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Jeunesse

  • [Livre] Animale – T01 – La malédiction de Boucle d’Or

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    Résumé : Et si le conte le plus innocent dissimulait l’histoire d’amour la plus terrifiante ?
    1832. 
    Blonde, dix-sept ans, est cloîtrée depuis toujours dans un couvent perdu au cœur d’une forêt profonde. Pourquoi les sœurs l’obligent-elles à couvrir ses cheveux d’or et à cacher sa beauté troublante derrière des lunettes sombres ? Qui sont ses parents, et que leur est-il arrivé ?

    Alors qu’elle s’enfuit pour remonter le fil du passé, Blonde se découvre un versant obscur, une part animale : il y a au cœur de son histoire un terrible secret.

     

    Auteur : Victor Dixen

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 22 août 2013

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : J’ai mal commencé ce livre. Ou plus exactement, j’ai fait l’erreur de commencer par le prélude qui nous entraîne en pleine campagne de Russie. Un peu comme l’un des préludes au trône de fer, le fait que ce prélude ne concerne pas directement un des personnages principaux ou secondaires du roman m’a ennuyé. Je voulais lire une réécriture de Boucle d’Or et à la place j’ai eu un récit de soldat.
    Du coup, je partais dans de mauvaises dispositions pour lire ce tome 1. Il m’a donc fallu une bonne cinquantaine de pages pour entrer dans l’histoire. Bon, sur plus de 530 pages, c’est pas la mort non plus.
    J’aime beaucoup la plume de Victor Dixen que j’ai découvert avec Phobos et une fois entrée dans l’histoire, j’ai été captivée.
    J’ai beaucoup aimé Blonde et la voir évoluer au fil du livre. Au début elle est docile, craintive, résignée, mais au fil des pages, elle gagne en assurance même si elle reste assez effrayée par tout ce qu’elle découvre.
    J’ai beaucoup aimé le fait que chaque personnage, qu’il soit principal ou secondaire, ait une importance dans le récit : soit ils apportent des réponses directes, soit ils permettent à Blonde d’avancer dans ses recherches de manière indirecte.
    J’aime bien quand les histoires fantastiques s’intègrent dans un monde normal. Ici on se trouve, selon les périodes des différents récits, sous les règnes de Louis XVIII et Charles X, de Napoléon et de Louis-Philippe.
    A travers certaines parties du récit, on retrouve vraiment une revisite du conte de Boucle d’Or, mais l’histoire va au-delà d’une simple revisite.
    Contrairement à certains livres qui font toutes les révélations à la fin du tome (pour donner envie de se jeter sur le suivant), celui-ci pourrait être un one shot. Les révélations nous sont apportées au fur et à mesure de la lecture et la fin pourrait se suffire à elle-même, ce qui donne encore plus envie de lire le tome 2 pour savoir ce que Victor Dixen nous réserve.

     

    Un extrait : La jeune fille saisit une mèche dépassant de son chignon, pareille au marin d’un navire en détresse qui s’agrippe à un cordage pour tenter d’échapper au naufrage.

    Ce fut le geste qui la perdit.

    Des murmures commencèrent de s’élever du premier rang, qui, à travers les verres bleutés, ressemblait à une vague menaçante. C’était là qu’étaient assises les demoiselles issues des familles riches. Plus on s’enfonçait vers l’arrière de la salle où les sœurs faisaient la classe, moins les pensionnaires étaient argentées. La place de Blonde était tout au fond, à un petit pupitre bancal, pour bien marquer sa différence. Contrairement aux quinze autres élèves de la classe des cadettes, elle n’était pas à Sainte-Ursule pour quelques années seulement, le temps de parfaire son éducation avant de retourner dans le monde pour s’y marier. Elle n’avait toujours connu que ce couvent perdu au creux de la vallée de la Moselle, et elle ne connaîtrait jamais que lui : les mains qui l’avaient placée sous le porche avaient aussi déposé une somme d’argent couvrant ses frais de logement et de couvert jusqu’à sa mort. Cette manière archaïque de se débarrasser des bâtards nés en dehors du mariage avait encore cours parmi quelques grandes familles lorraines.

    C’était à titre gracieux que les sœurs avaient décidé d’assurer également l’éducation de Blonde, d’abord parmi les minimes (la classe qui regroupait les couventines âgées de six à douze ans), puis parmi les cadettes (rassemblant les demoiselles de treize à dix-huit ans).

    – J’attends…, s’impatienta sœur Prudence, excédée.

    Blonde savait qu’elle aurait dû reposer sa main, mais quelque chose l’en empêchait. Il lui semblait que le contact de ses cheveux contre sa peau était tout ce qui la rattachait à la réalité, à cet instant, à cette classe ; que si elle les avait lâchés, elle se serait à nouveau enfouie dans ses pensées moites et obscures. Aussi les entortilla-t-elle plus fiévreusement autour de ses doigts.

    – Elle cherche la réponse dans ses cheveux ! fit une voix, quelque part.

    Un gloussement secoua les rangs, semblables à une mauvaise bête qui s’ébroue.

    – Silence ! gronda sœur Prudence. Silence !

    La petite préceptrice en charge des cours de Morale était la religieuse qui éprouvait le plus de difficultés à tenir les demoiselles.

    – Les quatre vertus cardinales…, répéta finalement Blonde.

    Elle parlait dans un souffle, et sa voix semblait remonter de très loin, des brumes d’un rêve.

    – Je suis désolée, je ne m’en souviens pas…



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  • [Livre] Peter Pan

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    Résumé : Peter Pan enlève Wendy et ses frères. Il les conduit au Pays Imaginaire où il règne en maître sur les enfants abandonnés. La lutte contre le Capitaine Crochet est sans merci. La jalousie de la fée Clochette est sans pitié pour Wendy... Et le dévouement de Wendy pour les enfants sans mère est sans limite.

     

    Auteur : James Matthew Barrie

     

    Edition : Livre de poche

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 1911

     

    Prix moyen : 6€

     

    Mon avis : Comme beaucoup de monde, j’ai découvert Peter Pan au travers de l’adaptation de Disney dans lequel notre héros est, certes un peu espiègle, un poil arrogant, et quelque peu susceptible, mais quand même globalement sympathique.
    Mais ça, c’était la magie Disney. Parce que en vrai, c’est pas du tout, mais alors pas du tout ça !!
    Peter est arrogant et susceptible, mais il n’est pas espiègle (ou alors lui et moi, on n’a pas la même définition de l’espièglerie).
    Peter déteste les adultes et ne s’en cache pas. D’ailleurs, au pays imaginaire, ce n’est pas tant que les enfants perdus ne peuvent pas grandir, mais qu’ils n’en ont pas le droit. Car si Peter n’hésite pas à zigouiller allégrement pirates et indiens, il n’a pas plus de compassion pour ses propres amis qu’il élimine sans scrupule s’ils donnent l’impression d’avoir recommencé à grandir. Or Peter est le seul pour qui le temps est arrêté.
    Peter est également un horrible m’as-tu-vu, clairement atteint du symptôme du pompier pyromane : il n’hésite pas à provoquer des situations dans lesquelles il va apparaître comme le héros, et ce même s’il met au passage des personnes en danger.
    C’est un vrai dictateur qui impose des règles complètement absurdes mais qu’aucun des enfants perdus n’oserait enfreindre, sachant avec quelle violence Peter réagirait.
    Il n’y a qu’avec Wendy qu’il se montre courtois et même chevaleresque.
    Contrairement au Disney, l’histoire se déroule sur une assez longue période et les parents Darling ont pleinement conscience de la disparition de leurs enfants. Et de temps en temps, on est témoin de leur angoisse, de leur détresse et de leur attente insupportable.
    La raison pour laquelle Peter déteste les adultes est expliqué, mais, comme à chaque fois qu’il ouvre la bouche, on ne sait pas distinguer fantasme et réalité. Difficile alors de dire si la scène qu’il raconte a bien eu lieu ou s’il l’a tout simplement inventée pour justifier son comportement.
    Peter ne vit que l’instant présent. Il ne se projette pas vraiment dans l’avenir puisqu’il ne va pas évoluer, mais il semble aussi oublier tout ce qui est dans le passé, comme s’il ne voulait s’embarrasser d’aucuns souvenirs susceptibles de provoquer des sentiments tel que le remord ou les regrets.
    Côté pirates, on a une description de James « Jas » Crochet à la fois très différente et très proche du Disney. Très différente car on est très loin du dandy endimanché que nous présente le dessin animé. Là on nous parle d’un pirate au teint noiraud, qui fut le second de Barbe Noire et réputé le seul homme faisant peur à Long John Silver. Il est dit qu’il tue avec une certaine élégance (mais en éventrant quand même ses ennemis d’un coup de crochet). D’un autre côté, on retrouve le personnage de Disney dès que le crocodile, Tic Tac Croc, est dans les parages. Là le capitaine devient hystérique, un vrai lâche qui demande à ses hommes de la cacher à la vue du crocodile obsédé par le capitaine.
    La fin du conte montre bien à quel point Peter est le prisonnier volontaire d’une boucle temporelle car, quand il constate que Wendy grandit, il va prendre une décision à la fois étonnante et pourtant prévisible.

