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Jeunesse

  • [Livre] Les oubliées

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    Lecture terminée le : 05 janvier 2021

     

    Résumé : Josie et sa petite sœur Anna sont confiées à leur grand-mère qui vit dans une maison isolée au cœur d'une inquiétante forêt. Elles doivent respecter trois interdits : ne pas traverser la forêt, ne pas ouvrir les fenêtres la nuit et ne pas rapporter de poupée. Cependant, Josie se fait une amie au collège, l'étrange Vanessa, qui lui fait transgresser toutes les règles.


    Auteur : K. R. Alexander

     

    Edition : Bayard

     

    Genre : jeunesse

     

    Date de parution : 16 Octobre 2019

     

    Prix moyen : 14€

     

    Mon avis : La couverture me fait vraiment flipper... En même temps, la seule chose de pire qu'ils auraient pu me faire, c'était mettre un clown !

    Mais franchement, elle ne fout pas la trouille cette poupée ?

    En comparaison, la lecture ne m'a pas donné autant de frissons que je l'espérais. Ce n'était pas pour autant une mauvaise lecture car l'histoire est prenante et avec beaucoup de suspense.
    Je comprends la frustration de Josie. Elle se retrouve dans un coin perdu, quasiment sans réseau, sans amis, avec une petite sœur qui joue les crampons et une grand-mère qui perd la tête et donne des interdictions sans queue ni tête. Et puis, il ne faut pas oublier que Josie a 11 ans (puisqu'elle en 6e), on ne peut donc pas vraiment lui reprocher de ne pas comprendre ni accepter la décision de sa mère.

    L’histoire n'est pas très originale et bon nombre de rebondissements sont parfaitement prévisibles.

    Malgré tout, impossible de lâcher ce roman. J'avais beau me douter de ce qu'il se passait, il n'empêche que j'avais très envie de voir comment l'auteur allait nous y amener.

    Bien sûr, le public visé est assez jeune, on peut donc supposer que le roman sera moins prévisible à leurs yeux et peut-être plus effrayant (*minute mamie* : et en même temps, quand on voit les horreurs que les mômes d'aujourd'hui regarde... *fin de la minute mamie*)

    J'ai un peu regretté la rapidité de la fin. J'aurais aimé une cinquantaine de pages de plus afin de mieux la construire.

    Il est difficile d'en dire plus sur un livre aussi court sans trop en dire et, même si les rebondissements ne sont pas époustouflants, il serait dommage de dévoiler l'intrigue trop vite.
    Bien que ce livre ait été une bonne lecture, sa prévisibilité et sa fin trop rapide font que je l'oublierais sans doute assez vite.

     

    Un extrait : Maman acquiesça et alla chercher le thé, pendant que mamie nous conduisait, Anna et moi, à la table de jardin.

    C’est une vieille dame, nous avait rappelé maman un million de fois en cours de route. Sa mémoire défaille, et il se peut qu’elle ne se comporte pas toujours de façon cohérente. Alors, soyez patientes avec elle et faites comme si vous compreniez de quoi elle parle, même si vous n’en avez aucune idée. Comme ça, elle ne s’agitera pas trop.

    – Maintenant, les filles, écoutez-moi, nous dit mamie Jeannie d’une voix douce et ferme, une fois que nous fûmes installées. Il y a trois règles à observer pour vivre ici. Premièrement, ne laissez jamais vos fenêtres ouvertes après la tombée de la nuit, même s’il fait très chaud. Deuxièmement, je ne veux aucune poupée dans la maison. Et, troisièmement, n’allez jamais, au grand jamais, du côté de la maison dans les bois. C’est là qu’habite Beryl.

    En prononçant ces derniers mots, elle avait tourné les yeux en direction de la forêt. Je suivis son regard, et un frisson me parcourut l’échine. Il pouvait se cacher n’importe quoi là-bas. Chaque fois que nous étions venues rendre visite à notre grand-mère, elle s’était arrangée pour ne pas nous perdre de vue une seule seconde. Mais jamais elle n’avait fait allusion à une maison en particulier. Ni à Beryl.

    Qui était Beryl ?

     

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  • [Livre] Verte

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    Lecture terminée le : 11 juin 2020

     

    Résumé : À onze ans , la petite Verte ne montre toujours aucun talent pour la sorcellerie. Pire que cela , elle dit qu'elle veut être quelqu'un de normal et se marier. Elle semble aussi s'intéresser aux garçons de sa classe et ne cache pas son dégoût lorsqu'elle voit mijoter un brouet destiné à empoisonner le chien des voisins. Sa mère, Ursule, est consternée. C'est si important pour une sorcière de transmettre le métier à sa fille. En dernier ressort, elle décide de confier Verte une journée par semaine à sa grand-mère, Anastabotte, puisqu'elles ont l'air de si bien s'entendre. Dès la première séance, les résultats sont excellents. On peut même dire qu'ils dépassent les espérances d'Ursule . Un peu trop, peut-être .


    Auteur : Marie Desplechin

     

    Edition : L'École des loisirs

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 2005

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Sorti il y a 15 ans, la série de Marie Desplechin est devenu un classique de la jeunesse.
    En mettant en scène une petite sorcière qui refuse catégoriquement de suivre la voie tracée pour elle par sa mère, l’auteur parle de l’adolescence et de cette période où les enfants commencent à construire leur propre personnalité et à chercher leur propre voie.
    Le livre est divisé en plusieurs parties, chacune donnant la parole à l’un des protagonistes de l’histoire.
    Les trois premières sont les trois générations de sorcières qui ont des relations mères-filles difficiles. On voit ainsi les relations tendues entre Verte et sa mère, Ursule, ainsi que la relation compliquée entre Ursule et sa propre mère, Anastabotte, et, bien entendu, la relation bien plus détendue qui unit la petite Verte à sa grand-mère.
    On va aussi avoir le point de vue de Soufi, l’amoureux de Verte, qui offre un regard extérieur sur tout cette famille particulière.
    Si j’ai beaucoup aimé Verte et Soufi, qui sont mignons tout plein, j’ai surtout adoré Anastabotte qui est vraiment super.
    Si Ursule n’est pas toujours des plus sympathiques, j’ai beaucoup aimé certaines de ses réflexions. Ce qui la distingue de sa mère et sa fille, c’est qu’elle est une sorcière plus traditionnelle.
    Elle tient à l’image de la sorcière qui ne vit que pour son art, se venge de la moindre offense réelle ou inventée, et surtout, elle tient plus que tout à l’image de la femme indépendante et solitaire, ce qui est, à son avis, totalement incompatible avec le mariage. Du coup, Verte ne connait pas son père et c’est un sujet supplémentaire de discorde entre Ursule et sa fille.
    C’était une petite histoire mignonne comme tout et si je les trouve, je pense que je lirais les deux autres tomes : Pome, sorti deux ans après Verte et Mauve, sorti 7 ans plus tard.

