Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Drames

  • [Livre] Juste avant le bonheur

    Juste avant le bonheur.jpg

    Résumé : Julie, 20 ans, qui élève seule son fils Lulu est caissière dans un supermarché. Elle attire l'attention d'un client, quinquagénaire aisé à nouveau célibataire. Généreux et désintéressé, Paul invite Julie à passer quelques jours dans sa belle villa de bord de mer en Bretagne. Ils y retrouvent Jérôme, le fils de Paul, qui se remet mal du suicide de sa jeune femme. Gaieté et optimisme reviennent grâce à l'attachante présence du petit Lulu. Mais au retour, un nouveau drame survient. Une chaîne de soutien, d'affection et de tendresse se forme autour de Julie. Avec elle, à travers elle, des êtres désemparés tentent de réapprendre à vivre et de saisir une deuxième chance. La force des épreuves surmontées, l'espoir d'un nouvel amour, ainsi qu'une bonne dose d'intelligence et d'humour peuvent réussir ce miracle.


    Auteur : Agnès Ledig

     

    Edition : Albin Michel

     

    Genre : Drame, Contemporain

     

    Date de parution : 2013

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Ce livre a été à la fois un coup de cœur et une torture. Un coup de cœur parce que l’écriture est tellement belle, l’auteur fait passer tellement d’émotions à travers ses mots qu’il me semble impossible de ne pas aimer ce livre.
    Les sentiments que décrit l’auteur sonnent si justes qu’on se demande si elle n’a pas fait l’expérience de certaines des situations qu’elle décrit.
    Mais ce roman a également été une torture pour exactement les mêmes raisons qu’il a été un coup de cœur : les émotions qu’il déclenche.
    Je n’ai jamais autant pleuré en lisant un livre.
    Ce roman c’est l’histoire de la vie qui doit continuer car, malgré les épreuves, la terre ne s’arrête pas de tourner et il faut continuer d’avancer car, comme le dit le proverbe arabe cité dans le livre à de nombreuses reprises : « ne baisse pas les bras, tu risquerais de le faire deux secondes avant le miracle », et ce même quand, les miracles, on a plus trop envie d’y croire.
    Je ne peux pas développer les sentiments que j’ai ressenti sans vous dévoiler l’intrigue, ce que je ne veux absolument pas faire, car découvrir au fur et à mesure contribue à la force de ces sentiments. Alors pour conserver toute son intensité à ce roman, je me contenterai de vous dire de foncer, de ne pas hésiter et de le lire sans réserve !
    Juste un conseil : n’oubliez pas la boîte de mouchoirs… Je dis ça, je dis rien…

     

    Un extrait : Elle en a vu d’autres, Julie.

    Elle aurait pu s’opposer, prendre le risque, perdre son travail, mais garder sa dignité.

    Quelle dignité ?

    Ça fait belle lurette que ce petit bout de femme l’a perdue. Quand c’est une question de survie, on range au placard les grands idéaux qu’on s’était fabriqués gamine. Et on encaisse, on se tait, on laisse dire, on subit.

    Et puis, elle a besoin de ce boulot. Vraiment. Ce connard de Chasson le sait. Directeur sans scrupules, capable de virer une caissière pour une erreur de dix euros. Alors cinquante !

    Julie sait pourtant qui lui a volé ces cinquante euros, quand elle avait le dos tourné. Mais il est mal vu de dénoncer les collègues. Très mal vu. Ça vous colle une réputation sur le dos aussi solidement qu’un pou sur une tête blonde. Elle préfère éviter.

    « Mademoiselle Lemaire, je pourrais vous virer sur-le-champ. Cependant, je connais votre situation, je sais que vous ne pouvez pas rembourser. Méfiez-vous, je pourrais vous demander de trouver une solution pour réparer vos erreurs de caisse. Vous voyez de quoi je parle ? Sinon, demandez à certaines de vos collègues, elles ont compris comment faire », lui a-t-il lancé, le regard fixe, sans aucun état d’âme, un mauvais sourire sur les lèvres.

    Salaud !

    Il présente bien, pourtant. Le gendre idéal. Grand, dynamique, souriant, le menton carré et les tempes grisonnantes. Toujours une main dans le dos pour rassurer, encourager. Toujours un mot gentil quand il passe saluer les employés le lundi matin. Une épouse élégante et des enfants polis. Le type qui a commencé petit et a gravi les échelons à la sueur de son front, forçant le respect et l’admiration. Voici pour la face brillante de la médaille. Et puis, quand on la retourne, il y a le loup, le prédateur, l’homme qui veut des femmes à ses pieds pour se prouver qu’il est le plus fort.

    Quelques minutes plus tard, Julie marche d’un pas rapide dans le long couloir qui sépare le bureau du directeur de la galerie marchande. Sa pause touche déjà à sa fin. Elle aurait préféré la passer à autre chose qu’à ce genre de convocation. D’un revers de manche, elle essuie avec rage une larme échouée sur sa joue. Un malheureux signe de faiblesse qu’elle se doit de chasser immédiatement.

    Parce qu’elle en a vu d’autres, Julie.

    Elle fait partie de ces gens que le destin épargne peu.

    Il y en a comme ça…

     

    coup de coeur.jpg

  • [Livre] Emprise

    emprise.jpg

     

    Résumé : Styliste free-lance de 29 ans, Claire est une célibataire heureuse. Tout change lorsqu’elle rencontre Mark, un beau gosse charmeur. Elle qui ne voulait pas d’un homme chez elle le voit s’installer au bout de quelques semaines, et la voilà mariée après quelques mois de relation. Plus encore, elle quitte tout pour suivre Mark en Arabie Saoudite, où il est missionné afin d’ouvrir un laboratoire de haute sécurité. Arrivée à Riyad, elle est à la fois séduite par l’Orient et déroutée par toutes les contraintes imposées aux femmes. Commence alors pour Claire une longue descente aux enfers. Forcée de se soumettre à de nouvelles règles, elle va peu à peu perdre sa combativité et son identité alors que son mari fait preuve d’une violence insoupçonnée...


    Auteur : Valérie Gans

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Drame

     

    Date de parution : 02 Mai 2018

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Je ne sais pas si c’est parce que j’ai côtoyé ce type de personnes, ou si c’est vraiment évident pour tout le monde sauf pour les personnages du livre, mais, à l’instant même où on rencontre Marc, j’ai vu les mots « pervers narcissique » qui se sont mis à clignoter en néons tricolores à l’arrière de mon cerveau.
    Vous me direz que si j’avais lu le résumé présent sur livraddict, j’aurais pu voir qu’on nous prévient quand même pas mal. Celui que j’ai mis est plus discret sur le sujet, mais celui présent sur le site est assez explicite et ne fait pas mystère de la personnalité de Marc.
    Mais ce n’est pas grave d’identifier à l’avance la vraie nature de Marc parce que ce qui est prenant, dans ce livre, c’est de voir comment une jeune femme épanouie, équilibrée, avec un métier qui la passionne, très entourée par ses amies et sa famille, avec une vie de quartier d’une grande richesse, a pu tomber sous l’emprise d’un tel homme. Il est vraiment important d’avoir des récits qui montrent que tout le monde, absolument tout le monde, peut être victime de ce genre de manipulateur a haute toxicité (ou manipulatrice d’ailleurs). On voit tout le mécanisme d’isolement et de dénigrement qui permet au prédateur de cerner sa proie.
    Pour arranger les choses, le couple part vivre en Arabie Saoudite. Là est le seul côté négatif que j’ai trouvé à ce roman. Déjà, il n’y a pas besoin d’être dans un pays aussi hostile aux femmes pour être prise au piège d’une relation toxique. Ensuite, Claire tombe des nues quand elle découvre qu’en Arabie les femmes doivent porter le voile intégral, n’ont pas le droit de conduire (droit obtenu il y a seulement quelques mois), d’utiliser les équipements sportifs, d’entrer dans un café etc… Mais honnêtement, on se demande dans quelle grotte elle a vécu pour ignorer l’absence de droits des femmes de ce pays, absence de droits qui sont souvent sur le devant de la scène internationale ! Qu’elle soit ignorante à ce point manque de crédibilité et ne cadre pas avec le personnage. Enfin, l’auteur semble dire que Claire n’aurait pas été sous l’emprise de Marc s’ils n’avaient pas été dans ce pays. Je trouve que c’est extrêmement réducteur. Que ça minimise l’ampleur de la toxicité des pervers narcissique et que ça projette la faute sur l’environnement plutôt que sur le manipulateur.
    En revanche, j’ai beaucoup aimé la description de la vie en Arabie saoudite : le spectre de l’arrivée d’une seconde épouse qui plane sans cesse sur les mariages, l’alcool qui coule à flot à l’abri des maisons alors qu’il est interdit dans le royaume, l’intolérance religieuse, l’exploitation de la main d’œuvre étrangère et en particulier des ouvriers philippins qui sont littéralement prisonnier d’un pays, leur employeur refusant de demander pour eu le visa de sortie nécessaire pour quitter le pays.
    Malgré le danger, on voit que les saoudiennes tentent de s’entraider dans la mesure de leurs faibles moyens.
    C’est vraiment un livre que je recommande car il permet de prendre conscience de certaines choses sur lesquelles on ne s’attarde pas assez souvent.

