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Young adults

  • [Livre] Un palais d’épines et de roses – T01

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    Résumé : En chassant dans les bois enneigés, Feyre voulait seulement nourrir sa famille. Mais elle a commis l'irréparable en tuant un Fae, et la voici emmenée de force à Prythian, royaume des immortels.

    Là-bas, pourtant, sa prison est un palais magnifique et son geôlier n'a rien d'un monstre. Tamlin, un Grand Seigneur Fae, la traite comme une princesse.

    Et quel est ce mal qui ronge le royaume et risque de s'étendre à celui des mortels ?

    A l'évidence, Feyre n'est pas une simple prisonnière. Mais comment une jeune humaine d'origine aussi modeste pourrait-elle venir en aide à de si puissants seigneurs ?

    Sa liberté, en tout cas, semble être à ce prix.

     

    Auteur : Sarah J. Maas

     

    Edition : La Martinière Jeunesse

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 09 février 2017

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Si on veut donner une définition superficielle de ce livre, on peut dire que c’est une réécriture de la Belle et la Bête. Mais il est tellement plus que cela. Oui, on est dans la Belle et la Bête mais ici la Belle a une véritable identité, elle n’est pas que l’innocence dont on attend qu’elle défaille entre les bras de la Bête, laquelle, elle aussi est pourvue d’un nom et ne harcèle pas la demoiselle pour qu’elle l’épouse.
    Au-delà de leurs noms, Feyre (la belle) et Tamlin (la bête) ont un passé, des sentiments, de la famille, des ennemis, des amis. Ils ne sont pas isolés du monde mais sont au milieu d’un univers très riche, où chaque personnage a été approfondi et développé au point qu’on a l’impression d’avoir déjà lu un livre sur eux. Que ce soit la grande méchante (digne de Maléfique) ou l’ami qui apporte une touche d’humour, on sait comment et pourquoi ils sont arrivés là où ils sont.
    Si l’histoire prend sa source dans le conte de la belle et la bête, on trouve des clins d’œil à d’autres contes, comme Cendrillon avec le tri des lentilles.
    J’ai beaucoup aimé Feyre qui se sacrifie pour sa famille sans jamais rien obtenir en retour. Je comprends sa réaction face aux immortels, surtout qu’on lui raconte des horreurs sur eux depuis son enfance et qu’ils ne font pas grand-chose pour se rendre agréable avec leur mépris affichés des humains.
    Tamlin est sans doute le plus agréable de tous, car même si Lucien et Alis sont sympathiques, ils laissent assez souvent échapper que pour eux les mortels sont inférieurs, alors que Tamlin essaie de ne pas laisser entendre trop souvent ce genre de choses.
    La sœur aînée de Feyre, Nesta, est assez difficile à cerner : quand on croit s’être fait une idée assez précise d’elle, elle dévoile une autre part de sa personnalité qui remet (presque) tout en cause.
    Ce roman est classé en Young adult et je ne le conseille pas aux plus jeunes car, surtout dans la seconde partie, il y a beaucoup de scène assez difficile que ce soit de pure violence ou avec des sous-entendus sexuels.
    L’histoire d’amour commence assez rapidement au vu de la longueur du livre, mais prend forme progressivement avec des doutes, des craintes, des hésitations, de parts et d’autres.
    Pour résumé c’est une réécriture de conte qui se développe bien au-delà de l’histoire originale, qu’elle étoffe et rend plus moderne, plus mature, plus complexe.
    Et au vue de la réaction d’un des personnages vis-à-vis de Feyre, à la presque fin, je suis très impatiente de lire la suite pour savoir ce que cela implique !

     

    Un extrait : La neige gelée crissa sous les semelles de mes bottes usées jusqu’à la trame et je grimaçai : visibilité réduite et bruit inopportun – j’allais rentrer encore bredouille.

    La nuit tomberait bientôt. Si je m’attardais ici, je devrais rentrer chez moi dans l’obscurité et j’avais encore en mémoire les avertissements des chasseurs de la ville : des meutes de loups géants rôdaient dans les environs. Sans parler des rumeurs sur d’étranges créatures aperçues dans les parages, des êtres de haute taille et mortellement dangereux.

    Tout sauf des immortels – c’étaient les prières que nos chasseurs adressaient à des dieux pourtant oubliés depuis longtemps, et je joignais secrètement les miennes aux leurs. Depuis huit ans que nous habitions ce village, à deux jours de voyage de la frontière de Prythian, terre des immortels, ces derniers nous avaient épargnés. Mais des marchands ambulants nous parlaient parfois de lointaines villes frontalières réduites en cendres. Ces récits, autrefois assez rares pour être considérés comme de simples rumeurs, étaient devenus quotidiens dans les nouvelles qu’on se chuchotait les jours de marché au cours de ces derniers mois.

    J’avais pris un risque considérable en m’aventurant aussi loin dans la forêt, mais nous avions fini notre dernière miche de pain la veille et nos restes de viande séchée l’avant-veille. Je préférais pourtant passer encore une nuit le ventre creux que de satisfaire l’appétit d’un loup – ou d’un immortel.

    J’aurais néanmoins constitué un maigre festin, car depuis le début de cet hiver, je pouvais compter la plupart de mes côtes. J’évoluais aussi légèrement et aussi discrètement que possible entre les arbres, le poing pressé contre mon estomac vide et douloureux. Je savais d’avance l’expression que je lirais sur le visage de mes sœurs aînées si je rentrais de nouveau les mains vides.

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  • [Livre] Diabolic

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    Résumé : Un Diabolic n'est pas humain. Un Diabolic est programmé pour être fidèle envers une seule personne. Un Diabolic n'existe que pour protéger son maître. Quitte à donner sa vie. Quitte à en prendre d'autres.

     

    Auteur : S. J. Kincaid

     

    Edition : Bayard

     

    Genre : Young adult

     

    Date de parution : 03 mai 2017

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Après en avoir entendu parler sur la chaîne de Vibration Littéraire, j’ai eu très envie de lire ce livre. Il m’a fallu un certain temps, mais c’est enfin chose faite.
    Ce livre est un énorme coup de cœur. Pour tout dire, il fait près de 600 pages et je l’ai lu dans la journée, ce qui, même pour moi, est vraiment rapide.
    Au début, j’ai eu du mal à entrer dans l’univers de Diabolic, peut-être, sans doute même, parce que j’attendais tellement de ce bouquin. Mais au bout d’une vingtaine de pages, c’était bon, j’étais dedans, et j’étais conquise !
    D’abord, j’ai beaucoup aimé que l’auteur prenne vraiment le temps de mettre l’univers en place. Je sais que c’est un point qui énerve certains lecteurs car ça ralentit un peu l’action, mais moi j’adore pouvoir me projeter dans l’univers, imaginer les lieux, les décors… comme un film dans ma tête. C’est peut-être pour ça que j’ai eu du mal au début, car ce commencement est un peu abrupt : on est plongé dans l’histoire sans parachute. Mais finalement c’était comme si on nous avait jeté du bateau pour ensuite nous lancer plein de petites bouées pour qu’on puisse apprécier la baignade.
    Némésis est une Diabolic, un être humanoïde, qui a bénéficié d’une croissance accélérée et qui est conçue pour ne protéger qu’une seule personne tout au long de sa vie. Avant d’être rattaché à un humain, les Diabolic sont élevés dans des conditions effroyables : en cage, maltraités, contraint à la brutalité pour avoir de la nourriture, bref comme des chiens de combat. Les Diabolic sont censé n’avoir aucun sentiment si ce n’est l’amour artificiel qu’ils vouent à leur maître. Cependant, dès le début, Némésis nous apprend que depuis sa création, elle ressent la peur. On peut se demander si les Diabolic sont dès lors capables de ressentir d’autres émotions.
    Même si l’univers créé par l’auteur est très riche, très intéressant (ça se passe dans le futur et tout de la religion aux vaisseaux en passant par la politique et les « gadgets » est précis et cohérent) le plus intéressant va être l’évolution du personnage de Némésis. De garde du corps humanoïde sans émotions, elle doit devenir en apparence une jeune fille un peu effrayée jetée dans le grand bain de la cour impériale. Et à force de jouer ce rôle, Némésis va réaliser qu’elle est bien plus qu’une machine à tuer sous forme humaine.
    Difficile de parler encore de ce livre sans spoiler, mais je dirai qu’en dehors de Némésis, on rencontre nombre de personnages, tous plus intéressant les uns que les autres, qui ont tous une importance et qui sont tous approfondis, même quand on ne les voit pas beaucoup. Une petite mention pour Tyrus, l’héritier du trône, le prince fou, comme on l’appelle, qui a une grande place dans le roman et qui, jusqu’au bout, oui oui, jusqu’à la dernière ligne, m’a laissé perplexe…
    Au début, ce livre était prévu comme un one-shot. Mais devant le succès remporté par la version originale, il a été décidé que ce serait finalement une trilogie. Tant mieux, parce que les doutes que j’ai encore et les questions que je me pose appellent une suite ! Celle-ci étant prévue (en anglais) pour octobre 2017, il ne reste plus qu’à s’armer de patience.

