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Jeunesse

  • [Livre] Une robe couleur du temps – T03 – Cléopâtre Reine du Nil

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    Résumé : Après ses aventures à bord du Titanic et à la cour de Marie-Antoinette, Louise Lambert n’a qu’une idée en tête : retourner à la boutique des Fashionistas Voyageuses, pour embarquer à nouveau vers une époque mythique. Mais cette fois, c’est en fouillant dans les affaires de sa mère qu’elle découvre un objet inattendu : un pendentif frappé à l’image du célèbre magasin, et que seules les fondatrices ont le droit de porter. Sa mère aurait-elle aussi vécu des histoires extraordinaires? Lui aurait-elle caché ce secret ? C’est sur le tournage d’un film pharaonique, puis au pays de la reine Cléopâtre, que Louise va élucider cette énigme !


    Auteur : Bianca Turetsky

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 13 Août 2014

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : Ce roman est le troisième et dernier tome de la série et, quand on voit la fin, il semble évident que l’auteur avait l’intention d’écrire d’autres opus, mais, depuis 2013, année de la sortie en VO de ce troisième tome, la série semble abandonnée.
    Heureusement, chaque tome va jusqu’au bout de son histoire et, même si on reste un peu sur sa faim sur certains détails de la vie de Louise, cet abandon de série ne provoque pas une trop grande frustration.
    Dans ce tome, on se retrouve dans l’Egypte ancienne, au temps de Cléopâtre. Comme on ne possède guère de certitudes historiques sur cette période, les quelques libertés prises par l’auteur, qui admet par exemple avoir déplacé dans le temps certains évènements pour pouvoir les intégrer au voyage de Louise, sont moins dérangeantes que dans le tome précédant qui se passait dans le Versailles de Marie-Antoinette.
    Ce voyage-ci est quelque peu particulier. D’abord, Louise est dans un état d’esprit particulier puisqu’elle découvre dans les dernières pages du tome précédent et les premières de ce tome-ci que sa mère a elle-même été une fashionista voyageuse. Ensuite, Il n’était pas vraiment prévu que Louise se retrouve au cœur de l’Egypte ancienne. En effet, sa destination est avant tout le tournage du film Cléopâtre, sur lequel Liz Taylor et Richard Burton se sont rencontrés.
    C’est en découvrant sa nouvelle destination que Louise va accidentellement se retrouver plonger dans la vraie vie de la dernière reine d’Egypte.
    Le moins qu’on puisse dire, c’est que Louise n’a jamais été en aussi grand danger. En effet, intrigues politiques, trahisons, ou simple mépris pour la vie humaine, la vie à la cour de Cléopâtre n’est pas de tout repos, encore moins quand on est une servante, fut-elle la préférée de la souveraine. Louise va vite se rendre compte que sa vie ne tient qu’à un fil, celui des caprices de sa reine.
    J’ai beaucoup aimé la période passée en Egypte, mais j’ai regretté que la partie passée sur le plateau de cinéma soit ainsi survolée.
    Même si l’histoire va jusqu’à son terme, il est dommage que l’auteur n’ait pas continué sa série et nous laisse sur la question de l’avenir de Louise au sein des fashionistas voyageuses.
    Cependant, chaque tome étant toujours plus ou moins construit de la même manière, je pense que la série aurait rapidement fini par s’essouffler et ce n’est pas plus mal que tout s’arrête à son apogée. J’aurais peut-être juste aimé une fin plus définitive, plus tranchée.

     

    Un extrait : Ce dernier quart d’heure, l’axe autour duquel tournait le monde de Louise, s’était complètement renversé. Pour une raison inconnue, sa mère possédait un collier identique à ceux portés par Marla et Glenda, les stylistes magiques des Fashionistas Voyageuses. C’était un bijou tellement unique, cela ne pouvait pas être une simple coïncidence ! Sa propre mère, celle qui passait son temps à critiquer sa collection vintage, qui essayait toujours de la traîner dans des magasins barbants et qui avait failli lui interdire de se rendre à la première vente des Fashionistas Voyageuses ! La voilà qui se retrouvait, elle ne savait trop comment, sur une vieille photo jaunie toute froissée, vêtue d’une longue robe blanche ancienne ornée de festons de dentelle, avec une carriole tirée par des chevaux en arrière-plan. Elle pensait que sa mère était vieille, d’accord, mais pas à ce point-là ! À moins que ce cliché n’ait été pris lors d’une fête de village ou dans un studio de cinéma, sa mère tellement anglaise, toujours en twin-set impeccable, pouvait fort bien être une Fashionista Voyageuse elle-même !

    Ce n’est donc pas dans ta famille ?

    C’était la question que lui avait posée Stella, une Fashionista Voyageuse de treize ans, en plein milieu de la galerie des Glaces à Versailles. Et elle lui trottait sans arrêt dans la tête, comme un écho. Mais l’arrière-grand-tante au deuxième degré de Stella était Coco Chanel ! Et la mère de Louise était juste… sa maman. Du moins, c’était ce qu’elle croyait, jusqu’à ce soir. Il semblait que l’histoire de sa mère était bien plus intéressante que Louise ne l’aurait imaginé. Fébrile, elle remonta son édredon jusqu’à son cou, en essayant de concilier l’image familière d’une maman chic et guindée qu’elle croyait connaître avec une Victoria Lambert souriante en vêtements vintage sur une photo noir et blanc. Impossible !

     

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  • [Livre] Une robe couleur du temps – T02 – Au palais de Marie-Antoinette

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    Résumé : Avec un peu de magie, les désirs deviennent réalité. Louise le sait bien. Et en ce moment, ce que désire Louise, c'est partir en France, le pays des grands couturiers. Mais avec un père au chômage, adieu les projets de voyage !
    Adieu Coco Chanel, Yves Saint Laurent et Christian Dior !
    Pour se consoler, Louise retourne dans la boutique des Fashionistas voyageuses; elle est loin de se douter qu'en enfilant une vieille robe, c'est à Versailles qu'elle va être propulsée, à l'époque de Marie-Antoinette et des débuts de la mode. Le rêve !
    Hélas, la vie à la cour n'est pas vraiment rose. Le château grouille d'intrigues et la Révolution est dans l'air. Si elle veut revenir avec la tête sur ses épaules, Louise va plus avoir besoins d'aide que de rubans et de dentelles.


    Auteur : Bianca Turetsky

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 04 juillet 2012

     

    Prix moyen : 13€

     