     

    Un extrait : Sur terre, tout le monde a le droit de se plaindre. Les hommes, les femmes, les jeunes, les vieux, les animaux eux-mêmes se plaignent. De l’excès d’amour, de l’absence d’amour, de la famille, de la solitude, du travail, de l’ennui, du temps qui passe, du temps qu’il fait… Le monde râle, c’est ainsi.
    Parmi toutes les espèces, il en existe une pourtant qui n’a pas le droit de se plaindre. Une seule. L’espèce des mères. À la rigueur, elles peuvent se mettre en colère. Mais pas gémir, c’est mal vu. Pourquoi ? Parce que grâce, à leurs enfants, les mères baignent dans un océan de bonheur. C’est connu.
    Quelle hypocrisie ! Moi qui suis une mère, je le dis tout net : ces derniers temps, ma fille me met les nerfs en pelote. Elle me rend chèvre. Elle me fatigue.
    J’ignore comment les choses se passent dans les familles normales. Elles ressemblent probablement à ce qui se passe chez nous. J’entends chez les sorcières. Sorcières : je n’aime pas le mot. Il sent le château fort et le bûcher, le bonnet pointu et le manche à balai, j’en passe et des meilleures. Tout un folklore désuet qui date du Moyen Âge.
    Moi, de ma vie, je n’ai jamais porté de chapeau, et encore moins de chapeau pointu. Pointu pour pointu, je préfère les escarpins à très hauts talons. Quant au balai volant, laissez-moi rire. Lorsque je veux voler, je prends l’avion comme tout le monde.

     

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  • [Livre] Les étranges sœurs

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    Lecture terminée le : 20 avril 2020

     

    Résumé : L'histoire des Etranges sœurs. De la Méchante Reine à la Bête, en passant par Ursula, Maléfique ou encore mère Gothel - elles sont toutes des légendes du mal. Mais il n'en a pas toujours été ainsi... Car on ne naît pas méchant, on le devient. Au fil du temps, trois étranges sœurs ont progressivement étendu leur influence, transformant des innocents en monstres pour écrire le destin des plus grands méchants jamais connus.

    Elles s'appellent Lucinda, Ruby et Martha, et elles incarnent le chaos. Mais aujourd'hui, tous ceux à qui elles ont fait du mal à travers le royaume réclament justice. Et quand la vérité éclatera, rien ne sera plus jamais pareil... Voici l'histoire de celles qui tiraient les fils du destin.


    Auteur : Serena Valentino

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 20 Novembre 2019

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Je pensais que ce tome était le dernier de la saga, il avait en tout cas été présenté comme tel. Et là, je découvre qu’un tome 6, mettant à l’honneur Cruella d’Enfer, est prévu en VO pour juillet 2020.
    Du coup, je ne sais plus du tout quand cette saga se terminera et, vu le nombre de méchants existant chez Disney, il y a de quoi faire !

    Toujours est-il que ce 5ème tome marque la fin d’un cycle : celui des trois sœurs. Présentes plus ou moins dans l’ombre depuis le tome 1, les 3 sœurs semblent tirer les ficelles de plus ou moins tout ce qui se magouille de pas très joli dans les différents royaumes.
    Alors il était évidemment nécessaire de finir par élucider les mystères de leur vie.
    J’ai été assez mitigée sur ce tome. J’ai beaucoup aimé les révélations sur les origines des trois sœurs et sur le pourquoi de leur folie.
    Mais parfois, j’ai eu l’impression que l’auteur sautait des passages de l’histoire pour aller plus vite.
    J’ai trouvé aussi qu’il y avait beaucoup trop de dialogue pour trop peu de narration pour les relier entre eux.
    Il y a aussi un manque, une incohérence. On sait depuis le tome précédent que Circé est la fille des trois sœurs qui l’ont créée par magie. On sait également qu’elles l’on créée pour remplacer leur petite sœur Circé, tirée accidentellement par Maléfique lorsqu’elle était jeune.
    Bien. Et elle sort d’où cette sœur ? Parce que rien, dans le livre n’évoque la naissance d’une sœur. Pourtant, vu son importance pour les trois sœurs, on serait en droit d’attendre à ce qu’on en parle dans une histoire qui est censé retracer toute leur existence.
    J’aurais également aimé connaitre l’origine de Pflanze qui les accompagne depuis un temps indéterminé.
    La plus belle surprise de ce tome est les illustrations qu’il contient : carte des royaumes, arbres généalogiques, illustrations de début de chapitres…
    La fin n’en est pas vraiment une. Elle est ouverte et on se demande ce qui pourrait en découler.
    Pour bien tout comprendre, il me semble indispensable de lire les tomes dans l’ordre. Car s’ils semblent indépendants les uns des autres, ils ne le sont pas vraiment et le fil conducteur est bien présent (surtout sur les trois derniers tomes).
    Dans ce tome, on pressent également un bouleversement chez les fées. Malgré la violente opposition de la fée marraine et de ses acolytes les trois fées, Oberon et Nounou veulent changer les choses et il semblerait que plusieurs fées, notamment la fée bleue, soient d’accord avec eux. J’ai regretté que cet aspect ne soit pas plus développé.
    Puisqu’on sait qu’un 6ème tome est à paraitre, et que la traductrice de la saga a confirmé deux tomes supplémentaires, j’ai bon espoir de voir des réponses aux questions que je me pose encore.

     

    Un extrait : Les étranges sœurs étaient prises dans le crépuscule éternel. Dans la terre des rêves, tout n’était que chaos et magie. Leur chambre semblait plus petite maintenant que Circé avait éteint tous les miroirs pour les punir de ce qu’elles avaient fait subir à Gothel ainsi que pour la mort de Maléfique, d’Ursula et de la reine Grimhilde.
    Cette fois, les sœurs craignaient sérieusement que Circé ne leur pardonne pas. Elles étaient allées trop loin. Elles ne savaient même plus précisément pourquoi Circé les avait bannies dans les ténèbres et les privait de son amour, mais cela leur brisait le cœur tout en alimentant leur rage et leur terreur.
    Lucinda n’oubliait pas sa promesse : détruire tous ceux que Circé aimait.
    Pour les trois sœurs, la terre des rêves avait perdu sa magie. Elles ne distinguaient plus les remous du chaos et ne pouvaient plus utiliser leurs pouvoirs.
    Les miroirs restaient sombres et froids. Elles étaient démunies, prisonnières, seules avec leur folie qui les menait lentement mais sûrement à la catastrophe et au désespoir.
    Martha et Ruby, assises par terre, pleuraient à gros sanglots. Elles portaient les mêmes robes déchirées et tachées de sang depuis le rituel qu’elles avaient réalisé afin de communiquer avec Maléfique durant son combat contre le prince Philippe. La mort de la fée noire semblait déjà loin… Elle venait pourtant à peine de se produire.
    Elles n’avaient guère eu le temps de pleurer leur chère fée-sorcière-dragon avant d’assister aux derniers jours de Gothel.

    - Maudite soit Gothel, s’écria Lucinda en arpentant la pièce. Sans elle, Circé nous aurait peut-être pardonnées. Et si elle apprenait la vérité ? Que penserait-elle de nous ?

    Elle regarda ses sœurs, trop occupées à sangloter pour l’écouter. Elles avaient toujours eu l’impression de ne former qu’une seule et même personne toutes les trois mais, pendant un bref instant, Martha et Ruby lui semblèrent complètement étrangères. Totalement différentes et séparées d’elle. La sensation la prit par surprise et elle comprit ce que Circé ressentait en les voyant.

