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Policiers/Thrillers - Page 2

  • [Livre] Je sais qui tu es

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    Résumé : Trois amis s'embarquent dans une drôle d'aventure : retaper en plein hiver une maison abandonnée dans un village desert de la région des fjords, à l'ouest de l'Islande, pour la transformer en gîte estival. Chacun a des motivations très différentes pour s'imposer ce défi : Gardar y voit une chance de s'extraire de la spirale des dettes et de regagner l'admiration de sa femme, Katrin, qui l'accompagne par pure solidarité conjugale. Leur amie Lif les suit parce qu'elle y voit une chance de faire le deuil de son propre mari, récemment décédé. Tous trois ont une chose en commun : ils s'attendaient à être seuls.
    De l'autre côté du fjord, la police fait appel à Freyr, un psychiatre brisé par la disparition mystérieuse de son fils, trois ans auparavant, pour éclaircir les circonstances troubles du suicide d'une vieille femme. Il ne s'attendait pas à ce que cette enquête le ramène à son drame personnel.


    Auteur : Yrsa Sigurdardottir

     

    Edition : Points

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 03 octobre 2013

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Je vous le dis tout net, je suis une flipette. Je classe greemlins dans les films d’horreur, fais de la spéléologie sous ma couette à la première note de musique un tant soit peu inquiétante, et suis absolument incapable de regarder la bande annonce de Hostel, Saw ou Beetlejuice jusqu’au bout.
    Donc je veux bien admettre que je ne suis pas d’une fiabilité absolue quand je dis que ce livre est flippant !
    Je me doute que vous croirez sans mal que MOI, j’ai flippé, mais je vous imagine déjà en train de ricaner que le plus effrayant doit être une branche tapant contre une fenêtre une nuit sans lune.
    Et bien QUE NENNI !! Parce que je ne suis pas la seule à avoir flippé (mais je l’admets, peut-être la seule à avoir refusé de lire après 18h) ! Lisez les différentes critiques et vous verrez que c’est un cri quasi-unanime (que voulez-vous, il y a des guerriers partout) : Ce bouquin file les jetons !
    Et pourtant… Il ne se passe rien de très clair. On est loin du tueur à la hache qui découpe allégrement ses victimes dans de grandes éclaboussures de sang.
    Non… rien de tout cela !
    Juste une atmosphère pesante, glaciale, sans la moindre romance ou touche d’humour pour faire redescendre la tension.
    L’histoire alterne entre Freyr, un psychiatre sollicité par la police pour donner son avis sur deux affaires : le saccage d’une école maternelle et le suicide d’une sexagénaire, et Gardar, Katrin et Liff, partis sur une ile désertée pour retaper une maison qu’ils comptent reconvertir en maison d’hôtes.
    A priori, les différentes situations n’ont absolument rien à voir les unes avec les autres.
    Et pourtant… au fil de la lecture, des liens subtils apparaissent.
    L’auteur réussi ainsi à réunir, dans un certain sens, tout un tas de personnages dont l’existence semblaient pour certains anecdotiques.
    Et bien non, le plus petit des personnages a un rôle à jouer, aussi ténu soit-il, dans l’élaboration du dessin complexe qui se dessine sous nos yeux.
    Aucun des personnages n’est vraiment sympathique, certains sont même franchement antipathiques, mais cela n’empêche pas d’accrocher à l’histoire (ce qui n’est pas évident à obtenir pour un auteur en l’absence de personnages ralliant les lecteurs à sa cause).
    L’enquête policière est complexe et tout ne tombe pas tout cuit dans le bec des flics. J’ai beaucoup aimé suivre les recherches et interrogations qui la jalonnent.
    Mais ce qui fait le plus peur, c’est l’atmosphère présente sur l’île, une atmosphère glaçante, oppressante et surnaturelle.
    Il y a une présence dans ce village abandonné dont on ne sait pas vraiment si elle est humaine, surnaturelle ou encore produite par l’imagination des 3 occupants, seuls, isolés, en un lieu prétendument maudit.
    Au final, les passages consacrés à Freyr, bien loin de faire baisser la tension ressentie lors des huis-clos de l’île, ne font que renforcer celle-ci.
    Il n’y a pas à dire, les auteurs nordiques ont vraiment le chic pour les thrillers et celui-ci ne fait pas exception : Il est prenant, flippant, addictif…
    bref, je n’ai qu’une chose à dire : Lisez !
    Et flippez ! (Et ce sera bien fait si vous avez ricané !)

     

    Un extrait : Les vagues faisaient tanguer l’embarcation dans un incessant va-et-vient. La proue se soulevait doucement au rythme des secousses plus brusques qui malmenaient la coque, violemment projetée de gauche à droite. Le capitaine se débattit pour amarrer le petit bateau à un fin poteau métallique, mais le ponton flottant, tout érodé, ne cessait de se dérober, comme s’il s’agissait d’un jeu de cache-cache. Il répéta patiemment les mêmes mouvements, encore et encore – il lançait le cordage effiloché en direction du poteau, et chaque fois la corde manquait sa cible, comme repoussée. La mer semblait se jouer d’eux, pour leur rappeler qui commandait. L’homme réussit finalement à arrimer son embarcation, mais il n’aurait su dire si c’était parce que les vagues s’étaient lassées de le provoquer, ou bien si sa patience et son expérience de capitaine avaient eu raison des caprices des éléments. L’air grave, il se tourna vers les trois passagers et annonça :

    « Vous pouvez y aller. Mais attention en descendant. » Puis, d’un mouvement du menton, il désigna les cartons, les sacs et les autres affaires qu’ils avaient emportés. « Je vais vous aider à débarquer tout ça, ajouta-t-il, mais malheureusement je ne peux pas vous accompagner jusqu’à la maison. » Il contempla le large en plissant les paupières. « On dirait que je ferais bien de rentrer aussi vite que possible. Vous aurez le temps de faire le tri quand je serai reparti. Il doit y avoir une brouette qui traîne quelque part.

    — Pas de problème. »

    Garðar adressa un vague sourire à l’homme, sans pour autant se mettre à décharger. Il expira bruyamment en bougeant nerveusement les pieds, puis dirigea son regard vers l’intérieur des terres, où plusieurs maisons se détachaient le long de la plage. Un peu plus loin, des toits scintillaient. On n’était qu’au début de l’après-midi, pourtant la pâle lumière hivernale déclinait déjà. Bientôt, il ferait complètement noir.

     

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  • [Livre] La disparue de la cabine n°10

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    Résumé : Être témoin d'un meurtre ? Angoissant. Que personne ne vous croie ? Terrifiant.

    Une semaine à bord d'un yacht luxueux, à sillonner les eaux de Grand Nord avec seulement une poignée de passagers. Pour Laura Blacklock, journaliste pour un magazine de voyage, difficile de rêver d'une meilleure occasion de s'éloigner au plus vite de la capitale anglaise. D'ailleurs, le départ tient toutes ses promesses : le ciel est clair, la mer est calme et les invités très sélects de l'Aurora rivalisent de jovialité. Le champagne coule à flot, les conversations ne manquent pas de piquant et la cabine est un véritable paradis sur l'eau.

    Mais dès le premier soir, le vent tourne. Laura, réveillée en pleine nuit, voit la passagère de la cabine adjacente être passée par-dessus bord.

    Le problème ? Aucun voyageur, aucun membre de l'équipage ne manque à l'appel. L'Aurora poursuit sa route comme si de rien n'était.

    Le drame ? Laura sait qu'elle ne s'est pas trompée. Ce qui fait d'elle l'unique témoin d'un meurtre, dont l'auteur se trouve toujours à bord...


    Auteur : Ruth Ware

     

    Edition : Fleuve noir

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 11 Janvier 2018

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : On fait la connaissance de Lo (Laura) alors qu’elle se réveille en pleine nuit au beau milieu du cambriolage de son deux pièces.
    Traumatisée – on le serait à moins – elle se dispute avec son petit ami avant d’embarquer pour une croisière de luxe sur laquelle elle doit écrire un article pour le magazine spécialisé dans les voyages qui l’emploie.
    ces premières scènes peuvent paraître sans intérêt, mais elles ont leur importance.