     

    Un extrait : – Je ne t’ai même pas remerciée. Merci, Némésis.

    Ses remerciements ne m’intéressaient pas. Je ne me souciais que de sa sécurité. J’étais sa Diabolic. Seuls les humains aiment les éloges.

    Les Diabolics ne sont pas humains.

    Nous leur ressemblions, certes. Nous possédions le même ADN, mais nous étions des êtres tout à fait différents : des créatures façonnées pour être impitoyables et fidèles jusqu’à la mort envers une seule personne. Pour elle, et uniquement pour elle, nous pouvions tuer sans la moindre hésitation. C’était pour cette raison que les membres de l’élite impériale s’étaient empressés de nous utiliser comme gardes du corps à vie pour eux-mêmes et leurs enfants, ainsi que pour être la terreur de leurs ennemis.

    Depuis quelque temps, les Diabolics semblaient toutefois s’acquitter trop bien de leur mission. Donia se connectait souvent en secret au flux vidéo du sénat pour regarder son père travailler. Depuis quelques semaines, la chambre débattait de la « menace Diabolic ». Les sénateurs évoquaient des Diabolics devenus incontrôlables, qui tuaient les ennemis de leurs maîtres pour des affronts sans gravité, ou supprimaient même des proches de leur protégé pour servir son intérêt. Certains estimaient que nous représentions davantage un danger qu’un atout.

    Je devinais que le sénat avait dû parvenir à une conclusion nous concernant, car, ce matin-là, la matriarche avait apporté à sa fille une missive émise directement par l’empereur. Après y avoir jeté un rapide coup d’œil, Donia s’était plongée dans la création de sa sculpture.

    Je vivais auprès d’elle depuis presque huit ans. Nous avions passé presque toute notre enfance ensemble. Elle ne devenait aussi silencieuse et distraite que lorsqu’elle s’inquiétait pour moi.

    – Que disait ce message, Donia ?

    Elle poussa un débris de statue du bout du doigt.

    – Némésis… ils ont interdit les Diabolics. Cette directive est rétroactive.

    Rétroactive. Cela signifiait qu’on interdisait les Diabolics déjà en service.

    Comme moi.

    – L’empereur veut donc que tu me mettes au rebut, conclus-je.

    Donia secoua la tête.

    – Je refuse d’obéir, Némésis.

    Évidemment qu’elle comptait refuser. Mais on la punirait pour cela. Ma voix se fit tendue.

    – Si tu n’es pas capable de te débarrasser de moi, je m’en chargerai moi-même.

    – J’ai décidé que je n’en ferais rien, et toi non plus ! s’écria-t-elle.

    Ses yeux lançaient des éclairs. Elle releva le menton.

    – Je trouverai une autre solution.

    Depuis toujours, Sidonia se montrait docile et réservée, mais cette apparence était trompeuse. Depuis longtemps, je savais qu’au fond d’elle-même elle possédait un tempérament d’acier.

    Son père fut de notre côté. Il nourrissait une profonde animosité contre l’empereur, Randevald von Domitrien.

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  • [Livre] Les cœurs fêlés

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    Résumé : Brit, 16 ans, en pleine rébellion adolescente, est envoyée par son père dans une institution pour adolescents difficiles (enfermée pour guérir d'une maladie qu'elle n'a pas), Red Rock, aux méthodes aussi musclées que cruelles. Organisée par niveaux de brimades, encourageant la délation, la méthode a pour objectif de briser les caractères rétifs et fait vivre un enfer aux pensionnaires. Dans ce cauchemar sans issue, éperdue par son impuissance, Brit manque de sombrer. Mais l'amitié secrète (car interdite) qui se noue avec trois jeunes filles enfermées ici elles aussi pour des raisons disproportionnées lui redonne l'espoir... et la force de résister. Une force difficile à puiser en soi quand on a 16 ans.

     

    Auteur : Gayle Forman

     

    Edition : OH éditions

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 03 mars 2011

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : A chaque fois (ou presque) que je lis un roman de Gayle Forman, c’est un coup de cœur. Celui-ci ne déroge pas à la règle.
    Comme dans « J’étais là » l’accent est mis sur l’amitié mais ici, contrairement au précédent, l’amitié est au présent, on la vit en même temps que les héroïnes et nous ne rencontrons pas les personnages au travers de simples souvenirs.
    Leur amitié est d’autant plus forte qu’elle se fait face à l’adversité. Un réel adversaire cette fois, qui n’est pas, comme souvent, une petite peste de l’école, mais une maison de redressement pour fille se faisant passer pour un internat strict.
    Cette « école » fait froid dans le dos. Tout y passe, des humiliations aux quasi-tortures psychologiques et physiques. Les cours y sont quasi inexistants, d’un niveau bien trop faible pour les élèves.
    Celles-ci se retrouvent dans cette école sur inscription de leurs parents pour des « infractions » telle qu’avoir un petit ami mexicain, être homosexuelle ou avoir du poids à perdre.
    Quand je vois la fréquence de l’apparition de telles institutions dans les livres et les séries, je me dis qu’il ne peut pas y avoir de fumée sans feu et je me demande comment des établissements qui violent avec autant d’arrogance les plus élémentaires des droits humains peuvent encore exister (Un peu comme les couvent des sœurs Madeleine, en Irlande, qui n’ont fermés qu’en 1996).
    Le sentiment qui m’a dominée, pendant toute ma lecture, a été la colère : colère contre les surveillants, la psy et le directeur de l’école, mais surtout colère contre les parents qui enferment leurs enfants parce qu’ils sont différents (pas indisciplinés ou délinquants) sans jamais se donner la peine de vérifier les conditions dans lesquelles ils vivent. Le père de Brit m’a particulièrement donné envie de lui coller de grandes baffes (et un petit tour en taule ne lui aurait pas fait de mal…Je suis dure ? Peut-être, mais je n’ai aucune compassion pour ce genre de mec… Lisez le livre, et que celle qui n’a pas envie de lui arracher les yeux me jette le premier harlequin !).
    Même si j’ai été en colère contre beaucoup de personnages, j’ai éprouvé toutes sortes d’émotions, et à plusieurs reprises, j’ai eu une boule dans la gorge devant ce à quoi doivent faire face les sœurs du club fermé des fêlés.
    Encore une fois, le titre français n’est pas à la hauteur du titre anglais, on se demande même comment l’éditeur français en est arrivé à ce titre puisque littéralement, sisters of sanity veut dire : « sœurs de la santé mentale »… Je pense qu’un titre plus adéquat que les cœurs fêlés aurait pu être trouvé, non ?
    Même si ce livre est un coup de cœur, j’ai deux petits reproches à lui faire : La fin est, à mon sens, trop rapide. J’aurais aimé voir plus en détail cette fin, en voir les conséquences, qu’elles soient judiciaires ou personnelles.

     

    Un extrait : Ce devait être une excursion au Grand Canyon et je n’avais aucune envie d’y aller. En plein été, il devait bien faire trois mille degrés dans ce désert. Entre le climat et les deux jours de trajet en voiture avec mon père et le Monstre, sa seconde femme, j’étais sûre d’y laisser ma peau. Le Monstre est toujours après moi. Tout y passe : mes cheveux, rouges avec des mèches noires, ou noirs avec des mèches rouges, si l’on préfère ; mes tatouages — un brassard celtique, une guirlande de pâquerettes sur la cheville, et un cœur situé à un endroit qu’elle ne risque pas de voir ; ma prétendue mauvaise influence sur Billy, mon demi-frère, qui n’est encore qu’un bébé et doit prendre mes tatouages pour de la BD, si même il les a remarqués.

