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Jeunesse

  • [Livre] Histoire éternelle

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    Lecture terminée le : 06 janvier 2020

     

    Résumé : Belle est une jeune femme vive: intelligente, ingénieuse, impatiente. Curieuse, elle n'aspire qu'à échapper définitivement à son petit village. Elle veut explorer le monde, malgré les réticences de son père à quitter leur chaumière, au cas où la mère de Belle reviendrait - une mère dont elle se souvient à peine.
    Mais Belle est surtout la prisonnière d'une bête effrayante et colérique - et c'est son principal souci. Pourtant, quand Belle touche la rose enchantée de la Bête, des images étranges la submergent, des images d'une mère qu'elle pensait ne jamais revoir. Plus étrange encore, elle réalise que sa mère n'est autre que la belle enchanteresse qui, jadis, a maudit la Bête, son château, et tous ses habitants. Sous le choc, Belle et la Bête doivent s'unir pour percer le sombre secret autour de leurs familles - un secret vieux de vingt et un ans.
    Ceci n'est pas l'histoire de la Belle et la Bête telle que vous la connaissez. C'est une histoire de famille. De magie. D'amour. Une histoire où un seul détail peut tout changer.


    Auteur : Liz Braswell

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 15 mai 2019

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Dans les twisted tales, j’avais déjà beaucoup aimé « Ce rêve bleu » et « Histoire éternelle » fait mouche également.
    Dès les premiers chapitres, il y a des différences entre cette histoire et le dessin animé de Disney dont elle s’inspire en ce sens que les chapitres alternent entre le dessin animé, enrichi des pensées des personnages ainsi que de scènes que l’on ne voit pas dans le DA mais qui ont leur importance pour la psychologie des personnages, et le passé de Maurice à l’époque où il rencontre Rosalind, la mère de Belle.
    Tout bascule complètement quand Belle entre dans l’aile ouest. Au lieu de fuir devant la colère de la bête, elle s’empare de la rose, ce qui provoque la vision de sa mère, dont elle se souvient à peine, jetant la malédiction.
    Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce roman, c’est que beaucoup de choses du DA sont approfondies et expliquées, comme par exemple comment un prince qui vient de passer dix ans maudit, et dont la rose devait se flétrir au jour de ses 21 ans, peut avoir un portrait de lui adulte (ou du moins grand adolescent).
    L’histoire est nettement plus sombre que celle du DA.
    Le livre a beau être catalogué comme un livre jeunesse, on y parle d’une véritable inquisition, de tortures, d’expérimentations, parfois avec des détails très précis.

    Quand on lit les premiers chapitres, on voit la mère de Belle comme une enchanteresse un poil susceptible mais profondément gentille. Alors quand elle maudit la bête, on se dit qu’elle doit avoir ses raisons.
    Mais Rosalind a beau être une grande enchanteresse, et ses semblables ont beau avoir été persécutés, je n’ai pas réussi à lui trouver des excuses pour avoir lancé cette malédiction quand on finit par savoir comment ça s’est passé.

    Je comprends sa colère, mais celle-ci l’a rendue beaucoup trop impulsive.
    Concernant la seconde intrigue importante du livre, à savoir ce qui arrive aux êtres dotés de pouvoirs qui disparaissent, j’ai rapidement eu un doute qui s’est avéré exact (je n’ai aucun mérite, les indices étaient gros comme des camions). Pour autant ça n’a diminué ni mon intérêt pour la lecture, ni mon indignation (oui, j’ai ressenti beaucoup d’indignation dans cette lecture, envers beaucoup de personnages très différents les uns des autres).
    J’ai vraiment été prise dans cette histoire et je commence à prendre goût à ces histoires dont le résumé pourrait commencer par « Et si… »
    Et quand on voit le nombre de contes que Disney a adapté en DA (puisqu’il semble que ce soit les seuls contes à être réécrits), je me dis que les possibilités sont infinies et que je vais continuer à me régaler encore longtemps, surtout si les prochains romans sont de la même qualité que les deux premiers twisted tales que j’ai lu jusqu’ici !

     

    Un extrait : […] Horrifié par son aspect effroyable, la bête se terra au fond de son château avec pour seule fenêtre sur le monde extérieur un miroir magique. La rose qui lui avait été offerte était une rose enchantée, qui ne se flétrirait qu’au jour de son vingt et unième anniversaire. Avant la chute du dernier pétale de la fleur magique, le prince devrait aimer une femme et s’en faire aimer en retour pour briser le charme. Dans le cas contraire, il se verrait condamné à garder l’apparence d’un monstre pour l’éternité.
    Plus les années passaient, et plus le prince perdait tout espoir d’échapper à cette malédiction – car, en réalité, qui pourrait un jour aimer une bête ?

    C’était une excellente histoire.
    Elle divertissait souvent la femme allongée dans sa chambre obscure, menottée à son lit froid et dur.
    Elle se la répétait en boucle depuis des années. Parfois, des passages lui revenaient avec quelques subtiles différences. Il arrivait que la rose soit rose comme l’aube sur la mer. Mais cela ne sonnait jamais aussi bien que rouge sang.
    Quant à la toute fin – quand l’enchanteresse est capturée en quittant le château, jetée dans un coche noir qui se volatilise dans la nuit –, elle ne la trouvait pas aussi épique et grandiose que le reste de l’histoire. Elle ne la récitait jamais.
    N’importe qui d’autre aurait purement et simplement arrêté de penser, à ce stade. N’importe qui d’autre aurait accepté l’inéluctabilité des basses-fosses jusqu’à en oublier sa propre existence.
    Certaines de ces pensées étaient faciles. Elles passaient et repassaient dans la bouilloire desséchée qui lui servait de tête.
    Si elle ne prenait pas garde, ces idées risquaient de prendre de l’élan, de se libérer, de s’échapper de son esprit fissuré. C’est ainsi que s’installait la folie. Mais elle n’en était pas encore là.
    Au bout de dix années, elle avait presque oublié sa propre existence. Presque.

