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Romances

  • [Livre] Comment ne pas faire pitié à Noël quand on est célibataire ?

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    Lecture terminée le : 02 décembre 2019

     

    Résumé : À trente-huit ans, Emily a un travail satisfaisant, des amis fabuleux, et surtout, un appart merveilleux, situé à des centaines de kilomètres de sa famille trop intrusive. Sa seule source de stress est Evan, son jeune voisin, qui fait beaucoup trop de bruit la nuit… Mais qu’importe ! Heureuse en couple avec Robert, Emily espère bien l’inviter chez elle pour Noël et lui présenter ses parents. Le temps des questions indiscrètes et des moqueries est enfin derrière elle ! Mais quand elle s'aperçoit que Robert lui ment depuis le début, Emily décide de rompre. Et maintenant, comment affronter sa famille pendant les fêtes ? Elle fait alors appel au fêtard d'à côté...


    Auteur : Joanna Bolouri

     

    Edition : Milady

     

    Genre : Romance, Chick Lit

     

    Date de parution : 14 novembre 2018

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Certains sont attirés par une couverture, là, c’est le titre qui m’a donné envie de me plonger dans cette histoire (et puis, il entre pile poil dans le CWC, alors…)
    Emily est flanquée d’une famille un peu particulière que, à titre personnel, j’aurais sans doute fini par couler dans du béton.
    Sa famille (surtout sa mère) est obsédée par le fait qu’à 38 ans, elle n’est toujours pas mariée. Pourtant, quand elle leur avait présenté son ex, sa famille (tous sans exception) a tout fait pour rendre le jeune homme mal à l’aise ce qui, Emily en est sûre, a précipité leur rupture.
    Mais cette année, Emily est sûre d’avoir le bon, l’homme idéal à présenter à ses parents. Certes, elle craint un peu l’attitude de sa famille, mais au moins, elle ne sera plus le vilain petit canard, la laissée pour compte, la célibataire de service…
    Vous sentez la tuile arriver ?
    Car bien évidemment, sans quoi il n’y aurait plus de film de livre, à quelques jours du départ pour la maison familiale, voilà notre Emily à nouveau célibataire (Je vous laisse découvrir pourquoi, mais clairement, c’était justifié).
    Si sa famille (en particulier sa sœur) m’est sortie par les yeux, ses amis (et colocataires, d’ailleurs) sont tout simplement géniaux.
    Et comme Emily préférerait se faire dévitaliser une dent sans anesthésie que de subir un énième Noël en tant que célibataire, elle décide de payer son voisin pour qu’il endosse le rôle du petit ami.
    Sauf qu’il y a deux hics !

    Le premier ? Emily ne peut pas blairer son voisin et va devoir passer quatre jours à prétendre filer le parfait amour avec lui.
    Le second ? Le petit ami éconduit n’a pas dit son dernier mot.
    Autant dire qu’entre la famille d’Emily et la situation pour le moins compliquée, il n’y a pas un seul temps mort dans ce Noël pas de tout repos.
    On s’amuse autant qu’on s’exaspère, on aimerait parfois qu’Emily se montre un peu moins diplomate.
    Comme quoi on peut trouver des romances de Noël qui sont bien écrites et qui mettent aussi bien l’accent sur l’humour que sur la romance.
    Une excellente lecture pour attendre Noël !

     

    Un extrait : Quand j’ai décidé de quitter le nid douillet et sans loyer de mes parents à l’âge de vingt-quatre ans, ils étaient horrifiés. Non seulement parce que je voulais déménager, mais surtout parce que, de tous les endroits au monde, j’ai choisi Londres, qui, selon eux, est une ville où les gens se détestent par plaisir ou par intérêt, et où les pauvres sont contraints de se mettre à la colle avec des étrangers barbus dans des appartements minuscules et hors de prix.

    — J’emménage avec deux autres enseignants. Tout ira bien, ai-je affirmé de ma voix la plus rassurante. On m’a proposé un bon poste, et je ne suis pas idiote. Flûte à la fin, j’ai vingt-quatre ans ! J’ai besoin d’apprendre à me débrouiller toute seule.

    — Ou plutôt, tu as besoin de prendre tes distances avec nous, a rétorqué ma mère, les mains sur ses hanches. Je ne comprends pas. Ton frère et ta sœur sont parfaitement heureux ici.

    J’ai jeté un coup d’œil aux jumeaux, tous deux hypnotisés par leurs téléphones portables, inconscients de la présence de l’autre ou du reste du monde.

    — Ils ont quatorze ans, maman. Leurs vies tournent autour des Griffin et de leur espoir de voir grossir certaines parties de leurs corps. Ne le prends pas aussi personnellement. C’est ce que les enfants sont censés faire. Nous grandissons, nous quittons le nid et nous faisons nos vies.

    — Mais pourquoi Londres ? a lancé papa. C’est à l’autre bout du pays. Tu n’aurais pas pu choisir Édimbourg ou Glasgow ?

    J’aurais pu, effectivement. Mais ces villes sont à une distance raisonnable. J’avais besoin de mettre assez de kilomètres entre nous pour échapper aux visites familiales impromptues à 10 heures le dimanche matin. Je comptais bien avoir une vie sexuelle à Londres.

    Papa s’est mis à faire les cent pas, comme chaque fois qu’il cherche une solution à un problème.

    — Laisse-nous au moins te trouver un logement dans un meilleur quartier, a-t-il plaidé. J’ai un ami qui…

    — Ne le prends pas mal, papa, mais je ne vois pas comment me débrouiller toute seule si c’est toi qui me loues un appartement et décides du lieu où je vais vivre.

    Il s’est arrêté net et s’est laissé tomber sur une chaise, la mine abattue.

    Ma mère avait toujours les mains plaquées sur ses hanches, mais je ne crois pas l’avoir déjà vue aussi découragée.

    — Tu vas manquer aux jumeaux, a-t-elle doucement murmuré. Et à nous tous.

    Je l’ai étreinte dans mes bras aussitôt. Mes parents ne comprenaient sans doute pas mon besoin de prendre le large, mais ce n’était pas nécessaire ; ils devaient seulement l’accepter. Elle me serrait si fort contre elle que j’ai senti ma détermination faiblir et un nœud se former dans ma gorge.

    — Je vous rendrai visite pendant les vacances scolaires, promis, ai-je assuré. Il y a Pâques, Noël, l’été… je suis enseignante – nous avons beaucoup de temps libre.

    Elle a hoché la tête, ravalant ses larmes et sa morve, tandis que mon père me prenait la main en souriant.

    — Appelle si tu as besoin de quelque chose. Quoi que ce soit.

    Trois semaines plus tard, je leur disais « au revoir » à la gare de Waverley, prête à démarrer ma nouvelle vie, confiante dans le fait que partir seule était la bonne décision.

     

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  • [Livre] On comptera les étoiles

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    Lecture terminée le : 09 octobre 2019

     

    Résumé : Nous avons tous une bonne étoile, encore faut-il la trouver... Lycéenne solitaire et réservée, Amélia entretient toujours des liens très forts avec sa confidente, Maëva, malgré la distance qui les sépare. Elle ne souhaite qu'une chose : ne pas faire de vagues et s'acheminer discrètement jusqu'à la délivrance - le bac. Quand elle rencontre Samuel, elle ne s'attend pas à ce que le bassiste au cœur tendre bouleverse son existence. Prévenant, drôle et sécurisant, il l'amène peu à peu à s'ouvrir aux autres et à la vie. Toutefois, lorsque la jeune fille croise une connaissance du passé, tout bascule. Amélia découvre que certaines blessures ne sont pas refermées, au risque de lui faire perdre à la fois Sam et sa meilleure amie...


