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Fantasy/Science-Fiction

  • [Livre] Les contes inachevés – T03 – Pour toujours et à jamais

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    Lecture terminée le : 26 janvier 2020

     

    Résumé : Kat a survécu. Elle revient à Athelia sous sa véritable identité, Katherine Wilson. Edward, fou de joie d’apprendre qu’elle est en vie, fait le serment de la ramener au palais. Cependant, les obstacles semblent impossibles à surmonter. Le mariage entre un membre de la famille royale et une roturière n’est pas reconnu… Sans compter qu’il est déjà légalement lié à Katriona Bradshaw, qui fera tout pour garder sa place de princesse. Mais d’autres choses s’avèrent plus inquiétantes encore. En raison d’un hiver exceptionnellement rigoureux, les habitants d’Athelia souffrent des prix exorbitants des denrées alimentaires, et devoir soutenir un petit groupe de l’élite aristocratique commence à les irriter. La révolte d’un pays voisin ne fait qu’attiser les flammes de leur colère. Kat et Edward auront-ils enfin leur happy end ?


    Auteur : Aya Ling

     

    Edition : Infinity

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 02 février 2019

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Vu le final du tome 2, je n’ai pas pu attendre bien longtemps avant de me jeter sur ce troisième et dernier tome.
    Même si j’espère que la nouvelle qui clôt définitivement la série sera traduite en français, la fin de ce tome 3 est une bonne conclusion.
    Kat a survécut à son dernier séjour à Athélia et est de retour dans sa famille après avoir disparu 8 mois. Elle se morfond sans Edward, sa famille est dans une totale incompréhension et c’est limite si sa sœur et sa mère ne la croit pas folle, ou du moins traumatisée.

    De son côté, Edward ne va pas mieux.
    Il est obligé de vivre avec la vraie Katriona Bradshaw, laquelle est ravie de son nouveau rôle de princesse. Edward n’a pas l’intention de montrer le moindre signe d’affection à cette jeune femme qu’il ne supporte pas.

    Il se heurte constamment à son père, le roi Léon, pour qui sauvegarder les apparences semble bien plus important que le bonheur de son fils. Quand la reine Isolde essaie d’arranger un peu la situation, on fait une découverte surprenante à son sujet.

    Kat va devoir se battre pour son prince et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on ne va pas lui faciliter les choses.
    Edward est remonté dans mon estime dans ce tome-là. Il est prêt à tout risquer pour Kat et pour une fois, il fait les bons choix.
    On ne peut pas dire qu’Edward et Kat aient beaucoup d’alliés et les alliés qu’ils ont, à part la reine, qui ne s’implique pas vraiment dans l’histoire, sont pour la grande majorité issue de la classe ouvrière.

    Un peu plus de soutien de la part des hautes sphères auraient sans doute été appréciables.

    J’ai vraiment adoré comment l’auteur s’est servi du conte de Cendrillon pour construire son histoire.
    Même si on s’éloigne assez vite du conte original, ce n’est pas fait n’importe comment, il y a un sens à tout cela et Cendrillon reste présente, même si elle passe au second plan.
    Au cours de ces trois tomes, Kat et Edward auront vécu de multiples rebondissements, les choses ne vont pas passer comme une lettre à la poste ou un film Disney.
    C’est ce qui fait tout l’intérêt de cette histoire, ces multiples rebondissements auxquels je ne m’attendais pas la moitié du temps.
    J’ai vraiment beaucoup aimé cette trilogie et je suis ravie d’avoir pu la découvrir.

     

    Un extrait : Je ne veux pas fermer les yeux.

    Chaque fois que je m’endors, je rêve d’Edward. Je revois son regard résolu, sa démarche rapide et décidée tandis qu’il avance dans ma direction. Je l’entends parler de ce ton profond et velouté, qui parfois flirte et me fait frissonner ; et qui d’autres fois sérieux, me rappelle ses nombreuses et lourdes responsabilités. Je sens ses bras s’enrouler autour de moi, la chaleur de son corps qui m’entoure et ses lèvres sur les miennes.

    Et quand je me réveille et réalise que ce n’était qu’un rêve, j’ai l’impression que quelqu’un a pris une pelle et creusé un trou dans ma poitrine. Malgré tous mes efforts, je n’arrive pas à faire disparaître la douleur.

    — Edward, dis-je dans un murmure.

    Je n’ai jamais regretté le connaître, mais j’aurais aimé qu’il y ait quelque chose à faire pour soulager la souffrance. Il n’y a aucun analgésique pour atténuer la brûlure que je ressens dans mon cœur, à part les petits moments d’inconscience que me procure le sommeil.

    Par ma fenêtre, je vois la neige tomber doucement et les délicats flocons qui tourbillonnent quand le vent se lève. Nous logeons dans une station de ski près d’Halifax. Ryan, qui sort avec maman, a acheté cet endroit il y a plusieurs années et ne l’utilise que quelques fois par an quand il a des jours de congé. Nous lui sommes toutes reconnaissantes de nous laisser séjourner ici. Quand j’ai atterri dans l’appartement de Jason, huit mois après ma disparition, c’était comme si l’enfer s’était déchaîné. J’étais comme une version Portland de Gone Girl. J’ai eu beau assurer à tout le monde que j’allais bien et que Jason n’avait rien à voir dans ma disparition, les rumeurs ne se dissipaient pas. Maman a alors appelé Ryan et il s’est arrangé pour que je reste ici, jusqu’à ce que la tempête se calme.

    Je repousse les couvertures et m’assieds. Il fait chaud, trop chaud en fait. Maman ou Paige ont dû monter le radiateur. Et pourtant, j’échangerais volontiers le confort du chauffage électrique contre un feu ronflant, si seulement je pouvais revoir Edward.

    Tel un zombie, je me résigne à faire ma toilette. Je prends une douche chaude, change de pull et de pantalon, me lave le visage et me brosse les dents. C’est vrai que c’est pratique de pouvoir s’habiller sans l’assistance de deux servantes. C’est un soulagement d’utiliser le micro-ondes et d’avoir accès à Internet. Mais si on me donnait le choix, je n’hésiterais pas à abandonner tous ces appareils modernes, en échange d’un retour à Athelia.

     

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  • [Livre] Les gardiens des anges - T03 - Les ailes sombres

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    Lecture terminée le : 11 octobre 2020

     

    Résumé : Je m’appelle Lily, j’ai 18 ans et je fais partie de ces humains dotés de pouvoirs qu’on nomme les potentiels. Alors que je pensais être une chasseuse, j’ai découvert que j’étais en réalité une sang-mêlé et que je possède en moi un très vieux pouvoir, peut-être le seul moyen de se débarrasser une bonne fois pour toutes des démons originels.
    Mais découvrir tout cela m’a affaiblie et j’ai perdu la bataille contre l’esprit de la nécromancienne qui vit en moi. Pour sauver ma famille, j’ai dû lui céder mon corps, et je me suis réveillée dans les Lymbhes.
    Je peux vous dire une chose sur la mort, c’est que ce n’est pas du tout ce qu’on nous promet !
    Le repos éternel ? Tu parles…
    Heureusement, une femme que j’ai connue il y a bien longtemps est là pour me venir en aide et m’apprendre à survivre dans cet enfer. Mais survivre n’est pas suffisant, je veux retourner dans le monde des vivants et récupérer mon corps. Une rencontre inattendue pourrait bien en être la clé.
    Je m’appelle Lily, et je suis morte.


