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Young adults

  • [Livre] Il faut sauver Zoé

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    Résumé : Écho a connu des jours meilleurs. Ses parents l’ignorent, trop occupés à sombrer dans la dépression, ses amies d’enfance se détournent d’elle, et son entrée au lycée n’annonce aucune embellie.

    Mais comment parvenir à exister alors que le souvenir de sa sœur, Zoé, assassinée un an plus tôt, continue de la hanter ?

    Quand elle met la main sur le journal intime de sa sœur elle découvre, au fil des pages, les secrets que cette dernière a toujours voulu cacher. Et, entre les lignes, le seul moyen pour Écho de se reconstruire…

     

    Auteur : Alyson Noël

     

    Edition : Michel Lafon

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 12 juin 2014

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : J’ai eu un vrai coup de cœur avec ce livre. Je connaissais déjà la plume d’Alyson Noël mais dans un registre plus fantastique avec la saga éternels.
    Ici l’auteur s’attarde sur le deuil, mais le deuil dans des circonstances particulières. En effet, Zoé, la sœur du personnage principal n’a pas succombé à une maladie ou un accident, elle a été assassinée.
    C’est un point qui peut paraitre secondaire, on peut se dire que le travail de deuil doit se faire dans tous les cas, mais en réalité, ce point est primordial.
    Echo ressent à la fois la tristesse que la perte de Zoé a provoquée, mais elle ressent aussi une certaine colère envers sa sœur. Parce que Zoé a eu une part active dans sa disparition, elle a fait des cachoteries, s’est montrée imprudente, et Echo lui en veut à la fois de l’avoir abandonnée et d’avoir mis sa famille dans cette situation, avec ses parents qui s’étiolent, qui ne se parlent presque plus et qui ne la laisse quasiment plus respirer tant ils craignent qu’on vienne leur arracher la fille qui leur reste.

    Ils rejettent aussi la faute sur beaucoup de monde. Sur le coupable, ben sûr, mais aussi sur Mark, l’ex petit ami de leur fille à qui ils reprochent de « ne pas avoir sauvé Zoé ». Ce reproche, bien évidemment, ils se le font l’un à l’autre, et la vie de la famille en est bouleversée.
    Pour couronner le tout, Echo, fille discrète qui préfère se plonger dans un roman que d’aller à des fêtes et qui a vécu toute sa vie dans l’ombre de sa sœur, entre au lycée que fréquentait celle-ci et se retrouve soudain sous des projecteurs malsains, devenant « celle dont la sœur a été assassinée ».
    Quand elle récupère le journal intime de Zoé, elle se rend compte qu’elle ignorait tout un pan de la vie de cette dernière, et si cela lui permet de mieux la comprendre, cela lui donne le sentiment d’être passé à côté de sa sœur.
    On ne sait pas exactement comment est morte Zoé, et les quelques informations que nous donnent Echo nous laisse imaginer une mort horrible.
    Une fois le livre commencé, il est impossible à lâcher. Comme Echo, on veut savoir quelles ont été les dernières semaines de la vie de zoé et comment elle en est arrivée à se mettre ainsi en danger.
    La plume d’Alyson Noël est fluide et l’histoire émouvante sans sombrer dans le pathos.
    Un livre que je recommande sans hésiter.

    Un extrait : Quand l’employée de la morgue – une dame aux cheveux frisés coiffés en une natte africaine et vêtue d’une longue robe à fleurs – a demandé si on pouvait lui apporter une photo de Zoé, ma mère s’est caché le visage dans les mains et a commencé à sangloter si fort que mon père l’a prise dans ses bras et, la mâchoire serrée, a hoché la tête comme pour indiquer qu’il s’en chargeait.

    Les yeux rivés sur mes Converse noires tout élimées, je ne comprenais pas bien la requête de cette dame. Partout en ville, on avait placardé des affiches avec la photo de Zoé, si bien qu’on croisait son image à chaque coin de rue. Elle qui était insaisissable, incapable de tenir en place, j’avais l’impression de la voir davantage que quand elle vivait dans la chambre à côté de la mienne.

    Ça avait commencé par deux petits flyers, que l’on avait scotchés partout où on avait trouvé de la place. Le premier, réalisé en urgence, était un agrandissement en noir et blanc d’une photo d’identité datant de un an. Pour le second, on avait utilisé un portrait plus récent, qui montrait ma sœur dans toute sa splendeur : belle, vive, heureuse. On y avait ajouté la promesse d’une généreuse récompense à quiconque serait capable de nous fournir la moindre information.

    Puis, les jours passant, on a commencé à voir son visage un peu partout : journaux, magazines, et même à la télé. Des âmes sensibles et sûrement bien intentionnées ont défilé devant notre maison pour y déposer des bougies, des poèmes, des animaux en peluche, des anges en porcelaine et, évidemment, des photos de Zoé. Quand ce mausolée de fortune a menacé d’envahir la rue tout entière, mon père et un de nos voisins ont décidé de débarrasser tout ce bazar.

    Ironie du sort : Zoé avait toujours rêvé de devenir mannequin ou actrice, et d’être admirée de tous. Elle attendait avec impatience le jour où elle pourrait échapper à notre bled paumé et mettre le cap sur Los Angeles, New York ou une autre grande ville à l’atmosphère trépidante. Alors, pendant qu’on la cherchait partout en s’efforçant de faire taire nos doutes, je m’imaginais que tout ça lui ferait une pub d’enfer et l’aiderait à lancer sa carrière. Que c’était en quelque sorte le casting ultime. J’ai donc trompé de longues heures d’angoisse à prétendre qu’elle serait ravie de voir son portrait repris en chœur par tout le pays lorsque, enfin, elle rentrerait à la maison.

    Puis, à la morgue, j’ai vu mes parents forcés de prendre les décisions les plus terribles qui soient, poussés à s’endetter par un croque-mort en costume noir qui leur recommandait le cercueil le plus luxueux de sa collection, les couronnes de fleurs les plus extravagantes, les colombes les plus blanches. Éberluée, j’ai compris que le deuil constituait un business lucratif et me suis demandé si ma mère percevait l’ironie de cette situation – l’ambition de Zoé, la requête de l’employée… Je me suis demandé si c’était pour ça qu’elle pleurait aussi fort.

    Puis j’ai renoncé à chercher une raison unique à son chagrin : il y en avait tellement…

  • [Livre] J'étais là

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    Résumé : Quand j'ai appris la mort de Meg, j'ai cru qu'elle me faisait une blague. Une de celles dont elle avait le secret.

    Elle avait tout prévu : la méthode, le lieu, ce qu'il faudrait faire de ses biens. Et même ce fichu mail, envoyé en différé, annonçant qu'elle en finissait avec la vie.

    Ensuite, il a fallu affronter la pitié des habitants de Plouc-la-ville. Faire face aux questions que je lisais sur tous les visages.

    Oui, Meg était ma meilleure amie.

    Non, je n'étais pas au courant.

    Pourquoi ne m'avait-elle rien dit? Elle avait eu besoin de moi, et je n'avais pas été à la hauteur.

    Pourtant, j'étais là.

     

    Auteur : Gayle Forman

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 09 septembre 2015

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Dans « Si je reste » Gayle Forman traitait du coma, du choix de vivre ou mourir et du deuil, dans « Là où j’irais » plus de la reconstruction après un drame. Dans « J’étais là », elle s’attaque au suicide, sujet tout aussi délicat à traiter.
    Après le décès de son amie, Cody l’idéalise un peu. Elle refuse d’accepter que Meg ait pu agir différemment à Seattle de ce qu’elle avait toujours fait dans leur petite ville ; elle refuse également d’imaginer une seule seconde que quiconque dans cette ville ait pu connaitre une Meg différente de celle qu’elle connaissait. Pour elle, il n’y a qu’une Meg et c’est celle qu’elle connait par cœur, celle qui est son amie depuis le jardin d’enfants, celle dont les parents l’ont pratiquement élevée, elle qui a une mère totalement dénué du moindre instinct maternel et pas de père.
    Après une interrogation du petit frère de Meg, Cody en est persuadée : Meg n’aurait jamais eu l’idée de se suicider, c’est donc que quelqu’un l’y a poussé.
    Elle a tellement besoin que son amie ne l’ait pas abandonnée de son propre chef, qu’elle saute sur ce que dit un gamin de 10 ans comme s’il détenait la moindre parcelle de vérité. Elle en oublie qu’il est lui aussi dans ce cas : il cherche une preuve que sa sœur ne l’a pas abandonné volontairement, qu’elle était manipulée.
    Cody va aller chercher les affaires de Meg, et compte en profiter pour se renseigner un peu, mais elle tombe de haut : la Meg qu’on lui décrit n’a rien à voir avec son amie.
    Immédiatement, elle en conclu que ces gens, qui ont vécu avec Meg pendant des mois, ne la connaissait pas et n’ont donc pas leur mot à dire sur sa copine.
    Cody est complètement repliée sur elle-même. Si je comprends son besoin de chercher une explication rationnelle à l’acte de Meg, je ne comprends pas qu’elle n’informe pas les parents de cette dernière de ses découvertes au fur et à mesure qu’elle les fait. Ils sont quand même les premiers concernés, non ?

