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  • [Livre] Bébé boum

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    Résumé : Lorsque Lili tombe enceinte pour la première fois, elle est certaine que les neuf prochains mois seront un véritable conte de fées pour elle et son chum. Ils ont tellement désiré ce bébé !

    Esther, mère de deux enfants, accueille une grossesse imprévue en silence : son couple bat de l’aile et son mari vasectomisé pourrait croire qu’elle lui est infidèle.

    Pour Frédérique, la croix qui apparaît sur le test de grossesse est synonyme d’un paquet d’emmerdes dont il faut se débarrasser au plus vite. Difficile de savoir qui est le père quand on jongle avec autant d’amants…

    Même après des années d’essais infructueux, Jeannine espère, à quarante-trois ans, revivre le miracle d’une grossesse avant qu’il ne soit trop tard. Plus qu’un enfant, il s’agit pour elle d’une indispensable rédemption.

    Quatre femmes, quatre personnalités, quatre visions complètement différentes, autant de bébés boums. Quatre trames qui s’entremêlent pour tisser une foule de situations savoureuses, de sautes d’hormones cocasses et de rebondissements incessants.


    Auteur : Josée Bournival

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Chick lit

     

    Date de parution : 04 juin 2014

     

    Prix moyen : 10€

     

    Mon avis : Le premier bon point de ce livre est que, même s’il est écrit par une québécoise, il est parfaitement compréhensible pour une française de France. Il ne regorge pas d’expression typique et, si certaines tournures de phrase font un peu grincer des dents car grammaticalement incorrectes en France, on s’y fait vite (sans pour autant cesser de les remarquer, on nous a trop seriné le contraire en cours pour qu’on puisse l’oublier aussi vite).
    Chacune des quatre femmes a une histoire particulière avec sa grossesse. Il y a Lili et Jeannine qui ont eu beaucoup de mal à tomber enceinte et ont eu recours à l’aide de la médecine, mais Lili est une jeune fille tandis que Jeannine a dépassé la quarantaine. Il y a Esther qui est enceinte pour la 3e fois et qui ne sait pas comment l’annoncer à son mari, lequel, en plus de clamer partout qu’il a assez donné avec la maternité, a subi une vasectomie et pourrait bien mal digérer la nouvelle. Enfin il y a Frédérique qui n’a aucune envie d’avoir un enfant et serait bien incapable de dire qui est le père de celui qui vient de s’inviter dans son ventre.
    L’histoire m’a beaucoup plu mais j’ai été freinée dans ma lecture parce je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages.
    Lily est une petite cruche égoïste. Avant même de tomber enceinte, elle se montrait exigeante et capricieuse mais lorsqu’elle attend son bébé c’est pire que tout : elle semble incapable de faire la distinction entre fantasme et réalité et fait des crises dès que les choses ne se passent pas exactement comme elle le voudrait.
    Esther ne doit jamais avoir dit la vérité à qui que ce soit. Elle se pose en mère et épouse parfaite alors qu’elle fait n’importe quoi et est prête à inventer n’importe quel mensonge pour garder son apparence de perfection. J’avoue que je n’avais pas vu venir certaines révélations la concernant, mais avec le recul, je me dis que j’aurais dû m’en douter.
    Jeannine n’a aucune limite. Elle s’impose dans la vie des autres sans se demander les dégâts qu’elle peut causer ou simplement si ses attentions sont les bienvenues. Elle est complètement intrusive. 
    Enfin, Frédérique est celle à laquelle j’aurais pu m’attacher si elle n’avait pas eu une attitude inqualifiable quand elle apprend qu’elle est enceinte.
    La lecture n’était pas mauvaise mais les personnages trop énervantes pour que je lise les suites qui ont été faites.

     

    Un extrait : Le lendemain midi, Lili semblait déjà avoir repris du poil de la bête. Sa déception était de courte durée en comparaison avec les mois précédents. Thomas attribuait ce changement aux bons soins dont il entourait Lili. Il s’apprêtait d’ailleurs à lui servir un repas mijoté avec amour lorsqu’il sentit que la respiration de Lili s’était interrompue. Elle fixait son assiette, les yeux embués. Thomas hésitait sur la marche à suivre. Devait-il ignorer cet excès d’émotivité ou y plonger au risque de devoir ramer pendant de longues minutes afin d’en repêcher Lili ?

    - Est-ce que c’est trop chaud ?

    - Non. Ça a l’air parfait.

    - Ça manque d’assaisonnement ?

    - Non. C’est parfait.

    Thomas savait bien que son repas n’était pas en cause. Lili n’avait pas touché à son assiette, comment pouvait-elle prétendre que l’assaisonnement était adéquat ? A regret, Thomas plongea au cœur de la tempête.

    - Pourquoi t’as envie de pleurer, Lili ?

    - Les carottes.

