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[Livre] La vie de A à Z

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Lecture terminée le : 02 août 2020

 

Résumé : Poppy et Rose étaient auparavant aussi proches que peuvent l'être deux soeurs, mais cela fait plus de dix ans qu'elles ne se parlent plus. Jusqu'au jour où elles apprennent que leur mère est morte - sans avoir jamais eu la chance de voir ses filles réunies. Mais Andrea n'était pas le genre de femme à laisser la mort se mettre en travers de ses plans. Connaissant ses filles mieux qu'elles ne se connaissent elles-mêmes, elle leur a légué un dernier cadeau d'un genre unique dans l'espoir de les réconcilier : La Vie de A à Z.


Auteur : Debbie Johnson

 

Edition : France Loisirs

 

Genre : Roman contemporain

 

Date de parution : 13 Juin 2018

 

Prix moyen : 18€

 

Mon avis : Encore un roman qui m’aura fait pleurer comme une madeleine.
La démarche d’Andréa peut paraître étrange mais, étant donné les raisons de la brouille entre ses filles, je la comprends.
Le roman alterne entre les chapitres au présent, où l’on voit les deux sœurs suivre tant bien que mal les petits cailloux semés par leur mère, et des flash-back du passé qui nous dévoilent peu à peu les raisons de la brouille entre Rose et Poppy.
Les messages laissés par Andréa, alors qu’elle lutte contre le cancer (et la douleur), sont bouleversants.
Ce sont surtout eux qui m’ont fait monter les larmes aux yeux et donnés très envie d’appeler ma mère juste pour voir si elle allait bien (c’est pas comme si on s’appelait tous les jours… ah…si, en fait).
Rose et Poppy sont très attachantes, chacune dans son genre. On ne peut pas trouver plus opposées que ces deux-là. Difficile d’imaginer qu’elles aient pu être si proches qu’on en aurait dit des siamoises.
Si l’attitude passée de Rose peut être excusée par la situation dans laquelle elle se trouvait (situation dont la complexité est admirablement décrite, du point de vue de la victime), on se demande pourquoi elle s’obstine dans cette attitude. Une fois qu’elle avait ouvert les yeux sur la situation, je ne m’explique pas qu’elle n’ait pas demandé des explications à sa sœur. Surtout une fois sortie de cette situation.
L’attitude de Poppy est plus logique. Elle s’est forgé une carapace pour se protéger.
Au-delà de l’histoire de la brouille entre les deux sœurs, on a surtout ici une histoire de deuil.

Le chemin suivi par les sœurs ne doit pas seulement leur permettre de se retrouver mais aussi de faire le deuil de leur mère.
Si Rose et Poppy (et dans une moindre mesure, Andréa) sont les personnages principaux, il y a deux personnages secondaire qu’on ne peut pas ne pas nommer.
Le premier est Joe, le fils de Rose. Il est très affecté par la mort de sa grand-mère mais très excité de rencontrer enfin sa fameuse tante Poppy. Il est très protecteur envers sa mère, qu’il supporte mal de voir se détruire à petit feu.
L’autre personnage est Lewis. Avocat en semi-retraite, il est le meilleur ami d’Andréa. Il m’a beaucoup touché car il doit mettre son deuil de côté et étouffer sa peine pour s’assurer que les dernières volontés de son amie sont bien respectées.
Même si j’ai beaucoup pleuré, j’ai trouvé que ce livre était un vrai roman feel-good et j’ai passé un très bon moment en compagnie de ces personnages tous plus attachants les uns que les autres.

 

Un extrait : Il tend le bras pour prendre l’une de ses mains dans la sienne. Il a des mains énormes – il est bâti comme un grizzly –, et celles d’Andrea sont minuscules. Il la tient délicatement, observant sa peau parcheminée, craignant qu’elle parte en poussière et s’envole au plus léger contact. Il sent ses doigts s’enrouler autour des siens et se réjouit de se trouver là. Certes, elle n’a pas ses filles, mais elle n’est pas seule.

— Tu crois que tout est réglé, Lewis ? murmure-t-elle, le tirant de ses réflexions dans un sursaut.

Il avait supposé qu’elle était sur le point de piquer l’un de ces sommes intermittents.

— Tu crois que j’en ai fait assez ? dit-elle, lui agrippant les doigts.

Elle avait plus que jamais besoin d’être rassurée.

— Chérie, tout est réglé. Je ne t’ai jamais vue déployer de tels talents d’organisation que ces dernières semaines. Ça suffira, je te le promets. Alors ne t’inquiète de rien, je sais quoi faire. Tout est prêt, et je jouerai mon rôle à la perfection.

— Ah, ce sera une première, alors…, chuchote-t-elle d’un ton sarcastique.

Toujours la critique. Juste parce qu’une fois – une seule fois – il a lâché ce foutu crâne pendant une représentation d’Hamlet.

Elle peine à se redresser pour s’asseoir. Il l’aide à s’incliner en avant et arrange le lit de telle sorte qu’elle soit calée bien droit. Il lui lance un dernier coup d’œil ; les cheveux aussi impeccables que possible, le maquillage appliqué, les oreilles débarrassées de leurs effroyables pendants. Elle a insisté pour porter des « vêtements convenables », même si désormais son chemisier en soie crème flotte sur ses épaules, et s’est aspergée de Coco Chanel, comme si les filles allaient percevoir les odeurs sur la vidéo.

— OK, dit-elle en prenant une grande inspiration. Je pense que je suis prête. Je vois pratiquement un homme avec une faux qui rôde dans le couloir près du distributeur automatique, mon ange, alors on ferait mieux de s’y mettre. The show must go on. Tout est prêt ?

Il acquiesce et allume la caméra. La technologie n’a jamais été son fort, et il a dû apprendre vite. S’il en a marre de jouer au bon avocat de province, il pourra toujours se reconvertir en génie du numérique.

— Test, test, uno-dos-tres…, dit Andrea.

Elle a une voix haute et ferme ; plus forte qu’il ne l’a entendue depuis des jours. Quelle professionnelle. Il ajuste ses angles, sachant qu’elle insistera pour faire une nouvelle prise si le résultat n’est pas conforme à ses grandes exigences, et lève le pouce pour lui donner le départ. Elle tourne vers lui ses yeux splendides et sourit à l’objectif. C’est un gros plan parfait, et elle l’interprète exactement comme il faut.

— Mes chéries. Rosehip, Popcorn, mes seuls véritables amours. Je ne veux pas verser dans le mélo hollywoodien, mais si vous regardez cette cassette, cela ne peut signifier qu’une chose : j’ai quitté mon enveloppe charnelle… et vous allez avoir besoin plus que jamais l’une de l’autre. Vous devez mettre de côté vos différends et veiller l’une sur l’autre, comme vous le faisiez avant

 

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