     

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  • [Livre] Le chagrin du roi mort

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    Résumé : « C'est une petite île froide, quelque part dans le nord. Le vieux roi est mort. Son corps repose sur un lit de pierre, sur la Grand-Place. Il neige. Il sera question de séparation, de guerre, de trois ciels différents, d'un premier amour. Il y aura une prophétie, des êtres qui se perdent dans l'immensité, une sorcière qui mange des têtes de rat... »


    Auteur : Jean-Claude Mourlevat

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 06 octobre 2011

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : L’histoire commence par la mort du roi de Petite Terre, le roi Hollund, un roi pacifiste et qui était de toute évidence plus intéressé par sa bibliothèque que par les actions militaires.
    Pour autant, ce n’est pas à cause de sa bienveillance du défunt roi que les membres du conseil de Petite Terre sont bouleversés.
    Ils craignent que le neveu du roi, Guereolf, seul héritier après la mort du prince, un homme belliqueux avide de conquêtes, qui n’a jamais pardonné au roi et au conseil de l’avoir banni de Petite Terre, ne lance une attaque militaire contre leur tout petit royaume.
    En parallèle de ces inquiétudes, hélas bien légitimes, on suit deux frères, Aleks et Brisco, considérés par tous comme des jumeaux.
    Bien malgré eux, les deux frères vont se retrouver mêlés à toute cette histoire quand Brisco va être mystérieusement enlevé par la campagne de Guereolf, lequel ne tarde pas à attaquer Petite Terre.
    Dès lors, avec un souverain cruel et à la soif de conquête inextinguible, la vie change sur Petite Terre.
    On ne peut que constater ces changements puisque l’auteur fait une ellipse temporelle de dix ans, ce qui nous plonge dans la vie de Petite Terre sous l’occupation.
    Tous les jeunes de 18 ans sont enrôlés de force dans l’armée puisque Guereolf continue sans relâche sa politique d’expansion.
    La cruauté de Guereolf semble ne connaitre aucune limite : il lance son armée épuisée dans une guerre impossible à gagner, peu importe le nombre de pauvres garçons qui doivent perdre la vie pour ses désirs de grandeur !
    De nombreuses aventures attendent les personnages et on ne peut que s’attacher à un grand nombre d’entre eux.
    A partir de la fin de la guerre, j’ai trouvé qu’il y avait trop de longueurs.
    De plus, j’ai également trouvé qu’il n’y avait pas de vraie fin concernant certains personnages et c’est une chose qui m’a manquée car j’ai eu l’impression que ces personnages étaient un peu abandonnés sur le bord de la route à défaut de savoir quoi en faire.
    Du coup, ce roman était une lecture sympathique mais qui était loin du coup de cœur.

     

    Un extrait : Ils ne se ressemblaient pas autant que cela. Brisco, sous sa tignasse bouclée, était plus dense, plus massif. Seule la douceur du regard venait contredire un peu cette solidité. Il y avait dedans l’expression d’une confiance enfantine qui attendrissait.

    Aleks était plus fragile, plus délié. Ses cheveux courts et bruns tombaient sur son front. Et si l’inquiétude était d’un côté, alors c’était du sien. Mais ils avaient la même taille et la même façon de regarder autour d’eux avec une intense curiosité. Et surtout, tous deux obéissaient à ce même réflexe de se rapprocher l’un de l’autre, de se toucher du bras afin de ne pas perdre le contact. Ils le faisaient sans même se regarder, sans y penser, comme si un fil invisible les avait reliés.

    Au bout d’une heure d’attente, ils commencèrent à trouver le temps long, et dans leurs poches les briquettes avaient tiédi. Parfois, les adultes s’esquivaient et les invitaient à gagner quelques places.

    — C’est bien, les enfants, vous êtes courageux, leur dit un gros homme au crâne chauve qui les précédait. Le roi aurait aimé ça. Passez donc devant.

    Et il ajouta pour son voisin :

    — Je suis venu spécialement de Grande Terre, j’ai tout laissé en plan : mon bateau, mes affaires, et je suis venu.

    Malgré tout, cela dura encore une éternité avant qu’ils puissent apercevoir le grand lit de pierre dressé au milieu de la place. On ne pouvait passer qu’à son pied, les trois autres côtés s’ouvrant sur des espaces interdits d’accès. À distance, on ne distinguait pas le visage du roi, mais on devinait le grand corps allongé, le manteau royal rouge et or, et les bottes qui pointaient en l’air. Brisco tira sur la manche de son frère.

    — C’est lui ?

    — Ben, qui veux-tu que ce soit ?

    Malgré son air bravache, Aleks était très impressionné et les yeux lui sortaient de la tête. Aux coins du lit, quatre soldats montaient la garde. On avait juste le droit de toucher la botte ou la jambe du roi, enfin c’est ce que faisaient les gens, semblait-il.

    Le passage entre les dernières barrières était tellement étroit qu’on avançait en file indienne. Bientôt, il ne resta plus qu’une dizaine de personnes devant eux. Aleks poussa Brisco devant lui.

    — Vas-y ! Passe le premier !

    Soudain, ils furent au pied du lit. La tête du roi était nue, auréolée de l’abondante chevelure argentée. Les flocons de neige qui voletaient tout autour donnaient un peu le vertige et faisaient croire à un rêve, et pourtant c’était vrai : le roi était mort, et son corps reposait là, dans le froid, au milieu de la Grand-Place.

    Le visage barbu était paisible, comme si le roi faisait la sieste. On aurait dit que les vieilles mains croisées sur la poitrine allaient se soulever, poussées par la respiration, mais elles ne bougeaient pas, elles étaient figées comme les mains d’une statue. On aurait dit que les paupières allaient s’entrouvrir et que les yeux bleus allaient regarder le ciel, mais elles ne s’entrouvraient pas. Elles étaient fermées pour toujours. Le roi Holund ne dormait pas, il était mort.

     

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  • [Livre] N'écoute que moi

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    Lecture terminée le : 05 décembre 2019

     

    Résumé : L'histoire de la Vieille sorcière. L'histoire de Raiponce est à l'image de ses cheveux : longue et tortueuse. Il était une fois une jeune fille innocente arrachée à ses parents, une jeune fille dotée de cheveux magiques, retenue prisonnière dans une tour par une vieille sorcière tyrannique qui se faisait passer pour une mère surprotectrice.
    Pourtant, ce n'est que la moitié de l'histoire. Qu'en est-il de Gothel ? Comment est-elle devenue si amère et sans pitié pour Raiponce, qu'elle considère pourtant comme sa fille ? Cette histoire creuse dans le passé mystérieux de la sorcière pour mettre à jour les désirs enfouis au plus profond de son cœur.
    Voici l'histoire d'une mère qui pensait savoir ce qu'il y a de meilleur pour son enfant.


    Auteur : Serena Valentino

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 11 septembre 2019

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Si vous voulez voir Raiponce, vous allez être déçue car cette dernière n'apparaît que dans le dernier quart du livre.
    En effet, ici, on s’intéresse strictement au passé de Gothel. A tout ce qui l’a conduite, à terme, à être celle que l’on a rencontrée dans le Raiponce de Disney.
    Dans ce tome, il n’y a que quelques allusions mineures aux tomes précédents, ce qui en fait le seul tome que l’on peut lire sans avoir lu les autres car on n’en a pas vraiment besoin pour comprendre l’histoire.
    J’ai beaucoup aimé que la jeunesse éternelle ne soit pas un but en soi pour Gothel. Alors, oui, elle ne va pas cracher dessus, mais elle a un but au-delà de ça. J’ai aussi vraiment beaucoup aimé son passé.
    La relation que Gothel a avec sa mère est vraiment toxique et on ne se demande plus pourquoi Gothel est devenue telle qu’on la connait quand on voit le caractère de la Mama !