    Le cerveau de Thomas tournait à mille à l’heure pour comprendre ce que Lili sous-entendait. Thomas avait cuisiné un mijoté de porc auquel il avait pris soin d’ajouter de belles petites carottes biologiques. Un légume que Lili appréciait en temps normal. Mais un lendemain de test de grossesse négatif n’était pas en temps normal.
    Le silence dura suffisamment longtemps pour que Lili lève les yeux et comprenne que Thomas avait besoin d’un peu plus d’explications.

    - T’as fait des minicarottes.

    - T’aimes pas ça ?

    - Thomas, t’as fait des bébés carottes. Des BEBES carottes !

     

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  • C'est lundi que lisez vous? #174

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog de Galleane.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    Je dois dire que la reprise du travail a été assez difficile. Ce n'était peut-être pas une bonne idée de commencer cette reprise avec un livre aussi dense que celui-ci qui, de plus, n'est pas une fiction mais plutôt un documentaire. 
    J'espère que ça ira mieux cette semaine!

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    Après la fin.jpg Au dessus de tout soupçon.jpg Billie.jpg

    Confess.jpg Dolorine à l'école.jpg Dracula tiré du film.jpg

    irrésistible T04.jpg Jack l'éventreur affaire classée.jpg La meute du phenix T01.jpg

    L'autre soeur.jpg Le ferry.jpg Le jour où les lions mangeront de la salade verte.jpg

    Le roi des fauves.jpg Le souffle de midas.jpg L'encyclopédie du merveilleurx.jpg

    Moi Simon, 16 ans, Homo Sapiens.jpg Ni mariée ni enterrée T01.jpg Nos âmes jumelles.jpg

    Nous les filles de nulle part.jpg November 9.jpg Une irrésistible envie de bonheur.jpg


    Et vous, que lisez-vous?

  • Premières lignes #17

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.
    Pour ma part, j’ai décidé de vous faire découvrir mes coups de cœurs !

     

    Cette semaine, je vous présente Une vraie famille de Valentin Musso dont vous pouvez lire le résumé et ma chronique ICI

     

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    À 10 h 18, il franchit le porche d’entrée et pénétra dans la cour d’honneur de l’université.
    Si les touristes désireux d’admirer la chapelle et les vieux bâtiments en pierre de taille se faisaient refouler à longueur de journée par le vigile, lui était passé sans encombre. Avec son jean, ses sneakers, ses lunettes à monture écaille de tortue et son sac à dos, il n’était qu’un étudiant parmi d’autres. Invisible.
    Un nuage se déchira, le soleil vint frapper la cour d’une lumière vive, presque surnaturelle. Il y vit un signe d’encouragement.
    Il suivit du regard deux pigeons qui finirent par se poser sur le parvis, à quelques mètres de lui. Ils lui apparurent comme deux anges descendus du ciel pour célébrer sa mission.
    Plusieurs étudiants étaient assis sur les marches, en bordure de la galerie. Leurs silhouettes se découpaient devant ces étranges peintures murales qu’il avait eu si souvent l’occasion d’observer. Elles représentaient des hommes à cheval avançant bravement sous les étendards, au son des fifres et des tambours. Un cortège en liesse les suivait. Il était seul, mais il traversa la cour aussi fièrement que ces chevaliers. Pas d’épée ni de bouclier à la main. Il avait mieux que ça.
    Une ou deux têtes lui étaient familières. Sans doute avait-il été assis un jour à côté de ces garçons dans un amphithéâtre. Peut-être leur avait-il déjà parlé, peut-être aurait-il pu devenir ami avec eux. Qu’importe… Ils n’étaient plus aujourd’hui que des êtres noyés dans un parfait anonymat.
    Il entra par la façade nord et se retrouva dans le grand vestibule à arcades, orné de statues des grands hommes du passé. Le cadre était solennel, grandiose, à la hauteur de l’acte qu’il allait accomplir.
    Dans son sac à dos, ni livres ni mémoire de recherche. Seulement un pistolet semi-automatique dix-sept coups. Six cents grammes. Canon et culasse en acier. Poignée en polymère. Une arme qu’il n’avait jamais utilisée que sur des cibles dans les stands de tir.
    Il resta immobile, planté au centre du hall. Quelques personnes passèrent devant lui en le dévisageant. Il ne leur prêta aucune attention. Des images s’animèrent dans sa tête. Il se représentait les visages suffisants des psychiatres médiatiques qui défileraient le lendemain sur toutes les chaînes nationales pour débiter des discours définitifs censés expliquer son geste.
    Les battements de son cœur s’accélérèrent mais il n’éprouvait pas de panique. Il se sentait bien, au contraire, les sens aiguisés par l’excitation.
    Il s’engagea dans le couloir qui longeait la bibliothèque. C’est là que son instinct lui disait d’aller. Il lui suffisait d’écouter la voix… De suivre les instructions.
    À 10 h 40, quelqu’un hurla. Ce fut un cri étrange, asexué, qui ne traduisait rien d’autre qu’un effroi hébété. Une plainte incongrue qui déchira la quiétude habituelle du lieu.
    Des têtes se levèrent. Des yeux cherchèrent l’auteur du hurlement plus que ce qui l’avait provoqué. Il y eut un moment de flottement, de ceux où l’on ne sait pas bien à quoi se raccrocher… Comme si ce cri d’alerte pouvait augurer du pire ou n’être en définitive qu’un simple canular.
    L’individu tenait son arme à bout de bras, vers un point invisible. Il avait reculé la culasse pour engager la première balle dans la chambre. Les autres suivraient toutes seules. L’intérêt d’un semi-automatique…

     

    Alors, tentés?