     

    Un extrait : Ce soir-là, les principales forces de l’île étaient disposées comme suit. Les garçons perdus faisaient une sortie à la recherche de Peter. Les pirates faisaient une sortie à la recherche des garçons perdus. Les indiens faisaient une sortie à la recherche des pirates.
    Ils tournaient et tournaient en rond sur l’île mais sans parvenir à se rencontrer car ils avançaient tous à la même vitesse.
    Tous voulaient voir couler le sang sauf les garçons perdus qui aimaient ça d’ordinaire mais qui, ce soir-là, étaient simplement sortis pour accueillir leur capitaine. Leur nombre sur l’île varie selon que certains sont tués et ainsi de suite. Et quand ils semblent se mettre à grandir, Peter les élimine. A ce moment-là, il y en avait six, en comptant les jumeaux comme deux. Faisons comme si nous étions cachés au milieu des cannes à sucre et regardons-les s’avancer furtivement à la queue leu leu, la main posée sur leur coutelas.
    Comme Peter leur interdit de lui ressembler si peu que ce soit, ils se vêtent de peaux d’ours qu’ils ont tués de leurs propres mains, ce qui les rend si ronds et si rembourrés que, quand ils tombent, ils se mettent à rouler. Du coup, ils sont devenus extrêmement habiles pour éviter les chutes.

     

     

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  • [Livre] Les descendants – T02 – Retour sur l’île de l’oubli

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    Résumé
     : Après avoir passé toute leur enfance sur l'Île de l'Oubli, Mal, Evie, Jay et Carlos n'ont pas rejeté le luxe et le confort d'Auradon ! Après tout, vivre avec des princes et des princesses, c'est loin d'être aussi terrible qu'ils le pensaient. Pourtant, lorsqu'ils sont invités en secret à retourner sur l'Île, Mal et ses amis ne peuvent pas s'empêcher de retrouver leurs mauvaises manies. Mais tout n'est pas exactement comme dans leurs souvenirs.

    Le danger rôde, et ils vont rapidement devoir unir leurs talents afin de sauver le royaume d'une nouvelle menace, plus sombre et plus mystérieuse encore que les précédentes.

     

    Auteur : Melissa De La Cruz

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 29 juin 2016

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : J’avais été très déçue par le premier tome des descendants, mais je n’aime pas ne pas avoir le fin mot de l’histoire, donc j’étais bien décidée à jeter un œil au tome 2 pour voir s’il y avait de l’amélioration dans l’air.
    Même si le livre reste assez jeunesse et l’intrigue cousue de fil blanc, j’ai trouvé qu’il y avait une grande amélioration par rapport au premier tome dont la lecture avait plus ou moins été de la torture.
    Mal (dont le prénom est expliqué dans le livre), Jay, Evie et Carlos reçoivent chacun des menaces à peine voilées leur intimant de ficher le camp d’Auradon avant la prochaine pleine lune. Le roi et la reine ont pris leur retraite et sont en voyage, la marraine bonne fée s’est absentée et Ben, tout jeune monarque (tant pas l’âge que par la durée de son règne) est par mont et par vaux dans tout le royaume du fait d’une créature inconnue qui terrorise les différentes régions (et il n’a pas papa sous la main pour avoir des conseils). Or, avant d’autoriser l’utilisation de la magie, il souhaite se rendre compte par lui-même de l’importance du problème.
    De plus, Auradon, qui a toujours été paradisiaque, subi quelques perturbations désagréables tels que les tremblements de Terre. Mal en est sûre, sa mère, même transformée en lézard, est responsable de tout cela. Et le reste de leurs parents aussi !
    Les 4 exilés décident donc de retourner sur l’île de l’oubli pour tirer ça au clair.
    J’ai beaucoup ri en voyant que malgré leur envie de sauver Auradon, les priorités des ados sont très claires : assister au match, aller à la fête, sauver Auradon, et être à l’heure pour les cours lundi matin.
    Carlos est sans doute le plus terrorisé à l’idée de revoir sa mère, mais une fois sur l’île de l’oubli, ils vont se rendre compte que rien ne se passe comme ils l’avaient imaginé.
    Le style est toujours aussi jeunesse, mais l’intrigue est plus intéressante, même si j’ai trouvé que tout se résolvait très vite (et très facilement contrairement à ce qu’on nous vend avant la « quête »). Peut-être que le fait que le 1er tome et le téléfilm étaient vraiment nuls a fait que j’ai trouvé celui-ci plus lisible.
    Et la fin nous laisse présager de nouveaux ennuis, plus sérieux cette fois-ci, pour Auradon et je ne suis pas sûre que l’auteur ait la gentillesse de laisser nos héros s’y préparer.
    Je ne vais pas tarder à lire ce 3ème et normalement dernier tome, que je vais aborder avec moins d’appréhension que le premier.

     

    Un extrait : Le sol se mit à vibrer, les murs de la bibliothèque à trembler. Mal rattrapa ses livres avant qu’ils ne tombent, Ben agrippa la table pour la maintenir.

    « Encore un tremblement de terre, s’écria Mal. C’est le troisième depuis le début de la semaine. »

    Elle lança de nouveau un regard inquiet vers la porte close. Le sol avait déjà tremblé de cette manière quand le dragon avait attaqué. Du coup, Mal ne pouvait s’empêcher de penser à sa mère.

    « C’est pareil dans tout le royaume, dit Ben. Ce serait un phénomène naturel, les plaques tectoniques qui s’agitent sous l’océan.

    — Je préférerais qu’elles se tiennent tranquilles. Ça me donne la nausée.

    — C’est déjà fini. Tant mieux. »

    Pas comme d’autres fléaux, pensa Mal.

     

    Mal oublia le tremblement de terre et ne releva la tête que lorsque Ben rangea ses livres. Ce n’était pourtant pas encore l’heure du dîner.

    « Tu pars déjà ? Obligations royales ?

    — Oui, j’ai un ruban à couper pour l’inauguration du nouveau centre de loisirs des sous-fifres. Je n’ai pas le droit de les négliger. »

    Ben enfila son blazer bleu marine avec ses armes brodées sur la poche droite. Il prenait ses fonctions à cœur, Mal le savait bien : être le roi de tous ses sujets, sous-fifres et rejetons de Méchants y compris.

    « On s’écrit plus tard ? demanda Ben en tirebouchonnant une boucle de cheveux mauves.

