque poutre, chaque pierre, et aucune anomalie n’aurait pu échapper à l’attention constante qui était sa raison de vivre depuis la promesse faite il y avait déjà bien des hivers. Tout en scrutant les défenses et les alentours, la mine sombre, il ressassait les événements de la nuit, irrité de les avoir si mal anticipés.
    Un guerrier devait tout envisager, et s’il devait risquer sa vie, il ne devait le faire qu’en pleine connaissance de cause ! Son imprévoyance avait mis Donotalos en danger, ce qui s’avérait pire que tout. De quoi enrager, après tout ce temps de vigilance sans faille.

    Le passé remontait en flots au fond de sa gorge. Il lui semblait entendre dans les appels et les cris de la maison qui s’animait de l’autre côté de la clôture, les éclats de rire et la voix forte d’Adiantos, le père de Donotalos, son seigneur, son ami.
    Artopennos l’avait servi comme premier écuyer dans ses incessantes campagnes, sans une hésitation, sans un doute. Guerriers redoutables, invaincus, ils avaient conquis honneurs et butins, assis la réputation du clan et ramené l’or qui avait permis de fonder et bâtir Cauanoialon tel qu’Adiantos l’avait rêvé. C’est lui aussi qui avait finalement guidé vers le vallon de la chouette le cheval de son maître, le corps ballant d’Adiantos sanglé sur le dos, après sa dernière bataille douze ans plus tôt. Par les dieux infernaux, cette bataille, quel piège, quelle déroute invraisemblable ! Artopennos en grinçait des dents chaque fois qu’il y pensait, c’est-à-dire souvent.
    Une fois de plus, il laissa filer ses souvenirs.

     

    Beaucoup aimé 4 étoiles.jpg

  • [Livre] Mon étoile dans la nuit

    mon étoile dans la nuit.jpg

    Résumé : On peut aimer quelqu'un sans que l'autre ne le sache...

    "Avait-il essayé de me dire quelque chose, ou bien était-ce juste une phrase parmi d'autres ?

    Je m'étais fait une raison, nous ne serions jamais rien l'un pour l'autre, simplement car il ne le voulait pas, et j'avais accepté cet état de fait. Du moins je le croyais. Mais le fait d'apprendre qu'il quittait le lycée me plongeait dans un profond désarroi. Trop de questions se bousculaient dans ma tête. Il me fallait des réponses.

    Je ne pouvais pas le laisser partir sans lui dire au moins au revoir. L'angoisse était maintenant là, pesante, impérieuse, me poussant à marcher de plus en plus vite, puis à bifurquer et enfin à courir vers la maison d’Ethan. Je ne pouvais pas m'en empêcher. Je savais que c'était sans doute trop tard, qu'il était sûrement parti, mais je ne me contrôlais plus. L'urgence, voilà ce que je ressentais sans avoir su la nommer quelques instants plus tôt. L'urgence de le voir une dernière fois, l'urgence de savoir, de comprendre peut-être.

    L'urgence de lui dire ce que je ressentais pour lui. Il m'avait plusieurs fois montré qu'il tenait à moi, mais j'avais fait semblant de ne rien comprendre."


    Auteur : Agneta Gerson

     

    Edition : Autoédité

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 02 mai 2019

     

    Prix moyen : 13€

     

