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Policiers/Thrillers - Page 3

  • [Livre] On ne meurt pas la bouche pleine

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    Résumé : Alors qu'à Tokyo deux cadavres d'hommes empoisonnés par une substance indécelable embarrassent la police japonaise, en France un commandant de la brigade criminelle est chargé d'élucider la mort d'un riche Japonais lui aussi empoisonné par un produit inconnu. Des deux côtés de la planète, des assassinats qui, a priori, n'ont rien à voir, sauf que... Le commandant Simmeo, passionné d'art, découvre qu'ils sont liés par les yakuzas.

    Voilà la Crim' du 36, quai des Orfèvres obligée de travailler avec son homologue japonaise, aux méthodes bien différentes, pour coincer un coupable qui utilise la cuisine moléculaire pour parvenir à ses fins... Entre Paris et Tokyo, une sidérante plongée dans les eaux troubles de la gastronomie, de la science et du crime.


    Auteur : Odile Bouhier et Thierry Marx

     

    Edition : Plon

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 26 Octobre 2017

     

    Prix moyen : 18€

     

    Mon avis : Le titre est accrocheur, le format l’est moins. Il est atypique et ne trouve sa place ni sur l’étagère des poches (même si le texte à l’intérieur est au format poche, laissant de larges bandes blanches en marges démesurées) ni sur celle des grands formats. Ça tombe bien, finalement, qu’il ne m’ait pas assez convaincue pour mériter une place dans ma bibliothèque. Il faut dire que les places sont chères et mes étagères non extensibles, alors maintenant, je suis sans concession, quand un livre ne m’apporte pas ce que j’attendais de lui, il dégage, en espérant faire le bonheur de quelqu’un d’autre.
    L’idée de départ est originale et l’enquête elle-même prenante. On alterne entre France et Japon avant que les différentes parties s’imbriquent parfaitement les unes dans les autres.
    Les personnages sont attachants que ce soit le commandant Simmeo (qui n’est jamais appelé par son grade mais inspecteur ou commissaire par ceux qui, selon lui, regarde trop la télé) ou le chef de la famille yakuza qui évoque un vieux lion fatigué mais encore capable de vous arracher la tête d’un coup de croc.
    Le savoir-faire de Thierry Marx dans le domaine de la cuisine moléculaire sert parfaitement bien cette enquête aux saveurs étranges, et, même si je ne suis pas fan de toutes les associations évoquées, ma curiosité a été éveillée.
    L’écriture d’Odile Bouhier n’est pas désagréable, bien au contraire. Elle nous emporte sur les traces d’un meurtrier calculateur et efficace et nous embarquons dans l’affaire sans problème.
    Mais… car oui, il y a un mais. Pas un gros mais, rédhibitoire et qui fait sortir les yeux des orbites (choix malheureux des termes quand on pense à certaines scènes de ce livre… yerk), mais tout un tas de petits mais, qui font qu’au final je suis arrivée à une indigestion de mais…
    Il y en a deux, en particuliers, qui m’ont fait hausser un sourcil : d’abord, quand un notaire signale a Simmeo que la loi lui impose d’accepter un héritage. Il était si simple de vérifier qu’un héritage peut parfaitement être refusé !
    Le second point constitue un sérieux manque de rigueur. Déjà, la scène n’apporte rien à l’histoire et je ne vois pas bien à quoi elle sert, mais, en l’espace de 10 pages, on a une jeune fille qui est censée être mineure, puis qui a dépassé la majorité, puis qui est mineure à nouveau.
    Du coup, quand je vois de telles négligences sur des choses faciles à vérifier et à écrire correctement, je ne peux m’empêcher de remettre en doute toutes les infos que nous donne l’auteur.
    J’ai de plus trouvé la fin assez peu crédible. Tout ça combiné fait que ce livre ne va pas rester dans les annales. Heureusement que je l’avais acheté d’occasion !

     

    Un extrait : La lumière blafarde ajoutée à l’odeur aigre de peur et d’urine contredisait sans complexe la vue magistrale sur la place que la Concorde ainsi que le luxe déployé dans la somptueuse suite de ce célèbre palace de la ville des lumières. Le Pomelos. Vingt-deux étages de luxe et de sobriété en pleine capitale, un jardin de mille mètres carrés réservé aux clients de ce prestigieux établissement à deux pas des Tuileries, forcément tout le temps complet.
    Décidément, la mort bouffait à tous les râteliers. Achille Simmeo le savait d’expérience.
    Le cadavre, une femme au vu de la poitrine opulente et pointue moulée par la combinaison intégrale en latex, était étendu sur le dos, écartelé, les mains et les chevilles attachées aux pieds du lit. Des seins siliconés, paria Simmeo. La panoplie caricaturale d’une séance sadomasochiste qui aurait mal tourné n’échappa nullement au commandant, qui se garde de tout commentaire. Trop tôt pour des conclusions définitives. Un sac de plastique serré au cou par un large ruban adhésif gris recouvrait la tête. Au niveau du bassin, une vaste auréole tachait le drap.
    Simmeo ne comprenait pas en quoi une combinaison intégrale en latex, cloutée de surcroît, pouvait susciter une quelconque excitation, et il n’avait pas envie de le savoir. Cette matière gluante comme une sangsue le débectait au point qu’il avait développé une sévère allergie. Forcément handicapant lorsqu’il s’agissait d’enfiler les gants de protection en latex, obligatoires sur une scène de crime. Afin de contrer ces démangeaisons intempestives, le policier veillait à toujours garder sur lui une paire de gants 10% soie 90% coton. Au pire des cas, un tube de cette pommade grasse miraculeuse qui l’empêchait de se gratter jusqu’au sang l’attendait toujours quelque part.

     

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  • [Livre] Coupable

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    Résumé : Marie se réveille un matin dans son lit, à côté de son petit ami Patrick… sauvagement assassiné de plusieurs coups de couteau. La jeune femme n'a aucun souvenir du crime, mais comment nier l'évidence ? 
    Avec l'aide de son thérapeute, Marie tente de reconstituer son histoire. Au fil de son récit, la vérité se dessine… terrifiante !
    Folie ou manipulation ? Les apparences sont parfois trompeuses…


    Auteur : Wiebke Lorenz

     

    Edition : France loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 2014

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Ce livre est terrifiant. Pas tant par son intrigue, qui est prenante et très bien trouvée mais qui ne fait pas peur, mais par la maladie qu’il décrit.
    La postface nous en dit d’ailleurs un peu plus sur cette terrible maladie si peu connue.
    Beaucoup de monde, moi la première, peut avoir des pensées obsessionnelles. Personnellement, je vérifie toujours deux fois que le gaz est bien coupé et que la porte est bien verrouillée avant d’aller me coucher. Si j’oublie, je me relève car sinon impossible de dormir (déjà que je ne dors pas beaucoup !). Je n’ai cette pulsion que chez moi d’ailleurs. Certains se lavent les mains dix fois par jour, d’autres rangent les épices par ordre alphabétique… Mais ça, c’est la version bisounours des pensées obsessionnelles.
    Les pensées obsessionnelles de Marie tiennent plus du script du film Scream : du sang, de la violence, des meurtres… dans le rôle du coupable : Marie elle-même. Dans le rôle de ses victimes : ceux qu’elle aime.
    C’est un vrai cauchemar que vit Marie, un film d’horreur permanent qui se déroule dans sa tête et contre lequel il n’existe pas vraiment de traitement.
    A priori, les victimes de pensées obsessionnelles ne passent pas à l’acte. Mais Marie s’est réveillée un matin à côté du corps sans vie et criblé de coup de couteau de son compagnon.
    A travers la thérapie qu’elle suit alors qu’elle est internée dans un asile pour criminels psychotiques, Marie, qui n’a aucun souvenir du drame, tente de reconstituer les faits.
    Christophe, son ex-mari est persuadé de son innocence, mais Marie doute de tout.
    Personnellement, j’étais persuadée de l’innocence de Marie, tout comme Christopher, même si j’ai eu, à certains moments, un léger doute : et si elle était en train de manipuler le système ? Car, étant jugée pénalement irresponsable, il lui suffit de convaincre les médecins qu’elle n’est plus dangereuse pour être libérée.
    J’ai ensuite suspecté beaucoup de monde et, si au final j’avais plus ou moins compris ce qu’il s’était passé lors de la mort de Patrick, le compagnon de Marie, il y a eu un évènement en particulier que je n’avais vraiment pas vu venir.
    J’ai été d’autant plus surprise que j’avais quand même compris tout le reste et que j’étais du coup persuadée qu’il n’y avait rien de plus à comprendre.
    La narration oscille entre 3ème personne, quand on nous déroule l’histoire, et 1ère personne, qui correspond au récit que fait Marie pendant sa thérapie. Comme on découvre l’histoire en même temps que le psychiatre, on est encore plus immergé dans l’histoire.
    Petite mention spéciale pour la mère de Marie qui donnerai presque envie d’être orphelin.
    J’ai vraiment adoré ce thriller qui nous entraîne dans son sillage sans qu’on ne puisse s’en défaire.