    — Prems ! »

     

    Mal se remit au travail, jusqu’à ce que son téléphone vibre. Elle le sortit de son sac, persuadée que c’était déjà Ben. Mais non, le message provenait d’un numéro inconnu. Bizarre.

    Rentre chez toi.

    Pardon ? écrit-elle en retour.

    Elle observa ses voisins et voisines. Tous d’Auradon, et absorbés par leurs ordinateurs ou plongés dans leurs livres. Il faut dire que le devoir de cette semaine était un sacré morceau : « Comment faire plaisir à tout le monde quand vous avez une famille de sept sur les bras ? (a priori des nains). »

    L’estomac noué, Mal attendit la réponse qui tardait à arriver.

    Retourne sur l’île de l’Oubli avant la prochaine lune, sinon gare à toi !

    C’est qui ?

    Tu sais bien qui je suis. M.

    Signé M. Rien de plus. Qui était ce M lui ordonnant de rentrer ? Et pourquoi avant la pleine lune ? D’ailleurs, c’était quand la pleine lune ?

    Mal connaissait bien plusieurs M, mais il y en avait surtout une. La grande Maléfique. Sa mère serait donc capable de communiquer par textos ? Même transformée en lézard, Maléfique n’en restait pas moins la plus grande sorcière de tous les temps. Tout était possible avec elle.

    Évidemment, sa mère voulait que Mal rentre vivre sur l’île. Maléfique avait planifié son évasion pour retrouver sa magie, mais elle méprisait Auradon et ses vallons enchanteurs. Si la sorcière avait accompli sa vengeance, le royaume entier aurait ressemblé à la Forteresse interdite. Noir et sinistre, pire que le pire des cauchemars imaginés par ses amis de l’école.

    Le cœur battant, elle relut le message. Non, Mal ne pouvait pas laisser faire ça. Elle rassembla ses livres. Elle devait rejoindre ses amis au plus vite pour en discuter avec eux.

    Mal eut la désagréable impression que sa vie douce était en train de se terminer…

     

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  • [Livre] Ce que murmure la mer

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    Résumé : L’histoire de la sirène qui aimait l’homme n’a pas d’âge, l’impossibilité de cette pulsion se noue à la manière des grandes tragédies et étouffe inexorablement l’héroïne. Pourtant, quand Galathée aperçoit Yvon, solitaire sur son bateau à voiles, l’amour la foudroie et la pousse à toutes les folies. Eperdue, désespérée, animée par un espoir aveugle, elle parvient à se faire une place dans la vie du jeune marin, mais qu’en est-il de son coeur?

     

    Auteur : Claire Carabas

     

    Edition : Magic Mirror

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 07 septembre 2017

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Ce livre est le tout premier que je lis des éditions Magic Mirror et le second roman édité par cette toute petite et toute récente maison d’édition est déjà en prévision de lecture. Autant vous dire que je guette la sortie de leur prochaine édition, prévue pour courant 2018, comme la prochaine saison de Game of Throne (si, si, c’est un compliment).
    Claire Carabas signe une réécriture de la petite sirène d’Hans Christian Andersen (dont le conte original est à la fin du livre) bien loin du conte de fée quasi-idyllique que nous avait proposé Disney (Ce n’est pas une critique, j’avais adoré). Ici, dès le prologue, on s’attend à une histoire plus sombre, plus tragique, et on va en avoir pour notre argent, si j’ose dire.
    La petite sirène, dont nous ignorons le vrai prénom mais qui va être baptisée Galathée (Toutes ses sœurs ayant un prénom commençant par un N, je suppose qu’elle doit elle aussi avoir un prénom en N), va, lors d’une excursion à la surface de l’eau, repérer et tomber folle amoureuse d’un humain en train d’effectuer un tour du monde en solitaire.
    Comme dans le conte ou le Disney, le père de notre sirène n’apprécie pas, mais alors pas du tout, cette inclination. Mais là où le roi Triton avait une forte tendance à hurler mais finissait par se laisser fléchir, celui de « Galathée » est plutôt du genre impitoyable, prêt à sacrifier sa fille plutôt que de céder. Son attitude m’a vraiment choquée.
    Le récit alterne entre le récit de Galathée et le journal d’Yvon, le marin de ses rêves. On a du coup les deux points de vue, ce qui donne de la profondeur à l’histoire.
    Certaines des scènes du contes sont ici dignes d’un film d’horreur, notamment la scène où elle donne sa voix à la sorcière des mers.
    Concernant les personnages, si je me suis assez vite attachée à Galathée, je suis restée assez froide vis-à-vis d’Yvon. Je lui ai préféré les personnages secondaires comme les sœurs de Galathée ou le meilleur ami d’Yvon.
    J’ai beaucoup aimé la fin. En fait c’est la fin que j’aurais voulu avoir dans le conte d’origine et j’ai trouvé que l’auteur avait eu une super idée.
    Quant à la fin, même si quelques pages avant j’avais compris de quoi il retournait, j’ai vraiment trouvé ça bien trouvé et original.
    J’ai passé un excellent moment avec ce livre que je conseille à tous (enfin, pas aux plus jeune car l’histoire est bien plus sombre).

     

    Un extrait : Depuis ma cachette, je me délectais des heures dérobées aux leçons ennuyeuses. Quand la voie était libre, je cueillais sur les dulses les petits mollusques et des crabes qui les grignotaient. Je les déposais plus loin, vers le potager royal. Je me cachais pour rire de la colère des jardiniers, furieux de découvrir ces nouveaux envahisseurs. Je me faisais des bracelets avec les spirulines dorées. Je posais des étoiles dans mes cheveux. Je flottais, le ventre offert à la transparence qui tombait de la surface, le dos chatouillé par l'onde de la prairie. La lumière caressait de ses rayons les anémones de ma mère. Je choisissais celle qui me plaisait le mieux, le temps d'une journée. Parfois c'était la pâle avec le bout des doigts violets, parfois la rose flamboyante, la bleue électrique aux très longs filaments, la petite géométrique aux reflets métalliques. Seule ma grand-mère savait me trouver là.

    Elle me surprit un jour alors que je passais ma main dans les corallines pour en libérer le parfum.

    - Comme tu ressembles à ta mère !

    L'occasion qu'elle m'offrait était trop belle.

    - Parle-moi d'elle, grand-mère ! Raconte-moi les histoires de ma mère ! Dis-moi ce que je tiens d'elle !

    Ma grand-mère, déjà, regrettait ses paroles échappées. Elle leva les yeux vers la lumière qui jouait entre les ondes comme sur les cordes d'une harpe. Elle écoutait un chant que je n'entendais pas. Elle me regarda à nouveau, secoua la tête. Ses yeux se voilèrent. Et puis le silence. Encore ce silence. Seul leur silence me parlait de ma mère. Le silence de mon père alourdi de colère, le silence de ma grand-mère empreint de tristesse, le silence gêné des servantes dessinaient d'elle une ombre pleine de mystère qui traversait les conversations pour disparaître devant moi. Le mutisme de tout le palais se refermait sur le souvenir de ma mère et tenait son secret aussi serré que l’huître serre ses valves.

    Ma grand-mère savait détourner ma curiosité. Quand je posais trop de questions, elle se lançait dans le récit de contes qu'elle seule connaissait. Et moi, inconstante, oublieuse, je la pressais de me dire encore ces fables. Je poursuivais ces leurres semés pour m'écarter du mystère de ma mère. Elle me racontait l'histoire de la petite fille qui voyait des merveilles dans le feu de ses allumettes, l'histoire de Gerda qui partit jusque dans les royaumes reculés à la recherche du jeune garçon qu'elle aimait et l'histoire de la métamorphose des cygnes sauvages en hommes. J'adorais l'écouter. Ce monde fascinant regorgeait d'énigmes.