  • [Livre] L’enfer de Kathy

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    Résumé : L'enfer, Kathy ne craint pas d'y aller, elle y a vécu toute son enfance. C'était en Irlande, au début des années 1970.
    Maltraitée par un père colérique, violée pour la première fois à sept ans, la veille de sa première communion, elle est placée à huit ans dans un foyer de redressement où elle subit abus et maltraitance, et où elle est de nouveau violée. Quand elle dénonce son agresseur - un prêtre catholique -, on la « sauve » en l'envoyant à l'hôpital psychiatrique, où elle servira de cobaye pour de nouveaux traitements, dont les électrochocs !
    Puis c'est dans un couvent des sœurs de Marie-Madeleine (les tristement célèbres Magdalene Sisters) de Dublin qu'elle est internée. Dans cette institution religieuse accueillant les jeunes filles dites « perdues », elle prie et trime toute la journée, pour expier ses fautes.
    Mais de quels péchés doit se repentir une enfant dont le seul tort est de se voir abandonnée de tous ? Comment garder espoir face à la cruauté d'adultes censés veiller sur elle ?


    Auteur : Kathy O’Beirne

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Témoignage

     

    Date de parution : 05 juillet 2012

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Kathy décrit avec précision les horreurs infligées à des jeunes filles sans défense par des personnes à la moralité soi-disant exemplaire.
    Tout commence mal pour la petite fille qui, dès l’âge de 5 ans, est battue, humiliée, voire torturée par son père. Aujourd’hui adulte, Kathy ne sait toujours pas pourquoi son père a fait preuve d’une telle cruauté envers elle. Qu’avait-elle de différent de ses deux sœurs ? De ses frères ?
    Mais même si les agissements de l’homme sont à vomir, ce n’est rien à côté de ce que les institutions religieuses ET d’Etats ont pu faire subir à Kathy. Une école religieuse dans laquelle elle trimait comme une bête sans jamais voir l’intérieur d’un livre de classe, un hôpital psychiatrique où elle sert de cobaye pour de nombreux produits et actes « thérapeutiques » dans lequel on ne l’a envoyé que parce qu’elle a dénoncé le prêtre qui l’avait violé, puis le comble de l’horreur avec une des tristement célèbres couvents des sœurs Madeleine (qu’on préfère appeler aujourd’hui les laveries des sœurs Madeleine, comme si cela justifiait les traitements infligés aux détenues, car oui, c’était des détenues), dont les agissements ont été portés à la connaissance du public international avec le film Magdalene sisters de Peter Mullan en 2001. Quand on sait que le dernier de ces couvents de l’horreur n’a été fermé qu’on 1996, on croit rêver, et quand on apprend par Kathy que, loin d’avoir été libérées, les anciennes Madeleines sont souvent, encore aujourd’hui, détenues dans des hôpitaux psychiatriques, on se demande à quoi joue le gouvernement irlandais (et les organisations internationale : il n’y a pas que dans le tiers monde qu’il faut se battre pour le respect des droits de l’homme).
    Kathy O’Beirne a gardé la foi car qu’on soit croyant ou non, il semble évident que les personnes qui ont commis ces atrocités ne méritent pas de représenter la communauté des fidèles, quelle que soit leur religion.

     

    Un extrait : Je suis en train de courir dans un grand couloir. Devant moi, la lumière du soleil filtre à travers le carreau d’une porte. On dirait la lumière du paradis. Derrière se cache un ciel bleu azur sous lequel une plage dorée s’étire à l’infini le long des vagues chargées d’écume. C’est là que je voudrais être : sentir la chaleur du soleil sur ma peau, construire des châteaux de sable, nager dans l’eau. Mon enfance idéale. Mon paradis.
    En atteignant la porte, je suis presque éblouie par cette lumière. Je tente de l’ouvrir, mais il n’y a pas de poignée et des barreaux protègent la vitre. Je frappe contre eux en hurlant mais personne de l’autre côté ne peut m’entendre. Dans mon dos, des bruits de pas résonnent et se rapprochent lentement. Je ferme les yeux et tombe à genoux, les mains jointes.
    Les larmes ruissellent sur mes joues tandis que les pas s’immobilisent derrière moi. La lumière au-dessus de ma tête s’évanouit en même temps que le soleil, la mer et le sable sont absorbés par une nuit obscure, sans lune. Me voici plongée dans les ténèbres de ma sinistre enfance. Je m’agrippe aux barreaux et laisse échapper un hurlement de douleur, de honte, de rage et de haine mêlées. Je suis une fillette prise sous le joug cruel d’un cauchemar sans fin.

