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Policiers/Thrillers - Page 4

  • [Livre] Le secret de noël

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    Résumé : Lorsque le jeune Dominic Corde et sa femme Clarice arrivent à Cottisham, un charmant village de la campagne anglaise, pour remplacer Mr. Wynter, le pasteur, pendant la période de Noël, ils ont immédiatement le sentiment d'avoir découvert le lieu de leurs rêves. La beauté du paysage, l'accueil chaleureux des habitants, le confort du presbytère, tout les incite à se réjouir de ce séjour... jusqu'à la découverte du cadavre de Mr. Wynter dans la cave de leur maison. Le médecin conclut à une mort accidentelle mais Clarice, alertée par d'étranges indices, n'y croit pas une seconde. Qui a pu tuer un homme aimé de tous? Obstinée et courageuse, plus soucieuse d'écouter sa conscience que de se plier aux bonnes manières de la société victorienne, Clarice entreprend de percer les secrets les mieux cachés de ses adorables voisins...

    Auteur : Anne Perry

     

    Edition : 10/18

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 20 novembre 2008

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : L’histoire s’inscrit dans l’univers de Charlotte et Thomas Pitt. Dominic était l’époux de Sarah, la sœur de Charlotte, morte assassinée. Ici, on le voit avec sa nouvelle épouse, Clarice, alors qu’il doit remplacer un pasteur parti précipitamment en vacances.
    Sa jeune épouse, en cherchant les animaux de la maison, qui sont allé se cacher dans un coin de la cave, découvre le cadavre dudit pasteur. Le médecin conclu à un accident mais Clarice à des doutes : d’où viennent les blessures que porte le pasteur ? Est-ce vraiment lui qui a écrit à l’évêque pour signifier son départ en vacances ? Ou était-il déjà mort ?
    La jeune femme est bien décidée à faire la lumière sur la mort d’un homme aimé de tous. En tant que pasteur, avait-il décelé un secret qu’on ne pouvait risquer de voir dévoilé ?
    On a l’impression que, dans ce village, chacun espionne son voisin et chacun cache un secret.
    On se doute quand même assez vite de qui est le coupable dans cette histoire, du moins dès l’instant où un secret en particulier est dévoilé.
    La neige empêchant toute communication avec l’extérieur, et donc le recours à la police, on est dans une sorte de huis-clos assez angoissant quand on pense que Clarice n’a aucune expérience en la matière et qu’il y a quelqu’un qui n’a pas hésité à tuer un vieil homme dans le village et qui risque de ne pas avoir plus de scrupule à tuer une jeune femme trop curieuse.
    J’ai bien aimé la fin, même si, comme la plupart des nouvelles d’Anne Perry, j’ai trouvé que tout se résolvait un peu rapidement. Cela dit, contrairement à d’autres enquêtes, ici, ça ne parait pas artificiel, peut être car tout se déroule sur fond de confidences faites à un pasteur.

     

    Un extrait : Clarice Corde s’adossa à son siège au moment où le train sortit de la gare dans un nuage de vapeur. De petites particules de charbon voletèrent dans tous les sens tandis que la locomotive rugissait en prenant de la vitesse. La pluie battait si fort contre la vitre qu’elle distinguait à peine les toits luisants de Londres. On était le 14 décembre 1890, à dix jours du réveillon de Noël. Mariée depuis un peu plus d’un an, Clarice était loin de s’être habituée à son rôle de femme de pasteur. Ni l’obéissance ni le tact ne lui venaient sans qu’elle dût faire un effort considérable, mais elle s’y appliquait par égard pour Dominic.

    L’observant à la dérobée, elle le surprit abîmé dans ses pensées. Elle le savait inquiet au sujet de sa capacité à se montrer à la hauteur de l’occasion qui leur avait été offerte de manière si inattendue. Le vieux révérend Wynter avait pris un congé bien mérité, et son église, située dans le petit village de Cottisham, avait besoin d’un remplaçant qui prenne soin de ses ouailles durant la période de Noël.

    Dominic avait saisi l’aubaine. L’année où il s’était retrouvé veuf, il avait renoncé à une vie facile pour embrasser le ministère sur le tard. Personne en dehors de Clarice ne devinait ses doutes derrière son beau visage et son aisance. Elle l’aimait d’autant plus fort de le savoir conscient de ses propres faiblesses, en même temps que du pouvoir de ses rêves.

    Dominic redressa la tête et lui sourit. Une fois de plus, Clarice s’étonna avec bonheur que ce soit elle qu’il ait choisie: la sœur maladroite, celle qui avait la parole indélicate et un sens de l’humour désastreux, plutôt que l’une de ces beautés fiables et plus conventionnelles qui recherchaient son attention.

    Aller à Cottisham, dans le comté du Hertfordshire, représentait le plus beau cadeau de Noël qu’on eût pu leur faire. Une chance qui leur permettrait d’échapper au révérend Spindlewood et à la région sinistre de la Londres industrielle où Dominic avait été affecté comme vicaire.

    Comment rassurer son mari sur le fait que ses nouveaux paroissiens n’attendraient de lui que de la patience, qu’il devrait être là pour les écouter et les réconforter, leur rappeler le message de Noël et d’espoir de paix sur la terre?

     

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  • [Livre] Un noël plein d'espoir

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    Résumé : Dans le dédale miséreux de l'East End londonien, Noël 1883 prépare ses miracles. Comment Gracie Phipps, treize ans, pourrait-elle refuser d'aider une fillette bouleversée à retrouver son âne ? D'un mystère à l'autre, les deux enfants doivent faire la vérité sur la mort d'Oncle Alf, un chiffonnier du quartier, et sortir vivantes de ce cauchemar de Noël…

    Auteur : Anne Perry

     

    Edition : 10/18

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 03 novembre 2011

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : J’en suis à 3 nouvelles de noël écrite par Anne Perry et celle-ci et la première où je soupçonne presque tout le monde d’être le coupable.
    A travers les recherches de Gracie et Minnie Maude pour retrouver l’âne de cette dernière, on découvre les bas-fond de Londres avec ses codes, ses dangers, et son dédale de rue où il est bien difficile de s’orienter quand on est une fillette qui ne sait pas lire.
    C’est la plus courte des trois nouvelles que j’ai lu jusque-là et paradoxalement, j’ai trouvé que c’était la plus aboutie. Car même si on a une idée du coupable, on ne sait pas qui est impliqué et les deux fillettes découvrent les indices petit à petit malgré ceux qui leur mettent des bâtons dans les roues.
    Je crois que Gracie est un des personnages de la saga Charlotte et Thomas Pitt, mais, n’ayant pas encore commencé cette dernière, je ne sais pas de quelle manière elle leur est attachée.
    J’ai beaucoup aimé voir la débrouillardise des fillettes et cette enquête difficile dans un monde où la mort d’un vieux chiffonnier ne dérange pas grand monde et où tous ont bien trop à perdre pour prendre le risque de s’attirer des ennuis en ayant la langue trop pendue.