    Mon avis : Dans ce second tome, nous retrouvons Louise dont la famille traverse une crise financière. Son père ayant perdu son travail, voilà Louise contrainte de renoncer au voyage scolaire à Paris. Son rêve ! Sans être égoïste, Louise est très déçue et ne mesure pas bien les possibles conséquences de la perte d’emploi de son père sur la vie quotidienne de la famille. Mais bon, il faut dire qu’elle n’a que 12 ans !
    Heureusement, la prochaine vente des fashionatas est là pour lui changer les idées.
    Déjouant la vigilance des étranges vendeuses qui ont déclaré que ce n’était pas le moment pour ce voyage, Louise enfile une robe du XVIIIème siècle et la voilà transportée à Versailles, dans la peau de Gabrielle de polignac, aux côtés d’une Marie-Antoinette de 15 ou 16 ans.
    Alors commençons d’emblée par les points qui m’ont dérangée. Ou plutôt le point, essentiel, qui est le manque de recherches de l’auteur sur l’Histoire de France. A l’instar de bon nombre d’américains, il semblerait que Bianca Turetsky pense que survoler cette période de l’histoire suffit à écrire un livre qui s’y déroule. Cela donne tout un tas d’inexactitudes, toutes plus agaçantes les unes que les autres. Pour n’en citer que quelques-unes : Marie-Antoinette, donc âgée de 16 ans à peu près, dauphine de France, passe son temps au petit Trianon avec ses amies la princesse de Lamballe et la duchesse de Polignac. Donc déjà là, on a trois inexactitudes. Marie-Antoinette était reine quand son époux lui a offert le petit Trianon, puisqu’il a dû attendre la mort de son grand-père pour lui offrir ce lieu qui était la demeure des favorites. Ensuite, elle était reine aussi quand elle rencontre Gabrielle puisque celle-ci n’a fait son apparition à la cour qu’en 1775. Enfin, Gabrielle n’est devenue duchesse qu’en 1780.
    Plusieurs fois, on appelle Marie-Antoinette « madame déficit », surnom qui ne lui été donné que bien après son accession au trône.
    Enfin bref, erreurs et exagérations s’accumulent et j’ai vraiment été frustrée de voir à quel point l’Histoire a été malmenée par ce livre.
    En dehors de ces considérations historiques, j’ai trouvé que, par rapport au premier tome, l’écriture de l’auteur s’est nettement améliorée. Elle donne plus de profondeur à ses personnages, chose qui manquait vraiment.
    Lors de son voyage, Louise va relativiser sa situation. Ne pas pouvoir aller en voyage scolaire n’est rien à côté des souffrances du peuple français qu’elle découvre lors d’une visite à Paris.
    Elle va comparer l’attitude des grands du royaume, qui « plaignent » le peuple mais font semblant de ne pas voir ceux qui implorent pour de l’aide, à l’attitude des gens en général à son époque, qui pleurent devant les documentaires montrant la pauvreté mais qui oublient les mêmes personnes tant qu’ils ont leur petit confort.
    Cette prise de conscience de Louise des différentes classes sociales est très bien décrite.
    La fin du roman nous laisse sur quelques interrogations : que cache la mère de Louise ? Qui sont les autres fashionatas voyageuses dont Stella, la jeune fille que rencontre Louise, lui a parlé ? Et Louise va-t-elle construire quelque chose avec le cousin de sa meilleure amie, aussi passionné de vintage qu’elle-même ?
    J’espère que toutes ces réponses seront dans le prochain tome et que celui-ci sera plus précis concernant le contexte historique dans lequel il se déroulera.

     

    Un extrait : Louise Lambert se réveilla en sursaut. Elle était en sécurité, dans son lit.

    Les tonalités sombres d’une pièce de musique classique emplissaient sa chambre. Comment cela se faisait-il qu’on était déjà le matin ? Elle se frotta les yeux du revers de la main et bâilla. Parfois ses rêves étaient si mouvementés que Louise avait l’impression de ne pas pouvoir dormir du tout. Elle jeta un coup d’œil à son radio-réveil luminescent : 7 h 17. L’heure de démarrer une nouvelle journée d’école.

    Louise aimait se réveiller aux sons d’une symphonie. Ainsi pouvait-elle prolonger un peu le monde de ses rêves, sans être brutalement rappelée à la réalité. Elle était alors transportée quelque part, n’importe où. Elle se remémora ses aventures nocturnes et eut, sur-le-champ, le sentiment de se retrouver dans cette pièce tapissée de brocart bleu, se cramponnant à la robe ivoire que les femmes lui avaient retirée, représentant sa vie passée, si loin de chez elle. Mais dans quelle maison exactement ? Et quelle vie passée ? Ces femmes dans les bois donnaient la chair de poule, et voulaient la transformer en une autre personne. Pourtant, à la fin, ce n’était pas tout à fait un cauchemar, parce qu’elles lui faisaient revêtir une robe encore plus somptueuse que la sienne et la paraient de bijoux. Elle aurait juré sentir encore le chatouillement de leurs mains gantées de soie qui lissaient doucement ses cheveux en arrière. Cependant elle gardait de toute la scène un sentiment de malaise. D’où venaient donc ces images ? se demanda-t-elle en se calant contre ses oreillers en plume. Elle sortit son journal relié en cuir rouge vif et ses stylos de couleur du tiroir de sa table de nuit, puis commença à tracer une esquisse de la robe bleu-vert pâle avec sa jupe à crinoline et son corset ajusté avant qu’elle ne s’efface complètement de sa mémoire. Elle aurait peut-être pu trouver quelque chose de similaire dans son dictionnaire illustré du vintage, qu’elle surnommait avec gourmandise sa « bible de la mode ». Elle se mit à feuilleter les pages écornées de Comment bien acheter vintage : le guide essentiel de la mode, où défilèrent les imprimés multicolores de Missoni et les créations excentriques d’Elsa Schiaparelli…

     

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  • [Livre] Nos âmes jumelles

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    Résumé : L'une est blonde, l'autre brune. L'une solaire et populaire, l'autre timide et solitaire. Sonia dite Yuna écrit pour une association, Trames, qui publie un fanzine. Elle y rencontre Lou-Tiamat, qui s'affirme dans l'art du dessin suite au divorce brutal de ses parents. Leur amitié virtuelle se double d'échanges sur leurs créations et leur vie affective. Jusqu'au jour où les deux jeunes filles se rencontrent un week-end autour d'un projet…


    Auteur : Samantha Bailly

     

    Edition : Rageot

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 27 Mai 2015

     

    Prix moyen : 13€

     

    Mon avis : Sonia et Lou n’ont rien en commun au premier abord : l’une est blonde, populaire, en première L, dotée de parents baba cool pour lesquels aucune contrainte n’est envisageable, l’autre est brune, timide, solitaire, un poil harcelée au lycée, en première S, et pourvue d’une mère rigoriste qui ne pense qu’à la contrôler par tous les moyens possibles.
    Et pourtant, les deux filles ont une passion commune : l’art. Le dessin pour Lou, l’écriture pour Sonia : passions certes différentes mais complémentaires, la première illustrant les histoires de la seconde.
    Mais leurs points communs sont plus nombreux qu’il n’y parait. Chacune souffre de l’attitude de ses parents. Lou est étouffée par sa mère qui ne la laisse jamais respirer, contrôlant le moindre de ses faits et gestes. A l’inverse Sonia se sent abandonnée par ses parents avec qui elle vit comme avec des colocataires. L’attitude de ces derniers l’ayant poussée à demander à entrer en internat pour avoir un cadre plus délimité, des repères.
    Il faut dire que les parents en tienne une couche chacun dans leur genre. On peut se dire que les adolescents ne sont jamais contents, mais là, un juste milieu serait appréciable dans l’attitude des uns et des autres. Surtout côté parental, parce que dans ce livre, les seuls à faire des efforts ce sont les ados. Quoi que la mère de Lou va évoluer bien plus que les parents de Sonia au fil de l’histoire.
    J’ai trouvé que l’auteur décrivait parfaitement la cruauté et, n’ayons pas peur des mots, la stupidité de certains ados, hélas nombreux, qui pensent que seule leur vie est la norme, que tous ceux qui ont des passions différentes, des facilités ou des difficultés, peu ou beaucoup d’interactions sociales méritent de se voir mis à l’écart, moqués ou insultés.
    Que ce soit du côté de Lou, taxée d’être une intello (insulte suprême a priori chez les moins de 18 ans…) ou du côté de Sonia avec son meilleur ami qui subit insultes et moqueries du fait de son homosexualité, le harcèlement « ordinaire » est bien décrit.
    L’auteur parle aussi des rencontres via internet. Si Sonia et Lou développe une belle amitié, la révélation sur l’identité d’Eru m’a vraiment surprise, je ne m’attendais pas du tout à ça ! Mais heureusement que les filles sont unies, ça leur permet d’avancer quoi qu’il arrive.
    Le point le plus mis en avant dans ce livre est la nécessité de s’accrocher si on veut atteindre ses rêves parce que tout ne vous sera pas servi sur un plateau d’argent et surtout, il ne faut pas avoir peur de rêver.
    Comme le disait Oscar Wilde : « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles ».
    Le livre aurait pu se suffire à lui-même, d’autant plus que, en tête de chaque chapitre, une citation de Lou ou de Sonia nous raconte comment les choses se passent pour elles 10 ans après leur rencontre. Mais l’auteur a décidé de faire de son roman une trilogie. Il me reste donc deux tomes à lire qui correspondront respectivement à l’année de terminale et la première année de fac des filles. Je suis impatiente de me replonger dans l’univers de Lou et So.