     

    Un extrait : Le pire, c’est de ne pas savoir. De ne pas pouvoir dire aves une certitude absolue, irréfutable, si elle l’a vraiment fait ou pas. Car il n’y a pas de souvenir dans sa mémoire, pas le plus petit vestige de la nuit où cela s’est passé. Juste des preuves. Des preuves et des indices accablants, qui tous affirment que c’est elle, qu’il n’y a pas le moindre doute sur sa culpabilité.
    La flaque rouge gluante dans laquelle elle s’est réveillée à côté de Patrick, les caillots, noirs comme du pétrole sous ses ongles. Elle avait du sang dans tous les pores de sa peau, comme si elle avait abattu un animal à mains nues. Et puis l’odeur, non, cette puanteur métallique dont elle avait le goût sur la langue et qu’elle ne pourrait plus jamais oublier. Ses empreintes digitales sur le couteau avec lequel elle avait égorgé Patrick avant de le frapper de vingt-sept coups, un massacre. En traître, pendant qu’il dormait, ignorant et paisible, sans pouvoir se défendre.
    Voilà ce qu’elle a fait. Reproduisant la scène qu’elle s’était si souvent représentée en imagination. Elle l’a égorgé comme un porc. Jusque-là, cette scène n’existait que dans sa tête, immortalisée par les enregistrements qu’elle avait réalisés sur son iPhone et qui lui permettaient d’exprimer ses fantasmes de malade. Là et nulle part ailleurs. Bien à l’abri, ses peurs les plus secrètes, ses scénarios d’horreur. Et finalement, elle avait été trahie par ce qu’elle avait toujours cherché à dissimuler, par ce qu’elle n’avait jamais voulu confier ni avouer à quiconque, surtout pas à elle-même.
    « Penser et Faire sont deux choses différentes ! » lui avait martelé Elli. Pourtant, elle était passée à l’acte. Elle avait assassiné d’une manière bestiale celui qu’elle aimait le plus au monde. Se tuant du même coup. Car désormais, au fond d’elle-même, elle est morte. Eteinte. Il ne lui reste plus qu’à attendre la fin de son existence. Elle espère que le terme en sera proche, qu’elle n’aura plus longtemps à patienter.
    Mais ils ne lui faciliteront pas la tâche, c’est sûr. Ils la garderont ici, jour après jour, nuit après nuit, pendant des semaines, des mois, des années, et ils ne lui permettront pas de se fuir elle-même et d’échapper à ce qu’elle est devenue.

     

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  • [Livre] Dans l'ombre de la clairière

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    Résumé : Entrée dans la police pour confondre et punir l’assassin de sa jeune sœur, Tracy Crosswhite consacre maintenant sa carrière à rendre justice aux familles et aux amis des victimes de crimes. Lorsque Jenny, une ancienne camarade de l'école de police, lui demande de l'aider à résoudre le pseudo-suicide d'une jeune lycéenne amérindienne, affaire trop vite classée quarante ans auparavant, elle accepte sans hésitation. En suivant la piste des indices recueillis par le père de Jenny, enquêteur à l'époque, Tracy fouille dans les souvenirs d'une petite ville, et y découvre d’obscurs secrets bien dissimulés au sein de la communauté. Tracy pourra-t-elle tenir la promesse faite à la famille de la jeune fille et découvrir la vérité ? Ou bien sera-t-elle la prochaine victime ?


    Auteur : Robert Dugoni

     

    Edition : Amazon Crossing

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 12 Septembre 2017

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : Dans ce tome, Tracy va mener deux enquêtes de front. La première lui tombe dessus de manière tout à fait classique : un homme a été abattu dans le dos. Son ex-femme a immédiatement avoué le crime, expliquant que l’homme, violent, frappé d’une injonction d’éloignement, s’en est pris à son fils après l’avoir elle-même frappée et qu’elle n’a pas eu d’autre choix que de l’abattre. L’affaire semble limpide. Mais plusieurs détails viennent mettre la puce à l’oreille des enquêteurs qui ne tardent pas à se dire que les apparences sont peut-être bien plus trompeuses qu’ils ne l’ont cru au premier abord.
    La seconde enquête, Tracy va devoir la mener sur son temps libre, son capitaine, Nolasco, toujours lui, ce rat, refusant de lui accorder du temps pour la mener. Ici, il s’agit d’une affaire datant de 40 ans. Une jeune fille indienne, disparue puis retrouvée au fond d’un fleuve est réputée s’être suicidée. Le shérif a toujours douté de cette théorie et à sa mort, sa fille demande à Tracy de regarder le dossier pour voir s’il y aurait matière à le rouvrir.
    On se concentre surtout sur cette seconde enquête qui est bien plus complexe qu’il n’y parait. D’abord la thèse du suicide, bien que facile, semble impossible à croire pour beaucoup de monde. Ensuite, les pistes, 40 ans après les faits, vont être plus que compliquées à suivre. Les témoins de l’époque ont oublié certaines choses, la famille ne veut pas de faux espoirs, les éventuels suspects semblent avoir beaucoup de choses à cacher.
    Dans ce tome, on retrouve la construction passé/présent qu’on avait pu voir dans le premier tome : on oscille ainsi entre 1976 et la première enquête et le présent, où Tracy essaie de faire parler des indices vieux de 40 ans.
    Les deux affaires dont est chargée Tracy ont une chose en commun : des apparences trompeuses.
    Contrairement aux tomes précédents, on sait assez vite l’identité des coupables, même s’il s’agit plus de la conviction de Tracy que d’un fait étayé par des preuves. Pour autant l’enquête ou plutôt les enquêtes restent passionnantes car tout ne s’arrête pas aux seuls noms des coupables.
    Si, dans le cas du meurtre de l’ex-mari, j’avais de sérieux doutes qui se sont révélés exacts, dans le cas de l’affaire classée, je ne pensais pas que les choses allaient si loin ! Quand on croit que les choses sont pliées, et bien non, il y a encore quelque chose ! J’adore ça quand même au moment de la résolution, on se rend compte que les choses sont plus complexes que prévu.
    Côté personnel, j’ai été assez satisfaite du tour que prend la relation entre Dan et Tracy. Pour une fois, je suis d’accord avec un auteur sur le déroulement de la vie personnelle des personnages.
    Il ne me reste qu’un tome à lire, j’espère que l’auteur va bientôt en sortir un autre parce que je vais vite être en manque de Tracy Crosswhite !