     

    Un extrait : Lorsque Gracie poussa la porte du logement de deux pièces où ils vivaient dans Heanage Street, sa grand-mère était devant une bassine d'eau, prête à laver et à éplucher les patates. Elle avait l'air épuisée d'avoir passé toute la journée debout, les mains plongées jusqu'au coude dans l'eau chaude, la soude caustique et la lessive, d'où elle devait sortir le linge trempé et le transporter d'un évier à l'autre, les épaules ankylosées et le dos si douloureux qu'elle pouvait à peine le toucher. Il lui fallait ensuite le soulever une seconde fois pour le passer dans l'essoreuse pour qu'il ait une chance de sécher avant qu'elle le rapporte et se fasse payer. Constamment il fallait de l'argent, que ce soit pour payer le loyer, acheter de la nourriture, une paire de bottes, du bois ou un peu de charbon pour allumer le feu, sans parler bien sûr de Noël.

    Gracie, qui semblait avoir arrêté sa croissance à un mètre trente, n'avait nul besoin de nouveaux vêtements, les siens pouvant toujours être rapiécés ou raccommodés. Mais Spike et Finn grandissaient à vue d'œil, ce qui, compte tenu des quantités qu'ils dévoraient, n'était guère étonnant.

     

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  • [Livre] Le spectacle de noel

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    Résumé : C'est à Whitby, petit village de pêcheurs ou le comte Dracula aurait fait sa première apparition – selon le roman éponyme de Bram Stoker –, que Joshua Fielding a décidé de produire sa troupe théâtrale. Avec sa femme Caroline, la mère de Charlotte Pitt, il s'apprête à livrer une adaptation inédite du fameux roman. La première est un désastre, mais l'apparition d'un étranger masqué, suivi d'un meurtre inattendu, viennent donner la dimension dramatique qui manquait à la pièce...

    Auteur : Anne Perry

     

    Edition : 10/18

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 07 novembre 2013

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Même s’il y a bien meurtre et enquête, ce n’est pas le point central de cette nouvelle. Quand le meurtre arrive, on est presque soulagé tant la tension entre tous est palpable. Les acteurs s’engueulent en permanence, et si la jeune auteur accepte de bonne grâce les modifications que Joshua exige pour la pièce, son fiancé, Douglas, ne cache pas son mécontentement de voir la jeune fille se passionner pour le théâtre. Il en est même agressif à plusieurs reprises et j’ai espéré pendant toute la nouvelle qu’Alice allait le renvoyer chez lui avec pertes et fracas !
    Le meurtre en lui-même n’est donc pas si important que ça (oui, je sais : va dire ça à la victime !). Et bien justement. Dès le début, elle m’a paru  étrange. Sa présence dans la maison de Netheridge n’est pas bien claire, même si l’excuse est parfaitement plausible.
    Ajoutez à ça qu’ils sont en train de préparer un spectacle sur les vampires (et qu’à l’époque on en voyait pas à tous les coins de romans), vous imaginez facilement l’état de nerf dans lequel ils sont tous.

    Je n’avais jamais lu d’Anne Perry avant, et comme ici il ne s’agit que de nouvelles, je ne m’attendais pas à ce que les personnages ou l’histoire soient très approfondis. Je n’ai donc pas été déçue, comme certains, amateur de l’auteur, l’ont été. Sans doute les a-t-elle habituée à des fins plus élaborées et arrivant plus progressivement. Il faudra attendre que je lise un roman d’Anne Perry (et donc que j’ai fini les nouvelles) pour que je me fasse une idée.
    Je ne connais pas les personnages non plus et donc, je n’ai pas eu ce côté : chouette, on va en découvrir plus sur les personnages secondaires. Ici, j’ai cru comprendre que l’héroïne était la maman de Charlotte, co-héroïne, avec son époux Thomas de toute une saga de l’auteur.
    Même si j’ai regretté la rapidité avec laquelle le meurtre est élucidé, je me dis que si l’auteur a su m’intéresser à ce point sur une nouvelle de moins de 200p, elle pourrait me passionner sur un roman de 400p.

     

    Un extrait : — Ne t’inquiète pas ce soir, mon chéri. Vous travaillerez demain sur la pièce, et ce ne sera peut-être pas aussi difficile quand vous répéterez tous ensemble que cela le paraît sur le papier. Combien de fois m’as-tu fait cette remarque à propos d’autres pièces ?

    Il se pencha pour l’embrasser.

    — À dire vrai, c’est épouvantable, avoua-t-il comme à regret. Adapter un roman au théâtre est très compliqué, ce dont Alice Netheridge n’a pas vraiment idée. Si nous n’avions pas désespérément besoin de trouver un mécène l’année prochaine, je n’essaierais même pas… Seulement, sans l’appui de Netheridge, nous devrions tous faire face à un printemps très sombre.

    — Ce n’est pas vrai, Joshua. Ça l’est sans doute pour la troupe, mais tu n’aurais aucun mal à décrocher un rôle. Je connais au moins trois directeurs de théâtre qui rêveraient de t’engager !

     

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  • [Livre] Le voyageur de noel

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    Résumé : En ce Noël 1850, les frères Dreghorn se réunissent chez le plus âgé d'entre eux, Judah, dans son grand domaine de la région des lacs, en Angleterre. Mais l'heure n'est pas à la joie des retrouvailles. Judah vient de mourir dans des circonstances troubles, et sa veuve, Antonia, doit faire face à de terribles accusations portées contre son mari, un juge pourtant respecté. Pour l'épauler dans ces moments difficiles, elle fait appel à un vieil ami de la famille, Henry Rathbone. Avec l'aide de ses frères, Henry va tenter de faire la lumière sur cette affaire. Judah a-t-il été assassiné ? Et ces malheureuses insinuations, qui blessent l'honneur de toute une famille, pourraient-elles être fondées ?

    Auteur : Anne Perry

     

    Edition : 10/18

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 23 mai 2006

     

    Prix moyen : 4€

     

    Mon avis : C’est le premier texte d’Anne Perry que je lis et, ayant choisi le format de la nouvelle, je m’attendais à ce que le côté policier soit un peu bâclé (comment mener une enquête crédible en si peu de pages). Je crois que « l’erreur » d’Anne Perry, si j’ose dire, a été de vouloir présenter les personnages et la situation comme si elle écrivait un roman. Du coup, on arrive à une vingtaine de pages de la fin, obligé de terminer une histoire qui commence à peine à trouver sa vitesse de croisière.
    Je pense que cette histoire, sans quitter vraiment le monde de la nouvelle, aurait gagné à avoir une trentaine de pages en plus.
    Le personnage principal de la nouvelle, Henry
    Rathbone, est un des personnages de la série Monk (non pas Adrian, William) d’Anne Perry. Si pour commencer, je voudrais découvrir les Charlotte et Thomas Pitt, je pense que William Monk sera le suivant sur ma liste !
    J’ai beaucoup aimé la manière dont Henry doit annoncer la nouvelle à chaque membre de la famille à la place de sa filleule, mais on perd un temps fou. Ensuite il y a la colère, le refus de remettre en cause la mémoire du mort, puis les enquêtes. Je dis « les », parce que Henry se dissocie un peu de ses hôtes pour faire cavalier seul.
    J’ai beaucoup apprécié sa façon d’appréhender les faits d’une autre manière, avec l’esprit ouvert.
    En revanche, j’ai regretté la pirouette avec laquelle l’auteur se « débarrasse » de la révélation du coupable. J’aurais nettement préféré une confrontation directe, même courte, plutôt que cette solution-là qui m’a laissée complètement frustrée.