    Auteur : Michèle Beck

     

    Edition : Auto édition

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 29 Septembre 2020

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Avant de commencer ma chronique, j’ai relu celles que j’avais écrites pour les deux premiers tomes, et j’avais commencé ma chronique du premier tome en disant, à propos des anges : « J’ai toujours eu du mal avec ces emplumés qui se croient au-dessus de tout le monde. A mon sens, ils ne valent pas mieux que les démons »… Bah j’étais pas loin du compte, n’est-ce pas ?
    La fin du tome 2 m’avait fortement donnée envie de rejouer Misery avec l’auteur, vu ce qu’elle ose nous infliger (et infliger à ses personnages aussi, du coup).
    Ce troisième tome commence là où s’arrête le précédent. Lily a été délogée de son corps par la nécromancienne qui squattait déjà son esprit depuis un moment et se retrouve à présent dans le royaume des morts.
    Ainsi on va suivre alternativement Lily, qui essaie de survivre dans ce royaume hyper flippant (oui, je sais, techniquement elle est morte, mais disons qu’il y a mort…et mort…), et Matthew qui essaie désespérément de trouver un moyen de ramener sa bien-aimée dans le monde des vivants.
    Sans surprise, j’ai détesté la manière dont Luc a tenté de gérer les choses (Y’a rien à faire, je peux vraiment pas blairer ce gus).
    Ce troisième tome est le tome des révélations pour les personnages qui vont en apprendre plus sur leur passé et confirmer ainsi certaines choses dont je me doutais depuis un certain temps.
    J’ai beaucoup aimé le royaume des morts (enfin entendons-nous bien, j’ai bien aimé la manière dont est décrit ce monde, mais même pas en rêve j’accepterais d’y déménager !)
    Et dans ce monde, on va rencontrer LE personnage. Celui qui est devenu en quelques pages mon personnage préféré (après Matthew et Lily, évidemment) : Valerian… Ah Valerian, comment le décrire en rendant justice à ce type ? Il peut se montrer un peu ronchon, mais il est surtout charismatique, sarcastique, moqueur, et très irritant, surtout quand il a raison (et qu’il le sait !).
    En plus de devoir ramener Lily parmi les vivants, le groupe recherche le moyen de venir définitivement à bout de ses ennemis. C’est surtout Leo et Max qui font équipe pour réunir des informations à ce sujet.
    Pratiquement à chaque chapitre, on a un micro indice sur ce qu’il faut faire, ou sur qui pourrait donner une indication utile sur ce qu’il y a à faire pour atteindre leur but.
    La tension est bien présente tout au long du livre, entre la recherche de Lily, la noirceur qui envahit les ailes et les yeux de Matthew, les recherches de la solution finale (ok, peut-être pas un choix très judicieux de terme, mais je ne vois pas trop comment le dire).
    Bref, alors que mes deux lectures précédentes m’ont duré chacune près d’une semaine, avec le sentiment de ne pas avancer, j’ai dévoré ce tome en 24h à peine, c’est dire si j’ai été happée dans l’histoire !
    Et j’ai eu le plaisir de lire dans la note de l’auteur à la fin du livre qu’on aurait bientôt des nouvelles de Kristal et de Valerian (là, petite danse de la joie). J’ai hâte…Si vous saviez combien j’ai hâte !!!

     

    Un extrait : Les yeux rouges ne le quittent pas un instant. Pas un mouvement de paupières. Rien. Le corps est figé. Comme en état de choc.

    Le corps de Lily.

    Le silence qui emplit l’infirmerie du complexe est insupportable. Matthew a envie de hurler, alors que tout le monde reste bouche bée, la respiration suspendue, leur regard rivé sur la chose qui a pris possession du corps de Lily.

    La nécromancienne.

    Lily s’est sacrifiée pour les sauver. Elle a cédé son corps pour que la nécromancienne retire son armée de zombie. Son âme a abandonné la place au profit de celle de la nécromancienne.

    L’âme de Lily.

    À en croire l’absence de bruit de lutte à l’extérieur, ça a fonctionné. Les combats ont cessé.

    Un mouvement de paupière trahit soudain la nécromancienne. Elle n’est pas en état de choc comme l’a supposé au départ Matthew, mais en pleine élaboration d’un plan. Elle étudie ses possibilités de fuite. Et s’il y a une chose dont Matthew est certain, c’est qu’il ne la laissera pas s’enfuir avec le corps de Lily ! Ses ailes noires en frémissent de colère. Ce qui n’échappe pas à la nécromancienne. Elle doit voir cela comme un signe d’attaque imminente de la part de Matthew, car elle décide d’agir. Elle se met en mouvement si vite en direction de la sortie que personne n’est capable de réagir. Puis, comme si une vague d’énergie traversait la pièce, les combattants reprennent le dessus et s’élancent sur la nécromancienne.

    La seule issue est barrée par deux louves, tous crocs dehors. La nécromancienne fait volte-face au moment où Deadly allait lui saisir le bras. Il lui effleure à peine le poignet. Le jeune gardien peut contrôler le rythme cardiaque des personnes qu’il touche. S’il avait réussi à attraper son bras, il aurait pu l’immobiliser en un rien de temps. La nécromancienne se faufile entre eux comme une anguille et se dirige vers les fenêtres fermées. Cela ne semble pas l’arrêter. Elle se prépare à sauter, les coudes devant le visage pour se protéger des éclats de verre. Cette fois, c’est Morgane, la soignante du complexe et une fée au demeurant, qui intervient. Elle plonge la main dans un sac noué autour de sa taille, la ressort aussi vite, et l’ouvre en soufflant sur sa paume. Une fumée rouge orange entoure la nécromancienne et la fige assez longtemps pour que Luc la saisisse.

    Peut-être que le père de Lily s’imaginait que sa fille n’allait pas se rebeller contre lui, quoi qu’il en soit, il fut si surpris quand la nécromancienne lui envoya un coup de coude dans le ventre puis son poing dans la figure, qu’il encaissa sans riposter.

     

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  • [Livre] Equatoria – T01 – Les grandes découvertes

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    Lecture terminée le : 30 septembre 2020

     

    Résumé : Et si la Terre s’arrêtait de tourner??
    Cela provoquerait une catastrophe sans précédent sur notre planète, depuis l’extinction des dinosaures, un véritable Chaos?!
    197 ans plus tard, sur cette planète, devenue hostile et impitoyable, où une journée dure toute une année, voilà l’histoire de ces survivants sauvés par une poignée de scientifique, les pères fondateurs qui en anticipant les conséquences désastreuses du Chaos, ont réussi à préserver une dernière étincelle de l’humanité.
    Rescapés du cataclysme, les peuples du nord tentent de raviver le feu de la vie, aidés dans leur entreprise par deux hordes nomades qui tournent sans répit pour échapper à la longue journée aux chaleurs infernales ou de la nuit polaire qui dure, toutes les deux, 6 mois?!
    De nouvelles conditions climatiques obligeant l’humanité à une adaptation immédiate que les colons tentent d’accélérer grâce à l’épreuve du marathon, permettant de choisir les garçons les plus résistants et les plus endurants.
    Certains seront dignes d’intégrer les nomades et de profiter de leurs privilèges, plutôt que de résider toutes leurs existences dans leurs colonies d’origines.
    Zori, âgé de seize jours-an, du clan des Antilles et qui participe à son premier marathon, réussira-t-il?? Mais même en cas d’échec une autre voie reste possible, incertaine et dangereuse.
    Aura-t-il le courage de suivre sa destinée??


    Auteur : Franck Sanse

     

    Edition : Bookelis

     

    Genre : Science-fiction

     

    Date de parution : 01 septembre 2018

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : J’ai toujours aimé les romans post apocalyptiques et Equatoria est un roman assez original sur le sujet. Le postulat de départ est que la terre a arrêté de tourner. Je ne me rappelle pas s’il est précisé si elle arrête de tourner sur elle-même ou si elle arrête de tourner autour du soleil, mais, comme on continue à avoir une alternance de jour et de nuit (même si chacune dure six mois) j’aurais tendance à penser que la terre a juste arrêté de tourner sur elle-même, mais continue à tourner autour du soleil.

    Malgré des coquilles encore assez nombreuses, on entre assez vite dans l’histoire même si j’ai regretté qu’il se passe tant de temps avant de revoir le premier personnage auquel on s’attache : Zori

    J’ai bien aimé l’alternance entre l’histoire au présent, qui se déroule près de deux siècle après que la terre ait arrêté de tourner et les deux sortes de chapitres « éducatifs » : Les « cours d’histoire moderne d’Equatoria » et « la genèse d’Equatoria » qui racontent tout (ou presque) ce qu’il s’est passé depuis que la rotation de la Terre a commencé à ralentir, et « les actes fondateurs du peuple du Nord » et « la charte des peuples du Nord » qui nous indiquent comment se passent la vie depuis la catastrophe, nommée « le chaos ».

    Avec ces chapitres, très intéressants et relativement courts, je m’attendais à ce que les chapitres au présent soit plus dans l’action.

    Cependant, bien que ce premier tome pose les bases de plusieurs interrogations qui seront sans doute développées dans les tomes suivant, j’ai regretté leur côté un peu trop didactique.

