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Selene raconte... - Page 3

  • [Film] Downsizing

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    Titre original : Downsizing

     

    Réalisé par : Alexander Payne

     

    Date de sortie : 10 janvier 2018

     

    Genre : Comédie dramatique

     

    Pays d’origine : USA

     

    Durée : 2h16

     

    Casting : Matt Damon, Christoph Waltz, Hong Chau, Udo Kier…

     

    Résumé : Pour lutter contre la surpopulation, des scientifiques mettent au point un processus permettant de réduire les humains à une taille d’environ 12 cm : le "downsizing". Chacun réalise que réduire sa taille est surtout une bonne occasion d’augmenter de façon considérable son niveau de vie. Cette promesse d’un avenir meilleur décide Paul Safranek  et sa femme à abandonner le stress de leur quotidien à Omaha (Nebraska), pour se lancer dans une aventure qui changera leur vie pour toujours.

     

    Mon avis : Que ceux qui, après avoir vu la bande annonce, attendent une comédie à la « chéri j’ai rétrécie les gosses » ou une superproduction pleine d’effet spéciaux avec insectes géants ou pluies torrentielles menaçant la vie des « petits » et qui ne veulent rien voir d’autre, passent leur chemin.
    Ici, la miniaturisation n’est pas tant le point de départ d’une histoire extraordinaire que celui d’une histoire douloureusement ordinaire. La preuve que l’être humain, quel que soit sa taille, reproduit sans cesse les mêmes schémas.
    Paul, interprété par Matt Damon, est un gentil garçon. Il s’est occupé de sa mère malade, il est un époux attentionné et fidèle et un ergothérapeute d’entreprise à l’écoute. Quand les scientifiques présentent la miniaturisation, le downsizing, comme LA solution contre la surpopulation et la destruction future de notre planète, il n’a qu’une envie, participer au Grand Œuvre.

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    Matt est influençable et un peu naïf. Dans sa tête, il n’y a pas d’autres raisons d’accepter le downsizing que le bien être de la planète, et si le train de vie des « petits » est fastueux, c’est un heureux effet secondaire.
    Car en effet, dans le monde des petits, peu d’argent suffit à vivre comme un pacha. Personne n’est d’ailleurs censé travailler dans ce monde-là et les maisons présentées sont plus magnifiques les unes que les autres.
    Cela c’est ce que l’on vend. C’est l’utopie.
    La réalité est toute autre et Paul va l’apprendre, grâce à deux personnages aussi différents qu’intéressants : Dusan, son voisin (interprété par une Christoph Waltz toujours aussi génial et, pour une fois, dans le rôle d’un gars sympa)

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    et Lan, une activiste vietnamienne, miniaturisée contre sa volonté par son gouvernement et arrivée dans leur paradis après des épreuves à l’issue tragique.

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    La réalisation est parfois brouillonne et certaines idées auraient méritées plus de développement, mais on est ici face à une réalité : ce n’est pas tant la taille ou le nombre de personnes qui posent problèmes, mais l’attitude de chacun.
    Paul, dans son côté jusqu’auboutiste, n’a qu’une envie : faire de grandes choses pour sauver la planète. Il se rêve un peu héro, un peu martyre peut-être, mais il est incapable de penser par lui-même à quelque chose d’aussi simple qu’apporter à manger à une personne sans ressources. Lan, qui fait partie de la couche la plus pauvre des « petits » lui donne un exemple qu’il a du mal à suivre.
    Ou oublierait presque que les personnages principaux font 13 cm de haut car ils ont modelé leur monde à leur image, avec la même course à la consommation, les mêmes dérives, les mêmes excès, les mêmes inégalités sociales…
    Là où Paul ne rêve que d’idéal sans jamais, finalement, vraiment agir, Lan lui montre le terre à terre, le pragmatique, l’aide immédiate…
    Le film donne à réfléchir, sans pour autant perdre de son côté ludique. Un parfait mélange entre plaisir et réflexion.



  • [Livre] Emma dans la nuit

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    Résumé : Les sœurs Tanner, Emma, 17 ans, et Cass, 15 ans, sont devenues tragiquement célèbres depuis leur inexplicable disparition de la communauté calme et aisée où elles ont grandi. Trois ans après les faits, Cass frappe à la porte de chez ses parents. Interrogée par le FBI, elle raconte l’enlèvement dont sa sœur et elle ont été victimes et décrit une mystérieuse île où elles auraient été retenues captives. Emma y serait toujours. Mais la psychiatre qui suit cette affaire, le Dr Abigail Winter, doute de sa version des faits. En étudiant sa personnalité, elle découvre, sous le vernis des apparences, une famille dysfonctionnelle. Que s’est-il réellement passé trois ans auparavant ? Cass dit-elle toute la vérité ?


    Auteur : Wendy Walker

     

    Edition : Sonatine

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 15 Février 2018

     

    Prix moyen : 21€

     

    Mon avis : J’avais beaucoup aimé « Tout n’est pas perdu » qui explore les mécanismes de la mémoire et la possibilité pour un psychiatre d’orienter les souvenirs qui remontent à la surface après un traumatisme.
    Quand le second livre de l’auteur est sorti, avec un résumé des plus alléchants, je n’ai pas hésité une seconde. Et j’ai bien fait !
    Dès le début, j’étais « du côté » d’Abigail Winter. Savoir que, 3 ans auparavant, quand les filles ont disparu, elle avait des doutes sur la famille et que ses supérieurs non content de ne pas la soutenir, l’on obligée à voir elle-même un psychiatre, ça m’a rendu dingue. J’avais envie que Cass, quand elle réapparait, coupe court aux interrogatoires de police et leur dise de faite leur putain de job au lieu de toujours chercher à couvrir leurs arrières.
    J’ai eu le même sentiment quand j’ai lu que le témoignage de leur frère a été écarté avec des excuses telles que : « il dit ça parce qu’il est en colère ». Ne pas prendre en compte des accusations somme toutes graves sous prétexte que ça va contrarier la famille, qu’on n’a pas envie de déranger… ça me parait totalement aberrant quand la vie de deux jeunes filles sont en jeu. Car quand Emma et Cass ont disparu, personne ne sachant si elles avaient fugué, avaient eu un accident ou avaient été enlevées, le mieux est de partir du principe qu’elles sont en danger, non ?
    Le récit alterne entre le point de vue de Cass, à la 1ère personne et celui d’Abigail Winter qui est lui à la 3ème personne.
    L’attitude de Cass est étrange mais j’ai quand même eu le sentiment qu’au moins une partie de ce qu’elle racontait était la vérité. En effet, ses pensées et sentiments, qu’elle ne partage qu’avec le lecteur, vont dans le sens de ce qu’elle raconte aux enquêteurs et ce n’est qu’à la fin que l’on voit que certains passages pouvaient donner lieu à plusieurs interprétations. Même si dès le début, elle est claire dans le fait que le récit qu’elle va offrir au monde, que ce soit les enquêteurs ou sa famille, est construit avec précision pour atteindre un certain but, on se dit que s’il y a mensonge, ils doivent être suffisamment proches de la vérité pour être crédibles et résister à des vérifications de la part de la police.
    Avec en tête les doutes d’Abigail, il est difficile de se faire une idée sur Cass et si j’avais un petit doute sur la vérité, je ne savais pas du tout comment les choses s’étaient passées pour arriver à cette vérité.
    Ca a dépassé tout ce à quoi je m’attendais.
    Je me suis attachée à Cass malgré son attitude détachée parce qu’on sent que ce qu’elle fait a une importance capitale pour elle, que ce n’est pas juste une jeune femme qui refuse de tout dire. En revanche, j’ai détesté sa mère et je n’attendais qu’une chose c’est que son comportement éclate aux yeux de tous, qu’elle soit ridiculisée devant les voisins, dans les médias, bref que sa vie soit irrémédiablement détruite. Sur ce point-là, j’ai trouvé que cette garce s’en tirait à bon compte. Mais ce ne sera peut-être pas l’avis de tout le monde.
    J’ai été complètement emportée par ce thriller et par la plume de l’auteur. Sans aucune hésitation, je lirai son prochain roman !

