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Chick Lit

  • [Livre] Ensorcelée

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    Résumé : Depuis la mort de son mari, Rachel Stone mène une existence désastreuse mais, pour Edward, son fils de cinq ans, elle est prête à tout, jusqu’à retourner à Salvation dans l’espoir de récupérer un trésor. Lorsqu’elle découvre qu’un poste est à pourvoir dans le drive-in de Gabriel Bonner, c’est pour Rachel une joie inespérée et, malgré la rudesse de Gabriel, elle se sent irrépressiblement attirée. Mais son frère, Ethan Bonner, ne l’entend pas de cette oreille et d’étranges incidents lui confirment qu’elle n’est pas la bienvenue à Salvation.

     

    Auteur : Susan Elizabeth Phillips

     

    Edition : J’ai lu

     

    Genre : Chick lit

     

    Date de parution : 21 septembre 2011

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Ce livre fait partie d’une saga qui semble se concentrer sur les joueurs de football. Il se démarque donc un peu du reste de la saga puisque le personnage masculin principal n’est pas footballeur. En revanche, son frère aîné l’est, et il était le héros du tome précédent.
    A priori, il y a d’ailleurs un gros problème de traduction, puisque ce frère qui s’appelait Cal dans son propre tome (diminutif de Calvin) est devenu Charles dans celui-ci.
    Ça ne me pose personnellement pas de problème, puisque je n’ai lu que ce tome là, mais je me doute que pour ceux qui ont lu toute la saga, ce doit être un peu énervant.
    Gabriel est un vrai ours des cavernes. Il n’arrive pas à se remettre de la mort de sa femme et de son fils, survenue deux ans plus tôt, et il se montre odieux avec presque tout le monde, à l’exception de ses frères qui le dorlotent comme un invalide et ne l’aident, du coup, pas à faire son deuil.
    En revanche, comme il n’était pas à Salvation quand les choses ont mal tourné pour Rachel, il n’a aucun a priori sur elle et du coup, va la voir telle qu’elle est.
    La seule chose que je n’ai vraiment pas supporté chez lui, c’est son attitude envers Edward. Il y a un passage qui m’a profondément choquée :

    « Gabriel avait beau se répéter que l’enfant n’y était pour rien, quand il voyait Edward, il songeait à Jamie et se disait que le plus valeureux des deux était mort. » Tout ça parce que Edward est de nature plus calme, plus réservé (et quand on voit la vie qu’il mène depuis 3 ans, on le comprend).
    Il a parfois certaines réaction, ou réflexions qui font que, à la place de Rachel, je lui aurais sauté à la gorge.

    Rachel, elle, est en butte à l’hostilité de la petite ville qui la tient pour responsable des escroqueries de son défunt mari. D’ailleurs, ça m’a tué : les gens déjà, sont crédules qu’ils en peuvent plus, filent tout leur pognon à un escroc, mais en plus, quand il se fait arrêter, sa seule excuse est : c’est ma femme qui m’a entraîné et tout le monde décrète que ce pauvre homme, qui a été reconnu coupable des escroqueries quand même, est un pauvre homme manipulé par une vraie harpie.
    Et puis comme le bonhomme a eu la bonne idée de ne pas sortir vivant de sa tentative de fuite, c’est bien pratique d’avoir sa veuve sous la main pour servir de bouc-émissaire.
    Rien à redire sur l’écriture qui est exactement telle qu’on l’attend de ce genre de roman. On a de la romance, un poil d’intrigue (mais qui fait tout pour que Rachel s’en aille ?) et beaucoup d’humour, surtout dans les joutes verbales entre Rachel qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et Gabriel qui ne semble pas avoir l’habitude d’être contrarié.
    C’est un livre parfait à lire après une lecture difficile, pour faire redescendre la pression, ou simplement pour se détendre.

    Un extrait : Les derniers espoirs de Rachel Stone s’envolèrent dans un nuage de fumée noire jaillissant du capot de sa voiture. Elle eut à peine le temps de se garer sur le bas-côté de la route, en face d’un drive-in, juste en dessous d’un énorme panneau jaune et violet représentant un feu d’artifice.

    Ce fut là que, sous un soleil étincelant, sa vieille Impala brinquebalante rendit son ultime soupir.

    Bras croisés sur le volant, Rachel laissa retomber sa tête entre ses mains et succomba au désespoir. C’est sur cette route à deux voies, à la lisière de la ville de Salvation, en Caroline du Nord, que prenait fin un interminable parcours en enfer.

    — Maman ?

    Elle s’essuya les yeux et se redressa.

    — Je te croyais endormi, mon chéri.

    — C’est ce drôle de bruit qui m’a réveillé.

    Elle se tourna pour contempler son fils, qui venait de fêter son cinquième anniversaire. Sur la banquette arrière, il paraissait perdu parmi les paquets minables qui constituaient leurs maigres possessions. Rachel les avait entassés à l’intérieur de la voiture, la serrure du coffre étant coincée depuis des années à la suite d’un accident.

    La joue d’Edward était plissée là où il avait dormi, et ses cheveux étaient ébouriffés. Il était petit pour son âge, trop mince, encore pâle après la pneumonie qui avait menacé de l’emporter. Rachel sentit un élan d’amour l’envahir.

    Il la dévisageait solennellement par-dessus la tête de Jeannot, le lapin en peluche qu’il traînait partout depuis son plus jeune âge.

    — Tu as encore un problème ?

    Elle s’efforça de sourire.

    — Un petit souci avec la voiture, c’est tout.

    — On va mourir ?

    — Mais non, mon trésor, ne t’inquiète pas. Si tu marchais un peu, pendant que je jette un coup d’œil sous le capot ? Fais attention à la route.

    Il prit entre ses dents ce qui restait de l’unique oreille de Jeannot et, de ses jambes maigres, essaya de franchir l’obstacle que constituait un panier à linge rempli de vêtements usés et de serviettes de bain. Rachel se pencha par-dessus le dossier de son siège pour l’aider à ouvrir la portière, qui fonctionnait à peine mieux que le coffre.

    On va mourir ? Combien de fois lui avait-il posé cette question ? Son dernier repas à peu près correct remontait à plusieurs heures : une orange, un peu de lait et un sandwich à la confiture. Quelle sorte de maman était-elle, pour le nourrir aussi mal ?

    Une mère démunie, à qui il ne restait plus que neuf dollars et un peu de monnaie.

    Apercevant son image dans le rétroviseur, elle songea que, autrefois, on la trouvait jolie. Aujourd’hui, des ridules d’angoisse encadraient sa bouche, et ses grands yeux verts semblaient lui manger la figure. Sous les taches de rousseur, sa peau était blanche comme de la porcelaine. Elle n’avait pas de quoi s’offrir une visite chez le coiffeur, et ses cheveux auburn étaient en désordre. En guise de maquillage, il ne lui restait qu’un morceau de bâton de rouge à lèvres. Elle ne s’en était pas servie depuis des semaines. À quoi bon ? À vingt-sept ans, elle avait l’impression d’en avoir cent.

    Sa robe en toile bleue lui tombait sur les épaules. Le tissu était délavé, la coupe informe, et elle avait dû remplacer l’un des six boutons rouges par un bouton marron, faute de pouvoir en racheter une série. Elle avait expliqué à Edward que c’était « la nouvelle mode ».

    La portière grinça. Le goudron était brûlant sous les fines semelles de ses sandales. L’une des brides était cassée. Rachel l’avait raccommodée, et depuis, à l’endroit de la réparation, elle avait une ampoule. Tant pis. C’était peu de chose. L’essentiel était de survivre.

    Une camionnette passa à toute allure, sans s’arrêter. Rachel leva le bras pour se protéger le visage du vent et de la poussière. Elle jeta un coup d’œil vers Edward. Il se tenait près d’un buisson, Jeannot sous le coude, la tête renversée en arrière pour lire le gigantesque panneau au-dessus de lui : Drive-in L’Orgueil de la Caroline.

