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Jeunesse

  • [Livre] Journal de la Belle-mère (pas si) cruelle de Blanche-Neige

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    Résumé : Revenue d’un séjour dans un centre de méditation pour arrêter de se centrer sur son image, Reine va habiter dans une petite maison en campagne avec sa thérapeute, Rose, et tente de s’intégrer de nouveau à la vie du village Livredecontes.

     

    Auteur : Catherine Girard-Audet

     

    Edition : Goélette

     

    Genre : jeunesse

     

    Date de parution : 6 octobre 2011

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : 3ème tome de la série « L’envers des contes », nous nous penchons dans celui-ci sur ce qu’il est advenu de la méchante Reine après que le beau prince (et non prince charmant, la distinction est importante puisqu’ils vivent tous proches les uns des autres) ait réveillé Blanche-neige d’un baiser et l’ai emporté dans son château pour l’épouser. Reine, vaincue, a été envoyé dans un centre de méditation pour guérir de sa jalousie maladive et reprendre sa vie en main. A la sortie du centre, pour parfaire sa guérison, elle va vivre dans une cabane dans la forêt, non loin de la chaumière des nains.

    Si l’humour du livre passera parfois au-dessus de la tête des enfants, il leur permettre sans doute d’acquérir du vocabulaire et nul doute que la présentation en forme de journal intime écrit à l’encre violette sur fond lilas ne pourra que leur plaire.
    Dans ce tome, on retrouve Mildred, la pas si méchante demi-sœur de cendrillon, qui s’est reconverti, avec son amie Bo Peep, comme détective privé.
    En effet, Reine ne va pas tarder à avoir besoin de ses services.
    Mais son but premier va être de convaincre les habitants de Livredecontes qu’elle a bel et bien changé. Et elle n’est pas la seule, ainsi on se rend compte que Blanche-Neige accorde un soin tout particulier à son apparence et que ce n’est pas là le moindre de ses changements.
    Toute la saga apprend aux enfants l’importance des secondes chances et de savoir s’amender. Avoir mal agi ne signifie pas que rien ne peut changer.
    A la fin du livre, comme dans tous les livres de cette saga, on trouve une fiche de « vilain », un petit test ainsi que quelques recettes de cuisine.

     

    Un extrait : 7 juin

    Cela fait trois mois aujourd’hui que je suis au centre de méditation. Au fil des jours, je me suis liée d’amitié avec plusieurs personnes ici, et elles ont organisé une petite fête ce soir pour souligner mes progrès.
    Je trouve ça très généreux de leur part, surtout quand je pense à la façon dont je les ai traitées à mon arrivée.
    Disons qu’à mon entrée ici, je ne me sentais pas prête à faire face à mes erreurs et à ma vraie nature. Je vivais le moment présent et n’avais aucune envie de revisiter mon passé. Mais lors de la première rencontre de groupe, notre thérapeute, Esmeralda, m’a demandé de me lever, de me présenter et d’expliquer en quelques mots les raisons de mon internement au centre.
    - Bonjour, ai-je dis d’un air bourru. Je m’appelle Reine. On m’a forcé à venir ici parce que… en fait…je… 

    Je n’ai pas été capable de finir ma phrase. Pour la première fois de ma vie, j’éprouvais de la honte et je n’arrivais pas à assumer la portée de mes gestes.
    - Continuez, Reine, a insisté Esmeralda. Nous ne sommes pas là pour vous juger, mais pour vous aider à affronter vos peurs et à repousser vos limites.

    - Je… J’ai essayé d’empoisonner ma belle-fille parce que j’étais jalouse de sa beauté, ai-je répondu, surprise d’être aussi honnête et de mettre, pour la première fois, le doigt sur mon problème.
    A mon grand étonnement, les autres femmes assises en cercle autour de moi ne semblaient pas choquées outre mesure par ma révélation. En avouant mon crime, je me croyais guérie : on me laisserait partir. Mais ensuite Esmeralda m’a expliqué le plan d’action pour que je « reprenne confiance en moi et que je puisse affronter le regard des gens que j’ai blessés en gardant la tête haute ».
    Je dois suivre des cours pour me libérer de toute vanité et de ma jalousie. Pour y parvenir, il me faut me départir de tout artifice. Je dois apprendre à m’apprécier pour ce que je suis, sans accorder d’importance à mon apparence physique. En d’autres mots, j’ai été forcée de me débarrasser de toutes mes belles robes, de mon maquillage et surtout de mon miroir magique. Ainsi, tous les jours, depuis trois mois maintenant, je porte des vêtements amples en coton. Je ne me suis pas regardée dans la glace une seule fois depuis mon arrivée. Rose, ma thérapeute personnelle, croit que c’est la meilleure façon de me détacher des biens matériels et d’apprendre à m’apprécier pour ce que je suis « à l’intérieur ».
    J’ai eu beaucoup de difficulté à m’habituer à cette simplicité volontaire, mais au fil du temps, j’ai fini par comprendre ce qu’elle voulait dire. Je crois que je suis devenue une (presque) nouvelle femme.

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  • [Livre] Journal de la sœur (pas si) laide de Cendrillon

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    Résumé : Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants...Tout le monde sait comment se termine l'histoire de Cendrillon. Le Prince Charmant, la pantoufle de verre et le mariage heureux. Et tout le monde sait que Cendrillon a deux demi-soeurs, très méchantes, mais saviez-vous que l'une d'elles, Mildred, n'est en fait pas si méchante que ça?

     

    Auteur : Claire Pyatt

     

    Edition : Goélette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 2010

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Ce tome est le premier de la série « l’envers des contes » qui met en scène les méchants des dits contes, après le « ils vécurent heureux… ».
    Chaque tome peut se lire individuellement des autres mais il est vrai qu’il peut y avoir de petits clins d’œil aux tomes précédents. Par exemple, dans le tome « journal d’un nain (pas si) grognon », le nain voit une thérapeute, Rose, qu’on rencontre dans le tome « journal de la Belle-Mère (pas si) cruelle de Blanche-Neige.
    Dans ce tome, on s’attache à Mildred, une des vilaines demi-sœurs de Cendrillon, qui se révèle plutôt gentille. Rapidement, après le départ de Cendrillon, elle prend conscience du travail que demande l’entretien d’une maison et n’apprécie guère que sa sœur Agatha et sa mère continue à comploter contre Cendrillon.
    Avec l’aide de son amie Bo Peep et le concours de Josh, un des gardes du prince charmant, Mildred est bien décidée non seulement à sauver Cendrillon mais aussi à continuer à changer et à se détacher de l’étiquette de la vilaine sœur qui lui colle à la peau.
    Mildred est assez naïve et parfois un peu impatiente mais pleine de bonne volonté.
    Le livre se présente comme un journal intime et, contrairement aux éditions kennes dans lesquelles j’ai lu le tome du nain, ici les pages sont colorées (écriture rose foncée sur page rose clair).
    En ce qui me concerne, j’aurais franchement préféré une écriture traditionnelle noir sur blanc, qui aurait eu le mérite d’être bien plus lisible, mais ce livre étant destiné aux 9-10 ans, je comprends l’intention.
    La traductrice est québécoise et parfois il y a quelques mots qui le font ressentir (comme aller « magasiner ») mais l’histoire reste très compréhensible (j’ai lu des livres québécois qui étaient presque incompréhensibles pour un français !).
    Du côté des personnages, j’ai beaucoup aimé certains personnages principaux, même si on ne fait que les apercevoir, comme Raiponce et Boucle d’Or qui sont deux petites pestes qui ne pensent qu’à leur apparence.
    L’auteur a transposé l’univers des contes de fée à notre époque et on croise aussi bien des bûcherons et des gardes avec épées et chevaux que des voitures, des DVD, des cartons de pizza et le dernier tube de Justin Timberlake.
    A la fin du livre, on trouve un petit quizz, une fiche présentant la méchante reine, belle-mère de Blanche-neige et la recette de la tarte aux pommes.

