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Livres

  • [Livre] N'oublie pas que je t'attends

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    Résumé
     : " Maman, je reviens bientôt"

    Quand ce message est découvert sur le pare-brise d'une voiture garée devant chez elle, Tess Campwell reprend espoir. Car l'enfant qui a écrit ces mots ne peut être que sa petite Emily, kidnappée trois semaines plus tôt, et qui, elle en a la certitude, est toujours vivante.
    Mais à Eden, petite ville tranquille du Mississippi, Tess n'est pas seule à vivre dans l'angoisse de ne plus jamais revoir son enfant. Tout près d'elle, une autre mère, Naomi, endure ce clavaire depuis dix ans déjà. depuis que sa fille Sadie a été enlevée dix ans plus tôt, dans la même école qu'Emily, et dans des circonstances étrangement similaires. Y a-t-il un lien entre ces deux enlèvements? Et si oui, quels sont les mobiles des ravisseurs, qui n'ont fait aucune demande de rançon?

    Devant l'inertie de la police, Tess et Naomi décident d'unir leurs forces et de continuer à se battre. C'est alors qu'un nouveau drame se produit, qui vient relancer l'enquête : dans la petite école d'Emilie et de Sadie, une troisième fillette, Sara Beth, manque à l'appel ...


    Auteur : Amanda Stevens

     

    Edition : Harlequin

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 01 octobre 2017

     

    Prix moyen : 7,50

     

    Mon avis : Je ressors assez mitigée de ma lecture. Le côté thriller était plutôt bien ficelé, mais une trop grande place était laissée à la romance.

    J’aime bien qu’une petite romance se glisse dans un thriller, mais en revanche je n’apprécie guère de la voir prendre autant d’importance.

    Trois enlèvements d’enfants ont lieu dans la petite ville d’Eden. Tout a commencé avec la disparition de la petite Sadie Cross, 5 ans. 10 ans plus tard, jour pour jour, la petite Emily, 5 ans, disparait au même endroit. Deux jours plus tard, c’est au tour de Sara Beth de s’évaporer dans la nature.

    L’enquête, et par la même occasion le roman, est divisée en 3 parties.

    La première se consacre à Sara Beth dont l’enlèvement ne semble pas s’inscrire dans le même schéma que les deux autres.
    Cette partie est assez indépendante des deux autres. Elle est bien menée mais la résolution était assez évidente.

    La seconde partie se concentre sur Emily. Là, j’ai autant de mauvais points que de bons.
    Dans les mauvais, je noterai avant tout le changement de personnalité d’Abby, la flic qui a résolu l’affaire Sara Beth et qui est accessoirement la tante de la petite disparue Sadie. En plus de devenir très étroite d’esprit, elle est reléguée au rang d’accessoire, puisque c’est la mère d’emily, qui n’est pas dans la police, qui va mener l’essentiel de l’enquête.
    L’histoire autour de la disparition d’Emily est plus complexe, la solution était moins facile à trouver et les fausses pistes mieux ficelées.
    De plus, cette affaire étant liée d’une manière ou d’une autre au tout premier enlèvement, des indices sont révélés qui vont introduire la 3ème enquête.

    Cette troisième enquête était située un peu entre les deux autres au niveau de la qualité.
    D’un côté, la partie thriller est vraiment bien menée. Il fallait vraiment penser à ça et clairement, je n’y avais pas pensé !
    En revanche, j’ai trouvé que le côté romance était trop présent et pas assez crédible.

    Bref, comme je le disais, lecture mitigée. J’aurais préféré que le livre ne soit qu’un thriller. D’autant plus que l’idée était vraiment bien pensée.
    Ce n’était pas une mauvaise lecture, mais elle aurait pu être meilleure.

     

    Un extrait : Il y a dix ans, disparut le premier enfant d’Eden.

    L’enlèvement eut lieu par un lourd après-midi d’août. Les classes maternelles de Fairhaven Academy, une école privée des quartiers nord de la ville, venaient de fermer leurs portes. En attendant l’arrivée de leurs parents, et malgré la chaleur, les enfants s’étaient engagés dans une bruyante partie de cache-cache dans la cour de récréation.

    Au début, personne n’avait remarqué l’absence de Sadie Cross. Des petits écoliers à l’institutrice chargée de les surveiller, chacun avait simplement imaginé qu’elle s’était dissimulée dans l’une de ses cachettes favorites jusqu’à ce que l’un ou l’autre de ses camarades la trouvât, ou que sa mère vînt la chercher.

    Lorsque cette dernière se présenta, l’alarme n’avait pas encore été donnée. Ne s’agissait-il pas d’Eden, après tout ? Une petite ville tranquille et rassurante, où presque tout le monde se connaissait ? Ici, les enfants ne disparaissaient pas d’une école en plein jour. Sadie devait être tapie quelque part, frémissante d’excitation, à moins qu’elle ne se fût trop éloignée pour entendre les appels. Elle finirait bien par se montrer, avaient assuré à Naomi Cross les autres mamans. Ce n’était qu’une question de temps.

    Pourtant, Sadie n’avait pas réapparu. Ni ce jour-là, ni ceux qui suivirent. Et en dix ans, aucune trace d’elle ne fut jamais retrouvée. Elle semblait s’être évanouie dans l’atmosphère évanescente de cette chaude journée d’été.

    Et aujourd’hui une autre enfant venait de disparaître à Eden.

     

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  • [Livre] Les larmes de Jundur - T02 - Duelle

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    Résumé : Rentrée sur Terre à l’issue de la bataille des montagnes de Sangral, Lyvia fait tout pour oublier Héliosis et son destin d’élue. Elle finit pourtant par revenir sur sa décision grâce au soutien de ses proches, et accepte de reprendre le combat contre les Traîtres. Mais les enjeux sont-ils aussi simples que ce que prétendent les Voyageurs ? Et si ses ennemis lui ressemblaient finalement plus qu’elle ne le pense ? Brisée par la disparition d’un être cher, Lyvia se lance dans une dangereuse quête depuis la forêt Originalle en Ombrume jusqu’aux confins d’un désert hostile, au risque d’y perdre son âme. Et de bataille en choix moral, elle trouvera, au bout du chemin, sa propre identité ?


    Auteur : Noémie Delpra

     

    Edition : Edition AFNIL

     

    Genre : Fantastique

     

    Date de parution : 29 juin 2019

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Noémie Delpra a eu la gentillesse d’accepter de m’envoyer le second tome des larmes de Jundur.
    Comme pour le 1er tome, il n’y a rien à redire sur la forme. L’auteur effectue de toute évidence une sérieuse et minutieuse relecture.
    L’histoire débute quelques mois après la fin du tome précédent. Lyvia a du mal à accepter ses actes lors de la bataille contre l’armée Héliosienne. Et ce n’est pas en ne cessant de la culpabiliser sur sa décision de rentrer sur Terre que sa mère va l’aider à reprendre le dessus. Depuis qu’elle a découvert son statut de Voyageuse, on dirait que sa mère ne la voit plus que comme une arme qui doit impérativement faire ce que l’on attend d’elle.
    Heureusement qu’il y a ses amis : Liam la soutient inconditionnellement, même s’il ne comprend pas vraiment son problème et Solara ne la laisse pas tomber malgré l’énergie que cela lui demande de contacter la jeune fille.
    Ce tome est aussi celui du doute. Lyvia doute de tout : de sa mère, même si elle lui cherche encore des excuses et qu’elle lui fait encore confiance, de sa capacité à contrôler ses pouvoirs, mais encore, plus sérieusement, elle commence à sérieusement douter de la bonne foi du Conseil.
    J’avais commencé à avoir ces mêmes doutes dès le premier tome. Le Conseil ne m’a jamais inspiré confiance : trop de pouvoirs de décision pour commencer. Comme Lyvia, je trouve qu’il cache bien trop de chose sous le prétexte du plus grand bien, qu’ils ne dévoilent que de petits bouts d’informations et on se demande, au final, quel est exactement leur but.
    En revanche, contrairement à Lyvia qui lui fait encore beaucoup confiance, je n’ai aucune confiance en sa mère. Son obstination à cacher la vérité sur son père à sa fille m’apparait de plus en comme un moyen de contrôler Lyvia en lui faisant miroiter des réponses en échange de sa collaboration.

