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Fantasy/Science-Fiction

  • [Livre] Contes de fées pour héroïnes d’aujourd’hui

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    Résumé : Les contes de fées ont bercé notre enfance, si bien que les schémas du Prince charmant, de la princesse à la chevelure dorée, de la méchante sorcière et du château enchanté ont fait leur place dans notre inconscient collectif. Et si les classiques volaient en éclats ? Et si, au contraire, la magie des contes d’autrefois existait toujours ? De notre époque moderne aux mondes féeriques, d’un Fantastique léger vers un Merveilleux exalté, la vie peut être un conte de fées ! L’anthologie comporte six nouvelles. La ligne de l’anthologie, du Fantastique au Merveilleux, accompagne progressivement le lecteur d’une romance moderne vers un univers totalement fantasy.

     

    Auteur : Collectif

     

    Edition : Roses bleues

     

    Genre : Fantasy

     

    Date de parution : 2012

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Franchement ? J’ai l’impression d’avoir perdu mon temps en lisant ce recueil de nouvelles toutes plus mal écrites les unes que les autres. D’un mélange hyper prévisible, sans le moindre rebondissement du diable s’habille en Prada et de Cendrillon à une nouvelle se passant au pays des merveilles où celle qui est censée être l’héroïne ne fait rien, ne dit quasiment rien et est renvoyé dans ses pénates on ne sait comment (d’ailleurs on ne sait pas non plus comment elle est arrivée là), en passant par des histoires sans queue ni tête sur des malédictions qui pointent leur nez et se défont à leur guise ou sur une orpheline qui en un claquement de doigt se retrouve des années après sillonnant les routes à dos de cheval à la recherche de dragons…
    Si ce livre avait fait 40 pages de plus, je l’aurait abandonné. Je n’arrive même pas à croire le prix que les éditeurs osent demander pour ce recueil d’inepties où les auteurs semblent penser que nouvelle rime avec absence de trame, d’histoire, de cohérence.
    La seconde nouvelle remonte très légèrement le niveau grâce à l’humour qu’elle met en avant quand une jeune femme en mal de romantisme se rend compte que dans les contes de fées les filles sont censées être des victimes cruche comme pas deux et ne se prive pas de faire savoir aux différents personnages ce qu’elle en pense.
    Mais en dehors de ces quelques pages qui nous arrachent un sourire : poubelle ! Et sans remord !

     

    Un extrait : La rédaction du magazine « B.M » (Beautiful Model) était en effervescence. En plus du bouclage prévu pour la semaine suivante, le mensuel organisait en l'honneur du créateur Umberto Magnelli un gala à l'occasion de ses trente années de carrière. L'événement, qui se tiendrait le soir même dans un des palaces de la ville, faisait l'objet de toutes les attentions, et ce depuis plusieurs semaines.

    Bien que le gros du travail fût abattu, les détails n'en restaient pas moins importants. Tout devait être parfait ! Au milieu de cette agitation ambiante, Charlotte avait mémorisé par cœur, bien malgré elle, ce leitmotiv que sa supérieure vociférait à chaque instant, la voix de Zvetlana Babouchka s'invitant jusque dans ses rêves depuis près d'un mois. « Tout doit être parfait » entendit-elle à l'autre bout du couloir. Charlotte se redressa aussitôt et prit un air concentré, alors que le bruit des talons se rapprochant faisait frémir ses collaborateurs. Si ces derniers, qui ne travaillaient pas directement avec le « monstre venu du froid », délicat surnom qu'ils lui avaient trouvé, en avaient des maux de ventre, que pouvait bien ressentir Charlotte ? Ils saluaient d'ailleurs son courage et l'air impassible qu'elle affichait, s'imaginant qu'elle se gavait d'antidépresseurs pour tenir la distance et faire bonne figure. En réalité, elle prenait simplement la vie avec philosophie. Sa place dans le magazine n'était que temporaire, juste une expérience à ajouter à son CV pour son cursus d'assistante de direction, même si, dans cet emploi précis, elle n'officiait pas auprès du directeur, soit la rédactrice en chef du magazine de mode. Non, Charlotte était en fait l'assistante de son assistante. Aux yeux des autres, le poste qu'elle occupait était prestigieux. Être dans la sphère de Zvetlana Babouchka signifiait beaucoup ! De nombreuses filles étaient passées par là avant elle mais aucune n'avait fait long feu, souvent virée sans ménagement par la Zvetlana des mauvais jours, et ces mauvais jours-là étaient nombreux ! Il était d'ailleurs étonnant qu'elle ait engagé une personne comme Charlotte. En effet, celle-ci ne correspondait pas au genre de la maison : elle portait une taille 2, chaussait du 39, avait eu un brusque arrêt de croissance à l’âge de douze ans et ses cheveux roux hirsutes n'arrangeaient rien. Sa seule similitude avec les autres filles, et notamment sa cheffe, était ses yeux bleus. Toutefois, cela s'arrêtait à leur couleur, car ils n'affichaient pas la même expression. Il faut dire que Zvetlana n'avait pas volé son sobriquet.

    — Charlotte ! Bureau ! lança-t-elle en passant devant son poste, un gobelet à la main.

    Il était 09h02 et, comme toujours à cette heure, Zvetlana la conviait à une réunion.

    Charlotte souriait intérieurement quand elle entendait cet ordre. Lors de son premier jour, elle avait cru la suivre dans un espace privatif, aux murs solides et impénétrables. En vérité, elle n'avait eu qu'à se déplacer un meuble plus loin. N'était-ce la décoration personnelle de Zvetlana, elle se serait crue à son propre bureau.

     

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  • [Livre] L’échange

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    Résumé : Mackie Doyle n’est pas un humain, même si tous les habitants de la petite ville de Gentry le considèrent comme un des leurs. Voilà seize ans, il a été échangé contre un bébé humain. C’est le prix à payer pour la paix avec le monde d’où il vient : un univers terrifiant où d’obscurs tunnels suintent des eaux pestilentielles, peuplé de morts-vivants et dirigé par une étrange princesse tatouée.

    Depuis, Mackie se bat pour survivre, malgré ses allergies mortelles au fer, au sang et aux lieux sacrés. Quand la plus jeune sœur de Tate, la fille qu’il aime, disparaît, il décide de tout faire pour la retrouver, même s’il doit affronter pour cela les plus sinistres créatures. Dans cette descente aux enfers, trouvera-t-il enfin sa véritable place ?