    Auteur : Fleur Hana

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 22 mai 2019

     

    Prix moyen : 14€

     

    Mon avis : Amélia est une adolescente solitaire, bourrée de TOC, qui adore les mots compliqués et désuets. Elle vit avec sa mère, alcoolique, et n’a pas d’autre personne à qui se confier que sa meilleure amie, Maëva, qui a déménagé  l’autre bout de la France.
    Son but est de traverser le lycée sans se faire remarquer et de ficher le camp sans se retourner une bonne fois pour toute dès son diplôme en poche.

    Mais tous ses projets sont remis en question quand elle rencontre Samuel. Toute sa vie va être bouleversée.
    Chaque chapitre alterne entre les points de vue de Lia et de Sam.
    Côté Sam, je crois que j’ai encore plus aimé sa famille que lui (et ce n’est pas peu dire). Son père est un peu effacé, (avec trois femmes à la maison, le pauvre homme, on peut le comprendre), mais ses sœurs remplissent joyeusement tout l’espace. Agées de 16, 12 et 8 ans, c’est une bande de sauterelles qui adorent se liguer contre leur grand frère.
    Mais sa mère est sans doute le personnage secondaire que j’ai le plus apprécié : entre sa manière de se trémousser quand elle gagne à Street Fighter (d’ailleurs, je joue comme elle… et oui, parfaitement, ça s’appelle jouer), son crédo (toujours raison, le dernier mot et les pleins pouvoirs) et sa mauvaise foi, elle est irrésistible. Et comme en plus elle sait être sérieuse et à l’écoute, on ne peut que l’aimer.
    On peut dire que Sam a une vie équilibrée : une famille aimante, juste ce qu’il faut d’envahissante, des potes, une passion pour la musique, mais des parents qui lui ont demandé de passer quand même son bac, même si ça ne lui servira à rien dans la musique, juste au cas où. Et lui a été assez raisonnable pour accepter de redoubler sa terminale afin de décrocher le de-moins-en-moins-précieux sésame.
    Avec 3 frangines toutes plus jeunes que lui, il a appris l’indulgence, la résignation et la patience.
    Face à Lia, il est comme face à un animal sauvage, intrigué, intéressé, mais effrayé et prêt à détaler au moindre geste brusque.
    Le passé de Lia est lourd et complexe et au fil de l’histoire, on en apprend toujours plus, comme s’il n’y avait aucune limite aux horreurs qu’elle a vécues. C’est comme un effet boule de neige qui semble impossible à arrêter, car aucun événement n’aurait pu avoir lieu sans le précédent.

    Malgré les sujets abordés qui sont très durs, il y a beaucoup d’humour, notamment dans les discussions absurdes qu’ont parfois Sam et Lia.
    Lia est difficile à cerner. Elle affiche une impassibilité qui cache une grande vulnérabilité et, sous cette vulnérabilité, on décèle pourtant une force immense à laquelle elle n’arrive pas toujours à accéder.

    Même si je me doutais un peu des épreuves qu’avait traversé Lia, pas dans le détail mais d’une manière générale, il y a un élément en particulier que je n’ai pas vu venir.
    A ce sujet, en m’appuyant sur le prologue, j’avais montée toute une théorie ; et non seulement j’avais tout faux, mais en plus, je n’imaginais vraiment pas une telle révélation.

    Alors, même s’il y a pleins de passages qui m’ont fait rire, il y en a beaucoup qui m’ont mis les larmes aux yeux (hein ? Oui bon, ok, pleurer comme une madeleine).
    C’est pour ça que ce roman est un tel coup de cœur : il trouve un parfait équilibre entre une myriade de sentiments, sans jamais sombrer dans le pathos.
    C’était mon premier fleur Hana et c’était, apparemment, pour elle, ses premiers pas dans ce genre-là, celui du young adult (elle semble plus habituée à la romance adulte type hugo romance).
    J’ai particulièrement aimé les petits clins d’œil à Peter Pan, Harry Potter ou thor ainsi que la création systématique que font Sam et Lia de tout et n’importe quoi, laissant à chaque fois l’autre cherche que le sigle veut dire.
    Bref, tout ça pour dire que j’espère bien que Fleur Hana va continuer à écrire dans ce genre-là, parce que, franchement, elle est drôlement douée !

     

    Un extrait : — Il faut bien que le responsable de ça, je réplique en agitant ma feuille, ait un nom. C’est beaucoup plus facile de s’énerver contre quelqu’un dont on connaît le prénom. Sinon, ça donnerait « c’est encore Monsieur X qui s’est chargé des plannings » et reconnais que ça a tout de suite moins de cachet.

    — C’est sûr, mais pourquoi « Robert » ?

    Pourquoi est-ce que je continue de m’exprimer, surtout ? Il me fixe sans ciller, très sérieusement. Je me retiens de grimacer et reprends en abaissant les épaules :

    — Tu t’appelles Robert, c’est ça ?

    — Oui.

    Quelles étaient les probabilités pour que la seule personne qui m’entende soit un Robert ? Qui porte encore ce prénom de nos jours, en plus ? Celui qui est face à moi n’a pas du tout une tête à s’appeler Robert. Simon, peut-être. Ou Benjamin, à la rigueur. Mais Robert, non. Je n’imagine pas du tout un Robert avec des cheveux bouclés, bruns, et jusqu’aux épaules. Ni avec des lèvres charnues comme les siennes, ça ne colle pas. Robert n’aurait pas de grands yeux marron et ce visage d’ange.

    — Peut-être qu’on devrait te rebaptiser, je lâche sans réfléchir.

    — Carrément ?

    — Oui, ce serait mieux pour toi. Robert est à l’origine de toutes les idées les plus pourries, c’est trop dur à porter.

    — Comme celle de la répartition de nos heures de cours ?

    — Oui. Ou les ouvertures faciles.

    — Je vois.

    Le petit sourire en coin qu’il affiche m’encourage à continuer.

    — Les horaires de la poste, aussi, c’est un coup de Robert, je poursuis alors qu’une petite voix dans ma tête me conseille de la boucler.

    — Les chaussettes dans les sandales, c’est lui aussi ?

    — Sûrement, je ne vois pas qui d’autre.

    Il croise les bras et lève un sourcil. Il me dépasse d’une quinzaine de centimètres, à peu près. Je n’ai jamais eu le compas dans l’œil, mais il est plus grand que moi.

    — Du coup, on pourrait t’appeler autrement, parce que c’est dur à porter, comme héritage, Robert.

    — C’est sûr…

    — Rassure-moi, dis-moi que tu te fous de moi et que tu ne t’appelles pas Robert.

    — Je m’appelle Samuel.

    J’en étais sûre ! Non, je l’ignorais, mais je l’espérais. Parce que ç’aurait été vraiment nul comme premier contact avec un élève de mon nouveau lycée si j’avais démarré en insultant son nom.

    — C’est moche ça, Samuel, très moche !

    — Tu es en train de me dire que mon prénom est moche ?

    — Non ! Mais me faire croire que tu t’appelles Robert, ça, c’est moche.

    — Avoue que c’était assez tentant.

    — Jamais. J’ai pour principe de ne jamais rien admettre.

