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  • [Livre] Les nouveaux voisins

    Je remercie la masse critique de Babelio et les éditions Michel Lafon pour cette lecture

     

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    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix!

     

    Résumé : Peut-on faire confiance à ceux qui nous entourent ?
    Julie Prentice, son mari Daniel et leurs jumeaux de six ans emménagent à Cincinnati pour échapper à une femme qui a harcelé Julie après la parution de son roman Le Jeu de l'assassin, devenu un best-seller. Un charmant quartier résidentiel semble l'endroit parfait pour un nouveau départ.
    Mais la présidente de l'association du quartier ne leur rend pas la tâche facile. À grand renfort d'e-mails et de lettres sur les règles de bonne conduite à suivre, elle régit la vie de tous et oppresse Julie qui doit faire face à la curiosité du voisinage.
    Lorsqu'elle reçoit des menaces, Julie prend peur : sont-elles le fait de sa harceleuse ou de voisins malveillants ? Alors que la tension monte, les ennemis se révèlent et le calme apparent d'une rue sans histoires se transforme en cauchemar.

     

    Auteur : Catherine Mckenzie

     

    Edition : Michel Lafon

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 11 janvier 2018

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne voit pas passer les 400 pages de ce livre. Sa construction est vraiment faite pour faire monter le stress ! On alterne entre deux moments : aujourd’hui qui est du point de vue de John et le récit de ce qu’il s’est passé en commençant 12 mois plus tôt et en avançant dans le temps. Dans ce second récit, on alterne encore cette fois entre deux points de vue : celui de Julie et celui de John. Enfin, tous les trois chapitres (donc si vous me suivez bien on a par exemple « aujourd’hui », « douze mois plus tôt – John », « douze mois plus tôt – Julie ») on peut lire un des mails envoyé par Cindy, la fondatrice et présidente auto-proclamée de l’association de quartier, qui tyrannise tout le monde.
    Dès le début, dès le premier chapitre « aujourd’hui », on sait qu’il s’est passé quelque chose. Quelque chose de grave qui implique la famille de John. Mais on ne sait pas quoi. Au fur et à mesure de la lecture, l’impression qu’un drame a eu lieu se précise, mais non seulement on ne sait pas ce qu’il s’est passé exactement, on ne sait pas qui dans la famille de John est sur la sellette, mais on ne sait pas non plus qu’est ce qui a provoqué le drame qu’on pressent.
    A plusieurs reprises, l’auteur met l’accent sur Julie en la montrant comme une femme qui a perdu pied à un moment de sa vie et qui, aujourd’hui, est devenue parano et dont l’attitude va provoquer certains des événements. Personnellement, j’ai trouvé que Julie avait toutes les raisons de se montrer un peu parano. D’ailleurs, est-on parano quand on a raison et qu’il se passe vraiment quelque chose de pas normal ?
    En revanche, je n’ai pas supporté Hanna, la femme de John. Je l’ai trouvé vraiment cinglé et odieuse.
    Cindy aussi, mais c’est un tigre de papier. Si tout le monde lui avait dit d’aller se faire voir avec son règlement à la con, elle se serait dégonflée comme une baudruche. Le seul point où j’ai été d’accord avec elle, ça a été l’histoire des ralentisseurs parce que je pense qu’il devrait y en avoir dans toutes les zones résidentielles.
    J’ai trouvé la fin parfaite mais, seul point négatif, j’aurais aimé en savoir plus sur Heather, la harceleuse qui a poussé Julie et sa famille à déménager et dont on parle régulièrement.
    L’auteur a écrit un thriller psychologique vraiment prenant, difficile à lâcher avant les révélations qui n’ont lieu qu’à la dernière ligne, ou presque.

     

    Un extrait : Le premier matin dans notre nouvelle maison, je me levai au point du jour, enfilai le survêtement que j’avais laissé au bout du lit, et me faufilai par la porte de devant avec notre berger allemand, Sandy, en faisant aussi peu de bruit que possible.
    Nous étions début octobre. L’aube avait la fraîcheur vivifiante de l’automne. Je tirai la fermeture éclair de mon jogging, remontai la capuche, et écartai mes cheveux de mes yeux. Sandy haletait à côté de moi, son souffle formant un nuage autour de son museau noir.
    Les maisons de notre nouvelle rue étaient une explosion de couleur. C’était pour cela que j’avais choisi ce quartier. Ses rues vallonnées et ses maisons resserrées me rappelaient San Francisco, avec une touche de Cape Cod pour faire bonne mesure.
    Construites sur les flancs de Mount Adams, l’une des sept collines de Cincinnati, les maisons sont hautes et étroites, avec des enduits peints ou des bardeaux usés. Plus loin derrière coule la rivière Ohio, joyeux mélange de vert et de bleu. Il y a une grande église de pierre au sommet de la rue, de discrets chemins arborés, et une petite rue commerçante pleine de jolies boutiques et de restaurants en brique rouge à quelques pâtés de maisons de là.
    Je n’étais jamais allée à Cincinnati avant que nous nous installions ici, ce qui, je dois l’admettre, faisait partie de son attrait. Partir pour un endroit entièrement nouveau, vierge de mon passé, semblait être la meilleure solution face au désastre qu’était devenue ma vie. J’avais passé des semaines à étudier les cartes de la région avant de déménager, pour pouvoir me repérer et débuter ma nouvelle vie sans entrave.
    Je me récitai intérieurement la route d’Eden Park en courant vers le bas de la colline. J’avais choisi un chemin simple : Parkside jusqu’à Martin Drive, qui me mènerait jusqu’au bosquet des Ecrivains.
    Du moins, je l’espérais.

     

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  • [Livre] Les quatre gars

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

     

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    Résumé : On est quatre. Tout le monde nous surnomme "la famille dégâts" vu qu'on est que des gars... Il y a mon papi, mon père, mon frère Yves et moi, 9 ans, Louis. On vit à Noirmoutier - on récolte du sel. La mer nous nourrit, nous apaise, nous éblouit. Chez nous, ça ne parle pas, ça rit peu. Il faut dire que les femmes sont parties ; depuis, papa vit comme un ours, papi parle au fantôme de mamie et Yves est accro à la drague et à la muscu.
    Et moi ? Ben, moi, j'aimerais croire que cette vie, on peut faire mieux que "presque" la vivre.