     

    Un extrait : Le premier rendez-vous eut lieu dans le café de la rue des Abbesse où, lorsqu’elle n’était pas coincée chez elle par une « charrette », à dessiner nuit et jour pour remettre un projet dans les délais, Claire avait l’habitude de descendre, le matin, avaler un café et un croissant en faisant des croquis des passants. Sa manière à elle de prendre des notes, tout en s’imprégnant de l’air du temps.
    Stéphane, le patron, l’aimait bien. Même quand son bistrot était bondé, il lui laissait volontiers occuper deux tables, afin qu’elle pût déployer tout son attirail, comme il disait. Un grand bloc de papier canson, des fusains et une trousse remplie de crayons.
    En échange, Claire lui offrait de temps en temps un dessin, qu’il faisait encadrer et accrochait derrière le bar, non sans une certaine fierté. C’est une amie, disait-il lorsqu’on le complimentait sur ces scénettes au trait nerveux et enlevé, tantôt humoristiques, tantôt pleines de poésie, prises sur le vif sur la terrasse ou au comptoir.
    - Claire ! Je suis content de te voir, ça fait un bail, dis donc ! l’accueillit Stéphane en rapprochant deux tables en terrasse à son intention.

    - Une capsule à rendre !

    Claire l’embrassa sur la joue, avant de s’asseoir et d’étaler ses longues jambes au soleil. Comme Stéphane la regardait avec des yeux ronds, elle précisa :

    - Une capsule, c’est une mini-collection ! Hmm… ça fait du bien de souffler…

    - Tu m’en diras tant ! Je te sers un petit café ?

    Sans attendre la réponse, Stéphane était déjà en train de se diriger vers la machine à expresso.

    - Non, non, Stéph, pas tout de suite ! Je euh… j’attends quelqu’un !

    Claire rougit malgré elle.

    - Ah !

    Imperceptiblement, Stéphane se renfrogna. Sans vouloir se l’avouer, il était un peu amoureux de Claire et, même s’il savait pertinemment qu’il n’y aurait jamais rien entre eux, il détestait l’idée qu’elle pût avoir des amants. S’il la voyait assez souvent pour être quasiment certain qu’elle n’avait personne dans sa vie, le fait que ce matin elle « attende quelqu’un » et le lui confie en rougissant ne lui disait rien qui vaille.

    - Ah ! répéta-t-il avant d’aller passer un coup de torchon sur son zinc, qui n’en avait pas besoin. Tu me diras, alors…

     

    Beaucoup aimé 4 étoiles.jpg

  • [Livre] Esprit d’hiver

    esprit d'hiver.jpg

    Résumé : Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzards s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...


    Auteur : Laura Kasischke

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Drame

     

    Date de parution : 01 octobre 2014

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Dire que ce livre met mal à l’aise est un euphémisme. Pourtant la situation de départ n’a rien d’exceptionnel : une mère un peu prégnante et sa fille en pleine crise d’adolescence se retrouvent seules chez elles quand une soudaine tempête de neige empêche les invités, et le père parti chercher les grands-parents, de les rejoindre pour le repas de noël. Entre la mère et la fille on sent que la dispute couve.
    D’emblée, j’ai eu du mal à supporter Holly qui se pose en victime perpétuelle, pensant que chacun de ses échecs est imputables à quelqu’un qui a fait en sorte de l’empêcher de réussir. Bien qu’elle semble faire de son mieux, elle m’est apparue comme profondément perturbée, éternellement insatisfaite et surtout victime d’un sentiment de persécution assez prononcé : chaque geste fait par autrui qui ne lui convient pas est perçu comme fait spécifiquement contre elle.
    Elle projette ses désirs, peurs, envies et angoisses sur sa fille et réagit comme si le fait que Tatiana avait une individualité qui lui est propre était un rejet de sa personne en tant que mère et une offense personnelle.
    J’ai aussi été très choquée de son attitude concernant la santé. Qu’elle se méfie des vaccins, soit, plein de monde le fait, mais elle va jusqu’à mentir à son mari en prétendant conduire sa fille régulièrement chez le dentiste alors qu’il n’en est rien. On dirait qu’elle a peur que quelqu’un vienne ternir l’image de quasi-perfection qu’elle a de sa princesse russe.
    Bien que l’histoire soit écrite à la 3ème personne, on la découvre du point de vue de Holly ce qui permet d’avoir accès à des pensées qu’elle n’admettrait sûrement pas en public.
    Pendant tout le livre, je n’ai été persuadée que d’une chose : la folie de Holly.
    Je me suis demandée si on allait découvrir que Holly était schizophrène, si elle était en rupture psychotique, si elle était internée et que Tatiana sortait complètement de son imagination, je me suis même demandée si elle n’était pas dans le coma… je me suis aussi demandée si Tatiana n’était pas en train de rendre sciemment sa mère folle, et même si son père n’était pas complice… Bref, vous l’aurez compris, j’ai tout imaginé, des dizaines d’explications, y compris le basculement dans un univers fantastique avec la révélation de la présence d’une entité maléfique…
    N’importe quoi qui puisse expliquer ce malaise qui grandit page après page.
    Le rythme est lent, ça en est même encore plus angoissant ca on s’attend toujours à une action, une sorte d’explosion, qui ferait retomber la tension, quitte à ce qu’elle recommence à monter ensuite, mais non… Impitoyable, l’auteur ne nous apporte pas ce soulagement et continue de jouer avec nos nerfs jusqu’à ce que la réponse à nos questions se révèle, à la toute dernière page.
    Objectivement, une fois cette pages lues, plein d’indices m’ont sauté aux yeux (comme toujours… après coup !).
    C’est vraiment un roman particulier qu’on peut soit adorer soit détester. Personnellement, j’ai beaucoup aimé.

     

    Un extrait : Noël, 20--

    Ce matin-là, elle se réveilla tard et aussitôt elle sut :

    Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux.

    C’était dans un rêve, pensa Holly, que cette bribe d’information lui avait été suggérée, tel un aperçu d’une vérité qu’elle avait portée en elle pendant – combien de temps au juste ?

    Treize ans ?

    Treize ans !

    Elle avait su cela pendant treize ans, et en même temps elle l’avait ignoré – c’est du moins ce qu’il lui semblait, dans son état de demi-veille, en ce matin de Noël. Elle se leva du lit et s’engagea dans le couloir en direction de la chambre de sa fille, pressée de voir qu’elle était là, encore endormie, parfaitement en sécurité.

    Oui, elle était là, Tatiana, un bras blanc passé sur un couvre-lit pâle. Les cheveux bruns répandus sur l’oreiller. Si immobile qu’on aurait dit une peinture. Si paisible qu’on aurait pu la croire…

    Mais ce n’était pas le cas. Elle allait bien. Rassurée, Holly retourna dans sa chambre et se glissa de nouveau dans le lit près de son époux – mais, à peine allongée, elle pensa encore une fois :

    Cela les avait suivis jusque chez eux !

