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  • [Livre] Et si les chats disparaissaient du monde

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    Résumé : A 30 ans, le narrateur de ce livre apprend par son médecin qu'il est condamné. Il ne lui reste plus que quelques semaines à vivre. Aussi lorsque le Diable, cet étonnant visiteur en short, lui propose un marché, n'hésite-t-il pas longtemps. Les clauses du contrat ? Effacer, à chaque jour que Dieu fait, une chose de la surface de la Terre lui vaudra vingt-quatre heures de vie supplémentaires... Les téléphones, les montres : jusqu'ici, c'est à qui perd gagne... Mais lorsque le Diable lui propose de supprimer les chats, sa vie va basculer une deuxième fois...


    Auteur : Genki Kawamura

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Roman contemporain

     

    Date de parution : 2018

     

    Prix moyen : 6€

     

    Mon avis : Je n’aurais jamais cru qu’un si petit bouquin me bouleverserait autant. A travers l’histoire du narrateur, se pose la question de la valeur que l’on accorde à ce qui nous entoure ainsi que la valeur que l’on accorde à sa propre vie.
    Un conte initiatique, oui, mais non dénué d’humour. Car de l’humour, il y en a, de l’humour noir, certes, mais de l’humour quand même.
    A-t-on réellement besoin du téléphone ?
    Après tout, on s’en est passé pendant des siècles. Comme dit le narrateur, l’absence de téléphone « ce n’est pas pratique » mais leur existence est-elle vraiment indispensable à la notre ?
    Et que serait-on prêt à perdre d’autre ? A-t-on besoin des films ? Des montres ? De la TV ? Des ordinateurs ? Des voitures ? Le fait qu’on s’en passait parfaitement avant leur invention les rend elles moins nécessaires à notre vie ?
    Avant la découverte du feu, les hommes préhistoriques se sont parfaitement débrouillés sans. Cela signifie-t-il que l’on peut s’en passer pour autant ?
    Ça peut paraître extrême comme comparaison mais c’est le fond de l’histoire : qu’est ce qui est important ?
    En parallèle de ces choix et de leurs conséquences, le narrateur revient sur son passé et sur les événements qui ont formé l’homme qu’il est aujourd’hui.
    Il parait qu’il y a une adaptation ciné de ce livre et que le livre est bien plus léger que le film.
    Quand je repense à l’état dans lequel la lecture du livre m’a mise, je ne suis pas sûre d’être capable de regarder le film.
    Ce livre m’a poussé à me demander à quoi j’étais capable de renoncer si j’étais forcée de faire des choix.
    Et vous ? Est-ce que vous feriez disparaître les chats ?
    Moi je sais déjà ce que je ferais !

     

    Un extrait : C’était il y a sept jours.

    Bien qu’indisposé par un rhume qui n’en finissait pas de s’aggraver, j’avais continué de distribuer le courrier, comme d’habitude. J’avais de la fièvre, et le côté droit de mon crâne commençait à m’élancer. Tu sais que j’ai horreur des médecins ; j’ai donc préféré m’en remettre aux médicaments en vente livre et ai laissé traîner l’affaire deux semaines durant. Puis j’ai consulté.
    Ce n’était pas un rhume.
    Mais un cancer du cerveau de stade 4.
    Il me restait six mois à vivre au mieux, mais je pouvais tout aussi bien y passer d’ici la fin de la semaine.
    Tel était le diagnostic du docteur, pour le moins sinistre.
    Il me parla de chimiothérapie et de soins palliatifs…
    Plusieurs choix semblaient s’offrir à moi. Mais je n’écoutais plus.
    Un souvenir auditif venait de ressusciter du fond de ma mémoire. Quand j’étais petit, on allait à la piscine durant les vacances d’été. Une fois, j’ai sauté dans le grand bassin. Plouf ! Glou, glou, glou. Je coulais.
    « Il faut toujours s’échauffer ! »
    La voix de maman. Je l’entendais mal du fond de l’eau.

    L’interminable séance a pris fin.
    Aussitôt que le médecin eut prononcé son dernier mot, j’ai laissé tomber mon sac et me suis dirigé vers la porte en titubant. Sourd aux appels du docteur, je suis sorti du cabinet en hurlant « Aaaaaah ! », ai bousculé les passants, suis tombé, ai roulé, me suis relevé. Puis j’ai couru, les membres agités de soubresauts pitoyables, jusqu’à me retrouver sous un pont où, incapable de faire un pas de plus, je suis tombé à genoux en sanglotant.
    Non, je déconne.
    Dans ces moments-là, étrangement, on a tendance à rester calme.