     

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  • [Livre] Une ville si parfaite

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    Lecture terminée le : 29 novembre 2020

     

    Résumé : Parfaite-Ville est une formidable ville-immeuble. Une ville parfaite dans laquelle tout a été pensé pour le bonheur de tous, comme le rappellent sans cesse les écrans installés un peu partout.
    Chacun aspire à vivre une Ascension : être promu à l’étage supérieur ! Eh oui… à Parfaite-Ville, selon qu’on habite en haut ou en bas, on n’a pas les mêmes avantages. Mais en travaillant dur on peut s’élever dans la tour pour vivre encore mieux.
    Et si tout ça ne reposait que sur un énorme mensonge ?


    Auteur : Raphaël Cuvier

     

    Edition : Editions 5 sens

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 06 Juillet 2020

     

    Prix moyen : 12€

     

    Mon avis : Quand j’ai lu le résumé de ce livre, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une dystopie pour adolescents. Je ne m’attendais certainement pas à un livre de 55 pages !
    Exit les adolescents, ce livre est pour les 8/10 ans au maximum. Et encore, pas des passionnés de lecture. L’écriture est simple et l’histoire simpliste, sans approfondissement. Ce n’est pas parce qu’une histoire est destinée aux enfants qu’elle doit être privée de développement et d’une fin digne de ce nom. Il manquerait bien 100 à 150 pages pour que l’histoire soit un peu plus étoffée et du coup un peu plus cohérente.
    Les personnages sont assez caricaturaux mais pour un enfant qui débute dans la lecture de livres plus conséquent que Tchoupi, ça peut lui permettre d’identifier facilement les rôles de chacun.
    Pour ma part, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire (ce qui m’arrive rarement dans les romans jeunesse qui n’ont souvent rien à envier à leurs grands frères adolescents ou adultes) et j’ai trouvé que la fin manquait de crédibilité, sans doute parce qu’elle est précipitée.
    Le livre est pourvu de très belles illustrations qui font penser à des aquarelles.
    Il est dommage que l’histoire n’ait pas été plus développée car l’idée de départ aurait pu donner lieu à un sacré roman que ce soit jeunesse ou young adult !

     

    Un extrait : J’avais douze ans. J’avais toujours vécu à Parfaite-Ville et tout allait pour le mieux. Parfaite-Ville était un endroit formidable où tout était pensé pour le bonheur de tous. J’avais vraiment de la chance d’habiter là ! C’est du moins ce que je pensais. Comme tous les habitants de Parfaite-Ville.

    Parfaite-Ville était une ville-immeuble. Une immense tour dans laquelle on trouvait tout ce qu’il fallait à chaque étage. Oui ! Absolument tout ! Tout était très bien organisé et personne ne manquait de rien. Si bien que personne n’avait besoin de se rendre à un autre étage que le sien. Ce qui tombait plutôt bien dans la mesure où c’était interdit. Article 3 du code de l’habitat : « Sauf autorisation expresse, il est strictement interdit de se rendre à un autre étage que le sien. »

    On ne se mélangeait pas à Parfaite-Ville !
    Monsieur Cabot était le maire de Parfaite-Ville. Tout le monde le connaissait. Même si peu de gens pouvaient se vanter de l’avoir vu de leurs propres yeux. Il vivait tout en haut de la tour, au 425e étage. On racontait qu’il avait tout l’étage pour lui tout seul. Tout le monde trouvait ça parfaitement normal. Vu sa fonction, c’était plus que légitime. D’ailleurs, qui d’autre aurait pu prétendre occuper l’étage le plus haut de la tour ?

    Tous les jours les écrans nous rappelaient combien Monsieur Cabot était un maire formidable. Il régnait sur Parfaite-Ville depuis sa construction, une trentaine d’années auparavant. Personne n’avait à s’en plaindre. Ce qui tombait plutôt bien dans la mesure où c’était interdit. Article 1 du code de l’habitat : « Quiconque se plaindra de monsieur le maire sera banni de Parfaite-Ville. »

     

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  • [Livre] Cry for help

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    Lecture terminée le : 16 mars 2020

     

    Résumé : Plongez dans les plus sombres secrets du lycée de Laneford ! Entre investigation et romance adolescente, découvrez une intrigue haletante qui vous fera voir le lycée sous un nouveau jour ! Nouvelle ville, nouvelle école, nouveaux amis, Alice n'a jamais eu peur du changement. Avec son caractère bien trempé, cette adolescente n'a pas sa langue dans sa poche. Mais lorsqu'elle apprend que dans son nouveau lycée, une étudiante disparue deux ans plus tôt lui ressemblait trait pour trait, Alice n'est plus si sûre d'elle. Elle devra faire face aux interrogations et aux regards des autres. Aidée par son nouvel ami, Alex, elle décide de découvrir le mystérieux lien qu'elle partage avec la jeune disparue. Mais cette enquête pourrait bien la mener tout droit dans la gueule du loup. Elle aura beau appeler à l'aide, sera-t-elle entendue ?


    Auteur : Liam Fost

     

    Edition : Inceptio

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 11 Janvier 2019

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Etant donné les 1ers chapitres, on s’attend à trouver un roman pour ado totalement prévisible.
    Alors non… et oui…
    Non dans le sens où l’intrigue est bien menée et que les indices sont donnés au compte-goutte et que nombre de « suspects » sont présentés, tout aussi crédible les uns et les autres.
    Par contre, pour d’autres éléments, comme pour la ressemblance entre Alice et la jeune fille disparue deux ans plus tôt, je n’ai pas mis bien longtemps à me douter de la vérité. De même, dès lors qu’on a passé la moitié du roman, il n’a pas été très difficile de trouver le coupable.
    Mais je suis une grande lectrice de thrillers, alors ceci explique peut-être cela, on finit par repérer certains schémas, et surtout, on cherche la petite bête dès les premières pages.
    Mais en dehors des éléments prévisibles ou imprévisibles, j’ai vraiment aimé la plume de l’auteur.
    Je n’ai pas vraiment apprécié Alice. Ok, c’est une ado alors je comprends l’addiction aux réseaux sociaux, le ras le bol face aux déménagements, et même le fait de ne se nourrir que de pizza à la moindre occasion, mais j’ai eu du mal avec la consommation excessive d’alcool (d’autant plus que c’est illégal à son âge), et sa moralité vis-à-vis des mecs (plus exactement le côté avoir ce que je veux à n’importe quel prix, même si je dois blesser quelqu’un au passage).
    Par contre, j’ai vraiment apprécié Alex. Même s’ils ne sont pas souvent d’accord et qu’ils ne cessent de se chamailler, il est toujours là pour aider Alice (et pour l’aider quand elle fait de mauvais choix… ce qui arrive relativement souvent).