    La présence de ses sœurs, Hazel et Primerose, apporte un peu de douceur dans la vie de Gothel, mais constituent à la fois sa plus grande faiblesse et la source de sa cruauté.
    Comme dans les autres tomes, les trois étranges sœurs ne tardent pas à faire leur apparition. Si elles semblent amicales de prime abords, leur comportement devient vite étrange et malsain.
    J’ai regretté un peu qu’on n’en sache pas plus sur Manéa et surtout sur Jacob. D’autant que le mystère autour de ce dernier est vraiment très épais.
    Même si elles ne prennent pas le pas sur l’histoire de Gothel, les trois sœurs sont quand même très présentes et leur folie semble les empêcher de se comporter de manière à revenir dans les bonnes grâces de Circé, qu’elles appellent toujours « leur petite sœur » tandis que la jeune sorcière, depuis les révélations faites sur sa naissance, les appelle « ses mères ».
    Et tandis que l’histoire de Gothel prend le tour qu’on lui connait, après des péripéties que je me suis régalée à suivre, le destin des trois sœurs prend un tournant qu’elles n’avaient pas prévu.

    Je me demande comment leur folie va supporter ce revers de situation.
    D’ailleurs, le prochain tome va être consacré à ces trois pestes et j’espère vraiment que j’y trouverais les réponses à toutes les questions que je me pose à leur sujet. D’autant qu’il semblerait que ce tome puisse être le dernier de la série.

     

    Un extrait : - Intelligente Gothel. Secrète petite Gothel au cœur noir. Gothel qui glisse des livres dans ses poches pour les lire en cachette dans la forêt !
    De ses longs doigts fins, Manéa éloigna ses cheveux de son visage enragé, ce qui lui donna l’air encore plus sévère. Ses filles comprirent qu’elle allait utiliser la magie. Elle faisait toujours ce geste les rares fois où elle s’apprêtait à lancer un sort devant elles.

    - Tu veux mesurer mes pouvoirs, Gothel ? Tu veux voir ce que ma mère m’a appris ? Tu veux apprendre ma magie ? Et bien regarde !

    Manéa leva les mains vers le ciel. Des éclairs argentés s’élancèrent de la pointe de ses doigts, illuminèrent la forêt obscure et frappèrent les arbres, mettant le feu aux branches.

    - Mère, non ! s’écria Primerose en serrant ses sœurs contre elle.

    - J’invoque les dieux d’hier et d’aujourd’hui : dans ces bois, ramenez la vie ! hurla Manéa

    Elle projeta de nouveaux éclairs vers le ciel, où apparurent de sombres nuages de tempête.

    - Mère, arrêtez ! supplia Gothel. Que faites-vous ? Nous savons que vous êtes puissante. Je suis désolée d’avoir dit du mal de vous. Je suis désolée !

    Mais Manéa continua à rire en déchaînant une tempête de lueurs dorées, qui se mêla à la pluie et s’abattit sur elles.

     

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  • [Livre] L’étoile – T01 - La belle étoile

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    Lecture terminée le : 11 novembre 2019

     

    Résumé : Dizzy avait 4 ans lorsque sa mère est partie vivre à Katmandou, la laissant seule avec son père. Elle ne l'a pas revue depuis, mais chaque année sa mère lui envoie une lettre ou un cadeau pour son anniversaire. Le jour de ses 12 ans, Dizzy attend donc le courrier avec impatience et reçoit... la visite d'une drôle de femme hippie : sa mère. La jeune fille est bouleversée, d'autant que sa mère lui propose de partir avec elle, faire la tournée des petits festivals de musique. Son père s'y oppose. Mais Dizzy grimpe tout de même avec quelques affaires dans le camion bariolé de sa mère, direction l'aventure au grand air...


    Auteur : Cathy Cassidy

     

    Edition : Nathan

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 04 janvier 2018

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : Dans ce livre, il a fallu que je me rappelle à plusieurs reprises que Dizzy n’a que 12 ans.
    Parce que l’histoire que lui sert sa mère tout au long de ce roman est tellement cousue de fil blanc qu’il faut être une pré-ado pour ne rien voir.
    Il faut dire que Dizzy a grandi sans sa mère qui a mis les voiles quand elle avait 4 ans.
    Alors, évidemment, elle idéalise cette mère qu’elle pense bohème et esprit libre. Donc, quand celle-ci débarque avec le projet insensé d’embarquer Dizzy pour 5 semaines faire la tournée des festivals (alors que l’école n’est pas finie), la jeune fille déborde d’enthousiasme.
    Et le matin du départ, elle ne s’étonne pas que son père, qui s’est pourtant violement opposé au projet la veille, ait changé d’avis dans la nuit, ni que sa mère lui demande de ne pas aller le réveiller avant de partir.
    Tout comme elle ne s’inquiétera pas de ne pas le voir les rejoindre alors que sa mère lui répète sans cesse qu’il lui a dit qu’il viendrait très vite.
    Pas plus, d’ailleurs, qu’elle ne se pose la moindre question sur le fait que sa mère désire poster elle-même les cartes que Dizzy écrit à son père, alors que la jeune fille se rend régulièrement au village pour les courses.
    Sa mère, qui se fait appeler Storm (totalement ridicule à son âge) et son petit ami, Zach, un mec qui se complait dans cette image de paumé sans argent vivant de petites arnaques et fuyant sans cesse la police, sont deux irresponsables qui ne font que ce que bon leur semble.
    Le fils de Zach est totalement livré à lui-même comme beaucoup des enfants de ce groupe.
    S’il n’y avait pas Tess, une femme qui aime les festivals mais n’en est pas irresponsable pour autant, nombre d’entre eux ne mangeraient pas à leur faim, Dizzy comprise.
    La jeune fille va se créer de belles amitiés, notamment avec le fils de Tess, Finn, et le fils de Zach, Mouse.
    Une chose qui rappelle l’âge de Dizzy, c’est son immaturité dès qu’il est question de la petite amie de son père. C’est tout juste si elle ne tape pas du pied par terre quand elle considère que la jeune femme est trop présente.
    Bien sûr, à force de laisser des enfants livrés à eux-mêmes, on ne peut que récolter des ennuis.
    La fin est très réaliste et découle directement des ennuis susnommés.
    J’ai bien aimé le fait que la réalité rattrape un peu les protagonistes et que l’histoire ne finisse pas en complet happy end complètement irréaliste.

     

    Un extrait : Dans l’entrée, je trouve la deuxième fournée de courrier de la journée posée sur un petit guéridon. Je la feuillette, le souffle court.

    Aucune lettre de ma mère.

    J’ouvre les enveloppes en essayant de ravaler ma déception. Il y a un billet de vingt livres de tante Mel, une carte avec des petits chats de M. Desai, et un bon d’achat à la librairie de la part de mon ancienne nourrice. Ils se sont souvenus de mon anniversaire, alors pourquoi pas elle ?