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  • C'est lundi que lisez-vous? #241

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog I believe in Pixie Dust.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    A nouvelle année, nouvelle PAL. Dès la semaine prochaine, ma PAL fait peau neuve, avec retrait des livres lus et ajout de pleins de livres à lire!

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    Et vous, que lisez-vous?

  • Premières lignes #82

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.
    Pour ma part, j’ai décidé de vous faire découvrir mes coups de cœurs !

     

    Cette semaine, je vous présente La prisonnière du temps de Kate Morton.

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    Si nous nous sommes retrouvés à Birchwood Manor, c’est que les lieux, disait Edward, étaient hantés. Ce n’était pas le cas – pas encore –, mais il faut être bien revêche pour s’abstenir de raconter une bonne histoire sous prétexte qu’elle est fausse. Edward était tout sauf revêche. Sa passion, sa foi aveugle en ce qu’il défendait, même les idées les plus absurdes, constituaient deux des raisons pour lesquelles j’étais tombée amoureuse de lui. Il avait la ferveur du prêcheur : dans sa bouche, n’importe quelle opinion revêtait la puissance d’une parole d’évangile. Il avait aussi le don d’attirer à lui des hommes et des femmes et d’allumer en eux des enthousiasmes incendiaires – brasiers devant lesquels tout pâlissait, hormis Edward et ses convictions.
    Mais Edward n’était pas un prêcheur.
    Je me souviens de lui. Je n’ai rien oublié.
    L’atelier dans le jardin de sa mère, à Londres, avec son toit de verre, l’odeur des couleurs qu’il venait de mélanger, le crissement des soies du pinceau sur la toile, tandis que son regard frôlait ma peau. Ce jour-là, j’avais les nerfs à vif. J’étais si désireuse de l’impressionner, de lui donner à voir une jeune femme que je n’étais pas, pendant qu’il me jaugeait et que l’injonction de Mme Mack me trottait dans la tête. « Ta mère était une vraie dame, ta famille des plus honorables : ne va pas l’oublier, ça, hein ! Si tu joues les bonnes cartes, nous recueillerons le fruit de nos efforts. »
    Alors je m’étais redressée sur la chaise en bois de rose, ce jour-là, dans l’atelier aux murs passés à la chaux, sous le buisson de pois de senteur aux rougeurs subtiles.

    Lorsque j’avais eu faim, la plus jeune de ses sœurs m’avait servi du thé et des gâteaux. Puis sa mère avait descendu l’étroite allée pour le regarder peindre. Elle adorait son fils. Elle voyait en lui s’accomplir les espoirs de la famille. Membre distingué de la Royal Academy, il était fiancé à une demoiselle généreusement dotée avec laquelle il engendrerait bien vite une portée d’héritiers aux yeux bruns.
    Une fille comme moi n’était pas faite pour lui.

    Sa mère par la suite s’est reproché le cours des événements. Mais il lui aurait été plus facile d’empêcher la lune de se lever que de nous séparer. J’étais, disait Edward, sa muse, son destin. Il l’avait su, compris, à la seconde où il m’avait vue sous la lumière trouble des becs de gaz, dans le vestibule du théâtre de Drury Lane.
    J’étais sa muse et son destin. Et lui, il était mien.
    C’était il y a si longtemps. Et c’était hier.
    Oh, je me souviens de l’amour.


    Alors, tentés?

  • [Livre] La muette

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    Résumé
     : L’amour fusionnel d’une adolescente pour sa tante muette, l’amour passionné de celle-ci pour un homme tournent au carnage dans l’Iran des mollahs.