    C’était quelque chose que Holly avait su, apparemment, au plus profond de son cœur, ou de son inconscient ou quel que soit l’endroit où ce genre d’information se terre à l’intérieur d’une femme, à son insu, pendant des années, jusqu’à ce qu’un événement lui fasse prendre conscience qu’elle a oublié, ou refoulé, ou…

    Ou bien était-ce une chose qu’elle avait volontairement ignorée ? À présent, elle s’en apercevait :

    Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux !

    Mais quoi ?

    Et Holly pensa alors : Je dois l’écrire avant que cela ne m’échappe. Elle avait déjà ressenti ça plus jeune – l’envie presque paniquée d’écrire à propos d’une chose qu’elle avait entraperçue, de la fixer sur la page avant qu’elle ne file à nouveau. Certaines fois, il avait failli lui soulever le cœur, ce désir d’arracher d’un coup sec cette chose d’elle et de la transposer en mots avant qu’elle ne se dissimule derrière un organe au plus profond de son corps – un organe un peu bordeaux qui ressemblerait à un foie ou à des ouïes et qu’elle devrait extirper par l’arrière, comme si elle le sortait du bout des doigts d’une carcasse de dinde, si jamais elle voulait l’atteindre une nouvelle fois. Voilà ce que Holly avait ressenti chaque fois qu’elle écrivait un poème, et pourquoi elle avait cessé d’en écrire.

    Mon Dieu, cette pensée était pourtant comme un poème – un secret, une vérité, juste hors de portée. Holly allait avoir besoin de temps pour arracher d’elle cette pensée et l’examiner à la lumière, mais elle était en elle, qu’elle en ait eu ou pas conscience avant ce moment. Comme un poème aspirant à être écrit. Une vérité insistant pour être reconnue.

    Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux !

    Cela expliquait tellement d’événements !

     

    Beaucoup aimé 4 étoiles.jpg

  • [Livre] Too late

    Too late.jpg

     

    Résumé : Sloan n'a jamais eu une vie facile et elle a toujours dû se battre pour obtenir ce dont elle avait besoin. C'est justement pour échapper à une situation sans issue qu'elle a accepté de partager la vie de son petit ami, Asa. Depuis, elle étouffe dans cette relation toxique. De plus, c'est un homme à la morale douteuse qui se livre à de multiples trafics. Elle n'a pas le choix de partir et décide de supporter ce qu'il lui fait subir jusqu'à ce qu'elle puisse lui échapper. Seule. Personne ne peut l'aider à sortir de cette situation. Sauf peut-être Carter, cet étudiant aux multiples secrets qu'elle vient de rencontrer. Asa est prêt à tout pour garder Sloan. Il a besoin d'elle et il fait tout pour la persuader qu'elle ne peut pas se passer de lui. Personne ne s'interposera entre Sloan et lui. Sauf peut-être Carter.


    Auteur : Colleen Hoover

     

    Edition : Hugo Roman

     

    Genre : Drame

     

    Date de parution : 03 mai 2018

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Après avoir lu « Jamais plus » j’ai été très réticente à lire un autre roman de Colleen Hoover de crainte de la déception. Ce sentiment a été renforcé par le fait que l’auteur disait que ce livre était différent de ses autres livres. Et justement, ce livre a été pour moi un coup de cœur, donc si ses livres habituels sont différents, est ce qu’ils vont me plaire ou est ce que tout ça va être trop romance pour moi ?
    Et puis est sorti Too late. Et Colleen Hoover de dire que ce livre est différent de ses autres livres. Tiens donc ? Cette information m’a fait me radiner dans ma librairie comme ma chatte quand on ouvre une boîte de thon !
    Et je ne l’ai pas regretté. Si ce livre a failli ne pas entrer dans la catégorie « coup de cœur », j’expliquerais pourquoi, il reste qu’il en est un, et un gros.
    Sloan n’a jamais eu la vie facile et sa relation avec Asa n’est pas pour arranger les choses. Pourtant la jeune fille n’a guère le choix : Asa est la seule chance pour son petit frère handicapé de recevoir les soins dont il a besoin. Et pour son frère, Sloan est prête à tout accepter, à tout subir. Malgré tout la situation commence à lui peser de plus en plus et Asa se montre de plus en plus difficile à vivre.
    Pendant toute la durée du roman, je me suis demandée sui Asa est sociopathe ou schizophrène. Après la fin du roman, je ne suis toujours pas sûre de ce qu’il en est, même si je penche plus pour une option que pour l’autre.
    Le roman alterne entre les points de vue de Sloan, Asa et Carter ce qui nous permet de nous attacher aux personnages (enfin, nettement moins à Asa qu’aux deux autres).
    Asa est vraiment horrible, non content d’être un dealer, il est d’une jalousie maladive, violent (même s’il se contrôle avec Sloan la plupart du temps), infidèle, sans aucun respect pour qui que ce soit. Pour couronner le tout, il impose à plusieurs reprises des relations sexuelles non consenties à Sloan. Et c’est justement ce point qui a failli m’empêcher d’avoir un coup de cœur pour ce livre. Certes, les relations imposées à Sloan font parties du personnage d’Asa, cela participe à nous montrer sa psychologie et a donner du corps au personnage. Mais le problème que j’ai eu avec ses scènes est leur description un peu trop minutieuse. A chaque fois. Je veux bien que la première scène relatée soit décrite de manière assez détaillée, encore que certains détails n’apportent rien à l’histoire, mais je ne vois pas l’intérêt de décrire par le menu chacun de ces rapports, tout comme je ne vois pas l’intérêt de décrire minutieusement les rapports d’Asa avec ses conquêtes. Pour moi, dans ces moments là, on s’est rapproché des romances new adult, toutes conçues sur le même modèle, à savoir flirter avec le porno pour émoustiller les ados pré pubères. Ce n’est pas digne de ce livre qui aborde des sujets difficiles et qui, par ailleurs, le fait avec beaucoup de justesse.
    En plus d’Asa, qui est déjà assez dangereux à lui tout seul, Sloan est aux prises avec la concupiscence des acolytes de ce dernier. Si Asa fait en général assez peur pour que personne n’ose toucher sa copine, on sent que la peur qu’il inspire ne va plus faire le poids longtemps face à la rancœur que ressentent ses hommes en le voyant faire main basse sur leurs propres compagnes.
    Carter est mignon. Il veut sincèrement aider Sloan mais c’est un idéaliste qui veut tout réussir : sa mission, sauver Sloan… Il est assez naïf par certains aspects et ça se retourne à la fois contre lui et contre Sloan.
    Je sais que c’est une chose qui a dérouté beaucoup de lecteurs, mais personnellement, j’ai tout simplement adoré qu’il y ait une sorte de prologue à la fin du livre, ainsi que plusieurs épilogues. Ces aller-retour dans le temps sont vraiment un plus qui rendent la fin de ce roman explosive. A chaque fois qu’on se dit : on peut souffler… Et bien non.
    A tel point que quand c’est vraiment fini, on tourne la page avec une certaine méfiance, se demandant si l’auteur ne nous réserve pas un dernier rebondissement.
    Sérieusement, vraiment un coup de cœur.

     