     

    Auteur : Brenna Yovanoff

     

    Edition : Michel Laffon

     

    Genre : Fantastique

     

    Date de parution : 20 septembre 2012

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : L’histoire a du potentiel. Le sujet est intéressant et les personnages ne demandent qu’à nous emporter dans leur univers. Malheureusement, le roman manque d’approfondissement. L’histoire est survolée et les origines de Mackie et de ses semblables pas assez expliquées.
    Les personnages acceptent tout sans réactions, sans se poser de questions. Tate est la seule à remettre en cause ce qu’elle voit, mais elle le fait de manière assez timide, même si c’est une grande gueule. Disons qu’elle n’insiste pas trop.
    J’ai aimé le côté One Shot car on est submergés par les trilogies et autres saga, mais l’auteur a confondu One Shot avec ébauche d’histoire. Celle-ci aurait pu être plus approfondie, plus détaillée. Le livre ne fait que 345p, on ne peut donc pas dire qu’elle était en difficulté à cause de la longueur.
    Quand on voit la couverture, on se pose plein de questions : pourquoi ce mobile ? Que représente-t-il ? Ça me faisait un peu penser à la famille Addams mais j’étais ouverte à toutes les explications. Et puis…rien… un pétard mouillé. L’explication tient en 2 lignes sans que cela ait la moindre incidence sur l’histoire.
    En fait, toutes les scènes, toutes les explications ne sont faites qu’à moitié. Et pour moi ça a été un gros manque.
    Le livre se laisse lire, il n’est pas très long et l’écriture en elle-même n’est pas désagréable. Avoir un narrateur masculin est aussi plutôt pas mal, car ça reste assez rare. Mais j’attendais vraiment plus d’une histoire avec une couverture et un résumé pareil.

     

    Un extrait : Pour cette dernière question, il s'était tourné vers Stéphanie, qui hocha la tête avec Jenna, mais Alice leva les yeux au ciel.

    — Pas vraiment. Ça pique un peu quand elle vous enfonce le tube... mais bon, ça va. En fait, on le sent beaucoup plus après coup ; au moment où elle arrache l'aiguille, ça se met à saigner et ça s'arrête plus.

    Elle tendit le bras pour montrer la tache rouge qui s'agrandissait à vue d’œil sur son pansement.

    Des métaux ferreux, on en trouvait partout, dans les voitures, dans les appareils électroménagers, dans ces grosses machines industrielles qui conditionnaient la nourriture. Mais la plupart du temps, ils étaient alliés à d'autres éléments — carbone, chrome et nickel. Ça restait douloureux, ou plutôt ça vous rongeait lentement, en profondeur. Je gérais.

    Tandis que le fer du sang, c'était une autre histoire. Il se ruait à travers ma bouche et mes narines, me prenait à la gorge. D'un seul coup, j'eus du mal à me concentrer. Mon cœur battait la chamade, puis se mit à ralentir fortement.

     

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  • [Livre] 1984

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    Résumé : «De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée.»

     

    Auteur : George Orwell

     

    Edition : Folio

     

    Genre : Science-Fiction

     

    Date de parution : 10 juin 1949

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Précurseur, avec le Meilleur des mondes de Aldous Huxley (dont Orwell a été l’étudiant) et un bonheur insoutenable d’Ira Levin, du genre dystopique, 1984 est donc un classique, un incontournable du genre. Pourtant, je ne l’avais encore jamais lu (la faute à une prof d’anglais un tantinet alcoolique qui nous a fait sans relâche étudier un passage… et d’ailleurs, maintenant que j’ai lu le livre, qu’on se le dise : elle avait rien compris !!!).
    Dans cette société « futuriste » (le livre a été écrit à la fin des années 40 et l’action se passe en 1984… qui a dit : pas possible ?), le monde a été divisé en trois grandes nations qui se font constamment la guerre.
    Winston vit en Océania et plus précisément à Londres. Le régime en place est un régime totalitaire mais il l’est à la fois ouvertement et de manière dissimulée.
    Je m’explique. Au début du livre, une phrase résume très bien cet état de fait et m’a beaucoup marquée : « Ce n’était pas illégal (rien n’était illégal, puisqu’il n’y avait plus de lois), mais s’il était découvert, il serait, sans aucun doute, puni de mort ou de vingt-cinq ans au moins de travaux forcés dans un camp. ».
    Le monde vit sous la coupe du parti à la tête duquel se trouve Big Brother. J’ai eu la très nette impression, au fil de ma lecture, que Big Brother n’est pas plus réel que le Père Noël rouge créé par coca cola. C’est plus un symbole de terreur, une icône qui ne peut pas mourir puisqu’elle n’a pas d’existence terrestre.
    Le parti contrôle absolument tout, des gens au travers de télécran qui sont comme autant de fenêtres sur leur intimité, au passé, qui est sans cesse modifié pour correspondre à la ligne du parti.
    Toute une partie du livre est consacré à la lecture par le héros d’un livre prétendument écrit par une organisation rebelle qui dénonce les vraies intentions du parti. Cette partie n’est pas facile à lire car elle est très dense, mais le contenu est tout simplement diaboliquement génial. Une parfaite manière de contrôler et d’opprimer le peuple, pour arriver, à terme, à une masse de moutons incapables de se rebeller contre quoi que ce soit. Franchement, ça fait peur, parce qu’il n’y a rien de surnaturel : du contrôle, de la manipulation et un peu de technologie, rien de plus.
    Le parti ne contrôle pas seulement les actes mais aussi la pensée. Mais surtout la pensée. Car il est parfaitement conscient qu’une pensée est un début de réflexion et que pour un régime totalitaire, la réflexion du peuple est inadmissible. Voilà pourquoi tout ce qui est susceptible de pousser à la réflexion : une trop grande intelligence, l’amour entre homme et femme, l’amour parental, filial, est découragé et la dénonciation pour crime de pensée, encouragé.
    Orwell dénonce le manque d’éducation de la population comme outil principal de son asservissement.
    Concernant l’histoire elle-même, il y a un des éléments que j’ai vu venir à des kilomètres tant cela paraissait évident et Winston m’est apparu comme très naïf malgré sa capacité à réfléchir et à se souvenir que paraissent ne plus avoir ses semblables. En revanche, un autre élément m’a prise de cours, même si, après réflexion, j’aurais dû me douter de quelque chose car il s’agit d’une pratique courante dans les régimes totalitaires.
    La fin du roman nous plonge dans la réflexion. Le régime du parti de Big Brother pouvait sembler du domaine de l’impossible en 1949, d’une part car on avait mis un terme au régime Nazi et d’autre part parce que les occidentaux n’avaient pas encore une connaissance étendue des actions de Staline en Russie, mais, en 2017, cela ne nous semble pas si impossible que cela…

     

    Un extrait : C’était une journée d’avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith, le menton rentré dans le cou, s’efforçait d’éviter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitrée du bloc des « Maisons de la Victoire », pas assez rapidement cependant pour empêcher que s’engouffre en même temps que lui un tourbillon de poussière et de sable.