    Quand je lis un roman, cela m’intéresse de savoir que les hommes se sont adaptés en construisant des demeures souterraines, mais je n’ai pas forcément besoin, ni envie, de savoir par le menu comment elles sont construites.

    Et c’est pareil pour pas mal de choses dans ce roman, les descriptions sont intéressantes, mais elles vont beaucoup trop dans le détail et cela casse le rythme de la lecture. Il m’a fallu une semaine pour lire les 115 premières pages car les descriptions étaient un peu dures à digérer.

    En revanche j’ai adoré l’histoire en elle-même. Les personnages, bien que nombreux, sont facilement identifiables tant leur caractère est différent et parfaitement élaborés.

    J’ai trouvé que certaines des règles régissant la vie du peuple du Nord étaient vraiment très dérangeantes et injustes. Je ne sais plus quel personnage accuse le conseil de mettre en place une dictature mais c’est exactement ce que j’ai ressenti.

    J’ai vraiment détesté Faustine, je trouve qu’elle n’a pas l’étoffe d’un chef. Elle est mesquine et pathétique et se sert de sa position sans scrupule. Je me demande comment elle peut être mariée à un homme comme Luther qui lui, est un chef admirable, sachant prendre des décisions difficiles mais toujours à l’écoute de ses hommes, profondément humain, honnête et honorable, malgré son caractère de cochon quand il s’y met.

    Avec Zori, ça a vraiment été mon personnage préféré.

    J’espère que le tome 2 sera plus dans l’histoire présente, dans l’action et moins dans les descriptions, je pense qu’on en a largement assez eu pour se faire une bonne idée de l’univers et il faut laisser un peu de place à l’imagination.

    Je ne sais pas encore si je lirai la suite, mais je note soigneusement les titres (il me semble qu’il y a trois tomes). Il se pourrait bien que mes pérégrinations livresques me ramènent un de ces jours à Equatoria.

     

    Un extrait : Zori fixait l’horizon qui semblait onduler légèrement tel un lac sous l’effet d’une brise. Charles, le maître du savoir de sa tribu, lui avait expliqué que ce phénomène s’appelait un mirage et n’était que la résultante de l’action du soleil combiné avec une forte chaleur, ce qui provoquait cet effet d’optique.  

     Ce tour de magie de la nature l’avait toujours intrigué, lui valant même quelques mésaventures quand il avait décidé, plus jeune, d’approcher cette étendue d’eau, si mystérieuse et inaccessible. 

     Les membres de sa colonie l’avaient retrouvé quelques heures après, complètement déshydraté, à des kilomètres d’Antigua, le foyer de sa tribu. Une île des Antilles du monde d’avant, cernée autrefois par les océans, aujourd’hui encerclée par une mer de sable et de rochers. Une poche de la résistance humaine face à l’adversité du Chaos. 

     En flirtant ainsi avec la frontière du territoire interdit, un endroit irrespirable et aride précédant la chaîne montagneuse du sud dont on distinguait les reliefs au lointain, telle une barrière infranchissable autant par les hommes que pour les nuages, il avait mis sa vie en danger et celles des colons partis à sa recherche pour le secourir. 

     La punition infligée par Faustine, la chef de sa tribu, lui avait servi de leçon. Il fut cantonné tout un jour-an aux tâches domestiques, un calvaire pour lui qui aimait tant jouer à l’extérieur et profiter de l’air libre avant le retour de la longue nuit. S’il avait oublié la teneur du sermon accompagnant cette punition, il gardait en mémoire la vision de ses pieds tandis qu’il avait baissé la tête devant la voix forte et autoritaire de Faustine qui grondait à ses oreilles. 

     Plongé dans ce souvenir douloureux, cette même parole au ton puissant, toujours aussi impressionnante, ne lui donnait plus l’envie de se cacher sous un caillou, mais au contraire le ramena à la réalité de l’instant. 

    – Coureurs, êtes-vous prêt? Clama Faustine à lattention de toute la colonie qui s’était massée autour deux, pour assister au départ et les encourager dans leur terrible épreuve. 

     Zori baissa la tête, comme une victime de ce réflexe conditionné à cette voix si familière, si souvent entendu lors de ces bêtises. Pour une fois, il n’était pas fautif. Il vérifia à ne pas empiéter sur la ligne de départ. Ce serait bête de prendre un avertissement pour une chose si anodine. Hâtivement, il réajusta son bandeau, retenant ses longs cheveux blonds afin de ne pas être gêné durant l’épreuve. Il profita de cet instant pour scruter ses compagnons du coin de l’œil, pour jauger furtivement de leur état de forme. Et de l’un en particulier! 

     Même si finir premier n’était pas l’essentiel de la course, il désirait ardemment faire mordre la poussière à Jason, le fils de Faustine. Si les notions de rivalité, de compétition, de jalousie, étaient des valeurs abrogées au sein des colonies par l’éducation reçue, elles n’en demeuraient pas moins présentes entre eux. Ce garçon, si arrogant, si certain de sa supériorité l’exaspérait. S’il pouvait le faire chuter de son piédestal, lui démontrer qu’être fils de chef, ne le prédestinait pas à être le meilleur d’entre eux.

     

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  • [Livre] Les contes inachevés – T02 – Il était deux fois

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    Lecture terminée le : 06 janvier 2020

     

    Résumé : Sept ans se sont écoulés depuis que Kat a quitté Athelia. Grâce à l’intervention de la petite fille du roi gobelin, le livre est rouvert et Kat est renvoyée dans le Monde des Contes. En apprenant qu’on lui offre une seconde chance, Edward est déterminé à ne pas la laisser partir cette fois. Ses chances de réussite, toutefois, semblent nulles. Kat ne se souvient en rien de leur passé, elle déteste la vie à la cour et a hâte de retourner dans le monde moderne. Sans oublier le prix à payer pour avoir trafiqué le livre une nouvelle fois…


    Auteur : Aya Ling

     

    Edition : Infinity

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 30 Avril 2018

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : A la fin du 1er tome, Kat, ayant atteint le happy end, était renvoyée dans son monde.
    Dans ce second tome, la jeune femme, 7 ans après les faits, ne garde aucun souvenirs de ses aventures Athélienes grâce à un sort lancée par Morag, la reine des Gobelins.
    La jeune femme a quitté sa petite ville et, depuis 2 ans, sort avec Jason.
    A cause des caprices d’une petite gobeline et des manigances du frère du roi des gobelins, voilà Kat de nouveau expédiée à Athelia, à l’instant même où elle en était partie.
    Je dois dire que pendant toute la première partie, Edward est descendu en flèche dans mon estime. Malgré la perte évidente de mémoire de Kat, malgré le fait qu’il réalise très vite que si pour lui quelques minutes ont passées mais que pour elle 7 ans se sont écoulés, malgré le refus très marqué de kat de rester à Athelia, dès lors qu’elle lui avoue ne pas être mariée et ne pas avoir d’enfant, il décide qu’il a légitimement le droit de la garder près de lui, même contre son gré. Il va jusqu’à la faire suivre partout où elle va, de peur qu’elle ne tente de s’enfuir.
    Du coup, quand elle retrouve la mémoire, j’ai été très dérangée qu’elle lui présente des excuses pour avoir voulu partir. J’aurais préféré qu’elle lui annonce qu’elle avait retrouvé la mémoire avant de lui dire ses quatre vérités ! Il ne l’aurait pas volé parce que c’est son attitude à lui qui est inqualifiable, et j’ai trouvé qu’il s’en sortait à bon compte !
    Kat n’a plus 17 ans, elle se sent plus concerné par la politique tout en ayant plus conscience qu’il ne suffit pas de taper du pied pour changer les choses, et la façon de vivre à Athelia, surtout concernant les femmes, ne lui convient absolument pas.
    Les enjeux de ce tome sont différents puisque Kat n’a plus à atteindre un happy end. Elle peut choisir librement de partir ou de rester à Athelia. Mais bien entendu, les choses ne vont pas être aussi simples.
    On retrouve la plupart des personnages tels qu’on les avait laissés : Elle et Poppy, les deux cousines sont égales à elles-mêmes, toujours aussi adorables ; Bertram est toujours aussi indispensable ; et même Bianca, plus méchante que jamais (et aigrie par son mariage « inférieur » à ce qu’elle visait), est présente.
    Il y a peu de nouveaux personnages. On apprend à connaitre un peu mieux le roi et la reine et on va découvrir brièvement l’empereur du royaume voisin avec sa fiancée (adorable) et son frère (un peu lourd mais sans doute parce qu’il trouve les conventions d’Athelia ridicules) pour une courte visite qui sert l’intrigue mais ne nous permet pas vraiment de nous attacher à eux.
    J’aurais aimé voir un peu plus Henri et le libraire mais l’histoire était déjà bien fournie est intense et j’espère qu’on les verra dans le tome 3.
    Je ne m’attendais pas à cette fin. J’avais imaginé un paquet de scénarios possibles mais vraiment, cette fin-là, je ne l’ai pas vu venir.