    Dès son arrivée sur le bateau (Dans les premières pages), on peut constater que Lo lève le coude plus que de raison. Dès qu’une contrariété se présente, elle se sert un verre. Alors qu’elle n’arrête pas de dire qu’elle veut grimper les échelons dans son magazine, elle traite son travail par-dessus la jambe, ne prenant même pas la peine de lire le dossier de presse. Bref, la première impression que j’ai eu de Lo a été celle d’une jeune femme peu fiable, peu digne de la confiance que lui témoigne le magazine.

    L’auteur prend le temps de mettre en place le décor et les différents personnages avant d’entrer dans le vif du sujet.

    Quand Lo croit avoir assisté à un meurtre, sa crédibilité est vite mise à mal. Elle est clairement traumatisée par le cambriolage dont elle a été victime, sursaute au moindre bruit, a tendance à tirer des conclusion hâtive… On sait déjà qu’elle boit trop…
    On ne peut que douter de son témoignage.

    Pourtant, je n’ai jamais douté d’elle. Par contre, savoir qui, sur le bateau, a une responsabilité dans l’histoire, ça, c’était une autre paire de manches.

    Les suspects sont pourtant limités : Le personnel du bateau, et les passagers. Le bateau ne comportant que 10 cabines, dont celle de Lo et la N°10 supposée être vide. Il reste donc 8 cabines dont deux seulement sont occupées par un couple.

    On se trouve dans un huis-clos, d’autant plus angoissant qu’au milieu de la mer du nord, il n’y a aucun endroit où fuir.

    J’avais plusieurs suspects possibles, plusieurs personnes n’étant pas des plus claires et ayant, à mon sens un comportement étrange.

    Intercalés entre les chapitres, on peut voir des échanges inquiétant entre les personnes restés à terre, ainsi que des articles de journaux.
    Pour moi, ces passages sont la preuve que Lo n’a rien inventé. En revanche, ça ne nous aide pas à trouver le fin mot de l’histoire.

    J’ai quand même fini par comprendre ce qui se tramait, mais pratiquement au moment où c’était révélé !

    Cela dit, on a le fin mot de l’histoire, concernant ce qui s’est passé dans la cabine n°10 bien avant la fin, car ces révélations ne sonnent pas la fin des investigations de Lo, car, comme je le disais au début de cette chronique : au milieu de la mer, il n’y a pas d’échappatoire !

    Et alors croyez-moi, à partir de là, je n’avais plus rien prévu du tout et je ne m’attendais pas du tout à la fin !

    C’était mon premier roman de cet auteur, et je sens que ce ne sera pas le seul !

     

    Un extrait : Dans mon rêve, la fille dérivait, bien au-dessous des vagues et du cri des mouettes, dans les profondeurs froides et ténébreuses de la mer du Nord. Ses yeux rieurs étaient blancs et gorgés d’eau salée, sa peau pâle était ridée, ses vêtements réduits à l’état de haillons par des rochers coupants.

    Seuls restaient ses longs cheveux noirs qui flottaient dans l’eau comme des algues, s’emmêlaient dans les coquillages et les filets de pêche, pour s’échouer finalement tels des écheveaux de corde effilochée, tandis que le mugissement des vagues qui s’écrasaient sur la rive résonnait dans mes oreilles, assourdissant.

    Je me suis réveillée, pleine d’effroi. Il m’a fallu un petit moment pour me rappeler où je me trouvais, et plus longtemps encore pour réaliser que le grondement que j’entendais n’était pas le fruit de mon imagination.

    La pièce était plongée dans la pénombre, et l’humidité y suintait comme dans mon rêve. En me redressant, j’ai senti un courant d’air frais contre ma joue. Le bruit semblait venir de la douche.

    Je suis descendue du lit en frissonnant légèrement. La salle de bains était fermée, mais en m’approchant j’ai entendu le grondement enfler, tandis que mon cœur s’emballait. Prenant mon courage à deux mains, j’ai ouvert brusquement la porte. Le bruit de l’eau emplissait l’espace confiné. J’ai cherché l’interrupteur à tâtons. La lumière a inondé la pièce – et c’est là que je l’ai vu.

    En travers du miroir couvert de buée, en lettres d’une vingtaine de centimètres de haut, on avait écrit les mots : « ARRÊTE DE FOUINER ».

     

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  • [Livre] Ne la réveillez pas

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    Résumé : Maxime, jeune étudiant de 25 ans, se rend sur la tombe de sa mère. C’est lui qui, il y a un an, l’a retrouvée, égorgée. Un meurtre horrible, resté irrésolu, dont il ne réussit pas à se remettre. Cauchemars et flashbacks le hantent quotidiennement. Christelle, une amie venue le soutenir, remarque sur le côté de la plaque commémorative une étrange inscription : 00F14 - DEBUT DU JEU.
    Le même jour, un étudiant est retrouvé mort. Gravé sur sa cheville, un autre code : 02F01. Puis, c’est l’une des policières chargées de l’enquête qui reçoit glissé dans son courrier ce message : « 02F01 : Le deux cherche les uns à travers l’origine. Affaibli. Disparu. Mort ?  Le jeu a commencé, que le meilleur gagne, Joy ! »
    Qui se cache derrière ce jeu ? Quelles en sont les règles ? Et surtout, qui en réchappera ?


    Auteur : Angélina Delcroix

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 01 octobre 2017

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Avec « Ne la réveillez pas », Angelina Delcroix signe un thriller qu’on a du mal à lâcher.
    Le jeu est mené par un meurtrier psychopathe aux méthodes aussi sadiques qu’effrayantes doté d’une motivation sans faille.
    Les enquêteurs, des gendarmes, sont entraînés dans une spirale sanglante qui ne leur laisse pas le temps d’analyser et d’anticiper les actions de celui qu’ils poursuivent ce qui rend l’enquête d’autant plus difficile.
    Chaque personnage est approfondi de manière à ce que l’on s’attache (ou non) à eux et les liens qui se dessinent entre eux au fil du texte semblent évidents une fois posés noir sur blanc tant chaque indice menait vers ces conclusions, qu’elles soient personnelles ou liées à l’enquête.
    Cette enquête d’ailleurs, est un vrai casse tête et j’ai été à deux doigts de me faire mon propre tableau pour essayer de démêler tout ça.
    Si j’avais compris ce qui animait N°10 et que je me suis doutée assez vite de l’identité du coupable, j’étais par contre complètement à côté de la plaque pour tout le reste : ses motivations notamment.
    Si on suit la plupart du temps le point de vue de Joy, plusieurs chapitre sont du point de vue des victimes, voire du tueur, ce qui nous permet d’avoir toujours un pas d’avance sur les enquêteurs, mais bien évidement, ça ne m’a pas servi à grand-chose, je dois bien l’avouer.
    Il n’y a quasiment pas de longueur, même dans les parties faites pour faire avancer les relations personnelles entre les personnages et donc, hors enquête.
    Côté personnages, j’ai bien aimé Joy, même si elle a tendance à encaisser longtemps avant de finir par exploser plutôt que de percer les abcès rapidement. Son patron, Olivier Barrère, est certes compétent, mais il faut vraiment qu’il fasse un stage de gestion de la colère. Il ne peut pas continuer à sauter à la gorge de tout le monde dès que les choses ne se passent pas comme il veut et surtout, il faut qu’il arrête de ne jamais reconnaître ses responsabilités dans le déroulé des enquêtes. Némo est sans nul doute celui que j’ai préféré, avec la légiste qui parsème son discours d’expressions espagnoles dès qu’elle s’enflamme. Enfin, si au début, Florac m’énervait profondément, j’ai aimé le voir évoluer comme il le fait au cours de cette enquête.
    Un petit bémol, pourtant, même maintenant que j’ai fini le livre, je ne comprends toujours pas le titre. Ne LA réveillez pas… qui est ce LA ? La colère ? La vengeance ? Un personnage ? Je ne trouve pas de lien clair.
    Mais à part ce souci de titre, j’ai vraiment beaucoup aimé ma lecture que j’ai été quasiment incapable de lâcher avant d’en connaître la fin et surtout toutes les réponses à mes questions.
    J’ai d’ailleurs déjà commandé le prochain livre d’Angelina Delcroix, qui va mettre une fois de plus l’adjudant Joy Morel en scène avec une enquête qui semble aussi difficile que celle là, plus peut être car la jeune femme va être dans une « situation intéressante » comme on dit.