     

    Un extrait : Les gens croient ce qu’ils ont envie de croire. Les gens croient ce qu’ils ont besoin de croire. Peut-être n’y a-t-il aucune différence entre les deux. Une chose est sûre, la vérité peut nous échapper, se dissimuler dans notre angle mort, être masquée par nos préjugés, ignorée par nos cœurs affamés qui aspirent à la paix. Pourtant, elle est là : il suffit d’ouvrir les yeux et de regarder. Encore faut-il faire l’effort de regarder.

    Il y a trois ans, lorsque nous avons disparu, ma sœur et moi, personne n’a rien vu.

    On a retrouvé la voiture d’Emma à la plage. Son sac à main était à l’intérieur, sur le siège côté conducteur. Ses clés étaient dans le sac. On a repêché ses chaussures dans l’eau, ballottées par le ressac. Certains ont cru qu’elle avait rendez-vous avec une ou plusieurs personnes qui n’étaient jamais venues. Elle était allée se baigner et s’était noyée. Peut-être était-ce un accident. Peut-être un suicide.

    En tout cas, pour eux, Emma était morte.

    Mais pour moi, ce n’était pas si simple.

    J’avais 15 ans au moment de notre disparition. Jamais Emma n’aurait accepté que je l’accompagne. Elle entrait en terminale et n’avait pas besoin d’un pot de colle. Mon sac à main était dans la cuisine. Rien n’indiquait que j’étais allée à la plage. Tous mes vêtements étaient à leur place dans mon armoire. C’était ma mère qui l’affirmait, et les mères savent ce genre de choses. Non ?

    Mais on a retrouvé des cheveux à moi dans la voiture et certaines personnes se sont raccrochées à ça, même si j’avais eu un tas d’occasions d’en laisser là. Ils s’y sont raccrochés parce que, si je n’étais pas avec Emma et si je ne m’étais pas noyée cette nuit-là, peut-être en essayant de la sauver, alors où étais-je ? Ces gens-là préféraient me croire morte, parce que c’était trop dur de se poser cette question.

    D’autres étaient moins catégoriques. Ceux-là ne rejetaient pas l’éventualité d’une étrange coïncidence : une sœur noyée à la plage, l’autre fugueuse ou enlevée. Mais… quand on fugue, on prend au moins un sac et quelques affaires. Ce qui signifiait que j’avais été enlevée. Mais… ce genre de drame n’arrive généralement pas aux gens comme nous.

    Il y avait eu une scène, ce soir-là, ce qui alimentait les théories privilégiant la coïncidence. Ma mère avait une façon de raconter l’histoire qui captivait son auditoire et inspirait suffisamment de compassion pour étancher sa soif d’attention. C’était là, dans son regard, lorsqu’elle passait sur les chaînes d’information et dans les talk-shows. Elle décrivait la dispute entre Emma et moi, nos cris perçants et nos pleurs d’adolescentes. Puis le silence. Puis la voiture quittant la maison après l’heure du coucher. Elle avait vu les phares de la fenêtre de sa chambre. Arrivée à ce point de son récit, elle était en larmes, et un soupir ému parcourait le studio.

    On décortiquait nos vies dans l’espoir de trouver une réponse. Les réseaux sociaux, les amis, les SMS, les journaux intimes. Rien n’était épargné. Nous nous étions disputées au sujet d’un pendentif, expliquait-elle. Je l’avais acheté à Emma pour la rentrée des classes. Sa dernière année de lycée ! Ce n’était pas rien. Cass était jalouse. Elle était toujours jalouse de sa grande sœur.

    Des larmes, encore.

     

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  • [Livre] Personne n’a oublié

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    Résumé : Sam, huit ans, tombe du haut d’une grange et meurt le crâne fracassé. Pour Colette, sa mère, impossible de croire à un accident. Elle soupçonne François, son mari, un homme violent et secret, de ne pas être étranger au drame. Dix ans auparavant, Colette, enceinte d’un autre homme, a été contrainte de l’épouser. Dès lors, son mari a imposé la terreur et la tyrannie au sein de leur foyer. Bravant la violence de cet homme, Colette s’engage dans une dangereuse quête de vérité. Quel rôle a-t-il joué dans la mort de Sam ? Et quel est ce trouble passé que François semble vouloir cacher à tout prix ? Au cœur de ce petit village du Morvan, les esprits s’échauffent et les tensions remontant à la guerre atteignent leur paroxysme. Le village bruisse de rumeurs et de douloureux secrets ne tardent pas à resurgir… 


    Auteur : Stéphanie Exbrayat

     

    Edition : France loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : novembre 2017

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Ce roman commence par un drame : la mort d’un petit garçon de 8 ans qui a, semble-t-il, chuté du 2nd étage de la grange. Mais sa mère, Colette, ne croit pas à la thèse de l’accident. Mariée à un homme qu’elle déteste et qui n’est pas le père biologique de l’enfant, elle est persuadée qu’il est, d’une manière ou d’une autre, responsable de la mort de son enfant.
    Colette est une femme résignée et soumise qui va se découvrir un courage insoupçonné quand il va s’agir de découvrir ce qui est arrivé à son fils.
    Elle a peu de temps pour y parvenir car elle a décidé de se refuser à son mari et sait qu’il ne l’acceptera pas. Dans les années 60, le mari avait tout pouvoir, sa femme ne pouvait même pas avoir un emploi ou un compte en banque, alors quand on sait que le viol conjugal n’a été reconnu (et encore par jurisprudence) que dans les années 90. Il est clair pour Colette que son refus ne peut se solder que par un drame.
    Le compte à rebours qu’elle note soigneusement dans son carnet fait froid dans le dos.
    Colette, toujours à cause de la place de la femme dans la société des années 60, n’a jamais eu la possibilité de quitter son mari. C’est une éventualité qu’elle ne prend même pas la peine d’envisager : comment fuir quand on n’a pas d’argent, pas de compte en banque, pas le droit de travailler ? Quant à divorcer, c’était quasiment impossible. Le seul divorce autorisé était le divorce pour faute et il n’était sans doute pas facile à obtenir, d’autant plus s’il était demandé par la femme.
    En parallèle de la quête de Colette, on peut voir la vie d’un village qui est encore touché par l’après guerre. Et particulièrement par le sentiment que bon nombre de collabos ont échappé à la justice. Comme ceux-ci ne peuvent plus être traduits devant les tribunaux, les hommes sont bien décidés à faire justice eux-mêmes. Et François, le mari de Colette, qui vient de la ville, qui est renfermé, qui ne se mêle pas de la vie du village, qui fait peur par son attitude, est un suspect idéal et les commentaires vont bon train sur son compte.
    On pourrait penser que cette méfiance serait bénéfique à Colette, qui elle, est née au village, mais en fait cela lui mettrait plutôt des bâtons dans les roues.
    J’ai beaucoup aimé Madeleine, même si elle m’a agacée au début à remettre en question chaque chose que disait Colette et bien sûr le docteur Verdier, qui est toujours présent pour la jeune femme.
    François est détestable, mais a plusieurs reprises son attitude est en totale contradiction avec le comportement qu’il affiche à longueur de temps.
    La résolution du mystère de la mort de Sam ne m’a pas vraiment surprise, je m’attendais à ça. En revanche, je ne m’attendais pas à tout ce que l’enquête de Colette allait faire ressortir au grand jour. Tant de drames cachés qui ont tous, de manière plus ou moins importante, contribués à réunir les circonstances de la mort de cet enfant.