     

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  • [Livre] Les sorcières de Salem

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    Résumé : 1692, Salem, Massachusetts. Deux jeunes filles ont perdu conscience suite à une sortie dans les bois. Le révérend Parris, père de Betty, a retrouvé sa fille et sa nièce Abigail dansant nues avec d’autres filles dans la forêt et prie pour sa fille tandis que les villageois en colère crient à la sorcellerie dans son salon ...


    Auteur : Arthur Miller

     

    Edition : Robert Laffon

     

    Genre : Théâtre

     

    Date de parution : 15 avril 2010

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’ai beaucoup aimé cette pièce, mais je regrette un peu de l’avoir lu dans l’édition que j’ai. En effet, j’ai lu la pièce traduite et adaptée par Marcel Aymé mais, contrairement au texte intégral, du moins d’après ce que j’ai pu déduire d’autres critiques, il n’y avait pas dans mon livre la richesse qu’offre le texte original. En effet, je n’ai eu ni didascalies à rallonge, donnant presque à la pièce des airs de romans, ni description détaillée des personnages.
    Il suffit de voir le nombre de pages, 238 dans mon éditions et 435 dans l’édition « Le livre de poche » pour se rendre compte de tout ce qui a disparu entre les deux.
    En réalité, je ne sais pas si j’aurais autant apprécié la pièce si je n’avais pas déjà connu l’adaptation cinéma et l’histoire vraie qui l’a inspirée.
    Pendant toute la pièce on en peut être qu’outré devant l’attitude des juges. Que les accusatrices soient des manipulatrices, comme dans la pièce, où qu’elles aient été empoisonnées à l’ergot de seigle, ce qui aurait provoqué des hallucinations collectives, puis interrogées jusqu’à ce que, poussées par la peur, elles donnent des noms, comme l’une des explications possibles avancée par les historiens pour expliquer ce phénomène d’hystérie collective, elles restaient des enfants (Si dans la pièce Abigaïl Williams a 17 ans, dans les faits, elle n’en avait que 11) et c’étaient aux juges de faire preuve d’impartialité. Mais on dirait que les juges ont été pris d’une boulimie d’exécution, signant des arrêts de mort à tour de bras sans même s’encombrer de preuves un tant soit peu solides. Comme si faire le plus de victimes possible allait garantir leur salut. Quand on sait qu’il suffisait de ne pas savoir dire ses 10 commandements pour qu’on commence à vous regarder de travers (Et les commandements c’est comme les nains de Blanche-Neige, il en manque toujours 1).
    D’ailleurs, l’indignation a été énorme déjà à l’époque puisque c’est le clergé de Boston, indigné, qui est intervenu auprès du gouverneur royal du Massachusetts pour mettre un terme aux agissements des juges de Salem et que l’un d’eux, Increase Mather, a déclaré dans un essai : « Il apparaît préférable que dix sorcières suspectées puissent échapper, plutôt qu'une personne innocente soit condamnée ». Comme quoi, ils avaient pas tous la même vision des choses !

    Un extrait : ABIGAÏL : Mon oncle, je n’ai rien voulu dire devant Suzanna, mais vous savez qu’au village le bruit commence à se répandre d’un mal surnaturel, justement. On va même jusqu’à dire que Betty s’est envolée.

    PARRIS : Envolée… Betty envolée… Voilà bien la fable la plus absurde qu’on puisse inventer.

    ABIGAÏL : Ne voulez-vous pas descendre ? Le parloir est plein de gens venus aux informations.

    PARRIS : Et que veux-tu que je leur dise, moi ? Que j’ai trouvé ma fille et ma nièce en train de danser la nuit comme des païennes dans une clairière de la forêt ?

    ABIGAÏL : Pourquoi pas ? Ce serait le meilleur moyen de couper court aux racontars.

    PARRIS : Abigaïl, je ne peux pas me présenter devant mes paroissiens alors que vous me cachez la vérité.

    ABIGAÏL : Mais je vous l’ai dit, elle est des plus simples, mon oncle. Nous dansions dans la clairière et quand vous avez brusquement surgi des buissons, Betty a eu si peur qu’elle s’est évanouie. Et voilà toute l’histoire. Il n’y a rien à dire de plus.

    PARRIS : Enfant, assieds-toi. Si tu sais quelque chose qui puisse aider le médecin, pour l’amour de Dieu, dis-le-moi.

    ABIGAÏL, tremble en s’asseyant : Je n’ai pas voulu faire de mal à Betty. J’ai toujours beaucoup aimé Betty.

    PARRIS : Réfléchis, mon enfant. Tu vois, je ne te gronde pas, je ne te punis pas. Mais si vous êtes allées dans la forêt pour évoquer les esprits, je dois le savoir tout de suite, car mes ennemis, eux, ne tarderont pas à l’apprendre et ce sera ma ruine.

    ABIGAÏL : Mais nous n’avons jamais évoqué les esprits.

