Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Romances

  • [Livre] La mer en hiver

    la mer en hiver.jpg

     

    Résumé : Lorsque Carrie McClelland, auteur à succès, visite les ruines du château de Slains, elle est enchantée par ce paysage écossais, à la fois désolé et magnifique. La région lui semble étrangement familière, mais elle met de côté son léger sentiment de malaise afin de commencer son nouveau roman, pour lequel elle utilise le château comme cadre et l’une de ses ancêtres, Sophia, comme héroïne. Puis Carrie se rend compte que ses mots acquièrent une vie propre et que les lignes entre fiction et faits historiques se brouillent de plus en plus. Tandis que les souvenirs de Sophia attirent Carrie encore plus au cœur de l’intrigue de 1708, elle découvre une histoire d’amour fascinante, oubliée avec le temps. Après trois cents ans, le secret de Sophia doit être révélé.

    Auteur : Susanna Kearsley

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Romance historique

     

    Date de parution : 19 Octobre 2017

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Ce roman m’a beaucoup fait penser au film « d’un rêve à l’autre », sauf qu’ici ce n’est pas quand Carrie s’endors que Sophia prend vie, mais quand elle entre dans une sorte de transe la poussant à écrire le roman qu’elle a voulu du point de vue de son ancêtre.
    Ce qui, au départ, devait être un ajout fictif à un fond historique, devient de plus en plus étrange. Des faits que Carrie écrit, comme poussée par une force mystérieuse, s’avèrent ayant vraiment eu lieu, chose qu’elle n’avait aucune possibilité de savoir.
    Nous, lecteur, nous passons de l’histoire de Carrie à l’histoire de Sophia sans heurt, retrouvant le présent quand Carrie sort de transe et cesse d’écrire.
    J’ai beaucoup aimé que les chapitres consacrés à Carrie soient noté 1, 2, 3 etc… et ceux consacrés à Sophia I, II, III… bien qu’au fil des chapitres, la distinction ne soit plus aussi tranchée.
    J’ai aussi beaucoup aimé découvrir l’histoire de la tentative de prise de pouvoir Jacobite. Dans une note de fin de livre, l’auteur explique que, quand les faits historiques étaient avérés, elle s’y est strictement tenue. Ainsi, malgré le côté romancé dû à l’introduction de personnages imaginé comme Sophia ou les domestiques, l’histoire avec un grand H est assez fidèle à la réalité.
    Pendant tout le livre, j’ai espéré une fin, qui, si elle n’a pas réalité historique aurait au moins le mérite de faire en sorte que l’histoire de Sophia ne se termine pas mal. Je ne vous dirais pas si mes espoirs ont été déçus ou comblés mais sachez qu’ils m’ont du moins tenus en haleine jusqu’à la dernière ligne.
    Pour une fiction, l’auteur s’est clairement compliqué la tâche en s’imposant le strict respect des connaissances historiques. Ainsi il a fallu qu’elle jongle avec les dates, avec les rapports fait de discussions qui ont eu lieu entre certains personnages et qu’il lui a fallu intégrer dans son histoire. Contrairement à beaucoup d’auteurs de fiction, elle n’a pas plié l’histoire à ses besoins, mais s’est pliée aux obligations de l’histoire. C’est sans doute pour cela que ce roman a été un tel coup de cœur pour moi !
    J’ai aimé tous les personnages. Même les méchants ! Enfin, disons plutôt que ceux-là, j’ai adoré les détester et les vouer aux flammes de l’enfer ! En tout cas, pas un ne m’a laissé indifférente, pas même ceux qui étaient déjà morts quand l’histoire commence.
    L’histoire de Carrie est moins exaltante que celle de Sophia, parce que, ne nous voilons pas la face, on se doute que tout finira bien pour elle, et si les gens qui l’entourent sont très gentils, il n’y a guère de surprises dans leurs réactions et attitudes. En revanche, on tremble sans cesse pour Sophia qui, non contente de vivre à une époque dangereuse, n’a pas non plus la vie facile à titre personnel. J’ai trouvé que les passages concernant Carrie nous permettaient de souffler et de digérer ce qu’il se passait en 1708. C’étaient d’agréables interludes qui nous permettaient d’en savoir plus sur la période historique à travers les recherches de Carrie sans que l’histoire de Sophia ne soit alourdie.
    Au début j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire mais ça s’est arrangé dès que j’ai plongé dans la partie concernant Sophia et surtout que je me suis concentrée uniquement sur ce livre, sans en lire un autre en même temps. C’est un livre qui n’aime pas la concurrence !
    Mais je ne regrette pas de n’avoir eu qu’une seule lecture pendant quelques jours, parce que, réellement, ça a été un immense coup de cœur.

     

    Un extrait : Ce n’était pas un hasard. Rien de tout cela n’était arrivé par simple hasard.

    Je l’appris plus tard ; même si j’eus du mal à accepter cette évidence quand elle me frappa, car j’avais toujours cru fermement à l’autodétermination. Jusque-là, ma vie avait semblé corroborer cette idée – j’avais choisi certaines voies qui m’avaient menée à certaines fins, toutes positives, et je considérais les quelques contretemps rencontrés le long de la route non comme de la malchance, mais comme de simples fruits de mon jugement imparfait. Si j’avais dû choisir un credo, j’aurais opté pour ces deux vers du poète William Henley, vibrants de courage : Je suis maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme.

    Ainsi, lorsque tout commença en ce matin d’hiver, quand j’allai chercher la voiture que j’avais louée et que je quittai Aberdeen pour me diriger vers le nord, l’idée que quelqu’un d’autre puisse être à la barre ne m’effleura pas une seconde.

    Je croyais sincèrement que m’éloigner de la route principale pour emprunter celle qui longeait la rive découlait de ma propre décision. Sans doute pas la meilleure décision qui soit, d’ailleurs, étant donné que les routes étaient bordées de la neige la plus épaisse qui s’était abattue sur l’Écosse depuis quarante ans, et que l’on m’avait avertie des risques de dérapages et de retards. La prudence et le fait que j’aie un rendez-vous auraient dû m’inciter à rester sur la route principale, plus sûre, mais le petit panneau indiquant « Route côtière » me fit dévier.

    Mon père me disait toujours que j’avais la mer dans le sang. J’étais née et j’avais grandi sur la côte de la Nouvelle-Écosse, et je n’avais jamais pu résister à l’attrait des vagues. Alors, quand la route principale tourna vers l’intérieur des terres, je préférai bifurquer à droite et emprunter la voie côtière.

    Je ne pourrais pas dire à quelle distance je me trouvais lorsque j’aperçus sur les falaises le château en ruine, une ligne d’obscurité dentée se détachant sur un ciel nuageux, mais dès l’instant où je le vis, je fus captivée et accélérai. Je ne prêtai aucune attention aux grappes de maisons se dressant sur mon passage et sentis une pointe de déception lorsque la route repartit dans la direction opposée. Mais ensuite, derrière un bois touffu, la route tourna de nouveau et il surgit devant moi : un château sombre abandonné, s’élevant au milieu des champs enneigés qui s’étendaient entre la route et le bord de la falaise, comme pour en interdire l’accès.

