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Jeunesse

  • [Livre] Harry Potter et la coupe de feu

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    Résumé : Après un horrible été chez les Dursley, Harry Potter entre en quatrième année au collège de Poudlard. À quatorze ans, il voudrait simplement être un jeune sorcier comme les autres, retrouver ses amis Ron et Hermione, assister avec eux à la Coupe du Monde de Quidditch, apprendre de nouveaux sortilèges et essayer des potions inconnues. Une grande nouvelle l'attend à son arrivée : la tenue à Poudlard d'un tournoi de magie entre les plus célèbres écoles de sorcellerie. Déjà les spectaculaires délégations étrangères font leur entrée... Harry se réjouit. Trop vite. Il va se trouver plongé au coeur des événements les plus dramatiques qu'il ait jamais eu à affronter.

     

    Auteur : Joanne Kathleen Rowling

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 29 novembre 2000

     

    Prix moyen : 14€

     

    Mon avis : J’aime beaucoup ce tome qui marque un tournant dans la saga.
    Ron se montre assez puéril. Je peux comprendre qu’il en ait marre d’être dans l’ombre de ses frères et dans l’ombre d’Harry, mais, depuis le temps, il devrait savoir qu’Harry n’apprécie pas du tout sa célébrité et préférerait avoir une famille aimante plutôt que son nom dans les journaux. Son attitude face à Harry quand celui-ci est tiré au sort pour participer au tournoi n’est pas vraiment digne d’un ami.
    Il faut dire que ce tome est éprouvant pour lui car il commence à se rendre compte qu’Hermione est une fille et, même s’il ne reconnaît pas avoir des sentiments pour elle, il est clairement énervé que la jeune fille se rapproche d’un autre garçon.
    Harry lui oscille entre angoisse et insouciance. Angoisse car il n’est pas idiot et qu’il se doute bien qu’on n’a pas mis son nom sur la liste des participants pour lui faire plaisir. Insouciance parce qu’il a tendance à traîner dans ses recherches pour réussir les épreuves (une sorte de manière de repousser l’échéance).
    Hermione, elle, est fidèle à elle-même : loyale, intelligente, passionnée dans ses recherches. Bon certes, elle s’emballe un peu pour la cause des elfes de maison sans se préoccuper de ce que lesdits elfes veulent vraiment, mais elle a 14 ans, c’est de son âge.
    Les jumeaux sont aux aussi fidèles à eux-mêmes mais, en plus de leur bonne humeur et de leur immense capacité à rire de (presque) tout, ils dévoilent une ambition pour le commerce qu’on n’avait jamais soupçonné. Ils montrent qu’ils ne sont pas juste de joyeux farceurs mais qu’ils ont un but, même si celui-ci risque de ne pas plaire à leur mère.
    Parmi les nouveaux personnages, on peut trouver le directeur de l’école de Durmstrang, réputé pour être un ancien serviteur de Voldemort et qui semble très bien connaître Severus Rogue, ainsi que l’horripilante Rita Skeeter, journaliste (si j’ose dire) qui se plait à détruire la vie des gens en écrivant des horreurs sur eux.
    Au fil de certaines découvertes, comme sur la filiation d’Hagrid, on en apprend plus sur le monde du temps de Voldemort, et sur les créatures qu’Harry et les siens pourraient avoir à affronter si ce dernier revenait à sa pleine puissance.
    La fin de ce tome est sombre et on sent bien qu’on va basculer dans une autre dimension, que les petites querelles d’école et la crainte de rater les examens vont devenir le cadet de leurs soucis (bon, peut-être pas pour Hermione en ce qui concerne les examens).
    On referme ce tome en se disant : « Bon, maintenant les choses sérieuses commencent ».

     

    Un extrait : Harry était allongé sur le dos, la respiration haletante comme s'il venait de courir. Il s'était éveillé d'un rêve particulièrement saisissant en se tenant le visage entre les mains. Sur son front, la vieille cicatrice en forme d'éclair brûlait sous ses doigts comme si quelqu'un lui avait appliqué sur la peau un fil de fer chauffé au rouge.

      Il se redressa dans son lit, une main toujours plaquée sur son front, l'autre cherchant à tâtons ses lunettes posées sur la table de chevet. Après les avoir mises sur son nez, le décor de sa chambre lui apparut plus nettement, dans la faible lueur orangée projetée à travers les rideaux par le réverbère qui éclairait la rue.

      Harry caressa à nouveau sa cicatrice. Elle était encore douloureuse. Il alluma la lampe, à côté de son lit, s'arracha de ses couvertures, traversa la chambre, ouvrit son armoire et regarda dans la glace fixée à l'intérieur de la porte. Il vit face à lui un garçon de quatorze ans, très maigre, avec des yeux verts et brillants qui l'observaient d'un air perplexe sous ses cheveux noirs en bataille. Il examina de plus près la cicatrice en forme d'éclair que présentait son reflet. Elle paraissait normale mais elle était encore brûlante.

      Harry essaya de se rappeler le rêve qu'il venait de faire. Il lui avait semblé si réel... Il y avait deux personnes qu'il connaissait et une autre qu'il n'avait jamais vue... Il se concentra, les sourcils froncés, essayant de rassembler ses souvenirs...

      L'image d'une pièce plongée dans la pénombre lui revint en mémoire... Il y avait un serpent sur un tapis, devant une cheminée... Un petit homme qui s'appelait Peter et qu'on surnommait Queudver... et puis une voix froide, aiguë... La voix de Lord Voldemort. A cette pensée, Harry eut soudain l'impression qu'un cube de glace lui descendait dans l'estomac...

      Il ferma étroitement les paupières et s'efforça de se rappeler quelle apparence avait Voldemort, mais il n'y parvint pas... La seule chose certaine c'était que, au moment où le fauteuil de Voldemort avait pivoté et que Harry avait vu ce qui y était assis, il avait été secoué d'un spasme d'horreur qui l'avait réveillé en sursaut... Ou bien était-ce la douleur de sa cicatrice ?

      Et qui était donc ce vieil homme ? Car il y avait un vieil homme présent dans son rêve. Harry l'avait vu s'effondrer sur le sol. Tout devenait confus dans son esprit. Il plongea son visage dans ses mains, effaçant la vision de sa chambre, essayant de se concentrer sur l'image de cette pièce faiblement éclairée, mais c'était comme s'il avait essayé de retenir de l'eau entre ses doigts. Les détails lui échappaient à mesure qu'il essayait de les saisir... Voldemort et Queudver avaient parlé de quelqu'un qu'ils avaient tué, mais Harry ne parvenait pas à se souvenir du nom de la victime... Et ils avaient projeté de tuer quelqu'un d'autre... Lui.. .

      Harry releva la tête, ouvrit les yeux et jeta un regard autour de sa chambre comme s'il s'attendait à y découvrir quelque chose d'inhabituel. En fait, il y avait beaucoup de choses inhabituelles dans cette pièce. Une grosse valise en forme de malle était ouverte au pied du lit, laissant voir un chaudron, un balai, des robes de sorcier noires et des livres de magie. Des rouleaux de parchemin s'entassaient sur une partie de son bureau, à côté de la grande cage vide dans laquelle Hedwige, sa chouette aux plumes blanches comme la neige, était habituellement perchée. Sur le plancher, à côté de son lit, le livre qu'il avait lu la veille, avant de tomber endormi, était encore ouvert. Les photos qui illustraient ses pages ne cessaient de bouger. Sur chacune d'elles, des hommes vêtus de robes orange vif filaient d'un bord à l'autre du cadre, sur des balais volants, en se jetant une balle rouge.