    Auteur : Chahdortt Djavann

     

    Edition : Flammarion

     

    Genre : Témoignage

     

    Date de parution : 2008

     

    Prix moyen : 5€

     

    Mon avis : On a ici un court témoignage anonyme (juste un prénom : Fatemeh), écrit en prison par une adolescente de 15 ans, condamnée à mort pour un crime qu’on ne découvre qu’à la fin du récit.
    Le récit est parvenu à Chadortt Djavann par le biais d’une journaliste iranienne, qui, pour des raisons évidentes de sécurité, a tenu à rester anonyme. Elle-même est entrée en possession du journal de Fatemeh par le biais d’un gardien de la prison où était incarcérée l’adolescente.
    C’est un récit parfois maladroit, la jeune fille ayant du quitter l’école à l’âge de 13 ans.
    Dans son témoignage, Fatemeh parle de ses parents et surtout de sa tante paternelle. Celle-ci, la muette, a également été condamnée.
    Dans cette histoire, on voit la toute puissance des mollahs et leur comportement indigne de la religion qu’ils prétendent représenter.
    Fatemeh en veut beaucoup à sa mère, qu’elle considère comme responsable de tout et elle n’a pas vraiment tort.
    En effet, le fanatisme religieux de la mère est bien la cause de la chute de la muette, qui va entraîner tout le reste.
    Au-delà de la toute puissance des mollahs, le récit pointe également du doigt la persécution des femmes et leur complète impuissance face aux désirs des hommes qui finissent toujours par se retourner contre elles : mariage forcée, accusation d’adultère de la part d’un prétendant éconduit…
    Le récit pointe également un problème qui inquiète fortement Amnesty international : la condamnation à mort des mineurs.
    Tout comme « la femme lapidée » de Freidoune Sahebjam, « la muette » est un récit édifiant sur les mensonges des hommes et sur ce que la dictature religieuse leur permet d’infliger aux femmes.

     

    Un extrait : J’ai quine ans, je m’appelle Fatemeh, mais je n’aime pas mon prénom. Dans notre quartier, tout le monde avait un surnom, le mien était « la nièce de la muette ». La muette était ma tante paternelle. Je vais être pendue bientôt ; ma mère m’avait nommée Fatemeh parce que j’étais né le jour de la naissance de Mahomet, et comme j’étais une fille, elle m’avait donné le prénom de la fille du Prophète. Elle ne pensait pas qu’un jour je serais pendue ; moi non plus. J’ai supplié le jeune gardien de la prison pour qu’il m’apporte un cahier et un stylo, il a eu pitié de moi et exaucé le dernier souhait d’une condamnée. Je ne sais pas par où commencer. J’ai lu plusieurs fois le petit dictionnaire abandonné sur la corniche de la chambre où j’ai vécu plus d’un an. J’aimais apprendre ce que les mots signifiaient ; mais ne me rappelle pas tous les mots et leur sens. Je n’ai jamais rien écrit, à part quelques poèmes, une vingtaine, mais personne ne les a jamais lus. J’étais très bonne à l’école, mais j’ai dû la quitter à treize ans ; j’aurais bien aimé continuer et aller à l’université. Personne dans ma famille, ni d’ailleurs dans notre quartier, n’avait jamais mis les pieds dans une université. Où j’ai grandi, il n’y avait que la misère et la drogue, aucun destin n’échappait au malheur ; dans ce monde là, la pauvreté écrase les hommes et les femmes, les rend misérables, méchants et laids : trop de misère fait que les gens ne sont même plus capable de rêver. Mon oncle, le frère de ma mère, était drôle, drogué et beau, il avait vingt-deux ans et rêvait encore, un peu trop peut-être. La muette aussi était belle, elle avait de grands yeux brillants et un visage rassurant pour une muette. Moi, je ne suis pas belle, mais je ne suis pas laide non plus ; maintenant, dans cette cellule, je dois l’être. Les trois premiers jours de mon interrogatoire furent les plus lents dans l’histoire de l’humanité, soixante-douze heures sans sommeil sous les coups de matraque. Brûlure indescriptible.

     

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  • Joyeux Noël 2019!!

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  • [Livre] Le pays des contes – T06 – La collision des mondes

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    Résumé : Alex a disparu ! Pire, le sortilège de la sorcière Morina l’a transformée en enchanteresse maléfique. Cela ne pouvait tomber plus mal, car la brèche entre le Pays des contes et notre monde est désormais ouverte : héros comme vilains peuvent passer de l’un à l’autre selon leur bon vouloir.
    Alors que New York découvre avec stupeur l’existence de la magie, Conner, aidé de Rouge, Boucle d’or, Jack et de son armée littéraire, doit à tout prix libérer sa sœur. Car seuls les jumeaux peuvent affronter la plus grande menace qui ait jamais existé. Une menace qui plane de toute sa noirceur sur l’ensemble les mondes…


    Auteur : Chris Colfer

     

    Edition : Michel Lafon

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 24 mai 2018

     

