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  • [Film] ÇA, il est revenu

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    Titre original : It

     

    Réalisé par : Tommy Lee Wallace

     

    Date de sortie : 16 octobre 1993

     

    Genre : Fantastique, Horreur

     

    Pays d’origine : USA

     

    Durée : 3h12

     

    Casting : Harry Anderson, Dennis Christopher, Richard Masur, Annette O'Toole, Tim Reid, John Ritter, Richard Thomas, Jonathan Brandis, Brandon Crane, Adam Faraizl, Seth Green, Ben Heller, Marlon Taylor, Emily Perkins, Tim Curry…

     

    Résumé : Une créature sans nom, Ça, répand la terreur et la mort dans la petite ville de Derry. Jusqu'à ce qu'une bande d'enfants mette fin aux agissements du monstre. Trente plus tard, les sept amis se réunissent à Derry : Ça est revenu...

     

    Mon avis : Adaptation assez fidèle du livre de Stephen King, Ça – il est revenu souffre un peu des effets spéciaux de l’époque (qui rendent complètement ridicule l’apparition physique de Ça quand il n’est pas caché sous son apparence de clown).
    Le jeu des acteurs n’est pas non plus des meilleurs. A chaque fois que j’entends Annette O’Toole dire, des trémolos dans la voix : Mais pourquoi Ça est-il aussi méchant, j’ai cette image dans la tête :

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    Je me doute bien que l’adaptation cinéma de 2017 est bien plus effrayante et va rester bien plus ancrée dans les mémoire, mais bon, pour un simple téléfilm qui a plus de 20 ans, je trouve qu’ils ne se sont pas trop mal débrouillés.
    Il faut dire qu’ils n’ont pas été aidés avec le réalisateur qui ne casse pas des briques. C’est bien simple, je n’arrive pas à trouver un seul succès, un seul bon film, réalisé par lui. C’est, au mieux, un réalisateur de série z. Les acteurs adolescents et Tim Curry remontent le niveau mais peinent à porter le téléfilm à bout de bras.

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    Mais bon, il y a 24 ans, j’avais 12 ans, alors le jeu des acteurs, je m’en fichais un peu, j’avais la trouille (déjà que j’ai jamais particulièrement aimé les clowns)… c’est un peu comme les dents de la mer. Quand je vois les scènes aujourd’hui dans lesquelles on voit le requin de près, je me dis : oh le joli carton-pâte… Quand je l’ai vu, il y a près de 30 ans…. Ben j’ai eu une trouille d’enfer… et je n’ai quasiment plus refoutu les pieds à la mer depuis…
    Et il faut bien reconnaître à ce téléfilm qu’il a le mérite d’avoir fait découvrir le roman de Stephen King au plus grand nombre. Je ne pense pas être la seule à avoir voulu découvrir le livre, puis l’auteur, après avoir visionné le téléfilm.


  • [Livre] Elles étaient jeunes et belles

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    Résumé : Jeunes, belles et brunes. Nuit après nuit, des lycéennes disparaissent de leur chambre. L’un après l’autre, leurs corps sont retrouvés quelques jours plus tard, sans vie…

    Révolté par l’horreur de ces meurtres qui terrorisent Raleigh, en Caroline du Nord, l’agent spécial Steven Thatcher n’a plus qu’un but : mettre le tueur en série sous les verrous. Hélas, celui-ci a méticuleusement effacé tous les indices ; l’enquête piétine. Jusqu’à ce que la ravissante Jenna, un des professeurs de son fils aîné Brad, commence à recevoir d’inquiétantes et sombres menaces. De crainte qu’elle ne soit la prochaine cible du tueur, Steven se jure de la protéger. Car, comme toutes les victimes de l’assassin, Jenna est jeune, belle et brune…

     

    Auteur : Karen Rose

     

    Edition : Harlequin best-seller

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 01 septembre 2013

     

    Prix moyen : 7€

     