    Une chose qu’on ne peut pas retirer à Cody, c’est qu’elle est tenace. Elle va très très loin pour comprendre ce qui est arrivé à Meg, mais elle est aussi un peu naïve. Heureusement, elle est entourée. Et va se rendre compte qu’elle peut bien plus compter sur sa mère que ce qu’elle croyait.
    Au travers de la quête de Cody pour comprendre Meg, Gayle Forman la fait passer par toutes les étapes du deuil.
    Cody va devoir admettre qu’elle n’était pas dans la tête de Meg, que celle-ci ne lui disait pas tout. Mais surtout elle va devoir se pardonner d’avoir été là, et de n’avoir rien vu. Parce que parfois, il est impossible de voir quoi que ce soit.
    Le roman a un petit côté polar, avec Cody prête à tout pour découvrir la vérité.
    Pour une fois, je n’ai pas pleuré. Peut-être parce qu’on n’a pas l’occasion de voir Meg et Cody ensemble, de ressentir leur amitié. J’ai eu l’impression de ne pas connaitre Meg, de ne pas la découvrir réellement. Je suis restée concentrée sur Cody.
    Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’émotions dans ce roman, mais la quête de Cody et le côté positif (que Cody reprenne sa vie et fasse le deuil de son amie) m’a empêchée de lâcher les grandes eaux.

    Un extrait : Le lendemain de la mort de Meg, j’ai reçu le mail suivant :

    J’ai le regret de vous informer qu’il m’a fallu en finir avec la vie. Cette décision, je l’ai prise il y a longtemps. Elle m’appartient entièrement. Je sais qu’elle vous causera du chagrin et j’en suis désolée, mais comprenez que je devais mettre un terme à mes souffrances. Ça n’a rien à voir avec vous, et tout avec moi. Ce n’est pas votre faute.

    Meg.

     

    Elle en avait envoyé une copie à ses parents et une au commissariat de Tacoma, cette dernière accompagnée d’une note indiquant aux policiers dans quelle chambre de quel motel ils la trouveraient, quel poison elle avait absorbé et comment les employés de la morgue pouvaient sans risques récupérer son cadavre. Sur son oreiller, un mot ordonnait à la femme de ménage de prévenir les secours et de ne pas toucher à son corps. Elle y avait joint cinquante dollars de pourboire.

    Elle avait veillé à expédier ses messages en différé. Ainsi, elle serait bel et bien morte quand nous les recevrions.

    Ces détails, je ne les ai appris que plus tard, bien sûr. En découvrant sa lettre d’adieu sur l’ordinateur de la bibliothèque municipale, j’ai cru à une farce. À un mauvais canular. Je l’ai appelée. Comme elle ne répondait pas, j’ai contacté ses parents.

    — Vous avez eu le mail de Meg ? leur ai-je demandé.

    — Quel mail ?

     

  • [Livre] Le joyau – T03 – La clé noire

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    Résumé : L'avenir se bâtit sur les ruines du passé.

    Cela fait trop longtemps que Violet et les habitants des anneaux extérieurs de la Cité solitaire sont soumis au moindre caprice de la noblesse du Joyau. La société secrète connue sous le nom de la Clé Noire s'apprête à lancer l'offensive pour renverser ces dirigeants cruels et corrompus.

    Violet a conscience du rôle crucial qu'elle doit jouer dans cette révolte, mais c'est une raison encore plus personnelle qui la pousse à s'engager corps et âme pour la cause.

     

    Auteur : Amy Ewing

     

    Edition : Robert Laffont

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 24 novembre 2016

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : J’ai retrouvé avec plaisir les personnages d’Amy Ewing pour la fin de cette trilogie pleine de magie et de rebondissement.
    Violet m’a énervée dans ce tome. Je comprends qu’elle veuille s’impliquer et prendre des risques, au vu des circonstances. Sa décision de s’introduire dans le joyau est tout à fait légitime mais sa manière d’agir vis-à-vis de ses compagnons, elle, laisse un peu à désirer.
    D’abord, j’ai trouvé qu’elle ne discutait avec personne, elle se pose en chef, prend des décisions sans consulter quiconque et les mets devant le fait accompli.
    De plus, elle agit comme si elle était la seule à pouvoir prendre des risques, comme si ses pouvoirs la rendaient unique. Alors déjà elle n’est pas la seule à avoir des pouvoirs, et ensuite, il y a bon nombre de membres de la clé noire qui se battait, sans pouvoir, pour leur liberté, quand elle croyait encore au mythe de la maison de retraite pour mères porteuses. Sa réaction envers Ash est à la limite du : « je t’interdis de bouger d’ici, peu importe que tu te sentes inutile, d’ailleurs si je pouvais je te mettrais en laisse. »
    Surtout, elle m’a donné l’impression de ne réfléchir qu’après avoir agi. Parfois, je l’ai comprise, car elle se devait de réagir rapidement, sans avoir le temps de peser le pour et le contre, et dans d’autre cas, j’ai trouvé qu’elle s’exposait inutilement. D’ailleurs ses actes vont parfois avoir de graves conséquences.
    J’ai un peu regretté qu’on voit si peu les personnages auxquels on s’était attachés dans les deux premiers tomes.
    Garnett a murit, il sait ce qu’il fait, ou en tout cas il donne drôlement bien le change.
    La date butoir, à savoir la prochaine vente aux enchères qui va avoir lieu en avance par rapport à la date habituelle, donne une certaine tension car on ne sait pas si les protectrices seront prêtes à temps. De plus on a la crainte que des choses soient changées au dernier moment à cause des attentats par des rebelles dont on ne sait pas trop s’ils sont indépendants ou des membres de la clé noire qui font plus ou moins sécession.
    Il y a plusieurs morts dans ce tome, dont deux auxquelles je ne m’attendais vraiment pas et qui m’ont fait pleurer toutes les larmes de mon corps.
    Quand on rentre dans l’action, la vraie, celle qui casse tout sur son passage, on est en plein dans la magie, tout va très vite et les protectrices vont déployer tout leur potentiel. Mais j’ai bien apprécié que l’auteur n’en fasse pas des filles indestructibles. Certaines ne s’en sortiront pas. Ca me paraissait évident, mais parfois, les auteurs ont du mal à tuer leurs personnages. Ce n’est pas le cas d’Amy Ewing, elle ne nous aura rien épargné, ou presque dans ce tome qui clôt en beauté cette trilogie.
    Le seul petit bémol est l’absence d’épilogue et donc l’absence de visibilité sur les conséquences de la révolution.

    Un extrait : La date de la prochaine Vente aux Enchères ayant été avancée d’octobre à avril, le Cercle de la Clé Noire – les forces rebelles de la Cité solitaire dirigées par Lucien – travaille d’arrache-pied pour rallier un maximum de personnes à notre cause, stocker armes et explosifs, et infiltrer les bastions de la royauté dans les cercles extérieurs.

    Toutefois, tous ces efforts seront vains si la royauté peut rester cachée, retranchée derrière le mur d’enceinte massif qui protège le Joyau. C’est là que nous intervenons. Nous, les mères porteuses. Nous sommes plus puissantes lorsque nous unissons nos forces. Nous devons rassembler autant de filles que possible pour détruire ce mur infranchissable. Pour arracher à la royauté son bouclier principal. Pour permettre au peuple de pénétrer dans le Joyau.

    Raven et moi sommes allées dans les quatre instituts, accompagnées des mères porteuses que Lucien a exfiltrées du Joyau – Sienna, Olive et Indi. Northgate fut de loin le pire, avec son sol glacé constitué d’acier et de pierre, ses uniformes ternes et son règlement draconien interdisant toute possession d’effets personnels. Pas étonnant que Sienna en garde un souvenir épouvantable. Elle y est retournée à reculons, or nous avions vraiment besoin d’un guide, d’une personne qui connaisse non seulement les lieux mais aussi les autres pensionnaires.

    Nous les avons prises à part par petits groupes et leur avons ouvert les yeux ; nous leur avons montré comment se connecter aux éléments, leur révélant ainsi leur véritable nature – au-delà du simple rôle de mère porteuse. Raven possède un pouvoir unique et intangible – celui d’accéder à un lieu sacré, une falaise qui surplombe l’océan. Elle est notamment capable d’y transporter d’autres personnes. C’est un endroit en dehors du réel, magique, où les filles telles que nous peuvent s’unir instantanément aux éléments de la nature. J’y suis moi-même allée un nombre incalculable de fois au cours des derniers mois.

    Avec Raven, je me tiens à présent devant mon ancien institut, que je contemple d’un air songeur. Nous devons choisir prudemment celles avec qui nous partagerons notre secret – uniquement celles qui vont se rendre aux Enchères, qui seront à bord des trains en direction du Joyau. Lucien nous a fourni les listes de noms.

    Contrairement à la Maison des compagnons, Southgate ne possède aucune entrée secrète ; aucun régimentaire ne patrouille alentour non plus. Southgate est une forteresse plantée au beau milieu d’une mer de taudis décrépits aux murs de boue séchée. Le Marais me paraît encore plus triste que dans mes souvenirs. L’odeur de soufre de la gadoue à mes pieds, les arbres épars et rachitiques, les masures délabrées… La pauvreté est omniprésente, elle saute aux yeux, vous assaille avec brutalité. Une réalité dont je n’ai vraiment pris conscience qu’à partir du moment où j’ai commencé à vivre dans le Joyau.