      Harry ramassa le livre et regarda un des sorciers marquer un but particulièrement spectaculaire en lançant la balle à travers un cercle situé à quinze mètres au-dessus du sol.

      Puis il referma le volume d'un geste sec. Même le Quidditch — qui était, à ses yeux, le plus beau sport du monde — n'aurait pu le distraire en cet instant. Il posa En vol avec les Canons sur sa table de chevet, traversa la pièce en direction de la fenêtre et écarta les rideaux pour regarder dans la rue.

     

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  • [Livre] Le pays des contes - T05 - L'odyssée imaginaire

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    Résumé : Lorsque les jumeaux et leurs amis entrent dans les mondes fabriqués à partir de l'imagination de Conner, trouver des alliés comme personne n'aurait jamais rêvé, la course commence à mettre un terme au règne de l'homme masqué de la terreur. Les jumeaux peuvent-ils enfin rétablir la paix dans le monde des contes de fées ?

     

    Auteur : Chris Colfer

     

    Edition : Michel Laffon

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 08 juin 2017

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Comme à chaque fois, j’attends le tome avec une impatience grandissante, je le dévore en 1 ou 2 jours et je recommence immédiatement à piaffer pour le tome suivant.
    Ce schéma n’a pas changé pour ce tome. Quand une copinaute m’a dit que le tome 5 allait sortir, je me suis jetée dessus le jour même de la mise en vente.
    Dès les premières pages, on plonge immédiatement dans l’action car on reprend l’histoire là où le tome précédent l’avait laissée.
    Le premier chapitre tourne autour de Mme Peters, le redoutable professeur puis directrice des jumeaux, qui leur a donné le goût de s’intéresser aux vrais contes, et non pas à leurs adaptations, et qui a poussé Conner à écrire. Mais son intervention se borne à rendre ses histoires à Conner. Cependant, une révélation faite à son sujet me laisse espérer qu’on ait encore affaire à Mme Peters.
    Voici donc les jumeaux prêts à aller chercher de l’aide contre l’armée des méchants de la littérature dans les histoires écrites par Conner.

    En premier lieu, il est très intéressant de découvrir les histoires de Conner, non seulement leur côté original, mais aussi la ressemblance avec les personnages que les jumeaux connaissent et qui révèlent souvent les sentiments profonds de Conner.
    Alex va beaucoup remettre en question son attitude envers son frère en le (re)découvrant à travers ses écrits.
    En parallèle des allers-retours des jumeaux dans les contes de Conner, on trouve deux autres histoires : le pourquoi du comment de l’enlèvement d’
    Emmerich, qui avait eu lieu dans le tome 4, avec quelques révélations sur les origines du garçon, et un complot des sorcières, qui reste en marge de l’histoire, mais qui va sans doute devenir central dans le prochain tome si on en croit la fin époustouflante et très frustrante que nous offre l’auteur.
    Ce que j’ai préféré dans ce tome, c’est le rôle nettement plus important que d’habitude que va avoir Charlotte, la mère des jumeaux.
    Maintenant reprend la longue attente (1 ans plus ou moins) avant le prochain tome, ce qui est une véritable torture quand un livre se termine sur un tel cliffhanger.
    Il semblerait que Chris Colfer soit sur le point (ou en train) de préparer l’adaptation du tome 1 dont il sera le réalisateur. Espérons que le fait que l’auteur soit aussi impliqué dans une adaptation rendra celle-ci meilleure que les autres adaptations de roman qu’on a pu voir au fil des années.

     

    Un extrait : L’air était empli d’une fumée si épaisse que l’on distinguait à peine le ciel. Chaque fois qu’un vent puissant le dégageait, l’atmosphère s’emplissait à nouveau des émanations d’un village pillé ou d’un feu de forêt. Durant la journée, le soleil ressemblait à une faible lanterne à travers un voile marron. La nuit, apercevoir une simple étoile était aussi rare que voir des étoiles filantes.

    Le monde des contes de fées avait connu de nombreux troubles au cours des dernières années, mais jamais rien de semblable. C’était la première fois de l’histoire qu’une fin heureuse semblait hors de portée.

    En l’espace d’une nuit, l’armée des Winkies de la Méchante Sorcière de l’Ouest avait attaqué le Royaume charmant et le territoire des Troblins. Ses singes volants avaient été envoyés pour terroriser l’Empire des elfes et le Royaume du coin. La Reine de cœur avait marché avec ses soldats de carte sur le Royaume du Centre puis ravagé le Royaume de l’Est. La troupe de pirates du Capitaine Crochet avait empoisonné le lagon des Sirènes, poussant ces dernières à fuir vers les profondeurs de l’océan. Le navire volant de Crochet, le Jolly Roger, avait attaqué le Royaume des fées, laissant le palais en ruines. Puis le capitaine avait fondu sur le Royaume du Nord.

    Les soldats et les villageois de tous les royaumes, qui s’étaient autrefois unis pour repousser la Grande Armée, n’étaient pas de taille contre les envahisseurs. Leurs maisons et leurs villes avaient été pillées et entièrement brûlées. Les fermes et les étables avaient été saccagées, le bétail et les chevaux, volés.

    On savait toutes les fées mortes ou en fuite. Les rois et les reines avaient perdu leurs trônes et leurs châteaux étaient en ruines. Les forêts avaient lentement brûlé une à une, offrant aux animaux et aux réfugiés de moins en moins d’endroits où se cacher.

    Les royaumes et les territoires d’hier avaient cessé d’exister. Toute la terre du monde des contes de fées avait été unifiée en un large empire unique, sous le règne de l’infâme Homme masqué et de sa récente armée de la Littérature.

     

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  • [Livre] Colorado Train


    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

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    Résumé : Durango, 1949

    La poussière rouge. Les sombres rocheuses. L'Amérique profonde, tout juste sortie de la Deuxième Guerre mondiale.

    C'est dans ce monde-là que grandissent Michael et ses copains: le gros Donnie, les inséparables Durham et George, Suzy la sauvage.

    Ensemble, ils partagent les jeux de l'enfance, les rêves, l'aventure des longs étés brûlants...

    Jusqu'au jour où un gosse de la ville disparaît. Avant d'être retrouvé, quelques jours plus tard... à moitié dévoré.

    Aussitôt, la bande décide d'enquêter.

    Mais dans l'ombre, le tueur- la chose? - les regarde s'agiter.

    Et bientôt, les prend en chasse...

     

    Auteur : Thibault Vermot

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 06 septembre 2017

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : Ce roman est plus long que la moyenne dans la collection X’prim : près de 400 pages de pur régal.
    J’ai beaucoup aimé le côté plus sombre de l’histoire que ce que l’on trouve d’habitude (ici il est quand même question de meurtre d’enfants et de cannibalisme) avec un petit côté thriller quand les enfants se lance à la recherche du tueur.
    Au début de ma lecture, j’ai eu un peu de mal à me faire au style d’écriture de l’auteur que j’ai trouvé un peu trop familier à mon goût, mais, une fois prise par l’histoire, je n’y ai vraiment plus fait attention.
    Dans ce roman, le point fort est l’amitié qui lie les protagonistes. Ce ne sont pas non plus des héros, ce sont des enfants normaux qui se retrouvent confrontés à une situation anormale, à une époque où il n’y avait pas de portables pour appeler à l’aide et où il fallait souvent plusieurs heures pour aller prévenir quelqu’un.
    J’ai beaucoup aimé le côté course contre la montre qu’il y a dans toute la seconde partie du livre et qui tient en haleine.
    En revanche, j’ai été frustrée de ne pas savoir qui est « la chose » comme l’appelle les enfants. Aux indices laissés dans le livre, on sait que l’on n’est pas en présence d’un roman fantasy et qu’il n’y a pas de surnaturel, on peut même dresser un portrait du tueur, mais on n’a aucune certitude et ça m’a vraiment manqué. De même, on parle à plusieurs reprises d’un tueur d’adolescentes, père de l’un des enfants, et qui s’est enfui avant d’être pris à parti par le sheriff de la ville, mais au final, on reste encore sur notre faim, n’ayant pas de conclusion concernant cette personne.
    J’ai été un peu déçue de cette fin, mais peut-être que les adolescents n’accordent pas autant d’importance que moi à comprendre le pourquoi du comment des agissements du « méchant » de l’histoire.

