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Romances

  • [Livre] Ne m’appelez pas Blanche Neige

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    Résumé : Qui a dit que la vie était un conte de fées ? Lorsqu’on est trahie par sa meilleure amie, difficile d’y croire. Sous le choc, Blanche, 18 ans, préfère s’enfuir dans la nuit parisienne, entraînée par de mystérieux fêtards rencontrés sur le réseau social le plus populaire du moment. Si la magie devient virale, une princesse peut-elle s’en sortir avec pour seules armes : sa répartie et son téléphone ? Oserez-vous croquer cette pomme d’amour et découvrir le cœur des princes de votre entourage ?

     

    Auteur : Gally Lauteur

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 01 mars 2017

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : C’est dans le cadre du mois des contes, et exclusivement en me basant sur son titre que j’ai choisi ce livre.
    Blanche est une jeune fille qui a vécu comme un traumatisme la séparation de ses parents, et quand elle nous révèle les détails, on ne peut que la comprendre.
    Ce que lui fait sa soi-disant amie Laurine est vraiment lamentable et aucune des explications qu’on peut avoir dans le livre ne m’a convaincue. Pour moi cette fille est toxique et Blanche ferait bien de la sortir de sa vie. Car ce qu’elle a fait, pour moi, va bien au-delà de la raison pour laquelle Blanche quitte précipitamment son appartement au début du livre. Peut-être que la jeune fille a eu une réaction excessive mais la manipulation dont fait preuve Laurine est quand même quelque chose de malsain.
    J’ai beaucoup aimé ce réseau social qui adapte la photo de profil de vos contacts en fonction de votre propre profil. Et puisque Blanche est identifiée comme Blanche-Neige sur le site, ses contacts sont tous des personnages du conte : nains, sorcière, chasseur, reine… Mais y-a-t-il un prince là-dedans ?
    J’avoue que j’ai beaucoup hésité sur l’identité de ce dernier. Pour moi, ils étaient 2 voire 3 à pouvoir prétendre au titre.
    J’ai aussi beaucoup spéculé sur l’identité de la mère de Théo. Comme le petit garçon ne l’évoque jamais, je me suis dit qu’il ne l’avait peut-être pas connu, si ses parents s’étaient séparés peu après sa naissance, et que du coup, ça pouvait être quelqu’un de l’entourage de son père, qui semble l’avoir eu très jeune au vu des quelques repères temporels que l’on a, donc du même coup de l’entourage de Blanche.
    Blanche est un peu « victime » de sa naïveté et de son travail acharné : elle n’a jamais eu ni le temps, ni l’envie de se pencher sur les « ragots people », du coup, elle ne sait absolument pas dans quoi elle met les pieds quand elle rencontre Rob, Jay et Roxanne. Si certaines personnes de la bande trouvent sa candeur rafraichissante, d’autres la soupçonne d’être une profiteuse qui cache bien son jeu.
    La « sorcière » m’a beaucoup fait rire. On sent qu’elle est là pour aider, mais elle a un caractère impayable et pas beaucoup de patience.
    On peut dire que dans un sens, ce livre est une réécriture moderne du conte de Blanche-Neige, où la magie est remplacée par la technologie et où la princesse n’a pas vraiment besoin d’être sauvée, mais seulement de s’affirmer.

     

    Un extrait : Je dois sortir d’ici ! Fuir l’appartement est devenu une urgence vitale. Si je les regarde encore avec leur air « désolés-mais-nous-on-s’aime-c’est-toi-la-méchante-qui-ne-comprends-rien », je vais… je vais… Je n’en sais rien, mais ça risque d’être atroce à voir.

    Dans les escaliers que je dévale à toute vitesse, je croise le voisin de palier, qui me voit passer en coup de vent. Me voilà dehors…

    Je marche sans savoir où je vais. Impossible de connecter mes neurones pour réfléchir posément. Me voilà à errer dans un état second. Je ne m’appartiens plus…

    J’ai besoin de parler à mon chéri en urgence ! J’essaie de prendre sur moi, je souffle fort et j’inspire profondément pour ne pas pleurer ou m’énerver au téléphone.

    La tonalité résonne longtemps dans le vide. Fred, réponds ! Allez, je t’en supplie ! Rien. Répondeur. Il est tard, j’imagine qu’il est parti travailler. Fred a un job étudiant à la réception d’un hôtel de luxe. Il a déjà dû prendre son service de nuit. Impossible de lui parler avant demain.

    Je soupire et marche dans la ville. Je me sens vide et triste.

    Combien de temps a duré ma promenade ? Aucune idée. Suffisamment, semble-t-il, pour que je me retrouve dans un quartier de Paris que je ne connais pas. Des fêtards discutent sur le trottoir et parlent des langues qui me semblent venir du bout du monde. Une petite femme vêtue d’une robe noire me fixe soudain de ses grands yeux. Je me sens transpercée par son regard hypnotique. Elle s’approche de moi, sans que je sache pourquoi.

    — Tiens, chérie, c’est happy hour, ce soir ! m’explique-t-elle en me tendant un flyer avec les mots The Forest – bar lounge . Pour oublier tes soucis, ma jolie Blanche !

    — Comment connaissez-vous mon prénom ?

    — Je suis une sorcière !

    — Ouais, c’est ça ! (Je me moque.)

    Elle me prend la main et regarde ma paume :

    — Problèmes familiaux et aussi trahison, pas vrai ? analyse-t-elle.

    — Comment… comment le savez-vous ?

    — Magie…

    — Bien sûr ! ironisé-je.

    — Toi, tu doutes de mes pouvoirs !

    — Nous ne sommes pas dans un conte de fées, dis-je en soupirant.

    — Vraiment ? sourit-elle. Mais si la vie en général était un conte de fées, quel rôle voudrais-tu ? Un rôle de fée, d’héroïne, de princesse ?

    — Un rôle qui me sortirait de ma colère, dis-je, impatiente. Un rôle qui me permettrait de comprendre ce qui se passe dans la tête des gens. Mais il est évident que c’est impossible…

    Elle regarde ma main et hoche la tête.

    — Rentrer dans la tête des autres pour comprendre leurs sentiments, répète-t-elle. Je vois, ce dont tu as besoin, c’est d’ouvrir ton cœur pour saisir l’esprit des gens, ma jolie Blanche. Es-tu amoureuse en ce moment ?

    — C’est vous la voyante-sorcière. Vous devriez le savoir.

    — Je le sais, Blanche. Je connais la réponse, mais toi ? Connais-tu le véritable amour ?

    — Bien sûr ! Je suis en couple après tout !

    Mais qu’est-ce qui me prend de croire à la bienveillance d’une inconnue et de parler de mes histoires de cœur avec elle, je suis folle…

    — À demain ! me sourit-elle. Tu as besoin de la soirée pour réfléchir à ma question. Ah ! Et n’oublie pas : c’est happy hour mais c’est un évènement privé, alors, pour en profiter, il faut t’inscrire sur ce site.

    Elle me montre le flyer qu’elle m’a donné.

    Je lis : « Pomme-d’amour.com, soirée dans la forêt ! Application gratuite pour toute la soirée ! »

     

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  • [Livre] Il était une fois – T03 – La princesse au petit pois

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    Résumé
     : Par une nuit d’orage, Olivia Lytton frappe à la porte du duc de Sconce après que sa calèche a versé dans le fossé. Sublime apparition : ses longs cheveux dénoués ruissellent, sa robe trempée souligne des courbes somptueuses. Ébloui, Quin ne peut s’empêcher de lui voler un baiser. Lui le mathématicien de génie imperméable aux émotions s’embrase soudain pour cette femme au franc-parler déconcertant et au langage fleuri. Aurait-il enfin trouvé sa duchesse ? Mais n’est-il pas déjà fiancé ? À la sœur d’Olivia, très précisément ?