     

    Un extrait : Dans sa lettre, Antonia avait écrit qu’ils rentreraient tous pour Noël, même si leur retour promettait d’être amer et très différent des fois précédentes. Qu’Antonia ait réclamé la présence de son parrain n’était guère surprenant. Elle avait de terribles nouvelles à annoncer et n’avait pas d’autre famille pour l’aider. Ses parents étaient morts jeunes, et elle n’avait ni frère ni sœur, seulement un fils de neuf ans, Joshua, aussi endeuillé qu’elle.

    Henry avait toujours connu Antonia, d’abord comme une enfant grave et heureuse, curieuse d’apprendre et passant tout son temps à lire. Elle ne s’était jamais lassée de lui poser des questions. Ils avaient été amis dans la découverte.

    Par la suite, lorsqu’elle était devenue une jeune femme, une sorte de timidité avait mis une distance entre eux deux. Antonia s’était alors confiée avec plus de réticence, mais Henry n’en avait pas moins été le premier à être au courant de son amour pour Judah et, comme ses parents n’étaient plus là, c’était lui qui l’avait accompagnée à l’autel le jour de son mariage.

    Mais à présent, que pouvait-il faire pour elle ?

     

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  • [Livre] La disparue de noel

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    Résumé : En Angleterre, de nos jours. Emma le sait, il est des passés qui ne s'oublient pas. Mariée à David, directeur de banque traumatisé par la mort de sa première épouse et l'inexplicable disparition de sa fille Natasha la veille de Noël, six ans plus tôt, la jeune femme a appris à vivre avec les drames. Mais l'arrivée d'Ollie, leur fils de dix-huit mois, semble avoir redonné le sourire à David et renforcé leur couple. La promesse de jours meilleurs semble enfin possible... Mais le monde d'Emma se fissure lorsqu'une jeune fille apparaît un jour dans sa cuisine. Natasha. Alors que David est en joie, Emma, elle, s'interroge : où était-elle toutes ces années ? Comment l'intégrer dans leur vie de famille idéale ? Et pourquoi ce sentiment que l'adolescente pourrait représenter une menace pour elle et pour son bébé ? Que cache la disparue de Noël ?

    Auteur : Rachel Abbott

     

    Edition : Belfond

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 02 Novembre 2017

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : Je ne connaissais cet auteur que de nom mais j’avais lu suffisamment de bonnes chroniques de ce thriller pour tenter le coup. Et je n’ai pas été déçue.
    Dès le prologue, je n’arrêtais pas de me demander qui voulait du mal à Natasha et sa mère, Carolyne et surtout qui avait appelé pour tenter de mettre Carolyne en garde. Avec le recul, je me dis que j’aurais dû comprendre plus tôt qui était au bout du fil, mais j’étais trop prise dans le thriller pour raccrocher ce détail aux wagons.
    Le récit alterne entre le point de vue d’Emma, la nouvelle femme du veuf de Carolyne, David, et celui de Tom, policier qui ne se remet pas de la mort de son frère, lequel avait été le petit ami d’Emma.
    Les chapitres sont assez courts et donnent un rythme effréné au récit qui ne se déroule que sur quelques jours.
    Je comprends la réaction d’Emma quand Tasha réapparait d’on ne sait où après 6 ans de disparition. David, lui, ne voit que le fait qu’il a récupéré sa fille et semble se moquer de savoir ce qu’a été sa vie pendant ces 6 années. Tout ce qui compte pour lui et qu’ils soient réunis. Emma, elle, réagit de manière plus détachée car elle n’a pas de lien avec Tasha. Tout ce qu’elle voit, c’est une adolescente agressive qui refuse de parler à la police et qui pourrait être un danger pour son bébé à cause de son instabilité.
    Dans le résumé, on nous dit : que cache la disparue de Noël ? Je m’attendais à une tension de plus en plus insoutenable jusqu’à ce que le vrai visage de la réapparue se dévoile. Mais en réalité, on sait très vite ce que cache Tasha puisque le thriller ne commence vraiment qu’à compter du moment où elle se dévoile.
    Au niveau des personnages, j’ai beaucoup aimé Tom et son équipe qui agissent vraiment avec précaution et sans jamais considérer Emma et les siens comme des pions qui n’ont pas leur mot à dire.
    Emma est forte et, même si elle n’a aucun goût pour la violence, elle n’hésite ni à se mettre en danger, ni à foncer dans le tas pour protéger sa famille.
    David est un faible. Il ne réagit jamais, comme si tout allait finir par s’arranger sans qu’il ait à lever le petit doigt. C’est un homme qui se laisse porter par le courant et semble toujours choisir la solution de facilité. Plus d’une fois j’ai eu envie de lui taper dessus. Vraiment, il m’a insupporté pendant tout le roman.
    Pour Tasha, je suis partagée. D’un côté, elle est agressive, manipulatrice, elle semble ne pas avoir le moindre sentiment à part une immense haine dirigée vers son père. Elle fait tout pour qu’Emma ne l’aime pas mais on sent qu’elle n’a pas vraiment quelque chose contre elle, qu’elle veut juste maintenir une distance.
    Au final, malgré certains aspects de sa personnalité (qui sont facilement excusable au fur et à mesure qu’on découvre sa vie) et certaines de ses actions (qui sont, elles aussi excusables quand on pense qu’il ne s’agit que d’une adolescente), je crois que je l’ai bien aimé. En tout cas, j’ai eu beaucoup de compassion pour elle.
    J’ai été un peu frustrée par la fin. J’aurais aimé quelque chose de plus tranché sur deux des personnages et rester ainsi dans l’interrogation m’a un peu déçue.
    Mais, malgré ce tout petit détail, j’ai vraiment adoré ce livre que j’ai quasiment lu d’une traite.

     

    Un extrait : Un rayon de soleil filtrant à travers les nuages noirs illumina la fenêtre de la cuisine, faisant disparaître le reflet comme s’il n’avait jamais existé. Instinctivement, Emma s’accrocha au rebord de l’évier. Avait-elle pu imaginer tout cela ? Mais le soleil avait à peine eu le temps de percer qu’il fut chassé par les nuages. Et le reflet réapparut.

    Sans quitter des yeux cette image fantomatique qui devenait de moins en moins nette à mesure que la lumière à l’extérieur passait du noir au gris, Emma se mit à tâtonner devant elle, cherchant une arme potentielle. Mais il n’y avait rien d’autre sur l’égouttoir qu’un bol en plastique. Sans réfléchir, elle tendit le bras vers le panier à couverts et éprouva une douleur aiguë suivie d’une sensation de chaleur liquide au moment où elle referma sa main sur la lame d’un couteau désosseur. Nerveusement, elle fit remonter ses doigts humides et poisseux le long de l’acier pour empoigner le manche.

    Ne voulant pas briser le fragile contact visuel, ne serait-ce qu’une seconde, de crainte que la personne ne se déplace, ne se rapproche d’elle ou d’Ollie, ne quitte son champ de vision ou ne parte vers le hall, où elle serait contrainte de la suivre, Emma inspira profondément et se retourna, appuyant ses jambes, soudain devenues faibles, contre le placard sous l’évier.

