Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Jeunesse

  • [Livre] L’étrange vie de Nobody Owen

    l'étrange vie de nobody owens.jpg

    Résumé : Nobody Owens est un petit garçon parfaitement normal. Ou plutôt, il serait parfaitement normal s'il n'avait pas grandi dans un cimetière, élevé par un couple de fantômes, protégé par Silas, un être étrange ni vivant ni mort, et ami intime d'une sorcière brûlée vive autrefois. Mais quelqu'un va attirer Nobody au-delà de l'enceinte protectrice du cimetière : le meurtrier qui cherche à l'éliminer depuis qu'il est bébé. Si tu savais, Nobody, comme le monde des vivants est dangereux... 

     

    Auteur : Neil Gaiman

     

    Edition : Albin Michel

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 04 mai 2012

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : L’histoire commence bien avec un homme qui s’introduit dans une famille pour la décimer. Pourquoi ? Quel intérêt de tuer ainsi toute une famille ? Mystère… On n’en saura pas plus avant la fin du roman. Toujours est-il que cet homme, appelé le Jack, semble non seulement très désireux d’accomplir sa tâche, mais aussi obnubilé par l’idée de tuer tout le monde, y compris et surtout le bébé. Mais celui-ci, petit cascadeur fugueur, crapahute en dehors de la maison et se retrouve à l’intérieur d’un cimetière où il va déclencher la curiosité des morts.
    Les fantômes de Mr et Mme Owens vont décider de l’adopter et vont convaincre l’assemblée des fantômes de permettre au petit garçon de devenir citoyen du cimetière.
    Un autre débat lui donnera son prénom : Nobody. Ainsi sera baptisé Nobody Owens. On ne lui connait aucun autre nom. Ses parents et autres fantômes ne pouvant pas sortir du cimetière, il aura pour tuteur un être à cheval entre les deux mondes. Même si le mot n’est pas prononcé, je pense qu’il est assez clair, très vite, que Silas est un vampire.
    Dans le cimetière on trouve aussi un affreux passage vers un monde, les enfers ou autre chose, dans lequel vivent les goules. C’était un passage assez sombre, assez horrible aussi et les plus jeunes lecteurs risquent de voir les affreuses bestioles s’inviter dans leurs rêves (et personnellement, je ne pardonne pas à l’auteur d’avoir fait de Victor Hugo une goule… non mais vraiment ! Ils n’ont pas leurs propres auteurs à discréditer ces anglais ? Ca ne leur a pas suffi de nous faire bruler Jeanne d’Arc et de nous avoir exilé un empereur ?)
    Nobody n’a pas le droit de sortir du cimetière car dehors, le tueur rode et n’a pas renoncer à retrouver l’enfant qu’il a échoué à tuer. Or, tant qu’il est dans le cimetière, Nobody échappe à son radar…
    Bon vous vous doutez, du coup, qu’il ne va pas y rester dans ce cimetière !
    Ce qui m’a un peu gêné c’est le manque d’action. Certes chaque petit détail, comme la brève camaraderie qu’il a avec une enfant de 5 ans, va avoir un impact plus tard, un impact important sur l’intrigue. Mais la lenteur avec laquelle ces éléments sont mis en place a un peu freiné mon enthousiasme. La lecture n’a pas été pénible, mais j’ai connu plus entraînant.
    Concernant le méchant, j’ai mis un petit moment à l’identifier, aussi bien dans le livre que dans l’origine de son nom (et une fois que j’ai eu les éléments sous les yeux, je me suis sentie comme une imbécile tant ça paraissait soudain évident !)

    En revanche, j’ai bien aimé l’histoire du Jack et l’explication de pourquoi on l’appelle LE Jack et pas seulement Jack.

    En résumé, ce n’était pas une mauvaise lecture, l’idée était originale et sympa mais l’action met bien trop de temps à arriver dans le récit.

    Un extrait : Noyé dans l’ombre, l’inconnu regarda le Jack jusqu’à ce qu’il fut hors de vue. Puis il se déplaça dans la nuit et monta, monta jusqu’au replat sous le sommet de la colline, là où se dressait un obélisque et où une pierre plate sertie dans le sol perpétuait la mémoire de Josiah Worthington, brasseur local, politicien puis baronnet, qui avait, voilà presque trois cents ans, acquis le vieux cimetière et les terres alentour pour céder l’ensemble à la ville, concession à perpétuité. Il s’était attribué le meilleur emplacement de la colline – un amphithéâtre naturel avec vue sur toute la cité et au-delà –, et avait fait en sorte que le cimetière demeurât durablement un cimetière, ce dont les habitants lui étaient reconnaissants, quoique pas tout à fait autant qu’ils l’auraient dû, de l’avis même du baronnet Josiah Worthington.

    Ce cimetière comptait en tout quelque dix mille âmes, mais la plupart dormaient profondément ou ne s’intéressaient nullement aux petites affaires nocturnes du lieu, et moins de trois cents étaient présentes dans l’amphithéâtre, sous le clair de lune.

    L’inconnu les rejoignit, aussi silencieux que la brume elle-même, et assista aux débats dans l’ombre, sans rien dire.

    Josiah Worthington avait la parole.

    — Ma chère madame, votre obstination est tout à fait, tout à fait… enfin, ne voyez-vous pas le ridicule de la situation ?

    — Non, répondit Mrs Owens. Je ne vois pas.

    Elle était assise par terre, jambes croisées, et l’enfant vivant dormait sur ses genoux. Elle tenait délicatement sa tête entre ses mains pâles.

    — Sauf votre respect, votre honneur, intervint Mr Owens debout à côté d’elle, ce qu’essaie de dire Mrs Owens, c’est qu’elle ne voit point les choses ainsi. Elle n’y voit que son devoir.

    Mr Owens avait rencontré Josiah Worthington en chair et en os du temps qu’ils étaient tous deux en vie, il avait même fabriqué plusieurs meubles de qualité pour le manoir Worthington, près d’Inglesham, et le baronnet lui faisait toujours forte impression.

    — Son devoir ?

    L’honorable Josiah Worthington secoua la tête, comme pour en déloger un fil d’araignée.

    — Votre devoir, madame, s’exerce envers le cimetière, pour le bien commun de ceux qui composent cette population d’esprits désincarnés, de revenants et d’entités diverses, et votre devoir est donc de restituer dès que possible la créature à son environnement naturel… qui ne se trouve point ici.

    — C’est sa maman qui m’a confié ce garçon, s’obstina Mrs Owens d’un ton sans réplique.

    — Chère petite madame…

    — Je ne suis pas votre chère petite madame, trancha-t-elle en se levant. À vrai dire, je ne sais même pas pourquoi je reste ici à parler avec tous ces ânes bâtés bêtes à manger du foin que vous êtes, alors que ce petit-là va bientôt se réveiller affamé… et où vais-je lui trouver à manger dans ce cimetière, je vous le demande ?

    — Voilà, dit Caius Pompeius avec raideur, précisément le problème. De quoi, en effet, allez-vous le nourrir ? Comment pourriez-vous vous occuper de lui ?

    Les yeux de Mrs Owens lancèrent des éclairs.