     

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  • [Livre] Miroir Miroir

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    Résumé : Il était une fois une jeune femme qui ignorait qu’elle était belle. Si belle qu’un roi en tomba éperdument amoureux. Il l’épousa et l’emmena vivre da Le roi avait une fille, Blanche Neige. Une vie de rêve commença pour faite de rires, de bals et de banquets. Tout était parfait. Jusqu’au jour où la guerre arriva, et qu’une ombre apparut dans le miroir de la reine. Une ombre qui allait déchaîner sa cruauté…

     

    Auteur : Serena Valentino

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 24 aout 2016

     

    Prix moyen : 14€

     

    Mon avis : Dans ce livre, on n’est pas totalement dans une réécriture de contes, puisque, à partir du moment où la reine veut tuer Blanche-neige, on rejoint presque parfaitement le dessin animé de Disney. Je dis presque parce que les pensées de la reine, qui est le personnage principal du livre, apporte une vision nouvelle sur la fin du Blanche Neige de Disney. Pour autant, le livre ne rejoins parfaitement le DA qu’à partir de la page 200 (sur 225) et, tout ce qui nous intéresse vraiment est tout ce qu’il se passe avant.
    Celle qu’on va appeler « la méchante reine » était la modeste fille d’un grand miroitier jusqu’à ce qu’elle soit remarquée par le roi, veuf depuis quelques temps.
    Très vite, ils se marient et la jeune reine s’épanouie très vite entre son mari qu’elle aime à la folie et Blanche-Neige, qu’elle appelle sa petite colombe et dont elle est très proche.
    Son père étant décédé peu de temps avant le mariage, le roi lui offre en cadeau de noce un immense miroir, une pièce magnifique, en l’honneur de son défunt beau-père. Très vite on sent un malaise vis-à-vis de ce miroir mais on n’en connaîtra les causes que plus tard dans le roman, en même temps qu’on apprendra la raison de l’obsession de la reine pour sa beauté.
    La famille aurait pu vivre dans le bonheur éternellement, mais le royaume est en guerre et le roi n’est pas homme à envoyer ses soldats au front pendant que lui reste sagement à l’abri de son château.
    A plusieurs reprises, il s’en va donc, et la jeune reine et Blanche-Neige, laissées en tête à tête (si on ne compte pas la centaine de domestiques) se rapprochent de plus en plus.
    Dans ce roman, l’auteur nous explique l’absence du roi, au début du dessin animé, et, même si on se doutait déjà qu’il était mort, on va savoir comment.
    L’auteur introduit plusieurs personnages dont trois cousines du roi dont on ne sait pas vraiment qui elles sont, mais qui vont jouer un rôle déterminant dans ce qui va se passer par la suite.
    La méchante reine ne provoque pas la peur qu’elle apporte dans le dessin animé, ou même dans le conte original. Ici on ressent avant tout pour elle de la tristesse et de la compassion. Sa vie n’est qu’une succession de souffrances et c’est pour s’en prémunir qu’elle va lentement basculer (un peu aidée quand même, si vous voulez mon avis) dans ce que le grand public connaît d’elle.
    J’ai beaucoup aimé le fait que Serena Valentino ne modifie pas les évènements du dessin animé pour les faire coller à sa vision du conte, mais amène on écriture vers ces évènements tout en intégrant des pensées, que l’on ne peut pas voir à l’écran, qui change complètement la perspective que l’on a pu avoir de ces scènes. J’ai eu l’impression de redécouvrir le Disney, beaucoup plus riche et complexe que je ne l’avais jamais vu.

     

    Un extrait : Seule dans ses appartements, la future reine fixait son reflet qui la dévisageait d’un air soucieux. Nul ne saurait voir sa vie changer de manière aussi drastique sans éprouver cette anxiété qui rongeait la jeune femme. Elle allait s’unir à l’homme de ses rêves, devenir mère de son enfant et reine d’un royaume. Reine ! Elle aurait dû être aux anges, cependant le miroir qui se dressait face à elle la troublait.
    Verona, sa dame de compagnie, toussota pour annoncer sa présence avant d’entrer dans la chambre. Ses yeux céruléens brillaient d’une joie sincère. Verona était radieuse, éclairée par une flamme intérieure, une flamme qui illuminait son teint et rendait sa chevelure de miel éclatante.
    La future reine lui sourit à peine. Pourtant, elle aimait sa dame de compagnie comme on aime une sœur. Avant d’arriver au château, elle n’avait jamais eu d’amies ni côtoyé la beauté ou même le bonheur. Sa vie, ici, lui avait tant apporté déjà !
    Blanche-Neige entra à la suite de Verona. C’était une enfant délicieuse, de trois ou quatre ans. Elle marchait toujours le pas léger, bondissant telle une biche, ses yeux éclairée d’une gaité inextinguible. Sa peau était plus cristalline que les premiers flocons de neige, sa bouche, boudeuse, plus rouge que le plus flamboyant des rubis et sa chevelure aussi noire et soyeuse que la robe d’un corbeau. Elle ressemblait à une délicate poupée de porcelaine qui aurait pris vie – surtout en ce jour, dans sa jolie petite robe velours cerise.
    Verona tenait la main de la princesse étroitement dans la sienne, espérant ainsi la dissuader de triturer les perles brodées sur sa tenue.

    - Blanche, ma chérie, cesse donc de jouer avec ces perles ! Tu vas finir par abîmer ta robe avant même le début de la cérémonie.
    La future reine se dérida enfin.
    - Bonjour, ma petite colombe, tu es si jolie aujourd’hui !
    Blanche-Neige sourit et se cacha dans les jupons de Verona, d’où elle lui lança une œillade curieuse.
    - Ta nouvelle mère n’est-elle pas ravissante elle aussi ? la pressa Verona en se penchant vers elle, tentant de l’amadouer tel on le ferait avec une animal effarouché.
    Blanche Neige acquiesça.

    - Alors, dis le lui, ma chérie.

    - Tu es très jolie aussi, maman, dit-elle, faisant fondre la future reine.
    Celle-ci ouvrit grand les bras. Après quelques encouragements de la part de Verona, Blanche Neige osa enfin se glisser dans son étreinte.

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  • [Livre] Harry Potter et les reliques de la mort

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    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix!

     

    Résumé : Cette année, Harry a dix-sept ans et ne retourne pas à Poudlard. Avec Ron et Hermione, il se consacre à la dernière mission confiée par Dumbledore. Mais le Seigneur des Ténèbres règne en maître. Traqués, les trois fidèles amis sont contraints et la clandestinité. D'épreuves en révélations, le courage, les choix et les sacrifices de Harry seront déterminants dans la lutte contre les forces du Mal.

     

    Auteur : JK Rowling

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 26 octobre 2007

     

    Prix moyen : 27€

     