    PARRIS : Une bouilloire était suspendue sur le grand feu autour duquel vous dansiez avec les autres jeunes filles. Pourquoi cette bouilloire ?

    ABIGAÏL : Nous avions froid, et Tituba nous a apporté de la soupe.

    PARRIS : Tu m’as dit que vous étiez allées au bois pour vous rafraîchir. Voilà maintenant qu’il vous fallait de la soupe pour vous réchauffer. (Abigaïl baisse les yeux.) Abigaïl, regarde-moi. Comprends-tu que j’ai de nombreux ennemis ?

    ABIGAÏL : Je le sais, mon oncle.

    PARRIS : Il y a dans le village une faction qui a juré de m’arracher à mon ministère, le comprends-tu ?

    ABIGAÏL : Je crois que oui.

    PARRIS : Eh bien, c’est précisément cette faction-là qui se réjouira d’apprendre que ma propre famille se livre dans la forêt à je ne sais quelles pratiques obscènes ! À quelles abominations !

     

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  • [Livre] Treize raisons

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    Résumé : Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu'elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. Et Clay en fait partie. D'abord effrayé, Clay écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l'oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer...


    Auteur : Jay Asher

     

    Edition : Le Livre de Poche

     

    Genre : Young Adult

     

    Date de parution : 30 mai 2012

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Je ne sais pas si c’est parce que je ne suis plus une ado, mais je n’ai pas ressentie d’empathie particulière pour Hannah. J’ai eu l’impression d’une jeune fille qui a monté en épingle des bêtises et qui n’a jamais rien fait pour que les choses réellement graves s’arrêtent. Par exemple, à aucun moment, elle n’envisage de parler à ses parents, à l’infirmière du lycée ou encore à un professeur de l’attitude de certains garçons après qu’elle a été noté sur « la liste ».
    J’ai eu plus de peine pour ses parents et pour Clay, à qui elle pourri la vie en toute connaissance de cause. Quand j’ai lu « la cassette » qui concernait le jeune homme, je me suis dit : « non mais pour de bon, elle a osé lui faire ça ? »
    Tout ce qu’Hannah a fait en prévision des jours/semaines suivant sa mort, elle aurait pu le faire de son vivant.
    Ce qui m’a dérangée, c’est que Hannah met au même niveau un poème publié contre son gré dans le journal du lycée et un viol. Comme si les deux faits étaient d’égales importances. Il y a aussi le fait qu’elle ramène tout à elle : ce viol a fait partie des faits l’ayant poussé au suicide dit-elle… sauf qu’elle n’est pas la victime. Elle est un témoin qui s’est tu, qui a laissé faire. Je ne vois pas en quoi elle est à plaindre quand on sait qu’elle a laissé faire sans réagir et qu’après les faits, elle a gardé le silence.
    Le sujet est grave, parfois tabou, et j’ai vraiment eu l’impression qu’il était traité un peu de manière légère. J’aurais apprécié que Clay, dans ses observations au fil de la lecture, nous dise quel impact la mort d’Hannah a eu sur la communauté.
    Sur la manière de traiter le sujet, j’ai trouvé que la série était plus explicite et plus profonde en mettant en avant ce que ressentent les parents d’Hannah, le procès qu’ils intentent au lycée, la réaction de Clay aux divers récits qui est moins passives… bref, je trouve que la série lève plus le tabou que le livre qui m’a laissée sur ma faim.
    En fait, je crois que c’est cette histoire même de cassettes qui m’a mise mal à l’aise. L’auteur présente le suicide d’Hannah comme une vengeance ; comme si faire souffrir et culpabiliser des petits cons valaient la vie humaine. Là on n’est pas dans le cas, malheureusement fréquent, d’ados harcelés qui un jour, craquent, et, ne voyant pas d’autre alternative, mettent fin à leurs jours. Ici on a une jeune fille qui a passé des heures à enregistrer ces cassettes, à organiser leur diffusion… Bref, j’ai trouvé qu’il y avait presque une banalisation du suicide en en faisant une arme. Et j’ai trouvé que ce n’était pas rendre justice à la souffrance que ressent un ado qui commet ce geste.
    Pour autant l’écriture n’est pas désagréable et je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ma lecture. J’ai aimé le style, la manière d’écrire, mais je suis plus réservée sur le contenu.

     

    Un extrait : Salut, tout le monde. Ici Hannah Baker. En live et en stéréo.

    Je n'en crois pas mes oreilles.

    Il n'y aura pas d'autres dates. Pas de rappels. Et cette fois, aucune intervention du public.

    Non, c'est impossible. Hannah Baker s'est suicidée.

    J'espère que vous êtes prêts, parce que je vais vous raconter l'histoire de ma vie. Ou plus exactement, la raison pour laquelle elle s'est arrêtée. Et si vous êtes en train d'écouter ces cassettes, c'est que vous êtes l'une de ces raisons.

    Hein ? Non !