     

    coup de coeur.jpg

     

  • [Livre] Il était une fois – T05 – La jeune fille à la tour

    La jeune fille à la tour.jpg

     

     

    Résumé : De passage à Londres, le duc de Kinross succombe au charme de la ravissante Edith Gilchrist. Parée de toutes les qualités nécessaires à une épouse, elle joue en prime divinement bien du violoncelle. Quelques baisers volés leur promettent déjà mille délices. Pourquoi faire traîner les fiançailles ? Le mariage est rondement célébré. Mais, contre toute attente, la nuit de noces se passe mal. La jeune femme s'isole dans la plus haute chambre du château de Craigievar. Et Gowan se retrouve face à un sacré défi : conquérir le coeur et le corps de la Belle de la Tour... sa duchesse

     

    Auteur : Eloïsa James

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 18 juin 2014

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Dernier tome de la saga « il était une fois », celui-ci est supposé s’inspirer de Raiponce. Mais j’ai trouvé que la tour dans son rôle principal arrivait bien trop tard dans l’histoire pour justifier le titre.
    En effet, ce n’est que dans les 50 dernières pages que l’histoire tourne autour de la tour. Avant cela, il s’en est passé des choses ! D’ailleurs, Edith ne file pas s’enfermer dès la nuit de noce passée, contrairement à ce que laisse entendre le résumé, mais bien longtemps après.
    J’ai beaucoup aimé Layla, même si son comportement est parfois un peu inconséquent. Déjà, elle n’aurait pas dû mentir à sa belle-fille concernant la nuit de noce. Ce mensonge va participer au désarroi d’Edith qui va penser que le problème qu’elle rencontre n’est pas normal. Si elle avait été prévenue, elle aurait pu dire à son époux que c’était éprouvant et qu’elle avait besoin de quelques jours avant de recommencer. Franchement, quand on voit le caractère du bonhomme, on se doute qu’il aurait compris et ne se serait pas imposé à sa femme.
    Au début, je ne supportais pas Bardolph, j’avais l’impression qu’il cherchait un peu à conserver sa place de numéro 1 auprès de Gowan, même si cela devait se faire aux dépends de la vie du couple de son patron. Mais finalement, j’ai fini par l’apprécier. Il cache bien son jeu !
    J’ai trouvé Gowan un peu pénible. Entre sa manière de ne pas lâcher ses livres de compte une seconde, comme si la moindre seconde passée à autre chose était une seconde perdue, et sa façon de s’occuper de sa sœur, j’ai trouvé qu’il n’était vraiment pas à la hauteur. Tout dois aller vite avec lui, et peu importe s’il brise des cœurs et blesse des sentiments au passage.
    D’un autre côté, Edith est tout aussi pénible que lui avec sa musique. Je comprends qu’elle soit passionnée, mais à un moment donné, il n’y a pas que ça dans la vie. Elle s’est mariée, elle pourrait grandir un peu et prendre ses responsabilités de châtelaine un peu au sérieux au lieu de sans cesse chercher à s’en décharger sur d’autres. Ce n’est quand même pas comme si on lui demandait de trimer dans les champs du matin au soir.
    Et surtout, ces deux-là m’ont exaspérée à ne jamais se parler franchement. Tout se complique uniquement parce qu’ils sont trop fiers pour dire les choses et on aurait envie d’entrer dans le livre pour leur filer des baffes !
    La lecture demeure agréable, bien que la fin soit, comme toujours dans les romances historiques, très prévisible. Mais ce n’est pas mon tome préféré de la saga !

     

    Un extrait : Dans la mesure du possible, Gowan Stoughton de Craigievar, duc de Kinross, chef du clan MacAulay, évitait les endroits pleins d’Anglais. Ces derniers débitaient des potins à n’en plus finir, avec dans le crâne plus de cérumen que de cervelle, comme disait son père autrefois – et Shakespeare avant lui.

    Le voilà pourtant qui s’apprêtait à faire son entrée dans un bal au cœur de Londres au lieu de jeter sa ligne dans un loch des Highlands, ce qu’il aurait préféré de très loin. La vie était ainsi faite, la sienne en tout cas : la pêche à l’épouse avait pris le pas sur celle au saumon.

    À l’instant où il fut annoncé, une kyrielle de jeunes femmes se tournèrent vers lui, dévoilant avec un bel ensemble des rangées de dents aussi parfaites qu’étincelantes. Des sourires un peu trop guindés à son goût, sans doute un réflexe lié à son titre. Après tout, il était un noble sans attaches, plutôt bien fait de sa personne. Et propriétaire d’un château.

    Ses hôtes, le comte et la comtesse de Gilchrist, l’attendant au pied de l’escalier, il échappa pour un temps à l’assaut des donzelles. Gowan appréciait Gilchrist – un homme sévère, mais juste, au regard maussade presque écossais. À la différence de la plupart des aristocrates, tous deux s’intéressaient à la finance et le comte était un investisseur hors pair. Étant tous deux gouverneurs, lui à la Banque d’Écosse, Gilchrist à celle d’Angleterre, ils avaient échangé une abondante correspondance ces deux dernières années, même s’ils s’étaient rarement rencontrés.

    — Milord, permettez-moi de vous présenter mon épouse, dit lord Gilchrist.

    À la surprise de Gowan, celle-ci était beaucoup plus jeune que le comte – pas plus de trente ans. Avec ses lèvres pleines et sensuelles, sa gorge opulente sertie dans un corsage froufroutant de soie rose, elle avait tout de ces aristocrates qui se plaisent à ressembler à des danseuses d’opéra. Gilchrist, lui, évoquait plutôt un prêtre austère. Un couple bien mal assorti.

    La comtesse lui parlait de sa belle-fille, Edith. Gowan s’inclina et exprima son plaisir ineffable à l’idée de rencontrer la jeune demoiselle.

    Edith. Quel affreux prénom !

    Seule une pipelette pouvait porter un prénom pareil. Une folle vieux jeu aux oreilles d’éléphant. Bref, une Anglaise.

    Sans crier gare, lady Gilchrist glissa son bras sous le sien et l’entraîna dans la salle de bal adjacente. Il parvint tout juste à réprimer un mouvement de recul. Lorsqu’il était jeune, une armée de serviteurs vibrionnait toujours autour de lui, ajustant ses vêtements, lui essuyant la bouche à table. Mais depuis ses quatorze ans, il ne tolérait de telles familiarités qu’en cas d’absolue nécessité.

    Il veillait à maintenir une barrière physique entre le monde et lui, même s’il était très rarement seul. Il ne regrettait pas ce manque d’intimité ; il considérait comme une perte de temps, par exemple, de s’habiller sans écouter simultanément le rapport de son secrétaire. Or, s’il y avait une chose que Gowan détestait, c’était perdre son temps. L’existence était déjà bien trop courte. Quelle idiotie de croire qu’elle était éternelle, ce que devait, selon lui, penser ces gens qui paressaient dans leur bain ou passaient des heures à lire de la poésie. Par inclination et habitude personnelles, il mettait un point d’honneur à entreprendre le plus de choses possibles à la fois.

    Le bal de ce soir en était un exemple parfait : avant sa rencontre avec des banquiers à Brighton le lendemain, il voulait l’avis de Gilchrist sur l’épineuse question de l’émission du billet d’une livre. Le comte donnait un bal où se bousculeraient les jeunes filles à marier. Et Gowan était en quête d’une épouse – pas une quête désespérée, juste urgente. Bref, il ferait d’une pierre deux coups.

    bonne lecture 3 étoiles.jpg

     

  • [Livre] Il était une fois – T04 – Une si vilaine duchesse

    Une si vilaine duchesse.jpg

     

    Résumé : Theodora Saxby est la dernière femme que l'on s'attendait à voir James Ryburn, héritier du duché d'Ashbrook, épouser. Mais après une proposition romantique devant le prince lui-même, même la pragmatique Theo est convaincue de la passion qu'éprouve pour elle le futur duc.
    Les journaux ne donnent pas six mois au mariage.
    Theo leur aurait donné à tous deux une vie entière... Jusqu'à ce qu'elle s’aperçoive que le duc ne convoitait pas son cœur, et certainement pas son corps, mais sa dot. La société avait été choquée par leur union. Leur séparation fut un véritable scandale.
    A présent, James doit mener la bataille de sa vie, et convaincre Theo qu'il aimait le canard qui s'est transformé en cygne. 
    Et Theo découvrira rapidement que pour un homme à l'âme de pirate, tout est permis en amour...