     

  • [Livre] Et si...

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    Résumé : Quand Cal retrouve Nicole à des milliers de kilomètres de leur ville natale, il n’en croit pas ses yeux. Son amie d’enfance dont il a toujours été amoureux prétend s’appeler Nyelle, et son caractère semble à l’opposé de ce qu’elle était. Qui est vraiment Nyelle ? Nicole, frappée d’amnésie ? Un simple sosie ? La seule chose dont Cal est sûr, c’est qu’il ne peut plus vivre sans elle…

     

    Auteur : Rebecca Donovan

     

    Edition : PKJ

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 01 octobre 2016

     

    Prix moyen : 18,50€

     

    Mon avis : Lu pendant le weekend à lire de Mars, ce livre a été mon coup de cœur de la semaine (et peut être même du mois).
    Le récit alterne entre le présent qui est du point de vue de Cal, et le passé, du moment où Nicole a emménagé dans leur petite bourgade jusqu’à la fin du lycée, qui est raconté alternativement du point de vue de Nicole et de celui de Richelle.
    Dès les premiers souvenirs de Nicole et Richelle, on ressent un vrai malaise dans la famille de Nicole. Un malaise qui tourne autour du père, même si la mère n’est pas en reste.
    Au fil de la lecture de ces souvenirs, le malaise se précise. Le père est un personnage qu’on ne peut que détester, et pourtant on ne le voit que deux ou trois fois, il est la plupart du temps évoqué par son épouse ou par Nicole.
    On voit que la vie de Nicole est quasiment insupportable. Il y a une telle pression qui pèse sur ses épaules. Des parents pareils ne devraient pas avoir le droit de voir leurs enfants sans la surveillance d’un tiers.
    D’ailleurs, un des derniers souvenirs de Cal, avant que Nicole ne disparaisse, est une dispute entre la jeune fille et ses parents. C’est très frustrant pour le lecteur, car d’une part cal ne se souvient de cette scène que par bribes (il était saoul quand il a entendu la dispute) et d’autre part, il n’a pas tous les éléments, n’ayant pas été présent lors de la scène, mais ayant juste entendu les éclats de voix depuis la rue. Et ce n’est qu’à la quasi fin du livre qu’on saura ce qu’il s’est exactement passé ce soir-là.
    Autre mystère : le déménagement précipité de la famille de Richelle. Je veux bien qu’un père puisse être muté, surtout aux USA. Mais de là à déménager dans la précipitation, sans même laisser le temps à leur fille de faire ses adieux à ses amis ? Il y a quelque chose autour de ce déménagement, et j’ai passé le livre à essayer de comprendre quoi. Mais Je m’attendais à tout sauf à la réponse que j’ai fini par avoir !
    Le mystère principal auquel on est confronté est : Est-ce que Nyelle est Nicole ?
    Cal semble en être persuadé mais quand on voit le caractère de Nicole dans les souvenirs et qu’on constate celui de Nyelle, on ne peut qu’avoir un doute.
    Si tel est le cas, se pose alors la question de savoir pourquoi elle se fait passer pour une autre ? Pourquoi elle prétend qu’elle n’est pas Nicole ? Pourquoi tant de mystères ?
    J’ai adoré le personnage de Nyelle, qui est pleine de vie et à multiple facettes, même si c’était parfois agaçant d’avoir l’impression d’avoir une anguille en face de Cal.
    Cal aussi est attachant, surtout avec son problème majeur : il ne sait pas dire non à une fille, ce qui fait qu’il a partout des ex qui lui en veulent.
    J’ai eu un peu plus de mal avec Rae, que j’ai trouvée agressive et péremptoire.
    La romance entre Cal et Nyelle est bien amenée, de même que les révélations de la fin. Tout au long du livre, on a des indices qui sont distillés, ce qui fait que la fin n’est pas une totale surprise, mais le voir écrit noir sur blanc dissipe les doutes qu’on aurait pu avoir.
    J’ai bien aimé le fait que tout le mystère ne soit pas concentré sur l’identité de Nyelle. Le roman va bien au-delà de ça et, au final, cette révélation-là est presque secondaire.
    J’avais déjà eu un coup de cœur pour la trilogie « ma raison d’espérer » du même auteur, et là, rebelote. Je pense que Rebecca Donovan est bien partie pour être, comme Jennifer Brown, un auteur coup de cœur pour moi.
    Avec ce roman plein d’émotions, elle me donne envie de découvrir au plus vite sa prochaine histoire (c’est tout juste si on lui laisse le temps de l’écrire !)

    Un extrait : En faisant la queue chez Bean Buzz, je sens qu’il me faut à tout prix de la caféine pour me secouer. J’ai joué à fond mon rôle d’étudiant bourré… Ça ne m’arrive pas souvent. C’était vraiment n’importe quoi, cette soirée.

    Je remercie Mel quand elle me tend mon gobelet. En marchant vers la porte, les paupières mi-closes, j’ai l’impression d’être un somnambule. Je me concentre sur la lumière qui provient de la sortie, et je m’efforce d’avancer dans cette direction.

    — Cal ?

    J’écarquille les yeux et j’inspire profondément par le nez afin de me concentrer. Carly est devant moi. Comment savait-elle que je serais ici ? Je ne l’ai jamais emmenée chez Bean Buzz. Je n’y ai jamais invité de filles. J’ai choisi exprès un café situé loin du campus pour ne pas tomber par hasard sur l’une d’elles.

    — Carly, mais qu’est-ce que tu fais ici ?

    Je suis trop surpris pour le cacher.

    — Euh, je prends un café ? répond-elle en soulevant son gobelet.

    — Ah, bah oui ! dis-je avec un léger hochement de tête.

    Je me sens vraiment stupide.

    — T’as une seconde ? J’aurais bien aimé qu’on parle.

    — Euh…

    J’ai déjà du mal à tenir debout, alors parler…

    — J’en ai pas pour longtemps, promis.

    — OK.

    Je la suis à contrecœur jusqu’à une table devant la baie vitrée. Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre. J’imagine qu’elle veut s’excuser d’avoir cassé comme ça avec moi la veille.

    — Je crois que j’ai fait une erreur, dit-elle alors que je m’assieds. Je n’aurais pas dû te plaquer.

    Pour une surprise, c’est une surprise.

    Voyant que je reste bouche bée, elle poursuit :

    — Je crois que j’ai flippé parce que je commence à avoir des sentiments pour toi. Mais après ton départ hier soir, je me suis rendu compte que le campus grouillait de gros blaireaux. Tu n’es pas comme eux. J’ai fait une bêtise, et j’aimerais qu’on se donne une seconde chance.

    Je ne suis pas assez lucide pour affronter un truc pareil. Alors j’essaie de gagner du temps en buvant lentement mon café tout en évitant soigneusement de regarder la fille assise en face de moi qui attend ma réponse. C’est alors que je vois les yeux bleus incroyables de la nuit dernière. Ils me scrutent depuis le canapé en cuir à l’autre bout du café – mais sans le masque. Carly me ramène à la réalité : — Cal ?

    — Pas possible ! je murmure, subjugué.

    — Quoi ? me demande Carly, prise de panique. Ça veut dire non ?

    — Désolé.

    Je me remets de mes émotions, et je me force à détourner le regard.

    — Euh, j’ai cru voir… Laisse tomber !

    Je secoue la tête et tente de me concentrer sur la conversation. La nuit dernière, cette fille m’a montré la porte. Alors je l’ai prise. De toute façon, notre histoire n’aurait pas duré beaucoup plus longtemps, surtout si elle attendait plus de moi.

    J’inspire un petit coup avant de répondre :

    — En fait, non. On ne peut pas se remettre ensemble.

    — Hein ? Quoi ?

    Carly plisse les yeux.

    — Pourquoi ?

    — Désolée, Carly. Ce n’est pas possible.

    Je me lève et je m’en vais sans attendre sa réaction. Je devrais continuer mon chemin et sortir. Mais au lieu de ça, je traverse le café jusqu’au canapé en cuir marron où la fille de la nuit dernière, sans masque, est en train de lire, les pieds posés sur la table basse.

    Et puis je reste planté devant elle à la regarder. Elle ne me remarque pas, et c’est sans doute mieux car j’ai vraiment l’air d’un pauvre type. Je suis à court de mots parce que je me trouve devant Nicole Bentley. Et en même temps, cette fille paraît… différente. Elle ne ressemble pas exactement à celle qui a emménagé dans mon quartier il y a quinze ans. Peut-être que ce n’est pas elle. Je ne vois pas ce qu’elle ferait ici. Mais… ces yeux-là, ce sont les siens.

     

  • [Livre] Hate list

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    Résumé : C'est moi qui ai eu l'idée de la liste.

    Je n'ai jamais voulu que quelqu'un meure.

    Est-ce qu'un jour on me pardonnera?

    C'est ce que pense Valérie, effondrée après un drame inexplicable survenu au lycée. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu'ils ont écrite pour s'amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l'établissement. Maintenant, ils sont blessés ou morts. Et Nick s'est suicidé, emportant son secret pour toujours. Mais Valérie, elle, est toujours là. Jusqu'au matin, où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée...