    Mon avis : L’auteur de ce roman m’a contacté sur le site Simplement Pro pour me proposer la lecture de son histoire.
    Ce roman d’un peu plus de 200 pages à peine raconte l’histoire d’Annabel, une jeune adolescente orpheline de mère, obligée de quitter San Francisco pour Fairbanks en Alaska suite à la mutation de son père.
    A croire que le lycée de cette petite ville du nord concentre tous les problèmes que peuvent rencontrer les adolescents.
    En effet, Annabel va être confrontée, directement ou indirectement, à la drogue, la maladie, les grossesses non désirées, le harcèlement…
    Mais surtout, elle va rencontrer Ethan, un garçon qui l’attire irrésistiblement mais qui ne cesse de la repousser sans pourtant sembler indifférent.
    Leur relation m’a beaucoup fait penser aux débuts de la relation entre Bella et Edward dans Twilight, avec ce côté : « Je ne suis pas bien pour toi, tu ne devrais pas t’attacher à moi » qu’il lui serine sans arrêt.
    Je ne sais pas à quel point c’est fait exprès, mais avec le clin d’œil aux histoires du genre de Twilight quand Annabel se dit qu’elle n’a jamais cru à ces histoires où des créatures mythiques vivent parmi les humains, on ne me fera pas croire qu’il s’agit d’une coïncidence (surtout avec le battage médiatique qu’il y a eu autour de Twilight).
    J’ai trouvé que l’histoire était bien écrite et prenait le temps de se mettre en place sans essayer d’aller plus vite que la musique.
    Les questionnements d’Anna sur l’amour et sur l’existence sont parfaitement crédibles.
    Si j’ai un petit reproche à faire, c’est que la fin est un peu rapide.
    J’aurais vraiment apprécié qu’elle soit plus développée et une vingtaine de pages en plus n’auraient pas été de trop.
    C’était tout de même une bonne lecture malgré cette trop grande similitude avec Twilight dans ses débuts et sa fin un peu bâclée.

     

    Un extrait : 31 Août, quatre heures du matin. Décidément, cela devait m'avoir fait un choc d'avoir atterri ici ... Trois jours que j'étais arrivée, trois jours que je me réveillais aux aurores. Cela allait être compliqué de suivre les cours sans m'endormir, déjà que j'avais du mal d'habitude avec mes batteries bien rechargées ! Il fallait que je vois le côté positif, au moins j'avais le temps de penser à ce que j'allais bien pouvoir faire d'intéressant aujourd'hui. Je regardai mon portable pleine d'espoir : est-ce que quelqu'un était sur internet pour me tenir compagnie ? Non, bien sûr, d'une j'étais la seule éveillée à cette heure, de deux mes anciens amis m'oubliaient sûrement déjà et ici personne ne me connaissait encore à part la caissière de la supérette. C'était dire l'étendue du désastre. Cette situation était ridicule, tout simplement. Qu'est-ce que je faisais là ? Il y avait encore quelques mois, j'étais bien tranquille à San Francisco, j'habitais dans un bel appartement, et me promenais avec mes amies. Un soir, en rentrant, mon père m'avait dit qu'il fallait qu'on parle... Son emploi avait été délocalisé suite à une restructuration, comme ils appelaient cela. En gros, ils fermaient chez nous pour ouvrir ailleurs. En Alaska. Fairbanks, nous voilà... Je ne m'y faisais pas encore. Mais mon père m'avait dit qu'il fallait s'estimer heureux qu'il ait pu avoir une place sur ce nouveau site. Certains de ses collègues n'avaient pas eu cette chance. Certes. En attendant, je me retrouvais seule ici, la rentrée était dans deux jours et je n'avais pas encore rangé mes cartons.


    bonne lecture 3 étoiles.jpg

  • [Livre] Et si les chats disparaissaient du monde

    et si les chats disparaissaient du monde.jpg

    Résumé : A 30 ans, le narrateur de ce livre apprend par son médecin qu'il est condamné. Il ne lui reste plus que quelques semaines à vivre. Aussi lorsque le Diable, cet étonnant visiteur en short, lui propose un marché, n'hésite-t-il pas longtemps. Les clauses du contrat ? Effacer, à chaque jour que Dieu fait, une chose de la surface de la Terre lui vaudra vingt-quatre heures de vie supplémentaires... Les téléphones, les montres : jusqu'ici, c'est à qui perd gagne... Mais lorsque le Diable lui propose de supprimer les chats, sa vie va basculer une deuxième fois...