     

    Un extrait : Les premiers jours qui ont suivi les obsèques, Colette trimballait sa douleur autour de la tombe. Hébétée et incrédule, elle balayait les feuilles d’automne. Elle nettoyait. A l’aide d’une petite brosse, elle frottait la pierre dans le sillon des lettres creusées.

    Sam Guillot
    1954 – 1962

    La jeune femme ne parvenait pas à se défaire de l’image cauchemardesque de son fils mort sur les pavés de la grange, sa chevelure blonde poisseuse et noire de sang, sa jambe désarticulée comme celle d’un pantin cassé. L’avenir sans Sam ne semblait plus être qu’un abîme noir et froid, où toute diversion à sa peine serait vaine et grotesque.
    Au fil des semaines, son chagrin devenait lourd et invalidant. Son corps n’était plus que le dégorgeoir de son esprit malade, et les journées passées à vomir dans un seau le peu qu’elle avalait alternaient avec les suées nocturnes, qui trempaient ses draps. Elle se vidait de sa sève par tous les pores de sa peau. Ses mèches brunes collaient à son front, dessinant autour de sa tête un casque de guerrière. Ses membres s’amaigrissaient pernicieusement. Colette ne tenait plus debout. Craignant pour sa vie, le Dr Verdier l’avait transportée à l’hôpital. Elle ne luttait pas, attendant une chimérique délivrance. Mais les infirmières et les médecins, gonflés de compassion à son égard, ne l’auraient pas laissée mourir. Perdre son enfant comme ça. Pauvre Colette. Ils s’étaient pris d’affection pour cette femme gracile, pour ce regard bleu changeant, empli de sidération. Bourré de gardénal et alimenté par les veines, à vingt-sept ans, le corps a des ressources. La tête aussi.
    C’est là, allongée dans ce lit aseptisé, éloigné du lieu de la catastrophe, que les premiers doutes ont commencé à l’assaillir.

     

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  • [Livre] Une victime idéale

     

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    Résumé
     : Dans une petite ville du Yorkshire, des femmes qui se ressemblent sont retrouvées mortes. Leur point commun : elles sont toutes blondes aux yeux bleus. Ce tueur pas comme les autres cherche en chacune de ses victimes la femme parfaite, amante soumise et ménagère accomplie, avant de les massacrer avec la plus grande cruauté. Au moment où le meurtrier se prépare à fondre sur sa future proie, Tony Hill se retrouve au cœur de l’enquête mais cette fois sur le banc des accusés. Le célèbre profiler serait-il passé de l’autre côté du miroir ? Dans ce thriller psychologique à glacer le sang, le duo formé par Tony Hill et Carol Jordan est plus que jamais mis en péril.


    Auteur : Val McDermid

     

    Edition : Flammarion

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 11 mai 2016

     

    Prix moyen : 21€

     

    Mon avis : J’ai découvert Val McDermid avec « Les suicidées » qui est son dernier roman sorti. Aujourd’hui, je découvre « Une victime idéale » qui est le tome précédent (et après avoir lu certains rappels au tome venant juste avant, clairement, j’ai l’impression que je vais découvrir la série à l’envers !).
    La Brigade spéciale dirigée par Carol Jordan a été démantelée suite aux événements du tome précédent.  A priori, l’équipe poursuivait un tueur auquel ils avaient déjà eu affaire et qui a fini par tuer le frère de Carol. Du coup, celle-ci, et on peut le comprendre, a démissionné sans prendre son nouveau poste et a coupé les ponts avec son ancienne équipe. Parmi eux Tony, le profiler, qu’elle rend responsable du drame. Là encore, je la comprends, même si demander à un homme, fut-il le meilleur profiler du pays, de prévoir à l’avance tous les actes d’un psychopathe, c’est lui accorder des pouvoirs quasi-magiques.
    Il y a aussi Paula, Paula qui, avec le démantèlement de l’ancienne équipe a enfin eu la promotion à laquelle elle aspirait et devrait donc être ravie. Sauf que Carol lui manque et que sa nouvelle chef, Alex Fielding n’est pas très ouverte.
    J’ai vraiment eu du mal à supporter Fielding ! Déjà, quand Paula prend le témoignage du jeune Torin pour signaler la disparition de sa mère, elle refuse de déroger à la règle des 24h, quand bien même la femme disparue est une connaissance de son lieutenant qui lui affirme qu’il s’agit d’une disparition inquiétante.
    Ensuite, elle semble avoir plus à cœur la médiatisation de l’affaire en cours et surtout une résolution rapide et l’arrestation d’un coupable « célèbre » pour faire avancer sa carrière que la découverte du coupable. Les victimes ne semblent pas la toucher, elle ne les considère que comme des preuves et des outils de travail.
    Quand elle voit la première victime dans l’affaire sur laquelle elle commence dans son nouveau poste et qui va occuper le devant de la scène dans ce roman, Paula a l’impression de voir Carol. Elle pense immédiatement que le tueur s’en prend à des femmes qui ressemblent à son ex-patronne (et vu ce qu’il s’est passé lors de leur dernière affaire, on peut comprendre sa réaction).
    C’est vrai que le tueur a un genre de femme très précis et, si on ne connaît pas l’identité du tueur, on sait parfaitement, et ce dès les premières lignes, ce que ce dernier cherche à faire : il veut une épouse parfaite.
    Mais, en bon psychopathe, il en risque pas de trouver la femme de ses rêves tant ses exigences sont élevées et ses réactions à la moindre imperfection, démesurées. Sa « recherche » de la femme parfaite n’est à mon sens qu’une excuse pour déchaîner sa violence et assouvir ses pulsions sadiques.
    Vers la moitié du roman, on rencontre une nouvelle jeune femme et on se doute bien qu’elle est la prochaine victime. Très vite cela m’a conduit à soupçonner deux personnes, mais je n’ai pas réussi à les départager avant qu’on ne nous dévoile l’identité du tueur.
    J’aime beaucoup la plume de Val McDermid. Si j’ai un bémol, c’est que je trouve la fin des ses romans un peu rapide, comme si l’auteur avait hâte d’en finir pour passer au roman suivant (un peu comme Stephen King, remarquez).
    En dépit de ce tout petit défaut, car même si elles sont rapides, les fins tiennent quand même la route, j’ai vraiment passé un excellent moment avec ce thriller.