     

    Auteur : Jennifer Brown

     

    Edition : Albin Michel

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 01 février 2012

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : J’ai passé la moitié de ma lecture avec une boule de rage au ventre.
    L’attitude des parents de Valérie m’a écœurée, surtout celle du père, quoi que la mère ne s’améliore que sur la fin. A aucun moment, ils ne lui laissent le bénéfice du doute alors qu’elle a failli mourir. Dès son réveil à l’hôpital, elle est assaillie de toute part par des personnes qui l’ont déjà déclarée coupable et qui ne lui laisse aucune chance de s’expliquer.
    Alors oui, elle a écrit une liste composée des gens qu’elle n’aime pas (mais aussi des cours qu’elle déteste, des expressions, des aliments… mais ça, personne n’en parle), oui son petit ami a choisi en grande partie ses victimes dans cette liste. Mais en quoi est-elle responsable ? Pour elle ce n’était qu’un moyen comme un autre de se défouler, un peu comme quand on dit : celui-là, je le tuerais volontiers ! Ou, bon sang, je crois que je vais buter mon boss !
    Le seul tort de Valérie est de ne pas s’être rendu compte que Nick ne prenait pas ça comme un jeu. Mais à son âge comment imaginer que son petit copain ait ce genre de pensées ? Comment imaginer qu’il passera à l’acte. C’est le genre de chose qui « n’arrive qu’aux autres », que dans « d’autres lycées ».
    D’ailleurs concernant les victimes, on se demande bien pourquoi les adultes du lycée les ont ainsi laissé, à visage découvert et en toute impunité, pratiquer un véritable harcèlement scolaire sur Valérie, du seul fait qu’elle était gothique et sur Nick, parce qu’il était plutôt gringalet.
    Je ne cherche pas à dire que Nick n’est pas responsable de ses actes, mais que le drame aurait pu être évité si les adultes concernés avaient pris leurs responsabilités plus tôt, au lieu de chercher un bouc-émissaire après coup.
    Parce que c’est bien ce qu’est Valérie : un bouc-émissaire. Et l’adolescente, plongée dans un véritable cauchemar, ne sait pas comment faire comprendre qu’elle n’a rien fait, qu’elle n’est pas responsable. Et quand, finalement, quelqu’un lui tend une perche, elle a accumulé trop de méfiance pour savoir la saisir.
    Et rien ne me choque dans son attitude.
    En revanche, le père de Valérie est méprisable. Non content d’avoir bousillé la stabilité de la famille, bien avant le drame, il a laissé sa fille croire qu’elle en était responsable, puis, après la tuerie, malgré les conclusions de la police, malgré l’avis du psy, il refuse de la voir autrement que comme un monstre.
    Quant à la mère, on se demande quand elle va enfin se décider à se bouger et à se conduire en mère.
    Parmi les adultes, finalement, le seul à avoir trouvé grâce à mes yeux est le psychiatre qu’elle voit après sa sortie de l’hôpital. Il n’est pas parfait, mais il ne stigmatise pas Valérie et cherche vraiment à l’aider à se reconstruire. Bien sûr, il n’est guère aidé par l’attitude des parents, qui détruisent systématiquement chaque pas gagné dans le recouvrement de l’estime de soi de Valérie.
    Valérie nous raconte son histoire en partant de la rentrée qui suit le drame et lors de laquelle elle réintègre le lycée. Tout au long du texte, des articles de journaux nous présentent les victimes et des flash-back nous montrent comment se sont déroulées les choses.
    On va également pouvoir voir comment les média jettent le feu aux poudres, en racontant, sans se préoccuper de la vérité les faits et leurs suites.
    La fin est surprenante, mais finalement, en y repensant, je ne crois pas que Valérie aurait pu prendre une autre décision.
    Comme l’autre roman que j’ai lu de cet auteur, « Tornade », « Hate list » a été un vrai coup de cœur. Un peu atypique, certes, mais un coup de cœur tout de même.

    Un extrait : Mme Tate m’a gardée tellement longtemps dans son bureau que j’ai raté la sonnerie du premier cours et j’ai débarqué au milieu du laïus de rentrée de Mme Tennille. Je sais que Mme Tate l’avait fait exprès pour m’épargner d’avoir à affronter les couloirs aussi tôt, mais je me demande si je n’aurais pas préféré, plutôt que de voir tous les regards se tourner vers moi quand je suis entrée. Au moins dans les couloirs, je pouvais raser les murs.

    J’ai ouvert la porte, et je vous jure que toute la classe s’est figée en me dévisageant. Billy Jenkins a lâché son crayon qui a roulé sous son bureau. La mâchoire de Mandy Horn s’est décrochée si brutalement que j’ai cru l’entendre craquer. Même la prof a arrêté de parler tout net, pétrifiée sur place.

    J’étais là, sur le seuil de la porte, à me demander s’il ne valait pas mieux que je tourne les talons pour filer. Hors de la salle. Hors du lycée. Sous ma couette, à la maison. Expliquer à Maman et au docteur Hieler que j’avais eu tort, que finalement je préférais faire ma terminale avec un tuteur. Que j’étais beaucoup moins costaud que je ne l’imaginais.

    Mme Tennille s’est raclé la gorge en déposant le gros feutre qu’elle utilisait pour le tableau blanc. J’ai pris une profonde inspiration et je me suis faufilée jusqu’à son bureau pour lui remettre le passe que la secrétaire de Mme Tate m’avait donné.

    – Nous étions en train d’étudier le programme de l’année, m’a dit Mme Tennille en prenant le passe. (Son visage était de marbre.) Tu peux aller t’asseoir. Si tu as une question sur un sujet déjà abordé, n’hésite pas à venir me voir après la sonnerie.

    Mme Tennille ne faisait pas partie de mes fans, loin s’en faut. Elle avait toujours eu du mal à accepter le fait que je rechigne à participer aux travaux dirigés en laboratoire, et surtout le fait qu’un jour Nick avait « accidentellement » mis le feu à une éprouvette. Je ne vous dis pas le nombre de fois où elle avait envoyé le pauvre Nick en colle, me fusillant du regard quand elle me voyait l’attendre sur le trottoir en face du lycée.

    Alors qu’a-t-elle ressenti vis-à-vis de moi ce matin-là ? De la pitié, sans doute, parce que j’avais été incapable de voir en Nick ce qu’elle avait toujours vu. Ou peut-être aurait-elle préféré me secouer en hurlant « Je te l’avais dit, petite sotte ! ». Ou elle était carrément dégoûtée à cause de ce qui était arrivé à M. Kline.

    Qui sait, peut-être que comme moi, elle voyait et revoyait la scène un milliard de fois par jour dans son esprit : M. Kline, professeur de chimie, se précipitant comme un bouclier vivant pour protéger les élèves. En larmes. De la morve coulant de son nez, tremblant des pieds à la tête. Les deux bras étendus sur les côtés, tel le Christ, secouant la tête face à Nick qui le défiait tout en paniquant.

    Je l’aimais bien, Kline. Tout le monde l’aimait, Kline. C’était le genre de prof qui venait le jour de votre fête de fin d’année. Le genre de type qui s’arrêtait pour discuter avec vous quand vous le croisiez dans un centre commercial, sans jamais balancer un de ces « bonjour, jeune fille », ou ce type d’apostrophe idiote, typique du dirlo, M. Angerson. Kline, lui, se contentait d’un « Alors, quoi de neuf ? Pas de bêtises, j’espère ? ». Il fermait systématiquement les yeux quand il nous surprenait en train de siroter une bière en douce dans un restaurant. Il aurait donné sa vie pour nous. Et désormais c’est sous ce jour que le monde entier le connaissait. La couverture télé de la tuerie et les articles de cette Angela Dash, journaliste du Sun-Tribune, étaient tels que rares étaient les gens qui ne savaient pas que Kline était mort parce qu’il avait refusé de dire à Nick où se trouvait Mme Tennille.

     

     

  • [Livre] Sweet

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    Résumé : De nos jours, on parle moins de faim dans le monde que d’obésité. Voici enfin la solution à ce problème de société : un remède-miracle ! Solu, un amincissant qui vous fera voir la vie… en sucré ! Et pour promouvoir son lancement, une somptueuse croisière est organisée. Trop malade pour se nourrir comme tous les passagers et tester le Solu, Lauren les voit maigrir à une vitesse folle. Mais très vite, le Solu se révèle aussi posséder de puissants effets secondaires: dépendance, agressivité… Seuls Lauren et Tom, un reporter, semblent immunisés aux changements de plus en plus dramatiques qui s’opèrent sur le navire. Mais pourront-ils résister longtemps aux effets du Solu ?