    Prix moyen : 17€

     

    Mon avis : J’avais vraiment hâte de lire le dernier tome de la saga. D’autant plus que le tome 5 nous laissait vraiment sur notre faim avec le pays des contes dévasté et Alex disparue.
    Le 6ème tome s’ouvre sur l’anniversaire des 80 ans de Conner, devenu auteur jeunesse à succès. Cet anniversaire se déroule dans une librairie, lors d’un évènement littéraire. Au cours de la soirée, une fillette parle d’Alex et Conner réalise qu’il ne se rappelle plus quand est ce qu’il a vu sa sœur pour la dernière fois.
    Rentré chez lui, Conner se plonge dans sa saga à succès, Contes de Féérésie, qui relate les aventures au pays des contes, dans l’espoir de retrouver sa sœur.
    Ses pensées le ramènent à New York, l’année de ses 16 ans, alors que les méchants de la littérature ont soumis le pays des contes et que Conner s’apprête à riposter avec les personnages de ses propres histoires.
    L’absence d’Alex, même si on la voit à plusieurs reprises, se fait cruellement ressentir. Elle m’a manqué bien que je reconnaisse que sa situation particulière rend les choses plus intéressantes.
    Mais l’absence d’Alex a aussi pour effet de mettre Conner à la tête des opérations et on peut dire qu’il est vraiment efficace dans ce rôle.
    Du côté des méchants, sans surprise, il n’y a pas une grande cohésion, chacun tentant de tirer la couverture à soi. C’est un avantage certain pour Conner et son équipe mais il n’empêche que les choses ne vont pas être simples pour autant.
    Comme c’est le dernier tome, on se doute bien que la bataille finale qu’on attend depuis le tome 3 va bientôt avoir lieu.
    Dans l’équipe de Conner on retrouve la plupart des personnages habituels.
    Le conseil des fées est figé, les rois et reines se cachent pour éviter la mort, et Grenouille est piégé à l’intérieur d’un miroir, ce qui les écartent tous de l’aventure.
    La maternité n’a guère assagit Boucle d’Or et, de toute façon, son bébé ne semble se calmer que quand les choses bougent un maximum.
    Rouge est égale à elle-même : écervelée, égoïste, égocentrique, décalée mais qui sort régulièrement des choses profondément censées et utiles.
    Bree, qui n’a clairement pas froid aux yeux, fait le mur alors qu’elle est déjà punie, pour se joindre à l’aventure. Bien que le prologue nous donne une bonne idée de l’avenir de la jeune fille, on se doute que ses parents ne vont pas apprécier l’attitude de leur fille.
    La bataille est telle que je l’avais espéré, toute en stratégie et en actions un peu folles.
    L’épilogue clôt magnifiquement la saga. Et, en plus de mettre un point final aux 6 tomes du pays des contes, il nous fait nous dire : Tout n’est pas fini !
    Comment ça ? Je vous laisse le découvrir par vous-même !

     

    Un extrait : La jeune femme ne leva toujours pas les yeux, ne prononça pas un mot. Son silence troubla terriblement Rudy. Plus il se tenait en sa présence, plus elle l’effrayait. Le destin de tous les agents de sécurité dans tous les films d’horreur que Rudy avait vus défila devant ses yeux mais il trouva le courage d’approcher l’étrange jeune femme.

    – Si vous ne dites rien, j’appelle la police !

    Soudain, la jeune femme poussa un cri et leva la tête, faisant bondir Rudy. Elle regarda autour d’elle en panique, comme si elle se réveillait d’un mauvais rêve.

    – Où suis-je ? demanda-t-elle, haletante.

    – Vous êtes dans la bibliothèque, dit Rudy dont la réponse ne fit que la confondre davantage.

    – La bibliothèque ? Quelle bibliothèque ?

    – La grande bibliothèque de New York au croisement de la Cinquième Avenue et de la 42e Rue.

    – Oh non ! Il faut que vous sortiez d’ici ! Il va se passer quelque chose d’horrible !

    – De quoi parlez-vous ? Et comment êtes-vous entrée ici ?

    – Je ne sais pas ce qu’elle a prévu mais vous devez partir avant qu’elle ne m’oblige à vous faire du mal ! supplia la jeune femme. Je vous en prie, vous devez m’écouter ! Je ne peux pas la contrôler !

    Des larmes jaillirent de ses yeux bleus et coulèrent le long de ses joues.