     

    Un extrait : Lorsque Tracy et Jenny s’étaient rencontrées à l’école de police, Jenny, âgée d’à peine vingt ans, était une jeune femme passionnée qui voulait marcher sur les traces de son père, mais n’avait que peu de chances de réussir son diplôme. Nostalgique de son foyer, submergée par la charge de travail, Jenny vivait dans une chambre de motel déprimante. Tracy avait insisté pour qu’elle emménage avec elle dans son appartement et se joigne à l’équipe d’entraînement et au groupe d’études de Tracy. Les performances de Jenny s’étaient améliorées de façon spectaculaire, et Tracy lui avait appris à tirer suffisamment bien pour réussir son examen de qualification.

    — Tu aurais trouvé ta voie. Tu as trouvé ta voie.

    Jenny s’appuya contre le bureau, de toute évidence émotionnellement vidée après deux longues journées.

    — Mon père va me manquer. Maria et Sofia ont elles aussi perdu un père, mais moi, j’ai perdu en même temps un mentor et un ami. Les premiers jours au bureau sans lui ont été durs.

    — Tu t’en sortiras très bien, Jenny.

    — Dan a l’air très bien. Tu penses que ça pourrait être le bon ?

    Tracy haussa les épaules.

    — J’aimerais le croire, mais l’année a été dingue. Au moins, il ne m’a pas larguée.

    — Tu plaisantes ? Il est amoureux de toi. Il est venu à l’enterrement du père d’une amie à toi qu’il n’avait jamais rencontrée. Ça s’appelle de l’amour.

    — J’espère, répondit-elle.

    Jenny contourna le bureau pour aller s’asseoir.

    — Écoute, je t’ai fait venir avec une arrière-pensée. J’espérais discuter de quelque chose. Je sais que le timing pourrait être meilleur, mais je me suis dit qu’il valait mieux le faire maintenant, sinon je risquais de ne jamais m’y résoudre.

    Elle tira d’un tiroir du bureau un dossier marron de quinze centimètres d’épaisseur, qu’elle posa sur le plateau.

    — Qu’est-ce que c’est ?

    — Une affaire classée, répondit Jenny avant de se reprendre : enfin, pas exactement. C’est compliqué. Il s’agit du premier cas sur lequel mon père soit intervenu lorsqu’il est devenu shérif adjoint. 1976. Je n’étais pas encore née, mais la plupart des gens qui ont grandi ici connaissent Kimi Kanasket.

    — Qui est-ce ?

    — Une élève du lycée local qui a disparu un soir en rentrant à pied chez elle. Mon père a répondu à l’appel.

     

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  • [Livre] Son dernier souffle

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    Résumé : Tracy Crosswhite, détective à la Criminelle, a repris son travail après le procès sensationnel de l'assassin de sa sœur. Encore marquée par cette épreuve, elle se trouve entraînée dans une enquête qui menace de mettre en danger sa carrière, voire même sa vie.
    Un tueur en série, baptisé le Cow-boy, assassine des jeunes femmes dans des motels miteux du nord de Seattle. Après avoir reçu un message de menaces suggérant que le tueur pourrait s'en prendre à elle, Tracy est chargée de mettre la main sur le meurtrier. Les pistes sont minces, le nombre des victimes augmente, et elle soupçonne que la solution se trouve dans une enquête pour homicide vieille de dix ans, que personne, à commencer par son capitaine, Johnny Nolasco, ne souhaite rouvrir.
    Le Cow-boy toujours en chasse, Tracy découvrira-t-elle des preuves qui permettront de l'arrêter, ou bien deviendra-t-elle sa prochaine victime ?


    Auteur : Robert Dugoni

     

    Edition : Amazon Crossing

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 07 Mars 2017

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : Dans le tome 1, quand Tracy part pour sa ville natale pour élucider le meurtre de sa sœur, 20 ans après les faits, elle était sur une affaire de meurtre : une danseuse exotique du nom de Nicole Hansen avait été retrouvée étranglée.
    Dans ce tome, cette affaire est remise sur le devant de la scène avec le meurtre similaire d’une nouvelle danseuse. En faisant des recherches sur les crimes similaires, Tracy trouve une vieille enquête, de toute évidence bâclée, menée par son capitaine, Nolasco, quand il était encore sur le terrain. Autant dire que l’homme, qui voue une haine féroce à Tracy depuis que celle-ci, 20 ans plus tôt, à l’école de police, non contente de lui avoir cassé le nez après qu’il ait eu un geste déplacé sous le prétexte de montrer aux recrues comment procéder à une fouille, a eu le culot de battre son record de tir, n'est pas particulièrement ravi de la voir mettre son nez dans ce dossier. 
    Je me demande comment un mec aussi vindicatif, ouvertement injuste, et commettant erreur sur erreur dans le but non dissimulé de mettre la carrière de sa subordonnée en danger peut toujours être en poste !
    S’il est marié, je lui conseillerais de se pencher un peu sur les allers et venues de sa femme parce qu’une chance pareille, c’est suspect !
    Malgré les bâtons dans les roues que lui met cet imbécile, Tracy avance dans l’enquête sans pour autant que tout semble lui tomber tout cuit dans le bec.
    Le tueur est d’une patience et d’une maîtrise de lui-même qui fait vraiment peur. Rien ne semble pouvoir l’atteindre.
    J’ai bien apprécié de retrouver l’affaire Nicole Hansen, non résolue, et toujours d’actualité, les thrillers ayant tendance à faire disparaître les affaires secondaires qui n’apportent rien à l’histoire. Ici, cette affaire qui est secondaire dans le tome 1 devient l’enquête principale dans le tome 2. Pour autant, l’auteur ne fait pas de pirouette pour expliquer comment une affaire a pu être mise de côté et reprise comme ça, sans que cela n’émeuve personne.
    Ici le fait que Tracy ait laissé cette affaire de côté pour aller enquêter sur sa sœur a des conséquences. Et les journalistes, surtout Maria Vanpelt, ne se privent pas de rappeler en toute occasion que si le tueur récidive aujourd’hui, c’est parce que Tracy ne l’a pas arrêté plus tôt.
    L’affaire prend très vite un tour personnel quand Tracy commence à se sentir suivie. Mais l’est-elle vraiment ? Et si oui, est-ce en rapport avec cette affaire ou cela n’a-t-il rien à voir ?
    Tracy se sent toujours aussi responsable de la mort des victimes et semble se reprocher sans cesse de ne pas trouver les meurtriers plus vite.
    Comme dans le premier tome, on ne manque pas de suspects. Et pour une fois, je suis fière de moi, j’ai compris qui était le tueur (ok, dix pages avant que ce soit révélé et il ne restait que 2 possibilités) en me rappelant un indice donné au cours de l’enquête (c’est bien la première fois que je me souviens comme ça d’un indice !).
    J’ai quand même été surprise, aussi bien de l’identité du tueur que des quelques évènements précédent son arrestation.
    Encore un coup de cœur pour ce roman que j’ai lu dans la journée malgré ses 512p. Deux tomes sont encore disponibles, ils ne resteront pas longtemps à attendre sur l’étagère !

     

    Un extrait : La journaliste blonde se tenait dans la lumière du projecteur d’une caméra, sa veste en Gore-Tex noire et violette scintillant d’une myriade de gouttelettes.

    « Des enquêteurs de scène de crime se sont précipités sur le champ de tir ici plus tôt dans la soirée », entama-t-elle.

    — Il faut toujours qu’ils essayent de dramatiser le moindre truc, n’est-ce pas ? remarqua l’homme.

    La femme ne répondit rien.

    « Après qu’une enquêtrice de la Criminelle qui s’exerçait sur le champ de tir de la police a découvert un nœud de pendu », continua la journaliste.

    L’homme se redressa.

    Vanpelt poursuivit : « Vous vous souvenez peut-être de mon reportage exclusif dans lequel je révélais que la danseuse exotique Nicole Hansen avait été étranglée à l’aide d’un nœud de pendu dans une chambre de motel sur Aurora Avenue. Eh bien ce soir, nous avons appris que la détective de la Criminelle chargée de l’enquête sur cette affaire est celle qui a découvert le nœud au champ de tir ! »

    À l’image apparurent les agents de police en uniforme et en civil, ainsi que des voitures de patrouille et une camionnette de techniciens de scène de crime.