    Le hall sentait le chou cuit et le vieux tapis. À l’une de ses extrémités, une affiche de couleur, trop vaste pour ce déploiement intérieur, était clouée au mur. Elle représentait simplement un énorme visage, large de plus d’un mètre : le visage d’un homme d’environ quarante-cinq ans, à l’épaisse moustache noire, aux traits accentués et beaux.

    Winston se dirigea vers l’escalier. Il était inutile d’essayer de prendre l’ascenseur. Même aux meilleures époques, il fonctionnait rarement. Actuellement, d’ailleurs, le courant électrique était coupé dans la journée. C’était une des mesures d’économie prises en vue de la Semaine de la Haine.

    Son appartement était au septième. Winston, qui avait trente-neuf ans et souffrait d’un ulcère variqueux au-dessus de la cheville droite, montait lentement. Il s’arrêta plusieurs fois en chemin pour se reposer. À chaque palier, sur une affiche collée au mur, face à la cage de l’ascenseur, l’énorme visage vous fixait du regard. C’était un de ces portraits arrangés de telle sorte que les yeux semblent suivre celui qui passe. Une légende, sous le portrait, disait : BIG BROTHER VOUS REGARDE.

    À l’intérieur de l’appartement de Winston, une voix sucrée faisait entendre une série de nombres qui avaient trait à la production de la fonte. La voix provenait d’une plaque de métal oblongue, miroir terne encastré dans le mur de droite. Winston tourna un bouton et la voix diminua de volume, mais les mots étaient encore distincts. Le son de l’appareil (du télécran, comme on disait) pouvait être assourdi, mais il n’y avait aucun moyen de l’éteindre complètement. Winston se dirigea vers la fenêtre. Il était de stature frêle, plutôt petite, et sa maigreur était soulignée par la combinaison bleue, uniforme du Parti. Il avait les cheveux très blonds, le visage naturellement sanguin, la peau durcie par le savon grossier, les lames de rasoir émoussées et le froid de l’hiver qui venait de prendre fin.

    Au-dehors, même à travers le carreau de la fenêtre fermée, le monde paraissait froid. Dans la rue, de petits remous de vent faisaient tourner en spirale la poussière et le papier déchiré. Bien que le soleil brillât et que le ciel fût d’un bleu dur, tout semblait décoloré, hormis les affiches collées partout. De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston. Au niveau de la rue, une autre affiche, dont un angle était déchiré, battait par à-coups dans le vent, couvrant et découvrant alternativement un seul mot : ANGSOC. Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée.

    Derrière Winston, la voix du télécran continuait à débiter des renseignements sur la fonte et sur le dépassement des prévisions pour le neuvième plan triennal. Le télécran recevait et transmettait simultanément. Il captait tous les sons émis par Winston au-dessus d’un chuchotement très bas. De plus, tant que Winston demeurait dans le champ de vision de la plaque de métal, il pouvait être vu aussi bien qu’entendu. Naturellement, il n’y avait pas moyen de savoir si, à un moment donné, on était surveillé. Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir. On pouvait même imaginer qu’elle surveillait tout le monde, constamment. Mais de toute façon, elle pouvait mettre une prise sur votre ligne chaque fois qu’elle le désirait. On devait vivre, on vivait, car l’habitude devient instinct, en admettant que tout son émis était entendu et que, sauf dans l’obscurité, tout mouvement était perçu.

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  • [Livre] Le monde des sorciers de J.K. Rowling - La magie du cinéma – T02 – Créatures fascinantes

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    Résumé : Une découverte fascinante des créatures et animaux fantastiques du monde des sorciers de J.K. Rowling.

     

    Auteur : Ramin Zahed

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Fantastique

     

    Date de parution : 30 mars 2017

     

    Prix moyen : 27€

     

    Mon avis : Dans ce second tome, il y a moins de pop-up et de petits encarts secrets disséminés dans le livre que dans le premier tome, mais franchement, ça ne manque pas.
    Je trouvais déjà l’imagination de J.K Rowling plus que fertile en lisant les noms des différents créatures que rencontre Harry et ses amis dans Harry Potter, puis en lisant le petit bréviaires des animaux fantastiques, présentés comme un livre de classe de Harry, qui répertoriait toutes les créatures inventée par l’auteur, mais là, c’est encore plus époustouflant !
    Il faut dire que généralement, la création de créatures fantastiques passe mieux à l’écrit qu’à l’écran, quelques vagues descriptions et hop, l’imagination des lecteurs prend le relai. Mais les transposer à l’écran, c’est les ancrer dans la « réalité », ils prennent une forme définie, ce qui peut décevoir ceux qui les avaient imaginé autrement.
    Un choix malheureux et c’est toute la magie qui disparait.
    Ici, toute l’équipe a fait un travail d’imagination et de recherche remarquable, combinant sans relâche les descriptions de J.K Rowling avec les animaux de légendes, maintes fois décrits dans les textes au fil des siècles, et les animaux réels, contemporains ou disparus ; utilisant les caractéristiques de l’un appliqué à l’apparence de l’autre avec un talent exceptionnel ; affinant le tout jusqu’à obtenir un animal qui fasse « vrai ».
    J’ai par exemple beaucoup aimé le Nundu qui ressemble à une énorme félin dont la crinière se gonfle quand il rugit comme la collerette des cobras s’ouvre quand ils crachent.
    C’est un superbe livre que je suis ravie d’avoir dans ma bibliothèque et que je vais me faire un plaisir de feuilleter de temps en temps.

