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Historiques

  • [Livre] Les 76 jours de Marie-Antoinette à la Conciergerie – T02 – Un procès en infamie

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    Résumé : Ce deuxième épisode palpitant des Soixante-Seize Jours de Marie-Antoinette à la Conciergerie raconte le combat acharné de ceux qui tentèrent l'impossible pour délivrer Marie-Antoinette de sa captivité et le  procès de la Reine.

     

    Auteur : Paul Belaiche-Daninos

     

    Edition : Actes Sud

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 4 octobre 2006

     

    Prix moyen : 24€

     

    Mon avis : Dans ce second tome, toujours aussi documenté, l’auteur nous raconte les différents complots qui ont été organisés en vain pour tenter de sauver la reine. Pendant que ses partisans se démenaient pour la soustraire à ses bourreaux, ces derniers se hâtaient de préparer son procès de peur que la Reine, très malade et affaiblie tant par ses hémorragies que par ses conditions déplorables de détention, ne meurent de mort naturelle sans qu’ils ne puissent l’exhiber sur la place publique.
    A partir des bribes des minutes du procès, dont on sait, par divers témoignages, que le greffier n’a rapporté que de manière tronquée, évitant de noter tout ce qui était favorable à la reine, l’auteur a reconstitué le déroulé de celui-ci. En fait de procès, on a droit à une mascarade où des « témoins » achetés par Fouquier-Tinville viennent parler de faits auxquels ils n’ont pas assistés. La réponse la plus courante de ces témoins aux objections des avocats de la reine est : « tout le monde le sait ».
    D’ailleurs, ces avocats, commis d’office, ont réellement défendu la reine, comme la constitution les y oblige, et, pour leur peine, ils se sont vus notifier leur mandat d’arrestation en pleine audience, un peu avant leur plaidoirie. Si ce n’est pas là une tentative d’intimidation pour les forcer à bâcler cette plaidoirie qu’ils n’ont qu’une dizaine d’heures pour la préparer.
    De même la défense n’a eu que 24h pour préparer le procès. La reine a écrit une lettre pour demander un délai de 3 jours supplémentaires pour ses avocats. Cette lettre, avec d’autres écrits de la Reine et entre autres sont testament moral, adressé à Madame Elizabeth, furent retrouvés sous le matelas de Robespierre sa chute. Sans doute ne voulait-il prendre le risque de voir la requête acceptée par l’Assemblée. Le dossier étant vide, il était important que les avocats n’aient pas le temps de préparer une défense étayée de preuves à décharge.
    A la fin du livre, sur plus de 100 pages, l’auteur nous liste les acteurs du drame. Une grande majorité d’entre eux sont des victimes innocentes, guillotinés, ou devrai-je dire assassinés, à cause de leur nom ou parce qu’ils désapprouvaient le nouveau régime.
    Il reste un livre, du même auteur, pour refermer cette page sombre de l’histoire. L’auteur le cite plusieurs fois au cours du livre sous le titre : la vengeance du Baron de Batz. Après quelques recherches, il semble qu’il soit sorti sous le titre : La Révolution fracassée : la Justice du baron de Batz. Je ne l’ai pas encore. Je le place dans ma liste de livres à acheter au plus vite !

     

    Un extrait : - Examinons, s’il te plait, les accusations de politique intérieure.
    - C’est ça, c’est ça… Examinons d’abord les accusations de politique intérieure.
    - D’abord l’aspect financier, il est important. N’oublions pas que sans la banqueroute du tyran, il n’y aurait jamais eu de Révolution.
    - J’énumère tes accusations : tu prétends qu’Antoinette a dilapidé les finances de la France avec Calonne, mais tout le monde sait qu’elle détestait Calonne. C’est même elle qui l’a chassé… Alors qu’est-ce que Calonne vient faire ici ? Voudrais-tu par hasard donner des verges à la défense pour nous fouetter ?
    - Calonne est une ordure ! On la charge avec Calonne !

    - Aurais-tu l’intention de citer dans ce procès toutes les ordures de l’Ancien Régime ?

    - En tout cas, certainement ceux avec lesquels elle a trahi.
    - Je pressens déjà que nous allons nous noyer… Revenons sur l’aspect financier : à part le Grand Livre, avons-nous des pièces comptables pour évaluer les sommes gaspillées sous Turgot, Calonne, Necker et Brienne ? C’est là l’important.
    - T’occupe ! dit Fouquier en balayant la question d’un revers de main.
    - As-tu des pièces comptables, oui ou non ?
    - Je n’en ai pas.
    - Je m’en doutais – il feuillette quelques fois. Ailleurs, tu affirmes sans aucun justificatif qu’elle a fait passer des millions à son frère l’Empereur d’Autriche.
    - Exact, son frère est une ordure !
    - Les preuves de ces transferts ?
    - On ne les retrouve plus.
    - Un peu plus loin, tu affirmes qu’elle aurait dépensé des millions pour faire Trianon.
    - La garce !
    Fouquier, de plus en plus éméché, remplit son verre.
    - Nous n’avons aucune pièce comptable, aucune facture, pas un papier. Rien ! Je te rappelle, au cas où tu l’aurais oublié, que Trianon a été construit par la Pompadour. Cela, tout le monde le sait.
    - T’occupe, te dis-je ! On garde Trianon dans les chefs d’accusation. Le peuple croit que c’est elle.

     

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  • [Livre] L’héritage des templiers

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    Résumé : 1118, Jérusalem, Terre sainte. Neuf chevaliers créent un ordre militaire, les « Pauvres Chevaliers du Christ ». Le roi Baudoin II leur cède pour résidence une partie de son palais, bâti sur les ruines du Temple de Salomon. Ils deviennent les « chevaliers du Temple », puis les « Templiers ».

    1307 : Jacques de Molay, le grand maître de l'ordre des Templiers, est arrêté sur ordre de Philippe le Bel et livré à l'Inquisition. Il garde le silence sur le déjà célèbre trésor des Templiers.

    2006 : Cotton Malone, ex-agent du département de la Justice américaine, et son amie Stéphanie, entrent en possession de documents troublants relatifs à la nature du trésor des Templiers. Commence alors une quête à la fois historique, érudite et périlleuse, qui les mènera à Rennes-le-Château, cœur du mystère.

     

    Auteur : Steve Berry

     

    Edition : Le cherche midi

     

    Genre : historique

     

    Date de parution : 01 mars 2007

     

    Prix moyen : 25€

     

    Mon avis : Dans le cadre d’un challenge je devais lire un livre sur les templiers et mon choix s’est porté sur celui-ci.
    Je suis très vite entrée dans cette histoire qui mêle avec talent faits historiques, théories religieuses et fiction.
    J’ai beaucoup aimé le personnage de Cotton Malone, en revanche celui de Stephanie Nelle m’a vraiment énervée. Cette femme est d’une arrogance, toujours à mettre son métier en avant, comme si c’était un gage de compétence, alors qu’il est clair qu’elle n’a rien à faire sur le terrain. Son coté : je vais appeler Washington et tout sera réglé, alors que l’histoire se déroule en France est également pénible. Elle décide que tel ou tel élément devrait être éradiqué et que, bien sûr, l’armée américaine doit intervenir et on a qu’une seule envie, c’est lui rappeler qu’elle n’est pas chez elle et que les militaires américains n’ont rien à foutre sur le territoire français, sauf s’ils viennent en vacances !
    J’avais presque envie qu’il lui arrive quelque chose de définitif, comme ça on aurait été débarrassé d’elle, de ces certitudes, de ses préjugés…

    C’est vraiment un personnage que je n’ai pas supporté, tout comme De Rochefort, mais lui, on n’est pas franchement supposé l’apprécier.
    On ne sait pas grand-chose de Cotton, même pas comment il a eu ce surnom, mais comme il est le personnage principal de bon nombre des romans de Steve Berry, je suppose que le personnage se dévoile au fil des tomes.
    Ce roman nous offre une théorie sur le trésor des templiers, non seulement sur le lieu où il pourrait se trouver, mais sur son contenu qui ne se limiterait pas à de l’or et des pierres précieuses mais à des preuves de certains événements qui mettrait à mal toute la religion catholique.
    Les énigmes que doivent résoudre les personnages sont bien élaborés et la solution est trouvée au bout d’un temps raisonnable (ni trop rapide, ni trop long).