    Un extrait : Des doigts tièdes entrelacent les miens, enfonçant davantage mes mains dans le matelas. J’ai les paupières trop lourdes pour les rouvrir tellement je manque de sommeil, cette semaine. Ce mois-ci, devrais-je dire.
    Ou plutôt toute cette putain d’année !
    Dans un gémissement, j’essaie de resserrer les jambes mis je n’y arrive pas. Je sens trop de pression partout. Sur ma poitrine, contre ma joue, entre mes cuisses. Il me faut plusieurs secondes pour dégager ma conscience de sa brume de sommeil, mais je suis assez consciente pour savoir ce qu’il est en train de faire. Je murmure d’un ton irrité :
    - Asa. Lâche-moi.
    Il pousse à plusieurs reprises de tout le poids de son corps sur le mien, geignant contre mon oreille, me griffant la joue de sa barbe matinale.
    - J’ai presque fini, chérie, souffle-t-il.
    J’essaie de dégager mes mains mais il les serre trop fort, me rappelant que je ne suis qu’une prisonnière dans mon propre lit, qu’il est le gardien de la chambre.
    Asa m’a toujours fait sentir que mon corps était à sa disposition. Il n’est pas méchant pour autant, il n’utilise jamais la force, mais il a continuellement envie de moi, et ça commence à m’exaspérer.
    Comme en ce moment.
    A six heures du matin.
    Le soleil vient de se lever, un rayon passe sous la porte ; Asa vient à peine de se coucher après la fête d’hier soir. Seulement moi, j’ai cours dans moins de deux heures. J’aurais préféré ne pas être réveillée de cette façon, après tout juste trois heures de sommeil.
    J’enroule les jambes autour de sa taille, en espérant lui donner l’impression que je prends du plaisir aussi. Dès que je me montre un peu intéressée, il termine plus vite.
    Il empaume mon sein droit et je laisse échapper le gémissement qu’il attend, à l’instant où il se met à trembler contre moi.
    - Merde ! grogne-t-il en enfouissant le visage dans mes cheveux.
    Maintenant, il oscille légèrement sur moi. Au bout de quelques secondes, il s’effondre dans un profond soupir, puis m’embrasse sur la joue et roule vers sa place sur le lit. Il se lève, ôte le préservatif, qu’il jette dans la poubelle, puis attrape une bouteille d’eau sur la table de nuit, la porte à sa bouche tout en promenant ses yeux sur mon corps dénudé. Ses lèvres s’étirent en un sourire indolent.
    - Ca me plait de penser que je suis le seul à pénétrer là-dedans.
    Il avale les dernières gorgées, debout, nu, à côté du lit.
    Difficile d’accepter ses compliments quand il surnomme mon corps « là-dedans ».
    Il est séduisant mais est loin d’être parfait. En fait, il n’a que des défauts, il est juste beau mec. Et aussi frimeur, susceptible, parfois difficile à gérer. Sauf qu’il m’aime. Il m’adore. Et je mentirais si je disais que je ne l’aime pas. Il y a tant de choses en lui que je voudrais changer si je le pouvais mais, pour le moment, je n’ai que lui, alors je m’en accommode. Il m’a accueillie quand je n’avais nulle part où aller, personne auprès de qui me tourner. Pour cette seule raison, je le supporte. Je n’ai pas le choix.

     

    coup de coeur.jpg

  • [Livre] On achève bien les chevaux

    On achève bien les chevaux.jpg

    Résumé : Gloria et moi avions été prévenus par de vieux routiers que la seule façon de tenir le coup jusqu'au bout dans un marathon de danse, c'était d'utiliser au mieux ces pauses de dix minutes grâce à une méthode précise : apprendre à manger son sandwich tout en se rasant et en se faisant soigner les pieds, apprendre à lire les journaux en dansant, apprendre à dormir sur l'épaule de son ou de sa partenaire ; mais tout cela, c'étaient des trucs de métier qui demandaient de l'entraînement. Au début, nous eûmes beaucoup de peine à nous y mettre, Gloria et moi.


    Auteur : Horace McCoy

     

    Edition : Folio

     

    Genre : Drame

     

    Date de parution : 1935 ; 1998 dans cette édition

     

    Prix moyen : 5€

     

    Mon avis : Dans ce livre, tout commence par la fin. Dès la première page, on sait que Robert est devant le juge pour le meurtre de Gloria. Chaque début de chapitre est un fragment de la sentence que le juge prononce à l’égard du jeune homme et, si on sait lire entre les lignes, on sait parfaitement quelle va être cette sentence.
    Mon soucis à ce sujet a été que lorsque j’arrivais au chapitre suivant, je ne me souvenais plus de ce que disait le fragment précédent et que du coup j’ai eu du mal à lire cette phrase comme ça par petit bout. J’ai d’ailleurs fini par la lire en une seule fois, en retournant au début de chaque chapitre pour relire chaque fragment les uns après les autres.
    Entre ces fragments de sentence, on reprend l’histoire de Robert et Gloria, de leur rencontre jusqu’au geste fatal du jeune homme. Leur histoire va tourner tout entière autour d’un marathon de danse. Il faut dire que le prix pour le gagnant est de 1000 dollars, une sacrée somme pour l’époque, de quoi appâter bon nombre de personnes. Même pour ceux qui ne vont pas gagner, la perspective de plusieurs repas par jour suffit à leur faire relever le défi. Et pourtant, les conditions du « jeu » relèvent plus de l’enfer que de la compétition. Les participants ne doivent jamais cesser de bouger, sauf pendant 10 minutes de pauses accordées toutes les deux heures. Autant dire que les repas chaud promis se prennent sur le pouce, que le sommeil n’est très vite plus qu’un vague souvenir et que l’épuisement, pour des personnes déjà à l’origine pas bien vaillantes, va très vite se révéler dangereux. Et comme si cela ne suffisait pas, les organisateurs mettent en place des « derby », des courses de vitesses au terme desquelles le couple arrivé en dernier sera éliminé. Autant vous dire que si les participants sont enthousiastes après quatre ou cinq heures de danse, ils le sont nettement moins après 700 heures. Car oui, les marathons durent des semaines entières, semaines pendant lesquelles les joueurs sont réduits à l’étant de loque, de zombies, qui ne bougent plus que mécaniquement parce que s’arrêter reviendrait à tout perdre.
    L’ouverture d’un bar va attirer la présence de gens peu recommandables et attirer l’œil désapprobateur groupes de moralité : des bourgeoises qui passent leur temps à donner des leçons aux autres et en particulier aux pauvres gens qui ont plus le souci de survivre que de se faire bien voir des rombières.
    J’ai bien aimé Robert. Il est enthousiaste et volontaire. Assez conscient de ses faibles chances de percer dans le cinéma mais voulant quand même se donner les moyens de se faire connaître.
    A l’inverse, j’ai eu énormément de mal avec Gloria. Ce n’est pas seulement qu’elle soit dépressive. Cela je pourrais le comprendre vu la vie qui est celle des pauvres à cette époque. Mais elle est négative, nocive, cherchant à entraîner quiconque lui parle dans le gouffre sans fond de morosité où elle semble se complaire.
    Je ne l’ai appréciée que dans une seule scène : celle où elle dit le fond de sa pensée aux bonnes femmes du groupe de moralité. C’était parfait, un peur instant de bonheur. Et tellement vrai en plus de ça !
    J’ai eu l’impression que Gloria arrivait à ses fins en entrainant Robert dans sa chute. Elle aurait pu mettre fin à ses jours seule dans un coin, mais non, insidieusement, elle le pousse à penser qu’il lui rend service.
    En à peine un peu plus de 200 pages, Horace McCoy démolit l’image du rêve américain (ce qui, était sûrement un choc pour tous en 1935, mais qui, pour nous lecteurs de 2018, ne fait que confirmer ce que l’on savait déjà sur le pseudo rêve américain, même s’il n’y a plus de marathon de danse).
    C’est un livre qui se lit très vite. Les chapitres sont courts et le rythme, à l’instar de la danse, ne ralentit jamais. On pourrait penser qu’il y aurait un goût de trop peu, mais non, l’histoire est parfaitement dosé et on en ressort en ayant l’impression que tout ce qu’il y avait à dire a été dit.

     

    Un extrait : C’est bizarre la façon ont j’ai connu Gloria. Elle aussi essayait de faire du cinéma, mais je ne l’ai su que plus tard. Je suivais l’avenue Melrose un jour en revenant des studios Paramount, quand j’entendis derrière moi quelqu’un brailler :

    « Eh ! Eh ! » Alors je me retournai et c’était elle qui accourait dans ma direction en me faisant de grands signes. Je m’arrêtai et, moi aussi, j’agitai la main. Lorsqu’elle parvint à ma hauteur, elle était hors d’haleine et tout animée, et je me rendis compte que je ne la connaissais pas.
    - Vacherie d’autobus ! fit-elle.
    Je tournai la tête et, en effet, à une cinquantaine de mètres plus loin, l’autobus descendait l’avenue vers les studios Western.
    - Oh ! Pardon ! dis-je. Je croyais que c’était à moi que vous faisiez signe…
    - Pourquoi vous aurais-je fait signe ?
    Je me mis à rire.
    - J’sais pas… Vous allez de mon côté ?
    - Tant qu’à faire, autant aller à pied chez Western, répondit-elle.
    Alors nous commençâmes à descendre l’avenue en direction de Western.
    C’est comme cela que tout a commencé et, à présent, cela me paraît tout à fait étrange. Je n’y comprends rien du tout. J’ai tourné et retourné tout ça dans ma tête et quand même je ne comprends pas.
    C’était pas un meurtre. Je veux rendre service à quelqu’un et, en fin de compte, je me fais tuer dans cette histoire.