     

    Un extrait : Assise sur le rebord de son lit, Sonia feuillette son ancien agenda, un épais carnet rouge. Elle sourit en voyant se succéder les devoirs, les gribouillis, les longs mots rédigés dans des couleurs fluo. Il est temps de se tourner vers cette nouvelle année scolaire. La rentrée, cette rentrée tant attendue. Première L.

    Elle a choisi option arts, esquivant avec soulagement les pénibles mathématiques qui faisaient chuter sa moyenne générale.

    À présent, elle va se concentrer sur ce qui l’intéresse le plus : la littérature.

    Elle range le vieil agenda dans le tiroir de son bureau, puis s’empare de son successeur. Flambant neuf, d’un bleu laqué parcouru de reliefs, pourvu d’une reliure ouvragée. Il ressemble à un véritable livre. Pour le reste, toujours le même sac élégant, des feuilles volantes, des pochettes cartonnées usées, quelques stylos se battent en duel. Elle range les fournitures, puis vérifie une dernière fois sa valise. Des vêtements pliés approximativement, sa trousse de toilette, une serviette de bain. Tout semble y être.

    À présent qu’elle a bonne conscience, elle ouvre son ordinateur portable. Ses doigts agiles tapent immédiatement sur Google : Fanzine Trames.

    Le site internet apparaît, interface agréable, design épuré. Depuis plusieurs semaines, elle s’y rend chaque jour, et connaît les rubriques par cœur : Association, Galerie, Textes, Fanzines, Forum, Boutique. Elle a découvert le concept du fanzine au gré du Net, en cherchant des conseils sur l’écriture. Fanzine est la contraction de fanatic magazine, autrement dit un magazine réalisé par des amateurs passionnés. Cela tombe bien : elle est ET amateur ET passionnée.

    Elle hésite. L’icône de son document Word la nargue. Cela fait un moment à présent qu’elle songe à mettre son poème sur le forum, rien que pour obtenir un avis, pour voir s’il suscite des réactions. Mais elle a peur. Et si tout le monde détestait ? Lui jetait au visage qu’elle n’a aucun talent ? Cela anéantirait le rêve qui l’habite depuis le début du collège, celui qu’elle note avec application sur chaque feuille d’orientation.

     

    Quel métier envisagez-vous plus tard ?

    Écrivain.

     

    Soudain, on frappe à la porte.

    – So ?

    Son père.

    – Oui, tu peux entrer.

    Il pousse le battant, dévoilant son visage dévoré par une barbe qui s’éternise depuis quelques jours.

    – Qu’est-ce qu’il fait sombre ici !

    Il presse l’interrupteur, et les lampes tendues d’abat-jour colorés s’allument.

    – Qu’est-ce qu’il y a ? demande Sonia, agacée d’être dérangée.

    – Tu es prête pour demain ?

    – Oui.

    – Tu as fait des courses avec maman ?

    – Non, elle n’a pas eu le temps.

    Il fronce les sourcils. Sonia explique :

    – Elle a dû emmener Lucky chez le vétérinaire.

    Lucky, l’un des très nombreux chats de la maison. Sa mère n’a pas un métier classique : elle élève des persans. Matthieu, le meilleur ami de Sonia, est fasciné par cette famille atypique. Une mère qui a toujours un chaton à vous placer entre les bras. Un père régisseur lumière dans un théâtre parisien, qui ponctue les repas d’anecdotes sur la capitale, les caprices et/ou les talents des comédiens. Mais ce que Sonia perçoit surtout, c’est sa mère plus investie dans l’achat du prochain griffoir que dans son orientation.

     

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  • [Livre] Moi Simon, 16 ans, Homo Sapiens

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    Résumé : Simon Spier, 16 ans, est gay. Personne n’est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c’est bien à l’abri derrière l’écran de son ordinateur. C’est sur un chat qu’il a « rencontré » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui. Simplement :

    1/ Ils fréquentent le même lycée.

    2/ Blue est irrésistible.

    3/ Il l’apprécie énormément. (Pour être tout à fait honnête, Simon commence même à être un peu accro.)

    Simon commet alors une erreur monumentale : il oublie de fermer sa session sur l’ordi du lycée. Résultat ? Martin, un de ses camarades de classe, sait désormais que Simon est gay. Soit Simon lui arrange un coup avec sa meilleure amie, soit Marin révèle son secret à la terre entière. Problème réglé ? Pas si sûr…


    Auteur : Becky Albertalli

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 15 Avril 2015

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Franchement, j’ai trouvé ce livre plaisant à lire mais loin d’être aussi bien qu’on pourrait s’y attendre en voyant les avis des lecteurs. Pour moi, le fait qu’il mette en scène un homosexuel en personnage principal ne suffit pas à faire de lui un livre exceptionnel.
    J’ai trouvé que l’entourage de Simon était trop stéréotypé, comme si l’auteur avait besoin de personnages ayant des caractéristiques particulières pour que son personnage gay devienne normal. Je ne pense pas qu’il avait besoin de ça, au contraire. Là on dirait qu’il dit : bon, ok, les gay c’est pas normal, essayons de le normaliser. J’aurais nettement préféré que Simon évolue dans un groupe constitués de plus de mecs blanc hétéros, pour bien montrer que rien ne le distingue d’eux, hormis son orientation sexuelle.
    Par exemple, Simon a une excellente amie, douée, talentueuse et qui est, bien malgré elle, le départ de ses ennuis. Mais pourquoi l’auteur ressent-il le besoin de rappeler à tout bout de champs qu’elle est noire ? Comme si la couleur de sa peau était la condition à sa réaction face au coming out de Simon.
    De plus, pour un roman censé parler de la quête de l’identité, ce livre est étonnamment lisse. Sérieusement, la plus grosse angoisse de Simon concernant son coming out, c’est que ses parents soient trop « enthousiastes » et en parlent ? Allez dire ça à tous les jeunes hommes qui ont peur de se retrouver à la rue ou pire ? Je ne dis pas que les parents de Simon auraient du mal réagir, mais les « angoisses » de Simon m’ont semblées vides de sens.
    Bon après, je ne suis pas la plus grande fan de littérature homosexuelle qui soit, tout simplement parce que quand je lis une romance, j’ai besoin de m’identifier à un personnage pour apprécier le livre et que du coup, il me faut une romance hétérosexuelle. Mais je trouve anormal qu’il y ait si peut de romance homosexuelle sur le marché (et je parle de romance, pas de quasi porno, merci bien), parce que si j’ai besoin de pouvoir m’identifier, je ne doute pas qu’un homosexuel, femme ou homme, a besoin de la même chose.
    Mais ce roman, je n’arrive pas à lui trouver une « case ». Ce n’est pas vraiment de la romance (un peu, mais sans plus) et côté livre engagé sur l’homosexualité, c’est un peu comme si on faisait de oui-oui va à l’école un livre engagé pour l’éducation…
    J’ai quand même bien aimé les réactions de la prof de théâtre face aux moqueries cruelles dont Simon est la cible après son coming out. Si tous les profs pouvaient réagir ainsi, sans la moindre concession, plus d’adolescents oseraient envisager de vivre leur sexualité au grand jour.
    Bon ça reste un livre qui se lit vite et qui n’est pas désagréable, mais il ne faut pas lui en demander pour plus que ce qu’il est : une bluette adolescente sympathique mais sans grand intérêt.