    Auteur : Genki Kawamura

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Roman contemporain

     

    Date de parution : 2018

     

    Prix moyen : 6€

     

    Mon avis : Je n’aurais jamais cru qu’un si petit bouquin me bouleverserait autant. A travers l’histoire du narrateur, se pose la question de la valeur que l’on accorde à ce qui nous entoure ainsi que la valeur que l’on accorde à sa propre vie.
    Un conte initiatique, oui, mais non dénué d’humour. Car de l’humour, il y en a, de l’humour noir, certes, mais de l’humour quand même.
    A-t-on réellement besoin du téléphone ?
    Après tout, on s’en est passé pendant des siècles. Comme dit le narrateur, l’absence de téléphone « ce n’est pas pratique » mais leur existence est-elle vraiment indispensable à la notre ?
    Et que serait-on prêt à perdre d’autre ? A-t-on besoin des films ? Des montres ? De la TV ? Des ordinateurs ? Des voitures ? Le fait qu’on s’en passait parfaitement avant leur invention les rend elles moins nécessaires à notre vie ?
    Avant la découverte du feu, les hommes préhistoriques se sont parfaitement débrouillés sans. Cela signifie-t-il que l’on peut s’en passer pour autant ?
    Ça peut paraître extrême comme comparaison mais c’est le fond de l’histoire : qu’est ce qui est important ?
    En parallèle de ces choix et de leurs conséquences, le narrateur revient sur son passé et sur les événements qui ont formé l’homme qu’il est aujourd’hui.
    Il parait qu’il y a une adaptation ciné de ce livre et que le livre est bien plus léger que le film.
    Quand je repense à l’état dans lequel la lecture du livre m’a mise, je ne suis pas sûre d’être capable de regarder le film.
    Ce livre m’a poussé à me demander à quoi j’étais capable de renoncer si j’étais forcée de faire des choix.
    Et vous ? Est-ce que vous feriez disparaître les chats ?
    Moi je sais déjà ce que je ferais !

     

    Un extrait : C’était il y a sept jours.

    Bien qu’indisposé par un rhume qui n’en finissait pas de s’aggraver, j’avais continué de distribuer le courrier, comme d’habitude. J’avais de la fièvre, et le côté droit de mon crâne commençait à m’élancer. Tu sais que j’ai horreur des médecins ; j’ai donc préféré m’en remettre aux médicaments en vente livre et ai laissé traîner l’affaire deux semaines durant. Puis j’ai consulté.
    Ce n’était pas un rhume.
    Mais un cancer du cerveau de stade 4.
    Il me restait six mois à vivre au mieux, mais je pouvais tout aussi bien y passer d’ici la fin de la semaine.
    Tel était le diagnostic du docteur, pour le moins sinistre.
    Il me parla de chimiothérapie et de soins palliatifs…
    Plusieurs choix semblaient s’offrir à moi. Mais je n’écoutais plus.
    Un souvenir auditif venait de ressusciter du fond de ma mémoire. Quand j’étais petit, on allait à la piscine durant les vacances d’été. Une fois, j’ai sauté dans le grand bassin. Plouf ! Glou, glou, glou. Je coulais.
    « Il faut toujours s’échauffer ! »
    La voix de maman. Je l’entendais mal du fond de l’eau.

    L’interminable séance a pris fin.
    Aussitôt que le médecin eut prononcé son dernier mot, j’ai laissé tomber mon sac et me suis dirigé vers la porte en titubant. Sourd aux appels du docteur, je suis sorti du cabinet en hurlant « Aaaaaah ! », ai bousculé les passants, suis tombé, ai roulé, me suis relevé. Puis j’ai couru, les membres agités de soubresauts pitoyables, jusqu’à me retrouver sous un pont où, incapable de faire un pas de plus, je suis tombé à genoux en sanglotant.
    Non, je déconne.
    Dans ces moments-là, étrangement, on a tendance à rester calme.

    Beaucoup aimé 4 étoiles.jpg

  • [Livre] La muette

    la muette.jpg


    Résumé
     : L’amour fusionnel d’une adolescente pour sa tante muette, l’amour passionné de celle-ci pour un homme tournent au carnage dans l’Iran des mollahs.