     

    Un extrait : Il connaissait Durango par cœur… mais là, c’était la nuit…
    En plein jour, Don avait pas peur ; il voyait les choses, il voyait les gens. Il voyait la tronche à Butler, derrière ses courges. Mais dans la nuit, Donnie… la nuit opaque… épaisse… épaisse et vide… Dans la nuit sans fin, on frôle des choses épouvantables, un danger flotte tout près…
    Lequel ?
    Bon, il en savait foutre rien.
    Peut-être que c’était pareil ailleurs, dans les autres villes.
    « Mais que fout un gosse de cet âge dehors à une heure pareille ? »
    - Je t’en pose moi des questions, trouduc’ ? il mimait avec sa bouche.
    Des vacheries d’idées le tenaient debout toute la nuit, ces temps-ci. Ces idées de nanas. Ca le rendait dingue. Ca lui faisait sauter le cerveau. Alors il attendait que tout le monde pionce, et puis il se mettait à gamberger en marchant à travers la ville. Au moins ça te fera perdre un peu de gras, hein, Donnie. Les filles elles aiment pas les gros, Donnie. Cette nuit comme d’autres avant celle-là, il marchait pour se débarrasser des filles à poil qui dansaient dans sa tête.
    Ca commençait toujours pareil. L’une d’elles sortait la tête d’un buisson, dans un recoin de son crâne. Elle regardait si y avait pas de danger, puis elle sortait… Comme les ballerines, elle faisait une petite révérence… Puis elle donnait la main à la deuxième, qui bondissait elle aussi hors du buisson, les jambes longues, fines… Puis une troisième pointait le bout de son nez… et venait les autres… Une ribambelle de filles sans un centimètre carré de tissu pour cacher quoi que ce soit ! Et elles dansaient. Leurs sourires fendaient leurs visages ; leurs dents blanches scintillaient…
    Mec, tu vas pas y croire. J’les vois à poil !!

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  • [Livre] Et soudain tout change

     

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    Résumé : Pour sa dernière année de lycée, Camille a enfin la chance d'avoir ses meilleurs amis dans sa classe. Avec sa complice de toujours, Léa, avec Axel, Léo, Marie et leur joyeuse bande, la jeune fille découvre ce qui fait la vie. À quelques mois du bac, tous se demandent encore quel chemin ils vont prendre. Ils ignorent qu'avant l'été, le destin va leur en faire vivre plus que dans toute une vie... Du meilleur au pire, avec l'énergie délirante et l'intensité de leur âge, entre espoirs démesurés, convictions et doutes, ils vont expérimenter, partager et se battre.

     

    Auteur : Gilles Legardinier

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 5 mars 2015

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’ai bien aimé ce livre, mais je crois que je préfère quand l’auteur s’en tient au registre de l’humour.
    Ici, il mêle humour et émotions et, s’il est vrai que le texte est bien écrit, j’ai eu l’impression de relire une histoire mainte et mainte fois racontée.
    Sans dévoiler le bouleversement qui va toucher la bande (il y en a peut-être encore pour être surpris), on retrouve ce schéma dans un nombre incalculable de livre jeunesse (là encore, je ne vais pas en citer, sinon je vous dévoile tout ou presque).
    L’histoire se lit facilement, les émotions sont présentes, mais voilà, c’est un peu toujours la même chose.
    Après, le pauvre Legardinier n’y est pour rien, il a peut-être écrit son histoire avant les quelques livres faits sur le même schéma, mais comme je le lis après les autres, c’est lui qui trinque !
    J’ai aussi plusieurs fois regretté que des scènes commencée dans un chapitre ne soient jamais terminée (ainsi on ne sait pas comment la prof de dessin réagit à la disparition du dossier d’inscription, comment les filles sont finalement descendues du toit…). Ce ne sont presque que des anecdotes, mais on a l’impression d’avoir eu des commencements d’idées de scènes jetées sur le papier sans être menée jusqu’au bout.
    Au niveau des personnages, j’ai bien aimé la manière dont l’auteur décrit les adolescents. A la fois immature et parfois tellement conscient de ce qu’ils ont à faire et des décisions qu’ils doivent prendre. Jamais noir ou blanc. Par exemple, Camille a honte du nouveau métier de son père qu’elle trouve dégradant par rapport au métier qu’il exerçait avant mais leur conflit ne tourne qu’autour des gâteaux que celui-ci achète.
    Ici, je trouve qu’ils sont tous les deux en tort : Camille est un peu orgueilleuse et méprisante envers le métier de son père, métier qui les fait pourtant vivre sa famille et elle. D’un autre côté, son père traite un peu trop par-dessus la jambe les menaces dont elle est victime à cause de son métier.
    Pour les gâteaux, c’est pareil : Camille sait où est l’argent, à l’autorisation de sa mère pour en prendre et peut donc aller s’acheter ses gâteaux bio et allégés ; d’un autre côté, son père, qui ne fait que ces courses-là, pourrait faire l’effort de glisser un ou deux paquets des gâteaux qui plaisent à sa fille au lieu de n’acheter que pour lui et son fils.
    Dans tout le roman on est dans cette optique : les ados n’ont pas forcément raisons, mais les adultes non plus.
    Comme je l’ai déjà dit, j’ai bien aimé ce livre qui est bien écris et dans lequel les émotions sont présentes et justes (Il a réussi à me faire pleurer) mais de cet auteur, je préfère les titres comme « ça peut pas rater ».

     

    Un extrait : Quand on s’est installés en salle de maths pour le contrôle, Tibor n’était pas là, et je n’étais pas la seule à me demander ce qu’il mijotait.

    — Quelqu’un a vu mon imper ? a demandé Axel.

    Ceux qui, dans le brouhaha ambiant, ont entendu la question ont secoué la tête négativement.

    Mme Serben, la prof, sort les sujets de son sac. Je ne vois pas bien ce qui pourrait nous éviter le contrôle, d’autant que l’établissement ne prend plus en compte les alertes à la bombe parce qu’on en a eu jusqu’à trois par jour… Léo a vu Tibor juste avant de monter, et ses derniers mots ont été : « Je vais vous sauver. » J’ai peur. Les garçons attendent le feu d’artifice avec impatience, Mélissa dessine des cœurs, Maeva pleure toujours sur son sort, Sabrina se remet de la crème sur les mains et la prof distribue les feuilles. Au premier coup d’œil, ça a l’air coton.

    Tout à coup, la porte s’ouvre brutalement. Un homme apparaît. Il porte un turban qui lui cache le visage, fait avec une écharpe rose et jaune, et un imperméable trop grand dans les poches duquel il semble pointer deux armes.

    — C’est une prise d’otages !