    En plus, c’était mon dernier week-end de liberté avant l’entrée en première et il s’annonçait d’enfer. Je joue de la guitare dans un groupe, Clod, et on devait se produire au Festival de l’été indien d’Olympia parmi des orchestres top niveau, le genre qui est sous contrat avec des producteurs. Rien à voir avec les cafés et les soirées particulières où l’on jouait d’habitude. Mais, bien sûr, le Monstre s’en fichait. Elle considère le rock punk comme une sorte de culte diabolique. D’ailleurs, après la naissance de Billy, elle m’a interdit de continuer à répéter dans le sous-sol pour protéger le petit trésor. Du coup, je dois me replier chez Jed, qu’elle n’aime pas non plus parce qu’il a dix-neuf ans et qu’il habite — horreur! — non pas avec ses parents, mais en colocation.

    J’ai donc refusé poliment. Bon, d’accord, peut-être pas si poliment que ça. J’ai dit que je préférais bouffer du verre pilé, ce qui a fait se précipiter le Monstre vers papa, lequel m’a demandé d’un air las la raison de ma mauvaise humeur. J’ai expliqué l’histoire du concert. Dans une vie antérieure, mon père s’est s’intéressé à la musique, mais, là, il s’est contenté d’ôter ses lunettes et de se masser la cloison nasale en déclarant que c’était comme ça et pas autrement. On allait au Grand Canyon en famille, point final. Comme je n’avais pas l’intention de me laisser faire, j’ai sorti tout mon arsenal d’arguments : pleurs, silence obstiné, vaisselle fracassée. Pour rien. Le Monstre a refusé de discuter et je me suis retrouvée face à papa, à qui je n’aime pas faire de la peine. Résultat, j’ai cédé.

    J’ai dû annoncer la nouvelle au groupe. Erik, le batteur, amateur de fumette, s’est contenté de lâcher mollement un juron, mais Denise et Jed étaient contrariés. « On a tellement bossé, tu as tellement bossé », s’est lamenté Jed. J’étais désolée de le voir si déçu. D’autant qu’il avait raison. J’étais sur le point de participer à un méga-concert alors que, trois ans plus tôt, j’étais incapable de faire la différence entre un accord de do et un fa. J’allais devoir tirer un trait dessus et Clod serait réduit à un trio lors du festival. Ça me ravageait de ne pas pouvoir y aller, mais, en même temps, la réaction de Jed me réchauffait le cœur.

    J’aurais dû me douter qu’un coup tordu se préparait quand, le vendredi matin, j’ai vu papa en train de charger seul le monospace marronnasse que le Monstre lui a fait acheter à la naissance de Billy. Ni elle ni mon petit frère n’étaient présents.

     

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  • [Livre] Il faut sauver Zoé

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    Résumé : Écho a connu des jours meilleurs. Ses parents l’ignorent, trop occupés à sombrer dans la dépression, ses amies d’enfance se détournent d’elle, et son entrée au lycée n’annonce aucune embellie.

    Mais comment parvenir à exister alors que le souvenir de sa sœur, Zoé, assassinée un an plus tôt, continue de la hanter ?

    Quand elle met la main sur le journal intime de sa sœur elle découvre, au fil des pages, les secrets que cette dernière a toujours voulu cacher. Et, entre les lignes, le seul moyen pour Écho de se reconstruire…

     

    Auteur : Alyson Noël

     

    Edition : Michel Lafon

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 12 juin 2014

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : J’ai eu un vrai coup de cœur avec ce livre. Je connaissais déjà la plume d’Alyson Noël mais dans un registre plus fantastique avec la saga éternels.
    Ici l’auteur s’attarde sur le deuil, mais le deuil dans des circonstances particulières. En effet, Zoé, la sœur du personnage principal n’a pas succombé à une maladie ou un accident, elle a été assassinée.
    C’est un point qui peut paraitre secondaire, on peut se dire que le travail de deuil doit se faire dans tous les cas, mais en réalité, ce point est primordial.
    Echo ressent à la fois la tristesse que la perte de Zoé a provoquée, mais elle ressent aussi une certaine colère envers sa sœur. Parce que Zoé a eu une part active dans sa disparition, elle a fait des cachoteries, s’est montrée imprudente, et Echo lui en veut à la fois de l’avoir abandonnée et d’avoir mis sa famille dans cette situation, avec ses parents qui s’étiolent, qui ne se parlent presque plus et qui ne la laisse quasiment plus respirer tant ils craignent qu’on vienne leur arracher la fille qui leur reste.

    Ils rejettent aussi la faute sur beaucoup de monde. Sur le coupable, ben sûr, mais aussi sur Mark, l’ex petit ami de leur fille à qui ils reprochent de « ne pas avoir sauvé Zoé ». Ce reproche, bien évidemment, ils se le font l’un à l’autre, et la vie de la famille en est bouleversée.
    Pour couronner le tout, Echo, fille discrète qui préfère se plonger dans un roman que d’aller à des fêtes et qui a vécu toute sa vie dans l’ombre de sa sœur, entre au lycée que fréquentait celle-ci et se retrouve soudain sous des projecteurs malsains, devenant « celle dont la sœur a été assassinée ».
    Quand elle récupère le journal intime de Zoé, elle se rend compte qu’elle ignorait tout un pan de la vie de cette dernière, et si cela lui permet de mieux la comprendre, cela lui donne le sentiment d’être passé à côté de sa sœur.
    On ne sait pas exactement comment est morte Zoé, et les quelques informations que nous donnent Echo nous laisse imaginer une mort horrible.
    Une fois le livre commencé, il est impossible à lâcher. Comme Echo, on veut savoir quelles ont été les dernières semaines de la vie de zoé et comment elle en est arrivée à se mettre ainsi en danger.
    La plume d’Alyson Noël est fluide et l’histoire émouvante sans sombrer dans le pathos.
    Un livre que je recommande sans hésiter.

    Un extrait : Quand l’employée de la morgue – une dame aux cheveux frisés coiffés en une natte africaine et vêtue d’une longue robe à fleurs – a demandé si on pouvait lui apporter une photo de Zoé, ma mère s’est caché le visage dans les mains et a commencé à sangloter si fort que mon père l’a prise dans ses bras et, la mâchoire serrée, a hoché la tête comme pour indiquer qu’il s’en chargeait.

    Les yeux rivés sur mes Converse noires tout élimées, je ne comprenais pas bien la requête de cette dame. Partout en ville, on avait placardé des affiches avec la photo de Zoé, si bien qu’on croisait son image à chaque coin de rue. Elle qui était insaisissable, incapable de tenir en place, j’avais l’impression de la voir davantage que quand elle vivait dans la chambre à côté de la mienne.

    Ça avait commencé par deux petits flyers, que l’on avait scotchés partout où on avait trouvé de la place. Le premier, réalisé en urgence, était un agrandissement en noir et blanc d’une photo d’identité datant de un an. Pour le second, on avait utilisé un portrait plus récent, qui montrait ma sœur dans toute sa splendeur : belle, vive, heureuse. On y avait ajouté la promesse d’une généreuse récompense à quiconque serait capable de nous fournir la moindre information.

    Puis, les jours passant, on a commencé à voir son visage un peu partout : journaux, magazines, et même à la télé. Des âmes sensibles et sûrement bien intentionnées ont défilé devant notre maison pour y déposer des bougies, des poèmes, des animaux en peluche, des anges en porcelaine et, évidemment, des photos de Zoé. Quand ce mausolée de fortune a menacé d’envahir la rue tout entière, mon père et un de nos voisins ont décidé de débarrasser tout ce bazar.

    Ironie du sort : Zoé avait toujours rêvé de devenir mannequin ou actrice, et d’être admirée de tous. Elle attendait avec impatience le jour où elle pourrait échapper à notre bled paumé et mettre le cap sur Los Angeles, New York ou une autre grande ville à l’atmosphère trépidante. Alors, pendant qu’on la cherchait partout en s’efforçant de faire taire nos doutes, je m’imaginais que tout ça lui ferait une pub d’enfer et l’aiderait à lancer sa carrière. Que c’était en quelque sorte le casting ultime. J’ai donc trompé de longues heures d’angoisse à prétendre qu’elle serait ravie de voir son portrait repris en chœur par tout le pays lorsque, enfin, elle rentrerait à la maison.

    Puis, à la morgue, j’ai vu mes parents forcés de prendre les décisions les plus terribles qui soient, poussés à s’endetter par un croque-mort en costume noir qui leur recommandait le cercueil le plus luxueux de sa collection, les couronnes de fleurs les plus extravagantes, les colombes les plus blanches. Éberluée, j’ai compris que le deuil constituait un business lucratif et me suis demandé si ma mère percevait l’ironie de cette situation – l’ambition de Zoé, la requête de l’employée… Je me suis demandé si c’était pour ça qu’elle pleurait aussi fort.