    Et puis, il y a Evan, qui ferait bien de faire une psychothérapie parce que ce garçon a vraiment de gros problèmes ! Il m’a vraiment énervée avec ses « Par respect pour mon père, je ne peux pas t’aimer »… pfff et quand il a essayé de le tuer, puis de tuer la femme qu’il aimait, il a fait preuve de respect son père ? Oui… Oui… j’ai eu envie de le baffer… plusieurs fois… mais je lui laisse le bénéfice du doute. Il est très con, mais peut être qu’on peut encore en tirer quelque chose de ce garçon !

    En parlant de baffes, un nouveau personnage, Gabriel, en mériterait quelques-unes. Mais pas les mêmes, plutôt de celles qu’on flanquerait bien à un petit frère insupportable !

    Dans ce tome, on va enfin en apprendre plus sur l’identité du père de Lyvia et je suis ravie parce que c’est exactement ce que j’avais deviné en lisant la prophétie (petite danse de la joie). Alors, je n’ai pas encore son nom, mais on s’en rapproche !

    Dans ce tome, on va également être directement confrontés aux traîtres : Dorian, Solen et Aélia.
    Maintenant que le roi est mort, les trois affreux ne se retiennent plus et attaquent ouvertement Lyvia.
    A cause d’eux, et de l’une de leurs actions, la jeune voyageuse va entraîner les autres aspirants voyageurs dans une aventure périlleuse et plus qu’hasardeuse. J’ai tremblé pour chacun d’eux à plusieurs reprises.
    Quant à la fin… la fin….
    Si je vous dis que là, maintenant, tout de suite, je déteste profondément l’auteur, ça vous donne une idée de la frustration dans laquelle cette fin m’a laissée ?
    Du coup, je crois que je vais me mettre en PLS jusqu’à l’automne prochain, le tome 3 étant prévu pour dans ces eaux-là.

     

    Un extrait : Le lendemain matin, Isadora n’était toujours pas revenue quand Lyvia s’éveilla. La jeune fille se vêtit rapidement, versa des croquettes dans la gamelle d’Apple puis quitta la maison sans prendre le temps de manger. Elle rejoignit l’entrée de la forêt d’un bon pas, vérifiant fréquemment la présence d’un objet autour de son cou en jetant des regards nerveux derrière d’elle. Une fois sous le couvert des arbres, elle marcha encore une vingtaine de minutes avant de s’arrêter au milieu d’une petite clairière silencieuse. Là, elle saisit l’objet pendu à son cou et le porta à ses lèvres.

    C’était un petit instrument de musique à vent, de forme ovoïde, percé de douze trous. Il était bleu foncé, mais d’un bleu si riche en nuances – de bleu cobalt à marine – que l’on pourrait l’admirer des heures et encore déceler une nouvelle touche de couleur. En l’observant de près, on pouvait même y distinguer quelques volutes d’or.

    C’était un ocarina.

    Lyvia y joua une mélodie familière, les yeux fermés, le corps fourmillant d’anticipation. Les yeux toujours clos, elle laissa un large sourire s’étaler sur son visage lorsqu’elle entendit le son de sabots sur l’herbe sèche. Il était le seul à la faire sourire ainsi, de façon authentique, sans retenue. Nebraska. Ouvrant les yeux, elle tendit la main vers le bel étalon à la robe de neige. Ce dernier ralentit le pas en s’approchant. Arrivé tout près d’elle, il baissa la tête pour qu’elle puisse l’entourer de ses bras et poser la joue sur son chanfrein. Ils restèrent ainsi plusieurs secondes, coupés du monde. Et Lyvia se souvint de la fois où elle avait retrouvé son cheval, à son retour sur Terre.

    Quand Lyvia avait tenté de reprendre une vie normale, après deux mois passés comme une recluse dans sa chambre, elle avait cru mourir. Son ancienne vie lui était intolérable. Elle ne supportait plus le béton, les voitures, le bruit des klaxons. Quand elle fermait les yeux, elle revoyait la plaine d’Enolanthe, et ses herbes hautes, à perte de vue. Même ses serpents électriques et ses chèvres carnivores lui manquaient. Elle revoyait le fleuve Aël, et la falaise majestueuse balayée par les vents qui abritait le quartier général des Voyageurs. Elle revoyait les montagnes de Sangral, qui avaient scellé son destin. Ces montagnes où elle avait pris la vie du général. Alors elle avait cru étouffer, dans cette ville qui lui était pourtant si chère. Même la forêt qu’elle avait tant aimée lui paraissait bien trop polie, bien trop domptée, à côté de la forêt d’Alidore.

    Elle avait couru à perdre haleine à travers cette forêt apprivoisée qu’elle connaissait si bien, pour échapper au bruit, pour échapper à son monde. Elle s’était enfoncée dans les sous-bois, jusqu’à se perdre. Jusqu’à trébucher sur une racine. Et là, le visage griffé par les ronces, le nez enfoncé dans l’humus, elle aurait lâché prise, si son regard n’était pas tombé sur l’ocarina qui avait chuté avec elle. Elle ne se souvenait même pas de l’avoir pris. Et pourtant, il était là comme un signe, comme une promesse. La promesse qu’elle survivrait.

    Elle avait soufflé dedans, et Nebraska était apparu, tel un animal féérique sorti d’un songe. Il était comme dans son souvenir, bien que son poil fût sale et ses crins emmêlés. Et il l’avait saluée avec affection, comme si rien n’avait changé. Alors depuis, régulièrement, dès qu’elle pouvait échapper à la surveillance de sa mère, elle s’enfonçait dans les bois et appelait Nebraska. Elle le brossait, le câlinait, puis montait sur son dos pour de merveilleuses balades au goût de nostalgie. Bien sûr, cela n’avait pas la même saveur que de galoper à toute allure dans la plaine d’Enolanthe. Mais ces instants volés lui étaient infiniment précieux. Comme si elle avait secrètement dérobé une infime partie d’Héliosis.

    Pourtant, pas une fois elle ne s’était glissée dans l’Univers des Âmes pour s’approcher de l’esprit de Nebraska. Pas une seule fois elle n’avait essayé de retrouver cette communication mentale indescriptible. Elle n’utiliserait plus la magie, elle se l’était promis.

     

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  • [Livre] Mon amie Adèle

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    Résumé : LOUISE

    Mère célibataire, elle est coincée dans un quotidien minuté. Un soir pourtant elle embrasse un homme dans un bar… sans savoir qu’il est son nouveau patron.

    DAVID

    Psychiatre renommé et dévoué à sa femme, il regrette ce baiser mais ne peut s’empêcher de tomber amoureux de son assistante.

    ADÈLE

    L’épouse de David semble n’avoir aucun défaut. Si ce n’est de vouloir à tout prix devenir l’amie de Louise... Fascinée par ce couple modèle, Louise se retrouve malgré elle piégée au coeur de leur mariage. Et peu à peu, elle commence à entrevoir des failles.

    David est-il l’homme qu’il prétend être ?

    Adèle, aussi vulnérable qu’elle y paraît ?

    Et par quel secret inavouable sont-ils liés l’un à l’autre ?