    Mon avis : J’aime bien, en général, les thrillers écrits par Karen Rose et celui-ci ne fait pas exception à la règle.
    J’ai eu un peu de mal à trouver l’assassin, même si j’ai fini par y arriver avant la révélation. Mais je crois que j’ai soupçonné quasi tout le monde, même ceux qui n’avaient matériellement pas la possibilité de l’être.
    J’ai beaucoup aimé Jenna et Steven, qui sont attiré l’un par l’autre mais ont des réserves à causes de passés douloureux.
    Pour ma part, je ne considère pas qu’il y ait de triangle amoureux car pour cela, il faut que le personnage qui attire l’affection de deux personnes ait du mal à choisir et hésite entre ces deux personnes, ce qui n’est pas le cas ici. La seule chose est la jalousie quasiment maladive de Steven qui tire des conclusions hâtives chaque fois que Jenna adresse la parole à un homme (il va falloir qu’il se calme, celui-là).
    Du côté des personnages secondaires, je crois que mes préférés sont Lucas, Nicky et Matt. Ces trois-là n’essaie pas de forcer les choses et laisse leur libre arbitre à leur amis et famille.
    La tante Helen et la belle-famille de Jenna, eux, en revanche, sont insupportables. Je trouve Steven et Jenna très patients parce que je ne crois pas qu’à leur place j’aurais supporté cette intrusion permanente dans ma vie. A un moment donné, il faut apprendre à juste foutre la paix aux gens.
    Concernant l’enquête elle-même j’ai apprécié que l’agent Thatcher ne trouve pas les indices sous les sabots d’un cheval : il tâtonne, il piétine, il galère et il voit les meurtres continuer sans qu’il puisse rien y faire. Ça change du super agent qui comprend tout en une fraction de seconde.
    On voit également qu’il a du mal à tout concilier : quand il s’occupe de ses enfants, trop peu à son goût, il ne peut pas être sur le terrain et quand il travaille, il délaisse un peu ses enfants (faut dire que son travail est prenant). Il comment aussi des erreurs, ce n’est pas un surhomme qui a toujours la bonne réponse et la bonne attitude.
    Parallèlement à l’enquête et à la romance naissance entre Jenna et Steven, on peut voir un problème assez récurrent aux USA : la sur-notation des sportifs pour qu’ils ne soient pas exclus de leur équipe pour résultats insuffisants. Le sport a une telle importance aux USA que certains professeurs n’hésite pas à noter ces élèves là avec indulgence pour ne pas pénaliser les équipes. C’est peut-être pour cela que, à part quelques élus qui percent ou qui ne jure pas que par le sport, la plupart des grands sportifs de lycée vivent vraiment les meilleures années de leur vie, avant de travailler en station-service ou en fastfood tout le reste de leur vie, faute d’avoir décroché des diplômes.
    Ici Jenna refuse cette complaisance et se retrouve victime de harcèlement de la part d’un petit groupe qui, se sentant invincible, va pousser les choses de plus en plus loin. Et tout ça sous le regard complaisant du proviseur.
    Ce que j’aime beaucoup dans les romans de karen rose, c’est que la romance ne prend jamais le pas sur l’intrigue et reste un petit plus savamment dosé. Il n’y a rien de plus énervant que de lire un thriller et de voir que les trois quart de l’histoire sont consacrés aux déboires amoureux des personnages. Bon nombre d’auteurs devraient prendre exemple sur elle.
    Ce livre s’intègre dans une série de livres appelée « don’t tell » et dans lesquels on retrouve les personnages des tomes précédents (Steven est un personnage secondaire du tome 1, par exemple). J’ai déjà lu le lys rouge et Et tu périras par le feu, que j’ai adorés et j’ai ajouté les autres à ma PAL.

     

    Un extrait : Il en avait vu des scènes de crime, au cours de sa carrière, suffisamment pour savoir que l'imagination des criminels n'avait pas de bornes. Et logiquement cela aurait dû lui faciliter les choses, lui permettre de réfléchir posément.

    Mais non.