    Mon avis : Je suis très en retard sur la date de lecture commune car il fallait lire ce dernier tome avant le 10 décembre, et en fait il a été ma dernière lecture de 2017 et ma première de 2018 puisque je l’ai commencé le 31 au matin, je l’ai repris le soir vers 22h et je l’ai terminé vers 3h du mat le 1er janvier (Autant dire que j’ai commencé 2018 en pétant le feu ! ^^).
    Mais je suis contente, à part ce dernier tome, j’ai toujours été dans les temps, je me suis pliée au calendrier et du coup Harry Potter m’aura accompagnée pendant une année entière.
    J’aime beaucoup ce dernier tome qui est rempli de doute pour Harry, Ron et Hermione.
    Hermione a fait un grand sacrifice dont elle ne parle qu’en passant, comme si ce n’était rien, ce qui prouve, une fois de plus, son immense capacité à se concentrer sur les choses qui importent la collectivité. Ron, au début, se sent perdu, il est inquiet, il faut dire qu’avec sa grande famille, il a tant à perdre, il y a tant de cibles potentielles.
    Quant à Harry, il doute de sa capacité à remplir la mission que lui a donnée Dumbledore, d’autant plus que, comme à son habitude, le vieux sorcier ne lui a rien expliqué, ne lui a pas laissé de plan, rien d’autre que des indices nébuleux, difficiles à interpréter. Il ressent du coup également beaucoup de colère contre le défunt directeur tout en continuant à lui être fidèle envers et contre tout.
    Dans ce tome, pour la première fois, Harry ne va pas retourner à Poudlard. C’est par choix. Mais très vite, il n’aurait plus eu le choix, car Voldemort revient au sommet de sa puissance. Il règne littéralement sur le monde de la magie d’Angleterre, toujours en sous main, jamais vraiment au grand jour, mais personne n’est dupe.
    A de nombreuses reprises, on a l’impression de stagner, on a une impression de lenteur qui, à mon sens, est absolument nécessaire. Car la mission du trio nous semble d’autant plus impossible et on prend conscience de la tâche de titan qui repose sur leurs épaules alors qu’ils doivent fuir les hommes de Voldemort.
    Dans ce tome, je ne vous cache pas qu’il y a bon nombre de morts, car cette fois-ci, la guerre est ouverte. Et que j’ai versé des larmes à plusieurs reprises.
    Dans ce dernier tome, on va enfin savoir bon nombres de choses. Des choses que beaucoup d’entre nous se demandaient.
    Déjà, une question bête : Pourquoi Harry et sa mère n’ont il pas eu le temps de sortir de la maison et de s’enfuir puisque Harry entendait, lorsqu’il croisait les détraqueurs, son père crier : « prends Harry et court, je vais le retenir ! » Même s’il est évident que James n’aurait pas pu tenir bien longtemps en duel contre Voldemort, je me suis toujours demandé pourquoi Lily n’avait pas eu le temps de fuir.
    Ensuite, on va en savoir un peu plus sur Dumbledore. Lui qui semblait tout savoir sur tout le monde mais dont on ne savait de lui que deux choses : il avait été professeur de métamorphose et il avait été réparti à Gryffondor.
    Enfin, on va savoir ! ENFIN ! LA véritable allégeance de Severus Rogue !
    J’ai été un peu déçue de voir que tant de personnes semblent ne pas avoir trouvé d’intérêt de l’épilogue. Pour moi, cet épilogue n’a pas tant vocation à nous dire ce que sont devenus les différents personnages, mais à nous montrer que, malgré la guerre, malgré les morts, la vie continue, la nouvelle génération est en marche.
    Et cet épilogue nous laisse également un doute : la guerre entre les maisons va-t-elle enfin se terminer ? Certaines paroles nous laissent penser qu’elle existe encore, même si certaines personnes semblent ne plus y accorder d’importance. Et la question qui demeure en suspend : Si cette rivalité continue, si des différences sont encore faites entre les maisons, combien de temps pour qu’un nouvel élève, puissant mais frustré, maltraité psychologiquement par ses pairs, ne se décide à emprunter la voie qu’avaient prise avant lui Gellert Grindelwald puis, 50 ans plus tard, Tom Jedusor.
    La vie continue, oui. Mais est-elle appelée à être un éternel recommencement ?

     

    Un extrait : Lors d’une édition du journal télévisé, les Dursley avaient vu Kingsley marcher discrètement derrière le Premier Ministre moldu qui visitait un hôpital. Cela, ajouté au fait que Kingsley avait le don de s’habiller comme un Moldu – sans parler d’un petit quelque chose de rassurant dans sa voix lente et grave –, avait amené les Dursley à lui accorder une considération qu’ils refusaient aux autres sorciers. Mais il est vrai qu’ils ne l’avaient encore jamais vu avec son anneau à l’oreille.

    — Désolé, il n’est pas libre, dit Harry. Hestia Jones et Dedalus Diggle, en revanche, sont plus que qualifiés pour cette tâche…

    — Si au moins nous avions vu leur curriculum…, commença l’oncle Vernon, mais Harry perdit patience.

    Se levant, il s’avança vers son oncle et montra à son tour la télévision du doigt.

    — Ces accidents ne sont pas des accidents – les collisions, les explosions, les déraillements et tout ce qui a pu se passer depuis le dernier journal télévisé que nous avons vu. Des gens disparaissent, meurent, et c’est lui qui en est responsable. – Voldemort. Je te l’ai répété cent fois, il tue des Moldus pour s’amuser. Même les nappes de brouillard sont provoquées par des Détraqueurs et si tu ne te souviens pas de ce qu’ils sont, demande donc à ton fils !

    D’un geste brusque, Dudley se couvrit la bouche de ses mains. Voyant le regard de Harry et de ses parents tourné vers lui, il baissa lentement les bras et demanda :

    — Il y en a… encore d’autres ?

    — D’autres ? s’esclaffa Harry. Tu veux dire d’autres que les deux qui t’ont attaqué ? Bien sûr, ils sont des centaines, peut-être des milliers, à l’heure qu’il est, il suffit de voir comment ils se repaissent de la terreur et du désespoir…

    — D’accord, d’accord, tempêta Vernon Dursley. Tu as été convaincant…

    — J’espère bien, répliqua Harry, parce que quand j’aurai dix-sept ans, tous ces êtres là – les Mangemorts, les Détraqueurs, peut-être même les Inferi, c’est-à-dire des cadavres ensorcelés par un mage noir – pourront vous retrouver facilement et s’attaqueront à vous. Si vous vous souvenez de ce qui s’est passé la dernière fois que vous avez essayé de vous opposer à des sorciers, vous admettrez sans doute que vous avez besoin d’aide.

    Il y eut un bref silence pendant lequel l’écho du fracas qu’avait produit Hagrid en défonçant une porte de bois sembla retentir par-delà les années. La tante Pétunia regardait l’oncle Vernon. Dudley fixait Harry. Enfin, l’oncle Vernon lança :

    — Et mon travail ? Et l’école de Dudley ? J’imagine que tout cela n’a pas d’importance aux yeux d’une bande de sorciers fainéants…

    — Tu ne comprends donc pas ? s’écria Harry. Ils vont vous torturer comme ils ont torturé mes parents !

    — Papa, intervint Dudley d’une voix forte. Papa, moi, je veux partir avec ces gens de l’Ordre.

    — Dudley, dit Harry, pour la première fois de ta vie, tu viens de faire preuve d’intelligence.

    Il savait que le combat était gagné. Si Dudley avait suffisamment peur pour accepter l’aide de l’Ordre, ses parents lui emboîteraient le pas : jamais ils ne supporteraient d’être séparés de leur Duddlynouchet.

     

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  • [Livre] La légende des quatre – T01 – Le clan des loups

    Je remercie Babelio et les éditions Flammarion Jeunesse pour cette lecture

     

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    Résumé : Ils sont quatre
    Quatre héritiers de leurs clans
    Ils doivent s'unir pour survivre ...
    Loups, tigres, aigles et serpents
    Quatre clans ennemis ...
    Les yokaïs , créatures tantôt humaines tantôt animales vivent dans une harmonie fragile ...
    Sur les terres humaines, la tension est palpable ...
    Maya, l'héritière du clan des loups et Bregan, des tigres sont les garants de la paix ...mais pourront-ils résister à leurs instincts profonds pour sauver leurs tribus?