    Je ne vous dirai pas laquelle de ces cassettes vous concerne personnellement. Mais n'ayez crainte : si vous avez reçu cette charmante petite boîte, votre nom surgira à un moment ou à un autre... c'est promis.

    Et la parole d'une morte, c'est sacré

    Tiens ! Ça me rappelle une blague. Quel est l'autre nom du croque-mort ? Réponse : Le mord-bide.

    C'est un genre de lettre d'adieu tordue, ou quoi 

    Allez. Riez.

    Bon, tant pis. Je trouvais ça drôle.

    Avant sa mort, Hannah a enregistré des cassettes audio. Pourquoi ?

    Les règles sont simples. Et au nombre de deux seulement. Petit un : écouter. Petit deux : faire passer les cassettes à la personne suivante. L'un comme l'autre, je l'espère, devraient vous être très pénibles.

    — Qu'est-ce que tu écoutes ?

    — Maman !

    Je me jette sur la platine, presse plusieurs boutons à la fois. 

    — Tu m'as fait peur. C'est rien. Juste un devoir pour le lycée. Ma réponse automatique, idéale en toutes circonstances.

     

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  • [Livre] Le voyage de Ruth

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    Résumé : 1804, sur l’île de Saint-Domingue, un massacre n’épargne qu’une seule vie, celle d’une petite fille noire. Recueillie par deux Français, l’enfant, qu’ils prénomment Ruth, part vivre avec eux dans la bouillonnante ville de Savannah, au sud des États-Unis. Ainsi commence l’incroyable destin de celle qui grandira dans un pays à la veille de la guerre de Sécession et tombera follement amoureuse d’un Noir libre, avant de devenir « la Mama » qui élèvera l’irrésistible Scarlett.
    Derrière le masque de la domestique dévouée, on découvre la vie secrète et les pensées de Ruth. Entre résilience et rêves brisés, Le Voyage de Ruth jette une nouvelle lumière sur l’une des inoubliables héroïnes d’Autant en emporte le vent.


    Auteur : Donald McCaig

     

    Edition : Michel Lafon

     

    Genre : Historique

     

    Date de parution : 06 novembre 2014

     

    Prix moyen : 20€

     

    Mon avis : Donald McCaig nous livre ici l’histoire de la mama de la célèbre Scarlett O’Hara. Après avoir été sauvée, alors seule survivante d’un massacre perpétré sur Saint-Domingue (ex-Haiti), dont on ne saura pas par qui il a été commis (rebelles noirs ou troupes françaises), une petite noire d’environ 5 ans est recueilli par le capitaine Fornier qui l’offre à sa femme, Solange.
    Solange a une relation des plus étranges avec cette enfant qu’elle traite à la fois comme sa fille, comme sa servante et comme un animal de compagnie.
    A l’adolescence, la fillette, prénommée Ruth, va devenir la mama de la fille de Solange, Pauline. Bien que très jeune, comparée aux autres noires tenant le même rôle, Ruth sait s’imposer comme nurse. Sa maitresse, Solange, montre le caractère que l’on connait bien chez Scarlett : avide de liberté, refusant de se laisser dicter sa conduite par les on-dit, Solange Escarlette sera d’abord Solange Fornier, puis Solange Evans, puis enfin Solange Robillard.
    Le parcours de Ruth l’éloignera un temps de sa chère maîtresse, mais après plusieurs drames, elles finiront par être réunies. Et Ruth abandonnera son prénom pour ne vouloir qu’être désignée sous le nom de « mama ».
    Pour ceux qui ont lu « autant en emporte le vent », c’est un plaisir de retrouver, au fil des pages, des noms connus comme les Butler ou les O’Hara.
    Ruth garde en elle tout le chagrin qu’elle a pu connaitre, elle ne se livre que rarement et jamais complètement. Elle « voit » certaines choses qu’elle préférait ignorer et st dévouée corps et âme à ses maîtresses successives qu’elle a, chaque fois, beaucoup aimé.
    Le livre est divisé en trois parties. C’est dans la troisième, la seule racontée du point de vue de Mama Ruth que l’histoire rejoint « Autant en emporte le vent » avec l’arrivée sur scène des personnages que l’on a rencontré dans ce roman.
    Malgré tout, avoir lu « Autant en emporte le vent » n’est qu’un plus car le roman de Donald McCraig est fait de telle façon qu’il peut se lire indépendamment de celui qui l’a inspiré.
    L’auteur donne vie à Mama, et celle-ci, avec toutes les épreuves qu’elle a traversées, n’en méritait pas moins.

     

    Un extrait : Quand Ruth revint finalement à la maison, Solange lui demanda : « Savais-tu qu’Augustin allait mourir ? »

    L’enfant évita son regard. « J’vois es choses.

    - Où étais-tu ?