     

    Beaucoup aimé 4 étoiles.jpg

  • [Livre] Les sorcières de Salem

    Les sorcières de Salem.jpg

     

    Résumé : 1692, Salem, Massachusetts. Deux jeunes filles ont perdu conscience suite à une sortie dans les bois. Le révérend Parris, père de Betty, a retrouvé sa fille et sa nièce Abigail dansant nues avec d’autres filles dans la forêt et prie pour sa fille tandis que les villageois en colère crient à la sorcellerie dans son salon ...


    Auteur : Arthur Miller

     

    Edition : Robert Laffon

     

    Genre : Théâtre

     

    Date de parution : 15 avril 2010

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup aimé cette pièce, mais je regrette un peu de l’avoir lu dans l’édition que j’ai. En effet, j’ai lu la pièce traduite et adaptée par Marcel Aymé mais, contrairement au texte intégral, du moins d’après ce que j’ai pu déduire d’autres critiques, il n’y avait pas dans mon livre la richesse qu’offre le texte original. En effet, je n’ai eu ni didascalies à rallonge, donnant presque à la pièce des airs de romans, ni description détaillée des personnages.
    Il suffit de voir le nombre de pages, 238 dans mon éditions et 435 dans l’édition « Le livre de poche » pour se rendre compte de tout ce qui a disparu entre les deux.
    En réalité, je ne sais pas si j’aurais autant apprécié la pièce si je n’avais pas déjà connu l’adaptation cinéma et l’histoire vraie qui l’a inspirée.
    Pendant toute la pièce on en peut être qu’outré devant l’attitude des juges. Que les accusatrices soient des manipulatrices, comme dans la pièce, où qu’elles aient été empoisonnées à l’ergot de seigle, ce qui aurait provoqué des hallucinations collectives, puis interrogées jusqu’à ce que, poussées par la peur, elles donnent des noms, comme l’une des explications possibles avancée par les historiens pour expliquer ce phénomène d’hystérie collective, elles restaient des enfants (Si dans la pièce Abigaïl Williams a 17 ans, dans les faits, elle n’en avait que 11) et c’étaient aux juges de faire preuve d’impartialité. Mais on dirait que les juges ont été pris d’une boulimie d’exécution, signant des arrêts de mort à tour de bras sans même s’encombrer de preuves un tant soit peu solides. Comme si faire le plus de victimes possible allait garantir leur salut. Quand on sait qu’il suffisait de ne pas savoir dire ses 10 commandements pour qu’on commence à vous regarder de travers (Et les commandements c’est comme les nains de Blanche-Neige, il en manque toujours 1).
    D’ailleurs, l’indignation a été énorme déjà à l’époque puisque c’est le clergé de Boston, indigné, qui est intervenu auprès du gouverneur royal du Massachusetts pour mettre un terme aux agissements des juges de Salem et que l’un d’eux, Increase Mather, a déclaré dans un essai : « Il apparaît préférable que dix sorcières suspectées puissent échapper, plutôt qu'une personne innocente soit condamnée ». Comme quoi, ils avaient pas tous la même vision des choses !

    Un extrait : ABIGAÏL : Mon oncle, je n’ai rien voulu dire devant Suzanna, mais vous savez qu’au village le bruit commence à se répandre d’un mal surnaturel, justement. On va même jusqu’à dire que Betty s’est envolée.

    PARRIS : Envolée… Betty envolée… Voilà bien la fable la plus absurde qu’on puisse inventer.

    ABIGAÏL : Ne voulez-vous pas descendre ? Le parloir est plein de gens venus aux informations.

    PARRIS : Et que veux-tu que je leur dise, moi ? Que j’ai trouvé ma fille et ma nièce en train de danser la nuit comme des païennes dans une clairière de la forêt ?

    ABIGAÏL : Pourquoi pas ? Ce serait le meilleur moyen de couper court aux racontars.

    PARRIS : Abigaïl, je ne peux pas me présenter devant mes paroissiens alors que vous me cachez la vérité.

    ABIGAÏL : Mais je vous l’ai dit, elle est des plus simples, mon oncle. Nous dansions dans la clairière et quand vous avez brusquement surgi des buissons, Betty a eu si peur qu’elle s’est évanouie. Et voilà toute l’histoire. Il n’y a rien à dire de plus.

    PARRIS : Enfant, assieds-toi. Si tu sais quelque chose qui puisse aider le médecin, pour l’amour de Dieu, dis-le-moi.

    ABIGAÏL, tremble en s’asseyant : Je n’ai pas voulu faire de mal à Betty. J’ai toujours beaucoup aimé Betty.

    PARRIS : Réfléchis, mon enfant. Tu vois, je ne te gronde pas, je ne te punis pas. Mais si vous êtes allées dans la forêt pour évoquer les esprits, je dois le savoir tout de suite, car mes ennemis, eux, ne tarderont pas à l’apprendre et ce sera ma ruine.

    ABIGAÏL : Mais nous n’avons jamais évoqué les esprits.

    PARRIS : Une bouilloire était suspendue sur le grand feu autour duquel vous dansiez avec les autres jeunes filles. Pourquoi cette bouilloire ?

    ABIGAÏL : Nous avions froid, et Tituba nous a apporté de la soupe.

    PARRIS : Tu m’as dit que vous étiez allées au bois pour vous rafraîchir. Voilà maintenant qu’il vous fallait de la soupe pour vous réchauffer. (Abigaïl baisse les yeux.) Abigaïl, regarde-moi. Comprends-tu que j’ai de nombreux ennemis ?

    ABIGAÏL : Je le sais, mon oncle.

    PARRIS : Il y a dans le village une faction qui a juré de m’arracher à mon ministère, le comprends-tu ?

    ABIGAÏL : Je crois que oui.

    PARRIS : Eh bien, c’est précisément cette faction-là qui se réjouira d’apprendre que ma propre famille se livre dans la forêt à je ne sais quelles pratiques obscènes ! À quelles abominations !

     

    bonne lecture 3 étoiles.jpg

  • [Livre] La couleur des sentiments

    La couleur des sentiments.jpg

    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix! D'ailleurs, j'indique dans la fiche le prix auquel je l'ai acheté, mais si entre-temps une version poche est sortie, je vous mets le lien vers le format le moins cher (après à vous de voir!)

     

    Résumé : Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée.

    Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même laisser un mot.

    Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

     

    Auteur : Kathryn Stockett

     

    Edition : Edition de la loupe

     

    Genre : Drame

     

    Date de parution : 01 Mai 2009

     

    Prix moyen : 21€

     