     

    Un extrait : 10 Aout
    Cendrillon a déménagé ses affaires aujourd’hui. Il faut dire qu’elle n’avait pas grand-chose : quelques valises remplies d’effets personnels et son vieux chien miteux. J’étais un peu mal à l’aise. Elle va me manquer, et pas seulement parce qu’elle s’occupait des tâches ménagères ; j’aimais bien discuter avec elle, et je n’aimais pas la traiter avec méchanceté. Les autres filles sont encore fâchées qu’elle ait été la seule à posséder un pied assez petit pour enfiler la pantoufle de verre.
    Honnêtement, je suis plutôt soulagée que cette chaussure n’ait pas été à ma pointure. Elle n’avait pas l’air très confortable.
    J’ai éprouvé de la jalousie en voyant, par la fenêtre, Cendrillon embarquer dans son carrosse doré. Si j’avais été plus gentille avec elle lorsqu’elle habitait ici, elle m’aurait peut-être emmenée faire un tour.

     

    16 aout
    Ca ne fait pas une semaine qu’elle est partie, et la maison ressemble déjà à un dépotoir.
    Nous n’avons plus rien de propre à nous mettre sur le dos, et comme personne ne sait cuisiner, on commande de la nourriture tous les jours. Hier soir, j’ai rangé les boites de pizzas sous le canapé pour que tout ait l’air un peu plus propre, et j’ai croisé une créature vraiment étrange. Je sais que ça a l’air complètement dingue, mais je suis certaine d’avoir aperçu une petite souris vêtue d’un chapeau et d’un T-shirt. Je crois que j’ai avalé tellement d’additifs que ça commence à agir sur mon cerveau. J’ai voulu raconter ma découverte à maman et à Agatha, mais je les ai surprises dans la cuisine en train de chuchoter en consultant un livre. Quand je suis entrée, elles m’ont regardée avec un air coupable et maman a rapidement rangé le bouquin dans un tiroir. Elle sont peut-être en train de me préparer une fête-surprise (vraiment, vraiment d’avance). Oh ! Je suis excitée !

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  • [Livre] Carry On

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    Résumé : Simon Snow déteste cette rentrée. Sa petite amie rompt avec lui ; son professeur préféré l'évite ; et Baz, son insupportable colocataire et ennemi juré, a disparu. Qu'il se trouve à l'école de magie de Watford ne change pas grand-chose. Simon n'a rien, mais vraiment rien de l'Élu. Et pourtant, il faut avancer, car la vie continue...

     

    Auteur : Rainbow Rowell

     

    Edition : PKJ

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 05 janvier 2017

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Quand j’ai commencé ce livre je me suis dis : c’est Harry Potter en moins bien. En fait, c’est une fanfiction Harry Potter avec un Harry/Draco à la clef.
    Cela dit, il y a des fanfictions bien écrites, des que j’ai beaucoup aimées et ici on a finalement une bonne fanfiction dans laquelle les détails les plus évidents comme les prénoms ou certaines situations, on été modifiées pour pouvoir être publiés et vendue.
    Ce qui m’a le plus dérangée, ce sont les formules. Je ne sais pas quel était le but : humour, désir de s’éloigner des formules latines de Harry Potter… Mais j’ai trouvé ça profondément ridicule, au point de sauter les lignes ou était noter ses soi-disant formules.

    C’est dommage parce que dans l’ensemble, c’est une bonne fanfiction, même si je trouve un peu gonflé de se servir aussi largement de l’univers créé par une autre personne, au point de ne pas avoir besoin de raconter dans le détail le passé des mages et les premières années d’école de Harry…euh pardon, de Simon.

    Simon et Agatha m’ont vraiment gonflée. Simon se noie dans les détails et Agatha est une sale gamine trop gâtée qui veut tout et son contraire.
    En revanche, j’ai bien aimé Baz qui m’a fait pensé à un mélange de Draco et du Severus Rogue jeune que l’on peut voir dans les fanfictions (oui, on en revient toujours là).
    Je ne dis pas que j’ai passé un mauvais moment de lecture, mais j’ai été déçue que ce roman ne soit finalement qu’une fanfiction. Si encore les personnages avaient été transposés dans un autre univers ou si les différences entre les deux univers avaient été plus marquantes…
    Bref, un livre qui se laisse lire, mais qui ne vaut pas le prix qu’il coûte.

     

    Un extrait : JE VAIS SEUL À L’ARRÊT DE BUS.

    D’habitude, chaque fois que je sors, c’est toute une histoire avec mes papiers. Pendant l’été, rien que pour aller à Tesco, il m’a fallu un chaperon et l’autorisation de la Reine. Mais maintenant, il suffit que je signe le registre de sortie du foyer, et c’est bon, je peux filer. Parce que c’est la rentrée.

    — Il va dans une école spéciale, explique une des deux secrétaires à l’autre.

    Elles sont dans une sorte de bocal en plexiglas, et je dois glisser mes papiers par une fente dans la vitre.

    — Une école pour délinquants, ajoute-t-elle en chuchotant.

    L’autre femme ne lève même pas les yeux.

    C’est toujours la même chose, en septembre ; pourtant je ne suis jamais dans le même foyer.

    La première fois que je suis allé à l’école, le Mage est venu me chercher en personne. J’avais onze ans. Mais l’année suivante, il m’a dit que je pouvais me débrouiller tout seul pour aller à Watford. « Tu as tué un dragon. Tu te sortiras très bien d’une longue marche et de quelques bus. »

    Je n’avais pas voulu tuer ce dragon. Il ne m’aurait pas fait de mal, je ne crois pas. (J’en rêve encore. Je revois la manière dont le feu l’a consumé de l’intérieur, comme s’il avait avalé de la braise et qu’elle lui dévorait les entrailles.)

    À l’arrêt de bus, je mange un Milky Way en attendant. J’ai d’abord un bus, puis un autre. Et enfin un train.

    Une fois dans le train, j’essaie de dormir, les pieds posés sur le siège en face et mon sac sur les genoux, mais un homme, trois rangées derrière, n’arrête pas de m’observer. Je sens son regard sur ma nuque.

    Un pervers, peut-être. Ou un flic.