    Histoire, complot, trahison, aventure, enquête, on a là un thriller historique qui a un rythme rapide et qu’on a du mal à lâcher avant la dernière page.

     

    Un extrait : Cotton Malone remarqua le couteau au moment même où il apercevait Stéphanie Nelle. Il était confortablement installé à la terrasse du café Nikolaj. Par cette douce après-midi d’été, la Højbro Plads, fameuse place danoise qui s’étendait sous ses yeux, grouillait de monde. Comme d’habitude, il régnait une atmosphère survoltée dans le café qui ne désemplissait pas, et il attendait Stéphanie depuis une demi-heure.

    C’était une femme frêle, âgée d’une soixantaine d’années – bien qu’elle n’ait jamais confirmé cette information. Quant aux fichiers personnels du ministère de la Justice que Malone avait consultés un jour, ils ne comportaient que la malicieuse mention « non communiquée » dans l’espace réservé à sa date de naissance. Des reflets argentés jouaient dans ses cheveux bruns, et dans son regard marron transparaissaient à la fois la compassion de l’humaniste et la fougue du procureur. Deux présidents avaient tenté de la nommer ministre de la Justice, mais elle avait décliné leur offre. Un ancien ministre de la Justice avait exercé des pressions pour lui faire perdre sa place – surtout après qu’elle eut été engagée par le FBI pour enquêter sur son compte –, mais la Maison Blanche avait refusé d’en entendre parler puisque Stéphanie Nelle faisait preuve, entre autres qualités, d’une honnêteté scrupuleuse.

    Par contraste, l’homme au couteau était petit, replet, avait le visage étroit et les cheveux coupés en brosse, les traits caractéristiques des Européens de l’Est. Son air hagard, accablé, inquiétait Malone plus que la lame étincelante de son arme ; il portait une tenue décontractée, un jeans et un blouson rouge sang.

    Malone se leva sans quitter Stéphanie des yeux.

    Il pensa la mettre en garde en criant, mais elle se trouvait trop loin et la place était trop bruyante. Elle disparut un instant derrière l’une des sculptures modernes de la Højbro Plads qui représentait une femme d’une obésité obscène couchée nue sur le ventre, ses imposantes fesses de bronze ressemblant à des collines exposées aux quatre vents. Lorsque Stéphanie réapparut, l’homme s’était rapproché d’elle et Malone le vit sectionner la bandoulière passée sur son épaule gauche, s’emparer de son sac de cuir et la pousser sur les pavés.

    Une femme cria et la vue d’un voleur à la tire armé d’un couteau provoqua l’émoi de la foule.

    L’homme au blouson rouge s’enfuit, le sac de Stéphanie à la main, bousculant les badauds au passage. Certains le bousculèrent à leur tour. Le voleur prit à gauche, contourna l’une des autres statues et se mit finalement à courir. Il semblait se diriger vers Købmagergade, rue piétonne qui bifurquait vers le nord depuis la Højbro Plads et s’enfonçait dans le quartier commerçant.

    Malone bondit de son siège, résolu à barrer la route à l’agresseur avant qu’il ait pu disparaître au coin de la rue, mais un groupe de cyclistes le gênait. Il se mit à courir après les avoir évités et dut contourner une fontaine avant de pouvoir se jeter sur sa proie.

    Ils heurtèrent le pavé ; l’homme au blouson rouge fut le plus durement touché et Malone remarqua immédiatement la musculature de son adversaire. Sans se laisser démonter, l’homme roula sur lui-même et enfonça son genou dans l’estomac de Malone.

    Le choc lui coupa le souffle et lui retourna les tripes.

    Sans perdre une seconde, l’homme au blouson rouge s’élança et remonta Købmagergade en courant.

    Malone voulut se lever, mais dut immédiatement s’accroupir pour reprendre son souffle.

    Bon sang. Il avait perdu l’habitude.

     

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  • [Livre] 40 morts à la con de l'histoire

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    Résumé : "Il ne suffit pas de réussir sa vie pour entrer dans l'histoire... Encore faut-il réussir sa mort !" Les grands de ce monde ne sont pas épargnés par le destin ! S'ils réussissent de grandes choses de leur vivant, encore leur faut-il réussir leur sortie... histoire d'éviter de rentrer dans les mémoires pour une mauvaise raison. Au menu de ce livre cocasse, des fins de vie stupides, ridicules, honteuses ou simplement malchanceuse ! Attila, Felix Faure, Barberousse, Francis Garnier, Louis XVI, Mussolini, Vercingétorix, Charles le téméraire, Eschyle, Richard Coeur de lion, Cyrano de Bergerac, Henri IV, Lully et autre Sigmund Freud figurent au générique de cet ouvrage historique impertinent et indispensable !

     

    Auteur : Dimitri Casali

     

    Edition : L'OPPORTUN

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 1 octobre 2015

     

    Prix moyen : 13€

     

    Mon avis : Quelle est la définition de « mort à la con » pour les auteurs ? Car si je suis d’accord avec cette appellation pour les morts, entre autre, de Cyrano, d’Henry II, d’Eschyle ou encore de Charles VIII, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre la présence dans cet ouvrage de Louis XVI, d’Henry IV, ou d’Edward II. A croire que pour les auteurs, être assassiné, parfois d’une manière humiliante, avilissante et atroce, est mourir d’une mort à la con. Pour ma part je trouve que c’est un manque de respect envers des hommes qui ont déjà bien assez souffert que de réduire leur mort, souvent leur meurtre à une farce.
    C’est dommage car l’ouvrage, en plus d’avoir un ton enlevé et plein d’humour, nous fait découvrir (ou redécouvrir) des personnages historiques méconnus et nous apprend bon nombre de choses, certes, souvent anecdotiques, mais intéressantes à savoir : comme le fait que Cyrano n’était pas Gascon mais parisien et que Rostand en faisant faire ses adieux à Roxanne par son personnage dans un couvent a entériné une méprise ayant confondu deux Cyrano : Ce n’était pas Hercule Savinien qui est enterré au sein d’un couvent, mais son frère Abel ; ou encore le fait que le Général Custer a fini bon dernier de sa promotion à West Point.

    Composé de dizaines de chapitres indépendants les uns des autres, il a l’avantage de pouvoir être mis de côté et repris à tout instant sans qu’on perde le fil. Idéal quand on n’a qu’une demi-heure devant soi, ou qu’on a besoin de faire une pause dans un livre éprouvant.
    Concernant les illustrations, certaines sont assez drôles, mais on aurait pu se passer de la plupart qui ne sont ni drôle, ni pertinentes.
    Mais quand même, même si je trouve que certains personnages n’avaient pas leur place dans le livre (par rapport à son titre), il reste très intéressant de savoir comment tous ces personnages importants de l’histoire ont fini leurs jours.

    Un extrait : Pour un acteur de l’histoire, il existe mille et une façons de mourir : au combat, en héros romantique, en martyr, pour ses idées ; ou encore en sage, emporté par la maladie ou la vieillesse au terme d’une longue et respectable existence…
    Cependant, dans ce domaine, la réalité est souvent plus cocasse, plus insolite et bien plus vulgaire. Certains personnages ont ainsi totalement raté leur sortie de scène, comme le roi de France Charles VIII. Le 7 avril 1498 au château d’Ambroise, il oublie de se baisser en passant sous une porte basse et heurte de plein fouet le linteau. Parmi les autres matériaux tueurs de l’Histoire, on trouve encore des tuiles, des poutres ou des bûches.
    Du destin glorieux à la mort stupide, il n’y a qu’un pas. On peut ainsi, en bon disciple de Rousseau, chercher le « bon sauvage » et, quand on le trouve, se faire manger tout cru. Ou régner sur le plus grand royaume d’Europe et trouver la mort sur un trône d’un genre particulier. Des héros se trouvent alors privés de leur statut d’hommes illustres par le hasard d’un trépas subit. D’autres, plus chanceux, restent dans l’Histoire pour leurs grands succès en dépit d’une sortie de scène ratée.
    D’empereurs en philosophes, de l’Egypte antique aux Etats-Unis, arrêtons-nous un moment sur les derniers instants des grandes gloires de l’Histoire, et partons à la recherche de la mort la plus idiote ou, à tout le moins, la moins glorieuse.