     

    Auteur : Claire Renaud

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 Janvier 2018

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup aimé la famille Fradet, surnommés la famille Dégâts, aussi bien parce qu’ils sont 4 mecs que pour les catastrophes que chacune de leurs actions déclenche, sauf le père. J’ai eu une véritable aversion pour cet homme qui impose sa mauvaise humeur et sa violence aussi bien à sa famille qu’à leur entourage. A un moment du livre, sans donner de détail, il reproche à son père de s’être effondré plusieurs mois à la mort de sa femme. J’ai eu envie d’entrer dans le livre pour lui flanquer des coups de battes ! Parce que d’une part, le grand-père a perdu sa femme, elle est morte, ce qui n’a aucune commune mesure avec une nana qui s’est barrée parce que la vie sur la presqu’île lui était devenu insupportable (et qui a abandonné sans sourciller ses enfants, ce qui, pou moi, démontre qu’elle ne vaut pas les larmes qu’on verse pour elle), ensuite quand la mamie est morte, le grand-père n’était pas responsable de son fils, alors que le père a deux enfants qui n’ont plus qu’un seul parent présent (et heureusement pour eux que le grand-père est là, parce que s’ils devaient compter sur le père…), et enfin, et surtout, le grand-père s’est effondré quelques mois ce qui n’est pas très long en terme de deuil, alors que le père impose son attitude à tous depuis 5 ans ! Au point que son fils de 9 ans se rappelle à peine avoir eu un père aimant et attentionné.
    En revanche, j’ai adoré le grand-père, Pierre, qui tient la famille à bout de bras, calme le jeu mais se rebiffe quand même quand son fils, Jean, va trop loin.
    Yves est un ado, donc parfois un peu lourd, mais on sent qu’il a un bon fond et la passion qu’il développe pour le théâtre est touchante. Il est tout en excès, dans ses bons comme dans ses mauvais côtés.
    Enfin il y a Louis, 9 ans presque 30. Parfois on oublie son âge tant il paraît mature, mais avec l’abandon de sa mère et l’attitude de son père, il est évident qu’il a grandit plus vite qu’il n’aurait dû.
    Il m’a beaucoup fait rire quand il se moque gentiment des prénoms de ses copains, Jules et Denis, en disant qu’ils ont des prénoms de vieux alors que lui-même se prénomme Louis-Marie.
    J’ai aimé découvrir leur vie à tous, entre bêtises et pêche à la palourde plus ou moins réglementaire, entre marché et pêche à la ligne…
    Et puis, il y a Mme Mariette, la maîtresse de Louis, qui semble ne pas être indifférente au charme rustique du père t qui pourrait bien chambouler la vie de la famille Dégâts.
    J’ai adoré l’écriture de Claire Renaud. Pour avoir lu, juste avant celui-ci, un livre destiné à des enfants de 8 ans, je peux dire qu’elle sait parfaitement s’adapter à son public.
    Les quatre gars est un livre bourré d’humour et de tendresse sans verser dans le larmoyant ou la comédie. Tout est super bien dosé pour nous offrir une excellente lecture. Si avec ça les ados n’ont pas envie de lire, on ne peut plus rien pour eux !

     

    Un extrait : - Il parait que vous mettez des pétards dans les cabines de la plage des Dames ?
    Je ne dis toujours rien. Pourtant ça me brûle : ce ne sont pas des pétards mais des mammouths. C’est beaucoup plus impressionnant, auditivement parlant.
    - Vous ne savez pas que c’est extrêmement dangereux ?! Qu’on peut blesser quelqu’un ? Lui faire perdre un œil ?
    Le père de Denis, en embuscade derrière Papi, opine du chef. Alors je décide de dégainer la carte de l’humour – Papi m’a toujours dit que l’humour permettait de se sortir de pas mal de situations difficiles.
    - On voulait juste qu’il sorte tout nu comme un ver… Comme ça, on l’aurait mis au bout d’un hameçon et on aurait pêché avec !
    Raté : au lieu de rire, Papi plante ses poings sur ses anches, l’air encore plus furieux.
    - Ah, parce qu’en plus ça veut faire le malin ?! Allez, filez dans la voiture, je ne veux plus vous entendre ! Jules, tu viens avec nous, je te dépose chez tes parents.
    Ben mince ! Ma blague a fait plouf. La situation ne s’est pas simplifiée, bien au contraire…
    Le père de Denis hoche la tête quand je passe devant lui : Qu’est ce qu’on va faire d’un asticot pareil, semble-t-il dire.

    On s’installe dans la camionnette, à l’avant. Papi nous rejoint en tempêtant :
    - Vous me bouclez vos ceintures, ça suffit les conneries pour aujourd’hui !
    Il claque la portière derrière lui.
    - En plus, on est entourés de flics, le PV est quasiment déjà sous nos essuie-glaces ! Et ce n’est pas comme si cette voiture avait passé le contrôle technique !
    La camionnette démarre, après plusieurs soubresauts. Elle « crachote », comme dit Papi d’habitude – sauf que là, Papi ne dit rien.
    On se sent un peu piteux. Et quand Papa va l’apprendre, piteux ne sera plus le bon mot… Papi dépose Jules chez lui, au cabinet médical, dans un silence de cathédrale.
    Après le rond-point juste avant la maison, il se met à marmonner, en regardant bien la route devant lui :
    - Je vous ai vus depuis le ponton. Qu’est ce que c’est que cette méthode ?! Faut attendre au moins trois minutes une fois que le type est entré dans la cabine avant de lancer le pétard ! Et mettez-moi de la cire sur la mèche, bande de bleus : là, ça prendra à tous les coups ! On s’appelle la famille dégâts, je vous rappelle… On a une réputation à tenir !
    J’ai presque envie de l’embrasser : son kiss the cook reprend tout son sens. Nous descendons de la camionnette, plus légers.
    Dans la maison, la bonne odeur de soupe de poissons qui nous happe finit de nous réchauffer le cœur.

     

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  • [Livre] Où sont les filles

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

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    Résumé : Ondine vit avec sa sœur, sa mère et sa grand-mère. Entre filles, tranquilles. Jusqu'au jour où un garçon débarque. Comment l'aborder ? Elle lance une prière en l'air... Le lendemain, surprise : il n'y a plus une seule fille sur Terre ! Plus une seule; Est-ce un coup du mystérieux Misteress Smith ?