    À moins que ce soit un chosseur de primes qui a entendu parler d’un des contrats qu’il y a sur moi… (« On dit chasseur de primes », ai-je corrigé Pénélope, la première fois qu’on en a combattu un. « Non, chosseur, m’a-t-elle répondu. Avec le mot os ; c’est ce qu’ils vont récolter s’ils t’attrapent. »)

    Je change de wagon et je renonce à dormir. Plus je me rapproche de Watford, plus je suis impatient. Chaque année, j’ai envie de sauter du train et de me jeter un sort pour arriver plus vite à l’école, quitte à tomber dans le coma.

    Je pourrais lancer au train : Dépêche-toi ! mais c’est un sort risqué en soi, et comme mes premiers sorts de l’année scolaire sont toujours un peu hasardeux, je préfère m’abstenir. L’été, je suis censé m’entraîner. Travailler des sorts faciles, prévisibles, quand personne ne regarde. Allumer une veilleuse, par exemple. Ou transformer des pommes en oranges.

     

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  • [Livre] Les aériens

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette excellente lecture

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    Résumé : Dure rentrée de 5e, pour Alexandre : ses amis l'ont abandonné, et Théo et sa bande le harcèlent chaque jour.

    Heureusement, il y a Sarah, la nouvelle au collège. Dès son arrivée, elle l'aide à échapper aux brutes qui le poursuivent avec leurs scooters !

    C'est justement en se réfugiant chez elle qu'ils rencontrent un être étrange :

    Courantd'Air, un Aérien. Un nuage de particules vivant...

     

    Auteur : Marie-Catherine Daniel

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 4 octobre 2017

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : Dans ce nouveau pepix noir, nous faisons la connaissance des Aériens. Des sortes de nuages vivants qui sont confrontés, comme les humains, à des conflits qu’on pourrait qualifier de conflits de gangs.
    Courantd’air est un petit aérien, sans grande puissance, qui se retrouve confronté à un énorme aérien qui doit sa puissance à l’absorption d’autres aériens. Blizzard n’est pas un aérien pacifique et son but est de faire le plus de dégâts possible chez les humains tout en contrôlant tous les aériens du secteur.
    En se cachant de Blizzard, Courantd’air va rencontrer trois adolescents : il y a d’abord Sarah, une nouvelle arrivée en ville, dont le père a construit un appareil qui attire irrésistiblement les aériens.
    Ensuite il y a Alexandre qui est dans la même classe que Sarah et qui vit des moments difficile. En effet, tous ses amis l’ont laissé tomber et la bande de Théo, un petit caïd du quartier, cherche constamment à s’en prendre à lui.
    Enfin, il y a Romain. Romain est aphasique depuis un grave accident de la route. Ses anciens amis sont persuadés qu’il joue la comédie, n’ayant jamais entendu parler de l’aphasie, et à défaut de réussir à s’en prendre à lui, ils s’en prennent à son petit frère, Alexandre.
    J’ai pu comprendre la réaction de Karim. Même si Alexandre n’est responsable de rien, je comprends tout à fait qu’il le rejette au vu des circonstances. La situation est vraiment difficile pour lui.
    Les autres, que ce soit les élèves ou la bande de Théo, mériteraient des baffes. Sous prétexte qu’ils ne connaissent pas quelque chose, bien sûr, ça ne peut pas exister. Comment une chose pourrait exister sans que des parasites des cités ne le sache (Y’a beaucoup de choses qui ne doivent pas exister).
    J’ai été choquée que les professeurs, le proviseur, les autorités laissent les choses se dégrader à ce point. Bien sûr je me doute qu’ils ne sont pas vraiment au courant des expéditions punitives de Théo et tant que personne ne porte plainte contre ce petit con qui se croit fort avec son couteau, il ne risque pas d’être arrêté ; mais personne n’a donc pris la peine de parler aux gamins du collège ? Pour leur parler des dangers de la route et de ce qu’est exactement l’aphasie ?

    Alexandre et Sarah vont faire preuve de beaucoup de sang froid. Quant à Romain, il est très courageux car il essaie de rester le grand frère protecteur alors même qu’il n’arrive plus à parler et il n’hésite pas à se jeter dans l’aventure malgré son handicap.
    Mêlée à du fantastique avec la présence des aériens, cette histoire parle de colère, de harcèlement, de courage et d’acceptation.
    Bien adapté à son public cible, la collection pepix noir semble avoir un bel avenir devant elle si elle continue à nous proposer des titres aussi intéressant.

     

    Un extrait : Courantd’Air gonfle le nuage de ses particules pour voir par-dessus la cime du toit qui le dissimule. Il se rétracte aussitôt : Blizzard est là !

    Il rôde dans le froid de l’aube hivernale, à moins de deux pâtés de maisons.
    L’immense Aérien l’a-t-il perçu ? Courantd’Air frémit d’inquiétude, et n’attend pas pour le savoir. Il plonge vers la rue, petit souffle de vent invisible aux yeux des passants matinaux.

    A dix mètres du sol, il se met à suivre la chaussée, volant aussi vite qu’il peut. Il ne tient pas à être le prochain esclave de Blizzard – vraiment pas !
    Mais il n’a pas encore parcouru la moitié de la rue… qu’il se fige.
    Un son extraordinaire, sublime, caresse chacune des particules de son corps éthéré.
    Irrésistiblement attiré, Courantd’Air dévie sa course sans même s’en rendre compte et remonte à toute allure le flot de la musique.
    Il s’engouffre dans l’entrebâillement d’une fenêtre, au troisième étage d’un vieil immeuble. Le remous d’air de son passage précipité fait claquer le battant vitré, Courantd’Air ne s’en aperçoit pas. Il contourne sans le voir un humain accroupi devant une machine cubique trouée d’un hublot.
    La merveilleuse musique émane de là. Vaguement, le petit Aérien se dit qu’il devrait se méfier.
    Mais ce son est tellement divin…

    Avec délice, Courantd’Air se laisse aspirer totalement. Le hublot se referme sur lui.

     

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  • [Livre] Les cancres de Rousseau

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette excellente lecture

     

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    Résumé : 1994, Sarcelles, Djiraël en est sûr, cette année sera exceptionnelle. Il entre en terminale, dans la même classe que ses potes Sacha, Jazz, Rania et les autres. En plus, la belle Tatiana semble enfin réponde à ses avances... Cerise sur le gâteau, le prof principal, c'est monsieur Fèvre - le seul qui s'intéresse à eux. Bref, c'est parti pour une année d'éclate... sauf que parfois, plus on prévoit les choses, moins elles se passent comme on le pensait.