    Et du coup, vu cette fin, je me demande vraiment comment l’auteur va amener le 3ème tome et ce qu’il va bien pouvoir s’y passer !

    Et je croise les doigts pour que le tome 4 (ou le tome 3.5, je ne sais pas trop), sorti en VO en 2018, soit traduit en VF, et si possible, pas dans 107 ans.

     

    Un extrait : Ce n’est pas la chambre de Jason.

    Je suis allongée sur un lit qui ressemble à ce qu’on trouverait dans un hôpital, en beaucoup plus dur et plus petit. Une fine couverture blanche me recouvre le corps. À part un tabouret de bois à côté du lit, il n’y a aucun meuble dans la chambre.

    Je m’assois. La nausée envahit mon ventre et la tête me tourne comme si je venais de faire un tour de montagnes russes. Je pose les deux mains sur mes tempes et essaie de me concentrer, me demandant frénétiquement comment diable j’ai bien pu finir dans cette chambre  ? Avant de me réveiller, je suis sûre que je me trouvais dans celle de Jason. Peut-être que je me suis évanouie et que j’ai été amenée à l’hôpital ?

    La porte s’ouvre. Au lieu d’une infirmière en uniforme blanc entre un jeune homme incroyablement beau portant une tenue de prince médiéval, tenant dans ses mains une tasse en étain et un sac en papier d’où pointe le bout d’une baguette.

    — Katriona, voici quelques…

    Sa voix s’éteint. Il me dévisage, la bouche légèrement entrouverte, comme si j’étais un extra-terrestre avec plusieurs bras et plusieurs jambes.

    Je me rends compte que je suis à moitié nue dans ma nuisette Victoria’s Secret . Rougissant furieusement, je tire la couverture jusqu’à mon menton.

    — Excusez-moi, vous avez dû vous tromper de chambre.

    Il ne bouge pas. Il continue à me regarder fixement, incrédule.

    — Mais… commence-t-il à dire avant de secouer la tête. Ça n’a aucun sens.

    Je pourrais dire la même chose. Suis-je vraiment dans un hôpital ? Les vêtements, ou le costume, que portent cet homme ne sont simplement pas normaux, à moins que ce soit Halloween, qui n’est que dans plusieurs mois. Ou peut-être que je suis dans un hôpital pour enfants ? Peut-être que ce type a été embauché pour jouer une pièce de Shakespeare pour les enfants malades ?

    — Est-ce que je peux…

    Je regarde vivement autour de moi mais il n’y a rien, pas même un téléphone portable qui traîne.

    — Pouvez-vous me dire où je suis ?

     

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  • [Livre] Un palais de glace et de lumière

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    Lecture terminée le : 05 janvier 2020

     

    Résumé : Depuis la fin de la guerre qui a ébranlé Prythian, Feyre, Rhysand et leurs fidèles amis s'attachent à reconstruire la Cour de la Nuit.

    Mais si le solstice d'hiver apporte une période de repos bien mérité, il semble que l'atmosphère festive ne parvienne pas à chasser les fantômes du passé…

    Alors que le cœur de Feyre guérit peu à peu, ses sœurs et ses amis dissimulent des blessures encore profondes.

    Et si le temps des batailles est bien révolu, les tensions perdurent et menacent une paix encore fragile.

    Les cicatrices et les rancunes accumulées jadis auront-elles raison du fragile équilibre de ce nouveau monde ?


    Auteur : Sarah J. Maas

     

    Edition : La martinière

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 03 Octobre 2019

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : J’avais eu beaucoup de mal à refermer le tome 3 de la trilogie et j’étais très contente de savoir que l’auteur allait écrire une nouvelle trilogie sur le même univers mais avec d’autres personnages que Rhys et Feyre comme éléments centraux.
    D’ailleurs, au vu de l’extrait des premières pages qu’on peut lire dans ce livre, je ne pense pas trop m’avancer en disant que cette nouvelle trilogie tournera autour de Cassian et Nesta. J’espère quand même que l’on continuera à avoir des nouvelles de tous les autres et notamment de Morigan qui a pas mal de choses à régler.
    Ce tome-là n’introduit pas de nouvelle intrigue, il se contente de nous montrer comment vont les choses, surtout pour Velaris et ses habitants, après la guerre.
    Les inquiétudes de Rhysand, maintenant que le mur est tombé, sont palpables. En plus de la reconstruction, il y a donc pas mal de politique à gérer.
    Dans ce tome, il y a de multiple points de vue et c’est vraiment nécessaire car les personnages vaquent à leurs occupations chacun de leurs côté : Rhysant, entre autres choses, va voir Tamlin dont la cour est la plus proche de l’ancien mur, Feyre se préoccupe du quartier des artistes et des conséquences de la guerre sur Velaris, Cassian essaie de gérer les Illyriens au mieux, ce qui n’est pas une mince affaire… Pour suivre tout cela, les points de vue de chacun étaient donc indispensables.
    Ce livre est présenté comme un tome 3,5, ce qui est bien le cas quand on regarde le contenu. Mais ça reste quand même un tome intermédiaire qui fait 306 pages (quand d’autres tomes de ce genre n’en font que 180), ce qui n’est pas mal du tout (même si on n’en a jamais assez, j’en conviens).
    Même si ce tome n’apporte pas de nouvelles intrigues, il pose les bases de ce qui pourrait bien occuper nos personnages dans la prochaine trilogie. Ainsi sont mentionnés pêle-mêle l’attitude destructrice de Nesta, la chute du mur, ce qu’il convient de faire à ce sujet mais qui ne fait pas l’unanimité des cours, les reines mortelles, la relation entre Morigan et son salopard de père, Lucien qui s’exile un peu probablement à cause de l’attitude d’Elain à son égard, Tamlin ou encore la créature que Feyre a libérée pour leur venir en aide et qui est à présent dans la nature (et qui ne semble pas être la seule d’ailleurs).
    Bref, autant de détails qui seraient susceptibles de devenir la source de gros ennuis.
    Ce tome est donc la promesse d’une nouvelle trilogie riche en évènements en tout genre et tout aussi addictive que la première. Autant dire que je suis impatiente de la découvrir.
    Je vais guetter toutes les actualités à ce sujet et peut être, en attendant, jeter un œil sur la nouvelle trilogie de l’auteur : Crescent City

     

    Un extrait : Je vidai ma tasse, ramassai mon couvert et entrai dans la cuisine. Je pourrais jouer plus tard avec la neige et la glace.

    Nuala préparait déjà le déjeuner sur la table de la cuisine tandis que sa jumelle Cerridwen restait invisible. Quand elle voulut prendre mon couvert, je l’écartai d’un geste.

    – Je peux laver tout ça moi-même, lui dis-je en guise de salut.

    L’immortelle, qui confectionnait une tourte à la viande et était dans la pâte jusqu’aux coudes, m’adressa un sourire reconnaissant. Comme sa sœur, elle parlait peu, mais ni l’une ni l’autre n’étaient timides. Certainement pas quand elles travaillaient – ou plutôt espionnaient – pour le compte de Rhys et d’Azriel.

    – Il neige toujours, observai-je très inutilement en regardant le jardin par la fenêtre de la cuisine pendant que je rinçais l’assiette, la fourchette et la tasse.

    Elain avait déjà préparé le jardin pour l’hiver en couvrant les buissons et les parterres les plus fragiles.

    – Je me demande si le temps va se lever, ajoutai-je.

    Nuala posa un treillis de pâte très élaboré sur la tourte et commença à en assembler les coins avec des gestes vifs et adroits de ses doigts évanescents.

    – Ce sera agréable d’avoir de la neige pour le solstice d’hiver, déclara-t-elle de sa voix chantante mais voilée, pleine de chuchotements et d’ombres. L’hiver est parfois très doux dans cette région.