     

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  • [Livre] Mousseline la sérieuse

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    Résumé : Sylvie Yvert se glisse dans les pas de Madame Royale et donne voix à cette femme au destin hors du commun qui traversa les événements avec fierté et détermination. Sous sa plume délicate et poignante, la frontière entre victoire collective et drame intime se trouble pour révéler l’envers du décor de cette histoire de France que nous croyons connaître.

     

    Auteur : Sylvie Yvert

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 11 février 2016

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : De Marie-Thérèse Charlotte de France, Madame Royale, puis duchesse d’Angoulême, j’avais déjà lu : « La princesse effacée » d’Alexandra de Broca.
    Ici, on (re)découvre la princesse dans un récit à la première personne, comme un témoignage qui nous serait délivré par-delà le temps.
    L’auteur a fait de nombreuses recherches. Elle s’est bien sûr appuyée sur les 18 feuilles du journal écrit par Marie-Thérèse durant sa captivité, mais aussi sur les archives, sur les minutes des différents procès, sur les témoignages des contemporains ayant approchés les prisonniers du temple de plus ou moins près…
    Le récit est bien sûr fictif mais sonne étrangement juste à nos oreilles. Il est évident qu’une fillette de onze ans qui voit sa vie basculer sans réellement comprendre pourquoi et qui va rester prisonnière jusqu’à ses 17 ans, dont plus d’un an sans avoir connaissance de l’exécution de sa mère et de sa tante, va avoir un regard sans complaisance sur les révolutionnaires.
    Le titre du livre vient du surnom que lui donnait sa mère, Marie-Antoinette, et un de ses oncles (je ne sais plus si c’était le comte de Provence ou le comte d’Artois) : Mousseline la sérieuse ou Mousseline la triste, du à son exceptionnelle gravité.
    Très proche de ses parents, tout en précisant que sa mère était plus stricte que son père, la fillette a le caractère de  Marie-Antoinette (un révolutionnaire dira de la reine : « Louis XVI n’a qu’un homme à ses côtés, c’est la reine » et napoléon qualifiera, des années plus tard, Marie-Thérèse de « seul homme de la famille ») et de sa grand-mère qui lui a donné son nom.
    C’est (selon l’histoire) au crépuscule de sa vie qu’elle décide de rendre public les évènements tels qu’elle les a vécus. Si la majorité du livre tourne autour de la révolution, une seconde partie, plus courte, raconte ce qu’il s’est passé après qu’elle ait été échangée contre des prisonniers (dont l’infâme Drouet, celui qui a dénoncé son père lors de la « fuite » de Varenne).
    Marie-Thérèse a embarrassé les révolutionnaires. D’un côté elle était fille de roi, donc une « ennemie », d’autant plus que les révolutionnaire ne reconnaissait pas comme valable la loi salique qui interdit aux femmes de régner. D’un autre côté, c’était une fillette, un peu trop grave, un peu trop réservée, ayant vécu un emprisonnement éprouvant, et les chefs de la révolution craignaient que le peuple ne prenne fait et cause pour elle (d’ailleurs lorsque l’échange contre les prisonniers a eu lieu, ils l’ont fait partir de nuit et sous un faux nom… juste au cas où).
    Le mieux pour eux était de la laisser dans l’ombre, oubliée. Dans des conditions de détentions lamentables qui ne se sont légèrement améliorées qu’après la chute de Robespierre.
    Marie-Thérèse a toujours gardé une haine tenace envers les révolutionnaires (on peut le comprendre), haine qui ne s’est pas étendu à la France ou au peuple français qu’elle a toujours aimé. Quitter la France pour l’exil fut un vrai déchirement pour elle.
    Lorsque son oncle d’Artois va monter sur le trône, elle va le voir, impuissante, se rapprocher d’un extrémisme monarchique qu’elle condamne aussi sévèrement que l’extrémisme révolutionnaire. Hélas, il ne prendra en compte ses conseils que trop tard.
    Par la voix de la duchesse, Sylvie Yvert nous livre un portrait nouveau de Louis XVI, plus qu’un homme incapable de décision et faible, elle nous dépeint un homme résolu à ne pas recourir à la violence, prêt à renoncer à la monarchie absolue mais pas à ses convictions (d’où son refus de signer la loi faisant des prêtres réfractaires des criminels).
    Quelques soient les souffrances du peuple, quelle que soit la part de manipulation de la part des grand bourgeois, les conditions de détention de la famille royale après l’exécution de Louis XVI ont été lamentables, surtout en ce qui concerne les enfants.
    On a un peu trop tendance à parer les révolutionnaires de toutes les vertus, et les nobles de tous les vices, en oubliant que les monstres, eux, n’ont pas de classe sociale.

     

    Un extrait : De votre roi j’étais la fille. La fille oubliée de Louis XVI et de Marie-Antoinette. La sœur aînée de Louis XVII et la seule rescapée de la prison du temple. Née princesse royale sous le drapeau blanc, dans une monarchie de droit divin, au milieu des ors d’un palais voulu par le Roi-Soleil, j’ai assisté il y a peu à la première élection d’un président de la République au suffrage universel sous la bannière tricolore. Entre-temps, j’ai affronté les convulsions de l’Histoire : trois révolutions, l’Empire, la Restauration, la monarchie de juillet, la Seconde République.
    Aujourd’hui exilée, j’avais dix ans lorsque la monarchie s’est effondrée, et jamais princesse ne fut davantage poursuivie par le malheur. Qu’on en juge : emprisonnée plus de trois années, dont une sans savoir que ma mère et ma tante, à l’instar de mon père, avaient été exécutées ni que mon frère les avait suivi dans la tombe. Libérée, je fus trois fois contrainte à l’exil, pendant quatre décennies, passant ainsi la moitié de mon existence éloignée de ma chère France.

    A soixante-dix ans, usée et lucide, je suis une survivante. Aujourd’hui, en 1850, je prends la plume, au bord du Grand Canal de Venise – et non celui de Versailles où, enfant, je pêchais à la ligne. Si j’ai fait montre d’une réserve légendaire, ne confiant mes peines qu’au ciel, je cède maintenant au besoin que mon cœur éprouve de témoigner et de léguer mon histoire qui se confond avec celle, Ô combien tourmentée de notre pays.
    Si la Révolution évoque la Bastille, le serment du Jeu de Paume, Varennes, l’incarcération de ma famille, la décapitation de mes parents et la mort de mon frère au temple, peu en connaissent les cruels détails. Ceux-ci paraitront minutieux aux cœurs froids qui n’ont pas connu nos misères. Et je n’y pense jamais sans m’étonner d’être encore en vie, étant restée sur le volcan révolutionnaire si souvent en éruption, prêt à m’ensevelir dans ses gouffres où tant de malheureux, en sus des miens, ont péri.
    Que sait-on, en vérité, des évènements qui ont suivi, hormis qu’un général corse a prétendu fonder un nouvel Empire romain ? Se souvient-on que les Bourbons ont repris, une dernière fois, la destinée du royaume, rétablissant la paix et la prospérité dans un pays exsangue ?
    Fille, nièce et belle-fille des trois derniers rois de France, j’ai été l’ultime et furtive reine de France et de Navarre, selon Napoléon « le seul homme de la famille ». Qui se le rappelle ?