     

    Auteur : Insa Sané

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 04 octobre 2017

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce livre et pourtant, excepté un ou deux, je ne me suis pas attachée aux personnages. Tatiana m’est apparue comme une manipulatrice, Rania, une pleurnicheuse. Djiraël se cache un peu trop à mon goût derrière le côté noir de banlieue pour justifier ses combines à la limite de la légalité, quand il ne franchi pas carrément la ligne. La mère de Djiraël, que j’appréciais au début, est vite tombée dans mon estime quand elle reproche à son fils de n’avoir que 13 de moyenne comme s’il avait ramené un 4 et quand elle lui ordonne de cesser de se battre pour ses idées. En fait, elle et son mari, dont on se demande de quel droit il ramène sa fraise, n’étant jamais là plus d’une semaine d’affilée, semble conseiller à leur fils de ne jamais montrer d’émotion mais en même temps de faire profil bas, de s’écraser… ce n’est pas ma conception de l’éducation. Si j’avais un fils, je préférerais le voir s’élever contre l’injustice, quitte à repasser un examen un an plus tard, plutôt que de la voir ramper devant ceux qui se croit au-dessus de lui parce qu’ils sont nés du « bon » côté de la barrière.
    Le proviseur, et surtout le CPE, devrait être traduit devant un conseil de discipline. Je l’ai pensé dès le début du livre quand le CPE essais, à mots à peine couverts, d’influencer le vote des élèves quant à la nomination du délégué des délégués, et mon sentiment n’a fait que se renforcer au fil de ma lecture.
    En revanche, j’ai beaucoup aimé Mr Fèvre, qui est un prof comme tout le monde aimerait en avoir. Côté ados, j’ai bien aimé Maceo « jazz » ainsi que Sacha, même si j’ai grincé des dents devant certaines de ses décisions.
    Ce livre est la preuve qu’on peut aimer un bouquin, vraiment l’apprécier, sans pour autant accrocher avec les personnages et leur personnalité.
    La fin est parfaite, avec une pointe d’amertume mais qui fait bien passer le message qu’il est rare de gagner sur tous les tableaux, même quand on est dans son bon droit, et qu’il faut savoir lâcher sur certaines choses pour en obtenir d’autres plus importante.
    Un petit point reste en suspension, à la toute fin, mais comme ce point concerne un personnage que je n’ai vraiment pas apprécié, ça m’a laissée complètement froide, j’ai préféré me concentrer sur la fin de l’histoire, sur l’amitié qui lie ces adolescents.
    J’ai vraiment apprécié ma lecture, encore plus que si je m’étais attachée aux personnages. Parce que quand on aime d’entrée de jeu les personnages, on peut dire que la moitié du chemin est fait pour l’auteur. Même quand l’histoire a quelques défauts, il y a ce sentiment envers les personnages qui font pencher la balance sur « j’aime ». Dans le cas, où comme ici, je n’ai pas franchement d’affinité avec les personnages, il faut que l’écriture et l’histoire soient quasiment sans défaut pour que le texte fasse mouche. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé ici, l’histoire est tellement forte et bien écrite que la personnalité des personnages en devient secondaire, pas pour l’histoire elle-même, mais pour l’appréciation qu’on va en faire.
    Il semblerait que d’autres romans d’Insa Sané portent sur ces mêmes personnages (ou leur entourage, j’ai cru voir un résumé où le personnage principal serait le petit frère de Djiraël) et c’est donc avec plaisir que je retrouverais la plume de l’auteur dans un avenir, je pense, assez proche.
    Petit bonus, après l’extrait, je vous mets le lien vers une interview de l’auteur.

     

    Un extrait : Maman s’est invitée dans ma chambre – sans frapper, bien sûr. Je feuilletais les derniers potins du foot et j’ai dû paraître un peu trop insensible à son intrusion, car elle m’a arraché le magazine des mains.

    - Tu compte t’en débarrasser quand, de ces cartons ? On se croirait dans un grenier !

    D’un geste large, elle a désigné ma chambre, dont les deux tiers étaient encombrés par des piles de cartons fermés.

    - Pour la centième fois, ce sont les bouquins que j’ai achetés pour la Bourse aux livres du lycée. Dans un mois, tu ne les verras plus.
    - Y’a intérêt, sinon c’est moi qui vais les faire disparaître.

    Elle a pris une voix plus accorte :

    - Sinon… Tu te sens prêt ?

    Je voyais très bien où elle voulait en venir, mais j’avais décidé de faire le sale gosse. L’air affolé, j’ai lancé d’une voix chevrotante :

    - Ooooooh non, Maman ! La chaise électrique est prête ? c’est ça ? C’est ça ??

    Elle a pouffé en secouant la tête.

    - T’es vraiment trop bête !

    Reprenant son sérieux :

    - Je suis sûre que ça va être une année fantastique.

    - Te prend pas la tête comme ça. Le Bac, ça ne vaut plus rien.
    - Peut-être, mais c’est un passeport pour les études supérieures. Moi, si j’avais eu ta chance, je me serais accrochée de toutes mes forces…
    Et voilà, c’était reparti. Elle fredonnait la même comptine depuis que j’étais en CP ! Je savais très bien ce que représentait cette année à ses yeux. Elle qui n’avait pas pu poursuivre ses études parce qu’elle avait le ventre gonflé, à l’époque… Elle aimait l’école plus que tout au monde, et elle aurait sans doute pu aller loin – si elle n’avait pas encore plus aimé Papa. C’était au Sénégal, il y avait longtemps de ça.
    Bref ! Maintenant que j’entrais en Terminale, elle était excitée comme une mère le jour de Noël devant son mioche en train de déballer les cadeaux. Elle voulait me voir heureux, et son bonheur à elle dépendait de la lueur que j’aurais dans les yeux en découvrant mon nouveau joujou… Fallait peut-être lui rappeler qu’à Noël, Papa et elle ne m’offraient que des bouquins, et que la plupart du temps je tirais la tronche !

     

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  • [Livre] Harry Potter et l’ordre du Phoenix

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    Résumé : À quinze ans, Harry Potter s'apprête à entrer en cinquième année à Poudlard. Et s'il est heureux de retrouver le monde des sorciers, il n'a jamais été aussi anxieux. L'adolescence, la perspective des examens importants en fin d'année, et ces étranges cauchemars... Car Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est de retour et, plus que jamais, Harry sent peser sur lui une terrible menace. Une menace que le ministère de la Magie ne semble pas prendre au sérieux, contrairement à Dumbledore. Poudlard devient alors le terrain d'une véritable lutte de pouvoir. La résistance s'organise autour de Harry qui va devoir compter sur le courage et la fidélité de ses amis de toujours...

     