    Auteur : Cassandra O'donnell

     

    Edition : Flammarion

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 14 mars 2018

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Quand on m’a proposé de participer à une masse critique privilégiée pour tenter de remporter et de chroniquer ce livre, je me suis dit « pourquoi pas ». Mais honnêtement, si je n’avais pas été prise, je n’en aurais pas fait une maladie.
    Faut dire que si je connais la plume de l’auteur dans le registre adulte avec sa série Rebecca Kean, que j’aime d’amour, je n’avais rien lu d’elle dans le registre jeunesse. Et le passage de l’un à l’autre est parfois casse gueule. Bon, je savais que sa série Malenfer marchait du tonnerre, mais comme je ne l’ai jamais lu, et que question livre je suis un peu comme Saint-Thomas… j’étais un poil hésitante.
    Hésitations qui se sont évaporées dès le premier chapitre de la légende des 4. J’ai vraiment beaucoup aimé l’écriture. Autant que l’histoire. Bon certes, moi, vous me mettez des gens qui se changent en bestioles plus ou moins volumineuses et déjà, vous m’avez à moitié dans votre poche. Mais vraiment j’ai trouvé ce début de saga très prometteur. J’aime beaucoup les quatre personnages principaux, ainsi que leurs acolytes, que ce soit la meilleure amie de Maya, le petit frère de Bregan ou encore le garde du corps de ce dernier, j’ai vraiment apprécié chacun d’entre eux. Je n’ai pas encore « rencontré » chacun des conseils des quatre clans, mais je peux dire d’ores et déjà qu’ils m’exaspèrent et que je suis d’accord avec Mika quand il dit que tout ceci est injuste. Bon, lui évidemment, à son âge, il parle simplement du fait de ne pas pouvoir être ami avec qui il veut. Mais si on va plus loin que lui dans la réflexion, on peut se dire qu’il est ridicule de maintenir ainsi une guerre entre les clans par-delà les générations quand ces nouvelles générations pourraient justement, puisqu’ils n’ont pas de contentieux entre eux, instaurer une paix durable.
    Si j’avais eu la suite sous la main, je me serais sans aucun doute jetée dessus, surtout que la fin nous laisse dans une interrogation presque insupportable.
    Maintenant je n’ai qu’une hâte, lire la suite !

     

    Un extrait : La lumière du jour commençait déjà à rosir pour annoncer le soir qui approchait. Un vent léger soufflait entre les arbres, faisant bouger en douceur les feuilles sur les branches. Mika courait, le museau collé au sol et la terre défilant sous ses pattes. Plus il avançait, plus l’odeur de sa proie saturait l’air et plus il avait du mal à contenir l’excitation qui le gagnait. Le sanglier était tout près maintenant, sa senteur était si forte que le jeune tigre parvenait à peine à se contrôler. Doucement, tu ne dois pas l’effrayer, songea-t-il en ralentissant soudain le rythme tandis qu’il atteignait le bord de la clairière. Puis, se glissant à travers les fourrés, il se mit à avancer silencieusement en espérant ne pas se faire repérer. La bête était énorme et un solitaire de cet âge pouvait se révéler extrêmement dangereux. Une seule erreur de sa part, une seule, et il risquait de se faire tuer. Tapi dans les hautes herbes, le petit tigre gratta nerveusement la surface rêche de ses griffes sur le sol et prit tranquillement le temps de l’observer. Gris-brun, le cou massif, l’arrière-train large et les défenses acérées, l’animal était plutôt impressionnant. Mais Mika s’en moquait. Il était parfaitement décidé à tenter sa chance. Tendant les muscles de ses pattes, il s’apprêtait à bondir sur sa proie quand il sentit soudain une main le tirer brusquement en arrière.

    — Non !

    Le sanglier, effrayé, se mit aussitôt à détaler et Mika, frustré de voir la bête lui échapper, se tourna vers le garçon brun aux yeux émeraude qui le tenait fermement au-dessus du sol et lui assena un coup de griffe.

    — Eh ! On se calme, d’accord ? Tu sais très bien que tu es beaucoup trop petit pour t’attaquer à un sanglier adulte, c’est trop risqué, soupira celui-ci en n’accordant même pas un regard au filet de sang qui s’écoulait à travers son pantalon déchiré.

    Le jeune tigre poussa un feulement de protestation et leva les yeux vers son grand frère en faisant onduler ses oreilles rondes. Petit ? Petit ? Oh bien sûr, il n’avait rien à voir avec Bregan. Son aîné, sous sa forme animale, mesurait déjà pas loin de 2 mètres, pesait près de 400 kilos et pouvait tuer un bœuf ou un cheval d’un seul coup de patte. Mais même si Mika était encore loin d’être aussi puissant, il était agile, discret, il pouvait grimper sur n’importe quel arbre et tenir bien plus de temps à la course que la plupart des adultes.

     

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  • [Livre] Le pensionnat de Mlle Géraldine – T01 – Etiquette et espionnage

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    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix! D'ailleurs, j'indique dans la fiche le prix auquel je l'ai acheté, mais si entre-temps une version poche est sortie, je vous mets le lien vers le format le moins cher (après à vous de voir!)

     

    Résumé : Angleterre, début du 19e siècle. Sophronia, 14 ans, est un défi permanent pour sa pauvre môman : elle préfère démonter les horloges et grimper aux arbres qu’apprendre les bonnes manières ! Mrs Temminnick désespère que sa fille devienne jamais une parfaite lady… aussi inscrit-elle Sophronia au Pensionnat de Melle Géraldine pour le Perfectionnement des Jeunes Dames de Qualité. Mais Sophronia comprend très vite que cette école n’est peut-être pas exactement ce que sa mère avait en tête.

     

    Auteur : Gail Carriger

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 22 Avril 2015

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Le pensionnat de Mlle Géraldine est un préquel du protectorat de l’ombrelle. N’ayant pas lu ce dernier, je vais donc découvrir ces deux sagas dans l’ordre chronologique.
    Encore une fois, et c’est assez courant dans les romans jeunesses tendant vers la fantasy, l’héroïne, ainsi que sa principale acolyte, ont des noms à coucher dehors : Sophronia et Dimity. Les autres ont des noms plus conventionnels comme Geneviève, Monique ou Agatha.
    J’avoue que j’ai toujours eu du mal à comprendre l’usage de noms aussi extravagants, surtout lorsqu’ils sont couplés à des prénoms « normaux ». Je comprendrais plus ces choix si l’histoire se déroulait sur une autre planète ou dans une dystopie où tous les personnages auraient des noms inconnus chez nous, mais là, ça me donne l’impression d’être un effet de manche pour pointer un personnage, comme pour dire : vous voyez, c’est elle/lui l’héroïne/héros.

    Bon après, j’ai très vite mis ça de côté pour me plonger dans l’histoire.
    Sophronia est ce que l’on appelle une « recrue secrète ». D’après ce que j’ai compris, il s’agit d’une jeune fille ayant des dispositions mais n’ayant pas été inscrite dans le pensionnat en toute connaissance de cause.
    La jeune fille n’a pas la langue dans sa poche et considère les règlements comme d’aimables suggestions plutôt que comme des interdictions fermes. Ainsi elle visite, après l’extinction des feux, l’école d’une manière qui m’a rappelé les excursions nocturnes de Harry Potter.
    Parfois elle parait naïve car elle met du temps à comprendre ce que nous, lecteurs, comprenons très vite, à savoir que l’école n’a rien d’une école traditionnelle.
    Le mélange de mécaniques, d’inventions et d’étiquette victorienne, typique du steampunk, forme un ensemble décalé mais qui, curieusement, fonctionne bien, avec fluidité.
    D’après ce que j’ai pu lire dans les diverses critiques, le pensionnat de Mlle Géraldine présente des intrigues moins complexes que le protectorat de l’ombrelle. C’est donc une chance, pour moi qui ne suit pas une habituée de la Steampunk, de pouvoir me faire à cet étrange univers avant de plonger dans le « grand bain ».
    Dans ce tome, le complot, bien que présent, n’est pas plus que ça mis en avant, le récit s’attachant avant–tout à présenter les personnages et l’école.
    Il est à parier que les prochains tomes seront sans doute plus axés sur les mystères auxquels pourront être confrontées les apprenties espionnes !
    Et j’ai hâte de voir ça !