    — Je saurai veiller sur lui. Aussi bien que sa vraie maman. Elle me l’a confié, non ? Regardez : je le tiens dans mes bras. Je le touche.

    — Enfin, Betsy, soyez donc raisonnable, gronda la mère Slaughter, une petite vieille perdue sous le bonnet et la cape énormes qu’elle portait de son vivant et dans lesquels on l’avait enterrée. Où logerait-il ?

    — Ici même. Nous pourrions le nommer citoyen libre du cimetière.

    La bouche de la mère Slaughter forma un minuscule « o ».

    — Mais ! fit-elle.

    Puis :

    — Ça par exemple.

    — Et pourquoi pas ? Ce ne serait point la première fois que nous accorderions la libre citoyenneté à un étranger.

    — C’est vrai, concéda Caius Pompeius. Mais il n’était pas vivant, lui.

  • [Livre] Harry Potter et la chambre des secrets

    harry potter T02.jpg

    Résumé : Une rentrée fracassante en voiture volante, une étrange malédiction qui s'abat sur les élèves, cette deuxième année à l'école des sorciers ne s'annonce pas de tout repos ! Entre les cours de potion magique, les matches de Quidditch et les combats de mauvais sorts, Harry trouvera-t-il le temps de percer le mystère de la Chambre des Secrets ? Un livre magique pour sorciers confirmés.

     

    Auteur : Joanne Kathleen Rowling

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 23 mars 1999

     

    Prix moyen : 21€

     

    Mon avis : En Octobre 2016, j’ai relu le premier tome de la saga, que j’avais déjà lu mais encore jamais chroniquée, en me promettant de lire un tome par mois. Bien évidemment, entre les nouvelles sorties, les SP et ma PAL assez conséquente, vous vous en doutez, je n’ai absolument pas tenu parole.
    Et puis, Moody, de la chaîne Moody take a book, a eu la bonne idée d’organiser une lecture commune Harry Potter qui s’étale sur l’année 2017. Comme il n’y a rien de mieux que les challenges et/ou l’effet de groupe pour tenir ses promesses, je me suis empressée de m’inscrire.
    Pendant que le groupe lisait le tome 1, j’en ai profité pour me mettre à jour de mes SP et c’est dans les temps (qui a dit : pour une fois ?) que je termine ce tome 2.
    Je me rends compte qu’il y avait plein de détails dont je ne me souvenais plus ou auxquels j’avais inconsciemment substitués la version cinéma. Ce ne sont jamais des choses bien importantes, mais ça m’a fait plaisir de les retrouver.
    Dans ce tome, on en apprend un peu sur le passé de Voldemort, c’est un peu un avant goût de tout ce qu’on apprendra sur lui dans le tome 6.
    Percy commence à devenir sérieusement un enquiquineur. Il est encore jeune, seulement 15 ans, puisqu’il vient d’être nommé Préfet, mais on devine déjà une attitude et des idées qui ne sont pas vraiment en accord avec la bienveillance dont font toujours preuve ses parents (sauf à l’égard de Malefoy père, mais là, on peut les comprendre).
    Circonstances obligent, Dumbledore est plus sérieux que dans le tome précédent. Là on voit bien qu’on a affaire au Directeur et à un sorcier expérimenté. Il est moins dans la malice. Mais il faut dire que ses élèves tombant comme des mouches, s’il continuait à jouer les excentriques amusant, cela risquerait de contrarier un tantinet les parents.
    On fait aussi la connaissance de Dobby et, à travers lui, Harry, comme le lecteur, découvre une nouvelle espèce, et une tradition qui n’est pas très glorieuse chez les sorciers : les elfes de maison et l’esclavage auquel ils sont soumis.
    Malefoy père est affreux, et on comprend d’où Draco tient son insupportable arrogance. Mais là où, dans le film, il y avait une insinuation de violence et de peur du gamin envers son père, là pas du tout. Lucius est peut être un affreux personnage, mais il chéri son fils (il le gâte complètement aussi) et quand il lui parle, même quand il lui fait des reproches, il n’est pas très différent de n’importe quel père qui trouve que les notes de son rejeton sont insuffisantes. Dans le film, en instillant ce doute dans la relation père fils, on dirait que les scénaristes ont essayé de trouver des excuses au comportement de Draco. Un peu comme s’ils nous mettaient un message en fond d’écran « Oui, c’est un affreux gamin, mais s’il ne se comporte pas comme son père l’attend, il aura des ennuis ».
    Le trio semble être encore plus proche qu’avant, même si Hermione cherche toujours à mener les garçons à la baguette.
    Quand à la catastrophe ambulante qu’est le nouveau professeur de défense contre les forces du mal, il serait risible sans la révélation de la fin sur la réalité de ses livres. J’ai trouvé qu’il méritait amplement ce qu’il lui arrivait.
    Avec le secret que contient la chambre et l’artefact magique principal (oui, c’est dur de ne pas spoiler, car, oui, il y a encore des gens qui n’ont pas lu Harry Potter !) on est déjà dans un registre un peu plus sombre que dans le tome 1. Pas énormément plus sombre, mais on sent quand même la différence.
    Le tome 3 devant être lu avant le 04 juin, je reviens très vite avec la chronique du prochain tome !

     

    Un extrait : La fin des vacances d'été arriva trop vite au goût de Harry. Bien sûr, il avait hâte de retourner à Poudlard, mais le mois qu'il avait passé au « Terrier » était le moment le plus heureux de sa vie. Il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine jalousie à l'égard de Ron en pensant à l'existence que lui avaient fait mener les Dursley.

        La veille de la rentrée, Mrs Weasley fit apparaître par magie un somptueux dîner qui comportait les plats préférés de Harry ainsi qu'un délicieux gâteau à la crème. Pour terminer la soirée en beauté, Fred et George firent exploser des pétards du Dr Flibuste en un véritable feu d'artifice, remplissant la cuisine d'étoiles rouges et bleues qui rebondirent sur les murs et au plafond pendant une bonne demi-heure. Ils burent ensuite une dernière tasse de chocolat avant d'aller se coucher.

        Le lendemain matin, ils mirent longtemps à se préparer. Ils s'étaient tous levés au chant du coq, mais ils avaient encore beaucoup à faire et tout le monde s'activait dans la maison, à moitié habillé, un morceau de toast à la main, criant et bougonnant sans cesse. Mr Weasley faillit même se rompre le cou en trébuchant contre un poulet alors qu'il traversait la cour pour mettre la valise de Ginny dans la voiture.

        Harry ne voyait pas comment huit personnes, six grosses valises, deux hiboux et un rat allaient bien pouvoir tenir dans une petite Ford Anglia. Mais c'était compter sans les aménagements très particuliers que Mr Weasley lui avait apportés.

        —Pas un mot à Molly, surtout, chuchota-t-il à l'oreille de Harry en ouvrant le coffre que quelques tours de magie lui avaient permis d'agrandir suffisamment pour y ranger toutes les valises.

        Mrs Weasley et Ginny prirent place sur le siège avant qui avait la taille d'un banc public tandis que la banquette arrière offrait suffisamment d'espace à Harry, Ron, Fred, George et Percy pour s'y asseoir confortablement.