    Auteur : Chahdortt Djavann

     

    Edition : Flammarion

     

    Genre : Témoignage

     

    Date de parution : 2008

     

    Prix moyen : 5€

     

    Mon avis : On a ici un court témoignage anonyme (juste un prénom : Fatemeh), écrit en prison par une adolescente de 15 ans, condamnée à mort pour un crime qu’on ne découvre qu’à la fin du récit.
    Le récit est parvenu à Chadortt Djavann par le biais d’une journaliste iranienne, qui, pour des raisons évidentes de sécurité, a tenu à rester anonyme. Elle-même est entrée en possession du journal de Fatemeh par le biais d’un gardien de la prison où était incarcérée l’adolescente.
    C’est un récit parfois maladroit, la jeune fille ayant du quitter l’école à l’âge de 13 ans.
    Dans son témoignage, Fatemeh parle de ses parents et surtout de sa tante paternelle. Celle-ci, la muette, a également été condamnée.
    Dans cette histoire, on voit la toute puissance des mollahs et leur comportement indigne de la religion qu’ils prétendent représenter.
    Fatemeh en veut beaucoup à sa mère, qu’elle considère comme responsable de tout et elle n’a pas vraiment tort.
    En effet, le fanatisme religieux de la mère est bien la cause de la chute de la muette, qui va entraîner tout le reste.
    Au-delà de la toute puissance des mollahs, le récit pointe également du doigt la persécution des femmes et leur complète impuissance face aux désirs des hommes qui finissent toujours par se retourner contre elles : mariage forcée, accusation d’adultère de la part d’un prétendant éconduit…
    Le récit pointe également un problème qui inquiète fortement Amnesty international : la condamnation à mort des mineurs.
    Tout comme « la femme lapidée » de Freidoune Sahebjam, « la muette » est un récit édifiant sur les mensonges des hommes et sur ce que la dictature religieuse leur permet d’infliger aux femmes.

     

    Un extrait : J’ai quine ans, je m’appelle Fatemeh, mais je n’aime pas mon prénom. Dans notre quartier, tout le monde avait un surnom, le mien était « la nièce de la muette ». La muette était ma tante paternelle. Je vais être pendue bientôt ; ma mère m’avait nommée Fatemeh parce que j’étais né le jour de la naissance de Mahomet, et comme j’étais une fille, elle m’avait donné le prénom de la fille du Prophète. Elle ne pensait pas qu’un jour je serais pendue ; moi non plus. J’ai supplié le jeune gardien de la prison pour qu’il m’apporte un cahier et un stylo, il a eu pitié de moi et exaucé le dernier souhait d’une condamnée. Je ne sais pas par où commencer. J’ai lu plusieurs fois le petit dictionnaire abandonné sur la corniche de la chambre où j’ai vécu plus d’un an. J’aimais apprendre ce que les mots signifiaient ; mais ne me rappelle pas tous les mots et leur sens. Je n’ai jamais rien écrit, à part quelques poèmes, une vingtaine, mais personne ne les a jamais lus. J’étais très bonne à l’école, mais j’ai dû la quitter à treize ans ; j’aurais bien aimé continuer et aller à l’université. Personne dans ma famille, ni d’ailleurs dans notre quartier, n’avait jamais mis les pieds dans une université. Où j’ai grandi, il n’y avait que la misère et la drogue, aucun destin n’échappait au malheur ; dans ce monde là, la pauvreté écrase les hommes et les femmes, les rend misérables, méchants et laids : trop de misère fait que les gens ne sont même plus capable de rêver. Mon oncle, le frère de ma mère, était drôle, drogué et beau, il avait vingt-deux ans et rêvait encore, un peu trop peut-être. La muette aussi était belle, elle avait de grands yeux brillants et un visage rassurant pour une muette. Moi, je ne suis pas belle, mais je ne suis pas laide non plus ; maintenant, dans cette cellule, je dois l’être. Les trois premiers jours de mon interrogatoire furent les plus lents dans l’histoire de l’humanité, soixante-douze heures sans sommeil sous les coups de matraque. Brûlure indescriptible.

