Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Jeunesse

  • [Livre] Belle

    Belle.jpg

    Résumé : Belle était loin d'être aussi jolie que ses soeurs. À quoi bon ? Aux soirées mondaines, aux robes somptueuses, elle préférait les chevaux et les auteurs anciens. Quand son père se trouva ruiné, elle en fut réduite à aller avec sa famille habiter une pauvre maison, dans un village au fond des bois. Tous auraient pu vivre ainsi, heureux d'une existence loin du luxe et des lumières de la ville, mais le destin s'acharna une fois encore sur eux. Quand son père revint au foyer avec l'histoire d'un château magique et de la terrible promesse qu'il avait dû faire à la Bête qui y vivait, Belle partit de son plein gré affronter le monstre et sa question sans cesse répétée : « Belle, voulez-vous... ? » Ceci est son histoire... une histoire d'amour et de rêve.

     

    Auteur : Robin McKinley

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 11 juin 2015

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’aime beaucoup les réécritures de contes et certaines sont assez originales : l’action peut être transposée dans un autre monde (comme dans Cinder, où l’action est à la fois sur la Terre et sur la Lune), ou la personnalité des personnages principaux peut être totalement différente de celle du conte (Le pays des contes, les contes des royaumes, princesses mais pas trop…)…
    Ici rien de tout ça, l’histoire colle assez bien à celle de Mme LePrince de Beaumont (ou à la 1ère partie de celle de Mme de Villeneuve). Mais on peut dire que le style a été modernisé.
    La personnalité des personnages principaux n’a pas été vraiment modifié mais plutôt approfondie : on voit plus la bête et on en sait plus sur les pensées de Belle puisque l’histoire est racontée à la première personne de son point de vue.
    Ici, Belle n’est que le surnom de l’héroïne et tout nous est expliqué : comment la petite Belle, alors enfant, n’a pas apprécié la signification de son prénom : Honneur, et a préféré Belle, qu’au moins elle comprenait. Le surnom est resté, au grand dam de la jeune fille qui se trouve, au mieux, quelconque.
    Les personnages principaux, eux, ont été un peu modifié. Les sœurs de Belle ne sont plus des pimbêches égoïstes mais des sœurs aimantes ayant chacune ses propres soucis et aspirations pour l’avenir. J’ai vraiment aimé ce que l’auteur en a fait.
    L’environnement a également été étoffé avec des personnages secondaires plus présents, comme Gervain, le prétendant puis mari d’Espérance, l’une des sœurs de Belle.
    Les descriptions nous permettent de vraiment visualiser le château et les merveilles qu’il renferme, mais j’ai trouvé que le monologue (en un sens, puisque c’est elle qui raconte l’histoire) de Belle sur le château quand elle y arrive est un peu long. J’aurais aimé qu’il soit interrompu par des dialogues, quitte à ce que les descriptions reprennent après.
    Mais tout le reste est un sans faute. Je n’ai pas eu de coup de cœur mais je n’en étais pas loin.
    C’est vraiment dommage que ce livre soit le seul de l’auteur qui ait été traduit en français, parce que j’aurais vraiment aimé les lire (et je ne lis pas en anglais, donc je suis marron !)

     

    Un extrait : De trois sœurs, j’étais la cadette. Prosaïque, notre mère nous avait appelées Grâce, Espérance et Honneur, mais peu de gens, sauf peut-être le prêtre qui nous baptisa toutes trois, se rappellent mon véritable prénom. Aujourd’hui encore, mon père aime raconter la manière dont j’acquis le nouveau : j’étais venue lui demander quelques explications le jour où j’avais découvert que nos noms ne signifiaient pas uniquement c’est-à-toi-que-je-m’adresse. Et s’il était parvenu à satisfaire ma curiosité en ce qui concernait la grâce et l’espérance, le concept d’honneur m’était apparu beaucoup plus délicat à saisir. Du haut de mes cinq ans, j’avais écouté jusqu’au bout son discours sans cacher mon dégoût croissant, et lorsqu’il avait terminé, je m’étais exclamée :

    — Ah ! J’aimerais mieux être Belle !

    Il avait ri, puis s’était empressé, les jours suivants, de vanter à tout son entourage la précocité de sa fille cadette. C’est donc ainsi que je m’étais approprié un nouveau prénom.

    Nous étions toutes trois de jolies petites filles aux boucles blondes et aux yeux clairs ; Grâce avait la chevelure la plus soyeuse, Espérance avait les yeux les plus grands, mais ces différences étaient imperceptibles ; du moins le furent-elles les dix premières années. De sept ans mon aînée, Grâce devint une ravissante jeune fille aux cheveux dorés comme les blés (disaient les amis de la famille) et aux yeux clairs comme un matin du mois de mai après la pluie (disaient ses admirateurs). Quant à Espérance, elle se transforma en une superbe brune aux yeux verts. Légèrement plus grande, Grâce avait un teint rose alors que celui d’Espérance était blanc comme l’ivoire, mais hormis ces particularités, elles se ressemblaient étonnamment ; toutes deux étaient minces, élancées, dotées d’une taille de guêpe, d’un adorable nez bien droit et de fossettes attendrissantes.

    J’avais cinq ans de moins qu’Espérance, et je comprends mal ce qui m’arriva, mais au fil des ans, je devins grisâtre, ni brune, ni blonde ; mes boucles de bébé disparurent, me laissant seule avec des baguettes dont même le fer à friser ne pouvait venir à bout ; mes yeux prirent une teinte vaguement noisette. Plus grave : je cessai de grandir ; j’étais maigre, maladroite, trop petite, empêtrée de mains et de pieds trop grands. Pire : lorsque j’eus treize ans, je me couvris de boutons ! J’étais persuadée que personne, dans la famille de ma mère, n’avait souffert une telle malédiction depuis des siècles et des siècles. Et de leur côté, Grâce et Espérance, toujours aussi innocentes et jolies, faisaient battre le cœur de tous les hommes.

    Bébé de la famille, j’étais un peu gâtée. Notre mère était morte moins de deux ans après ma naissance, et notre dernière sœur, Miséricorde, était décédée à peine deux semaines plus tard. Bien que nous ayons toujours été entourées de nurses et de gouvernantes aussi efficaces qu’affectueuses, mes sœurs étaient convaincues de m’avoir élevée. Lorsqu’il apparut clairement que j’étais le vilain petit canard, je me faisais déjà appeler Belle depuis plus de six ans ; j’en étais venue à détester ce prénom, mais j’étais beaucoup trop orgueilleuse pour y renoncer. De toute façon, Honneur ne sonnait guère mieux à mes oreilles. Mes sœurs étaient trop bonnes pour me taquiner à ce sujet, et je leur en voulais un peu d’être non seulement belles, mais aussi généreuses et sincères.

  • [Livre] Le copain de la fille du tueur

    le copain de la fille du tueur.jpg

    Résumé : Charles vient d'intégrer un internat pour "gosses de riches" perdu au cœur des montagnes suisses. Avec Touk-E. son coloc, ils font les quatre cents coups pour tuer le temps... Jusqu'à l'arrivée de Selma. Cette fille mystérieuse, solaire, solitaire... et fille d'un célèbre trafiquant de drogue.