    J’avais oublié que le solstice serait célébré dans une semaine. Grande Dame depuis peu, j’ignorais tout du rôle que je devais remplir lors de ces rites et je me demandais si une Grande Prêtresse nous infligerait des cérémonies fastidieuses, comme Ianthe l’avait fait l’an passé…

    Un an… il y avait presque un an que Rhys m’avait rappelé le marché que nous avions conclu, prêt à tout pour m’arracher à l’atmosphère étouffante de la Cour du Printemps et me sauver du désespoir. S’il avait fait irruption à la Cour du Printemps une minute plus tard, la Mère seule sait où j’en serais aujourd’hui.

     

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  • [Livre] Les contes inachevés – T01 – La vilaine belle-sœur suivi de la princesse d’Athelia

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    Lecture terminée le : 17 décembre 2019

     

    Résumé :

    En déchirant par mégarde un vieux livre d'images, Kat est téléportée dans le monde de Cendrillon, où elle incarne Katriona, l'une des hideuses belles-sœurs ! En tant que jeune fille de noble lignage, sa vie change du tout au tout et elle doit apprendre à survivre aux lois de ce nouvel environnement, à commencer l'épreuve de passer les portes avec une robe à arceaux... Pour revenir chez elle, elle va devoir compléter l'histoire, jusqu'à ce qu'ils soient heureux et aient beaucoup d'enfants. Mais les obstacles sont de taille : l'autre belle soeur est belle à s'en damner, la marraine la bonne fée est aux abonnées absentes et le prince - carrément canon, soit dit en passant - déteste les bals.
    Dans de telles conditions, arrivera-t-elle seulement à rentrer chez elle... ?

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    La princesse d’Athelia : Cette petite nouvelle nous dévoilent les quelques mois qui précédent la fin du tome 1 et qui ont fait l’objet d’une ellipse temporelle dans le roman.


    Auteur : Aya Ling

     

    Edition : Infinity

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 23 Août 2017

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Un autre regard sur Cendrillon.
    Ce que j’ai le plus apprécié dans ce roman, c’est le regard moderne que pose Kat sur ce monde d’un autre siècle.
    Si au début elle est bien décidée à se fondre dans la masse et à ne pas relever ce qui la choque mais qui était la norme à cette époque, très vite, à chaque fois qu’elle assiste à une injustice envers les femmes ou une injustice sociale, elle ne résiste pas à dire haut et fort ce qu’elle pense et à essayer de faire changer les choses.
    Le conte de Cendrillon se voit quelque peu modifié et Kat, qui doit faire en sorte de l’amener jusqu’à son happy end pour être délivrée de la malédiction qui l’a emprisonnée dans ce conte, est aussi perdue que nous.
    Elle l’est d’autant plus que les obstacles ne manquent pas et que chaque acte de Kat visant à se rapprocher du dénouement connu du conte de Cendrillon semble l’en éloigner un peu plus.
    Très vite, Kat s’attache, se fait des amis, et un dilemme se pose à elle : Obtenir le fameux happy end et quitter ce monde qu’elle aime de plus en plus ? Ou laisser tomber et risquer de ne jamais revoir sa mère et sa petite sœur ?

    Dans sa mission, elle est accompagnée par un petit gobelin insupportable qu’elle est la seule à voir et qui est un sujet du roi gobelin à l’origine de la malédiction.
    Parfois, il est utile, mais la plupart du temps, il est juste exaspérant.
    Autre chose que j’ai beaucoup aimé : le fait que le prince ne soit pas qu’un figurant comme dans la plupart des contes, tout comme les personnages secondaires d’ailleurs.
    Ici, ces personnages-là sont de vrais personnages, avec une psychologie approfondie et une histoire bien à eux.
    Et moi, j’adore ça, voir des personnages secondaires qui ont un peu d’étoffe.
    Je ne peux pas en dire plus, au risque de trop en dire, aussi je me contenterai de vous recommander chaleureusement cette réécriture de contes.

     

    Un petit mot sur la nouvelle la princesse d’Athelia, à lire APRES le tome 1 :

    La nouvelle étant trop courte pour en faire une chronique indépendante, je me contenterai de dire qu’elle est un ajout très sympathique à ce tome 1. En effet, à la fin du tome 1, il y a une ellipse temporelle de quelques mois et cette nouvelle va entrer dans le détail de ces quelques mois.
    Etre le tome 1 et ce petit bonus, je suis très impatiente de voir ce que nous réserve le tome 2 !

     

    Un extrait : Je me réveille avec la tête qui me lance, les bras douloureux et le dos en compote. J’ouvre les yeux et cligne des paupières. Je suis allongée dans un lit king size avec un gigantesque baldaquin. Bon sang, ça doit être un rêve incroyable, un rêve où on roule sur l’or.

    — Mademoiselle Katriona ! crie une voix féminine.

    Je cligne de nouveau des paupières, et peu à peu, je discerne la pièce. Je n’arrive pas en croire mes yeux. Le baldaquin n’est pas un fragment de mon imagination. Il est suspendu au-dessus du lit, attaché à des piliers en bois par des rubans de velours. Une petite table près du lit accueille un candélabre, avec trois bougies allumées ! Et il y a une commode dans un coin, avec un pichet en céramique. La dernière fois que j’ai vu un pichet comme celui-là, c’était dans un musée du centre-ville. D’accord, c’est l’heure de me réveiller. Je me pince le bras. Fort.

    — Aïe !

    — Où avez-vous mal, mademoiselle Katriona ?

    C’est encore la voix de cette femme. Je la vois désormais, une femme d’âge mûr avec un bonnet blanc, un tablier et une robe en coton noir.

    Je laisse échapper un cri.

    — Qui… qui êtes-vous ? Où est Paige ? Qu’est-ce que vous faites là ?

    Elle me lance un regard étrange.

    — Vous vous êtes vraiment cogné la tête, n’est-ce pas ? Je suis Martha, mademoiselle. Je changeais vos couches quand vous rampiez encore dans cette maison.

    C’est mon tour de lui lancer un regard étrange.

    — Comment est-ce que vous venez de m’appeler ?

    — Mademoiselle ?

    — Je voulais dire quand vous m’avez appelée Katriona. Je m’appelle Katherine.

    Elle en reste bouche bée.

    — Juste ciel, mademoiselle Katriona ! Nous ferions mieux de vous trouver un docteur, vous dites n’importe quoi !

    Que se passe-t-il, bon sang ? Je me redresse et repousse la couverture. Je remarque alors que je porte une chemise de nuit d’un blanc crémeux, faite entièrement de soie. Une douzaine de petits nœuds rose et bleu sont cousus dessus.

    Je jaillis du lit comme s’il était en feu et me précipite vers le miroir. Dieu soit loué, j’ai toujours la même tête. Je suis peut-être un peu plus mince, mais mes cheveux sont toujours roux, mes yeux toujours gris. Puis je remarque que mes taches de rousseur se sont multipliées – elles recouvrent mes joues en plus de mon nez. Bon sang. La nuisette est affreusement démodée… de longues manches, un col haut, et elle me couvre les chevilles. Je porte même un bonnet de nuit ridicule attaché sous mon menton.

     

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  • [Livre] Everless

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    Lecture terminée le : 22 novembre 2019

     

    Résumé : Julie vit dans la misère avec son père. Pour pouvoir payer ses dettes, celui-ci va consulter l'extracteur de temps. Car au royaume de Sempera, tout se paie en temps. On peut en effet transformer en métal précieux le temps de vie contenu dans le sang...
    Pour éviter que son père, déjà très affaibli, se condamne en procédant à une nouvelle saignée, Julie se fait engager comme domestique à Everless, la résidence des Gerling, la famille la plus puissante du royaume. On va y célébrer les noces de Roan, le fils cadet de la famille, avec la fille adoptive de la reine. Cette dernière est agée de plusieurs centaines d'années grâce à ses richesses (la monnaie créée à partir du sang peut aussi se consommer pour allonger la vie...)
    Or, Julie est depuis toujours secrètement amoureuse de Roan. Car elle a vécu à Everless dans son enfance. Mais suite à un tragique accident, son père et elle ont dû s'enfuir. Et son père lui a toujours interdit de retourner à Everless...