     

    Auteur : Eloïsa James

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 06 novembre 2013

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : James, dès le début, ne marche pas vraiment dans la combine de son père. D’ailleurs, je pense que si, même avant leur mariage il avait avoué la vérité à Théo sur les manipulations de son père et qu’il lui avait dit qu’il ne voulait pas obéir à ce dernier jusqu’à ce qu’il réalise qu’il était jaloux de tout homme s’approchant d’elle, elle aurait compris. Elle adorait James et je ne crois pas qu’elle aurait mal réagit, ou en tout cas, elle aurait nettement moins mal réagit qu’en apprenant toutes ces histoires d’argents et en tirant les conclusions que tout Londres a déjà tiré avant elle. Bon, ok, vous me direz, oui mais dans ce cas, le livre était plié en 40 pages. C’est pas faux…
    Mais, même si elle va un peu vite dans ses déductions, ce qui peut se comprendre vu la piètre opinion qu’elle a d’elle-même, sa réaction est compréhensible. Celle de James, en revanche, m’a semblé un peu exagérée. Ne me dites pas qu’il ne pouvait pas se retirer dans une autre maison le temps que Théodora redescende en pression puis lui écrire toute la vérité en essayant de la convaincre de lui parler ?
    Mais faire ce qu’il a fait… c’était un peu extrême.
    Et puis j’ai trouvé que leurs retrouvailles, alors qu’ils ont tant changé, l’un comme l’autre, sont un peu simples. Alors ok, on connait le flegme britannique, mais quand même, un peu plus de passion, d’assiette et de vases volants à travers les pièces auraient été les bienvenus.
    J’aurais aussi aimé que le ton de la première partie soit conservé dans la seconde, même avec la séparation de James et Théo. Je ne dis pas que la seconde partie est fade parce qu’elle est loin de l’être, mais l’humour et les répliques incisives m’ont manquées.
    J’ai surtout trouvé que les deux personnages principaux passaient trop peu de temps ensemble au regard de la longueur du livre. Pour moi une romance historique peut présenter des obstacles, une séparation physique ou émotionnelle mais il faut que les personnages soient en présence l’un de l’autre pendant plus de la moitié du livre, et ce même s’ils ne font que s’engueuler !
    Ça reste une bonne lecture cependant, mais avec quelques détails de différents, ça aurait pu être un coup de cœur !

     

    Un extrait : — Tu dois persuader Theodora que tu es amoureux d’elle, ou sa mère n’acceptera jamais cette union. La semaine dernière, Mme Saxby m’a interrogé sur certains de mes investissements d’une manière que je n’ai pas appréciée Cette femme ne sait pas rester à sa place.

    — Je ne ferai rien de tel.

    — Tu feras exactement ce que je te dis.

    — Vous me demandez de courtiser une jeune fille avec qui j’ai passé toute mon enfance et que j’ai toujours traitée comme une sœur.

    — Foutaises ! Ce n’est pas parce que vous étiez ensemble à la nurserie que tu ne peux pas coucher avec elle aujourd’hui.

    — Si.

    Pour la première fois depuis le début de leur discussion, une lueur de compassion apparut dans le regard du duc.

    — Theodora n’est pas une beauté, certes. Mais les femmes sont toutes pareilles dans le...

    — Taisez-vous ! aboya James. N’ajoutez pas l’insulte à l’ignominie.

    Son père plissa les yeux. La nuance rouge brique de son teint annonçait l’explosion. De fait, l’instant d’après, il hurlait, les yeux exorbités :

    — Je me fiche que cette gamine soit moche comme un pou. Tu l’épouseras ! Et tu t’arrangeras pour qu’elle tombe amoureuse de toi. Sinon, tu peux dire adieu au domaine !

    — Qu’avez-vous fait ? siffla James.

    — Je l’ai perdu. Les détails ne te regardent pas.

    — Il est hors de question que je fasse ce que vous me demandez, décréta James en se levant.

    Tandis qu’il pivotait pour sortir, un objet en porcelaine vola au-dessus de son épaule et alla s’écraser contre le mur. James cilla à peine. Avec le temps ces démonstrations de colère avaient cessé de l’impressionner ; il avait grandi en apprenant à éviter les objets volants, depuis les livres jusqu’aux statuettes de marbre.

    — Tu le feras ou je jure de te déshériter au profit de Pinkler Ryburn !

    James se retourna ; il avait de plus en plus de mal à conserver son sang-froid. S’il n’avait jamais jeté d’objets contre les murs – ni sur les membres de sa famille –, il était capable d’envoyer des piques qui pouvaient se montrer tout aussi destructrices. Il prit une autre inspiration.

    — Pardonnez-moi de vous rappeler la loi, père, mais je peux vous assurer qu’il est impossible de déshériter son fils légitime.

    — Je déclarerai à la Chambre des lords que tu n’es pas mon fils ! beugla le duc.

    Il avait le visage violacé, les veines de son front semblaient sur le point d’éclater.

    — Je leur dirai que ta mère était une femme dissolue et que j’ai découvert que tu n’étais rien d’autre qu’un bâtard.

    Devant l’insulte faite à sa mère, James ne put se retenir.

    — Aussi veule et idiot que vous soyez, vous ne vous servirez pas de ma mère pour dissimuler votre stupidité !

    — Comment oses-tu ! cria le duc, cramoisi.

    — Je me contente de répéter ce que tout le monde dit dans ce royaume : vous êtes un imbécile. J’ai une idée assez précise de ce qui est arrivé au domaine ; je voulais juste voir si vous auriez le courage de l’admettre. Mais vous ne l’avez pas, ce qui n’est pas une surprise. Vous avez hypothéqué toutes les terres inaliénables, du moins celles que vous n’avez pas tout simplement vendues, et jeté par les fenêtres l’argent reçu en échange. Vous avez investi dans des projets plus ridicules les uns que les autres.

     

    Beaucoup aimé 4 étoiles.jpg

  • [Livre] Ne m’appelez pas Blanche Neige

    Ne m'appelez pas Blanche-Neige.jpg

     

     

    Résumé : Qui a dit que la vie était un conte de fées ? Lorsqu’on est trahie par sa meilleure amie, difficile d’y croire. Sous le choc, Blanche, 18 ans, préfère s’enfuir dans la nuit parisienne, entraînée par de mystérieux fêtards rencontrés sur le réseau social le plus populaire du moment. Si la magie devient virale, une princesse peut-elle s’en sortir avec pour seules armes : sa répartie et son téléphone ? Oserez-vous croquer cette pomme d’amour et découvrir le cœur des princes de votre entourage ?

     

    Auteur : Gally Lauteur

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 01 mars 2017

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : C’est dans le cadre du mois des contes, et exclusivement en me basant sur son titre que j’ai choisi ce livre.
    Blanche est une jeune fille qui a vécu comme un traumatisme la séparation de ses parents, et quand elle nous révèle les détails, on ne peut que la comprendre.
    Ce que lui fait sa soi-disant amie Laurine est vraiment lamentable et aucune des explications qu’on peut avoir dans le livre ne m’a convaincue. Pour moi cette fille est toxique et Blanche ferait bien de la sortir de sa vie. Car ce qu’elle a fait, pour moi, va bien au-delà de la raison pour laquelle Blanche quitte précipitamment son appartement au début du livre. Peut-être que la jeune fille a eu une réaction excessive mais la manipulation dont fait preuve Laurine est quand même quelque chose de malsain.
    J’ai beaucoup aimé ce réseau social qui adapte la photo de profil de vos contacts en fonction de votre propre profil. Et puisque Blanche est identifiée comme Blanche-Neige sur le site, ses contacts sont tous des personnages du conte : nains, sorcière, chasseur, reine… Mais y-a-t-il un prince là-dedans ?
    J’avoue que j’ai beaucoup hésité sur l’identité de ce dernier. Pour moi, ils étaient 2 voire 3 à pouvoir prétendre au titre.
    J’ai aussi beaucoup spéculé sur l’identité de la mère de Théo. Comme le petit garçon ne l’évoque jamais, je me suis dit qu’il ne l’avait peut-être pas connu, si ses parents s’étaient séparés peu après sa naissance, et que du coup, ça pouvait être quelqu’un de l’entourage de son père, qui semble l’avoir eu très jeune au vu des quelques repères temporels que l’on a, donc du même coup de l’entourage de Blanche.
    Blanche est un peu « victime » de sa naïveté et de son travail acharné : elle n’a jamais eu ni le temps, ni l’envie de se pencher sur les « ragots people », du coup, elle ne sait absolument pas dans quoi elle met les pieds quand elle rencontre Rob, Jay et Roxanne. Si certaines personnes de la bande trouvent sa candeur rafraichissante, d’autres la soupçonne d’être une profiteuse qui cache bien son jeu.
    La « sorcière » m’a beaucoup fait rire. On sent qu’elle est là pour aider, mais elle a un caractère impayable et pas beaucoup de patience.
    On peut dire que dans un sens, ce livre est une réécriture moderne du conte de Blanche-Neige, où la magie est remplacée par la technologie et où la princesse n’a pas vraiment besoin d’être sauvée, mais seulement de s’affirmer.