     

    Auteur : Vincent Villeminot

     

    Edition : Nathan

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 08 septembre 2016

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Charles n’est pas tout à fait comme ses camarades. L’argent de son père vient de ses productions intellectuelles et non de spéculations plus ou moins légales. Avec son ami Touk-E, fils d’un dictateur africain qui n’a aucune envie de suivre les traces de son père, ils mettent un peu d’ambiance dans cet internat friqué, où les élèves sont plus traités en hôtes qu’en étudiants.
    Arrive alors Selma, jeune mexicaine qui diffère de ses condisciples autant que Charles, mais dans l’autre sens. Si le père de Charles ne trempe dans rien de louche, si les autres élèves et probablement leurs parents ne tiennent pas plus que ça à savoir d’où vient vraiment leur argent, Selma elle, sait parfaitement que l’argent de son père est de l’argent sale, de l’argent de la drogue. Car l’homme est chef de cartel, et la jeune fille le sait et l’assume parfaitement.
    Dans cette ambiance plutôt glauque, Charles tombe sous le charme de Selma sans savoir si cette attirance est partagée.
    Le sujet central est cette attirance, peut être romance, entre Charles et Selma, mais va beaucoup plus loin car les deux jeunes gens ne sont pas seuls au monde : il y a le père de Charles qui est mourant, situation pour laquelle Charles ressent des sentiments ambigus, et puis il y a Rafa Gutierrez, le père de Selma, une espèce de sale type (oui vous me direz, un narcotrafiquant, on s’en serait douté que c’était un sale type. Mais c’est au-delà de son métier : on peut être un trafiquant et aimer sa famille… mais avec Rafa Gutierrez j’ai plus un eu sentiment de possessivité que d’amour).
    Le style d’écriture est spécial, je ne peux pas dire que j’y accroche à 100%. La même histoire racontée différemment aurait peut-être été un coup de cœur. Là j’ai bien aimé, mais sans plus.
    J’ai trouvé que les personnages manquaient de profondeur, et quand Selma fait la révélation sur sa particularité, j’ai trouvé que les suites de cette révélation n’étaient pas traitées avec assez de force. J’ai eu l’impression que Charles était un gosse furieux qui tapait du pied et que Selma était une ado boudeuse et égoïste qui s’attend à recevoir sans jamais donner. J’ai même été vraiment choquée par la demande qu’elle fait à Charles vers la fin du roman. Elle semble incapable d’assumer ses désirs et préférer que d’autres en portent la responsabilité.
    Quand Charles rencontre Touk-E, au-delà du sentiment d’amitié immédiat qui les unit, il pense que tout va mal finir. Il se dit ça par rapport à la personnalité de Touk-E, mais ce n’est pas de cette personnalité là qu’il avait le plus à se méfier.
    Je ne suis pas déçue de la fin mais un peu frustrée, j’aurais aimé que Selma se positionne de manière plus ferme et quelle fasse d’autres choix. Choix qu’elle fera peut-être, puisque la fin ne va pas aussi loin, mais dans ce cas, j’aurais aimé y assister et en voir les conséquences. J’ai refermé ce roman avec un sentiment d’inachevé.

    Un extrait : Je la vis pour la première fois le surlendemain, je crois. Je n’ai pas retenu exactement le jour.

    Elle entra dans la classe en même temps que les autres. Elle portait un sweat, la capuche relevée sur sa tête, si bien qu’on ne devinait que quelques mèches blondes. Elle s’installa à une table, vers le fond de la salle, s’accouda, le menton dans les mains, pour regarder dehors.

    Son arrivée ne nous étonna pas plus que ça. C’est une règle à Daillange : certains apparaissent ou quittent brusquement l’Institut, d’autres s’absentent sans prévenir pour de longues vacances. En six mois, j’avais appris qu’il y avait souvent des nouveaux pensionnaires, et autant de départs. Ce qui nous étonna, en revanche, c’est qu’elle ne retire pas sa capuche ni le casque qu’elle avait sur les oreilles, de toute la journée.

    Elle revint le lendemain. Elle assista à presque tous les cours et ne quitta jamais son casque. Sous sa capuche, je lui trouvais un visage arrogant et lointain à la fois – angélique par instants, quand la lumière du soleil, dehors, dessinait son profil. Elle jetait des coups d’œil, de temps en temps, à ce qui se déroulait au tableau et dans la classe. Je remarquai la façon dont elle fronçait alors ses sourcils épais, sombres, et aussi comment ses yeux noirs foudroyaient ceux qui l’espionnaient à la dérobée. Moi, par exemple.

    Moi, de plus en plus.

    Elle battait parfois la mesure de sa musique, un crayon coincé entre deux doigts, et le professeur devait alors s’interrompre. Quand elle le remarquait, elle cessait immédiatement. Elle suivait nos travaux, de loin, comme protégée par sa capuche et sa playlist, et parfois ses lèvres dessinaient une moue narquoise. Elle avait des lèvres couleur vieux rose, assez larges, assez ourlées, bien dessinées ; et quand elle souriait sans ironie, perdue dans ses pensées, on devinait des dents du bonheur très prononcées.

    Qui était-elle ? Que venait-elle faire en cours, parmi nous, puisqu’elle n’écoutait rien ?

    Le plus souvent, elle appuyait la tête contre la fenêtre et sa rêverie, son mutisme, lui donnaient un air de profonde mélancolie.

    Et que faisait-elle, le reste du temps ?

    Trois fois, alors que je buvais mon café à la fenêtre avant l’aube, je la vis traverser en courant le sous-bois du parc, silhouette fantomatique, fine, sportive, pas très grande, obstinée sous la pluie et les réverbères. Sinon, pendant ses quinze premiers jours à Daillange, je ne la croisai nulle part. À aucune de nos fêtes, en aucune circonstance. Impossible de savoir même son nom.

  • [Livre] Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban

    harry potter tome 3.jpg

    Résumé : Sirius Black, le dangereux criminel, qui s'est échappé de la forteresse d'Azkaban, recherche Harry Potter. C'est donc sous bonne garde que l'apprenti sorcier fait sa troisième rentrée. Au programme : des cours de divination, la fabrication d'une potion de ratatinage, le dressage des hippogriffes... Mais Harry est-il vraiment à l'abri du danger qui le menace ?