     

    Auteur : Claire Renaud

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 Janvier 2018

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : Comment remonter le moral quand on rentre d’hospitalisation ? Trouver le dernier pepix de Sarbacane dans sa boîte aux lettres y contribue grandement, croyez-moi !
    S’il y a bien une maison d’édition avec laquelle je plonge dans la lecture sans appréhension, c’est bien elle ! J’aime plus ou moins mes lectures, mais je ne suis jamais déçue ! Avec un pepix, je m’attends à une histoire mignonne et pleine d’humour, et c’est exactement ce que j’ai trouvé dans « Où sont les filles ».
    Pas facile pour Ondine de vivre entourée uniquement de filles : Mamie, Maman et Marine, son ado de sœur. Encore moins facile quand la première est pleine de conseils surannés, la seconde overbookée et la dernière peu disposée à donner de son temps à sa petite sœur et ses premiers émois amoureux.

    Alors un soir, avant de dormir, Ondine fait un vœu. Celui de comprendre les garçons, et vite s’il vous plaît !
    Le lendemain au réveil, c’est le choc ! Sa sœur Marine s’est transformée en un ado dégingandé répondant au nom de Marin, sa meilleure copine Lucile est devenue Lucien, elle n’a plus une maitresse mais un maître… bref, Ondine est tout simplement la seule fille sur Terre.
    Alors, si pour comprendre les garçons, il suffisait d’en être entouré, ça se saurait ! Ondine n’est pas plus avancée et en prime, elle n’a plus personne à qui se confier !
    Ondine ne va pas tarder à découvrir qui (ou quoi, je délibère encore) se cache derrière cette mauvaise farce, mais pour autant, cela ne va pas régler son problème.
    Heureusement qu’il y a Aurélien. Un garçon, certes (et qui l’était déjà avant la grande transformation), mais gentil, ouvert et, à mon avis, qui doit craquer pour Ondine depuis un bail quand on voit l’ardeur avec laquelle il se lance dans l’aventure.
    A eux deux, ils sont bien décidé à tout remettre en place et à ce qu’Ondine ne soit plus seule, esseulée et solitaire au milieu de toute cette testostérone !
    L’écriture est super agréable à lire, le ton léger, plein d’humour, Claire Renaud nous a fait une héroïne qui n’a pas froid aux yeux et qui est pleine de répartie même quand elle se sent un peu perdue.
    J’ai aimé tous les personnages, même Misteress Smith qui est pourtant une vrai tête à claque, sauf un : La mère d’Ondine. Je l’ai trouvé vraiment désagréable à chacune de ses apparitions (que ce soit sa version masculine ou féminine). Le pire est cette réponse qu’elle fait à chaque fois que sa fille veut lui parler et lui demande si elle peut : « Ce n’est jamais le bon moment ». A croire que l’existence même de ses enfants la dérange. Je trouve que dire à un enfant qu’il n’y a jamais de bon moment pour venir lui parler c’est de la maltraitance psychologique. Ca revient à lui dire : Je n’aurais jamais ni le temps, ni l’envie de passer du temps avec toi parce que j’ai mieux à faire. Je l’ai vraiment trouvé odieuse, tout le contraire de la grand-mère/grand-père qui est très attentive et très présente pour Ondine.
    J’ai vraiment passé un excellent moment de lecture et j’ai hâte de lire le second roman de l’auteur qui était glissé dans ma boite aux lettres et qui s’adresse à un public un peu plus âgé. Je suis curieuse de voir si elle a su adapter son écriture à son public. Pour les 8 – 10 ans, c’est gagné, voyons maintenant pour les 11 ans et plus !

     

    Un extrait : Le grand jeu des ados, m’a dit Lucile (qui a un frère encore plus âgé), c’est la provocation. Ca consiste à faire exactement le contraire de ce que tu faisais autrefois gentiment, sans même y penser. Du jour au lendemain, tu ne te lave plus les dents et ton haleine devient terrible, tu n’arrêtes pas de dire des gros mots alors que tu parlais correctement, et tu te mets à détester toute ta famille alors que tu rigolais bien avec.
    Forcément l’ambiance en a pris un coup. Mamie boude car elle en veut à Maman d’avoir crié, et gâché la fête.
    - Ma fille, la prochaine fois que tu auras des envies de redressement éducatif avec force décibels (je traduis : quand tu voudras enguirlander ta fille en hurlant), tu es priée de le faire un jour où je ne me suis pas bougé le popotin pour préparer un sacré bon dîner de derrière les fagots !
    Voilà, c’est dit ! Là-dessus Mamie se tait définitivement. Maman boude car elle en veut à ma sœur d’avoir dit des grossièretés, et gâché la fête. Et à sa mère de lui avoir mal parlé.
    Ma sœur boude dans sa chambre.
    Et moi j’en veux à tout le monde de ne m’avoir pas répondu. Nos rancunes additionnées produisent un très lourd silence dans l’appartement.
    Je vais dans ma chambre, toujours en silence, enfile mon pyjama, et mes questions passent et repassent à l’intérieur de ma tête, comme une culotte rouge dans une lessive de linge blanc qu’on regarde à travers le hublot. J’en ai le tournis.
    Quand je me glisse sous ma couette, ce soir-là, je demande dans le vide, en l’air, à je ne sais pas qui, à la moindre personne qui pourrait m’entendre :
    - S’il vous plait, faites que j’en apprenne davantage sur les garçons. Et vite !

     

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  • [Livre] La pâtissière de Long Island

    Je remercie Babelio et sa masse critique ainsi que les éditions J'ai lu pour cette lecture

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    Résumé : Pour l'empêcher de fréquenter l'homme qu'elle aime, le père de Marie décide de l'envoyer aussi loin que possible de leur petit village de Frise orientale : à New York, chez ses deux frères. Avec pour seuls bagages son coeur brisé et la recette secrète de son gâteau au fromage blanc, elle débarque à Brooklyn en ce froid mois de novembre 1932, à la fois fascinée et terrifiée par ce qui l'entoure. Elle est bien loin de se douter de l'incroyable destin que lui réserve le Nouveau Monde.

    Des décennies plus tard, Rona, sa petite-nièce en plein revers professionnel et sentimental, vient lui rendre visite. Marie lui raconte son histoire et lui confie la recette du cheesecake qui doit changer sa vie.