    J’ai beaucoup aimé l’humour noir présent dans ce roman. Alice est coutumière des piques et de l’humour décalé.
    J’ai aussi apprécié que les ado ne soient pas des sortes de surdoués qui mènent à bien une enquête tous seuls, mieux que les autorités qui pataugent joyeusement et voient la situation sauvée par des gamins.
    Non, ici, ce sont des ados normaux, qui se posent certes des questions et qui essaient de comprendre assez maladroitement ce qui se passe, mais qui ne prenne pas la place de la police.
    J’admets que j’ai été plutôt contente de voir les adultes prendre les choses en main au lieu de ne servir strictement à rien comme dans bon nombre de roman young adult (ou pire, de mettre des bâtons dans les roues des ados qui ont tout compris, permettant ainsi au coupable de faire une nouvelle victime… si si, ça s’est vu !)

    J’ai aussi beaucoup aimé la fin que j’ai trouvée crédible même si on aimerait que certaines choses se terminent autrement.
    J’ai apprécié également que l’histoire ne s’arrête pas au moment où la police découvre l’identité du coupable, qu’on aille au-delà de ça, parce que c’est une chose que je regrette souvent dans les thriller, même pour adulte : le fait qu’on ne voit jamais ce qu’il se passe après l’arrestation (ou qu’on se débarrasse du problème en faisant mourir le coupable).
    Le seul reproche que j’ai à faire est que j’ai trouvé que les choses se réglaient un peu vite, mais d’un autre côté, une fois qu’on a le fin mot de l’histoire, ça peut se comprendre.
    Dans l’ensemble, ce que je retiens de cette lecture, c’est que j’ai passé un excellent moment avec un véritable page turner.

     

    Un extrait : Je me tourne vers mon radioréveil, il est minuit passé. J’aurais dû laisser Alex dormir ici, juste pour avoir une présence dans la maison, parce que je commence à baliser là. Je crois même avoir entendu un bruit.
    Oui, il y a quelqu’un en bas !
    Enfin, peut-être… Maintenant je n’entends plus rien. Mais je suis quasiment sûre d’avoir entendu quelque chose !
    Il faut vraiment que je demande à mon père d’installer une serrure à la porte de ma chambre. Je sors de mon lit et vais me cacher dans mon armoire. On ne sait jamais. Et cette porte qui fait du bruit ! Maintenant, c’est certain, le tueur sait où je le suis cachée ! Je ressors et me glisse sous le lit, ce qui me permet de vérifier qu’il n’y a pas de lumière sous la porte de ma chambre. En même temps, il peut porter des lunettes spéciales… Putain, je sens que je vais me pisser dessus ! Je serre les dents et essaie de ne pas faire le moindre bruit.
    Après plus d’une demi-heure en culotte et T-shirt sous mon lit, je commence à avoir un peu froid. Et puis je n’ai pas entendu d’autre bruit. Je ressors doucement, me jette sous ma couette et me cache en dessous. Il faut que je m’endorme et vite. Si je dois être assassinée, je préfère que ce soit dans mon sommeil.
    Et maintenant, l’image d’Alex avec cette Sydney me revient… Ça ou le tueur, je me demande ce que je préfère.

     

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  • [Livre] C'était un accident

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    Lecture terminée le
    : 05 mars 2020

     

    Résumé : Je m’appelle Prune. J’ai quatorze ans et quatre mois. Je suis hypersensible (il paraît), ROUSSE (je ne peux pas le nier) et accro aux listes (ma VIE). Je suis en internat depuis le mois de septembre (à ma demande) car je ne supportais plus de vivre avec mes parents et mes sœurs jumelles de cinq ans.
    Je ne le sais pas encore, mais dans quelques jours ma vie va basculer. Pas besoin de s’appeler Einstein pour deviner qu’il y aura un avant et un après et que l’enquête, que je mènerai pour comprendre, m’apportera plus que la vérité.


    Auteur : Isabelle Lagarrigue

     

    Edition : Librinova

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 13 Juin 2019

     

    Prix moyen : 14€

     

    Mon avis : Honnêtement, à la lecture du quatrième de couverture, je ne m’attendais pas à ce genre d’histoire.
    Déjà, je ne m’attendais pas à un roman sous forme de journal intime et de listes.
    J’ai beaucoup aimé Prune. Je l’ai trouvé vraiment mignonne. Elle est complexée par sa couleur de cheveux (quand on pense aux fortunes qu’on est capable de dépenser à l’âge adulte pour devenir ou rester rousse), exaspérée par ses sœurs jumelles de 5 ans et déteste son prénom.
    A à peine 14 ans, elle a choisi d’aller en pension pour ne plus avoir à vivre avec sa famille et surtout ses sœurs. J’ai trouvé dommage que ses parents mettent ça sur le compte de la jalousie et ne cherche pas à connaitre ses sentiments profonds sur la question parce que les raisons qu’à Prune de rejeter ses petites sœurs vont de la raison puérile (elles ont des prénoms « normaux ») à des raisons bien plus complexes.
    L’évènement tragique qui va bouleverser sa vie est raconté avec une grande sobriété.
    Et Prune, en plus de cet évènement qui est un véritable tsunami, va devoir gérer tous les aléas de la vie adolescente en parallèle : Notre amitié est-elle sincère ? Est-ce que je plais vraiment à ce garçon ?
    L’auteur a écrit une histoire vraiment crédible, Prune a les réactions normales de son âge et comme on lit son histoire à travers son journal intime, elle a parfois des pensées qu’elle n’admettrait jamais en public.
    J’ai beaucoup aimé aussi la compagne de chambre de Prune : Mathilda. Elle reste naturelle, ne montre ni sollicitude affectée, ni exaspération face aux sentiments de son amie, contrairement à d’autres qui semblent estimer que « bon, tu as eu ton quart d’heure mais là c’est bon, passe à autre chose ».
    J’ai eu un peu de peine pour la tante Sara-Line qui tente d’aider mais qui se montre si maladroite qu’elle provoque un certain rejet de la part de sa nièce.
    Dans ce roman, on voit que le manque de communication peut entraîner de sacré problèmes. Ainsi, parce qu’on ne lui dit pas les choses clairement, Prune se monte la tête et se torture l’esprit.
    Et puis, il y a Antoine. Il est tellement gentil et, en même temps, il est capable de rester silencieux, ou détaché, selon ce dont Prune a besoin à ce moment-là.
    La question du deuil est vraiment bien traité, on ne tombe pas dans le pathos et l’auteur a pris soin de traiter le regard des autres et la pression qui est mise pour agir comme chacun s’attend à ce qu’on agisse, puis à « guérir » au bout d’un temps imparti.
    J’ai adoré l’idée de Spring, son utilité, les interactions qu’il a avec Prune. Il va me manquer encore plus que les autres celui-là mais même s’il aide Prune à sa manière, j’ai eu l’impression que l’équipe de scientifique se servait d’elle pour ne pas avoir perdu leur temps sur ce projet, sans rien lui donner vraiment en retour.
    C’était un tout petit roman, mais qui raconte une histoire forte avec beaucoup de justesse et je ne peux que le recommander.

     

    Un extrait : Je suis rentrée chez moi pour les vacances de Noël.

    J’ai l’impression que rien ne change dans la maison. La vie de famille suit son cours avec les caprices d’Alpha et Bêta, mes sœurs jumelles de cinq ans et les effusions amoureuses de mes parents au milieu du salon.