     

    Auteur : Joanne Kathleen Rowling

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 19 octobre 1999

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : Voilà un troisième tome qui commence bien avec l’apparition d’un nouveau membre de la famille Dursley pire que les trois autres réunis.
    Pas étonnant que Harry, bien connu pour son calme légendaire, ne finisse par nous péter une durite. On l’aurait fait à moins.
    On revoit le ministre de la magie, que l’on avait entrevu dans le tome précédent. Le personnage n’est pas spécialement antipathique, mais il a l’air un peu dépassé par les évènements, on a toujours l’impression qu’il a un train de retard.
    Dans ce tome on va rencontrer deux nouveaux personnages importants de la saga : Le premier est Remus Lupin, nouveau professeur de défense contre les forces du mal qui, s’il semble, contrairement à ses prédécesseurs, compétent aussi bien dans sa matière que dans sa façon d’enseigner, reste assez mystérieux et difficile à cerner.
    Le second est Sirius Black, énigmatique évadé d’Askaban (rien que ça le rend exceptionnel, personne n’ayant jamais réussi cet exploit) qui pourrait bien permettre à Harry d’en savoir plus sur ses parents et leurs assassinat.
    On va aussi découvrir de nouvelles créatures, pas toujours des plus sympathiques comme les détraqueurs ou les épouvantards, mystérieuses comme le sinistros ou encore difficile à cerner comme les hippogriffes ou encore Pattenrond le chat de Hermione, qui pourrait ne pas être un chat ordinaire et ne rêve que de croquer Croutard, le rat de Ron, ce qui va provoquer quelques tensions entre les deux amis.
    D’autres créatures comme les chapeaurouges ou les pitiponks vont être évoqués, puisque pour une fois, on a un professeur de défense qui enseigne vraiment (n’en déplaise à Rogue, le jaloux).
    Dans ce tome, on aperçoit un peu du potentiel magique de Harry. Là où dans le tome 1 il avait compté sur son sang et dans le tome 2 sur Fumseck et une épée, ici il nous démontre qu’il a de grandes capacités, une baguette à la main, quand il apprend à se protéger des détraqueurs. On ne fait encore qu’effleurer le sujet, mais le professeur laisse entendre que les quelques essais qu’il fait démontre un grand potentiel, surtout à son jeune âge.
    Ce tome est plus sombre que les précédents. Les caractères s’affirment davantage et il peut y avoir des tensions entre les trois amis, surtout entre Hermione, toujours raisonnable mais qui n’hésite plus à se dresser contre ses amis pour leur bien, et les garçons qui sont toujours du genre à foncer tête baissée.
    Avec sa rencontre avec les détraqueurs Harry réalise pleinement que son passé le rend différent des autres, avec un passé plus sombre qui va définir son avenir.
    Il se rend compte aussi que le monde est injuste et que les adultes ne seront pas forcément là pour l’aider et le défendre mais qu’ils pourraient bien se révéler décevants et le laisser affronter seul ce que l’avenir lui réserve.
    Le tome se termine sur une promesse de se voir très vite autour d’un évènement d’importance pour les sorciers : la coupe du monde de quidditch.

    Un extrait : bien des égards, Harry Potter était un garçon des plus singuliers. Tout d'abord, il détestait les vacances d'été, c'était la période de l'année la plus déplaisante à ses yeux. Ensuite, il tenait absolument à faire ses devoirs de vacances, mais il était obligé de les faire en secret, au beau milieu de la nuit. Enfin, il faut également signaler que Harry Potter était un sorcier.

    Minuit approchait. Les couvertures tirées par-dessus sa tête comme une tente, Harry était allongé à plat ventre sur son lit, une lampe torche dans une main, un livre relié plein cuir ouvert sur son oreiller. Il s'agissait d'une Histoire de la magie par Adalbert Lasornette. Les sourcils froncés, Harry Potter fit courir le long de la page la pointe de la plume d'aigle qu'il tenait dans son autre main. Il cherchait des idées pour une dissertation sur le sujet suivant: « La crémation des sorcières au XIVe siècle était totalement inefficace: commentez et discutez. »

     Sa plume s'arrêta au début d'un paragraphe qui semblait lui convenir. Harry remonta sur son nez ses lunettes rondes, approcha sa lampe torche du livre et lut ce qui était écrit:

    Au Moyen Age, les personnes dépourvues de pouvoirs magiques (appelées communément « Moldus ») ressentaient une terreur particulière à l'égard de la sorcellerie, mais étaient souvent incapables de reconnaître ceux qui la pratiquaient vraiment. Lorsque, par extraordinaire, un sorcier ou une sorcière doté de réels pouvoirs magiques était capturé, sa condamnation au bûcher n'avait aucun effet. Le condamné se contentait de jeter un simple sortilège de Gèle-Flamme, puis faisait semblant de se tordre de douleur dans l'apparente fournaise alors qu'en réalité, il n'éprouvait qu'une agréable sensation de chatouillis. Gwendoline la Fantasque, par exemple, était toujours ravie de se faire brûler vive, à tel point qu'elle s'arrangea pour être capturée quarante-sept fois sous divers déguisements.

    Harry tint sa plume entre ses dents et glissa une main sous l'oreiller pour prendre une bouteille d'encre et un rouleau de parchemin. Avec des gestes lents et précautionneux, il dévissa le bouchon de la bouteille, trempa sa plume dans l'encre et se mit à écrire en s'arrêtant de temps à autre pour tendre l'oreille. Car si l'un des membres de la famille Dursley se rendait dans la salle de bains à cet instant et entendait au passage le grattement de la plume sur le parchemin, Harry avait toutes les chances de passer le reste de l'été enfermé dans le placard sous l'escalier.

  • [Livre] Un robe couleur du temps – T01 – A bord du Titanic

    une robe couleur du temps.jpg

    Résumé : Louise, 12 ans, n’a qu’un mot à la bouche : la mode, la mode, la mode ! Alors, quand elle reçoit l’invitation des mystérieuses Glenda et Marla à une « Vente Vintage pour les Fashionistas Voyageuses », elle se voit déjà dénicher la robe de ses rêves. Elle sera la plus belle pour aller danser au bal du collège ! Au magasin, Louise a un véritable coup de foudre vestimentaire. Mais à peine a-t-elle enfilé la robe qu’elle perd connaissance. À son réveil, elle se retrouve dans la peau de Miss Baxter, actrice prodige de 17 ans, près d’un siècle dans le passé, en pleine croisière... Cette aventure magique va-t-elle virer au naufrage ?

     