     

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  • [Livre] Le parfum de Katsu

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    Lecture terminée le : 13 septembre 2019

     

    Résumé : À quelques jours des noces qui doivent l’unir à Akeko Kawa, l’héritière du clan ennemi de son peuple, l’honorable seigneur de guerre Toru Okami croise la route de Katsu, modeste paysanne mariée à un homme violent qui se plaît à l’humilier chaque jour. Toru est troublé par la beauté sauvage et le parfum envoûtant de la jeune femme. Quand celle-ci sauve d’une chute le père gravement malade de Toru, le seigneur l’invite à rejoindre le château pour devenir la suivante de sa future épouse…


    Auteur : Claire Volanges

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Romance historique

     

    Date de parution : 28 avril 2019

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : En général, dans la collection Nouvelle Plume, je prends des thrillers. Alors pourquoi ai-je choisi le parfum de Katsu ? Bonne question.
    En vérité, j’ai dû le voir sur une des chaînes booktube que je suis (généralement les suggestions de vibration littéraires qui ne me déçoivent jamais).
    Le parfum de Katsu a frôlé le coup de cœur. Mais vraiment frôlé. A vrai dire, je ne saurais pas dire pourquoi je n’ai pas atteint le coup de cœur parce que j’ai très vite complétement happée par cette histoire.
    L’histoire d’amour entre Katsu et Toru semble impossible : elle est mariée, il est sur le point de conclure un mariage politique.
    Leur les sentiments ne s’expriment pas physiquement, mais à travers des regards et les mots.
    La vie maritale de Katsu est toxique mais dans le japon féodal, une femme valait moins qu’un cheval et on se doute bien que la jeune femme n’a aucun recours contre sa brute de mari.
    Pour autant, si Katsu se soumet à son mari, contrainte et forcée, dans sa tête elle ne capitule pas. Son mari possède peut être son corps, mais il ne peut l’empêcher de s’élever intellectuellement au-dessus de lui.
    Akeko, la future épouse de Toru n’est guère mieux lotie. Alors, oui, elle ne subit pas de violence physique mais elle souffre aussi, même si elle cache sa souffrance derrière son attitude insupportable.
    Je ne vais pas dire que je l’ai appréciée mais on ne peut pas dire non plus qu’elle n’a aucune raison d’être amère.
    A part Akeko, Rintinto (le mari de Katsu), et quelques autres personnages qu’on croise ou qui sont juste cités, j’ai apprécié tous les autres personnages. Oui, même le frère cadet de Toru qui se conduit comme un vrai con, mais peut-être parce qu’il ne supporte pas l’idée de ne pas être maître de son destin.
    Le côté historique semble particulièrement bien documenté.
    A chaque terme japonais, une note de bas de page nous en explique le sens.
    Encore mieux, ces termes et leur explication sont récapitulés dans un glossaire à la fin du livre.
    C’est quelque chose de particulièrement apprécié car il n’y a rien qui m’énerve plus que de devoir aller sans cesse à la fin du livre à chaque fois que je tombe sur un terme inconnu, tout comme je déteste avoir à re-feuilleter un bouquin pour retrouver un terme en particuliers.

    A la fin du livre, il y a également un rappel des diverses légendes qui sont évoqués dans le roman.
    D’habitude, j’ai horreur de tomber sur un « à suivre » sans avoir été prévenue que le livre n’est finalement pas un one shot.
    Mais là, non, au contraire, j’ai été contente de savoir que j’allais pouvoir retrouver cet univers sans pour autant que la fin m’ait collée en PLS.

     

    Un extrait : Le village était endormi. On entendait à peine le chuchotement du vent dans les arbres. Même la pluie tombait avec la nonchalance d’une berceuse. Personne ne s’éveillait à une heure aussi précoce. Personne à part une jeune femme qui venait d’enfiler un pantalon et une chemise élimés pour prendre l’air.
    Anxieuse, elle jeta un regard à son mari qui cuvait son alcool de riz sur leur natte commune. Debout dans la pièce principale où ses beaux-parents dormaient, Katsu fit quelques pas sur les nattes posées à même la terre battue avant de pousser l’écran qui la séparait de l’extérieur.
    Comme à son habitude, elle prit les deux seaux en bois posés devant l’entrée pour aller chercher de l’eau. Elle aurait pu le faire à n’importe quelle heure de la journée, mais l’aube lui permettait de gagner quelques minutes de liberté.
    La rue était déserte. Le sol trempé de pluie brillait sous les faibles rayons de la lune. Le jour ne se lèverait pas avant une bonne heure, et Katsu se réjouissait par avance de ce petit moment de tranquillité. Aussi fugaces et éphémères soient-elles, elle savait que ces minutes lui appartenaient et que personne ne pourrait les lui ravir.
    Bientôt, elle pourrait savourer les premiers rayons du soleil. Cette promesse l’emplissait chaque matin de gratitude et lui permettait de rester debout.

     

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  • [Livre] Nous danserons encore sous la pluie

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    Lecture terminée le : 28 juin 2019

     

    Résumé : Marie et Damien viennent de fêter leurs 30 ans, il s'aiment, ils ont des projets de mariage et de bébé. Leur amour est solide. Leur avenir, plein de promesses.
    Survient un accident. Damien est frappé d'amnésie. Il ne se souvient plus qui est Marie pour lui.
    Dès lors, que restera-t-il des promesses et de leur amour ?
    Ce lien, en apparence si fort, n'est-il qu'un fétu de paille balayé par le premier vent contraire ?


    Auteur : Valérie Bel

     

    Edition : Diva

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 2018

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Ce livre étant un livre autoédité, il n’est pas passé entre les mains d’un professionnel pour être remanié. Et ça se sent.
    La plume est belle, un peu trop parfois.
    Les dialogues manquent parfois de naturel, ils sont un peu trop formels.
    Mais l’auteur a du potentiel et il aurait juste fallu adapter le ton aux circonstances pour qu’il n’y ait plus rien à redire sur la forme.
    Concernant l’histoire, je n’ai pas accroché.
    L’idée était intéressante et j’aurais sûrement beaucoup aimé si je n’avais pas autant détesté Damien.
    Avant son accident, Damien se montre régulièrement agressif verbalement. Selon les propres dires de Marie, il souffle le chaud et le froid, la culpabilisant à coup de remarques acides avant de s’excuser de ses « mouvements d’humeur ». La marque des pervers narcissiques.
    Après l’accident, il est odieux, d’une manière que l’amnésie n’excuse pas.

    Qu’il soit perturbé par sa perte de mémoire est parfaitement compréhensible, mais ça ne le dispense pas de se montrer poli.
    Quant à Marie, j’aurais eu de la compassion pour elle si elle avait seulement été prise au piège des manipulations de son compagnon.

    Mais son caractère est déplaisant. C’est une gamine capricieuse qui veut tout, tout de suite, qui ne supporte pas de ne pas être le centre de l’attention de son compagnon.
    Il y a un petit triangle amoureux et j’ai trouvé que Marie l’exploitait mal. Mais j’ai bien aimé les passages dédiés à la perte de mémoire, avec la Belle-mère qui essaie d’en profiter.
    La plume de l’auteur est vraiment belle, ce qui m’a donné envie de poursuivre l’histoire (si on excepte les dialogues) et même si je n’ai pas vraiment apprécié le contenu du récit, je ne regrette pas ma lecture.

     

    Un extrait : Le matin du troisième jour, avant d’atteindre le box de Damien, je fus alpaguée par l’infirmière de service.

    —   Mademoiselle, mademoiselle, attendez ! Le professeur souhaite vous voir avant que vous ne vous rendiez auprès de votre conjoint. Laissez-moi vous accompagner jusqu’à son bureau.