     

    Un extrait : Joy courait depuis une demi-heure. Elle savourait ce début de week-end et l’idée qu’elle se faisait de la suite. Direction la Bretagne, chez ses parents, qu’elle n’avait pas vus depuis Noël. Elle avait aussi prévu de passer du temps avec ses amis. Restos, boîtes et fous rires: le cocktail idéal pour décompresser et laisser au fond d’un tiroir les tensions du boulot. Elle accéléra ses foulées en pensant à tout ça, pressée de boucler sa valise et de sauter dans sa voiture. La musique entraînante crachée par ses écouteurs se mua en un bref silence, et Joy grimaça quand la sonnerie de son téléphone prit le relais. Elle stoppa net sa course et amplifia sa moue en voyant le nom inscrit sur l’écran.

    - Oui, lieutenant, répondit-elle, essoufflée, en posant les mains sur ses genoux.

    - Mauvaise nouvelle, Joy !

    Elle eut ce désagréable sentiment d’un château de cartes qui s’écroule. Dans son esprit, le film de son week-end était en train de se rembobiner.

    - Je ne m’en serais pas doutée ! Vas-y, je t’écoute, lâcha-t-elle sans parvenir à cacher sa déception.

    - Un corps a été retrouvé dans la forêt des Vallières. Homicide, apparemment. Je te veux avec moi sur cette affaire, Joy.

    - OK, je te retrouve sur place. Ça tombe bien, tu commençais déjà à me manquer!

    L’ironie de Joy arracha un sourire au lieutenant Olivier Barrère quand il raccrocha. Cette adjudante de trente-six ans travaillait depuis cinq ans à ses côtés, à la brigade de recherches de Meaux. Ses connaissances en psychologie, sa finesse d’analyse et sa ténacité faisaient d’elle l’un des meilleurs éléments de son équipe. C’était pour cette raison qu’il l’avait appelée sur cette affaire.

     

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  • [Livre] Une journée exceptionnelle

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    Résumé : Paul Strom a une vie parfaite. Et il est lui-même un mari parfait. C'est pour cette raison qu'il planifie un week-end romantique pour sa femme, Mia, dans leur maison de campagne, juste tous les deux. Et il promet que cette journée sera exceptionnelle. Mais alors qu'ils sont en voiture, en train de rallier leur lieu de villégiature, la tension commence à monter et minute après minute, le doute s'installe. Leur mariage est-il aussi parfait que Paul le dit ? Se font-ils réellement entièrement confiance ? Paul est-il vraiment la personne qu'il semble être ? Et quels sont ses projets pour ce week-end ? Une journée exceptionnelle nous force à nous demander à quel point nous connaissons ou non nos proches... Méfiez-vous des mariages trop parfaits...


    Auteur : Kaira Rouda

     

    Edition : Charleston Noir

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 10 Avril 2018

     

    Prix moyen : 22,50€

     

    Mon avis : Une journée exceptionnelle est un récit à la première personne. L’originalité tient dans la nature du narrateur.
    Paul Strom se décrit lui-même comme le mari parfait.
    Il a organisé un week-end en amoureux avec sa femme dans leur maison de vacances au bord du lac Erié. Il tient à ce que tout soit absolument parfait. Parfait comme ses deux enfants, parfait comme sa femme, comme lui-même, en un mot comme en cent, parfait comme son mariage.
    Mais comme l’histoire est écrite à la première personne, on se trouve donc dans la tête de Paul qui partage ses sentiments et ses pensées avec nous, comme s’il était conscient de notre présence.
    Seulement, dès les toutes premières lignes, on peut constater que Paul n’est pas si parfait que cela. Déjà, il est d’une arrogance incroyable. Par exemple, il explique qu’il pourrait se montrer serviable avec sa femme mais qu’il ne tient pas à ce qu’elle s’y habitue, il explique de manière très claire à quel point sans lui sa boîte est vouée à couler car il est le meilleur élément, le seul à savoir y faire, meilleur encore, bien sûr que les fondateurs. Il explique d’ailleurs sans honte qu’il trouve normal d’écraser tous ceux qui pourraient se poser en obstacle entre lui et son objectif, qu’il soit professionnel ou personnel.
    Paul apparaît comme un mégalomane qui se croit au-dessus des hommes et des lois. Plusieurs fois, je me suis demandé s’il n’était pas psychopathe ou sociopathe, je ne me rappelle jamais la différence entre les deux.
    En tout cas, il n’inspire aucune sympathie, bien au contraire, je n’ai jamais détesté autant un personnage. Jamais je n’ai autant espéré voir quelqu’un tomber de son piédestal, de préférence en se faisant très, très, mal (Et de se faire rouler dessus par un 30 tonnes pour faire bonne mesure… plusieurs fois…).
    Je l’aurais trouvé ridicules si ces actes n’étaient pas si effrayants.
    On cerne donc assez rapidement le caractère de Paul, mais ce n’est pas pour autant qu’on anticipe toutes ses actions. J’ai passé autant de temps à me dire : « pff, tu vas voir que ce cinglé va faire ça… » qu’à m’exclamer : « Non, mais pour de bon, mais il est malade !!! ».
    L’autre inconnue, dans cette histoire, c’est sa femme, Mia.
    Selon la description qu’en fait Paul, Mia serait en adoration devant son mari. Femme au foyer, privée d’un troisième enfant sur décision du « maître », elle ne se plains pas, ne demande rien, est docile, avenante, conciliante…
    Mais on va très vite se rendre compte que Mia n’est pas aussi prévisible que Paul le prétend et on passe la quasi-totalité du roman à se demander ce qu’elle sait de la situation et de son mari.
    Au fur et à mesure que Paul nous dévoile ses pensées et ses intentions, on peut voir la tension monter entre les époux. Pourtant, les trois quart du roman se passent sans violence, avec le sourire, dans une discussion à bâtons rompus. Tout passe vraiment au travers de cette tension psychologique dont on ne connait pas vraiment la source.
    Ce roman ne fait pas peur, il est dérangeant. Et très difficile à lâcher.
    Les droits du roman ont été achetés pour le grand écran.
    Je suis vraiment très curieuse de voir ce que cela va donner et si le rendu à l’écran sera aussi prenant qu’à l’écrit.

     