    Auteur : Sarah Pinborough

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 06 Mars 2019

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Dès le départ, on peut voir qu’on alterne entre les points de vue d’Adèle et de Louise. Les parties « Adèle » sont elles-mêmes séparées entre le présent et le passé (auteur de ses 18 ans, avant son mariage).

    Dès le départ également, on sent que quelque chose ne va pas chez David et Adèle.

    David est très clairement alcoolique, il a des sautes d’humeur et exerce un contrôle quasi-total sur son épouse : appel à heure fixe, médicaments qu’il prescrit lui-même, il ne lui laisse ni carte de crédit ni téléphone portable, a le contrôle total de la fortune de sa femme… Bref, il a le profil type du pervers narcissique.

    Adèle, de son côté, est étrange. Sa rencontre avec Louise est suspecte. Ca pourrait juste être une épouse malheureuse prise au piège dans un mariage intolérable mais son attitude met extrêmement mal à l’aise.

    Chacun des deux agit comme si c’était l’autre qui était instable, dangereux.
    Et Louise est prise entre le marteau et l’enclume.

    Qui croire ? A qui faire confiance ? Louise est asse vulnérable. Le père de son fils, son ex-mari, l’a trompée et elle ne fait plus confiance ni aux hommes, ni à elle-même.

    Elle aussi boit trop. Je ne sait pas trop si c’est pour tromper la solitude, ou dans l’espoir de mettre un terme à ses terreurs nocturnes.

    Ces terreurs nocturnes vont avoir une importance capitale dans l’histoire, d’une manière assez intrigante et qui franchi la frontière du surnaturel.
    Toutefois, je rassure ceux qui n’aiment pas l’introduction du surnaturel dans un thriller : ici ça passe sans problème.
    Je fais partie de ces personnes qui n’aiment pas ce mélange des genres, du moins quand on n’est pas prévenu à l’avance, et ça n’a absolument pas gêné ma lecture tant c’est bien intégré dans l’histoire.

    On peut se dire que ’histoire ne semble pas des plus originales et on voit venir le déroulement sans trop de difficulté, une fois qu’on a débroussaillé tout ça.
    Que tu crois !! Si j’ose dire…

    Alors que tout se déroulait comme je l’avais plus ou moins prévu, le tout prend un tour que je n’avais pas vraiment vu venir, même si, avec le recul, j’aurais du me méfier.

    Et c’est là que Sarah Pinsborough nous assène le second effet Kiss Kool !

    Cette fin ! Sérieusement je n’aurais jamais imaginé ça ! Il a presque fallu que je relise le dernier chapitre une seconde fois tellement cette fin m’a scotchée. Vraiment  s’il y a bien une chose que je n’attendais pas, c’était ça !

    Je comprends mieux pourquoi, sur la toile, fleuri le hashtag #findedingue.
    Franchement c’est mérité !

    Mais je vous préviens : la fin est perturbante. Parfaite, géniale, mais perturbante !

    Vous êtes avertis !

     

    Un extrait : J’ai encore de la terre sous les ongles quand David rentre enfin. Je la sens qui pique ma peau écorchée. Mon ventre se noue, mes nerfs se tendent alors que la porte se ferme. Pendant un moment, nous nous contentons de nous dévisager, chacun à un bout du long couloir de notre nouvelle et belle maison, séparés par une longue étendue de bois parfaitement verni, puis, titubant légèrement, il se dirige vers le salon. Je respire un grand coup et je le rejoins, tressaillant à chacun des chocs durs de mes talons sur le plancher. Je ne dois pas avoir peur. Il faut arranger ça. Que nous l’arrangions.

    — J’ai préparé le dîner, dis-je sans montrer mon angoisse. Un Stroganoff, c’est tout. Il tiendra jusqu’à demain si tu as déjà mangé.

    Il ne me regarde pas, scrutant nos étagères que les déménageurs ont remplies de livres sortis des cartons. Je m’efforce de ne pas penser à la durée de son absence. J’ai nettoyé le verre brisé, balayé et frotté le sol, avant de m’occuper du jardin. Toutes les traces de rage ont été effacées. Je me suis rincé la bouche après chaque verre de vin que j’ai bu quand il n’était pas là, il ne sentira rien. Il n’aime pas que je boive. Juste un verre ou deux quand nous sommes en société. C’est tout. Mais ce soir, je n’ai pas pu me retenir.

    J’ai pris une douche, sans réussir à enlever complètement la terre sous mes ongles, et j’ai enfilé une robe bleu pastel avec des chaussures à talons assorties. J’ai soigné mon maquillage. Plus de larmes, plus le moindre signe de dispute. Je veux que nous nous débarrassions de ça. C’est notre nouveau départ. Un autre commencement. Il le faut.

     

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  • [Livre] Everything, Everything

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    Résumé : Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.


    Auteur : Nicola Yoon

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 07 juin 2017

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Ce livre, j’en ai beaucoup entendu parler, encore plus avec la sortie du film en 2017. Ca fait un moment qu’il est dans ma PAL et j’ai enfin trouvé une occasion de l’en sortir puisque ça a été ma dernière lecture du Valentine’s day challenge.

    La vie de Maddy est d’une solitude absolue. Atteinte de la maladie de l’enfant bulle (je n’arrive jamais à me rappeler le vrai nom de cette maladie), elle vit dans un isolement total, ne voyant que sa mère, médecin, et Carla, son infirmière.

    La construction du roman n’est pas classique. On alterne entre récit, échange de mails, réflexions de Maddy, graphiques, dessins…

    J’ai beaucoup aimé Maddy mais je l’ai parfois trouvé trop passive.
    Devoir rester à l’intérieur est une chose, ne pas avoir le droit d’être en contact, même virtuel, avec qui que ce soit, ça en est une autre.
    Maddy doit être physiquement isolée - encore que, bien que le protocole soit lourd, elle peut recevoir des visites - mais elle l’est aussi psychologiquement.

    Sa rencontre clandestine avec Olly, le nouveau voisin, va la pousser à remettre en question sa vie.

    Car être isolée ainsi, est-ce vivre ?

    Et jusqu’à quand est ce que cette existence va pouvoir continuer, surtout maintenant que Maddy est en âge de revendiquer son indépendance. Au fur et à mesure de l’évolution de Maddy, au fur et à mesure que sa relation avec Olly s’étoffe, j’ai commencé à avoir un affreux pressentiment.

    Malgré ça, la fin de l’histoire m’a soufflée. J’ai ressenti tout un panel d’émotions contradictoires concernant cette fin et les différents personnages.

    Si j’ai, bien sûr, beaucoup aimé Olly et Maddy, le personnage que j’ai préféré est sans contexte Carla qui est à la fois infirmière et mère de substitution, professionnelle, mais aimante, prudente, mais qui ne considère pas que maintenir Maddy à l’écart complet du monde est une bonne chose. Elle est moins étouffante que la mère de Maddy, moins en constante demande d’affection, d’attention, qui semble ne pas supporter de ne pas être au centre de la vie de sa fille. On voit que le but de Carla est de permettre à la jeune fille de vivre une vie aussi normale que possible.

    Cette lecture était vraiment une bonne lecture et je n’exclue pas la possibilité de regarder le film un jour.

     

    Un extrait : J’ai lu beaucoup plus de livres que vous. Peu importe combien vous en avez lu, j’en ai lu plus. Croyez-moi. J’ai eu tout le temps.

    Dans ma chambre blanche, le long de mes murs blancs, sur mes étagères d’un blanc immaculé, mes livres apportent la seule touche de couleur. Ce sont toujours des éditions en grand format flambant neuves – pas de poches d’occasion pleins de germes chez moi ! Elles m’arrivent du Dehors décontaminées, emballées sous vide dans une couverture de plastique. J’aimerais bien voir la machine qui fait ça. J’imagine chaque livre glissant sur un tapis roulant tout blanc vers un poste de travail rectangulaire où des bras de robot l’époussètent, le frottent, le vaporisent, le stérilisent, jusqu’à ce qu’il soit assez propre pour m’être envoyé.