    Depuis la disparition des miens, j’ai été regardée comme une « mangeuse de reliques » voire comme « ce qui nous reste de Louis XVI », ou encore la fille du roi martyr, l’orpheline du temple, l’Antigone française. N’ai-je été que cela ?
    Au seuil de la tombe, j’entends défendre les Bourbons devant le seul tribunal recevable ici-bas : la postérité. Tant de sottises ont été écrites, tant de contrevérités assénées… Faisant violence à mon tempérament peu loquace, je veux enfin raconter une histoire vécue, de chair et de sang. Si l’on venait à croire que j’ai voulu sacrifier la vérité à la reconnaissance, cela n’est pas mon intention. Je ne cherche pas non plus à attirer la pitié, je ne l’ai que trop subie. Mais si l’Histoire est un mensonge que personne ne conteste, alors qu’on me permette de la réfuter, car les faits que je vais rapporter pourraient se révéler plus surprenants que les œuvres de l’imagination.

     

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  • [Livre] Le crépuscule des rois – T03 – Les lionnes d’Angleterre

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    Résumé : Peut-on imaginer histoire plus riche en rebondissements et en violences que celle du règne de Henry VIII ? La Renaissance est à son apogée. Aux côtés de François Ier et de Charles Quint, le roi d'Angleterre fait et défait les alliances dans une Europe ensanglantée par les guerres de Religion, où fleurissent pourtant les arts et les lettres. Brillant, cruel, cynique, jouisseur, Henry est un amateur de femmes. Il en aura six, qu'il aimera, répudiera ou supprimera au gré de ses envies, obsédé par le souci d'assurer au trône une descendance. De l'austère Catherine d'Aragon à la troublante Anne Boleyn, de la fragile Jane Seymour à la légère Katherine Howard, ces " lionnes d'Angleterre " vont se livrer une lutte sans merci pour régner sur le cœur du souverain et lui offrir l'héritier mâle qui leur donnerait enfin pouvoir et reconnaissance. Des fastes de la cour au pied de l'échafaud, Catherine Hermary-Vieille évoque avec un rare talent les vies brèves ou brisées des " reines maudites " du Crépuscule des rois.

     

    Auteur : Catherine Hermary-Vieille

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 03 novembre 2004

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Ce troisième et dernier tome du crépuscule des rois est consacré aux épouses d’Henry VIII.
    Je n’ai pas été à proprement parlé déçue de ce roman, mais j’ai regretté certains choix de l’auteur.
    Plus de la moitié du livre est consacré à Anne Boleyn, tous les détails du divorce du roi, de la vie d’Anne, de sa chute, sont minutieusement décris. Puis l’auteur passe rapidement sur Jane Seymour qui s’est sottement laissée mourir en couche et qui ne mérite donc apparemment pas de chapitre digne de ce nom et sur Anne de Clèves, qui elle, petite maligne, a accepté l’annulation de son mariage sans sourciller et a donc sauvé sa peau, ensuite elle revient à un récit très détaillé de l’histoire de Katherine Howard. Quand à Catherine Parr, qui a eu l’outrecuidance de survivre à barbe-bleue, elle n’a même pas droit à un paragraphe entier.
    De toute évidence, pour plaire à l’auteur et être digne de son intérêt, il faut avoir posé sa tête sur le billot (oui je sais qu’Anne a été exécutée à l’épée, ne chipotons pas).
    C’est un peu dommage de laisser de côté tant de passages alors que l’auteur est capable de faire deux pages sur le menu d’un banquet.
    D’autant que par ailleurs le livre est agréable à lire et, s’il ne nous apprend rien de fondamental nous révèle des petits détails amusants, comme le fait que la dernière duchesse de Sufolk, âgée de 15 ans, était à l’origine destinée au fils de Charles Brandon mais que celui-ci avait finalement écarté son fils pour épouser lui-même la demoiselle.
    Finalement c’est un troisième tome qui se laisse lire, mais qui, au vu de la qualité de ce qui est relaté, nous fait regretté que toutes les épouses d’Henry VIII ne soit pas logée à la même enseigne.

    Un extrait : - Faites en sorte que la Cour ecclésiastique expédie les débats, Wolsey. Je désire une conclusion rapide à l’annulation de mon mariage.

    Vêtu de velours et de soie, coiffé d’un béret noisette où brillait une topaze, la haute et massive silhouette d’Henry se découpait dans l’encadrement d’une des fenêtres de son cabinet de travail donnant sur le fleuve.
    Les rayons du soleil caressaient le damas feuille-morte du pourpoint rebrodé d’arabesques dont les basques un peu longues couvraient la culotte de satin pourpre. Soigneusement tirés, les bas de soie révélaient des jambes fines, des cuisses musclées. Malgré sa corpulence, le roi gardait sa prestance et sa majesté.
    - J’y veillerai, Milord

    Le roi observa un instant de silence.

    - Ma cause est juste, n’est ce pas, mon ami ? interrogea-t-il soudain d’une voix dénuée de son habituelle assurance.
    Depuis des semaines, le souverain ressassait d’éventuels empêchements. Mais les Saintes Ecritures ne laissaient aucune place à la chicanerie : nul ne pouvait épouser la femme de son frère sans vivre en état de péché mortel. Sa punition avait été la mort prématurée de cinq de ses six enfants et la survie d’une fille. Certes, il avait aimé la reine pendant de longues années. Plus âgée que lui, douce, attentionnée, digne, Catherine n’avait pas failli à ses devoirs, elle avait accepté ses fausses couches et la mort de ses nouveau-nés avec courage. Mais désormais il ne la désirait plus.
    - Elle l’est, Milord. La cour ecclésiastique se prononcera en votre faveur.

    En réalité, le cardinal était sur des charbons ardents. Sans une bulle du pape, le mariage du roi ne pourrait être annulé. Faible, timoré, Clément VII ne signerait rien s’il pressentait une opposition de Charles Quint.
    - Vous avez lu mon mémoire, Wolsey ?
    - Les tourments de votre conscience ne peuvent y être plus clairement exposés, Milord.
    Le roi soupira. Sans Anne, son charme, son intelligence, sa science de le faire se sentir désirable et désiré, il aurait sombré dans la mélancolie. Chaque regard de la reine, ses silences mêmes étaient des reproches. Malgré tout, elle continuait à le traiter avec tendresse, prenait soin de lui comme aux premiers jours de leur mariage, supportait la présence d’Anne qu’elle traitait avec courtoisie
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  • [Livre] Les 76 jours de Marie-Antoinette à la Conciergerie – T01 – la conjuration de l’œillet

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    Résumé : Jetant sur l'épouvantable épisode de la Terreur un éclairage original nourri de plusieurs années de recherches dans les archives de la Révolution, Paul Belaiche-Daninos révèle la lutte acharnée du baron Jean de Batz pour libérer Marie-Antoinette de la prison de la Conciergerie. Aidé dans son combat par le chevalier Alexandre de Rougeville, le baron de Batz monte un vaste complot contre-révolutionnaire en achetant à prix d'or tous les responsables de la détention de la Reine. C'est cette intrigue qui restera dans l'Histoire sous le nom de "conjuration de l'Oeillet". Réquisitoire contre la peine de mort, dénonciation de la folie sanguinaire des artisans de la Terreur et récit palpitant de ces soixante-seize jours de détention, cet ouvrage publié par Actes Sud a séduit un grand nombre de lecteurs avant d'être couronné par le prix Jacques de Fouchier de l'Académie française

     

    Auteur : Paul Belaiche-Daninos

     

    Edition : Actes Sud

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 08 mars 2006

     

    Prix moyen : 13€

     