     

    Un extrait : Je dois sortir d’ici ! Fuir l’appartement est devenu une urgence vitale. Si je les regarde encore avec leur air « désolés-mais-nous-on-s’aime-c’est-toi-la-méchante-qui-ne-comprends-rien », je vais… je vais… Je n’en sais rien, mais ça risque d’être atroce à voir.

    Dans les escaliers que je dévale à toute vitesse, je croise le voisin de palier, qui me voit passer en coup de vent. Me voilà dehors…

    Je marche sans savoir où je vais. Impossible de connecter mes neurones pour réfléchir posément. Me voilà à errer dans un état second. Je ne m’appartiens plus…

    J’ai besoin de parler à mon chéri en urgence ! J’essaie de prendre sur moi, je souffle fort et j’inspire profondément pour ne pas pleurer ou m’énerver au téléphone.

    La tonalité résonne longtemps dans le vide. Fred, réponds ! Allez, je t’en supplie ! Rien. Répondeur. Il est tard, j’imagine qu’il est parti travailler. Fred a un job étudiant à la réception d’un hôtel de luxe. Il a déjà dû prendre son service de nuit. Impossible de lui parler avant demain.

    Je soupire et marche dans la ville. Je me sens vide et triste.

    Combien de temps a duré ma promenade ? Aucune idée. Suffisamment, semble-t-il, pour que je me retrouve dans un quartier de Paris que je ne connais pas. Des fêtards discutent sur le trottoir et parlent des langues qui me semblent venir du bout du monde. Une petite femme vêtue d’une robe noire me fixe soudain de ses grands yeux. Je me sens transpercée par son regard hypnotique. Elle s’approche de moi, sans que je sache pourquoi.

    — Tiens, chérie, c’est happy hour, ce soir ! m’explique-t-elle en me tendant un flyer avec les mots The Forest – bar lounge . Pour oublier tes soucis, ma jolie Blanche !

    — Comment connaissez-vous mon prénom ?

    — Je suis une sorcière !

    — Ouais, c’est ça ! (Je me moque.)

    Elle me prend la main et regarde ma paume :

    — Problèmes familiaux et aussi trahison, pas vrai ? analyse-t-elle.

    — Comment… comment le savez-vous ?

    — Magie…

    — Bien sûr ! ironisé-je.

    — Toi, tu doutes de mes pouvoirs !

    — Nous ne sommes pas dans un conte de fées, dis-je en soupirant.

    — Vraiment ? sourit-elle. Mais si la vie en général était un conte de fées, quel rôle voudrais-tu ? Un rôle de fée, d’héroïne, de princesse ?

    — Un rôle qui me sortirait de ma colère, dis-je, impatiente. Un rôle qui me permettrait de comprendre ce qui se passe dans la tête des gens. Mais il est évident que c’est impossible…

    Elle regarde ma main et hoche la tête.

    — Rentrer dans la tête des autres pour comprendre leurs sentiments, répète-t-elle. Je vois, ce dont tu as besoin, c’est d’ouvrir ton cœur pour saisir l’esprit des gens, ma jolie Blanche. Es-tu amoureuse en ce moment ?

    — C’est vous la voyante-sorcière. Vous devriez le savoir.

    — Je le sais, Blanche. Je connais la réponse, mais toi ? Connais-tu le véritable amour ?

    — Bien sûr ! Je suis en couple après tout !

    Mais qu’est-ce qui me prend de croire à la bienveillance d’une inconnue et de parler de mes histoires de cœur avec elle, je suis folle…

    — À demain ! me sourit-elle. Tu as besoin de la soirée pour réfléchir à ma question. Ah ! Et n’oublie pas : c’est happy hour mais c’est un évènement privé, alors, pour en profiter, il faut t’inscrire sur ce site.

    Elle me montre le flyer qu’elle m’a donné.

    Je lis : « Pomme-d’amour.com, soirée dans la forêt ! Application gratuite pour toute la soirée ! »

     

    bonne lecture 3 étoiles.jpg

  • [Livre] Il était une fois – T03 – La princesse au petit pois

    La princesse au petit pois.jpg

     


    Résumé
     : Par une nuit d’orage, Olivia Lytton frappe à la porte du duc de Sconce après que sa calèche a versé dans le fossé. Sublime apparition : ses longs cheveux dénoués ruissellent, sa robe trempée souligne des courbes somptueuses. Ébloui, Quin ne peut s’empêcher de lui voler un baiser. Lui le mathématicien de génie imperméable aux émotions s’embrase soudain pour cette femme au franc-parler déconcertant et au langage fleuri. Aurait-il enfin trouvé sa duchesse ? Mais n’est-il pas déjà fiancé ? À la sœur d’Olivia, très précisément ?

     

    Auteur : Eloïsa James

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 21 août 2013

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Olivia n’a rien d’une duchesse telle que le rêve les duchesses douairières ou sa propre mère. Les maximes de bienséance lui paraissent ridicules, de même que toutes les manières affectées que se doit d’afficher une duchesse selon sa mère. Pourvue de formes voluptueuses, Olivia pense être trop en chair puisque sa mère le lui rappelle constamment. Mais comme son destin est tout tracé, elle s’en fiche un peu. En effet, d’après un pacte passé au collège entre son père et un de ses camarades, duc de son état, étant la fille ainé, elle est destinée à épouser le fils aîné du duc.
    Or non seulement Rupert a 5 ans de moins qu’elle, mais les circonstances de sa naissance difficile ont fait qu’il est un peu simplet. Pour autant, il est d’une gentillesse exceptionnelle et si Olivia voit d’un œil morne son futur avenir conjugal, elle se montre d’une loyauté sans faille envers le jeune homme pour qui elle a de la compassion et de l’affection.
    De plus, elle sait qu’une fois mariée, elle pourra doter sa sœur jumelle, Georgiana, qui, si elle est le modèle même de la duchesse délicate et réservée, n’en reste pas moins froide comme un glaçon et désargentée, ce qui n’attire pas vraiment les prétendants.
    De son côté, Tarquin, qui préfère qu’on l’appelle Quin, sait bien qu’en tant que Duc, il doit se remarier. Mais il a été assez échaudé par son premier mariage qui a été un vrai désastre, surtout pour son cœur. Sa mère est bien décidé à choisir elle-même la future duchesse afin d’épargner à son fils un nouveau chagrin. Pour cela, elle décide d’organiser une sorte d’audition, à laquelle Georgiana va être conviée. Olivia va l’accompagner, avec la complicité de son futur beau-père, histoire d’échapper aux remarques incessantes de sa mère.
    Et là, on s’en doute, c’est le drame : Quin est immédiatement attiré par la voluptueuse Olivia.
    Sauf que la duchesse douairière n’est pas ravie de ce qu’elle voit, et qu’Olivia est bien décidée à se montrer d’une fidélité et d’une loyauté sans faille tant envers son fiancé qu’envers sa sœur.
    Le lien avec le conte original a lieu de deux manières : d’une part, le fait que la douairière veut trouver une VRAIE duchesse pour son fils (comme dans le conte, la reine voulait trouver une VRAIE princesse), d’autre part, à un moment du livre, il y a effectivement quelque chose caché sous une flopée de matelas… mais je n’en dirais pas plus !
    On voit venir la fin à trente kilomètres mais ça reste une romance historique, ce n’est pas censé être original sur la fin, tout l’intérêt réside dans comment on arrive à cette fin.
    Un bon moment de lecture.