    Un extrait : Je regarde ma femme s’installer sur le siège passager. Le soleil se reflète dans sa chevelure d’un blond clair et elle lance des étincelles, comme ces cierges magiques qu’on allume pendant les célébrations du quatre juillet. Je suis confiant. Les choses se passent exactement comme prévu.
    Nous sommes ensemble, juste tous les deux, prêts à partir passer le week-end dans notre maison, au bord du lac. Cette journée symbolise tout ce pour quoi j’ai travaillé, tout ce que nous avons bâti. Côté conducteur, où je suis assis, le soleil transperce la vitre avec une telle intensité que je ressens le besoin de porter la main à ma tempe. Les verres sombres de mes lunettes devraient pourtant suffire à protéger mes yeux. Ils l’auraient fait dans d’autres circonstances, j’en suis sûr. Un autre jour. Aujourd’hui, quelque chose a changé entre ma femme et moi. Une étrange tension pulse dans l’air stagnant de l’habitacle. Elle n’est pas visible mais je sens bien qu’elle est là. J’aimerais pouvoir lui donner un nom, trouver sa source. L’éliminer.
    La matinée a été stressante, c’est certain. On est vendredi et, quand on a des enfants, le dernier jour de la semaine semble voué à la frénésie. Réveiller les garçons, faire en sorte qu’ils s’habillent et enfin les déposer dans leur école élémentaire, une bâtisse de brique rouge entourée de pelouses impeccables, qui affiche des résultats exemplaires et où ils excelleront sans aucun doute, l’un en CP, l’autre en CE2. Pour dire la vérité, mon rôle dans l’emploi du temps que je viens de décrire est assez limité. Le matin, c’est à Mia, ma femme, qu’incombent toutes les tâches liées aux garçons. De ce point de vue, nous sommes un foyer de banlieue des plus traditionnels. Quand je me réveille, je prépare du café, je prends ma douche, je m’habille et je pars au bureau avant le lever des enfants. Je dois bien avouer que, la plupart du temps, mes préoccupations sont assez égoïstes, voire égocentriques.
    Voilà pourquoi cette journée est si particulière. Ce matin, c’est moi qui ai accompagné les garçons à l’école, qui leur ai expliqué qu’au lieu de leur maman, ce serait la baby-sitter qui viendrait les chercher à la sortie des classes. Une fois rentré à la maison, j'ai rangé nos couverts sales dans le lave-vaisselle. Je peux être serviable, quand je le veux, mais je préfère éviter car Mia risquerait de s’y habituer. Une fois la table du petit déjeuner débarrassée, j’ai appelé Mia, à l’étage, pour qu’elle se dépêche. Cela fait plus d’un an que nous n’avons pas passé de week-end tous les deux, en amoureux. Cette journée nous appartenait toute entière et il était temps de se mettre en route.

     

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  • [Livre] Au-dessus de tout soupçon

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    Résumé : Et si un jour toute votre vie disparaissait ? Plus un meuble. Aucune trace de ses filles. Pas le moindre message de son mari. C'est la vision cauchemardesque qui attend Claire à son retour de voyage. Où est sa famille ? Il y a 35 ans, un soir d'Halloween, quatre petits garçons jouent avec le feu. Une famille est décimée, les coupables jamais arrêtés. Et quelqu'un a décidé de déterrer le passé... Une famille en danger, des secrets et quelques cadavres...


    Auteur : Declan Hughes

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 13 Juillet 2017

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire. Je trouvais que les choses traînaient en longueur, qu’on tournait un peu en rond. J’avais l’impression de ne pas décolle du quart du livre. Et d’un coup, tout s’est débloqué et j’ai terminé les ¾ restants en autant de temps qu’il m’avait fallu pour lire le 1er quart.
    C’est vraiment à partir du moment où claire rentre et trouve la maison vide que j’ai plongée dans l’histoire. Je trouve juste dommage qu’il ait fallu tant de blabla pour atteindre l’intrigue principale de l’histoire.
    Si l’intrigue est bien menée, chaque détail ayant son importance et les fausses pistes, toutes plus crédibles les unes que les autres, nous entraînant joyeusement à leur suite, j’ai trouvé que les personnages ne suscitaient guère d’empathie.
    L’histoire oscille entre différents points de vue, essentiellement ceux de Danny et Claire mais aussi de bon nombre de personnages secondaires. L’avantage, c’est qu’on en sait toujours un peu plus que chacun des personnages puisqu’on a l’ensemble des informations détenus par les protagonistes. L’inconvénient, c’est que comme le récit est à la troisième personne, on se perd un peu entre les différentes voix, justement parce qu’elles n’ont, a priori, rien de différents.
    Tout le long, on se dit que les réactions des uns et des autres ne sont absolument pas crédibles.
    Et puis, finalement, c’est tellement gros, tout prend une telle ampleur, que je n’avais qu’une envie : savoir comment l’auteur allait terminer tout cela.
    Et je n’ai pas été déçue.
    Certes, j’avais découvert la vérité avant la révélation mais malgré ça, il y a plein de détails que je n’avais pas vu venir.
    Au final, malgré un début laborieux, j’ai bien aimé ce roman.

     

    Un extrait : Danny Brogan, à l’âge de onze ans, fut à l’origine de l’incendie qui décima la famille de sa future femme. Le geste avait-il été accidentel ou intentionnel ? Danny ne pouvait le dire avec certitude, c’est du moins ce dont il s’était persuadé. Quoi qu’il en soit, il n’était pas étonnant qu’il en ait gardé des séquelles : une terreur morbide du feu qui, de toute sa vie, ne le quitta plus. La peur est le meilleur ami de l’homme, dit le dicton, et Danny portait en lui celle des flammes, mais aussi celle des amis qui l’accompagnaient cette nuit-là, au point qu’il avait parfois l’impression que ce double fardeau risquait d’avoir raison de lui.

    Personne ne savait réellement ce qu’il avait fait, à l’exception de ses amis Dave, Gene et Ralph, et même eux divergeaient quant aux détails. S’ils avaient tous juré de se taire, la crainte qu’ils parlent demeurait. Pas au début, dans les jours qui avaient suivi, alors que la ville tout entière était sous le choc, que se succédaient les services religieux, les processions endeuillées, l’enterrement des victimes, les minuscules cercueils blancs. Pas dans les semaines ni les mois suivants non plus, alors que l’unique enfant rescapé se retrouvait d’abord confié à une famille d’accueil, puis adopté par une autre à des kilomètres de là, que la maison ravagée par les flammes était démolie puis reconstruite, de sorte que personne n’aurait pu deviner qu’un sinistre s’était un jour produit à cet endroit. Pas même dans les années d’après, tandis que le collège laissait place au lycée, avec son tourbillon de compétitions sportives, d’études, d’hormones, en rivalité permanente pour savoir ce qui de l’intelligence, des émotions ou du muscle l’emporterait. Personne n’a jamais rien lâché. C’était comme s’il ne s’était rien passé, comme si leur enfance même n’avait pas eu lieu, comme si la mémoire n’était plus nécessaire. L’avenir était tout ce qui comptait : le prochain examen, le prochain match, la prochaine jolie fille. Quelle importance, ce qui avait pu arriver lorsqu’ils étaient petits ?

    Ce ne fut que plus tard, quand ils se retrouvèrent eux-mêmes parents, que les choses changèrent. Devenir père, c’est aussi revivre sa propre enfance, comprenait peu à peu Danny.

     

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  • [Livre] Le ferry

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    Résumé : Ce soir, mille deux cents passagers se réjouissent de faire la traversée maritime entre la Suède et la Finlande, à bord du ferry luxueux qui les emporte sur la mer Baltique. L’espace de vingt-quatre heures, ils abandonnent derrière eux leur vie quotidienne et se laissent aller à être quelqu’un d’autre. Mais le mal rôde à bord. Et au cœur de la nuit, au milieu de la Baltique, il n’y a pas d’échappatoire possible. Surtout quand tout contact avec la terre ferme est mystérieusement coupé…Si face à l’adversité certains se comportent en héros, cette nuit fatidique fait parfois surgir le pire chez d’autres – et à mesure que les disparitions inexplicables s’enchaînent, il devient vital que le ferry n’arrive jamais à destination…
    Bienvenue à bord du Baltic Charisma.