    Mon avis : Encore une fois, en France, on est plus malin que les autres. Le titre original est : the help, qu’on peut traduire par : les bonnes. Nous on a mis comme titre : La couleur des sentiments. C’est très joli, mais quel rapport avec la choucroute ? Le titre du livre qu’on a dans les mains fait l’écho du titre du livre dont il est question dans le roman, ainsi, on a le sentiment de lire ce livre là… Là le titre français ne nous renvoie à rien.
    Dans ce livre s’oppose plus ou moins 3 clans. Il y a les riches blanches dont la première préoccupation sont les ragots, les vêtements et de renouveler leur abonnement au country club. Celles-ci s’opposent à tout rapprochement entre elles et leurs domestiques noires, assez bonnes pour élever leurs enfants, mais pas assez pour utiliser les mêmes toilettes qu’elles.
    Il y a les blanches qui se moque plus ou moins de ces considérations et qui traitent leur domestique comme des amies. C’est le cas de Miss Celia Foote et de Miss Eugenia « Skeeter » Phelam.
    Et il y a les domestiques. Qu’elles soient soumises, résignée, comme Aibileen, ou pleine de colère comme Minny, elles sont confrontées à la réalité du sud des Etats-Unis des années 60. Un simple regard réprobateur peut leur valoir le renvoie et une seule parole d’une employeuse mécontente peut leur fermer les portes du travail dans toute la ville et même alentours. Il ne faut pas oublier qu’on est à une époque où les mariages interraciaux sont interdits, que Martin Luther King commence à peine à faire parler de lui, qu’il y a des cinéma, des plages, des commerces, réservés aux noirs et d’autres aux blancs… La rébellion peut leur couter très cher.
    C’est en cherchant ce qui a pu arriver à Constantine, la domestique noire qui l’a élevée et qui a disparue pendant qu’elle était à la fac, sans un mot, que Skeeter prend conscience de la façon dont on traite les domestiques noires à Jackson.
    Le livre est un roman, mais l’auteur a connu cette période et a elle-même été élevée par une de ces domestiques noires, plus présente pour les enfants que leurs propres mères.
    Hilly est vraiment un Hitler en jupon. Non seulement elle tyrannise sa propre domestique, mais aussi celles des autres, ordonnant les renvois et les embauches, faisant en sorte que la domestique qui la contrarie ne retrouve plus de travail, que ses parents et ses enfants perdent également leur travail. Quant aux blanches qui s’opposent à elle, elle a vite fait de les mettre au pas en les excluant de la bonne société et en les mettant au ban de la ville. Cette femme a une telle influence ! Mais on se rend bien compte qu’il suffirait que trois ou quatre personnes s’élèvent contre elle pour qu’elle se dégonfle comme une baudruche.
    Quand Skeeter fait part de son projet (qui n’est pas son idée, mais celle du fils décédé d’une des bonnes), il m’a semblé qu’au début, elle ne s’intéresse qu’à se faire un nom dans le monde de l’édition, mais, petit à petit, les témoignages qu’elle recueille lui font prendre conscience des choses.
    Au début, d’ailleurs, les bonnes sont réticentes. Elles ont peur de parler, peur des conséquences si elles se font prendre. Mais certains événements vont faire que les langues vont se délier. Et les histoires racontées ne sont pas toutes horribles, certaines ont profondément aimé leurs employeurs, qui le leur rendent bien.
    Le livre alterne entre les voix d’Aibileen, de Minny et de Skeeter et chaque style est parfaitement reconnaissable.
    L’adaptation ciné est très bien, mais bien évidemment, elle a dû couper de très large parties du roman, sinon le film aurait duré 6 ou 7 heures. Du coup, on dirait presque que c’est un résumé.
    Pour une fois, je suis contente d’avoir vu le film avant de lire le livre, comme ça je n’ai pas passé deux heures à me dire : Ah ça c’est pas dans le livre, Ah, ça c’est un sacré raccourci…
    J’ai dévoré ce livre de plus de 600 pages sans même m’en rendre compte tant j’étais plongée dans l’histoire.
    Personnellement j’aime beaucoup, mais certains pourraient être dérangés par le rythme assez lent du livre. J’ai, pour ma part, trouvé que ça nous plongeait un peu plus profondément dans le sud.

     

    Un extrait : Mae Mobley, elle est née de bonne heure un dimanche matin d’août 1960. Un bébé d’église, comme on dit. Moi je m’occupe des bébés des Blancs, voilà ce que je fais, et en plus, de tout le boulot de la cuisine et du ménage. J’en ai élevé dix-sept de ces petits, dans ma vie. Je sais comment les endormir, les calmer quand ils pleurent et les mettre sur le pot le matin, avant que les mamans aient seulement le temps de sortir du lit.

    Mais un bébé qui hurle comme Mae Mobley Leefolt, ça j’en avais jamais vu. Le premier jour que je pousse la porte je la trouve toute chaude et toute rouge à éclater et qui braille et qui se bagarre avec son biberon comme si c’était un navet pourri. Miss Leefolt, elle a l’air terrifiée par son propre enfant. « Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Pourquoi je ne peux pas arrêter ça ? »

    Ça ? Tout de suite, je me suis dit : il y a quelque chose qui cloche ici.

    Alors j’ai pris ce bébé tout rouge et hurlant dans mes bras. Je l’ai un peu chahuté sur ma hanche pour faire sortir les gaz et il a pas fallu deux minutes pour que Baby Girl arrête de pleurer et me regarde avec son sourire comme elle sait faire. Mais Miss Leefolt, elle a plus pris son bébé de toute la journée. Des femmes qui attrapent le baby blues après l’accouchement, j’en avais déjà vu des tas. Je me suis dit que ça devait être ça.

    Mais il y a une chose avec Miss Leefolt : c’est pas juste qu’elle fronce tout le temps les sourcils, en plus elle est toute maigre. Elle a des jambes tellement fines qu’on les dirait poussées de la semaine dernière. À l’âge de vingt-trois ans, la voilà efflanquée comme un gamin de quatorze. Même ses cheveux bruns sont tellement fins qu’on voit au travers. Elle essaie de les faire bouffer, mais ça les fait seulement paraître plus fins. Et sa figure, elle ressemble à celle du diable rouge sur la bonbonnière, avec le menton pointu et tout. Pour tout dire, elle a le corps tellement plein de pointes et de bosses qu’il faut pas s’étonner si elle arrive jamais à calmer ce bébé. Les bébés, ils aiment les grosses. Ils aiment fourrer la tête sous votre bras pour s’endormir. Ils aiment les grosses jambes, aussi. Ça, je peux vous le dire.

    Mae Mobley, à un an, elle me suivait déjà partout où j’allais. Quand arrivait cinq heures elle se cramponnait à mes Scholl, elle se traînait par terre et elle bramait comme si j’allais jamais revenir. Après, Miss Leefolt me regardait de travers, à croire qu’il aurait pas fallu décrocher ce bébé qui criait à mes pieds. Je pense que c’est le risque qu’on prend, quand on laisse quelqu’un d’autre élever ses enfants.

     

    Beaucoup aimé 4 étoiles.jpg

  • [Livre] Pour l'amour d'un terroriste

    Pour l'amour d'un terroriste.jpg

    Résumé : Depuis quelques années maintenant, la montée croissante des attentats frappe le monde entier entrainant à chaque fois des dizaines de victimes. Des divergences d’opinions, des rivalités entre peuples ont toujours existés et persisteront encore. Cependant la violence des actes est de plus en plus importante, les moyens utilisés le sont également. La population doit vivre avec et se montrer plus forte que la haine. Un voisin, un ami, un conjoint, chacun peut basculer dans la violence très rapidement en se laissant guider par les nouvelles technologies qui véhiculent un tissu d’agressivité et de barbarie. Dans ce livre, un jeune homme au passé de délinquant, Benjamin, tombe sous l’emprise d’un individu puissant et radicalisé qu'il rencontre en prison, Abou. Lorsque le jeune homme prend conscience de la dangerosité de cette alliance, il est trop tard. Abou a des projets mortels pour le pays et Benjamin en sait trop. Dans cette spirale, il entraine celle qui deviendra sa compagne Sara, des proches, et des centaines de victimes. Sara est une surveillante pénitentiaire qui va tenter de lutter contre son attirance pour le détenu mais qui succombera à cette passion. Elle ira jusque braver les interdits de sa profession pour entretenir l'étincelle qui brille dans ses yeux. Cependant au début de leur idylle, Benjamin a un objectif bien différent. Une intrigue sentimentale mêlée au suspense d’un polar macabre caractérisent ce roman. De l’émotion, de la tristesse, de la douleur, de la colère, de la froideur, tout autant de sentiments qui viennent envahir le lecteur au fil de l’histoire. De multiples attentats, des blessés en nombre, une femme aveuglée par un amour qui va la dévaster, ...

     

    Auteur : Fanny Matthew

     

    Edition : Autoédition

     

    Genre : Drame

     

    Date de parution : 5 octobre 2017

     

    Prix moyen : 2€

     

    Mon avis : Ce livre a un gros point positif : son histoire. Le machiavélisme derrière la rencontre, à première vue fortuite, de Sara et de Ben, l’organisation de la cellule terroriste… tout cela est vraiment intéressant et donne une profondeur à l’histoire.
    Malheureusement, cette histoire n’est pas mise en valeur.
    Tout d’abord, la première chose qui m’a frappée, c’est le titre. « Pour l’amour d’un terroriste », ça fait vraiment romance Harlequin. J’ai failli refuser le livre à cause de ce titre. Il ne rend pas justice à l’histoire.
    Aux premières lignes de ma lecture, j’ai été très dérangée par le style. Je l’ai trouvé assez abrupt, factuel. J’avais l’impression de lire une chronique judiciaire plutôt qu’un roman, surtout au tout début lors de la présentation des personnages. J’aurais préféré les découvrir petit à petit, plutôt que cette biographie assénée d’entrée de jeu.
    De plus, définitivement, je trouve que le présent n’est pas du tout adapté au récit. A la rigueur dans les biographies, dans les documentaires romancés d’une période de l’histoire, mais pour un roman, je n’adhère pas. Mais ça, c’est vraiment une opinion très personnelle et ce qui me dérange dans l’utilisation du présent ne fera peut-être pas sourciller un autre lecteur.
    Ce style assez…rigide, dirai-je, à défaut d’un meilleur terme, m’a empêché d’entrer pleinement dans l’histoire et de m’attacher aux personnages.