     

    Un extrait :

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  • [Livre] Le monde des sorciers de J.K. Rowling : La magie du cinéma – T01 - Héros extraordinaires et lieux fantastiques

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    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix!

    Résumé : Aux côtés de Harry Potter et du magizoologiste Norbert Dragonneau, découvrez dans ce livre captivant les secrets des réalisateurs des «Animaux fantastiques» et revivez les grands moments de la saga «Harry Potter».

    Cet ouvrage extraordinaire, qui regorge d'images somptueuses et de révélations sur les acteurs et les décors des films, offre également de nombreuses surprises à ouvrir, à manipuler et à déployer, en fac-similé et en trois dimensions!

    Enfilez un masque de Mangemort, feuilletez un exemplaire authentique du Chicaneur, faites tourner le Cadran magique du niveau de risque d'exposition aux Non-Maj' du MACUSA, ouvrez la valise enchantée de Norbert Dragonneau... Plongez dans le Monde des Sorciers de J.K. Rowling et laissez-vous porter par la magie du cinéma!

     

    Auteur : Jody Revenson

     

    Edition : Gallimard Jeunesse

     

    Genre : Fantastique

     

    Date de parution : 16 novembre 2016

     

    Prix moyen : 27€

     

    Mon avis : Ici on voit en détails les coulisses des films Harry Potter et les animaux fantastiques. On apprend plein d’anecdotes sur les costumes, les maquillages (et l’explication : pourquoi Harry n’a pas les yeux verts dans les films ???), les lieux de tournages et les effets spéciaux ou astuces pour rendre les lieux conformes à la magie de l’univers de la magie.
    Le livre est rempli de nombreuses photos de qualité ainsi que de petits bonus : des couvercles de valises qui se soulèvent, des plaques d’autocollant, des cartes postales…
    Ces bonus, vraiment très nombreux dans la parties consacrées aux Animaux fantastiques sont quasi absents de la partie Harry Potter, pourtant bien plus conséquente. C’est vraiment dommage et ça a été une petite déception.
    J’aurais également aimé plus de pages sur certains personnages comme Severus Rogue ou la famille Malefoy.
    Le livre reste néanmoins un superbe ouvrage qui permet de prolonger, en image comme en texte, le plaisir de Harry Potter.

    Un extrait : 

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  • [Livre] Miss Peregrine et les enfants particuliers – T02 – Hollow City

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    Résumé : Jacob et les enfants particuliers sont désemparés : Miss Peregrine, changée en oiseau, est prisonnière de son état, suite à l’attaque des Estres, des âmes damnées, sur l’île Cainholm. Les voilà donc livrés à eux-mêmes ! Après avoir essuyé une tempête entre Cainholm et le continent, Jacob et ses amis s’échouent sur une rive de Grande-Bretagne, en 1940, alors que la Seconde Guerre Mondiale fait rage. Entre fuir des Estres déguisés en soldats, des rencontres avec des animaux singuliers, et la recherche de la dernière Ombrune en liberté afin de redonner à la directrice de l’orphelinat sa forme humaine, cette deuxième aventure de la série s’annonce palpitante et pleine de frissons !

     

    Auteur : Ransom Riggs

     

    Edition : Bayard Jeunesse

     

    Genre : Fantastique

     

    Date de parution : 19 juin 2014

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Dans ce second tome, les enfants particuliers sont contraints de voyager. Leur boucle a été détruite et de toute façon, ce n’est pas en restant à la maison qu’ils vont trouver une ombrune encore libre pour redonner sa forme humaine à miss Peregrine.
    Très vite, un compte à rebours se met en place : les enfants n’ont que trois jours pour sauver miss Peregrine avant qu’elle ne soit définitivement coincée dans son corps de piaf.
    Bon d’un autre côté, vu qu’ils ont une armée d’estres aux basques et qu’ils sont dans la capitale anglaise en pleine guerre mondiale avec des bombes qui tombent de tous les côtés, ils ne sont pas trop dans l’esprit ballade touristique.
    J’avais beaucoup aimé le premier tome. Ici, il n’y a pas vraiment de rappel des personnages et de leurs capacités, si ce n’est un petit trombinoscope au début du roman. Mais bon, pour moi ce n’est pas vraiment un problème (quand tu as lu Game of Throne, les personnages à foison te font plus peur, tu es rodé !).
    Les enfants particuliers vont vivre pas mal d’aventures que je vais taire pour ne pas trop en dire.
    Sachez seulement que Jacob se pose beaucoup de questions existentielles et que Enoch est de plus en plus énervant au fur et à mesure des pages (j’avais envie de le noyer ou de l’offrir en cadeau à un sépulcreux). Miss Peregrine m’a manquée car elle est absente du livre (en terme de présence réelle et utile). Le père de Jacob  ne fait qu’une très brève apparition, mais dans cette brève apparition a suffi pour que toute l’antipathie que j’ai ressenti pour lui dans le premier tome ressurgisse (il ne s’améliore pas, en clair).
    Dans les 50 ou 60 dernières pages, une révélation, à laquelle on ne s’attend pas du tout, va préparer l’arrivée du tome 3 qui promet d’être explosif quand on voit comment fini ce tome 2 !

     

    Un extrait : Nous avons traversé le port à la rame. Ici et là, des bateaux dansaient sur l’onde en pleurant des larmes de rouille le long de leurs soudures. Des jurys d’oiseaux de mer silencieux nous regardaient passer, perchés sur les vestiges de quais effondrés, colonisés par les bernacles.

    Les pêcheurs qui jetaient leurs filets interrompaient leur besogne pour nous observer, sans savoir si nous étions réels ou imaginaires : des fantômes flottants ou des fantômes en devenir.

    Notre petite procession – dix enfants et un oiseau, entassés dans trois frêles embarcations – ramait vers la haute mer avec une tranquille intensité. Nous laissions derrière nous le seul refuge sûr à des kilomètres à la ronde – notre île magique, dont le relief escarpé se découpait dans la lumière bleu doré de l’aube –, pour rejoindre la côte déchiquetée du pays de Galles. Le continent était quelque part devant nous, à peine plus visible qu’une bavure d’encre à l’horizon.