    Un extrait : Il se réveillait chaque matin avec un frisson d’excitation. Le grand jour était-il arrivé ? Allait-il enfin la rencontrer, cette femme parfaite ? Il savait qui elle était, bien sûr. Il l’observait depuis deux semaines maintenant, il connaissait ses habitudes, ses amis et ses petites manies. Sa façon de passer ses cheveux derrière ses oreilles quand elle s’asseyait au volant de sa voiture. Ou d’allumer toutes les lumières de son appartement dès qu’elle rentrait chez elle. Ou encore de ne jamais regarder dans son rétroviseur. Il tendit la main vers la télécommande et ouvrit les stores des grands velux. La pluie tombait sans discontinuer et le ciel était uniformément gris. Pas de vent. Simplement une pluie drue. Quand il faisait ce temps-là, les gens s’abritaient sous leur parapluie, tête baissée, sans prêter attention à ce qui se passait autour d’eux, ni aux caméras de télésurveillance. Premier critère rempli. En plus, c’était samedi. Elle n’aurait donc pas de rendez-vous prévu, pas de réunion. Personne ne remarquerait son absence. Personne ne signalerait sa disparition. Deuxième critère rempli. Le fait qu’on soit samedi augmentait considérablement ses chances de croiser son chemin, et de mettre ainsi en œuvre la première étape de son projet soigneusement élaboré qui ferait d’elle une épouse parfaite. Qu’elle le veuille ou non. Ce qu’elle voulait n’entrait pas en ligne de compte. Troisième critère rempli. Il prit une longue douche, savourant le plaisir sensuel de l’eau chaude sur sa peau. Si elle se débrouillait bien, elle pourrait partager ce plaisir avec lui, ce qui rendrait toute cette expérience encore plus agréable. Quoi de mieux pour commencer la journée qu’une fellation sous la douche ? C’était le genre de choses qu’une épouse parfaite serait ravie de faire pour son homme. Il n’y avait jamais pensé auparavant. La première n’y avait pas pensé non plus, d’ailleurs, ce qui prouvait une fois de plus qu’elle n’avait vraiment pas été à la hauteur de ses exigences. Il ajouta mentalement un nouveau critère à sa liste. C’était important d’être bien organisé.
    Il croyait à l’organisation, la préparation, la prudence. Un observateur extérieur aurait pu conclure, vu le temps écoulé depuis que cette connasse avait contrecarré ses plans, qu’il avait abandonné sa quête. Cet observateur se serait lourdement trompé. D’abord, il avait dû réparer les dégâts qu’elle avait causés. Ça lui avait pris un temps considérable et il lui en avait voulu à chaque instant. Ensuite, il avait dû clarifier ses objectifs. Il avait envisagé d’acheter ce qu’il désirait, comme son père l’avait fait avant lui. Mais même si les femmes asiatiques étaient accommodantes, ça faisait mauvais effet de se présenter en compagnie de l’une d’elles. Les gens pensaient immédiatement que vous étiez un inadapté, un pervers, un raté. C’était la même chose avec les femmes de l’ex-Empire soviétique commandées sur Internet. Ces accents gutturaux, ces cheveux blond platine, ces tendances criminelles indélébiles… ça ne lui convenait pas. On ne pouvait pas parader devant ses collègues de travail avec une fille pareille à son bras et s’attendre à ce qu’ils vous respectent. Il avait songé à recourir aux sites de rencontres. Le problème, c’était qu’on choisissait simplement l’emballage sans savoir ce qu’il contenait. Il fallait donc faire attention à ne pas s’emballer trop vite. Ce trait d’esprit le fit glousser. Il était habile avec les mots. Les gens admiraient cela chez lui, il le savait. Le vrai problème des rencontres sur Internet, c’était que si les choses tournaient mal, ses options étaient limitées. Parce qu’on laissait toujours derrière soi une trace numérique. Être anonyme sur Internet, cela nécessitait des efforts, du talent et des ressources. Le risque de se faire prendre à cause d’une seconde d’inattention était trop grand pour qu’il tente le coup. En plus, si la femme ne convenait pas, il n’aurait aucun moyen de lui faire payer son échec. Elle reprendrait sa vie comme avant. Elle aurait gagné. Il ne pouvait pas tolérer ça.

     

     

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  • C'est lundi que lisez-vous? #183

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog I believe in Pixie Dust.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    Comme j'ai rarement le temps de me remettre sur le blog le matin et que je lis toujours le soir avant de dormir, je vais vous donner mes pages lues du dimanche au samedi.

    Dimanche: 312p

    Lundi: 104p

    Mardi: 100p

    Mercredi: 149p

    Jeudi: 270p

    Vendredi: 177p

    Samedi: 100p

     

    Total lu sur la semaine: 1212p

     

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    elisabeta.jpg fangirl.jpg La meute du phenix T03.jpg

    Le journal intime d'un arbre.jpg Les intrus.jpg Maybe someday.jpg

    qui es tu Alaska.jpg rouge toxic.jpg Sleepy hollow.jpg

    suzon.jpg Une robe couleur du temps T03.jpg

     

    Et vous, que lisez-vous?

  • Premières lignes #25

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.
    Pour ma part, j’ai décidé de vous faire découvrir mes coups de cœurs !

     

    Cette semaine, je vous présente Diabolic de S.J. Kincaid dont vous pouvez lire ma chronique ICI.

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    Tout le monde croit qu’un Diabolic n’éprouve pas la peur. Pendant les premières années de ma vie, pourtant, je n’ai rien connu d’autre. Cette terreur redoubla ce matin-là, lorsque les Empyreé vinrent m’inspecter dans les corrals.

    Je ne savais pas encore parler, mais je comprenais presque tout. Le maître d’élevage était dans tous ses états lorsqu’il avertit ses assistants : le sénateur von Empyreé et sa femme, la matriarche Empyreé, allaient arriver d’un moment à l’autre. Les gardiens arpentèrent mon enclos en m’examinant de la tête aux pieds, à l’affût du moindre défaut.

    Le cœur affolé, prête au combat, j’attendis le sénateur et la matriarche.

    Puis ils entrèrent.

    Dresseurs et gardiens s’agenouillèrent aussitôt devant eux. Le maître d’élevage prit leurs mains d’un geste révérencieux et les porta à ses joues.

    – C’est un immense honneur pour nous de recevoir votre visite.

    La peur m’envahit. Quel genre de créatures était-ce là pour que le redoutable maître des corrals lui-même se prosterne devant eux ? Le champ de force luminescent qui entourait ma cage me parut plus oppressant que jamais. Je me recroquevillai le plus loin possible. Le sénateur von Empyreé et sa femme s’approchèrent d’un pas tranquille et m’observèrent en silence à travers la barrière invisible.

    – Comme vous pouvez le constater, déclara le maître d’élevage, Némésis a presque le même âge que votre fille, et nous avons modelé son apparence physique selon vos instructions. Au cours des prochaines années, elle deviendra seulement plus robuste et plus puissante.

    – Êtes-vous certain que cette fille est dangereuse ? s’enquit le sénateur d’une voix traînante. On dirait un enfant effrayé.

    Ses mots me glacèrent.
    Il m’était interdit d’être effrayée. La peur me valait des décharges électriques, des réductions de rations, des mauvais traitements ; je ne devais jamais me montrer apeurée, devant personne. Je fixai le sénateur d’un regard féroce.
    Il sembla sur le point d’ajouter quelque chose, mais il se ravisa et tourna la tête.