     

    Un extrait : La plupart des fiançailles ont pour origine l'un de ces deux sentiments violents que sont l'avidité et l'amour. Pourtant, celles d'Olivia Lytton n'étaient ni le fruit d'un échange de fortunes entre deux aristocrates de même sensibilité ni le résultat d'une brûlante combinaison de désir, de liens familiaux et de flèches de Cupidon.

    En vérité, il arrivait à la future épouse, dans ses moments de désespoir, de considérer son engagement comme la conséquence d'une malédiction.

    — Peut-être nos parents ont-ils oublié d'inviter une fée puissante à mon baptême, déclara-t-elle à sa sœur au retour du bal chez le comte de Micklethwait, où elle avait passé de longs moments en compagnie de son fiancé. La malédiction - dois-je le préciser ? - étant d'avoir Rupert pour mari. Je préférerais encore dormir cent ans.

    — Le sommeil possède certains attraits, reconnut Georgiana en descendant de la calèche familiale.

    Elle évita néanmoins d'associer cette remarque à son complément : le sommeil possède certains attraits... contrairement à Rupert.

    La gorge serrée, Olivia s'attarda un instant à l'intérieur de la voiture, le temps de se ressaisir. Ne savait-elle pas depuis toujours qu'elle serait un jour duchesse de Canterwick ? Alors pourquoi cette perspective l'accablait-elle autant ? Cela n'avait aucun sens. Mais elle n'y pouvait rien : une soirée auprès de son futur mari lui donnait l'impression d'être vide.

    Et le fait que tout Londres, y compris sa mère, la regardât comme la plus chanceuse des femmes n'arrangeait rien. Sa mère aurait été horrifiée, quoique guère surprise, si elle avait su qu'elle considérait sa future accession au rang de duchesse comme une malédiction. Pour ses parents, il était évident que l'ascension de leur fille dans la hiérarchie sociale était une chance inouïe. Autrement dit, une bénédiction.

    « Dieu merci ! avait-elle entendu son père s'exclamer au moins cinq mille fois depuis sa naissance. Si je n'étais pas allé à Eton... »

    Lorsqu'elles étaient enfants, Olivia et sa sœur jumelle, Georgiana, adoraient cette histoire.

    Perchées sur les genoux de leur père, elles l'écoutaient leur raconter comment lui M. Lytton, obscur nobliau (bien que lié à un comte d'un côté de sa famille, à un évêque et un marquis de l'autre) était allé à Eton, où il était devenu l'un des meilleurs amis du duc de Canterwick, qui portait son titre prestigieux depuis l'âge de cinq ans. Les deux garçons avaient fait le serment, signé de leur sang, que la fille aînée de M. Lytton deviendrait duchesse en épousant le premier-né du duc de Canterwick.

    Lytton assuma sa part avec un enthousiasme débordant, produisant non pas une mais deux filles en quelques mois de mariage. Quant au duc de Canterwick, il n'eut qu'un seul fils, et encore, après plusieurs années de vie conjugale. Mais cela suffit pour qu'il honorât sa promesse. Surtout, Sa Grâce resta fidèle à sa parole, rassurant régulièrement M. Lytton quant au destin commun de leurs progénitures.

     

    bonne lecture 3 étoiles.jpg

  • [Livre] Il était une fois – T02 – La Belle et la Bête

    La belle et la bête.jpg

     

    Résumé : À cause d'une malencontreuse méprise, la ravissante Linnet Thrynne est déshonorée. Sa tante trouve alors une solution : Linnet épousera Piers Yelverton, futur duc dont personne ne veut. Et pour cause : victime d'un accident qui l'a laissé boiteux et impuissant, il terrorise son entourage de ses fureurs dévastatrices. Puisqu'il n'a aucun espoir d'engendrer un héritier, il acceptera de donner son nom à une femme qui, pense-t-il, porte la vie. Ce sera l'union de la belle et de la bête. Sauf que Linnet est aussi pure que la blanche colombe et que son irascible fiancé est loin d'être un monstre...

     

    Auteur : Eloïsa James

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 06 février 2013

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Quand j’ai commencé les premières pages de ce livre, j’ai eu du mal à croire que je lisais le même auteur que le tome 1 de la série Il était une fois tant le ton était radicalement différent.
    A la fin de son livre, l’auteur avoue s’être inspirée du personnage du Docteur House pour Piers Yelverton. Et effectivement, il faut dire qu’il y a une certaine ressemblance.
    Piers Yelverton est donc blessé à la jambe, se déplace avec une canne, et est réputé impuissant. Ajoutez à ça qu’il a un caractère épouvantable et vous comprendrez aisément qu’il ne soit pas vraiment sur la top liste des hommes à qui marier leur fille des femmes de la haute société. Mais il ne s’en porte que mieux, bien trop occupé à exercer son métier de médecin pour envisager de s’encombrer d’une épouse, et surtout si c’est là une idée de son père, qu’il méprise profondément.
    De son côté, Linnet est certes l’une des plus belles filles de Londres, mais elle a été victime de la mode. Et je parle littéralement ! Car sa robe à la dernière mode lui a laissé une silhouette qui a convaincu le tout Londres qu’elle attendait un (mal)heureux évènement. Il faut dire que le fait que le prince lui ait tourné autour pendant un certain temps n’a fait que conforter la bonne société dans son idée que la jeune fille s’était déshonorée. Et peu importe qu’elle n’ait échangé qu’un ou deux baisers avec le dit prince. Il faut dire que la pauvre fille a la malchance d’avoir eu une mère aux mœurs libérés dont la réputation entache la sienne.
    Expédiée au pays de galles pour y épouser Piers, les deux jeunes gens ne sont pas franchement ravis de la situation.
    Piers a une fierté parfois mal placée et il m’a énervée d’être prêt à repousser une femme avec qui il pourrait être heureux sous le seul prétexte qu’elle lui a été amenée par son père.
    Ni Linnet ni Piers n’ont la langue dans leur poche et leurs joutes verbales sont vraiment hilarantes.
    La fin de la romance n’est pas une surprise. Mais la manière dont on arrive à cette fin est plutôt originale.
    A côté de cette romance, on peut voir l’activité des médecins de l’époque, même si Piers se distingue de ses pairs et n’est pas porté sur les saignées. Il avoue lui-même être plus doué avec les mort qu’avec les vivants. En fait, il est plus médecin légiste que médecin.
    J’ai passé un excellent moment avec cette romance et maintenant j’ai hâte de lire le tome 3 pour voir si le ton du récit est encore différent.

     

    Un extrait : Il était une fois, il n'y a pas si longtemps...

     

    Dans les contes de fées, les jolies filles sont aussi nombreuses que les galets sur la plage. Des bergères au teint de magnolia rivalisent avec des princesses au regard ingénu et, en vérité, si l'on additionnait les yeux brillants de toutes ces demoiselles, on obtiendrait une galaxie entière d'étoiles scintillantes.

     

    Cet éclat rend encore plus triste le fait que les vraies femmes sont rarement à la hauteur de leurs homologues de fiction. Elles ont les dents jaunes, la peau boutonneuse, l'ombre d'une moustache ou le nez comme un promontoire.

     

    Bien sûr, il y en a de jolies. Toutefois, même celles-là n'échappent pas aux maux qui sont le lot de toute chair, comme le déplorait déjà Hamlet dans son célèbre monologue.

     

    Bref, rare est la femme capable d'éclipser vraiment le soleil. Et ne parlons pas des dents de perle, des voix cristallines et des visages si parfaits que les anges en pleurent de jalousie.

     

    Linnet Thrynne possédait tous ces attraits, à l'exception, peut-être, de la voix cristalline. "Cependant, sa voix était tout à fait agréable, et on lui avait déjà dit que son rire évoquait le tintement de clochettes d'or.

     

    Elle n'avait pas besoin de se regarder dans le miroir pour savoir que ses cheveux brillaient, que ses yeux brillaient, et que ses dents... peut-être ne brillaient-elles pas, mais elles étaient incontestablement blanches.