    Papa est en train de discuter avec quelqu’un dans le salon. J’espère que ce n’est pas Lucy, sa petite amie. Elle est gentille, et je commence à m’habituer à elle, mais je n’ai pas envie qu’elle soit là pour ma soirée d’anniversaire. C’est un moment privilégié entre mon père et moi.

    — Je suis rentrée !

    Mon courrier à la main, je pousse la porte de ma chambre. Ma guitare neuve trône fièrement sur mon lit à côté du cadeau de Lucy : un petit appareil photo vintage. Elle m’a laissée l’ouvrir hier soir et m’a montré comment installer la pellicule, activer le flash et régler l’objectif. Cool.

    Je jette mon sac dans un coin, sors un tee-shirt et un jean propres de ma commode.

    — Dizzy ? appelle mon père. Tu peux venir une minute ?

    Je le rejoins en défaisant ma cravate. Ce n’est pas Lucy qui se trouve avec lui. Lucy est jeune, souriante, avec des cheveux blonds ondulés. Elle aime les tops amples, les pantalons taille basse brodés, le rouge à lèvres marron et le fard à paupières charbonneux. Son gel douche laisse sur sa peau un parfum citronné.

    La visiteuse est plus âgée, plus petite, très bronzée, le visage sillonné de rides d’expression. Ses cheveux teints au henné sont presque rasés. Elle a des dizaines de boucles sur chaque oreille, ainsi qu’un piercing au sourcil droit. Elle porte un pantalon rayé très large resserré aux chevilles, un débardeur délavé et pas de soutien-gorge. C’est... particulier.

    Il s’agit sûrement de la propriétaire du van bariolé, mais j’ignore qui elle est et pourquoi elle me fixe avec une telle insistance.

    — Salut, Dizzy, lance-t-elle avec un sourire qui dévoile ses dents jaunies.

    —  Bonjour.

    Je me tourne vers mon père, attendant une explication.

    Il me rend mon regard sans rien dire. Il paraît choqué et un peu agacé. Il a gardé son jean de travail et n’a pas eu le temps de laver ses mains couvertes d'argile.

    —  Joyeux anniversaire, dit la femme.

    Je n’y comprends toujours rien.

    —  C’est fou comme tu as grandi, ajoute-t-elle. Tu es si jolie... j’ai l’impression de rêver.

    Tout à coup, ma bouche se dessèche, et le sol se met à tanguer sous mes pieds. Je contemple ce visage souriant et bronzé, ces grands yeux bleus, ce piercing doré. Fronçant les sourcils, je déglutis avant de répondre :

    —  Bonjour, maman.

     

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  • [Livre] Soline et le monde des rêves abandonnés

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    Lecture terminée le : 13 octobre 2019

     

    Résumé : Soline est une petite fille de 10 ans qui mène, auprès de ses parents Manon et Julien, une vie paisible dans un pavillon cossu d'une petite ville de la banlieue de Lille.
    C'est une enfant douce et rêveuse. Un peu têtue aussi. En somme, une fillette ordinaire... à un détail près.
    Elle n'existe pas.
    Elle est le fruit de l'imagination de ses parents qui, peinant depuis des années à avoir un enfant, se sont façonné en rêve une fille idéale.
    La vie de Soline bascule quand, un jour, Manon tombe enceinte.
    Instantanément, la fillette disparaît de son esprit et de celui de Julien, et se retrouve projetée dans un univers parallèle, étrange et biscornu : Le Monde des Rêves Abandonnés. Réceptacle de toutes les histoires inachevées, des amis imaginaires oubliés, des personnages et décors de romans jamais terminés ou de films jamais réalisés...


    Auteur : José Carli

     

    Edition : Inceptio

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 15 avril 2019

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Le sujet de l’histoire m’a immédiatement beaucoup plu : que deviennent les amis imaginaires oubliés par les enfants qui ont grandis ? Les personnages des histoires oubliés ? Ceux qui n’ont jamais vu le jour sous la plume d’un écrivain ou d’un scénariste ? Cela m’a un peu fait penser aux fées qui meurent lorsqu’on cesse de croire en elles dans Peter Pan.
    Soline est une petite fille de 10 ans, imaginée par un couple en mal d’enfants. Bien que Soline ait l’apparence d’une fillette, elle a été créée par les esprits de deux adultes et cela se ressent dans certaines de ses paroles et réflexions.
    Quand sa « maman » tombe enceinte pour de vrai, le couple oublie instantanément leur fille imaginaire et Soline voit son monde littéralement disparaitre.
    Quand elle arrive dans le monde des rêves abandonnés (arrivée pour le moins chaotique entrainé par une femme très antipathique), elle découvre un monde très sombre, sale, désenchanté. L’espoir et la joie sont absent, les personnages désagréables et l’endroit où les enfants imaginaires sont censés vivres ressemble à un orphelinat tout droit sorti des pires histoires de Dickens.
    Avec quelques camarades, tous en ayant assez d’être traités en véritables esclaves, et pressentant un danger à rester dans ces lieux, Soline décide de fuir et de se mettre à la recherche de parents imaginaires, se disant que si des parents sans enfants se créent des enfants imaginaires, il est fort possible que des enfants sans parents se soient créés des parents imaginaires.
    Le chemin est long et semé d’embûches. La plupart des personnages rencontrés sont loin d’être bienveillants (heureusement pas tous). Sans compter que ceux qu’ils fuient sont à leurs trousses.

    On a affaire ici à une histoire qui a la forme d’un conte : les héros doivent passer un certain nombre d’épreuves pour atteindre le lieu où ils trouveront enfin le bonheur.
    Une distinction est faite entre les personnages imaginaires désirés, créés pour combler un manque et les personnages d’histoires tombées dans l’oubli ou jamais achevés.
    Pour en parler de manière manichéenne, on pourrait dire que les 1ers sont les gentils et les seconds les méchants de l’histoire.
    Pourtant on trouve certaines nuances, comme par exemple Andy ou Mlle Valentine qui ne vivent pas dans la catégorie où leur type de création aurait dû les envoyer.
    En clair, si la plupart des personnages sont tels qu’ils semblent être, pour d’autres, il faut se méfier des apparences.
    Autre chose que j’ai beaucoup apprécié, c’est l’évolution du récit. On part d’une histoire assez jeunesse, enfantine même, puis le lexique et le ton deviennent plus riches, plus complexes, au fur et à mesure que l’histoire avance et s’assombrit.
    Si le vocabulaire est riche, il reste abordable et cette histoire plaira sans doute à tout âge.

    Les évènements s’enchaînent et, très souvent, je ne les ai pas vus venir.
    J’ai vraiment passé un bon moment avec Soline et ses camarades.