    – Vous avez peut-être raison, grommela-t-il. Ses yeux ne trompent pas. On y décèle toute sa bestialité. Très chère, êtes-vous certaine de vouloir une chose aussi monstrueuse sous notre toit ?

    – Toutes les grandes familles possèdent un Diabolic, maintenant. Je refuse que notre fille soit la seule à ne pas bénéficier de protection rapprochée, déclara la matriarche, avant de s’adresser au maître d’élevage : Je tiens à être sûre que nous en aurons pour notre argent.

    – Bien entendu, répondit le responsable, qui fit signe à un assistant. Nous allons lui donner un leurre en pâture, et elle…

    – Non, pas de leurre, le coupa la femme, d’une voix cinglante. Nous ne voulons rien laisser au hasard. Nous avons amené trois détenus. Affronter ces criminels endurcis sera une épreuve suffisante.

    Le maître sourit.

    – Bien sûr, Grandeé von Empyreé. On n’est jamais trop prudent. Il existe tellement d’éleveurs incompétents… Némésis ne vous décevra pas.

    La matriarche adressa un hochement de tête à quelqu’un que je ne voyais pas. Le danger que je flairais depuis le début se matérialisa devant moi : on fit venir trois hommes aux mains entravées par des chaînes. Je me plaquai davantage contre le champ de force, dont je sentis les vibrations magnétiques dans mon dos. Une boule glaciale se forma dans mon ventre. Je savais ce qui allait se passer, ces hommes n’étaient pas les premiers qu’on me présentait.

     

    Alors, tentés?

  • [Livre] Too late

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    Résumé : Sloan n'a jamais eu une vie facile et elle a toujours dû se battre pour obtenir ce dont elle avait besoin. C'est justement pour échapper à une situation sans issue qu'elle a accepté de partager la vie de son petit ami, Asa. Depuis, elle étouffe dans cette relation toxique. De plus, c'est un homme à la morale douteuse qui se livre à de multiples trafics. Elle n'a pas le choix de partir et décide de supporter ce qu'il lui fait subir jusqu'à ce qu'elle puisse lui échapper. Seule. Personne ne peut l'aider à sortir de cette situation. Sauf peut-être Carter, cet étudiant aux multiples secrets qu'elle vient de rencontrer. Asa est prêt à tout pour garder Sloan. Il a besoin d'elle et il fait tout pour la persuader qu'elle ne peut pas se passer de lui. Personne ne s'interposera entre Sloan et lui. Sauf peut-être Carter.


    Auteur : Colleen Hoover

     

    Edition : Hugo Roman

     

    Genre : Drame

     

    Date de parution : 03 mai 2018

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Après avoir lu « Jamais plus » j’ai été très réticente à lire un autre roman de Colleen Hoover de crainte de la déception. Ce sentiment a été renforcé par le fait que l’auteur disait que ce livre était différent de ses autres livres. Et justement, ce livre a été pour moi un coup de cœur, donc si ses livres habituels sont différents, est ce qu’ils vont me plaire ou est ce que tout ça va être trop romance pour moi ?
    Et puis est sorti Too late. Et Colleen Hoover de dire que ce livre est différent de ses autres livres. Tiens donc ? Cette information m’a fait me radiner dans ma librairie comme ma chatte quand on ouvre une boîte de thon !
    Et je ne l’ai pas regretté. Si ce livre a failli ne pas entrer dans la catégorie « coup de cœur », j’expliquerais pourquoi, il reste qu’il en est un, et un gros.
    Sloan n’a jamais eu la vie facile et sa relation avec Asa n’est pas pour arranger les choses. Pourtant la jeune fille n’a guère le choix : Asa est la seule chance pour son petit frère handicapé de recevoir les soins dont il a besoin. Et pour son frère, Sloan est prête à tout accepter, à tout subir. Malgré tout la situation commence à lui peser de plus en plus et Asa se montre de plus en plus difficile à vivre.
    Pendant toute la durée du roman, je me suis demandée sui Asa est sociopathe ou schizophrène. Après la fin du roman, je ne suis toujours pas sûre de ce qu’il en est, même si je penche plus pour une option que pour l’autre.
    Le roman alterne entre les points de vue de Sloan, Asa et Carter ce qui nous permet de nous attacher aux personnages (enfin, nettement moins à Asa qu’aux deux autres).
    Asa est vraiment horrible, non content d’être un dealer, il est d’une jalousie maladive, violent (même s’il se contrôle avec Sloan la plupart du temps), infidèle, sans aucun respect pour qui que ce soit. Pour couronner le tout, il impose à plusieurs reprises des relations sexuelles non consenties à Sloan. Et c’est justement ce point qui a failli m’empêcher d’avoir un coup de cœur pour ce livre. Certes, les relations imposées à Sloan font parties du personnage d’Asa, cela participe à nous montrer sa psychologie et a donner du corps au personnage. Mais le problème que j’ai eu avec ses scènes est leur description un peu trop minutieuse. A chaque fois. Je veux bien que la première scène relatée soit décrite de manière assez détaillée, encore que certains détails n’apportent rien à l’histoire, mais je ne vois pas l’intérêt de décrire par le menu chacun de ces rapports, tout comme je ne vois pas l’intérêt de décrire minutieusement les rapports d’Asa avec ses conquêtes. Pour moi, dans ces moments là, on s’est rapproché des romances new adult, toutes conçues sur le même modèle, à savoir flirter avec le porno pour émoustiller les ados pré pubères. Ce n’est pas digne de ce livre qui aborde des sujets difficiles et qui, par ailleurs, le fait avec beaucoup de justesse.
    En plus d’Asa, qui est déjà assez dangereux à lui tout seul, Sloan est aux prises avec la concupiscence des acolytes de ce dernier. Si Asa fait en général assez peur pour que personne n’ose toucher sa copine, on sent que la peur qu’il inspire ne va plus faire le poids longtemps face à la rancœur que ressentent ses hommes en le voyant faire main basse sur leurs propres compagnes.
    Carter est mignon. Il veut sincèrement aider Sloan mais c’est un idéaliste qui veut tout réussir : sa mission, sauver Sloan… Il est assez naïf par certains aspects et ça se retourne à la fois contre lui et contre Sloan.
    Je sais que c’est une chose qui a dérouté beaucoup de lecteurs, mais personnellement, j’ai tout simplement adoré qu’il y ait une sorte de prologue à la fin du livre, ainsi que plusieurs épilogues. Ces aller-retour dans le temps sont vraiment un plus qui rendent la fin de ce roman explosive. A chaque fois qu’on se dit : on peut souffler… Et bien non.
    A tel point que quand c’est vraiment fini, on tourne la page avec une certaine méfiance, se demandant si l’auteur ne nous réserve pas un dernier rebondissement.
    Sérieusement, vraiment un coup de cœur.