        —Finalement, les Moldus sont beaucoup plus astucieux qu'on ne le pense, vous ne trouvez pas ? remarqua Mrs Weasley. Quand on voit cette voiture de l'extérieur, on ne dirait jamais qu'il y a autant de place à l'intérieur.

        Mr Weasley mit le moteur en marche et la voiture traversa la cour en cahotant. Avec un pincement au cœur, Harry se retourna pour regarder une dernière fois la maison. Les préparatifs avaient mis plus de temps que prévu et Mr Weasley, après avoir jeté un coup d'œil à sa montre, se tourna vers sa femme.

        —Molly, ma chérie, je crois que nous irions plus vite si...

        —Non, Arthur, répliqua Mrs Weasley.

        —Personne ne nous verrait. Le petit bouton que tu vois là commande un réacteur d'invisibilité que j'ai installé. Nous pourrions décoller instantanément, voler au-dessus des nuages et en dix minutes nous serions arrivés sans que personne s'aperçoive...

        —Arthur, j'ai dit non. Pas en plein jour.

  • [Livre] Gloria

    Gloria.jpg

    Résumé : Gloria, tombée enceinte trop jeune d’un prof de théâtre dont elle était follement amoureuse, a abandonné son bébé pour poursuivre son rêve de devenir une star, et partir pour Los Angeles… Sept ans plus tard, son ambition glorieuse s’est diluée dans les déconvenues et les rôles de figuration. Alors, elle décide de récupérer son enfant. Sauf que la mère adoptive n’est pas d’accord, bien sûr. Il ne reste plus à Gloria qu’à enlever Jamie et à fuir avec lui d’État en État à travers l’Ouest américain, direction le Canada. Pas si simple d’autant que Jamie, lui, ne veut pas rester avec elle.

     

    Auteur : Martine Pouchain

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 mai 2017

     

    Prix moyen : 15,50€

     

    Mon avis : J’ai commencé cette lecture avec beaucoup de réserves. En effet, j’avais déjà lu un autre titre de l’auteur, et le moins qu’on puisse dire, c’est que je n’étais pas emballée par son style.
    Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire de voir qu’après avoir vu T-shirt orthographié Ticheurte au début du livre (et avoir frôlé une brûlure au troisième degré de ma rétine devant le barbarisme), le mot était ensuite orthographié correctement (merci au correcteur ?).
    Mes sentiments pour le personnage de Gloria ont été assez ambigus. Si d’un côté, j’ai trouvé ses parents ignobles et que j’ai compati de toute mes forces avec elle, malgré son côté naïf qui a pu m’agacer un peu, je n’ai pas pu lui trouver d’excuse pour l’enlèvement de Jamie.
    Certes, pour moi, Emilie Hampton est une criminelle qui a profité de la détresse d’une adolescente pour s’accaparer un enfant sans avoir à passer par une procédure d’adoption, et si Gloria avait voulu faire valoir ses droits un an plus tard, de manière légale, en s’appuyant justement sur cet abus de faiblesse, je l’aurais soutenu sans réserves. Mais un enfant n’est pas un objet que l’on prête et que l’on décide soudain de récupérer parce qu’on ne peut pas en obtenir un autre équivalent.
    Si je compati de tout cœur avec la douleur de Gloria quand elle apprend sa stérilité (et je suis bien placée pour la comprendre), je ne peux pas être d’accord avec les actes qui en ont découlés.
    Malgré ses 25 ans, elle s’est conduite comme une adolescente capricieuse qui ne supporte pas qu’on lui dise non.
    Jamie est très attachant, même s’il est un peu trop sérieux et précoce pour qu’on ait l’impression d’être en contact avec un enfant de 7 ans. La plupart du temps, j’oubliais son âge et je lui donnais entre 10 et 12 ans. Si je n’adhère pas vraiment aux principes d’éducation que lui inculque sa « mère adoptive » et que j’ai été contente de le voir se comporter en enfant de son âge avec Gloria, j’ai beaucoup aimé son petit côté adulte miniature qui ressort de certaines de ses répliques.
    J’ai beaucoup aimé l’hôtel de la sardine et ses occupants. Ils permettent à Gloria, surtout la propriétaire, de faire le point sur ses actes et de prendre des décisions primordiales.
    Les personnages plus secondaires, souvent négatifs, sont très bien décrits et en peu de mot, l’auteur a su nous les faire détester, que ce soit les parents de Gloria, le professeur de théâtre ou Melvin, l’acolyte du petit ami de Gloria : Doug (qui lui-même n’est pas très glorieux).
    La fin de l’aventure est sans surprise. Mais une autre fin aurait été incompréhensible pour moi. L’épilogue est plus surprenant et correspond à ce que j’espérais.

    Même si j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire et à me mettre dans l’état d’esprit nécessaire à la lecture, une fois prise dans l’engrenage, j’ai passé un très bon moment.

    Un extrait : Le lendemain, après avoir constaté le ciel gris et la sale petite pluie qui bat les vitres, son moral lui dégringole dans les chaussettes en même temps qu’elle se souvient d’un détail : au début de leur liaison, Fitz lui a recommandé de « faire attention »
    - Tu prends la pilule, hein ? Pas de blague.
    - ‘videmment...
    - Articule
    - E-vi-da-man !
    Pressentant l’engueulade, elle décide d’attendre un peu pour lui parler.
    Elle se dit qu’au point où elle en est, rien ne presse : il est trop tard pour avorter. Et puis ça ne se voit pas encore.
    Une autre semaine s’étire donc, peuplée d’angoisses et de visions cauchemardesques de la belle Ingrid parvenant à ses fins avec Fitz et la reléguant, elle, au rang d’objet encombrant.
    Force est de constater que son amant trouve de plus en plus souvent prétexte à différer leurs ébats : trop de boulot, de pression, de dossiers de ceci ou de cela à terminer.
    Arrive cahin-caha le moment où ses jeans taille 36 refusent de la laisser entrer.
    Gloria choisit alors, dans un moment d’égarement, de s’en ouvrir à Jenny, espérant elle ne sait quel conseil miraculeux.
    Le début de leur conversation se déroule paisiblement, comparé à leurs altercations quasi quotidiennes. L’occasion pour Gloria de se rendre compte que Jenny fait partie de ces gens qui deviennent adorables avec vous quand vous souffrez.