    Le cœur battant, la gorge trop serrée pour lui permettre de hurler, elle regarda fixement la personne qui se trouvait en face d’elle, tandis que des décharges d’adrénaline lui traversaient le corps, comme pour la préparer au combat ou à la fuite.

    C’était une toute jeune fille, presque une enfant.
    Elle était de constitution fine, avec des cheveux blonds hirsutes qui retombaient au niveau de ses épaules sur un duffle-coat gris élimé, dans les poches duquel elle avait enfoncé ses mains. Les yeux dont Emma avait vu le reflet dans la fenêtre étaient hypnotisants. Grands, ovales et d’un gris-vert sombre semblable à celui de l’océan quand il est agité par la tempête, ils cillèrent légèrement au moment où Emma brandit le couteau. Mais la jeune fille ne bougea pas.

    Emma reposa l’ustensile sur le plan de travail de l’îlot, mais ne lâcha pas son manche. Elle ne savait pas ce que voulait cette fille, mais malgré son jeune âge, elle ne lui faisait pas confiance.

    « Qu’est-ce que tu fais dans ma cuisine ? lui demanda-t-elle. Sors d’ici tout de suite, ou j’appelle la police. »

    L’adolescente ne bougea pas. Et elle continua de regarder Emma. Ses yeux étaient rivés sur son visage, et la jeune femme crut y lire de l’hostilité, mais peut-être était-ce de la confusion ou de la peur.

     

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  • [Livre] L'ultime refuge

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    Résumé : Depuis qu’un inconnu lui envoie des photos inquiétantes sur lesquelles elle croit se reconnaître, Jo Hathaway vit en permanence dans la terreur. Une terreur qui monte encore d’un cran le jour où elle s’aperçoit que l’un des clichés ne la représente pas elle, mais sa mère, Annabelle, disparue vingt ans plus tôt sans laisser de traces… Peu après, la photo est subtilisée dans son appartement. Sans preuve à fournir à la police, et épuisée par la tension et la peur, Jo se réfugie alors dans la maison familiale, sur une île au large de la Géorgie. Là, espère-t-elle, elle sera en sécurité. Mais, dans ce lieu où flotte encore l’ombre d’Annabelle, le danger est partout. Et Jo pourrait bien avoir trouvé là son dernier refuge…

    Auteur : Nora Roberts

     

    Edition : Best Seller Harlequin

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 01 Juillet 2005

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’ai trouvé qu’on avait là un thriller psychologique prometteur. Le tueur cherche à bouleverser Jo Ellen en lui envoyant de nombreuses photos d’elle, au milieu desquelles il glisse des photos de sa mère avant de faire disparaitre ces dernières. Jo Ellen qui est restée traumatisée par l’abandon de la famille par sa mère 20 ans plus tôt, qui s’est coupé de sa famille, qui n’a quasiment aucune vie personnelle et ne vit réellement que pour son métier. Autant dire que, n’ayant personne à qui se confier, Jo Ellen sombre. Son arrivée sur l’île de son enfance ne pas guère arranger les choses. Déjà, on comprend très vite que le tueur l’a amenée très exactement où il voulait qu’elle soit, ensuite on ne peut pas dire que Jo Ellen soit aidée par sa famille (cela dit, elle ne leur dit rien non plus, mais on peut comprendre.) son frère ne pense qu’à maintenir l’affaire familiale à flot, sa petite sœur est rongée par la jalousie et a l’impression que la réussite de Jo Ellen l’empêche de réussir elle-même et la condamne à rester sur l’île, quant au père, il ne s’est pas remis du départ de sa femme et ne s’occupe de rien sauf de la sauvegarde de sa chère île. Au milieu de ça, Kate, la cousine qui a dû remplacer la mère essaie de réunir la famille et de les forcer à s’ouvrir les uns aux autres.
    Le problème que j’ai eu avec ce livre est que, dès que Nathan arrive et raconte son histoire, j’ai su qui était celui qui traquait Jo Ellen. J’avais même un énorme doute sur toute l’histoire. Mais j’ai quand même laissé le bénéfice du doute à Nora Roberts en me disant que, peut-être, il y aurait un coup de théâtre. Mais non, tout ce que j’avais soupçonné s’est réalisé. Je n’ai même pas eu à faire marcher mes petites cellules grises, comme dirait Poirot, et ça, c’est vraiment un truc qui me manque dans un thriller. Ça m’énerve quand l’auteur ne laisse pas la moindre chance au lecteur de démasquer le coupable, mais trouver trop vite est aussi très frustrant (sauf si tout l’intérêt du livre est la manière d’arrêter le coupable plus que son identité !).
    Pour finir, je dirais que j’ai bien aimé le côté reconstruction familiale du livre, mais que le côté thriller ne m’a pas interpellé, étant bien trop prévisible.

     

    Un extrait : Et maintenant, elle se retrouvait à son point de départ… Par excès de confiance et, surtout, de naïveté.
    « Bah ! Ce n’est que temporaire, se répéta-t-elle. Dans un peu moins d’un an, elle aurait vingt-cinq ans et entrerait en possession de son héritage – ou de ce qu’il en restait. Alors elle repartirait pour New York et, cette fois, se montrerait plus avisée, plus prudente. Elle prendrait une année sabbatique et, un beau jour, se retrouverait sur une scène, sous les feux des projecteurs, enivrée par la ferveur et l’admiration du public qui monteraient jusqu’à elle en vagues enthousiastes.
    Et elle serait enfin quelqu’un.
    Et pas seulement la plus jeune fille d’Annabelle.

    Elle apporta les dernières assiettes sales dans la cuisine tandis que Brian s’affairait déjà à remettre tout en ordre.
    Plus de vaisselle ni de poêles huileuses dans l’évier, plus de déchets ni de graisse sur le comptoir. Tout en sachant que c’était un geste stupide, Lexy posa une tasse encore remplie de café sur la pile d’assiettes propres. Le café se renversa et la tasse, déséquilibrée, alla se briser sur le carrelage.
    « Oups ! » fit-elle avec un sourire narquois.
    « On dirait que ça te fait plaisir de jouer à l’imbécile, Lex », remarqua froidement son frère. « Dans ce domaine, je dois dire que tu excelles.
    - Vraiment ? »
    Elle lâcha la pile d’assiettes qui se fracassa à son tour sur le sol. Des restes de nourriture et des éclats de porcelaine s’éparpillèrent à travers toute la cuisine. « Et ça ? fit-elle, c’est bien joué aussi ?
    - Bon Dieu, Lex ! Qu’est-ce que tu cherches à prouver ? Que tu es toujours aussi destructrice ? Tu crois peut-être qu’il y aura toujours quelqu’un derrière toi pour réparer tes conneries ? »
    Il bondit vers un placard et revint, armé d’un balai qu’il lui tendit.
    « Ramasse ça tout de suite ! »
    Elle regrettait déjà son geste impulsif mais, par pur entêtement, refusa d’obtempérer. « Fais-le toi-même. Après tout, ces précieuses assiettes sont les tiennes…
    - Tu vas obéir, sinon je t’assure que je vais te casser le balai sur le dos !