    Dans notre dos se dressait le vieux phare qui avait servi de théâtre aux incidents tragiques de la veille au soir. C’était là que, sous une pluie de bombes, nous avions failli nous noyer et périr déchiquetés par des balles. Là aussi que j’avais saisi un revolver, appuyé sur la détente et tué un homme – un acte que j’avais encore du mal à comprendre. C’était là, enfin, que nous avions perdu Miss Peregrine, avant de la retrouver et de la soustraire aux mâchoires d’acier d’un sous-marin.

    Hélas, notre directrice était blessée. Elle avait cruellement besoin d’aide, et nous étions impuissants à la secourir. Perchée à l’arrière de notre barque, elle regardait l’abri qu’elle avait créé pour ses protégés s’estomper dans le lointain.

    Passé le môle, nous avons mis le cap vers le large. Les eaux calmes et miroitantes du port avaient cédé la place à des vaguelettes qui léchaient les flancs de nos barques. J’ai entendu un avion filer entre les nuages et je me suis immobilisé, le cou tendu, l’oreille aux aguets. Je venais d’avoir une vision de notre petite armada depuis le ciel. Ce monde que j’avais choisi, et tout ce qu’il contenait de précieux pour moi. Nos vies fragiles et particulières, entassées dans trois coques de bois, à la dérive sur le vaste œil de la mer, qui jamais ne cillait.

     

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  • [Livre] Le père Noël assassiné

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    Résumé : Plus de sapins, plus de rennes, plus de lutins et surtout plus de cadeaux !

    Le 1er décembre, le Père Noël a été assassiné par un monstre sanguinaire, et ses petits assistants massacrés par une horde de créatures maléfiques.

    Depuis, la magie de Noël a laissé place à l’effroi.

    Mais comment sauver Noël, quand la seule personne assez puissante pour combattre cette malédiction n’était autre que le Père Noël lui-même ?

    Katrine, Frederik et Jesper ont vingt-quatre jours pour empêcher l’humanité de s’enfoncer à jamais dans les ténèbres…

     

    Auteur : Kenneth Bogh Andersen

     

    Edition : PKJ

     

    Genre : Fantastique

     

    Date de parution : 17 novembre 2016

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : « Attention, certaine scènes peuvent choquer ». Cet avertissement, apposé au dos du roman, n’est pas à prendre à la légère. En effet, nombres de scènes, surtout au début, sont assez impressionnantes par la précision des détails sanglants. D’autant qu’on ne s’y attend pas. Dans un thriller signé Sire Cédric ou Bernard Minier, on se méfie, mais là, dans un roman Pocket Jeunesse, on s’attend à quelque chose de plus édulcoré pour s’adapter aux enfants de 13 ans qui font parti du public cible de la collection.
    On est donc frappé de plein fouet et par surprise par ces scènes (et être prévenu qu’elles existent n’atténuera pas ce qu’elles font ressentir !).
    J’ai bien aimé le découpage en chapitres du livre qui se présentent comme un calendrier de l’avent : du 1er au 25 décembre. Mais ne croyez pas pour autant que l’histoire sera une longue ballade tranquille car même le calendrier peut réserver des surprises !

    Katrine et Frederik ont été choisi par un lutin survivant de l’attaque de l’atelier du père Noël, dans les premières pages du livre, sur la liste des enfants sages pour sauver Noël. Leur ami Jasper, présent chez ses amis, est embarqué dans l’affaire un peu à contrecœur, aussi bien de son coté que du coté du lutin qui n’est pas ravi de devoir faire confiance à un enfant qui n’est as inscrit sur la sacro-sainte liste.
    Le père Noël a une importance qui va au-delà de Noël lui-même car il est une entité qui va au-delà de cette fête. Il prend la place de Dieu, sans en avoir le nom. Sa mort a donc un impact qui dépasse l’entendement sur le monde des humains et même sur d’autres mondes, comme celui où vont les lutins décédés, car tout ce qu’il a créé est destiné à disparaître après lui.
    Le rythme est assez rapide mais j’avoue que j’ai eu un peu de mal à suivre, vers la fin quand on suivait plusieurs personnages, avec des paragraphes qui s’interrompaient au milieu d’un phrase pour reprendre quelques paragraphes plus loin quand on revenait vers le personnage concerné. Du coup j’ai eu l’impression qu’une fin un peu brouillonne qui m’a laissée dubitative.
    Les premiers chapitres sont les plus effrayants, la suite est assez versée dans l’horreur, mais une fois la surprise passée, je pense qu’on relativise un peu.
    La fin globale est assez prévisible, surtout qu’on a des indices pour nous dire ce qu’il va se passer, mais la dernière page nous apporte quand même une sacrée surprise que je n’avais pas vu venir.
    Je n’ai pas atteins le coup de cœur sur ce roman, à cause de la dernière partie que j’ai trouvée trop embrouillée pour moi, mais j’ai quand même adoré ce livre.

     

    Un extrait : Au collège, on aurait dit que tout le monde avait passé une mauvaise nuit. Les mines étaient fatiguées et boudeuses. Cela n’avait rien d’ordinaire pour un mercredi matin. C’était aussi, semble-t-il, le cas de Karsten, leur professeur de mathématiques, dont le cours fut inhabituellement court. Pour commencer, il renversa son café bouillant après avoir posé sa tasse sur un biscuit au gingembre.
    - Qui a mis ça là ? cria-t-il furieux
    Les élèves de 5e B sortirent leurs manuels et se mirent au travail à contrecœur. Même Katrine eut beaucoup de mal à se concentrer sur ses exercices. Son cerveau était aussi lourd que ses paupières.

    Son regard glissa de son manuel de mathématiques à la fenêtre. Dehors, des nuages gris déversaient des trombes d’eau qui formaient d’énormes flaques dans la cours du collège. Cela faisait des lustres que l’on n’avait pas vu un mois de décembre aussi triste.
    Elle plissa le front. Qu’est ce que c’était ? Là, dans le ciel, au-dessus du parc ? Avait-elle halluciné ou…
    Lorsqu’elle cligna des yeux, la vision disparut. Peut-être était-ce un oiseau ou un avion. Ou peut-être tout simplement une tâche sur le carreau. En tout cas, elle devait effectivement être fatiguée car, l’espace d’une seconde, il lui avait semblé voir un cheval passer au galop dans le ciel.
    Au même moment, une petite boule de papier atterrit sur son bureau. Elle jeta un regard à la ronde.

    - C’est…, chuchota Frederik qui était assis à côté d’elle avant d’être interrompu par leur professeur.
    - Jesper !