     

    Un extrait : Des doigts tièdes entrelacent les miens, enfonçant davantage mes mains dans le matelas. J’ai les paupières trop lourdes pour les rouvrir tellement je manque de sommeil, cette semaine. Ce mois-ci, devrais-je dire.
    Ou plutôt toute cette putain d’année !
    Dans un gémissement, j’essaie de resserrer les jambes mis je n’y arrive pas. Je sens trop de pression partout. Sur ma poitrine, contre ma joue, entre mes cuisses. Il me faut plusieurs secondes pour dégager ma conscience de sa brume de sommeil, mais je suis assez consciente pour savoir ce qu’il est en train de faire. Je murmure d’un ton irrité :
    - Asa. Lâche-moi.
    Il pousse à plusieurs reprises de tout le poids de son corps sur le mien, geignant contre mon oreille, me griffant la joue de sa barbe matinale.
    - J’ai presque fini, chérie, souffle-t-il.
    J’essaie de dégager mes mains mais il les serre trop fort, me rappelant que je ne suis qu’une prisonnière dans mon propre lit, qu’il est le gardien de la chambre.
    Asa m’a toujours fait sentir que mon corps était à sa disposition. Il n’est pas méchant pour autant, il n’utilise jamais la force, mais il a continuellement envie de moi, et ça commence à m’exaspérer.
    Comme en ce moment.
    A six heures du matin.
    Le soleil vient de se lever, un rayon passe sous la porte ; Asa vient à peine de se coucher après la fête d’hier soir. Seulement moi, j’ai cours dans moins de deux heures. J’aurais préféré ne pas être réveillée de cette façon, après tout juste trois heures de sommeil.
    J’enroule les jambes autour de sa taille, en espérant lui donner l’impression que je prends du plaisir aussi. Dès que je me montre un peu intéressée, il termine plus vite.
    Il empaume mon sein droit et je laisse échapper le gémissement qu’il attend, à l’instant où il se met à trembler contre moi.
    - Merde ! grogne-t-il en enfouissant le visage dans mes cheveux.
    Maintenant, il oscille légèrement sur moi. Au bout de quelques secondes, il s’effondre dans un profond soupir, puis m’embrasse sur la joue et roule vers sa place sur le lit. Il se lève, ôte le préservatif, qu’il jette dans la poubelle, puis attrape une bouteille d’eau sur la table de nuit, la porte à sa bouche tout en promenant ses yeux sur mon corps dénudé. Ses lèvres s’étirent en un sourire indolent.
    - Ca me plait de penser que je suis le seul à pénétrer là-dedans.
    Il avale les dernières gorgées, debout, nu, à côté du lit.
    Difficile d’accepter ses compliments quand il surnomme mon corps « là-dedans ».
    Il est séduisant mais est loin d’être parfait. En fait, il n’a que des défauts, il est juste beau mec. Et aussi frimeur, susceptible, parfois difficile à gérer. Sauf qu’il m’aime. Il m’adore. Et je mentirais si je disais que je ne l’aime pas. Il y a tant de choses en lui que je voudrais changer si je le pouvais mais, pour le moment, je n’ai que lui, alors je m’en accommode. Il m’a accueillie quand je n’avais nulle part où aller, personne auprès de qui me tourner. Pour cette seule raison, je le supporte. Je n’ai pas le choix.

     

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  • [Livre] On achève bien les chevaux

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    Résumé : Gloria et moi avions été prévenus par de vieux routiers que la seule façon de tenir le coup jusqu'au bout dans un marathon de danse, c'était d'utiliser au mieux ces pauses de dix minutes grâce à une méthode précise : apprendre à manger son sandwich tout en se rasant et en se faisant soigner les pieds, apprendre à lire les journaux en dansant, apprendre à dormir sur l'épaule de son ou de sa partenaire ; mais tout cela, c'étaient des trucs de métier qui demandaient de l'entraînement. Au début, nous eûmes beaucoup de peine à nous y mettre, Gloria et moi.


    Auteur : Horace McCoy

     

    Edition : Folio

     

    Genre : Drame

     

    Date de parution : 1935 ; 1998 dans cette édition

     

    Prix moyen : 5€

     

    Mon avis : Dans ce livre, tout commence par la fin. Dès la première page, on sait que Robert est devant le juge pour le meurtre de Gloria. Chaque début de chapitre est un fragment de la sentence que le juge prononce à l’égard du jeune homme et, si on sait lire entre les lignes, on sait parfaitement quelle va être cette sentence.
    Mon soucis à ce sujet a été que lorsque j’arrivais au chapitre suivant, je ne me souvenais plus de ce que disait le fragment précédent et que du coup j’ai eu du mal à lire cette phrase comme ça par petit bout. J’ai d’ailleurs fini par la lire en une seule fois, en retournant au début de chaque chapitre pour relire chaque fragment les uns après les autres.
    Entre ces fragments de sentence, on reprend l’histoire de Robert et Gloria, de leur rencontre jusqu’au geste fatal du jeune homme. Leur histoire va tourner tout entière autour d’un marathon de danse. Il faut dire que le prix pour le gagnant est de 1000 dollars, une sacrée somme pour l’époque, de quoi appâter bon nombre de personnes. Même pour ceux qui ne vont pas gagner, la perspective de plusieurs repas par jour suffit à leur faire relever le défi. Et pourtant, les conditions du « jeu » relèvent plus de l’enfer que de la compétition. Les participants ne doivent jamais cesser de bouger, sauf pendant 10 minutes de pauses accordées toutes les deux heures. Autant dire que les repas chaud promis se prennent sur le pouce, que le sommeil n’est très vite plus qu’un vague souvenir et que l’épuisement, pour des personnes déjà à l’origine pas bien vaillantes, va très vite se révéler dangereux. Et comme si cela ne suffisait pas, les organisateurs mettent en place des « derby », des courses de vitesses au terme desquelles le couple arrivé en dernier sera éliminé. Autant vous dire que si les participants sont enthousiastes après quatre ou cinq heures de danse, ils le sont nettement moins après 700 heures. Car oui, les marathons durent des semaines entières, semaines pendant lesquelles les joueurs sont réduits à l’étant de loque, de zombies, qui ne bougent plus que mécaniquement parce que s’arrêter reviendrait à tout perdre.
    L’ouverture d’un bar va attirer la présence de gens peu recommandables et attirer l’œil désapprobateur groupes de moralité : des bourgeoises qui passent leur temps à donner des leçons aux autres et en particulier aux pauvres gens qui ont plus le souci de survivre que de se faire bien voir des rombières.
    J’ai bien aimé Robert. Il est enthousiaste et volontaire. Assez conscient de ses faibles chances de percer dans le cinéma mais voulant quand même se donner les moyens de se faire connaître.
    A l’inverse, j’ai eu énormément de mal avec Gloria. Ce n’est pas seulement qu’elle soit dépressive. Cela je pourrais le comprendre vu la vie qui est celle des pauvres à cette époque. Mais elle est négative, nocive, cherchant à entraîner quiconque lui parle dans le gouffre sans fond de morosité où elle semble se complaire.
    Je ne l’ai appréciée que dans une seule scène : celle où elle dit le fond de sa pensée aux bonnes femmes du groupe de moralité. C’était parfait, un peur instant de bonheur. Et tellement vrai en plus de ça !
    J’ai eu l’impression que Gloria arrivait à ses fins en entrainant Robert dans sa chute. Elle aurait pu mettre fin à ses jours seule dans un coin, mais non, insidieusement, elle le pousse à penser qu’il lui rend service.
    En à peine un peu plus de 200 pages, Horace McCoy démolit l’image du rêve américain (ce qui, était sûrement un choc pour tous en 1935, mais qui, pour nous lecteurs de 2018, ne fait que confirmer ce que l’on savait déjà sur le pseudo rêve américain, même s’il n’y a plus de marathon de danse).
    C’est un livre qui se lit très vite. Les chapitres sont courts et le rythme, à l’instar de la danse, ne ralentit jamais. On pourrait penser qu’il y aurait un goût de trop peu, mais non, l’histoire est parfaitement dosé et on en ressort en ayant l’impression que tout ce qu’il y avait à dire a été dit.