    - Essaie un peu, Bri ! »

    Elle se dressa, toute droite, pour l’affronter. Une petite voix intérieure lui soufflait qu’elle avait tort de se comporter ainsi, mais c’était plus fort qu’elle.
    « Oui, essaie ! cria-t-elle, et moi, je t’écorche vif ! J’ai ai archimarre d’être traitée comme une moins que rien. Cette maison m’appartient autant qu’à toi !
    - Eh bien ! Je vois que rien n’a décidément changé, ici… »
    Ils se retournèrent en même temps, leurs visages empourprés de colère. Jo se tenait sur le seuil de la pièce, deux valises posées à ses pieds, l’air épuisé.
    « J’ai su que j’étais à la maison rien qu’en entendant le fracas de la vaisselle et l’écho gracieux de vos voix… »
    Instantanément, Lexy changea d’expression. Abandonnant sa mauvaise humeur, elle glissa son bras sous celui de son frère, se serrant contre lui.
    « Regarde, Brian. Un autre enfant prodigue de retour. J’espère qu’il reste encore un peu de veau gras.
    - J’aimerais bien une tasse de café », dit Jo en refermant la porte derrière elle.


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  • [Livre] Que ta chute soit lente

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    Résumé
     : Pour la star américaine Gaia Lafayette, la superproduction hollywoodienne dans laquelle elle s'apprête à tourner est enfin l'occasion d'être prise au sérieux, et pourrait même lui valoir une nomination aux Oscars... Pour la ville de Brighton qui accueille le tournage, c'est la promesse d'un formidable coup de publicité. Mais pour l'inspecteur Roy Grace, c'est un cauchemar ! Il est chargé de la protection de la diva. Or, quelques jours avant de rejoindre Brighton, Gaia est victime d'une tentative de meurtre perpétrée par un fan. Roy Grace est prévenu, un psychopathe erre dans la nature, sans doute est-il déjà arrivé à Brighton. Dissimulé dans l'ombre, il attend, épie, planifie... Son but ? Voir son étoile tomber !

    Auteur : Peter James

     

    Edition : fleuve noir

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 11 Septembre 2014

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Ce livre est le 8ème mettant en scène Roy Grace et le premier que je lis. Même si, au niveau de la vie personnelle des enquêteurs et sur certaines enquêtes passées, je pense que les réponses ou le début des évènements ont lieu dans les tomes, précédents, ça ne gêne absolument pas la lecture, des rappels étant faits à chaque fois de manière à ce qu’on comprenne sans problème de quoi il retourne. De plus, les enquêtes en cours dans ce tome sont indépendantes des autres tomes, et donc, le livre peut être lu sans problème par quiconque n’ayant jamais lu les précédents.
    J’ai beaucoup aimé que les policiers soient aux prises avec plusieurs affaires car souvent, dans les livres comme dans les films, on dirait que le monde s’arrête de tourner le temps de l’enquête. Ici, non seulement, il y a plusieurs affaires en cours, mais, quand les policiers doivent se concentrer plus particulièrement sur ces affaires-là, le commissaire laisse clairement entendre qu’il culpabilise de laisser tout le reste plus ou moins en suspens. En plus des affaires en cours, les enquêtes passées sont encore sur le devant de la scène, puisque les flics concernés doivent se préparer à aller témoigner devant le tribunal. Ainsi, en quelques lignes placées ici et là, l’auteur rappelle que le travail du policier ne s’arrête pas quand il passe les menottes à un suspect, et qu’il a rarement le luxe de pouvoir se consacrer pleinement à une seule enquête, d’autant plus qu’il doit souvent attendre un bon moment pour avoir les résultats scientifiques et que pendant cette attente, il ne reste pas les bras croisé, mais fait d’autres recherche.
    L’auteur met également en avant la dichotomie entre l’exigence de résultat, avec la pression constante des politiciens, et le manque de moyen financier et humain auquel sont confrontés les enquêteurs.
    A côté des enquêtes sur lesquelles planchent Roy Grace et son équipe dans ce tome, il y a des éléments qui donnent envie de découvrir la suite parce qu’on se dit : mais c’est quoi ce bordel ?
    Ces éléments sont essentiellement liés à la vie personnelle de Roy Grace, mais je pense que ça pourrait très vite tourner en enquête officielle.
    Si je me suis doutée assez vite que les différentes enquêtes avaient un point commun, même si cela n’en faisait pas forcément une seule et même affaire, j’avoue qu’il y a un élément que je n’avais absolument pas vu venir, et j’ai adoré parce que, certes, j’ai été bluffée, mais ce n’était pas incohérent et comme un cheveu sur la soupe.
    Il y a quelques mois, j’avais abandonné ce livre mais je l’avais gardé de côté en me disant que soit je n’aimais vraiment pas, soit ce n’était pas le bon moment pour lire un thriller de ce type.
    Je suis ravie de voir que le problème venait du timing et pas du roman en lui-même ! Comme ça, j’ai un autre auteur à mettre dans la catégorie : valeur sûre !

     

    Un extrait : Marla jeta un coup d’œil à sa montre. Elle avait un rendez-vous ce soir-là, et déjà deux heures de retard, à cause des exigences de Gaia… La routine. Avant elle, aucune assistante personnelle n’avait tenu plus de dix-huit mois. Aussi incroyable cela soit-il, elle venait d’entamer sa troisième année. Le job était difficile, les journées longues, le salaire pas mirobolant, mais c’était une expérience incroyable. Malgré sa relative dureté, sa patronne était attachante. Un jour, elle prendrait le large, mais ce moment n’était pas encore arrivé.

    — Pas de problème, répondit-elle.

    — Prends la Mercedes.

    La nuit était douce. Gaia était suffisamment intelligente pour savoir quand accorder une petite faveur.

    — Cool ! Je reviens tout de suite. Autre chose ?

    Gaia secoua la tête.

    — Tu peux garder la voiture jusqu’à demain matin.

    — Vraiment ?

    — Bien sûr, je ne sors pas.

    Marla adorait cette SL55 AMG gris métallisé. Elle se voyait déjà arpenter Sunset Boulevard jusqu’au bureau de tabac. Puis aller chercher Jay. Que lui réserverait la nuit ? Travailler pour Gaia était, chaque jour, une véritable aventure. Tout comme l’était chaque nuit, depuis qu’elle avait rencontré Jay. C’était un acteur débutant et elle avait décidé de l’aider à percer en surfant sur le réseau de Gaia.

    Ce qu’elle ignorait, en se dirigeant vers la Mercedes, c’est qu’elle était en train de commettre une grave erreur.

     

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  • [Livre] La piste noire

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    Résumé : Au nord de la Suède, au bord d'un lac gelé, un pêcheur découvre dans une cabane abandonnée le cadavre torture d'une femme. La belle Inna Wattrang était la porte-parole de Mauri Kallis, un célèbre industriel à la tête d'une multinationale minière dont l'ascension et la réussite fascinent le pays. Les indices sont minces et les deux inspecteurs de la PJ de Kiruna font appel à l'ex-avocate Rebecka Martinsson, devenue procureur auxiliaire, pour tenter d’élucider les relations troubles qui semblent unir Kallis à son employée. Mais derrière le meurtre d'Inna se profile un univers de mensonges, de haines et de faux-semblants ou le Mal se tient à l'affut comme un corbeau noir.