    Auteur : Sara Holland

     

    Edition : Bayard

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 09 Mai 2019

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Dans le monde de Sempera, le sang contient du temps et peut être extrait pour être transformé en pièce de monnaie. Car tout se paye en temps.
    Du coup, le peuple vit dans la misère, et avec les extractions, meurt rapidement, tandis que les riches peuvent vivre des centaines d’années grâce au temps de ceux qu’ils exploitent.
    Les pièces obtenues avec le sang peuvent soit servir de monnaie, soit être dissoute dans un liquide pour être absorbées et ainsi allonger le temps de vie de celui qui les consomme.
    Julie et son père font partie des plus pauvres et la jeune fille craint que le temps de son père ne soit bientôt épuisé s’il continue à faire extraire son sang. Travailler à Everless, la résidence de la riche famille qui gouverne cette partie du royaume, permettrait à la jeune fille de soulager son père, mais ce dernier ne veut rien entendre. Il refuse catégoriquement que Julie remette les pieds à Everless, d’où ils se sont enfuit des années auparavant suite à un grave incident.
    J’ai beaucoup aimé ce livre, mais il ne m’a pas vraiment surprise, ou très peu.
    Déjà, toute cette histoire de paiement par le temps me fait penser au film Time out.
    Ensuite, vu que le livre ne s’éloigne guère des codes du genre, j’ai quasiment tout vu venir des kilomètres à l’avance.
    Par exemple, si je me méfiais d’un personnage, il se révélait effectivement dans les mauvais camps, même si je ne savais à l’avance quels actes il allait commettre.
    Ce qui m’a empêcher de m’ennuyer, ça a été justement ce point : que même si j’arrivais à voir à l’avance qui était dans un camp ou dans l’autre (bon y’a pas réellement de camps, il n’y a pas de guerre en cours, mais disons qui est un pourri et qui est inoffensif ou bienveillant), comme je ne savais pas exactement ce qu’ils allaient faire, j’attendais de voir comment ils allaient être démasqués, repérés etc…
    Avec tous ces personnages qui portent quand même un masque, on ressent une impression de danger permanente, surtout qu’on ne sait pas bien d’où il vient.
    Au fur et à mesure qu’on avance dans le récit, il gagne en originalité, notamment avec la légende de l'envoûteuse et de l’alchimiste, sur laquelle repose une grande partie de l’histoire et que j’ai particulièrement aimée.
    En termes de personnages, j’ai beaucoup aimé Julie, volontaire sans être tête brûlée, ainsi que Liam, malgré son caractère et son comportement.
    J’ai été plus mitigée en ce qui concerne Roan. Je peux apprécier un personnage qui soit un véritable salaud, comme un personnage qui soit adorable, mais j’ai du mal avec les mollassons. Et c’est exactement comme ça que je vois Roan. Il est gentil, oui, mais il semble ne vouloir s’impliquer dans rien, n’avoir aucune conviction, et oublier avec une facilité déconcertante la pauvreté et les injustices du moment qu’elles n’ont pas lieu sous ses yeux. Ça m’a autant énervée que ça a l’air d’agacer son frère, Liam.
    Il y a beaucoup d’autres personnages, mais dire ce que j’ai pensé d’eux reviendrait à en dire beaucoup trop sur l’histoire. Disons j’en ai apprécié autant que j’en ai détesté.
    J’ai aussi beaucoup aimé le rythme du récit ainsi que l’ambiance qui est assez pesante.
    Dans ce 1er tome, il y a très peu de romance, mais j’ai eu le sentiment que tout se mettait doucement en place pour qu’on en ai une belle dans le tome 2.
    Un second tome que j’ai hâte de découvrir et qu’on devrait avoir aux alentours de mai 2020 si la maison d’édition française garde le même écart de publication avec la VO.

     

    Un extrait : Presque tous les habitants de Sempéra trouvent la forêt effrayante, à cause des vieilles histoires de fées capables de figer le temps contenu dans leur sang ou de sorcières pouvant les vider de leurs années d’un simple chuchotis. On raconte même que l’esprit de l’Alchimiste hante ces bois, et qu’il est assez puissant pour emprisonner des éternités entières dans un souffle.

    Moi, ce ne sont pas les fées qui m’effraient. La forêt recèle des dangers bien réels – des voleurs en embuscade, portant poignard acéré et poudre alchimique à la ceinture, prêts à saigner du temps à quiconque ose s’aventurer loin de son village. On les nomme les saigneurs. C’est à cause d’eux que papa n’aime pas que j’aille chasser, mais nous n’avons pas le choix. En hiver, de toute façon, les sous-bois ne sont pas assez denses pour offrir une cachette aux brigands, et aucun chant d’oiseau ne couvre les bruits de leurs pas.

    De plus, je connais ces bois mieux que personne. J’ai toujours adoré m’y promener, flâner sous les branches enchevêtrées qui masquent le soleil et forment un rempart contre le vent cinglant. Je pourrais y passer mes journées, ou marcher sans plus m’arrêter parmi les arbres miroitants de givre et de glace, sous les rais de soleil effilés comme des dagues. Et disparaître.

    Tu parles ! Jamais je n’abandonnerai mon père, surtout s’il est…

    – Ne dis pas de bêtises, m’interromps-je.

    Ce mensonge gèle dans l’air glacial et retombe comme de la neige. Je le chasse d’un coup de pied.

    Papa raconte que certains arbres sont vieux de mille ans, qu’ils étaient déjà là bien avant la naissance de tous les habitants peuplant le royaume aujourd’hui, avant même que la reine accède au trône, ou que l’Alchimiste et l’Envoûteuse transforment le temps en sang et en métal – si tant est qu’une telle époque ait jamais existé. Ces arbres seront encore debout quand nous aurons tous quitté ce monde. Pourtant, ce ne sont pas des prédateurs comme les loups ou les hommes. Les racines qui s’étendent sous mes pieds ne vivent pas depuis des siècles en aspirant les forces des autres plantes jusqu’à ce qu’elles se flétrissent et deviennent grises. Et l’on ne peut pas les saigner pour en extraire leur temps.

    Si seulement nous ressemblions davantage aux arbres.

    Le vieux mousquet de papa pèse sur mon dos, lourd et inutile. J’ai eu beau marcher des lieues, je n’ai pas croisé de gibier. Dans quelques heures, il fera nuit, et les marchands baisseront l’un après l’autre la toile de leur étal. Bientôt, je serai obligée de rentrer au bourg et de me rendre chez l’extracteur de temps. J’avais espéré que la chasse me calmerait, me donnerait du courage pour ce qui m’attend, mais j’ai encore plus peur qu’avant de partir.

    Demain, nous devrons régler le loyer de notre chaumière de Crofton. Comme tous les mois, la famille Gerling renflouera ses coffres avec notre fer-de-sang, au prétexte que nous lui sommes redevables pour la protection qu’elle nous apporte. Pour les terres qu’elle nous prête. Le mois dernier, nous n’avons pas pu payer, mais nous nous en sommes tirés avec un avertissement du percepteur – parce que papa semblait trop mal en point, et moi trop jeune –, mais ce n’était pas un geste de charité de sa part. Ce mois-ci, il exigera le double, peut-être même plus. Maintenant que j’ai dix-sept ans, l’âge légal pour donner ses années à saigner, je sais que je n’ai plus le choix.

    S’il a toute sa tête, papa sera très en colère.

     

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  • [Livre] Les arcanes d’Hemera – T02

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    Lecture terminée le : 09 novembre 2019

     

    Résumé : Depuis qu’Allyn a accepté d’intégrer les rangs de l’Organisation, sa vie n’a plus rien d’ordinaire. Son équipier est incernable, son colocataire fantôme refuse son aide et deux Anges Noirs l’ont dans le collimateur… Pourtant rien ne semble la décourager, pas même la recherche éprouvante d’une âme perdue lui donnant du fil à retordre. Ignorante des manigances qui se jouent et des dissimulations de son entourage, Allyn persiste dans la mission qu’elle s’est attribuée. Seulement s’il y a bien une leçon qu’elle aurait dû retenir, c’est que depuis son arrivée à l’Organisation, les choses ne se déroulent jamais comme prévu…


    Auteur : Elyna E.C.