    Chaque fois que je reçois un nouveau livre, ma première tâche consiste à l’extraire de son emballage, une opération qui implique une paire de ciseaux et plusieurs ongles cassés. Ma seconde tâche est d’écrire mon nom sur la page de titre.

     

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  • [Livre] Les saisons éternelles

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    Résumé : La vie de Victoria se pare de toutes les exigences de son époque, de la difficulté à grandir au sein d’un foyer décomposé, à la construction de sa vie de femme.
    Anne Boleyn cherche à trouver sa place dans un monde où seule la loi du plus fort prévaut, jouant ses meilleures cartes pour s’assurer un avenir meilleur.
    Plusieurs siècles les séparent, mais elles seront pourtant confrontées à des épreuves similaires qui bouleverseront leurs existences.


    Auteur : Georgina Gay

     

    Edition : Evidence

     

    Genre : Roman contemporain

     

    Date de parution : 06 juillet 2019

     

    Prix moyen : 12€

     

    Mon avis : Qu’est ce qui peut bien rapprocher une reine anglaise déchue décapitée en 1536, et une jeune femme française contemporaine ?
    A première vue, pas grand-chose.
    Et pourtant, Georgina Gay fait bien un parallèle entre ces deux femmes qui n’ont pas vécu à la même époque, n’ont pas fait les même choix, n’ont pas été destinés au même destin ni eu les mêmes opportunités.
    A quelques heures de son exécution, Anne Boleyn se raconte. Comme une confession, pour ne pas penser à la lame qui abrégera bientôt sa vie, elle raconte les circonstances qui l’ont conduite là.
    La vie de Victoria, elle, est racontée à la 3ème personne, par un narrateur omniscient.
    En réalité, ces deux femmes ont bien un point commun : La nature profonde de leur époux.
    Moins flagrant chez Henry VIII, du fait de sa position et de sa toute puissance, cela saute aux yeux chez le mari de Victoria.
    Aujourd’hui, à l’époque de Victoria, on met un nom sur ce genre de comportement, on identifie les signes. A l’époque d’Anne, ce n’était pas le cas et une femme n’avait aucun recours contre son époux (et alors quand l’époux en question est le roi…)

    J’ai adoré l’histoire de Victoria et, si ses parents ont cru bien faire pour son avenir, la maintenir dans la quête permanente de la perfection et dans la recherche d’approbation, en a fait une cible parfaite.
    Quant à l’histoire d’Anne… J’ai toujours eu une profonde affection pour cette jeune femme au destin tragique et profondément injuste, sacrifiée sur l’autel de l’ambition démesurée de sa famille.
    J’ai beaucoup apprécié l’écriture de Georgina Gay. Le ton utilisé correspond parfaitement à Anne Boleyn.
    Au début, j’ai regretté que l’auteur ne change pas de ton entre les deux histoires, mais finalement c’était plutôt bien trouvé. Je ne m’attendais pas à ce schéma de narration là. J’ai vraiment aimé ça !

    J’ai aussi beaucoup aimé le découpage des étapes de l’existence tel que le présente l’auteur : la part de l’autre, la part du diable…

    Je ne sais plus quoi vous dire pour vous convaincre de vous laisser tenter par ce livre qui vaut franchement le détour.
    Les femmes y sont à l’honneur et, malgré les histoires difficiles qu’il raconte, je l’ai trouvé empreint de douceur, de mélancolie, et, étonnamment, d’espoir.

     

    Un extrait : Les premières années passèrent sans que personne s’en aperçût. Les bougies se soufflaient à un rythme effréné, presque inquiétant, pour des parents qui voyaient tous les jours de leur vie se consumer sans pause ni refuge. Victoria, elle, profitait de chaque instant. Sa quête incessante de nouveauté épuisait sa mère, mais celle-ci s’en accommodait de bon gré. Le monde devenait un terrain de jeu propice aux expériences, tout devait être goûté, testé et pesé dans la balance de ce qui retenait son attention ou ses plaisirs.

             La première rentrée scolaire fut un supplice, mais Laurence resta infaillible. Il était temps pour sa petite fille de laisser son empreinte irréprochable dans les annales du monde de l’Éducation nationale. C’était la première étape du reste de sa vie, et de ce qui allait être attendu d’elle. Les pleurs constants qui retentissaient invariablement chaque matin ne changeaient rien à la détermination affichée du sein maternel, qui ne laisserait plus un seul caprice prendre le pas sur ses décisions. Pour le bien de celle qui était promise à un avenir radieux, ses parents lui imposaient une discipline sans faille, qu’ils nourrissaient des meilleures théories et des exemples conseillés par les plus grandes méthodes d’éducation.

             Ses activités furent choisies avec soin. La petite fille commença très tôt le piano, puis suivit des cours de dessin dans un atelier renommé. La fierté de ses parents n’avait d’égal que les regards impressionnés des amis et de la famille, étonnés de voir ce petit être se distinguer avec autant de brio de ses congénères. Pour Victoria, il n’y avait rien de plus naturel. L’approbation de ses géniteurs suffisait à son bonheur, étant prête à exécuter toutes leurs volontés pour que leurs bras accueillants s’ouvrissent et la chérissent. Elle ne souhaitait qu’être aimée de ses parents, eux qui savaient et connaissaient tout, maîtrisaient le monde, la protégeant quoi qu’il advînt. La petite fille se pliait de bonne grâce à leurs exigences, et montrait le meilleur d’elle-même pour gagner jour après jour l’affection de ceux qui avaient placé l’excellence au centre de leurs préoccupations.

             Victoria entra au cours préparatoire avec une année d’avance. Elle se serait bien passée de cette futilité pour continuer à évoluer avec les enfants de son âge, mais la messe était dite, le petit prodige était bien trop en avance pour perdre son temps un an de plus en classe de maternelle. Ses parents se montrèrent enthousiastes à cette idée, Victoria n’en fut que plus obéissante. Les journées étaient parfois difficiles pour la petite fille qui peinait à trouver sa place. Mais son père la rassurait, soutenant qu’elle était un être à part, bien capable de surmonter les difficultés et de transcender les épreuves, pour en faire des expériences positives lui permettant d’avancer dans la vie. Victoria ne pouvait qu’acquiescer, faire contre mauvaise fortune bon cœur et offrir à ses parents l’attitude de petite écolière irréprochable qui était attendue de sa personne.

             Elle persévéra donc, assidue, prête à fournir les efforts nécessaires pour trouver grâce à leurs yeux

     

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  • [Livre] Un couple irréprochable

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    Résumé : Angela Powell est en apparence une femme comblée. Elle mène une vie confortable avec Jason, un brillant professeur d'économie devenu une personnalité médiatique, et leur fils de treize ans. Mais leur bonheur de façade se lézarde lorsque l'une des stagiaires de son mari dépose plainte contre lui pour comportement déplacé, puis qu'une de ses collaboratrices l'accuse de viol. De quoi donner à Angela l'impression qu'elle ne connaît peut-être pas si bien celui qui partage sa vie. Pourtant, face à l'obstination d'une enquêtrice coriace, elle choisit quand même de jouer son rôle d'épouse et de le défendre, envers et contre tout.
    La disparition soudaine d'une des deux jeunes femmes donne cependant une autre dimension à l'affaire. Tandis que la presse se repaît du scandale, Angela est tiraillée entre la honte, le doute et le besoin de préserver un sombre secret...