    - Pardon, pardon, pardon, s’excusa Jesper en levant les mains. Je vais…

    - Tu vas juste te taire et aller dans le bureau du directeur. Et tout de suite ! Je ne tolérerai pas qu’on s’envoie des petits mots pendant mes cours.
    - Quoi ? Le bureau du directeur ? Je n’ai même pas un avertissement ?

    - Tout de suite !

    - Sérieusement ! C’était juste un petit mot, rien de plus. Vous avez oublié que c’était bientôt Noël ? La fête de la générosité, du pardon et…

    - A la prochaine remarque, c’est la retenue, le menaça Karsten.

    - C’est bon, j’y vais, grommela Jesper. J’en connais un qui s’est levé du mauvais pied, ce matin, ajouta-t-il avant d’aller jusqu’à la porte d’une démarche traînante et de refermer derrière lui.

    Karsten s’approcha de la table de Frederik et Katrine avec la corbeille à la main. Frederik prit la boule de papier et l’y jeta. Ils entendaient Jesper chanter dans le couloir : « Not’ prof, c’est un vrai charlot, i’ f’rait mieux d’changer d’boulot. »
    Des ricanements s’élevèrent dans la classe. Karsten fulmina, se précipita vers la porte et l’ouvrit brusquement.
    Mais s’il y avait une chose que Jesper savait faire, c’était de prendre ses jambes à son cou au bon moment. Le couloir était désert.

     

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  • [Livre] L’avenir oublié

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    Résumé : Dans un avenir très lointain, on a peut-être vécu une étrange aventure ensemble dans un groupe de 7.

    Tout a commencé par le sauvetage en catastrophe de cinq d'entre vous et puis il y a eu un gros problème. On a basculé dans un monde perpendiculaire, un multi-monde selon la physique quantique. Celui-là était dominé par une femme, une sorte de demi-déesse, le genre d'individu qu'il vaut mieux éviter.

    Pourtant elle nous a permis de connaître le secret des cathédrales et celui de la genèse. Il y a eu un prix à payer. J'en ignore encore le montant.

    Sous l'éclairage du cosmos il n'y a pas grand-chose qui tienne debout.

     

    Auteur : Pascale Ponsart

     

    Edition : Librinova

     

    Genre : Science-fiction

     

    Date de parution : 19 juin 2017

     

    Prix moyen : 5€ (format numérique)

     

    Mon avis : Quand on s’aventure à lire des livres auto édités on tombe souvent d’un extrême à l’autre : soit on découvre une petite pépite passée inaperçue comme la mécanique du chaos de Tom Joad ou Otage de ma mémoire de Marilyse Trecourt, qui peuvent avoir besoin de petites corrections mais que l’on dévore ; soit on tombe sur des livres dont on comprend pourquoi ils ont dû être autoédité et qui confirment qu’être écrivain n’est pas donné à tout le monde.
    Dans le cas de l’avenir oublié, dès le quatrième de couverture, on se doute qu’on est dans le second cas, et la lecture ne fait, malheureusement que confirmer cette intuition.
    Dès le début, on en peut que remarquer la lourdeur de l’écriture, comme si l’auteur avait transcrit ses idées sans les mettre en ordre, sans non plus faire une sorte d’adaptation de l’histoire au format « parlé » à l’histoire au format « roman ». En résulte un texte lourd et difficile à suivre.

    Ce côté brouillon se ressent dans tout le roman, avec parfois, souvent, des phrases qui s’enchainent sans suite logique, sans qu’on sache bien où l’auteur veut en venir. On commence, continue et termine le livre sans vraiment comprendre quel en était le but.
    Les personnages ne sont pas assez approfondis, comme si on avait un début de portrait qui aurait été abandonné en route pour passer à autre chose.
    Et ce ne sont pas les dizaines de coquilles et les passages intempestifs du récit du passé au présent qui vont nous aider à y voir plus clair.
    Le pire pour moi a été ces long monologues, qui s’ouvrent souvent sur un « - » et dont on ne sait jamais avec certitude s’ils sont pensés ou dit à voix haute. Je pense que l’auteur a voulu aller trop vite pour nous faire connaitre son univers au début, puis pour faire avancer l’histoire. Mais ces monologues sont tout sauf naturels.
    J’ai eu l’impression de perdre mon temps. Je serais incapable de résumer l’histoire tant elle est restée nébuleuse à mes yeux.

    Si je devais ne me baser que sur ce roman, je ne donnerais plus leur chance à des auteurs autoédités. Peut-être ne dois-je lire que ceux qui proposent aussi bien un format numérique qu’un format papier. Ce dernier nécessitant un investissement, peut être que cela permettra de faire un premier tri. A méditer.

     

    Un extrait : Claude avait trimballé des pénibles qui voulaient, à tout prix, faire un détour par le lac neigeux de la troisième galaxie. Probablement des touristes en panne de romantisme qui souhaitaient se requinquer à la vision d’une civilisation disparue dans un magma de gaz lourds. Pourtant, il n’en restait rien, qu’une immensité rose et bleue, percée de flèches cruciformes, tourmentées par l’horreur qui avait ravagé leurs fondations.

    Sous le regard compréhensif et professionnel de Lydie, la copilote, les clients s’étaient longuement extasiés sur la grandiose beauté du site, mais aussitôt déposés, ils s’étaient crus obligés de prendre la mine navrée de ceux qui ne savent pas marchander. Lydie avait l’habitude, ce qui explique que cinq minutes plus tard, elle comptabilisait un bien gros chiffre pour une course aussi peinarde.

    Elle se voyait déjà rentrer tranquillement au bercail, lorsque le central couina un appel.

    — 713 pour Dénébola. 144/28/47, point 0…

    Le message continua, égrenant des sons creux, des chiffres sans grand intérêt. Dans un taxi sans client pour ne pas les comprendre, ils paraissaient dévitalisés, amorphes dans le silence.

    Lydie traduisit de sa voix chaleureuse :

    — Claude, il faut ramener discrètement deux « huiles » sur terre !

    Il s’agissait sûrement de la dernière mode. Les « cinq barrettes » se glissaient avec plaisir et effroi dans les quartiers miteux de Dénébola et pour compléter leurs sensations de frissons inconnus, ils se faisaient reconduire dans leurs palaces par des taxis miteux.