    J’ai parfois l’impression d’être transparente.

    Ne devraient-ils pas être fous de joie de m’avoir auprès d’eux pendant les vacances ? Ne devraient-ils pas se disputer la place à côté de moi au petit-déjeuner en essayant de me tirer les vers du nez pour que je leur raconte ce qu’il se passe à l’internat ? C’est moi qui ai demandé à partir en pension, pas eux, que je sache. Ne devraient-ils pas être affligés que leur fille aînée préfère vivre ailleurs à quatorze ans que dans leur maison ?

    Mais non. En vrai, les petits déjeuners ressemblent plutôt à ça :

    Pap’s ne dit pas un mot. Il travaille de nuit dans un laboratoire et tient absolument à prendre le petit-déjeuner en famille avant d’aller se coucher. Son visage parle pour lui. C’est écrit en rides sur son front : « Suis crevé – Ne m’énervez pas ! ».

    Mam’s est concentrée sur un nouveau régime à base de raisins, de graines, d’herbe et d’un jus vert (qu’elle boit en faisant la grimace). Bon appétit.

    Et, Alpha et Bêta se chamaillent soit parce qu’Alpha trouve qu’elle a moins de jus d’orange que Bêta, soit parce que Bêta n’aime pas qu’Alpha la regarde comme ça.

    (NDM : Ambiance au top. Famille Incroyable. Talk Show sur nous soon !)

     

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  • [Livre] Nevermoor – T01 – Les défis de Morrigane Crow

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    Lecture terminée le : 04 mars 2020

     

    Résumé : Morrigane Crow est née le jour du Merveillon, ce qui signifie deux choses :

    1. Elle est maudite.
    2. Elle est condamnée à mourir à minuit le jour de ses onze ans.

    Son cercueil l'attend.

    Elle est sauvée in extremis par un homme étrange qui l'emmène dans le royaume magique de Nevermoor...


    Auteur : Jessica Townsend

     

    Edition : PKJ

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 Octobre 2019

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : En me lançant dans la lecture de ce livre que je voyais partout, je ne m’attendais pas à aimer autant ma lecture au point d’avoir un coup de cœur pour les aventures de Morrigane Crow.
    Morrigane est très résignée à son sort funeste, même si les « malheurs » qu’on lui impute ont le don de l’agacer.
    Si j’ai vraiment beaucoup aimé Morrigane Crow, j’ai également beaucoup d’affection pour plusieurs personnages tels que les habitants de l’hôtel et plus particulièrement Fen ainsi que le meilleur ami de Morrigane.
    Bien sûr j’ai apprécié Jupiter, mais il m’a rendue dingue avec ses manières désinvoltes. On a souvent l’impression qu’il n’est pas très sûr de comment il va bien pouvoir arranger les choses et qu’il joue un peu la vie de Morrigane aux dés.
    Pour être sauvée et intégrer la société à laquelle appartient déjà Jupiter et ainsi ne pas être renvoyée dans son royaume où l’attend une mort certaine, Morrigane doit passer une série de 4 épreuves.
    900 candidats pour 9 places, autant dire que les choses ne vont pas être faciles et que le fairplay ne sera pas souvent au rendez-vous.
    L’univers créé est très riche, et, à la fin de ce premier tome, je pense que je n’en ai pas encore découvert la moitié.
    Rien que l’hôtel de Jupiter doit encore nous réserver des surprises avec ses nombreuses pièces fermées et son aile sud interdite.
    Avec sa propension à changer de taille et de décoration au gré des humeurs de ses habitants, je me demande bien ce qu’il nous réserve.
    Tout au long du livre et des épreuves, une angoisse ne lâche pas Morrigane : La dernière épreuve, pendant laquelle elle devra présenter son « truc ». Or Morrigane, pas plus que le lecteur, ne sait pas quel peut bien être son truc, ni même ce que ce terme peut bien vouloir dire d’ailleurs. Elle ne sait pas du tout ce qu’elle doit faire et Jupiter, loin de répondre à ses questions, ne lui explique rien et balaie ses inquiétudes du revers de la main. Et comme par la même occasion, il ne nous explique rien à nous non plus, je ne l’ai pas porté dans mon cœur dans ces moments-là.
    Les épreuves étant très espacées les unes des autres (pour mieux laisser le temps aux participants de se remettre…. Ou d’angoisser ?), l’histoire s’étale sur plus ou moins une année.
    Je n’ai toutefois ressenti aucune longueur, aucune baisse de rythme, ni aucune baisse d’attention.
    Rien ne m’a moins plus dans cette histoire et je n’ai qu’une hâte, me plonger dans le tome 2 que je viens d’acheter au moment où j’écris ces lignes.

     

    Un extrait : — Morrigane n’a pas besoin d’aide, continua-t-il. C’est une enfant très intelligente. Elle a conscience de sa situation.

    L’assistante sociale jeta un coup d’œil à Morrigane, qui était assise sur le canapé à côté d’elle et tentait de rester tranquille. Ces visites traînaient toujours en longueur.

    — Monsieur le chancelier, sans vouloir paraître impolie… le temps presse. Les experts s’accordent tous pour dire que nous entrons dans la dernière année de cette Ère. La dernière année avant le Merveillon.

    Morrigane détourna les yeux vers la fenêtre, en quête d’une distraction, comme toujours quand on prononçait « le mot ».

    — Comprenez que c’est une importante période de transition pour…

    — Vous avez la liste ? la coupa Corvus sans cacher son impatience.

    Il indiqua du menton l’horloge au mur de son bureau.

    — Heu… Bien sûr.

    Avec des doigts tremblants, l’assistante sociale sortit une feuille de papier d’un dossier. Celle-là ne s’en tirait pas si mal, pensa Morrigane, étant donné que c’était seulement sa deuxième visite. La précédente parlait si bas qu’on l’entendait à peine, et si on lui avait imposé de s’asseoir à côté de Morrigane, elle aurait cru la fin du monde arrivée.

    — Puis-je la lire à voix haute ? Elle est très courte ce mois-ci… Bravo, mademoiselle Crow, dit la femme d’un ton sec.

    Morrigane la regarda avec des yeux ronds. On la félicitait pour quelque chose qui échappait totalement à son contrôle.

    — Commençons par les incidents demandant compensation : le Conseil de la Ville de Jackalfax demande sept cents kred pour les dommages causés sur un chapiteau par la grêle.

    — Je croyais que nous nous étions mis d’accord sur le fait que les catastrophes naturelles ne seraient plus attribuées à ma fille, intervint Corvus. Depuis cet incendie de forêt dans l’Ulf qui s’est avéré criminel. Vous vous en souvenez ?

    — Oui, monsieur le chancelier. Mais un témoin affirme que cette fois, c’est bien la faute de Morrigane.

    — Qui ? demanda Corvus.

    — Un employé de la poste a entendu Mlle Crow dire à sa grand-mère qu’elle appréciait le temps radieux qu’il faisait à Jackalfax.

    L’assistante sociale consulta ses notes.

    — La grêle est tombée quatre heures plus tard.