     

    Auteur : Eloïsa James

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 21 août 2013

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Olivia n’a rien d’une duchesse telle que le rêve les duchesses douairières ou sa propre mère. Les maximes de bienséance lui paraissent ridicules, de même que toutes les manières affectées que se doit d’afficher une duchesse selon sa mère. Pourvue de formes voluptueuses, Olivia pense être trop en chair puisque sa mère le lui rappelle constamment. Mais comme son destin est tout tracé, elle s’en fiche un peu. En effet, d’après un pacte passé au collège entre son père et un de ses camarades, duc de son état, étant la fille ainé, elle est destinée à épouser le fils aîné du duc.
    Or non seulement Rupert a 5 ans de moins qu’elle, mais les circonstances de sa naissance difficile ont fait qu’il est un peu simplet. Pour autant, il est d’une gentillesse exceptionnelle et si Olivia voit d’un œil morne son futur avenir conjugal, elle se montre d’une loyauté sans faille envers le jeune homme pour qui elle a de la compassion et de l’affection.
    De plus, elle sait qu’une fois mariée, elle pourra doter sa sœur jumelle, Georgiana, qui, si elle est le modèle même de la duchesse délicate et réservée, n’en reste pas moins froide comme un glaçon et désargentée, ce qui n’attire pas vraiment les prétendants.
    De son côté, Tarquin, qui préfère qu’on l’appelle Quin, sait bien qu’en tant que Duc, il doit se remarier. Mais il a été assez échaudé par son premier mariage qui a été un vrai désastre, surtout pour son cœur. Sa mère est bien décidé à choisir elle-même la future duchesse afin d’épargner à son fils un nouveau chagrin. Pour cela, elle décide d’organiser une sorte d’audition, à laquelle Georgiana va être conviée. Olivia va l’accompagner, avec la complicité de son futur beau-père, histoire d’échapper aux remarques incessantes de sa mère.
    Et là, on s’en doute, c’est le drame : Quin est immédiatement attiré par la voluptueuse Olivia.
    Sauf que la duchesse douairière n’est pas ravie de ce qu’elle voit, et qu’Olivia est bien décidée à se montrer d’une fidélité et d’une loyauté sans faille tant envers son fiancé qu’envers sa sœur.
    Le lien avec le conte original a lieu de deux manières : d’une part, le fait que la douairière veut trouver une VRAIE duchesse pour son fils (comme dans le conte, la reine voulait trouver une VRAIE princesse), d’autre part, à un moment du livre, il y a effectivement quelque chose caché sous une flopée de matelas… mais je n’en dirais pas plus !
    On voit venir la fin à trente kilomètres mais ça reste une romance historique, ce n’est pas censé être original sur la fin, tout l’intérêt réside dans comment on arrive à cette fin.
    Un bon moment de lecture.

     

    Un extrait : La plupart des fiançailles ont pour origine l'un de ces deux sentiments violents que sont l'avidité et l'amour. Pourtant, celles d'Olivia Lytton n'étaient ni le fruit d'un échange de fortunes entre deux aristocrates de même sensibilité ni le résultat d'une brûlante combinaison de désir, de liens familiaux et de flèches de Cupidon.

    En vérité, il arrivait à la future épouse, dans ses moments de désespoir, de considérer son engagement comme la conséquence d'une malédiction.

    — Peut-être nos parents ont-ils oublié d'inviter une fée puissante à mon baptême, déclara-t-elle à sa sœur au retour du bal chez le comte de Micklethwait, où elle avait passé de longs moments en compagnie de son fiancé. La malédiction - dois-je le préciser ? - étant d'avoir Rupert pour mari. Je préférerais encore dormir cent ans.

    — Le sommeil possède certains attraits, reconnut Georgiana en descendant de la calèche familiale.

    Elle évita néanmoins d'associer cette remarque à son complément : le sommeil possède certains attraits... contrairement à Rupert.

    La gorge serrée, Olivia s'attarda un instant à l'intérieur de la voiture, le temps de se ressaisir. Ne savait-elle pas depuis toujours qu'elle serait un jour duchesse de Canterwick ? Alors pourquoi cette perspective l'accablait-elle autant ? Cela n'avait aucun sens. Mais elle n'y pouvait rien : une soirée auprès de son futur mari lui donnait l'impression d'être vide.

    Et le fait que tout Londres, y compris sa mère, la regardât comme la plus chanceuse des femmes n'arrangeait rien. Sa mère aurait été horrifiée, quoique guère surprise, si elle avait su qu'elle considérait sa future accession au rang de duchesse comme une malédiction. Pour ses parents, il était évident que l'ascension de leur fille dans la hiérarchie sociale était une chance inouïe. Autrement dit, une bénédiction.

    « Dieu merci ! avait-elle entendu son père s'exclamer au moins cinq mille fois depuis sa naissance. Si je n'étais pas allé à Eton... »

    Lorsqu'elles étaient enfants, Olivia et sa sœur jumelle, Georgiana, adoraient cette histoire.

    Perchées sur les genoux de leur père, elles l'écoutaient leur raconter comment lui M. Lytton, obscur nobliau (bien que lié à un comte d'un côté de sa famille, à un évêque et un marquis de l'autre) était allé à Eton, où il était devenu l'un des meilleurs amis du duc de Canterwick, qui portait son titre prestigieux depuis l'âge de cinq ans. Les deux garçons avaient fait le serment, signé de leur sang, que la fille aînée de M. Lytton deviendrait duchesse en épousant le premier-né du duc de Canterwick.

    Lytton assuma sa part avec un enthousiasme débordant, produisant non pas une mais deux filles en quelques mois de mariage. Quant au duc de Canterwick, il n'eut qu'un seul fils, et encore, après plusieurs années de vie conjugale. Mais cela suffit pour qu'il honorât sa promesse. Surtout, Sa Grâce resta fidèle à sa parole, rassurant régulièrement M. Lytton quant au destin commun de leurs progénitures.

     

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  • [Livre] Il était une fois – T02 – La Belle et la Bête

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    Résumé : À cause d'une malencontreuse méprise, la ravissante Linnet Thrynne est déshonorée. Sa tante trouve alors une solution : Linnet épousera Piers Yelverton, futur duc dont personne ne veut. Et pour cause : victime d'un accident qui l'a laissé boiteux et impuissant, il terrorise son entourage de ses fureurs dévastatrices. Puisqu'il n'a aucun espoir d'engendrer un héritier, il acceptera de donner son nom à une femme qui, pense-t-il, porte la vie. Ce sera l'union de la belle et de la bête. Sauf que Linnet est aussi pure que la blanche colombe et que son irascible fiancé est loin d'être un monstre...

     

    Auteur : Eloïsa James

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 06 février 2013

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Quand j’ai commencé les premières pages de ce livre, j’ai eu du mal à croire que je lisais le même auteur que le tome 1 de la série Il était une fois tant le ton était radicalement différent.
    A la fin de son livre, l’auteur avoue s’être inspirée du personnage du Docteur House pour Piers Yelverton. Et effectivement, il faut dire qu’il y a une certaine ressemblance.
    Piers Yelverton est donc blessé à la jambe, se déplace avec une canne, et est réputé impuissant. Ajoutez à ça qu’il a un caractère épouvantable et vous comprendrez aisément qu’il ne soit pas vraiment sur la top liste des hommes à qui marier leur fille des femmes de la haute société. Mais il ne s’en porte que mieux, bien trop occupé à exercer son métier de médecin pour envisager de s’encombrer d’une épouse, et surtout si c’est là une idée de son père, qu’il méprise profondément.
    De son côté, Linnet est certes l’une des plus belles filles de Londres, mais elle a été victime de la mode. Et je parle littéralement ! Car sa robe à la dernière mode lui a laissé une silhouette qui a convaincu le tout Londres qu’elle attendait un (mal)heureux évènement. Il faut dire que le fait que le prince lui ait tourné autour pendant un certain temps n’a fait que conforter la bonne société dans son idée que la jeune fille s’était déshonorée. Et peu importe qu’elle n’ait échangé qu’un ou deux baisers avec le dit prince. Il faut dire que la pauvre fille a la malchance d’avoir eu une mère aux mœurs libérés dont la réputation entache la sienne.
    Expédiée au pays de galles pour y épouser Piers, les deux jeunes gens ne sont pas franchement ravis de la situation.
    Piers a une fierté parfois mal placée et il m’a énervée d’être prêt à repousser une femme avec qui il pourrait être heureux sous le seul prétexte qu’elle lui a été amenée par son père.
    Ni Linnet ni Piers n’ont la langue dans leur poche et leurs joutes verbales sont vraiment hilarantes.
    La fin de la romance n’est pas une surprise. Mais la manière dont on arrive à cette fin est plutôt originale.
    A côté de cette romance, on peut voir l’activité des médecins de l’époque, même si Piers se distingue de ses pairs et n’est pas porté sur les saignées. Il avoue lui-même être plus doué avec les mort qu’avec les vivants. En fait, il est plus médecin légiste que médecin.
    J’ai passé un excellent moment avec cette romance et maintenant j’ai hâte de lire le tome 3 pour voir si le ton du récit est encore différent.