     

    Auteur : Sylvia Lott

     

    Edition : J'ai Lu

     

    Genre : Roman contemporain

     

    Date de parution : 2017

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’ai découvert un roman avec une écriture très agréable. Le passé, avec l’histoire de Marie, est écrit à la 3ème personne du singulier et le présent, avec celle de Rona, est à la première personne du singulier, ce qui permet de bien distinguer les parties (même si elles se confondent difficilement).
    Du côté de l’histoire et des personnages, j’ai trouvé que le père de Marie se comporte de manière odieuse. Certes, nous qui connaissons l’Histoire, savons qu’en envoyant sa fille aux USA contre son gré en 1932, il lui a permis de ne pas être en Allemagne lors de la montée en puissance d’Hitler et de la seconde guerre mondiale, mais ses raisons pour l’éloigner sont lamentables.
    Bien entendu, il décide de qui, de ses enfants, va reprendre son travail, sans se préoccuper une seconde de leurs envies.
    Marie m’a énervée à ce moment-là. Quand elle prend le bateau, elle se dit que le ressentiment enfoui vaut mieux qu’une crise ouverte. C’est encore une manière pour l’autre partie d’avoir la conscience tranquille et de se dire que si elle ne proteste pas c’est qu’au fond d’elle, elle sait que son père à raison.
    La vie aux USA est dépaysante. D’un côté, il y a ses frères, surtout son frère aîné, Willi, qui tente d’avoir la même autorité que son père sur sa sœur sans y parvenir, de l’autre il y a toutes les possibilités qui s’offrent à elle.
    Marie va se construire une nouvelle vie, avec l’aide d’une recette secrète de cheesecake qui va faire sa réputation et entrainer bien des choses, positives ou non.
    C’est cette recette qui fait le lien entre Marie et Rona, sa petite-nièce qui vit des instants difficiles en 2003. Venue rendre visite à sa grand-tante, celle-ci est en pleine reconstruction après des échecs tant professionnels que sentimentaux.
    Si elle ne croit pas vraiment au « pouvoir » du cheesecake, elle va être passionnée par l’histoire de la vie de Marie. Et prendre exemple sur elle pour se reconstruire.
    Le secret du cheesecake m’a obsédé toute ma lecture ! A chaque page, j’espérais qu’on saurait enfin ce qui faisait sa particularité.
    Rona est moins présente que Marie mais son histoire est tout aussi intéressante. Cela dit, c’est clairement l’histoire de Marie qui fait tout l’intérêt du roman. Certains passages de la fin m’ont un peu attristée, mais on pouvait s’y attendre et ce sentiment de tristesse s’évanoui vite.
    J’ai dévoré ce livre de près de 600 pages en moins d’une journée !

     

    Un extrait : « Reste donc avec nous, Rona », m’a prié tante Marie le troisième jour. Elle était assise avec son frère pour le thé de l’après-midi dans la véranda couverte. « C’est bien qu’une autre personne de la famille connaisse les vieilles histoires, quand nous ne serons plus là. »

    J’ai pris place dans un confortable fauteuil en rotin.

    « Nous parlions à l’instant de la famille d’Imke Wilken. »

    J’ai haussé les épaules : « Je ne la connais pas. »

    Après tout j’avais grandi dans une ville à vingt kilomètres de Südrhauderfehn, dans laquelle mes parents avaient une entreprise textile, et je n’étais toujours qu’en visite ou en vacances chez mes grands-parents, dans la maison des parents de ma mère – ce qui me convenait tout à fait.

    « Les Wilken », a insisté mon grand-père comme si je devais m’en souvenir, « ce sont ceux dont la maison, au cœur du marais, tombe en ruine !

    – Ah ! » Cela fit tilt. « Cette étrange famille qui vit totalement à l’écart et dont la maison ne tient plus que grâce au lierre… C’est d’eux que tu parles ?

    – Tout à fait. Ils ont perdu une fille, a expliqué tante Marie, Imke, c’était son nom.

    – C’est pour cela que ses parents et ses sœurs sont devenus si étranges, a ajouté Papi.

    – J’ai connu Imke, elle était dans la même classe que moi, nous avons chanté ensemble dans la chorale, a précisé ma grand-tante.

    – La famille n’a jamais surmonté ça. Cela devait être au début des années trente. L’été avant que tu ne partes en Amérique, non ? »

    Le regard grave de Tante Marie se perdait dans un lointain imaginaire. « Je me souviens très bien de ce jour, a-t-elle dit posément. Je sais même que c’était un mardi, un mardi de juin 1932…

    – …et tu étais amoureuse du p’tit maît’ d’école. »

    Tante Marie a acquiescé.

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  • [Livre] Le bois sans dessus dessous et autres histoires conthées

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    Résumé : À travers dix contes, les héros du Bois Sans Dessus Dessous nous emmènent dans des aventures gourmandes. Loirs, hérissons, grenouilles, chauve-souris : tous ont en commun le thé, qui sert de fil rouge à travers leurs différentes histoires. Ces petites contes initiatiques bien ciselés abordent des thèmes aussi variés que le vivre ensemble, la timidité ou encore l’acceptation de soi.

     

    Auteur : Clémentine Ferry

     

    Edition : éditions du lumignon

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 3 octobre 2017

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Le bois sans dessus dessous est un tout petit livre de 88 pages comportant 10 histoires mettant en scène les petits animaux de la forêt et le thé. Chaque histoire fait ainsi moins de 10 pages, ce qui est une longueur parfaite pour une histoire du soir : ni trop longue pour les parents, ni trop courte pour les enfants.
    Pour ma part, j’ai reçu ce livre en SP lors de la masse critique jeunesse de Babelio, mais je trouve le prix un peu excessif. 15€ pour un si petit livre, broché, illustré en noir et blanc, même si les histoires sont originales et mignonnes et que les dessins sont très beaux, je trouve que c’est élevé. Ce prix-là, je le vois plus sur un album d’au moins 150 pages, de la taille d’une BD, avec des pages d’illustrations et une couverture rigide.
    Mais je suppose que le fait que la maison d’édition n’est pas une grosse structure explique que le prix soit un peu élevé, ils ne doivent pas écouler autant de stock qu’une grosse maison d’édition.
    Je comprends tout à fait les contraintes de la maison d’édition, mais bon, j’ai aussi les miennes et n’ayant pas un gros salaire, il est évident que pour le même pris, entre un roman de 500 pages et un livre de 88p, mon choix sera vite fait.
    Dans le bois sans dessus dessous, tous les animaux ont une histoire avec le thé : du loir sujet au vertige, propriétaire d’un salon de thé volant, à la reinette qui a peur de l’eau, en passant par la petite chauve-souris qui n’aime pas le thé contrairement à sa nombreuse famille ou au renard, maître zen, qui aime à méditer près de la plantation de thé, au grand dam des gardiens, tous ont une relation particulière avec le breuvage ancestral.
    Chacun des héros de ces petites histoires a un nom de plante dont la particularité est expliquée dans un petit lexique à la fin du livre : Menthe, Saule, Pissenlit, Hellébore… chacun a des propriétés bénéfiques…ou non.
    A travers les aventures et petites mésaventures, le jeune lecteur va découvrir qu’il y a une solution au vertige, à la timidité, à la vue qui baisse, que le deuil, s’il est douloureux, et plus facilement acceptable si on se serre les coudes, qu’une catastrophe naturelle peut être surmontée si chacun vient en aide à son prochain…
    Il va apprendre l’importance de la confiance en soi et de l’acceptation de soi et des autres. Et, pourquoi pas, peut être en profitera-t-il pour s’initier au thé et à tous ses bienfaits.