    Résignée, elle souleva le capot, puis recula précipitamment pour éviter les projections de vapeur. A Norfolk, le garagiste l’avait prévenue que le moteur était à bout. Cette fois, c’était grave.

    Elle s’assit par terre, dépitée. Non seulement elle n’avait plus de voiture, mais elle n’avait plus de maison, puisque, depuis une semaine, l’impala leur servait de toit. Elle avait expliqué à Edward qu’ils allaient faire « comme les tortues ».

    Elle soupira, accablée par cette nouvelle catastrophe, dernière d’une longue série de calamités qui l’avaient ramenée dans cette ville où, pourtant, elle s’était promis de ne jamais remettre les pieds.

  • [Livre] Gare à toi Lauren Wood

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    Résumé : La popularité est la meilleure des vengeances. Lauren Wood a fait un choix. Elle a trahi publiquement sa meilleure amie Helen d'une façon si humiliante que celle-ci a été obligée de déménager. Laisser tomber sa copine valait la peine pour Lauren, parce qu'elle est ainsi entrée à sa nouvelle école avec une aura de popularité. Maintenant en dernière année du secondaire, elle est la cheerleader en chef et la petite amie du quart-arrière de l'équipe de football.

     

    Auteur : Eileen Cook

     

    Edition : Hurtubise

     

    Genre : Chick lit

     

    Date de parution : 2011

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Petit livre de chick lit sans prétention (on ne dirait pas vu le prix), dont le quatrième de couverture est encore complètement à côté de la plaque (ce n’est pas la trahison de Lauren qui oblige Helen à déménager, c’est la mutation de son père, et le fait que Lauren sorte avec un footballeur n’a aucune importance dans le livre).
    J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire et cette fois-ci c’est entièrement dû à la traduction.
    En effet, on a ici une traduction canadienne, et, je ne sais pas à quoi sont habitués les canadiens, mais pour moi le texte était trop formel et manquait nettement de naturel surtout concernant les dialogues entre adolescents. Par exemple, une ado de 14 ans s’adresser à un garçon qu’elle ne connait pas en disant : «— Es-tu un amateur de cinéma ? », ou une ado du même âge reprochant à une autre d’avoir dragué un garçon alors qu’elle savait qu’il lui plaisait : « — Helen, pourquoi ne t’es-tu pas jetée à ses pieds tant qu’à y être ? — Je n’ai fait que lui parler. — Es-tu un amateur de cinéma ? Moi, j’adore le cinéma. Permettez-moi de vous ennuyer avec tout ce que je connais sur les vieux films stupides. ». Vous sentez le naturel du dialogue ?
    En plus de cette traduction difficile, j’ai eu du mal à m’adapter aux termes canadiens comme : « finissant » pour « terminale », « sénior » ou « dernière année » ou « meneuses de claques » pour désigner les pom-pom girls ou Cheerleader.
    L’histoire en elle-même est à la fois prévisible et peu crédible : Quel lycée accepterait d’enregistrer un élève sous un faux nom ? Surtout aux États-Unis où les écoles se mêlent d’absolument tout ce que font et pensent les élèves !
    Alors que généralement je lis ce genre de livres en 1 ou 2h, là, je me suis trainée. Comme je n’aime pas abandonner les livres, à moins qu’ils soient vraiment très mauvais et que, curieuse, je voulais savoir comme se terminait l’histoire (j’espérais une surprise quelconque, mais non), je me suis obligée à le terminer. Mais honnêtement, je n’en retiendrais certainement rien.
    Les personnages principaux n’ont aucun intérêt : Helen se comportant exactement comme elle reproche à Lauren de l’avoir fait, et Lauren n’ayant aucune nuance. A un moment, on la plaint un peu, surtout en voyant le comportement de sa mère, mais le personnage ne montre aucune hésitation, aucune faille, comme un robot réglé sur : mal se comporter. Difficile de ressentir de l’empathie dans ces conditions.
    Je suis satisfaite d’être arrivée au bout et, sans pour autant déconseiller cette lecture, je ne vais pas non plus la recommander.

    Un extrait : Je n’aurais jamais dû mettre ma jupe en jeans. Je n’étais pas grosse, mais je m’approchais dangereusement de la frontière des potelées. Je voulais la porter parce que je trouvais qu’elle m’allait bien, mais je l’ai vite regretté. Il faisait trop chaud pour endurer des collants et mes cuisses nues frottaient l’une contre l’autre quand je marchais. J’avais l’impression que des ampoules étaient en train de se former. J’ai changé à nouveau de position sur les gradins pour tenter de créer un courant d’air sous ma jupe. Lauren s’est exclamée :

    — Qu’est-ce qui se passe ? Peux-tu arrêter de gigoter ?

    — J’ai chaud, ai-je expliqué.

    — Bizarre, c’est moi qui suis hot ici.

    Lauren avait pris un air de diva.

    — Ha, ha. Lauren Wood, l’humoriste de l’heure, ai-je annoncé.

    Lauren a fait la révérence. J’étais contente de la voir s’amuser, même si sa blague était ratée. L’idée de changer d’école l’inquiétait beaucoup plus que moi. Depuis des semaines, elle était d’une humeur exécrable et s’emportait pour un rien. Seulement la semaine précédente, nous avions eu quatre disputes. Après l’une d’elles, Lauren ne m’a pas parlé de la journée parce qu’elle croyait que j’avais ri de son lunch. Le silence était l’arme de prédilection de Lauren quand quelqu’un l’embêtait. J’ai fini par la supplier de me pardonner même si j’étais convaincue de n’avoir rien fait de mal. Nos rôles étaient établis depuis des années : Lauren était la reine du drame, j’étais la diplomate. Je l’ai implorée de cesser d’être fâchée contre moi. J’ai même déclaré que j’étais profondément désolée si ses biscuits Oreo avaient souffert de troubles émotifs à cause de moi. J’étais prête à piler sur mon orgueil. Le bonheur de ma meilleure amie valait bien ça.

    — Vois-tu le garçon là-bas ?

    Lauren a indiqué la gauche avec sa tête. Je me suis avancée pour mieux voir, mais elle a enfoncé son coude osseux dans mes côtes en ajoutant précipitamment :

    — Ne le regarde pas.

    — Comment suis-je censée le voir alors ?

    — Observe-le, mais sans avoir l’air de le regarder. Bon sang !

    De façon désinvolte, j’ai parcouru la foule du regard. Le gymnase était bondé. L’école Lincoln était gigantesque. On comptait au moins sept cents jeunes par niveau. Les élèves de premier cycle venaient d’établissements des quatre coins de la ville. Chaque printemps, l’école Lincoln organisait une activité pour réunir les futurs élèves afin qu’ils créent des liens avant la rentrée. Nous avions déjà visité les lieux, assisté à une « foire » des activités parascolaires pour découvrir tous les choix qui s’offraient à nous et avalé un repas chaud à la cafétéria.

    Nous étions maintenant tous au gymnase pour terminer la journée par un rassemblement en l’honneur de cette grande institution. Tout ce cirque avait pour but de réduire notre sentiment de panique à l’automne prochain, comme si l’éventualité de ne pas retrouver notre casier était le véritable problème. Si les écoles voulaient vraiment faire baisser le niveau de stress, elles distribueraient des guides contenant des informations utiles : telle salle de bain est utilisée par les amateurs de substances illicites, l’évier du laboratoire de biologie asperge toujours les utilisateurs et il ne faut jamais choisir le repas chaud à la cafétéria les jours où ils servent du pâté chinois, car il est composé de restes de la semaine précédente surmontés de purée de pommes de terre en boîte. On ne nous transmet jamais les bons renseignements. Il faut les découvrir à nos dépens.