    « La famille de Nicole Hansen a critiqué la décision de la police de Seattle de reléguer cette enquête à la Division des affaires classées après tout juste quatre semaines, décision qui a également entraîné des protestations énergiques de plusieurs organisations des droits des femmes. La police a refusé de confirmer s’il y avait un lien quelconque entre le dossier de Hansen et le nœud retrouvé ce soir, mais celui-ci semble assurément transmettre un message bien précis. »

    « Merci, Maria, conclut le présentateur en tripotant les papiers sur son bureau. Bien entendu, c’est une affaire que notre chaîne continuera à suivre de près. »

     

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  • [Livre] Le bonhomme de neige

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    Résumé : Les premiers flocons ont quelque chose de féerique. Ils rapprochent les couples dans la chaleur des veillées, étouffent les bruits, étirent les ombres et masquent les traces. Dans le jardin familial des Becker, un bonhomme de neige fait irruption, comme sorti de nulle part, sorte de croquemitaine blanc, ses grands yeux noirs braqués sur les fenêtres du salon. Le lendemain matin, la mère a disparu, ne laissant qu'une écharpe rose entourée au cou du bonhomme de neige... Trop de femmes en Norvège, depuis des années, n'ont plus donné signe de vie dès la première neige. Harry Hole reçoit une lettre qui lui annonce d'autres victimes. D'une sobriété étonnante, l'inspecteur va se retrouver confronté, pour la première fois de sa carrière, à un tueur en série agissant sur son territoire. L'enquête le conduira jusqu'au gouffre de la folie.


    Auteur : Jo Nesbø

     

    Edition : Gallimard

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 29 octobre 2015

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Le bonhomme de neige est le 7ème tome des enquêtes de Harry Hole, du coup, on sent bien que la vie privée de Harry a déjà été bien abordée dans les tomes précédents. Mais l’enquête étant totalement indépendante, ça ne pose aucun problème de lecture.
    D’autant que le personnage se cerne assez vite : un bon flic, doté d’un solide instinct et du flair d’un chien de chasse, mais clairement alcoolique et entretenant des rapports conflictuels avec sa hiérarchie.
    Mais il faut lui reconnaitre qu’il ne lâche rien. Il explore toutes les pistes et, contrairement à ses chefs, n’hésite pas à dire au public quand il s’est planté, quand ceux-ci veulent étouffer les erreurs commises pour des questions de politique et d’image.
    Dans la recherche du tueur surnommé « le bonhomme de neige », les fausses pistes s’enchaînent. Plusieurs suspects sont sérieusement envisagés, d’autant plus que plusieurs personnes ont pas mal de choses à cacher, que ces choses aient quelque chose à voir avec le tueur ou pas.
    La façon de faire du tueur, lors de ses meurtres, fait vraiment froid dans le dos (vous me direz… pour un bonhomme de neige…).
    Sans jamais nous dévoiler quoi que ce soit sur l’identité du coupable, le roman revient sur plusieurs moments passés qui montrent que le tueur n’en est pas à son coup d’essai.
    Pour les suspects, on a l’embarras du choix : maris des victimes, un chirurgien plastique au comportement suspect, un célèbre journaliste pervers et narcissique ou encore cet homme, qui vient faire des travaux dans l’appartement de Harry ? Ce dernier m’a beaucoup intriguée. Tout au long du roman je me suis demandée : Est-ce le tueur ? L’auteur est-il en train de mettre en place un personnage pour un prochain tome ? Ou encore n’est-ce qu’un leurre qui attire notre attention et la détourne d’un faisceau d’indice qui pourrait nous conduire au coupable ?
    La tension reste présente jusqu’à la dernière ligne.
    Si j’ai eu un peu de mal à me faire à l’écriture de Jo Nesbo, je ne regrette absolument pas de m’être accrochée parce que maintenant, je suis vraiment fan de Harry Hole !

     

    Un extrait : « On dirait que le capitaine de police a oublié de t’en informer. »

    Elle fit la remarque en insistant légèrement sur toutes les syllabes du grade de Gunnar Hagen.

    « Mais tu es censé me faire faire le tour du propriétaire et t’occuper de moi au cours des jours à venir. Jusqu’à ce que je sois en mesure de me débrouiller seule. Tu y arriveras, tu crois ? »

    Harry sourit. Il l’appréciait, jusqu’à présent, mais était bien sûr susceptible de changer d’avis. Harry était toujours pleinement disposé à donner aux gens une nouvelle chance d’atterrir sur sa liste noire.

    « Je ne sais pas, répondit-il en s’arrêtant près de la machine à café. Commençons par ceci.

    – Je ne bois pas de café.

    – Peu importe. Cela se passe d’explications. Comme pas mal de choses ici. Que penses-tu de cette disparition ? »

    Harry pressa le bouton « Americano », qui en l’occurrence était aussi américain qu’un café de ferry norvégien.

    « Oui ? répondit Bratt.

    – Tu crois qu’elle est vivante ? »

    Harry essaya de poser la question sur un ton sérieux, pour qu’elle ne comprenne pas que c’était un test.

    « Tu me prends pour une idiote ? » Elle regarda avec un dégoût non dissimulé la machine qui crachait en toussant un liquide noir dans un gobelet en plastique blanc. « Tu n’as pas entendu le capitaine dire que j’avais travaillé aux mœurs pendant quatre ans ?

    – Mmm. Morte ?

    – Autant que faire se peut », répondit Katrine Bratt.

    Harry leva le gobelet blanc. Il apercevait peut-être la possibilité d’avoir récupéré une collègue qu’il apprécierait.

     

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  • [Livre] Le zoo

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    Résumé : Le zoo est sur le point de fermer ses portes. Joan et son fils de quatre ans, Lincoln, sont dans leur coin préféré, à l'écart du chemin principal. Ils profitent des dernières minutes. Mais quand ils se dirigent vers la sortie, ce qu'ils découvrent transforme cette journée de rêve en cauchemar : des corps étalés sur l'herbe, des hommes armés de fusils. Sans réfléchir, Joan prend son enfant dans ses bras et court, jusqu'à en perdre le souffle, jusqu'à ce que ses muscles la brûlent.
    Pendant trois heures, la mère et son fils vont se retrouver piégés avec les animaux et les tueurs. Pour sauver Lincoln, Joan est prête à tout... même au pire.


    Auteur : Gin Phillips

     

    Edition : La bête noire

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 21 septembre 2017

     

    Prix moyen : 7,50€

     

    Mon avis : Joan est une femme comme les autres. Elle n’a rien d’une héroïne, n’a pas de capacité ou de formation particulière, c’est juste une maman lambda pourvue d’un petit garçon de 4 ans qui n’a pas la langue dans sa poche.
    L’action se déroule en à peine 3h mais les chapitres, qui nous font le décompte du temps nous montrent bien combien ces 3h sont interminables pour les protagonistes.
    J’ai beaucoup aimé Joan. Ses réactions sont parfaitement réalistes et on ressent à la fois sa peur et sa farouche détermination à protéger son fils coûte que coûte.
    J’ai eu plus de mal avec Lincoln. Je pense que c’est le contraste entre son vocabulaire, qui m’a semblé trop élaboré pour son âge, ainsi que ses réflexions trop matures et son comportement (parler fort parce que sa mère lui demande de ne pas le faire, pleurer à la moindre contrariété, faire du bruit en permanence…) qui m’a agacée.
    La plupart du temps, j’ai oublié qu’il avait 4 ans et j’avais envie de le secouer pour qu’il la ferme (remarquez, même en tenant compte de son âge… il me gonflait…). Je sais que je suis injuste mais je n’ai pas pu dépasser ce sentiment d’exaspération.
    Le livre est à 95% un huis-clos et l’ambiance est oppressante. On suit essentiellement Joan et son fils mais on a quelques aperçus de ce que vivent d’autres personnes, y compris l’un des tireurs.
    Je comprends les choix de Joan, même s’ils paraissent moralement discutables. Après tout, sa préoccupation première est de protéger son fils et pour ça, elle est prête à tout.
    La fin est extrêmement abrupte puisque le livre s’arrête à la fin de l’action des tireurs quelle qu’en soit l’issue. Ainsi, on reste ignorant du sort de la plupart des protagonistes.
    J’avoue que cette fin, même si je comprends le choix de l’auteur, m’a un peu frustrée. J’aurais aimé en savoir plus sur ce qu’il s’est passé et qu’on n’a pas vu parce qu’on ne voyait que ce que voyait Joan.
    Malgré tout, ce livre reste un thriller psychologique très prenant et j’ai adoré ma lecture.