     

    Un extrait : Le bois sans dessus dessous accueillait une nouvelle famille de chauve-souris. Saule le Loi leur avait trouvé une demeure perchée tout en haut d’un hêtre.
    Myrte, la matriarche, avait décidé d’organiser un goûthé costumé pour présenter sa famille à toute la communauté du Bois. Voyez-vous, chez les chauves-souris le thé était sacré et chacune avait des goûts très précis en la matière. Il fallait donc faire très attention à ce que l’on servait… Et à qui !

    Et pour époustoufler la société chauve-souris, quoi de plus original que de prendre le thé au beau milieu des nuages !

    Myrte comptait bien organiser le plus épatant des goûthé, mais il lui fallait cacher un bien gênant secret : la timide Hellébore, sa petite dernière, n’aimait pas le thé…

    Le jour J, on se pressa au bal costumé de la famille fraîchement installée. Les chauves-souris avaient revêtu leurs plus beaux costumes et la forêt resplendissait de milliers de couleurs. Les nuages servaient pour l’occasion de salle de réception et on félicita les hôtes pour la délicate décoration et la délicieuse nourriture. Tout se passait à merveille !

    N’ayant pas eu d’autre choix que de suivre ses parents, Hellébore resta cachée sous la table pendant tout le repas.
    Elle grignota le peu que son grand frère Houx lui glissait en douce sous la table. Elle entendait les rires des adultes et les jeux des plus jeunes, mais sa grande timidité l’empêchait de participer à la fête.

     

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  • [Livre] Le grand magasin fluo

    Je remercie les éditions sarbacane pour cette lecture

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    Si vous désirez acheter ce livre, vous pouvez cliquer ICI ou sur l'image. Vous serez alors redirigés sur bookwitty. Si vous achetez le livre par ce lien, je touche une petite commission. Cela ne change rien au prix!

     

    Résumé : Mathieu Martin est le souffre-douleur de sa classe. Heureusement, il a des amis : le gros Angelo au méga QI ; Peter, capable d'escalader n'importe quoi ; et Nat, championne de karaté ! Un jour, un immense supermarché pousse comme un champignon dans le terrain vague voisin. Un véritable monument, rose fluo, qui semble sortir de terre ! Dès l'ouverture, on annonce des promotions incroyables pour les chanceux qui recevront le fameux "Jeton d'Argent" permettant de remplir son caddie ... gratuitement ! Mais bientôt, le journal signale de nombreuses disparitions inexpliquées. C'est d'abord Maillot Jaune, le fou de vélo, puis Mademoiselle Pim, la mercière ... Pour Mathieu et sa bande, c'est sûr : les disparitions ont quelque chose à voir avec ce magasin louche, voire diabolique. Ils décident de mener l'enquête ...

     

    Auteur : Stéphane Gisbert

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 01 Novembre 2017

     

    Prix moyen : 10,90€

     

    Mon avis : j’ai bien aimé suivre les aventures de Mathieu et ses amis à travers une écriture simple et entraînante, une histoire au rythme effréné et des bonus amusant.
    Je suis certaine que les enfants seront plus qu’emballés par cette histoire et par le secret que cache le grand magasin.
    Pour ma part, en tant qu’adulte, j’ai regretté un certain manque de profondeur. Le harcèlement scolaire, pourtant tellement d’actualité, n’est mentionné que pour introduire les personnages puis laissé totalement de côté, la maltraitance est également mentionnée mais comme s’il s’agissait de quelque chose de normal qu’il n’y avait pas lieu de signaler. J’aurais préféré qu’il y ait au moins un paragraphe, ou même une simple phrase, qui indique que Mathieu aimerait bien parler à un adulte à ce sujet mais qu’i n’ose pas, plutôt que de balayer le sujet d’un revers de main.
    Pareil pour la tendance à la surconsommation des gens ou la disparition des petits commerçants, ruinés par les grands distributeurs. On en parle, vaguement, mais il n’y a aucune réflexion sur le sujet. Pourtant, je pense que c’est au travers des livres qu’on peut faire prendre conscience aux enfants de ces réalités.
    Ici j’ai vraiment eu l’impression que toute réflexion était évité au profit de l’aventure elle-même. Or je pense qu’on pouvait concilier les deux.
    Bien évidemment, c’est là le point de vue d’une adulte, et je suis persuadée que les enfants ne verront dans ce livre que la palpitante aventure que des enfants de leur âge sont en train de vivre.
    Le roman se lit très rapidement, et malgré les quelques réserves que j’ai évoquées plus haut, à aucun moment je n’ai été capable de le reposer.
    Cela reste donc un livre intéressant, amusant, qui plaira sans doute aussi bien aux garçons qu’aux filles.

     

    Un extrait : Vous voyez ce gosse avec ses lunettes de travers ? Non ? Regardez mieux. Le petit, là, qui s’essuie le nez, avec un pantalon troué aux deux genoux ! Le maigrelet, là – mais si, regardez : son cartable est ouvert par terre, toutes ses affaires sont répandues au sol…

    Celui qui chiale, quoi !?

    Ben, c’est moi.

    Et si je suis assis là, à renifler dans mon coin, c’est que je me suis fait chahuter pas plus tard qu’à l’instant.
    - Hé ! L’intello ? T’aurais pas un truc qui m’appartient ?