     

    Un extrait : Pour Soline, la vie était parfaite. Pas un instant, elle ne présageait les terribles bouleversements qui se préparaient. Elle avait tout juste dix ans. Ses cheveux, d’un noir intense, étaient si fins qu’ils ne parvenaient pas à couvrir entièrement ses oreilles, dont la pointe s’échappait. De son papa, elle tenait son menton carré, et un air un peu perdu. Comme sa maman, elle avait une petite boule bien ronde au bout du nez, et des lèvres très colorées, délicatement dessinées. Elle portait, la plupart du temps, une longue robe myrtille en laine, qui tombait sur ses genoux, ainsi qu’une paire de lunettes rondes, à monture rouge, qu’elle ne quittait que pour dormir. Elle avait toujours l’écharpe cerise tricotée par sa maman autour du cou.
    Elle aimait les choses simples de la vie. Faire, avec ses parents, de longues promenades les soirs d’été, le long de la Deûle. Flotter dans les airs sur la grande balançoire. Contempler le vol gracieux des papillons pendant que sa maman prenait le soleil sur le transat abricot du jardin. Ou simplement passer des après-midis entières à jouer dans sa chambre. Soline était, en somme, une enfant douce et rêveuse, une fillette on ne peut plus ordinaire.
    Un seul détail la distinguait des autres enfants. Un détail important néanmoins.
    Elle n’existait pas.
    Du moins, pas dans le monde tel que peut le percevoir le commun des mortels.
    Elle n’était rien d’autre que le fruit de l’imagination de ses parents.

     

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  • [Livre] Maîtresse de tous les maux

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    Lecture terminée le : 16 septembre 2019

     

    Résumé : Nous connaissons tous cette histoire : une belle jeune fille rencontre un beau prince. Mais la demoiselle apprend qu'elle a été maudite par une Fée noire, la condamnant à sombrer dans un sommeil éternel. Malgré la protection de trois bonnes fées, la malédiction se réalise. Mais le bien triomphe du mal : le prince défait le dragon cracheur de feu, et réveille la princesse grâce à son baiser d'amour véritable.
    Pourtant, ce n'est que la moitié de l'histoire : qu'en est-il de la Fée noire, Maléfique ? Pourquoi maudit-elle cette princesse innocente ? Bien des récits ont tenté d'expliquer ses motivations. Voici l'une de ces histoires, un conte ancestral où l'amour et la trahison côtoient la magie et les rêves.
    Voici l'histoire de la Maîtresse de tous les maux.


    Auteur : Serena Valentino

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 09 mai 2019

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Maléfique est l’un de mes personnages préféré, j’attendais donc avec impatience de lire son histoire.
    Le fil conducteur reste les trois sœurs qui sont de plus en plus présentes au fil des tomes (D’ailleurs, le tome 6 leur sera apparemment entièrement consacré), mais Maléfique n’est pas laissée de côté pour autant.
    Les chapitres alternent entre le présent (dans lequel on retrouve quelques personnages comme Blanche-Neige et sa Belle-mère) et l’histoire de Maléfique depuis son enfance.
    Toute cette partie dans le passé a vraiment été ma préférée. Les fées en prennent pour leur grade (et moi, à part Clochette, les fées ont tendance à profondément m’énerver).
    Dans la partie présente, j’ai beaucoup aimé l’histoire autour d’Aurore, mais j’ai trouvé qu’il y avait quelques incohérence ou en tout cas que l’auteur s’était dispensée d’expliquer certaines choses qui étaient, à mon sens, indispensables (Et là, je ne peux vraiment pas en dire plus dans spoiler à mort).
    Maléfique a un côté féministe qui dénote dans un conte de fée. Elle fait un discourt génial sur le fait qu’il y en a marre que l’on demande aux princesses d’être des cruches qui ont besoin d’attendre après des hommes pour être sauvées au lieu de se sauver toutes seules.
    J’aime toujours autant les réécritures de Serena Valentino qui sont des réécritures de Disney, plutôt que des réécritures de contes.
    En effet, dans ses réécritures, elle intègre toujours des scènes des films d’animation, ce qui rend l’histoire encore plus cohérente.
    C’est difficile d’en dire plus sans en révéler trop, alors je dirai simplement foncez, mais lisez les tomes dans l’ordre, sinon l’histoire des sœurs vous perdra vite et elle est quand même assez présente pour que ce soit essentiel de la suivre. Et ces trois furies sont assez difficiles à suivre comme ça !

     

    Un extrait : Elle avait plus que jamais besoin des trois sorcières et elle avait bien peur de les avoir perdues. Elle se dirigea vers le miroir magique suspendu au mur, celui que les sœurs lui avaient donné des années auparavant.

    - Montre-moi Lucinda ! Montre-moi Ruby ! Montre-moi Martha ! ordonna-t-elle.

    La surface du miroir s’éclaira d’un éclat violet. La fée noire n’avait jamais maîtrisé la magie des miroirs aussi bien que les étranges sœurs et elle utilisait rarement leur présent ; cependant, des images troubles des sorcières apparurent après quelques instants. Elles erraient sans but dans une grande salle pleine de miroirs et semblaient répéter un nom à l’infini, que Maléfique n’arrivait pas à distinguer.

    - Lucinda ! Vous m’entendez ? J’ai besoin de vous, cria Maléfique

    L’espace d’un instant, elle crut qu’elles l’avaient entendue car elles s’arrêtèrent brutalement.

    - Mes sœurs, où êtes-vous ? J’ai besoin de votre aide pour aurore, hurla Maléfique.

    Soudain, l’image de Lucinda se fit plus nette. Son visage vacilla dans la brume violette et elle transmit frénétiquement ses instructions à la fée noire.

    - Tu dois entrer dans ce château, Maléfique. Va par le feu, la fumée et les rimes, va par tous les moyens ! Crée toi-même l’instrument de son destin s’il le faut et envoie-la dans la terre des rêves. Nous l’attendrons. Mais tu dois faire en sorte qu’elle ne se réveille jamais. Nos pouvoirs ne sont pas les mêmes ici ! Tout dépend de toi. Va, maintenant !

     

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  • [Livre] Les loups ne se mangent pas entre eux

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    Lecture terminée le : 04 septembre 2019

     

    Résumé : Sloan vit avec son père à Rusic, un bled paumé au fin fond de l'Alaska. Dans cette immensité sauvage, la nature dicte ses lois. Et depuis quelque temps, les loups se rapprochent des habitations. Quand un blizzard s'abat sur la région, le village se retrouve coupé du monde. Plutôt que d'attendre d'improbables secours, Sloan décide de rejoindre la ville. Mais pour cela, elle va devoir traverser la forêt...


    Auteur : Victoria Scott

     

    Edition : Bayard

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 27 mars 2019

     

    Prix moyen : 14€

     

    Mon avis : Les loups ne se mangent pas entre eux…effectivement. Parce que si c’était le cas, Sloan aurait vu plus de la moitié de ses problèmes réglés.
    Sauf que non, les loups ne sont pas cannibales. Et que les habitants de Rusic, Alaska, ont trouvé très intelligent de modifier volontairement leur territoire de chasse par le biais de barrières et de défrichement, conduisant dans un premier temps à la prolifération de petit gibier et donc des loups.
    Mais arrive le blizzard, qui vient changer la donne en faisant disparaitre le gibier. Et les loups sont nombreux. Et ils ont faim.
    Pour moi, il n’est pas question ici de « méchants » loups, mais seulement d’animaux affamés luttant pour leur survie.
    Sloan est une jeune fille de 12 ans, traumatisée après s’être perdue 5 jours dans la forêt environnante, sans que personne ne s’organise pour mettre en place de vraies recherches. Sympa les voisins !