    Auteur : Bianca Turetsky

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 24 août 2011

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Au début de ma lecture, j’ai été assez dubitative. Je trouvais l’écriture vraiment jeunesse et le manque de profondeur des personnages me gênait un peu.
    J’ai quand même insisté et heureusement ! Dès qu’on bascule sur le Titanic, on oublie les faiblesses de l’écriture et le manque de développement des personnages pour se plonger dans une histoire bien menée et rythmée.
    Louise est parfois un peu trop naïve et irréfléchie (comme quand elle demande à regarder la télé alors qu’elle se trouve en 1912) mais on a tendance à oublier qu’elle n’a que 12 ans et oui, n’en déplaise à celles qui ont un peu plus que ça aujourd’hui et qui pense qu’elles étaient vraiment plus matures à cet âge-là, c’est une impression ! On n’était vraiment pas fut-fut à 12 ans !
    Je trouve que le personnage aurait dû être plus âgé, pour plus de crédibilité. Parce que déjà entre 12 ans et 17 ans à la même époque, il y a une énorme différence en terme d’expérience, de maturité et d’état d’esprit, mais la différence entre 12 ans en 2011 et 17 ans en 1912 est énorme. A 17 ans, en 1912, on était une femme adulte que l’entourage s’attendait à voir se marier, avoir des enfants, se comporter en parfaite femme du monde… On n’était plus vu comme une petite fille, ni même comme une adolescente. Celles qui ne venaient pas de familles aisées étaient déjà sur le marché du travail.
    Louise ne réalise pas tout de suite qu’elle est sur le Titanic, mais à sa décharge, elle n’a pas vraiment écouté avec attention ses cours d’histoire (que celle qui n’a jamais rêvé en cours lui jette la première pierre) et le film de James Cameron étant sorti quelques années avant sa naissanceIl est paradoxalement trop vieux (comprendre pas une nouveauté qu’elle peut aller voir au ciné avec ses copines), mais trop récent pour l’intéresser (Elle est plus passionnée par les films de Marilyn Monroe ou de Vivien Leigh). Bref, le Titanic, c’est très vague pour elle !
    J’aurais certes aimé plus de profondeur, un développement plus abouti, mais j’ai bien aimé ces passages où Louise se rend compte à quel point personne n’écoutait une femme à l’époque et combien c’était frustrant pour elle de savoir quelque chose et de ne pas réussir à le faire admettre à son entourage.
    J’aurais aussi aimé en savoir plus sur Marla et Glenda, même si le peu qu’on les voie ne me les a pas forcément fait apprécier.
    Il y a deux autres tomes sur cette série, je pense que je me laisserais tentée.

    Un extrait : Cette nuit-là, Louise rêva du bal. C’était bien celui des cinquièmes, mais rien n’avait l’air normal. Le gymnase s’était transformé en salle de danse. Tous les visages étaient à la fois étrangement familiers et étrangement différents. Ils ressemblaient à ceux de ses amis, mais ce n’était pas eux. Louise réalisa qu’elle ne devait pas être à la bonne soirée pile au moment où un garçon avec un sweat-shirt à capuche noir passa devant elle sur son skate. Elle courut après lui en criant « Todd ! », espérant qu’il lui indiquerait où aller. Mais il ne se retourna pas. Comme si elle n’était pas là.

    Louise se réveilla en sursaut. Elle jeta un œil à son radio-réveil : la lumière rouge indiquait 2 h 20. Pourquoi était-elle si stressée à l’idée de ce bal ? À quoi voulait-elle échapper ? Elle ne pensait qu’à ça ! Elle se tourna dans tous les sens le reste de la nuit. Elle n’avait dormi que cinq heures quand son réveil sonna à 7 h 17 le lendemain matin. Une nouvelle journée de cours se profilait.

    Louise s’extirpa de son lit. Elle retira son immense tee-shirt de nuit Gap pour se glisser dans son pull vintage préféré en cachemire lavande, qui n’avait qu’un minuscule trou de mite au coude, son Levi’s délavé à la perfection et des Converse rose flashy. Elle tira ses cheveux en arrière et les coinça en chignon avec un chouchou bien serré, sans laisser à la moindre boucle la chance de s’évader.

    Elle prit un autre cliché avec son Polaroïd, l’étiqueta « 15 avril » et l’observa se développer lentement. Rien. Pas de changement. Excepté deux cernes sous ses yeux qui lui donnaient l’air hanté. La journée avait à peine commencé, et elle était déjà épuisée.

    Comme chaque matin, elle arracha une page à son calendrier horoscope du signe de la Vierge, dans l’espoir de découvrir une prédiction excitante. Aujourd’hui elle eut droit à : « Vous allez entreprendre un intéressant voyage. Restez vous-même et savourez l’aventure ! » Ah ha ! Peut-être arriverait-il quelque chose dans le bus scolaire qui passerait dans vingt minutes ?

    – Bonjour, ma chérie, l’accueillit Mme Lambert avec affection, sur un ton étonnamment plein d’entrain pour une heure si matinale.

  • [Livre] La belle et la bête

    la belle et la bete.jpg

    Résumé : " Le monstre se fit entendre. Un bruit effroyable, causé par le poids énorme de son corps, par le cliquetis terrible de ses écailles et par des hurlements affreux, annonça son arrivée. En voyant approcher la Bête, qu'elle ne put envisager sans frémir en elle-même, la Belle avança d'un pas ferme, et d'un air modeste salua fort respectueusement la Bête. Cette démarche plut au monstre et, se retournant vers la Belle, il lui dit : "Bonsoir, la Belle" ".

     

    Auteur : Gabrielle-Suzanne De Villeneuve

     

    Edition : Folio

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 19 septembre 2001

     

    Prix moyen : 2€

     

    Mon avis : J’avais déjà lu la version de Mme Leprince de Beaumont et j’ai vu, bien sûr, les adaptations de Cocteau et de Disney. Mais je voulais absolument lire la version originale du conte.
    L’écriture est la plupart du temps assez fluide, mais parfois, l’auteur nous pond des phrases de plusieurs lignes qu’il est assez dur de suivre jusqu’à la fin.
    Le conte est en deux parties. La première partie est la plus connue. C’est elle qui a été adaptée que ce soit par d’autres auteurs ou par des réalisateurs. Il n’y a quasiment aucune interaction entre la belle et la bête, si ce n’est cette brève visite qu’il lui fait tous les soirs et lors de laquelle il se borne à lui demander ce qu’elle a fait de sa journée et si elle veut coucher avec lui (vous remarquerez qu’il ne parle pas de mariage).
    D’ailleurs la belle voit le prince en rêve et est nettement plus intéressé par lui que par la bête qui la dégoûte, même si elle lui est reconnaissante pour ses bienfaits.
    Contrairement aux films ou aux réécritures, la belle n’est pas amoureuse de la bête et ne ressent envers lui qu’une obligation dictée par le devoir.
    La seconde partie est plus indigeste. Elle est là pour dévoiler les histoires des différents personnages et expliquer comment et pourquoi ils en sont arrivés là. Le problème c’est que tout se fait au travers d’un long monologue de la fée. C’est donc assez difficile de garder de l’intérêt pour l’histoire.
    De plus, la morale est discutable puisque en gros, si Belle avait vraiment été une roturière, elle n’aurait pas pu épouser le prince, quand bien même elle aurait été la seule à avoir eu assez de bonté pour rompre le sortilège.
    J’aurais préféré que la fée sanctionne la reine pour le mépris qu’elle a de son peuple. Mais dans cette version, la métamorphose du prince ne relève pas d’une sanction due à son attitude, mais à la vengeance d’une fée amère et cruelle.
    Je suis donc mitigée : j’ai aimé la première partie autant que la seconde m’a ennuyée. Et j’ai trouvé que l’histoire manquait de morale (mais sans doute était-ce conforme à la « morale » des aristocrates à l’époque où le conte a été écrit).

    Un extrait : Les filles de leur côté ne manquèrent pas d’emploi. Comme des paysannes, elles se virent obligées de faire servir leurs mains délicates à toutes les fonctions de la vie champêtre. Ne portant que des habits de laine, n’ayant plus de quoi satisfaire leur vanité, ne pouvant vivre que de ce que la campagne peut fournir, bornées au simple nécessaire, mais ayant toujours du goût pour le raffinement et la délicatesse, ces filles regrettaient sans cesse et la ville et ses charmes. Le souvenir même de leurs premières années, passées rapidement au milieu des ris et des jeux, faisait leur plus grand supplice.