    Je la suivis docilement à travers les couloirs aux odeurs médicamenteuses, où chaque pas résonnait, jusqu’au bureau dudit professeur. Elle frappa à la porte entrouverte et reçut en retour un « oui » avenant.

    —   La compagne de Monsieur Acom est là…

    —   Faites-la entrer !

    Elle se mit de côté pour me laisser passer et partit.

    —   Je vous en prie, asseyez-vous ! dit le professeur d’une voix chaleureuse.

    C’était un homme d’une soixantaine d’années aux cheveux et à l’épaisse moustache blancs, auquel la sérénité, la bonhommie et la malice de ses traits donnaient des airs de père Noël. Il posait sur moi un regard bienveillant. Presque un peu trop bienveillant. Quelle annonce avait-il à me faire ? Il prit une profonde inspiration avant de parler :

    —   Madame, j’ai une bonne nouvelle et une mauvaise.

    Autre ample inspiration, comme pour m’inviter à mobiliser mon courage.

    —   Votre conjoint est sorti du coma…

    Je me redressai. Ce n’était pas une bonne mais une merveilleuse nouvelle ! A ce moment-là je pensai seulement : « Il ne va pas mourir, il ne va pas mourir ! » Quelle pouvait être la mauvaise nouvelle ?

    —   Mais… il semble qu’il souffre de séquelles…

    Je n’avais pas envie de précautions verbales. Juste la vérité. En urgence. Vite.

    —   Desquelles ?

    —   Il semble souffrir d’amnésie.

     

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  • [Livre] Mon étoile dans la nuit

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    Résumé : On peut aimer quelqu'un sans que l'autre ne le sache...

    "Avait-il essayé de me dire quelque chose, ou bien était-ce juste une phrase parmi d'autres ?

    Je m'étais fait une raison, nous ne serions jamais rien l'un pour l'autre, simplement car il ne le voulait pas, et j'avais accepté cet état de fait. Du moins je le croyais. Mais le fait d'apprendre qu'il quittait le lycée me plongeait dans un profond désarroi. Trop de questions se bousculaient dans ma tête. Il me fallait des réponses.

    Je ne pouvais pas le laisser partir sans lui dire au moins au revoir. L'angoisse était maintenant là, pesante, impérieuse, me poussant à marcher de plus en plus vite, puis à bifurquer et enfin à courir vers la maison d’Ethan. Je ne pouvais pas m'en empêcher. Je savais que c'était sans doute trop tard, qu'il était sûrement parti, mais je ne me contrôlais plus. L'urgence, voilà ce que je ressentais sans avoir su la nommer quelques instants plus tôt. L'urgence de le voir une dernière fois, l'urgence de savoir, de comprendre peut-être.

    L'urgence de lui dire ce que je ressentais pour lui. Il m'avait plusieurs fois montré qu'il tenait à moi, mais j'avais fait semblant de ne rien comprendre."


    Auteur : Agneta Gerson

     

    Edition : Autoédité

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 02 mai 2019

     

    Prix moyen : 13€

     

    Mon avis : L’auteur de ce roman m’a contacté sur le site Simplement Pro pour me proposer la lecture de son histoire.
    Ce roman d’un peu plus de 200 pages à peine raconte l’histoire d’Annabel, une jeune adolescente orpheline de mère, obligée de quitter San Francisco pour Fairbanks en Alaska suite à la mutation de son père.
    A croire que le lycée de cette petite ville du nord concentre tous les problèmes que peuvent rencontrer les adolescents.
    En effet, Annabel va être confrontée, directement ou indirectement, à la drogue, la maladie, les grossesses non désirées, le harcèlement…
    Mais surtout, elle va rencontrer Ethan, un garçon qui l’attire irrésistiblement mais qui ne cesse de la repousser sans pourtant sembler indifférent.
    Leur relation m’a beaucoup fait penser aux débuts de la relation entre Bella et Edward dans Twilight, avec ce côté : « Je ne suis pas bien pour toi, tu ne devrais pas t’attacher à moi » qu’il lui serine sans arrêt.
    Je ne sais pas à quel point c’est fait exprès, mais avec le clin d’œil aux histoires du genre de Twilight quand Annabel se dit qu’elle n’a jamais cru à ces histoires où des créatures mythiques vivent parmi les humains, on ne me fera pas croire qu’il s’agit d’une coïncidence (surtout avec le battage médiatique qu’il y a eu autour de Twilight).
    J’ai trouvé que l’histoire était bien écrite et prenait le temps de se mettre en place sans essayer d’aller plus vite que la musique.
    Les questionnements d’Anna sur l’amour et sur l’existence sont parfaitement crédibles.
    Si j’ai un petit reproche à faire, c’est que la fin est un peu rapide.
    J’aurais vraiment apprécié qu’elle soit plus développée et une vingtaine de pages en plus n’auraient pas été de trop.
    C’était tout de même une bonne lecture malgré cette trop grande similitude avec Twilight dans ses débuts et sa fin un peu bâclée.

     

    Un extrait : 31 Août, quatre heures du matin. Décidément, cela devait m'avoir fait un choc d'avoir atterri ici ... Trois jours que j'étais arrivée, trois jours que je me réveillais aux aurores. Cela allait être compliqué de suivre les cours sans m'endormir, déjà que j'avais du mal d'habitude avec mes batteries bien rechargées ! Il fallait que je vois le côté positif, au moins j'avais le temps de penser à ce que j'allais bien pouvoir faire d'intéressant aujourd'hui. Je regardai mon portable pleine d'espoir : est-ce que quelqu'un était sur internet pour me tenir compagnie ? Non, bien sûr, d'une j'étais la seule éveillée à cette heure, de deux mes anciens amis m'oubliaient sûrement déjà et ici personne ne me connaissait encore à part la caissière de la supérette. C'était dire l'étendue du désastre. Cette situation était ridicule, tout simplement. Qu'est-ce que je faisais là ? Il y avait encore quelques mois, j'étais bien tranquille à San Francisco, j'habitais dans un bel appartement, et me promenais avec mes amies. Un soir, en rentrant, mon père m'avait dit qu'il fallait qu'on parle... Son emploi avait été délocalisé suite à une restructuration, comme ils appelaient cela. En gros, ils fermaient chez nous pour ouvrir ailleurs. En Alaska. Fairbanks, nous voilà... Je ne m'y faisais pas encore. Mais mon père m'avait dit qu'il fallait s'estimer heureux qu'il ait pu avoir une place sur ce nouveau site. Certains de ses collègues n'avaient pas eu cette chance. Certes. En attendant, je me retrouvais seule ici, la rentrée était dans deux jours et je n'avais pas encore rangé mes cartons.


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  • [Livre] Everything, Everything

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    Résumé : Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.


    Auteur : Nicola Yoon

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 07 juin 2017

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Ce livre, j’en ai beaucoup entendu parler, encore plus avec la sortie du film en 2017. Ca fait un moment qu’il est dans ma PAL et j’ai enfin trouvé une occasion de l’en sortir puisque ça a été ma dernière lecture du Valentine’s day challenge.

    La vie de Maddy est d’une solitude absolue. Atteinte de la maladie de l’enfant bulle (je n’arrive jamais à me rappeler le vrai nom de cette maladie), elle vit dans un isolement total, ne voyant que sa mère, médecin, et Carla, son infirmière.