  • [Livre] Les secrets de Brune - L'amie parfaite

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

    les secrets de brune.jpg

    Résumé : C’est bientôt la rentrée et Brune change de collège… Son angoisse grandit à mesure que le jour fatidique approche. A quoi ressemblera sa nouvelle vie ? Son histoire commence…

     

    Auteur : Bruna Vieira

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 mai 2017

     

    Prix moyen : 15,50€

     

    Mon avis : Je sors de ma lecture très mitigée. Les illustrations sont douces, avec un petit côté flou. Personnellement ce n’est pas le genre d’illustrations qui me plaisent, mais tout est question de goût.
    Ce qui m’a vraiment gênée dans cet album, c’est qu’il y a vraiment trop peu de texte, surtout en considérant le prix de l’album.
    Il n’y a pas vraiment d’histoire suivie, seulement des bribes de dialogues et de pensées. Pour moi, c’est plus une ébauche, comme si l’auteur avait jetée quelques idées dans l’intention de faire un album. J’aurais préféré quelque chose de plus fourni, avec une vraie histoire.
    Pour le peu que j’ai lu, j’ai trouvé Brune assez irritante : elle se plaint que personne lui parle, mais ne va vers personne ; Et quand les gens lui parle, elle n’est encore pas contente : une critique et c’est la fin du monde ; un compliment et elle se sent agressée…
    J’aurais peu être plus eu de sympathie pour elle si le personnage avait été un peu plus approfondi, ici, je n’ai eu l’impression ni de suivre une histoire, ni de découvrir le personnage de Brune.
    En revanche j’ai bien aimé le côté interactif : il y a des emplacements pour que le lecteur écrive son histoire, ses pires journées à l’école ou encore sa playlist de musique qui donne la pêche etc…

    Un extrait :

    img463.jpg

     

  • [Livre] Nils & Zena #3 Le commandeur

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

    Nils & Zena #3 le commandeur.jpg


    Résumé
     : Ce matin, c’est Nils qui emmène Pou, son petit frère mutique, à l’école maternelle. En chemin, ils passent devant le Manoir, la demeure du Commandeur – et son garde du corps, la Gorgone, les prend alors en chasse ! Nils et Pou s’en sortent sans encombre et arrivent à l’école. Mais quelques heures plus tard, la maîtresse lance l’alerte : Pou a disparu !
    Nils et Zena accourent aussitôt sur les lieux où, très vite, Zena trouve une piste, qui mène le duo sur la trace d’un cirque clandestin…

     

    Auteur : Sylvie Deshors

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 mai 2017

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : Pour ce troisième et dernier tome des aventures de Nils et Zena, je confirme et je signe : Zena et moi, ça ne le fait pas du tout ! Je continue à trouver cette fille inconsciente et égoïste. Il suffit de voir sa réaction quand Nils ne veut pas la suivre pour rester avec son frère le temps que sa mère arrive. Elle ne comprend tout simplement pas qu’il puisse choisir son frère plutôt qu’elle et préférerait nettement coller le gamin dans les pattes d’un des petits voyous du quartier, comme un paquet qu’il garderait en consigne.
    Nils lui, en revanche, est dévoré d’inquiétude quand il apprend la disparition de son petit frère (j’ai d’ailleurs trouvé très bien la réaction du proviseur du collège à ce sujet), et est d’autant plus préoccupé qu’il a bien vu que la Gorgone en avait après Pou.
    Le commandeur est plus méprisable que jamais. Voilà qu’il s’en prend à un bébé, maintenant. Comme si un bout de chou de trois ans pouvait menacer son empire. Mais on voit bien qu’il ne supporte simplement pas la moindre anicroche dans sa parfaite organisation. Il tient tout le monde soit par l’argent, soit par la menace, et, comme personne ne s’est probablement jamais élevé contre lui, il se sent tout puissant, invincible…

    On se demande d’ailleurs comment il peut toujours être à la tête de son organisation quand on voit comment il traite ses complices. Aucun d’entre eux ne se rend compte que s’ils s’unissaient, le commandeur n’aurait d’autre choix que de s’écraser ?
    J’ai bien aimé avoir le fin mot de l’histoire sur ce que trafiquait exactement ce sale type dans son manoir, et on peut dire que ce n’est pas petit comme révélation.
    J’ai cependant regretté que certains s’en sortent un peu facilement. J’aurais aimé une fin plus tranchée.
    Malgré tout, une fois commencé, je n’ai plus pu lâcher le livre avant d’en avoir lu la dernière ligne !

    Un extrait : Quand Nils sort de ses pensées, Pou a lâché sa main sans qu’il y prenne garde.
    Alerte ! Le petit se dirige droit vers le portail du maudit Manoir qui trône à l’entrée de l’impasse ! Pas du tout impressionné, il s’arrête pour tendre le cou et fixer avec curiosité la façade aux balcons tarabiscotés. Qu’est ce qui peut l’intéresser autant ? Ca le regarde… Mais quand Pou se met à faire coucou au Manoir, Nils le rejoint d’un bond et reprend d’autorité sa petite main dans la sienne.
    - On ne reste pas là. C’est la maison du méchant Commandeur, et elle est gardée par une affreuse gardienne, la Gorgone ! Viens vite.
    Seulement, Pou ne veut pas partir. Il se raidit, agite furieusement les bras, tape des pieds. Il résiste en silence, avec obstination, à la traction de son grand frère, sans quitter la bâtisse des yeux. Quant à Nils, tiraillé entre son appréhension du Commandeur et son étonnement face au comportement de Pou, il observe à son tour la demeure. Une porte-fenêtre bat, sur un des balcons du premier étage. Pou se pend à son bras avec insistance.
    Mais à cet instant, le portail métallique coulisse sur ses rails – Nils tire vivement son frère en arrière. Trop tard : la face aplatie de la Gorgone se tord avec mépris en les découvrant ! Elle jette un regard de haine pure à Pou et s’écrie :

    - Sale morveux fouineur, attends un peu… Ah, on est avec son grand frère, à ce que je vois. Encore dans mes pattes, le danseur ? On y prend goût !
    La gardienne du Manoir ricane, et dans le même temps, elle s’approche imperceptiblement. En vérité, elle essaie d’hypnotiser Nils de son regard bovin tout en tendant ses bras d’Haltérophile vers son petit frère.
    Nils s’en rend compte in extremis : vif comme l’éclair, il attrape Pou et le soulève juste avant que les gros poings n’aient pu s’en saisir. Nils file déjà, le petit accroché à son cou – il bondit, sprinte, sans se retourner. La peur lui donne des ailes…
    … mais la Gorgone les talonne, aboyant injures et menaces. Elle veut sans doute lui faire peur, pour se venger de la dernière fois, et lui filer une bonne raclée. Quel monstre, cette horrible femme ! Ses pas qui ébranlent le bitume et son souffle de taureau terrorisent Pou, qui cache son visage contre celui de son frère.
    Allez, plus vite, plus vite ! S’encourage Nils en accélérant. Leur traversée du rond point provoque un déluge de coups de klaxon et de crissements de pneus.
    Restée sur le trottoir, la Gorgone pousse un cri de guerre guttural !

  • [Livre] Appuyez sur étoile


    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

     

    Appuyez sur étoile.jpg


    Résumé
     : Quelques saisons ? Quelques mois ? Avril ne sait pas combien de jours il reste à sa mémé avant « d'appuyer sur Étoile ».

    La maladie est revenue, et ça fait peur.

    Mais Avril est prête à tout pour tenter de rendre les derniers jours de sa mémé plus beaux, moins durs. Il faut dire que mémé, ce n'est pas le genre chandail & tisane. Elle a passé sa vie dans les lumières tamisées d'un bar à champagne ; elle a chanté, dansé, aimé plus que d’autres en mille vies ; alors, pas question pour elle de mourir les yeux rivés sur un plafond blanc !

    Un jour, à l'hôpital, elle expose son rêve à Avril : s'éteindre tout en haut d’une montagne, près des étoiles. Assez près pour les toucher.