     

    Un extrait : Elle entend un nouveau bang, plus fort et plus près qu'avant, suivi d'une dizaine de détonations sèches. Peut-être un mécanisme hydraulique ?

    Ils arrivent au bord d'un plan d'eau – le plus grand du zoo, presque un lac –, et elle aperçoit des cygnes qui filent à la surface. Le sentier bifurque : la branche de droite conduit de l'autre côté de l'étang, vers le secteur de l'Afrique, tandis que celle de gauche les emmènerait à la sortie en quelques secondes. Elle voit l'éclair rouge et vert des perroquets droit devant, inhabituellement silencieux. Elle aime leur petite île au milieu de tout ce béton – un bassin entouré de briques avec un monticule couvert d'herbe et d'épineux – et c'est toujours leur premier et dernier arrêt, l'ultime rituel de toutes leurs visites.

    — Tu devrais t'exercer à parler comme un perroquet, lui suggère-t-elle.

    — Je n'ai pas besoin de m'exercer. Je veux juste voir les épouvantails.

    — Il va falloir qu'on les regarde sans s'arrêter.

    Une longue rangée d'épouvantails a été dressée le long de la palissade qui fait le tour du plan d'eau. Beaucoup ont des citrouilles à la place de la tête, et Lincoln est absolument fasciné. Il aime Superman et l'astronaute – celui avec la citrouille peinte en blanc comme un casque spatial –, mais surtout le Chat qui porte un chapeau.

    — Allez, mon cœur, c'est bon.

    Il lui lâche la main et lève les bras.

    Joan jette un coup d'œil le long de la barrière et repère la tête de citrouille bleue de Pete le Chat. Vers le milieu, plusieurs épouvantails sont tombés. Une demi-douzaine, soufflés par le vent, suppose-t-elle. Sauf que non, il n'y a pas eu de bourrasque. Et pourtant, les épouvantails sont renversés, éparpillés tout du long jusqu'à l'enclos des perroquets, et encore au-delà.

    Non, pas des épouvantails. Pas des épouvantails.

    Elle voit bouger un bras. Un corps beaucoup trop petit pour être un épouvantail. Une jupe, remontée de façon indécente sur une hanche pâle, des jambes fléchies.

    Elle relève lentement les yeux, mais quand elle regarde plus loin, derrière les formes allongées par terre, après les perroquets, vers le long bâtiment avec les toilettes publiques et les portes marquées RÉSERVÉ AU PERSONNEL, elle repère un homme debout, immobile, à côté de la fontaine à eau. Il lui tourne le dos. Il est en jean et tee-shirt noir. Il a les cheveux bruns ou noirs, et à part cela elle ne distingue pas les détails, sauf un, quand l'homme finit par bouger : il donne un coup de pied dans la porte des toilettes, son bras remonte pour la rattraper, et elle voit qu'il tient une arme à feu dans la main droite, une espèce de fusil, long et noir, dont le bout étroit monte comme une antenne derrière sa tête alors qu'il disparaît entre les murs vert pâle des toilettes pour femmes.

    Elle croit percevoir un autre mouvement du côté des perroquets, un autre personnage encore debout, mais elle n'en voit pas davantage car à cet instant elle se détourne.

    Elle attrape Lincoln, le soulève – les jambes du garçon se balancent lourdement –, et le dépose sur sa hanche, sa main droite serrée autour de son poignet gauche sous les fesses de l'enfant.

    Elle se met à courir.

     

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  • [Livre] Sisters

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    Résumé : Irène avait trois ans quand ses parents l’ont abandonnée. Sa sœur, Eléonore, en revanche, ils l’ont gardée. Mais leur mère vient de mourir, et Eléonore l’a retrouvée.
    En acceptant d’assister aux funérailles, Irène espère comprendre enfin ce qu’il s’est passé trente ans plus tôt. Elle croyait que ses parents ne voulaient plus d’elle. Et si la vérité était plus terrible encore ? 


    Auteur : Michelle Adams

     

    Edition : Bragelone

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 14 Juin 2017

     

    Prix moyen : 19,50€

     

    Mon avis : Dès le début, dès les premières lignes, on sait sans l’ombre d’un doute qu’El est une malade mentale, au sens médical. Au vu de son attitude, je pense que c’est une sociopathe.
    La relation entre Irène et El est clairement toxique mais quand on voit les relations d’Irène avec les autres membres de sa famille, que ce soit son père ou sa tante, ainsi que ses relations avec son petit ami, on se rend compte que la jeune femme n’a de bonnes relations avec personne et que tous ses problèmes relationnels ramènent toujours à El.
    Manipulatrice, sadique, violente, instable, El terrorise tout le monde et j’ai eu beaucoup de mal avec les justifications que tout le monde trouve pour ne pas avoir dénoncé cette malade à la police.
    L’excuse « c’est la famille » ne peut pas fonctionner pour tout.
    J’ai trouvé que l’histoire met très longtemps à se mettre en place. J’ai trouvé que l’histoire tournait beaucoup en rond autour de l’attitude d’El sans que ça fasse vraiment avancer l’histoire et celle-ci ne décolle vraiment qu’à la moitié du roman.
    Là, les choses s’enchaînent assez vite et l’ampleur de la psychologie instable et perverse d’El se révèle dans toute sa splendeur.
    Le problème pour Irène c’est que tout le monde ment dans cette histoire, tout le monde a quelque chose à cacher et ça ne facilite pas la tâche d’Irène.
    J’ai eu beaucoup de mal avec Antonio, le compagnon d’Irène, qui est, à mes yeux, un vrai parasite. Pour ne citer qu’un exemple, le mec fait des cadeaux à Irène et à lui-même et ce, toujours avec l’argent d’Irène bien entendu.
    J’ai eu du mal aussi avec les deux flics, surtout la femme, qui sont dans le jugement constant sur les relations d’Irène avec sa famille alors qu’ils ne savent rien de la manière dont Irène a été traité par sa famille.
    En revanche, j’ai beaucoup aimé Matt qui, même s’il a, lui aussi, des failles et des secrets, est sûrement le personnage le plus équilibré et le plus sain dans le livre.
    Si j’ai une réserve, c’est sur la fin que je trouve à la fois précipitée et incomplète.
    Plein de questions restent en suspend et je n’ai pas trop appréciée. Sans aller jusqu’à la trouver bâclée, je trouve qu’elle aurait pu être bien meilleure.

     

    Un extrait : J’opte pour un aller simple, car j’ignore quand je serai en état de rentrer chez moi. Cette idée me fait perdre aussitôt le peu d’assurance que j’ai pu puiser. Antonio ne me propose pas de m’accompagner. Peut-être qu’un peu d’air lui fera du bien. Peut-être que ça nous fera du bien à tous les deux.

    - Viens te recoucher, maintenant, dit-il.

    Antonio m’emmène en me tenant par la main, comme une adolescente qui s’apprête à se faire sauter pour la première fois. On se glisse dans les draps. Il me prend dans ses bras et m’embrasse.