     

    Un extrait : Il était une fois, il n'y a pas si longtemps...

     

    Dans les contes de fées, les jolies filles sont aussi nombreuses que les galets sur la plage. Des bergères au teint de magnolia rivalisent avec des princesses au regard ingénu et, en vérité, si l'on additionnait les yeux brillants de toutes ces demoiselles, on obtiendrait une galaxie entière d'étoiles scintillantes.

     

    Cet éclat rend encore plus triste le fait que les vraies femmes sont rarement à la hauteur de leurs homologues de fiction. Elles ont les dents jaunes, la peau boutonneuse, l'ombre d'une moustache ou le nez comme un promontoire.

     

    Bien sûr, il y en a de jolies. Toutefois, même celles-là n'échappent pas aux maux qui sont le lot de toute chair, comme le déplorait déjà Hamlet dans son célèbre monologue.

     

    Bref, rare est la femme capable d'éclipser vraiment le soleil. Et ne parlons pas des dents de perle, des voix cristallines et des visages si parfaits que les anges en pleurent de jalousie.

     

    Linnet Thrynne possédait tous ces attraits, à l'exception, peut-être, de la voix cristalline. "Cependant, sa voix était tout à fait agréable, et on lui avait déjà dit que son rire évoquait le tintement de clochettes d'or.

     

    Elle n'avait pas besoin de se regarder dans le miroir pour savoir que ses cheveux brillaient, que ses yeux brillaient, et que ses dents... peut-être ne brillaient-elles pas, mais elles étaient incontestablement blanches.

     

    Linnet était de celles pour qui un chevalier n'aurait pas hésité à se livrer à toutes sortes de prouesses ; ou un prince moins intrépide à traverser un buisson de ronces simplement pour lui donner un baiser.

     

    Ce qui ne changeait rien, hélas, au fait que, depuis la veille, elle était immariable.

     

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  • [Livre] Il était une fois – T01 - Au douzième coup de minuit

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    Résumé : Réduite au rang de servante depuis la mort de son père, Kate vit sous le joug de sa belle-mère Mariana. L'odieuse femme va bientôt marier sa fille, Victoria, à un éminent parti, mais avant tout, la future épouse doit être présentée au prince Gabriel. Par un coup du sort, Victoria ne peut se rendre au château. C'est donc Kate qui est envoyée à sa place, déguisée en fiancée. Kate va rencontrer Gabriel, un prince aussi charmant qu'arrogant. Un prince pour qui son cœur vacille, mais que le destin s'acharne à lui dérober. Et si un baiser avait le pouvoir de tout changer ? Et si les contes de fées existaient ?

     

    Auteur : Eloisa James

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 5 décembre 2012

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Ce premier tome d’une série de cinq livres revisitant les contes en version romance historique est consacré à Cendrillon.
    Kate n’est pas tellement réduite à l’état de servante dans la mesure où elle pourrait partir si elle le voulait, contrairement à Cendrillon, mais elle ne le veut pas car, elle partit, elle sait que plus personne ne protégera les paysans et les serviteurs de son défunt père.
    Je pense que la belle-mère a du bien caché son jeu pendant des années, car le père de Kate, dans son testament, a pris une décision et on apprend assez vite que son but était de protéger Victoria car il pensait Kate à l’abri du besoin. Il devait donc penser que son épouse, Marianna, aurait la décence de traiter Kate selon son rang.
    La marraine de Kate est tout simplement géniale. Complètement hors des conventions mais il ne se trouvera personne pour oser la critiquer. Je comprends pourquoi elle n’a pas été plus présente dans la vie de Kate et j’ai trouvé le père de celle-ci très maladroit sur ce coup, mais bon, c’est un homme, un homme du XIXème siècle qui plus est, on ne va pas trop lui en demander. Mais d’un autre côté, on voit qu’il a fait le bon choix et que Kate n’aura plus rien à craindre de personne maintenant qu’elle a retrouvé sa marraine (qui, elle, n’arrête pas de la protéger à minuit).
    Dans l’histoire, on n’a guère de repère temporel et c’est dans une annotation que l’auteur déclare qu’on peut considérer que l’histoire a lieu sous la régence, vers 1812.
    J’ai bien aimé l’histoire qui se noue entre les personnages principaux. Que ce soit le prince qui passe pour un coureur de dot mais qui n’a guère le choix, ce qu’on comprend quand il expose la situation, ou Kate qui voudrait bien céder à ses pulsions mais est bloquée par ses principes et le fait qu’elle doit continuer à jouer le rôle de sa sœur.
    Victoria n’a rien d’une méchante demi-sœur. Elle est naïve et peut être un peu idiote parfois, mais elle a bon cœur et j’ai beaucoup aimé ce personnage.
    J’ai un petit regret, c’est de ne pas savoir ce qu’il advient finalement des chiens de Victoria, promis à un sort funeste par la belle-mère mais que Victoria adore et que Kate et sa marraine prennent en affection, chacune le leur.
    La pantoufle de verre est bien présente, mais, comme on a souvent eu un doute sur une éventuelle erreur de traduction entre verre et vair, ici, la pantoufle est très fragile mais d’une matière encore différente et certainement plus réaliste pour une pantoufle. En revanche, il n’y a pas vraiment de mention du fameux douzième coup de minuit, la seule échéance étant celle de l’arrivée de la fiancée étrangère du prince Gabriel.
    Même si des libertés sont prises, j’ai bien aimé cette réécriture qui, même si c’est léger, nous rappelle Cendrillon.

     

    Un extrait : Miss Katherine Daltry, que presque tout le monde appelait Kate, sauta de son cheval, folle de rage.

    Il serait juste de préciser quelle était souvent d’une humeur massacrante. Avant le décès de son père, sept ans auparavant, il lui était parfois arrivé de trouver sa belle-mère agaçante. Pourtant, depuis que la nouvelle Mme Daltry dirigeait la propriété, Kate avait réellement appris ce qu’est la colère.

    La colère de voir les fermiers du domaine familial être contraints de payer le double d’un loyer normal, ou de quitter la maison où ils avaient toujours vécu. La colère de voir les récoltes faner sur pied et les haies envahir les champs parce que Mariana refusait de dépenser un penny pour l’entretien du domaine. La colère de voir sa belle-mère et sa belle-sœur dilapider la fortune de feu son père en robes, chapeaux et autres fanfreluches, en telles quantités qu’il n’y avait pas assez de jours dans l’année pour les porter toutes.

    La colère de subir les regards apitoyés des connaissances qu’elle ne croisait plus dans les dîners. D’avoir été reléguée dans une sinistre mansarde dont le mobilier défraîchi était à l’image de la nouvelle position de Kate dans la maisonnée. La honte de ne pas trouver le courage de quitter cet endroit une fois pour toutes. Et tout cela était encore avivé par l’humiliation, le désespoir… et la certitude que son père devait se retourner dans sa tombe.

    Kate gravit les marches d’un pas vif, prête pour le combat.

    — Bonjour, Cherryderry, dit-elle, un peu surprise de voir le cher vieux majordome ouvrir lui-même la porte. Vous jouez les valets de pied, à présent ?