    Puis j’ai renoncé à chercher une raison unique à son chagrin : il y en avait tellement…

  • [Livre] J'étais là

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    Résumé : Quand j'ai appris la mort de Meg, j'ai cru qu'elle me faisait une blague. Une de celles dont elle avait le secret.

    Elle avait tout prévu : la méthode, le lieu, ce qu'il faudrait faire de ses biens. Et même ce fichu mail, envoyé en différé, annonçant qu'elle en finissait avec la vie.

    Ensuite, il a fallu affronter la pitié des habitants de Plouc-la-ville. Faire face aux questions que je lisais sur tous les visages.

    Oui, Meg était ma meilleure amie.

    Non, je n'étais pas au courant.

    Pourquoi ne m'avait-elle rien dit? Elle avait eu besoin de moi, et je n'avais pas été à la hauteur.

    Pourtant, j'étais là.

     

    Auteur : Gayle Forman

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 09 septembre 2015

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Dans « Si je reste » Gayle Forman traitait du coma, du choix de vivre ou mourir et du deuil, dans « Là où j’irais » plus de la reconstruction après un drame. Dans « J’étais là », elle s’attaque au suicide, sujet tout aussi délicat à traiter.
    Après le décès de son amie, Cody l’idéalise un peu. Elle refuse d’accepter que Meg ait pu agir différemment à Seattle de ce qu’elle avait toujours fait dans leur petite ville ; elle refuse également d’imaginer une seule seconde que quiconque dans cette ville ait pu connaitre une Meg différente de celle qu’elle connaissait. Pour elle, il n’y a qu’une Meg et c’est celle qu’elle connait par cœur, celle qui est son amie depuis le jardin d’enfants, celle dont les parents l’ont pratiquement élevée, elle qui a une mère totalement dénué du moindre instinct maternel et pas de père.
    Après une interrogation du petit frère de Meg, Cody en est persuadée : Meg n’aurait jamais eu l’idée de se suicider, c’est donc que quelqu’un l’y a poussé.
    Elle a tellement besoin que son amie ne l’ait pas abandonnée de son propre chef, qu’elle saute sur ce que dit un gamin de 10 ans comme s’il détenait la moindre parcelle de vérité. Elle en oublie qu’il est lui aussi dans ce cas : il cherche une preuve que sa sœur ne l’a pas abandonné volontairement, qu’elle était manipulée.
    Cody va aller chercher les affaires de Meg, et compte en profiter pour se renseigner un peu, mais elle tombe de haut : la Meg qu’on lui décrit n’a rien à voir avec son amie.
    Immédiatement, elle en conclu que ces gens, qui ont vécu avec Meg pendant des mois, ne la connaissait pas et n’ont donc pas leur mot à dire sur sa copine.
    Cody est complètement repliée sur elle-même. Si je comprends son besoin de chercher une explication rationnelle à l’acte de Meg, je ne comprends pas qu’elle n’informe pas les parents de cette dernière de ses découvertes au fur et à mesure qu’elle les fait. Ils sont quand même les premiers concernés, non ?

    Une chose qu’on ne peut pas retirer à Cody, c’est qu’elle est tenace. Elle va très très loin pour comprendre ce qui est arrivé à Meg, mais elle est aussi un peu naïve. Heureusement, elle est entourée. Et va se rendre compte qu’elle peut bien plus compter sur sa mère que ce qu’elle croyait.
    Au travers de la quête de Cody pour comprendre Meg, Gayle Forman la fait passer par toutes les étapes du deuil.
    Cody va devoir admettre qu’elle n’était pas dans la tête de Meg, que celle-ci ne lui disait pas tout. Mais surtout elle va devoir se pardonner d’avoir été là, et de n’avoir rien vu. Parce que parfois, il est impossible de voir quoi que ce soit.
    Le roman a un petit côté polar, avec Cody prête à tout pour découvrir la vérité.
    Pour une fois, je n’ai pas pleuré. Peut-être parce qu’on n’a pas l’occasion de voir Meg et Cody ensemble, de ressentir leur amitié. J’ai eu l’impression de ne pas connaitre Meg, de ne pas la découvrir réellement. Je suis restée concentrée sur Cody.
    Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’émotions dans ce roman, mais la quête de Cody et le côté positif (que Cody reprenne sa vie et fasse le deuil de son amie) m’a empêchée de lâcher les grandes eaux.

    Un extrait : Le lendemain de la mort de Meg, j’ai reçu le mail suivant :

    J’ai le regret de vous informer qu’il m’a fallu en finir avec la vie. Cette décision, je l’ai prise il y a longtemps. Elle m’appartient entièrement. Je sais qu’elle vous causera du chagrin et j’en suis désolée, mais comprenez que je devais mettre un terme à mes souffrances. Ça n’a rien à voir avec vous, et tout avec moi. Ce n’est pas votre faute.

    Meg.

     

    Elle en avait envoyé une copie à ses parents et une au commissariat de Tacoma, cette dernière accompagnée d’une note indiquant aux policiers dans quelle chambre de quel motel ils la trouveraient, quel poison elle avait absorbé et comment les employés de la morgue pouvaient sans risques récupérer son cadavre. Sur son oreiller, un mot ordonnait à la femme de ménage de prévenir les secours et de ne pas toucher à son corps. Elle y avait joint cinquante dollars de pourboire.

    Elle avait veillé à expédier ses messages en différé. Ainsi, elle serait bel et bien morte quand nous les recevrions.

    Ces détails, je ne les ai appris que plus tard, bien sûr. En découvrant sa lettre d’adieu sur l’ordinateur de la bibliothèque municipale, j’ai cru à une farce. À un mauvais canular. Je l’ai appelée. Comme elle ne répondait pas, j’ai contacté ses parents.

    — Vous avez eu le mail de Meg ? leur ai-je demandé.

    — Quel mail ?

     

  • [Livre] Le joyau – T03 – La clé noire

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    Résumé : L'avenir se bâtit sur les ruines du passé.

    Cela fait trop longtemps que Violet et les habitants des anneaux extérieurs de la Cité solitaire sont soumis au moindre caprice de la noblesse du Joyau. La société secrète connue sous le nom de la Clé Noire s'apprête à lancer l'offensive pour renverser ces dirigeants cruels et corrompus.

    Violet a conscience du rôle crucial qu'elle doit jouer dans cette révolte, mais c'est une raison encore plus personnelle qui la pousse à s'engager corps et âme pour la cause.

     

    Auteur : Amy Ewing

     

    Edition : Robert Laffont

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 24 novembre 2016

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : J’ai retrouvé avec plaisir les personnages d’Amy Ewing pour la fin de cette trilogie pleine de magie et de rebondissement.
    Violet m’a énervée dans ce tome. Je comprends qu’elle veuille s’impliquer et prendre des risques, au vu des circonstances. Sa décision de s’introduire dans le joyau est tout à fait légitime mais sa manière d’agir vis-à-vis de ses compagnons, elle, laisse un peu à désirer.
    D’abord, j’ai trouvé qu’elle ne discutait avec personne, elle se pose en chef, prend des décisions sans consulter quiconque et les mets devant le fait accompli.
    De plus, elle agit comme si elle était la seule à pouvoir prendre des risques, comme si ses pouvoirs la rendaient unique. Alors déjà elle n’est pas la seule à avoir des pouvoirs, et ensuite, il y a bon nombre de membres de la clé noire qui se battait, sans pouvoir, pour leur liberté, quand elle croyait encore au mythe de la maison de retraite pour mères porteuses. Sa réaction envers Ash est à la limite du : « je t’interdis de bouger d’ici, peu importe que tu te sentes inutile, d’ailleurs si je pouvais je te mettrais en laisse. »
    Surtout, elle m’a donné l’impression de ne réfléchir qu’après avoir agi. Parfois, je l’ai comprise, car elle se devait de réagir rapidement, sans avoir le temps de peser le pour et le contre, et dans d’autre cas, j’ai trouvé qu’elle s’exposait inutilement. D’ailleurs ses actes vont parfois avoir de graves conséquences.
    J’ai un peu regretté qu’on voit si peu les personnages auxquels on s’était attachés dans les deux premiers tomes.
    Garnett a murit, il sait ce qu’il fait, ou en tout cas il donne drôlement bien le change.
    La date butoir, à savoir la prochaine vente aux enchères qui va avoir lieu en avance par rapport à la date habituelle, donne une certaine tension car on ne sait pas si les protectrices seront prêtes à temps. De plus on a la crainte que des choses soient changées au dernier moment à cause des attentats par des rebelles dont on ne sait pas trop s’ils sont indépendants ou des membres de la clé noire qui font plus ou moins sécession.
    Il y a plusieurs morts dans ce tome, dont deux auxquelles je ne m’attendais vraiment pas et qui m’ont fait pleurer toutes les larmes de mon corps.
    Quand on rentre dans l’action, la vraie, celle qui casse tout sur son passage, on est en plein dans la magie, tout va très vite et les protectrices vont déployer tout leur potentiel. Mais j’ai bien apprécié que l’auteur n’en fasse pas des filles indestructibles. Certaines ne s’en sortiront pas. Ca me paraissait évident, mais parfois, les auteurs ont du mal à tuer leurs personnages. Ce n’est pas le cas d’Amy Ewing, elle ne nous aura rien épargné, ou presque dans ce tome qui clôt en beauté cette trilogie.
    Le seul petit bémol est l’absence d’épilogue et donc l’absence de visibilité sur les conséquences de la révolution.