    Cependant la plus jeune d’entre elles montra, dans leur commun malheur, plus de constance et de résolution. On la vit par une fermeté bien au-dessus de son âge prendre généreusement son parti. Ce n’est pas qu’elle n’eût donné d’abord des marques d’une véritable tristesse. Eh! qui ne serait pas sensible à de pareils malheurs! Mais après avoir déploré les infortunes de son père, pouvait-elle mieux faire que de reprendre sa première gaieté, d’embrasser par choix l’état seul dans lequel elle se trouvait, et d’oublier un monde dont elle avait, avec sa famille, éprouvé l’ingratitude, et sur l’amitié duquel elle était si bien persuadée qu’il ne fallait pas compter dans l’adversité ?

    Attentive à consoler son père et ses frères par la douceur de son caractère et l'enjouement de son esprit, que n’imaginait-elle point pour les amuser agréablement? Le marchand n’avait rien épargné pour son éducation et celle de ses sœurs. Dans ces temps fâcheux, elle en tira tout l’avantage qu’elle désirait. Jouant très bien de plusieurs instruments, qu’elle accompagnait de sa voix, c’était inviter ses sœurs à suivre son exemple, mais son enjouement et sa patience ne firent encore que les attrister.

    Ces filles, que de si grandes disgrâces rendaient inconsolables, trouvaient dans la conduite de leur cadette une petitesse d’esprit, une bassesse d’âme, et même de la faiblesse à vivre gaiement dans l’état où le Ciel venait de les réduire. « Qu’elle est heureuse, disait l’aînée! Elle est faite pour les occupations grossières. Avec des sentiments si bas, qu'aurait-elle pu faire dans le monde?» Pareils discours étaient injustes. Cette jeune personne eût été bien plus propre à briller qu’aucune d’elles.

  • [Livre] Les chroniques de Narnia – T01 – Le neveu du magicien

    les chroniques de narnia, tome 1 le neveu du magicien.jpg

    Résumé : Polly trouve parfois que la vie à Londres n'est guère passionnante... jusqu'au jour où elle rencontre son nouveau voisin, Digory. Il vit avec sa mère, gravement malade, et un vieil oncle au comportement étrange. Celui-ci force les deux enfants à essayer des bagues magiques qui les transportent dans un monde inconnu. Commence alors la plus extraordinaire des aventures ...

     

    Auteur : C. S. Lewis

     

    Edition : Gallimard Folio junior

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 2005 (pour cette édition)

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : Je n’avais jamais lu les chroniques de Narnia que je ne connaissais qu’à travers les films. Ce tome 1 se situe chronologiquement avant le 1er film. Digory, le héros de ce tome, va, bien involontairement, ramener Jadis, une terrible sorcière égocentrique et mégalo, à la vie. J’ai beaucoup aimé voir le sale type qu’est l’oncle de Digory se faire maltraiter par Jadis.
    La tante de Digory est intrigante : parfois elle semble savoir des choses, mais l’instant d’après sa réaction laisse supposer qu’elle ne sait rien des autres mondes.
    Polly est une fillette sage et intelligente, mais elle n’est là que pour servir d’acolyte à Digory et le pousser à prendre de bonnes décisions, elle n’a pas réellement un rôle à part entière dans l’histoire, pas comme Hermione Granger dans Harry Potter qui est aussi la voix de la raison mais dont on ne saurait se passer. Ici n’importe qui d’autres pourrait aiguiller Digory dans ses choix.
    Jadis est maléfique, même si son personnage n’est pas particulièrement développé, on sent ça. Dans les quelques informations qu’elle laisse échapper, on comprend qu’elle s’empare des royaumes pour être la seule à les gouverner, quitte à les détruire.
    Et surtout dans ce tome, on va assister à la création de Narnia. On va comprendre d’où vient la fabuleuse armoire qui permet à Lucy d’arriver à Narnia dans le film, comment Jadis s’est retrouver dans cette contrée, l’histoire du réverbère allumé et on peut même deviner que le vieil homme chez qui les enfants Peter, Susan, Edmund et Lucy, que l’on a découvert dans le premier film de Narnia, trouveront refuge pendant la seconde guerre mondiale.
    J’ai un peu regretté qu’on n’en sache pas plus sur l’origine d’Aslan mais j’ai aimé ce tome d’introduction car il est rare de commencer une saga par la création même du monde qui va en constituer le décor.

     

    Un extrait : C’est une histoire qui s’est passée il y a très longtemps, à l’époque où votre grand-père était un petit garçon. Une histoire très importante, car c’est elle qui permet de comprendre comment les échanges entre notre monde et le pays de Narnia ont commencé.

    À cette époque, Sherlock Holmes vivait encore à Baker Street. À cette époque, si vous aviez été un petit garçon, vous auriez porté un uniforme de collégien au col empesé tous les jours, et les écoles étaient souvent plus strictes qu’aujourd’hui. En revanche, les repas étaient meilleurs. Quant aux bonbons, je ne vous dirai pas à quel point ils étaient exquis et bon marché, sinon je vous mettrais l’eau à la bouche pour rien. Enfin, à cette époque vivait à Londres une petite fille qui s’appelait Polly Plummer.

    Elle habitait dans une de ces longues rangées de maisons accolées les unes aux autres. Un matin, elle était dehors dans le jardin arrière quand soudain un petit garçon grimpa du jardin voisin et montra son visage au-dessus du mur. Polly fut extrêmement surprise car elle n’avait jamais vu d’enfants dans cette maison. Seuls y vivaient M. Ketterley et Mlle Ketterley, un vieux garçon et une vieille fille, frère et sœur. Piquée par la curiosité, elle leva le regard. Le visage du petit garçon était très sale, on aurait dit qu’il avait pleuré puis séché ses larmes en se frottant avec les mains pleines de terre.

    Le fait est que c’est plus ou moins ce qu’il venait de faire.

    — Bonjour, dit Polly.

    — Bonjour, répondit le petit garçon. Comment t’appelles-tu ?

    — Polly. Comment t’appelles-tu, toi ?

    — Digory.

    — Ça alors, quel drôle de nom !

    — Pas plus que Polly.

    — Ah ! si.

    — Non.

    — En tout cas, moi au moins je me lave la figure, dit Polly, ce qui ne te ferait pas de mal, surtout après avoir…

    Soudain elle s’arrêta. Elle allait dire « après avoir pleurniché…», mais elle se ravisa car elle se dit que ce n’était pas très courtois.

    — Oui, c’est vrai, j’ai pleuré, répondit Digory beaucoup plus fort, comme s’il n’avait plus rien à perdre qu’on le sache. Toi aussi, tu pleurerais, si tu avais vécu toute ta vie à la campagne avec un poney et un ruisseau au bout du jardin et que brutalement on t’amenait vivre ici, dans ce trou pourri.