     

    Un extrait : C’est une conversation étrangement subtile. Tout juste si je m’aperçois du chantage.

    Nous sommes dans les coulisses, assis sur des chaises pliantes en métal, quand Martin Addison m’annonce :

    — J’ai lu tes mails.

    — Quoi ?

    Je lève la tête.

    — Tout à l’heure. À la bibliothèque. Sans le faire exprès, bien sûr.

    — Tu as lu mes mails ?

    — Disons que j’ai utilisé l’ordi juste après toi, et quand je suis allé sur Gmail, ton compte s’est ouvert. Tu aurais dû te déconnecter.

    Je le dévisage, médusé.

    — Pourquoi ce pseudo ? demande-t-il en martelant le pied de sa chaise.

    Merde, excellente question. À quoi bon utiliser un pseudonyme si le premier clown venu perce à jour mon identité secrète ?

    Il a dû me voir devant l’ordinateur, je suppose.

    Et je suppose que je suis le roi des crétins.

    C’est qu’il sourit, en plus.

    — Enfin bref, ça t’intéressera sans doute de savoir que mon frère est gay.

    — Euh, pas particulièrement.

    Il me fixe. Je demande :

    — Qu’est-ce que tu essaies de me dire ?

    — Rien. Écoute, Spier, ça ne me pose aucun problème, à moi. Disons que je m’en contrefiche.

    Sauf que c’est quand même une petite catastrophe. Voire un foutu cataclysme, suivant la capacité de Martin à la fermer.

    — C’est vraiment gênant, dit-il.

    Je ne sais même pas quoi répondre.

    — Enfin, reprend-il, tu n’as clairement pas envie que ça se sache.

    Franchement… Je suppose que non. Même si le coming out ne me fait pas peur. Oui, bien sûr, plus gênant tu meurs, et on ne va pas se leurrer, je ne suis pas pressé d’y être. Mais ça ne sera pas la fin du monde. Pas pour moi.

    Le problème, c’est que ça serait délicat pour Blue. Si jamais Martin venait à parler.

    Martin Addison. Il fallait que ce soit lui qui se connecte à Gmail après moi ! Comprenez : jamais je n’aurais utilisé l’ordi de la bibliothèque si j’avais pu me connecter au Wi-Fi depuis mon portable. Or c’était un de ces jours où je n’avais pas la patience d’attendre d’être rentré pour lire mes messages. Je ne pouvais même pas attendre de sortir sur le parking pour consulter mon téléphone.

    Parce que j’avais écrit à Blue depuis ma boîte secrète le matin même. Un mail plutôt important.

    Je voulais simplement voir s’il m’avait répondu.

     

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  • [Livre] L'histoire de la bête

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    Résumé : C'est une histoire vieille comme le monde : celle d’un prince cruel transformé en Bête. Et celle d’une belle jeune fille qui surgit dans sa vie. Le monstre est métamorphosé par la compassion de la jeune fille et l’amour qu’il ressent pour elle. Puis ils se marient et ont beaucoup d’enfants. 
    Mais comme pour chaque histoire, il y a plusieurs versions. Qu’importe ce que l’on a pu dire ou écrire, une seule question demeure : qu’est-ce qui a changé le prince en la Bête que l’on connaît ?
    Voici l’une de ces histoires. Une histoire de bêtes, et, bien sûr, de belles.


    Auteur : Serena Valentino

     

    Edition : Hachette

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 01 mars 2017

     

    Prix moyen : 14€

     

    Mon avis : Après son premier livre qui explorait le passé de la méchante reine, ainsi que les raisons de ses mauvaises actions, Serena Valentino rempile avec cette fois les raisons qui ont conduit un prince à devenir la bête.
    Dans le dessin-animé de Disney, qui sert d’inspiration à ce livre, le prologue nous expliquait qu’une enchanteresse, dissimulée sous un déguisement, avait demandé au prince de la laisser entrer chez lui par un soir d’orage. Devant son refus, elle lui jette un sort.
    Ici, s’il y a bien une enchanteresse, ses motivations sont un peu plus sérieuses que de s’être levée un matin en se disant qu’elle allait tester un peu le caractère des princes des environs.
    Et si on ne connaissait pas la jeune Circé, ses trois sœurs aînées, nous les avons déjà rencontrées dans le premier tome où elles n’étaient pas étrangères au changement de comportement de la méchante Reine. J’ai comme l’impression que ces trois là ont plus ou moins à voir avec tout ce qui tourne pas rond dans tous les royaumes enchantés du coin !
    L’histoire se lit très vite et j’ai beaucoup appréciée de retrouver des scènes du dessin animé.
    Les scènes présentes dans le dessin animé sont rapportées fidèlement, mais enrichies des pensées de la bête, de ses motivations, ce qui éclaire les scènes que l’on connaît d’un jour nouveau.
    Bien que l’histoire aillé jusqu’à la fin du dessin animé, les scènes avec Belle ne sont pas nombreuse et les trois quart du roman concernent ce qu’il s’est passé avant, quand le prince était encore totalement humain, sa transformation et ses premiers temps en tant que Bête.
    L’histoire de la Bête n’est pas un coup de cœur, comme l’avait été pour moi Miroir, Miroir, mais il le frôle. A présent je suis impatiente de découvrir les histoires d’Ursula et de Maléfique, déjà sorties en anglais et qui, je l’espère, seront bientôt éditées en français.

     

    Un extrait : Avant la malédiction, la vie avait comblé le Prince de tous ses bienfaits. Cependant, il n’était rien de plus qu’un jeune homme arrogant, vaniteux et pleinement conscient des privilèges que lui apportait son ascendance royale. Il ne s’en cachait nullement, pas plus qu’il n’en rougissait. Il n’avait qu’une piètre opinion des princes qui s’abandonnaient aux billevesées codifiées par les contes de fées. Selon les croyances populaires, ils devaient chevaucher par monts et par vaux, vaincre dragons impétueux et cruelles marâtres dans le but unique de sauver de Belles au bois dormant et de les réveiller d’un premier baiser d’amour.
    Hypocrisie ! Duperie ! Qui donc pouvait croire que tous ces hommes bien-nés n’étaient autres que des princes charmants au grand cœur ? Ne combattaient-ils que pour obtenir la main de leur princesse, au nom de la justice ? Jamais ne le faisaient-ils pour leur propre gloire, pour flatter leur ego, ou tout simplement pour satisfaire un penchant belliqueux ?
    Quand bien même, le Prince se refusait à une existence d’amoureux transi. Il préférait se consacrer à la chasse et au plaisir que lui consacraient la traque et les trophées exposés à sa gloire. Abattre un élan ou vaincre un ours était tout autant gratifiant, si ce n’est plus, que de se frotter de trop près à des pommes empoisonnées ou des nains colériques. Les dépouilles qu’il traînait jusqu’à la taverne, où le vieil Higgins les empaillait, lui assuraient un nom et les faveurs de la gent féminine. Nil besoin de terrasser un dragon ou de vaincre une horrible sorcière pour obtenir le baiser d’une jouvencelle !
    Sa vie était parfaite : tous l’aimaient et l’idolâtraient comme il se devait.