    Un extrait : La date de la prochaine Vente aux Enchères ayant été avancée d’octobre à avril, le Cercle de la Clé Noire – les forces rebelles de la Cité solitaire dirigées par Lucien – travaille d’arrache-pied pour rallier un maximum de personnes à notre cause, stocker armes et explosifs, et infiltrer les bastions de la royauté dans les cercles extérieurs.

    Toutefois, tous ces efforts seront vains si la royauté peut rester cachée, retranchée derrière le mur d’enceinte massif qui protège le Joyau. C’est là que nous intervenons. Nous, les mères porteuses. Nous sommes plus puissantes lorsque nous unissons nos forces. Nous devons rassembler autant de filles que possible pour détruire ce mur infranchissable. Pour arracher à la royauté son bouclier principal. Pour permettre au peuple de pénétrer dans le Joyau.

    Raven et moi sommes allées dans les quatre instituts, accompagnées des mères porteuses que Lucien a exfiltrées du Joyau – Sienna, Olive et Indi. Northgate fut de loin le pire, avec son sol glacé constitué d’acier et de pierre, ses uniformes ternes et son règlement draconien interdisant toute possession d’effets personnels. Pas étonnant que Sienna en garde un souvenir épouvantable. Elle y est retournée à reculons, or nous avions vraiment besoin d’un guide, d’une personne qui connaisse non seulement les lieux mais aussi les autres pensionnaires.

    Nous les avons prises à part par petits groupes et leur avons ouvert les yeux ; nous leur avons montré comment se connecter aux éléments, leur révélant ainsi leur véritable nature – au-delà du simple rôle de mère porteuse. Raven possède un pouvoir unique et intangible – celui d’accéder à un lieu sacré, une falaise qui surplombe l’océan. Elle est notamment capable d’y transporter d’autres personnes. C’est un endroit en dehors du réel, magique, où les filles telles que nous peuvent s’unir instantanément aux éléments de la nature. J’y suis moi-même allée un nombre incalculable de fois au cours des derniers mois.

    Avec Raven, je me tiens à présent devant mon ancien institut, que je contemple d’un air songeur. Nous devons choisir prudemment celles avec qui nous partagerons notre secret – uniquement celles qui vont se rendre aux Enchères, qui seront à bord des trains en direction du Joyau. Lucien nous a fourni les listes de noms.

    Contrairement à la Maison des compagnons, Southgate ne possède aucune entrée secrète ; aucun régimentaire ne patrouille alentour non plus. Southgate est une forteresse plantée au beau milieu d’une mer de taudis décrépits aux murs de boue séchée. Le Marais me paraît encore plus triste que dans mes souvenirs. L’odeur de soufre de la gadoue à mes pieds, les arbres épars et rachitiques, les masures délabrées… La pauvreté est omniprésente, elle saute aux yeux, vous assaille avec brutalité. Une réalité dont je n’ai vraiment pris conscience qu’à partir du moment où j’ai commencé à vivre dans le Joyau.

     

  • [Livre] Et si...

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    Résumé : Quand Cal retrouve Nicole à des milliers de kilomètres de leur ville natale, il n’en croit pas ses yeux. Son amie d’enfance dont il a toujours été amoureux prétend s’appeler Nyelle, et son caractère semble à l’opposé de ce qu’elle était. Qui est vraiment Nyelle ? Nicole, frappée d’amnésie ? Un simple sosie ? La seule chose dont Cal est sûr, c’est qu’il ne peut plus vivre sans elle…

     

    Auteur : Rebecca Donovan

     

    Edition : PKJ

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 01 octobre 2016

     

    Prix moyen : 18,50€

     

    Mon avis : Lu pendant le weekend à lire de Mars, ce livre a été mon coup de cœur de la semaine (et peut être même du mois).
    Le récit alterne entre le présent qui est du point de vue de Cal, et le passé, du moment où Nicole a emménagé dans leur petite bourgade jusqu’à la fin du lycée, qui est raconté alternativement du point de vue de Nicole et de celui de Richelle.
    Dès les premiers souvenirs de Nicole et Richelle, on ressent un vrai malaise dans la famille de Nicole. Un malaise qui tourne autour du père, même si la mère n’est pas en reste.
    Au fil de la lecture de ces souvenirs, le malaise se précise. Le père est un personnage qu’on ne peut que détester, et pourtant on ne le voit que deux ou trois fois, il est la plupart du temps évoqué par son épouse ou par Nicole.
    On voit que la vie de Nicole est quasiment insupportable. Il y a une telle pression qui pèse sur ses épaules. Des parents pareils ne devraient pas avoir le droit de voir leurs enfants sans la surveillance d’un tiers.
    D’ailleurs, un des derniers souvenirs de Cal, avant que Nicole ne disparaisse, est une dispute entre la jeune fille et ses parents. C’est très frustrant pour le lecteur, car d’une part cal ne se souvient de cette scène que par bribes (il était saoul quand il a entendu la dispute) et d’autre part, il n’a pas tous les éléments, n’ayant pas été présent lors de la scène, mais ayant juste entendu les éclats de voix depuis la rue. Et ce n’est qu’à la quasi fin du livre qu’on saura ce qu’il s’est exactement passé ce soir-là.
    Autre mystère : le déménagement précipité de la famille de Richelle. Je veux bien qu’un père puisse être muté, surtout aux USA. Mais de là à déménager dans la précipitation, sans même laisser le temps à leur fille de faire ses adieux à ses amis ? Il y a quelque chose autour de ce déménagement, et j’ai passé le livre à essayer de comprendre quoi. Mais Je m’attendais à tout sauf à la réponse que j’ai fini par avoir !
    Le mystère principal auquel on est confronté est : Est-ce que Nyelle est Nicole ?
    Cal semble en être persuadé mais quand on voit le caractère de Nicole dans les souvenirs et qu’on constate celui de Nyelle, on ne peut qu’avoir un doute.
    Si tel est le cas, se pose alors la question de savoir pourquoi elle se fait passer pour une autre ? Pourquoi elle prétend qu’elle n’est pas Nicole ? Pourquoi tant de mystères ?
    J’ai adoré le personnage de Nyelle, qui est pleine de vie et à multiple facettes, même si c’était parfois agaçant d’avoir l’impression d’avoir une anguille en face de Cal.
    Cal aussi est attachant, surtout avec son problème majeur : il ne sait pas dire non à une fille, ce qui fait qu’il a partout des ex qui lui en veulent.
    J’ai eu un peu plus de mal avec Rae, que j’ai trouvée agressive et péremptoire.
    La romance entre Cal et Nyelle est bien amenée, de même que les révélations de la fin. Tout au long du livre, on a des indices qui sont distillés, ce qui fait que la fin n’est pas une totale surprise, mais le voir écrit noir sur blanc dissipe les doutes qu’on aurait pu avoir.
    J’ai bien aimé le fait que tout le mystère ne soit pas concentré sur l’identité de Nyelle. Le roman va bien au-delà de ça et, au final, cette révélation-là est presque secondaire.
    J’avais déjà eu un coup de cœur pour la trilogie « ma raison d’espérer » du même auteur, et là, rebelote. Je pense que Rebecca Donovan est bien partie pour être, comme Jennifer Brown, un auteur coup de cœur pour moi.
    Avec ce roman plein d’émotions, elle me donne envie de découvrir au plus vite sa prochaine histoire (c’est tout juste si on lui laisse le temps de l’écrire !)

    Un extrait : En faisant la queue chez Bean Buzz, je sens qu’il me faut à tout prix de la caféine pour me secouer. J’ai joué à fond mon rôle d’étudiant bourré… Ça ne m’arrive pas souvent. C’était vraiment n’importe quoi, cette soirée.