    Auteur : Joanne Kathleen Rowling

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 décembre 2003

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : Ce tome s’ouvre sur un Harry frustré qui ronge son frein, seul chez les Dursley, privé de toute nouvelle en provenance du monde de la magie. La gazette ne raconte rien et les lettres de ses amis ne sont qu’un amalgame de diverses excuses de ne pouvoir rien lui raconter.
    Alors que l’adolescent essaie de calmer ses nerfs en se promenant dans son quartier, son cousin lui tombe sur le râble. Harry aurait géré cet inconvénient sans difficulté si, juste après Dudley, ce n’était pas deux détraqueurs qui avaient pointé leur absence de nez à Little Whinging. Obligé de jeter un sort du patronus pour se protéger, Harry va vite se rendre compte que l’indulgence qu’avait montrée le ministre de la magie lorsqu’il avait gonflé la tante Marge comme un ballon, ne va pas se reproduire.
    De toute évidence, le ministère n’a aucune intention d’admettre la réalité du retour de Voldemort et, plutôt que de prendre les mesures de sécurité nécessaires, il préfère discréditer ceux qui dénoncent une vérité qui les dérange : Harry et Dumbledore en tête de liste.
    Et le ministère n’a pas l’intention de se contenter d’une campagne de discréditation dans les journaux.
    Ainsi, à la rentrée, le nouveau professeur de défense contre les forces du mal, le professeur Ombrage, se révèle à la solde du ministère et prête à tout pour museler les rumeurs.
    Pour la première fois depuis sa rentrée en première année, Harry ne va pas être heureux à Poudlard.
    J’ai beaucoup aimé, dans ce tome, ce qui parait n’être qu’un détail : Ron va enfin avoir l’opportunité de ne pas être dans l’ombre de Harry en étant nommé préfet. Ca n’apporte pas grand-chose au livre, mais j’ai trouvé ça bien qu’il ait cette opportunité car cela lui donne une confiance en lui qui va être importante aussi bien dans la suite de ce tome que dans la suite de la saga.
    J’ai bien aimé aussi que des personnages secondaires comme Ginny, Luna ou Neville prennent de l’importance. Que tout ne tourne pas uniquement autour du trio.
    Contrairement à beaucoup de lecteurs, je trouve que dans ce tome on voit la personnalité de Sirius et que ce n’est pas du joli : il est hargneux, jaloux et a une forte tendance à culpabiliser son entourage. Mais bon, disons qu’après 12 ans d’Azkaban, il a le droit d’être quelque peu irritable.

    Lupin est égal à lui-même (J’aime cet homme). Molly est parfois un peu agaçante, mais, même si il faut qu’elle réalise qu’elle ne peut pas tenir les adolescents à l’écart de ce qui se prépare, on peut comprendre qu’ayant vécu la guerre, ayant perdu des proches du fait des mangemorts, elle ne veuille pas, contre toute logique, que ses enfants (au sens large, comprenant Hermione et Harry) soit mêlé à tout cela.
    Dumbledore est pris en défaut dans ce tome. De son propre aveu, il a pris des décisions peu judicieuses qui ont conduit Harry à prendre des décisions qu’ils n’auraient jamais pris s’il avait eu conscience de tout ce qu’on s’évertue à lui cacher.

    Dans la saga Harry Potter, j’ai toujours trouvé la plupart des adultes très hypocrites : ils veulent qu’Harry reste à sa place d’adolescent, mais ils comptent sur lui pour se dresser face à Voldemort. Un peu comme s’il était un pion sans conscience et sans sentiments.
    Avec ce tome, on entre vraiment dans la guerre contre Voldemort. Même si beaucoup de sorciers nient son retour, il n’en est pas moins là, et recrute des partisans. On sait d’ores et déjà que les deux derniers tomes ne vont pas être faciles pour Harry et ses amis.

     

    Un extrait : Dans la cuisine, Maugrey avait remis son œil magique qui tournait si vite à présent, après un bon nettoyage, que Harry en eut le vertige. Kingsley Shacklebolt et Sturgis Podmore regardaient le four à micro-ondes et Hestia Jones s’amusait beaucoup en examinant un épluche-légumes qu’elle avait trouvé dans un tiroir. Lupin, lui, cachetait une lettre destinée aux Dursley.

    — Parfait, dit Lupin lorsqu’il vit entrer Tonks et Harry. Je pense qu’il nous reste à peu près une minute. Nous devrions peut-être sortir dans le jardin pour nous tenir prêts. Harry, j’ai laissé un mot à ta tante et à ton oncle pour leur dire de ne pas s’inquiéter…

    — Ils ne s’inquiéteront pas, assura-t-il.

    — … que tu es en sécurité…

    — Ça va les déprimer.

    — … et que tu les reverras l’été prochain.

    — C’est vraiment indispensable ?

    Lupin sourit mais s’abstint de tout commentaire.

    — Viens là, mon garçon, dit Maugrey d’un ton bourru en lui faisant signe avec sa baguette magique. Il faut que je te désillusionne.

    — Que vous quoi ? s’inquiéta Harry.

    — Que je te soumette à un sortilège de Désillusion, répondit Maugrey, sa baguette brandie. Lupin m’a dit que tu possèdes une cape d’invisibilité mais tu n’arriveras pas à la maintenir en place pendant le vol, il faut donc trouver un meilleur déguisement. Allons-y…

    Il lui donna un bon coup de baguette sur le crâne et Harry éprouva aussitôt une étrange sensation, comme si Maugrey venait de lui écraser un œuf sur la tête. Un liquide froid semblait couler le long de son corps à partir de l’endroit où il avait reçu le coup.

    — Beau travail, Fol Œil, dit Tonks d’un air appréciateur en contemplant Harry à hauteur de la taille.

    Harry regarda son corps, ou plus exactement ce qui avait été son corps et qui n’avait plus du tout le même aspect. Il n’était pas devenu invisible mais avait pris la couleur et la texture de l’élément de cuisine qui se trouvait derrière lui. Il semblait transformé en caméléon humain.

     

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  • [Livre] Harry Potter et la coupe de feu

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    Résumé : Après un horrible été chez les Dursley, Harry Potter entre en quatrième année au collège de Poudlard. À quatorze ans, il voudrait simplement être un jeune sorcier comme les autres, retrouver ses amis Ron et Hermione, assister avec eux à la Coupe du Monde de Quidditch, apprendre de nouveaux sortilèges et essayer des potions inconnues. Une grande nouvelle l'attend à son arrivée : la tenue à Poudlard d'un tournoi de magie entre les plus célèbres écoles de sorcellerie. Déjà les spectaculaires délégations étrangères font leur entrée... Harry se réjouit. Trop vite. Il va se trouver plongé au coeur des événements les plus dramatiques qu'il ait jamais eu à affronter.

     

    Auteur : Joanne Kathleen Rowling

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 29 novembre 2000

     

    Prix moyen : 14€

     

    Mon avis : J’aime beaucoup ce tome qui marque un tournant dans la saga.
    Ron se montre assez puéril. Je peux comprendre qu’il en ait marre d’être dans l’ombre de ses frères et dans l’ombre d’Harry, mais, depuis le temps, il devrait savoir qu’Harry n’apprécie pas du tout sa célébrité et préférerait avoir une famille aimante plutôt que son nom dans les journaux. Son attitude face à Harry quand celui-ci est tiré au sort pour participer au tournoi n’est pas vraiment digne d’un ami.
    Il faut dire que ce tome est éprouvant pour lui car il commence à se rendre compte qu’Hermione est une fille et, même s’il ne reconnaît pas avoir des sentiments pour elle, il est clairement énervé que la jeune fille se rapproche d’un autre garçon.
    Harry lui oscille entre angoisse et insouciance. Angoisse car il n’est pas idiot et qu’il se doute bien qu’on n’a pas mis son nom sur la liste des participants pour lui faire plaisir. Insouciance parce qu’il a tendance à traîner dans ses recherches pour réussir les épreuves (une sorte de manière de repousser l’échéance).
    Hermione, elle, est fidèle à elle-même : loyale, intelligente, passionnée dans ses recherches. Bon certes, elle s’emballe un peu pour la cause des elfes de maison sans se préoccuper de ce que lesdits elfes veulent vraiment, mais elle a 14 ans, c’est de son âge.
    Les jumeaux sont aux aussi fidèles à eux-mêmes mais, en plus de leur bonne humeur et de leur immense capacité à rire de (presque) tout, ils dévoilent une ambition pour le commerce qu’on n’avait jamais soupçonné. Ils montrent qu’ils ne sont pas juste de joyeux farceurs mais qu’ils ont un but, même si celui-ci risque de ne pas plaire à leur mère.
    Parmi les nouveaux personnages, on peut trouver le directeur de l’école de Durmstrang, réputé pour être un ancien serviteur de Voldemort et qui semble très bien connaître Severus Rogue, ainsi que l’horripilante Rita Skeeter, journaliste (si j’ose dire) qui se plait à détruire la vie des gens en écrivant des horreurs sur eux.
    Au fil de certaines découvertes, comme sur la filiation d’Hagrid, on en apprend plus sur le monde du temps de Voldemort, et sur les créatures qu’Harry et les siens pourraient avoir à affronter si ce dernier revenait à sa pleine puissance.
    La fin de ce tome est sombre et on sent bien qu’on va basculer dans une autre dimension, que les petites querelles d’école et la crainte de rater les examens vont devenir le cadet de leurs soucis (bon, peut-être pas pour Hermione en ce qui concerne les examens).
    On referme ce tome en se disant : « Bon, maintenant les choses sérieuses commencent ».