    Auteur : Alafair Burke

     

    Edition : Presse de la cité

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 10 septembre 2019

     

    Prix moyen : 21€

     

    Mon avis : L’auteur, Alafair Burke, a toujours baignée dans le crime. Réfugiée dans les romans policiers pour oublier qu’un tueur en série fait rage dans sa ville durant sa jeunesse (probablement BTK, Dennis Rader de son vrai nom), elle a ensuite fait des études de droit et a travaillé pour un juge avant d’être procureur adjoint spécialisée dans la violence domestique.
    Alors autant dire que quand elle aborde les sujets tels que les plaintes pour agressions sexuelles ou viol, les atermoiements des victimes, ainsi que la difficulté, parfois, à démêler le vrai du faux, elle sait de quoi elle parle !
    Jason et Angela sont un couple qui apparait comme parfait. 

    Comme je me méfie dès que ce mot est posé, j’ai immédiatement cherché les failles chez eux.
    Et j’étais plutôt contente de mon analyse.
    Angela est une femme rigide, qui veut tout contrôler en réaction à un drame qu’elle a vécu adolescente. Elle est dans le déni complet, à ce sujet, refuse de consulter pour dépasser le traumatisme (et du coup l’impose un peu à tout le monde, l’air de rien).
    Jason est fou amoureux de sa femme, mais le manque d’intimité entre eux lui pèse et il se montre volontiers charmeur envers les jeunes dames. Il est une célébrité locale, très engagé dans l’éthique des sociétés et justement, une des sociétés avec qui il travaille semblent ne pas être très clean et il est bien décidé à le prouver et à la dénoncer.
    Alors, quand il se retrouve soudainement accusé coup sur coup d’agression sexuelle et de viol, j’avoue que j’ai été plus que sceptique.
    A aucun moment je n’ai cru à la sincérité des deux « victimes », leur attitude ne me donnait pas du tout le sentiment qu’elles étaient ce qu’elles prétendaient être.
    Ce qui ne veut pas dire que j’ai pris Jason comme l’agneau qui vient de naitre. Je lui reprochais bien des choses : charmeur lourdingue, voire infidèle… bref pas de quoi l’expédier en taule quand même (quoi que pour l’infidélité, ça ferait pas de mal !).
    Et en plus, j’ai trouvé la flic extrêmement antipathique. Avant même de commencer à enquêter, elle décrète que Jason est coupable et elle ne cherche dans aucune autre direction.
    Donc j’avais une bonne analyse de la situation.
    Sauf que…
    Ben oui, plus on avance et plus on doute : Et si Jason était coupable ? Et si au moins une des « victimes » disait la vérité ? Ou est-ce que les victimes pourraient être complices ? Ou est-ce que c’est encore plus tordu que ça ? Ou beaucoup plus simple ?
    Et plus on avance, plus nos certitudes s’effritent (surtout les miennes, oui). J’ai imaginé pas mal de scénarios mais l’auteur m’a vraiment menée par le bout du nez.
    Jamais je n’aurais pu voir venir ce qu’elle nous réserve.
    L’auteur manie avec brio le retournement de situation. Elle nous met en confiance avec des trucs dont on se dit que ce n’est pas original pour nous épingler au mur quelques pages plus loin.
    Jusqu’à la toute dernière page, jusqu’à la toute dernière phrase même, après une dernière partie à enchaîner les « Quoi !? Mais non… », je n’ai rien vu venir.
    Il n’y a pas de course-poursuite, pas de bagarre, pas d’hémoglobine…
    Tout est psychologique, à moitié thriller, à moitié drame familial.
    Mais une chose est sûre, après avoir lu ce livre, vous ne croirez plus personne ! Jamais !

     

    Un extrait : La femme qui m’avait appelée pour demander que Jason offre un repas en sa compagnie à la vente aux enchères du collège l’année suivante s’appelait Jen Connington. Je ne prends même plus la peine d’indiquer les noms des personnes quand je raconte à mon mari ce qui se passe dans ces parties de notre vie qu’il ignore, parce que je sais qu’il les oubliera aussitôt. Jen est la mère de Madison et d’Austin, et la femme de Theo. Nouvellement élue présidente du comité d’organisation de la vente aux enchères, c’est l’une des trois compétitrices en lice pour le titre de reine des abeilles parmi toutes les mamans de Friends Seminary.

    « Bonjour, Angie », avait-elle dit quand j’avais décroché.

    Mon surnom n’est pas Angie. J’en ai bien eu un, autrefois – Gellie –, que seuls mes parents utilisaient. Mais bon, j’imagine que, pour une Jennifer se faisant appeler Jen, toutes les Angela sont des Angie.

    « Merci encore d’avoir accepté de concocter un dîner !!! »

    J’avais eu l’impression de voir se succéder les points d’exclamation.

    « En attendant, nous avons pensé que vous seriez peut-être heureuse d’être déchargée de cette corvée l’année prochaine. »

    « Nous ». Je m’étais aussitôt demandé quelles autres mères de famille étaient à l’origine du changement dont j’allais être informée.

    « Oh, vous savez, Jen, c’est le moins que nous puissions faire… »

    Dans ma bouche, ce « nous » avait une portée beaucoup plus modeste, me semblait-il.

    Je l’avais aussitôt imaginée racontant à son mari Theo devant un cocktail ce soir-là : « Combien de fois se croit-elle obligée de me rappeler qu’elle était le traiteur attitré de tout le gratin des Hamptons ? » C’était le seul véritable travail que j’aie jamais eu. À l’époque, j’en retirais une certaine fierté mais, pour les femmes comme Jen Connington, je serai toujours celle dont la carrière a culminé au poste d’aide-cuisinière.

    « Oui, eh bien, vous allez sans doute me prendre pour une féministe radicale, mais nous nous sommes dit qu’il était grand temps que certains papas s’investissent aussi – à parts égales, en somme. »

    Elle avait éclaté de rire, manifestement contente de son allusion au best-seller de Jason, intitulé Equalonomics1.

    « Alors, à votre avis, pourrions-nous persuader votre mari de sortir de sa tanière ? »

    J’avais répondu que je préférerais qu’il y reste terré. Au moins, je le verrais plus souvent.

     

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  • [Livre] Diabolic – T02 – Le trône de sang

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    Résumé : Les Diabolics, ces créatures issues d'une manipulation génétique, plus fortes, plus rapides et plus impitoyables que n'importe quel être au monde, ont été décimées.
    Mais trois Diabolics sont encore vivants.
    Deux sont gardés en isolement total, enchainés à vie.
    Le troisième s'apprête à prendre le pouvoir.
    Depuis la mort de sa maîtresse, Némésis n'a plus aucune limite.
    Mais avant de devenir la future impératrice de la galaxie, Némésis doit réussir à obtenir le statut d'être humain.
    Et pour cela, elle est prête à tout.
    Quitte à donner sa vie.
    Quitte à en prendre d'autres


    Auteur : S.J. Kincaid

     

    Edition : Bayard

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 16 mai 2018

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : A la fin du 1er tome, le prince Tyrus, qui a simulé la folie toute sa vie, succède à son oncle et fait un coup d’éclat en désignant Nemesis comme sa future impératrice et en condamnant à mort son ignoble grand-mère, Cygna.

    A peine sur le trône, voilà notre petit couple confronté à une tentative de meurtre (qui ne semble pas être la première).
    Nemesis et Tyrus mettent en place des stratégies mais ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde. Nemesis serait plutôt partisane de tuer toutes les menaces potentielles alors que Tyrus cherche sans cesse de nouvelles options.
    Le rythme est rapide, les actions s’enchaînent sans discontinuer.
    Ce tome-là est placé sous le signe du complot : complots des sénateurs contre l’empereur, complots des prélats…
    A chaque fois qu’un personnage ouvre la bouche, on se demande si ce qui en sort n’est pas un tissu de mensonges.
    Finalement les seuls à se montrer honnêtes dans ce tome sont Péril et Supplice, les deux Diabolics de la défunte Cygna qui n’ont jamais été exécutés.
    Le sénateur Von Pasus est une ordure mais vu sa fille, qui a tué Sidonia dans le 1er tome et a été éliminée par Nemesis, on s’en doutait un peu (la pomme ne tombant jamais loin de l’arbre… ça nous donnait un aperçu du père).
    Neveni, La Lumine, amie de Nemesis, m’a vraiment insupportée dans ce tome.
    Je comprends que les actes de Von Pasus l’aient rendue folle de rage (On le serait à moins), mais sa manière d’agir avec Nemesis est vraiment lamentable.