    La construction du roman n’est pas classique. On alterne entre récit, échange de mails, réflexions de Maddy, graphiques, dessins…

    J’ai beaucoup aimé Maddy mais je l’ai parfois trouvé trop passive.
    Devoir rester à l’intérieur est une chose, ne pas avoir le droit d’être en contact, même virtuel, avec qui que ce soit, ça en est une autre.
    Maddy doit être physiquement isolée - encore que, bien que le protocole soit lourd, elle peut recevoir des visites - mais elle l’est aussi psychologiquement.

    Sa rencontre clandestine avec Olly, le nouveau voisin, va la pousser à remettre en question sa vie.

    Car être isolée ainsi, est-ce vivre ?

    Et jusqu’à quand est ce que cette existence va pouvoir continuer, surtout maintenant que Maddy est en âge de revendiquer son indépendance. Au fur et à mesure de l’évolution de Maddy, au fur et à mesure que sa relation avec Olly s’étoffe, j’ai commencé à avoir un affreux pressentiment.

    Malgré ça, la fin de l’histoire m’a soufflée. J’ai ressenti tout un panel d’émotions contradictoires concernant cette fin et les différents personnages.

    Si j’ai, bien sûr, beaucoup aimé Olly et Maddy, le personnage que j’ai préféré est sans contexte Carla qui est à la fois infirmière et mère de substitution, professionnelle, mais aimante, prudente, mais qui ne considère pas que maintenir Maddy à l’écart complet du monde est une bonne chose. Elle est moins étouffante que la mère de Maddy, moins en constante demande d’affection, d’attention, qui semble ne pas supporter de ne pas être au centre de la vie de sa fille. On voit que le but de Carla est de permettre à la jeune fille de vivre une vie aussi normale que possible.

    Cette lecture était vraiment une bonne lecture et je n’exclue pas la possibilité de regarder le film un jour.

     

    Un extrait : J’ai lu beaucoup plus de livres que vous. Peu importe combien vous en avez lu, j’en ai lu plus. Croyez-moi. J’ai eu tout le temps.

    Dans ma chambre blanche, le long de mes murs blancs, sur mes étagères d’un blanc immaculé, mes livres apportent la seule touche de couleur. Ce sont toujours des éditions en grand format flambant neuves – pas de poches d’occasion pleins de germes chez moi ! Elles m’arrivent du Dehors décontaminées, emballées sous vide dans une couverture de plastique. J’aimerais bien voir la machine qui fait ça. J’imagine chaque livre glissant sur un tapis roulant tout blanc vers un poste de travail rectangulaire où des bras de robot l’époussètent, le frottent, le vaporisent, le stérilisent, jusqu’à ce qu’il soit assez propre pour m’être envoyé.

    Chaque fois que je reçois un nouveau livre, ma première tâche consiste à l’extraire de son emballage, une opération qui implique une paire de ciseaux et plusieurs ongles cassés. Ma seconde tâche est d’écrire mon nom sur la page de titre.

     

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  • [Livre] Amis et rien de plus

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    Résumé : Depuis l’adolescence, Chastity le sait : les hommes ne la considéreront jamais autrement que comme une bonne copine, incollable en foot et imbattable aux fléchettes, sans jamais oser envisager quoi que ce soit de plus. Comment pourrait-il en être autrement, alors que ses trois frères et son père peuvent se transformer en véritables serial-killers dès qu’un représentant de la gent masculine s’approche à moins de dix mètres d’elle ?
    Mais aujourd’hui, Chastity a décidé de prendre les choses en main et de trouver l’âme sœur, coûte que coûte. L’homme qui lui fera les quatre enfants dont elle rêve en secret. Alors, quand elle rencontre Ryan, un séduisant chirurgien, elle se dit qu’il est là, enfin, celui qu’elle attendait, celui qui aura le courage d’affronter son envahissante famille — cette famille qu’elle aime tant, par ailleurs. Oui, mais voilà, il y a aussi Trevor, l’ami de toujours, dont un seul regard suffit hélas à faire chavirer son cœur.


    Auteur : Kristan Higgins

     

    Edition : HarperCollins

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 14 novembre 2016

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : A force d’entendre Moody take a book chanter les louanges de Kristan Higgins, il fallait bien que je teste enfin cet auteur.

    Toujours dans le cadre du Valentine’s day challenge, je devais lire un livre présentant un triangle amoureux et dans ce livre, on n’a pas un triangle amoureux, mais deux !

    Et ça, ça complique sacrément les choses.

    Concernant notre héroïne, c’est une grande blonde d’1m82, hyper musclée par la pratique intensive de l’aviron. Même si elle n’est pas présentée comme hyper féminine, j’ai eu tendance à oublier combien elle était charpentée à cause de son attitude et surtout de ses failles.

    Ses sentiments, qu’elle a souvent du mal à cacher, la rendent vulnérable et sa phobie du sang renforce cette impression.

    J’ai apprécié ce paradoxe entre son apparence et sa vulnérabilité car on nous présente trop souvent de petites choses d’1m60 et taille S (Un peu comme Hayden, un des personnages impliqués dans un des triangles) comme si tout autre « format » était dépourvu de tout sentiment.

    Pourvue de 4 frères aînés (3 pompiers et 1 démineur), d’un père capitaine de caserne et d’un ami d’enfance, membre honoraire de la famille, pompier également, notre héroïne, que sont père a trouvé très drôle d’appeler Chastity Virginia, n’a pas la langue dans sa poche.
    Pas facile non plus de trouver un homme prêt à affronter 6 cerbères cherchant à égorger quiconque reluque la « petite O’Neill » dite « La belette » avec des intentions pas vraiment catholiques.

    Pour rajouter à sa situation déjà compliquée, Chastity est une fan inconditionnelle du seigneur des anneaux et est l’heureuse propriétaire d’une énorme chienne baveuse et exubérante.
    Le rêve de Chastity est de se marier et d’avoir des enfants. C’est vraiment le but de sa vie et je me doute que ça a du faire grincer des dents à toute la génération à qui on inculque que la carrière professionnelle est le seul rêve qui soit acceptable.
    Il parait que c’est du féminisme.

    Perso, je pense que ce livre soulève un point important : le féminisme c’est plutôt que chaque femme puisse avoir les rêves qui lui correspondent sans être jugée, dénigrée, devoir se justifier ou encore être accusée de faire reculer la cause féministe.

    J’ai beaucoup aimé la mère de Chastity. Je l’ai trouvé très forte de poursuivre la quête de son bonheur sans se laisser influencer par ses enfants ou par la sorte de chantage affectif qui lui fait son ex-mari.
    En fait, personne dans sa famille n’a pris son divorce au sérieux, même pas le divorcé. Chacun a cru que c’était une sorte d’excentricité.

    Il faut donc qu’elle se montre ferme avec eux pour que sa vie prenne le chemin qu’elle désire. Et après avoir élever 5 gosses, on peut dire qu’elle a gagné ce droit !

    Au centre des deux triangles amoureux, il y a Chastity et Trevor qui ont eu une aventure à la fac mais on rompu de peur de changer la relation de Trevor avec la famille de Chastity.
    Depuis cette aventure, Chastity mesure tous les hommes à l’aune du jeune homme.

    Autour de l’histoire principale, il y a pleins de petites histoires secondaires qui rendent cette famille vivante aux yeux des lecteurs.

    Avec toutes ces péripéties qui s’imbriquent les unes dans les autres, ce roman se lit vraiment très vite.
    On se doute bien de comment tout cela va se terminer, mais tout l’intérêt réside dans le cheminement pour arriver à ce résultat.
    Comme l’a dit Robert Louis Stevenson (qui semble-t-il a piqué cette réflexion à un proverbe gitan) : « L’important ce n’est pas la destination, c’est le voyage ».