     

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  • [Livre] Le Wonderling

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    Lecture terminée le : 21 février 2020

     

    Résumé : Vous êtes-vous déjà retrouvé avec une créature fraîchement orpheline sur les bras ou dont personne ne veut ? Nous avons la solution !
    Bienvenue au Foyer pour Créatures Ingérables et Bâtardes, une institution dirigée par la redoutable Mlle Furonkle !
    Cette femme méchante et acariâtre considère que ses jeunes pensionnaires qui vivent dans la peur n’existent que pour souffrir et la servir. Hybrides mi-animaux, mi-humains, ces pupilles travaillent comme des forçats à l’école autant qu’à l’usine et ont l’interdiction de se livrer à des activités d’enfants de leur âge, et surtout de chanter ou de faire de la musique. Le Wonderling, sorte de renard à une oreille et au cœur pur et qu’on appelle Numéro 13 (d’après le médaillon avec lequel on l’a trouvé) à défaut de véritable prénom, n’a jamais connu d’autre maison. D’une timidité maladive, il prend pourtant la défense d’une jeune camarade oiseau, Babiole, qui va lui faire deux dons en retour : un vrai prénom – Arthur – … et une amitié indéfectible ! Tous deux vont parvenir à s’échapper du Foyer et vivre d’incroyables aventures au cours desquelles la formidable destinée d’Arthur va se révéler.


    Auteur : Mira Bartók

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 2019

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Dans l’univers de Mira Bartok, on trouve des créatures hybrides : mi-humaine, mi-animale, parfois mélange de plusieurs animaux.
    Numéro 13 est un hybride humain-renard pourvu d’une seule oreille. Il n’a jamais eu de prénom, porte un médaillon avec un 13 inscrit dessus et n’a jamais connu que l’orphelinat pour les créatures dans son genre, tenu par Mme Furonkle.
    Rien qu’au nom, on imagine bien le charmant caractère de la patronne.
    Ce foyer, et la manière dont les orphelins sont traités, rappelle un peu Oliver Twist : Tout y est, l’ambiance, les repas trop léger et immonde, le travail en usine…
    Petit rappel à Oliver Twist aussi avec un personnage que numéro 13 va rencontrer au cours de ses aventures : Quintus, son nouvel « ami », a un petit air de Fagin, même s’il est quand même plus sympathique.
    Une nouvelle arrivante au foyer, un petit oiseau sans ailes nommée Babiole, inventrice de génie, va le renommer Arthur, car elle est sûre qu’il va accomplir une quête.
    Le roman est divisé en 3 parties, chacune étant une étape de la quête d’Arthur. On peut vraiment parler de quête car, d’un voyage initial à la recherche de ses origines, l’aventure d’Arthur va le conduire à affronter un véritable complot.
    J’ai beaucoup aimé Arthur, un petit loulou sensible et aussi terrifié qu’une souris (dont il comprend le langage d’ailleurs) mais qui n’hésite pas à affronter ses peurs pour venir en aide aux autres.
    J’ai aussi vraiment appréciée Babiole. C’est une vraie pile électrique, dotée d’une véritable agilité malgré son absence d’ailes.
    A côté de cette histoire totalement géniale, le livre en lui-même est vraiment magnifique. Que ce soit la couverture, les pages annonçant les parties ou les diverses illustrations, c’est un ouvrage magnifique.
    Ce n’est pas ce à quoi j’attache le plus d’importance dans une lecture, mais il faut avouer que ça rajoute un certain plaisir.
    Dans plusieurs chroniques, j’ai lu « dans ce premier tome », cependant, je n’ai trouvé ni sur le livre, ni sur internet, de mention que ce livre soit le premier tome d’une saga plutôt qu’un one shot.
    La fin, que j’ai d’ailleurs beaucoup aimée, ne le laisse pas entendre davantage et, si on n’a pas absolument toutes les réponses à toutes les questions, ça ne m’a pas dérangée.
    La fin montre que la voie du changement a d’ores et déjà été empruntée.
    Quant à savoir où elle conduit… à chacun de faire parler son imagination !

     

    Un extrait : Beaucoup de noms lui avaient été donnés avant qu’il fût baptisé « Le Wonderling » : Tête-de-Boue, Crétin, Rampant et Crampon, pour n’en citer que quelques-uns. Ca ne l’ennuyait guère, même quand on l’avait surnommé « Rampant ». Non, le nom qu’il détestait réellement, c’était celui qu’on lui avait donné en premier, du moins dans son souvenir : Numéro 13. Ce n’était pas vraiment un nom. Juste un numéro écrit en rouge sur un morceau de papier, glissé dans un dossier lui-même rangé dans une pièce qui contenait des centaines de papiers et de dossiers. Ce numéro était gravé sur un petit médaillon en fer-blanc qu’il portait en pendentif au bout d’une ficelle. Il était aussi cousu à l’intérieur de sa chemise grise en lambeaux et de son pantalon gris élimé. Et il était peint sur son lit étroit et dur dans le dortoir, au milieu des lits d’autres créatures qui avaient au moins eu la chance d’hériter d’un nom à leur naissance.
    Numéro 13 ressemblait à un renard, mais se tenait sur ses pattes arrière comme un enfant et il ne possédait pas de queue à proprement parler. Ses yeux avaient une adorable teinte noisette et étaient pailletés d’or. Mais son regard indiquait que, malgré son jeune âge, il était en proie à un chagrin inexplicable.
    C’était une créature au cœur innocent. Mais quel genre de créature, exactement ? Malgré son visage de renardeau, son museau tenait davantage de celui du chien, et il avait quelque chose du lapin : son nez s’agitait lorsqu’il sentait approcher un danger, et il tremblait en entendant retentir la cloche de l’orphelinat. Mais son trait le plus singulier était sans contexte son oreille unique.
    Comment avait-il perdu une oreille (peut-être même était-il né sans), il n’en avait aucune idée. Son oreille droite, pointue comme celle d’un renard, était soyeuse comme le velours et recouverte d’une fourrure cuivrée comme le reste de sa personne à l’exception d’une petite tache blanche en forme de feuille sur sa poitrine. Si on exceptait son oreille manquante, Numéro 13 n’avait rien de singulier, du moins pas à première vue, puisqu’il vivait dans un monde où la frontière entre les humains et les animaux n’était pas clairement définie. Ce qui n’empêchait pas les gens de le trouver étrange.

    - Ca porte malheur, cette oreille, murmuraient-ils entre eux. Il doit être sourd comme un pot celui-là ! Et ce nom – Numéro 13 ! Il porte malheur, pour sûr !

    La nuit, il tentait de se rassurer, comme tous les enfants du monde vivant dans la peur. Il sortait de sous son oreiller un doux morceau de tissu bleu, qui n’était autre qu’un fragment de sa petite couverture de bébé. Il pensait deviner, brodé dans l’un des coins, un m minuscule, mais il n’en était pas certain, parce que le fil jadis doré s’était délavé avec le temps.
    Le morceau de tissu servait à protéger une minuscule clé dorée. Il ne savait pas ce qu’elle ouvrait, ni si elle avait un jour ouvert quoi que ce soit d’important – il savait juste que le chiffon et la clé étaient les seuls souvenirs de son premier foyer.