    Je dois dire que je ne m’attendais vraiment pas au tour que prend ce tome.

    L’histoire s’engage sur une route à laquelle je n’aurais jamais pensé, et laquelle je ne suis pas sûre qu’elle puisse encore dévier.

    Les 200 dernières pages environ, ont été une véritable torture (vous avez remarqué qu’on devient masochiste avec ce roman ? On souffre et pourtant on en redemande). Quasiment à chaque paragraphe, pour ne pas dire à chaque ligne, je me disais : « On non, non, non, c’est pas possible ça ! »

    La fin, après que j’ai fini de m’étrangler d’indignation, m’a donné une furieuse envie de me jeter sur le prochain tome.

    J’ai l’impression qu’après avoir passé deux tomes à chercher à s’humaniser à tout prix, Nemesis va renouer avec sa nature profonde de Diabolic.

    Et j’ai comme le sentiment que ça va faire mal !

     

    Un extrait : Quelqu’un avait voulu m’empoisonner. Je le sus à la première gorgée de mon verre.

    Un imbécile allait donc mourir.

    J’observai la salle du trône pleine de monde et tentai d’identifier le candidat à la mort qui avait eu la mauvaise idée de donner du poison à une Diabolic. Ce n’était pas la première fois qu’on attentait à mes jours depuis le couronnement de Tyrus – loin de là. J’avais déjà subi l’attaque du jeune Grandé Austerlitz, qui avait essayé de me poignarder par surprise. Sa tentative m’avait assez amusée pour que je tolère ses offensives maladroites quelques secondes.

    Estimant sage de me montrer diplomate, je lui avais laissé sa chance.

    – Arrêtez immédiatement, lui avais-je ordonné en esquivant son premier coup, puis le suivant.

    Il s’était contenté de se précipiter sur moi avec une moue hargneuse. Après m’être déportée, je lui avais crocheté les jambes. Il avait tenté de se relever en poussant un hurlement ; je lui avais ouvert le crâne d’un puissant coup de pied à la tête.

    Plusieurs jours s’étaient écoulés avant l’attentat suivant. Cette fois, son auteur avait été une jeune prêtresse fanatique. Elle avait trahi ses intentions en criant : « Meurs, monstre ! » juste avant d’essayer de m’entraîner avec elle dans un sas d’évacuation.

     

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  • [Livre] L’anti-Magicien - Tome 1

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    Résumé : Kelen, 16 ans, est l'héritier d'une des grandes familles qui se disputent le trône de la cité. Il prépare son premier duel pour devenir mage. Mais ses pouvoirs ont disparu. Il doit ruser... ou tricher, quitte à risquer l'exil, voire pire.
    Ses seuls soutiens, deux acolytes explosifs: Furia, la vagabonde imprévisible et Rakis, un chacureuil féroce et acerbe.


    Auteur : Sébastien de Castell

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 26 avril 2018

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Kelen, le personnage principal de cette saga, n’a pas de chance.
    Il vit dans un clan, les Jan’Tep, qui place la magie au-dessus de tout et a la désagréable habitude de réduire en esclavage ceux d’entre eux qui ne sont pas assez puissants pour réussir leurs épreuves de mages, épreuves qui leur donnent officiellement le statut de Jan’Tep. Ceux qui échouent sont relégués au triste rang de Sha’Tep.

    Et Kelen, qui approche de l’âge fatidique des épreuves, n’arrive pas à produire la plus petite étincelle de magie.
    Vous conviendrez que c’est un problème.
    J’ai vraiment détesté les Jan’Tep. Ils sont d’une arrogance insupportable, la pire d’entre eux étant sans nul doute la petite sœur de 13 ans de Kelen. Une vraie tête à claque celle-là !

    Les mages se reposent quasiment uniquement sur leur magie alors que Kellen, peut-être du fait de sa carence magique, accorde une grande importance à la ruse et à la réflexion (Bon, après, il a 16 ans, ce n’est pas un grand penseur).
    Et d’ailleurs, parce qu’il a 16 ans, il évolue. Il découvre certaines choses et est capable de remettre en question un certain nombre de choses qu’il tenait pour acquises ou pour être la vérité.

    Deux personnages vont l’épauler : D’abord Furia, une mystérieuse aventurière dont on ne sait pas bien d’où elle sort tant elle ne ressemble à aucun des peuples qui vivent autour du clan de Jan’Tep. Elle est dotée de plusieurs jeux de cartes, dont un fabriqué dans un fin métal bien tranchant, écluse l’alcool comme d’autres s’enfilent du coca zéro (n’y voyez aucun aveu !). Bref, une anti-héroïne, absolument pas politiquement correcte, et qui adore plus que tout filer des branlées aux gars un peu trop arrogant qui entendent faire plier autrui à leurs idées.
    Ensuite, il y a mon personnage préféré : Rakis.
    Rakis est un chacureuil, ce qui est décrit par Furia comme un écureuil de la taille d’un chat.
    Il s’allie à Kellen et va l’aider dans son aventure. Mais rien n’est gratuit avec Rakis qui est un vrai manipulateur. Il a aussi un de ces caractères : malgré sa taille, la seule réponse acceptable pour lui à à-peu-près-tout est de sauter à la gorge de son adversaire pour lui arracher des morceaux.
    Autant dire que chacune de ses interventions m’a fait éclater de rire !

    L’histoire est pleine de rebondissements car il y a plus d’une intrigue dont une en particuliers qui touche de très près Kellen et qui va sans doute devenir l’intrigue principale de la saga.
    Même si on a ici un premier tome qui doit nécessairement mettre en place un univers entier, il ne s’agit pas pour autant d’un simple tome d’introduction.
    Il est prenant, plein de surprises, de révélations, de complots et de trahisons.

    J’ai surtout aimé que l’humour soit bien présent malgré une histoire plutôt sombre, mais qui laisse la place à de l’émotion (J’ai versé une larme… bon ok, un torrent… à un moment)/
    La série devrait compter 6 tomes, autant dire que Kellen n’est pas au bout de ses peines et de ses aventures.

    J’espère juste que le reste de la série sera à la hauteur de ce premier tome et que, bien sûr, elle sera publiée en entier !

     

    Un extrait : Les vieux maîtres de sort aiment raconter que la magie a un goût. Les sorts de braise ressemblent à une épice qui vous brûle le bout de la langue. La magie du souffle est subtile, presque rafraîchissante, un peu comme si vous teniez une feuille de menthe entre vos lèvres. Le sable, la soie, le sang, le fer… chacune de ces magies a son parfum. Un véritable adepte, autrement dit un mage capable de jeter un sort même à l’extérieur d’une oasis, les connaît tous.

    Moi ? Je n’avais pas la moindre idée du goût de la haute magie, ce qui était précisément la raison pour laquelle j’avais tant d’ennuis.

    Tennat m’attendait au centre des sept colonnes en marbre qui bordent l’oasis de notre cité. Il avait le soleil dans le dos, ce qui projetait son ombre dans ma direction. Il avait sans aucun doute choisi cette position pour obtenir précisément cet effet. Et c’était réussi, parce que j’avais la gorge aussi sèche que le sable sous mes pieds, et le seul goût dans ma bouche était celui de la panique.