     

    Un extrait : C’est bizarre la façon ont j’ai connu Gloria. Elle aussi essayait de faire du cinéma, mais je ne l’ai su que plus tard. Je suivais l’avenue Melrose un jour en revenant des studios Paramount, quand j’entendis derrière moi quelqu’un brailler :

    « Eh ! Eh ! » Alors je me retournai et c’était elle qui accourait dans ma direction en me faisant de grands signes. Je m’arrêtai et, moi aussi, j’agitai la main. Lorsqu’elle parvint à ma hauteur, elle était hors d’haleine et tout animée, et je me rendis compte que je ne la connaissais pas.
    - Vacherie d’autobus ! fit-elle.
    Je tournai la tête et, en effet, à une cinquantaine de mètres plus loin, l’autobus descendait l’avenue vers les studios Western.
    - Oh ! Pardon ! dis-je. Je croyais que c’était à moi que vous faisiez signe…
    - Pourquoi vous aurais-je fait signe ?
    Je me mis à rire.
    - J’sais pas… Vous allez de mon côté ?
    - Tant qu’à faire, autant aller à pied chez Western, répondit-elle.
    Alors nous commençâmes à descendre l’avenue en direction de Western.
    C’est comme cela que tout a commencé et, à présent, cela me paraît tout à fait étrange. Je n’y comprends rien du tout. J’ai tourné et retourné tout ça dans ma tête et quand même je ne comprends pas.
    C’était pas un meurtre. Je veux rendre service à quelqu’un et, en fin de compte, je me fais tuer dans cette histoire.

     

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  • [Livre] Une famille trop parfaite

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    Résumé : Olivia Brookes et ses trois enfants se sont volatilisés.
    Pourtant, dans leur jolie maison des quartiers chic de Manchester, tout semble normal : la voiture de la jeune femme n'a pas bougé, aucune affaire ne semble manquer. Même le sac à main et le téléphone d'Olivia traînent encore dans la cuisine. Un mystère pour la police.
    Plus étrange encore : l'école assure ne pas avoir vu les enfants depuis plusieurs semaines ; Robert, le mari d'Olivia, semble plus furieux que désespéré ; et surtout, le nom de la jeune femme revient dans une ancienne affaire de disparition.
    Car, deux ans plus tôt, c'est Olivia qui lançait, affolée, un avis de recherche pour retrouver son mari et leurs enfants, dont elle était sans nouvelles...
    Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez les Brookes ? Quels sombres secrets cache cette famille que tout le voisinage pensait si tranquille ?


    Auteur : Rachel Abbott

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2017

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : Après avoir lu « la disparue de Noël », j’avais très envie de lire un autre livre de Rachel Abbott. Une famille trop parfaite se déroule quelques temps avant « la disparue de noël » et on retrouve le même duo de policier. Pour autant, ils ne prennent pas toute la place et restent un peu en retrait par rapport aux personnages qui composent l’intrigue.
    J’ai trouvé ce schéma très intéressant car l’enquête policière est un peu en filigrane de l’histoire. Elle fait avancer les choses sans qu’on ait l’impression d’être plongé dedans et de ne savoir que ce que la police nous révèle.
    Au niveau de l’histoire il a été assez déroutant pour moi de savoir plus ou moins dès le début ce qu’il se passait, de constater que mes  suppositions étaient les bonnes, mais de voir que le récit allait toujours un cran plus loin que ce que j’avais imaginé.
    Les personnages sont attachants, à l’exception de Robert, évidemment. Dès les premières lignes, j’ai été totalement du côté d’Olivia. Clairement Robert m’a déplu dès le premier instant et il m’aurait déplu ainsi même sans le prologue à cause de son attitude avec la police.
    L’auteur montre avec beaucoup de talent a quel point la manipulation psychologique est une forme de maltraitance même quand aucun coup n’est porté au conjoint ou aux enfants.
    Même quand parfois certains éléments paraissent n’avoir rien à voir avec l’histoire, on se rend compte quelque chapitres plus tard qu’ils sont des pièces indispensables au puzzle qui forme la vie de cette famille pas comme les autres.
    J’ai trouvé qu’Olivia avait un courage incroyable. Quand on pense à ce qu’elle a supporté et à ce qu’elle a mis en place pour protéger ses enfants, on se dit qu’elle est vraiment une dure à cuire, même si ce n’est pas perceptible au premier abord.
    J’ai beaucoup aimé que la police ne se cantonne pas à la première impression, qu’ils se méfient de tout et qu’ils remettent en question tout ce qu’on leur disait pour reconstruire ce puzzle. Ca change des livres où la police reste obtuse et braquée sur leurs premières constatations avant de réaliser, souvent suite à un drame, que, Ah, zut, ce n’était pas la bonne interprétation des faits.
    En bref, j’ai adoré ce livre et l’écriture de Rachel Abbott me plait toujours autant. J’ai deviné assez facilement les tenants et les aboutissants de l’histoire, mais ça ne m’a pas dérangé car l’auteur allait toujours plus loin que moi pour aller du point A au point B (Et puis, c’est comme dans Colombo, ce n’est pas parce qu’on connaît le coupable depuis le début que l’histoire n’est pas captivante).
    J’ai repéré deux autres titres de Rachel Abbott et j’ai hâte de me plonger dedans !

     

    Un extrait : Qui habite ici ?
    Cela pourrait être tout le monde et n’importe qui. Mais peut-être faut-il voir dans ce décor une réaction de Robert contre mon ancien appartement, où les murs orange et les tissus vert émeraude cohabitaient joyeusement. Ces couleurs rayonnaient de bonheur. Mais cette pièce, qu’est-ce qu’elle a à dire ?
    Rien.
    J’ai répondu à toutes les questions que le flic m’a posées. Je lui ai expliqué qu’il était impossible que Robert emmène les enfants voir de la famille ou des amis après le repas. Robert et moi n’avons plus de famille. Mes parents sont morts à l’époque où Jaz était bébé, et Robert n’a jamais connu son père. Sa mère est décédée quand il était petit, et ni lui ni moi n’avons de frère ou sœur. Ce sont là les tristes conséquences d’évènements que nous n’avons pas choisis.
    Mais comment expliquer le fait que je ne puisse pas citer un seul nom d’ami qu’il aurait pu aller voir avec les enfants ? Comment avons-nous pu devenir si isolés ? Si seuls ?
    Comment ? Je l’ignore. Je sais pourquoi, en revanche. Robert me veut pour lui toute seule. Il ne peut pas supporter l’idée de me partager avec qui que ce soit.
    J’aurais du me douter que quelque chose n’allait pas quand il m’a dit qu’il voulait sortir sans moi. Il n’avait jamais fait ça auparavant. Si seulement j’avais écouté, vraiment écouté ce qu’il me disait, j’aurais pu arrêter cela avant qu’il ne soit trop tard.
    « Olivia, m’a-t-il dit, il n’y a rien d’étrange à ce qu’un père emmène ses enfants manger des pizzas. D’ailleurs, il y a des pères qui sont toujours seuls avec leurs enfants. »
    Essayait-il de me dire quelque chose ? Avait-il percé à jour mes intentions ? Si mon mari avait été quelqu’un d’autre, n’importe qui, je me serais dit qu’il avait peut-être – peut-être – accepté l’idée que j’envisage de le quitter et qu’il essayait de prouver qu’il pouvait se débrouiller seul. Mais Robert n’est pas n’importe qui. Robert est Robert, et rien n’est jamais simple avec lui.
    Dans ma tête, j’ai passé en revue tous les scénarios possibles, et tous me glacent le sang. J’ignore ce qui est le pire : les images de mes bébés gisant quelque part à moitié morts ou mon autre crainte.
    Celle que je n’ose pas formuler avec des mots.