    J’ai aussi trouvé que l’auteur a une tendance très nette à répéter le prénom de ses personnages. Plusieurs phrases d’affilées, et des phrases très courtes, qui plus est, commencent par Sara. Sara dit que, Sara pense, Sara…Sara… Parfois, une seule phrase pourrait en remplacer trois, avec quelques virgules, quelques pronoms, et une tournure différente.

    Au niveau de l’écriture elle-même, j’ai remarqué quelques coquilles (orthographe et conjugaison essentiellement), mais j’ai franchement vu pire.
    En revanche, souvent, trop souvent pour moi, j’ai dû arrêter ma lecture pour comprendre ce que l’auteur avait voulu dire. J’ai trouvé qu’il y avait un gros problème de vocabulaire, un mot étant souvent employé à la place d’un autre, ce qui change complètement le sens de la phrase et parfois fait qu’elle ne veut plus rien dire.
    Un exemple parmi tant d’autres ? A un moment, on parle d’un attentat. Dans l’énumération des actes qui doivent avoir lieu, je lis : « trois hommes se feront exploser à l’aide de ceintures dans des endroits stratégiques de ce monument après avoir essuyé un déluge de rafales sur ceux qu’ils qualifient de « mécréants ». »
    C’est précis et c’est réaliste. Le seul problème, c’est qu’essuyer une rafale de balles, cela veut dire la recevoir. Quand on est celui qui tire, on arrose, plutôt qu’on essuie. Donc : Après avoir arrosé d’un déluge de balles ceux qu’ils…
    Un autre ? « Ben sait qu’il va devoir engranger la vitesse supérieure. » Depuis quand on engrange une vitesse ? Des informations, des vivres, du grains, mais non, pas une vitesse. On peut passer à la vitesse supérieure, à la rigueur l’embrayer ou l’engager…
    Ce ne serait pas grave si c’était les seuls exemples, mais je suis tombée sur bon nombre de ce genre d’erreurs ou de méconnaissance du vocabulaire et ça a rendu ma lecture vraiment pénible.
    En résumé, je dirais que les idées sont là, le déroulé de l’histoire aussi. Il y a un énorme potentiel sur ce roman. Mais il nécessite un énorme travail de relecture, de réécriture et de correction.
    En l’état, je ne le recommande pas. Remanié, j’en parlerais certainement autour de moi.

     

    Un extrait : Benjamin, 32 ans, originaire de la métropole lilloise est un jeune délinquant au passé chargé de petits larcins. À l’adolescence, celui qui se fait appeler Ben quitte sa région natale pour s’installer avec ses parents en banlieue parisienne. Son dernier braquage lui vaut une condamnation à six mois de prison ferme qu’il passera à l’établissement pénitentiaire de Fresnes. Il purge sa peine, y fait la rencontre d’un autre détenu Abou, surnommé le guerrier, qui le prend sous son aile avant de l’amener à se convertir à l’islam. Les semaines passent et ce grand brun aux yeux noisette se réfugie dans la religion, celle qu’on lui a expliquée en prison. Les six mois s’écoulent, à sa sortie Ben a radicalement changé, il ne voit plus ses proches, sa famille l’évite de plus en plus. Il trouve refuge auprès du guerrier rencontré lors de son passage en prison. Ben a de l’admiration pour celui qui devient son mentor, il lui est totalement dévoué. Il finit par se radicaliser et tombe dans un islam extrémiste. Des projets sont en pourparlers autour de lui. Ben est alors chargé de recruter des jeunes sur le web, il passe des heures sur internet, diffuse des dizaines de vidéos faisant référence à l’État islamique et encourage ses lecteurs à se rebeller. Très vite, il fait parler de lui auprès des services de sécurité nationale et se voit de nouveau condamné. Le 03 janvier 2016 au tribunal de Paris, une condamnation pour incitation au terrorisme est prononcée à son encontre assortie d’une peine de prison ferme d’une année.

            C’est désormais un retour en prison pour Ben. Ce retour en détention qui bouleversera son existence et sera marqué par une rencontre, celle de Sara.

            Sara, jolie brune au regard pétillant, un petit bout de femme, sensible et attachante. Elle vient de fêter ses 25 ans. Sara est surveillante pénitentiaire à la prison de Fleury Mérogis. Rien ne la prédestinait à exercer ce métier, son bac ES en poche, elle décide de poursuivre son parcours à l’université de Tolbiac en filière Administration économique et sociale. Elle s’ennuie dans ce parcours, n’est pas très assidue et comprend que la vie active l’attend. Elle consulte les différents portails de concours de la fonction publique puis décide de passer celui de gardien de la paix – surveillant pénitentiaire. En juillet 2015, elle apprend avec joie être lauréate du concours, puis se dirige vers l’École nationale de l’administration pénitentiaire à Agen, où elle suivra une formation de huit mois. Sa formation en poche, elle rejoint les couloirs de Fleury. Ses journées sont rythmées par le même rituel, en premier lieu, l’appel. S’ensuit alors le balai quotidien des promenades, des activités, les rendez-vous à l’infirmerie, les parloirs, les repas, la distribution du courrier, les ateliers dans lesquels les détenus travaillent. Sara connaît l’ensemble des détenus qui se partagent l’aile ouest. Elle a toujours préféré ne pas connaitre la raison de détention de chacun d’entre eux et considère ainsi chacun des prisonniers de la même manière. Sara exerce son métier selon un rythme de 3 jours en prison suivi de 2 journées de repos

     

    Déçue 1 étoile.jpg

  • [Livre] A tout jamais

    A tout jamais.jpg

    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix!

     

    Résumé : Landon Carter, maintenant un homme d'âge mûr, ne peut s'empêcher chaque mois d'avril, de repenser à sa dernière année de lycée. Il avait alors 17 ans, lorsque sa vie a été bouleversée à jamais...

    Enfant d'une famille riche dans un petit village, il n'était pas spécial et ne cherchait pas à l'être. Fuyant un père trop absent, il aimait sortir avec ses amis et s'amusait. Parfois, se moquer avec eux de la fille du pasteur : Jamie Sullivan, toujours prête à aider tout le monde, gentille et attentionnée envers tous. Président du conseil des élèves et sans cavalière pour le bal, Landon décide donc d'y aller avec elle. Il a alors l'occasion de mieux la connaître... Peu à peu, il tombe sous le charme de la jeune fille.

     

    Auteur : Nicholas Sparks

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Drame

     

    Date de parution : 21 novembre 2002

     

    Prix moyen : 6€

     

    Mon avis : Même si j’ai beaucoup aimé ce livre, ce n’est jamais qu’une énième reprise de Love Story, avec des protagonistes plus jeunes (peut-être pour faire plus dramatique ?)
    J’avais vu le film avant de lire le livre et j’ai trouvé que pour une fois, le film nous offrait une fin moins abrupte, plus développée et du coup plus satisfaisante. Il y a d’autres différences comme le physique de Jamie ou encore sa liste de choses à faire qui n’existe pas dans le livre mais qui a dû être rajoutée dans le film pour faire entrer un peu d’action dans l’histoire.
    Il faut dire que le livre est sans surprise, on sait assez vite de quoi il retourne et il n’y a aucun rebondissement.
    Le livre étant très court, tout se passe très vite. Un peu trop vite d’ailleurs : quand on voit le temps qu’il faut pour rentrer au cœur du problème, il reste très peu de temps pour le déroulement de l’histoire et on a l’impression que soudain les protagonistes ont sauté dans un train en marche pour aller plus vite.
    Le père de Landon est un politicien qui vit dans la capitale, et donc est souvent absent, mais, même si ce n’est pas le grand amour entre eux, Landon et lui se voit régulièrement, contrairement au film où le père est un médecin qui entretient de mauvais rapports avec son fils.
    Landon d’ailleurs n’est pas un mauvais garçon. Le pire qu’il fait est d’aller manger des cacahouètes dans le cimetière. Un vrai loubard !
    C’est un livre qui se lit rapidement et qui serre le cœur, mais quand on a vu Love Story ou lu le livre, on a juste l’impression d’un énorme plagiat et on se demande comment il se fait que personne ne semble s’en rendre compte.