    L’accent pseudo sud-américain est pathétique. Un mélange de stupeur et de joie incrédule se répand dans la classe. Il reprend :
    — J’exige la libération immédiate de tous les prisonniers politiques du monde, et j’exige aussi que vous reportiez cette interro, disons à jeudi prochain. Sinon, je tue une fille ! Tiens, celle-là, avec les gros nénés.

    Il désigne Clara qui, du coup, se regarde la poitrine, contente. Pas facile d’être un preneur d’otages crédible en étant camouflé dans une écharpe rose et jaune. Ça fait plus gay pride que héros libérateur. Évidemment, cette quiche d’Inès a quand même pris ça au premier degré et s’est à moitié évanouie. Mme Serben sourit et répond :

    — Lanski, vous faites perdre du temps à vos camarades. Retirez-moi ce déguisement ridicule et dépêchez-vous de vous installer.

    — Mais madame, je suis un combattant de la liberté !

    — Tibor, ne m’obligez pas à hausser la voix. Vous avez du travail. Si vous continuez, je vous retire cinq points.

    Si elle fait ça, il aura 15. C’est sûr, il va s’immoler près de la cuve à fioul et tout le bahut partira en fumée.

  • [Livre] Belle

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    Résumé : Belle était loin d'être aussi jolie que ses soeurs. À quoi bon ? Aux soirées mondaines, aux robes somptueuses, elle préférait les chevaux et les auteurs anciens. Quand son père se trouva ruiné, elle en fut réduite à aller avec sa famille habiter une pauvre maison, dans un village au fond des bois. Tous auraient pu vivre ainsi, heureux d'une existence loin du luxe et des lumières de la ville, mais le destin s'acharna une fois encore sur eux. Quand son père revint au foyer avec l'histoire d'un château magique et de la terrible promesse qu'il avait dû faire à la Bête qui y vivait, Belle partit de son plein gré affronter le monstre et sa question sans cesse répétée : « Belle, voulez-vous... ? » Ceci est son histoire... une histoire d'amour et de rêve.

     

    Auteur : Robin McKinley

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 11 juin 2015

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’aime beaucoup les réécritures de contes et certaines sont assez originales : l’action peut être transposée dans un autre monde (comme dans Cinder, où l’action est à la fois sur la Terre et sur la Lune), ou la personnalité des personnages principaux peut être totalement différente de celle du conte (Le pays des contes, les contes des royaumes, princesses mais pas trop…)…
    Ici rien de tout ça, l’histoire colle assez bien à celle de Mme LePrince de Beaumont (ou à la 1ère partie de celle de Mme de Villeneuve). Mais on peut dire que le style a été modernisé.
    La personnalité des personnages principaux n’a pas été vraiment modifié mais plutôt approfondie : on voit plus la bête et on en sait plus sur les pensées de Belle puisque l’histoire est racontée à la première personne de son point de vue.
    Ici, Belle n’est que le surnom de l’héroïne et tout nous est expliqué : comment la petite Belle, alors enfant, n’a pas apprécié la signification de son prénom : Honneur, et a préféré Belle, qu’au moins elle comprenait. Le surnom est resté, au grand dam de la jeune fille qui se trouve, au mieux, quelconque.
    Les personnages principaux, eux, ont été un peu modifié. Les sœurs de Belle ne sont plus des pimbêches égoïstes mais des sœurs aimantes ayant chacune ses propres soucis et aspirations pour l’avenir. J’ai vraiment aimé ce que l’auteur en a fait.
    L’environnement a également été étoffé avec des personnages secondaires plus présents, comme Gervain, le prétendant puis mari d’Espérance, l’une des sœurs de Belle.
    Les descriptions nous permettent de vraiment visualiser le château et les merveilles qu’il renferme, mais j’ai trouvé que le monologue (en un sens, puisque c’est elle qui raconte l’histoire) de Belle sur le château quand elle y arrive est un peu long. J’aurais aimé qu’il soit interrompu par des dialogues, quitte à ce que les descriptions reprennent après.
    Mais tout le reste est un sans faute. Je n’ai pas eu de coup de cœur mais je n’en étais pas loin.
    C’est vraiment dommage que ce livre soit le seul de l’auteur qui ait été traduit en français, parce que j’aurais vraiment aimé les lire (et je ne lis pas en anglais, donc je suis marron !)

     

    Un extrait : De trois sœurs, j’étais la cadette. Prosaïque, notre mère nous avait appelées Grâce, Espérance et Honneur, mais peu de gens, sauf peut-être le prêtre qui nous baptisa toutes trois, se rappellent mon véritable prénom. Aujourd’hui encore, mon père aime raconter la manière dont j’acquis le nouveau : j’étais venue lui demander quelques explications le jour où j’avais découvert que nos noms ne signifiaient pas uniquement c’est-à-toi-que-je-m’adresse. Et s’il était parvenu à satisfaire ma curiosité en ce qui concernait la grâce et l’espérance, le concept d’honneur m’était apparu beaucoup plus délicat à saisir. Du haut de mes cinq ans, j’avais écouté jusqu’au bout son discours sans cacher mon dégoût croissant, et lorsqu’il avait terminé, je m’étais exclamée :

    — Ah ! J’aimerais mieux être Belle !

    Il avait ri, puis s’était empressé, les jours suivants, de vanter à tout son entourage la précocité de sa fille cadette. C’est donc ainsi que je m’étais approprié un nouveau prénom.

    Nous étions toutes trois de jolies petites filles aux boucles blondes et aux yeux clairs ; Grâce avait la chevelure la plus soyeuse, Espérance avait les yeux les plus grands, mais ces différences étaient imperceptibles ; du moins le furent-elles les dix premières années. De sept ans mon aînée, Grâce devint une ravissante jeune fille aux cheveux dorés comme les blés (disaient les amis de la famille) et aux yeux clairs comme un matin du mois de mai après la pluie (disaient ses admirateurs). Quant à Espérance, elle se transforma en une superbe brune aux yeux verts. Légèrement plus grande, Grâce avait un teint rose alors que celui d’Espérance était blanc comme l’ivoire, mais hormis ces particularités, elles se ressemblaient étonnamment ; toutes deux étaient minces, élancées, dotées d’une taille de guêpe, d’un adorable nez bien droit et de fossettes attendrissantes.

    J’avais cinq ans de moins qu’Espérance, et je comprends mal ce qui m’arriva, mais au fil des ans, je devins grisâtre, ni brune, ni blonde ; mes boucles de bébé disparurent, me laissant seule avec des baguettes dont même le fer à friser ne pouvait venir à bout ; mes yeux prirent une teinte vaguement noisette. Plus grave : je cessai de grandir ; j’étais maigre, maladroite, trop petite, empêtrée de mains et de pieds trop grands. Pire : lorsque j’eus treize ans, je me couvris de boutons ! J’étais persuadée que personne, dans la famille de ma mère, n’avait souffert une telle malédiction depuis des siècles et des siècles. Et de leur côté, Grâce et Espérance, toujours aussi innocentes et jolies, faisaient battre le cœur de tous les hommes.

    Bébé de la famille, j’étais un peu gâtée. Notre mère était morte moins de deux ans après ma naissance, et notre dernière sœur, Miséricorde, était décédée à peine deux semaines plus tard. Bien que nous ayons toujours été entourées de nurses et de gouvernantes aussi efficaces qu’affectueuses, mes sœurs étaient convaincues de m’avoir élevée. Lorsqu’il apparut clairement que j’étais le vilain petit canard, je me faisais déjà appeler Belle depuis plus de six ans ; j’en étais venue à détester ce prénom, mais j’étais beaucoup trop orgueilleuse pour y renoncer. De toute façon, Honneur ne sonnait guère mieux à mes oreilles. Mes sœurs étaient trop bonnes pour me taquiner à ce sujet, et je leur en voulais un peu d’être non seulement belles, mais aussi généreuses et sincères.