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  • [Livre] Mort-en-direct.com

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    Résumé : Adrian, professeur de psychologie, apprend qu'il est atteint d'une maladie dégénérative du cerveau provoquant, entre autres symptômes, des hallucinations.

    Un soir, il voit une jeune fille se faire embarquer de force dans une camionnette. Il est le seul à croire à un enlèvement. Sans l'aide de la police, Adrian doit, pour la sauver, recourir à un spécialiste des réseaux souterrains et illégaux : un pervers sexuel en liberté surveillée. Adrian la retrouvera-t-il avant de sombrer dans la folie ?


    Auteur : John Katzenbach

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2013

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Dans ce livre, comme le protagoniste principal, on sait dès le début qu’un crime a été commis. On en sait même plus que lui car dès le début, on connait le nom et les intentions des ravisseurs de Jennifer.
    J’ai été choquée par l’inertie de la police qui part forcément du principe qu’une ado qui disparait ne peut qu’être fugueuse (et limite que si c’est plus que ça, elle l’aurait bien cherché en fuguant) et qui refuse de faire des recherches parce que c’est « compliqué ».
    Je n’ai pas trouvé d’intérêt au passé de la policière car ça n’apporte rien à l’histoire. On nous le raconte comme une anecdote sans que cela change l’attitude de la policière face à l’affaire de Jennifer.
    Les deux criminels qui ont enlevé la jeune fille ne semblent pas se considérer comme tels. Ils se voient comme des artistes incompris et, puisqu’il y a un marché pour le genre de « télé-réalité » qu’ils proposent, ils ne voient pas pourquoi ils s’abstiendraient ni qui aurait le droit de les en empêcher. Leur attitude fait vraiment froid dans le dos !
    Adrian, le protagoniste principal, est un homme brisé. Il a successivement vu mourir son frère, son fils, et sa femme et se retrouve seul face au diagnostic d’une force de démence foudroyante. Professeur et chercheur à l’université, cet homme brillant sait qu’il va décliner et se retrouver complètement dépendant. Quand il assiste, impuissant, à l’enlèvement de Jennifer il ne sait pas comment réagir dans un premier temps car un des symptômes de son mal est les hallucinations, qu’elles soient visuelles ou auditives. Adrian va être épaulé et aidé dans ses recherches par trois assistants de choix : son frère, sa femme et son fils. S’il sait que ce ne sont que des hallucinations et qu’ils ne font que lui révéler que ce que son cerveau a remarqué sans qu’il en ait conscience immédiatement, ces « apparitions » sont pour lui un soulagement.
    Il va être le meilleur allié de Jennifer car il n’a pas l’intention de laisser tomber et a bien l’intention d’aller jusqu’au bout de ses forces pour aider la jeune fille.
    Devant le refus de la police de faire le nécessaire, il va se risquer à la limite de la légalité pour embarquer dans l’affaire Mark Wolf, un pédophile en liberté surveillée.
    Mark Wolf est un personnage intéressant. D’un côté c’est un être ignoble, dont le nom même évoque le prédateur qu’il est, qui revendique sa pédophilie et qui n’a aucune intention de se soigner, juste de faire attention à rester sous les radars, de l’autre, il prend soin de sa mère malade avec beaucoup d’attention. Même si ses motivations ne sont guère altruistes, il est la meilleure chance d’Adrian pour trouver Jennifer.
    Parallèlement aux recherches que mènent Adrian et Wolf, on suit également Jennifer, dans le lieu où elle est retenue prisonnière. Cette adolescente de 16 ans seulement force l’admiration. Elle se résigne et obéit juste ce qu’il faut pour ne pas s’attirer les foudres de ses ravisseurs tout en faisant tout ce qui est en son pouvoir pour conserver son identité et ne pas être réduite à « numéro 4 ».
    Régulièrement, on peut également voir les réactions de ceux qui regardent « l’émission ». Leur comportement fait froid dans le dos. D’autant plus qu’on trouve là toute sorte de personnes et pas seulement des pédophiles lubriques enfermés dans leur sous-sol. A aucun moment l’un d’eux ne semble prendre conscience que Jennifer est une adolescente, avec une famille qui doit être morte d’inquiétude, aucun d’entre eux ne semble avoir l’intention de prévenir les autorités.
    J’ai une petite réserve sur la fin parce que je trouve que trop souvent les auteurs de thriller font se terminer leur histoire de la même façon qui semble être la solution de facilité. Mais en dehors de ce petit bémol, j’ai bien aimé ce thriller avec une trame originale.

    Un extrait : Jennifer Riggins ne se retourna pas tout de suite quand la camionnette s’approcha d’elle. Elle ne pensait qu’à une chose : rejoindre au plus vite l’arrêt de bus, à un kilomètre de là, sur l’avenue la plus proche. D’après le plan de fuite qu’elle avait soigneusement préparé, le bus la conduirait au centre-ville. Elle y prendrait un autocar pour une gare plus importante, à Springfield, à une trentaine de kilomètres. De là, elle pourrait aller n’importe où. Dans la poche de son jean, elle avait plus de trois cents dollars qu’elle avait volé peu à peu - dix par ci, cinq par là – dans le sac de sa mère ou le portefeuille de l’amant de cette dernière. Elle avait pris son temps plus d’un mois, pour rassembler l’argent qu’elle cachait dans une boîte au fond d’un tiroir, sous son linge. Elle avait veillé à ne jamais en prendre trop pour qu’ils ne s’en rendent pas compte. Des petites sommes, dont la disparition passait inaperçue.
    Le montant qu’elle s’était fixé devait lui suffire pour aller à New York ou Nashville, voire à Miami ou Los Angeles. Pour son dernier larcin, tôt ce matin-là, elle n’avait pris qu’un billet de vingt et trois d’un dollar, et elle avait dérobé la carte visa de sa mère. Elle n’était pas sûre de savoir où elle allait. Là où il faisait chaud, espérait-elle. Mais n’importe quel endroit lui conviendrait, du moment qu’il était éloigné et différent. C’est exactement ce à quoi elle pensait quand la camionnette s’était arrêtée non loin d’elle. Je peux aller où je veux…

    - Hé, mademoiselle ! cria l’homme assis à côté du chauffeur. Vous avez une seconde, j’ai besoin d’un renseignement.

    Elle s’arrêta et fit face au passager de la camionnette. Sa première impression fut qu’il ne s’était pas rasé. Elle se dit qu’il avait une vois bizarrement aigüe et qu’il était plus excité que sa question banale ne le justifiait.

     

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