    L'agent spécial Steven Thatcher desserra son nœud de cravate, mais n'en respira pas plus aisément et, en tout état de cause, cela ne changeait rien au spectacle qu'il avait découvert dans cette clairière, à la suite de l'appel anonyme que la police judiciaire de l'Etat de Caroline du Nord (le SBI) avait reçu.

    Et cela ne ressusciterait certainement pas la pauvre femme qui gisait sans vie devant lui.

    Steven remit donc en place sa cravate et avança d'un pas prudent vers le cadavre, ce qui lui valut un regard furieux du débutant que la police scientifique locale avait dépêché sur les lieux — car sa supérieure, une technicienne chevronnée, avait choisi cette semaine pour partir en croisière dans les Caraïbes, ne pouvant évidemment prévoir qu'un meurtre aussi atroce allait être commis pendant ses vacances.

    A présent qu'il avait sous les yeux ce corps affreusement mutilé — il avait servi de pâture aux animaux peuplant ces bois reculés —, Steven regrettait de n'être pas parti, lui aussi, voguer sur les flots, loin de la civilisation et de son cortège d'atrocités.

    — Faites attention où vous posez les pieds ! lui lança d'une voix irritée le débutant accroupi dans l'herbe près du cadavre.

    Kent Thompson avait déjà acquis la réputation d'être un bon professionnel, mais Steven réservait son jugement à l'égard de ce jeune collègue. En tout cas, le simple fait que ce dernier n'ait pas vomi tripes et boyaux face à un tel spectacle parlait en sa faveur.

    — Merci pour vos leçons d'investigation sur une scène de crime, répliqua-t-il sèchement.

    Les joues de Kent virèrent au pourpre.

    Il se redressa et détourna les yeux.

    — Excusez-moi... Mais je suis un peu à cran. J'ai passé toute la scène au peigne fin trois fois de suite... et rien ! Celui qui a apporté le corps ici n'a pas laissé la moindre trace.

    — Espérons alors que le médecin légiste trouvera un indice en examinant le corps.

    Kent laissa échapper un soupir.

    — Enfin, ce qu'il en reste...

    Il se tourna vers la victime sans manifester d'émotion particulière, ainsi qu'il sied à ceux qui exercent sa profession. Mais Steven remarqua une lueur de compassion maîtrisée dans les yeux du jeune homme, qui le rassura. Kent allait faire son boulot dans les règles, mais sans oublier cependant la victime. Un nouveau bon point pour ce bleu, frais émoulu de l'université.

    — Excuse-moi, Steven..., fit une voix bouleversée dans son dos.

    Steven se retourna et vit l'agent Harry Grimes glisser un mouchoir dans sa poche. Sa respiration était irrégulière et son visage encore tout pâle, quoique moins blafard depuis qu'il avait vomi dans un buisson le sandwich au bacon et aux œufs qu'il avait avalé en guise de petit déjeuner, tandis qu'ils se rendaient tous deux sur la scène de crime.

    Harry faisait ses débuts au SBI et Steven était chargé de le former. Il promettait beaucoup, malgré un estomac trop sensible. Steven ne pouvait lui reprocher cette réaction. Lui aussi aurait sans doute rendu son petit déjeuner — s'il avait eu le temps d'en prendre un.

     

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  • [Livre] L’enfant de l’enfer

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    Résumé : Malgré ses années d’expérience en tant que mère d’accueil, Cathy Glass fait face à un défi de taille avec le cas d’Aimee, petite fille de 8 ans, qui n’a jamais connu que des conditions de vie déplorables : pas d’hygiène, pas d’éducation… et une violence omniprésente. Alors qu’elle découvre les joies simples de l’enfance, Aimee se libère de ses plus sombres souvenirs.