    – De qui vous parlez ? Il n’y a personne ici à part vous et moi.

    – La sorcière qui m’a maudite ! Elle m’a jeté un sort qui me fait faire des choses… des choses affreuses !

    – Ma petite, vous avez pris beaucoup trop de drogue. On va sortir et appeler la police.

    – Il faut que vous contactiez mon frère ! Il est le seul qui puisse nous aider ! Il s’appelle Conner Bailey, il doit être à l’hôpital pour enfants de Saint-Andrew de Willow Crest…

    – Ouais, ouais, ouais, rétorqua Rudy en l’agrippant par le bras. La ville est remplie d’endroits pour aider les gens comme vous mais vous ne pouvez pas rester ici.

    L’agent de sécurité voulut la reconduire vers la sortie mais la jeune femme ne bougea pas d’un centimètre. Il tira sur son bras de toutes ses forces mais elle resta exactement là où elle était, comme si ses pieds étaient collés au sol.

    – C’est trop tard ! Le sort… je le sens venir ! La sorcière doit être proche ! S’il vous plaît, courez !

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  • C'est lundi que lisez-vous? #240

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog I believe in Pixie Dust.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    Et vous, que lisez-vous?

  • Premières lignes #81

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.
    Pour ma part, j’ai décidé de vous faire découvrir mes coups de cœurs !

     

    Cette semaine, je vous présente Dry de Neal Shusterman.

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    Le robinet de la cuisine produit des bruits très étranges.
    Il toussote et siffle comme un vieillard asthmatique. Il gargouille comme une personne qui se noie. Il crache une fois, puis se tait. Notre chien, Kingston, dresse les oreilles tout en se tenant à distance de l’évier de peur qu’il ne se ranime soudain. Malheureusement, ce n’est pas le cas.
    Maman se tient plantée là, l’air étonnée, la gamelle de Kingston tendue sous le robinet. Elle le referme.
    — Alyssa, va chercher ton père.
    Depuis qu’il a entrepris de rénover notre cuisine tout seul, papa se prend pour un expert en plomberie. Et un électricien professionnel. « Pourquoi payer des entrepreneurs les yeux de la tête quand on peut le faire soi-même ? » nous rabâchait-il sans cesse. Jusqu’au jour où il a joint le geste à la parole. Depuis, nous croulons sous les problèmes d’électricité et de tuyauterie.
    Papa est dans le garage, occupé à réparer sa voiture avec oncle Basil – qui vit plus ou moins avec nous depuis que sa plantation d’amandiers de Modesto a mis la clé sous la porte. En réalité, oncle Basil se prénomme Herb, mais un jour, mon frère et moi on s’est mis à le rebaptiser sous différents noms d’herbes aromatiques de notre jardin. Oncle Dill, comme l’aneth. Oncle Thym, ou encore oncle Chive, pour la ciboulette. Et même, à une époque que nos parents préféreraient oublier, oncle Cannabis. Pour finir, on a adopté oncle Basil, comme le basilic.
    — Papa ! je crie dans le garage. Y a un souci dans la cuisine.
    Mon père est allongé sous sa Toyota Camry. Seuls ses pieds dépassent. Ça me fait penser à ceux de la Méchante Sorcière de l’Ouest. Quant à oncle Basil, il est caché derrière un épais nuage de vapeur produit par sa cigarette électronique.
    — Ça ne peut pas attendre ? rétorque mon père, sous la voiture.
    Mon petit doigt me dit que non… Ça urge.
    — Je pense que la situation est critique.
    Il s’extirpe de dessous la carrosserie et, dans un profond soupir, se dirige vers la cuisine.
    Maman s’est déplacée. Elle se tient maintenant sur le seuil du salon, immobile, la gamelle du chien dans la main gauche. Un frisson me parcourt, et je ne saurais dire pourquoi.
    — Qu’est-ce qu’il y a de si important pour que tu me déranges en pleine séance de…
    — Chut ! l’interrompt maman.
    Ça lui arrive rarement de dire à papa de se taire. À Garrett et moi, oui, toute la journée. Mais mes parents ne font jamais ça entre eux. C’est une règle tacite.
    Elle regarde la télé, où la présentatrice du journal télévisé évoque la « crise de l’eau ». C’est ainsi que les médias en parlent depuis que les gens en ont eu assez d’entendre rabâcher le mot « sécheresse ». Un peu comme le « réchauffement climatique » devenu le « changement climatique », et le terme « guerre » remplacé par le mot « conflit ». Maintenant, ils ont trouvé une nouvelle formule. Une nouvelle étape dans le drame qui touche nos ressources en eau. On parle désormais de « Tap-Out », pour faire référence à l’eau qui ne coule plus des robinets.
    Oncle Basil émerge de son nuage de vapeur un instant.
    — Qu’est-ce qui se passe ?
    — L’Arizona et le Nevada viennent de se retirer de l’accord sur l’approvisionnement en eau, lui apprend maman. Ils ont fermé tous les barrages sous prétexte qu’ils ont eux-mêmes besoin de l’eau.
    Autrement dit, le fleuve Colorado n’atteindra plus la Californie.
    Oncle Basil s’imprègne de la nouvelle.
    — Ils ferment le fleuve comme s’il s’agissait d’un vulgaire robinet ! Ils ont le droit ?
    Mon père hausse un sourcil.
    — Ils viennent de le faire.