    Mon avis : Ce premier tome, qui est consacré au premier mois de l’incarcération de la Reine à la conciergerie, nous relate au jour le jour non seulement les conditions dégradantes et inacceptables de la détention de Marie-Antoinette mais également le déroulement de la conjuration des œillets que les révolutionnaires vont réduire au rang d’intrigue de prison par peur du ridicule.
    L’auteur se montre incisif envers les révolutionnaires, pointant sans relâche non seulement leur avidité de pouvoir mais aussi leur soif de sang et leur haine.
    L’auteur, qui s’est documenté pendant plus de quatre ans, qui dans son récit qu’il nous livre sous forme de roman nous livre les paroles réellement prononcées par les protagonistes dès lors qu’il en a trouvé une trace, nous livre des statistiques qui montrent bien l’hypocrisie des révolutionnaires.
    En effet, la majorité des victimes de la révolution, la majorité des 40 000 personnes envoyées à la guillotine sous le moindre prétexte, était des gens du peuple (84% des guillotinés sont issus du peuple, 14% sont issus de la noblesse et seulement 2% des privilégiés).
    La lâcheté de l’empereur d’Autrice, neveu de la Reine, ainsi que le manque de réaction de ceux qui avaient juré de la protéger lorsqu’elle est devenue dauphine de France, comme le comte de Mercy Argenteau, qui se désintéresse du sort de Marie-Antoinette au seul prétexte qu’elle ne peut rien lui apporter, est une honte. L’impératrice Marie-Thérèse n’aurait jamais toléré une telle attitude.
    L’auteur ne se montre guère tendre avec Axel de Fersen qu’il dépeint comme une royaliste refusant la moindre concession et dont les mauvais conseils aurait fait du tort à la Reine en faisant échouer la monarchie constitutionnelle.
    Finalement, ce sont le baron Jean de Batz et surtout le peuple (notamment les perruquiers qui se retrouvent sans travail, mais aussi les simple commerçants, pris à la gorge par la loi du maximum qui les empêche d’avoir une vie décente).
    On ne peut qu’être choqué par certaines pratiques comme le fait de condamner une personne à la place d’une autre à cause de noms similaires mais de refuser de réparer son erreur, de pré-remplir les actes d’accusation avec le même motif de comparution pour tous, ou encore de déférer devant le tribunal des jurés qui n’auraient pas voté la peine de mort d’un accusé.
    A la lecture de ce tome, sentiment qui ne va sûrement pas s’arranger avec le second tome, comment garder ne serait-ce qu’une once de sympathie pour toute une clique qui a utilisé les souffrances du peuple pour s’emparer du pouvoir (sans pour autant améliorer les conditions de vie de ceux qu’ils prétendaient vouloir sauver). Cela me fait penser au peuple iranien qui a destitué le Shah d’Iran pour mettre au pouvoir l’ayatollah Khomeiny qui, très vite, s’est révélé bien pire que celui qu’il a remplacé.
    Ici, on peut se poser la même question, les rois, quelques aient été leurs fautes, ont-ils réellement été pire que les hommes assoiffés de sang qui leur ont succédés ?

     

    Un extrait : Poussée par ses geôliers, la Reine Marie-Antoinette pénètre dans les profondeurs de la Conciergerie. Louis Larivière le guichetier ouvre devant elle une lourde grille de fer qui donne accès à une première salle appelée « avant-greffe ».
    L’avant-greffe est le passage obligé pour tout visiteur qui entre ou qui sort de la Conciergerie. C’est le vestibule de la prison. On lui a donné le nom d’«avant-greffe » parce qu’il précède une autre salle appelée « chambre du greffe », véritable antichambre de la mort où les condamnés attendent le bourreau pour être conduits à l’échafaud.
    A la Conciergerie, chaque issue est barrée par une grille que garde un factionnaire en armes escorté d’un molosse. Ces grilles s’appellent « guichets » et leurs gardiens « guichetiers » ou « porte-clefs ». La grille en fer disposée à l’intérieur même d’une porte ajourée est limitée dans sa partie inférieure par une haute dalle de pierre contraignant le visiteur à lever le pied, et dans sa partie supérieure par une poutre basse l’obligeant à se courber profondément. Cette disposition a été conçue pour ralentir la fuite éventuelle d’un prisonnier.
    La Reine, en franchissant ce premier carrefour de la mort, entend la lourde porte métallique se refermer derrière elle. C’est habituellement là, dans l’avant-greffe, que Richard se tient derrière une grande table, bien installé dans un grand fauteuil de cuir noir à oreilles. Derrière lui, des casiers contiennent les dossiers des prisonniers. C’est à ce fauteuil que les victimes du régime s’adressent pour solliciter l’appui du maître, dont  l’humeur changeante peut être un regard foudroyant ou une attitude bienveillante. Quand le groupe  atteint l’avant-greffe, le concierge se précipite aussitôt au devant de Michonis
    - Bonsoir citoyen administrateur ! Tout est prêt ! 

     

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  • [Livre] Les femmes au quotidien de 1750 à nos jours

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    Résumé : On lit souvent des propos du genre «La femme au XIXe siècle était comme ci, celle du XVIIIe siècle comme ça...». Or, il n'y a pas une femme, mais des femmes. Lorsqu'on en parle au singulier, c'est qu'on évoque seulement celle qui a laissé des écrits, publié des mémoires, bref la femme issue de la noblesse ou de la haute bourgeoisie, la femme lettrée, femme de lettres parfois. Comme ces dictionnaires qui mettent des vignettes sur les costumes du Moyen Âge à nos jours et qui ne dessinent que des costumes de cour : les petits écoliers sont persuadés, en toute bonne foi, que leur aïeule portait sous Louis XIV une haute perruque poudrée garnie de perles et de plumes ainsi qu'une vaste robe à cerceaux. Combien de femmes étaient habillées ainsi en réalité ? Une toute petite minorité. La minorité qu'on appelait à la Belle Époque «le monde» ou «la société», comme s'il n'existait rien en dehors d'elle.

    C'est tout le mérite de cet ouvrage de tenter d'aborder, époque par époque, les différentes conditions féminines. Synthèses et portraits issus de généalogies ou d'interviews se succèdent pour approcher au mieux et de façon très vivante, la multiplicité des parcours. Une approche originale qui permet une véritable compréhension du passé.

     

    Auteur : Marie-Odile Mergnac

     

    Edition : Archives et Culture

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 2011

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Ce livre est un petit ouvrage bien conçu, racontant, demi-siècle par demi-siècle, les conditions de vie des femmes par classe sociale. Au fil des ans, on voit des catégories disparaitre et d’autres apparaitre. Les paysans disparaissent au profit des agriculteurs, les ouvriers puis les fonctionnaires font leur apparition. De l’enfant trouvée à la jeune aristocrate, en passant par la petite bourgeoise, la petit paysanne, l’ouvrière, l’artisane, la commerçante… l’auteur nous explique en page de gauche des idées générales sur la vie de cette classe sociale, sans oublier de nous expliquer que dans la classe des artisans, par exemple, on peut trouver des notables (comme le meunier) et des miséreux (comme les rempailleurs). En page de droite, elle nous raconte la vie d’une fillette. Chaque classe sociale a droit à deux doubles pages, correspondant à l’enfance puis à l’âge adulte.
    Quelques petits bémols toutefois, le premier est une mention d’un procès qui a eu lieu en 2006 dans lequel un enfant placé chez des agriculteurs par la DASS a attaqué l’administration pour l’avoir laissé avec des personnes qui l’ont fait travailler sans jour de congé (ni weekend, ni vacances). L’auteur est très critique face à ce procès qu’elle juge ridicule au motif que « les animaux mangent aussi le weekend ». Pour autant elle semble oublier qu’un enfant n’a pas à effectuer le travail d’un adulte. Si au lieu de paysans on avait eu des ouvriers des mines qui auraient envoyé l’enfant travailler à la mine pendant son temps libre, aurait-elle trouvé cela normal aussi ? J’ai trouvé ce mépris face à l’exploitation des enfants un peu limite.
    L’autre point négatif est un nombre incalculable de coquilles. Peu de fautes (« sœurs convers » au lieu de « sœur converses » et, de mémoire, un « du l’enfant » au lieu de « de l’enfant ») mais énormément de mots manquant, au point parfois de rendre la phrase incompréhensible si elle était sortie du contexte (par exemple : « Clarisse sans doute qui lui appartenait en propre » Quand on lit le texte en entier, on sait qu’il s’agit d’un livre d’étude, mais il manque clairement quelques mots).
    Peut-être que la maison d’édition pourrait être plus vigilante sur les textes qui partent à l’impression.
    Mais excepté ces points là, ce livre est très intéressant que ce soit pour agrémenter des recherches généalogiques que pour sa simple culture générale.