    Projet fou ? Impossible ? Sauf qu'Avril a justement l’énergie qui déplace les montagnes. La Mort gagnera sans doute, à la fin; mais elle a affaire à deux sacrées combattantes.

     

    Auteur : Sabrina Bensalah

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 5 avril 2017

     

    Prix moyen : 15,50€

     

    Mon avis : En ce moment, ce n’est pas des plus gais chez Sarbacane collection exprim’. Après deux livres sur la maladie d’Alzheimer (Quelqu’un qu’on aime et Rien ni personne), nous voici confrontés au cancer.
    Si l’histoire a pour centre Mémé, sa maladie et sa fin prochaine, on va surtout suivre Avril : ses rêves, son travail, ses aspirations, son refus de voir la fin de Mémé, son acharnement à la combler pour ses derniers instants, sa volonté farouche qui va rassembler tant de gens si différents autour d’elle, unis dans le même but : offrir à Mémé un départ dans les étoiles…
    Sabrina Bensalah nous offre un récit d’une intensité qui coupe le souffle, une intensité qu’on n’identifie pas forcément au premier coup d’œil car elle ne parle, au final, que du quotidien.
    Avril est très attachante, elle a une grande force mais aussi une certaine fragilité qu’elle répugne à laisser voir.
    Chacun des personnages est semblable en cela qu’ils cherchent tous à faire bonne figure devant les autres : Mémé, comme Avril, ne montre pas qu’elle a peur ; Avril et son père cache leur peine ; Tarik lui, cache ses incertitudes et son mal-être. Chacun se cache, par soucis d’épargner les autres.
    Le roman, qui se déroule sur plusieurs saisons, avec au début de chacune un petit texte en forme de sablier reprenant et mélangeant les paroles d’Avril et de Mémé, comme pour les lier un peu plus qu’elles ne le sont déjà, alterne entre humour, tendresse et moments plus sombres avec l’évolution de la maladie de Mémé et sa fin que l’on sent de plus en plus proche.
    Il m’a manqué un petit je-ne-sais-quoi pour faire de ce roman un coup de cœur, mais il reste néanmoins un excellent moment de lecture.

    Un extrait : Leste silhouette enveloppée dans une veste en jean clair, Avril déambule parmi les étals colorés qui ont envahi la place Albert Thomas. Elle a accroché à sa poche une broche tête de lapin blanc. Et posé sur son visage un sourire qui la rend belle.
    Une valisette prolonge son bras droit avec élégance. Ce rectangle au revêtement métallique recèle des trésors. Ses ciseaux notamment, coûteux et performants, qu’elle a domptés de ses mains talentueuses. Ensemble, sa valise et elle parcourent la ville de Saint-Etienne, d’une cliente à l’autre. Dès qu’Avril l’ouvre, ses ustensiles rangés de façon méthodique dans des compartiments se déploient. C’est avec cette valisette que se dessine sa carrière de coiffeuse, elle l’a même surnommée « son avenir ».
    Attirée par les étals, Avril a soudain envie d’une pomme, s’en offre deux, croque dans la première – parfaitement juteuse – puis offre l’autre à cette femme qu’elle croise là, les fesses posées sur la misère.
    - Merci, ma p’tite !
    Avril sourit, pense à sa mémé. Les mêmes mots, mais sans la voix chaude. Mémé et cette fichue maladie… Des poussières dans la tête, elle dit souvent. Par eu le temps de faire le ménage : trop de temps passé à vivre. Le médecin a appelé ça tumeur. Il y a eu une opération, de la chimio, une longue convalescence. Là, c’est le temps de la rémission (définition : épée de Damoclès).
    Avril presse le pas, elle est attendue chez Madeleine Ruffaid.
    Madeleine est sa cliente la plus âgée. Chaque semaine, elle fait appel à Avril pour qu’elle lui façonne son chignon. Elle a des cheveux féériques, longs et vigoureux, d’un gris enchanteur. Elle vit seule, rue de la Résistance, à côté de la librairie Les croquelinottes. Avril admire la vitrine à chaque fois et se souvient qu’avec son père, elle y prenait du temps pour se choisir un roman.
    C’est au 23 que Madeleine l’attend ; mais à peine Avril a-t-elle posé un pied dur le paillasson Bienvenu qu’un véritable raffut l’accueille. Jean-Noël manifeste sa joie de la voir. Il est là, juste derrière la porte, et il aboie si fort qu’il vole la vedette à Michel Sardou, le chanteur favori de Madeleine.
    - J’arrive ! J’arriiiiive !

    Derrière la porte, Jean-Noël s’agite de plus belle… Avril retient son souffle, garde son sang-froid puis raidit sa jambe gauche parce que, elle le sait, c’est celle-ci qu’il préfère. La porte s’ouvre sur Je vais t’aimer – et sur le chien qui se faufile hors de l’appartement. Il renifle les ballerines et, inéluctablement, se campe sur ses deux pattes arrière pour mieux frétiller contre sa jambe. Avril cache une grimace de dégoût.
    Madeleine Ruffaid accourt à la rescousse.
    -Jean-Noël, veux tu arrêter ! Tu me fais honte ! Elle se fâche en ébrouant le poil de la bestiole. Entre, Avril, j’espère que tu as faim ?
    - Ma foi… il y a un petit vide dans mon estomac qu’il serait fort agréable de combler.
    - Ca tombe bien, j’ai fait un cake à la fraise. Ca te dit ? Avec un café ?
    - S’il vous plaît !
    Huuum ! Le cake à la fraise de Madeleine Ruffaid… une merveille. Et, incidemment, le préféré de Jean-Noël.
    - C’était le préféré de mon Jean-Noël.
    Pas le chien cette fois mais le mari, qui s’est volatilisé il y a trente ans avec un professeur de tennis, ancien champion régional. Le choc fut tellement violent que Madame Ruffaid en est restée inconsolable. Depuis, elle a affublé chacun de ses animaux de compagnie – perroquet, chat et même poisson rouge – du même nom que son mari. Rituel cathartique. Un cas rarissime dans les nombreuses maladies d’amour recensées.

  • [Livre] L'écrivain abominable

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

     

    L'écrivain abominable.jpg

     

    Résumé : Manolo, allergique à la lecture, redoute la venue à l'école de Roland Dale, célèbre auteur pour la jeunesse invité par la maîtresse. A peine arrivé, Dale capture les enfants grâce à un sort. Epargnés, le garçon et son amie Joanna partent secourir leurs amis enfermés dans le manoir de l'écrivain qui tente de leur voler leur imagination

     

    Auteur : Anne-Gaëlle Balpe

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : jeunesse

     