     

    Auteur : Emmy Laybourne

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Young adult

     

    Date de parution : 14 septembre 2016

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : Une grande croisière est organisée pour fêter le lancement du Solu, une sorte d’édulcorant de synthèse qui, en plus de son pouvoir sucrant, aurait la propriété d’attaquer et de faire fondre les graisses.
    Contrairement au reste des passagers, Lauren et Tom n’ont pas l’intention de goûter au Solu et ne sont pas vraiment là de leur plein gré. Tom est un ancien enfant-acteur chargé de présenter la croisière et le produit en mode téléréalité, travail qui pourrait relancer sa carrière ; et Lauren ne s’embarque sur cette croisière que sur l’insistance de sa meilleure amie qui ne veut pas partir seule.
    Le bateau est somptueux, rempli de célébrité dont la plupart n’ont pas un gramme à perdre et ne sont là que pour leur image et de richissimes passagers ayant plus ou moins de poids à perdre.
    Dès le premier repas, on leur sert des pâtisseries au Solu et chacun de s’extasier sur le goût semblable à des pâtisseries non-allégée.
    Les effets ne se font guère attendre et la perte de poids est exceptionnelle : au bout de seulement deux jours, l’amie de Lauren a déjà perdu bien plus qu’elle n’aurait osé l’espérer.
    Mais très vite, Les personnes qui ont goûté au Solu semblent développer une addiction qui va les pousser à une violence inimaginable.
    On alterne entre les points de vue de Tom et de Lauren, mais l’écriture est faite de telle façon que l’on sait toujours qui est en train de s’exprimer.

    Le livre est une critique à peine voilée de la société de consommation et des grandes entreprises qui poussent encore et encore la population à consommer des produits saturés de sucres, de graisses et d’autres produits plus ou moins addictif, mais qui rejettent toute responsabilité devant l’augmentation de l’obésité ou des problèmes de santé que peuvent induire leurs produits. Dans le livre, le producteur du Solu, produit également un soda très sucré, ce qui montre bien que pour ces gens-là, tout est bon pour faire de l’argent et qu’ils n’hésitent pas à créer à la fois le problème et la solution.
    En espérant que ce livre ne soit pas prophétique !
    Quant à la fin…que dire… C’est une fin somme toute ouverte qui peut soit laisser les lecteurs imaginer comment se terminera toute cette histoire de Solu, soit donner lieu à un autre livre. Dans un cas comme dans l’autre : Mais que c’est frustrant !!

    Un extrait : Dieu soit loué, les photographes ne s’intéressent pas à moi ! Enfin, si, deux ou trois, mais la plupart n’ont d’yeux que pour le type qui me suit – un dieu de la télé-réalité, qui a survécu deux semaines sur une île déserte en ne se nourrissant que d’asticots.

    Au bout de la passerelle, une file se forme – les passagers n’avancent plus.

    Pour l’embarquement. Le moment de remettre son billet en échange d’une espèce de carte d’identité. Mais ça n’est pas ce qui cause le bouchon.

    La vraie raison ? La pesée.

    Un officiel récupère notre carte, puis on passe sur la balance. Le gars enregistre notre poids et passe la carte dans un lecteur.

    OK, je savais que les passagers étaient là pour perdre du poids. La Croisière Minceur Solu, les talk-shows télé et la presse à scandale ne parlent plus que de ça depuis des mois. Solu, c’est le nouvel édulcorant qui, non seulement sucre le café, mais vous fait fondre. Et quand le divorce des parents de Viv’ a été prononcé, ma copine a très vite compris que son papounet était plus ou moins prêt à tout lui accorder. Elle a demandé à faire partie de la croisière. (Viv’ se plaint de son poids depuis le cours préparatoire. Je la revois encore avec ses sempiternels biscuits secs et jus de pomme – je t’aime, moi non plus.) Apparemment, on est censés perdre 5 à 10 % de son poids pendant la semaine que doit durer cette croisière.

    Tout ça, je savais. Et ça m’allait : une croisière grand luxe ? Gratos ? ! J’habite à Fort Lauderdale, les navires somptueux, on les voit défiler. J’ai sauté au plafond. Je n’aurais sûrement plus jamais l’occasion de faire coucou depuis la proue !

    Ce que j’ignorais, c’est qu’on allait nous peser en public avant d’être autorisés à monter à bord !

    Je cherche mon portable dans mon sac XXL. Viv’ va avoir droit à quelques SMS bien sentis. Elle aurait au moins pu me prévenir ! Elle sait que ce genre de choses me met mal à l’aise : le poids, c’est personnel. Alors, effectivement, j’ai deux ou trois kilos à perdre (OK, plutôt sept ou huit), mais ça ne regarde que moi. La pesée en public, je trouve ça un peu cher à payer pour le droit d’embarquer.

     

  • [Livre] Le piège de l'innocence

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    Résumé : Il voulait l’aider, il se retrouve accusé.

    Vic Howard a toujours été transparent, ignoré de tous, même de sa propre mère. Un soir, alors qu’il s’ennuie à une fête, il remarque que Callie, une fille de son lycée, a beaucoup trop bu. Il décide de lui venir en aide.

    Au matin, la police sonne chez Vic : Callie a été violée, il est le principal suspect. Du jour au lendemain, il est le centre de l’attention, tous le considèrent coupable. Sauf Autumn, la meilleure amie de la victime, qui compte bien s’allier à Vic pour découvrir une vérité que tout le monde préfère taire.

     

    Auteur : Kelley York

     

    Edition : Pocket Jeunesse

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 17 novembre 2016

     

    Prix moyen : 17,50€

     

    Mon avis : Toute l’histoire est racontée du point de vue de Vic. L’écriture est légère, malgré la gravité du sujet.

    Si j’ai un reproche à faire à ce livre, c’est qu’il est trop prévisible : Dès les premières observations de Vic sur sa mère, j’ai deviné le « secret » qu’elle cachait.
    Et en combinant le quatrième de couverture et le début du livre, j’ai trouvé sans difficulté l’identité du vrai coupable.
    Même si on n’a confirmation qu’à la fin, il n’y avait pas de vrai suspense pour moi.
    Cependant la lecture est restée agréable parce, certes, on se doute fortement de l’identité du coupable, mais on ne sait pas comment Vic et Autumn, la meilleure amie de la victime du viol, vont le découvrir et ce qu’ils vont faire une fois qu’ils l’auront découvert.
    C’est plus dans cette optique là que j’ai envisagée ma lecture, suivre ces deux personnages et voir comment ils vont s’en sortir.
    Du côté des personnages, j’ai beaucoup aimé Vic et Autumn.
    Vic qui est quelque part victime de sa naïveté, même si la victime principale du viol est Callie. Il est victime de sa naïveté parce que du moment qu’il avait ramené Callie à l’intérieur, il n’imaginait pas une seconde qu’elle puisse être en danger et il va beaucoup s’en vouloir pour ça.
    Autumn, elle, c’est la meilleure amie de Callie et il n’y a pas plus fidèle. Elle est très agressive avec Vic quand elle le croit coupable et quand il devient clair qu’il n’y est pour rien, elle décide de trouver elle-même le coupable. Et elle va devenir aussi loyale envers Vic qu’elle ne l’est envers Callie.
    Callie est très touchante. Elle n’a pas vraiment accusé Vic de son viol, mais c’est la dernière personne dont elle se souvenait, et les policiers en ont tiré les conclusions qui leur demandaient le moins de travail.
    La mère de Vic est vraiment horrible. Même si son attitude trouve une explication dans la suite du roman, je n’ai pas trouvé que c’était une justification valable pour son attitude envers son fils.

    Le meilleur ami de Vic, Bret, est un peu arrogant. Il est intelligent, on attend beaucoup de lui, il est assez populaire, mais il donne parfois l’impression de voir Vic comme un faire-valoir, même s’il s’interpose à chaque fois que quelqu’un lui cherche des poux.
    Enfin il y a les élèves du lycée. Eux c’est une masse grouillante de rumeurs. Ils se foutent de savoir qui est coupable et même comment va Callie. Tout ce qui compte à leur yeux c’est de pouvoir cancaner, et, pour certain, jouer aux petits caïds en cassant la figure du présumé violeur (et quand on lit la description physique de Vic, on se dit qu’à plusieurs contre lui, ce sont des mauviettes en plus d’être des petits cons).
    Ajoutons à tout ça un journaliste près à toutes les bassesses pour un article et le casting est au complet.
    Au final, c’est un bon livre, un livre à lire, même si on devine facilement les « retournements de situations ».

    Un extrait : Mon gobelet à la main, j’observe les gens. J’aperçois le frère d’Aaron, en caleçon, en grande discussion avec un petit groupe, les pieds dans l’eau. Un mec que j’ai déjà vu au lycée est allongé sur un canot pneumatique rose attaché à la rive, au cas où, l’alcool aidant, il se laisserait dériver. Près de la porte de derrière, un couple se dispute. Malgré leur élocution approximative, ils parlent suffisamment bas pour ne pas trop attirer l’attention. Derrière moi, quelqu’un vomit dans les buissons.

    Je sens mon estomac se soulever en entendant les haut-le-cœur de la fille. Un coup d’œil rapide autour de moi m’informe que soit aucune de ses copines n’est avec elle,  soit qu’elles s’en tapent.

    J’hésite entre rentrer et faire comme si je n’avais rien vu ou l’aider pour l’empêcher  de tomber et de perdre connaissance.

    En définitive, je n’hésite pas très longtemps, je pose mon verre et m’approche d’elle, penchée, les mains sur les genoux, ses  longs cheveux blonds en pagaille autour de son visage. Sa respiration est rapide, saccadée, et elle  gémit. Je la reconnais. Elle est de mon lycée.

    — C-Callie ?