    – Kelen, ne fais pas ça, me lança Nephenia en accélérant le pas pour me rejoindre. Tu peux encore déclarer forfait.

    Je m’arrêtai. Une petite brise tiède agitait les fleurs des tamarix qui bordaient la rue. Leurs minuscules pétales flottaient dans l’air et scintillaient sous le soleil de l’après-midi comme autant de particules de magie du feu. J’aurais bien eu besoin d’un peu de magie du feu, à cet instant.

    En réalité, j’aurais accepté n’importe quelle magie.

     

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  • [Livre] Amis et rien de plus

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    Résumé : Depuis l’adolescence, Chastity le sait : les hommes ne la considéreront jamais autrement que comme une bonne copine, incollable en foot et imbattable aux fléchettes, sans jamais oser envisager quoi que ce soit de plus. Comment pourrait-il en être autrement, alors que ses trois frères et son père peuvent se transformer en véritables serial-killers dès qu’un représentant de la gent masculine s’approche à moins de dix mètres d’elle ?
    Mais aujourd’hui, Chastity a décidé de prendre les choses en main et de trouver l’âme sœur, coûte que coûte. L’homme qui lui fera les quatre enfants dont elle rêve en secret. Alors, quand elle rencontre Ryan, un séduisant chirurgien, elle se dit qu’il est là, enfin, celui qu’elle attendait, celui qui aura le courage d’affronter son envahissante famille — cette famille qu’elle aime tant, par ailleurs. Oui, mais voilà, il y a aussi Trevor, l’ami de toujours, dont un seul regard suffit hélas à faire chavirer son cœur.


    Auteur : Kristan Higgins

     

    Edition : HarperCollins

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 14 novembre 2016

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : A force d’entendre Moody take a book chanter les louanges de Kristan Higgins, il fallait bien que je teste enfin cet auteur.

    Toujours dans le cadre du Valentine’s day challenge, je devais lire un livre présentant un triangle amoureux et dans ce livre, on n’a pas un triangle amoureux, mais deux !

    Et ça, ça complique sacrément les choses.

    Concernant notre héroïne, c’est une grande blonde d’1m82, hyper musclée par la pratique intensive de l’aviron. Même si elle n’est pas présentée comme hyper féminine, j’ai eu tendance à oublier combien elle était charpentée à cause de son attitude et surtout de ses failles.

    Ses sentiments, qu’elle a souvent du mal à cacher, la rendent vulnérable et sa phobie du sang renforce cette impression.

    J’ai apprécié ce paradoxe entre son apparence et sa vulnérabilité car on nous présente trop souvent de petites choses d’1m60 et taille S (Un peu comme Hayden, un des personnages impliqués dans un des triangles) comme si tout autre « format » était dépourvu de tout sentiment.

    Pourvue de 4 frères aînés (3 pompiers et 1 démineur), d’un père capitaine de caserne et d’un ami d’enfance, membre honoraire de la famille, pompier également, notre héroïne, que sont père a trouvé très drôle d’appeler Chastity Virginia, n’a pas la langue dans sa poche.
    Pas facile non plus de trouver un homme prêt à affronter 6 cerbères cherchant à égorger quiconque reluque la « petite O’Neill » dite « La belette » avec des intentions pas vraiment catholiques.

    Pour rajouter à sa situation déjà compliquée, Chastity est une fan inconditionnelle du seigneur des anneaux et est l’heureuse propriétaire d’une énorme chienne baveuse et exubérante.
    Le rêve de Chastity est de se marier et d’avoir des enfants. C’est vraiment le but de sa vie et je me doute que ça a du faire grincer des dents à toute la génération à qui on inculque que la carrière professionnelle est le seul rêve qui soit acceptable.
    Il parait que c’est du féminisme.

    Perso, je pense que ce livre soulève un point important : le féminisme c’est plutôt que chaque femme puisse avoir les rêves qui lui correspondent sans être jugée, dénigrée, devoir se justifier ou encore être accusée de faire reculer la cause féministe.

    J’ai beaucoup aimé la mère de Chastity. Je l’ai trouvé très forte de poursuivre la quête de son bonheur sans se laisser influencer par ses enfants ou par la sorte de chantage affectif qui lui fait son ex-mari.
    En fait, personne dans sa famille n’a pris son divorce au sérieux, même pas le divorcé. Chacun a cru que c’était une sorte d’excentricité.

    Il faut donc qu’elle se montre ferme avec eux pour que sa vie prenne le chemin qu’elle désire. Et après avoir élever 5 gosses, on peut dire qu’elle a gagné ce droit !

    Au centre des deux triangles amoureux, il y a Chastity et Trevor qui ont eu une aventure à la fac mais on rompu de peur de changer la relation de Trevor avec la famille de Chastity.
    Depuis cette aventure, Chastity mesure tous les hommes à l’aune du jeune homme.

    Autour de l’histoire principale, il y a pleins de petites histoires secondaires qui rendent cette famille vivante aux yeux des lecteurs.

    Avec toutes ces péripéties qui s’imbriquent les unes dans les autres, ce roman se lit vraiment très vite.
    On se doute bien de comment tout cela va se terminer, mais tout l’intérêt réside dans le cheminement pour arriver à ce résultat.
    Comme l’a dit Robert Louis Stevenson (qui semble-t-il a piqué cette réflexion à un proverbe gitan) : « L’important ce n’est pas la destination, c’est le voyage ».

     

    Un extrait : — Je crois qu’on devrait cesser de se voir.

    De mon côté, c’est la stupéfaction la plus totale. Sous l’effet d’un hoquet, le champignon farci que je viens d’enfourner dans ma bouche file droit vers mon œsophage. Inconscient du drame qui se noue, Jason poursuit :

    — C’est vrai, on a fait le tour, tu ne crois pas ? Ce que je veux dire, c’est qu’entre nous ce n’est pas comme si…

    L’air ne passe plus par ma pauvre trachée, qui semble complètement obstruée. J’ai les yeux qui larmoient, la poitrine qui convulse — Dis, Jason, avant de rompre avec moi, ça te dérangerait de me faire une petite manœuvre de Heimlich ? Je frappe la table du plat de la main, ébranlant les couverts et la vaisselle en porcelaine, mais Jason paraît attribuer ma détresse au désespoir amoureux et non à un quelconque manque d’oxygène. Il détourne les yeux.

    Mon amuse-bouche est en train d’avoir ma peau. Je savais bien que je n’aurais pas dû commander ces succulents champignons, mais Emo les fait revenir dans beaucoup de beurre, relevés par une persillade qui… euh, bon… Faut que je respire, là. La critique gastronomique, ce sera pour plus tard. Dans ma gorge, la pression monte. Je cale mon poing juste au-dessous de mon sternum et me jette de toutes mes forces contre le rebord de la table. Le champignon jaillit de mon gosier, heurte un verre à eau et finit sa course sur une serviette blanche. J’inspire à pleins poumons avant d’être prise d’une quinte de toux.

    Jason considère avec dégoût le champignon que, machinalement, je récupère pour l’envelopper dans une serviette. Je prends une autre merveilleuse goulée d’air. Ah, respirer… C’est très sous-estimé, comme fonction. La voix rauque, je parviens à articuler :

    — J’étais en train de m’étouffer, idiot !

    — Oh ! Désolé… Eh bien, heureusement que c’est passé.

    J’ai du mal à croire que j’aie pu sortir avec Jason, sans parler du fait qu’il est en train de me larguer. Me larguer, parfaitement ! Alors que c’est moi qui devrais le jeter !