  • [Livre] Diva attitude

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    Résumé : Si votre spécialité est de faire voler les assiettes, d’apparaître en robe provocante à des soirées déjantées au bras d’hommes que vous jetez ensuite en poussant les hurlements… Si vous êtes accro des fringues les plus dingues, les plus chères et les plus hype… que vous ne mettrez qu’une fois, ça va sans dire…

    Ne cherchez pas ! La Diva, c’est vous !

     

    Auteur : Erica Orloff

     

    Edition : Harlequin

     

    Genre : chick lit

     

    Date de parution : 2005

     

    Prix moyen : 3€

     

    Mon avis : Diva attitude est un petit livre sans prétention parfait pour se remettre d’une lecture difficile ou un peu trop intense.
    Elektra Kasmirova nous enseigne à être une diva. Mais attention, elle dit bien diva et pas pouffe (désolée pour le terme). Une diva aime être le centre de l’attention mais n’écrase pas les autres pour y parvenir ; une diva rit avec les gens, pas des gens, une diva ne médit pas et surtout elle ne juge pas les autres.
    Alors certes, une diva est extravagante, elle peut repeindre son salon trois fois dans le mois, elle pique des colères monstrueuses car elle ne fait pas dans la demi-mesure : quand elle a mal, elle souffre le martyre, quand elle est heureuse, la terre entière le sait… mais une diva n’est jamais méchante, jamais injuste, jamais égoïste (un poil égocentrique parfois).
    Bref, à la lecture de ce livre, on se rend vite compte que pour l’auteur, bon nombre de « demoiselles » estampillées Diva par les médias relèverait plutôt de la seconde catégorie que j’ai cité et que je n’écrirais pas une seconde fois parce qu’après ma mère demande où j’ai appris un tel langage.
    J’ai lu ce livre après un témoignage qui était non seulement poignant mais qui en plus se finissait mal, et il m’a fait un bien fou !
    Il est vrai qu’il ne restera pas dans les mémoires mais c’est ce qu’on appelle un livre de plage : agréable, drôle, avec une pointe de romance, léger… parfait pour s’occuper l’esprit en légumant au soleil (ou à l’ombre, on n’est pas sectaire !)

    Un extrait : Je rentre chez moi, ravie d'y trouver un peu de silence et de solitude. Une diva supporte assez mal la cohabitation. Je sors un soda du frigo et vais sur la terrasse écouter le ressac. L'écho des vagues qui se fracassent sur le rivage est toujours une musique apaisante, qui éveille en moi une humeur contemplative.

    Lentement, mes pensées dérivent vers David. Je ne sais pas pourquoi, le voisin de Scott me fait perdre un peu de ma diva attitude. Rassurez-vous, je ne nourris pas à son propos d'idées folles, style mariage, enfants et autres insanités. Je n'ai pas l'intention de repasser ses chaussettes ni de faire cuire ses sushis. Pardon ? On ne repasse pas les chaussettes et on ne fait pas cuire les sushis ? Aucune idée. Je suis la reine du pressing et des plats à emporter.

    Disons que j'aimerais juste me rouler contre lui le soir en m'endormant, après l'amour. Enfin, certains soirs. Et si j'ai envie de dormir. En général, l'amour me donne plutôt envie de dévorer un T-bone avec triple dose de frites ou un plateau de fruits de mer.

    De toute façon, je ne cours pas grand risque : ce David est l'exact inverse de mon type d'homme. Calme, studieux, posé... le portrait craché d'un prof de fac. D'ailleurs, il enseigne la littérature comparée à l'université de Miami (pour Scott, la littérature, c'est Cosmopolitan). En réalité, c'est justement son petit côté premier de la classe qui me donne envie d'ébouriffer ses cheveux et de faire souffler un vent de liberté sur son existence bien rangée.

    Oui, à la réflexion, cet homme a besoin qu'on s'occupe de lui. Bien entendu, il ne s'en doute pas. Pas encore. Mais c'est sûr, il attend qu'une diva vienne réveiller la bête de virilité qui sommeille en lui.

  • [Livre] Maudit karma

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    Résumé : Animatrice de talk-show, Kim Lange est au sommet de sa gloire quand elle est écrasée par une météorite. Dans l'au-delà, elle apprend qu'elle a accumulé beaucoup trop de mauvais karma au cours de son existence. Non seulement elle a négligé sa fille et trompé son mari, mais elle a rendu la vie impossible à son entourage. Pour sa punition, Kim se réincarne en fourmi. Et le pire reste à venir: de ses minuscules yeux d'insecte, elle voit une autre femme la remplacer auprès de sa famille. Elle doit au plus vite remonter l'échelle des réincarnations. Mais, de fourmi à bipède, le chemin est long. Kim devra surmonter bien des obstacles... et, au passage, revoir la plupart de ses conceptions sur l'existence !

     

    Auteur : David Safier

     

    Edition : Presse de la Cité

     

    Genre : Chick lit

     

    Date de parution : 2008

     

    Prix moyen : 19,50€

     

    Mon avis : Dur dur pour une présentatrice TV célèbre et reconnue de mourir d’une façon totalement idiote, de se réincarner en fourmi et d’apprendre que l’on doit cet état de fait à la manière horrible dont on s’est comporté de son vivant.
    Encore plus dur de réaliser que son ex meilleure amie est bien décidée à mettre le grappin sur son défunt mari alors même que la plaque de notre tombe n’est pas encore posée.
    C’est ce qui arrive à Kim Lange et bien qu’extrêmement contrariée par tous ces évènements, la voilà bien décidée à se battre pour empêcher la bimbo qu’elle a jeté sans ménagement de sa vie de prendre sa place. Le problème c’est qu’il est difficile d’influencer la vie d’autrui dans la peau d’un insecte. Mais pour monter dans la hiérarchie de la réincarnation, il va falloir accumuler du bon karma et ça ne va pas être de la tarte pour l’égoïste et carriériste Kim.
    A certains moments, je me suis demandé ce qui justifiait qu’elle « monte en grade », non parce que s’il est vrai que Kim, dans ses différentes incarnations, fait quelques bonnes actions, sa motivation profonde reste quand même très égoïste : elle veut séparer son ex meilleure amie de son défunt mari. Et peu importe si celui-ci a une chance d’être heureux avec elle, peu importe si elle risque de perturber sa fille… Elle veut les séparer, point. Et même pas vraiment pour le récupérer, juste pour les séparer. Son rêve serait que son mari (et son amant également, tant qu’on y est) fasse vœu de célibat en mémoire de la merveilleuse épouse qu’elle a été (vous la sentez l’ironie ?)
    Si je n’ai pas vraiment aimé le personnage de Kim, qui reste assez imbuvable (à part quand elle est dans la peau d’un chien, là, elle est vulnérable et un peu plus sympathique), j’ai adoré celui de Casanova. Oui oui, LE Casanova, qui vient de passer un nombre incalculable de vies dans la peau d’une fourmi car il n’a guère l’intention de faire le moindre effort pour améliorer son karma et qui va être entraîné par Kim dans son aventure (et comme il a bien meilleur cœur qu’elle, il sait toujours plus ou moins comment il faut agir).
    La plupart du livre est humoristique, mais il y a quelques passages qui serrent le cœur (j’en reviens à celui où Kim est réincarnée en petit chien).
    La dernière partie m’a un peu fait penser à la série Drop Dead Diva (les éclairs de génie dus aux souvenirs de la propriétaire d’origine du corps en moins).
    La fin est un peu trop attendue. J’aurais aimé un peu plus de surprise, quelque chose de plus original.
    En résumé c’est une bonne lecture, qui fait passer un bon moment, mais qui ne restera pas dans ma mémoire bien longtemps.

    Un extrait : En orbite depuis 1993, la station spatiale Photon M3 servait aux savants russes à réaliser des expériences médicales, biologiques, et à tester du matériel scientifique.