    — Elle-Même les a expédiés à Londres pour chercher un médecin. Deux médecins, plus exactement.

    — Elle est encore malade ?

    Kate ôta ses gants de cuir avec précaution car la doublure commençait à se découdre au niveau du poignet. Autrefois, elle se serait demandé si sa belle-mère – que tout le personnel appelait « Elle-Même » – feignait d’être malade. Maintenant, elle n’en doutait pas un seul instant. Voilà des années qu’elle était régulièrement réveillée au beau milieu de la nuit par des glapissements à propos d’attaques qui se révélaient n’être que des indigestions.

    — Cette fois, ce n’est pas Elle-Même, précisa Cherryderry. Je suppose que c’est pour miss Victoria.

    — Oh, la morsure ?

    Il hocha la tête.

    — Rosalie nous a dit ce matin que cela lui faisait pendre la lèvre. Et elle est toute gonflée.

    Malgré sa mauvaise humeur, Kate ressentit un élan de pitié. La pauvre Victoria n’avait pas grand-chose pour elle, à part son joli minois et ses robes élégantes. Kate aurait été désolée de la voir défigurée à vie.

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  • [Livre] Raison et sentiments

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    Résumé : Deux soeurs ne sauraient être plus différentes l’une de l’autre. Elinor, l’étudiante en architecture, privilégie les valeurs de la discrétion et de la modestie. Sa soeur Marianne, quant à elle, est impulsive et elle rêve de devenir artiste.

    Mais quand la famille est contrainte de quitter Norland Park, leur maison bien-aimée, leur monde vole en éclats et leurs valeurs sont violemment mises à l’épreuve.

     

    Auteur : Joanna Trollope

     

    Edition : Terra Nova

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 20 août 2014

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Ce roman n’est pas une réécriture du roman de Jane Austen mais une transposition à l’époque moderne. L’histoire de Jane Austen est suivie à la lettre si ce n’est qu’elle est adaptée au XXIème siècle. Ainsi Elinor parle ouvertement du manque d’argent, chose qui aurait été impensable au XVIIIème siècle.
    J’ai bien aimé Elinor même si elle est tellement inquiète pour l’avenir de sa famille qu’elle en vient à se montrer un peu méprisante envers son entourage. Mais on peut la comprendre : elle a dû abandonner ses études, trouver un travail mal payé et est encore le vilain petit canard de l’histoire parce qu’elle rappelle à tous que les factures ça se paie et pas avec un dessin ou une chansonnette.
    Marianne est aussi fantasque et excessive que dans le roman original mais ici, je l’ai trouvé moins exaspérante car pour moi c’était une ado en proie à sa première passion amoureuse. Ses actes n’ont pas les mêmes conséquences qu’ils auraient pu avoir 2 siècles plus tôt et du coup je l’ai jugée moins sévèrement.
    Margaret est plus étoffée que dans le texte original, mais plus agaçante aussi, mais il ne s’agit jamais que d’une ado trop gâtée qui ne comprend pas pourquoi sa vie change.
    Belle, la mère, m’est apparue plus comme déconnectée des réalités qu’égoïste. Elle semble sincèrement ne pas comprendre pourquoi Elinor parle toujours d’argent, pourquoi elle classe les factures, etc… mais elle a bon fond et aime ses filles. Cependant, comme Margaret, elle a été bien trop gâtée par un homme qui n’a pas pris la peine d’assurer l’avenir de sa famille.
    Mais la palme revient au couple Fanny/John… Ils sont affreux ! Encore plus que dans le roman de Jane Austen, c’est dire ! A chaque fois que Fanny se manifeste, on a envie de lui tordre le coup, mais John est encore pire de par sa faiblesse et son hypocrisie permanente !
    J’ai passé un excellent moment de lecture, même si pour moi, le roman de Jane Austen ne pourra jamais être égalé par quelque réécriture ou transposition que ce soit ! En revanche, pour une simple transposition, qui n’a donc pas demandé autant de travail d’imagination que l’écriture d’une histoire originale, j’ai trouvé qu’il était un peu trop cher.

     

    Un extrait : Bien sûr, Belle n’admettrait jamais la moindre erreur, ni de sa part ni de celle de leur père. Elle avait même raconté pendant des semaines après l’enterrement que Henry et John, le seul fils qu’il avait eu de son premier mariage, s’étaient réconciliés quelques heures avant sa mort à l’hôpital de Haywards Heath. Ils avaient pleuré tous les deux, et John avait promis qu’il veillerait sur sa belle-mère et sur les filles.

    — Il a promis, ne cessait de répéter Belle. Nous pouvons rester à Norland pour toujours. Et il tiendra parole. Bien sûr qu’il tiendra parole. C’est le fils de papa, après tout.

    Et papa, se dit Elinor non sans une certaine amertume, n’était pas seulement mort et enterré, et donc inattaquable, mais il était parfait. Parfait.

    Que s’était-il passé en réalité ? Il s’était passé qu’elles n’avaient pas pensé à la femme de John ! Pendant les jours horribles qui avaient suivi la mort de leur père, elles avaient pratiquement oublié Fanny.

    Elinor regarda le vieux vaisselier gallois, qui contenait les tasses et la vaisselle de tous les jours et sur lequel trônaient les cartes postales envoyées par des amis en vacances, mais aussi des photos de famille.

    Il y avait d’ailleurs une photo de Fanny dans un cadre, vêtue d’une robe blanche en broderie anglaise, tenant Harry, encore bébé, dans ses bras. Elinor remarqua que la photo avait été tournée vers le mur, dos à la pièce.

    Malgré sa détresse, elle ne put s’empêcher de sourire intérieurement. Quel geste brillant ! Qui en était l’auteur ? Margaret probablement, assise à table, avec ses écouteurs, le regard dans le vague. Elinor tendit le pied sous la table et donna un petit coup à sa sœur pour la féliciter.

    Quand John leur avait présenté Fanny, Elinor s’était dit qu’une personne aussi minuscule ne pouvait être que parfaitement inoffensive. Comme elle s’était trompée ! Elle n’avait pas tardé à comprendre que Fanny était un concentré d’égoïsme. Elle était apparemment exactement comme sa mère, tout aussi minuscule qu’elle, du reste : le cœur dur comme la pierre et uniquement intéressée par le statut et l’argent. Surtout l’argent. Elle en raffolait ! Quand elle avait épousé John, elle avait apporté une certaine somme dans le ménage et avait une idée bien précise de la façon dont elle allait la dépenser. Elle avait des idées précises sur presque tout et une volonté de fer.

    Fanny avait toujours voulu un homme et une grande maison avec beaucoup de terres et plein d’argent pour l’entretenir, et puis, bien sûr, un enfant, de préférence un garçon. Elle les avait eus. Tous. Et rien ni personne ne pourrait se mettre en travers de son chemin pour l’empêcher de les garder et d’assurer leur avenir.

     

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  • [Livre] Trahison

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    Résumé : Lorsqu’à 17 ans elle quitte sa bourgade natale du Mississipi, Becky Lynn n’a qu’une idée en tête : fuir la misère, l’alcoolisme de son père, l’ignominie de ces riches adolescents qui l’ont violée en toute impunité… Becky Lynn veut croire qu’une autre vie est possible. Une vie que lui suggèrent ces luxueux magazines de mode dans lesquels elle a puisé la force de rêver. Timide, sauvage, blessée… mais aussi courageuse, obstinée et entière : Becky Lynn se réfugie à Los Angeles où elle est bien décidée à s’inventer une nouvelle vie.