     

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  • [Livre] Animale – T02 - La prophétie de la reine des neiges

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    Résumé : Et si le plus merveilleux des contes cachait le plus sombre des complots ?

    1833, sur une île perdue du Danemark.

    Elle s'appelle Blonde, il se nomme Gaspard.

    Elle est animale, il est fou d'elle.

    Le destin s'apprête à les arracher l'un à l'autre : ils sont les victimes d'une prophétie qui bouleversera le monde à jamais. Blonde parviendra-t-elle à déjouer les plans de l'énigmatique Reine des neiges, avec pour seul allié un jeune écrivain nommé Andersen ?

    Une héroïne prête à tout pour retrouver celui qu'elle aime, un ennemi insaisissable, une quête éperdue.

     

    Auteur : Victor Dixen

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 20 août 2015

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : J’avais eu un peu de mal à entrer dans l’histoire pour le premier tome, et, même si j’ai trouvé que celui-ci était un peu en dessous du précédent, j’ai eu plus de facilité à le lire.
    Ici le but est clairement de rattacher l’histoire de Blonde à celle des contes que l’on connait en en faisant l’inspiratrice d’Hans Christian Andersen qui devient un ami de Blonde et Gaspard qui se cachent sous les noms de Gerda et Kay.
    Parallèlement à l’intrigue principale concernant la reine des neiges, les autres ennemis de Blonde sont toujours à ses trousses. J’avoue que j’ai été révoltée par le fait que Charles de Valrémy et son âme damnée d’avocat semblent intouchables, mais bon, je suppose que c’est logique qu’à l’époque où se passe l’histoire, une fille seule et sans riches appuies n’ait aucune chance face à un comte. La monarchie reste la monarchie. Mais toutes les scènes où l’avocat apparait m’ont profondément énervée. J’aurais aimé que, même si Valrémy devait s’en sortir, qu’au moins l’avocat reçoive la monnaie de sa pièce.
    Concernant l’intrigue de la reine des neiges, j’ai bien aimé l’idée, même si j’ai trouvé que la fin était peut-être un peu facile.
    Si j’ai bien aimé Animale, j’ai été moins convaincu que par Phobos, du même auteur.
    Je ne sais pas pourquoi car je n’ai d’important à reprocher à Animale. Il y a parfois quelques longueurs, mais ça arrive dans beaucoup de livres, et en général je dépasse ça sans trop de problème.
    Je crois que je n’étais tout simplement pas dans le bon état d’esprit pour plonger dans cette histoire.
    L’écriture est très agréable et j’ai bien aimé de rythme de ce tome, avec les lettres que Blonde envoie à Hans.
    Ce n’était pas une lecture désagréable, au contraire, mais je n’ai tout simplement pas réussi à me concentrer dessus.

     

    Un extrait : Les yeux de Hans tombèrent sur l’enveloppe pleine à craquer, qu’il serrait toujours entre ses longs doigts bleuis.

    Qui pouvait bien se souvenir de lui dans cet univers anonyme ?

    Pas de timbres, pas de cachet, pas même d’adresse. Juste un nom, le sien, écrit en grosses lettres sur le papier huilé, fait pour résister aux intempéries :

     

    HANS CHRISTIAN ANDERSEN

     

    Tel un automate, il referma la porte et se dirigea vers son bureau. Ses semelles foulèrent, sans qu’il y prît garde, les papiers souillés par l’encre renversée, traçant à travers la pièce une traînée noire.

    Qui pouvait se soucier de son sort dans le brouillard du monde ?

    Il s’assit.

    Le rabat de l’enveloppe émit un bruit sec en se déchirant.

    Il en sortit une liasse de feuilles – non pas dix, non pas vingt, mais au moins une cinquantaine. Cinquante feuilles couvertes d’une écriture fine, qui semblait couler comme l’eau d’un fleuve, onduler comme les vagues d’un océan.

    Le jeune homme sentit la tête lui tourner, à voir toutes ces lettres, toutes ces lignes, tout ce plein, lui qui depuis des mois luttait contre l’angoisse de la page blanche. Au bout de quelques instants de vertige, le flou laissa la place au net, les mots prirent un sens.

     

    Tout ce que vous pensez savoir de moi est faux.

     

    C’était la première phrase.

    Une phrase qui sonnait comme une menace, comme une promesse.

    Une phrase qui réveilla le cœur de Hans au creux de sa poitrine glacée, qui enflamma ses souvenirs au fond de son cerveau.

     

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  • [Livre] Juliette à Québec

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    Résumé : En février, Juliette est très heureuse de rester à Québec où elle vit, afin de profiter des festivités du Carnaval avec Gina et Gino, ses BFFs. Hélas, sa mère est hospitalisée d’urgence à la suite d’un malaise. Heureusement, la maman de Gina accueille Juliette chez elle. Les deux amies se réjouissent de vivre comme des sœurs! Lorsqu’elles remarquent le comportement étrange de Youssef, un nouveau venu dans leur école, elles décident de mener leur enquête avec l’aide de Gino. Quelle découverte surprenante attend les détectives improvisés? 

     

    Auteur : Rose-Line Brasset

     

    Edition : Hurtubise

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 12 Octobre 2016

     

    Prix moyen : 13€

     

    Mon avis : Noël à Québec, ça fait rêver ? Moi aussi jusqu’à ce que Juliette nous dise qu’à moins 5°, il fait doux pour la saison. Ben oui, d’habitude il fait moins 15°, moins 20°, ça c’est des températures hivernales ! Enfin selon Juliette ! Alors vous vous doutez bien que moi qui trouve que quand il fait moins de 23°, il commence à faire frisquet, le rêve du noël à Québec m’a vite quitté !
    Dans ce livre, j’avoue que Juliette m’a énervée. Alors que ce tome se déroule plus tard que « Juliette à Barcelone », je l’ai trouvé très puérile. Alors je sais bien qu’à 13 ans, presque 14, on n’est pas un modèle de maturité, mais il y a quand même quelques limites ! (En revanche j’ai l’impression que les différents tomes ne suivent pas vraiment un ordre chronologique car sinon Juliette aurait du avoir 15 ans dans ce tome.)
    J’avoue que son comportement m’a presque gâché la visite de Québec tant j’avais envie de lui foutre des baffes toutes les 2 minutes !
    Sn attitude face à l’hospitalisation d’urgence de sa mère m’a écœurée : elle est à la fois exaspérée que sa mère lui gâche sa sortie en étant malade, ravie de passer du temps chez sa copine et sa mère si cool (qui est pas si cool que ça au quotidien, enfin qui est une mère normale, pas une copine…), et complètement indifférente, reportant sans cesse ses visites ou ses appels à sa mère pour pouvoir sortir. Franchement vu comment se passe l’hospitalisation, à son âge, j’aurais été morte d’inquiétude ! Ses minauderies pendant la pêche sous la glace sont tout aussi énervantes. Elle était vraiment pénible. Elle réussit même à exaspérer Gino à un moment, c’est dire quand on voit la patience du garçon à son égard !
    Dans ce tome, on se penche aussi sur l’immigration et les suspicions de terrorisme qui pèsent sur les originaires de pays arabes ou africains. Persuadées que le nouvel élève, Youssef, cache un secret, et même qu’il pourrait être dangereux, Juliette et Gina arrivent à convaincre Gino de mener l’enquête. L’adolescent aussi suspecte un secret, mais ne pense pas forcément que Yousef fasse quelque chose de mal.
    A côté des délires de détectives des trois amis, et si on met de côté les gamineries de Juliette, on découvre plein de choses : la pêche sous la glace, les escaliers reliant la haute et la base ville, l’hôtel de glace, reconstruit à l’identique chaque année, le château Frontenac, le Carnaval d’hiver de Québec…
    Et comme à chaque fois, à la fin du livre, on trouve plein de renseignements sur la ville.