    Auteur : Asa Larsson

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 3 septembre 2015

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Pour l’instant, je dois dire que ce tome est certainement celui que j’ai le moins apprécié de tous les livres mettant en scène Rebecka Martinsson (j’ai lu les 5 disponibles).
    Déjà, ce qui est pour moi un énorme point noir est la quasi-absence de Rebecka de l’affaire. Elle fait quelques apparitions, donne quelques pistes de recherche en fonction de découvertes qu’elle fait en servant tout bonnement de documentaliste aux flics, mais à part ça, c’est à peine si on parle d’elle. Je veux bien qu’elle se remette d’un moment très difficile, qu’elle prenne ses marques dans un nouveau métier, mais tout de même, la série est fondée sur elle et là, je me suis sentie flouée.
    En plus, si au début j’ai beaucoup aimé le côté puzzle de l’enquête avec toutes les difficultés que rencontrent les policiers pour s’entretenir avec les témoins qui ne sont absolument pas coopératifs, j’ai trouvé que plus on avançait dans le temps, plus l’histoire manquait de cohérence. On n’est pas ici dans un livre de science-fiction, alors la minette qui a tout vu et tout compris avant tout le monde parce qu’elle a un don de voyance, c’était à la limite du ridicule. Qu’il y ait un personnage qui verse dans le mystique, qui croit vraiment avoir un pouvoir, pourquoi pas, mais que toute une partie du livre s’appuie sur ça, là je dis non, pas dans un thriller se déroulant dans le monde réel !
    Le coupable, pour moi était évident. J’hésitais entre deux dans les premières pages, mais il a très vite été clair que seul l’un des deux avait assez de sang froid pour être responsable.
    Les passages entre passé et présent, qui aurait pu être si intéressants, sont gâchés par le passé d’un des personnages qui ne sert à rien dans l’enquête et dont on ne comprend pas vraiment l’histoire qui reste sans réponse sur certains points.
    La fin est pleine d’action, c’est vrai, mais j’ai eu l’impression de tomber en plein film d’action américain à gros budget et ça m’a un peu gâché le plaisir, parce que si je voulais ce genre de fin, je ne lirai pas une auteur suédoise qui m’a habituée à des fins glaçante se déroulant pratiquement en huis-clôt.
    La seule chose qui remonte un peu la note du livre, c’est l’écriture d’Asa Larsson, qui est toujours aussi plaisante, et le fait que, l’ayant déjà lu avant, je sais que le tome suivant va revenir à ce qui m’a plu chez elle et que ce tome-là n’était donc qu’un égarement temporaire.

     

    Un extrait : L’officier de police Anna-Maria Mella et son collègue Sven-Erik Stålnacke arrivèrent sur les lieux à minuit moins le quart. Ils avaient emprunté deux motoneiges à la station touristique d’Abisko. L’un des deux était équipé d’une luge. Un guide de montagne leur avait proposé son aide. Il conduisit les deux inspecteurs sur place dans le blizzard et la nuit.

    L’homme qui avait découvert le corps attendait à la station touristique. Il avait déjà été entendu par la brigade mobile qui était arrivée la première.

    La réception était fermée quand Leif Pudas avait rejoint la station. Le personnel du pub avait mis un certain temps à le prendre au sérieux. On était samedi soir et les serveurs avaient l’habitude de voir des touristes habillés n’importe comment. Il n’était pas rare qu’ils boivent une bière en sous-vêtements après avoir retiré leur combinaison. Leif Pudas avait débarqué vêtu d’une doudoune qui lui arrivait à peine au nombril et d’une paire de caleçons longs sur la tête en guise de turban.

    Il avait fallu qu’il éclate en sanglots pour qu’ils comprennent que quelque chose de grave s’était produit. Ils l’avaient écouté raconter son histoire et l’avaient surveillé en attendant l’arrivée de la police.

    Il prétendait avoir trouvé une femme morte. Il dut leur répéter plusieurs fois que ce n’était pas dans son arche qu’il l’avait trouvée. Ils pensèrent malgré tout qu’il s’agissait probablement d’un homme qui avait tué son épouse. Personne n’avait osé le regarder dans les yeux. Il était tout seul dans son coin en train de pleurer sans déranger personne quand la police était arrivée.

    Il s’était avéré impossible de délimiter un périmètre autour de l’arche, la tempête emportait les bandes de plastique jaune et noir au fur et à mesure qu’on essayait de les fixer sur leurs piquets. Au lieu de cela, on avait dû les nouer autour de la cabane comme un paquet cadeau. Elles battaient maintenant furieusement au vent. Les experts de la police scientifique étaient arrivés et travaillaient à l’extérieur éclairés par les phares des scooters, et à l’intérieur dans la faible lumière dispensée par une lampe à gaz.

    On ne pouvait pas rentrer à plus de deux dans la cabane. Pendant que les techniciens faisaient leur boulot, Anna-Maria Mella et Sven-Erik Stålnacke piétinaient dehors.

    Ils ne pouvaient pas s’entendre à cause du blizzard et de leurs gros bonnets. Même Sven-Erik, qui mettait un point d’honneur à rester tête nue tout l’hiver, s’était résigné à porter une chapka à oreilles. Ils se parlaient en hurlant et en gesticulant comme deux gros bonshommes Michelin dans leurs combinaisons.

    « Regarde ça. C’est dingue ! »

    Elle ouvrit les bras comme on déploie une voile. C’était une petite femme et elle ne pesait pas très lourd. La glace avait fondu dans la journée et regelé dans la nuit pour se transformer en un miroir lisse. Le vent la poussa et elle commença lentement à glisser.

    Sven-Erik éclata de rire et fit mine de la rattraper avant qu’elle ne s’en aille de l’autre côté du Torneträsk.

     

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  • [Livre] Le sang versé

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    Résumé : Après un long congé maladie, l’avocate Rebecka Martinsson est de retour, en mission pour son cabinet, dans sa ville natale de Kiruna. Mais les retrouvailles sont loin d’être aussi paisibles que le suggèrent les forêts enneigées de Laponie. Une femme pasteur, dont l’engagement féministe suscitait des remous dans la communauté, est retrouvée sauvagement mutilée, pendue à l’orgue de son église. Cette exécution fait remonter en Rebecka le souvenir traumatisant d’une enquête sur le meurtre d’un autre pasteur à laquelle elle avait participé un an auparavant. Le coupable est-il le même ? Y aura-t-il d’autres victimes ? La terre, désormais, semble prête à dévoiler le sang versé…

    Auteur : Asa Larsson

     

    Edition : Le livre de poche

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 02 septembre 2015

     

    Prix moyen : 3€

     