     

    Auteur : Erica Spindler

     

    Edition : Harlequin

     

    Genre : Drame

     

    Date de parution : 1995

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’ai lu ce livre au moins 10 fois, je le connais quasiment par cœur, et pourtant, non seulement je ne me lasse pas de le lire, mais le coup de cœur est toujours aussi puissant quel que soit le nombre de lectures.
    Pour les éditions harlequin c’est aussi une manne car il a été réédité pas moins de trois fois sous des titres différents et avec un résumé qui laisse entendre que les éditions les plus récentes (Trahison et Les blessures du passé) sont les suites de la plus ancienne (Destinées). Ne pas se faire avoir, il s’agit bien du même roman.
    Ce que vit Becky Lynn dans sa ville natale est affreux et je ne parle pas seulement du viol dont elle est victime : toute la ville la méprise à cause du manque d’argent de sa famille, son père est alcoolique et violent, sa mère complétement effacée. Tous, chacun à sa manière, à contribuer à ce que des Garçons tels que Ricky et Tommy pensent pouvoir faire ce qu’ils veulent à Becky Lynn sans jamais être inquiétés puisqu’elle est quantité négligeable. Hélas, ils ont raison (du moins en ce qui concerne leurs parents et ceux de Becky Lynn). La patronne de Becky Lynn fait exception et, qui sait ce qu’il se serait passé si elle était allée trouver la police dès la première agression en compagnie de celle-ci ?
    Mais après avoir été rejetée par son père, son frère et sa mère, de manière différente pour chacun d’eux, Becky Lynn décide de prendre les maigres économies qui ont échappées à la rapacité de son père et de ficher le camp une bonne fois pour toute.
    Malheureusement, si la fuite l’éloigne de ses agresseurs, les problèmes psychologiques qu’ils ont provoqués chez elle la suivent dans sa nouvelle vie : Becky Lynn est maladivement timide, essayant de se rendre le plus invisible possible et surtout, elle a une peur panique des hommes, ne supportant pas que ceux-ci ne fasse ne serait-ce que l’effleurer.
    Cette timidité et cette peur ne vont pas l’aider quand elle va commencer à graviter dans le milieu de la mode. Becky Lynn arrive à donner une impression de force à son entourage mais au fond d’elle, elle est toujours aussi vulnérable.
    Le pire pour elle est le sentiment de solitude profonde qui l’accompagne sans cesse, même lorsqu’elle est très entourée et Jack, le fils de sa patronne, celui qui la fait entrer dans le monde de la mode, ne va pas arranger les choses.
    Il n’y a pas besoin d’avoir ressenti un jour cette solitude pour ressentir la souffrance de Becky Lynn car l’écriture de l’auteur nous plonge à l’intérieur même de la jeune fille.
    Malgré le nombre de fois incalculable où j’ai relu ce livre, je suis toujours au bord des larmes (et à certains moment, plus qu’au bord) à la lecture de cette histoire.
    Erica Spindler nous fait vraiment vivre, ressentir, toutes les émotions de ses personnages, en particuliers ceux de Becky Lynn et de Carlo Triani.
    Un coup de cœur assurément, depuis ma première lecture, et sans doute pour toutes les relectures qui suivront !

     

    Un extrait : Becky Lynn ralentit un instant le pas au bout du chemin de terre, pour contempler la petite maison carrée qui se dressait devant elle. Sa maison. Inconsciemment, elle serra contre sa poitrine les magazines que lui avait donnés Miss Opal. Dans la lumière déclinante, les murs autrefois blancs, aujourd’hui gris et galeux, paraissaient encore plus sinistres, plus délabrés, comme si cette maison elle-même avait cessé de rêver à un avenir meilleur. La clôture branlante et brisée qui entourait le jardin avait sans doute été immaculée et pimpante jadis.
    D’un pas trainant, Becky Lynn remonta le chemin. C’était curieux comme les heures passaient vite dans le salon de Miss Opal, songea-t-elle, et comme elles passaient lentement ici. Le temps avait le don, semblait-il, de s’arrêter pour prolonger les instants de souffrance.
    La jeune fille fut assaillie par l’odeur du whisky à l’instant même où elle gravissait les marches de la véranda délabrée. Elle détestait cette odeur aigre-douce. Parfois, il lui arrivait de se réveiller en pleine nuit avec l’impression d’être étouffée par cette odeur qui s’infiltrait partout, dans ses vêtements, dans les meubles et les lits, dans les pores de la peau de son père.
    Dans sa propre vie.
    Becky Lynn ne se souvenait pas d’avoir vécu sans cette puanteur.
    Jusqu’au moment de franchir la porte de la maison, elle avait réussi à oublier qu’on était vendredi. Le jour où son père touchait sa paye. Le jour où il s’offrait son « petit plaisir », comme il disait. En rentrant de la fonderie, il s’achetait une flasque de whisky Ji Beam, et il buvait jusqu’à ce que la bouteille soit vide… ou qu’il tombe dans les pommes. Le reste de la semaine, il se contentait d’ingurgiter ce qu’il pouvait s’offrir. Arrivé au jeudi, la plupart du temps, il n’avait plus les moyens de boire, alors il dormait. Voilà pourquoi Becky Lynn attendait le jeudi avec la même impatience que l’arrivée que l’arrivée des nouveaux magazines. Ou presque.

     

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  • [Livre] J’ai épousé un con

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    Résumé : « J’ai épousé un con ! »

    Quelle femme n’a pas eu, un jour, cette pensée ?

    Et quel homme n’a jamais pensé, lui : « J’ai épousé une emmerdeuse ! » ?

    Pépita rêve d'amour, Roméo pense dîner entre potes. Elle veut du duo mère-enfant mais aussi du tango homme-femme. Elle n’aura qu’un unique programme : Papa, Maman et le Frigidaire. C’est simple, un homme.

     

    Auteur : Agnès Bouquet

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 03 mai 2012

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : J’ai été assez déçue par ce livre. J’ai voulu aller jusqu’au bout, parce que je m’attendais à une fin qui rattrape un peu le contenu du livre, mais même pas. La fin est fade, sans intérêt.
    Le titre promet beaucoup d’humour, un couple auquel on peut s’identifier, mais là on a un abruti égoïste et une gourde sans cervelle… difficile de s’y identifier à moins d’avoir une estime de soi au ras des pâquerettes !
    la narration se veut légère, utilisant pour cela un langage parlé censé nous rapprocher de Roméo et Pepita mais ne réussit à atteindre aucun de ses objectif : c’est ennuyeux, la lecture est laborieuse. Si ce langage parlé ne choque pas dans les dialogues, dans le corps du récit, j’attends autre chose d’un livre.
    En plus de n’être pas franchement une réussite, ce style de narration nous éloigne du texte ; on se sent complètement extérieur à l’histoire, on n’y plonge pas vraiment.
    La chose qui m’a le plus rebuté est la narration : on a une narration à la troisième personne, mais avec un narrateur omniscient qui fait des remarques sur les personnages sans pour autant faire partie de l’histoire.
    Malgré son peu d’épaisseur, il m’a fallu un temps infini pour arriver au bout de ce livre qui n’a aucun humour, qui est décousu comme si l’auteur avait écrit sans aucune réflexion, sans organiser ses pensées.
    Tout ce que je retiens de cette lecture, c’est que j’ai perdu mon temps !

    Un extrait : Elle a préparé le terrain. Et l’a choisi, surtout. Pas n’importe lequel, pas des copains de la fac qui y sont encore mais des copains à idées et opinions, les uns journalistes, les autres psys et (ou) écrivains qui reçoivent dans un appart’ à moulures du boulevard Saint-Germain… Avec La Très Grande Bibliothèque, les œuvres d’art, les livres de photos et les catalogues d’expositions sur la table du salon. Donc, très loin de la chambre de bonne ou du petit appart’ du 5 qui guigne sur le 6 mais sent les fins de mois difficiles…
    Elle a choisi ces copains-là, et espère faire passer Roméo des histoires drôles (le concours de blagues étant le summum des fins de dîner chasse-spleen) aux drôles d’histoires : celles de la folie ordinaire ou celles de reportages lointains qui le séduiront sûrement. Elle espère surtout lui faire prendre goût à LA CONVERSATION. L’échange, l’écoute… Et tout ce qui fera rupture avec ce que Pépita nomme déjà, malgré sa béatitude amoureuse, le degré zéro de la discussion…
    Je précise que ses copains, elle les tient certes de la fac et d’un parcours en zigzag qui l’a menée du journalisme au dessin, en passant, depuis peu, par la psycho… Mais elle les tient aussi d’un richissime parcours amoureux qui l’a amenée à découvrir de nombreux corps de métier… Ainsi Pépita a su, durant toutes ces années, élargir son champ de relation. Et de vision. D’où sa préoccupation actuelle : en faire bénéficier son homme.
    Se faire mousser aussi.
    Ne pas s’arrêter là surtout.
    Enfin, ne renoncer à rien.
    J’entends : réunir à la même table l’intelligence et l’argent, dans la même vie la culture et la nature, l’amour et l’amitié, les Ex et l’actuel, enfin cultiver l’érotique du Sud sans jamais perdre le Nord… En clair : continuer à lire Pavese et son Métier de vivre (le journal de son suicide !) sur un yacht de quarante cinq mètres, à côté d’un mec abonné au Journal de la Baleine.