     

    Un extrait : Harry était allongé sur le dos, la respiration haletante comme s'il venait de courir. Il s'était éveillé d'un rêve particulièrement saisissant en se tenant le visage entre les mains. Sur son front, la vieille cicatrice en forme d'éclair brûlait sous ses doigts comme si quelqu'un lui avait appliqué sur la peau un fil de fer chauffé au rouge.

      Il se redressa dans son lit, une main toujours plaquée sur son front, l'autre cherchant à tâtons ses lunettes posées sur la table de chevet. Après les avoir mises sur son nez, le décor de sa chambre lui apparut plus nettement, dans la faible lueur orangée projetée à travers les rideaux par le réverbère qui éclairait la rue.

      Harry caressa à nouveau sa cicatrice. Elle était encore douloureuse. Il alluma la lampe, à côté de son lit, s'arracha de ses couvertures, traversa la chambre, ouvrit son armoire et regarda dans la glace fixée à l'intérieur de la porte. Il vit face à lui un garçon de quatorze ans, très maigre, avec des yeux verts et brillants qui l'observaient d'un air perplexe sous ses cheveux noirs en bataille. Il examina de plus près la cicatrice en forme d'éclair que présentait son reflet. Elle paraissait normale mais elle était encore brûlante.

      Harry essaya de se rappeler le rêve qu'il venait de faire. Il lui avait semblé si réel... Il y avait deux personnes qu'il connaissait et une autre qu'il n'avait jamais vue... Il se concentra, les sourcils froncés, essayant de rassembler ses souvenirs...

      L'image d'une pièce plongée dans la pénombre lui revint en mémoire... Il y avait un serpent sur un tapis, devant une cheminée... Un petit homme qui s'appelait Peter et qu'on surnommait Queudver... et puis une voix froide, aiguë... La voix de Lord Voldemort. A cette pensée, Harry eut soudain l'impression qu'un cube de glace lui descendait dans l'estomac...

      Il ferma étroitement les paupières et s'efforça de se rappeler quelle apparence avait Voldemort, mais il n'y parvint pas... La seule chose certaine c'était que, au moment où le fauteuil de Voldemort avait pivoté et que Harry avait vu ce qui y était assis, il avait été secoué d'un spasme d'horreur qui l'avait réveillé en sursaut... Ou bien était-ce la douleur de sa cicatrice ?

      Et qui était donc ce vieil homme ? Car il y avait un vieil homme présent dans son rêve. Harry l'avait vu s'effondrer sur le sol. Tout devenait confus dans son esprit. Il plongea son visage dans ses mains, effaçant la vision de sa chambre, essayant de se concentrer sur l'image de cette pièce faiblement éclairée, mais c'était comme s'il avait essayé de retenir de l'eau entre ses doigts. Les détails lui échappaient à mesure qu'il essayait de les saisir... Voldemort et Queudver avaient parlé de quelqu'un qu'ils avaient tué, mais Harry ne parvenait pas à se souvenir du nom de la victime... Et ils avaient projeté de tuer quelqu'un d'autre... Lui.. .

      Harry releva la tête, ouvrit les yeux et jeta un regard autour de sa chambre comme s'il s'attendait à y découvrir quelque chose d'inhabituel. En fait, il y avait beaucoup de choses inhabituelles dans cette pièce. Une grosse valise en forme de malle était ouverte au pied du lit, laissant voir un chaudron, un balai, des robes de sorcier noires et des livres de magie. Des rouleaux de parchemin s'entassaient sur une partie de son bureau, à côté de la grande cage vide dans laquelle Hedwige, sa chouette aux plumes blanches comme la neige, était habituellement perchée. Sur le plancher, à côté de son lit, le livre qu'il avait lu la veille, avant de tomber endormi, était encore ouvert. Les photos qui illustraient ses pages ne cessaient de bouger. Sur chacune d'elles, des hommes vêtus de robes orange vif filaient d'un bord à l'autre du cadre, sur des balais volants, en se jetant une balle rouge.

      Harry ramassa le livre et regarda un des sorciers marquer un but particulièrement spectaculaire en lançant la balle à travers un cercle situé à quinze mètres au-dessus du sol.

      Puis il referma le volume d'un geste sec. Même le Quidditch — qui était, à ses yeux, le plus beau sport du monde — n'aurait pu le distraire en cet instant. Il posa En vol avec les Canons sur sa table de chevet, traversa la pièce en direction de la fenêtre et écarta les rideaux pour regarder dans la rue.

     

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  • [Livre] Le pays des contes - T05 - L'odyssée imaginaire

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    Résumé : Lorsque les jumeaux et leurs amis entrent dans les mondes fabriqués à partir de l'imagination de Conner, trouver des alliés comme personne n'aurait jamais rêvé, la course commence à mettre un terme au règne de l'homme masqué de la terreur. Les jumeaux peuvent-ils enfin rétablir la paix dans le monde des contes de fées ?

     

    Auteur : Chris Colfer

     

    Edition : Michel Laffon

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 08 juin 2017

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Comme à chaque fois, j’attends le tome avec une impatience grandissante, je le dévore en 1 ou 2 jours et je recommence immédiatement à piaffer pour le tome suivant.
    Ce schéma n’a pas changé pour ce tome. Quand une copinaute m’a dit que le tome 5 allait sortir, je me suis jetée dessus le jour même de la mise en vente.
    Dès les premières pages, on plonge immédiatement dans l’action car on reprend l’histoire là où le tome précédent l’avait laissée.
    Le premier chapitre tourne autour de Mme Peters, le redoutable professeur puis directrice des jumeaux, qui leur a donné le goût de s’intéresser aux vrais contes, et non pas à leurs adaptations, et qui a poussé Conner à écrire. Mais son intervention se borne à rendre ses histoires à Conner. Cependant, une révélation faite à son sujet me laisse espérer qu’on ait encore affaire à Mme Peters.
    Voici donc les jumeaux prêts à aller chercher de l’aide contre l’armée des méchants de la littérature dans les histoires écrites par Conner.