     

    Un extrait : — Je crois qu’on devrait cesser de se voir.

    De mon côté, c’est la stupéfaction la plus totale. Sous l’effet d’un hoquet, le champignon farci que je viens d’enfourner dans ma bouche file droit vers mon œsophage. Inconscient du drame qui se noue, Jason poursuit :

    — C’est vrai, on a fait le tour, tu ne crois pas ? Ce que je veux dire, c’est qu’entre nous ce n’est pas comme si…

    L’air ne passe plus par ma pauvre trachée, qui semble complètement obstruée. J’ai les yeux qui larmoient, la poitrine qui convulse — Dis, Jason, avant de rompre avec moi, ça te dérangerait de me faire une petite manœuvre de Heimlich ? Je frappe la table du plat de la main, ébranlant les couverts et la vaisselle en porcelaine, mais Jason paraît attribuer ma détresse au désespoir amoureux et non à un quelconque manque d’oxygène. Il détourne les yeux.

    Mon amuse-bouche est en train d’avoir ma peau. Je savais bien que je n’aurais pas dû commander ces succulents champignons, mais Emo les fait revenir dans beaucoup de beurre, relevés par une persillade qui… euh, bon… Faut que je respire, là. La critique gastronomique, ce sera pour plus tard. Dans ma gorge, la pression monte. Je cale mon poing juste au-dessous de mon sternum et me jette de toutes mes forces contre le rebord de la table. Le champignon jaillit de mon gosier, heurte un verre à eau et finit sa course sur une serviette blanche. J’inspire à pleins poumons avant d’être prise d’une quinte de toux.

    Jason considère avec dégoût le champignon que, machinalement, je récupère pour l’envelopper dans une serviette. Je prends une autre merveilleuse goulée d’air. Ah, respirer… C’est très sous-estimé, comme fonction. La voix rauque, je parviens à articuler :

    — J’étais en train de m’étouffer, idiot !

    — Oh ! Désolé… Eh bien, heureusement que c’est passé.

    J’ai du mal à croire que j’aie pu sortir avec Jason, sans parler du fait qu’il est en train de me larguer. Me larguer, parfaitement ! Alors que c’est moi qui devrais le jeter !

    Je regarde la serviette roulée en boule autour de ce qui a bien failli être l’instrument de mon trépas. Quand je pense au pauvre commis qui va devoir s’en occuper… Je devrais peut-être le prévenir ? Sans quoi il va, en toute innocence, secouer la serviette sans plus de précautions, expédiant dans les airs le champignon intact, qui atterrira sur le sol de la cuisine et finira peut-être écrasé sous la semelle d’une chaussure…

    Concentre-toi, Chastity, concentre-toi. Tu es en train de te faire plaquer. Arrange-toi au moins pour savoir pourquoi.

    — Ecoute, Jason, c’est très bien… Enfin, je veux dire que de toute évidence, entre nous ça n’était pas le coup de foudre. Mais sinon, ça t’ennuierait de me dire… eh bien, pourquoi ?

    Jason, que je fréquente depuis trois semaines environ, boit une gorgée de vin, l’air parfaitement indifférent, et fixe du regard un point au-dessus ma tête.

    — Chastity… Faut-il vraiment que nous analysions en détail le pourquoi du comment ?

    — Eh bien, euh… Vois ça comme un désir de ma part de glaner quelques informations sur le sujet. Après tout, je suis journaliste, ne l’oublie pas…

    Je tente de lui sourire en toute amitié, sauf qu’à cet instant je ne me sens pas franchement d’humeur affable. Ni maintenant ni jamais, à la réflexion. Du moins pas envers Jason.

    — Tu tiens vraiment à le savoir ?

    — Mais oui, absolument !

    Je laisse passer quelques secondes ; une brusque boufféed’émotion me picote la poitrine. Notre brève relation aura été tiède au possible, mais je pensais être la seule des deux à ressentir un malaise. En réalité, pour moi, il s’agit surtout d’une blessure d’amour-propre. Nous n’en sommes qu’à notre quatrième rendez-vous, Jason et moi. Il habite Albany, et c’est un peu pénible de devoir faire le trajet en voiture — du reste, il arrive que la motivation nous fasse défaut à l’un comme à l’autre. N’empêche, je n’ai rien vu venir.

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  • [Livre] Flocons d'amour

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    Résumé : Un noël très enneigé, un train immobilisé par la tempête, et une " Maison de la gaufre " comme unique refuge… Entre rencontres amicales et amoureuses, rires et larmes, des adolescents découvrent et dévoilent leurs sentiments.


    Auteur : John Green

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 10 octobre 2018

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Ce livre n’est pas un seul roman, mais trois nouvelles, écrites par trois auteurs, qui ont des protagonistes vivant dans une petite ville et ayant donc tous les liens les uns avec les autres. Les trois histoires sont ainsi liées, d’autant plus qu’elles ont lieu chronologiquement parlant, soit au même moment, soit se chevauchant dans le temps.
    La première nouvelle nous fait rencontrer Jubilé, une adolescente de 16 ans, obligée de faire une croix sur sa soirée de noël avec son petit ami pour partir en catastrophe en Floride chez ses grands-parents, ses parents ayant été arrêté dans un magasin au cours d’une « émeute ».
    Collectionneurs de villages de noël, d’où Jubilé tire son nom, ils ont l’air de ne pas avoir grand-chose dans le crâne.
    Bloqué par la neige, le train doit s’arrêter à côté de la petite ville de Gracetown. Refusant de rester dans un train glacial, Jubilé se réfugie dans un café, où elle va rencontrer un certain Stuart.
    Stuart et Jubilé sont adorables, même s’ils n’arrêtent pas de se disputer. La mère de Stuart déborde d’amour et de gentillesse, mais elle est complètement cinglée.
    Cette première histoire introduit plein d’autres personnages qui ne sont pas utilisés dans cette nouvelles.
    En fait, les trois nouvelles sont écrites en cascade. Ainsi, les personnages introduits dans la première, tels que Deun, Jeb et les pompom girls, se retrouvent dans les deux autres, et une chose dite dans la seconde aura une grande importance dans la troisième.
    La seconde nouvelle commence peu de temps après le début de la première et se déroule du coup plus ou moins en même temps.
    Ici, trois amis, deux garçons et une fille, sont partis pour passer la soirée de noël devant un James Bond tandis que la tempête fait rage dehors.
    Mais là, leur ami Deun, qui tient le café où c’était réfugié Jubilé, les appelle pour leur dire que son établissement est envahi des pompom girls qui étaient aussi dans le train et les somme de venir le rejoindre.
    Pendant tout le trajet d’une vingtaine de kilomètres, trajet effectué dans 30 cm de neige, en pleine tempête, deux d’entre eux vont réaliser que les sentiments qu’ils se portent n’ont rien à voir avec l’amitié.
    Cette nouvelle est beaucoup plus accès sur l’humour que la première, ici la romance passe un eu au second plan.
    Dans la troisième nouvelle, enfin, on rencontre Addie, amie de Stuart, et petite amie, ou ex petite amie, ce n’est pas très clair, même pas pour elle, de Jeb, qui était dans le train avec Jubilé.
    L’histoire a lieu un peu après les précédentes.
    Addie est une fille égocentrique et superficielle qui exaspère tout le monde avec ses psychodrames continuels.
    Elle m’a vraiment exaspérée aussi, mais ce que j’ai le plus aimé dans cette histoire, c’est toute l’aventure autour du cochon miniature destiné à l’amie de Addie.
    L’histoire d’amour en elle-même était plaisante à lire et le fait qu’elles s’imbriquent ainsi les unes dans les autres était vraiment un plus.
    C’était vraiment un recueil parfait pour noël !