     

    Linnet était de celles pour qui un chevalier n'aurait pas hésité à se livrer à toutes sortes de prouesses ; ou un prince moins intrépide à traverser un buisson de ronces simplement pour lui donner un baiser.

     

    Ce qui ne changeait rien, hélas, au fait que, depuis la veille, elle était immariable.

     

    bonne lecture 3 étoiles.jpg

  • [Livre] Il était une fois – T01 - Au douzième coup de minuit

    il etait une fois-T01 au douzieme coup de minuit.jpg

     

    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix!

     

    Résumé : Réduite au rang de servante depuis la mort de son père, Kate vit sous le joug de sa belle-mère Mariana. L'odieuse femme va bientôt marier sa fille, Victoria, à un éminent parti, mais avant tout, la future épouse doit être présentée au prince Gabriel. Par un coup du sort, Victoria ne peut se rendre au château. C'est donc Kate qui est envoyée à sa place, déguisée en fiancée. Kate va rencontrer Gabriel, un prince aussi charmant qu'arrogant. Un prince pour qui son cœur vacille, mais que le destin s'acharne à lui dérober. Et si un baiser avait le pouvoir de tout changer ? Et si les contes de fées existaient ?

     

    Auteur : Eloisa James

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 5 décembre 2012

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Ce premier tome d’une série de cinq livres revisitant les contes en version romance historique est consacré à Cendrillon.
    Kate n’est pas tellement réduite à l’état de servante dans la mesure où elle pourrait partir si elle le voulait, contrairement à Cendrillon, mais elle ne le veut pas car, elle partit, elle sait que plus personne ne protégera les paysans et les serviteurs de son défunt père.
    Je pense que la belle-mère a du bien caché son jeu pendant des années, car le père de Kate, dans son testament, a pris une décision et on apprend assez vite que son but était de protéger Victoria car il pensait Kate à l’abri du besoin. Il devait donc penser que son épouse, Marianna, aurait la décence de traiter Kate selon son rang.
    La marraine de Kate est tout simplement géniale. Complètement hors des conventions mais il ne se trouvera personne pour oser la critiquer. Je comprends pourquoi elle n’a pas été plus présente dans la vie de Kate et j’ai trouvé le père de celle-ci très maladroit sur ce coup, mais bon, c’est un homme, un homme du XIXème siècle qui plus est, on ne va pas trop lui en demander. Mais d’un autre côté, on voit qu’il a fait le bon choix et que Kate n’aura plus rien à craindre de personne maintenant qu’elle a retrouvé sa marraine (qui, elle, n’arrête pas de la protéger à minuit).
    Dans l’histoire, on n’a guère de repère temporel et c’est dans une annotation que l’auteur déclare qu’on peut considérer que l’histoire a lieu sous la régence, vers 1812.
    J’ai bien aimé l’histoire qui se noue entre les personnages principaux. Que ce soit le prince qui passe pour un coureur de dot mais qui n’a guère le choix, ce qu’on comprend quand il expose la situation, ou Kate qui voudrait bien céder à ses pulsions mais est bloquée par ses principes et le fait qu’elle doit continuer à jouer le rôle de sa sœur.
    Victoria n’a rien d’une méchante demi-sœur. Elle est naïve et peut être un peu idiote parfois, mais elle a bon cœur et j’ai beaucoup aimé ce personnage.
    J’ai un petit regret, c’est de ne pas savoir ce qu’il advient finalement des chiens de Victoria, promis à un sort funeste par la belle-mère mais que Victoria adore et que Kate et sa marraine prennent en affection, chacune le leur.
    La pantoufle de verre est bien présente, mais, comme on a souvent eu un doute sur une éventuelle erreur de traduction entre verre et vair, ici, la pantoufle est très fragile mais d’une matière encore différente et certainement plus réaliste pour une pantoufle. En revanche, il n’y a pas vraiment de mention du fameux douzième coup de minuit, la seule échéance étant celle de l’arrivée de la fiancée étrangère du prince Gabriel.
    Même si des libertés sont prises, j’ai bien aimé cette réécriture qui, même si c’est léger, nous rappelle Cendrillon.

     

    Un extrait : Miss Katherine Daltry, que presque tout le monde appelait Kate, sauta de son cheval, folle de rage.

    Il serait juste de préciser quelle était souvent d’une humeur massacrante. Avant le décès de son père, sept ans auparavant, il lui était parfois arrivé de trouver sa belle-mère agaçante. Pourtant, depuis que la nouvelle Mme Daltry dirigeait la propriété, Kate avait réellement appris ce qu’est la colère.

    La colère de voir les fermiers du domaine familial être contraints de payer le double d’un loyer normal, ou de quitter la maison où ils avaient toujours vécu. La colère de voir les récoltes faner sur pied et les haies envahir les champs parce que Mariana refusait de dépenser un penny pour l’entretien du domaine. La colère de voir sa belle-mère et sa belle-sœur dilapider la fortune de feu son père en robes, chapeaux et autres fanfreluches, en telles quantités qu’il n’y avait pas assez de jours dans l’année pour les porter toutes.

    La colère de subir les regards apitoyés des connaissances qu’elle ne croisait plus dans les dîners. D’avoir été reléguée dans une sinistre mansarde dont le mobilier défraîchi était à l’image de la nouvelle position de Kate dans la maisonnée. La honte de ne pas trouver le courage de quitter cet endroit une fois pour toutes. Et tout cela était encore avivé par l’humiliation, le désespoir… et la certitude que son père devait se retourner dans sa tombe.

    Kate gravit les marches d’un pas vif, prête pour le combat.

    — Bonjour, Cherryderry, dit-elle, un peu surprise de voir le cher vieux majordome ouvrir lui-même la porte. Vous jouez les valets de pied, à présent ?

    — Elle-Même les a expédiés à Londres pour chercher un médecin. Deux médecins, plus exactement.

    — Elle est encore malade ?

    Kate ôta ses gants de cuir avec précaution car la doublure commençait à se découdre au niveau du poignet. Autrefois, elle se serait demandé si sa belle-mère – que tout le personnel appelait « Elle-Même » – feignait d’être malade. Maintenant, elle n’en doutait pas un seul instant. Voilà des années qu’elle était régulièrement réveillée au beau milieu de la nuit par des glapissements à propos d’attaques qui se révélaient n’être que des indigestions.

    — Cette fois, ce n’est pas Elle-Même, précisa Cherryderry. Je suppose que c’est pour miss Victoria.

    — Oh, la morsure ?

    Il hocha la tête.

    — Rosalie nous a dit ce matin que cela lui faisait pendre la lèvre. Et elle est toute gonflée.

    Malgré sa mauvaise humeur, Kate ressentit un élan de pitié. La pauvre Victoria n’avait pas grand-chose pour elle, à part son joli minois et ses robes élégantes. Kate aurait été désolée de la voir défigurée à vie.

    bonne lecture 3 étoiles.jpg

  • [Livre] Raison et sentiments

    raison et sentiments.jpg

    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix!

     

    Résumé : Deux soeurs ne sauraient être plus différentes l’une de l’autre. Elinor, l’étudiante en architecture, privilégie les valeurs de la discrétion et de la modestie. Sa soeur Marianne, quant à elle, est impulsive et elle rêve de devenir artiste.

    Mais quand la famille est contrainte de quitter Norland Park, leur maison bien-aimée, leur monde vole en éclats et leurs valeurs sont violemment mises à l’épreuve.