    Depuis elle a peur de rester seule. Et quelle est la réaction de son génie de père ? Partir à la ville la plus proche, avec le reste du village, sans sa fille, qu’il laisse donc seule dans maison, et sans la prévenir qui plus est.
    A 12 ans !! Sérieux, ce type mérite la prison pour négligences.

    Sloan se rend vite compte qu’elle n’est pas vraiment seule. Elton, 10 ans (encore mieux !) ; Pilot, 14 ans, Mr Foster, l’instituteur du village, Nash, le père alcoolique et violent de Pilot et enfin Mme Wade sont resté eux aussi.
    Mme Wade est gravement blessée au ventre suite à une chute et le blizzard risque de tenir éloigné plus longtemps que prévu les habitants.
    Et voilà, en une vingtaine de pages, les bases de l’histoire sont posées.

    Et là, ça part sérieusement en cacahouète pour nos héros !
    Pour diverse raisons, notamment la gravité de la blessure de la vieille femme, le petit groupe est obligé de quitter le village pour tenter de rejoindre la ville.
    Pour atteindre la rivière, le groupe doit traverser la forêt. Et la forêt, c’est un peu le domaine des loups. Qui ont toujours aussi faim et, qui n’ayant jamais été chassés, n’ont jamais vus les humains comme un danger.
    Et de voisins, pas dangereux, à proies potentielles, il n’y a qu’un pas.

    Vous pariez sur qui vous ? Les hommes ou les grands (méchants) loups ?

    Je ne peux pas dire que j’ai eu peur à la lecture de ce livre, mais certaines scènes sont assez intenses et j’ai tremblée plus d’une fois pour les personnages (Bon ok, mon chat a grogné dans son sommeil et j’ai bondis au plafond)

    D’instinct, je dirais que 12 ans (âge à partir duquel le livre est conseillé) est un peu jeune pour lire cette histoire somme toute assez sanglante et sans filtre, et d’un autre côté quand je vois les séries qu’ils regardent… Y’a plus de jeunesse ! Il suffit de voir les films accessibles à 12 ans (ça, mama, anabelle…) pour se dire que ce livre passera comme une lettre à la poste, alors qu’à leur âge, il m’aurait sûrement traumatisée.

    En tout cas, pour moi, ça a été une excellente lecture, avec juste ce qu’il fallait de petits frissons.

     

    Un extrait : La peur explose dans mon ventre alors que je fouille notre cabane, cherchant mon père et ma sœur dans les endroits les plus ridicules. Je ne sens plus ni mes doigts ni mes orteils et ma respiration s’accélère, jusqu’à ce que les murs de notre maison se referment sur moi. Même si mes poumons continuent à fonctionner, je suffoque.

    - Papa ?

    Ma voix tremble.
    Des larmes me brûlent les yeux et ma démarche s’emballe.

    - Maren ?

    J’aimerais la faire apparaître juste en disant son nom.

    - Papa !

    Dès que j’entends un bruit, je me précipite vers l’entrée et saisis la poignée froide. Un air glacial s’engouffre à l’intérieur, me fouette le visage, me rougit les joues. Mon cerveau bourdonne tandis que je scrute les alentours.
    La neige tombe, des flocons virevoltent, recouvrant tout devant moi. Mais je ne vois pas papa.
    Je claque la porte. Une nouvelle vague d’angoisse me foudroie, mon cœur tambourine dans ma poitrine. Il n’aurait pas pu partir sans moi. Ça suffit, ma mère l’a déjà fait. Et tout le village aussi, pendant cinq jours.
    « Tu sais où on stocke la réserve de munitions ? »
    J’enfouis la tête dans mes mains et prends trois inspirations haletantes. Je rejoue dans mon esprit le froncement de sourcil de ma sœur, mon père expliquant qu’il doit faire son sac. Il, pas nous.

     

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  • [Livre] Frangine

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    Lecture terminée le : 03 août 2019

     

    Résumé : "Il faut que je vous dise... J'aimerai annoncer que je suis le héros de cette histoire, mais ce serait faux. Je ne suis qu'un morceau du gâteau, même pas la cerise. Je suis un bout du tout, un quart de la famille. Laquelle est mon nid, mon univers depuis l'enfance, et mes racines, même coupées. Tandis que ma frangine découvrait le monde le cruel le normal et la guerre, ma mère et ma mère, chacune pour soi mais ensemble, vivaient de leur côté des heures délicates. C'est à moi que revient de conter nos quatre chemins. Comment comprendre, sinon ?"


    Auteur : Marion Brunet

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 2013

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Ce livre c’est avant tout l’histoire d’une famille.
    Joachim, l’aîné, nous raconte l’histoire de sa vie, celle de sa sœur surtout, mais aussi celle de ses mères.
    Premier né dans cette famille homoparentale, Joachim a toujours été très préparé par ses mères à affronter le regard des autres, leurs commentaires pas toujours intelligents, parfois méchants, en un mot, à affronter la bêtise et l’intolérance.
    Peut-être un peu trop rassurées par le fait que tout s’est bien passé pour leur fils, et prises chacune par de profonds problèmes personnels, Julie et Maryline n’ont pas préparé leur fille, Pauline, avec autant de soin.
    Le problème est que l’entrée au lycée de Pauline ne se passe pas aussi bien que celle de son frère.
    Elle refuse de parler de ses problèmes à ses mères pour ne pas faire peser davantage de pression sur leurs épaules.
    En effet, un événement soudain fait que Julie pense beaucoup à sa mère, laquelle refuse de la voir depuis 20 ans à cause de son homosexualité.
    Maryline, elle, éducatrice dans un foyer pour ado en difficulté, vit de plus en plus mal son travail, entre violence et coupes budgétaires incessantes.
    Joachim raconte un peu tout ça, se fustigeant un peu de ne pas avoir vu plus vite les problèmes de sa sœur.
    Au fil de l’histoire, Joachim nous révèle certains événements marquant de son enfance vis-à-vis de sa situation familiale.
    Mais il faut dire que ce n’est rien à côté de ce que subit Pauline. Ce livre parle d’homoparentalité, d’homophobie, de harcèlement scolaire, de dépression un peu, effleure le burn out, de tolérance et d’intolérance… Mais surtout, il parle d’amour. De l’amour inconditionnel que se porte les quatre membres de cette famille, des amours naissantes de Joachim puis de Pauline.
    Le roman démontre que l’homophobie a lieu de plus en plus tôt. Joachim n’avait affaire quasiment qu’à des adultes qui avaient ce genre de comportement, Pauline, elle, est confrontée à des ados de 14/15 ans qui ne connaissent rien de la vie, de l’amour mais qui ont déjà ce jugement négatif de ce qu’ils perçoivent comme une différence.
    Parmi les professeurs, tout sont témoins de ce qu’il se passe, mais n’interviennent pas de peur de « se mettre les parents à dos ». Le seul à bouger est le prof de sport, qui va du coup s’attirer les foudres de ses collègues, l’accusant de tenir un discours pro-gay alors qu’il n’exige que le respect de l’autre de la part de ses élèves.
    Marion Brunet arrive à donner un langage oral naturel à ses personnages (Il y a d’ailleurs des passages assez drôles dans les discussions entre potes). Sa plume est vraiment prenante. Je serais curieuse de la lire dans un autre registre que la jeunesse.
    J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, un vrai coup de cœur.
    Il est d’une richesse incroyable pour un livre de moins de 300 pages.
    Une chose est sûre, je relirai cet auteur avec plaisir.