     

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  • [Livre] La légende des quatre – T03 – Le clan des serpents

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    Lecture terminée le : 17 février 2020

     

    Résumé : Les Yokaïs se regroupent pour lutter contre les humains, dans une guerre féroce et sanglante.
    Alors que le combat approche, Maya se révolte en pensant aux innocents qui vont mourir.
    La menace humaine est réelle, mais si elle venait également d’ailleurs ?


    Auteur : Cassandra O'Donnell

     

    Edition : Flammarion

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 20 Novembre 2019

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Dans ce 3ème tome, après le clan des loups et le clan des tigres, on en apprend un plus sur le clan des serpents.
    Autre clan, autres mœurs et celui-ci est un vrai panier de crabe où chaque membre obéi par peur en attendant de trouver le courage d’assassiner le roi en exercice, et pas forcément à la loyale comme ce serait le cas dans un défi lancé à l’Alpha du clan des loups par un de ses subordonnés. D’ailleurs, si la traitrise est vu d’un sale œil par les lupaï et les Taïgan, clairement chez les Serpaï, pas vu pas pris et si un serpaï réussi son coup, il gagne le trône sans plus de cérémonie.
    Du coup, les serpents ont une vie bien plus solitaire que les autres clans étant donné que les femelles sont aussi retorses que les mâles et n’hésitent pas à assassiner leur compagnon dans son sommeil pour atteindre le pouvoir.
    C’est dans le clan des serpents que l’on entend parler pour la première fois de manière très claire de la « maladie » qui frappe les Yokaï, souvent les plus âgés. Une maladie qui leur fait perdre leur part d’humanité et agir comme des bêtes sauvages sans conscience.
    Les Yokaï, par nature ennemis les uns des autres, ont décidé de lancer un plan, d’extermination de la race humaine et donc d’allier les forces des différents clans pour ce faire.
    Mais tout le monde n’accepte pas cette éradication, ce qui risque de provoquer quelques dissensions.
    Wan se montre plus humain quand il est avec Maya, même s’il s’en défend vertement, et cela n’échappe pas à son clan. Après, est ce que ça le rend plus faible ou plus fort, là est toute la question.
    J’ai vraiment aimé que Maya reste fidèle à ses convictions, même si elles ne font pas l’unanimité parmi les Yokaï, et aussi qu’elle tienne tête à son alpha de père et à Bregan, qui s’est plus ou moins autoproclamé roi des Taigan, qui l’enfermeraient volontiers sous une jolie cloche de verre pour la protéger si elle se laissait faire.
    On peut pratiquement dire qu’elle est seule contre tous, car, même ceux qui ne sont pas contre ses idées, ne veulent pas qu’elle prenne de risque pour les imposer. Cependant elle reste celle qui défend le plus ses convictions, ne faisant des concessions qu’à contrecœur.
    Remarquez, que je ne suis pas forcément une pro-humain dans cet univers. Enfin pas tellement des humains en eux même, mais les masses sont manipulés et contrôlé par cette espèce de groupe anti-Yokaï, Résilience, qui ne respecte même pas sa propre espèce, qui n’est motivé que par l’argent et le pouvoir et qui eux, méritent amplement l’éradication.
    Autre chose que j’ai beaucoup aimé dans ce tome, c’est qu’on commence à avoir un aperçu du clan des aigles. Comme il vit dans les hauteurs et ne se mêle pour ainsi dire pas aux autres, il reste très mystérieux.
    D’eux on ne connait finalement que Nel, qui ne semble pas être une fidèle représentante des mœurs de sa race, et la Reine et mère de Nel, Aeyon, qui était déjà pénible, rigide et vindicative mais qui depuis semble avoir carrément tourné psychopathe ! Avec une telle mère, Nel a bien du mérite de ne pas être plus perturbée (et perturbante) que ça !
    J’ai vraiment le sentiment que Nel va devoir supporter de lourdes responsabilités et prendre une décision bien difficile pour son âge (même si les aigles semblent mûrir plus vite que les autres Yokaï). Vu les quelques échanges auxquels ont assistent entre la mère et la fille, j’ai vraiment très envie d’en découvrir plus sur leur clan.
    La guerre qu’ont déclenché les clans (eux diront sans doute que ce sont les humains qui l’ont déclenchée) ne va pas être de tout repos et les humains semblent bien décidés à vendre chèrement leur peau. Les Yokaï ne vont pas traverser ces combats sans lourdes pertes et je ne suis pas sûre qu’ils s’attendaient à une telle résistance.
    Du coup, à présent, j’ai vraiment hâte de lire le 4ème et dernier tome, (qui, à l’heure où j’écris cette chronique devrait sortir dans quelques mois) autant pour en savoir plus sur le clan des Rapaï que pour connaitre la fin de toute cette histoire.

     

    Un extrait : Le jour était levé depuis de nombreuses heures lorsque le chariot était entré sur les terres frontalières qui longeaient le territoire des loups. Le cœur battant, la gorge sèche, les yeux scrutant avec anxiété le chemin qui défilait sous les sabots des chevaux, les occupants du chariot avaient roulé depuis, sans faire de halte ni prendre le moindre repos.

    — Tu entends ces hurlements ? demanda Ronan, le regard braqué sur la forêt qui se dessinait au loin, trop proches, nous sommes trop proches…

    — Tiens, bois un coup, ça te détendra, affirma Bert, son compagnon de voyage, un petit homme au front dégarni et aux joues creuses, en lui tendant sa gourde de vin.

    Ronan prit la gourde et but une gorgée sans relâcher son attention. Il avait de bonnes raisons d’être inquiet. La semaine précédente, les Yokaïs avaient attaqué tous les villages situés à proximité de leurs terres et on racontait qu’ils venaient à présent de s’emparer de la petite ville de Tedeskah.

    — Je savais que ça finirait mal ! On leur avait dit qu’il fallait être complètement fou pour défier les bêtes, mais penses-tu qu’ils nous ont écoutés ? Non, non, bien sûr que non, pourquoi l’auraient-ils fait ? Après tout, on n’est que des frontaliens ! grogna Ronan dans sa barbe.

    — Ces gens n’ont même jamais croisé un Taïgan ou un Serpaï de leur vie, alors comment voulais-tu qu’ils comprennent ? soupira Bert.

    Non, ceux qui habitaient les grandes cités n’avaient pas compris. Ils n’avaient pas écouté les frontaliens, les habitants qui résidaient dans les villages situés aux limites des terres Yokaïs, quand ils leur avaient expliqué à quel point les bêtes étaient puissantes et dangereuses. Et à présent, il était trop tard. « Petite colline », « Grande prairie », « Terre fertile », « Grand bosquet » et tous les autres bourgs frontaliens avaient disparu…

    — Ne leur cherche pas d’excuse, on les avait avertis du danger ! On leur avait dit ce qui allait se passer ! C’est leur faute ! Tu n’étais pas là, mais moi j’ai vu, j’ai vu les cadavres mutilés de ces pauvres gens, j’ai vu les mères regarder en hurlant les bêtes dévorer leurs enfants !