    Callie Wheeler  a  emménagé ici au milieu de l’année dernière. Si je la connais de     vue, c’est uniquement parce qu’elle a eu un cours en commun avec Brett. Elle tourne si vite la tête vers moi qu’elle manque de tomber, et je la rattrape par les coudes. Son regard erre sur mon visage. Elle cherche probablement à se remémorer mon nom. La plupart des gens ne se donnent même pas la peine de le retenir. Au moment où elle ouvre la bouche pour parler, je vois la couleur refluer de son visage. Quand elle est de nouveau prise de vomissements, je l’aide à tourner la tête juste à temps, lui frottant maladroitement  le dos, sans trop savoir quoi faire d’autre. Quand elle se calme enfin, elle se redresse et s’effondre contre moi. Je la soutiens par le bras et, la main sur sa hanche, je la guide vers la maison. C’est tout le plaisir d’arriver tard à une soirée : tout le monde est déjà bourré.

    Sur ses jambes tremblantes, les yeux à peine ouverts, je doute que Callie voie vraiment où nous allons.

    — T’es qui, toi, déjà ? marmonne-t-elle.

    Je dois la soutenir par la taille pour lui éviter de trébucher  sur le seuil de la porte.

    — Euh. V-Vic. Vic Howard ?

    Pourquoi faut-il que ma réponse sonne comme une question ? Comme si je demandais : « Moi, c’est Vic, enfin, si c’est  OK pour toi ? »

    — Je suis un a-m-mi de Brett Mason. On a été en cours ensemble.

    — Ah !bafouille Callie, avant de refermer les yeux, tandis que nous atteignons l’escalier menant à l’étage. Marche après marche, je dois la porter, car elle n’est pas vraiment en état de soulever les pieds.

    Comme personne n’habite dans cette maison, je ne m’inquiète pas trop de savoir dans quelle chambre conduire Callie, et je me dis que la première sur la gauche fera l’affaire. Elle gémit quand je l’allonge sur le lit – sur le côté, au cas où elle recommencerait à vomir –, puis j’approche une petite corbeille, espérant que, le cas échéant, elle en  fera bon usage.

    Quand je me redresse pour m’en aller, elle pose la main sur mon bras :

    — Euh… dis rien à mon père.

    — D’accord. Mais je v-vais devoir te laisser, OK ? Essaie de dormir.

    Levant vers moi ses yeux injectés de sang, elle parvient à esquisser un sourire avant de rouler sur le ventre, la tête dans les oreillers, puis de sombrer. Je parie qu’elle va sacrément se faire engueuler par ses parents si elle passe la nuit ici, mais ce n’est pas mon problème. Elle est en sécurité et confortablement installée. J’ai fait ma part.

     

  • [Livre] Phobos Tome 3

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    Résumé : Fin du programme Genesis dans

    1 mois...

    1 jour...

    1 heure...

    ILS SONT PRÊTS A MENTIR POUR SAUVER LEUR PEAU.

    Ils sont les douze naufragés de Mars.

    Ils sont aussi les complices d'un effroyable mensonge. Les spectateurs se passionnent pour leur plan de sauvetage, sans se douter du danger sans précédent qui menace la Terre.

    ELLE EST PRÊTE A MOURIR POUR SAUVER LE MONDE.

    Au risque de sa vie, Léonor est déterminée à faire éclater la vérité. Mais en est-il encore temps ?

    Même si le compte à rebours expire, il est trop tard pour renoncer.

     

    Auteur : Victor Dixen

     

    Edition : Robert Laffont

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 24 novembre 2016

     

    Prix moyen : 17,90€

     

    Mon avis : J’attendais avec impatience ce tome 3 et, au final, il m’a un peu déçue. Il est toujours aussi bien écris, entendons-nous bien, mais j’ai trouvé qu’il manquait quelque chose.
    La moitié du livre (et encore je suis gentille) ne parle que de l’accession au pouvoir de Serena. Cette prise de pouvoir, tout comme l’explication de la vigueur de Serena, manque clairement de crédibilité (un comble pour un auteur qui a réussi à rendre crédible une colonisation de Mars).
    Cela dit, on peut dire que Serena est égale à elle-même.

    En revanche, on ne peut pas en dire autant des pionniers. Alors ok, je suis d’accord, Serena s’est prêtée sur eux à un exercice de relaxation qui a servir d’excuse pour une hypnose collective dans le tome 2, mais tout de même… après cet épisode, ils avaient encore une conscience, alors que là, on dirait des moutons qui ont oublié tout ce que Serena leur a fait.
    Concernant Marcus, il y a des pages et des pages sur sa situation pour que, pratiquement à la fin, on ait un « retournement de situation » qui, s’il est surprenant, est surtout incompréhensible et nous donne l’impression d’avoir perdu notre temps pendant plus de 150 pages.
    En revanche j’ai plus apprécié la révélation de la fin sur Alexeï.
    Pendant tout le livre, Alexeï m’a profondément énervée. Son attitude de petit chef, pour ne pas dire la dictature qu’il installe sur New Eden, comme dans le pire de l’histoire russe (et surtout les réactions des autres pionniers, qui, à part Léonor, le laisse faire avec une passivité évoquant des légumes), m’a exaspérée. Les événements le concernant vers la fin m’ont, ici, agréablement surprise.
    Concernant le fameux kamikaze, on a enfin la réponse sur qui a été hypnotisé par Serena avant le départ pour devenir une arme. Et là j’ai été sidérée ! Et en même temps, en analysant les différents comportements, je me fais l’impression d’une cruche qui aurait dû voir venir le coup depuis longtemps.
    J’ai bien aimé le livre en lui-même, je l’ai lu quasiment d’une traite (quasiment parce que je travaille et qu’il fait quand même plus de 600 pages !) mais j’ai trouvé qu’au final, la fin retombait comme un soufflé parce qu’elle nous laisse avec plus de questions que de réponses.
    Cependant, cette fin n’est peut-être qu’un leurre. En effet, depuis le début de Phobos, on se dit qu’il s’agit d’une trilogie, d’où une déception sur la fin de ce tome, mais il y a une rumeur comme quoi il pourrait y avoir un tome 4 prévu pour 2017. Si cela s’avère vrai, cela change tout quant aux sentiments que provoquent la fin, parce qu’on sait alors qu’on va avoir, probablement des réponses aux questions que l’on se pose.
    Cela ne changera pas tous les passages qui n’ont pas été à la hauteur de mes espérances, mais au moins, je ne resterais pas sur ma faim. Cela dit, je n’ai pas trouvé de confirmation officielle de cette rumeur, et ceux qui en parlent ne citent pas leurs sources.
    Affaire à suivre donc…

    Un extrait : SEULE.

    Je suis seule, même si les êtres avec qui j’ai vécu les moments les plus forts de ma vie se trouvent tout autour de moi : eux, les pionniers du programme Genesis, les héros de l’espace, les damnés de Mars.

    « Oh, Léo, je t’en supplie : regarde-moi ! » s’écrie Kris.

    J’entends la voix de ma meilleure amie, pétrie d’angoisse.

    Je perçois le poids de ses mains crispées sur les épaules de ma combinaison, que j’ai revêtue pour passer le cap de la tempête de fin d’été.

    Je sens la caresse de sa respiration hachée sur mes joues, encore humides de sueur même après avoir ôté mon casque.

    Mais je ne la vois pas.

    Mes yeux ne peuvent se détacher du garçon qui se tient debout à quelques mètres, dans le séjour du septième Nid d’amour – ou plutôt devrais-je dire, dans le Nid de mort où ont disparu les cobayes de l’expérience Noé, il y a une année martienne de cela.

    Celui que je croyais si proche m’est devenu étranger.

    Celui qui m’a fait frissonner de plaisir me fait maintenant frémir de dégoût.

    Quand je repense à ces moments d’intimité que j’ai connus avec lui et lui seul, à toutes ces premières fois que je ne revivrai jamais plus avec quiconque…

    Pouah !

    Ça me donne envie de vomir !

    Le visage de Marcus me paraît soudain effroyablement vide – un écran de cinéma quand les lumières se rallument à la fin de la projection, une page blanche quand on termine le dernier paragraphe à la fin d’un roman. Comment ai-je pu lire de la poésie dans ses yeux, comment ai-je pu leur prêter la couleur argentée des étoiles ? Ils sont couleur de limon, une boue grisâtre qui recèle le calcul, l’égoïsme et le mépris. Comment ai-je pu croire qu’ils me regardaient avec amour ? Marcus n’aime que lui-même. Il a sacrifié onze vies sans sourciller – la mienne et celle des autres pionniers. Il se savait à la merci de la mutation génétique mortelle D66, et il n’a pas hésité à nous condamner avec lui puisque tel était le prix à payer pour qu’il puisse s’offrir son petit voyage jusqu’à Mars.

    À cette idée, je sens mes entrailles se tordre entre rire et sanglots, mes épaules se secouer comme celles d’un automate déréglé.

    « Léo ! »

    Kris prend ma tête entre ses douces mains – elle a enlevé ses gants – et m’oblige à tourner mon visage vers le sien.

    Sous sa couronne de nattes blondes, un peu écrasée par le casque qu’elle vient de dévisser elle aussi, ses grands yeux bleus vibrent d’angoisse et de questions. Elle ne comprend pas. Aucune des filles rassemblées en cercle autour de moi ne comprend – ni Fangfang la Singapourienne, qui me dévisage de son regard intelligent comme si j’étais une équation insoluble ; ni Liz l’Anglaise, qui frissonne de tout son long corps dans sa combinaison épaisse ; ni Safia l’Indienne, dont le front orné d’un bindi rouge se plisse de fines ridules ; ni Kelly la Canadienne, qui mâche son chewing-gum à s’en disloquer la mâchoire.