  • [Livre] La fourmi rouge

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

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    Résumé : Vania Strudel a 15 ans, un œil qui part en vrille et une vie qui prend à peu près la même direction. Et ce, à cause de :

    - Sa mère, qui est morte quand elle avait huit ans.- Son père, un taxidermiste loufoque.

    - Pierre-Rachid, son pote de toujours, qui risque de ne plus le rester...

    - Son seul confident, qui se trouve être le vieillard sénile de limmeuble.

    - Son ennemie jurée, Charlotte Kramer, la fille la plus populaire du lycée.

    - Sa rentrée en Seconde, proprement catastrophique.

    Pour Vania, c’est clair : l’existence est une succession de vacheries, et elle est condamnée à n’être personne. Une petite fourmi parmi les autres.Mais un soir, elle reçoit un mail anonyme. Un mail qui lui explique en détail, et avec une franchise brutale, que non, elle nest pas une banale fourmi noire sans aspérités.

    Elle serait même plutôt du genre vive, colorée, piquante ! Du genre fourmi rouge...

     

    Auteur : Emilie Chazerand

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 23 août 2017

     

    Prix moyen : 15,50€

     

    Mon avis : Encore un Sarbacane qui fait mouche. Comme dans les petites reines de Clémentine Beauvais, le roman aborde des sujets difficiles comme le deuil, la séparation, le harcèlement scolaire, la maladie…
    Ce roman n’enjolive pas les choses, tous les problèmes ne disparaissent pas par enchantement, mais les personnages apprennent à y faire face, à les relativiser.
    J’ai beaucoup aimé Vania, même si elle a tendance à se rabaisser constamment. On dirait qu’elle préfère se voir plus bas que terre pour ne pas être déçue. Il faut dire que son passé familial ne la pousse pas à être optimiste.
    Son copain Pierre-Rachid a peut-être grandi physiquement, mais mentalement c’est encore un merdeux, il suffit de voir ce qu’il fait endurer à ses parents. Je comprends qu’un ado puisse vouloir s’émanciper un peu, mais il y a des sujets sur lesquels on ne plaisante pas. Ce qui lui arrive est bien mérité, et aura au moins eu le mérite de lui remettre un peu les pieds sur terre et du plomb dans la cervelle.
    Le professeur Grizminn m’a bien fait rire, mais parce que je n’ai pas à côtoyer une personne pareille. Je n’arrive pas à croire qu’on le laisse parler ainsi aux élèves sans que personne ne se soit jamais plaint.
    Victoire est une super amie, très réaliste, très mature, et qui, comme le roman, n’enjolive pas les choses. Elle les dit telles qu’elles sont, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas bienveillante.
    Enfin, il y a Charlotte. On ne la voit pas beaucoup mais mon Dieu qu’elle est mauvaise ! Et stupide aussi, mais en général ce genre de tyran de cour de récréation ne brille pas par son intelligence (On en a toute connu au moins une ! Moi j’en avais trois ! Toutes plus stupides les unes que les autres !)
    D’ailleurs, c’est le (tout) petit reproche que j’ai à faire à l’histoire, que les actes de Charlotte n’entrainent pas des conséquences plus sérieuses.
    Si on ne sautille pas de joie tout au long de la lecture, malgré un humour bien présent, on termine le livre avec une étrange sensation de bien-être. Et puisque c’est la mode des bouquins « feel good », ajoutons sans hésiter celui-ci à la liste. Il le mérite !

     

    Un extrait : Dès la naissance, je ne partais pas gagnante : j’ai un ptosis congénital à l’œil gauche.
    Je parie que vous ne savez pas ce que c’est – alors que vous en avez forcément déjà vu un au moins une fois, au cinéma ou à la télé. En gros, ma paupière s’affaisse sur mon iris, ce qui fait que j’ai l’œil perpétuellement mi-clos, comme l’inspecteur Colombo. Ça me donne un air à moitié endormi (ou sexy, si on tient absolument à voir la chose avec optimisme et qu’on a des goûts bizarres).
    Par chance, la mèche dans le visage est à la mode. Sauf que ce ne sera certainement plus le cas dans dix ans, et alors il faudra bien que je m’adapte… « S’adapter », c’est tout un concept. L’année dernière, en cours de bio, on a appris que le coccyx était le reste anatomique d’une queue. Une QUEUE ! L’ancêtre de l’Homme en avait besoin pour chasser les mouches, faire balancier, se protéger d’assauts sexuels indésirables, etc.
    Avec l’Evolution, et en s’adaptant, on l’a perdue. On a réussi à se passer d’un membre à part entière, à le gommer de notre structure corporelle. C’est fou, non ?
    Sachant ça, je n’ai aucune excuse pour ne pas progresser.
    Au fond, je suis surtout handicapée par une propension irrépressible à tout faire de travers : je ne porte pas les bons vêtements, je n’écoute pas la bonne musique, je n’ai pas les bons hobbies. Quoi que je fasse, je suis à côté. C’est comme ça depuis toujours.
    Mais pour une fois, je plaide non coupable : c’est une question de génétique, une affaire de famille. J’ai également reçu en héritage la sensation de jambes lourdes, la peur du vide et une tendance naturelle au ridicule.
    Mon père reste pour moi le plus grand et fier représentant de cette lignée. J’ai un bon milliard d’anecdotes pour le prouver.
    Au hasard : la fête d’anniversaire de Karen Boutboul. Elle fêtait ses six ans, et papa avait tenu à ce que je lui fasse cadeau d’un chaton. Empaillé.
    Ah oui, j’oubliais : mon père est taxidermiste. (Vous voyez : je n’exagérais pas en parlant de « tendance naturelle au ridicule ».) Lui, il affirme que c’est bien plus qu’un métier ou une passion. Que c’est une véritable vocation.

    « Pour offrir l’éternité à vos cher compagnons,
    je suis le champion. »

    Ça, c’est ce qu’il a fait imprimer sur ses cartes de visite (car oui, il est également adepte de rimes pauvres et jeux de mots nuls).
    Cependant, je dois reconnaître que son commerce marche étrangement bien.
    Dans l’esprit de mon si fantasque géniteur, ce cadeau superbe aurait dû m’assurer à jamais l’amitié de Karen. Seulement voilà : elle a hurlé en voyant le contenu du paquet. Sa mère a hurlé en voyant le contenu du paquet. Les huit autres fillettes ont hurlés en voyant le contenu du paquet.
    Moi, je ne sais pas trop pourquoi, je m’efforçais de continuer à sourire. Ce qui me donnait un air de sadique comme on en voit seulement dans Esprits Criminels.

  • [Livre] Le copain de la fille du tueur

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    Résumé : Charles vient d'intégrer un internat pour "gosses de riches" perdu au cœur des montagnes suisses. Avec Touk-E. son coloc, ils font les quatre cents coups pour tuer le temps... Jusqu'à l'arrivée de Selma. Cette fille mystérieuse, solaire, solitaire... et fille d'un célèbre trafiquant de drogue.