    Je remercie Mel quand elle me tend mon gobelet. En marchant vers la porte, les paupières mi-closes, j’ai l’impression d’être un somnambule. Je me concentre sur la lumière qui provient de la sortie, et je m’efforce d’avancer dans cette direction.

    — Cal ?

    J’écarquille les yeux et j’inspire profondément par le nez afin de me concentrer. Carly est devant moi. Comment savait-elle que je serais ici ? Je ne l’ai jamais emmenée chez Bean Buzz. Je n’y ai jamais invité de filles. J’ai choisi exprès un café situé loin du campus pour ne pas tomber par hasard sur l’une d’elles.

    — Carly, mais qu’est-ce que tu fais ici ?

    Je suis trop surpris pour le cacher.

    — Euh, je prends un café ? répond-elle en soulevant son gobelet.

    — Ah, bah oui ! dis-je avec un léger hochement de tête.

    Je me sens vraiment stupide.

    — T’as une seconde ? J’aurais bien aimé qu’on parle.

    — Euh…

    J’ai déjà du mal à tenir debout, alors parler…

    — J’en ai pas pour longtemps, promis.

    — OK.

    Je la suis à contrecœur jusqu’à une table devant la baie vitrée. Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre. J’imagine qu’elle veut s’excuser d’avoir cassé comme ça avec moi la veille.

    — Je crois que j’ai fait une erreur, dit-elle alors que je m’assieds. Je n’aurais pas dû te plaquer.

    Pour une surprise, c’est une surprise.

    Voyant que je reste bouche bée, elle poursuit :

    — Je crois que j’ai flippé parce que je commence à avoir des sentiments pour toi. Mais après ton départ hier soir, je me suis rendu compte que le campus grouillait de gros blaireaux. Tu n’es pas comme eux. J’ai fait une bêtise, et j’aimerais qu’on se donne une seconde chance.

    Je ne suis pas assez lucide pour affronter un truc pareil. Alors j’essaie de gagner du temps en buvant lentement mon café tout en évitant soigneusement de regarder la fille assise en face de moi qui attend ma réponse. C’est alors que je vois les yeux bleus incroyables de la nuit dernière. Ils me scrutent depuis le canapé en cuir à l’autre bout du café – mais sans le masque. Carly me ramène à la réalité : — Cal ?

    — Pas possible ! je murmure, subjugué.

    — Quoi ? me demande Carly, prise de panique. Ça veut dire non ?

    — Désolé.

    Je me remets de mes émotions, et je me force à détourner le regard.

    — Euh, j’ai cru voir… Laisse tomber !

    Je secoue la tête et tente de me concentrer sur la conversation. La nuit dernière, cette fille m’a montré la porte. Alors je l’ai prise. De toute façon, notre histoire n’aurait pas duré beaucoup plus longtemps, surtout si elle attendait plus de moi.

    J’inspire un petit coup avant de répondre :

    — En fait, non. On ne peut pas se remettre ensemble.

    — Hein ? Quoi ?

    Carly plisse les yeux.

    — Pourquoi ?

    — Désolée, Carly. Ce n’est pas possible.

    Je me lève et je m’en vais sans attendre sa réaction. Je devrais continuer mon chemin et sortir. Mais au lieu de ça, je traverse le café jusqu’au canapé en cuir marron où la fille de la nuit dernière, sans masque, est en train de lire, les pieds posés sur la table basse.

    Et puis je reste planté devant elle à la regarder. Elle ne me remarque pas, et c’est sans doute mieux car j’ai vraiment l’air d’un pauvre type. Je suis à court de mots parce que je me trouve devant Nicole Bentley. Et en même temps, cette fille paraît… différente. Elle ne ressemble pas exactement à celle qui a emménagé dans mon quartier il y a quinze ans. Peut-être que ce n’est pas elle. Je ne vois pas ce qu’elle ferait ici. Mais… ces yeux-là, ce sont les siens.

     

  • [Livre] Hate list

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    Résumé : C'est moi qui ai eu l'idée de la liste.

    Je n'ai jamais voulu que quelqu'un meure.

    Est-ce qu'un jour on me pardonnera?

    C'est ce que pense Valérie, effondrée après un drame inexplicable survenu au lycée. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu'ils ont écrite pour s'amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l'établissement. Maintenant, ils sont blessés ou morts. Et Nick s'est suicidé, emportant son secret pour toujours. Mais Valérie, elle, est toujours là. Jusqu'au matin, où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée...

     

    Auteur : Jennifer Brown

     

    Edition : Albin Michel

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 01 février 2012

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : J’ai passé la moitié de ma lecture avec une boule de rage au ventre.
    L’attitude des parents de Valérie m’a écœurée, surtout celle du père, quoi que la mère ne s’améliore que sur la fin. A aucun moment, ils ne lui laissent le bénéfice du doute alors qu’elle a failli mourir. Dès son réveil à l’hôpital, elle est assaillie de toute part par des personnes qui l’ont déjà déclarée coupable et qui ne lui laisse aucune chance de s’expliquer.
    Alors oui, elle a écrit une liste composée des gens qu’elle n’aime pas (mais aussi des cours qu’elle déteste, des expressions, des aliments… mais ça, personne n’en parle), oui son petit ami a choisi en grande partie ses victimes dans cette liste. Mais en quoi est-elle responsable ? Pour elle ce n’était qu’un moyen comme un autre de se défouler, un peu comme quand on dit : celui-là, je le tuerais volontiers ! Ou, bon sang, je crois que je vais buter mon boss !
    Le seul tort de Valérie est de ne pas s’être rendu compte que Nick ne prenait pas ça comme un jeu. Mais à son âge comment imaginer que son petit copain ait ce genre de pensées ? Comment imaginer qu’il passera à l’acte. C’est le genre de chose qui « n’arrive qu’aux autres », que dans « d’autres lycées ».
    D’ailleurs concernant les victimes, on se demande bien pourquoi les adultes du lycée les ont ainsi laissé, à visage découvert et en toute impunité, pratiquer un véritable harcèlement scolaire sur Valérie, du seul fait qu’elle était gothique et sur Nick, parce qu’il était plutôt gringalet.
    Je ne cherche pas à dire que Nick n’est pas responsable de ses actes, mais que le drame aurait pu être évité si les adultes concernés avaient pris leurs responsabilités plus tôt, au lieu de chercher un bouc-émissaire après coup.
    Parce que c’est bien ce qu’est Valérie : un bouc-émissaire. Et l’adolescente, plongée dans un véritable cauchemar, ne sait pas comment faire comprendre qu’elle n’a rien fait, qu’elle n’est pas responsable. Et quand, finalement, quelqu’un lui tend une perche, elle a accumulé trop de méfiance pour savoir la saisir.
    Et rien ne me choque dans son attitude.
    En revanche, le père de Valérie est méprisable. Non content d’avoir bousillé la stabilité de la famille, bien avant le drame, il a laissé sa fille croire qu’elle en était responsable, puis, après la tuerie, malgré les conclusions de la police, malgré l’avis du psy, il refuse de la voir autrement que comme un monstre.
    Quant à la mère, on se demande quand elle va enfin se décider à se bouger et à se conduire en mère.
    Parmi les adultes, finalement, le seul à avoir trouvé grâce à mes yeux est le psychiatre qu’elle voit après sa sortie de l’hôpital. Il n’est pas parfait, mais il ne stigmatise pas Valérie et cherche vraiment à l’aider à se reconstruire. Bien sûr, il n’est guère aidé par l’attitude des parents, qui détruisent systématiquement chaque pas gagné dans le recouvrement de l’estime de soi de Valérie.
    Valérie nous raconte son histoire en partant de la rentrée qui suit le drame et lors de laquelle elle réintègre le lycée. Tout au long du texte, des articles de journaux nous présentent les victimes et des flash-back nous montrent comment se sont déroulées les choses.
    On va également pouvoir voir comment les média jettent le feu aux poudres, en racontant, sans se préoccuper de la vérité les faits et leurs suites.
    La fin est surprenante, mais finalement, en y repensant, je ne crois pas que Valérie aurait pu prendre une autre décision.
    Comme l’autre roman que j’ai lu de cet auteur, « Tornade », « Hate list » a été un vrai coup de cœur. Un peu atypique, certes, mais un coup de cœur tout de même.