    - J’devais r’prendre mon souffle. » Elle répéta avec véhémence : « J’devais r’prendre mon souffle ! » Elle toucha d’un doigt glacé la joue de sa maîtresse. « Z’allez épouser cet homme. Ouais. Vaut mieux être maudit pour c’qu’on est que pour c’qu’on est pas. »

    Quand, quelques temps plus tard, Solange épousa Wesley, Antonia Sévier expliqua qu’elle l’avait fait pour prouver son mépris des règles de bienséances, une idée que Solange fit sienne quelques années plus tard. Parce qu’il y avait une chose qu’elle n’arrivait pas à comprendre – et qu’aucune jeune fille bien élevée de Saint-Malo, et encore moins une Escarlette, ne pourrait avouer ou admettre : c’était le besoin irrépressible qu’elle avait ressenti de s’éclipser de la réception de son mariage avec Wesley pour se jeter dans le lit conjugal.
    Le second mari de Solange était aussi déterminé et perspicace qu’elle, avec, en plus, un certain sens de la dérision. « Quand Dieu nous regarde depuis le ciel, il voit une fourmilière qui grouille, dans laquelle rien ne différencie le riche de son serviteur. 

    - Un sou est un sou, disait Solange avec hauteur, que ce soit au ciel ou dans une fourmilière. »

    Deux ans et neuf mois après leur mariage, Mme Wesley Evans donna naissance à une petite fille en parfaite santé : Pauline. Toute la jeunesse de la haute société de Savannah se rendit au baptême du nourrisson et à la réception qui suivit chez les Evans. Une jeunesse qui n’avait cure des vieux scandales que chérissaient des croulants d’un autre siècle, attachés à des mœurs d’un autre siècle.

    Quand Solange suggéra que Ruth devienne la mama – c’est-à-dire la nounou – de Paulin, Wesley demanda :
    « Est-ce que tous les enfants du sud sont vraiment obligés d’avoir une mama ?

    - Les mamas permettent aux dames du Sud de dorloter leur homme », dit-elle avec un sourire en coin qui n’aurait jamais été approuvé par une Escarlette.

    Wesley se racla la gorge. « Ruth est si jeune.

    - Les Noirs grandissent plus vite que les Blancs. Ruth est une femme, plus une enfant.

    - Je crois que je n’ai jamais connu personne comme elle. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, dans les moments heureux comme dans les plus durs… jamais je n’ai vu notre charmante Ruth se départir de son sourire.

    - Alors ? Tu es contre ?

    - J’aimerais tellement savoir ce que Ruth pense vraiment.

    - Crois-moi sur parole, chéri, il ne vaut mieux pas. »

    Ruth était faite pour éduquer des enfants, et la mère de Pauline pour dorloter son mari, à la plus grande satisfaction des deux parties.


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  • C'est lundi que lisez vous? #173

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog de Galleane.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

    lectures de la semaine passée.jpg

    Dracula tiré du film.jpg Le roi des fauves.jpg Une irrésistible envie de bonheur.jpg

    Le jour où les lions mangeront de la salade verte.jpg Billie.jpg Après la fin.jpg

     

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    mes prochaines lectures.jpg

     

    Après la fin.jpg Au dessus de tout soupçon.jpg Billie.jpg

    Confess.jpg Dolorine à l'école.jpg Dracula tiré du film.jpg

    irrésistible T04.jpg Jack l'éventreur affaire classée.jpg La meute du phenix T01.jpg

    L'autre soeur.jpg Le ferry.jpg Le jour où les lions mangeront de la salade verte.jpg

    Le roi des fauves.jpg Le souffle de midas.jpg L'encyclopédie du merveilleurx.jpg

    Moi Simon, 16 ans, Homo Sapiens.jpg Ni mariée ni enterrée T01.jpg Nos âmes jumelles.jpg

    Nous les filles de nulle part.jpg November 9.jpg Une irrésistible envie de bonheur.jpg

     

    Et vous, que lisez-vous?

  • Premières lignes #16

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    Premières lignes est un rendez-vous livresque mis en place par Aurélia du blog Ma lecturothèqueLa liste des participants est répertoriée sur son blog (Si ce n’est que son rdv est le dimanche et que je mettrai le mien en ligne chaque samedi).
    Le principe est de, chaque semaine, vous faire découvrir un livre en vous en livrant les premières lignes.
    Pour ma part, j’ai décidé de vous faire découvrir mes coups de cœurs !

     

    Cette semaine, je vous présente Un hiver en enfer de Jo Witek dont vous pouvez lire le résumé et ma chronique ICI