    A chaque fois, c’est la même scène : Tony et sa bande m’attendent en bas de chez moi (à croire qu’ils me guettent !) et ils me rançonnent. Mon goûter, un stylo… Faut que je leur donne quelque chose. Sinon, gare !

    « Péage ! », annonce Tony. Et j’obéis. Que voulez-vous que je fasse ? Ils sont beaucoup trop forts pour moi.

    La plupart du temps, j’arrive à les éviter. En quittant mon immeuble cramponné au bras de ma mère comme un petit de maternelle. Pas très glorieux, mais bon…
    Je passe devant eux tête baissée, en feignant de ne pas les voir. Ils ne sont pas idiots au point d’essayer de me racketter devant elle. Dans ces moments, ils ont des petits sourires mauvais, genre « on t’aura plus tard… ».

    Ou bien je les guette de la fenêtre et j’attends qu’ils soient partis. Mais alors, j’ai beau courir, j’arrive en retard au point de rendez-vous avec mes copains, et donc à l’école.

    Ce matin, quand je me suis réveillé, ma mère était déjà sortie et il y avait un post-it sur le frigo.
    Remarquez, ça arrive fréquemment.

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  • [Livre] En sacrifice à Moloch

     

    Je remercie Babelio et sa masse critique ainsi que les éditions Albin Michel pour cette lecture

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    Résumé : Au terme d'une traque impitoyable dans les forêts de Lainio, en Laponie suédoise, un ours féroce est abattu. Dans sa panse : les restes d'un homme... Cette macabre découverte est suivie quelques mois plus tard par l'assassinat d'une femme à coups de fourche. Chargée de l'enquête, la procureure Rebecka Martinsson ne tarde pas à recouper ces faits a priori sans rapport : les deux victimes avaient un lien de parenté ; ils étaient père et fille. Mais ils ne sont ni les premiers ni les derniers à disparaître, comme si une étrange malédiction frappait leur famille...

     

    Auteur : Asa Larsson

     

    Edition : Albin Michel

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 30 août 2017

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : J’ai découvert Rebecka Martinsson avec le 4ème tome de ses aventures : « Tant que dure ta colère ». Je n’ai pas encore eu le temps de lire les 3 premiers, mais, à part pour voir l’évolution des personnages et des rapports qu’ils entretiennent, chaque livre peut se lire indépendamment des autres.
    J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire à cause d’une écriture maladroite. Je ne crois pas que l’auteur soit en cause, j’ai vraiment eu le sentiment d’un gros problème de traduction.
    Mais au fil de l’histoire, celle-ci prend vite le pas sur la traduction.
    Rebecka va découvrir le corps d’une femme tuée à l’aide d’une arme perforante. La première idée qui vient à la jeune femme et qu’elle a été tué à coup de couteau, mais l’autopsie va révéler l’emploi d’une arme un peu moins classique.
    Mais Rebecka va se retrouver dessaisie de l’affaire à cause de l’arrivisme d’un collègue et de l’espèce de loque qui lui sert de chef et qui donne raison à celui qui crie le plus fort pour ne pas avoir à faire montre d’autorité (on en a un comme ça, chez moi).
    Pourtant la jeune femme est la seule à faire le rapprochement entre cette mort et le corps d’un homme en partie retrouvé dans un ours après une battue.
    Le rival de Rebecka semble plus intéressé par sa carrière et sa propre célébrité que par la poursuite de la vérité. L’homme est hystérique, de mauvaise foi et navrant d’incompétence.
    Kreisker, le policier défiguré par un incendie dans son enfance, amoureux de Rebecka mais n’osant pas se déclarer ouvertement, va, contre toute attente, être le seul à provoquer la confiance de Marcus, le petit-fils de la victime. Très vite, il devient clair que l’enfant est en danger.
    En parallèle à l’enquête, on peut prendre connaissance de comment la famille s’est constituée, dans une ville minière de 1914.
    Comment cette période éloignée, au cœur de la première guerre mondiale, peut-elle avoir un rapport avec le crime qui occupe tous les esprits ? Comment Marcus, 7 ans et demi, peut-il avoir attiré les foudres du meurtrier ?
    J’ai été emporté dans cette histoire et je n’ai compris la fin que quelques lignes avant qu’elle ne soit révélée.

     

    Un extrait : Le policier et maître-chien Krister Eriksson arrêta sa voiture devant la maison de Rebecka Martinsson. De loin, il avait vu la lumière allumée dans la cuisine au premier étage et avait ressenti l’habituel pincement au cœur.

    Il ouvrit sa portière et regarda les chiens de Rebecka arriver en courant.

    D’abord Vera. Avec son arrière-train qui se tordait d’un côté à l’autre et son dos arrondi.

    Les deux chiens de Krister, Tintin et Roy, étaient deux jolis bergers pure race, bien dressés et travailleurs. Ils étaient célèbres dans la région. Le Morveux était un fils de Tintin. Il deviendrait un jour un chien exceptionnel.

    C’était drôle de voir Vera la vagabonde au milieu de tous ces champions. Maigre comme un coucou, une oreille dressée, l’autre tombante. Un coquard noir autour d’un œil.

    Au début, il avait essayé de la dresser. Il lui disait : « Assis ! » et elle le regardait, la tête penchée sur le côté avec l’air de dire : « Je ne comprends rien à ce que tu me dis, mais si tu ne finis pas ta tartine de pâté de foie, je la veux bien. »

    Il avait l’habitude que les chiens lui obéissent. Mais avec elle, il était tombé sur un os.

    « Salut, clocharde ! » l’accueillit-il, lui tirant affectueusement les oreilles et posant un baiser sur sa tête étroite. « Comment fais-tu pour rester aussi maigre avec tout ce que tu manges ? »

    Elle accepta la brève caresse mais céda rapidement la place au Morveux. Le chiot galopait comme un troll à qui on aurait mis de la moutarde dans le cul, se jetait dans les jambes de Krister, faisait des huit, incapable de rester en place assez longtemps pour que Krister puisse lui dire bonjour. Puis il se coucha, en position de totale soumission, se releva, posa les pattes avant sur les jambes de Krister, se recoucha sur le dos, roula, partit en courant chercher un bâton pour jouer, le posa devant les pieds de Krister, lui lécha la main et finit par un long bâillement, un moyen comme un autre de relâcher le trop-plein de sentiments qui l’envahissait.