    Un pari osé. Mais bien bordé, dont le test in vivo va s’effectuer ce soir.
    Oui, car Pépita a largement bordé son affaire. A une inconnue près, les moitiés de ses copains. Qu’elle maîtrise moins bien mais se réjouit de découvrir. Un zeste d’anxiété en plus… Confirmée par les premiers « bonjour » à des costumes gris et sérieux en train de commenter le dernier masque africain acquis par l’appart’ de Saint-Germain. Seule Cecile, sa copine psy et Gucci, la rassure : elle allie magnifiquement l’allure branchée et la pensée éclairée. Voire éclairante. Pépita suppose qu’elle sera une passeuse (de message) parfaite : un fion d’enfer et une façon de « faire des phrases » incomparable, qui combine douceur et efficacité.
    Enfin, en général…
    L’apéritif traîne, on attend Roméo. Pépita l’excuse, les autres ne disent rien. Ils évaluent l’importance du bonhomme à son retard grandissant. Des ondes d’hostilité traversent les esprits… C’est au moment où on ne l’attend – presque – plus que Roméo débarque. Une bombe ! Speed, boucle hirsute, œil hagard, costume explosé par la journée, cravate irradiant de pois multicolores (ultrachic, selon lui) et, enfin, Roméo et Juliette dans la petite poche supérieure de son costume trois pièces… Le cigare de trop. Le cigare qui annonce la couleur.
    Ou la confirme.

  • [Livre] Un noël avec Darcy

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    Résumé : Georgiana Darcy, hantée par ce qu’elle a vécu avec Wickham, décide de privilégier désormais la raison à la passion, et la proposition de mariage du beau, riche et bien né M. Moresby est parfaite pour cela. Mais Darcy trouve cet homme ennuyeux, et Elizabeth a des doutes : s’agirait-il réellement d’un mariage heureux ?

    Pendant que la famille se rassemble à Pemberley pour célébrer Noël, l’envieuse Caroline Bingley répand des rumeurs venimeuses sur Georgiana.

    La jeune femme aura-t-elle le courage de se battre pour sauver sa réputation ? Et l’attirant et sympathique Sir Giles Hawkins arrivera-t-il à lui faire de nouveau écouter son cœur ?

     

    Auteur : Elizabeth Aston

     

    Edition : Bragelonne

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 08 décembre 2014

     

    Prix moyen : 2€

     

    Mon avis : 5 ans après le mariage d’Elizabeth et Darcy, c’est la petite sœur de ce dernier qui est sur le point de convoler. Mais dès le départ, et ce sans même avoir lu le quatrième de couverture, on sent que quelque chose ne va pas.
    D’une part, il ne semble y avoir aucune alchimie entre Georgiana et son austère fiancé, et d’autre part, il semblerait que la sœur de Mr Bingley, Caroline, ait eu des vues sur le bonhomme et que l’annonce des fiançailles entre Georgiana et lui soit assez dure à avaler. Et connaissant la méchanceté de Caroline, on peut s’attendre au pire.
    Et grâce à cette pimbêche aigrie, il ne faut pas longtemps pour que l’histoire Wickham soit remise sur le tapis.
    Georgiana semble complètement échaudée après sa mésaventure avec le jeune coureur de dot, elle sait qu’elle l’a échappé belle et refuse de se laisser prendre dans les filets d’un homme trop avenant. Elle recherche la sécurité et une vie sans surprise et avec un homme aussi terne que M. Moresby il semblerait bien qu’elle n’ait pas de soucis à se faire : pas la moindre petite étincelle d’excitation ne risque de s’immiscer dans sa vie !
    Caroline est telle qu’on pouvait s’y attendre : aussi venimeuse qu’une vipère.
    Quant à M. Moresby, je l’ai trouvé hypocrite. Quand on se targue d’être aussi droit, aussi intègre, aussi moral qu’il le dit, on ne prête pas foi aux rumeurs, sans même en discuter avec la principale intéressée. Son attitude montre qu’il n’est pas fait pour le mariage, il devrait plutôt se mettre en couple avec une statue, ainsi il serait sûr qu’elle ne risque pas d’avoir la moindre pensée contraire à ses « principes ». Si au début il parait seulement sérieux et ennuyeux, il m’est vite apparu comme totalement ridicule.
    En dehors des personnages, il y a Pemberley et l’ambiance qui s’y attache. Ici, c’est Noël et au milieu des rires et des jeux des enfants de Jane et Elizabeth, on assiste à un noël traditionnel de l’Angleterre du XVIIIème siècle.
    Du côté de la romance, on se doute de la fin dès qu’on a lu les premières pages, mais ce n’est pas important, ce qui compte c’est de voir comment l’auteur nous emmène vers cette fin et ce qu’elle va infliger à ses personnages pour y arriver.
    C’était une agréable petite nouvelle pour en savoir un peu plus sur Georgiana qu’on ne voit qu’assez peu dans Orgueil et Préjugés. Bien sûr, on est assez loin de la plume de Jane Austen. Ça n’en rend pas moins cette histoire divertissante.

    Un extrait : Chaudement emmitouflée dans sa pelisse et coiffée de son élégant chapeau, Georgiana Darcy fit ses adieux et monta dans la voiture. Mr Darcy échangea quelques mots avec le cocher avant de la rejoindre, puis le garçon d’écurie s’écarta de l’attelage qui s’ébranla enfin.

    Alors que la voiture descendait en cahotant la longue allée, Georgiana contempla par la fenêtre le paysage pris dans le froid matinal. Elle aurait aimé être déjà à Pemberley. Elle songea alors que ce Noël était le dernier qu’elle passerait en tant que Miss Darcy et que c’était vraisemblablement la dernière fois qu’elle séjournerait à Pemberley pour les fêtes. À cette même période l’année suivante, elle serait Mrs Moresby et passerait les mois d’hiver avec la famille de son époux à Moresby Hall, dans le Sussex.

    Son frère se pencha en avant pour jeter un regard au pâle soleil que menaçaient à présent des nuages sombres en provenance du nord-est.

    — On dirait qu’il va neiger, fit-il remarquer.

    Il s’adossa de nouveau et sortit plusieurs documents de la mallette en cuir posée sur ses genoux.

    Georgiana connaissait bien son frère et savait qu’il resterait absorbé par ces papiers tant qu’il ferait jour, puis à la lueur du plafonnier de la voiture lorsque le crépuscule tomberait. Elle ne lui tenait pas rigueur d’être un compagnon aussi taciturne, consciente de l’importance des affaires gouvernementales dont il s’occupait pour servir son pays en guerre.

    Tout comme Elizabeth Darcy, Georgiana avait craint que Mr Darcy ne soit pas en mesure de quitter Londres. Mais en cette avant-veille de Noël, la vie normale avait finalement repris ses droits, en dépit de la guerre. Georgiana ne doutait pas que son frère était impatient d’arriver à Pemberley pour y célébrer Noël en compagnie de sa femme et de ses filles.

    Ils étaient partis la veille de la demeure londonienne familiale et avaient passé la nuit chez des amis dans le Northamptonshire. Ils entamaient à présent la dernière étape de leur trajet, avec de longues heures monotones en perspective avant de parvenir à destination.