     

    Auteur : Joanna Trollope

     

    Edition : Terra Nova

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 20 août 2014

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Ce roman n’est pas une réécriture du roman de Jane Austen mais une transposition à l’époque moderne. L’histoire de Jane Austen est suivie à la lettre si ce n’est qu’elle est adaptée au XXIème siècle. Ainsi Elinor parle ouvertement du manque d’argent, chose qui aurait été impensable au XVIIIème siècle.
    J’ai bien aimé Elinor même si elle est tellement inquiète pour l’avenir de sa famille qu’elle en vient à se montrer un peu méprisante envers son entourage. Mais on peut la comprendre : elle a dû abandonner ses études, trouver un travail mal payé et est encore le vilain petit canard de l’histoire parce qu’elle rappelle à tous que les factures ça se paie et pas avec un dessin ou une chansonnette.
    Marianne est aussi fantasque et excessive que dans le roman original mais ici, je l’ai trouvé moins exaspérante car pour moi c’était une ado en proie à sa première passion amoureuse. Ses actes n’ont pas les mêmes conséquences qu’ils auraient pu avoir 2 siècles plus tôt et du coup je l’ai jugée moins sévèrement.
    Margaret est plus étoffée que dans le texte original, mais plus agaçante aussi, mais il ne s’agit jamais que d’une ado trop gâtée qui ne comprend pas pourquoi sa vie change.
    Belle, la mère, m’est apparue plus comme déconnectée des réalités qu’égoïste. Elle semble sincèrement ne pas comprendre pourquoi Elinor parle toujours d’argent, pourquoi elle classe les factures, etc… mais elle a bon fond et aime ses filles. Cependant, comme Margaret, elle a été bien trop gâtée par un homme qui n’a pas pris la peine d’assurer l’avenir de sa famille.
    Mais la palme revient au couple Fanny/John… Ils sont affreux ! Encore plus que dans le roman de Jane Austen, c’est dire ! A chaque fois que Fanny se manifeste, on a envie de lui tordre le coup, mais John est encore pire de par sa faiblesse et son hypocrisie permanente !
    J’ai passé un excellent moment de lecture, même si pour moi, le roman de Jane Austen ne pourra jamais être égalé par quelque réécriture ou transposition que ce soit ! En revanche, pour une simple transposition, qui n’a donc pas demandé autant de travail d’imagination que l’écriture d’une histoire originale, j’ai trouvé qu’il était un peu trop cher.

     

    Un extrait : Bien sûr, Belle n’admettrait jamais la moindre erreur, ni de sa part ni de celle de leur père. Elle avait même raconté pendant des semaines après l’enterrement que Henry et John, le seul fils qu’il avait eu de son premier mariage, s’étaient réconciliés quelques heures avant sa mort à l’hôpital de Haywards Heath. Ils avaient pleuré tous les deux, et John avait promis qu’il veillerait sur sa belle-mère et sur les filles.

    — Il a promis, ne cessait de répéter Belle. Nous pouvons rester à Norland pour toujours. Et il tiendra parole. Bien sûr qu’il tiendra parole. C’est le fils de papa, après tout.

    Et papa, se dit Elinor non sans une certaine amertume, n’était pas seulement mort et enterré, et donc inattaquable, mais il était parfait. Parfait.

    Que s’était-il passé en réalité ? Il s’était passé qu’elles n’avaient pas pensé à la femme de John ! Pendant les jours horribles qui avaient suivi la mort de leur père, elles avaient pratiquement oublié Fanny.

    Elinor regarda le vieux vaisselier gallois, qui contenait les tasses et la vaisselle de tous les jours et sur lequel trônaient les cartes postales envoyées par des amis en vacances, mais aussi des photos de famille.

    Il y avait d’ailleurs une photo de Fanny dans un cadre, vêtue d’une robe blanche en broderie anglaise, tenant Harry, encore bébé, dans ses bras. Elinor remarqua que la photo avait été tournée vers le mur, dos à la pièce.

    Malgré sa détresse, elle ne put s’empêcher de sourire intérieurement. Quel geste brillant ! Qui en était l’auteur ? Margaret probablement, assise à table, avec ses écouteurs, le regard dans le vague. Elinor tendit le pied sous la table et donna un petit coup à sa sœur pour la féliciter.

    Quand John leur avait présenté Fanny, Elinor s’était dit qu’une personne aussi minuscule ne pouvait être que parfaitement inoffensive. Comme elle s’était trompée ! Elle n’avait pas tardé à comprendre que Fanny était un concentré d’égoïsme. Elle était apparemment exactement comme sa mère, tout aussi minuscule qu’elle, du reste : le cœur dur comme la pierre et uniquement intéressée par le statut et l’argent. Surtout l’argent. Elle en raffolait ! Quand elle avait épousé John, elle avait apporté une certaine somme dans le ménage et avait une idée bien précise de la façon dont elle allait la dépenser. Elle avait des idées précises sur presque tout et une volonté de fer.

    Fanny avait toujours voulu un homme et une grande maison avec beaucoup de terres et plein d’argent pour l’entretenir, et puis, bien sûr, un enfant, de préférence un garçon. Elle les avait eus. Tous. Et rien ni personne ne pourrait se mettre en travers de son chemin pour l’empêcher de les garder et d’assurer leur avenir.

     

    Beaucoup aimé 4 étoiles.jpg

  • [Livre] Trahison

    Trahison.jpg

    Résumé : Lorsqu’à 17 ans elle quitte sa bourgade natale du Mississipi, Becky Lynn n’a qu’une idée en tête : fuir la misère, l’alcoolisme de son père, l’ignominie de ces riches adolescents qui l’ont violée en toute impunité… Becky Lynn veut croire qu’une autre vie est possible. Une vie que lui suggèrent ces luxueux magazines de mode dans lesquels elle a puisé la force de rêver. Timide, sauvage, blessée… mais aussi courageuse, obstinée et entière : Becky Lynn se réfugie à Los Angeles où elle est bien décidée à s’inventer une nouvelle vie.

     

    Auteur : Erica Spindler

     

    Edition : Harlequin

     

    Genre : Drame

     

    Date de parution : 1995

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’ai lu ce livre au moins 10 fois, je le connais quasiment par cœur, et pourtant, non seulement je ne me lasse pas de le lire, mais le coup de cœur est toujours aussi puissant quel que soit le nombre de lectures.
    Pour les éditions harlequin c’est aussi une manne car il a été réédité pas moins de trois fois sous des titres différents et avec un résumé qui laisse entendre que les éditions les plus récentes (Trahison et Les blessures du passé) sont les suites de la plus ancienne (Destinées). Ne pas se faire avoir, il s’agit bien du même roman.
    Ce que vit Becky Lynn dans sa ville natale est affreux et je ne parle pas seulement du viol dont elle est victime : toute la ville la méprise à cause du manque d’argent de sa famille, son père est alcoolique et violent, sa mère complétement effacée. Tous, chacun à sa manière, à contribuer à ce que des Garçons tels que Ricky et Tommy pensent pouvoir faire ce qu’ils veulent à Becky Lynn sans jamais être inquiétés puisqu’elle est quantité négligeable. Hélas, ils ont raison (du moins en ce qui concerne leurs parents et ceux de Becky Lynn). La patronne de Becky Lynn fait exception et, qui sait ce qu’il se serait passé si elle était allée trouver la police dès la première agression en compagnie de celle-ci ?
    Mais après avoir été rejetée par son père, son frère et sa mère, de manière différente pour chacun d’eux, Becky Lynn décide de prendre les maigres économies qui ont échappées à la rapacité de son père et de ficher le camp une bonne fois pour toute.
    Malheureusement, si la fuite l’éloigne de ses agresseurs, les problèmes psychologiques qu’ils ont provoqués chez elle la suivent dans sa nouvelle vie : Becky Lynn est maladivement timide, essayant de se rendre le plus invisible possible et surtout, elle a une peur panique des hommes, ne supportant pas que ceux-ci ne fasse ne serait-ce que l’effleurer.
    Cette timidité et cette peur ne vont pas l’aider quand elle va commencer à graviter dans le milieu de la mode. Becky Lynn arrive à donner une impression de force à son entourage mais au fond d’elle, elle est toujours aussi vulnérable.
    Le pire pour elle est le sentiment de solitude profonde qui l’accompagne sans cesse, même lorsqu’elle est très entourée et Jack, le fils de sa patronne, celui qui la fait entrer dans le monde de la mode, ne va pas arranger les choses.
    Il n’y a pas besoin d’avoir ressenti un jour cette solitude pour ressentir la souffrance de Becky Lynn car l’écriture de l’auteur nous plonge à l’intérieur même de la jeune fille.
    Malgré le nombre de fois incalculable où j’ai relu ce livre, je suis toujours au bord des larmes (et à certains moment, plus qu’au bord) à la lecture de cette histoire.
    Erica Spindler nous fait vraiment vivre, ressentir, toutes les émotions de ses personnages, en particuliers ceux de Becky Lynn et de Carlo Triani.
    Un coup de cœur assurément, depuis ma première lecture, et sans doute pour toutes les relectures qui suivront !