    Dans tous les regards, c’est la perplexité. Serena McBee, la directrice exécutive du programme Genesis, ne vient-elle pas de nous annoncer devant des milliards de spectateurs qu’elle allait financer l’ascenseur spatial énergétique qui nous permettra d’échapper aux défaillances secrètes de la base ? Cette annonce publique n’est-elle pas comme un pacte indélébile, qu’elle a signé avec son propre sang ? Et n’avons-nous pas deux alliés sur Terre, nos responsables Survie, Andrew et Harmony, qui l’obligeront à tenir parole ? Ma prostration doit sembler absurde à mes coéquipiers : pour eux, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

     

  • [Livre] Phobos: origines

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    Résumé : SIX PIONNIERS EN APPARENCE IRRÉPROCHABLES.

    SIX JEUNES TERRIENS RONGÉS PAR LEURS SECRETS.

    SIX DOSSIERS INTERDITS, QUI AURAIENT DÛ LE RESTER.

    ILS INCARNENT L’AVENIR DE L’HUMANITÉ.

    Six garçons doivent être sélectionnés pour le programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à fonder la première colonie humaine sur Mars.

    Les élus seront choisis parmi des millions de candidats pour leurs compétences, leur courage et, bien sûr, leur potentiel de séduction.

    ILS DISSIMULENT UN LOURD PASSÉ.

    Le courage suffit-il pour partir en aller simple vers un monde inconnu?

    La peur, la culpabilité ou la folie ne sont-elles pas plus puissantes encore?

    Le programme Genesis a-t-il dit toute la vérité aux spectateurs sur les « héros de l’espace »?

    ILS DOIVENT FAIRE LE CHOIX DE LEUR VIE,

    AVANT QU'IL SOIT TROP TARD.

     

    Auteur : Victor Dixen

     

    Edition : Robert Laffont

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 02 juin 2016

     

    Prix moyen : 14,90€

     

    Mon avis : Première chose sur ce livre : j’ai été agréablement surprise par sa longueur. Quand on nous présente un hors série, c’est souvent une nouvelle, ou un roman beaucoup plus court que les tomes « officiels » de la série. Ici, on a plus de 300 pages ce qui en ferait presque un tome à part entière, en marge de la série, certes, mais un tome digne de ce nom quand même.
    Bien que j’ai vraiment hâte de lire le tome 3, j’ai décidé de lire Phobos : origines d’abord et ça a été une chouette idée. Je dirais même que l’idéal serait, pour ceux qui ont la chance de découvrir la série maintenant que tous les tomes sont sortis, serait de lire ce tome hors série entre le tome 1 et le tome 2. En effet, dans le tome 1, on en apprend pas mal sur les prétendantes. En lisant Origines juste après le tome 1, on met pour ainsi dire les prétendantes et les prétendants sur un pied d’égalité et on peut attaquer le tome 2 en en sachant un peu plus sur les garçons qui restaient assez mystérieux.
    Le livre se découpe en 6 nouvelles, ou 6 longs chapitres, chacun ayant pour sujet l’un des prétendants. On va en apprendre plus sur leur vie, sur ce qui les a poussés à s’inscrire au programme Genesis. Même si Serena apparaît plutôt comme une femme pleine d’attention, à quelques reprises, son véritable visage va apparaître, quoiqu’assez furtivement.
    On va donc en savoir plus sur la vie de Mozart en petit dealer des favelas, d’Alexeï en chef de gang, de Samson, considéré par sa communauté comme un enfant-sorcier à cause de ses yeux clairs, De Tao et de comment il s’est retrouvé dans un fauteuil roulant… chacun d’eux va nous livrer son histoire dans le détail.
    Kenji est certainement celui qui m’a le plus surprise, je ne m’attendais vraiment pas à son histoire. Un élément de la vie de Samson, qu’il ne dévoile qu’à Serena, me laisse à penser qu’il nous réserve des surprises. Quant à Marcus, s’il semble être celui qui a la vie la plus…disons banale… parmi les 6 prétendants, il nous reste à découvrir un secret…quelque chose que seule Serena connaît et qu’elle lui recommande bien de ne révéler à personne… même nous, lecteurs, nous n’en saurons pas plus, ce qui me laisse penser que ce secret va avoir un impact important dans l’histoire au cours du troisième tome.
    J’ai vraiment adoré voir à quel point Victor Dixen a fouillé le passé de ses personnages, leur donnant une profondeur qu’on rencontre rarement dans des romans Young Adult.
    La seule chose que je regrette, c’est qu’il n’ait pas fait pareil pour les filles, car, si on en sait un peu plus sur elles, je suis sûre qu’il y aurait plein de choses à découvrir ! Peut être en suppliant l’auteur* ?
    (*siou plait m’sieu Dixen !)

    Un extrait : « ALORS, FILS : COMMENT ÇA S’EST PASSÉ ? »

    Enveloppée dans un tablier lâche, un peu trop grand pour elle, Abebi est occupée à confectionner des beignets. Dans un saladier, elle prélève à la cuiller de petites boules de purée de haricots blancs, qu’elle laisse tomber au creux d’une poêle remplie d’huile de friture parfumée. Le local dans lequel elle officie est si exigu qu’elle n’a pas la place de se retourner pour saluer l’arrivant – pourtant, elle sait qu’il est là, comme si elle était douée d’un sixième sens.

    « C’est la pire blague que tu m’aies jamais faite, Ab’ », répond Samson avec humeur.

    Il laisse tomber son sac à dos rempli de manuels sur le sol de la minuscule cuisine, aux murs tapissés d’étagères branlantes. Vieilles casseroles, vaisselle ébréchée et pots de verre dépareillés remplis d’épices de toutes les couleurs s’y amoncellent, dans un équilibre qui tient du miracle.

    « Ravie que ça t’ait fait rire, fils. Ça te fait du bien de rigoler un peu, toi qui es si studieux, entre tes études et le restaurant, trop occupé pour avoir du bon temps ou même une petite amie. Mais ça n’était pas une blague.

    — M’envoyer sur Mars, pas une blague ? Et qui va t’aider pour le restaurant si je pars ? Qui va s’occuper de toi, hein, tu peux me le dire ?

    — Ne t’inquiète pas, petit macho, rétorque la cuisinière, le dos toujours tourné, tout en continuant de mouler ses beignets à la cuiller. Je n’ai jamais eu besoin d’aucun d’homme pour s’occuper de moi. Je me suis très bien débrouillée quand ton père est parti avec une jeunette – Dieu lui noue l’aiguillette, à celui-là ! »

    Abebi parle sur un ton badin, mais Samson n’a pas du tout l’air de vouloir plaisanter.

    « Il est parti il y a seize ans, quand tu étais encore en pleine forme, assène-t-il. Mais aujourd’hui, tu as vu dans quel état tu es ? »

    Pour la première fois depuis le début de l’échange, Abebi pose sa cuiller et se tourne vers son fils.

    Le spectacle de son visage est saisissant. Ses joues sont creuses, ses lèvres pâles, de larges cercles grisâtres se dessinent autour de ses yeux sur le noir de sa peau.

    « C’est gentil de rappeler à ta vieille mère qu’elle est aussi mal en point que ce taudis – encore heureux qu’il tienne toujours debout.

    — Tu sais bien que ce n’est pas ce que je voulais dire, s’empresse de préciser Samson, toute trace de mauvaise humeur disparue.

    — Bah, pas la peine de te rattraper aux branches qui cassent. Je sais bien que je n’en ai plus pour longtemps.

    — Je t’interdis de dire ça !

    — Tsss…, siffle Abebi. Aucun homme ne m’a jamais rien interdit, alors ça ne va pas commencer avec toi, mon cher fils. Je ne me voile pas la face. Je sais où j’en suis. Le traitement du docteur ne marche plus depuis des mois. Tu sais, Samson, malgré ce que tu peux penser, j’ai été très heureuse dans ma vie. J’ai créé ma petite affaire, j’ai été amoureuse bien des fois, je n’ai dépendu de personne, le ciel m’a donné un garçon beau et intelligent – et pour couronner le tout, les gens qui ont du goût reconnaissent que les acras d’Abebi sont les meilleurs de Lagos ! Oui, j’ai vécu en femme libre. Mais je me souviens toujours des proverbes des vieux griots, du temps de mon enfance. L’oiseau vole dans le ciel, mais il n’oublie pas qu’un jour ses os tomberont par terre : voilà ce que disaient les griots. C’était l’époque où Cellular Valley n’était qu’un village isolé, qui portait un autre nom, aujourd’hui oublié ; la ville ne l’avait pas encore rattrapé et avalé ; il y avait ici des paysans pour cultiver le mil, et pas seulement des réparateurs de téléphones portables ; bref, ce n’était pas encore devenu le plus grand bazar de bidules électroniques de toute l’Afrique.

     

  • [Livre] La sirène

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    Résumé : Une fille au lourd secret.

    Le garçon de ses rêves.

    Un océan les sépare.