     

    Un extrait : La calèche était stupéfiante, pourvue du dernier cri en matière de toit ouvrant automatisé, de marchepied rétractable et de boîte à thé escamotable. C’était un véhicule de location, mais équipé comme un véhicule privé, avec des parois capitonnées de velours bleu nuit pour réduire le bruit et des couvertures frangées d’or pour parer au froid.

    Sophronia avait à peine eu le temps d’absorber tout cela avant que Mlle Géraldine ne tape au plafond de la poignée de son ombrelle et qu’ils ne démarrent avec une embardée.

    Plus saisissant que la décoration était le fait que cette calèche était déjà occupée – par deux autres élèves. Ils étaient apparemment restés assis là patiemment tout le temps où Mlle Géraldine prenait le thé et où Sophronia tombait du monte-plats et empaquetait tous ses biens matériels dans une malle.

    Directement en face d’elle était assise une jeune lady aux yeux brillants, à l’air plein d’allant, un peu plus jeune que Sophronia, avec une masse de cheveux couleur de miel et un visage rond de porcelaine. Elle portait une énorme broche en verre rouge et doré épinglée sur sa robe rouge vif. La combinaison des cheveux, des bijoux et de la robe lui donnait une allure tout à fait scandaleuse, comme si elle s’entraînait pour devenir une belle de nuit. Sophronia fut dûment impressionnée.

    « Oh, bonté divine ! » dit-elle à Sophronia, comme si l’apparition de celle-ci dans le véhicule était la chose la plus délicieuse qui lui était arrivée ce jour-là. Ce qui, dans la mesure où on l’avait laissée assise dans une calèche sans distraction ni divertissement, était peut-être bien le cas.

    « Comment allez-vous ? dit Sophronia.

    – Comment allez-vous ? N’est-ce pas une journée épatante ? Vraiment, tout à fait épatante. Moi, c’est Dimity. Comment vous appelez-vous ?

    – Sophronia.

    – C’est tout ?

    – Quoi, ce n’est pas assez ?

    – Oh, eh bien, je voulais dire, moi c’est Dimity Ann Plumleigh-Teignmott, en réalité, en entier.

    – Sophronia Angelina Temminnick.

    – Bon Dieu, on en a plein la bouche.

    – Vraiment ? J’imagine que oui. » Comme si Dimity Ann Plumleigh-Teignmott était un nom facile à prononcer. Sophronia détourna le regard de la fille pour examiner le dernier occupant de la calèche. Il était difficile de discerner quelle sorte de créature se cachait derrière le chapeau melon trop grand et le pardessus huilé. Mais, si on lui avait posé la question, elle aurait dit que c’était une espèce de garçon pas très propre. Il avait des lunettes très épaisses, des sourcils très froncés, et un énorme livre couvert de poussière accaparait la totalité de ses genoux et de son attention.

    « Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda-t-elle à la fille, plissant le nez.

    – Oh, ça ? C’est juste Pillover.

    – Et qu’est-ce qu’un pillover, chez vous ?

    – Mon petit frère.

    – Ah, je compatis. J’en ai moi-même plusieurs. Un sacré problème, les frères. » Sophronia hocha la tête, comprenant parfaitement le chapeau bizarre et le manteau.

     

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  • [Livre] Les quatre gars

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

     

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    Résumé : On est quatre. Tout le monde nous surnomme "la famille dégâts" vu qu'on est que des gars... Il y a mon papi, mon père, mon frère Yves et moi, 9 ans, Louis. On vit à Noirmoutier - on récolte du sel. La mer nous nourrit, nous apaise, nous éblouit. Chez nous, ça ne parle pas, ça rit peu. Il faut dire que les femmes sont parties ; depuis, papa vit comme un ours, papi parle au fantôme de mamie et Yves est accro à la drague et à la muscu.
    Et moi ? Ben, moi, j'aimerais croire que cette vie, on peut faire mieux que "presque" la vivre.

     

    Auteur : Claire Renaud

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 Janvier 2018

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup aimé la famille Fradet, surnommés la famille Dégâts, aussi bien parce qu’ils sont 4 mecs que pour les catastrophes que chacune de leurs actions déclenche, sauf le père. J’ai eu une véritable aversion pour cet homme qui impose sa mauvaise humeur et sa violence aussi bien à sa famille qu’à leur entourage. A un moment du livre, sans donner de détail, il reproche à son père de s’être effondré plusieurs mois à la mort de sa femme. J’ai eu envie d’entrer dans le livre pour lui flanquer des coups de battes ! Parce que d’une part, le grand-père a perdu sa femme, elle est morte, ce qui n’a aucune commune mesure avec une nana qui s’est barrée parce que la vie sur la presqu’île lui était devenu insupportable (et qui a abandonné sans sourciller ses enfants, ce qui, pou moi, démontre qu’elle ne vaut pas les larmes qu’on verse pour elle), ensuite quand la mamie est morte, le grand-père n’était pas responsable de son fils, alors que le père a deux enfants qui n’ont plus qu’un seul parent présent (et heureusement pour eux que le grand-père est là, parce que s’ils devaient compter sur le père…), et enfin, et surtout, le grand-père s’est effondré quelques mois ce qui n’est pas très long en terme de deuil, alors que le père impose son attitude à tous depuis 5 ans ! Au point que son fils de 9 ans se rappelle à peine avoir eu un père aimant et attentionné.
    En revanche, j’ai adoré le grand-père, Pierre, qui tient la famille à bout de bras, calme le jeu mais se rebiffe quand même quand son fils, Jean, va trop loin.
    Yves est un ado, donc parfois un peu lourd, mais on sent qu’il a un bon fond et la passion qu’il développe pour le théâtre est touchante. Il est tout en excès, dans ses bons comme dans ses mauvais côtés.
    Enfin il y a Louis, 9 ans presque 30. Parfois on oublie son âge tant il paraît mature, mais avec l’abandon de sa mère et l’attitude de son père, il est évident qu’il a grandit plus vite qu’il n’aurait dû.
    Il m’a beaucoup fait rire quand il se moque gentiment des prénoms de ses copains, Jules et Denis, en disant qu’ils ont des prénoms de vieux alors que lui-même se prénomme Louis-Marie.
    J’ai aimé découvrir leur vie à tous, entre bêtises et pêche à la palourde plus ou moins réglementaire, entre marché et pêche à la ligne…
    Et puis, il y a Mme Mariette, la maîtresse de Louis, qui semble ne pas être indifférente au charme rustique du père t qui pourrait bien chambouler la vie de la famille Dégâts.
    J’ai adoré l’écriture de Claire Renaud. Pour avoir lu, juste avant celui-ci, un livre destiné à des enfants de 8 ans, je peux dire qu’elle sait parfaitement s’adapter à son public.
    Les quatre gars est un livre bourré d’humour et de tendresse sans verser dans le larmoyant ou la comédie. Tout est super bien dosé pour nous offrir une excellente lecture. Si avec ça les ados n’ont pas envie de lire, on ne peut plus rien pour eux !

     

    Un extrait : - Il parait que vous mettez des pétards dans les cabines de la plage des Dames ?
    Je ne dis toujours rien. Pourtant ça me brûle : ce ne sont pas des pétards mais des mammouths. C’est beaucoup plus impressionnant, auditivement parlant.
    - Vous ne savez pas que c’est extrêmement dangereux ?! Qu’on peut blesser quelqu’un ? Lui faire perdre un œil ?
    Le père de Denis, en embuscade derrière Papi, opine du chef. Alors je décide de dégainer la carte de l’humour – Papi m’a toujours dit que l’humour permettait de se sortir de pas mal de situations difficiles.
    - On voulait juste qu’il sorte tout nu comme un ver… Comme ça, on l’aurait mis au bout d’un hameçon et on aurait pêché avec !
    Raté : au lieu de rire, Papi plante ses poings sur ses anches, l’air encore plus furieux.
    - Ah, parce qu’en plus ça veut faire le malin ?! Allez, filez dans la voiture, je ne veux plus vous entendre ! Jules, tu viens avec nous, je te dépose chez tes parents.
    Ben mince ! Ma blague a fait plouf. La situation ne s’est pas simplifiée, bien au contraire…
    Le père de Denis hoche la tête quand je passe devant lui : Qu’est ce qu’on va faire d’un asticot pareil, semble-t-il dire.