     

    Edition : Inceptio

     

    Genre : Fantastique

     

    Date de parution : 26 Octobre 2018

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : J’avais acheté le tome 2 en même temps que le tome 1 mais j’ai volontairement attendu avant de lire ce second tome (enfin, attendu pas très longtemps non plus : deux mois), histoire de laisser décanter ma première lecture.
    Dans ce tome, Allyn s’est un peu plus affirmée mais l’âme perdue à laquelle elle s’intéresse depuis son entrée à l’organisation, Marion, lui donne du fil à retordre. Et Lucas ne la ménage toujours pas.
    Il est vraiment insupportable et je me suis demandée qui Allyn allait se payer en premier : Lucas ou un ange noir.
    Et encore, si je n’ai pas mis Maël sur le rang des candidats à la baffe, c’est qu’il est immatériel.
    De plus, Allyn commence à se poser des questions sur les secrets que cache l’association. C’est compréhensible, les singuliers font tout le boulot, prennent tous les risques, et ceux qui se contentent de rester bien planqués (vous sentez l’allusion à cette larve de Loïc Fortin ?) se permettent de leur donner des leçons.
    Dans ce tome, on va en apprendre plus sur Lucas et sur Allyn et leurs passés respectifs.
    Je ne suis pas une grande fan des anges que je trouve bien trop arrogants. Et ce n’est pas ceux de ce livre qui vont me réconcilier avec l’espèce : ils montrent qu’ils se considèrent comme supérieur alors qu’ils devraient être au service de l’humanité.
    J’ai un peu regretté Lucius. Son côté sadique et son humour grinçant m’a manqué et si je comprends pourquoi il n’y a pas eu de confrontation mais j’aurais bien aimé voir quelques conversations avec Aldrick.
    Pour Maël, je suis mitigée. D’un côté, je l’ai trouvé particulièrement odieux, d’un autre les anges ont une sacrée part de responsabilité dans tout ça, mais en même temps, est-ce que ça l’autorise à se comporter ainsi ?
    Mitigée, quoi…
    Et puis, comme parfois les choses sont bien faites, en plus d’avoir eu un énorme coup de cœur pour ce tome, j’ai appris qu’un tome 3 n’allait pas tarder à être publié (J’ai essayé de connaitre la date, mais bon, d’un auteur aussi sadique, il fallait s’attendre à ce qu’elle résiste à la torture !)
    Il n’y a plus qu’à croiser les doigts pour que cette bande de tortionnaires ne nous fassent pas trop attendre !
    en attendant, j’ai plein d’autres romans inceptio à lire !

     

    Un extrait : Lorsque Lucas s’avachit sur la chaise vide en face de la mienne ce matin-là, il le fait avec si peu de délicatesse que j’en manque de renverser mon petit déjeuner sur mon plateau-repas.

    — Toi, on peut dire que tu as le chic pour choisir tes âmes perdues, lance-t-il en guise de préambule.

    Bien le bonjour à toi aussi.

    — Je présume que tu as fait connaissance avec Marion.

    — Cette femme est horrible.

    — Ravie que pour une fois on soit capable de s’entendre sur un point.

    Lucas fronce les sourcils et m’examine longuement avant de continuer :

    — Bref, j’ai tout autant envie de reprendre la lecture que de me couper une main, mais de toute manière ce n’est pas important pour le moment, car je pense avoir trouvé un souvenir intéressant.

    — Vraiment ? Déjà ?

    — Je lis vite, assure-t-il.

    Harper penche la tête sur le côté, sûrement dans l’espoir de déchiffrer mon expression blasée. Décidée à ne pas lui faciliter la tâche, je laisse mes cheveux détachés pendouiller devant mon visage en me penchant pour touiller mon chocolat chaud.

    — Quelque chose ne va pas ? demande-t-il comme si nous étions soudain redevenus les meilleurs amis du monde.

    Ravalant la répartie que je meurs d’envie de lui déballer depuis quelque temps, je l’ignore en contemplant ma cuillère recouverte de mousse blanche.

    — Allyn ?

    — Quoi ? m’impatienté-je en relevant les yeux.

    — Je t’ai posé une question.

    — Que j’ai ignorée, au cas où tu ne l’aurais pas compris.

    Il se renfrogne.

    — Allyn, arrête un peu, veux-tu ? Nous n’arriverons pas à travailler correctement si tu continues à me faire la tête.

    Alors là, c’est la meilleure de l’année. C’est avec énormément de self-control que je me retiens de lui lancer ma boisson brûlante au visage.

     

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  • [Livre] Le dernier magicien – T01 – L’Ars Arcana

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    Lecture terminée le : 04 octobre 2019

     

    Résumé : Arrêter le magicien.
    Voler le Livre.
    Sauver le futur.
    De nos jours à New York, les magiciens vivent terrés dans Manhattan, piégés par le Brink, une barrière d'énergie sombre inventée par l’Ordre. S’ils la traversent, ils perdent leur pouvoir, et souvent leur vie.
    C’est compter sans Esta, une magicienne ultra-douée qui récupère des artéfacts de l’Ordre en voyageant dans le temps. En effet, la jeune fille a le don de circuler à travers les époques. Et l’heure de sa grande mission est venue : elle doit se rendre en 1902 et empêcher un Magicien de se jeter du haut du pont de Brooklyn avec le Livre ancien contenant les secrets de l’Ordre. Esta saura-t-elle trahir le passé et ceux qu’elle aime pour sauver l’avenir ?


    Auteur : Lisa Mawell

     

    Edition : Casterman

     

    Genre : Fantastique

     

    Date de parution : 19 septembre 2018

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Dans un New York où la magie existe, deux groupes s’affrontent : Les mages, qui ont de la magie en eux naturellement, et l’Ordre, qui se sert d’artéfacts pour avoir accès à la magie.
    L’Ordre veut éradiquer les mages, ils ont même créés une barrière pour les emprisonner sur l’île de Manhattan. Tout mage qui tente qui quitter l’île et de traverser la barrière est aussitôt dépossédé de sa magie. Or un magie ne survie pas à cet arrachement.
    Esta est une jeune mage du XXIème siècle. Orpheline, elle a été recueillie par un vieux mage qui l’a formée à être une voleuse exceptionnelle sans avoir à utiliser sa magie et donc, sans risquer d’être repérée par l’Ordre. A son époque, la magie est devenue une légende dans l’esprit des gens et le peu mages qui restent, ainsi que l’Ordre, continuent leur combat dans l’ombre.
    Les mages ne peuvent faire tout ce qu’ils veulent  avec leur magie. Chacun a une « affinité » qui définit son type de pouvoir.
    L’affinité d’Esta est de pouvoir naviguer sur le fil du temps.
    Elle reçoit la mission de retourner en 1902 pour y voler un livre : L’ars Arcana, qui aurait permis à l’Ordre de créer la barrière et qui est indispensable pour défaire l’Ordre.
    Mais en 1900, les choses sont bien différentes. L’Ordre règne sur la ville et mages sont réunis en clans rivaux qui se font une guerre acharnée (un peu ambiance Gang of New York).
    Je me suis énormément attachée à Esta. Elle est vraiment super cette gamine !

    Dolph n’est pas vraiment un type bien. C’est un chef de clan, plutôt amer (on peut le comprendre, il a ses raisons), qui n’hésite pas à torturer ses hommes s’il doute de leur fidélité et qui ne doit pas plus hésiter à tuer.
    Et en même temps, est ce qu’il pourrait survivre et protéger ceux qui dépendent de lui sans cette dureté ?
    Du coup, on ne peut pas dire qu’il m’ait vraiment déplu, en tout cas, il est intéressant.
    Viola aussi est difficile à cerner. Aussi affutée et tranchantes que les lames qu’elle aime à manier, elle est aussi d’une loyauté sans borne.
    Quant à Harte, je l’ai vraiment beaucoup aimé. Il refuse d’être affilié à un gang (et de perdre ainsi sa liberté) et fraye avec des membres de l’Ordre en dissimulant à tout le fait qu’il est un mage. Il joue un jeu dangereux en se produisant sur scène comme illusionniste et en cachant son affinité derrière une connaissance scientifique de son sujet (tout comme les membres de l’Ordre).
    C’est lui qu’Esta va identifier dès le début comme étant le « dernier magicien », lui que sa mission est de doubler.
    Leur histoire est tourmentée et rien d’une romance fleur bleue.
    Après autant de tension, de rebondissements et d’action, je ne m’attendais pas à ce que les derniers chapitres soient aussi dévastateurs.
    C’est comme si après avoir survécu à des turbulences et un atterrissage forcé, on se prenait un tsunami en pleine poire.
    Je ne m’attendais tellement pas à ça ! Tant de révélations qui s’imbriquent les unes dans les autres.
    L’écriture est vraiment géniale, l’univers est d’une richesse incroyable et autant dire qu’en plus de 600p, l’auteur prend tout le temps qu’il faut pour le mettre correctement en place.
    Et ce, pour mon plus grand plaisir.
    Tout cela me donne extrêmement envie de découvrir la suite, qui, heureusement, ne devrait pas trop tarder !