     

    Un extrait : Gina et sa mère ont prévenu qu’elles nous attendraient sur le trottoir devant le Palais de glace, en face de l’hôtel du Parlement de Québec. Boulevard Honoré-Mercier, d’énormes inukshuks tout blancs, dressés pour le Carnaval et habillés de ceintures fléchées, nous montrent le chemin. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le palais ne passe pas inaperçu. Wow! Reconstruit chaque année sur le même site et à la même époque, il est constitué de gigantesques blocs de glace (pesant au total plus de trois cents tonnes, paraît-il). Encore une fois cette année, je le trouve magnifique! On se croirait au palais de la reine des neiges, mais il s’agit plutôt de la maison de Bonhomme, un personnage tout en rondeur mesurant sept pieds de haut et rappelant un bonhomme de neige. Vous en avez entendu parler? Avec son bonnet rouge et sa ceinture de laine tressée aux doigts, il est le roi de la fête! 

    Ma mère est aussi excitée que moi. Il faut dire que l’ambiance est formidable. On entend de la musique et les gens se dandinent en suivant les indications de Bonhomme, qui tape des pieds et des mains ou soulève la jambe et les bras plus haut qu’une danseuse de French cancan. Oooh, c’est trop drôle! J’ai tellement hâte de trouver nos amis pour me joindre enfin à la foule! Volubile, comme à son habitude, maman m’explique, tout en gesticulant comiquement (je crois qu’elle essaie de danser, elle aussi), qu’il s’agit du plus important carnaval d’hiver au monde.

    - Savais-tu, pitchounette, qu’il y avait déjà une fête d’hiver chez les habitants de la Nouvelle-France?

    - Euh… non. Je ne me souviens pas que mon prof d’histoire nous en ait parlé.

    - À cette époque, déjà, nous avions l’habitude de fêter entre amis et voisins l’approche du carême, c’est-à-dire les quarante jours précédant Pâques.

    - Ah bon!

    - Mais les premières festivités officiellement appelées «Carnaval de Québec» datent de 1894. Elles ont été interrompues pendant la Première Guerre mondiale, la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale, mais ont repris en 1955 et se sont renouvelées chaque année jusqu’à aujourd’hui, entre mi-janvier et mi-février.

    - Eh, ben! Oh, regarde là-bas, c’est Gina et sa mère! Ginaaa! Gineeette! On est lààà! m’écrié-je avec de grands gestes des bras dans la direction de nos amies.

    Ouf! Sans elles pour me sortir de là, j’en avais pour l’après-midi à me croire dans la classe d’histoire de monsieur Cayer. Ma mère, elle est super drôle et je l’adore, mais on dirait parfois qu’elle s’est donné pour mission de me transformer en singe savant… Votre mère à vous, elle se prend aussi pour la maîtresse? Celle de Gina est beaucoup plus relax, je trouve. Non seulement elle s’habille et se maquille en tout temps comme un véritable mannequin, mais elle aime la même musique que les jeunes, joue à des jeux vidéo avec Gina et lui passe tous ses caprices.

    Maintenant que nos amies sont là, on va enfin véritablement s’amuser !

     

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  • [Livre] Interfeel

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    Résumé : Et si le monde entier avait accès à vos émotions ?

    Nathan et ses amis sont en permanence connectés à Interfeel, un réseau social qui permet de partager ses émotions. Pour l'immense majorité des habitants de la planète, connaître les émotions de chacun est tout aussi naturel que téléphoner. Mais un événement tragique va se produire sous leurs yeux et bouleverser Nathan. Fasciné par Élizabeth, une " sans-Réseau " qui vit en marge de la société, il voit toutes ses certitudes vaciller. Ce que les deux adolescents découvriront pourrait bien changer le monde à jamais...


    Auteur : Antonin Atger

     

    Edition : PKJ

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 07 Juin 2018

     

    Prix moyen : 18,50€

     

    Mon avis : J’ai lu ce livre dans le cadre de la masse critique Babelio. Je l’avais coché un peu par hasard, happée au passage par le résumé qui m’intriguait beaucoup. Et bien m’en a pris parce que j’ai frôlé le coup de cœur. Pourquoi seulement frôlé ? Tout simplement parce que, à aucun moment, ni au début du livre, ni à la fin, il n’est fait mention d’une éventuelle suite. Or, vu comment se fini ce livre, clairement, la bonne opinion que j’en ai est subordonné à l’existence d’une suite.
    Imaginez donc un feu d’artifice. Les couleurs sont de plus en plus brillantes, les bouquets de plus en plus étendus et au moment du bouquet final…pshiiiiit… un pétard mouillé. C’est à peu près l’effet qu’aurait sur moi l’annonce de l’absence de suite. Et comme on est dans l’incertitude, et que je déteste l’incertitude, je n’arrive pas au coup de cœur.
    Interfeel est présenté comme un réseau social, mais il est évident qu’il est bien plus que ça. Déjà, s’il n’est pas obligatoire de l’utiliser, c’est tout de même fortement conseillé. Ceux qui refusent Interfeel, les sans-réseaux, sont regardé avec suspicion mais ce n’est pas le seul désagrément que provoque leur refus du « progrès » : ils n’ont également pas accès aux meilleurs soins, réservés aux utilisateurs d’interfeel, pas accès non plus aux emplois lucratifs. La population connectée pense immédiatement que quelqu’un qui n’a pas interfeel dissimule ses émotions parce qu’il a quelque chose de grave à cacher. S’il ne semble plus y avoir de discrimination liée à la couleur de peau, à la religion ou à l’orientation sexuelle, la majorité des utilisateurs montrent leur intolérance à l’égard des sans-réseaux. La haine n’a pas disparue, elle s’est seulement trouvé un autre réceptacle.
    Au-delà de l’histoire en elle-même, on peut déceler une sévère critique des réseaux sociaux et de l’utilisation de plus en plus systématique qui en est faite (pas plus tard qu’hier, j’ai eu droit à : « Comment, tu n’utilises pas instagram ?? Mais c’est trop bizarre de ne pas être instagrammeur… ». Héroïquement, je n’ai pas fait de commentaire).
    Le rythme du roman est haletant. Presque à chaque page, il y a une révélation, un rebondissement, voire une trahison.
    Au début j’avais du mal à me repérer car on est plongée dans cet univers sans préparation, mais, au fil des discussions entre les personnages, de leur cours au lycée même, on commence à comprendre comment on est passé de notre monde actuel au monde d’interfeel.
    Du côté des personnages, je ne me suis réellement attachée qu’à Nathan. Il se remet sans cesse en question, cherche à comprendre les choses et ce, même quand cela va à l’encontre de tout ce qu’il a toujours appris.
    J’espère que dans la suite, si suite il y a, on apprendra à mieux connaitre ses camarades ainsi que Kassandra Kacem dont le passé m’intrigue beaucoup.
    Je me pose encore tellement de questions sur les personnages que ce soit les parents de Nathan, Claude Erat, le tatoueur ou encore le commissaire Ekaton ou Karl Certal, et le retournement de situation qui clôt le livre ne me donne qu’une envie : En savoir davantage.