     

    Auteur : Vincent Villeminot

     

    Edition : Nathan

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 08 septembre 2016

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Charles n’est pas tout à fait comme ses camarades. L’argent de son père vient de ses productions intellectuelles et non de spéculations plus ou moins légales. Avec son ami Touk-E, fils d’un dictateur africain qui n’a aucune envie de suivre les traces de son père, ils mettent un peu d’ambiance dans cet internat friqué, où les élèves sont plus traités en hôtes qu’en étudiants.
    Arrive alors Selma, jeune mexicaine qui diffère de ses condisciples autant que Charles, mais dans l’autre sens. Si le père de Charles ne trempe dans rien de louche, si les autres élèves et probablement leurs parents ne tiennent pas plus que ça à savoir d’où vient vraiment leur argent, Selma elle, sait parfaitement que l’argent de son père est de l’argent sale, de l’argent de la drogue. Car l’homme est chef de cartel, et la jeune fille le sait et l’assume parfaitement.
    Dans cette ambiance plutôt glauque, Charles tombe sous le charme de Selma sans savoir si cette attirance est partagée.
    Le sujet central est cette attirance, peut être romance, entre Charles et Selma, mais va beaucoup plus loin car les deux jeunes gens ne sont pas seuls au monde : il y a le père de Charles qui est mourant, situation pour laquelle Charles ressent des sentiments ambigus, et puis il y a Rafa Gutierrez, le père de Selma, une espèce de sale type (oui vous me direz, un narcotrafiquant, on s’en serait douté que c’était un sale type. Mais c’est au-delà de son métier : on peut être un trafiquant et aimer sa famille… mais avec Rafa Gutierrez j’ai plus un eu sentiment de possessivité que d’amour).
    Le style d’écriture est spécial, je ne peux pas dire que j’y accroche à 100%. La même histoire racontée différemment aurait peut-être été un coup de cœur. Là j’ai bien aimé, mais sans plus.
    J’ai trouvé que les personnages manquaient de profondeur, et quand Selma fait la révélation sur sa particularité, j’ai trouvé que les suites de cette révélation n’étaient pas traitées avec assez de force. J’ai eu l’impression que Charles était un gosse furieux qui tapait du pied et que Selma était une ado boudeuse et égoïste qui s’attend à recevoir sans jamais donner. J’ai même été vraiment choquée par la demande qu’elle fait à Charles vers la fin du roman. Elle semble incapable d’assumer ses désirs et préférer que d’autres en portent la responsabilité.
    Quand Charles rencontre Touk-E, au-delà du sentiment d’amitié immédiat qui les unit, il pense que tout va mal finir. Il se dit ça par rapport à la personnalité de Touk-E, mais ce n’est pas de cette personnalité là qu’il avait le plus à se méfier.
    Je ne suis pas déçue de la fin mais un peu frustrée, j’aurais aimé que Selma se positionne de manière plus ferme et quelle fasse d’autres choix. Choix qu’elle fera peut-être, puisque la fin ne va pas aussi loin, mais dans ce cas, j’aurais aimé y assister et en voir les conséquences. J’ai refermé ce roman avec un sentiment d’inachevé.

    Un extrait : Je la vis pour la première fois le surlendemain, je crois. Je n’ai pas retenu exactement le jour.

    Elle entra dans la classe en même temps que les autres. Elle portait un sweat, la capuche relevée sur sa tête, si bien qu’on ne devinait que quelques mèches blondes. Elle s’installa à une table, vers le fond de la salle, s’accouda, le menton dans les mains, pour regarder dehors.

    Son arrivée ne nous étonna pas plus que ça. C’est une règle à Daillange : certains apparaissent ou quittent brusquement l’Institut, d’autres s’absentent sans prévenir pour de longues vacances. En six mois, j’avais appris qu’il y avait souvent des nouveaux pensionnaires, et autant de départs. Ce qui nous étonna, en revanche, c’est qu’elle ne retire pas sa capuche ni le casque qu’elle avait sur les oreilles, de toute la journée.

    Elle revint le lendemain. Elle assista à presque tous les cours et ne quitta jamais son casque. Sous sa capuche, je lui trouvais un visage arrogant et lointain à la fois – angélique par instants, quand la lumière du soleil, dehors, dessinait son profil. Elle jetait des coups d’œil, de temps en temps, à ce qui se déroulait au tableau et dans la classe. Je remarquai la façon dont elle fronçait alors ses sourcils épais, sombres, et aussi comment ses yeux noirs foudroyaient ceux qui l’espionnaient à la dérobée. Moi, par exemple.

    Moi, de plus en plus.

    Elle battait parfois la mesure de sa musique, un crayon coincé entre deux doigts, et le professeur devait alors s’interrompre. Quand elle le remarquait, elle cessait immédiatement. Elle suivait nos travaux, de loin, comme protégée par sa capuche et sa playlist, et parfois ses lèvres dessinaient une moue narquoise. Elle avait des lèvres couleur vieux rose, assez larges, assez ourlées, bien dessinées ; et quand elle souriait sans ironie, perdue dans ses pensées, on devinait des dents du bonheur très prononcées.

    Qui était-elle ? Que venait-elle faire en cours, parmi nous, puisqu’elle n’écoutait rien ?

    Le plus souvent, elle appuyait la tête contre la fenêtre et sa rêverie, son mutisme, lui donnaient un air de profonde mélancolie.

    Et que faisait-elle, le reste du temps ?

    Trois fois, alors que je buvais mon café à la fenêtre avant l’aube, je la vis traverser en courant le sous-bois du parc, silhouette fantomatique, fine, sportive, pas très grande, obstinée sous la pluie et les réverbères. Sinon, pendant ses quinze premiers jours à Daillange, je ne la croisai nulle part. À aucune de nos fêtes, en aucune circonstance. Impossible de savoir même son nom.

  • [Livre] Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban

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    Résumé : Sirius Black, le dangereux criminel, qui s'est échappé de la forteresse d'Azkaban, recherche Harry Potter. C'est donc sous bonne garde que l'apprenti sorcier fait sa troisième rentrée. Au programme : des cours de divination, la fabrication d'une potion de ratatinage, le dressage des hippogriffes... Mais Harry est-il vraiment à l'abri du danger qui le menace ?

     

    Auteur : Joanne Kathleen Rowling

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 19 octobre 1999

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : Voilà un troisième tome qui commence bien avec l’apparition d’un nouveau membre de la famille Dursley pire que les trois autres réunis.
    Pas étonnant que Harry, bien connu pour son calme légendaire, ne finisse par nous péter une durite. On l’aurait fait à moins.
    On revoit le ministre de la magie, que l’on avait entrevu dans le tome précédent. Le personnage n’est pas spécialement antipathique, mais il a l’air un peu dépassé par les évènements, on a toujours l’impression qu’il a un train de retard.
    Dans ce tome on va rencontrer deux nouveaux personnages importants de la saga : Le premier est Remus Lupin, nouveau professeur de défense contre les forces du mal qui, s’il semble, contrairement à ses prédécesseurs, compétent aussi bien dans sa matière que dans sa façon d’enseigner, reste assez mystérieux et difficile à cerner.
    Le second est Sirius Black, énigmatique évadé d’Askaban (rien que ça le rend exceptionnel, personne n’ayant jamais réussi cet exploit) qui pourrait bien permettre à Harry d’en savoir plus sur ses parents et leurs assassinat.
    On va aussi découvrir de nouvelles créatures, pas toujours des plus sympathiques comme les détraqueurs ou les épouvantards, mystérieuses comme le sinistros ou encore difficile à cerner comme les hippogriffes ou encore Pattenrond le chat de Hermione, qui pourrait ne pas être un chat ordinaire et ne rêve que de croquer Croutard, le rat de Ron, ce qui va provoquer quelques tensions entre les deux amis.
    D’autres créatures comme les chapeaurouges ou les pitiponks vont être évoqués, puisque pour une fois, on a un professeur de défense qui enseigne vraiment (n’en déplaise à Rogue, le jaloux).
    Dans ce tome, on aperçoit un peu du potentiel magique de Harry. Là où dans le tome 1 il avait compté sur son sang et dans le tome 2 sur Fumseck et une épée, ici il nous démontre qu’il a de grandes capacités, une baguette à la main, quand il apprend à se protéger des détraqueurs. On ne fait encore qu’effleurer le sujet, mais le professeur laisse entendre que les quelques essais qu’il fait démontre un grand potentiel, surtout à son jeune âge.
    Ce tome est plus sombre que les précédents. Les caractères s’affirment davantage et il peut y avoir des tensions entre les trois amis, surtout entre Hermione, toujours raisonnable mais qui n’hésite plus à se dresser contre ses amis pour leur bien, et les garçons qui sont toujours du genre à foncer tête baissée.
    Avec sa rencontre avec les détraqueurs Harry réalise pleinement que son passé le rend différent des autres, avec un passé plus sombre qui va définir son avenir.
    Il se rend compte aussi que le monde est injuste et que les adultes ne seront pas forcément là pour l’aider et le défendre mais qu’ils pourraient bien se révéler décevants et le laisser affronter seul ce que l’avenir lui réserve.
    Le tome se termine sur une promesse de se voir très vite autour d’un évènement d’importance pour les sorciers : la coupe du monde de quidditch.