    Auteur : Mats Strandberg

     

    Edition : Bragelonne

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 17 Mai 2017

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Le ferry est un huis-clos présentant les points de vue de multiples personnages, ce qui fait que le lecteur en sait toujours juste un peu plus que les protagonistes. C’est parfois très frustrant de les voir faire quelque chose en espérant se sortir de la galère dans laquelle ils sont et de savoir qu’ils vont se jeter directement dans la gueule du loup.
    Très vite, j’ai aussi constaté que c’était une très mauvaise idée de s’attacher aux personnages, parce que personne n’est à l’abri. Le nombre de morts est hallucinant et l’auteur ne lamine pas seulement la masse anonyme mais aussi les personnages dont on suit/suivait le point de vue. Pire que dans Game of thrones… Si si, c’est possible !
    L’histoire est très dense, il se passe beaucoup de choses. Pour autant l’action a lieu dans un délai très court (quelques heures, la traversée durant 24h) et si on a cette impression de longueur de l’action dans le temps c’est parce que la plupart des actions relatées se déroulent en fait en même temps.
    L’auteur prend bien le temps de mettre en place le théâtre des événements, de nous présenter les personnages, voire même de nous laisser nous attacher à certains (C’était pas fairplay ça !). La tension monte petit à petit parce qu’on sait qu’il va se passer quelque chose et qu’on essaie de deviner quoi. Jusqu’à ce que ça arrive. Et là, tout s’enchaîne très vite, il n’y a aucun ralentissement dans l’histoire. Tout comme les personnages qui essaient de sauver leurs vies, on n’a pas le temps de s’arrêter pour respirer, pour réfléchir. On est happé par l’action sans rien pouvoir y faire.
    Certaines personnes, une en particulier, m’a vraiment impressionnée. Malgré les circonstances (même si je ne peux pas en dire plus sans spoiler), elle réussit à rester elle-même et à continuer à tenter de sauver des vies.
    D’autres, en revanche, révèle leur lâcheté pour certain, carrément leur psychopathie pour d’autres.
    Régulièrement, on peut lire un point de vue omniscient : celui du bateau, qui, comme un personnage à part entière, voit tout.
    Très honnêtement, j’avais tout imaginé sur ce qui allait se passer sur ce bateau : un psychopathe à bord, une catastrophe naturelle révélant la nature profonde des passagers, des terroristes… Mais je n’avais vraiment pas pensé à ça !
    La multitude de personnage peut faire peur au début, mais on s’y fait très vite, d’autant plus que chaque action des uns se répercute sur les autres. Les récits sont ainsi imbriqués et cela nous permet d’avoir une vraie vision d’ensemble de ce qu’il se passe.
    La fin est effrayante mais franchement, je ne vois pas comment ce roman aurait pu finir autrement. Je m’attendais à l’un de ses éléments, pas à l’autre.
    Après une lecture un peu laborieuse sur le livre précédent, j’ai littéralement dévoré celui-ci.

     

    Un extrait : Le Charisma en a vu de toutes les couleurs. Dans ce no man’s land de la mer Baltique, ce n’est pas uniquement à cause de l’alcool bon marché que les inhibitions disparaissent. C’est comme si le temps et l’espace se modifiaient. Comme si les codes de bienséance et les règles de bonne conduite n’avaient plus cours ici. Quatre vigiles censés surveiller les dérapages se préparent, chacun à sa manière, pour la soirée. Quatre personnes seulement pour gérer le chaos qui peut survenir à tout instant quand mille deux cents passagers, la plupart en état d’ivresse manifeste, s’entassent dans un endroit dont ils ne peuvent s’échapper.

    Tout est réglé comme du papier à musique. Le Baltic Charisma fait la même route, jour après jour, tout au long de l’année. Le navire s’arrête à Åland juste avant minuit. Il débarque à Åbo en Finlande vers 7 heures du matin alors que la plupart des passagers suédois dorment encore. Vingt-trois heures plus tard, le Charisma sera de retour à quai, à Stockholm. Mais aujourd’hui, deux passagers comme il n’en est encore jamais monté à bord sont présents.

    De l’autre côté de la salle des machines, sur le pont des voitures, le personnel donne des instructions en suédois, finnois et anglais. Il guide jusqu’à leurs emplacements respectifs des semi-remorques, des voitures, des camping-cars et deux autobus venant de loin. Là, en bas où le soleil ne pénètre jamais, il fait froid et l’air est saturé d’odeurs de carburant et de gaz d’échappement. Des camionneurs éreintés et des familles en vacances refluent vers les ascenseurs et les escaliers. Bientôt, le pont des voitures sera interdit d’accès aux passagers et ne rouvrira que juste avant l’arrivée à Åland. Les grandes semi-remorques oscillent imperceptiblement dans la pénombre à l’instar de gros animaux endormis, enchaînés au sol métallique. Un garçon blond d’environ cinq ans et une femme brune, fortement maquillée, viennent de quitter leur camping-car. Ils semblent fatigués. Contemplent avec envie l’ascenseur vivement éclairé, mais empruntent l’étroit escalier. Tous deux fixent le sol des yeux, ne regardent pas les autres. Le garçon a remonté la capuche de son sweat et s’agrippe aux bretelles de son sac à dos à l’effigie de Winnie l’Ourson. L’épaisseur du maquillage n’arrive pas à cacher ce qu’il y a d’insolite dans le visage raviné de la femme. Elle sent le lilas et la menthe, mais autre chose aussi, une odeur familière pour certains qui, en passant, lui jettent un coup d’œil furtif. La femme joue avec le médaillon d’or au bout d’une fine chaîne autour de son cou. À part celui-ci et un anneau en or à l’annulaire gauche, elle ne porte pas de bijoux. Sa main droite est enfouie dans la poche de son manteau. Elle regarde le jeune garçon à côté d’elle. Les semelles de ses petites chaussures claquent sur le tapis en plastique. L’escalier est raide pour ses courtes jambes. Son regard est empreint d’amour. De chagrin aussi. Elle a également peur pour lui. Peur de le perdre. Peur qu’il s’approche trop près du point de non-retour, et peur de ce qu’il adviendra s’il le dépasse.

     

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  • [Livre] Après la fin

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    Résumé : Tiphaine et Sylvain vivent ensemble depuis presque 20 ans. Ils ont connu des moments merveilleux et ont surmonté main dans la main des épreuves difficiles. Comme tant d’autres époux… Aujourd’hui leur couple bat de l’aile et élever Milo, leur fils de 15 ans, n’est pas une partie de plaisir. Une situation qui pourrait être très classique… Si Milo n’était pas leur fils adoptif. Si Milo n’était pas le fils de leur ancien voisin David qui s’est suicidé dans sa propre maison. Si Milo n’était pas le meilleur ami de Maxime, leur fils, décédé brutalement à l’âge de 7 ans. Si Milo n’avait pas hérité de la maison de son père dans laquelle vit désormais la nouvelle famille recomposée. Et si une nouvelle voisine n’était pas venue s’installer précisément dans leur ancienne maison, de l’autre côté de la haie, avec un petit garçon de 7 ans…


    Auteur : Barbara Abel

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 09 Avril 2015

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : L’histoire prend place 8 ans après les événements de « derrière la haine ». Tiphaine et Sylvain, tuteurs légaux de Milo, aujourd’hui âgé de 15 ans, se sont installés dans la maison dont a hérité ce dernier, puisque eux-mêmes n’étaient que locataires de la maison voisine. Aujourd’hui, leur ancienne maison va de nouveau être occupée. C’est Nora, jeune quadra récemment séparée de son avocat de mari, qui s’installe avec ses deux enfants, parmi lesquels Nassim, petit garçon de 7 ans, exactement l’âge de l’enfant qu’on perdu Laetitia et Sylvain et qui, par un hasard cruel, va s’installer dans la même chambre.
    Comme souvent dans les romans de Barbara Abel, je n’ai trouvé quasiment aucun personnage attachant. Ines et Nassim sont mignons mais m’ont laissé plutôt indifférente, Tiphaine est horrible à tout point de vue, Sylvain est un faible, le mari ne Nora est un pervers narcissique, Nora, je l’aimais bien jusqu’à une décision qui est juste inadmissible. Milo est finalement celui qui est le plus attachant. Le jeune homme est hostile envers tous, mais on finit par en connaitre la raison et on ne peut qu’avoir de l’empathie pour lui.
    Le livre a été un coup de cœur à la hauteur de celui ressenti pour le premier volet. Il peut éventuellement être lu seul, car l’auteur dispense régulièrement des rappels des précédents évènements, mais honnêtement, ce serait bête de passer à côté du premier livre.
    Le côté malsain de Tiphaine est encore plus développé que dans « derrière la haine », peut-être parce que, suite à ses actes laissés sans conséquences, elle se sent toute puissante est n’a donc plus aucune barrière à sa folie.
    Comme toujours dans les livres de Barbara Abel, on se demande jusqu’où la perversité des personnages peut aller sans qu’aucune conséquence ne vienne les foudroyer en plein vol. Clairement, pour Tiphaine, j’ai eu l’impression d’un monstre mythologique que rien ni personne ne peut arrêter.
    A chaque page, je me disais, là c’est la bonne, elle va commettre une erreur et elle va devoir rendre des comptes. Mais à chaque fois, d’une pirouette, elle semblait réussir à se poser en victime.
    Plus on avance dans le livre, plus la tension devient insoutenable et l’auteur ne nous fait pas l’aumône d’un trait d’humour pour détendre l’atmosphère. On tourne les pages de plus en plus vite, tant pour savoir ce qu’il va se passer, que dans l’espoir de voir cette tension enfin s’apaiser.
    Au final, si cette suite est aussi bien tournée que le premier tome, je l’ai trouvé aussi plus sombre, plus pesante.
    Dans tous les cas, je continue à être une grande fan de Barbara Abel et j’ai déjà un autre de ses livres en ligne de mire !