    Le jour de la remise du prix de la Télévision allemande, la base de Baïkonour commanda le retour de cette station, devenue obsolète, vers l’atmosphère terrestre où elle devait se consumer. Mais les ingénieurs du centre de contrôle durent alors se rendre à l’évidence : l’angle d’entrée dans l’atmosphère n’était pas tout à fait conforme à leurs calculs. Au lieu de se désintégrer, la station ne fut détruite qu’à quatre-vingt-dix-huit pour cent. Les deux pour cent restants furent dispersés sur tout le nord de l’Europe.

    Pourquoi je raconte ce fiasco ? Parce que le foutu lavabo de cette foutue station spatiale a atterri sur ma tête !

    J’étais debout sur le toit-terrasse de l’hôtel à contempler les lumières de Cologne by night, seule avec mes pensées confuses. Daniel parlait-il sérieusement ? Devais-je me séparer d’Alex ? Comment Lilly réagirait elle ? Dans quarante ans, mon postérieur dénudé figurerait-il encore dans les bêtisiers du monde entier ?

    C’est alors que je vis quelque chose briller dans le ciel. C’était très beau : ça ressemblait à une étoile filante. Je fermai les yeux et fis un vœu : « Que tout s’arrange… »

    À travers mes paupières fermées, je vis la lueur grandir, devenir aussi brillante qu’un fanal. Puis vint le bruit. Un bruit assourdissant ! J’ouvris brusquement les yeux, juste à temps pour voir une boule de feu foncer droit sur moi.

    Je compris aussitôt que je n’avais aucune chance de l’éviter. Je n’eus que le temps de me dire : « C’est vraiment dingue de mourir comme ça ! »

     

  • [Livre] Amoureuses Anonymes

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    Résumé : Depuis qu’Éric l’a larguée pour une pin-up de 23 ans à forte poitrine, Sophie devient dingue. Quand son amie Annie est arrêtée pour conduite en état d’ébriété, et est contrainte d’assister aux réunions des alcooliques anonymes, c’est le déclic. L’amour est une drogue. Pour lutter contre les overdoses, Sophie accueille chez elle les « amoureuses anonymes ». Entre celles qui font une fixette et les désespérées qui pleurent un amour perdu, elle va trouver un moyen de les guérir de leur dépendance à l’amour.

    Auteur : Jo Piazza

     

    Edition : Milady

     

    Genre : Chick lit

     

    Date de parution : 12 Juillet 2013

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Après quelques lectures « difficiles » (pas parce que je n’ai pas aimé les livres mais parce que les sujets n’étaient pas toujours très gais), il me fallait une petite comédie romantique, une lecture légère, pour rebooter mon cerveau.
    J’ai beaucoup aimé l’idée de Sophie de créer les Accros à l’Amour Anonymes (les AAA) qu’elle appelle régulièrement les Amoureuses Anonymes pour aller plus vite.
    Il faut dire qu’être « exilée » dans l’immense maison de sa grand-mère qui vient de décéder alors qu’on est une pure new-yorkaise, ça repose. Parce que la maison ne se trouve peut-être qu’à 30 min en train de Manhattan, mais le dépaysement est complet et loin de l’agitation de la ville, il est plus facile de se pencher sur le fond du problème.
    Et le fond du problème n’est pas tant d’avoir été largué (les hommes sont des salauds, en général cette phrase remonte le moral) que de se mettre toujours en situation de l’être, que ce soit par un comportement (Comme Sophie qui force la main à ses petits copains pour qu’ils formulent des sentiments qu’ils ne ressentent pas forcément) ou par un choix de relation (Comme Katrina qui ne craque que sur des fils à maman, homosexuels refoulés).
    L’histoire est presque un huis-clos, pendant une grande partie du roman, on ne quitte pas la maison de la grand-mère, et on assiste à la lente reconstruction de l’amour-propre de femmes qui n’ont à l’origine rien en commun mais qui vont devenir les meilleures amies du monde.
    Au fil des anecdotes racontées par les Amoureuses Anonymes, on se retrouve, quand on a aussi agi de cette façon-là après une rupture, ou on se rassure en se disant que ça va, il y a plus taré que nous.

    Après, c’est une comédie sentimentale, donc on s’en doute, tout va plus ou moins bien finir pour chacune et chacun des protagonistes, même si c’est à des degrés différents.
    Mais c’était absolument ce qu’il me fallait : une lecture légère, drôle, et même un peu prévisible. Une lecture sans prise de tête, pour bien débuter la semaine !

    Un extrait : Je fus tirée de mon hébétude avinée par les paroles de Rump Shaker.

    All I wanna do is zoom zoom and boom boom, just shake your…

    J’avais la bouche spongieuse, et je dus me passer la langue sur les lèvres pour m’assurer que j’étais capable de former des mots. Il fallait que je change de sonnerie.

    C’était Eric.

    Le moment était peut-être enfin arrivé. Il m’appelait pour s’excuser. Vulgos avait péri dans un tragique accident de tapis roulant à la salle de sport, et il m’attendait déjà à la gare avec des fleurs et des ballons, comme dans la scène finale de Love Actually lors des retrouvailles à l’aéroport, au moment où l’on comprend que l’amour est effectivement partout.

    Il y avait un homme très, très en colère à l’autre bout du fil.

    — Enlève-le, Sophie.

    — Hein ? Eric ?

    — Enlève mon pénis d’Internet, grogna-t-il.

    Il termina sa phrase par une sorte de couinement paniqué, révélant qu’il pensait (non, qu’il savait) s’adresser à quelqu’un dont toutes les cases n’étaient pas bien fixées.

    Oh, misère !

    La nuit précédente me revint soudain en un flou accéléré.

    Lorsque j’avais englouti la dernière goutte de ma seconde bouteille de vin, Annie m’avait aidée à dresser une liste des raisons pour lesquelles Eric était affreux, horrible, pas bien et très nul. J’ai toujours aimé faire des listes. Je m’en sers presque tout le temps, que ce soit pour faire des courses au supermarché ou pour planifier mes week-ends.

    — Et la fois où il est revenu d’Europe et qu’il s’est mis à embrasser tout le monde sur les deux joues comme un comte ou un mannequin italien, crachai-je alors.

    — Ou le fait qu’il n’acceptait jamais de s’asseoir à la première table qu’on lui proposait au restaurant, ajouta Annie. Il faisait toujours passer le serveur pour un imbécile en choisissant une autre table, arbitrairement, juste pour se donner l’air snob et exigeant.

    — Oh ! Oh ! Ou sinon, le fait qu’il ne disait jamais juste « je te présente mes amis de la fac » ou « je te présente mes amis du lycée » ; il fallait toujours qu’il dise : « Je te présente mes potes d’Exeter. »

    C’est alors qu’Annie sortit la perle qui devait nous pousser à commettre l’impensable :

    — Tu te souviens, quand il avait eu cette phase « textos cochons » dégoûtante et qu’il passait son temps à t’envoyer des photos de son sexe ? Les pénis, c’est vraiment immonde. Personne ne devrait jamais les prendre en photo. On dirait des monstres marins prêts à attaquer. Beeeeurk… C’est en partie pour ça que j’aime les filles.

    Eric n’avait fait ça qu’une semaine, avant d’apprendre que j’étais pour le moins réticente à cette méthode moderne de déclarer son amour. J’avais essayé, mais je n’arrivais pas à me résoudre à prendre des photos de mes parties intimes pour les envoyer sous forme numérique. Il faut dire aussi que les gros plans n’étaient jamais flatteurs à leur égard, et ce quelle que soit la lumière (j’avais testé de nombreux éclairages).

    Évidemment, Vulgos le faisait sans arrêt. J’avais trouvé les textos le même jour que les mails compromettants. L’iPhone d’Eric ressemblait à un exemplaire de Penthouse.