    En premier lieu, il est très intéressant de découvrir les histoires de Conner, non seulement leur côté original, mais aussi la ressemblance avec les personnages que les jumeaux connaissent et qui révèlent souvent les sentiments profonds de Conner.
    Alex va beaucoup remettre en question son attitude envers son frère en le (re)découvrant à travers ses écrits.
    En parallèle des allers-retours des jumeaux dans les contes de Conner, on trouve deux autres histoires : le pourquoi du comment de l’enlèvement d’
    Emmerich, qui avait eu lieu dans le tome 4, avec quelques révélations sur les origines du garçon, et un complot des sorcières, qui reste en marge de l’histoire, mais qui va sans doute devenir central dans le prochain tome si on en croit la fin époustouflante et très frustrante que nous offre l’auteur.
    Ce que j’ai préféré dans ce tome, c’est le rôle nettement plus important que d’habitude que va avoir Charlotte, la mère des jumeaux.
    Maintenant reprend la longue attente (1 ans plus ou moins) avant le prochain tome, ce qui est une véritable torture quand un livre se termine sur un tel cliffhanger.
    Il semblerait que Chris Colfer soit sur le point (ou en train) de préparer l’adaptation du tome 1 dont il sera le réalisateur. Espérons que le fait que l’auteur soit aussi impliqué dans une adaptation rendra celle-ci meilleure que les autres adaptations de roman qu’on a pu voir au fil des années.

     

    Un extrait : L’air était empli d’une fumée si épaisse que l’on distinguait à peine le ciel. Chaque fois qu’un vent puissant le dégageait, l’atmosphère s’emplissait à nouveau des émanations d’un village pillé ou d’un feu de forêt. Durant la journée, le soleil ressemblait à une faible lanterne à travers un voile marron. La nuit, apercevoir une simple étoile était aussi rare que voir des étoiles filantes.

    Le monde des contes de fées avait connu de nombreux troubles au cours des dernières années, mais jamais rien de semblable. C’était la première fois de l’histoire qu’une fin heureuse semblait hors de portée.

    En l’espace d’une nuit, l’armée des Winkies de la Méchante Sorcière de l’Ouest avait attaqué le Royaume charmant et le territoire des Troblins. Ses singes volants avaient été envoyés pour terroriser l’Empire des elfes et le Royaume du coin. La Reine de cœur avait marché avec ses soldats de carte sur le Royaume du Centre puis ravagé le Royaume de l’Est. La troupe de pirates du Capitaine Crochet avait empoisonné le lagon des Sirènes, poussant ces dernières à fuir vers les profondeurs de l’océan. Le navire volant de Crochet, le Jolly Roger, avait attaqué le Royaume des fées, laissant le palais en ruines. Puis le capitaine avait fondu sur le Royaume du Nord.

    Les soldats et les villageois de tous les royaumes, qui s’étaient autrefois unis pour repousser la Grande Armée, n’étaient pas de taille contre les envahisseurs. Leurs maisons et leurs villes avaient été pillées et entièrement brûlées. Les fermes et les étables avaient été saccagées, le bétail et les chevaux, volés.

    On savait toutes les fées mortes ou en fuite. Les rois et les reines avaient perdu leurs trônes et leurs châteaux étaient en ruines. Les forêts avaient lentement brûlé une à une, offrant aux animaux et aux réfugiés de moins en moins d’endroits où se cacher.

    Les royaumes et les territoires d’hier avaient cessé d’exister. Toute la terre du monde des contes de fées avait été unifiée en un large empire unique, sous le règne de l’infâme Homme masqué et de sa récente armée de la Littérature.

     

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  • [Livre] Colorado Train


    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

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    Résumé : Durango, 1949

    La poussière rouge. Les sombres rocheuses. L'Amérique profonde, tout juste sortie de la Deuxième Guerre mondiale.

    C'est dans ce monde-là que grandissent Michael et ses copains: le gros Donnie, les inséparables Durham et George, Suzy la sauvage.

    Ensemble, ils partagent les jeux de l'enfance, les rêves, l'aventure des longs étés brûlants...

    Jusqu'au jour où un gosse de la ville disparaît. Avant d'être retrouvé, quelques jours plus tard... à moitié dévoré.

    Aussitôt, la bande décide d'enquêter.

    Mais dans l'ombre, le tueur- la chose? - les regarde s'agiter.

    Et bientôt, les prend en chasse...

     

    Auteur : Thibault Vermot

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 06 septembre 2017

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : Ce roman est plus long que la moyenne dans la collection X’prim : près de 400 pages de pur régal.
    J’ai beaucoup aimé le côté plus sombre de l’histoire que ce que l’on trouve d’habitude (ici il est quand même question de meurtre d’enfants et de cannibalisme) avec un petit côté thriller quand les enfants se lance à la recherche du tueur.
    Au début de ma lecture, j’ai eu un peu de mal à me faire au style d’écriture de l’auteur que j’ai trouvé un peu trop familier à mon goût, mais, une fois prise par l’histoire, je n’y ai vraiment plus fait attention.
    Dans ce roman, le point fort est l’amitié qui lie les protagonistes. Ce ne sont pas non plus des héros, ce sont des enfants normaux qui se retrouvent confrontés à une situation anormale, à une époque où il n’y avait pas de portables pour appeler à l’aide et où il fallait souvent plusieurs heures pour aller prévenir quelqu’un.
    J’ai beaucoup aimé le côté course contre la montre qu’il y a dans toute la seconde partie du livre et qui tient en haleine.
    En revanche, j’ai été frustrée de ne pas savoir qui est « la chose » comme l’appelle les enfants. Aux indices laissés dans le livre, on sait que l’on n’est pas en présence d’un roman fantasy et qu’il n’y a pas de surnaturel, on peut même dresser un portrait du tueur, mais on n’a aucune certitude et ça m’a vraiment manqué. De même, on parle à plusieurs reprises d’un tueur d’adolescentes, père de l’un des enfants, et qui s’est enfui avant d’être pris à parti par le sheriff de la ville, mais au final, on reste encore sur notre faim, n’ayant pas de conclusion concernant cette personne.
    J’ai été un peu déçue de cette fin, mais peut-être que les adolescents n’accordent pas autant d’importance que moi à comprendre le pourquoi du comment des agissements du « méchant » de l’histoire.