     

    Alors, tentés?

  • [Livre] L’île des absents

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    Résumé : Quelque part en Suède, Alex et sa fille Smilla se promènent sur un îlot situé au milieu du lac Cauchemar. Son épouse Greta les attend dans la barque amarrée au rivage. Mais la jeune femme s'endort et à son réveil, elle ne les trouve pas. De retour au village, elle décide de se rendre au commissariat. Pourtant, le policier prétend qu'elle n'est pas mariée et n'a jamais eu d'enfant.


    Auteur : Caroline Eriksson

     

    Edition : Presse de la cité

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 07 juin 2018

     

    Prix moyen : 19€

     

    Mon avis : Dès le départ, on sent que quelque chose ne va pas chez Greta.
    L’histoire s’ouvre sur la disparition de son mari, Alex, et de sa fille, Smilla.
    Pour autant, malgré la disparition qui implique une filette de ‘ ans, Greta ne se précipite pas chez la police.
    Elle cherche un peu par elle-même, tourne beaucoup en rond et ne fini par se rendre à la police qu’après plusieurs dizaines d’heures (plus de 24h).
    Mais là-bas, on lui répond qu’elle n’est pas mariée et n’a jamais eu d’enfants.
    L’histoire étant racontée du point de vue de Greta, on a comme un accès direct aux pensées de Greta et, le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est le fouillis là-dedans.
    Pendant un moment, je me suis demandée si elle n’était pas schizophrène, mais au fil de ma lecture, je me suis dit qu’elle n’était pas si délirante que ça, que c’était son cheminement de pensée qui l’était.
    Elle semble avoir un passé difficile qui tourne autour de la disparition de son père, ce qui fait échec à la disparition d’Alex.
    On comprend très vite que le père de Greta est mort dans des circonstances suspectes et dès lors, on se demande si Alex, dont le portrait se révèle peu flatteur, a réellement disparu.

    Là où réside la difficulté pour le lecteur, c’est que Greta a parfaitement conscience de ses mensonges et de son déni et que du coup, elle mélange élucubration et vérité sans que le lecteur ne puisse facilement faire la distinction entre les deux.
    J’ai trouvé la police bien peu présente. Une femme vient déclarer une disparition, impliquant un enfant, et, comme la personne n’a pas d’enfants, ça s’arrête là ? Ils ne la recherchent pas activement, ils n’enquêtent pas… ça m’a semblé très étrange.
    Mis à part la présence d’un groupe d’ados violents et arrogants, qui ne sont guère exploités et qui ne semblent être là que pour apporter un élément de danger, le thriller est essentiellement psychologique.
    La vérité qui fini par apparaître par bribes est encore plus inconcevable que les délires de Greta.
    Comme quoi, la perversité humaine ne connaît aucune limite et l’auteur ne nous ménage pas, nous laissant lessivés, nous demandant comment une simple disparition a pu nous entraîner jusque là.
    Un thriller déroutant, mais il faut s’accrocher car il vaut vraiment le coup.