    — Ce n’est pas un trou, Londres, répondit Polly, indignée.

    Mais le petit garçon, trop absorbé par son explication pour y faire attention, continua :

    — Et si ton père était parti en Inde, si tu étais obligée de vivre avec une vieille tante et un oncle fou (je me demande qui aimerait), et si tout ça c’était parce qu’il fallait qu’ils s’occupent de ta mère, et si en plus ta mère était malade et allait m… mourir…

    Son visage se tordit alors d’une drôle de façon, comme lorsque vous essayez de retenir vos larmes.

    — Je ne savais pas, je suis désolée, répondit humblement Polly.

    Comme elle ne savait plus très bien quoi dire et qu’elle voulait changer les idées de Digory en abordant des sujets plus gais, elle demanda :

    — M. Ketterley est vraiment fou ?

    — Soit il est fou, soit il y a un mystère.

  • [Livre] Amour, vengeance et tentes Quechua

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

    amour vengeance et tente quechua.jpg

    Résumé : Deuxième samedi du mois de juillet. Depuis toujours, ce jour précis, Tara et ses parents – le morne postier et l’Italienne agitée – prennent le départ des vacances. Direction « le Momo s », camping tenu par la vieille Momo et son fils Jacky.

    Là-bas, Tara respire, retrouve la rivière et son copain de toujours : Adam. Adam devenu, cet été… ce beau mec qui la remue totalement !

    À peine le temps de savourer que débarque Éva, belle et brûlante comme le soleil, et vite surnommée « La Frite » par Tara. Ils étaient deux, ils se retrouvent trois. Les mauvais coups vont tomber, pour Tara comme pour Adam et La Frite, mais aussi pour ce qui n’existe plus : l’insouciance d’avant.

     

    Auteur : Estelle Billon-Spagnol

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 07 Juin 2017

     

    Prix moyen :

     

    Mon avis : Dans ce livre, ce sont vraiment les personnages qui font tout. L’histoire en elle-même est assez banale : deux ados qui ne se voit que l’été, qui ont bien grandit, l’une craque pour l’autre, qui lui craque pour une blondinette qui lui avait donné son premier baiser quand ils étaient mômes. Entre les deux filles, les vacheries et les coups bas s’accumulent.
    Banale quoi.
    Sauf qu’il y a les personnages ! Les personnages qui donnent une profondeur et une saveur au texte qu’on n’aurait pas pu imaginer en lisant le résumé.
    D’abord nos héros : Adam, Tara et la Eva, alias la frite.
    Tara ne se trouve pas vilaine, mais trouve que « peut mieux faire », alors forcément, à se comparer sans cesse à Eva, et à toujours trouver celle-ci « mieux », elle réagit différemment de ce qu’elle aurait fait d’ordinaire. Mais il faut dire qu’Eva déclenche les hostilités à peine arrivée et que franchement, je comprends pourquoi Tara a envie de la baffer, la frite.
    Adam, lui, c’est un mec… mais alors typique…celui qui ne voit jamais ce qu’il y a sous son nez et surtout qui voudrais le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière et plus si affinité. Il ne comprend absolument pas pourquoi Tara prend aussi mal l’intrusion de la frite dans leur duo. Après tout pourquoi est-ce qu’il ne pourrait pas déconner avec son amie tout en roulant des pelles à sa conquête (vu son attitude, je ne parlerais pas de petite amie). Bref une taupe aveugle avec des lunettes noires au fond d’un puits ! Alors ok, il a des soucis, mais bon, rien de bien nouveau. J’ai regretté que Tara ne lui sorte pas en pleine figure certains des monologues qu’elle se joue intérieurement, ça ne lui aurait pas fait de mal.
    Eva, elle, j’ai eu du mal à la cerner. J’ai l’impression que son attitude de vamp doublée de garce vient d’un énorme manque de confiance en elle. D’ailleurs quand on voit sa famille, on le comprend un peu, surtout sa mère. J’ai regretté que la relation entre elles ne soit pas approfondie et qu’on n’en sache pas plus sur cette haine qui semble ronger sa mère de l’intérieur.
    Ca n’excuse pas forcément son attitude (ni celle d’Adam d’ailleurs) parce que la famille de Tara n’est pas mal non plus entre un père dépassé et mou et une mère qui a une réputation (et pas que la réputation d’ailleurs) de trainée internationale qui passe son temps à foutre le camp pour s’envoyer en l’air et à jouer les victimes incomprises en ce monde cruel.
    Finalement, à part Tara, les plus sympathiques dans cette histoire sont Suze, la petite sœur et les voisins de camping, sans oublier Momo, qu’on voit trop peu et Yvanne qu’on découvre bien différente de ce que laissait imaginer son comportement.
    Finalement ce livre est plus qu’une histoire d’amitié ou d’amour, c’est une histoire de changement, de changements profonds qui vont bouleverser la vie de pas mal de monde.

     

    Un extrait : Juste un aller-retour à sa tente pour déposer ses affaires de toilette, et Tara arrive à la buvette. Il est 20 heures, la terrasse est bondée, Jacques fait d’incessants va-et-vient entre les tables. Après un rapide coup d’œil et quelques bonjour lancés à des vacanciers qu’elle connaît, elle se pointe au comptoir.
    Jacky ne tarde pas à revenir, suant avec un plateau vide. Ni grand ni petit. Une allure débonnaire à l’aise dans ses éternelles chemises à carreaux froissées. Et surtout cette voix… cette voix qui a tant émoustillé Tara l’été dernier.
    En vérité, cette voix la chatouille encore, là, alors qu’elle s’accoude au zinc en replaçant ses bretelles de débardeur. Tara, c’est un vieux !
    - Salut ma belle ! Enfin Tara Balice est ar-ri-vée !

    - Salut Jacky

    Jacky l’embrasse et repasse derrière le bar.

    - Les vacances commencent, alors ? Tu veux boire quoi ?
    - Un sirop à l’anis, steup ! Avec…

    - Beaucoup de glaçons, je sais ma belle !

    Jacky lui sert son verre, lance une paille dedans, gagné !, et sourit.
    - Bon, maintenant faut que je prépare la commande des Varloo. Y en a pour un moment…
    Tara a l’impression que le sourire de Jacky est plus fatigué qu’amusé. L’effet « Adieu Minouche », peut être.
    - Bonjour Jacques, c’est qui qu’il a gagné l’étape ? demande un Hollandais – la réponse, il la connaît, mais il n’aime pas se poser au bar sans rien dire.
    - Je sais pas, l’espagnol je crois, répond machinalement Jacky, concentré sur ses doses de pastis.

    Le hollandais embraie avec un café sil vous plait merci ?
    Il essaierait bien de lancer une vraie conversation mais, s’apercevant soudain qu’il vient d’épuiser son stock de français, replonge dans son journal. Il s’achètera une méthode d’apprentissage de cette si jolie langue l’été prochain.
    Jacky, lui, se fout de ce non-dialogue. Ce qu’il veut, c’est finir le roman qu’il écrit depuis des années : Plus jamais la rivière ne me dira où aller, l’histoire douce-amère d’un quinquagénaire qui, du jour au lendemain, décide de partir à pied jusqu’en Russie et se retrouve confronté à son moi profond, enfin c’est l’idée de départ. Roman qu’il va achever cet été ; entre deux clients, deux courses, deux coups de balai, il griffonne des notes dans son carnet.