     

  • [Livre] Beaux mecs et sac d'embrouilles

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    Résumé : Mentir, ça n'a vraiment rien de compliqué. En tous cas, cela n'a jamais été un problème pour moi. Jusqu'à l'arrivée d'un certain Tommy Sullivan, fraîchement débarqué en ville danse seul but de me gâcher l'existence. Bon, d'accord, j'ai trahi sa confiance quand on était au collège, mais c'était il y a quatre ans ! Sans compter qu'il en a profité pour devenir un vrai canon !
    Entre mes deux petits copains et mes gros mensonges, le concours "miss Clam" et mon job au restaurant, je ne sais plus où donner de la tête. Et je crois que le retour de Tommy ne va pas arranger les choses...

    Auteur : Meg Cabot

     

    Edition : Le Livre de Poche

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 2012

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : Je trouve que ce genre de livre est un livre fait pour être lu au bord de l’eau ou dans son bain. C’est une petite histoire sympathique mais on ne se frappera pas la poitrine de désespoir s’il y a du sable entre les pages ou s’il fait une chute aquatique.
    Comme souvent dans les livres de Meg Cabot, l’histoire est légère et l’héroïne un poil énervante.
    Il faut quand même avouer qu’elle est moins insupportable que d’autres héroïnes de Chick lit. D’abord, elle n’a que 17 ans, ce qui lui donne l’excuse de l’âge. Ensuite, ses mensonges ne sont pas bien graves : elle sort avec deux garçons, elle ne dit pas à ses parents qu’elle économise pour un appareil photo pour ne pas leur faire de la peine, vu qu’ils lui en ont offert un à noël (un appareil familial alors qu’elle veut un professionnel)… Il n’y a pas de quoi se jeter des pierres.
    En revanche, ce que j’ai beaucoup apprécié c’est le thème qui est à mes yeux le plus important dans ce livre : la quasi impunité qu’on, dans les petites villes, les membres des équipes sportives du lycée.
    On sait bien qu’aux Etats-Unis le sport scolaire et universitaire est très important et rassemble de nombreux supporter, mais on constate, surtout dans les villes de province, que les joueurs, surtout si leur équipe remportent les matches, sont souvent considérés comme des demi-dieux : notes revues injustement à la hausse par les professeurs, passe-droits, indulgence des habitants de la ville et des autorités locales… Tout un tas de choses dont ne bénéficient pas les autres jeunes, même s’ils sont tout aussi remarquables dans d’autres domaines.
    J’ai beaucoup aimé que l’auteur nous montre à quel point cette vénération peut aller loin (dans les actes comme dans le ridicule) à travers les yeux de personnes qui ne sont pas des fans aveugles et prêt à tout pardonner et accepter sous prétexte que quelqu’un sait taper dans un ballon.
    Bien sur ce contexte, même s’il est pour moi le point le plus important et le plus intéressant du livre, n’est qu’une toile de fond pour l’intrigue qui est celle de tout bon roman de chick lit qui se respecte : l’héroïne va-t-elle sortir indemne des mensonges dans lesquels elle s’enferre et avec quel garçon (question Ô combien importante) finira-t-elle (quoi que, quiconque ayant un QI dans la moyenne et ayant déjà lu un livre de ce genre, tout auteur confondu, devrait pouvoir répondre à cette question très vite).

    Un extrait : — Mais qu’est-ce qu’elle fiche ici, celle-là ? s’est écriée ma meilleure amie, Sidney van der Hoff, alors que je m’approchais de la banquette du coin pour distribuer les menus.

    Sidney, bien sûr, ne parlait pas de moi, mais dévisageait une fille à une table voisine. Je ne pris pas la peine de jeter un œil pour voir à qui elle faisait allusion, car mon petit ami, Seth, assis à côté d’elle, me contemplait avec son beau sourire… Un sourire qui fait craquer toutes les filles depuis le CM2, année où nous avons remarqué pour la première fois sa dentition parfaite et immaculée, ses lèvres à croquer.

    Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi, entre toutes les filles de l’école, c’est sur moi qu’il a choisi de poser ces lèvres.

    — Salut, bébé ! m’a-t-il lancé dans un battement de cils – lesquels, longs et sexy, ont fait dire à ma mère lors d’une conversation téléphonique avec la mère de Sidney qu’ils étaient du gâchis, parfaitement inutiles à un garçon.

    Seth a enroulé un bras autour de ma taille et m’a serrée contre lui.

    — Salut ! ai-je répondu, un peu essoufflée, pas simplement à cause de son étreinte, mais aussi de la table douze couverts dont les convives célébraient le quatre-vingt-dix-septième anniversaire de Mme Hogarth et m’éreintaient à force de siroter leurs verres de thé glacé qu’il me fallait reremplir toutes les deux minutes et à volonté. C’était comment, votre film ?

    — Nul ! a tranché Sidney pour tout le monde. T’as rien raté. Les cheveux blonds ne vont pas du tout à Lindsay ; je la préfère en rousse. Non mais sérieusement, qu’est-ce que Morgan Castle fait ici ? (Sidney s’est servie du menu que je venais de lui donner pour pointer une table que servait Shaniqua.) Elle est drôlement gonflée, vous ne trouvez pas ?

    J’ai d’abord cru que Sidney se trompait car Morgan Castle n’était pas du genre à mettre les pieds à La Mouette rieuse en pleine saison, lorsque les touristes affluent. Les gens du coin comme elle savent très bien qu’il vaut mieux éviter cet endroit l’été. En tout cas, quand on n’a pas réservé. En haute saison, sans réservation, il faut compter une heure d’attente minimum les soirs de semaine comme ce mardi et deux heures le week-end.

    Ça n’a pas l’air de gêner les touristes. Mais il faut préciser que Jill, notre hôtesse d’accueil, leur distribue à chacun un de ces énormes bipeurs, trop grands pour entrer dans leur poche ou pour qu’ils partent avec par erreur, en leur disant qu’elle les bipera dès qu’une table se libère.

    Vous seriez étonné de l’impact positif que cette information a sur les touristes. J’imagine qu’ils sont habitués parce que c’est pareil dans les chaînes de restaurants là où ils habitent. Ainsi, ils repartent avec leur bipeur et tuent le temps en flânant sur la jetée. Ils jettent, par-dessus la rambarde, un œil aux bars rayés qui nagent dans l’eau claire. (Là, il y a toujours un gamin pour s’exclamer : « Regarde, maman ! Des requins ! ») Certains poussent jusqu’au Vieux-Port – ses rues pavées, ses boutiques pittoresques – avant de rebrousser chemin en lorgnant au passage la jet-set estivale occupée à regarder la télévision par satellite ou à siroter un gin-tonic à bord de ses yachts.

    Alors, leur bipeur retentit soudain et ils s’empressent de regagner le resto pour prétendre à leur table.

    Parfois, tandis que Jill conduit les touristes à une de mes tables, j’en surprends un qui demande : « On ne peut pas plutôt s’asseoir LÀ ? », en pointant du doigt une longue table avec banquette dans un coin.

    Dans ce cas, Jill sort toujours un truc dans le genre : « Je suis vraiment désolée. Cette table est réservée. »

    Sauf que c’est n’importe quoi parce que la table n’est pas réservée. Enfin, pas vraiment. On la garde tous les soirs au cas où un VIP débarquerait.

    Ce n’est pas qu’il y ait tant de VIP que ça à Eastport, Connecticut. Bon d’accord : il n’y en a pas. De temps à autre, pourtant, au moment du creux entre le déjeuner et le dîner, avec Jill et Shaniqua, on s’assoit et on se met à délirer en imaginant qu’une VRAIE célébrité passe la porte du restaurant. Chad Michael Murray par exemple (bien qu’il ait baissé dans notre estime depuis qu’il a divorcé) ou Jared Padalecki, ou même le prince William (qui sait ? Son yacht pourrait très bien s’être perdu…).