    Un extrait : Mme Tate m’a gardée tellement longtemps dans son bureau que j’ai raté la sonnerie du premier cours et j’ai débarqué au milieu du laïus de rentrée de Mme Tennille. Je sais que Mme Tate l’avait fait exprès pour m’épargner d’avoir à affronter les couloirs aussi tôt, mais je me demande si je n’aurais pas préféré, plutôt que de voir tous les regards se tourner vers moi quand je suis entrée. Au moins dans les couloirs, je pouvais raser les murs.

    J’ai ouvert la porte, et je vous jure que toute la classe s’est figée en me dévisageant. Billy Jenkins a lâché son crayon qui a roulé sous son bureau. La mâchoire de Mandy Horn s’est décrochée si brutalement que j’ai cru l’entendre craquer. Même la prof a arrêté de parler tout net, pétrifiée sur place.

    J’étais là, sur le seuil de la porte, à me demander s’il ne valait pas mieux que je tourne les talons pour filer. Hors de la salle. Hors du lycée. Sous ma couette, à la maison. Expliquer à Maman et au docteur Hieler que j’avais eu tort, que finalement je préférais faire ma terminale avec un tuteur. Que j’étais beaucoup moins costaud que je ne l’imaginais.

    Mme Tennille s’est raclé la gorge en déposant le gros feutre qu’elle utilisait pour le tableau blanc. J’ai pris une profonde inspiration et je me suis faufilée jusqu’à son bureau pour lui remettre le passe que la secrétaire de Mme Tate m’avait donné.

    – Nous étions en train d’étudier le programme de l’année, m’a dit Mme Tennille en prenant le passe. (Son visage était de marbre.) Tu peux aller t’asseoir. Si tu as une question sur un sujet déjà abordé, n’hésite pas à venir me voir après la sonnerie.

    Mme Tennille ne faisait pas partie de mes fans, loin s’en faut. Elle avait toujours eu du mal à accepter le fait que je rechigne à participer aux travaux dirigés en laboratoire, et surtout le fait qu’un jour Nick avait « accidentellement » mis le feu à une éprouvette. Je ne vous dis pas le nombre de fois où elle avait envoyé le pauvre Nick en colle, me fusillant du regard quand elle me voyait l’attendre sur le trottoir en face du lycée.

    Alors qu’a-t-elle ressenti vis-à-vis de moi ce matin-là ? De la pitié, sans doute, parce que j’avais été incapable de voir en Nick ce qu’elle avait toujours vu. Ou peut-être aurait-elle préféré me secouer en hurlant « Je te l’avais dit, petite sotte ! ». Ou elle était carrément dégoûtée à cause de ce qui était arrivé à M. Kline.

    Qui sait, peut-être que comme moi, elle voyait et revoyait la scène un milliard de fois par jour dans son esprit : M. Kline, professeur de chimie, se précipitant comme un bouclier vivant pour protéger les élèves. En larmes. De la morve coulant de son nez, tremblant des pieds à la tête. Les deux bras étendus sur les côtés, tel le Christ, secouant la tête face à Nick qui le défiait tout en paniquant.

    Je l’aimais bien, Kline. Tout le monde l’aimait, Kline. C’était le genre de prof qui venait le jour de votre fête de fin d’année. Le genre de type qui s’arrêtait pour discuter avec vous quand vous le croisiez dans un centre commercial, sans jamais balancer un de ces « bonjour, jeune fille », ou ce type d’apostrophe idiote, typique du dirlo, M. Angerson. Kline, lui, se contentait d’un « Alors, quoi de neuf ? Pas de bêtises, j’espère ? ». Il fermait systématiquement les yeux quand il nous surprenait en train de siroter une bière en douce dans un restaurant. Il aurait donné sa vie pour nous. Et désormais c’est sous ce jour que le monde entier le connaissait. La couverture télé de la tuerie et les articles de cette Angela Dash, journaliste du Sun-Tribune, étaient tels que rares étaient les gens qui ne savaient pas que Kline était mort parce qu’il avait refusé de dire à Nick où se trouvait Mme Tennille.

     

     

  • [Livre] Sweet

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    Résumé : De nos jours, on parle moins de faim dans le monde que d’obésité. Voici enfin la solution à ce problème de société : un remède-miracle ! Solu, un amincissant qui vous fera voir la vie… en sucré ! Et pour promouvoir son lancement, une somptueuse croisière est organisée. Trop malade pour se nourrir comme tous les passagers et tester le Solu, Lauren les voit maigrir à une vitesse folle. Mais très vite, le Solu se révèle aussi posséder de puissants effets secondaires: dépendance, agressivité… Seuls Lauren et Tom, un reporter, semblent immunisés aux changements de plus en plus dramatiques qui s’opèrent sur le navire. Mais pourront-ils résister longtemps aux effets du Solu ?

     

    Auteur : Emmy Laybourne

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Young adult

     

    Date de parution : 14 septembre 2016

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : Une grande croisière est organisée pour fêter le lancement du Solu, une sorte d’édulcorant de synthèse qui, en plus de son pouvoir sucrant, aurait la propriété d’attaquer et de faire fondre les graisses.
    Contrairement au reste des passagers, Lauren et Tom n’ont pas l’intention de goûter au Solu et ne sont pas vraiment là de leur plein gré. Tom est un ancien enfant-acteur chargé de présenter la croisière et le produit en mode téléréalité, travail qui pourrait relancer sa carrière ; et Lauren ne s’embarque sur cette croisière que sur l’insistance de sa meilleure amie qui ne veut pas partir seule.
    Le bateau est somptueux, rempli de célébrité dont la plupart n’ont pas un gramme à perdre et ne sont là que pour leur image et de richissimes passagers ayant plus ou moins de poids à perdre.
    Dès le premier repas, on leur sert des pâtisseries au Solu et chacun de s’extasier sur le goût semblable à des pâtisseries non-allégée.
    Les effets ne se font guère attendre et la perte de poids est exceptionnelle : au bout de seulement deux jours, l’amie de Lauren a déjà perdu bien plus qu’elle n’aurait osé l’espérer.
    Mais très vite, Les personnes qui ont goûté au Solu semblent développer une addiction qui va les pousser à une violence inimaginable.
    On alterne entre les points de vue de Tom et de Lauren, mais l’écriture est faite de telle façon que l’on sait toujours qui est en train de s’exprimer.

    Le livre est une critique à peine voilée de la société de consommation et des grandes entreprises qui poussent encore et encore la population à consommer des produits saturés de sucres, de graisses et d’autres produits plus ou moins addictif, mais qui rejettent toute responsabilité devant l’augmentation de l’obésité ou des problèmes de santé que peuvent induire leurs produits. Dans le livre, le producteur du Solu, produit également un soda très sucré, ce qui montre bien que pour ces gens-là, tout est bon pour faire de l’argent et qu’ils n’hésitent pas à créer à la fois le problème et la solution.
    En espérant que ce livre ne soit pas prophétique !
    Quant à la fin…que dire… C’est une fin somme toute ouverte qui peut soit laisser les lecteurs imaginer comment se terminera toute cette histoire de Solu, soit donner lieu à un autre livre. Dans un cas comme dans l’autre : Mais que c’est frustrant !!

    Un extrait : Dieu soit loué, les photographes ne s’intéressent pas à moi ! Enfin, si, deux ou trois, mais la plupart n’ont d’yeux que pour le type qui me suit – un dieu de la télé-réalité, qui a survécu deux semaines sur une île déserte en ne se nourrissant que d’asticots.

    Au bout de la passerelle, une file se forme – les passagers n’avancent plus.

    Pour l’embarquement. Le moment de remettre son billet en échange d’une espèce de carte d’identité. Mais ça n’est pas ce qui cause le bouchon.

    La vraie raison ? La pesée.

    Un officiel récupère notre carte, puis on passe sur la balance. Le gars enregistre notre poids et passe la carte dans un lecteur.

    OK, je savais que les passagers étaient là pour perdre du poids. La Croisière Minceur Solu, les talk-shows télé et la presse à scandale ne parlent plus que de ça depuis des mois. Solu, c’est le nouvel édulcorant qui, non seulement sucre le café, mais vous fait fondre. Et quand le divorce des parents de Viv’ a été prononcé, ma copine a très vite compris que son papounet était plus ou moins prêt à tout lui accorder. Elle a demandé à faire partie de la croisière. (Viv’ se plaint de son poids depuis le cours préparatoire. Je la revois encore avec ses sempiternels biscuits secs et jus de pomme – je t’aime, moi non plus.) Apparemment, on est censés perdre 5 à 10 % de son poids pendant la semaine que doit durer cette croisière.