     

    Un extrait : Il m’a regardé très sérieusement, a posé une main compatissante sur mon épaule.

    - Désolé pour toi, Joachim

    - Pourquoi, exactement ?

    Il a éclaté de rire comme un dément en tournant sur lui-même et s’est mis à danser sur un reggae imaginaire en chantant :

    - Joachim va encore pas niquer c’t’année, oh, Jah ! C’est bien dommage mais c’est comme ça !

    - Toi non plus, mon pote. T’as même pas de meuf.

    - Justement ! Moi, je suis seul, disponible, libre comme le vent, chaud comme la braise. Si une petite coquine veut s’occuper de moi, je suis totalement open. Alors que toi, avec une Vraie chérie-doudou-mon-amour, t’es obligé de passer par tout un tas de trucs super chiants pour… que dalle, nada, nib. Je me trompe ?

    - Des « trucs chiants », franchement je vois pas…

    - Ohhh ! C’est mal de mentir ! L’an dernier, t’as jamais passé une plombe à l’écouter te parler de pourquoi elle est fâchée avec sa meilleure copine, genre parce qu’elle lui a dit ceci, ou bien cela, ou bien les deux, ou c’est autre chose ou gnagnagna ? Dis la vérité !

    J’ai pas pu m’empêcher de rire.

    - Alors ? Alors ? Jamais ? T’as jamais passé une plombe à la regarder essayer l’intégralité de ses fringues pour qu’elle trouve la tenue parfait pour aller, euh…manger une pizza ? Et aussi, et surtout…

    Là, il a pris une pause de nana, une main sur la hanche et l’autre coinçant derrière l’oreille une mèche de cheveux imaginaire. D’une voix traînante et sexy (enfin, c’était le but recherché), il m’a demandé :

    - Est-ce que tu m’aimes, Joaquim ? Est-ce que tu m’aime vraiment ?

    Il a encore accentué son regard minaudant.

    - Mais vraiment-vraiment ? Fort comme ça ? Tu ferais quoi pour moi ?

    Et il s’est avachi d’un coup, comme effondré.

    - Joachim, mon ami, mon frère, je ne sais pas comment tu fais.

    - T’es pourri de dire ça, quand même… C’est ta pote, Blandine.

    - Oui, mais ça n’a rien à voir justement. Les filles, quand c’est tes potes, elles sont normales, tu peux parler de trucs normaux avec elles. C’est après que ça fait flipper.

     

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  • [Livre] Le pensionnat de Mlle Géraldine – T02 – Corsets et Complots

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    Lecture terminée le : 05 juillet 2019

     

    Résumé : A-t-on vraiment besoin de quatre digitales pour décorer une table pour six personnes ? Ou bien est-ce six digitales pour tuer quatre invités ? La première année d’école de Sophronia a certainement été enthousiasmante. D’abord, son pensionnat pour jeunes dames de qualité l’entraîne à devenir espionne (Maman sera si surprise !). Ensuite, elle est mêlée à une intrigue à propos d’un appareil volé et on lui jette une tourte au fromage dessus. Aujourd’hui, Sophronia connaît chaque recoin de l’école, laisse traîner son oreille dans les quartiers des enseignants et monte clandestinement à la chaufferie du dirigeable où elle apprend qu’un simple voyage scolaire à Londres peut cacher davantage que ce qu’elle croit… Vampires, loups-garous et humains sont tous après le prototype récupéré par Sophronia dans Étiquette & Espionnage, qui a le potentiel d’améliorer le transport aérien surnaturel. Sophronia doit découvrir qui est derrière un dangereux complot pour contrôler le prototype… et survivre à la saison de Londres munie d’un carnet de bal complet.


    Auteur : Gail Carriger

     

    Edition : Calmann-Lévy

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 25 septembre 2014

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : J’avais beaucoup aimé le 1er tome. Cette série me permet de me familiariser avec l’univers steampunk avant d’attaquer Le protectorat de l’ombrelle, qui, parait-il, présente une histoire plus complexe.
    Sophronia avance dans ses études et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle apprécie sa nouvelle vie, au point d’avoir les meilleures notes de sa promotion.
    Si sa copine Dimity ne s’en sort pas si mal, ce n’est pas le cas de la peste Monique, qui, malgré son ancienneté, se ramasse en beauté.
    En six mois, temps écoulé entre les deux tomes, les personnages sont devenus plus matures, plus sûr d’eux. Vieve en est même au point de faire à Sophronia une offre qu’elle ne pourra pas refuser, en mini géni du mal qu’elle aspire à être.
    Sophronia de son côté, si elle n’a plus aucun problème à comploter (à part peut-être encore quelques tiraillements de conscience), est nettement moins à l’aise avec l’art subtil du flirt. Et pourtant, elle ne manque pas de charmants messieurs dans son entourage que ce soit Savon, Lord Mersey ou même le mystérieux lord Akeldama dont in parle peu mais qui promet d’être intéressant dans les prochains tomes.

    J’ai beaucoup aimé l’attitude de Sophronia face au comportement hostile de ses camarades. Elle n’est pas comme beaucoup de personnages féminins dans les romans fantasy qui sont souvent en mode Calimero devant les contrariétés. Non, Sophronia se demande si elle a mal agit et doit s’excuser, constate que non, et donc hausse les épaules en se disant que ça leur passera et poursuit ce qu’elle a à faire, à savoir protéger son amie Dimity, malgré elle s’il le faut, qui semble être la cible de kidnappeurs non identifiés.
    Mais si Sophronia est particulièrement douée pour repérer du cyanure sur un gâteau sec, elle galère nettement plus pour mener une enquête, n’ayant rien de Sherlock Holmes. Mais en apprentie espionne qui se respecte, ce qu’elle ne découvre pas par la logique, elle le découvre par la filature, et se débrouille toujours pour avoir les réponses à ses questions.
    A la fin du tome, deux personnages quittent l’école volante de Mlle Géraldine mais j’ai l’impression qu’on n’a pas fini d’entendre parler d’eux pour autant.
    Si le 1er tome s’attacher à présenter l’univers, dans celui-ci on s’attache plus aux différents complots, surtout politiques.
    On en apprend plus également sur les professeurs, et notamment sur le professeur Braithwope.
    J’ai hâte de voir comment les choses vont évoluer dans les prochains tomes, surtout qu’il n’en reste que 2 pour terminer la série.