    Un extrait : bien des égards, Harry Potter était un garçon des plus singuliers. Tout d'abord, il détestait les vacances d'été, c'était la période de l'année la plus déplaisante à ses yeux. Ensuite, il tenait absolument à faire ses devoirs de vacances, mais il était obligé de les faire en secret, au beau milieu de la nuit. Enfin, il faut également signaler que Harry Potter était un sorcier.

    Minuit approchait. Les couvertures tirées par-dessus sa tête comme une tente, Harry était allongé à plat ventre sur son lit, une lampe torche dans une main, un livre relié plein cuir ouvert sur son oreiller. Il s'agissait d'une Histoire de la magie par Adalbert Lasornette. Les sourcils froncés, Harry Potter fit courir le long de la page la pointe de la plume d'aigle qu'il tenait dans son autre main. Il cherchait des idées pour une dissertation sur le sujet suivant: « La crémation des sorcières au XIVe siècle était totalement inefficace: commentez et discutez. »

     Sa plume s'arrêta au début d'un paragraphe qui semblait lui convenir. Harry remonta sur son nez ses lunettes rondes, approcha sa lampe torche du livre et lut ce qui était écrit:

    Au Moyen Age, les personnes dépourvues de pouvoirs magiques (appelées communément « Moldus ») ressentaient une terreur particulière à l'égard de la sorcellerie, mais étaient souvent incapables de reconnaître ceux qui la pratiquaient vraiment. Lorsque, par extraordinaire, un sorcier ou une sorcière doté de réels pouvoirs magiques était capturé, sa condamnation au bûcher n'avait aucun effet. Le condamné se contentait de jeter un simple sortilège de Gèle-Flamme, puis faisait semblant de se tordre de douleur dans l'apparente fournaise alors qu'en réalité, il n'éprouvait qu'une agréable sensation de chatouillis. Gwendoline la Fantasque, par exemple, était toujours ravie de se faire brûler vive, à tel point qu'elle s'arrangea pour être capturée quarante-sept fois sous divers déguisements.

    Harry tint sa plume entre ses dents et glissa une main sous l'oreiller pour prendre une bouteille d'encre et un rouleau de parchemin. Avec des gestes lents et précautionneux, il dévissa le bouchon de la bouteille, trempa sa plume dans l'encre et se mit à écrire en s'arrêtant de temps à autre pour tendre l'oreille. Car si l'un des membres de la famille Dursley se rendait dans la salle de bains à cet instant et entendait au passage le grattement de la plume sur le parchemin, Harry avait toutes les chances de passer le reste de l'été enfermé dans le placard sous l'escalier.

  • [Livre] Une robe couleur du temps – T01 – A bord du Titanic

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    Résumé : Louise, 12 ans, n’a qu’un mot à la bouche : la mode, la mode, la mode ! Alors, quand elle reçoit l’invitation des mystérieuses Glenda et Marla à une « Vente Vintage pour les Fashionistas Voyageuses », elle se voit déjà dénicher la robe de ses rêves. Elle sera la plus belle pour aller danser au bal du collège ! Au magasin, Louise a un véritable coup de foudre vestimentaire. Mais à peine a-t-elle enfilé la robe qu’elle perd connaissance. À son réveil, elle se retrouve dans la peau de Miss Baxter, actrice prodige de 17 ans, près d’un siècle dans le passé, en pleine croisière... Cette aventure magique va-t-elle virer au naufrage ?

     

    Auteur : Bianca Turetsky

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 24 août 2011

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Au début de ma lecture, j’ai été assez dubitative. Je trouvais l’écriture vraiment jeunesse et le manque de profondeur des personnages me gênait un peu.
    J’ai quand même insisté et heureusement ! Dès qu’on bascule sur le Titanic, on oublie les faiblesses de l’écriture et le manque de développement des personnages pour se plonger dans une histoire bien menée et rythmée.
    Louise est parfois un peu trop naïve et irréfléchie (comme quand elle demande à regarder la télé alors qu’elle se trouve en 1912) mais on a tendance à oublier qu’elle n’a que 12 ans et oui, n’en déplaise à celles qui ont un peu plus que ça aujourd’hui et qui pense qu’elles étaient vraiment plus matures à cet âge-là, c’est une impression ! On n’était vraiment pas fut-fut à 12 ans !
    Je trouve que le personnage aurait dû être plus âgé, pour plus de crédibilité. Parce que déjà entre 12 ans et 17 ans à la même époque, il y a une énorme différence en terme d’expérience, de maturité et d’état d’esprit, mais la différence entre 12 ans en 2011 et 17 ans en 1912 est énorme. A 17 ans, en 1912, on était une femme adulte que l’entourage s’attendait à voir se marier, avoir des enfants, se comporter en parfaite femme du monde… On n’était plus vu comme une petite fille, ni même comme une adolescente. Celles qui ne venaient pas de familles aisées étaient déjà sur le marché du travail.
    Louise ne réalise pas tout de suite qu’elle est sur le Titanic, mais à sa décharge, elle n’a pas vraiment écouté avec attention ses cours d’histoire (que celle qui n’a jamais rêvé en cours lui jette la première pierre) et le film de James Cameron étant sorti quelques années avant sa naissanceIl est paradoxalement trop vieux (comprendre pas une nouveauté qu’elle peut aller voir au ciné avec ses copines), mais trop récent pour l’intéresser (Elle est plus passionnée par les films de Marilyn Monroe ou de Vivien Leigh). Bref, le Titanic, c’est très vague pour elle !
    J’aurais certes aimé plus de profondeur, un développement plus abouti, mais j’ai bien aimé ces passages où Louise se rend compte à quel point personne n’écoutait une femme à l’époque et combien c’était frustrant pour elle de savoir quelque chose et de ne pas réussir à le faire admettre à son entourage.
    J’aurais aussi aimé en savoir plus sur Marla et Glenda, même si le peu qu’on les voie ne me les a pas forcément fait apprécier.
    Il y a deux autres tomes sur cette série, je pense que je me laisserais tentée.