     

    Kahlen est une Sirène, vouée à servir son maître l'Océan en poussant les humains à la noyade. Son arme ? Une voix fatale pour qui a le malheur de l'entendre... et qui l'oblige à se faire passer pour muette lorsqu'elle séjourne sur la terre ferme.

    Akinli, lui, est un séduisant jeune homme, qui incarne tout ce dont Kahlen a toujours rêvé.

    Alors que leur amour naissant leur fait courir un grave danger, Kahlen est-elle prête à tout risquer pour Akinli ?

     

    Auteur : Kiera Cass

     

    Edition : Robert Laffont

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 22 septembre 2016

     

    Prix moyen : 17,90€

     

    Mon avis : Même s’il n’est publié que cette année, « La sirène » a été écrit avant la sélection. Comme quoi quand une série marche bien, les manuscrits qui n’intéressaient pas les éditeurs deviennent subitement dignes d’intérêt. Et heureusement pour nous parce que ça aurait été dommage de passer à côté de cette histoire.
    Une grande place est laissé à l’imagination car, bien que l’auteur nous donne les grandes lignes du monde des sirènes, de leurs obligations etc… elle ne nous indique que le minimum et à dose homéopathique. Ainsi, à plus de la moitié du livre, on apprend encore un détail sur les obligations et devoirs des sirènes ainsi que sur ce qui compose leur vie.
    Il y a des tas de choses qu’on ignore, comme où les sirènes trouvent l’argent pour se loger, leurs achats etc...
    La romance entre Kahlen et Akinli est présente mais assez peu au final, car si on regarde bien ils ne passent que très peu de temps ensemble, mais cela renforce le côté « âme sœur ».
    Les personnages ne sont pas très fouillés et leur psychologie est tout juste abordée. J’aurais aimé en savoir plus sur eux, qu’ils aient plus de consistances. Le côté : on oublie tout de notre vie d’avant, m’a semblé être un raccourci pour ne pas avoir à créer un vrai passé aux sirènes.
    Kahlen n’est pas une héroïne pleine d’entrain et déterminée, elle serait plutôt effacée et dépressive, sa condition de sirène comportant une clause qu’elle n’arrive pas à supporter, même après 80 ans de services.
    L’Océan est encore plus difficile à cerner que les autres : tout à tour aimante et colérique, elle tient en piètre estime les humains et se montre exagérément possessive envers ses « esclaves ». Mais d’un autre côté, elle a un lourd fardeau à porter : la sauvegarde du monde. Elle n’a de vraies interactions qu’avec ses sirènes qui, pour la plupart, la considère comme leur maitresse et non comme une mère ou une amie. Sa compréhension de l’amour est donc très limitée, même si elle parle de son amour pour ses « filles » à tout bout de champ.

    J’ai trouvé dommage que le résumé laisse penser qu’il y avait une grande romance et qu’on allait parler que de ça dans le roman alors que cette dernière n’est qu’un fil conducteur permettant de mettre en avant les bouleversements que connait cette petite « fratrie ».
    Malgré ses quelques défauts, j’ai beaucoup apprécié ce roman qui se lit très vite.

    Un extrait : Pourquoi ? » veut-elle savoir, le visage bouffi par l’eau de mer.

    Je lève les mains pour lui faire comprendre que je représente un danger pour elle, qu’elle ne doit pas s’approcher. Mais elle n’a pas peur de moi. Elle veut se venger. À n’importe quel prix.

    « Pourquoi ? » répète-t-elle. Des algues enroulées autour de sa jambe traînent derrière elle.

    La phrase franchit mes lèvres avant que je me souvienne que ma voix est un instrument de mort. « Je ne pouvais pas agir autrement. »

    Surprise : elle avance toujours à pas résolus. La fin est proche. Je vais payer pour toutes les horreurs que j’ai commises.

    « J’avais trois enfants.

    — Je n’en savais rien ! Je vous le jure, je n’en savais rien du tout ! »

    Elle s’arrête enfin, son visage à quelques centimètres du mien. Je m’attends à recevoir une grêle de coups, ou à être étranglée – le châtiment que je mérite. Mais la femme – la noyée – reste plantée là, immobile, la tête inclinée comme pour me jauger, les yeux exorbités, le teint couleur de plomb.

    Alors elle se rue sur moi.

    Je me réveille en agitant les bras.

    Un cauchemar. J’ai fait un cauchemar. Je pose une main sur ma poitrine, afin de contenir mon cœur qui galope, et mes doigts entrent en contact avec le carnet. Je le prends et j’étudie les pages sur lesquelles sont collées des coupures de journaux. Cela m’apprendra à travailler dessus avant d’aller me coucher.

    Je me suis endormie après avoir apporté la dernière touche à la page consacrée à Kerry Straus. L’une des personnes qui ont trouvé la mort lors du naufrage le plus récent. Plus que deux passagers et j’aurai récolté des informations sur chacun. L’Arcatia sera peut-être le premier paquebot dont j’aurai identifié toutes les victimes.

    Je m’attarde un instant sur le regard pétillant de malice de Kerry telle qu’on la voit sur une photo empruntée au site Internet qui honore sa mémoire. On sent que c’est un travail d’amateur sûrement dû à un mari éploré qui, entre trois enfants privés de mère qui ne peuvent pas se nourrir éternellement de spaghettis et le train-train abrutissant du travail, a déjà fort à faire. Kerry semblait porter en elle une promesse, un idéal qui irradie d’elle sur le cliché.

    Ce qu’elle avait en elle, je l’ai donné en pâture à l’Océan.

    « Au moins, toi, tu avais une famille, dis-je à la photo. Ta mort n’est pas passée inaperçue. »

    Si seulement je pouvais lui expliquer qu’une vie tronquée vaut mieux qu’une vie qui traîne en longueur. Je referme le carnet de l’Arcatia et je le range dans la malle avec les autres – un carnet par naufrage. Les gens capables de comprendre ce qui se passe dans ma tête se comptent sur les doigts d’une main, et je me sens parfois bien seule.

    Je me rends ensuite au salon, où Elizabeth et Miaka sont en pleine conversation. Elles parlent trop fort à mon goût.

    « Kahlen ! Miaka vient d’avoir une nouvelle idée pour son avenir », s’exclame Elizabeth.

    Discrètement, je vais vérifier que les fenêtres sont bien fermées. Elles savent qu’il faut éviter à tout prix d’être entendues mais elles ne sont pas aussi prudentes que moi.

    Je vais m’asseoir dans un coin de la pièce. Mince comme un roseau, les cheveux noir de jais, Miaka est la joie personnifiée. Elle a gagné mon affection dès notre première rencontre.

    « Raconte-moi.

    — Je me suis dit que je pouvais acheter une galerie d’art, annonce-t-elle avec un grand sourire.

    — Vraiment ? Tu vendrais des tableaux au lieu de peindre, alors ?

    — À mon avis, jamais tu n’abandonneras tes pinceaux, intervient Elizabeth.

    — Tu as trop de talent, Miaka.

    — Diriger quelque chose, ça doit être amusant, vous ne trouvez pas ?

    — Si. Avoir son affaire à soi, c’est un concept terriblement séduisant.

    — Exactement ce que je me dis ! s’exclame Miaka en pianotant sur son téléphone. Être responsable, indépendante. C’est ce qui nous manque dans notre vie, alors l’idée, ce serait d’en profiter plus tard. »

    Je m’apprête à contredire Miaka – nous avons énormément de responsabilités, au contraire de ce qu’elle semble penser –, mais Elizabeth me prend de vitesse.

    « J’ai eu une nouvelle idée, moi aussi ! J’en suis arrivée à la conclusion que j’aime vraiment chanter. Je crois que j’aimerais utiliser ma voix d’une façon différente.

    — Tu ferais merveille comme chanteuse dans un groupe.

    — C’est justement la carrière à laquelle je pensais ! » piaille Elizabeth.

    J’observe mes camarades, fascinée par le fait que trois personnes aussi opposées que nous, nées à des époques et dans des milieux différents, s’entendent aussi bien. Même Aisling, lorsqu’elle décide de s’arracher à la solitude qu’elle s’impose à elle-même et de séjourner quelque temps avec nous, trouve naturellement sa place, comme la pièce manquante d’un puzzle.

    « Et toi, Kahlen ?

    — Pardon ?

    — Il y a des rêves que tu voudrais réaliser ? »

    Nous avons joué à ce jeu des centaines de fois, c’est un moyen de garder le moral. J’avais envisagé de devenir médecin, afin de me faire pardonner toutes les vies que j’ai fauchées. Danseuse, en vue d’exploiter tout le potentiel de mon corps. Écrivain, pour m’exprimer autrement que par ma voix. Astronaute, pour mettre la plus grande distance possible entre l’Océan et moi. J’avais épuisé à peu près toutes les possibilités.

    Mais, en toute franchise, je sais que je n’ai qu’un rêve dans ma vie et rien que d’y songer me fait souffrir.

    Je scrute le livre d’histoire posé près de mon fauteuil préféré – le livre que j’avais eu l’intention de rapporter dans ma chambre hier soir et dans lequel j’ai caché un magazine consacré au mariage – et j’accompagne mon sourire d’un haussement d’épaules.

    « Oh, rien de nouveau à signaler. »