     

  • [Livre] Une semaine légèrement agitée

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    Résumé : Va-t-elle survivre à une (longue, très longue) semaine de vacances avec (toute) sa famille?
    C’est le casse-tête obsédant de Chelsea Benton depuis que sa mère a lancé sa bombe : les réunir tous en hôtel-club à Lanzarote pour fêter ses 60 ans. Bien sûr, Chelsea les aime ! Mais… il y aura son petit neveu aux doigts poisseux (très mauvais pour les fringues de marque), sa nièce ado que tout « saoule », son grand-père adorable mais pas du genre à passer inaperçu, son beau-frère… Aucune chance de mettre à profit ces vacances forcées pour approfondir les relations avec le beau mec de l’avion (oui, celui qui est accompagnée de la petite peste de 6 ans).
    Mais la goutte d’eau qui fait déborder la piscine, c’est que la sœur de Chelsea est de la partie. La fille parfaite, mariée, femme au foyer exemplaire dont Chelsea se demande si elle doit l’envier (elle, elle vient encore de se faire larguer) ou la plaindre (franchement, lâcherait-elle son job d’esclave dans un magazine glamour à Londres pour devenir épouse et maman? Elle se tâte…).
    Bref des vacances (horribles) sans surprise ? Pas sûr. Des surprises, il va y en avoir au contraire. Et même, de vraies.

     

    Auteur : Chrissie Manby

     

    Edition : Mosaic

     

    Genre : Chick Lit

     

    Date de parution : 01 janvier 2015

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : Une famille bas de gamme. C’est un peu le sentiment qu’a Chelsea au sujet de sa famille même si elle les aime beaucoup. Il faut dire que si elle emprunte des vêtements à son magazine pour faire croire au sien que sa vie à Londres est bien plus glamour que ce qu’elle est en réalité, l’attitude de la famille, elle, est difficilement excusable.
    Autant le grand père, qui hurle des insanités à tout bout de champ, est excusable de part sa démence sénile, autant on peut comprendre que Jack, le petit bout de 6 ans pose parfois des questions indiscrètes, autant la crise d’adolescence peut expliquer la mauvaise humeur de Sophie, autant, en revanche, le reste de la famille est franchement pénible.
    Les parents de Ronnie et Chelsea n’en ont que pour leur fille ainée, celle qui est mère au foyer, qui n’a pas beaucoup d’argent et qu’il faut soutenir. Chelsea, on la moque parce qu’elle a perdu l’accent du bled où elle est née après ses études et son travail à Londres, on lui lance des piques permanentes sur les différences entre leur vie simple et la vie qu’elle est supposée mener à Londres. Le genre d’«humour » bien lourd, qui ne fait en général rire que les beaufs.
    Chelsea qui se bat pour avoir le meilleur, n’est pas particulièrement enchantée de passer une semaine de vacances dans un hôtel bas de gamme, où le même buffet est réchauffé chaque jour, provoquant maux de ventre ou pire et affublés de chambres minables. Mais elle essaie de faire contre mauvaise fortune bon cœur, même si sa patronne continue à lui envoyer mai sur mail, comme si elle n’était pas en vacances.
    Ronnie est débordante de haine envers sa sœur, sans pour autant avoir de raison légitime. Elle lui reproche sa vie à Londres, elle lui reproche d’avoir un travail extrêmement prenant, de travailler pour un magazine qu’elle juge frivole. En réalité, elle lui reproche surtout d’être elle-même coincée dans une vie dont elle n’est pas sûre de vouloir encore, d’avoir abandonné ses études parce qu’elle s’est fait mettre enceinte à 17 ans. Elle reproche à Chelsea de ne pas être restée stoïquement à ses cotés, de ne pas avoir mis sa vie de coté pour lui servir de béquille. Mais Chelsea devait-elle payer pour les erreurs de sa sœur ?
    Chacune des deux sœurs pensent que l’autre est la préférée. Ronnie croit que Chelsea l’est parce qu’elle a fait des études, parce qu’elle vit à Londres, parce qu’elle a « réalisé ses rêves ». Elle ne se demande même pas d’ailleurs qu’elle est la vraie existence de sa sœur, ni si elle est heureuse.
    Chelsea garde le souvenir amer d’avoir du dormir deux ans sur le canapé trop court pour elle du salon, d’avoir du s’effacer devant sa sœur et son bébé. Elle a eu le sentiment d’être rejeté de la famille parce que « Chelsea est indépendante ». Elle pense que sa sœur a toujours eu le soutien de sa famille au contraire d’elle.
    L’histoire entre Adam et Chelsea reste en filigrane mais l’histoire principale reste focalisée sur les relations de famille et surtout sur la relation qui se tisse entre Chelsea et son neveu Jack.
    J’ai beaucoup aimé ce livre, même si les membres de la famille de Chelsea m’ont profondément agacée, de même qu’Adam, les trois quart du temps.


    Un extrait : En entendant la nouvelle, Mark s’était inquiété lui aussi ; mais, même s’il avait mollement protesté en disant que comme d’habitude ses beaux-parents étaient trop généreux, il avait l’air ravi, tout comme les enfants. Des vacances gratuites, ça ne se refusait pas, surtout des vacances au soleil, et contrairement à bien des gens Mark appréciait vraiment beaucoup sa belle-famille (qui ne l’était pas officiellement d’ailleurs). Sophie, du haut de ses quinze ans et demi, l’avait joué un peu blasée, évidemment, mais Ronnie savait que sa fille était contente et soulagée de pouvoir annoncer aux copines qu’en fin de compte elle partait en vacances à l’étranger cet été. De son côté, Jack, six ans, était encore à l’âge où rien n’est plus génial que des vacances en famille. Du moment que toute la famille suivait, il aurait été tout aussi excité de passer une semaine dans n’importe quel hôtel à Wolverhampton. Ses grands-parents l’adoraient, mais c’était surtout la perspective de revoir sa tatie Chelsea qui semblait le réjouir le plus.

    — Tatie Chelsea ! Elle vient, c’est vrai ? s’écria-t-il. C’est vrai ? Elle va jouer au cricket avec moi alors ! ajouta-t-il en se rappelant la dernière fois où il avait vu sa tante, deux ans plus tôt, à un barbecue familial.

    Cet après-midi-là, entre deux grimaces devant les hamburgers de Mark et deux jérémiades sur le travail accablant qu’elle avait dans son magazine de snob, Chelsea avait lancé deux ou trois balles à Jack. Franchement, elle ne lui avait pas montré beaucoup d’intérêt, mais bizarrement Jack gardait d’elle un souvenir inoubliable.

    — J’ai trop envie de la voir !

    — Oui, enfin, si elle daigne venir, maugréa Ronnie à l’intention de Mark. Ça m’étonnerait que mademoiselle je m’la pète ait envie de passer ses vacances dans un Hôtel-Club aux Canaries. Qu’est-ce qu’elle va dire au bureau ? J’imagine qu’elle peut en tirer un article irrésistible sur sa semaine en immersion dans la classe moyenne !

    Mark ne répondit rien. Sur le sujet des relations entre Ronnie et sa sœur, il préférait s’abstenir.

    Certaines personnes considèrent leurs frères et sœurs comme « leurs meilleurs amis ». Eh bien, ce n’était pas le cas de Ronnie et Chelsea. Elles ne se parlaient plus depuis deux ans.

     

  • [Livre] Ça peut pas rater

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    Résumé : Marie pensait avoir trouvé l’homme de sa vie, jusqu’à ce que son couple implose de façon brutale et scandaleuse. Anéantie, elle décide ne plus faire confiance aux mâles et surtout, ne plus rien leur passer. Ni dans sa vie privée, ni au travail.
    Marie ne croit plus à l’amour, ce mirage source de tous les malheurs des femmes. Mais voilà, Marie a du cœur, une famille, des amies aussi tordues qu’elle et une soif de vivre qui n’a pas fini de la précipiter dans des plans impossibles.