    Date de parution : 05 avril 2017

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce livre que les enfants pourront qualifier de « qui fait peur, mais pas trop ».
    J’ai retrouvé avec plaisir les bonus de la collection pépix, bien qu’ils soient ici un peu moins nombreux que dans les autres livres de la collection, en appréciant particulièrement la carte du manoir, qui permet aux enfants de se situer à la fois dans l’histoire et dans leur lecture, et la page expliquant les différences existant entre un phoque et une otarie.
    Concernant l’histoire en elle-même, je pense que beaucoup d’adultes auront le sourire en découvrant le nom de l’auteur qui doit visiter la classe de Manolo : Roland Dale. Difficile, en effet, de ne pas faire le rapprochement avec Roald Dahl (qui sera lui aussi cité dans le texte).
    Manolo est complètement réfractaire à l’enseignement traditionnel (et on ne peut que le comprendre) et aux livres. Comme lui, j’ai trouvé ridicule d’obliger les élèves à poser chacun une question à l’auteur : déjà, c’est le meilleur moyen pour braquer les plus récalcitrant (parler en public n’est pas facile pour tout le monde) et ensuite la rencontre perd de sa spontanéité.
    Manolo est très débrouillard même s’il manque un peu de finesse et de patience. La relation qu’il a avec Honk, son otarie est très forte ; d’ailleurs celle-ci se comporte avec lui comme un petit chien.
    Dès le début, Manolo, par son agitation, échappe aux phénomènes bizarres qui entourent l’écrivain qui n’a rien de sympathique.
    On suit avec plaisir et intérêt l’avancée du petit groupe qui entoure Manolo dans son avancée à l’intérieur du manoir, véritable labyrinthe dont ils devront comprendre la logique avant de pouvoir se déplacer efficacement.
    Un bon petit roman, mi-aventure, mi-thriller, qui plaira sans aucun doute à tous les petits fonceurs !

    Un extrait : Ca ne faisait pas trois jours que ses parents avaient installé le cirque à Saint-Laurent-sur-Grole, et Manolo n’en pouvait déjà plus. Il en avait super marre.
    Super marre de rester assis dans cette classe.
    Super marre de devoir supporter la voix nasillarde de Madame Gastraud (Ok, pour son nom, le premier jour c’était marrant).
    Super marre de l’imparfait du subjonctif des verbes du premier groupe (qui ne sert à rien, on est d’accord ?)
    Super marre des hommes préhistoriques avec leur peau de bête et leurs dents toutes pourries.
    Et surtout…surtout…
    Super-Archi-marre des divisions posées. C’est bien simple : la seule chose que Manolo avait pigée à ce truc, c’était que ça ressemblait à une potence à laquelle on aurait pendu un quotient. Vous trouvez ça réjouissant ?
    D’autant qu’il suffisait de sortir une calculatrice, et hop, l’affaire était dans le sac, pas la peine d’y passer des semaines !
    En récré, ça n’était pas mieux. Les autres gamins de la classe le traitaient comme un extraterrestre. Ils n’arrêtaient pas de lui poser des questions débiles, du genre :
    - Hé Manolo, y’a une douche dans ta caravane ?
    - Ton père, il enlève son nez rouge pour manger ?
    - On peut avoir une entrée gratuite ?
    - Ta mère, c’est la femme à barbe ?
    C’était comme ça depuis deux jours, et Manolo avait franchement envie de se pendre dans son cahier de maths avec les quotients. Ou alors, de libérer les tigres et de les lâcher dans l’école (ou les lamas, ce qui serait moins grave mais quand même marrant).

  • [Livre] Nils & Zena #2 Le manoir

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

    Nils et Zéna, tome 2  Le Manoir.jpg

    Résumé : De leur cabane perchée, Zéna et Nils aperçoivent un incendie qui s'est déclaré dans le quartier. Guidés par Kraï, ils atteignent le départ du feu...

    Ils sont furieux de découvrir que Blaise, un SDF qu'ils connaissent bien, a été accusé sans preuve d'être l'incendiaire. Blaise est innocent, ils en sont certains. Il faut le dédouaner !

     

    Auteur : Sylvie Deshors

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 Mars 2017

     

    Prix moyen :

     

    Mon avis : On retrouve Nils, Zena et bien sûr Krai pour la suite de leurs aventures.
    Petit bémol, d’entrée, le quatrième de couverture est, à mon sens, trompeur.

    En effet, il nous promet une sorte de combat pour innocenter Blaise, le SDF du quartier, alors qu’il n’en est rien.
    Nils et Zena vont bien aider quelqu’un, mais il ne s’agit pas de Blaise.
    Cette fois, c’est Nils qui les lance dans l’aventure. Quand il voit qu’un feu s’est déclaré et qu’il vient du côté du collège, il veut s’assurer que sa précieuse salle informatique n’est pas en danger. Zena, certaine que le collège n’a rien, le suit quand même. C’est toujours mieux que de rester à traîner seule dans leur cabane.
    Kraï va encore accumuler les misères dans ce tome. J’ai trouvé Zena d’une hypocrisie sans nom. En effet, elle s’énerve contre une personne, l’accusant de ne pas prendre soin de son animal de compagnie, mais oublie que Kraï est sans arrêt blessé par sa faute.
    Dans ce tome, sans surprise, je l’ai trouvé énervante, oscillant sans arrêt entre arrogance et témérité. Je n’avais qu’une envie : lui coller une paire de baffe pour lui remettre le cerveau en place.
    Là, elle franchit un nouveau cap en se montrant très agressive, sans aucune raison, avec un personnage qu’elle juge interférer dans sa relation avec Nils.
    Un brin de jalousie peut se comprendre, mais là son attitude est vraiment pathétique. Je comprends pourquoi, à par Nils, personne n’a d’affinité avec elle, quand on voit comment elle parle aux gens qu’elle juge inférieurs à elle (soit quasiment tout le monde).
    Les ados vont se retrouver de nouveau nez à nez avec le commandeur qui trafique on ne sait quoi mais qui est de plus en plus louche et détestable. D’ailleurs j’attends avec impatience de le voir tomber (parce que c’est un roman jeunesse et que je refuse de seulement imaginer qu’il pourrait tirer son épingle du jeu).
    Je me demande qui est vraiment cet homme pour avoir un tel pouvoir et pour agir ainsi en toute impunité ou presque.
    Encore une aventure haletante qui laisse pas mal de questions en suspens. Vivement le tome 3 pour avoir le fin mot de l’histoire !

    Un extrait : Au milieu de l’impasse Beauséjour, le cerisier flamboie sur le ciel gris d’automne. Nils s’arrête, lève la tête pour mieux l’admirer. La belle cabane perchée, cachée au cœur du vieil arbre, est à peine visible. Ils l’ont construite avec Zena, et rien que d’y penser, son cœur bat plus vite. Là-haut, toutes les aventures sont possibles, toutes…
    Un sifflement éraillé coupe court à sa rêverie. C’est Zena qui appelle Kraï, son corbeau.
    D’un bref coup d’œil, Nils vérifie que personne ne le voit s’engager dans la haie qui clôture le jardin du pavillon de Zena – les lauriers, entre leurs feuilles épaisses et caduques, dissimulent toute l’année le passage secret qui mène à la cabane perchée.
    A la sortie, il tombe sur Kraï, qui agite ses ailes à deux centimètres de son nez. Apparemment, il dérange monsieur ! Ce n’est pas la première fois que Nils rêve d’un matin sans corbeau… En courant vers le cerisier, il appelle :
    - Zena, tu es là ?
    Sans attendre la réponse, il saisit la corde, grimpe lestement sur la plate-forme. A peine y a-t-il posé le pied que Zena, surexcitée, le tire vers l’ouverture – celle qu’ils ont taillée dans les branches :

    - Regarde ça ! Là-bas !! C’est le collège qui brûle !
    - Sacré incendie… Tu es sûre que ça se passe au collège ?
    Son amie hausse les épaules avec mépris.