     

    Un extrait : Tout a commencé la nuit de Noël.

    Enfin, pour être plus précise, l’après-midi du 24 décembre. Mais avant de vous plonger au cœur de mon récit palpitant, je tiens à me débarrasser tout de suite d’un problème. Je sais d’expérience que, s’il surgit plus tard, dans le cours de la narration, votre attention sera entièrement captée par lui et que vous serez incapable de vous concentrer sur ce que j'ai à vous raconter.

    Je m’appelle Jubilé.

    Prenez le temps de digérer cette information.

    Vous voyez, dit comme ça, ce n’est pas si terrible. Maintenant imaginez que je sois au beau milieu d’une longue histoire (telle que celle que je m’apprête justement à vous livrer) et que je lâche au détour d’une phrase :        « Au fait, je m’appelle Jubilé. » Vous ne sauriez pas comment réagir.

    J’ai conscience que ce prénom évoque immédiatement le nom de scène d’une strip-teaseuse. Certains d’entre vous ont sans doute même tiré la conclusion hâtive que j’en étais une. Et pourtant non. Si vous me voyiez, vous pigeriez assez vite que je suis même à mille lieues de ce genre de fille (enfin, je crois). J’ai un petit carré noir, je porte des lunettes la moitié du temps, des lentilles le restant. J’ai seize ans, je chante dans une chorale et je participe aux compétitions de maths dans mon lycée. Je joue au hockey sur gazon, qui exige des compétences très différentes de la souplesse et de la sensualité essentielles au savoir-faire des danseuses de charme. (Je n’ai aucun problème avec cette profession ; je tiens à le préciser au cas où l’une d’elles me lirait. Simplement je n’en suis pas une. Mon principal blocage, quant à ce métier, tient au latex. Je suis sûre que c’est mauvais pour la peau, que ça ne la laisse pas respirer.)

    Le problème que me pose Jubilé, c’est que ce n’est pas un prénom. Il s’agit d’une sorte de fête. Personne ne sait vraiment quel genre, d’ailleurs. Vous avez déjà entendu parler de quelqu’un qui organisait un jubilé ? Et, si c’était le cas, vous iriez ? Parce que moi, non. Je l’associe spontanément à la location d’un énorme objet gonflable, à des ribambelles de fanions et à une organisation très complexe du tri des déchets.

    À la réflexion, dans mon esprit, le jubilé se rapproche dangereusement du bal populaire.

    Mon prénom n’est pas étranger à l’histoire qui, comme je l’ai dit, a commencé la veille de Noël, dans l’après- midi.

     

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  • [Livre] La douce caresse d’un vent d’hiver

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    Résumé : Cet hiver, Tyler O’Neil, ex-champion de ski, ancien bourreau des cœurs et désormais père célibataire, n’a qu’une seule mission : tout faire pour que sa fille, Jess, passe le meilleur Noël de sa vie. Le fait que sa meilleure amie Brenna emménage temporairement dans son chalet n’est qu’une délicieuse distraction qu’il se doit d’ignorer. Leur relation est la seule qu’il n’ait jamais détruite, et il est hors de question d’y remédier.
    Brenna Daniels, skieuse professionnelle, connaît tout des risques et périls d’un amour non partagé : elle aime Tyler depuis des années. Vivre avec lui est une véritable torture : comment peut-elle se comporter en amie alors qu’il dort dans la chambre d’à côté ? C’est alors que Tyler l’embrasse. Soudain, la relation dont elle a toujours rêvé semble à portée de main. Se pourrait-il que ce Noël voit ses rêves de bonheur se réaliser enfin ?


    Auteur : Sarah Morgan

     

    Edition : Harlequin

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 26 Octobre 2016

     

    Prix moyen : 8,50€

     

    Mon avis : Dans ce troisième tome, on se penche sur Tyler, le plus jeune des frères O’Neil.
    Contrairement à ses frères, Jackson qui vit son rêve en dirigeant Snow Cristal et Sean qui vit le sien en tant que chirurgien, Tyler, lui, a vu son propre rêve se briser. Après une chute qui a bien failli le tuer, il a dû dire adieu à sa carrière de skieur professionnel et il en souffre beaucoup, même s’il cache sa souffrance sous de l’humour et un petit côté rebelle.
    D’un côté, il est clair qu’il souffre de la situation, mais d’un autre, il semble conscient que sa carrière ne lui aurait pas permis de prendre soin de sa fille, Jess, comme il le fait.
    Cette gamine est absolument géniale. Vu la mère qu’elle se paye, on pourrait s’attendre à ce qu’elle soit beaucoup plus abîmée que ce qu’elle n’est.
    Et c’est vrai que Janet, la mère de Jess, ne semble rien avoir pour elle et plus on en apprend sur son compte, plus elle devient antipathique.
    Brenna, elle, est l’amie d’enfance des frères O’Neil et aussi raide dingue de glisse que ses amis.
    Tout comme Tyler, le côté enseignement n’est pas la partie de son boulot qu’elle préfère, mais elle le vit quand même moins mal que lui, à moins qu’elle ne soit juste moins capable que Tyler d’exprimer son mécontentement.
    Ce tome est le premier où la fille souffre d’un amour qui semble non partagé. Brenna est amoureuse de Tyler depuis son plus jeune âge mais Tyler ne semble la voir que comme une amie.
    C’est très dur à vivre pour Brenna, et le fait que toutes les femmes de Snow Cristal se sont mises en tête de comploter pour rapprocher ces deux-là ne va pas rendre les choses plus faciles.
    Je dois avouer que Jackson m’a un peu déçue dans ce tome. Il est tellement obnubilé par le succès de Snow Cristal qu’il semble ne pas se rendre compte de la souffrance de son frère.
    Il exploite sans scrupule la célébrité de ce dernier, le louant littéralement ç des journalistes ou des amateurs de ski en mal de sensations fortes, sans se préoccuper de ce que peut ressentir son frère de se prêter à cette mascarade, le culpabilisant quand il ose protester.
    En fait, il se comporte exactement comme il reprochait à Walter, son grand-père, de se comporter : borné et tyrannique.
    Bien entendu, les péripéties et retournement de situations ne manquent pas mais, comme il s’agit d’une romance de noël, on se doute bien de comment tout ça va finir, pas vrai ?

     

    Un extrait : Tyler O’Neil tapa du pied sur le seuil pour retirer la neige sous ses bottes, poussa la porte de sa maison au bord du lac, et trébucha sur un blouson et une paire d’après-ski abandonnés en vrac dans l’entrée. Il retrouva son équilibre en plaquant une main contre le mur et jura avec force.

    — Jess ?

    Pas de réponse de la part de sa fille. Mais Ash et Luna, les deux huskys de Sibérie, bondirent hors du salon télé. Jurant à mi-voix, il vit les deux chiens se ruer sur lui.

    — Jess ? Tu as encore laissé la porte du salon ouverte. Ces chiens ne sont pas censés squatter le canapé. Descends tout de suite et ramasse ton manteau et tes bottes ! Et toi, le chien, si tu oses… Attention, je te préviens !