    Sauf que l’écriture est un marathon et Jacky n’aime pas courir. C’est pourquoi « Je le finis cet été » est sa phrase de chaque été depuis quatre ans qu’il bosse au Momo’s.

  • [Livre] Le phénomène Philomène

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

    le phenomene philomene.jpg

    Résumé : Anatole et l'école, c'est une longue suite de rendez-vous manqués. Il faut dire qu'avec sa dégaine d'ado balourd et sa tignasse de cheveux qui lui tombent devant les yeux, il n'a pas l’étoffe d’un héros. Du moins, à première vue. Car en regardant mieux, on pourrait s’apercevoir qu’il a un sourire craquant... et aussi un don : celui de voir les fantômes.

    Le fantôme de Philomène, une jeune fille morte en 1870, dans l’accident de la filature qui se tenait à la place du collège.

    Repérer un fantôme, c’est déjà pas banal. Mais quand ce fantôme vous apprend qu’un grave danger menace la vie de tous les élèves et que vous seul pouvez les sauver, ce rendez-vous-là, pas question de le rater !

     

    Auteur : Emmanuelle Cosso

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 07 juin 2017

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : J’ai trouvé ce livre plus long que ne le sont habituellement les pepix (mais je ne vais pas m’en plaindre, bien au contraire) et dépourvu des pages bonus qui sont habituellement la marque des pepix (là, par contre, j’ai eu un petit manque).
    La narration est intéressante car l’histoire est racontée par un personnage qui n’assiste pas à tout mais à qui le personnage principal a tout raconté.
    Malgré l’absence de bonus, j’ai trouvé le ton bien adapté à la tranche d’âge avec de petites informations sur le travail des enfants à la fin du XIXème siècle, ainsi que sur la guerre de 1870 (la plupart des enfants croyant que les conflits entre la France et l’Allemagne ont commencé avec la 1ère guerre mondiale).
    Le roman montre aussi que l’ouverture d’esprit n’est guère plus large au XXIème siècle qu’elle ne l’était au moyen-âge. A l’époque, quiconque parlant de terre ronde ou d’appareil volant était considéré comme hérétique car les connaissances de l’époque ne pouvaient admettre de telles choses. Les malheureux finissaient souvent sur le bûcher. Aujourd’hui, on ne brûle plus personne (c’est déjà ça) mais parlez de fantômes ou de voyage dans le temps et vous finirez dans un hôpital psychiatrique au motif que c’est « impossible ». Impossible selon quoi ? Nos connaissances actuelles ? Vous voyez le lien ??
    J’ai beaucoup aimé ce côté mystère non résolu avec le collège construit sur un site ayant connu un malheur.
    J’ai beaucoup aimé aussi que ce soit l’élève un peu souffre-douleur (alors que, de l’avis même de sa camarade de classe, à leur âge, question physique, il y en a pas un pour rattraper l’autre) qui devienne, bien malgré lui, responsable de ce qui pourrait arriver.
    J’ai trouvé Juliette géniale. Même si elle ne voit pas Philomène, elle est prête à faire confiance à Anatole.
    L’intervention de la police est très bien aussi, sans cela, le roman aurait perdu ce petit côté réaliste qui fait que la présence de Philomène s’intègre aussi bien.
    J’ai trouvé un peu dommage de ne pas en savoir plus sur la prof d’anglais, parce qu’elle est quand même pas mal déjantée (et pas dans un sens drôle), j’aurais bien aimé qu’il y ait un lien plus fort entre elle et le fond de l’histoire (peut être une descendante du patron de l’usine ?).
    La fin est douce-amère, mais je l’ai trouvé juste parfaite. J’aurais été encore plus triste si ça ne s’était pas fini ainsi !

     

    Un extrait : Vlan ! Anatole s’est pris la porte en pleine figure… Il chancelle, manque de tomber, mais finit par récupérer son équilibre. Elle a claqué devant lui juste après que la prof de français a crié « le dernier ferme la porte merci ! ». L’avant-dernier, va savoir qui c’était, a pensé qu’il était le dernier. Mauvais calcul. Pourtant, ce n’est pas difficile : le dernier, c’est toujours Anatole.
    Anatole et l’école, c’est un nombre incalculable de portes claquées au nez et de rendez-vous manqués. Chacun rate l’autre depuis le début : l’école ne comprend pas Anatole et Anatole ne comprend pas l’école.
    Un exemple de rendez-vous manqué ? D’accord. Quand il fallait faire la sieste en maternelle, Anatole débordait d’énergie…et d’idées pour la dépenser. Quand il a fallu résoudre des équations en sixième, il était fin prêt à faire la sieste.
    Au fond, Anatole aurait aimé vivre à une autre époque. Une époque d’avant Jules Ferry et l’école obligatoire (disons même avant Charlemagne, pour ne pas prendre de risques). Il aurait vécu à la campagne (Anatole déteste la ville), entouré d’animaux, et aurait passé ses journées à la pêche (Anatole adore la compagnie des poissons, ou plutôt l’espoir de la compagnie d’un poisson). Il aurait rapporté sa pêche du jour pour son repas du soir et fini la journée en lisant des BD, Dragon Ball de préférence.
    On pourrait lui rétorquer que pour ça, il aurait fallu que Dragon Ball ait été inventé avant Jules Ferry (voire Charlemagne), ce qui n’est franchement pas possible, mais Anatole ne se préoccupe pas de ce genre de détails. De toute façon, il a du mal avec les chiffres, les dates, les heures. Il a aussi du mal avec les sous, les mètres, les volumes, enfin bref, avec tout ce qui se compte et se quantifie, tout ce qui se mesure et se pèse. Pour Anatole, l’univers des possibles est un peu plus grand que pour la plupart des gens… et toujours en expansion. C’est sans doute pour ça qu’il a tellement l’air « ailleurs », aux yeux de tous. Enfin, de tous les autres.

  • [Livre] L’étrange vie de Nobody Owen

    l'étrange vie de nobody owens.jpg

    Résumé : Nobody Owens est un petit garçon parfaitement normal. Ou plutôt, il serait parfaitement normal s'il n'avait pas grandi dans un cimetière, élevé par un couple de fantômes, protégé par Silas, un être étrange ni vivant ni mort, et ami intime d'une sorcière brûlée vive autrefois. Mais quelqu'un va attirer Nobody au-delà de l'enceinte protectrice du cimetière : le meurtrier qui cherche à l'éliminer depuis qu'il est bébé. Si tu savais, Nobody, comme le monde des vivants est dangereux... 