     

    Auteur : Gilles Legardinier

     

    Edition : Fleuve éditions

     

    Genre : Chick lit

     

    Date de parution : 02 octobre 2014

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Ça peut pas rater… Qui n’a jamais pensé ça après avoir échafaudé un plan pendant des heures pour rencontrer un mec « par hasard », faire annuler un contrôle, avoir un jour de congé…
    C’est en général quand on se dit ça que ça rate, justement.
    Dans le cas de Marie, on ne peut pas dire que ça rate vraiment. Disons plutôt que ça réussit avec effets secondaires. Des effets secondaires importants cela dit.
    Trois histoires se déroulent en parallèle : La vengeance que Marie veut effectuer sur Hugues (et on la comprend ce type est tout à fait imbuvable), la recherche de qui peut bien lui écrire des lettres anonymes et le combat mené contre la nouvelle direction de son entreprise.
    Les trois histoires se télescopent parfois, des choses qui arrivent dans l’entreprise donnent des idées à Marie pour sa vengeance, par exemple.
    On rit beaucoup, Marie et son amie Emilie ayant plus que tendance à se mettre dans des situations abracadabrantes.
    Personnellement, j’ai trouvé qui écrivait les lettres avant elle et je serais allée bien plus loin dans la vengeance (destruction totale).
    J’ai bien aimé les garçons du service qualité : Alexandre, Sandro et Kevin. Leur manière de contrôler les matelas ferait faire une crise cardiaque à la majorité des patrons.
    Florence et Petula sont impayables entre une qui tombe des chaises à chaque fois qu’elle rit et l’autre qui transforme le hall d’accueil de l’entreprise en salle de danse. Quant à Valérie, ses idées farfelues qui ponctuent le roman sont toujours sources d’amusement tant pour l’idée elle-même que pour la manière dont son entourage doit la dissuader de les mettre en œuvre.
    Et au milieu de tout ce joyeux (et parfois stressant) foutoir, Marie n’oublie pas de se mêler de la vie amoureuse de sa meilleure amie. Question de priorité !
    La fin est sans réelle surprise, mais c’est un peu la signature de ce genre de roman, on aimerait bien moins si ça finissait différemment, soyons honnêtes.
    Le livre se lit vite, l’écriture est fluide et il n’y a aucun temps mort. Les moments de rires sont intercalés avec des moments plus sérieux mais qui ne durent pas, ils ne servent qu’à nous laisser reprendre notre souffle.
    Je recommande à tous ceux qui ont besoin de rire.

    Un extrait : Malgré le climat grippal de cet hiver qui n’en finit pas, je n’ai besoin d’aucune vitamine. La rage me porte, la colère et la soif de vengeance m’animent. Plus besoin de faire du sport, plus besoin de bonnes résolutions, les mauvaises me suffisent amplement. La rage m’aide à brûler les calories et me donne aussi envie de mettre le feu à l’autre fumier et tout ce qui compte pour lui.

    Quand je pense que j’étais prête à renoncer à lui faire la guerre. Quand je pense que j’allais me satisfaire de leur avoir dérobé un chat qui se montre tous les jours un peu plus malin et plus affectueux. Il est vrai que cette bestiole contredit à elle seule le dicton : « Bien mal acquis ne profite jamais. » Paracétamol est passé à l’Ouest, il a changé de camp. Il pactise avec son ravisseur. C’est le syndrome de Stockholm avec des croquettes. Du coup, j’étais prête à poser l’épée face à l’autre débris et sa gravure de mode, mais le coup du resto, l’humiliation publique, ça, je ne vais pas le lui pardonner. J’ai tout prévu, tout planifié. Ça peut pas rater.

     

  • [Livre] Fashion victim

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    Résumé : Moi, une Fashion Victim ? Vous avez vu le look du mannequin-star de la couverture ? Vous ne croyez quand même pas que je vais me déhancher dans une robe rouge ultramoulante qui franchement ne cache rien, uniquement pour être in ? De toute façon, les potins de stars et les conseils bidon, ce n'est pas mon truc... Et il ne faut surtout pas croire ce que raconte ce magazine. Je suis bien placée pour le savoir, puisque je suis l'auteur de certains de ses articles ! Moi qui rêvais de gloire littéraire, me voilà réduite, pour faire mon trou dans cette boîte, à me battre bec et ongles avec des folles furieuses que le mot " complot " rend hystériques ! Et croyez-moi, sur la planète People, tous les coups sont permis

     

    Auteur : Lynn Messina

     

    Edition : Harlequin

     

    Genre : Chick lit

     

    Date de parution : 2004

     

    Prix moyen : 5€

     

    Mon avis : Fashion victim, c’est le titre du magazine pour lequel bosse l’héroïne de ce livre, Vig (apparemment, diminutif d’Hedwig) Morgan.
    Dès les premières pages, je fais deux constatations :
    La première, la description du magazine me rappelle furieusement « Grazia » : aucun article de fond, tout ramené aux peoples, articles conçus sur un seul modèle avec les noms des célébrités qui changent, aucune idée un tant soit peu originale… bref, un torchon dont les rédacteurs osent quand même se nommer journalistes.
    La seconde : Une jeune femme qui rêve d’être une vraie journaliste mais qui fait ses premières armes dans un magazine de mode, un passage obligé d’assistante pendant deux ans auprès de la rédactrice en chef avant de devenir rédactrice junior, une rédactrice en chef odieuse, une nouvelle rédactrice senior ennemie jurée de la rédactrice en chef… Oui oui, vous ne révez pas, c’est bien la base de « Le diable s’habille en Prada ».
    Alors, soyons juste : en France, Fashion victim est sorti avant le diable s’habille en Prada. Au USA, je ne sais pas… Alors savoir laquelle s’est « inspiré » de l’autre.
    Ce qui change, en revanche, entre les deux bouquins, c’est que là où l’héroïne du diable s’habille en Prada accepte plus ou moins de faire des concessions de plus en plus énormes, celle de fashion victim intègre joyeusement un complot visant à faire virer par les éditeurs (les big boss) la vilaine rédactrice en chef dans l’espoir de la faire remplacer par la gentille nouvelle rédactrice senior.
    Et c’est un peu là que le bât blesse dans ce livre : c’est qu’il n’y a quasiment pas de rebondissements. Il y a bien quelques scènes qui font sourire mais jamais l’impression que tout va être découvert que les conspiratrices vont se faire prendre sur le fait…
    Au final, ce n’est que dans les derniers chapitres que l’on a quelques « coups de théâtre » : la révélation du vrai visage d’une personne, un changement important pour une autre et bien sûr, le résultat du complot dont je ne vous dirait pas s’il a fonctionné, s’il a échoué ou s’il a réussi au-delà des espérances de notre héroïne.
    En résumé, c’est un livre qui se lit facilement, parfait pour la plage ou pour lire à la terrasse d’un café, mais sans plus.
    Pour le style, je ne sais pas lequel des deux romans a été écrit en premier, mais j’ai quand même préféré « le diable s’habille en Prada » que j’ai trouvé mieux écrit avec des personnages plus travaillés.


    Un extrait : —   Vig, elle ressemble à quoi, votre colocataire ?

    —   Une grande blonde aux yeux verts.

    —   Est-ce qu’elle a des allures de garçon, comme vous ?

    —   Euh... c'est-à-dire...

    —   Vous voyez ce que je veux dire... le look fil de fer et œufs sur le plat, la grande perche droite comme un I, le genre Twiggy des années 60...

    —   A vrai dire...

    —   En d'autres termes, plate comme une limande. Pas question de déceler sur elle l'ombre d’une courbe, même en mettant sur le coup les meilleurs cartographes de la planète.

    —   Eh bien...