     

    Un extrait : Il connaissait Durango par cœur… mais là, c’était la nuit…
    En plein jour, Don avait pas peur ; il voyait les choses, il voyait les gens. Il voyait la tronche à Butler, derrière ses courges. Mais dans la nuit, Donnie… la nuit opaque… épaisse… épaisse et vide… Dans la nuit sans fin, on frôle des choses épouvantables, un danger flotte tout près…
    Lequel ?
    Bon, il en savait foutre rien.
    Peut-être que c’était pareil ailleurs, dans les autres villes.
    « Mais que fout un gosse de cet âge dehors à une heure pareille ? »
    - Je t’en pose moi des questions, trouduc’ ? il mimait avec sa bouche.
    Des vacheries d’idées le tenaient debout toute la nuit, ces temps-ci. Ces idées de nanas. Ca le rendait dingue. Ca lui faisait sauter le cerveau. Alors il attendait que tout le monde pionce, et puis il se mettait à gamberger en marchant à travers la ville. Au moins ça te fera perdre un peu de gras, hein, Donnie. Les filles elles aiment pas les gros, Donnie. Cette nuit comme d’autres avant celle-là, il marchait pour se débarrasser des filles à poil qui dansaient dans sa tête.
    Ca commençait toujours pareil. L’une d’elles sortait la tête d’un buisson, dans un recoin de son crâne. Elle regardait si y avait pas de danger, puis elle sortait… Comme les ballerines, elle faisait une petite révérence… Puis elle donnait la main à la deuxième, qui bondissait elle aussi hors du buisson, les jambes longues, fines… Puis une troisième pointait le bout de son nez… et venait les autres… Une ribambelle de filles sans un centimètre carré de tissu pour cacher quoi que ce soit ! Et elles dansaient. Leurs sourires fendaient leurs visages ; leurs dents blanches scintillaient…
    Mec, tu vas pas y croire. J’les vois à poil !!

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  • [Livre] Et soudain tout change

     

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    Résumé : Pour sa dernière année de lycée, Camille a enfin la chance d'avoir ses meilleurs amis dans sa classe. Avec sa complice de toujours, Léa, avec Axel, Léo, Marie et leur joyeuse bande, la jeune fille découvre ce qui fait la vie. À quelques mois du bac, tous se demandent encore quel chemin ils vont prendre. Ils ignorent qu'avant l'été, le destin va leur en faire vivre plus que dans toute une vie... Du meilleur au pire, avec l'énergie délirante et l'intensité de leur âge, entre espoirs démesurés, convictions et doutes, ils vont expérimenter, partager et se battre.

     

    Auteur : Gilles Legardinier

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 5 mars 2015

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’ai bien aimé ce livre, mais je crois que je préfère quand l’auteur s’en tient au registre de l’humour.
    Ici, il mêle humour et émotions et, s’il est vrai que le texte est bien écrit, j’ai eu l’impression de relire une histoire mainte et mainte fois racontée.
    Sans dévoiler le bouleversement qui va toucher la bande (il y en a peut-être encore pour être surpris), on retrouve ce schéma dans un nombre incalculable de livre jeunesse (là encore, je ne vais pas en citer, sinon je vous dévoile tout ou presque).
    L’histoire se lit facilement, les émotions sont présentes, mais voilà, c’est un peu toujours la même chose.
    Après, le pauvre Legardinier n’y est pour rien, il a peut-être écrit son histoire avant les quelques livres faits sur le même schéma, mais comme je le lis après les autres, c’est lui qui trinque !
    J’ai aussi plusieurs fois regretté que des scènes commencée dans un chapitre ne soient jamais terminée (ainsi on ne sait pas comment la prof de dessin réagit à la disparition du dossier d’inscription, comment les filles sont finalement descendues du toit…). Ce ne sont presque que des anecdotes, mais on a l’impression d’avoir eu des commencements d’idées de scènes jetées sur le papier sans être menée jusqu’au bout.
    Au niveau des personnages, j’ai bien aimé la manière dont l’auteur décrit les adolescents. A la fois immature et parfois tellement conscient de ce qu’ils ont à faire et des décisions qu’ils doivent prendre. Jamais noir ou blanc. Par exemple, Camille a honte du nouveau métier de son père qu’elle trouve dégradant par rapport au métier qu’il exerçait avant mais leur conflit ne tourne qu’autour des gâteaux que celui-ci achète.
    Ici, je trouve qu’ils sont tous les deux en tort : Camille est un peu orgueilleuse et méprisante envers le métier de son père, métier qui les fait pourtant vivre sa famille et elle. D’un autre côté, son père traite un peu trop par-dessus la jambe les menaces dont elle est victime à cause de son métier.
    Pour les gâteaux, c’est pareil : Camille sait où est l’argent, à l’autorisation de sa mère pour en prendre et peut donc aller s’acheter ses gâteaux bio et allégés ; d’un autre côté, son père, qui ne fait que ces courses-là, pourrait faire l’effort de glisser un ou deux paquets des gâteaux qui plaisent à sa fille au lieu de n’acheter que pour lui et son fils.
    Dans tout le roman on est dans cette optique : les ados n’ont pas forcément raisons, mais les adultes non plus.
    Comme je l’ai déjà dit, j’ai bien aimé ce livre qui est bien écris et dans lequel les émotions sont présentes et justes (Il a réussi à me faire pleurer) mais de cet auteur, je préfère les titres comme « ça peut pas rater ».

     

    Un extrait : Quand on s’est installés en salle de maths pour le contrôle, Tibor n’était pas là, et je n’étais pas la seule à me demander ce qu’il mijotait.

    — Quelqu’un a vu mon imper ? a demandé Axel.

    Ceux qui, dans le brouhaha ambiant, ont entendu la question ont secoué la tête négativement.

    Mme Serben, la prof, sort les sujets de son sac. Je ne vois pas bien ce qui pourrait nous éviter le contrôle, d’autant que l’établissement ne prend plus en compte les alertes à la bombe parce qu’on en a eu jusqu’à trois par jour… Léo a vu Tibor juste avant de monter, et ses derniers mots ont été : « Je vais vous sauver. » J’ai peur. Les garçons attendent le feu d’artifice avec impatience, Mélissa dessine des cœurs, Maeva pleure toujours sur son sort, Sabrina se remet de la crème sur les mains et la prof distribue les feuilles. Au premier coup d’œil, ça a l’air coton.

    Tout à coup, la porte s’ouvre brutalement. Un homme apparaît. Il porte un turban qui lui cache le visage, fait avec une écharpe rose et jaune, et un imperméable trop grand dans les poches duquel il semble pointer deux armes.

    — C’est une prise d’otages !

    L’accent pseudo sud-américain est pathétique. Un mélange de stupeur et de joie incrédule se répand dans la classe. Il reprend :
    — J’exige la libération immédiate de tous les prisonniers politiques du monde, et j’exige aussi que vous reportiez cette interro, disons à jeudi prochain. Sinon, je tue une fille ! Tiens, celle-là, avec les gros nénés.

    Il désigne Clara qui, du coup, se regarde la poitrine, contente. Pas facile d’être un preneur d’otages crédible en étant camouflé dans une écharpe rose et jaune. Ça fait plus gay pride que héros libérateur. Évidemment, cette quiche d’Inès a quand même pris ça au premier degré et s’est à moitié évanouie. Mme Serben sourit et répond :

    — Lanski, vous faites perdre du temps à vos camarades. Retirez-moi ce déguisement ridicule et dépêchez-vous de vous installer.

    — Mais madame, je suis un combattant de la liberté !

    — Tibor, ne m’obligez pas à hausser la voix. Vous avez du travail. Si vous continuez, je vous retire cinq points.

    Si elle fait ça, il aura 15. C’est sûr, il va s’immoler près de la cuve à fioul et tout le bahut partira en fumée.