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  • [Livre] Les cancres de Rousseau

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette excellente lecture

     

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    Résumé : 1994, Sarcelles, Djiraël en est sûr, cette année sera exceptionnelle. Il entre en terminale, dans la même classe que ses potes Sacha, Jazz, Rania et les autres. En plus, la belle Tatiana semble enfin réponde à ses avances... Cerise sur le gâteau, le prof principal, c'est monsieur Fèvre - le seul qui s'intéresse à eux. Bref, c'est parti pour une année d'éclate... sauf que parfois, plus on prévoit les choses, moins elles se passent comme on le pensait.

     

    Auteur : Insa Sané

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 04 octobre 2017

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce livre et pourtant, excepté un ou deux, je ne me suis pas attachée aux personnages. Tatiana m’est apparue comme une manipulatrice, Rania, une pleurnicheuse. Djiraël se cache un peu trop à mon goût derrière le côté noir de banlieue pour justifier ses combines à la limite de la légalité, quand il ne franchi pas carrément la ligne. La mère de Djiraël, que j’appréciais au début, est vite tombée dans mon estime quand elle reproche à son fils de n’avoir que 13 de moyenne comme s’il avait ramené un 4 et quand elle lui ordonne de cesser de se battre pour ses idées. En fait, elle et son mari, dont on se demande de quel droit il ramène sa fraise, n’étant jamais là plus d’une semaine d’affilée, semble conseiller à leur fils de ne jamais montrer d’émotion mais en même temps de faire profil bas, de s’écraser… ce n’est pas ma conception de l’éducation. Si j’avais un fils, je préférerais le voir s’élever contre l’injustice, quitte à repasser un examen un an plus tard, plutôt que de la voir ramper devant ceux qui se croit au-dessus de lui parce qu’ils sont nés du « bon » côté de la barrière.
    Le proviseur, et surtout le CPE, devrait être traduit devant un conseil de discipline. Je l’ai pensé dès le début du livre quand le CPE essais, à mots à peine couverts, d’influencer le vote des élèves quant à la nomination du délégué des délégués, et mon sentiment n’a fait que se renforcer au fil de ma lecture.
    En revanche, j’ai beaucoup aimé Mr Fèvre, qui est un prof comme tout le monde aimerait en avoir. Côté ados, j’ai bien aimé Maceo « jazz » ainsi que Sacha, même si j’ai grincé des dents devant certaines de ses décisions.
    Ce livre est la preuve qu’on peut aimer un bouquin, vraiment l’apprécier, sans pour autant accrocher avec les personnages et leur personnalité.
    La fin est parfaite, avec une pointe d’amertume mais qui fait bien passer le message qu’il est rare de gagner sur tous les tableaux, même quand on est dans son bon droit, et qu’il faut savoir lâcher sur certaines choses pour en obtenir d’autres plus importante.
    Un petit point reste en suspension, à la toute fin, mais comme ce point concerne un personnage que je n’ai vraiment pas apprécié, ça m’a laissée complètement froide, j’ai préféré me concentrer sur la fin de l’histoire, sur l’amitié qui lie ces adolescents.
    J’ai vraiment apprécié ma lecture, encore plus que si je m’étais attachée aux personnages. Parce que quand on aime d’entrée de jeu les personnages, on peut dire que la moitié du chemin est fait pour l’auteur. Même quand l’histoire a quelques défauts, il y a ce sentiment envers les personnages qui font pencher la balance sur « j’aime ». Dans le cas, où comme ici, je n’ai pas franchement d’affinité avec les personnages, il faut que l’écriture et l’histoire soient quasiment sans défaut pour que le texte fasse mouche. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé ici, l’histoire est tellement forte et bien écrite que la personnalité des personnages en devient secondaire, pas pour l’histoire elle-même, mais pour l’appréciation qu’on va en faire.
    Il semblerait que d’autres romans d’Insa Sané portent sur ces mêmes personnages (ou leur entourage, j’ai cru voir un résumé où le personnage principal serait le petit frère de Djiraël) et c’est donc avec plaisir que je retrouverais la plume de l’auteur dans un avenir, je pense, assez proche.
    Petit bonus, après l’extrait, je vous mets le lien vers une interview de l’auteur.

     

    Un extrait : Maman s’est invitée dans ma chambre – sans frapper, bien sûr. Je feuilletais les derniers potins du foot et j’ai dû paraître un peu trop insensible à son intrusion, car elle m’a arraché le magazine des mains.

    - Tu compte t’en débarrasser quand, de ces cartons ? On se croirait dans un grenier !

    D’un geste large, elle a désigné ma chambre, dont les deux tiers étaient encombrés par des piles de cartons fermés.

    - Pour la centième fois, ce sont les bouquins que j’ai achetés pour la Bourse aux livres du lycée. Dans un mois, tu ne les verras plus.
    - Y’a intérêt, sinon c’est moi qui vais les faire disparaître.

    Elle a pris une voix plus accorte :

    - Sinon… Tu te sens prêt ?

    Je voyais très bien où elle voulait en venir, mais j’avais décidé de faire le sale gosse. L’air affolé, j’ai lancé d’une voix chevrotante :

    - Ooooooh non, Maman ! La chaise électrique est prête ? c’est ça ? C’est ça ??

    Elle a pouffé en secouant la tête.

    - T’es vraiment trop bête !

    Reprenant son sérieux :

    - Je suis sûre que ça va être une année fantastique.

    - Te prend pas la tête comme ça. Le Bac, ça ne vaut plus rien.
    - Peut-être, mais c’est un passeport pour les études supérieures. Moi, si j’avais eu ta chance, je me serais accrochée de toutes mes forces…
    Et voilà, c’était reparti. Elle fredonnait la même comptine depuis que j’étais en CP ! Je savais très bien ce que représentait cette année à ses yeux. Elle qui n’avait pas pu poursuivre ses études parce qu’elle avait le ventre gonflé, à l’époque… Elle aimait l’école plus que tout au monde, et elle aurait sans doute pu aller loin – si elle n’avait pas encore plus aimé Papa. C’était au Sénégal, il y avait longtemps de ça.
    Bref ! Maintenant que j’entrais en Terminale, elle était excitée comme une mère le jour de Noël devant son mioche en train de déballer les cadeaux. Elle voulait me voir heureux, et son bonheur à elle dépendait de la lueur que j’aurais dans les yeux en découvrant mon nouveau joujou… Fallait peut-être lui rappeler qu’à Noël, Papa et elle ne m’offraient que des bouquins, et que la plupart du temps je tirais la tronche !