    - Evidemment.
    Elle se détourne. Ses tresses noires en pagaille la font ressembler à son corbeau, tout comme son pull en dentelle de laine noire, avec ses manches longues et évasées. Même ses collants rayés gris et noirs, qui sortent d’un pantalon de jogging bordeaux coupé aux genoux, rappellent les pattes de Kraï.
    - Ca te va bien, ce look, murmure Nils. Bien mieux que les Benzine…
    Soudain, il s’affole en observant la colonne de fumée qui s’élève à l’horizon :
    - La salle informatique !
    Zena le regarde paniquer et son rictus s’agrandit presque comme un sourire. Mais Nils ne le remarque même pas. Atterré, il se prend la tête dans les mains et gémit :
    - Oh non… Si les ordis du collège brûlent, je n’aurai plus que celui de ta sœur…
    A cet instant, son amie fait un grand bond en l’air et entame une « danse du scalp » autour de lui :
    - Ha ha ! Je t’ai eu, le geek ! Le collège est beaucoup plus à droite. Tu les retrouveras, tes beaux ordis !
    Nils, la main en visière, scrute l’horizon. Il préférerait être sûr – Zena a une super mémoire visuelle, d’accord, mais de là à situer avec exactitude le point de départ d’un incendie… Son amie a semé le doute dans son esprit.
    - On va vérifier sur place, d’accord ? dit-il

     

     

  • [Livre] Marquise

     

    Je remercie les éditions sarbacane pour cette lecture

     

    Marquise.jpg

    Résumé : UN CASTING

    Une centaine de candidats, huit lauréats

    LEUR RÊVE ?

    Intégrer une société secrète dans un château en Écosse, où une poignée d'élus vivent comme à la cour du Roi Soleil chez le mystérieux "Marquis".

    AU PROGRAMME :

    Séduction, mensonges et manipulations...

    Si Charlotte avait su comment ça finirait... sûr qu'elle n'aurait pas suivi Billy dans cette galère !

     

    Auteur : Joanne Richoux

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 01 mars 2017

     

    Prix moyen : 15,50€

     

    Mon avis : Au début de ce livre, j’ai été comme Charlotte : dubitative. Puis, comme Charlotte, je me suis laissée prendre au jeu. La ressemblance avec Charlotte s’arrête là, car moi, je ne suis pas redescendue de mon nuage de toute ma lecture !
    D’emblée, la couverture attire l’œil (et pourtant je ne suis pas une folle des couvertures, je suis plus intéressée par le texte). Cette jeune femme, coiffée d’une perruque blanche de l’Ancien Régime, arborant un petit tatouage en fleur de lys, sur ce fond jaune éclatant… Cela donne tout de suite envie de découvrir l’histoire.
    Le style de l’auteur est agréable, j’ai immédiatement plongé dans l’histoire. Alors que souvent, au début d’un livre, j’aime bien, mais je ne suis pas dans une bulle, je suis attentive aux bruits, aux mouvements… Là rien du tout, il aurait pu y avoir une déclaration de guerre que j’en n’aurais rien su !

    J’ai beaucoup aimé le décalage du langage entre les personnages. D’un côté, on a ceux qui font partie des voluptueuses et qui ont un langage très codifié, censé reproduire celui de Versailles, mais qui en réalité sonne plus faux qu’autre chose, parce que, clairement, ils n’ont aucune connaissance historique, et le langage de Charlotte, qui est plus franc, voire parfois carrément argotique ou vulgaire (elle force un peu le trait sur la vulgarité, d’ailleurs, et on sent bien qu’elle veut énerver les personnes qui l’entourent). Le langage de Charlotte montre son refus de se plier aux règles, de rentrer dans le moule.
    Elle est très agacée par tout ce qui se passe au château. D’ailleurs, même si elle ne le relève pas, j’ai trouvé très hypocrite de vouloir reproduire la vie sous le règne de Louis XIV, en copiant certaines choses comme les coiffures extravagantes (d’ailleurs plus à la mode sous le règne de Louis XVI, mais bon) mais de faire porter aux femmes des robes moulantes, fendues, exotiques… au lieu des encombrantes crinolines et des corsets qui coupaient la respiration. On est un peu dans de la reconstitution à la carte !
    Du côté des personnages, il est difficile de se prononcer. Au début, Charlotte a des jugements à l’emporte-pièce : Gloria est une peste, pour rester polie, Giovanni une sorte Gaston de la Belle et la Bête de Disney. Le marquis, on le voit assez peu, mais il n’est guère sympathique. Joshua m’a énervée. Il se montre sympa avec Charlotte, mais il en fait trop. On sent le mec qui ne supporte pas qu’on lui dise non.
    Mais la difficulté pour décrire les personnages est qu’au fil de la lecture, les caractères sont changeants et leurs réactions pas toujours en accord avec ce qu’on aurait imaginé.
    J’ai beaucoup aimé Charlotte, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds mais qui n’est pas exempte de défauts (impatience, un peu trop directe sans penser au fait qu’elle risque de blesser quelqu’un par ses paroles…). Billy, j’ai eu envie de lui mettre des claques. On dirait un gamin capricieux : je veux entrer aux voluptueuses, alors on y va tous les deux ; je veux être en couple avec toi, donc toi aussi tu dois vouloir… c’est plus subtil, mais je le trouve très manipulateur, il joue beaucoup sur l’affectif, à la limite du chantage. Et Charlotte veut tellement qu’il soit bien, qu’elle lui passe un peu trop de choses.
    Au fil de ma lecture je me suis fait une idée de la suite des évènements et même de la fin qui semblait prévisible, mais je me suis faite avoir dans les grandes largeurs ! Je ne m’attendais pas du tout à ça, il a presque fallut que je relise la fin tant j’étais bluffée.
    Le seul (petit, tout petit) bémol que je pourrais avancer, est que la fin est un peu brutale. D’un côté, c’est agréable de s’imaginer ce qu’il peut se passer après la dernière ligne, de réfléchir aux conséquences qu’il pourrait y avoir, mais d’un autre, je me suis sentie un peu frustrée de ne pas avoir de fin tranchée.
    Je ne pense pas qu’il pourrait y avoir une suite, mais sait-on jamais !!!