    Une sensation qui m’a manqué ces derniers temps, alors qu’il s’est montré de plus en plus froid et distant. Je m’abandonne à son étreinte, en essayant de retrouver mes sensations d’antan. Mais ce n’est pas le cas. Le toucher d’Antonio est anguleux, comme si nous étions deux pièces de puzzle qui ne vont pas ensemble. Sa présence auprès de moi n’a plus le pouvoir de balayer le passé, comme avant.
    Le réveil affiche maintenant 2 :46. Le temps s’écoule de plus en plus lentement. Chaque seconde m’enfonce un peu plus loin sous la surface. Je pourrai battre des pieds tant que je veux, ça n’y changera rien. Le compte à rebours a commencé, vers ce rendez-vous inéluctable, avec une femme silencieuse qui a été ma mère. Entourée par la nuit et les bras d’Antonio, je me demande quelle terrible bêtise je viens de faire.
    Je n’aurais pas dû dire à El que je venais. J’aurais dû ignorer la voix au fond de moi qui me disait que j’avais une dette envers elle. J’aurais dû m’enfuir en courant, comme je l’ai fait il y a des années quand, en pyjama, les larmes dégoulinant de mon visage et le bras en sang, j’ai compris que ma seule chance de survie était de m’éloigner d’elle. Cette journée nous a séparées pour de bon, en même temps qu’elle nous a liées l’une à l’autre définitivement. Ce jour-là, El m’a sauvé la vie. Elle m’a aussi terrifiée, plus que jamais.
    Ce n’est pas seulement la soif d’en savoir plus qui me ramène au bercail. J’ai besoin de revoir El, aussi. Je suis irrémédiablement liée à elle, en dépit du danger. Je n’y peux rien. J’ai cru pouvoir la repousser, toutes ces années durant, mais j’en suis incapable. Je croyais que je pouvais me passer d’elle. C’est faux. Et cette idée me terrifie, parce que, quand El ma annoncé la mort de notre mère, et que j’ai oublié de lui demander comment elle est morte, j’avais une bonne raison d’oublier. Je n’avais pas besoin de le lui demander. Je sais comment elle est morte. Je suis sûre que c’est El qui l’a tuée.

     

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  • [Livre] Glacé

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    Résumé : Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée. Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d’altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ? Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l’extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation !


    Auteur : Bernard Minier

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 10 mai 2012

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Comme souvent dans les romans de Bernard Minier, j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire. Il ne m’a fallut, cela dit, qu’une soixantaine de pages pour que l’écriture de Bernard Minier fasse mouche et que je plonge toute entière dans les montagnes des Pyrénées et dans la première enquête de Martin Servaz.
    Les pratiques psychiatriques évoquées dans le livre font froid dans le dos (d’autant plus que, dans une note à la fin du livre, Bernard Minier explique qu’il n’a rien inventé et que toutes les pratiques qu’il évoque ont bien court).
    Les différents aspects de l’enquête semblent, à première vue, n’avoir aucun liens entre eux, mais, contrairement à d’autres romans dans lesquels on ne sait pas où on va, ici, on sait qu’il y a un lien. La police le sait aussi. Reste à trouver lequel. Cela dit, savoir qu’il existe un lien a changé ma façon de lire car j’étais à l’affut du moindre indice pouvant m’expliquer comment les différents éléments étaient reliés.
    La pression sur les personnages est constante que ce soit la pression de la hiérarchie pour certains, ou la peur, qu’elle soit dû à l’isolement ou au danger, ressentie par d’autres.
    On voit que l’auteur, en plus de s’être renseigné sur les pratiques psychiatriques, s’est aussi rencardé sur le coin où se déroule son histoire.
    Ses descriptions, sans être lourdes, nous plongent merveilleusement bien dans l’ambiance de cette vallée isolée, entourée de montagnes.
    J’ai beaucoup aimé le fait que l’enquête tourne parfois en rien, piétine, puis qu’un détail vienne infirmer certaines pistes, confirmer d’autres ou encore ouvre la voie à une nouvelle piste. Cela rend l’enquête plus réaliste.
    Les personnages, même quand ils ne sont pas attachants, ont beaucoup de profondeur. L’auteur dissémine des informations sur leur passé, sur leur vie, que ce soit au cours de l’enquête pour l’entourage des victimes ou lors de scènes intermédiaires qui, en plus de nous rendre les protagonistes plus réels, font un peu redescendre la pression tout au long du livre.
    Même si je vous déconseille de faire la même erreur que moi, à savoir lire ce livre dans l’obscurité (sauf si ça ne vous fait rien d’aller vérifier toutes les 5 minutes que les portes et fenêtres sont bien fermées), je ne peux que vous recommander ce roman et même, tant qu’à faire, cet auteur et toutes les enquêtes de Martin Servaz.

     

    Un extrait : L’hélico s’élança à l’assaut de la montagne comme un moustique survolant le dos d’un éléphant. Le grand toit d’ardoise de la centrale et le parking plein de véhicules s’éloignèrent brusquement – trop brusquement au goût de Servaz, qui sentit un trou d’air lui siphonner l’estomac.

    Sous l’appareil, les techniciens allaient et venaient, en combinaison blanche sur le blanc de la neige, de la gare du téléphérique au fourgon-laboratoire, transportant des mallettes qui contenaient les prélèvements effectués là-haut. Vue d’ici, leur agitation paraissait dérisoire : l’effervescence d’une colonne de fourmis. Il espéra qu’ils connaissaient leur travail. Ce n’était pas toujours le cas, la formation des techniciens en scènes de crime laissait parfois à désirer. Manque de temps, manque de moyens, budgets insuffisants – toujours la même rengaine, malgré les discours politiques promettant des jours meilleurs. Puis le corps du cheval fut emballé dans sa housse, la fermeture à glissière tirée sur lui et le tout roulé sur une grande civière jusqu’à une longue ambulance qui démarra sirène hurlante, comme s’il y avait une quelconque urgence pour ce pauvre canasson.

    Servaz regarda devant lui à travers la bulle de Plexiglas.

    Le temps s’était dégagé. Les trois tuyaux géants qui émergeaient de l’arrière du bâtiment escaladaient le flanc de la montagne ; les pylônes du téléphérique suivaient le même trajet. Il hasarda un nouveau coup d’œil vers le bas – et le regretta aussitôt. La centrale était déjà loin au fond de la vallée, les voitures et les fourgons rapetissaient à grande vitesse, dérisoires points de couleur aspirés par l’altitude. Les tuyaux plongeaient vers la vallée comme des sauteurs à skis du haut d’un tremplin : un vertige de pierre et de glace à couper le souffle. Servaz pâlit, déglutit et se concentra sur le haut du massif. Le café qu’il avait avalé au distributeur dans le hall flottait quelque part dans son œsophage.

    — Ça n’a pas l’air d’aller.

    — Pas de problème. Tout va bien.

    — Vous avez le vertige ?

    — Non…

    Le capitaine Ziegler sourit sous son casque à écouteurs. Servaz ne voyait plus ses yeux derrière ses lunettes de soleil – mais il pouvait admirer son bronzage et le léger duvet blond de ses joues caressées par la lumière violente qui se réverbérait sur les crêtes.

    — Tout ce cirque pour un cheval, dit-elle soudain.

    Il comprit qu’elle n’approuvait pas plus que lui ce déploiement de moyens et qu’elle profitait qu’ils fussent à l’abri des oreilles indiscrètes pour le lui faire savoir. Il se demanda si sa hiérarchie lui avait forcé la main. Et si elle avait renâclé.

    — Vous n’aimez pas les chevaux ? dit-il pour la taquiner.