    Mon avis : Ce second tome reprend environ 1 an et demi après le 1er tome. Rebecka a été quelque peu traumatisée par les évènements clôturant la fin de « horreur boréale » (on le serait à moins, vous me direz), du coup, elle ne fait que de la figuration à son travail, jouant les potiches pour que les clients au pénal (le cabinet ayant beaucoup développé cette activité depuis que Rebecka a fait la une de toutes les infos) ait l’impression d’être bien défendu.
    Dans le cadre du côté fiscal dont s’occupe toujours le cabinet, un des patrons de Rebecka doit se rendre dans une petite ville juste à côté de la ville natale de la jeune femme. Un peu réticente, celle-ci accepte de l’accompagner pour jouer les assistantes, histoire que les futurs clients soient « rassurés » de voir qu’au moins un des employés du cabinet connait leur coin perdu (Comme quoi, décrocher un contrat tient à peu de choses).
    A peine arrivés, et à peine les clients rencontrés, qu’ils apprennent qu’un pasteur, une femme, a été assassinée d’une manière assez horrible.
    Alors là, clairement Rebecka se pose la question : Y a-t-il un quelconque rapport avec l’assassinat de Viktor dans le tome 1 ? Et moi, je me suis demandé : C’est un sport national de buter les pasteurs dans le coin ?
    Et je ne suis pas la seule ! Dans les remerciements, Asa raconte que son oncle, vicaire à la retraite, lui aurait dit, après avoir lu son livre : « Tu sais, Åsa, il faut que tu arrêtes d’assassiner des prêtres. »
    Personnellement, j’ai envie de lui dire « vous savez, Asa, butez tous les corps de métiers que vous voulais, mais pitié, arrêtez de buter les chiens ! » Non, sérieux ! J’ose à peine ouvrir le tome 3 tellement j’angoisse de savoir quel chien va encore en prendre plein le museau !
    Rebecka va rester sur place après le départ de son patron, sans pour autant dévoiler forcément qui elle est. On sent qu’elle a envie de renouer avec les lieux de son enfance mais qu’en même temps, c’est difficile pour elle à cause de ce qu’elle a vécu.
    Dans un restaurant du coin, Rebecka va rencontrer un jeune homme retardé mental adorable et devenir assez proche de lui.
    Parallèlement à la tentative de reconstruction de Rebecka, on suit, bien sûr l’enquête policière, avec Anna-Maria Mella. On va apprendre que le pasteur, Mildred, n’était guère aimée de la population masculine du coin. Déjà, un autre pasteur du coin dit clairement qu’il n’aime pas qu’une femme soit pasteur et qu’il pense que c’est un poste qui devrait être réservé aux hommes… ambiance… Mais ce n’est pas tout ! Les hommes en général lui reproche de pousser leurs femmes à s’émanciper et à ne plus accepter aveuglement leur domination, les chasseurs craignent qu’elle ne convainque le conseil paroissial de leur retirer le bail d’une portion de forêt et l’ensemble des hommes lui reproche de vouloir protéger une louve (qui, disons-le, ne fais de mal à personne). Bref, le nombre de suspect comprend la moitié de la ville !
    J’ai imaginé des dizaines de scénarios, suspecté bon nombre de coupables (mais quand même j’avais un plus fort soupçon sur l’un d’eux) et, honnêtement, si mon doute sur l’identité du coupable était bon, en revanche, le mobile m’est complètement passé au-dessus de la tête. J’en suis restée comme deux ronds de flan !
    J’ai beaucoup aimé ce tome et je vais attaquer sans attendre le 3e tome, seul de la série qu’il me reste à lire (jusqu’à un tome 6 ?)

     

    Un extrait : Ils avaient interrogé tout le monde. Quelqu’un avait forcément dû voir quelque chose. À Jukkasjärvi, où l’on avait retrouvé le corps de la pasteure suspendu à l’orgue de l’église, ou à Poikkijärvi, où elle habitait. Rien du tout. Il avait frappé à des centaines de portes sans que cela donne le moindre résultat. Il n’avait aucune piste.

    C’était une drôle d’histoire. Quelqu’un l’avait tuée au bord de la rivière, sur le terrain communal, puis le meurtrier avait transporté le corps jusqu’à l’église, et personne n’avait rien vu. Certes, ça s’était passé en pleine nuit, mais il faisait aussi clair que si ç’avait été en plein jour.

    L’enquête avait établi que la pasteure ne faisait pas l’unanimité. Quand Sven-Erik avait cherché à savoir si elle avait des ennemis, la plupart des femmes de la paroisse avaient répondu : « Bien sûr qu’elle avait des ennemis ! Tous les hommes de la ville sans exception ! » Une femme du secrétariat paroissial, dont la bouche pincée était creusée de part et d’autre de profondes rides, avait dit carrément que la pasteure ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même si elle s’était fait buter. Elle avait déjà fréquemment fait parler d’elle dans la presse locale de son vivant. Elle s’était mis le conseil paroissial à dos en organisant des cours d’autodéfense pour les femmes dans la salle de réunions. Ensuite elle s’était battue avec les services communaux pour exiger que la patinoire du village soit réservée un tiers du temps à son groupe de lecture biblique pour femmes, l’association Magdalena, pour ses entraînements de hockey sur glace féminin et de patinage artistique. Récemment encore, elle s’était disputée avec des chasseurs et des éleveurs de rennes à propos d’une louve qui avait élu domicile sur des terres appartenant à l’Église. Mildred Nilsson considérait qu’il était du devoir de celle-ci de protéger la louve. Le Norrländska Socialdemokraten, le journal local, avait publié une photo d’elle en page centrale en face d’une photo de l’un de ses opposants sur le sujet et avait mis en sous-titre : « Pour ou contre la louve ? »

    Et sur la rive opposée à Jukkasjärvi, son mari était toujours installé dans le presbytère de Poikkijärvi. En congé maladie et inapte à s’occuper de la succession. Sven-Erik se souvenait encore à quel point il lui avait été pénible de parler à ce pauvre type : « Encore vous ? Vous n’en avez jamais marre ? » Chaque fois qu’il était allé le voir, il avait eu l’impression d’être devant un trou dans la glace et de devoir briser la mince couche qui avait regelé entre-temps. Et le chagrin du bonhomme remontait à la surface sous ses yeux. Il avait du mal à regarder en face ce regard bouffi par trop de larmes. Le pauvre homme n’avait même pas d’enfant avec qui partager sa douleur.

    Sven-Erik avait une fille qui habitait Luleå, mais il était capable de reconnaître le drame de la solitude quand il la rencontrait. Il était divorcé et il vivait seul. Enfin, seul avec son chat, et personne n’avait tué sa femme avant de la pendre au bout d’une chaîne.