     

    Un extrait : Chaque village a autrefois son notaire et huit mariages sur dix sont précédés d’un contrat de mariage. Cela semble naturel et il n’est pas nécessaire que les fiancés soient très fortunés pour qu’un contrat de mariage soit établi. Le contrat décrit l’apport de chaque conjoint, notamment la dot de la fille, ou ses « espérances » (pour les familles plus fortunées, la fortune que la jeune fille peut espérer toucher un jour par héritage).
    Le contrat aborde toujours le paiement de cette fameuse dot. Comme il est difficile pour les familles de réussir à la payer, surtout dans une société rurale où l’argent circule peu, des stratégies matrimoniales d’échanges de dot se pratiquent souvent : par exemple un frère et une sœur épousent le même jour une sœur et un frère, ce qui évite à chaque famille d’avoir à sortir la dot de la fille. Si le versement de la dot est inévitable, le paiement est en général fait en plusieurs fois, avec des dates d’échéances précisées lors du contrat, par exemple lors de certaines fêtes : à la Saint-Jean, à la Saint-Martin… Il est ainsi fort rare que la dot soit payée « devant notaire voyant », c'est-à-dire le jour même.
    Parfois, dans les campagnes, la dot n’est pas en monnaie sonnante et trébuchante mais en bonne pièces de toile, en bestiaux ou en ruches de mouches à miel… Un mélange des deux types d’apport est également pratiqué (par exemple de l’argent accompagnant un trousseau en nature, des meubles, des robes et des draps ou bien du bétail, ou bien encore des ruches d’abeilles).
    Le contrat de mariage sert aussi à préciser le rôle des différentes générations : les parents apportent la dot, mais font parfois inscrire qu’ils seraient logés et nourris chez leurs enfants. « Les parents donataires et les enfants humblement remerciant » s’engagent alors à « vivre sous le même toit, ne faire qu’un feu, manger au même pot », les parents promettant d’aider le jeune couple de « tous leurs petits pouvoirs ».
    Cette communauté de génération, plus fréquente dans le sud de la France que dans le nord, s’avère aussi de fréquence très variable selon les époques. Cependant, de façon générale, on n’en trouve pas d’exemple dans la noblesse et peu dans la bourgeoisie : elle correspond à un mode d’organisation familial essentiellement paysan.
    (Nées vers 1800 dans la paysannerie)


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  • [Livre] Retour à Charleston

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    Résumé : Sur la plantation de la famille Tradd, en Caroline du Sud, l’année 1900 semble augurer d’un avenir radieux pour Stuart Tradd, qui épouse la ravissante et frivole Margaret Garden. Mais, très vite, celle-ci devra assumer seule la charge de la grande propriété et renoncer à toute vie mondaine.

    C’est sa fille, Garden Tradd, cette sauvageonne à la beauté troublante, qui remportera tous les succès dont rêvait Margaret. Garden est fêtée, adulée, entourée de toutes les attentions. Et quand elle épouse Sky, un riche New-Yorkais, son bonheur ne connaît plus de frontières. Dans les salons les plus fermés de Charleston, les palais de New York, Nice ou Monte-Carlo, à bord du Train bleu ou sur les yachts les plus extravagants, dans le Paris des années folles, Garden triomphe.

    Mais, en coulisses, une terrible machination se trame. Pour sauver son amour, Garden se laisse entraîner dans une vertigineuse spirale. Devra-t-elle donc payer les erreurs d’un passé que tout le monde croyait oublié ?

     

    Auteur : Alexandra Ripley

     

    Edition : Archipoche

     

    Genre : Romance historique

     

    Date de parution : 26 février 2001

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : A peine avais-je terminé le tome 1, Charleston, que je n’ai pas pu m’empêcher de me plonger dans « retour à Charleston » pour continuer cette saga familiale.
    Dans ce second volet, on entre dans le vingtième siècle avec tous les évènements qui ont marqués cette période comme la 1ère guerre mondiale, les années folles, le crack boursier de 29 ou encore la prohibition.
    Dans cette suite, on va suivre Garden, la petite nièce d’Elizabeth.
    Comme dans le premier tome, l’héroïne principale du roman met un certain temps à arriver sur le devant de la scène. En effet, l’histoire commence avec le mariage de sa mère avec Stuart Tradd, le fils aîné du seul frère survivant d’Elizabeth. Un double drame va venir entacher ce mariage et va provoquer la rupture d’Elizabeth avec sa famille.
    Personnellement, je n’aimais déjà pas trop Stuart sénior dans le premier tome, je le trouvais détestable. Et non seulement il ne s’est pas amélioré avec le temps, mais son fils aîné est aussi imbuvable que lui.
    Quant à Margaret, la mère de Garden, elle est immature, superficielle et franchement pénible.
    Dans les premières lignes, on apprend que Stuart a mis enceinte deux filles de 16 ans : Margaret, qu’il épouse, et Victoria, la fille de Joe Simmons, amoureux éternellement éconduit d’Elizabeth. D’ailleurs, petite parenthèse, à la fin du 1er tome, je pensais vraiment que ces deux-là allaient se marier et j’ai été très déçue de voir que ce n’avait pas été le cas. Bref, fin de la parenthèse. Donc Joe vient demander des comptes à Stuart, ce qui va provoquer le drame dont je parlais tout à l’heure et qui est le point de départ de l’histoire.
    Franchement, s’il est vrai que Start junior n’a rien d’honorable, il n’a pas non plus violé Victoria. Pourquoi alors Joe et Elizabeth agissent comme s’il était le seul responsable ? Ces deux écervelées sont bien entrées dans son lit de leur plein gré, donc soit elles sont inconscientes, soit elles espérer le piéger dans un mariage et là, forcément, elles se mettaient en position d’essuyer un refus.
    Garden, la fille de Margaret, délaissée par sa mère dans un premier temps, se révèle être une vraie beauté et Margaret va vouloir vivre son entrée dans le monde à travers elle. Soucieuse de plaire à sa mère, Garden se plie à tout.
    Mais le monde change, les règles de bienséances, les bals codifiés, n’ont guère plus cours que dans le sud et les Yankee commencent déjà à banaliser les robes moulantes, les sorties, les danses débridées et le divorce.
    Garden, fraichement mariée, va se retrouver prise dans un tourbillon que son éducation ne l’avait pas préparée à affronter.
    Victoria, la fille de Joe, est affreuse. Elle est vraiment fourbe, manipulatrice, dénuée de scrupules et complètement folle. Je ne suis pas sûre que la vengeance soit une motivation suffisante pour devenir comme elle est. Je pense sincèrement qu’à ce désir de vengeance se greffe des problèmes psychiatriques.
    Et les problèmes de Garden ne vont pas s’arrêter à une simple dégradation de sa réputation et elle va devoir faire face à de sacrés défis.
    La fin est plus ou moins semblable à la fin de Charleston, en ce sens ou un troisième tome, sur la génération suivante, aurait sans problème pu être écrit. Mais comme il faut bien s’arrêter un jour, à nous d’imaginer la suite !

     

    Un extrait : Billy qui l’observait sentit son désarroi le gagner à son tour. Quant à Margaret, froissée de se voir négligée par Stuart, elle entreprit de se venger en flirtant outrageusement avec Anson, qui jusque-là mangeait en silence, le nez dans son assiette. Penchée vers lui, elle se mit à chuchoter, posant sa main sur la sienne. Anson s’écarta d’elle comme s’il venait de s’ébouillanter. Billy lut la souffrance sur son visage ; il risqua un coup d’œil en direction de Henrietta mais, comme toujours, elle ne semblait pas s’apercevoir du calvaire de son fils.

    — Tu n’es vraiment pas drôle, Anson, déclara Margaret gaiement. Enfin nous avons une réception, et toi tu boudes dans ton coin. La prochaine fois, nous ne t’inviterons pas, n’est-ce pas, madame Hen ?

    Henrietta sourit d’un air vague.

    — On avisera, le moment venu.