    — Je les aime beaucoup, répondit-elle sans sourire, mais ce n’est pas le problème. Nous avons les mêmes préoccupations que vous: manque de moyens, de matériel, de personnel, et les criminels ont toujours deux longueurs d’avance. Alors, consacrer autant d’énergie à un animal…

    — En même temps, quelqu’un capable de faire ça à un cheval…

    — Oui, admit-elle avec une vivacité qui lui fit penser qu’elle partageait son inquiétude.

     

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  • [Livre] La voie du loup

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    Résumé : Elka n’a aucun souvenir de sa vie d’avant. D’avant le Grand Basculement qui a renvoyé le monde à la vie sauvage et restauré la loi du plus fort. Recueillie à l’âge de sept ans par Trappeur, un chasseur solitaire, alors qu’elle errait affamée, elle a appris à survivre dans la forêt. Mais Trappeur dissimule un horrible secret. Trappeur est un tueur. Un monstre qui n’a jamais laissé aucune proie s’échapper.
    Maintenant qu’elle le sait, Elka décide de s’enfuir. Armée de son seul couteau, traquée par le prédateur qui l’a élevée, elle part vers le Nord, à la recherche de ses vrais parents. 
    Son voyage au cœur des ténèbres commence, hanté par les souvenirs qui lui reviennent peu à peu. Féroce et vulnérable à la fois, indomptable et sensible, Elka n’est peut-être pas celle qu’elle croit


    Auteur : Beth Lewis

     

    Edition : Bragelonne

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 18 janvier 2017

     

    Prix moyen : 22€

     

    Mon avis : Dans ce livre, on se retrouve dans une société post apocalyptique, après qu’une guerre, nommée « la chute » ou « la grosse cata » ait ramené la civilisation plusieurs siècles en arrière.

    Dans ce monde dur et hostile règne la loi du plus fort et même les marshals, qui font régner une justice impitoyable et aveugle, sont plus féroces que les pires bandits.

    Les retombées des bombes tombées pendant le conflit ont créées l’apparition de « tempêtes-monstres » dévastatrices. C’est pendant l’une d’elle que l’héroïne perd sa grand-mère, sa seule famille depuis que ses parents l’ont laissé sous sa garde pour aller chercher fortune dans le nord.
    Nommée Elka par l’homme qui l’a recueillie dans la forêt et qui va l’élever, elle apprend tout ce qu’elle doit savoir pour survivre dans cet univers hostile : chasser, allumer un feu, repérer des traces, s’orienter etc…

    Elle grandit ainsi aux côté de celui qu’elle appelle Trappeur jusqu'à jour où un marshal, Jennifer Lyon, lui apprend la vérité sur celui qu’elle considère comme son père : Trappeur, de son vrai nom Kreagar est un prédateur de la pire espèce, coupable d’une dizaine de meurtres sordides. D’abord incrédule, Elka additionne certains des comportements de Trappeur et, convaincue, décide de ficher le camp.
    A partir de là, commence un vraie chasse à l’homme. Kreagar poursuit Elka, même si elle ne le sait pas pendant une grande partie du roman contrairement à nous, lecteur, car elle nous raconte l’histoire après les faits et du coup à un recul lui permettant de nous en dire plus que ce qu’elle savait elle-même au moment où elle a vécu les évènements. Le marshal Lyon poursuit Kreagar et Elka, qu’elle soupçonne de complicité. Enfin Elka poursuit un rêve : retrouver ses vrais parents.
    Elka est forte, volontaire, indépendante, débrouillarde, en revanche elle est d’une naïveté affligeante, ne connaît rien aux émotions et ne sait absolument pas juger ses semblables ce qui va la mettre à plusieurs reprises dans des situations difficiles.

    Sur sa route, Elka va rencontrer une jeune fille, elle-même porteuse d’ennuis et de secrets, Penelope, et, au contact de cette jeune fille déterminée, elle s’humanise un peu. Malgré ses propres problèmes, Penelope va lui permettre de s’ouvrir un peu.

    Je ne spoile rien en vous disant que les choses vont mal se terminer soit pour Elka, soit pour Kreagar. C’est inévitable avec deux personnalités pareilles qui s’affrontent (et puis, on sait ce qu’il va se passer dès le prologue).

    Cependant, les rebondissements ne manquent pas et il y a beaucoup de choses que je n’avais pas vu venir.

    J’ai toutefois un regret, ou plutôt deux en fait. Le premier est de ne pas avoir vu Loup plus que cela. J’aimais bien la relation entre Loup et Elka et j’ai trouvé que tout se terminait un peu en queue de poisson.

    Le second est de ne pas avoir eu d’information sur les raisons de ce nouveau monde. Certes on sait pas mal de choses mais j’aurais aimé en savoir un peu plus.

    En dehors de ces deux points, j’ai beaucoup aimé ma lecture.

     

    Un extrait : Par un temps pareil, notre petite cabane de deux pièces au fin fond de la forêt n’avait pas l’ombre d’une chance. Mamie disait que grand-père et elle l’avaient rafistolée une centaine de fois avant qu’il meure pendant le Second Conflit, une vingtaine d’années plus tôt, et qu’elle avait bien dû la reconstruire toute seule une centaine de fois depuis. Elle et moi, on n’arrêtait pas de se disputer, mais je ne gardais pas que de mauvais souvenirs de ma vie avec elle ; alors, quand la tempête est venue, j’aurais vraiment aimé qu’elle soit là pour me serrer dans ses bras puissants.

    J’ai vu la tempête approcher depuis le nord, roulant entre les collines au sommet de la vallée. Foutue vallée. Elle a agi comme un corral, un entonnoir où le vent s’est engouffré, droit vers la forêt jusqu’à notre porte, et Ridgeway quelques kilomètres plus loin. La tempête a emporté des rochers, cassé des branches et mélangé le tout avec de la glace et de la pluie. Je l’ai vue par la fenêtre, dévalant la colline tel un grizzly en chaleur.

    Le sol a tremblé. J’ai eu froid à mes doigts de pied. Le toit a été arraché et s’est écrasé contre les cèdres. Je suis certaine d’avoir hurlé, même si je ne m’en souviens pas. J’ai eu l’impression que l’enfer tombait sur mes jeunes épaules. Le tonnerre a failli me rendre sourde. La grêle et la pluie m’ont complètement gelée. Je me suis cachée sous la table de la cuisine, cramponnée à un pied comme un bébé, et j’ai crié pour que ça s’arrête, pour qu’on me laisse tranquille. Pour réclamer le retour de mamie aussi. Je l’ai maudite plus d’une fois.

    Puis j’ai été emportée dans les airs. La table s’est soulevée comme une feuille morte et, avant que j’aie eu le temps de réagir, je me suis retrouvée trop haut pour lâcher prise. J’ai enfoncé mes ongles dans le bois, les yeux plissés. Je me suis éraflé les bras et les jambes sur des rochers, des branches m’ont tirée par les cheveux. De petites billes de glace m’ont frappée au visage, on aurait dit de la limaille de fer. Ce vent nous a ballottées, la table et moi, comme si on ne pesait rien. Il s’amusait avec nous. La table a été arrachée, ou bien j’ai lâché, je ne sais plus. Je tourbillonnais dans tous les sens, je ne savais plus ce qui était en haut et en bas, ou si j’étais morte.

    Je ne sais pas grand-chose de ce qui s’est passé après. Les éléments ont dû me relâcher, après avoir assez joué avec moi. Tout à coup, j’étais en train de tomber, tiraillée par les courants d’air, et la tempête s’éloignait vers l’est. J’ai plongé la tête la première dans la forêt. J’ai traversé les branches, avec autour de moi des odeurs de cèdre, d’aulne et de cyprès. Elles m’ont bercée, ont freiné ma chute, jusqu’à ce que l’une d’entre elles refuse de me lâcher. Mon gilet est resté accroché et je me suis balancée à trois mètres du sol. J’ai senti le sang sur moi, mes coupures me piquaient et j’avais la gorge à vif à force de crier. Puis mon gilet a cédé et je suis tombée. J’ai atterri sur la mousse avec un bruit sourd et j’ai eu très mal au dos.