     

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  • [Livre] Mémoires gelées

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    Résumé : Un matin de décembre, dans une petite ville suédoise, Seja est réveillée par un coup de fil d’Ake Melkersson, son voisin. Ake, sous le choc, lui apprend avoir découvert un homme mort, le bas du corps écrasé par une voiture. Lorsqu’elle l’accompagne sur le lieu du crime, le fragile équilibre qu’elle avait bâti dans sa vie est bouleversé. Seja rencontre l’inspecteur Christian Tell, en charge de l’affaire. Les indices restent minces et les choses se compliquent encore lorsqu’une nouvelle victime est retrouvée, tuée dans les mêmes circonstances. Sans compter le début d’une liaison entre Christian et Seja… Pourtant la jeune femme dissimule des éléments à l’inspecteur, se gardant de lui révéler que certains aspects des meurtres lui rappellent une jeune fille connue des années auparavant. Quel est le lien entre ces meurtres et les événements qui se sont déroulés douze ans plus tôt ? Le passé ressurgit, non sans conséquences pour Seja, pour l’enquête et pour le commissaire Christian Tell lui-même…

    Auteur : Camilla Ceder

     

    Edition : 10/18

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 05 septembre 2013

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Dans une ville au nom imprononçable (en tout cas pour moi), un homme d’un certain âge fait un détour pour demander à un garagiste de jeter un œil sur sa voiture. Il tombe nez à nez (si on veut) avec le cadavre du bonhomme et le moins qu’on puisse dire, c’est que celui qui s’en est occupé ne voulait vraiment pas qu’il s’en sorte.
    Il remonte vite fait dans sa voiture et va appeler la police (pas fou le vieux, il ne va pas rester à côté si y’a un psychopathe dans la nature). La voiture étant en train de rendre l’âme, il appelle sa voisine, une étudiante en journalisme, pour qu’elle vienne avec lui sur les lieux où la police l’attend pour l’interroger.
    Le livre alterne entre le présent (et donc les meurtres) et le passé, douze ans plus tôt où on suit My, une jeune fille un peu paumée affublée d’une mère très déséquilibrée. Il ne faut pas être Agatha Christie pour se douter qu’il y a un lien entre les deux histoires ! Mais lequel ! On va le découvrir, enfin du moins s’en douter fortement, au fur et à mesure de l’histoire de My. Du coup, on se retrouve vite dans la position du lecteur qui connait des faits que les inspecteurs ignorent encore, tout en ne découvrant les indices qu’en même temps qu’eux. C’est assez étrange car on a l’impression d’en savoir à la fois plus et moins qu’eux.
    L’histoire est assez fournie, les flics ne tombent pas sur la solution en un claquement de doigts, ils se lancent parfois sur de fausses pistes avant qu’un indice ne leur fasse remettre leurs découvertes en question et les remettent sur la bonne voie.
    J’ai beaucoup aimé que les flics soient humain, entre celui qui a tout pour plaire : misogyne, homophobe, xénophobe et tout ce que vous voulez d’autres, mais qui est a de l’expérience et donc dont on ne peut se passer, ou le commissaire qui entame une relation avec la journaliste, qui est notée comme premier témoin dans l’affaire, ce qui est donc loin d’être déontologique. La journaliste, elle, est assez perdue, obsessionnelle presque. J’ai eu l’impression que quand un homme s’intéresse à elle, elle ne supporte pas qu’il s’éloigne d’elle, ne serait-ce que pour son travail. Certes, au début on apprend qu’elle a vécu une rupture douloureuse, mais son attitude moitié femme envahissante, moitié journaliste sans scrupule m’a souvent agacée.
    J’ai bien aimé que les policiers, et donc du coup le lecteur, aient parfois l’esprit occupés par des détails inutiles. Parce que dans une enquête de police, si on ne peut négliger aucune piste, beaucoup ne donnent rien (Si c’était facile, on serait tous flics !).
    La fin m’a parue un peu rapide, mais d’un autre côté, ça fait du bien de voir un thriller qui, lorsque les policiers ont la réponse à l’énigme, ne nécessite pas encore 70 pages pour l’arrestation du coupable.
    C’était la première fois que je lisais un roman de Camilla Ceder, et j’ai bien aimé. Je la relirai sûrement si elle écrit un autre bouquin qui soit traduit en français.

     

    Un extrait : Sa mémoire lui jouait des tours. À chaque tournant s’ouvrait une nouvelle portion de route à travers une campagne déserte. Heureusement, le jour pointait. Il discerna soudain des cimes d’arbres au-dessus de la chaussée étroite.

    Si ça se trouve, il n’existe plus, cet atelier de mécanique, songeait-il en regrettant son expédition, lorsqu’au détour du virage, les phares balayèrent une vieille grange croulante. En face, la maison d’habitation n’était pas non plus en très bon état et dans la cour s’entassaient des carcasses de voitures. Un coin perdu, mais l’enseigne métallique au nom de Thomas Edell, mécanique et carrosserie figurait en bonne place. Comme dans son souvenir.

    Soulagé, il gara son engin entre deux pick-up déglingués. Un silence presque religieux régnait sur les lieux. Il sortit de voiture, s’étira les jambes, respira profondément l’air glacé du matin et leva les yeux vers la maison aux planches de bois grisâtres. Les fenêtres étaient noires. Un flot de lumière sortait d’un bâtiment en tôle dans le prolongement de la grange : un garage, dont la porte était relevée.

    Rien d’étonnant à 7 heures passées. Les bosseurs commencent tôt, il en savait quelque chose. En revanche, qu’on ne l’ait pas entendu arriver, dans cette guimbarde… Un silence de mort. Il tâcha de signaler sa présence, toussa et traversa la pelouse.

    Le sol de l’atelier était encombré, mais il n’y avait apparemment personne. Une Nissan Micra, perchée sur l’élévateur, lui cachait la vue ; il pénétra plus avant dans le local.

    — Ohé !

    À la jonction avec la vieille grange, un box en contre-plaqué faisait office de bureau : mal rangé, vide, mais la radio grésillait, allumée sur moyenne fréquence. Il reconnut la station Romances et Ballades. Puis il réalisa qu’il serait en retard à son travail, à son pot de retraite, et que l’endroit, en dépit des apparences, était désert. Il regagna la pelouse et décida de faire un dernier tour.

    Plus tard, il se rappellerait cette sensation de malaise qui l’avait pris au ventre. Pas seulement à cause du retard ou de la tête du directeur Englund. Une sensation indéfinissable. Il frôla la crise cardiaque quand un chat blanc et noir bondit d’une fenêtre de la cave en poussant un miaulement plaintif. Une seconde après, il vit l’homme, étendu sur la bande de gravier qui longeait la grange. Toute la partie inférieure du corps était plus ou moins… écrasée.

    On l’a aplati, pensa Åke Melkersson dans un gloussement hystérique. Comme dans les BD, quand les personnages passent sous des rouleaux compresseurs et ressortent plats comme des crêpes. Sauf qu’il n’y avait jamais de sang sur ces vignettes. Là, oui : la tête nageait dans une mare de sang qui lui faisait une auréole rouge.

    Åke recula et se mit à vomir. Une première fois, puis il s’essuya la bouche sur la manche de sa veste, et une seconde fois, sur son pantalon. Pas question de me présenter au boulot dans cet état. Il se précipita vers sa voiture ; une brusque marche arrière lui valut de perdre le pot d’échappement, lequel racla le sol sur tout le trajet pour rejoindre la nationale.

    Une fois parvenu en zone civilisée, il osa se garer devant un arrêt de bus et composa le 112 d’une main tremblante.

    La policière lui parla sans émoi, cherchant simplement à obtenir le maximum d’informations. Il se ressaisit ; alla jusqu’à proposer de retourner sur les lieux. Il ne voulait pas inquiéter Kristina en faisant venir la police à la maison, surtout pour une affaire comme ça.

     

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