    Georgiana avait emmené un livre mais le laissa fermé sur ses genoux. Elle se blottit dans un coin et tira sur elle sa couverture tout en regardant défiler le paysage morne et désolé, perdue dans ses réflexions. Elle songeait à Francis Moresby, l’homme qu’elle s’apprêtait à épouser. Le faire-part n’était pas encore paru dans La Gazette de Londres ; seulement quelques jours s’étaient écoulés depuis que Mr Moresby avait rendu visite à son frère pour la demander formellement en mariage.

    Mr Darcy lui avait donné son consentement, mais Georgiana se demandait dans quelle mesure la nouvelle de ces fiançailles le réjouissait. Elle esquissa une grimace en se remémorant la conversation qu’elle avait eue avec lui après le départ de son prétendant. Avec un grand sérieux, son frère avait tenu à s’assurer qu’elle désirait vraiment épouser Mr Moresby et suivait ce que lui dictait son cœur, et pas uniquement sa raison.

  • [Livre] La dame de Kyoto

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    Résumé : Kyoto, 1904. Depuis l'assassinat de ses parents, riches industriels de la soie, Myako Matsuka subit la tutelle de son frère Naoki. Lorsque celui-ci part pour le front de la guerre russo-japonaise, elle doit gérer seule l'entreprise familiale. Myako découvre alors avec horreur les conditions de travail des ouvrières et n'hésite pas à transgresser les consignes de son frère, révélant un tempérament fier et indépendant.
    Mais l'amour trouble qu'elle porte à un diplomate anglais, Allan Pearson, de même que l'intrusion dans sa vie d'un jeune Français passionné d'estampes, Martin Fallières, vont brouiller les cartes. 
    Torturée par le mystère de la mort de ses parents, déchirée entre ses instincts amoureux, ses responsabilités professionnelles et la fidélité qu'elle doit à sa famille, Myako va devoir choisir. Des choix douloureux qui feront éclater une vérité non moins tragique sur son passé et orienteront son avenir dans un sens bien différent de celui qu'elle envisageait

     

    Auteur : Eric Le Nabour

     

    Edition : Calmann Levy

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 2012

     

    Prix moyen : 20,50€

     

    Mon avis : Dans ce livre on est plongé dans le japon du début du XXème siècle, même si parfois j’ai eu des doutes quant aux définitions des termes comme les meiko qui seraient le nom donné au geisha à Kyoto, alors que, recherches faites, on les appelle les Geiko… erreur de l’auteur ? Coquille ?... du coup ça m’a rendu assez méfiante pour les autres termes que je ne connais pas (et je ne vais pas aller vérifier chaque terme non plus).
    Concernant les personnages, j’ai eu un peu de mal avec eux.
    Bizarrement, celui que j’ai le plus apprécié est Naoki alors qu’à première vue il est assez pénible. Mais son évolution au fil du roman (ou plutôt les révélations faites qui permettent de mieux le comprendre) fait qu’on s’attache à lui.
    Allan Pearson est insupportable, il n’a absolument rien pour lui, mais je pense que c’était le but.
    Mais je n’ai pas franchement apprécié Martin Fallière et Myako non plus.
    Le premier se comporte d’emblée comme si Myako était sa propriété et j’ai détesté son attitude. Il agit comme si Myako et son entourage avait des comptes à lui rendre.
    La vieille servante m’a agacée dans sa façon de traiter Myako comme une enfant alors qu’elle est sa maitresse mais d’un autre côté, quand on voit l’attitude de la jeune femme, on peut le comprendre un peu.
    Myako n’a aucune envie d’entrer dans le monde des adultes tout en ne supportant pas qu’on la traite en enfant. Pourtant, à 22 ans, il serait grand temps qu’elle se réveille un peu et qu’elle assume la conséquence de ses actes (et surtout qu’elle réfléchisse un peu avant de les commettre). Je n’ai ressenti aucune empathie envers elle.
    L’histoire est un peu cousue de fil blanc et le dénouement un peu trop rapide quand on songe au temps qu’il a fallu pour y arriver.
    Ça reste néanmoins une petite histoire légère et facile à lire, idéale pour reposer son esprit après des lectures plus intenses.

    Un extrait : Un nom et un visage lui étaient malgré tout venus immédiatement à l’esprit : Kodo Kobayashi, l’homme que son frère voulait lui faire épouser depuis plus d’un an déjà. Que pouvait-il y avoir de plus important la concernant aux yeux de Naoki ?

    Myako souffla doucement sur son thé brûlant.

    Épouser Kobayashi… Ce petit homme gras au sourire faux, aux manières apprêtées, aux doigts boudinés et aux ongles manucurés dont elle n’imaginait pas qu’ils puissent se poser un jour sur elle. « Plutôt travailler dans un bordel de Gion », songea Myako. Chacune de ses visites lui était un supplice. Le « gros Kodo », comme l’appelait Hiromi, venait régulièrement au ryôkan Matsuka. Une fois par mois environ. Il apportait toujours des présents inutiles et stupides. Il s’asseyait en face d’elle, replet et satisfait, les mains posées sur ses cuisses et la dévorait des yeux avec des airs de mangouste affamée.

    Aux yeux de Naoki, en revanche, Kodo Kobayashi présentait tous les avantages requis : petit-fils de samouraï, banquier et futur membre de la Diète impériale. Un parti inespéré tant sa fortune faisait des envieux dans les rangs les plus fermés de l’aristocratie japonaise. Pourtant, Myako ne parvenait pas à imaginer que le caractère inflexible de Naoki l’aveugle au point de vouloir faire consciemment son malheur.

    – Je sais à quoi ou à qui tu penses, glissa Hiromi. Je sais même que ça te tient éveillée la nuit. Tu crois sans doute que je ne t’entends pas dans ton sommeil…

    Myako feignit la surprise.

    – Que veux-tu dire ?

    – Tu le sais très bien. Ce n’est pas parce que je suis une vieille carne aujourd’hui que je n’ai pas été jeune moi aussi…

    – Je n’y peux rien, gémit Myako, je ne pense qu’à lui depuis des mois.

    Hiromi posa un doigt brun et tordu sur ses lèvres.

    – Eh bien, arrête ! Et même oublie-le, si tu peux ! Tu sais ce que je t’ai dit à son sujet. Un homme marié, n’y songe même pas, ma belle…

    – Mal marié !

    – Ce n’est pas ton affaire. Voudrais-tu faire honte à ton frère ?

    – Mais…

    Le doigt accentua sa pression et Myako en éprouva une sensation désagréable parce qu’il lui intimait l’ordre de se taire et qu’il sentait le vinaigre.

    – Il n’y a pas de mais… Allez, va voir Naoki, il doit s’impatienter…

    – Mais je ne suis pas encore…

    – Tu es fraîche comme une rose, il n’y verra que du feu. Et puis il préférera te voir sans apprêt plutôt que de faire le pied de grue dans son bureau. Je te l’ai dit, il est de mauvaise humeur.

    Le doigt se retira. La bouilloire siffla sur le fourneau. Myako émit un soupir de désolation, se resservit du thé d’orge grillé, puis avala le contenu de son bol avec une lenteur exaspérante. Quand elle ne put reculer davantage l’échéance, elle se dirigea enfin vers le bureau de son frère d’un pas glissant sous les regards lourds de sous-entendus de la vieille femme.

     

  • [Livre] Les filles de Mr Darcy

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    Résumé : Vingt années après Orgueil et Préjugés, nous faisons la connaissance des cinq filles d’Elizabeth et Darcy. Alors que leurs parents sont en voyage à Constantinople, les demoiselles viennent passer quelques mois à Londres chez leur cousin Fitzwilliam. La découverte de la vie citadine, des plaisirs et des disgrâces qu’elle offre, associée au caractère fort différent de ces jeunes personnes, va mener à des aventures, et des amours, inattendues, dans un cadre particulièrement mondain. De la tante Lydia - toujours aussi frivole - à Caroline Bingley - devenue lady Warren - on retrouve avec joie certains personnages créés par Jane Austen.