     

    Un extrait : L’année de mes dix-sept ans, ma vie a changé à tout jamais.

    Je sais que certaines personnes sont intriguées en m’entendant dire cela.

    Elles me regardent d’un air étrange comme si elles essayaient de deviner ce qui a pu m’arriver. Ayant passé presque toute mon existence ici, je n’éprouve pas le besoin de m’expliquer. Ou alors il faudrait me laisser plus de temps qu’on ne m’en accorde en général : mon histoire ne se résume pas en deux ou trois phrases, on ne peut la réduire à un récit court et précis. Et même si quarante années se sont écoulées depuis, les gens d’ici qui me connaissaient alors se passent très bien de mes explications. En fait, mon histoire est aussi un peu la leur, car nous avons tous été touchés par elle.

    Mais moi, je l’ai été plus qu’aucun autre.

    J’ai cinquante-sept ans, pourtant je me souviens encore de cette année-là dans ses moindres détails. Elle revit souvent en moi, et, chaque fois que je la ressuscite, un curieux mélange de peine et de joie m’envahit. Parfois j’aimerais pouvoir remonter le temps et effacer tout ce qui fut triste, seulement la gaieté ne disparaîtrait-elle pas aussi ? Je laisse donc mes souvenirs m’entraîner comme ils l’entendent.

    Nous sommes le 12 avril et en sortant de chez moi je remarque malgré le ciel maussade que les cornouillers et les azalées sont en fleur. Il fait frais et je remonte légèrement le col de ma veste, mais je sais que d’ici quelques semaines la grisaille cédera la place à ces journées qui font de la Caroline du Nord une des plus belles régions du monde.

    Mes souvenirs resurgissent, mon cœur se serre. Je ferme les yeux et les années défilent, comme les aiguilles d’une horloge qui tourneraient à l’envers. Et comme par les yeux d’un autre je me regarde rajeunir. Mes cheveux redeviennent bruns, les rides autour de mes yeux s’estompent, mes bras et mes jambes retrouvent leur tonicité. Ce que j’ai appris de la vie s’estompe et c’est l’innocence qui s’impose au fur et à mesure que cette année mémorable se rapproche.

    Puis le décor autour de moi se met à changer lui aussi : les banlieues envahissantes sont reconquises par les fermes, les rues du centre-ville s’animent. Les hommes portent des chapeaux, les femmes sont en robe. Et au bout de la rue, la cloche sonne dans le beffroi du tribunal.

    Je rouvre les yeux face au fronton de l’église baptiste, et tout en le contemplant, je me revois exactement.

    Je m’appelle Landon Carter, et j’ai dix-sept ans.

     

    bonne lecture 3 étoiles.jpg

  • [Livre] A la vie, à la mort

    A la vie, a la mort.jpg

    Résumé : Atteinte d’une tumeur au cerveau, Megan doit rentrer à l’hôpital pour suivre une chimiothérapie. À son grand dépit, elle est transférée dans une unité de soins pour enfants… où le seul qui semble avoir plus de cinq ans est Jackson Dawes. Et tout le monde adore l’irrésistible Jackson, des enfants aux parents, sans compter les infirmières. Très vite, Megan se laisse apprivoiser aussi. Il lui rase la tête parce que de toute façon elle va perdre ses cheveux. Ils partent pour des balades nocturnes dans d’autres bâtiments puisque de toute façon qu’est-ce qu’une réprimande, ils vont peut-être mourir. Au mépris du règlement et de la maladie, Megan et Jackson se réinventent une vie de hors-la-loi, hors-la-maladie, même si chacun sait que le temps est compté…

     

    Auteur : Celia Bryce

     

    Edition : Albin Michel

     

    Genre : Drame

     

    Date de parution : 06 janvier 2015 

     

    Prix moyen : 13,50€

     

    Mon avis : J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages. Jackson, je n’y suis arrivée qu’au travers des sentiments qu’éprouve Megan, mais sur le moment, il m’a surtout énervée : sa manière de s’imposer à Megan, son sans gêne… A un moment j’ai même souhaité que les infirmières mettent leurs menaces de l’attacher au lit à exécution !
    Pour Megan ça a été difficile aussi. Si elle avait eu 17 ans, j’aurais compris qu’elle supporte mal d’être en pédiatrie… mais à 13 ans, il ne faut pas exagérer, d’autant qu’elle est tout sauf mature ! Son premier grief contre Jackson n’est pas tant qu’il soit sans gêne, agité et pénible, mais qu’il accepte d’amuser les plus petit alors que Megan semble penser qu’il faut, au mieux les ignorer.
    Les « copines » de Megan, les jumelles, ne sont pas mieux : elles ne pensent qu’aux garçons et semblent croire que le cancer s’enlève comme on enlève l’appendicite.
    Gemma est plus mature. Elle a plus conscience des choses, même si ça lui fait peur.
    J’ai trouvé dommage que la relation entre Megan et Jackson ne soit pas plus approfondie car au final je trouve qu’on les voit peu ensemble. Pareil pour la sardine, son personnage aurait pu être plus développé.
    J’ai bien aimé dans ce livre le fait que l’auteur montre l’après. Megan, une fois rentrée chez elle, va mieux, physiquement. Et c’est là que j’ai apprécié que l’auteur montre l’incompréhension de la plupart de ses proches, jusqu’à sa mère, pour qui puisqu’elle va mieux, il n’y a plus de problème, alors que psychologiquement Megan ne va pas tellement mieux. La maladie ne laisse pas que des séquelles physiques.
    C’est cette seconde partie que j’ai préférée, car on continue le roman en huis clos avec Megan et tout ce qui touche les autres personnages nous est raconté à travers les émotions de Megan (concrètement c’est à que j’ai commencé à pleurer).
    Malgré le bandeau, cette histoire n’a de commun avec « nos étoiles contraires » que le cancer touchant des adolescents. Le contenu est totalement différent.
    Si j‘ai eu plus de mal à entrer dans cette histoire, au final, je l’ai beaucoup aimé et elle m’a fait ressentir énormément d’émotions.

    Un extrait : – Maintenant tu sais ce que je pense des hôpitaux, alors tu peux m’appeler à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.

    La voix de Papy semblait venir de très loin, à croire qu’il était encore plus vieux qu’en réalité, à croire qu’il se trouvait sur une autre planète et non au téléphone.

    C’était le premier jour de Megan à l’hôpital.

    – Oui, je sais, dit-elle d’un ton qui se voulait courageux.

    Si seulement elle avait pu guérir sans passer par cet endroit.

    Elle suivit sa mère qui franchissait la porte à double battant, et se pétrifia.

    Service pédiatrique ?

    Il devait y avoir erreur.

    Sauf que non.

    Il y avait des mioches et des trucs de mioches partout. Des jouets qu’on malmenait. Un machin qui cliquetait. Un autre qui carillonnait. Vrombissement. Couinement. Quelque part vers la droite, un bébé pleurait.

    Devant, un bambin au volant d’une voiture en plastique obliquait sur la gauche, accompagnant son virage d’un coup de klaxon tonitruant. Un adulte suivait le mouvement, en grande conversation avec une infirmière.

    Papy continuait de parler au téléphone. Il lui conseillait de ne pas s’inquiéter. Megan fut incapable de répondre.

    Où étaient les autres patients ? Les gens comme elle ? Les gens de son âge ?

    Elle n’était pas un bébé, ni une gosse. Elle avait presque quatorze ans !

    Pourquoi l’avait-on mise ici ? Comment avait-on pu faire ça ?