     

    Un extrait : Nathan regardait le ciel. Chaque fois qu’il se sentait fatigué, nerveux ou colérique et qu’il ne voulait pas que les autres s’en aperçoivent, il levait les yeux et son esprit se calmait aussitôt. Peu importe les nuages, peu importe la pluie : il n’avait qu’à lever la tête.
    Le ciel était ce jour-là d’un bleu éclatant. Au loin se découpaient les tours de l’épicentre – le centre exact de la ville -, surplombées par une immense tour blanche, étincelante, en plein milieu. Le ciel était sans nuages. Ce vide se diffusait dans sa tête. Tout était plat comme un lac parfaitement immobile.
    Sur ce lac, tout d’un coup, une légère vibration apparut. Une émotion perturbait Nathan, et ce n’était pas la sienne. L’irritation de quelqu’un d’autre infusait en lui. Son professeur de philosophie humaine l’interpella alors :

    - Monsieur Ethanin. Vous êtes souvent fasciné par le ciel mais, croyez-moi, La Boétie est tout aussi intéressant. Un peu de courage, le cours se termine dans cinq minutes.

    Cette touche d’espièglerie rassura Nathan : son professeur n’était pas si irrité que ça. Sans être particulièrement bon élève – il laissait cette place à Hanek -, il ne posait jamais de problème en classe et n’avait pas l’intention aujourd’hui de commencer. Reprenant son stylo, il nota les paroles du professeur sur son papier numérique.

    - La vraie question est : pourquoi accepte-t-on de vivre sous le principe de la servitude volontaire ? D’après La Boétie, il y a plusieurs raisons.
    Claure Erat parlait à une vitesse normale, c'est-à-dire bien trop vite pour Nathan. Nerveux, il froissa involontairement le rebord de la feuille. Un message apparut alors sur le papier : Garder Pliure ? Nathan sélectionna « Non » du bout de l’index et la feuille se défroissa pour redevenir intacte.
    Il recommença à prendre des notes, maladroitement, et, comme toujours, se demanda pourquoi il n’était pas possible d’utiliser un bon vieux clavier virtuel, plus naturel pour lui que les courbes approximatives qu’il traçait au stylo. Fichues Grandes Réformes… Il enviait la génération précédente qui n’avait pas besoin d’écrire à la main. Il se calma d’un rapide coup d’œil vers le ciel pour éviter que l’on perçoive l’énervement qu’il diffusait autour de lui.

     

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  • [Livre] Juliette à Barcelone

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    Résumé : Juliette et sa mère s’envolent vers Barcelone pour y célébrer les fêtes de fin d’année. Si l’adolescente regrette son Noël blanc, elle se console vite quand elle rencontre le beau Manuel, qui lui fait découvrir les charmes de la ville sur son scooter! Son séjour prend cependant une tournure angoissante lorsque des gangsters décident de mettre leur grain de sel. Heureusement, les Québécoises ont plus d’une corde à leur arc… Le sang-froid de Juliette est d’ailleurs récompensé d’une façon inoubliable, par une surprise dont elle n’aurait même pas osé rêver!

     

    Auteur : Rose-Line Brasset

     

    Edition : Hurtubise

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 14 octobre 2015

     

    Prix moyen : 13€

     

    Mon avis : Alors je ne sais pas s’il vaut mieux lire cette série dans l’ordre, mais j’ai commencé par ce tome-ci qui est le tome 2 et je ne me suis pas senti perdue, Juliette expliquant au début du livre pourquoi sa mère l’emmène ainsi en voyage à travers le monde.
    Dans ce tome là, Juliette et sa mère vont passer les fêtes de fin d’années en Espagne, pendant que sa mère sillonne les sites historiques pour l’écriture de son guide, Juliette visite la ville de son côté avec la fille du contact de sa mère. Par cette jeune fille, elle va rencontrer Manuel, un jeune espagnol qui ne va pas la laisser indifférente et lui faire presque oublier le beau Gino, un garçon de son école.
    Au travers des pérégrinations de Juliette, on a vraiment l’impression de visiter la ville avec elle.
    Quand j’ai vu le thème de cette série de roman, qui est quand même de découvrir une ville en même temps que Juliette, j’ai eu peur de quelque chose se rapprochant d’un guide mais écrit sur un ton adapté à la jeunesse.
    Il n’en est rien, on a là une vraie histoire avec la ville qui est en toile de fond, très présente mais qui n’empêche pas l’histoire de se dérouler.
    Bien que Juliette soit québécoise, je n’ai pas, comme dans d’autres roman québécois, été dérangée par des expressions utilisées à outrance. Dans certain roman, le texte devient incompréhensible tant il est émaillé de ces expressions. Ici, les expressions typiquement québécoise sont présentes, mais assez discrète et sont suffisamment connues pour ne pas être incompréhensibles.
    Après la fin de l’histoire, la ville est présentée de manière plus traditionnelle pour un guide de voyage : comment y aller, que manger et où… un peu d’histoire aussi. Mais ce qui est bien fait, c’est que tous les sites ou les évènements expliqués, sont présents dans le roman et le fait de les avoir vus dans le contexte de l’histoire donne encore plus envie de les découvrir.
    Une excellente manière d’allier lecture et préparation d’un voyage chez les enfants !
    Maintenant, pour coller à mon challenge hiver, je vais sauter au tome 6 pour découvrir un hiver à Québec !

     

    Un extrait : Aujourd’hui, c’est samedi et, dans moins d’une semaine, maman et moi partons ENCORE en voyage. Cette fois-ci en Catalogne. Non mais, qu’est-ce que ça mange en hiver? Pour l’occasion, ma mère m’a offert un nouveau journal:

     

      Pour y consigner tes pensées secrètes, tes aventures et peut-être aussi tes désirs et tes rêves, ma chérie.

     