    — Quand est-ce que ce sera, hein, madame Hen ? Qui inviterons-nous ? Maintenant que l’été est fini, les gens viendront plus facilement à la campagne. Si on recevait à la maison ? Oh, et avec un petit bal ! Rien de grandiose, mais dansant certainement. Qu’en dites-vous, madame Hen ? Combien de temps faudrait-il pour tout organiser ? Trois semaines ? Est-ce suffisant ? Ou plutôt quatre ? Ce serait mieux : on sera à l’époque de Thanksgiving, et vous avez toujours organisé une chasse et un barbecue pour Thanksgiving. On dira simplement à tout le monde de rester après le barbecue, de se reposer ou de faire un tour dans le jardin, puis ce sera le moment de s’habiller pour la soirée et pour le bal. Ce serait merveilleux ! Je dirai à Zanzie de me faire la plus belle robe qu’on ait jamais vue. Quelle couleur devrais-je choisir, Stuart ? Le bleu peut-être. Tu aimes bien le bleu, n’est-ce pas ?

    Henrietta ne laissa pas à Stuart le temps de répondre.

    — Vous savez bien, Margaret, qu’il ne peut être question de recevoir ou de danser dans les mois qui viennent. Nous sommes en deuil. Maintenant qu’il commence à faire frais, nous porterons à nouveau le noir.

    — Non ! cria Margaret. Ce n’est pas juste. Je déteste le noir, il me donne une mine épouvantable. Comment pouvez-vous être aussi mesquine, madame Hen ?

    — Il ne s’agit pas de « mesquinerie », Margaret, mais de respect à l’égard de mon mari.

    Le regard dur, Henrietta s’était raidie. Désarçonnée par ce changement, Margaret se tut. Pour rompre le silence embarrassant, Billy et Koger se mirent à parler à Susan en même temps.

    Mais Margaret les interrompit.

    — Je ne vois vraiment pas pourquoi je porterais du noir et croupirais à la campagne à cause du juge. Ce n’était pas mon mari.

    — C’était mon père, dit Stuart. Maintenant tais-toi et tiens-toi bien, Margaret. Tu contraries maman.

    Les beaux yeux de Margaret s’emplirent de larmes.

    — Je ne veux pas que tu prennes parti contre moi, Stuart. Depuis ce matin, tu es absolument odieux avec moi.

    — Stuart, intervint Henrietta, vous pourriez peut-être en discuter plus tard, lorsque vous serez seuls. (Elle regarda Susan, et son expression se radoucit.) Venez-vous d’une famille nombreuse, mademoiselle Hoyt ?

    — Oui, madame. J’ai deux frères et quatre sœurs.

    La voix de Susan s’était affermie. Sur son visage, on lisait le respect pour Henrietta.

    Herklis entra avec un plateau surchargé.

    — Nous avons reçu de très belles pommes de votre contrée cette année, mademoiselle Hoyt, dit Henrietta. Tout le monde en raffole ici. La tarte aux pommes de Chloé est un vrai régal, et je pense qu’il fait encore suffisamment doux pour déguster un peu de glace. Herklis, sers-en une grosse part à Mlle Margaret. Elle adore la tarte aux pommes.

    Margaret éclata en sanglots.

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  • [Livre] Charleston

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    Résumé : Charleston au siècle dernier. Ville d'extravagance où l'on s'enivre de plaisirs et de luxe. Ville bientôt déchirée par la guerre de Sécession, ses violences et ses larmes. Mais, sitôt la paix revenue, Charleston veut revivre. A fond. Rattraper le temps perdu.

    Au milieu de ces bouleversements, Elizabeth. Adorable, impertinente, elle provoque, séduit sans jamais s'attacher... mais ne sait résister au charme arrogant de Lucas. Fiançailles, mariage somptueux. Parcours idyllique que va vite interrompre un drame inéluctable.

    Mais Elizabeth, déchirée, seule, sait qu'elle doit se battre. Pour survivre... pour trouver enfin le véritable amour auquel elle n'a jamais cessé de croire.

     

    Auteur : Alexandra Ripley

     

    Edition : Archipoche

     

    Genre : Romance historique

     

    Date de parution : 18 mars 1998

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : J’avais beaucoup aimé la plume d’Alexandra Ripley dans Scarlett. Alors quand j’ai vu que celle qui avait osé écrire une suite à « Autant en emporte le vent » avait également écrit une duologie commençant sous la guerre de sécession et se prolongeant sur plusieurs génération jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale, je ne pouvais que vouloir la lire.
    Dans ce premier tome, on suit les familles Tradd et Anson. L’histoire débute peu de temps avant la fin de la seconde guerre mondiale et se déroule jusqu’à la fin du XIXème siècle.
    Même si on suit de nombreuses personnes, tout tourne plus au moins autour d’Elizabeth Tradd, qu’on découvre toute petite et qu’on suit (quatre ans quand le livre commence) et que l’on va voir évoluer dans sa vie d’adolescente puis de femme (A la fin du livre, si mes calculs sont bons, elle a 39 ans à la fin du roman).
    J’ai beaucoup aimé cette fresque familiale sur fond historique (on y parle de la guerre de sécession, de la guerre d’indépendance de Cuba, de l’assassinat de Lincoln etc…)
    On peut voir comment se comportait la société avec les règles de bienséance et les diverses obligations, surtout pour les femmes : ne pas sortir sans chaperon, même pour une veuve d’un certain âge, les carnets de bal, les tenues vestimentaires… tout, absolument tout est codifié.
    On peut aussi voir les changements profond que subi la société après la guerre de sécession et le nouveau statut des noirs (qui n’est guère plus enviable que leur statut d’esclave).
    Elizabeth est très entourée surtout par son frère aîné, Pinckney, devenu chef de famille depuis la mort de son frère au front, et de l’ami de celui-ci, Joe « Shad » Simmons qui a sauvé la vie de Pickney sur le champ de bataille.
    Joe va développer une relation assez particulière avec Elizabeth, l’aider à sortir de sa coquille après un épisode traumatisant qu’elle a vécu lors de l’arrivée des Yankee dans la ville où elle était réfugiée avec sa fille.
    J’aimais bien Pickney jusqu’à une réaction que j’ai trouvé vraiment intolérable vis à vie de Shad à qui il doit quand même la vie.
    Leur mère, Mary, est un peu évaporée, toujours à se plaindre et à pleurnicher, tout le contraire de la tante Julia, une vraie terreur qui tient toute la famille en laisse d’un haussement de sourcil.
    Le frère de Pinckney et Elizabeth, Stuart était mignon enfant, mais il m’est vite devenu désagréable. J’ai vraiment pris en horreur son état d’esprit.
    Elizabeth a l’air faible et superficielle, mais elle est juste élevée d’une manière qui l’a conditionnée à être une fleur fragile et les évènements vont montrer qu’elle a en elle une force incroyable quand les circonstances l’exigent.
    Parfois, pour les personnages secondaires, on se perd un peu dans les noms car les fils aînés ont le nom de leur père, souvent un fils ou une fille cadette prend comme prénom le nom de jeune fille de sa mère… (C’est comme ça qu’on a un Andrew Anson, un Anson Tradd, un Tradd Cooper…)
    Même si on a beaucoup de personnages masculins qui ont de l’importance, et même beaucoup d’importance, Charleston est un roman de femmes. Ce sont les femmes qui importent, ce sont elles qui font changer les choses, qui vont de l’avant, qui subissent aussi l’opprobre qui accompagne tout désir de bouleversement des règles établies.
    En résumé j’ai beaucoup aimé ce roman et je n’ai pas vu passer les 800 pages que j’ai avalé en moins d’une journée, et à peine ai-je terminé que j’ai attaqué le second tome « Retour à Charleston ».

     

    Un extrait : Mary fut transportée de joie lorsque Pinckney lui annonça qu’il était à sa disposition pour l’escorter à toutes les festivités. Le programme de la saison était plus chargé que jamais. Comme toutes les salles de bal se trouvaient dans le centre-ville – et n’étaient donc pas disponibles –, les gens débarrassaient les meubles de leurs salons et de leurs salles à manger, et un orchestre financé par les clubs jouait tous les soirs des airs de danse dans une maison différente. Sally Brewton, qui résidait chez des cousines à Elizabeth Street, avait invité trois cent cinquante personnes pour la Saint-Sylvestre.