     

    Un extrait : Becky Lynn ralentit un instant le pas au bout du chemin de terre, pour contempler la petite maison carrée qui se dressait devant elle. Sa maison. Inconsciemment, elle serra contre sa poitrine les magazines que lui avait donnés Miss Opal. Dans la lumière déclinante, les murs autrefois blancs, aujourd’hui gris et galeux, paraissaient encore plus sinistres, plus délabrés, comme si cette maison elle-même avait cessé de rêver à un avenir meilleur. La clôture branlante et brisée qui entourait le jardin avait sans doute été immaculée et pimpante jadis.
    D’un pas trainant, Becky Lynn remonta le chemin. C’était curieux comme les heures passaient vite dans le salon de Miss Opal, songea-t-elle, et comme elles passaient lentement ici. Le temps avait le don, semblait-il, de s’arrêter pour prolonger les instants de souffrance.
    La jeune fille fut assaillie par l’odeur du whisky à l’instant même où elle gravissait les marches de la véranda délabrée. Elle détestait cette odeur aigre-douce. Parfois, il lui arrivait de se réveiller en pleine nuit avec l’impression d’être étouffée par cette odeur qui s’infiltrait partout, dans ses vêtements, dans les meubles et les lits, dans les pores de la peau de son père.
    Dans sa propre vie.
    Becky Lynn ne se souvenait pas d’avoir vécu sans cette puanteur.
    Jusqu’au moment de franchir la porte de la maison, elle avait réussi à oublier qu’on était vendredi. Le jour où son père touchait sa paye. Le jour où il s’offrait son « petit plaisir », comme il disait. En rentrant de la fonderie, il s’achetait une flasque de whisky Ji Beam, et il buvait jusqu’à ce que la bouteille soit vide… ou qu’il tombe dans les pommes. Le reste de la semaine, il se contentait d’ingurgiter ce qu’il pouvait s’offrir. Arrivé au jeudi, la plupart du temps, il n’avait plus les moyens de boire, alors il dormait. Voilà pourquoi Becky Lynn attendait le jeudi avec la même impatience que l’arrivée que l’arrivée des nouveaux magazines. Ou presque.

     

    coup de coeur.jpg

  • [Livre] J’ai épousé un con

    J'ai épousé un con.jpg

    Résumé : « J’ai épousé un con ! »

    Quelle femme n’a pas eu, un jour, cette pensée ?

    Et quel homme n’a jamais pensé, lui : « J’ai épousé une emmerdeuse ! » ?

    Pépita rêve d'amour, Roméo pense dîner entre potes. Elle veut du duo mère-enfant mais aussi du tango homme-femme. Elle n’aura qu’un unique programme : Papa, Maman et le Frigidaire. C’est simple, un homme.

     

    Auteur : Agnès Bouquet

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 03 mai 2012

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : J’ai été assez déçue par ce livre. J’ai voulu aller jusqu’au bout, parce que je m’attendais à une fin qui rattrape un peu le contenu du livre, mais même pas. La fin est fade, sans intérêt.
    Le titre promet beaucoup d’humour, un couple auquel on peut s’identifier, mais là on a un abruti égoïste et une gourde sans cervelle… difficile de s’y identifier à moins d’avoir une estime de soi au ras des pâquerettes !
    la narration se veut légère, utilisant pour cela un langage parlé censé nous rapprocher de Roméo et Pepita mais ne réussit à atteindre aucun de ses objectif : c’est ennuyeux, la lecture est laborieuse. Si ce langage parlé ne choque pas dans les dialogues, dans le corps du récit, j’attends autre chose d’un livre.
    En plus de n’être pas franchement une réussite, ce style de narration nous éloigne du texte ; on se sent complètement extérieur à l’histoire, on n’y plonge pas vraiment.
    La chose qui m’a le plus rebuté est la narration : on a une narration à la troisième personne, mais avec un narrateur omniscient qui fait des remarques sur les personnages sans pour autant faire partie de l’histoire.
    Malgré son peu d’épaisseur, il m’a fallu un temps infini pour arriver au bout de ce livre qui n’a aucun humour, qui est décousu comme si l’auteur avait écrit sans aucune réflexion, sans organiser ses pensées.
    Tout ce que je retiens de cette lecture, c’est que j’ai perdu mon temps !

    Un extrait : Elle a préparé le terrain. Et l’a choisi, surtout. Pas n’importe lequel, pas des copains de la fac qui y sont encore mais des copains à idées et opinions, les uns journalistes, les autres psys et (ou) écrivains qui reçoivent dans un appart’ à moulures du boulevard Saint-Germain… Avec La Très Grande Bibliothèque, les œuvres d’art, les livres de photos et les catalogues d’expositions sur la table du salon. Donc, très loin de la chambre de bonne ou du petit appart’ du 5 qui guigne sur le 6 mais sent les fins de mois difficiles…
    Elle a choisi ces copains-là, et espère faire passer Roméo des histoires drôles (le concours de blagues étant le summum des fins de dîner chasse-spleen) aux drôles d’histoires : celles de la folie ordinaire ou celles de reportages lointains qui le séduiront sûrement. Elle espère surtout lui faire prendre goût à LA CONVERSATION. L’échange, l’écoute… Et tout ce qui fera rupture avec ce que Pépita nomme déjà, malgré sa béatitude amoureuse, le degré zéro de la discussion…
    Je précise que ses copains, elle les tient certes de la fac et d’un parcours en zigzag qui l’a menée du journalisme au dessin, en passant, depuis peu, par la psycho… Mais elle les tient aussi d’un richissime parcours amoureux qui l’a amenée à découvrir de nombreux corps de métier… Ainsi Pépita a su, durant toutes ces années, élargir son champ de relation. Et de vision. D’où sa préoccupation actuelle : en faire bénéficier son homme.
    Se faire mousser aussi.
    Ne pas s’arrêter là surtout.
    Enfin, ne renoncer à rien.
    J’entends : réunir à la même table l’intelligence et l’argent, dans la même vie la culture et la nature, l’amour et l’amitié, les Ex et l’actuel, enfin cultiver l’érotique du Sud sans jamais perdre le Nord… En clair : continuer à lire Pavese et son Métier de vivre (le journal de son suicide !) sur un yacht de quarante cinq mètres, à côté d’un mec abonné au Journal de la Baleine.

    Un pari osé. Mais bien bordé, dont le test in vivo va s’effectuer ce soir.
    Oui, car Pépita a largement bordé son affaire. A une inconnue près, les moitiés de ses copains. Qu’elle maîtrise moins bien mais se réjouit de découvrir. Un zeste d’anxiété en plus… Confirmée par les premiers « bonjour » à des costumes gris et sérieux en train de commenter le dernier masque africain acquis par l’appart’ de Saint-Germain. Seule Cecile, sa copine psy et Gucci, la rassure : elle allie magnifiquement l’allure branchée et la pensée éclairée. Voire éclairante. Pépita suppose qu’elle sera une passeuse (de message) parfaite : un fion d’enfer et une façon de « faire des phrases » incomparable, qui combine douceur et efficacité.
    Enfin, en général…
    L’apéritif traîne, on attend Roméo. Pépita l’excuse, les autres ne disent rien. Ils évaluent l’importance du bonhomme à son retard grandissant. Des ondes d’hostilité traversent les esprits… C’est au moment où on ne l’attend – presque – plus que Roméo débarque. Une bombe ! Speed, boucle hirsute, œil hagard, costume explosé par la journée, cravate irradiant de pois multicolores (ultrachic, selon lui) et, enfin, Roméo et Juliette dans la petite poche supérieure de son costume trois pièces… Le cigare de trop. Le cigare qui annonce la couleur.
    Ou la confirme.