     

    Beaucoup aimé 4 étoiles.jpg

  • [Livre] Le pays des contes – T06 – La collision des mondes

    le pays des contes T06.jpg

    Résumé : Alex a disparu ! Pire, le sortilège de la sorcière Morina l’a transformée en enchanteresse maléfique. Cela ne pouvait tomber plus mal, car la brèche entre le Pays des contes et notre monde est désormais ouverte : héros comme vilains peuvent passer de l’un à l’autre selon leur bon vouloir.
    Alors que New York découvre avec stupeur l’existence de la magie, Conner, aidé de Rouge, Boucle d’or, Jack et de son armée littéraire, doit à tout prix libérer sa sœur. Car seuls les jumeaux peuvent affronter la plus grande menace qui ait jamais existé. Une menace qui plane de toute sa noirceur sur l’ensemble les mondes…


    Auteur : Chris Colfer

     

    Edition : Michel Lafon

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 24 mai 2018

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : J’avais vraiment hâte de lire le dernier tome de la saga. D’autant plus que le tome 5 nous laissait vraiment sur notre faim avec le pays des contes dévasté et Alex disparue.
    Le 6ème tome s’ouvre sur l’anniversaire des 80 ans de Conner, devenu auteur jeunesse à succès. Cet anniversaire se déroule dans une librairie, lors d’un évènement littéraire. Au cours de la soirée, une fillette parle d’Alex et Conner réalise qu’il ne se rappelle plus quand est ce qu’il a vu sa sœur pour la dernière fois.
    Rentré chez lui, Conner se plonge dans sa saga à succès, Contes de Féérésie, qui relate les aventures au pays des contes, dans l’espoir de retrouver sa sœur.
    Ses pensées le ramènent à New York, l’année de ses 16 ans, alors que les méchants de la littérature ont soumis le pays des contes et que Conner s’apprête à riposter avec les personnages de ses propres histoires.
    L’absence d’Alex, même si on la voit à plusieurs reprises, se fait cruellement ressentir. Elle m’a manqué bien que je reconnaisse que sa situation particulière rend les choses plus intéressantes.
    Mais l’absence d’Alex a aussi pour effet de mettre Conner à la tête des opérations et on peut dire qu’il est vraiment efficace dans ce rôle.
    Du côté des méchants, sans surprise, il n’y a pas une grande cohésion, chacun tentant de tirer la couverture à soi. C’est un avantage certain pour Conner et son équipe mais il n’empêche que les choses ne vont pas être simples pour autant.
    Comme c’est le dernier tome, on se doute bien que la bataille finale qu’on attend depuis le tome 3 va bientôt avoir lieu.
    Dans l’équipe de Conner on retrouve la plupart des personnages habituels.
    Le conseil des fées est figé, les rois et reines se cachent pour éviter la mort, et Grenouille est piégé à l’intérieur d’un miroir, ce qui les écartent tous de l’aventure.
    La maternité n’a guère assagit Boucle d’Or et, de toute façon, son bébé ne semble se calmer que quand les choses bougent un maximum.
    Rouge est égale à elle-même : écervelée, égoïste, égocentrique, décalée mais qui sort régulièrement des choses profondément censées et utiles.
    Bree, qui n’a clairement pas froid aux yeux, fait le mur alors qu’elle est déjà punie, pour se joindre à l’aventure. Bien que le prologue nous donne une bonne idée de l’avenir de la jeune fille, on se doute que ses parents ne vont pas apprécier l’attitude de leur fille.
    La bataille est telle que je l’avais espéré, toute en stratégie et en actions un peu folles.
    L’épilogue clôt magnifiquement la saga. Et, en plus de mettre un point final aux 6 tomes du pays des contes, il nous fait nous dire : Tout n’est pas fini !
    Comment ça ? Je vous laisse le découvrir par vous-même !

     

    Un extrait : La jeune femme ne leva toujours pas les yeux, ne prononça pas un mot. Son silence troubla terriblement Rudy. Plus il se tenait en sa présence, plus elle l’effrayait. Le destin de tous les agents de sécurité dans tous les films d’horreur que Rudy avait vus défila devant ses yeux mais il trouva le courage d’approcher l’étrange jeune femme.

    – Si vous ne dites rien, j’appelle la police !