    Tout ça, je savais. Et ça m’allait : une croisière grand luxe ? Gratos ? ! J’habite à Fort Lauderdale, les navires somptueux, on les voit défiler. J’ai sauté au plafond. Je n’aurais sûrement plus jamais l’occasion de faire coucou depuis la proue !

    Ce que j’ignorais, c’est qu’on allait nous peser en public avant d’être autorisés à monter à bord !

    Je cherche mon portable dans mon sac XXL. Viv’ va avoir droit à quelques SMS bien sentis. Elle aurait au moins pu me prévenir ! Elle sait que ce genre de choses me met mal à l’aise : le poids, c’est personnel. Alors, effectivement, j’ai deux ou trois kilos à perdre (OK, plutôt sept ou huit), mais ça ne regarde que moi. La pesée en public, je trouve ça un peu cher à payer pour le droit d’embarquer.

     

  • [Livre] Le piège de l'innocence

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    Résumé : Il voulait l’aider, il se retrouve accusé.

    Vic Howard a toujours été transparent, ignoré de tous, même de sa propre mère. Un soir, alors qu’il s’ennuie à une fête, il remarque que Callie, une fille de son lycée, a beaucoup trop bu. Il décide de lui venir en aide.

    Au matin, la police sonne chez Vic : Callie a été violée, il est le principal suspect. Du jour au lendemain, il est le centre de l’attention, tous le considèrent coupable. Sauf Autumn, la meilleure amie de la victime, qui compte bien s’allier à Vic pour découvrir une vérité que tout le monde préfère taire.

     

    Auteur : Kelley York

     

    Edition : Pocket Jeunesse

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 17 novembre 2016

     

    Prix moyen : 17,50€

     

    Mon avis : Toute l’histoire est racontée du point de vue de Vic. L’écriture est légère, malgré la gravité du sujet.

    Si j’ai un reproche à faire à ce livre, c’est qu’il est trop prévisible : Dès les premières observations de Vic sur sa mère, j’ai deviné le « secret » qu’elle cachait.
    Et en combinant le quatrième de couverture et le début du livre, j’ai trouvé sans difficulté l’identité du vrai coupable.
    Même si on n’a confirmation qu’à la fin, il n’y avait pas de vrai suspense pour moi.
    Cependant la lecture est restée agréable parce, certes, on se doute fortement de l’identité du coupable, mais on ne sait pas comment Vic et Autumn, la meilleure amie de la victime du viol, vont le découvrir et ce qu’ils vont faire une fois qu’ils l’auront découvert.
    C’est plus dans cette optique là que j’ai envisagée ma lecture, suivre ces deux personnages et voir comment ils vont s’en sortir.
    Du côté des personnages, j’ai beaucoup aimé Vic et Autumn.
    Vic qui est quelque part victime de sa naïveté, même si la victime principale du viol est Callie. Il est victime de sa naïveté parce que du moment qu’il avait ramené Callie à l’intérieur, il n’imaginait pas une seconde qu’elle puisse être en danger et il va beaucoup s’en vouloir pour ça.
    Autumn, elle, c’est la meilleure amie de Callie et il n’y a pas plus fidèle. Elle est très agressive avec Vic quand elle le croit coupable et quand il devient clair qu’il n’y est pour rien, elle décide de trouver elle-même le coupable. Et elle va devenir aussi loyale envers Vic qu’elle ne l’est envers Callie.
    Callie est très touchante. Elle n’a pas vraiment accusé Vic de son viol, mais c’est la dernière personne dont elle se souvenait, et les policiers en ont tiré les conclusions qui leur demandaient le moins de travail.
    La mère de Vic est vraiment horrible. Même si son attitude trouve une explication dans la suite du roman, je n’ai pas trouvé que c’était une justification valable pour son attitude envers son fils.

    Le meilleur ami de Vic, Bret, est un peu arrogant. Il est intelligent, on attend beaucoup de lui, il est assez populaire, mais il donne parfois l’impression de voir Vic comme un faire-valoir, même s’il s’interpose à chaque fois que quelqu’un lui cherche des poux.
    Enfin il y a les élèves du lycée. Eux c’est une masse grouillante de rumeurs. Ils se foutent de savoir qui est coupable et même comment va Callie. Tout ce qui compte à leur yeux c’est de pouvoir cancaner, et, pour certain, jouer aux petits caïds en cassant la figure du présumé violeur (et quand on lit la description physique de Vic, on se dit qu’à plusieurs contre lui, ce sont des mauviettes en plus d’être des petits cons).
    Ajoutons à tout ça un journaliste près à toutes les bassesses pour un article et le casting est au complet.
    Au final, c’est un bon livre, un livre à lire, même si on devine facilement les « retournements de situations ».

    Un extrait : Mon gobelet à la main, j’observe les gens. J’aperçois le frère d’Aaron, en caleçon, en grande discussion avec un petit groupe, les pieds dans l’eau. Un mec que j’ai déjà vu au lycée est allongé sur un canot pneumatique rose attaché à la rive, au cas où, l’alcool aidant, il se laisserait dériver. Près de la porte de derrière, un couple se dispute. Malgré leur élocution approximative, ils parlent suffisamment bas pour ne pas trop attirer l’attention. Derrière moi, quelqu’un vomit dans les buissons.

    Je sens mon estomac se soulever en entendant les haut-le-cœur de la fille. Un coup d’œil rapide autour de moi m’informe que soit aucune de ses copines n’est avec elle,  soit qu’elles s’en tapent.

    J’hésite entre rentrer et faire comme si je n’avais rien vu ou l’aider pour l’empêcher  de tomber et de perdre connaissance.

    En définitive, je n’hésite pas très longtemps, je pose mon verre et m’approche d’elle, penchée, les mains sur les genoux, ses  longs cheveux blonds en pagaille autour de son visage. Sa respiration est rapide, saccadée, et elle  gémit. Je la reconnais. Elle est de mon lycée.

    — C-Callie ?

    Callie Wheeler  a  emménagé ici au milieu de l’année dernière. Si je la connais de     vue, c’est uniquement parce qu’elle a eu un cours en commun avec Brett. Elle tourne si vite la tête vers moi qu’elle manque de tomber, et je la rattrape par les coudes. Son regard erre sur mon visage. Elle cherche probablement à se remémorer mon nom. La plupart des gens ne se donnent même pas la peine de le retenir. Au moment où elle ouvre la bouche pour parler, je vois la couleur refluer de son visage. Quand elle est de nouveau prise de vomissements, je l’aide à tourner la tête juste à temps, lui frottant maladroitement  le dos, sans trop savoir quoi faire d’autre. Quand elle se calme enfin, elle se redresse et s’effondre contre moi. Je la soutiens par le bras et, la main sur sa hanche, je la guide vers la maison. C’est tout le plaisir d’arriver tard à une soirée : tout le monde est déjà bourré.

    Sur ses jambes tremblantes, les yeux à peine ouverts, je doute que Callie voie vraiment où nous allons.

    — T’es qui, toi, déjà ? marmonne-t-elle.

    Je dois la soutenir par la taille pour lui éviter de trébucher  sur le seuil de la porte.

    — Euh. V-Vic. Vic Howard ?

    Pourquoi faut-il que ma réponse sonne comme une question ? Comme si je demandais : « Moi, c’est Vic, enfin, si c’est  OK pour toi ? »

    — Je suis un a-m-mi de Brett Mason. On a été en cours ensemble.

    — Ah !bafouille Callie, avant de refermer les yeux, tandis que nous atteignons l’escalier menant à l’étage. Marche après marche, je dois la porter, car elle n’est pas vraiment en état de soulever les pieds.

    Comme personne n’habite dans cette maison, je ne m’inquiète pas trop de savoir dans quelle chambre conduire Callie, et je me dis que la première sur la gauche fera l’affaire. Elle gémit quand je l’allonge sur le lit – sur le côté, au cas où elle recommencerait à vomir –, puis j’approche une petite corbeille, espérant que, le cas échéant, elle en  fera bon usage.

    Quand je me redresse pour m’en aller, elle pose la main sur mon bras :

    — Euh… dis rien à mon père.

    — D’accord. Mais je v-vais devoir te laisser, OK ? Essaie de dormir.

    Levant vers moi ses yeux injectés de sang, elle parvient à esquisser un sourire avant de rouler sur le ventre, la tête dans les oreillers, puis de sombrer. Je parie qu’elle va sacrément se faire engueuler par ses parents si elle passe la nuit ici, mais ce n’est pas mon problème. Elle est en sécurité et confortablement installée. J’ai fait ma part.