     

    Auteur : Cathy Glass

     

    Edition : France Loisirs

     

    Genre : Témoignage

     

    Date de parution : 2017

     

    Prix moyen : 13€

     

    Mon avis : Cathy va devoir relever un sacré défi avec Aimee. La fillette est assez attachante, se montrant extrêmement lucide sur sa vie avec sa mère mais voulant tout de même lui être loyale et donc se montrant assez difficile dès qu’elle a vu ou parler à sa mère. Le problème est que le juge a accordé des conversations téléphoniques tous les soirs où il n’y a pas de rencontre, lesquelles ont lieu 3 fois par semaine. Autant dire que pour chaque pas en avant que fait Cathy avec Aimee, elle en fait 3 en arrière et 2 sur le côté.

    La mère d’Aimee, Susan, est agressive, violente et connais assez bien le système (elle a 6 ou 7 enfants, tous placés les uns après les autres depuis 25 ans) pour savoir ce qu’elle doit dire ou faire pour rendre la vie impossible à la famille d’accueil. Elle porte plainte, provoque enquêtes sociales et contrôles qui minent non seulement le moral de la famille mais aussi tout progrès fait avec la fillette.
    Cependant, j’ai trouvé que Susan était finalement moins à blâmer que les services sociaux. A 8 ans, Aimee a eu une douzaine d’assistantes sociales dont pas une ne connait vraiment le dossier, les services sociaux ont plus à cœur de couvrir leurs arrières que d’aider efficacement la fillette. Aimee, qui aurait dû être placé dès sa naissance, est passée entre les mailles du filet pendant 8 ans, 8 années pendant lesquelles elle a vécu une vie sordide.
    Contrairement à d’autres parents biologiques auxquels a eu affaire Cathy, ici, on n’a aucun doute sur l’amour que Susan porte à sa fille, mais elle ne sait pas l’élever et surtout elle est incapable d’échapper à l’emprise de la drogue et du coup de celle de ses différents dealers.
    J’ai aussi été choquée que Cathy soit systématiquement considérée comme fautive a priori par les services sociaux : quand le coup de téléphone quotidien n’a pas pu être donné, on lui dit qu’elle est obligé de le faire, sans se demander s’il y a eu un problème quelconque, quand Susan laisse échapper son agressivité, l’assistante qui supervise ses rencontres avec Aimee n’intervient pas, et la directrice du centre ne trouve rien d’autre pour la calmer que de lui dire de venir dans son bureau faire la liste de tout ce qu’elle reproche à Cathy.
    Susan est droguée jusqu’à la moelle et malheureuse de ne plus avoir sa fille près d’elle, on peut comprendre son agressivité, mais pourquoi la laisser s’enliser dans cette attitude ? L’absence de réaction des services sociaux est presque criminelle.
    Heureusement Cathy peut compter sur le soutien de sa famille et sur celui de son assistante sociale référente qui se bat bec et ongles pour que sa meilleure mère d’accueil ne soit pas harcelée.
    Il faut vraiment une grande force morale pour faire ce métier car, en plus des révélations souvent à la limite du soutenable que fait un enfant abusé quand il commence à se sentir en sécurité, il ne s’agit souvent que de placement de longue durée mais temporaire (entre 6 mois et 18 mois). Largement de quoi s’attacher profondément à lui, avant de le voir partir pour une autre famille.
    Je ne sais pas si j’aurais cette force.

     

    Un extrait : « Aimee est agressive. Elle donne des coups de pied, elle crie sur sa mère et lui tire les cheveux. Sa mère a avoué avoir peur d’elle et, quand Aimee s’en prend à elle, il lui arrive de s’enfermer dans la salle de bain ou de courir se réfugier chez des voisins. Sa mère a déclaré qu’Aimee avait étranglé les chatons que leur chatte venait d’avoir. »

    - Quoi ?
    Le cri m’échappa à la lecture du rapport.
    Jill hocha la tête gravement.
    - Continue. Ca ne s’arrange pas.
    Jill est mon assistante sociale de référence – ou référent tout court – à Homefinders, l’organisme où je suis inscrite comme parent d’accueil. Nous étions installées dans son bureau et Jill m’observait attentivement à mesure que je lisais la description de la petite fille de huit ans que les services sociaux venaient de prendre en charge et cherchaient à placer.
    Je poursuivi :