    —   Parce que si jamais elle a des formes, vous savez que ça ne marchera pas. On ferait bien appel à vous, mais la déontologie maison nous empêche d'utiliser nos propres employés. Bien sûr, je pourrais vous virer, mais il faudrait que je fasse des pieds et des mains pour trouver une autre assistante et je n'ai pas vingt minutes à perdre en ce moment! Ecoutez, allez voir l'agence Ford à Soho, et dites-leur qu'on recherche une fille exactement comme vous pour notre papier sur les demoiselles d'honneur qui ont des silhouettes pas possibles... Insistez bien sur le fait que la fille doit faire vrai. Elle doit ressembler à l’une de nos lectrices, en moins tarte quand même. Dites-leur aussi qu'il nous faut une autre fille, du genre costaud — mais pas trop, un bon 44, par exemple — avec un joli visage. Surtout, assurez-vous qu’elle a un beau visage. Pas la peine de travailler dans le monde de la mode pour ouvrir nos colonnes à des laiderons. Allez, qu'est-ce que vous attendez? La fonte des neiges ? Je veux que vous soyez de retour dans une demi-heure, et n'oubliez pas de me prendre mon déjeuner en route. Du pain de seigle grillé avec du thon sur une feuille de laitue, ce sera parfait. Attention ! Qu'ils mettent bien la salade en dessous. Je suis incapable d'avaler un sandwich avec la laitue dessus ! Vous n'avez qu'à le commander chez Mangia. Vous avez leur numéro dans votre base de données. Bien, maintenant si vous arrêtiez de me regarder avec ces yeux de merlan frit ? Bougez-vous un peu... Vous n'êtes pas payée pour passer votre temps à papoter près du distributeur d'eau sur les derniers programmes télé. Ah, et n'oubliez pas mon café. Noir, bien entendu.

     

  • [Livre] Cendrillon relookée

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    Résumé : Francesca est une pro du relooking. Elle intervient dans une émission de télé réalité dans laquelle des experts en look ont pour défi de transformer des ringards en fashion victims. Son ennemie jurée assure que Greg est un cas désespéré et qu'elle ne peut rien pour lui. Bien décidée à triompher, Francesca accepte de relever le défi. Greg est charmé par Francesca, mais il voudrait être aimé tel qu'il est. Il devra lui prouver que l'habit ne fait pas le moine.

    Auteur : Hope Tarr

    Edition : Milady Romance

    Genre : Chick lit

    Date de parution : 23 janvier 2015

    Prix moyen : 8€

    Mon avis : A la fin du premier tome, l’épilogue nous annonçait les filles qui devaient encore bénéficier de la « magie » des chaussures rouges. Star, la patronne de Macie, l'héroïne du 1e tome, était l'une d'elles. Or quand on commence ce tome, on voit, dès le début, Star donner ses chaussures à Francesca en lui disant qu’elles ont marché pour elle.
    Et on se demande bien ce qu’on a raté. En réalité, ce qu’on a raté, c’est une nouvelle intermédiaire, située entre les tomes 1 et 2, qui relatait l’aventure de Star et que ces génies des éditions Milady, toujours aussi respectueux des lecteurs, n’ont pas jugés utile de publier (après ils viendront se plaindre d’une baisse des ventes…ben à force de prendre les gens pour des buses…)
    Ici, donc, nous avons sauté l’histoire de Star et venons directement découvrir celle de Francesca, l’ex femme de Ross, personnage central du 1er tome.
    J’ai préféré ce tome au 1er car Francesca et Greg sont plus sympathiques que Ross et Macie.
    Greg est plus enclin à se remettre en question que Ross qui campe sur ses positions ridicules pour le XXIème siècle jusqu’à la presque fin.
    Quant à Francesca, elle est moins retorse que Macie, qui avait des intentions malveillantes au début de sa rencontre avec Ross. Le but initial de Francesca, quand elle accepte de participer à l’émission, est de gagner assez d’argent pour pouvoir se permettre de ne pas travailler de l’été afin de voir sa fille (qui vit avec Ross et Macie).
    Si au début de l’émission ses relations avec Greg sont tendues, cela peut se comprendre car ils ont eu une rencontre professionnelle difficile.
    Francesca va faire un pari avec son ennemie de toujours, Deirdre, mais ce n’est pas un pari qui joue contre Greg, bien au contraire. A aucun moment, elle n’a l’intention de le blesser ou de l’utiliser. Le fait de l’aider pour gagner son pari reste dans les intérêts de Greg puisque cela doit lui permettre de gagner le jeu.
    De son coté Greg est un peu plus pénible : il participe à une téléréalité mais refuse de jouer le jeu, il a des a priori sur Francesca (il ne lui est jamais venu à l’idée que son attitude lors de leur rencontre professionnelle avait pu porter préjudice à la jeune femme) mais l’un dans l’autre, il ne reste pas campé sur ses positions et accepte assez facilement de changer son attitude sans pour autant se forcer à devenir un autre.
    Bref, en tout point, Francesca et Greg, que ce soit individuellement ou en tant que couple, m’ont plus convaincue que leurs prédécesseurs.

    Un extrait : — Monsieur Knickerbocker, je vous en prie, soyez raisonnable. Quand vous avez accepté l’interview de GQpour leur numéro de février, vous vous doutiez bien qu’ils voudraient une photo de vous, non ?

    Francesca St. James, célèbre photographe de mode anglaise, marqua une pause pour reprendre son souffle. Cela faisait dix minutes qu’elle parlait à un mur – un mur muni de larges épaules, quoiqu’un peu maigrichonnes.

    — J’ai accepté de donner une interview, point.

    Gregory Knickerbocker, fondateur et P.-D.G. de Cloud Flyer, lui tournait le dos, assis face à son ordinateur. Son langage corporel était si ouvertement impoli qu’il la faisait grincer des dents.

    Certes, sa start-up dans l’industrie de pointe était le nouveau réseau social le plus en vue depuis Facebook, et lui-même avait fait son entrée dans le top 10 des P.-D.G. les plus riches de l’année, son poids en dollars avoisinant les 30 milliards. Mais pour l’instant, il n’était qu’une personne à photographier. Sa mission, qui consistait à faire son portrait pour GQ, était la seule raison pour laquelle elle avait pris un vol de nuit depuis New York. À part avoir sa photo pour la couverture du magazine, rien ne comptait. Rien.

    Depuis son arrivée, il avait tout fait pour la contrarier, à commencer par les faire attendre dans l’entrée, son équipe et elle, même s’ils avaient pris rendez-vous depuis des semaines. Souffrant du décalage horaire et lasse d’attendre, Francesca avait contourné la réception, sa réceptionniste en tongs et la petite fête en cours, et s’était rendue d’elle-même dans les bureaux, à l’étage. Depuis, elle s’épuisait à parlementer pour le faire céder.

    — Aucun magazine ne fait de portrait sans photo, insista-t-elle, déterminée.

    Surnommé le « magnat fuyant les médias », Gregory Knickerbocker avait jusqu’à présent refusé de donner des interviews ou d’apparaître à l’écran. Son directeur financier, une firme de relations publiques coûteuse et son entourage personnel de programmeurs servaient de visage collectif à sa marque. Néanmoins, lorsque la compagnie avait atteint le jalon des cent millions d’utilisateurs, il semblait avoir changé d’avis. Cette interview pour GQ, ses premiers pas dans le monde médiatique, était un très joli coup, non seulement pour le magazine, mais également pour Francesca, à condition que ses photographies et son nom figurent dans l’article.

    — Pourquoi pas ? demanda-t-il, les yeux toujours rivés sur son écran.

    Voulait-il vraiment continuer de guerroyer ainsi contre elle ? Ravalant sa frustration, Francesca se passa la main dans les cheveux, se rappelant, un peu tard, qu’elle les avait tirés en arrière en vue de sa séance photo.

    — Parce que ça… ça ne se fait pas, répondit-elle, agacée.

    Il fit pivoter son fauteuil pour lui faire face. Était-elle enfin en bonne voie ? 

    — Alors faites une exception, rétorqua-t-il.