     

    Auteur : Neil Gaiman

     

    Edition : Albin Michel

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 04 mai 2012

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : L’histoire commence bien avec un homme qui s’introduit dans une famille pour la décimer. Pourquoi ? Quel intérêt de tuer ainsi toute une famille ? Mystère… On n’en saura pas plus avant la fin du roman. Toujours est-il que cet homme, appelé le Jack, semble non seulement très désireux d’accomplir sa tâche, mais aussi obnubilé par l’idée de tuer tout le monde, y compris et surtout le bébé. Mais celui-ci, petit cascadeur fugueur, crapahute en dehors de la maison et se retrouve à l’intérieur d’un cimetière où il va déclencher la curiosité des morts.
    Les fantômes de Mr et Mme Owens vont décider de l’adopter et vont convaincre l’assemblée des fantômes de permettre au petit garçon de devenir citoyen du cimetière.
    Un autre débat lui donnera son prénom : Nobody. Ainsi sera baptisé Nobody Owens. On ne lui connait aucun autre nom. Ses parents et autres fantômes ne pouvant pas sortir du cimetière, il aura pour tuteur un être à cheval entre les deux mondes. Même si le mot n’est pas prononcé, je pense qu’il est assez clair, très vite, que Silas est un vampire.
    Dans le cimetière on trouve aussi un affreux passage vers un monde, les enfers ou autre chose, dans lequel vivent les goules. C’était un passage assez sombre, assez horrible aussi et les plus jeunes lecteurs risquent de voir les affreuses bestioles s’inviter dans leurs rêves (et personnellement, je ne pardonne pas à l’auteur d’avoir fait de Victor Hugo une goule… non mais vraiment ! Ils n’ont pas leurs propres auteurs à discréditer ces anglais ? Ca ne leur a pas suffi de nous faire bruler Jeanne d’Arc et de nous avoir exilé un empereur ?)
    Nobody n’a pas le droit de sortir du cimetière car dehors, le tueur rode et n’a pas renoncer à retrouver l’enfant qu’il a échoué à tuer. Or, tant qu’il est dans le cimetière, Nobody échappe à son radar…
    Bon vous vous doutez, du coup, qu’il ne va pas y rester dans ce cimetière !
    Ce qui m’a un peu gêné c’est le manque d’action. Certes chaque petit détail, comme la brève camaraderie qu’il a avec une enfant de 5 ans, va avoir un impact plus tard, un impact important sur l’intrigue. Mais la lenteur avec laquelle ces éléments sont mis en place a un peu freiné mon enthousiasme. La lecture n’a pas été pénible, mais j’ai connu plus entraînant.
    Concernant le méchant, j’ai mis un petit moment à l’identifier, aussi bien dans le livre que dans l’origine de son nom (et une fois que j’ai eu les éléments sous les yeux, je me suis sentie comme une imbécile tant ça paraissait soudain évident !)

    En revanche, j’ai bien aimé l’histoire du Jack et l’explication de pourquoi on l’appelle LE Jack et pas seulement Jack.

    En résumé, ce n’était pas une mauvaise lecture, l’idée était originale et sympa mais l’action met bien trop de temps à arriver dans le récit.

    Un extrait : Noyé dans l’ombre, l’inconnu regarda le Jack jusqu’à ce qu’il fut hors de vue. Puis il se déplaça dans la nuit et monta, monta jusqu’au replat sous le sommet de la colline, là où se dressait un obélisque et où une pierre plate sertie dans le sol perpétuait la mémoire de Josiah Worthington, brasseur local, politicien puis baronnet, qui avait, voilà presque trois cents ans, acquis le vieux cimetière et les terres alentour pour céder l’ensemble à la ville, concession à perpétuité. Il s’était attribué le meilleur emplacement de la colline – un amphithéâtre naturel avec vue sur toute la cité et au-delà –, et avait fait en sorte que le cimetière demeurât durablement un cimetière, ce dont les habitants lui étaient reconnaissants, quoique pas tout à fait autant qu’ils l’auraient dû, de l’avis même du baronnet Josiah Worthington.

    Ce cimetière comptait en tout quelque dix mille âmes, mais la plupart dormaient profondément ou ne s’intéressaient nullement aux petites affaires nocturnes du lieu, et moins de trois cents étaient présentes dans l’amphithéâtre, sous le clair de lune.

    L’inconnu les rejoignit, aussi silencieux que la brume elle-même, et assista aux débats dans l’ombre, sans rien dire.

    Josiah Worthington avait la parole.

    — Ma chère madame, votre obstination est tout à fait, tout à fait… enfin, ne voyez-vous pas le ridicule de la situation ?

    — Non, répondit Mrs Owens. Je ne vois pas.

    Elle était assise par terre, jambes croisées, et l’enfant vivant dormait sur ses genoux. Elle tenait délicatement sa tête entre ses mains pâles.

    — Sauf votre respect, votre honneur, intervint Mr Owens debout à côté d’elle, ce qu’essaie de dire Mrs Owens, c’est qu’elle ne voit point les choses ainsi. Elle n’y voit que son devoir.

    Mr Owens avait rencontré Josiah Worthington en chair et en os du temps qu’ils étaient tous deux en vie, il avait même fabriqué plusieurs meubles de qualité pour le manoir Worthington, près d’Inglesham, et le baronnet lui faisait toujours forte impression.

    — Son devoir ?

    L’honorable Josiah Worthington secoua la tête, comme pour en déloger un fil d’araignée.

    — Votre devoir, madame, s’exerce envers le cimetière, pour le bien commun de ceux qui composent cette population d’esprits désincarnés, de revenants et d’entités diverses, et votre devoir est donc de restituer dès que possible la créature à son environnement naturel… qui ne se trouve point ici.

    — C’est sa maman qui m’a confié ce garçon, s’obstina Mrs Owens d’un ton sans réplique.

    — Chère petite madame…

    — Je ne suis pas votre chère petite madame, trancha-t-elle en se levant. À vrai dire, je ne sais même pas pourquoi je reste ici à parler avec tous ces ânes bâtés bêtes à manger du foin que vous êtes, alors que ce petit-là va bientôt se réveiller affamé… et où vais-je lui trouver à manger dans ce cimetière, je vous le demande ?

    — Voilà, dit Caius Pompeius avec raideur, précisément le problème. De quoi, en effet, allez-vous le nourrir ? Comment pourriez-vous vous occuper de lui ?

    Les yeux de Mrs Owens lancèrent des éclairs.

    — Je saurai veiller sur lui. Aussi bien que sa vraie maman. Elle me l’a confié, non ? Regardez : je le tiens dans mes bras. Je le touche.

    — Enfin, Betsy, soyez donc raisonnable, gronda la mère Slaughter, une petite vieille perdue sous le bonnet et la cape énormes qu’elle portait de son vivant et dans lesquels on l’avait enterrée. Où logerait-il ?

    — Ici même. Nous pourrions le nommer citoyen libre du cimetière.

    La bouche de la mère Slaughter forma un minuscule « o ».

    — Mais ! fit-elle.

    Puis :

    — Ça par exemple.

    — Et pourquoi pas ? Ce ne serait point la première fois que nous accorderions la libre citoyenneté à un étranger.

    — C’est vrai, concéda Caius Pompeius. Mais il n’était pas vivant, lui.