    « Les parents d’Aimee sont séparés et Aimee vit principalement avec sa mère. L’appartement est toujours sale, glacial, et il n’y a jamais de nourriture dans les placards. Aimee et sa mère dorment sur un matelas souillé posé par terre au milieu du salon car l’unique chambre est trop humide. Aimee est souvent débraillée, d’allure misérable, et elle a des poux. Elle refuse d’aller à l’école. Sa mère est incapable de s’occuper d’elle et la laisse souvent en compagnie d’autres adultes, la plupart du temps des hommes et des drogués notoires. Susan (la mère d’Aimee) est incapable de fixer des limites à suivre et se défend en expliquant qu’Aimee devient violente si elle l’empêche de faire ce qu’elle veut. Une assistante familiale a tenté d’intervenir pour proposer son aide mais Susan était incapable de tenir tête à sa fille. La mère et le père d’Aimee se droguaient tous les deux par intraveineuses. Il est probable qu’ils continuent. Les deux parents ont fait de la prison pour trafic de stupéfiants. »


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  • [Livre] Trahison

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    Résumé : Lorsqu’à 17 ans elle quitte sa bourgade natale du Mississipi, Becky Lynn n’a qu’une idée en tête : fuir la misère, l’alcoolisme de son père, l’ignominie de ces riches adolescents qui l’ont violée en toute impunité… Becky Lynn veut croire qu’une autre vie est possible. Une vie que lui suggèrent ces luxueux magazines de mode dans lesquels elle a puisé la force de rêver. Timide, sauvage, blessée… mais aussi courageuse, obstinée et entière : Becky Lynn se réfugie à Los Angeles où elle est bien décidée à s’inventer une nouvelle vie.

     

    Auteur : Erica Spindler

     

    Edition : Harlequin

     

    Genre : Drame

     

    Date de parution : 1995

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : J’ai lu ce livre au moins 10 fois, je le connais quasiment par cœur, et pourtant, non seulement je ne me lasse pas de le lire, mais le coup de cœur est toujours aussi puissant quel que soit le nombre de lectures.
    Pour les éditions harlequin c’est aussi une manne car il a été réédité pas moins de trois fois sous des titres différents et avec un résumé qui laisse entendre que les éditions les plus récentes (Trahison et Les blessures du passé) sont les suites de la plus ancienne (Destinées). Ne pas se faire avoir, il s’agit bien du même roman.
    Ce que vit Becky Lynn dans sa ville natale est affreux et je ne parle pas seulement du viol dont elle est victime : toute la ville la méprise à cause du manque d’argent de sa famille, son père est alcoolique et violent, sa mère complétement effacée. Tous, chacun à sa manière, à contribuer à ce que des Garçons tels que Ricky et Tommy pensent pouvoir faire ce qu’ils veulent à Becky Lynn sans jamais être inquiétés puisqu’elle est quantité négligeable. Hélas, ils ont raison (du moins en ce qui concerne leurs parents et ceux de Becky Lynn). La patronne de Becky Lynn fait exception et, qui sait ce qu’il se serait passé si elle était allée trouver la police dès la première agression en compagnie de celle-ci ?
    Mais après avoir été rejetée par son père, son frère et sa mère, de manière différente pour chacun d’eux, Becky Lynn décide de prendre les maigres économies qui ont échappées à la rapacité de son père et de ficher le camp une bonne fois pour toute.
    Malheureusement, si la fuite l’éloigne de ses agresseurs, les problèmes psychologiques qu’ils ont provoqués chez elle la suivent dans sa nouvelle vie : Becky Lynn est maladivement timide, essayant de se rendre le plus invisible possible et surtout, elle a une peur panique des hommes, ne supportant pas que ceux-ci ne fasse ne serait-ce que l’effleurer.
    Cette timidité et cette peur ne vont pas l’aider quand elle va commencer à graviter dans le milieu de la mode. Becky Lynn arrive à donner une impression de force à son entourage mais au fond d’elle, elle est toujours aussi vulnérable.
    Le pire pour elle est le sentiment de solitude profonde qui l’accompagne sans cesse, même lorsqu’elle est très entourée et Jack, le fils de sa patronne, celui qui la fait entrer dans le monde de la mode, ne va pas arranger les choses.
    Il n’y a pas besoin d’avoir ressenti un jour cette solitude pour ressentir la souffrance de Becky Lynn car l’écriture de l’auteur nous plonge à l’intérieur même de la jeune fille.
    Malgré le nombre de fois incalculable où j’ai relu ce livre, je suis toujours au bord des larmes (et à certains moment, plus qu’au bord) à la lecture de cette histoire.
    Erica Spindler nous fait vraiment vivre, ressentir, toutes les émotions de ses personnages, en particuliers ceux de Becky Lynn et de Carlo Triani.
    Un coup de cœur assurément, depuis ma première lecture, et sans doute pour toutes les relectures qui suivront !