    Un extrait : Cette nuit-là, Louise rêva du bal. C’était bien celui des cinquièmes, mais rien n’avait l’air normal. Le gymnase s’était transformé en salle de danse. Tous les visages étaient à la fois étrangement familiers et étrangement différents. Ils ressemblaient à ceux de ses amis, mais ce n’était pas eux. Louise réalisa qu’elle ne devait pas être à la bonne soirée pile au moment où un garçon avec un sweat-shirt à capuche noir passa devant elle sur son skate. Elle courut après lui en criant « Todd ! », espérant qu’il lui indiquerait où aller. Mais il ne se retourna pas. Comme si elle n’était pas là.

    Louise se réveilla en sursaut. Elle jeta un œil à son radio-réveil : la lumière rouge indiquait 2 h 20. Pourquoi était-elle si stressée à l’idée de ce bal ? À quoi voulait-elle échapper ? Elle ne pensait qu’à ça ! Elle se tourna dans tous les sens le reste de la nuit. Elle n’avait dormi que cinq heures quand son réveil sonna à 7 h 17 le lendemain matin. Une nouvelle journée de cours se profilait.

    Louise s’extirpa de son lit. Elle retira son immense tee-shirt de nuit Gap pour se glisser dans son pull vintage préféré en cachemire lavande, qui n’avait qu’un minuscule trou de mite au coude, son Levi’s délavé à la perfection et des Converse rose flashy. Elle tira ses cheveux en arrière et les coinça en chignon avec un chouchou bien serré, sans laisser à la moindre boucle la chance de s’évader.

    Elle prit un autre cliché avec son Polaroïd, l’étiqueta « 15 avril » et l’observa se développer lentement. Rien. Pas de changement. Excepté deux cernes sous ses yeux qui lui donnaient l’air hanté. La journée avait à peine commencé, et elle était déjà épuisée.

    Comme chaque matin, elle arracha une page à son calendrier horoscope du signe de la Vierge, dans l’espoir de découvrir une prédiction excitante. Aujourd’hui elle eut droit à : « Vous allez entreprendre un intéressant voyage. Restez vous-même et savourez l’aventure ! » Ah ha ! Peut-être arriverait-il quelque chose dans le bus scolaire qui passerait dans vingt minutes ?

    – Bonjour, ma chérie, l’accueillit Mme Lambert avec affection, sur un ton étonnamment plein d’entrain pour une heure si matinale.

  • [Livre] La belle et la bête

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    Résumé : " Le monstre se fit entendre. Un bruit effroyable, causé par le poids énorme de son corps, par le cliquetis terrible de ses écailles et par des hurlements affreux, annonça son arrivée. En voyant approcher la Bête, qu'elle ne put envisager sans frémir en elle-même, la Belle avança d'un pas ferme, et d'un air modeste salua fort respectueusement la Bête. Cette démarche plut au monstre et, se retournant vers la Belle, il lui dit : "Bonsoir, la Belle" ".

     

    Auteur : Gabrielle-Suzanne De Villeneuve

     

    Edition : Folio

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 19 septembre 2001

     

    Prix moyen : 2€

     

    Mon avis : J’avais déjà lu la version de Mme Leprince de Beaumont et j’ai vu, bien sûr, les adaptations de Cocteau et de Disney. Mais je voulais absolument lire la version originale du conte.
    L’écriture est la plupart du temps assez fluide, mais parfois, l’auteur nous pond des phrases de plusieurs lignes qu’il est assez dur de suivre jusqu’à la fin.
    Le conte est en deux parties. La première partie est la plus connue. C’est elle qui a été adaptée que ce soit par d’autres auteurs ou par des réalisateurs. Il n’y a quasiment aucune interaction entre la belle et la bête, si ce n’est cette brève visite qu’il lui fait tous les soirs et lors de laquelle il se borne à lui demander ce qu’elle a fait de sa journée et si elle veut coucher avec lui (vous remarquerez qu’il ne parle pas de mariage).
    D’ailleurs la belle voit le prince en rêve et est nettement plus intéressé par lui que par la bête qui la dégoûte, même si elle lui est reconnaissante pour ses bienfaits.
    Contrairement aux films ou aux réécritures, la belle n’est pas amoureuse de la bête et ne ressent envers lui qu’une obligation dictée par le devoir.
    La seconde partie est plus indigeste. Elle est là pour dévoiler les histoires des différents personnages et expliquer comment et pourquoi ils en sont arrivés là. Le problème c’est que tout se fait au travers d’un long monologue de la fée. C’est donc assez difficile de garder de l’intérêt pour l’histoire.
    De plus, la morale est discutable puisque en gros, si Belle avait vraiment été une roturière, elle n’aurait pas pu épouser le prince, quand bien même elle aurait été la seule à avoir eu assez de bonté pour rompre le sortilège.
    J’aurais préféré que la fée sanctionne la reine pour le mépris qu’elle a de son peuple. Mais dans cette version, la métamorphose du prince ne relève pas d’une sanction due à son attitude, mais à la vengeance d’une fée amère et cruelle.
    Je suis donc mitigée : j’ai aimé la première partie autant que la seconde m’a ennuyée. Et j’ai trouvé que l’histoire manquait de morale (mais sans doute était-ce conforme à la « morale » des aristocrates à l’époque où le conte a été écrit).

    Un extrait : Les filles de leur côté ne manquèrent pas d’emploi. Comme des paysannes, elles se virent obligées de faire servir leurs mains délicates à toutes les fonctions de la vie champêtre. Ne portant que des habits de laine, n’ayant plus de quoi satisfaire leur vanité, ne pouvant vivre que de ce que la campagne peut fournir, bornées au simple nécessaire, mais ayant toujours du goût pour le raffinement et la délicatesse, ces filles regrettaient sans cesse et la ville et ses charmes. Le souvenir même de leurs premières années, passées rapidement au milieu des ris et des jeux, faisait leur plus grand supplice.

    Cependant la plus jeune d’entre elles montra, dans leur commun malheur, plus de constance et de résolution. On la vit par une fermeté bien au-dessus de son âge prendre généreusement son parti. Ce n’est pas qu’elle n’eût donné d’abord des marques d’une véritable tristesse. Eh! qui ne serait pas sensible à de pareils malheurs! Mais après avoir déploré les infortunes de son père, pouvait-elle mieux faire que de reprendre sa première gaieté, d’embrasser par choix l’état seul dans lequel elle se trouvait, et d’oublier un monde dont elle avait, avec sa famille, éprouvé l’ingratitude, et sur l’amitié duquel elle était si bien persuadée qu’il ne fallait pas compter dans l’adversité ?

    Attentive à consoler son père et ses frères par la douceur de son caractère et l'enjouement de son esprit, que n’imaginait-elle point pour les amuser agréablement? Le marchand n’avait rien épargné pour son éducation et celle de ses sœurs. Dans ces temps fâcheux, elle en tira tout l’avantage qu’elle désirait. Jouant très bien de plusieurs instruments, qu’elle accompagnait de sa voix, c’était inviter ses sœurs à suivre son exemple, mais son enjouement et sa patience ne firent encore que les attrister.

    Ces filles, que de si grandes disgrâces rendaient inconsolables, trouvaient dans la conduite de leur cadette une petitesse d’esprit, une bassesse d’âme, et même de la faiblesse à vivre gaiement dans l’état où le Ciel venait de les réduire. « Qu’elle est heureuse, disait l’aînée! Elle est faite pour les occupations grossières. Avec des sentiments si bas, qu'aurait-elle pu faire dans le monde?» Pareils discours étaient injustes. Cette jeune personne eût été bien plus propre à briller qu’aucune d’elles.