     

    Auteur : Elizabeth Aston

     

    Edition : Milady

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 18 Mai 2012

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Dans ce livre j’ai apprécié que les personnages principaux d’orgueil et préjugés soient absents. Même âgés de 20 ans de plus, trop de personnes ont imaginé comment serait la vie future d’Elizabeth et Darcy ou de Jane et Bingley pour ne pas chercher la petite bête en voyant cette vie relatée d’une manière qui pourrait différer de ce qu’on a pu imaginer.
    Ici, donc, on ne s’attache qu’à des personnages nouveaux, et plus particulièrement les filles d’Elizabeth et Darcy, ou à des personnages secondaires tels que Lydia, Caroline Bingley, les Gardiner ou encore le colonel Fitzwillian, cousin de Darcy.
    Ce dernier n’a pas évolué dans le bon sens. Quand Elizabeth l’a rencontré, 20 ans plus tôt, c’était un homme ouvert d’esprit et sympathique. Aujourd’hui, à 50 ans, c’est un hypocrite rétrograde, considérant que les femmes ne sont là que pour servir les intérêts des hommes. Autant dire que les conflits entre lui et les filles de Darcy sont légions. D’autant plus qu’il se permet des décisions que jamais Darcy ne lui a laissé la latitude de prendre.
    Letty, l’ainée des filles Darcy est insupportable. C’est celle que j’ai le moins appréciée. Je l’ai trouvée négative et d’une grande hypocrisie. J’ai été incapable de ressentir de l’empathie pour elle, quelques soit les mésaventures qui aient pu lui arriver.
    Belle et Georgina m’ont rappelées leur tante Lydia. Mais contrairement à Lydia, c’est la répression permanente exercée sur elles par leur sœur Letty et par leur cousin Fitwilliam qui les pousse à se conduire de manière de plus en plus scandaleuse.
    Alethea est encore très jeune, et les quelques « infractions » qu’elle commet sont plus dues à son insouciance qu’à un désir de choquer le bonne société. C’est une jeune fille volontaire, peu intéressée par les bals, les soupirants et tout ce qui fait vibrer ses sœurs, mais qui est prête à tout pour la musique, un art qu’elle pratique avec talent et qui, bien entendu, n’a pas la faveur de sa sœur et de son cousin qui trouvent qu’une jeune fille ne doit rien faire d’autre que broder, chanter de vieilles chansons anglaises et toutes autres activités sans intérêt pour une adolescente pleine de vie.
    Camilla, la seconde des filles Darcy, est celle que j’ai préférée. Elle n’a pas l’orgueil et les préjugés qu’on eut ses parents à son âge mais a leur spiritualité, leur intelligence et leur sons de la répartie. Elle ne se lamente pas devant l’adversité, n’écrit pas à son père à tort et à travers pour se plaindre, fait ce qu’il faut pour garder son indépendance et ne se laisse certainement pas impressionner par les colères de son cousin. La seule chose qui la perturbe c’est l’attitude parfois déplacée et souvent désinvolte de ses jeunes sœurs et celle insupportable de Letty.
    On devine sans mal comment va se finir le roman pour Camilla et Alethea, mais le sort de ses sœurs est plus surprenant.
    L’ambiance rappelle bien celle d’orgueil et préjugés tout en montrant que les mœurs ont évolués pendant ces vingt années, au grand dam de certains anciens comme Fitzwilliam ou Mr Gardiner.
    Un petit bémol : à trop vouloir faire ressortir les traits de caractères de leur famille chez les sœurs (les jumelles ressemblent à leur tante Lydia, Letty a le caractère négatif de leur tante Mary, Camilla est un mélange parfait de ses deux parents et Alethea ressemble beaucoup à son père), on finit par se retrouver avec une histoire quasi identique sur certains points (Pourquoi y-a-t-il 5 filles Darcy comme il y avait 5 filles Bennet ? Ou encore l’histoire de Georgina qui ressemble à s’y méprendre à celle d’une de ses tantes). Les détails qui ont été modifiés ne sont pas assez importants pour que cette impression de déjà-vu s’estompe.
    Finalement, j’ai bien aimé ce livre, mais dans la mesure où il est le premier tome d’une série consacrée à l’entourage des Darcy, que ce soit ses filles ou d’autres parents. J’ai considéré ce tome comme une sorte d’introduction, permettant de présenter les personnages et de planter le décor, surtout pour ceux qui ne connaissent pas Orgueil et préjugés.

    Un extrait : Un grand et beau valet en livrée du matin promenait deux Cavaliers King Charles. Remuant leurs queues duveteuses, les chiens sautillaient et poussaient de légers jappements. Une vendeuse d’huîtres vantait sa marchandise d’une voix braillarde, et, de l’autre côté de la place, un rémouleur criait pour demander de l’ouvrage. Un petit livreur flânait le long des grilles en sifflant, un paquet sous un bras, et un autre qu’il faisait tournoyer au bout d’une ficelle.

    — Il y a des gens pour qui le chant du coq, le roulement de la charrette du fermier et les bêlements des moutons sont insupportables, fit-elle remarquer sans détourner les yeux de l’animation de la rue.

    — Camilla, comment pouvez-vous dire une chose pareille ? La tranquillité, la douce sérénité de la campagne, la beauté silencieuse de nos bois et de nos rivières… Comme tout cela me manque !

    Camilla n’écouta Letty que d’une oreille tandis que celle-ci se lançait dans sa complainte favorite : combien la situation était injuste, et comme leurs parents avaient fait preuve d’inconscience, de les avoir arrachées ainsi à la paix et à la félicité du Derbyshire pour les traîner dans une maison londonienne.

    — C’est surtout pour Belle et Georgina que cela va être dur : elles vont détester leur séjour ici.

    Camilla, prudente, se garda bien de lui faire part de son avis et éclata de rire en voyant les deux épagneuls emmêler leurs laisses autour des beaux mollets du domestique, menaçant de le faire tomber à la renverse.

    — Éloignez-vous de cette fenêtre ; vous ne devez pas vous asseoir là, à la vue de n’importe qui.

    — Quel mal y a-t-il à ce que l’on me voie ? Je ne suis pas en train de lorgner le valet ; je ne fais qu’admirer le spectacle.

    — Lorgner le valet, vraiment ! Camilla, ne dites pas des choses pareilles. Je sais que vous plaisantez, mais les autres ne comprendront pas votre sens de l’humour et pourraient vous prendre au sérieux.

    — Il faudrait être idiot pour me prendre au sérieux, et depuis quand l’avis des idiots nous importe-t-il ? De plus, ce valet est vraiment très beau.

    Letty s’exprima avec une gravité non feinte :

    — Parler avec tant de liberté risque de vous attirer de gros ennuis ! Mr Fitzwilliam ne verrait pas cela d’un bon œil.

    Camilla le savait bien. Mr Fitzwilliam, leur cousin, un homme gentil et coquet âgé de cinquante ans, avait quitté l’armée et était désormais député au Parlement. Il tenait la bienséance en haute estime, et attendait des femmes de sa famille qu’elles observent le décorum. Il avait assurément un autre visage qu’il réservait à ses amis intimes et compagnons de longue date, au club et lors de manifestations sportives – une facette bien plus grossière de sa personnalité, qui le poussait à s’encanailler avec des demi-mondaines. Toutefois, c’était un aspect de sa vie qu’il n’aurait jamais dévoilé à Aubrey Square.

    Elle savait aussi que, parmi les cinq sœurs, Letty avait la préférence de Mr Fitzwilliam et ce depuis toujours.

    Camilla n’en prenait pas ombrage : elle se savait totalement opposée à l’idéal féminin de son cousin. En plus d’avoir hérité de son père sa force de caractère, elle était dotée d’un sens de l’humour trop aiguisé, d’un esprit trop brillant et d’une repartie trop spirituelle. Elle n’était pas une beauté classique comme Letty, et avait parfaitement conscience de mettre son cousin mal à l’aise : elle le voyait souvent se demander avec crainte à quoi elle pouvait bien penser.