    Claude, pilote de son état rêvassait avec langueur :

    — Lydie, c’est vraiment une fille superbe, sculpturale, ravissante quoi ! Elle fait rêver tous les copains et tous les clients mâles. Bien sûr, c’est pour çaqu’elle peut faire ce boulot ! N’empêche ! Elle a vraiment le physique d’une « grande » de ce monde, même s’il lui manque ce rien de chic, de distinction, d’élégance qui pourrait en faire une femme somptueuse, comme celles qu’on voit à la télé. Le travail de copilote lui accentue peut-être certaines rides, celles qui rejoignent le nez aux lèvres, mâchurées de fatigue, celles du front creusées par des fins de mois difficiles ou par les ambitions frustrées. Comment savoir ? C’est normal ! Elle est presque trop belle pour ce qu’elle fait. Sa crinière blonde de lionne, sa taille de guêpe, ses jambes parfaites…Ça en fait beaucoup trop pour une « taxi » !

    Comme Claude, Lydie était née « en bas », de père marteleur et de mère féconde. Elle avait brillamment réussi tous les diplômes et examens qu’ils avaient pu lui payer, mais à la fin de ses études, elle n’avait pu qu’entrer au S.E.V.I.C.E.S* Il lui manquait les relations nécessaires pour trouver un poste à sa mesure. Son brave homme de père ne lui avait dégoté qu’un mi-temps de stérilisatrice de sérielles. Des parents comme ceux-là, on les traitait d’« une barrette » depuis qu’un bijoutier génial avait commercialisé des bijoux adaptés à chaque budget.


    * S.E.V.I.C.E.S signifie Service d’Essai Visant à l’Insertion des Candidats à l’Escalade Sociale.

     

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  • [Livre] Joyland

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    Résumé : Après une rupture sentimentale, Devin Jones, 21 ans, débarque l’été 1973 à Joyland, petit parc d’attraction sur le littoral de la Caroline du Nord. Il est embauché avec d’autres étudiants pour compléter l’équipe de forains, à la fois étrange et joyeuse. Sa rencontre avec un petit garçon doué de voyance, atteint d’une maladie grave, et surtout de sa mère, va changer la vie de Devin. Obsédé par le mystère du train fantôme soi-disant hanté par le spectre d’une femme égorgée 4 ans auparavant, le jeune homme se lance dans l’enquête. Un nouveau meurtre est-il possible ? Parviendra-t-il à l’éviter ? Une chose est sûre, l’aventure le changera à jamais.

     

    Auteur : Stephen King

     

    Edition : Albin Michel

     

    Genre : Fantastique

     

    Date de parution : 02 mai 2014

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Dans ce livre, il n’y a pas de chapitres. Horreur ! Stephen, je te renie ! Mais bon, les paragraphes ne sont pas trop long et sont séparés les uns des autres par des *, ce qui aère la lecture (Bon ça va, je te dé-renie).
    J’ai beaucoup aimé ce roman dans lequel le surnaturel, s’il est un élément essentiel de l’histoire (ah ben si, quand même, surtout vers la fin) ne prend pas toute la place et surtout n’occulte pas (je vous jure…surnaturel…occulte… je ne m’en suis rendue compte qu’après l’avoir écrit) le côté thriller que j’ai vraiment adoré.
    J’ai beaucoup aimé le fait qu’on s’éloigne un peu du coté surnaturel habituel de l’auteur car j’ai toujours trouvé que dans ces cas-là, si l’angoisse monte tout au long du livre, la fin est souvent un peu bâclée à mon goût, comme si Stephen King ne savait pas comment se sortir de la toile d’araignée qu’il a lui-même tissé.
    Ici je n’ai retrouvé ce problème récurrent. La tension monte plus lentement que quand il y a un clown tueur dans les parages, mais elle monte. Et la fin est celle d’un véritable thriller. Et je me suis fait complétement avoir… Si, si… D’ailleurs quand le nom du meurtrier est enfin révélé, j’ai dû m’arrêter de lire quelques minutes pour digérer le coup ! Ça m’a scotchée.
    Bon en revanche, pas de surprise, dès les premières pages, on sait que Devin va se sortir de toutes les embûches, puisqu’il raconte cette histoire alors qu’il approche de la retraite. Mais pendant quelques instants, on en vient à l’oublier et à se demander s’il va s’en sortir (mémoire de poisson rouge, oui).
    Alors certes, ce livre n’est pas un des plus effrayants qu’ait écrit Stephen King, mais, à plusieurs reprises, je suis quand même allée vérifier que la porte d’entrée était bien verrouillée !

    Un extrait : J’ai pris un train (dénommé le Southerner) de Boston jusqu’en Caroline du Nord (pas vraiment l’aventure, mais pas cher) et un bus de Wilmington à Heaven’s Bay. J’ai passé mon entretien avec un certain Fred Dean qui était – entre autres – le recruteur de Joyland. Après quinze minutes de questions-réponses, plus un coup d’œil à mon permis de conduire et à mon diplôme de secouriste de la Croix-Rouge, il m’a remis un badge en plastique suspendu à un cordon. Le badge portait le mot VISITEUR, la date du jour et le portrait d’un berger allemand aux yeux bleus, souriant de toutes ses dents, qui ressemblait vaguement à Scoubidou, le célèbre limier de dessin animé.

    « Va faire un tour, me suggéra Dean. Monte sur la grande roue, si ça te chante. La plupart des manèges sont encore fermés, mais notre Carolina Spin tourne. Dis à Lane que c’est moi qui t’envoie. C’est un passe pour la journée que je t’ai donné, mais je veux te revoir ici à… » Il consulta sa montre. « Disons treize heures. Tu me diras si le boulot t’intéresse. Il me reste cinq postes à pourvoir, tous à peu près du même tonneau : comme Gentils Assistants.

    – Merci, monsieur. »

    Il hocha la tête en souriant. « Je sais pas ce que tu penseras de l’endroit mais moi, je l’aime bien. C’est un peu vieillot et un peu de guingois mais ça a son charme. J’ai essayé Disney, pendant un temps… pas aimé. Trop… comment dire…

    – Aseptisé ? m’aventurai-je.

    – C’est ça. Trop aseptisé. Trop lisse et brillant. Du coup, je suis revenu à Joyland il y a quelques années. Pas regretté une seule seconde. C’est un peu plus rock’n’roll ici – un petit parfum de bon vieux temps. Allez, va faire un tour. Vois ce que t’en penses. Plus important, vois ce que tu ressens.