      a-t-elle écrit en première page. Mes aventures, mes rêves. Elle est bien bonne! Le fait est que, jusqu’à présent, j’ai l’impression que mes propres désirs sont loin de ses préoccupations. Sorte d’aventurière post-hippie, ma mère s’est mis dans la tête, l’année de ses quarante ans, de réaliser tous ses rêves d’enfance avant d’avoir cinquante ans. Oui, oui. TOUS ses rêves à ELLE! Vous vous rendez compte? La raison d’être des mères n’est-elle pas de réaliser les rêves de leurs enfants? Et je ne vous parle pas des conséquences de son attitude… Ma mère est, ou plutôt «était», infirmière. Aujourd’hui, je ne sais plus trop ce qu’elle est. Une sorte d’écrivaine, je suppose. C’est que, du jour au lendemain, elle a quitté l’hôpital où elle travaillait depuis dix ans et a décidé de voyager et d’écrire sur ses sujets préférés. Sur le coup, je n’ai pas trop compris de quoi il s’agissait réellement. J’ai cru qu’elle allait se mettre à couvrir les concerts de rockers des années 1980, les sorties de films russes sous-titrés en espagnol ou encore les défilés de mode de vêtements confectionnés en chanvre indien. J’ai même pensé que ça pourrait être le fun, surtout qu’elle m’avait avertie que je devrais parfois manquer l’école quelques jours. Eh bien, j’ai vite déchanté, croyez-moi! Le fait est qu’elle rédige plutôt des guides de voyage et des articles sur des sujets aussi ennuyeux que les ruines romaines, la cuisine crétoise, les vins californiens ou l’architecture espagnole au XIXe siècle. Son salaire a diminué de moitié, nous avons échangé notre minifourgonnette pour une Yaris, et on se trimbale dorénavant en avion d’un fuseau horaire à l’autre, en passant par des pays, des villes et des régions dont je me rappelle à peine avoir entendu parler dans mes cours de géo! Je vous entends déjà d’ici: «Manquer l’école pour voyager, ça doit être vraiment cool! Chanceuuuse!» Eh ben, détrompez-vous! Pas tant que ça, justement. Au début, ça me semblait pas mal mais, en réalité, ça veut surtout dire: exit les soirées entre copines, les matchs de soccer au gymnase de l’école et les soirées au parc à skate pour regarder les prouesses des garçons. Bonjour les valises, les visites de lieux touristiques vieux comme le monde avec, en prime, ma mère tout le temps sur les talons et des tonnes de travaux de rattrapage scolaire au retour à la maison. Un cauchemar, je vous dis !

     

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  • [Livre] Ronces blanches et Roses Rouges

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    Résumé
     : Orphelines d'un passé dont elles n'ont aucun souvenir, Sirona et sa jeune sœur Eloane sont aussi différentes qu'inséparables.

    Quand leur tutrice, Iphigénie Whitecombe, fiance l'aînée à un inconnu, leur avenir sombre dans l'incertitude... Pour échapper au mariage qui l'effraie et à la colère dévastatrice de Mme Whitecombe, Sirona prend la fuite.

    Au cœur d'une forêt obscure et de sa propre tourmente, elle se fait toutefois une promesse : celle de revenir chercher sa sœur.

    Quitte à affronter l'ours qui rôde dans son sillage.

    Quitte à suivre les ronces blanches et les roses rouges.

    Quitte à croire en la magie.

    Mais c'est sans compter sur l'énigmatique pianiste qui compose une toile de mélodies enivrantes, dans son château où la nuit est synonyme de toujours...

     

    Auteur : Laetitia Arnould

     

    Edition : Magic Mirror

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 27 février 2017

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : J’ai le conte de Grimm quand j’étais gamine, mais là où le conte mis à la fin du roman de Laetitia Arnould se nomme : Blanche-Neige et Rose-Rouge, celui que j’ai lu s’appelait Blanche-Rose et Rose-Rouge, ce qui parait un poil plus logique quand on lit les premières lignes du conte : « Une pauvre veuve vivait dans une chaumière isolée ; dans le jardin qui était devant la porte, il y avait deux rosiers, dont l'un portait des roses blanches et l'autre des roses rouges. La veuve avait deux filles qui ressemblaient aux deux rosiers ». On se demande ce que Blanche-Neige viendrait foutre là et le rapport avec le rosier…
    Ici, de toute façon, il n’est pas question d’un rosier blanc, mais de ronces blanches, on contourne donc le problème.
    J’ai bien aimé constater au début de l’histoire que celle-ci se déroule dans un monde contemporain avec un père prestidigitateur et la présence de télévision dans la maison des deux sœurs. Cela renforce le monde de magie dans lequel elles sont ensuite isolées par leur tutrice, Mme Whitecombe, qui, dès le début, n’inspire aucune confiance. Rien que le fait que les filles, qui se prénomment Blanche et Rose, soient renommées Sirona et Eloane, qu’elles n’aient aucun souvenir de leur passé, fait se demander quels sont les motivations de leur soi-disant bienfaitrice.
    La vie pour les filles est simple, un peu monotone, mais assez heureuse. Cependant, il y a une règle, qui, lorsque les filles l’enfreignent, provoque la colère de Mme Whitecombe : Ne pas poser de questions.
    Or des questions, Sirona s’en pose plein. Un peu trop peut être car un jour, sans préavis, voilà que Mme Whitecombe lui annonce qu’elle va bientôt se marier. Et quand Sirona expose son refus, la colère de Mme Whitcombe est si violente qu’elle surprend et effraie les deux sœurs.
    Pour échapper à ce mariage et pouvoir revenir délivrer sa sœur de l’emprise de Mme Whitecombe, Sirona s’enfuie dans la forêt plongée en plein hiver, avec un énorme ours qui rôde.
    Dans ce conte, on se dit que tout n’est qu’apparence, et que les apparences sont souvent trompeuses. Les monstres en sont-ils vraiment ?
    Tout comme Sirona, on se sent perdu. Il semble que la situation est inextricable et que la jeune fille n’a aucune chance d’échapper au destin auquel on la destine.
    La réécriture est très différente du conte original tout-en gardant certains éléments clefs : L’ours qui cache un secret, le nain qui convoite quelque chose qui appartient à un autre, la fin… Bien sûr certains personnages sont remplacés par d’autre. Par exemple il n’y a pas de nain mais bien un personnage plein de convoitise…
    Les différences sont assez nombreuses pour qu’on ne devine pas la fin et de toute façon, le conte original n’est pas assez connu pour que la majorité des lecteurs s’en souvienne.
    Ce roman était le second que je lisais des éditions magic mirror. J’ai vu que courant 2018, un troisième roman allait être édité, et j’attends cette sortie avec impatience.

     

    Un extrait : Arrivée sur le seuil, Sirona poussa la porte de la chaumière. Eloane et elle furent d'abord reçues par la chaleureuse lumière des flammes qui dévoraient des bûches de bois en crépitant dans l'âtre d'une cheminée. Presque au même moment, elles se sentirent happées par une odeur de pain d'épices chaud, qui était si réconfortante et si accueillante qu'elle aurait pu faire taire l'obscurité et le froid de l'hiver à tout jamais.— Par tous les dieux ! gémit une voix féminine. Mes pauvres enfants, que faisiez-vous dehors par un temps pareil ? Je me suis fait un sang d'encre !— Il ne faisait pas ce temps lorsque nous sommes sorties, se défendit Sirona.— Quand même, en grandissant, vous me causez de plus en plus de soucis, gémit la femme, qui posa un regard courroucé sur les vêtements trempés de ses deux protégées. Et dire que je pensais que ce serait plus facile !— Enfin, Mme... commença Sirona.— Tss, tss, tss ! Pas la peine de chercher des excuses, Sirona chérie. Vous serez punies, toutes les deux, voilà tout. (Elle fit mine de réfléchir.) Vous commencerez par mettre à sécher vos vêtements. Et après, interdiction formelle de sortir une nouvelle fois avant Beltaine !— Avant Beltaine ? s'exclama Eloane. Mais, nous sommes au début de janvier ! C'est presque dans quatre mois !La femme qui les hébergeait haussa simultanément les sourcils et les épaules. Son long nez parut s'allonger mais elle se fendit rapidement d'un large sourire. Puis elle s'en alla vaquer à ses occupations initiales : à savoir la création de remèdes et autres onguents dont elle avait le secret, dans le petit laboratoire où elle se retranchait parfois des jours durant. Elle avait son potager, son puits, élevait une vache et deux chèvres, et tout cela suffisait à les nourrir ou à les soigner, elle et les deux orphelines à la mémoire volée qu'elle avait recueillies près de sept ans plus tôt.

     

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