     

    Un extrait : Un lundi soir comme tant d’autres. Au commissariat central d’une petite ville de banlieue, pas loin de Paris, Didier Parmentier, l’agent de permanence, feuillette son journal. La soirée est calme, à peine une plainte pour tapage nocturne – alors qu’il n’est même pas 22 heures –, une déclaration de perte de portefeuille et un début de bagarre dans un bistrot des environs. Encore une longue nuit qui se profile, avec pour seuls compagnons le crépitement de la centrale radio et les quelques allées et venues des collègues en patrouille… Pas grave, Didier a prévu le coup. Il referme le journal et allume son iPad sur lequel il entame une partie de solitaire. Histoire de se mettre en forme. Ensuite, il passera aux choses sérieuses : Tetris, Max Awesome et Angry Birds Friends. Se connectera sûrement sur Facebook pour voir les news et bavarder en discussion instantanée avec un contact virtuel ou un ami réel.

    La sonnerie du téléphone le fait sursauter. Il détourne aussitôt les yeux de la tablette et s’empare du combiné.

    — Commissariat de police, j’écoute !

    À l’autre bout de la ligne, une voix de femme, ou plutôt un souffle, entre anhélation et chuchotement. Ton oppressé, débit saccadé.

    — S’il vous plaît, venez vite ! J’ai entendu du bruit en bas et…, commence-t-elle à la seconde où Didier achève sa formule d’introduction.

    Elle s’interrompt, le tourment aux aguets, comme à l’écoute d’une menace. La voix paraît réellement paniquée. Un murmure asphyxié par l’angoisse. Un hoquet de terreur. Semble vouloir se faire aussi discrète que possible, craignant d’être repérée. Et derrière le timbre glacé de la frayeur, il y a la respiration : courte, serrée, affolée.

    Didier perçoit l’urgence du besoin, celui d’être entendue d’abord, comprise ensuite, rassurée enfin.

    — Je vous écoute, madame. De quoi s’agit-il ?

    — Il faut venir, maintenant, tout de suite ! Il y a du bruit au rez-de-chaussée, quelqu’un est entré chez moi et… je suis presque certaine que c’est ma voisine…

    — Votre voisine ? Vous avez des problèmes de voisinage ?

    — S’il vous plaît, ne me laissez pas seule ! Elle… Elle est entrée par le jardin, je crois… Par la porte-fenêtre… Elle me déteste ! Elle m’a déjà menacée plusieurs fois… Je pense qu’elle veut se débarrasser de moi !

    — Restez calme, madame, nous arrivons tout de suite. Donnez-moi votre nom et votre adresse.

    La voix énonce ses coordonnées complètes, manquant céder à la panique lorsque Didier lui demande d’épeler son nom de famille. Le policier l’exhorte au calme, tente de la rassurer, lui promet qu’une patrouille sera rapidement sur les lieux.

    — Dépêchez-vous, je vous en supplie ! Et si je ne vous ouvre pas, défoncez la porte ! ajoute-t-elle dans un souffle.

    Didier s’apprête à lui proposer de rester en ligne jusqu’à l’arrivée de ses confrères, quand la communication est brutalement interrompue. Alors, sans perdre un instant, il communique par radio toutes les informations nécessaires pour agir au plus vite.

    — Motif de l’appel ? lui demande son collègue en ligne.

    — Problème de voisinage. Ça a l’air sérieux.

     

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  • [Livre] L'autre soeur

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    Résumé : Quand la sœur aînée de Nico, Sarah, disparaît mystérieusement, sa famille est dévastée. Quatre années ont passé, et chacun a commencé à faire son deuil. Jusqu'au jour où elle réapparaît... Amnésique, mais vivante. Pareille et différente. Au fil des jours et des semaines, Nico en vient à se demander s'il ne s'agit pas d'une imposture. Comment réagir si c'est le cas ?


    Auteur : Cylin Busby

     

    Edition : Milan

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 24 Janvier 2018

     

    Prix moyen : 15€

     

    Mon avis : Même si la façon d’aller du point A au point B est différente, j’ai trouvé que ce roman, sorti en VO en 2016 ressemble étrangement à Perdue et retrouvée de Cat Clarke, sorti l’année précédente. De là à penser que l’un des auteurs s’est allégrement inspiré de l’autre, il n’y a qu’un pas.
    La base de l’histoire est la même et la fin est étrangement similaire, et, même si le traitement du sujet n’est pas tout à fait identique, je n’ai quand même pas pu, tout au long de ma lecture, me débarrasser de cette impression de déjà-vu (ou de déjà-lu, en l’occurrence).
    Peut-être que des lecteurs plus jeunes auront moins cette impression mais pour moi, c’était flagrant.
    L’écriture est agréable et le style sert bien ce thriller écrit du point de vue de la jeune sœur de Sarah, Nico.

    Pour lire le passage suivant caché, vous avez juste à le surligner. Sans révéler la fin, il en dit pas mal sur le déroulé de l’intrigue, donc, ne le lisez pas si vous ne voulez rien savoir, vous êtes prévenus.
    Si vous ne voulez pas lire ce passage, dépassez-le sans le surligner pour lire la fin de la chronique.

    *spoiler*
    La disparue, Sarah, était tout sauf une fille bien : méprisante, calculatrice, méchante, cruelle, elle menait la vie dure aussi bien à ses parents qu’à ses amis. Mais sa cible préférée, celle qu’elle aimait par-dessus tout humilier et bousculer, c’était Nico, sa petite sœur de 4 ans sa cadette.
    Aussi Nico, depuis la disparition de Sarah est partagée entre divers sentiments : la tristesse, surtout devant le désespoir de ses parents, le soulagement de ne plus être une victime de la cruauté de son aînée, et l’angoisse permanente de ne pas être assez parfaite pour ses parents, de leur causer inquiétude et soucis.
    Quand Sarah réapparaît, après 4 ans d’absence, les sentiments de Nico sont encore plus mélangés : Joie, soulagement, mais aussi méfiance et un certain découragement. Jusqu’à ce qu’elle se rende compte que la Sarah qui est revenue n’a pas grand-chose à voir avec la Sarah qui est revenue. La nouvelle Sarah est gentille, attentionnée, complice, à l’écoute… une vraie grande sœur quoi. Certes elle est amnésique et a grandi de quatre ans. De plus on peut imaginer que les épreuves qu’elle a traversé ont dû la faire encore plus mûrir.
    Nico devrait être contente des nouvelles dispositions de sa sœur. Et pourtant le doute s’installe dans un coin de son esprit : est-ce que cette nouvelle sœur est bien Sarah ?
    A partir de cette question fondamentale, l’auteur s’amuse à nous balader dans tous les sens. A chaque fois qu’on a l’impression d’avoir une preuve formelle de l’imposture de la jeune femme, une explication rationnelle est avancée, qui nous ramène au fait qu’il est possible que ce soit bien Sarah. Et inversement, à chaque fois qu’on a un élément qui nous fait dire : Ah oui, c’est Sarah, on a un petit quelque chose qui vient nous coller un doute.
    * fin spoiler *

    Entre les chapitres racontés du point de vue de Nico, s’insère parfois des chapitres du point de vue de Sarah, qui nous relatent ce que la jeune fille a pu subir. Ce n’est que vers la fin que ces chapitres nous révéleront la vérité.