     

    Un extrait : L’îlot au centre du Cauchemar n’est plus qu’à une dizaine de mètres. C’est notre destination. Baissant les yeux, j’essaie de voir au-delà de la surface. Je devine le fond. Brouillé par les remous, il se rapproche à mesure que nous progressons vers la rive. Les algues qui le tapissent se tendent vers notre embarcation tels de longs doigts verts et gluants. De part et d’autre, de hauts roseaux s’inclinent sur nous. Pour accoster, Alex se met debout, faisant osciller le canot. Fermant les yeux, je me cramponne au bord jusqu’à ce que le roulis se calme. Alex amarre solidement le bateau au tronc de l’arbre le plus proche. Smilla retire son gilet de sauvetage en se préparant à sauter à terre. Au passage, elle m’écrase le pied et me donne un coup de coude involontaire dans le sein. Je gémis de douleur, de façon sonore, mais elle a tellement hâte de rejoindre son papa que rien d’autre ne compte. En les voyant ensemble, nul ne peut douter qu’Alex soit le grand amour de Smilla. Quand nous sommes descendus vers le ponton, c’est à son côté qu’elle marchait, ou plutôt gambadait. Les rayons bas du soleil qui filtraient à travers les branches des arbres bordant l’étroit sentier forestier s’ajoutaient à son babillage enthousiaste : elle et papa allaient bientôt débarquer sur une île déserte, comme de vrais aventuriers. Smilla serait la princesse des pirates et papa serait… pourquoi pas le roi des pirates, tiens ? Smilla riait en tirant Alex par la main, impatiente d’arriver au lac. Je les suivais à quelques pas en arrière.

    À présent, Smilla enserre les jambes d’Alex entre ses petits bras. Le père et la fille, atome indivisible. Eux sur la terre ferme, moi dans le canot. Alex me tend la main en haussant les sourcils d’un air impérieux. J’hésite. Il s’en aperçoit.

    — Allez, viens ! C’est censé être une sortie en famille, chérie.

    Il sourit. Comme aimantée, je lance un coup d’œil à Smilla, et nos regards se croisent. Je ne peux m’empêcher de remarquer la manière qu’elle a de lever son menton. Ma voix est éraillée lorsque je décline l’invitation.

    — Allez-y tous les deux. Je vous attends ici.

    Alex tente encore, sans grand enthousiasme, de me convaincre, et quand je secoue la tête, il hausse les épaules et pivote vers Smilla. Roulant les yeux, il lui adresse une grimace qui fait briller les siens par anticipation.

    — Insulaires, prenez garde ! Voici Papa le pirate et Smilla la princesse pirate !

    À ce cri, Alex jette Smilla sur son épaule, déclenchant un hurlement de rire, et se met à courir vers le haut de la côte. La face de l’île où nous avons accosté est plus escarpée que l’autre. Alex se donne à fond, il ne laisse pas la montée ralentir son allure. Je sens presque la brûlure de ses muscles, la compression de l’estomac de Smilla au rythme des ballottements. Et c’est ainsi qu’ils atteignent le sommet et disparaissent de ma vue.

     

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  • [Livre] Victoria

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    Résumé : Alors qu’elle vient d’avoir dix-huit ans, Alexandrina Victoria est sacrée reine de Grande-Bretagne et d’Irlande. Dès lors, la jeune souveraine surprend tout le monde : elle abandonne son prénom détesté pour adopter celui de Victoria, insiste pour avoir ses propres appartements et rencontrer ses ministres en tête à tête. L’un d’entre eux, lord Melbourne, devient très vite son secrétaire particulier. Il aurait peut-être pu devenir davantage… si tout le monde n’avait pas soutenu que la reine devait épouser son cousin, le taciturne prince Albert. Mais ce que Victoria ignore encore c’est qu’en amour comme en politique, il ne faut pas se fier aux apparences.


    Auteur : Daisy Goodwin

     

    Edition : Milady

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 20 octobre 2017

     

    Prix moyen : 18,50€

     