    Soudain, la jeune femme poussa un cri et leva la tête, faisant bondir Rudy. Elle regarda autour d’elle en panique, comme si elle se réveillait d’un mauvais rêve.

    – Où suis-je ? demanda-t-elle, haletante.

    – Vous êtes dans la bibliothèque, dit Rudy dont la réponse ne fit que la confondre davantage.

    – La bibliothèque ? Quelle bibliothèque ?

    – La grande bibliothèque de New York au croisement de la Cinquième Avenue et de la 42e Rue.

    – Oh non ! Il faut que vous sortiez d’ici ! Il va se passer quelque chose d’horrible !

    – De quoi parlez-vous ? Et comment êtes-vous entrée ici ?

    – Je ne sais pas ce qu’elle a prévu mais vous devez partir avant qu’elle ne m’oblige à vous faire du mal ! supplia la jeune femme. Je vous en prie, vous devez m’écouter ! Je ne peux pas la contrôler !

    Des larmes jaillirent de ses yeux bleus et coulèrent le long de ses joues.

    – De qui vous parlez ? Il n’y a personne ici à part vous et moi.

    – La sorcière qui m’a maudite ! Elle m’a jeté un sort qui me fait faire des choses… des choses affreuses !

    – Ma petite, vous avez pris beaucoup trop de drogue. On va sortir et appeler la police.

    – Il faut que vous contactiez mon frère ! Il est le seul qui puisse nous aider ! Il s’appelle Conner Bailey, il doit être à l’hôpital pour enfants de Saint-Andrew de Willow Crest…

    – Ouais, ouais, ouais, rétorqua Rudy en l’agrippant par le bras. La ville est remplie d’endroits pour aider les gens comme vous mais vous ne pouvez pas rester ici.

    L’agent de sécurité voulut la reconduire vers la sortie mais la jeune femme ne bougea pas d’un centimètre. Il tira sur son bras de toutes ses forces mais elle resta exactement là où elle était, comme si ses pieds étaient collés au sol.

    – C’est trop tard ! Le sort… je le sens venir ! La sorcière doit être proche ! S’il vous plaît, courez !

    adoré 5 étoiles.jpg

  • [Livre] L’île des absents

    l'ile des absents.jpg

    Résumé : Quelque part en Suède, Alex et sa fille Smilla se promènent sur un îlot situé au milieu du lac Cauchemar. Son épouse Greta les attend dans la barque amarrée au rivage. Mais la jeune femme s'endort et à son réveil, elle ne les trouve pas. De retour au village, elle décide de se rendre au commissariat. Pourtant, le policier prétend qu'elle n'est pas mariée et n'a jamais eu d'enfant.


    Auteur : Caroline Eriksson

     

    Edition : Presse de la cité

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 07 juin 2018

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Dès le départ, on sent que quelque chose ne va pas chez Greta.
    L’histoire s’ouvre sur la disparition de son mari, Alex, et de sa fille, Smilla.
    Pour autant, malgré la disparition qui implique une filette de ‘ ans, Greta ne se précipite pas chez la police.
    Elle cherche un peu par elle-même, tourne beaucoup en rond et ne fini par se rendre à la police qu’après plusieurs dizaines d’heures (plus de 24h).
    Mais là-bas, on lui répond qu’elle n’est pas mariée et n’a jamais eu d’enfants.
    L’histoire étant racontée du point de vue de Greta, on a comme un accès direct aux pensées de Greta et, le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est le fouillis là-dedans.
    Pendant un moment, je me suis demandée si elle n’était pas schizophrène, mais au fil de ma lecture, je me suis dit qu’elle n’était pas si délirante que ça, que c’était son cheminement de pensée qui l’était.
    Elle semble avoir un passé difficile qui tourne autour de la disparition de son père, ce qui fait échec à la disparition d’Alex.
    On comprend très vite que le père de Greta est mort dans des circonstances suspectes et dès lors, on se demande si Alex, dont le portrait se révèle peu flatteur, a réellement disparu.