    Étourdie, j’étais. Je m’en souviens comme si c’était hier. La tempête s’est épuisée au-dessus de la crête. Ça ne dure jamais bien longtemps, mais ça ne s’oublie pas. J’oscillais sur mes jambes, tâchant de mettre de l’ordre dans mes pensées, de donner un sens à ce que je venais de vivre dans ma tête de gamine. Il s’est peut-être écoulé dix minutes. Ou une demi-journée. Je crois que c’est la faim qui m’a rappelée à la réalité.

    Tout était vert et brun. Impossible de distinguer le ciel à travers les branches. Je ne voyais pas à plus d’un mètre devant moi. Heureusement, ma petite taille me permettait de me faufiler entre les troncs.

    — Mamie ! j’ai crié. Mamie, t’es où ?

    Mais la forêt n’a pas répondu. Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que mamie ne viendrait pas.

    On habitait dans le sud de la vallée. Mais Ridgeway était encore plus au sud. Un jour, mamie me l’avait montré sur une carte. La tempête était venue du nord – une direction à éviter, donc. Ma jeune tête m’a conseillé d’aller vers le sud. En bas sur la carte. Alors, je suis partie par là.

    Je me suis perdue assez vite.

     

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  • [Livre] La fille sous la glace

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    Résumé : Encore marquée par la mort en service de son mari, l’inspectrice en chef Erika Foster découvre son nouveau poste dans un commissariat de Londres. Premier jour, première affaire et non des moindres : le corps d’Andrea Douglas-Brown, fille d’un riche industriel, a été retrouvé dans le lac gelé du Horniman Museum de Forest Hill. Que faisait la jeune femme mondaine dans ce quartier mal famé ?
    Effondrée par la disparition d’Andrea, sa famille semble pourtant redouter ce que l’enquête pourrait dévoiler d’eux. Hasard ? Vengeance ? Crime passionnel ? Pour faire éclater la vérité, Erika Foster devra faire la lumière entre règne des apparences et sombres secrets.


    Auteur : Robert Bryndza

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : Aout 2017

     

    Prix moyen : 21€

     

    Mon avis : Erika Foster reprend du service après avoir vécu un drame : La mort de son mari en service au cours d’une opération qu’elle-même dirigeait. J’ai d’ailleurs été très frustrée de ne pas avoir plus de détails sur cette opération.
    La reprise n’est pas de tout repos puisqu’elle se retrouve à enquêter sur la mort violente d’Andrea, fille d’un homme d’affaire aristocrate faisant partie de la chambre des Lords. Autant dire que les pressions exercées sont puissante et Erika se retrouve a devoir plus ménager les susceptibilités de la famille qu’à réellement enquêter sur le meurtre d’Andrea. D’autant plus que le détective a qui l’affaire a été retirée pour être confiée à Erika l’a assez mal pris et fait tout pour lui mettre des bâtons dans les roues.
    Au travers de l’exaspération d’Erika ont découvre une justice à deux vitesses où le rang social de la victime et du ou des suspects entrent plus en ligne de compte pour déterminer le comportement de la police que la simple équation : meurtre + meurtrier = chercher le coupable et l’arrêter.
    Aux pressions de ces gens aisés qui veulent bien qu’Erika enquête du moment qu’elle ne fouille pas trop dans leur vie privée, s’ajoute la pression des média qui ne perdent pas une occasion d’augmenter leurs tirages en attaquant tour à tour la famille, la police, les éventuels suspects et le gouvernement.
    Tout ce mic mac ne fait qu’entraver l’enquête qui n’était déjà pas facile à l’origine et quand le père de la victime s’imagine qu’il peut diriger la police à sa guise en s’appuyant sur son rang et ses amis haut placés, ça fait des étincelles. Même si Erika semble s’être lancée dans une lutte évoquant le pot de terre contre le pot de fer, elle ne baisse pas les bras et fais tout son possible pour rendre justice à la victime qui reste sa préoccupation première.
    L’auteur rend ses personnages plus réels en leur donnant une vie en dehors de l’affaire. Même si on n’insiste pas sur cet aspect des choses, les quelques scènes où l’on constate que le chef, la collègue et d’autres, ont une vie, parfois de famille, a suffit à les rendre plus consistant, sans que ces informations ne prennent jamais le pas sur l’enquête et sur l’intrigue.
    J’ai apprécié qu’aucune question ne reste en suspend à la fin du roman et j’ai également aimé que tout ne tombe pas tout cuit dans le bec d’Erika sous prétexte qu’elle prend le contrepied de sa hiérarchie. Elle rame sacrément pour étayer ses théories et, à plus d’une reprise elle se demande si elle ne fait pas fausse route. Le coupable ne lui est pas livré avec un gros nœud rouge posé sur le sommet du crâne.
    L’écriture est sacrément addictive et j’ai eu du mal à fermer le livre pour dormir. Si j’avais pu, j’aurais enchaîné les pages jusqu’à la fin sans la moindre coupure.
    Ce premier roman est une réussite et j’espère lire bientôt une nouvelle enquête d’Erika Foster !

     

    Un extrait : Erika fila se changer dans le vestiaire des femmes. Il y avait bien longtemps qu’elle n’avait plus porté cette tenue pourtant familière : pantalon noir, chemise blanche, pull noir et veste de cuir. Après avoir rangé ses vêtements civils, elle attrapa l’exemplaire du Daily Mail oublié sur l’un des bancs et y jeta un coup d’œil. Sous le gros titre – « Disparition de la fille d’un pair du Parti conservateur » – une grande photo d’Andrea Douglas-Brown montrait un gros plan de la jeune fille en bikini, sur un yacht. Fond de ciel parfaitement bleu et mer scintillante sous le soleil. Bronzée, les épaules rejetées en arrière pour mettre ses seins en valeur, Andrea défiait l’objectif d’un regard assuré et ardent. C’était une belle fille, raffinée, aux lèvres pleines et aux longs cheveux châtains. Ses yeux bruns pétillaient. La photo laissait entrevoir les épaules puissantes de deux garçons qui l’enlaçaient. L’un des deux était plus grand que l’autre. À ce détail près, impossible de savoir qui ils étaient et à quoi ils ressemblaient. Tout le reste était hors cadre.

    Une « mondaine » de seconde zone – voilà comment le Daily Mail décrivait Andrea. Ça ne lui aurait pas plu, Erika était prête à le parier. Mais, au moins, contrairement à ses concurrents, ce tabloïd s’abstenait de l’appeler familièrement « Andie ». Les journalistes s’étaient payé l’audace d’aller parler aux parents, Lord et Lady Douglas-Brown, ainsi qu’au fiancé d’Andrea. Dans l’article, tous trois la suppliaient d’entrer en contact avec eux.

    Erika glissa la main dans la poche de sa veste. Son carnet était toujours à sa place ; elle ne l’avait pas sorti depuis des mois. Elle nota le nom du fiancé, un certain Giles Osborne, et ajouta : « Andrea a-t-elle fait une fugue ? » Puis elle considéra ce qu’elle venait d’écrire… avant de déchirer furieusement la page et de ranger le carnet dans la poche revolver de son pantalon. Elle voulut mettre son badge dans l’autre poche. Ce badge…, sa main en reconnaissait la forme et le poids. L’étui de cuir avait fini par prendre une forme légèrement incurvée, à force de rester dans sa poche arrière, collé à son corps.

    Elle s’approcha des lavabos, se campa devant la glace et ouvrit l’étui à la hauteur de son visage. La photo lui renvoyait l’image d’une femme sûre d’elle. Par contraste, celle qu’elle voyait dans la glace, celle qui tenait le badge, était amaigrie et pâle à faire peur. Ses cheveux blonds coupés court grisonnaient aux racines. Et sa main tremblait.

    Erika s’observa. Il faudrait qu’elle pense à changer cette photo.

     

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