    Voyant Ash prendre son élan pour venir le saluer à sa manière, il se prépara à encaisser l’impact.

    — Peut-on m’expliquer pourquoi personne ne m’écoute jamais, dans cette maison ?

    Luna, plus douce que son compère, posa les deux pattes contre sa poitrine et essaya de lui lécher le visage.

    — C’est réjouissant de constater que ma parole fait loi, ici.

    Sans cesser de râler, Tyler frotta doucement les oreilles de la chienne. Il avait les doigts enfouis dans l’épaisse fourrure canine lorsque Jess émergea de la cuisine, une tartine dans une main et son téléphone dans l’autre, remuant la tête au rythme de la musique tout en écartant ses écouteurs. Tyler nota qu’elle portait un de ses sweats et que la médaille d’or qu’il avait gagnée en descente pendait à son cou.

    — Salut, p’pa. T’es content de ta journée ?

    — Disons que j’ai survécu jusqu’au moment où j’ai franchi le pas de cette porte. J’ai eu l’occasion de me jeter à skis du haut de falaises plus sûres que l’entrée de ma propre maison.

     

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  • [Livre] L’exquise clarté d’un rayon de lune

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    Résumé : Ca-tas-tro-phi-que. Voilà qui caractérise parfaitement bien l’été qui s’annonce pour Elise Philippe, chef de cuisine surdouée. L’ouverture à Snow Crystal du café qu’elle doit diriger – son bébé, le projet de sa vie – ne cesse d’être repoussée à cause d’une succession d’incidents rocambolesques. Comme si le destin complotait pour lui pourrir la vie ! Heureusement, telle la meringue sur la tarte au citron, voilà que Sean O’Neil rentre au domaine. Le beau, le charismatique et troublant Sean… dans les bras duquel elle a passé la plus belle des nuits, l’été dernier. Oui, là, tout de suite, Sean pourrait être une distraction bienvenue et très, très sympathique. Une distraction de quelques heures, sans attaches ni lendemain. Après tout, ce n’est pas comme si elle risquait de tomber amoureuse, non ?


    Auteur : Sarah Morgan

     

    Edition : Harlequin

     

    Genre : Romance

     

    Date de parution : 26 octobre 2016

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Snow Cristal continue d’exister pendant l’été ! Le VTT et la rando remplacent seulement le ski et les balades en traineaux.
    Même si la station se porte mieux, depuis le 1er tome, elle n’est pas encore tirée d’affaire.
    Le nouveau projet en date est une café-restaurant au bord du lac, le Boathouse, plus côté que les gargotes du village, mais plus abordable et moins chic, plus familial, que le restaurant gastronomique de la station.
    Cela dit, comme ce nouveau restaurant sera dirigé également par Elise, le chef français qui s’occupe déjà du restaurant gastronomique, Jackson O’Neil n’a aucun doute sur le succès de l’entreprise.
    Pourtant, quand Sean O’Neil, frère jumeau de Jackson, talentueux chirurgien, reçoit un coup de fil de son frère, ce n’est pas pour lui parler de la station, comme d’habitude, mais pour les annoncer que Walter, leur grand-père, a eu une crise cardiaque.
    Sean va, bien entendu, se précipiter à Snow Cristal.
    Et pourtant c’est bien le dernier endroit où il voudrait être.
    Côté famille, Sean est un peu le mouton noir de la famille, en ce sens qu’il refuse de s’impliquer dans l’affaire familiale.
    Sur ce coup-ci, je le comprends. Ce n’est pas parce que, un jour, un arrière-grand-père a eu un rêve que toutes les générations suivantes doivent se plier à ce rêve là en faisant une croix sur les leurs.
    Et cela, Walter a vraiment du mal à l’admettre et les relations entre lui et Sean sont des plus houleuses.
    Côté cœur, ce n’est guère mieux. On ne peut pas vraiment blâmer Sean parce qu’il est clair avec chacune de ses conquête : sa carrière passe avant tout et il ne veut pas s’engager. Et bien sûr, chacune pense qu’elle va le changer. En vain.
    Un an plus tôt, il a passé la nuit avec Elise qui semble partager son point de vue sur la question : pas d’engagement !
    J’ai beaucoup aimé Elise. Son passé douloureux l’a rendu sauvage et méfiante.
    Pour ne pas souffrir, elle a banni toute idée de relation sentimentale de sa vie.
    De plus, elle considère qu’elle a une dette envers Jackson (et elle n’a pas vraiment tort, même s’il ne lui demande rien) et se démène pour ne pas le décevoir. Ça tourne même à l’obsession cette affaire-là !
    L’ambiance estivale à Snow Cristal est très différente de l’ambiance hivernale mais elle ne manque pas de charme pour autant.
    J’aime toujours autant Elizabeth et Maple qui apportent toujours une touche de douceur à l’histoire, même si j’ai trouvé qu’on les voit un peu moins que dans le 1er tome.
    Malgré les problèmes évidents existants entre Sean et Walter, j’ai trouvé que ce tome était plus axé sur la romance que le tome 1 qui laissait une grande place au combat pour sauver Snow Cristal.
    J’ai beaucoup aimé les passages où Sean et Elise se confient l’un à l’autre. C’était très touchant de les voir ainsi baisser leur garde le temps d’une discussion.
    Il me reste l’histoire d’un dernier frère à découvrir, Tyler, dont les failles ont été un peu dévoilées dans les deux premiers tomes.

     

    Un extrait : Son portable personnel retentit. Sean pesta, convaincu qu’il s’agissait de Veronica. Mais l’écran affichait « Jackson ». Son jumeau. Il se mit à culpabiliser, comme toujours. Il avait beau le refouler, ce sentiment pénible revenait à la surface à la moindre occasion.

    Pourquoi son frère appelait-il si tard, un vendredi soir ?

    Une crise à la maison, encore ?

    Le Snow Crystal Resort était une station de ski qui appartenait aux O’Neil depuis quatre générations, et personne, dans la famille, n’avait envisagé qu’il puisse en être autrement pour les quatre générations à venir. La mort soudaine du père de Sean deux ans plus tôt avait révélé la vérité : l’affaire périclitait depuis quelques années et la famille risquait de tout perdre, même son foyer. Cette annonce avait mis chacun de ses membres en état de choc.

    C’était Jackson qui avait pris sur lui d’abandonner une entreprise florissante en Europe pour revenir dans le Vermont sauver Snow Crystal de ce désastre.

    Sean regarda le téléphone.

    La culpabilité gagnait du terrain parce qu’il utilisait ses responsabilités professionnelles comme excuse pour se tenir à distance.

    Avec un soupir, il se carra dans le siège, prêt à écouter les dernières nouvelles en se jurant que, la prochaine fois, ce serait lui qui appellerait. Il ne devait plus se contenter de donner des nouvelles de temps en temps. Il allait faire des efforts.

    — Salut, répondit-il avec un sourire. Tu t’es viandé, ton genou est en lambeaux, tu as besoin d’un bon chirurgien ?

    Il n’eut pas, comme il s’y attendait, de riposte sarcastique.

    — Il faut que tu rentres tout de suite, dit Jackson. C’est Gramps.

    La direction de Snow Crystal s’apparentait à un bras de fer permanent entre son frère Jackson et leur grand-père.

    — Qu’est-ce qu’il a fait, cette fois-ci ? Il veut que tu démolisses les chalets ? Qu’on ferme le spa ?

    — Il a fait une attaque. Il est à l’hôpital et on a besoin de toi.

     

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