    Un extrait : A chaque fois qu’il ouvrait la bouche, la blancheur criarde de ses dents irradiait son gigantesque mono-sourcil. Ce jeu de réverbération m’évitait de me focaliser sur la protubérance qui lui trônait au milieu de la face. Raide et longiligne, sa truffe semblait agitée de spasmes de plaisir quand elle reniflait mon trac. Et elle avait de quoi se régaler : mains moites, gorge sèche, pouls déchaîné…je n’étais plus qu’une liste de symptôme rougissants. Les deux femmes qui entouraient mon interlocuteur me faisaient moins d’effet. L’une était fascinée par son stylo, l’autre par sa manucure. Tant mieux.
    Comment je m’étais retrouvée là, au juste ?
    Les quinze jours précédents n’avaient été qu’une ronde d’alcool et de tourisme. On ne s’était rien refusé : la Tour Eiffel, le pont des Arts, le Louvre, Notre Dame, le Père Lachaise, Pigalle... A ce train là, nos économies auraient vite fait d’y passer. Billy semblait oublier qu’on était censés payer notre tribut à la réalité – cette pouffiasse. Il se voyait déjà mener la belle vie dans un château. Moi, je me souvenais qu’on avait surtout intérêt à trouver du boulot. N’importe quoi. Pour après.
    En attendant de pouvoir reprendre mes distributions de CV, j’étais donc là, plantée devant trois magistrats de la valeur humaine, à tenter d’expliquer pourquoi moi – Charlotte-l’orpheline-au-grand-cœur – je méritais ma place dans la communauté des Voluptueuses. Putain de Billy ! Suite à l’envoi des dossiers de candidature, on avait reçu deux lettres – parfumées au jasmin – qui nous invitaient à nous présenter à une audition, le samedi suivant.
    A notre arrivée, une secrétaire nous avait donné une étiquette avec un numéro à scotcher sur notre poitrine. Puis on avait signé des contrats de confidentialité.

    « Je suis le numéro 3329G et je m’engage à ne pas divulguer ou communiquer à des tiers, par quelque moyen que ce soit, les informations qui me seront transmises par la Partie Emettrice. »

    Depuis, on poireautait.

     

  • [Livre] Nils & Zena #1 L'homme au cigare

     

    Je remercie les éditions sarbacane pour cette lecture

    Nils et Zéna, tome 1 L'homme au cigare.jpg

    Résumé : Après une journée à jouer aux cartes dans la cabane perchée qui domine leur cité, Nils et Zéna sans oublier Kraï partent en expédition dans un hangar à l'abandon, au fond de l'impasse.
    Ils découvrent, caché dans le sous-sol, un stock de vêtements Benzine, marque très prisée par les jeunes ; ça sent la contrebande...

     

    Auteur : Sylvie Deshors

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 01 mars 2017

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : Avec ce roman, on découvre non seulement une nouvelle histoire mais aussi une nouvelle collection sarbacane avec Pepix noir, destinée aux 11 – 14 ans. Cette nouvelle collection me semble être tout à fait ce qu’il manquait pour cette tranche d’âge un peu entre deux eaux, où on devient trop grand pour les pepix mais où on manque encore peut être un peu de maturité pour s’attaquer à la collection Exprim’ (Et c’est ça qui génial avec les livres, c’est qu’ils attendent patiemment qu’on ait l’âge, la maturité ou parfois même seulement l’état d’esprit pour les lire).
    J’ai trouvé qu’on avait ici une écriture moins élaborée que dans les Exprim’, avec des phrases plus simples, mais qui aborde des sujets plus sérieux que les pepix.
    Ici, le sujet est celui de la contrebande, mais aussi des voyous de quartiers qui font la loi et semblent agir en toute impunité, se croyant tout puissant alors qu’ils ne sont que du menu fretin, manipulés par un réseau autrement plus important qu’eux.
    J’ai beaucoup aimé le style de l’auteur qui va droit au but et qui n’alourdit pas le texte avec des descriptions qui n’en finissent pas. Ici, elles sont limitées au strict nécessaire pour planter le décor qui va appuyer l’histoire. A l’imagination des lecteurs d’ajouter les détails.
    Lorsque j’ai lu la description du livre, je craignais que les illustrations de style manga ne soient trop présentes, mais non, elles sont bien dosées, en plus d’être bien réalisées et éveille l’intérêt sans pour autant éclipser le texte.
    26BGMRNcb5ipUtdT2.gifDu coté des personnages, j’ai beaucoup aimé Nils. Il n’hésite pas une seconde à aider et à protéger Zena, même lorsqu’il la désapprouve. Il n’est pas téméraire de lui-même, il a l’air plutôt sérieux et responsable.

     

     

     

     

     

    J’ai aussi beaucoup aimé Kraï qui a un satané caractère et comprend bien plus de xTiN0AbvWJ7cJMw1xu.gifchose que ne le devrait un corbeau.

    J’ai eu plus de mal avec Zena que j’ai trouvée arrogante et inconsciente. Elle agit sur des coups de tête, sans réfléchir aux conséquences de ses actes et en entrainant Nils dans ses embrouilles, n’hésitant pas à le faire culpabiliser pour qu’il cède à ses caprices. Le pire est que quand les choses tournent vinaigre, elle n’est pas plus tôt sortie des ennuis qu’elle y replonge aussitôt…

    Quant à l’homme au cigare et au commandeur, on ne sait pas grand-chose d’eux à part que ce sont des malfrats et qu’ils sont détestables.

    La fin du livre clôt l’histoire principale du tome 1 tout en titillant la curiosité au sujet d’un personnage énigmatique : le commandeur.
    On ne peut qu’avoir envie de continuer la série pour en savoir plus sur lui et sur son mystérieux manoir !

    Un extrait : Le pavillon de Zena ne se distingue pas des autres alignés de chaque côté de l’impasse Beauséjour ; comme eux, il est décrépi et entouré d’un jardin. Ce soir, la grande barre d’immeuble qui le domine paraît encore plus grise et triste que d’habitude. Emportés par le vent, les stores frappent et claquent les façades.
    Nils jette un coup d’œil blasé sur la fenêtre de la chambre qu’il partage avec ses frères, au 13ème étage de la barre d’immeuble. Avant, songe-t-il, au lieu que les appartements soient empilés comme des cartons, on construisait des quartiers à plat en y plantant des arbres…

    Il suit Zena à l’intérieur du pavillon :

    - J’allume un feu ?

    - Plus de bois, répond Zena, laconique.

    Nils lorgne avec regret la cheminée éteinte. Dans le jardin, la tempête explose. Il insiste :

    - Et le tas derrière l’atelier de ton père ? Y en a plein !

    - Si tu y touches, tu finiras découpé à la scie électrique.

    - Je préférerais la tronçonneuse, c’est plus rapide !

    - Mon père ne te laissera pas le choix. Tu ne pourras plus mettre les pieds ici, plus question de piquer l’ordi de ma sœur et …

    - Stop ! Parle pas de malheur.
    Zena hausse les épaules :

    - Je sais où trouver des bûches.

    - Génial ! Où ?

    - Au fond de l’impasse, dans le sous-sol du vieil entrepôt.

    A l’entrée de l’impasse, un imposant Manoir tarabiscoté se dresse sur le boulevard – mais à l’autre bout, il n’y a rien qu’une vieille usine délabrée, et le terrain vague qui longe le canal.

    - L’entrepôt ? Il est fermé par une grosse chaîne.
    - Et un cadenas à chiffres, je sais. Je les ai vus.

    Zena plisse les yeux :

    - Je ne suis pas idiote. Mais c’est plein de bois sec, et on peut y accéder. Treize rangées de bûches débitées à la même longueur nous attendent sagement, bien visibles par le soupirail ouvert. Ma main à couper qu’il y en a autant d’empilés dans l’ombre.
    Nils sait qu’il peut se fier à l’exceptionnelle mémoire photographique de Zena. Ce qui réduit les risques.

    - D’accord, on y va. On prend la remorque ?

    - Tu veux les porter sur ton dos, peut-être ?