    Là où réside la difficulté pour le lecteur, c’est que Greta a parfaitement conscience de ses mensonges et de son déni et que du coup, elle mélange élucubration et vérité sans que le lecteur ne puisse facilement faire la distinction entre les deux.
    J’ai trouvé la police bien peu présente. Une femme vient déclarer une disparition, impliquant un enfant, et, comme la personne n’a pas d’enfants, ça s’arrête là ? Ils ne la recherchent pas activement, ils n’enquêtent pas… ça m’a semblé très étrange.
    Mis à part la présence d’un groupe d’ados violents et arrogants, qui ne sont guère exploités et qui ne semblent être là que pour apporter un élément de danger, le thriller est essentiellement psychologique.
    La vérité qui fini par apparaître par bribes est encore plus inconcevable que les délires de Greta.
    Comme quoi, la perversité humaine ne connaît aucune limite et l’auteur ne nous ménage pas, nous laissant lessivés, nous demandant comment une simple disparition a pu nous entraîner jusque là.
    Un thriller déroutant, mais il faut s’accrocher car il vaut vraiment le coup.

     

    Un extrait : L’îlot au centre du Cauchemar n’est plus qu’à une dizaine de mètres. C’est notre destination. Baissant les yeux, j’essaie de voir au-delà de la surface. Je devine le fond. Brouillé par les remous, il se rapproche à mesure que nous progressons vers la rive. Les algues qui le tapissent se tendent vers notre embarcation tels de longs doigts verts et gluants. De part et d’autre, de hauts roseaux s’inclinent sur nous. Pour accoster, Alex se met debout, faisant osciller le canot. Fermant les yeux, je me cramponne au bord jusqu’à ce que le roulis se calme. Alex amarre solidement le bateau au tronc de l’arbre le plus proche. Smilla retire son gilet de sauvetage en se préparant à sauter à terre. Au passage, elle m’écrase le pied et me donne un coup de coude involontaire dans le sein. Je gémis de douleur, de façon sonore, mais elle a tellement hâte de rejoindre son papa que rien d’autre ne compte. En les voyant ensemble, nul ne peut douter qu’Alex soit le grand amour de Smilla. Quand nous sommes descendus vers le ponton, c’est à son côté qu’elle marchait, ou plutôt gambadait. Les rayons bas du soleil qui filtraient à travers les branches des arbres bordant l’étroit sentier forestier s’ajoutaient à son babillage enthousiaste : elle et papa allaient bientôt débarquer sur une île déserte, comme de vrais aventuriers. Smilla serait la princesse des pirates et papa serait… pourquoi pas le roi des pirates, tiens ? Smilla riait en tirant Alex par la main, impatiente d’arriver au lac. Je les suivais à quelques pas en arrière.

    À présent, Smilla enserre les jambes d’Alex entre ses petits bras. Le père et la fille, atome indivisible. Eux sur la terre ferme, moi dans le canot. Alex me tend la main en haussant les sourcils d’un air impérieux. J’hésite. Il s’en aperçoit.

    — Allez, viens ! C’est censé être une sortie en famille, chérie.

    Il sourit. Comme aimantée, je lance un coup d’œil à Smilla, et nos regards se croisent. Je ne peux m’empêcher de remarquer la manière qu’elle a de lever son menton. Ma voix est éraillée lorsque je décline l’invitation.

    — Allez-y tous les deux. Je vous attends ici.

    Alex tente encore, sans grand enthousiasme, de me convaincre, et quand je secoue la tête, il hausse les épaules et pivote vers Smilla. Roulant les yeux, il lui adresse une grimace qui fait briller les siens par anticipation.

    — Insulaires, prenez garde ! Voici Papa le pirate et Smilla la princesse pirate !

    À ce cri, Alex jette Smilla sur son épaule, déclenchant un hurlement de rire, et se met à courir vers le haut de la côte. La face de l’île où nous avons accosté est plus escarpée que l’autre. Alex se donne à fond, il ne laisse pas la montée ralentir son allure. Je sens presque la brûlure de ses muscles, la compression de l’estomac de Smilla au rythme des ballottements. Et c’est ainsi qu’ils atteignent le sommet et disparaissent de ma vue.

     

    Beaucoup aimé 4 étoiles.jpg