     

    Un extrait : Mais les meilleurs magiciens sont avant tout de bons menteurs, et ce magicien-là n’était rien moins qu’exceptionnel.

    Il baissa le bras ; le silence et le vide du pont l’enveloppèrent et la dure réalité le heurta de plein fouet. Si sa vie était une suite d’illusions, sa mort serait la plus grande d’entre elles. Car pour une fois, il n’y aurait pas d’imposture. Pour une fois, il n’y aurait que la vérité. Son ultime évasion.

    Cette pensée le fit frissonner — à moins que ce ne fût le vent glacial qui transperçait le fin tissu de sa veste. D’ici quelques semaines, le froid aurait complètement disparu.

    Il faisait le bon choix. Le printemps était une saison agréable mais l’été, entre la puanteur humide des rues, la chaleur oppressante qui régnait dans les appartements et la sueur qui perlait en permanence dans le dos... Cette façon qu’avait la ville de perdre un peu la tête dès que montaient les températures, voilà qui ne lui manquerait pas.

    Mais bien sûr, c’était un autre mensonge. Un de plus, un de moins... Il laisserait le soin à d’autres de faire le tri.

    Il pouvait encore partir, pensa-t-il alors dans un élan de désespoir. Il pouvait traverser le reste du pont, braver la Barrière. Peut-être atteindrait-il l’autre côté. Certains y parvenaient, après tout. Peut-être finirait-il comme sa mère — il ne méritait certainement pas mieux.

    Il restait une petite chance qu’il survive, auquel cas il pourrait repartir de zéro. Il connaissait assez de tours: il avait déjà changé de vie et de nom par le passé, il pouvait recommencer. Ou essayer, tout du moins.

    Non, il savait que cela ne fonctionnerait pas. Fuir n’était qu’une autre façon de mourir. Et l’Ordre, lui, n’était pas limité par la Barrière, il continuerait de le pourchasser. Un certain temps, en tout cas. Détruire le Livre ne suffirait pas. Quand l’Ordre le retrouverait — et ce n’était qu’une question de temps —, il ne le lâcherait plus jamais. L’Ordre se servirait de lui. Il serait exploité jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien du jeune homme qu’il était.

    Il préférait s’en remettre à l’océan.

    Il grimpa sur la rambarde et dut s’agripper à un câble pour garder l’équilibre contre les bourrasques violentes de ce mois de mars. Au loin, côté ville, il perçut le grondement des calèches mêlé de bribes de voix animées. L’heure n’était plus à l’hésitation.

     

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  • [Livre] Apostasie

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    Lecture terminée le : 29 septembre 2019

     

    Résumé : Anthelme croit en la magie des livres qu'il dévore. Étudiant désabusé et sans attaches, il décide de vivre en ermite et de s'offrir un destin à la mesure de ses rêves. Sur son chemin, il découvre une étrange forêt d'arbres écarlates, qu'il ne quitte plus que pour se ravitailler en romans dans la bibliothèque la plus proche.
    Un jour, au hasard des étagères, il tombe sur un ouvrage qui semble décrire les particularités du lieu où il s'est installé. Il comprend alors que le moment est venu pour lui de percer les secrets de son refuge.
    Mais lorsque le maître de la Sylve Rouge, beau comme la mort et avide de sang, l'invite dans son donjon pour lui conter l'ensorcelante légende de la princesse Apostasie, comment différencier le rêve du cauchemar ?


    Auteur : Vincent Tassy

     

    Edition : Editions du chat noir

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 04 avril 2016

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : J’ai tellement entendu parler de ce livre que je ne pouvais que l’intégrer à la PAL du Pumpkin Autumn Challenge 2019.
    L’écriture de l’auteur n’est pas vraiment mon style et j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire (vous allez rire, j’ai imaginé que le texte était lu par Guillaume Lebon, la voix française de Sherlock Holmes dans Elementary, et c’est passé comme une lettre à la poste).
    J’ai vraiment plongé dans l’histoire quand commence le récit de celle de Lavinia et Ambrosius, dans lequel se trouve justement le personnage éponyme.
    Apostasie est plus un symbole, une quête, qu’un personnage. Elle n’est que très peu présente, mais est au centre de toutes les réflexions.
    Si Anthelme m’a fatiguée avec ses questions pseudo-existentielle et que j’ai eu envie de le renvoyer dans la vraie vie à coup de pied aux fesses, si Irvine et Apholion m’ont profondément déplu tant je les ai trouvé antipathique, faux et mesquins, j’ai vraiment aimé les autres personnages, surtout Lavinia et Sarah.

    L’écriture est poétique, avec un vocabulaire recherché, parfois désuet (franchement, il faudrait que je reprenne ce livre et que je me fasse un répertoire !).
    Il y a beaucoup de descriptions, d’énumérations. C’est parfois un peu lourd, mais la plupart du temps c’est surtout très beau.
    Par contre, si le texte est poétique, l’histoire n’en demeure pas moins horrifique avec des scènes qui restent un moment en mémoire.
    Difficile d’en dire plus sans trop en dire car le livre ne fait finalement que 333 pages.
    Dites-vous que vous allez croiser de l’amour, de la haine, de l’obsession, de la folie, de la jalousie, de la lassitude, de la folie et de la rage.
    Vincent Tassy renoue avec une image très traditionnelle du vampire, très éloigné des Edward Cullen, Spike et autre Stefan Salvatore.
    Si vous en avez ras la casquette des vampires végétariens défenseurs de la veuve et de l’orphelin, et que vous n’êtes pas rebutés par les textes poétiques et oniriques : Foncez !
    (Sinon, si la poésie ce n’est pas votre truc, tournez-vous vers Morgane Caussarieu, ses vampires sont flippants aussi).

     

    Un extrait : Mon ombre.

    Ma pauvre ombre.

    Depuis le coucher du soleil, elle saigne. Et ça ne s’arrêtera plus. Mais d’où vient-il, tout ce sang ? De nulle part, sans doute. Des eaux noires d’une malédiction.

    Je ne pourrai plus sortir de chez moi, maintenant. Je m’en moque. Je vais peut-être me laisser mourir de faim. Me noyer. Est-ce que mon ombre saignera encore quand je serai mort ? Est-ce qu’elle pourra engloutir le monde ? Oui. Je crois bien. Je l’ai lu.

    On trouvera mon corps, la source de ce mal inconnu. On l’enterrera quelque part. On priera pour que des funérailles mettent fin à l’inondation. Mais le sang se répandra encore et encore ; partout dans la terre, depuis la racine poreuse de mon cercueil. Même dans l’obscurité de la tombe j’aurai toujours une ombre. Alors on étudiera les arcanes de ma dépouille pour neutraliser son fléau, on voudra me réduire en cendres, mais leurs ombres invisibles, même celles de mes chairs désintégrées, saigneront en averses éternelles. Dans des siècles, ou plus tôt, ou plus tard, mes ombres auront tout noyé.

    Je n’ignore plus les raisons de cette blessure indolore qui ne cicatrisera jamais. Ce sang, ce sang qui ne tarit pas, mon ombre ne l’aurait jamais versé si je n’avais pas été la proie des fleurs de la Sylve Rouge.

    À l’heure noire où mon ombre ruisselle je voudrais dire l’histoire des fleurs maudites, des amours maudites, des splendeurs maudites qui m’ont mené ici. Reclus dans mon taudis, à la lueur grise et fatiguée d’une ampoule nue, je voudrais une dernière fantaisie, raconter l’histoire d’Apostasie.

    Mon encre n’est pas enchantée. Mes mots n’auront pas d’énergie ; il n’y aura pas de miracle. Lorsqu’à la surface du monde il n’y aura plus que du sang, mes feuillets se ramolliront, et les souvenirs qu’ils renferment disparaîtront bêtement. C’est tout.

    Mais je dois faire vite. Bientôt, on frappera à ma porte ; ce sera quelqu’un qui passe près d’ici, et qui s’inquiète du liquide qui se faufile dans l’interstice.

     

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