     

    Un extrait : « Quand vous voulez, mademoiselle Temminnick ! »

    Dimity se trouvait déjà à côté de Lady Linette. L’amie de Sophronia lui fit signe de les rejoindre d’une main dissimulée par sa jupe. D’ordinaire, c’était Dimity qui rêvassait et Sophronia qui devait la houspiller.

    Sophronia bondit. « Veuillez m’excuser, Lady Linette. J’étais perdue dans mes pensées. Les quantités de digitales peuvent être tout à fait éclairantes.

    – Excellent, mademoiselle Temminnick. Une excuse exprimée en terme d’intérêt scolaire. Néanmoins, nous devons partir. »

    Pendant la plus grande partie du séjour de six mois de Sophronia au pensionnat de Mlle Géraldine pour le perfectionnement des jeunes dames de qualité, les leçons n’avaient jamais été interrompues. Même pas quand des bandits de haut vol les avaient attaquées. Les jeunes dames de qualité restaient en classe durant les conflits. Et aucune élève n’avait jamais été ôtée à l’autorité d’un professeur par un autre professeur. Quelle impolitesse !

    Et puis, au cours du mois précédent, en commençant par cette satanée Monique, toutes les compagnes de Sophronia avaient été systématiquement emmenées par Lady Linette de la même façon. Elles étaient revenues traumatisées et silencieuses. Sophronia avait employé tout son savoir-faire, dont elle avait appris une bonne partie chez Mlle Géraldine, pour résoudre ce mystère. En vain. Même ses amies proches, Sidheag et Agatha, n’avaient pas voulu expliquer ce qui s’était passé quand Lady Linette avait disparu avec elles.

     

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  • [Livre] Pauvre âme en perdition

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    Lecture terminée le : 15 juillet 2019

     

    Résumé : Nous connaissons tous l'histoire de la petite sirène, ce conte ancestral qui nous rappelle qu'il faut parfois perdre sa voix pour mieux la retrouver. Ariel désire explorer le monde et s'aventurer au-delà des frontières du royaume de son père, le roi des océans. Par amour, elle renonce à sa voix et manque d'y laisser la vie. Mais le bien l'emporte, et elle sort de ces épreuves métamorphosée et heureuse.
    Pourtant, ce n'est que la moitié de l'histoire. Qu'en est-il de son ennemie Ursula, la terrible sorcière des mers? Pourquoi et comment est-elle devenue si retorse et pleine de haine, dédaignée par la cour de Triton?
    Voici l'histoire d'une pauvre âme en perdition...


    Auteur : Serena Valentino

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 09 mai 2019

     

    Prix moyen : 14€

     

    Mon avis : 3ème tome de la série consacrée aux « vilains » de Disney, ce livre s’attache à Ursula. Pourquoi et comment la sorcière des mers est-elle devenu telle qu’elle est et qu’est ce qui l’a poussée à s’en prendre ainsi à Ariel ?
    Chaque histoire a deux versions et nous allons pouvoir entendre celle d’Ursula.
    Autant le dire tout de suite : si Ursula a connu des souffrances, cela n’excuse en rien son comportement.
    Triton, le père d’Ariel, sans surprise, n’est pas quelqu’un de bien (Je ne l’ai jamais aimé, vous l’aurez compris) mais la surprise, en revanche, vient des liens qu’il a avec Ursula, et que je n’avais absolument pas envisagés.
    Contrairement à la méchante Reine, qui bien que commettant des horreurs, agit sous une certaine influence et n’a jamais totalement ouvert son cœur à la haine, Ursula, elle, se complaît dans cette haine.
    On retrouve les trois sœurs qui étaient déjà présentes dans les deux tomes précédents et qui sont prêtes à tout pour retrouver leur petite sœur, Circé, qui leur en veut depuis la fin du tome précédent.
    A chaque tome, on en apprend plus sur ces trois-là (elles me font penser aux trois sorcières de Macbeth) et il semblerait que le tome 5 leur soit entièrement consacré (j’ai hâte… mais j’ai peur !).
    Les personnages secondaires des différents tomes sont tous interconnectés. Ainsi la princesse Tulipe, dont le château surplombe le domaine d’Ursula et qui a déjà eu affaire à la sorcière, semble avoir une histoire commune avec le prince Adam, alias La Bête.
    L’histoire d’Ursula est plus courte que les précédents et on s’attarde moins sur ses sentiments profonds que sur ceux de la Reine car ceux-ci semblent être étouffés par sa jalousie, sa soif de vengeance et son goût du pouvoir qui domine tout le reste.
    A plusieurs reprises, les sœurs sorcières reçoivent des messages de la fée noire, alias Maléfique. Celle-ci semble menaçante envers les trois sœurs et ces dernières paraissent ressentir une certaine crainte, alors que jusque-là, elles n’avaient l’air d’avoir peur de personne.
    Du coup, je suis vraiment impatiente de découvrir l’histoire de Maléfique dans le tome 4, d’autant plus que le tome est le plus épais de tous et que je pense donc qu’on va en apprendre encore plus sur ces trois punaises qui sèment la terreur et la destruction partout où elles passent !

     

    Un extrait : Le brouillard ondulait dans le sillage d’Ursula comme un tentacule gris et noirâtre tandis qu’elle avançait dans la ville apparemment abandonnée d’Ipwich. Le rire de la sorcière résonnait sur les cottages aux volets clos où se terraient les pitoyables habitants, terrifiés par la déesse des mers assoiffée de vengeance qui s’était abattue sur eux tel un cauchemar devenu réalité.
    Pour cette excursion, Ursula avait adopté sa forme humaine et utilisé sa magie afin de contrôler les brumes, donnant vie à de longs tentacules menaçants qui s’enroulaient autour d’elle et la suivaient à la trace, flétrissant tout ce qu’ils touchaient. Elle semait la dévastation en une longue trainée de putréfaction aussi noire que le pétrole.
    Elle se dirigea vers la principale place de la ville et s’arrêta devant la tour de l’Horloge. Ses tentacules prirent le bâtiment d’assaut, le transformant en un obélisque noir et trapu qui aurait pu être utilisé dans un but autrement plus sinistre que celui de marquer le passage du temps.
    Sa magie était imprégnée de haine. Dans laquelle palpitait une douleur vive et profonde. Ces humains lui avaient enlevé la seule personne qui l’avait jamais aimé et elle allait les faire souffrir. Elle dirigea ses appendices lugubres vers la mer, invoquant ses sombres serviteurs.


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