     

    Un extrait : Becky Lynn ralentit un instant le pas au bout du chemin de terre, pour contempler la petite maison carrée qui se dressait devant elle. Sa maison. Inconsciemment, elle serra contre sa poitrine les magazines que lui avait donnés Miss Opal. Dans la lumière déclinante, les murs autrefois blancs, aujourd’hui gris et galeux, paraissaient encore plus sinistres, plus délabrés, comme si cette maison elle-même avait cessé de rêver à un avenir meilleur. La clôture branlante et brisée qui entourait le jardin avait sans doute été immaculée et pimpante jadis.
    D’un pas trainant, Becky Lynn remonta le chemin. C’était curieux comme les heures passaient vite dans le salon de Miss Opal, songea-t-elle, et comme elles passaient lentement ici. Le temps avait le don, semblait-il, de s’arrêter pour prolonger les instants de souffrance.
    La jeune fille fut assaillie par l’odeur du whisky à l’instant même où elle gravissait les marches de la véranda délabrée. Elle détestait cette odeur aigre-douce. Parfois, il lui arrivait de se réveiller en pleine nuit avec l’impression d’être étouffée par cette odeur qui s’infiltrait partout, dans ses vêtements, dans les meubles et les lits, dans les pores de la peau de son père.
    Dans sa propre vie.
    Becky Lynn ne se souvenait pas d’avoir vécu sans cette puanteur.
    Jusqu’au moment de franchir la porte de la maison, elle avait réussi à oublier qu’on était vendredi. Le jour où son père touchait sa paye. Le jour où il s’offrait son « petit plaisir », comme il disait. En rentrant de la fonderie, il s’achetait une flasque de whisky Ji Beam, et il buvait jusqu’à ce que la bouteille soit vide… ou qu’il tombe dans les pommes. Le reste de la semaine, il se contentait d’ingurgiter ce qu’il pouvait s’offrir. Arrivé au jeudi, la plupart du temps, il n’avait plus les moyens de boire, alors il dormait. Voilà pourquoi Becky Lynn attendait le jeudi avec la même impatience que l’arrivée que l’arrivée des nouveaux magazines. Ou presque.

     

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  • C'est lundi que lisez-vous? #129

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    Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? de One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait maintenant sur le blog de Galleane.

     

    Il s'agit de répondre à trois questions:

    Qu'ai-je lu la semaine passée?
    Que suis-je en train de lire?
    Que lirai-je après?

     

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    Et vous, que lisez-vous? 

  • [Livre] Les aériens

    Je remercie les éditions Sarbacane pour cette excellente lecture

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    Résumé : Dure rentrée de 5e, pour Alexandre : ses amis l'ont abandonné, et Théo et sa bande le harcèlent chaque jour.

    Heureusement, il y a Sarah, la nouvelle au collège. Dès son arrivée, elle l'aide à échapper aux brutes qui le poursuivent avec leurs scooters !

    C'est justement en se réfugiant chez elle qu'ils rencontrent un être étrange :

    Courantd'Air, un Aérien. Un nuage de particules vivant...