    Le ton de Ronan était si amer qu’il pouvait pratiquement sentir un goût acide lui brûler la langue. Caché en haut d’un arbre, il avait miraculeusement échappé au massacre de « Grande prairie », mais les scènes atroces auxquelles il avait assisté hantaient chacune de ses nuits et il se réveillait tous les matins en tremblant, le front couvert de sueur et des larmes coulant sur ses joues.

     

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  • [Livre] Anne de Green Gables

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    Lecture terminée le : 17 octobre 2020

     

    Résumé : Née en Nouvelle-Écosse. Orpheline à trois mois. Anne est récupérée par une série de familles d'accueil. Malgré la pauvreté, elle parvient à s'évader de sa sombre existence grâce à son imagination débordante. Elle lutte pour rendre les circonstances acceptables. recherche des âmes sœurs et trouve dans les livres une certaine consolation, tout en rêvant de fonder un jour sa propre famille. Curieuse, inventive, amoureuse de la vérité, Anne fait déjà preuve du sens de l'émerveillement et de l'espoir qui la caractériseront sa vie durant.


    Auteur : Lucy Maud Montgomery

     

    Edition : Monsieur Toussaint Louverture

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 22 Octobre 2020 (1ère édition : 1908)

     

    Prix moyen : 16,50€

     

    Mon avis : De l’histoire d’Anne Shirley, je connaissais le film « le bonheur au bout du chemin » de 1985 et la série Netflix « Anne with an E », mais je n’avais jamais lu les livres. Quand les éditions Monsieur Toussaint l’ouverture a décidé de rééditer cette série avec une nouvelle traduction, j’ai sauté sur l’occasion et j’ai postulé à une masse critique privilégiée de Babelio pour le recevoir.
    Je ne peux donc pas faire de comparaison entre l’ancienne et la nouvelle traduction.

    Il y a vraiment longtemps que je n’ai pas revu le film, donc je ne me souviens pas vraiment de ce qu’il s’y passe mais j’ai trouvé qu’à l’exception de quelques modifications importantes, certes, mais qui ne dénaturent pas le roman, la série était assez fidèle à ce premier tome. En réalité, quand on y regarde de plus près, les modifications, à l’exception d’une, font en sorte de rendre la série plus dure, plus sombre que le livre qui reste vraiment très léger.
    Ainsi, Gilbert est un adolescent et n’a pas déjà un pied dans l’âge adulte, Les personnages des amis noirs de Gilbert et de l’ami homosexuel d’Anna n’existent pas, tout comme la communauté indienne : ces divers personnages ont été créés par la série. L’ile du prince Edward est profondément attachée aux traditions et à la religion, et il est probable qu’ils n’auraient pas acceptés des personnes aussi différentes d’eux. Si ces modifications étoffent la série et lui donne de la profondeur, je n’ai pas trouvé que ça rendait le livre plus fade ou moins attrayant. Juste un peu différent.
    Pour donner un exemple qui ne spoile ni l’un ni l’autre, dans la série, Anne ignore tout de ses parents biologique et la recherche de son passé est une grande part de ses recherches et interrogations, alors que dans le livre elle connait leurs noms et professions avant même d’arriver à Avonlea.
    Anne est vraiment une fillette adorable, même si on a parfois envie de lui faire un nœud à la langue pour la faire taire ! Il est dommage qu’elle soit si complexée par ses taches de rousseur et ses cheveux roux car elle semble vraiment être mignonne comme tout et elle se complique la vie en faisant une fixation sur ce point-là.

    Le livre met moins l’accent que la série sur la mauvaise opinion qu’ont les membres de la communauté d’Avonlea sur les orphelins. A part une ou deux remarques de Mme Lynde au début du livre, Anne n’a pas à subir d’acharnement, y compris de la part de ses camarades de classe puisqu’elle se révèle plutôt populaire.
    Par contre il y ait fait souvent allusion des mœurs de l’époque dont certaines prêtes à sourire : une jeune fille n’a pas le droit de relever ses cheveux avant 17 ans, il est très mal vu de le faire avant cet âge. Pas de prétendant avant 15 ans. Et, certainement ce qui m’a le plus fait sourire, les filles essaient de convaincre leur mère de les laisser rallonger la longueur de leur robe, puisque c’est un signe de l’âge adulte, tandis que de nos jours, les adolescentes auraient plutôt tendance à essayer de convaincre leur parents que « Mais non, ce n’est pas trop court ! »
    Anne est certes fantasque, bavarde, un peu tragédienne, mais pour une gamine qui n’a été que très occasionnellement envoyée à l’école, elle a une grande culture et un vocabulaire très étendu. Certes, il est souvent trop soutenu et pas forcément adapté aux circonstances, mais il est toujours correctement employé.

    Connaissant l’évènement qui doit se passer à la fin du livre et qui propulse Anne pleinement dans l’âge adulte, autant vous dire que j’ai commencé à pleurer trois chapitre avant que cet évènement n’arrive.
    Même si je ne suis pas une grande fan de hard back, je trouve que la lecture est plus confortable avec une couverture souple, je pense me procurer toute la saga dans cette réédition au fur et à mesure de ses sorties. Je trouve le rapport qualité/prix vraiment très bon et je ne m’attendais vraiment pas à ce qu’une édition de cette qualité (même si je suis tombée sur une coquille qui m’a fait avaler ma salive de travers et tousser pendant si longtemps que je suis étonnée de pas avoir vu débarquer une brigade anti-covid chez moi) fasse ce prix-là.
    Hâte de découvrir la suite !

     

    Un extrait : Le supplice de parler le premier fut épargné à Matthew car, ayant aussitôt compris qu’il venait vers elle, la fillette s’était levée, avait saisi de l’une de ses fines mains sales les poignées d’un sac en tapisserie usé jusqu’à la corde, et lui avait tendu l’autre.
    «  Je suppose que vous êtes Monsieur Matthew Cuthbert de Green Gables, dit-elle d’une voix particulièrement douce et claire. Je suis très heureuse de vous voir. Je commençais à craindre que vous ne veniez pas me chercher et j’imaginais tout ce qui aurait pu vous retenir. J’avais décidé, si vous ne veniez pas ce soir, de longer la voie jusqu’à ce grand merisier là-bas, dans le virage, et de grimper dedans pour y passer la nuit. Je n’aurais pas eu peur du tout, et ça aurait sans doute été charmant de dormir dans cet arbre avec ces fleurs blanches au clair de lune, vous ne pensez pas ? Ça aurait été comme vivre dans un temple de marbre, non ? et puis j’étais certaine que si vous n’étiez pas venu me chercher ce soir, vous seriez venu demain matin. »
    Matthew avait gauchement pris la petite main toute maigre dans la sienne et immédiatement su quoi faire. Il ne pouvait pas dire à cette enfant aux yeux brillants qu’il y avait eu une erreur ; il allait la ramener à la maison et laisser à Marilla le soin de le faire. Peu importe l’erreur, on ne pouvait pas la laisser à Bright River de toute façon, alors questions et explications pouvaient tout aussi bien attendre son retour dans le giron de Green Gables.

     

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