    On s’installe dans la camionnette, à l’avant. Papi nous rejoint en tempêtant :
    - Vous me bouclez vos ceintures, ça suffit les conneries pour aujourd’hui !
    Il claque la portière derrière lui.
    - En plus, on est entourés de flics, le PV est quasiment déjà sous nos essuie-glaces ! Et ce n’est pas comme si cette voiture avait passé le contrôle technique !
    La camionnette démarre, après plusieurs soubresauts. Elle « crachote », comme dit Papi d’habitude – sauf que là, Papi ne dit rien.
    On se sent un peu piteux. Et quand Papa va l’apprendre, piteux ne sera plus le bon mot… Papi dépose Jules chez lui, au cabinet médical, dans un silence de cathédrale.
    Après le rond-point juste avant la maison, il se met à marmonner, en regardant bien la route devant lui :
    - Je vous ai vus depuis le ponton. Qu’est ce que c’est que cette méthode ?! Faut attendre au moins trois minutes une fois que le type est entré dans la cabine avant de lancer le pétard ! Et mettez-moi de la cire sur la mèche, bande de bleus : là, ça prendra à tous les coups ! On s’appelle la famille dégâts, je vous rappelle… On a une réputation à tenir !
    J’ai presque envie de l’embrasser : son kiss the cook reprend tout son sens. Nous descendons de la camionnette, plus légers.
    Dans la maison, la bonne odeur de soupe de poissons qui nous happe finit de nous réchauffer le cœur.

     

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  • [Livre] Où sont les filles

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

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    Résumé : Ondine vit avec sa sœur, sa mère et sa grand-mère. Entre filles, tranquilles. Jusqu'au jour où un garçon débarque. Comment l'aborder ? Elle lance une prière en l'air... Le lendemain, surprise : il n'y a plus une seule fille sur Terre ! Plus une seule; Est-ce un coup du mystérieux Misteress Smith ?

     

    Auteur : Claire Renaud

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 Janvier 2018

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : Comment remonter le moral quand on rentre d’hospitalisation ? Trouver le dernier pepix de Sarbacane dans sa boîte aux lettres y contribue grandement, croyez-moi !
    S’il y a bien une maison d’édition avec laquelle je plonge dans la lecture sans appréhension, c’est bien elle ! J’aime plus ou moins mes lectures, mais je ne suis jamais déçue ! Avec un pepix, je m’attends à une histoire mignonne et pleine d’humour, et c’est exactement ce que j’ai trouvé dans « Où sont les filles ».
    Pas facile pour Ondine de vivre entourée uniquement de filles : Mamie, Maman et Marine, son ado de sœur. Encore moins facile quand la première est pleine de conseils surannés, la seconde overbookée et la dernière peu disposée à donner de son temps à sa petite sœur et ses premiers émois amoureux.

    Alors un soir, avant de dormir, Ondine fait un vœu. Celui de comprendre les garçons, et vite s’il vous plaît !
    Le lendemain au réveil, c’est le choc ! Sa sœur Marine s’est transformée en un ado dégingandé répondant au nom de Marin, sa meilleure copine Lucile est devenue Lucien, elle n’a plus une maitresse mais un maître… bref, Ondine est tout simplement la seule fille sur Terre.
    Alors, si pour comprendre les garçons, il suffisait d’en être entouré, ça se saurait ! Ondine n’est pas plus avancée et en prime, elle n’a plus personne à qui se confier !
    Ondine ne va pas tarder à découvrir qui (ou quoi, je délibère encore) se cache derrière cette mauvaise farce, mais pour autant, cela ne va pas régler son problème.
    Heureusement qu’il y a Aurélien. Un garçon, certes (et qui l’était déjà avant la grande transformation), mais gentil, ouvert et, à mon avis, qui doit craquer pour Ondine depuis un bail quand on voit l’ardeur avec laquelle il se lance dans l’aventure.
    A eux deux, ils sont bien décidé à tout remettre en place et à ce qu’Ondine ne soit plus seule, esseulée et solitaire au milieu de toute cette testostérone !
    L’écriture est super agréable à lire, le ton léger, plein d’humour, Claire Renaud nous a fait une héroïne qui n’a pas froid aux yeux et qui est pleine de répartie même quand elle se sent un peu perdue.
    J’ai aimé tous les personnages, même Misteress Smith qui est pourtant une vrai tête à claque, sauf un : La mère d’Ondine. Je l’ai trouvé vraiment désagréable à chacune de ses apparitions (que ce soit sa version masculine ou féminine). Le pire est cette réponse qu’elle fait à chaque fois que sa fille veut lui parler et lui demande si elle peut : « Ce n’est jamais le bon moment ». A croire que l’existence même de ses enfants la dérange. Je trouve que dire à un enfant qu’il n’y a jamais de bon moment pour venir lui parler c’est de la maltraitance psychologique. Ca revient à lui dire : Je n’aurais jamais ni le temps, ni l’envie de passer du temps avec toi parce que j’ai mieux à faire. Je l’ai vraiment trouvé odieuse, tout le contraire de la grand-mère/grand-père qui est très attentive et très présente pour Ondine.
    J’ai vraiment passé un excellent moment de lecture et j’ai hâte de lire le second roman de l’auteur qui était glissé dans ma boite aux lettres et qui s’adresse à un public un peu plus âgé. Je suis curieuse de voir si elle a su adapter son écriture à son public. Pour les 8 – 10 ans, c’est gagné, voyons maintenant pour les 11 ans et plus !

     

    Un extrait : Le grand jeu des ados, m’a dit Lucile (qui a un frère encore plus âgé), c’est la provocation. Ca consiste à faire exactement le contraire de ce que tu faisais autrefois gentiment, sans même y penser. Du jour au lendemain, tu ne te lave plus les dents et ton haleine devient terrible, tu n’arrêtes pas de dire des gros mots alors que tu parlais correctement, et tu te mets à détester toute ta famille alors que tu rigolais bien avec.
    Forcément l’ambiance en a pris un coup. Mamie boude car elle en veut à Maman d’avoir crié, et gâché la fête.
    - Ma fille, la prochaine fois que tu auras des envies de redressement éducatif avec force décibels (je traduis : quand tu voudras enguirlander ta fille en hurlant), tu es priée de le faire un jour où je ne me suis pas bougé le popotin pour préparer un sacré bon dîner de derrière les fagots !
    Voilà, c’est dit ! Là-dessus Mamie se tait définitivement. Maman boude car elle en veut à ma sœur d’avoir dit des grossièretés, et gâché la fête. Et à sa mère de lui avoir mal parlé.
    Ma sœur boude dans sa chambre.
    Et moi j’en veux à tout le monde de ne m’avoir pas répondu. Nos rancunes additionnées produisent un très lourd silence dans l’appartement.
    Je vais dans ma chambre, toujours en silence, enfile mon pyjama, et mes questions passent et repassent à l’intérieur de ma tête, comme une culotte rouge dans une lessive de linge blanc qu’on regarde à travers le hublot. J’en ai le tournis.
    Quand je me glisse sous ma couette, ce soir-là, je demande dans le vide, en l’air, à je ne sais pas qui, à la moindre personne qui pourrait m’entendre :
    - S’il vous plait, faites que j’en apprenne davantage sur les garçons. Et vite !

     

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