     

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  • [Livre] Colorado Train


    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

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    Résumé : Durango, 1949

    La poussière rouge. Les sombres rocheuses. L'Amérique profonde, tout juste sortie de la Deuxième Guerre mondiale.

    C'est dans ce monde-là que grandissent Michael et ses copains: le gros Donnie, les inséparables Durham et George, Suzy la sauvage.

    Ensemble, ils partagent les jeux de l'enfance, les rêves, l'aventure des longs étés brûlants...

    Jusqu'au jour où un gosse de la ville disparaît. Avant d'être retrouvé, quelques jours plus tard... à moitié dévoré.

    Aussitôt, la bande décide d'enquêter.

    Mais dans l'ombre, le tueur- la chose? - les regarde s'agiter.

    Et bientôt, les prend en chasse...

     

    Auteur : Thibault Vermot

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 06 septembre 2017

     

    Prix moyen : 16€

     

    Mon avis : Ce roman est plus long que la moyenne dans la collection X’prim : près de 400 pages de pur régal.
    J’ai beaucoup aimé le côté plus sombre de l’histoire que ce que l’on trouve d’habitude (ici il est quand même question de meurtre d’enfants et de cannibalisme) avec un petit côté thriller quand les enfants se lance à la recherche du tueur.
    Au début de ma lecture, j’ai eu un peu de mal à me faire au style d’écriture de l’auteur que j’ai trouvé un peu trop familier à mon goût, mais, une fois prise par l’histoire, je n’y ai vraiment plus fait attention.
    Dans ce roman, le point fort est l’amitié qui lie les protagonistes. Ce ne sont pas non plus des héros, ce sont des enfants normaux qui se retrouvent confrontés à une situation anormale, à une époque où il n’y avait pas de portables pour appeler à l’aide et où il fallait souvent plusieurs heures pour aller prévenir quelqu’un.
    J’ai beaucoup aimé le côté course contre la montre qu’il y a dans toute la seconde partie du livre et qui tient en haleine.
    En revanche, j’ai été frustrée de ne pas savoir qui est « la chose » comme l’appelle les enfants. Aux indices laissés dans le livre, on sait que l’on n’est pas en présence d’un roman fantasy et qu’il n’y a pas de surnaturel, on peut même dresser un portrait du tueur, mais on n’a aucune certitude et ça m’a vraiment manqué. De même, on parle à plusieurs reprises d’un tueur d’adolescentes, père de l’un des enfants, et qui s’est enfui avant d’être pris à parti par le sheriff de la ville, mais au final, on reste encore sur notre faim, n’ayant pas de conclusion concernant cette personne.
    J’ai été un peu déçue de cette fin, mais peut-être que les adolescents n’accordent pas autant d’importance que moi à comprendre le pourquoi du comment des agissements du « méchant » de l’histoire.

     

    Un extrait : Il connaissait Durango par cœur… mais là, c’était la nuit…
    En plein jour, Don avait pas peur ; il voyait les choses, il voyait les gens. Il voyait la tronche à Butler, derrière ses courges. Mais dans la nuit, Donnie… la nuit opaque… épaisse… épaisse et vide… Dans la nuit sans fin, on frôle des choses épouvantables, un danger flotte tout près…
    Lequel ?
    Bon, il en savait foutre rien.
    Peut-être que c’était pareil ailleurs, dans les autres villes.
    « Mais que fout un gosse de cet âge dehors à une heure pareille ? »
    - Je t’en pose moi des questions, trouduc’ ? il mimait avec sa bouche.
    Des vacheries d’idées le tenaient debout toute la nuit, ces temps-ci. Ces idées de nanas. Ca le rendait dingue. Ca lui faisait sauter le cerveau. Alors il attendait que tout le monde pionce, et puis il se mettait à gamberger en marchant à travers la ville. Au moins ça te fera perdre un peu de gras, hein, Donnie. Les filles elles aiment pas les gros, Donnie. Cette nuit comme d’autres avant celle-là, il marchait pour se débarrasser des filles à poil qui dansaient dans sa tête.
    Ca commençait toujours pareil. L’une d’elles sortait la tête d’un buisson, dans un recoin de son crâne. Elle regardait si y avait pas de danger, puis elle sortait… Comme les ballerines, elle faisait une petite révérence… Puis elle donnait la main à la deuxième, qui bondissait elle aussi hors du buisson, les jambes longues, fines… Puis une troisième pointait le bout de son nez… et venait les autres… Une ribambelle de filles sans un centimètre carré de tissu pour cacher quoi que ce soit ! Et elles dansaient. Leurs sourires fendaient leurs visages ; leurs dents blanches scintillaient…
    Mec, tu vas pas y croire. J’les vois à poil !!

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  • [Livre] Les secrets de Brune - L'amie parfaite

     

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette lecture

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    Résumé : C’est bientôt la rentrée et Brune change de collège… Son angoisse grandit à mesure que le jour fatidique approche. A quoi ressemblera sa nouvelle vie ? Son histoire commence…

     

    Auteur : Bruna Vieira

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 03 mai 2017

     

    Prix moyen : 15,50€

     

    Mon avis : Je sors de ma lecture très mitigée. Les illustrations sont douces, avec un petit côté flou. Personnellement ce n’est pas le genre d’illustrations qui me plaisent, mais tout est question de goût.
    Ce qui m’a vraiment gênée dans cet album, c’est qu’il y a vraiment trop peu de texte, surtout en considérant le prix de l’album.
    Il n’y a pas vraiment d’histoire suivie, seulement des bribes de dialogues et de pensées. Pour moi, c’est plus une ébauche, comme si l’auteur avait jetée quelques idées dans l’intention de faire un album. J’aurais préféré quelque chose de plus fourni, avec une vraie histoire.
    Pour le peu que j’ai lu, j’ai trouvé Brune assez irritante : elle se plaint que personne lui parle, mais ne va vers personne ; Et quand les gens lui parle, elle n’est encore pas contente : une critique et c’est la fin du monde ; un compliment et elle se sent agressée…
    J’aurais peu être plus eu de sympathie pour elle si le personnage avait été un peu plus approfondi, ici, je n’ai eu l’impression ni de suivre une histoire, ni de découvrir le personnage de Brune.
    En revanche j’ai bien aimé le côté interactif : il y a des emplacements pour que le lecteur écrive son histoire, ses pires journées à l’école ou encore sa playlist de musique qui donne la pêche etc…

    Un extrait :

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