    Mon avis : Dans ce roman, que l’auteur a écrit en parallèle du scénario de la série « Victoria », Daisy Goodwin relate la vie, de façon romancée, de la reine Victoria de sn accession au trône jusqu’à ses fiançailles avec le prince Albert.
    J’ai adoré Victoria. Certes, elle est impulsive et têtue comme une bourrique, parfois naïve, mais il faut se rappeler qu’elle a 18 ans, qu’elle goûte pour la première fois de sa vie à la liberté et qu’elle est entourée de personnes qui entendent la manipuler pour exercer le pouvoir à travers elle.
    De son enfance à Kensington, isolée, stricte et à l’emploi du temps millimétré qui ne lui laisse aucune ouverture sur le monde, Victoria garde un souvenir amer et une profonde rancune envers sa mère et le conseiller de celle-ci, John Conroy.
    Sa seule alliée était la duchesse de Lehzen qui détestait la mère de Victoria et Conroy. Je me demande d’ailleurs pourquoi la duchesse et Conroy, qui avaient alors tous les pouvoirs, ne se sont pas débarrassé d’elle en la renvoyant à Hanovre.
    Victoria, une fois reine, est entourée de personnes malveillantes : son oncle Cumberland et Conroy sont certainement les pires.
    A première vue, on peut penser que la mère de Victoria fait partie des personnes malveillantes mais je pense que c’est une mère inquiète qui a été manipulée par un homme qui a su profiter de son isolement.
    Au final, j’ai trouvé la duchesse de Lehen bien plus malveillante.
    Son affection pour Victoria semble sincère mais sa possessivité la pousse à tenter d’isoler Victoria afin de la garder pour elle. Cet état d’esprit la pousse à mal conseiller la reine, comme dans l’affaire Flora Hasting.
    Lord Melbourne est le plus fidèle sujet de Victoria.
    L’auteur a fait le choix de faire une romance entre Melbourne et Victoria.
    Des sentiments partagés mais qui ne débouchent sur rien de concret par soucis des convenances.
    S’il parait évident que Victoria ait pu concevoir une grande admiration pour la première personne qui la traitait autrement que comme une fillette sans cervelle, et si la propension de la Reine à le consulter à propos de tout a produit certaines rumeurs, aucune relation sentimentale n’a été établie entre eux. Il est plus probable que Victoria, orpheline de père, ait vu en Melbourne, veuf et sans enfant de 40 ans son aîné, une figure paternelle et que l’homme ait vu en cette jeune femme inexpérimentée qu’il devait guider, une fille spirituelle.
    en dehors de ce côté romancé, le livre est asse fidèle sur le plan historique. Malgré ses plus de 500 pages, j’ai eu une impression de trop peu à la fin de ma lecture.
    J’avais encore envie de rester avec Victoria et Albert, de lire les débuts de leur vie à deux, la naissance de leurs enfants, sous la superbe plume de Daisy Goodwin.
    Il me faudra me contenter de la série !

     

    Un extrait : En ouvrant les yeux, Victoria vit un fin rayon de lumière filtrer à travers les volets. Elle entendait sa mère respirer dans le grand lit à l’autre bout de la pièce. Mais plus pour très longtemps. Bientôt, songea-t-elle, elle disposerait de sa propre chambre. Bientôt, elle pourrait descendre l’escalier sans tenir la main de Lehzen ; bientôt, elle pourrait faire ce qu’elle voudrait. Elle avait fêté son dix-huitième anniversaire le mois précédent ; par conséquent, le moment venu, elle régnerait seule.

    Dash leva la tête. Victoria entendit les pas précipités de sa gouvernante. Si Lehzen venait la voir maintenant, cela ne pouvait signifier qu’une chose. La jeune femme sortit de son lit et gagna la porte, qu’elle ouvrit à l’instant où Lehzen s’apprêtait à toquer. La baronne avait l’air si drôle, debout, la main levée, que Victoria éclata de rire ; mais elle se reprit en voyant l’expression de sa gouvernante.

    — Le messager de Windsor est en bas, annonça Lehzen. Il porte un brassard noir. (Elle s’inclina en faisant une profonde révérence.) Votre Majesté.

    Victoria sentit un sourire s’épanouir sur son visage sans qu’elle puisse le réprimer. Elle tendit la main et releva Lehzen pour que celle-ci lui fasse face. La dévotion qu’elle lut dans les yeux bruns inquiets de son aînée l’émut.

    — Ma très chère Lehzen, je suis si heureuse que vous soyez la première personne à m’appeler ainsi ! s’exclama Victoria.

    La gouvernante jeta un coup d’œil à la silhouette endormie dans le lit voisin, mais Victoria secoua la tête.

    — Je ne veux pas encore réveiller maman, dit-elle. La première chose qu’elle fera sera d’appeler sir John ; et ensuite, ils entreprendront de me dicter ce que je dois faire.

    Les lèvres de Lehzen frémirent.

    — Mais vous êtes la reine, Drina, protesta la baronne qui s’interrompit aussitôt en s’apercevant de sa bévue. Je veux dire, Majesté. Personne ne peut vous dicter ce que vous devez faire, à présent.

    Victoria sourit.

     

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