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    Dix-sept heures, enfin. La sonnerie venait de retentir dans un brouhaha libérateur. Alors que la plupart des élèves balançaient leurs affaires dans leur sac, tels des déchets dans un vide-ordures, Edward rangeait ses livres, cahiers et stylos avec une méthodologie chirurgicale. Toujours le dernier sorti, il appréciait le silence des salles de classe désertées. Une respiration, pour celui que l’on surnommait “Ed, le timbré” ou “Ed, le strange” et qui alimentait la petite haine ordinaire de la vie lycéenne. Ç’avait été comme ça dès son entrée au collège. Une timidité maladive, des TOC, un manque absolu de confiance en lui, autant de handicaps qui l’avaient empêché de trouver sa place dans cette jungle adolescente, où seuls les grandes gueules, les rigolos ou les lèche-bottes devenaient rois. Il avait fait avec. Se retranchant dans une solitude forcée, admirant la vie des jeunes heureux, sans espoir d’y participer. Il s’était habitué à cet isolement, tout comme à la violence quotidienne des petits jeux pervers de Traval et de Bosco. C’était injuste, c’était archaïque et à gerber, mais Edward avait abdiqué. Incapable d’en parler, incapable de se défendre, il se laissait manipuler pour avoir la paix, supportant sans révolte la nausée et les maux d’estomac matinaux.
    Il terminait de ranger un à un ses stylos dans sa trousse, respectant l’ordre des couleurs de l’arc-en-ciel, quand Hugo, le complice de Traval fit irruption dans la classe.
    — Ed le timbré, tu te ramènes ? Il y a un fight ce soir. T’as combien sur toi ? Cette fois, c’est du lourd.
    — Je ne peux pas ce soir. Mon père vient me chercher…
    — Conneries ! persifla Hugo. Dans cinq minutes dans les chiottes du gymnase, t’as intérêt à te ramener si tu veux pas finir la gueule dans ta pisse.
    Edward attrapa son sac, alluma son portable. Aucun message. Rien d’étonnant. Une vie sans surprise. Il avait hâte de se connecter à sa vraie réalité, sortir de cette mélasse In Real Life, pour pénétrer dans le monde fascinant des jeux en ligne massivement multijoueurs. Retrouver sa communauté, se sentir connecté à des centaines de joueurs en ligne, se glisser dans la peau de puissants avatars et prendre son envol. Un shoot de sensations fortes dont il ne pouvait plus se passer depuis quelque temps. Vivre, bon sang ! Vibrer autrement que dans cette stupide réalité.

     

    Alors, tentés?

  • [Film] Les noces funèbres

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    Titre original : Corpse bride

    Réalisé par : Mike Johnson, Tim Burton

    Date de sortie : 19 octobre 2005

    Genre : Animation

    Pays d’origine : USA

    Durée : 1h15

    Casting : Johnny Depp (Victor), Helena Bonham-Carter (Emily), Emily Watson (Victoria)…

    Résumé : Au XIXe siècle, dans un petit village d'Europe de l'est, Victor, un jeune homme, découvre le monde de l'au-delà après avoir épousé, sans le vouloir, le cadavre d'une mystérieuse mariée. Pendant son voyage, sa promise, Victoria l'attend désespérément dans le monde des vivants. Bien que la vie au Royaume des Morts s'avère beaucoup plus colorée et joyeuse que sa véritable existence, Victor apprend que rien au monde, pas même la mort, ne pourra briser son amour pour sa femme.

    Mon avis : Pour ce film d’animation, Tim Burton semble s’être inspiré d’une légende russe : « La mariée morte ». Mais là où, dans la légende, la mariée morte n’apparaît que comme un obstacle au bonheur des vrais fiancés, ici, Emily attire la compassion.
    Volée et assassinée par son fiancé, elle a fait le vœu d’être épousée par son grand amour et, si la demande en mariage de Victor est accidentelle, il n’en demeure pas moins qu’il a réveillé les espoirs d’Emily et que le désarroi de cette dernière est touchant.
    La « vraie » fiancée est plus terne qu’Emily.

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    Son éducation stricte et sans affection ne lui a pas permis de s’épanouir ou de cultiver un quelconque talent artistique à l’inverse d’Emily, qui, comme Victor, joue parfaitement du piano.
    Les parents de Victoria n’ont accepté son mariage avec Victor que par intérêt financier. On ne peut pas dire que la pauvre petite ait eu une vie épanouissante. En tout cas, Victor et elle ont clairement eu un coup de foudre dès leur première rencontre (qui a lieu la veille de leur mariage).
    Il y a un sacré contraste entre le monde des vivants, morne, terne et engoncé dans des règles de convenances plus rébarbatives les une que les autres, et le monde des morts, joyeux, colorés, bourré d’humour, quoi que possédant ses propres règles.

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    Même si l’histoire est dramatique entre l’histoire d’Emily, un mariage arrangé, l’intervention non négligeable de Lord Barkis, l’humour est sans cesse présent avec de nombreux clin d’œil (par exemple, un Rhett Butler plus vrai que nature mais à l’état de squelette, prononçant sa phrase fétiche).
    Je reprocherais juste au film d’être un peu trop court. J’aurais aimé en voir plus dans le monde des morts et j’aurais aimé savoir ce que sont devenu les parents de Victor et de Victoria qu’on laisse chacun dans des situations qui ne demandaient qu’à être éclaircies.
    Rien à redire sur l’animation avec un Victor qui ressemble tellement à Johnny Depp qui le double, qu’on en oublierait presque que ce n’est qu’une animation.

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    Les chansons sont au top même si j’avoue que j’ai une petite préférence pour leur version VO.