    A partir du moment où la vérité est révélée, le reste est assez prévisible mais j’ai quand même eu quelques surprises de la part de Nico.
    L’auteur a vraiment bien traité les conséquences de la disparition d’un enfant sur son entourage, de même que les conséquences de son retour. Elle décrit avec beaucoup de justesse les sentiments mélangés de Nico vis-à-vis de sa sœur.
    J’ai aussi beaucoup aimé son approche de la réaction de la famille face à l’amnésie de Sarah. Avec d’un côté les médecins qui disent qu’il ne faut pas la forcer, que si le cerveau a provoqué cette amnésie c’est qu’il y a une raison et qu’il faut laisser le temps aux souvenirs de remonter à la surface ou pas, et d’un autre côté l’entourage qui ne supporte pas de rester dans l’ignorance et la police qui voudrait clore son enquête. J’imagine à quel point ça doit être difficile pour des parents de ne pas insister pour voir les souvenirs remonter, surtout quand l’amnésie ne touche pas uniquement les années du drame mais tout le passé. Le désir de retrouver la vie d’avant se voit dans les réactions de la mère de Sarah face à ses amis, elle aimerait que leur relation reprenne exactement là où elle s’est arrêtée sans tenir compte du fait qu’ils ont tous grandis et que les amis de Sarah ont continué leur vie sans elle.
    L’auteur s’est inspiré d’un fait réel pour écrire ce roman, mais je vous conseille de le lire avant de chercher à savoir lequel et de lire quoi que ce soit dessus (Parce que sinon, vous aurez la réponse à la plus grande question du roman !).

     

    Un extrait : Ma sœur était morte, je le savais. Je le sentais dans mon corps, jusque dans mes os. Après tout, c’étaient aussi un peu les siens. Nous avions les mêmes parents, le même ADN, ces gènes qui façonnent notre identité. Je lui ressemblais physiquement, comme une jumelle plus jeune de quelques années. Avec nos longs cheveux blonds et nos yeux noisette, nous étions toutes les deux le portrait craché de Maman à l’époque du lycée. Quand je me regardais dans le miroir, je voyais non seulement mon propre reflet mais aussi le sien : son visage sur les avis de recherche placardés dans tout Mapleview quatre ans plus tôt, ainsi qu’aux informations télévisées et dans les journaux nationaux. Maintenant que je ne portais plus d’appareil dentaire, je pouvais même sourire comme elle sur notre dernière photo de famille. C’était le sourire d’une fille capitaine des pom-pom girls, qui sortait avec un garçon plus âgé et avait des secrets. Je voulais vraiment croire que Sarah était encore en vie, m’accrocher à cet espoir comme Maman. Alors j’essayais d’imaginer son retour à la maison d’un jour à l’autre. Mais la nuit, je perdais tout espoir. Dans mes cauchemars, je voyais les horreurs infligées aux filles comme Sarah. Quand je me réveillais, avec ces terribles images encore à l’esprit et mon cœur qui battait la chamade, je restais couchée dans mon lit à regarder la lumière des phares des quelques voitures passer sur le plafond et les murs de ma chambre. Je songeais aux passagers de ces voitures. D’où venaient-ils et où allaient-ils, si tard dans la nuit ? À quoi ressemblait leur vie, sans l’immense vide laissé par la disparition d’un membre de leur famille ? Je tentais de me représenter ma sœur aujourd’hui : plus âgée, les cheveux plus longs ou plus courts, aussi bronzée que la dernière fois où je l’avais vue. À mesure que les jours s’écoulaient, le poids de son absence se faisait de plus en plus lourd. Les semaines devinrent des mois, puis des années. Je connaissais la vérité, mais ne pourrais jamais la révéler à personne. Je savais que la chambre sombre à côté de la mienne resterait vide, porte close, car cette fois Sarah ne reviendrait pas.

     

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  • [Livre] Prise au piège

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    Résumé : Qui est cette femme dont le corps a été retrouvé dans un casier à crabes au fond des eaux froides du Puget Sound ? Pour retrouver son tueur, Tracy Crosswhite doit découvrir l’identité de la victime, malgré les efforts de cette dernière pour la garder secrète. Que cherchait-elle à fuir ? Plus Tracy Crosswhite plonge dans le passé de la victime, plus les indices se révèlent contradictoires et mènent à de fausses pistes. Avec l'équipe de l'Unité des crimes violents de la police de Seattle, elle se retrouve confrontée à une affaire sombre et complexe, faite de trahison et de cupidité, qui la renvoie au souvenir douloureux du meurtre de sa propre sœur. Hantée par ce drame, Tracy est prête à tout pour affronter le meurtrier, quitte à mettre sa vie en jeu


    Auteur : Robert Dugoni

     

    Edition : Amazon Crossing

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 13 mars 2018

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : Comme dans les précédents livres de Robert Dugoni, l’histoire se déroule en alternance entre présent et passé bien que cette dernière partie finisse par rejoindre le récit au présent. Contrairement aux autres tomes, ici les passages dans le passé ne sont pas des récits à la 3ème personne mais le point de vue à la première personne d’un des protagonistes, qui commence bien avant le début de l’enquête.
    On pourrait se dire que, grâce à ce presque journal intime, on aurait une longueur d’avance sur Tracy et son équipe, mais en fait, non. Enfin, on sait que certains points sont exacts ou non avant eux, mais au final, ça ne nous donne aucun avantage dans cette enquête qui nous balade de fausse piste en fausse piste.
    Côté enquêteurs, j’ai été contente d’en apprendre un peu plus sur l’équipe (oui, même sur Nolasco). L’évolution du couple que forment Dan et Tracy est sans surprise, mais comme c’est quand même ce qu’on a envie de voir, ce n’est pas grave. Et puis des surprises, il y en a bien assez du côté de l’enquête !
    Entre les guerres de juridiction et les multiples fausses pistes, l’enquête est plus complexe que celles des précédents livres.
    Les chapitres sont relativement courts mais se terminent toujours sur un élément qui ne donne qu’une envie : entamer le suivant. Le résultat est que le livre est difficile à lâcher et que son rythme ne s’essouffle jamais.
    Pour une fois, Tracy est moins sur la sellette que d’habitude dans son travail. Elle ne rentre pas vraiment dans le rang, mais elle semble avoir appris à présenter les choses de manière diplomate plutôt que de foncer dans le tas. Et si Nolasco ne la soutien pas plus que d’habitude, il ne cherche pas à toute force à la faire virer pour une fois (peut être que lui aussi a appris à surveiller son attitude !).
    Les lieux sont décrits à la perfection, nous donnant l’impression de découvrir en vrai le lac, le phare, les restaurants… sans pour autant que ces description ne soient trop présentes et ne viennent prendre le pas sur l’enquête en créant des longueurs.
    Ne pas avoir lu les précédents tomes ne gène pas la lecture, l’enquête étant totalement indépendante et les divers évènements ayant eu lieu précédemment sur le plan de la vie personnelle des protagonistes étant rappelés par de discrètes mentions qui s’insèrent parfaitement dans le récit sans qu’on ait l’impression d’avoir un encart : « dans les épisodes précédents » (en mode séries télévisées).
    Le livre se termine sur un événement personnel qu’on attendait beaucoup pour Tracy, et, au vu de ses dernières interrogations, on attend avec impatience le prochain tome, qui, si Tracy obtient ce qu’elle souhaite dans sa vie personnelle, risque d’être assez intéressant !

     

    Un extrait : Tracy Crosswhite gara son pick-up Ford F-150 face au nord sur Beach Drive SW, ramena ses cheveux en arrière et les noua rapidement en queue-de-cheval avec un élastique. Elle ne portait plus que rarement une queue-de-cheval. À quarante-trois ans, elle ne tenait pas à ressembler à ces femmes qui voulaient encore se donner l’air d’une vingtaine guillerette ; à cette heure matinale, elle ne se sentait guère guillerette, et se fichait pas mal de son apparence. Elle ne s’était pas douchée, et n’avait pas pris la peine de se maquiller.