    Je regarde la serviette roulée en boule autour de ce qui a bien failli être l’instrument de mon trépas. Quand je pense au pauvre commis qui va devoir s’en occuper… Je devrais peut-être le prévenir ? Sans quoi il va, en toute innocence, secouer la serviette sans plus de précautions, expédiant dans les airs le champignon intact, qui atterrira sur le sol de la cuisine et finira peut-être écrasé sous la semelle d’une chaussure…

    Concentre-toi, Chastity, concentre-toi. Tu es en train de te faire plaquer. Arrange-toi au moins pour savoir pourquoi.

    — Ecoute, Jason, c’est très bien… Enfin, je veux dire que de toute évidence, entre nous ça n’était pas le coup de foudre. Mais sinon, ça t’ennuierait de me dire… eh bien, pourquoi ?

    Jason, que je fréquente depuis trois semaines environ, boit une gorgée de vin, l’air parfaitement indifférent, et fixe du regard un point au-dessus ma tête.

    — Chastity… Faut-il vraiment que nous analysions en détail le pourquoi du comment ?

    — Eh bien, euh… Vois ça comme un désir de ma part de glaner quelques informations sur le sujet. Après tout, je suis journaliste, ne l’oublie pas…

    Je tente de lui sourire en toute amitié, sauf qu’à cet instant je ne me sens pas franchement d’humeur affable. Ni maintenant ni jamais, à la réflexion. Du moins pas envers Jason.

    — Tu tiens vraiment à le savoir ?

    — Mais oui, absolument !

    Je laisse passer quelques secondes ; une brusque boufféed’émotion me picote la poitrine. Notre brève relation aura été tiède au possible, mais je pensais être la seule des deux à ressentir un malaise. En réalité, pour moi, il s’agit surtout d’une blessure d’amour-propre. Nous n’en sommes qu’à notre quatrième rendez-vous, Jason et moi. Il habite Albany, et c’est un peu pénible de devoir faire le trajet en voiture — du reste, il arrive que la motivation nous fasse défaut à l’un comme à l’autre. N’empêche, je n’ai rien vu venir.

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  • [Livre] Toute la vérité sur Ella Black

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    Résumé : "Je commence par taper mon ancien nom, Ella Black.
    Mes doigts tremblent. J’ai besoin de savoir qui je suis.
    Je

    ne

    sais

    pas

    qui

    je

    suis."


    Auteur : Emily Barr

     

    Edition : Casterman

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 22 août 2018

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : Ella est une jeune fille perturbée. Je me suis demandée à plusieurs reprises si elle n’était pas schizophrène, ce qui expliquerait la présence en elle de cette voix qui la pousse à la violence et qui la submerge parfois.

    J’ai globalement apprécié ma lecture, j’ai aimé l’écriture et le rythme de l’histoire.

    J’ai aussi beaucoup apprécié le compte à rebours au début de chaque chapitre qui fait que l’on tourne les pages avec un certain sentiment d’urgence.

    C’était une bonne lecture mais pas un coup de cœur, et cela tient essentiellement aux personnages.
    J’ai trouvé que les parents d’Ella faisaient une montagne d’une taupinière.
    Dès le moment où sa mère vient débarque au lycée, j’ai commencé à élaborer des théories au sujet de l’affreux secret qu’elle et son époux semblent cacher. Et quand on fini enfin par savoir de quoi il retourne exactement, ça m’a fait l’effet d’un soufflé sorti trop tôt du four. Je me suis dit : « Tout ça pour ça ? Sérieusement ? » Je m’attendais à tellement plus que je me suis sentie flouée.
    Jack et Lily avaient, eux, l’air prometteur, surtout Jack, mais, après des pages de présentation et d’introduction de leurs personnages, ils disparaissent purement et simplement. C’est à peine si Ella fait allusion à eux par la suite.

    Et Ella ? Alors on va passer sur la romance absolument pas crédible (qu’une gamine de 17 ans tombe follement amoureuse au premier regard, je veux bien le croire, mais qu’un gars de 21 ans, en vacances, fasse tout ce que va faire Christian pour une nana qu’il a vu seulement quelques heures, là, ça devient du grand n’importe quoi), qui ne gène pas vraiment car elle reste au second plan.
    D’ailleurs, ce coup de cœur pour un parfait inconnu est révélateur de la personnalité d’Ella : totalement immature, déconnectée des réalités, elle change d’avis comme de chemise sans jamais réfléchir aux conséquences de ses décisions (et même pas aux conséquences immédiates).
    Bien qu’elle comprenne très vite que ses parents lui cachent un secret, jamais elle ne se montre ferme en exigeant des explications. Elle pleurniche avant tout sur le fait que ses parents lui ont confisqué son téléphone plutôt que de poser les bonnes questions sur le fond du problème.
    Même si l’attitude des parents est inqualifiable, il est clair que les réactions d’Ella ne va pas les convaincre de se montrer honnêtes.

    Il y avait tant de choses qu’elle pouvait faire plutôt que les choix qu’elle fait.

    Je l’ai de plus trouvé terriblement naïve.
    Un des éléments du secret (vous comprendrez que je ne vous dise pas lequel) manque aussi totalement de crédibilité. Je veux dire que si on s’arrête pour réfléchir deux secondes, on se demande comment tout cela est seulement possible.

    Ella m’a souvent fait lever les yeux au ciel et l’explication quant à sa sorte de double personnalité m’a laissée un peu perplexe.

    Cela dit, le personnage d’Ella et les petites incohérences ne m’ont pas empêché d’apprécier ma lecture.
    J’ai passé un bon moment, même si ce roman n’a été à la hauteur de ses promesses. Il reste néanmoins une bonne lecture.

     

    Un extrait : Recroquevillée sur un banc, je frissonne, mais je suis occupée alors je me fiche d’avoir un peu froid. J’ai un crayon et un carnet à dessin en équilibre sur les genoux et je suis assise dans un parc, adossée à Jack qui lit un livre. Je fais face au palais de Westminster, très concentrée sur mon dessin. Pourtant, ce n’est pas la vue que je dessine – j’ai déjà quelques pages de Big Ben dans mon carnet. Aujourd’hui, c’est autre chose qui semble vouloir apparaître sur la page.

    — Tu as bientôt fini ? demande Jack. Prends tout le temps qu’il te faut, bien sûr, mais il va pleuvoir et…

    Il se retourne pour regarder mon dessin.

    — Ah, fait-il. Ah ouais, une interprétation métaphorique du paysage ?

    — C’est ça.

    — Ella Black m’a fait grelotter sur un banc pendant une heure pour dessiner… Ella Black.

    — Ce n’est pas Ella Black.

    — Désolé de te l’apprendre, ma belle, mais je crois bien que si.

    Je baisse les yeux vers le papier. Elle me ressemble, mais ce n’est pas moi. J’aimerais que Jack s’en rende compte, même si je ne vois pas comment faire. Si je lui expliquais, il finirait sans doute par comprendre, mais ça n’arrivera pas. Je laisse échapper un petit rire nerveux et lui aussi.

    — Et ton livre, il est comment ? je demande.

    — Génial, en fait. On est en plein dans l’apocalypse. Et tu sais quoi ? Tu as raison. Ce dessin, ce n’est pas tout à fait toi. C’est toi avec un regard de folle. Toi en train de penser à quelque chose que tu hais, pas vrai ?

    Je lève les yeux vers lui et respire un bon coup.

    — Oui, je dis. Oui, voilà. C’est exactement ça.

    — Ce n’est pas à moi que tu penses, au moins ?

    Je le regarde. Blond, quelconque, il est l’un de mes deux meilleurs amis. L’un des deux seuls amis que j’ai au monde. J’adore sa bouille. J’adore tous les secrets qu’on partage. Sauf que moi, je connais son grand secret, mais lui ne connaît pas tous les miens. Cela dit, il est possible qu’il me cache aussi des choses.

    C’est même sûrement le cas.

     

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