    – Je peux vous poser encore une question ?

    – ’turellement.

    – C’est qui, le chien ? » j’ai demandé en désignant mon passe.

    Son sourire se fendit jusqu’aux oreilles. « Ça, c’est Howie le Chien Gentil. Notre mascotte. Joyland a été fondé par Bradley Easterbrook et l’authentique Howie était son chien. Mort depuis belle lurette, mais tu verras quand même pas mal le bout de sa queue, si tu travailles ici cet été. »

    Je l’ai vu… et pas. Facile, comme devinette, mais l’explication devra attendre encore un peu.

  • [Livre] Zoo City

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    Résumé : Ancienne journaliste et ex-junkie, Zinzi habite Zoo City, un quartier de Johannesburg peuplé de marginaux et de criminels qui se sont vus attribuer la charge d'un animal symbiotique. Si l'animal meurt, son propriétaire aussi.

    " Animalée " après la mort de son frère, Zinzi est affublée d'un paresseux qu'elle porte sur son dos. Elle vit désormais de petites arnaques et recherche ce ou ceux que les gens ont perdu(s). Elle est exceptionnellement douée pour cela.

    Justement, une célèbre pop star s'est volatilisée. Zinzi espère tenir là son billet de sortie de Zoo City. Mais elle devra pour cela s'enfoncer plus encore dans les bas-fonds du ghetto...

     

    Auteur : Lauren Beukes

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Fantasy urbaine

     

    Date de parution : 14 avril 2016

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : la couverture et le résumé de ce roman m’avaient beaucoup intriguée mais le contenu n’a pas été à la hauteur de mes espérances.
    Premier points négatif, du moins pour moi : l’histoire se passant à Johannesburg, le texte est émaillé d’argot sud-africain. Ce ne serait pas en soi un problème si le sens du terme était marqué en bas de page à chaque fois qu’on en rencontre un nouveau, mais non, l’auteur a préféré faire un lexique en fin de roman, ce qui est très désagréable. En effet on est obligé d’interrompre sa lecture pour aller parcourir le lexique à la recherche de la définition du mot, quand il y en a une. J’ai d’ailleurs trouvé vraiment anormal qu’un mot aussi important pour l’histoire que Shavi, que l’on trouve dès le début du livre, se voit attribué dans le lexique la mention : voir au chapitre 19… Sur le moment, on ne va pas aller lire près de 15 chapitres plus loin, au risque de se spoiler soi-même (finalement n’hésitez pas, le chapitre 19 n’est qu’une définition du mot, sans aucun élément nouveau pour l’histoire).
    Ensuite, j’avais trouvé l’idée de la symbiose entre la personne et l’animal qui, semble-t-il, représente sa culpabilité, très intéressante. Mais cet aspect de l’histoire a été complètement bâclé.
    Le roman n’est pas mauvais pour autant. Ça se laisse lire, comme on dit. Mais c’est long. L’action ne démarre que vers la moitié du livre et la construction du roman est particulière avec des chapitres qui sont des articles de journaux ou des échanges de mail dont on perd assez vite le fil.
    Les explications, que ce soit sur la notion d’animalés ou sur d’autres aspect du roman sont toujours nébuleuses et assez difficiles à suivre.

    Je n’ai pas trouvé que c’était un roman dans lequel on pouvait s’immerger totalement car il nous perd un peu en route et on doit se forcer à rester sur les rails, ce qui empêche de s’y abandonner.
    La fin est inattendue mais pas assez développée.
    Au final je reste très mitigée sur cette lecture, d’un côté je n’ai à aucun moment eu envie de l’abandonner, d’un autre j’attendais que l’histoire soit traitée différemment avec un accent plus marqué sur la symbiose avec l’animal.

    Un extrait : La lumière du matin, soufrée comme les déchets des mines, se faufile sur la ligne d’horizon de Johannesburg et transperce ma fenêtre. Mon Bat-signal personnel. Ou un simple rappel que je n’ai toujours pas acheté de rideaux.
    Je me couvre les yeux. Le matin a éclaté ; inutile de chercher à ramasser les morceaux. Je repousse les draps et m’extirpe du lit. Benoît ne tressaille même pas. Seuls ses pieds calleux dépassent de la couette, comme deux souches de bois flotté. Des pieds pareils, ça dit toute une histoire. On raconte qu’il a marché depuis Kinshasa, avec sa Mangouste attachée contre la poitrine.
    La Mangouste en question est lovée comme une virgule velue sur mon ordinateur portable, dont les diodes clignotent juste sous son museau. Comme si elle ne savait pas que l’objet lui était interdit. Disons que je veille jalousement sur mon travail. Disons qu’il n’est pas tout à fait légal.
    J’empoigne le portable par les bords et l’incline doucement au-dessus de mon bureau. Lorsqu’il atteint un angle de trente degré, la Mangouste commence à glisser. Elle s’éveille en sursaut, ses petites griffes tentent de trouver une prise. Elle se contorsionne et réussit à atterrir sur ses pattes, puis rentre le tête dans ses épaules zébrées et me souffle dessus, toutes dents dehors. Je lui rends la pareille. Alors, elle se rappelle subitement qu’elle a des morsures de puces à gratter.
    Je la laisse à son épouillage, me glisse sous l’une des boucles de corde qui pendent du plafond et constituent ce que je peux faire de mieux en matière de lianes amazoniennes, puis arpente le linoléum moisi jusqu’au buffet. Qualifier cette chose de buffet est assez optimiste, de même que qualifier d’appartement cette pièce humide au sol pentu, bosselé, et à la plomberie approximative. Le buffet est une boîte, fermée par un pan de tissu tenu par des punaises afin d’empêcher la poussière de se déposer sur mes vêtements ; et sur paresseux, bien sûr. Lorsque je tire le drap imprimé de tournesols, il cligne des yeux, endormi sur son perchoir, comme un manteau de fourrure mal taillé entre deux cintres métalliques. Il n’est pas du matin.
    Sa fourrure et ses griffes exhalent une odeur moussue, désagréable, qui paraît pourtant sèche et propre comparée aux relents de détritus et de moisissure qui remontent de la cage d’escalier. Elysium Heights a été condamné voilà des années.