    — Où va-t-elle les mettre ? s’étonna Mary. Elle a envoyé des cartons à absolument tout le monde.

    — À moins que Sally ait beaucoup changé, maman, elle se débrouillera. Pour le moment, le plus important est le problème de mes escarpins. Les semelles sont trouées.

    — Ne t’inquiète pas, Elijah va arranger ça. Il n’aura qu’à prendre la reliure en cuir d’un des vieux livres de la bibliothèque.

    Pinckney éclata de rire.

    — Pauvre Aristote, conclut-il lorsqu’il rapporta la conversation à Andrew. J’adore ma chère mère mais elle a vraiment une cervelle d’oiseau.

    — Tu ne voudrais quand même pas qu’une femme soit trop intelligente. Ta mère est jolie comme un cœur, c’est tout ce qui compte. Pas étonnant que Mlle Julia n’ait jamais pu se trouver un mari.

    — Tu as peut-être raison. N’empêche, je vais te dire une bonne chose : après une journée à la maison avec ces dames, je te comprends vraiment. Veux-tu un petit remontant ?

    — Un grand remontant, mon ami. J’ai dit à Lavinia de nous laisser un carafon et des verres de bonne taille. Comme c’était pour toi, elle a obtempéré sans broncher.

    Pinckney versa quatre doigts de whisky dans deux verres, en tendit un à Andrew et se vautra dans son fauteuil.

    — Ah ! c’est bien bon.

    — On goûte mieux avec un deuxième.

    Au fil de la semaine, ces deux répliques devinrent le prélude rituel des visites quotidiennes de Pinckney. Les femmes remarquèrent l’odeur persistante du whisky mais ne s’interrogèrent pas plus avant. Les Sudistes buvaient tout le temps ; on reconnaissait un gentleman à sa capacité à tenir l’alcool.

    Et cela n’interférait en rien sur le rôle de chevalier servant de Pinckney. Tous les après-midi, il emmenait sa mère à un thé ; tous les soirs, à un bal. Julia les accompagnait parfois. Souvent, Lavinia demandait s’il y avait de la place pour elle dans la voiture. Andrew taquina Pinckney au sujet des ruses transparentes de sa sœur ; il le remercia aussi de jouer à la fois le rôle de père et de grand frère.

    — Je t’en suis reconnaissant, je veux que tu le saches.

    — Ferme-la, tu veux ? Ça me fait un bon entraînement pour Lizzie plus tard.

    Lavinia eut une moue qui déforma sa jolie bouche. Sur la pointe des pieds, elle s’éloigna de son poste d’écoute. De retour dans sa chambre, elle se jeta sur le lit et éclata en sanglots.

    Le soir de la Saint-Sylvestre, Pinckney fit une vaine tentative pour convaincre sa mère de rester à la maison.

    — Je dois repartir demain, maman. Je préférerais passer cette dernière soirée en famille.

    — Mais, Pinny… il y a la réception de Sally Brewton.

    Pinckney haussa les épaules. Lorsqu’il monta se changer, il emporta dans sa chambre un carafon de whisky.

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  • [Livre] Le crépuscule des rois - T02 - Reines de coeur

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    Résumé : Figures romanesques, passionnées, solitaires et tragiques, quatre reines – Margaret, Mary, Catherine et Anne – évoluent autour du roi Henry VIII, personnage autoritaire, sensuel, tyrannique et flamboyant. Margaret, sa sœur aînée, devient, à quatorze ans, reine d’Ecosse, tandis que Mary, sa cadette, épouse à dix-neuf ans un Louis XII vieillissant qui la fait reine de France. Longtemps, Catherine d’Aragon lutte pied à pied pour ne pas se laisser balayer par la passion qui saisit son mari Henry VIII pour l’intelligente, l’ambitieuse, la trop séduisante Anne Boleyn. Quatre femmes, quatre destins aux antipodes les uns des autres, mais qui ont en commun une lutte obstinée pour aimer et être aimées, connaître le bonheur, objectif fascinant et fuyant. Ces reines de cœur sont les emblèmes d’une Renaissance qui transforme l’Europe politiquement et artistiquement, et qui ouvre aux femmes les portes du pouvoir dont leurs filles et petites-filles vont s’emparer pour le meilleur comme pour le pire.

     

    Auteur : Catherine Hermary-Vieille

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 19 octobre 2005

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Dans ce second tome du crépuscule des rois, on reprend là où le tome 1 s’était arrêté.
    Des quatre reines citées, Anne Boleyn, présente au résumé, est quasiment absente du roman dans lequel elle n’est encore qu’une demoiselle de compagnie comme une autre. On reviendra probablement vers elle dans le tome 3 mais ici, on se penche plus sur la liaison entre Mary Boleyn et le roi que sur son règne.
    Très présente au début du roman, Catherine d’Aragon s’efface peu à peu pour ne faire que de rares apparitions dans lesquelles on nous apprend la mort d’un autre de ses enfants, ou encore son obstination à défendre son père et l’Espagne malgré le nombre incalculable de fois où ce dernier dément les serments qu’il a fait à l’Angleterre.
    Les deux reines qui sont à l’honneur sont Margaret Tudor, sœur ainée d’Henry VIII, mariée à 14 ans au roi d’Ecosse, qui va faire face à une situation personnelle et politique désastreuse sans pour autant obtenir le moindre soutien de son frère ; et Mary Tudor, petite sœur du roi, mariée à 18 ans à un roi de France de 33 ans son ainé et qui saura tirer son épingle du jeu une fois veuve. Furieux contre elle lorsqu’elle décide de son avenir une fois veuve, Henry fini par lui pardonner, comme toujours.
    J’ai trouvé que le texte était moins de parti pris et que la réalité historique était plus neutre. Par exemple, personne ne sait si Charles Brandon et Mary Tudor ont été amants avant leur mariage et dans ce cas Catherine Hermary-Vieille a suivi la maxime: « dans le doute, abstiens-toi ».
    J’ai beaucoup aimé ce tome, car la période Henry VIII est la période que je préfère dans l’histoire anglaise. Pour autant, si je savais que ses sœurs avaient été respectivement mariées en Ecosse et en France, je ne connaissais pas les détails historiques de leurs vies. J’ai vraiment été ravie de les découvrir.
    Il me reste à découvrir le tome 3, qui devraient être consacré aux 6 infortunées épouses d’Henry VIII.

     

    Un extrait : Bessie venait de se coucher lorsqu’elle entendit le bruit léger de petits pas foulant les dalles. Entrouvrant la porte, Cecily se faufila dans la chambre et vint se glisser dans le lit de sa sœur.
    - Je ne voulais pas te laisser seule cette nuit.
    La lune déclinait. Une clarté grise s’infiltrait entre les lourds rideaux brochés de fils de soie et d’argent.
    Au-dessus de la Tamise, les mouettes poussaient leurs appels tristes. Brièvement, Cecily évoqua leurs derniers mois, son amour pour Lord Welles, leur mariage remis. Son fiancé avait fait partie de la cour de Richard III et traversait une période de purgatoire. Et puis l’union de Bessie et de Henry suspendait la sienne. Fille aînée promise au roi d’Angleterre, elle devait se marier la première.

    - Henry Tudor est très plaisant, chuchota Cecily, tu n’auras aucune peine à l’aimer.
    - Je veux qu’il m’aime aussi.

    - Il possède un portrait de toi que mère lui a fait parvenir. On dit qu’il le garde dans sa chambre.
    - J’ai peur, murmura Bessie.

    - Le passé ne peut s’oublier qu’en pensant très fort à l’avenir. Nous n’avons pas vingt ans, pouvons-nous gâcher notre vie en ressassant les drames que nous avons vécus ?

    - J’ai fais croire à notre Richard que je l’aimais, je l’ai poussé à écrire cette promesse le liant à moi et puis je l’ai trahi et abandonné.

    - Notre oncle était cruel.

    - Il était seul et si avide d’être aimé.

    - Oublie, Bessie. Dieu punit les pêcheurs et récompense les justes. Notre oncle est désormais devant Sa justice et Lui seul peut juger le fond de son cœur.

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