    Elle ouvrit l’application bloc-notes de son mobile, et fit défiler l’écran juste en dessous de sa première entrée. Elle avait dicté l’heure à laquelle elle avait reçu l’appel de Billy Williams, son sergent à l’Unité des crimes violents de la police de Seattle. Elle activa la touche du micro et annonça : « Heure : 5 h 45. Garée sur Beach Drive SW près de Cormorant Cove ».

    Williams l’avait appelée environ vingt minutes plus tôt. Les répartiteurs avaient reçu un appel d’urgence à propos d’un corps retrouvé dans le Puget Sound, et le crâne de la mort était suspendu dans l’alcôve de Tracy – un vrai faux crâne que les enquêteurs accrochaient à l’alcôve de l’équipe de la Criminelle désignée de garde ; dans le cas présent, Tracy et son équipier, Kinsington Rowe. Williams lui avait dit qu’il continuait de collecter les faits, mais quelqu’un avait signalé la découverte du corps près de Cormorant Cove, qui se trouvait à quelques kilomètres à peine de la maison que louait Tracy dans l’Admiral District, à West Seattle. Elle avait battu tout le monde de vitesse, à l’exception des agents qui avaient répondu à l’appel, dont les voitures de patrouille étaient garées de l’autre côté de la rue, dans le sens opposé.

    Tracy descendit de la cabine du pick-up. Le croissant d’une lune pâlissante dans un ciel bleu clair lui souriait. La température déjà agréable présageait d’une nouvelle journée de chaleur désagréable. Au bout de six jours au-dessus de 32 oC, ce mois de juin s’annonçait comme le plus chaud jamais enregistré.

    Tracy dicta une nouvelle note : « Le temps est clair, pas de vent notable. » Elle consulta son application météo et ajouta : « 11, 6 oC à West Seattle ».

    Un samedi matin, les plages et la promenade surélevée n’allaient pas tarder à grouiller de chiens accompagnés de leurs maîtres, de joggeurs et de familles en balade. La rencontre avec un cadavre sur la plage allait sacrément refroidir leur début de week-end.

     

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  • [Livre] Là où elle repose

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    Résumé : À Ridgedale, petite ville aisée du New Jersey, le corps d’un bébé est retrouvé dans les bois voisins de l’université. Malgré toutes les rumeurs et les hypothèses que ne manque pas de susciter le drame, personne ne connaît l’identité de la fillette et encore moins les raisons de sa mort. Molly Anderson, journaliste indépendante récemment arrivée avec son mari et sa fille, est recrutée par le journal local pour couvrir le fait divers. Une affaire, pour la jeune femme, qui réveille un tourment douloureux. En effet, elle a perdu un bébé et ne s’est jamais vraiment remise de cette épreuve… Or, ses investigations vont mettre à jour certains secrets bien enfouis de cette petite communauté aux apparences si convenables.


    Auteur : Kimberly McCreight

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 06 Septembre 2017

     

    Prix moyen : 8,6€

     

    Mon avis : Tout commence avec la découverte du corps d’un nouveau-né sur la berge d’un ruisseau traversant une petite ville universitaire. Molly, une ancienne avocate reconvertie dans le journalisme, va être chargée de couvrir l’affaire, un peu par hasard car elle ne couvre d’ordinaire pas les faits divers. Cette affaire n’est pas facile pour elle car elle a fait un avortement spontanée tardif et a donc du accoucher d’un bébé mort-né, ce qu’elle a très mal vécu, culpabilisant beaucoup de ne pas avoir senti que son bébé était en train de mourir dans son ventre.
    Dans cette affaire, ses instincts d’avocate vont prendre une grande place. Ayant beaucoup travaillé avec des femmes enceintes en détresse, elle est plus dans le questionnement et la prévention que dans le désir de vengeance comme bon nombre des lecteurs du magazine en ligne. D’ailleurs, les commentaires sont tellement odieux, mais tellement réels, que je me demande si ceux qui ont tendance à laisser ce genre de messages et qui ont lu le livre se sont rendu compte d’à quel point ils sont méchants et ridicules avec leurs certitudes toutes faites et leurs instincts de charognards.
    On s’attache très vite à Molly qui, malgré le traumatisme qu’elle a vécu, refuse de laisser tomber cette affaire et veut en faire une occasion de relever la tête une bonne fois pour toute.
    Son mari, Justin, l’a beaucoup soutenu au moment de la mort du bébé mais il est assez réticent de la voir travailler sur une telle affaire. Il semble craindre qu’elle ne soit pas capable de le supporter et qu’elle s’effondre de nouveau.
    J’ai beaucoup aimé Sandy, une jeune fille pourvu d’une mère marginale et qui lutte pour s’en sortir.
    En revanche, je n’ai pas pu supporter Barbara. Cette femme est affreuse, totalement horrible, et je n’arrive pas à comprendre que personne ne la remette une bonne fois pour toute à sa place. J’ai eu envie de lui envoyer des paires de claques à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche !
    En plus de l’enquête policière sur le bébé, on aborde divers sujets comme les démons du passé et la sécurité sur les campus, qui rechignent à impliquer la police dans des affaires qu’ils considèrent comme relevant strictement de la discipline universitaire y compris lorsqu’il s’agit de crime tels que les viols ou les agressions sexuelles.
    J’ai trouvé que, tout en étant différent, puisque sur un autre sujet, le roman était plus ou moins construit comme le premier livre de l’auteur « Amelia ». Plus psychologique que d’action, l’histoire est bien ficelée et les évènements qui semblent être complétement extérieur à l’enquête se révèle y être lier de manière plus ou moins importante.
    Un excellent thriller.

     

    Un extrait : Ce n’est qu’après coup que je pense au sac et aux serviettes ensanglantées roulées en boule. Ils sont trop volumineux pour que je puisse les enterrer, pourtant je ne peux pas les laisser là. J’aurais peut-être dû mieux me préparer. Davantage penser aux détails. Mais difficile d’être prêt pour quelque chose qu’on ne se serait jamais imaginé faire.

    Je finis par les apporter sur la Route 17. Une benne à ordures, je me dis. Derrière une station-service, peut-être, ou un fast-food. Et ensuite, demain matin, les éboueurs emporteront les preuves. Malheureusement les stations sont toutes encore ouvertes, les restos aussi, les voitures sont garées juste à côté des poubelles, les clients vont et viennent. Trop de témoins. Ce n’est qu’en arrivant à Highlights, le centre de bronzage, que je trouve enfin ce que je cherche. Le centre, fermé, donne à l’arrière sur un terrain vide où une benne est remisée dans un coin sombre reculé.

    Je m’apprête à ouvrir le couvercle, le cœur battant. Du soulagement : c’est ce que je ressens déjà. Presque fini, c’est réglé, basta. Seulement, le couvercle ne bouge pas. Je tire dessus une fois, deux fois. À la deuxième tentative, je fais un geste tellement brusque que je me retourne les ongles. La benne est fermée par une chaîne. Bien verrouillée, histoire d’empêcher quelqu’un comme moi de cacher de vilains secrets à l’intérieur.

    Mais je ne peux pas chercher ailleurs. Pas le temps. Impossible d’attendre une seconde de plus. De faire un pas de plus. Il faut que ça marche. J’ai besoin d’en finir, maintenant.

    Je fais le tour de la benne au pas de course en essayant de trouver une faille. Je finis par tomber sur un bord qui se soulève : juste de quelques centimètres, peut-être assez. Il faut pousser fort pour faire rentrer les serviettes trempées de sang, encore plus fort pour faire passer le sac en toile par la mince ouverture. Je crains un instant qu’il reste coincé. J’appuie dessus de toutes mes forces et il file si vite dans l’interstice que je suis à deux doigts de m’écraser la tête contre le bord de la benne.

    Je retire mes mains d’une secousse, elles sont couvertes de sang. Je crois un instant que c’est le mien. Mais ce n’est pas le mien. C’est celui du bébé. Ça recommence, j’en ai partout, exactement comme il y a une heure.

     

    Beaucoup aimé 4 étoiles.jpg