     

    Auteur : Marie-Catherine Daniel

     

    Edition : Sarbacane

     

    Genre : Jeunesse

     

    Date de parution : 4 octobre 2017

     

    Prix moyen : 11€

     

    Mon avis : Dans ce nouveau pepix noir, nous faisons la connaissance des Aériens. Des sortes de nuages vivants qui sont confrontés, comme les humains, à des conflits qu’on pourrait qualifier de conflits de gangs.
    Courantd’air est un petit aérien, sans grande puissance, qui se retrouve confronté à un énorme aérien qui doit sa puissance à l’absorption d’autres aériens. Blizzard n’est pas un aérien pacifique et son but est de faire le plus de dégâts possible chez les humains tout en contrôlant tous les aériens du secteur.
    En se cachant de Blizzard, Courantd’air va rencontrer trois adolescents : il y a d’abord Sarah, une nouvelle arrivée en ville, dont le père a construit un appareil qui attire irrésistiblement les aériens.
    Ensuite il y a Alexandre qui est dans la même classe que Sarah et qui vit des moments difficile. En effet, tous ses amis l’ont laissé tomber et la bande de Théo, un petit caïd du quartier, cherche constamment à s’en prendre à lui.
    Enfin, il y a Romain. Romain est aphasique depuis un grave accident de la route. Ses anciens amis sont persuadés qu’il joue la comédie, n’ayant jamais entendu parler de l’aphasie, et à défaut de réussir à s’en prendre à lui, ils s’en prennent à son petit frère, Alexandre.
    J’ai pu comprendre la réaction de Karim. Même si Alexandre n’est responsable de rien, je comprends tout à fait qu’il le rejette au vu des circonstances. La situation est vraiment difficile pour lui.
    Les autres, que ce soit les élèves ou la bande de Théo, mériteraient des baffes. Sous prétexte qu’ils ne connaissent pas quelque chose, bien sûr, ça ne peut pas exister. Comment une chose pourrait exister sans que des parasites des cités ne le sache (Y’a beaucoup de choses qui ne doivent pas exister).
    J’ai été choquée que les professeurs, le proviseur, les autorités laissent les choses se dégrader à ce point. Bien sûr je me doute qu’ils ne sont pas vraiment au courant des expéditions punitives de Théo et tant que personne ne porte plainte contre ce petit con qui se croit fort avec son couteau, il ne risque pas d’être arrêté ; mais personne n’a donc pris la peine de parler aux gamins du collège ? Pour leur parler des dangers de la route et de ce qu’est exactement l’aphasie ?

    Alexandre et Sarah vont faire preuve de beaucoup de sang froid. Quant à Romain, il est très courageux car il essaie de rester le grand frère protecteur alors même qu’il n’arrive plus à parler et il n’hésite pas à se jeter dans l’aventure malgré son handicap.
    Mêlée à du fantastique avec la présence des aériens, cette histoire parle de colère, de harcèlement, de courage et d’acceptation.
    Bien adapté à son public cible, la collection pepix noir semble avoir un bel avenir devant elle si elle continue à nous proposer des titres aussi intéressant.

     

    Un extrait : Courantd’Air gonfle le nuage de ses particules pour voir par-dessus la cime du toit qui le dissimule. Il se rétracte aussitôt : Blizzard est là !

    Il rôde dans le froid de l’aube hivernale, à moins de deux pâtés de maisons.
    L’immense Aérien l’a-t-il perçu ? Courantd’Air frémit d’inquiétude, et n’attend pas pour le savoir. Il plonge vers la rue, petit souffle de vent invisible aux yeux des passants matinaux.

    A dix mètres du sol, il se met à suivre la chaussée, volant aussi vite qu’il peut. Il ne tient pas à être le prochain esclave de Blizzard – vraiment pas !
    Mais il n’a pas encore parcouru la moitié de la rue… qu’il se fige.
    Un son extraordinaire, sublime, caresse chacune des particules de son corps éthéré.
    Irrésistiblement attiré, Courantd’Air dévie sa course sans même s’en rendre compte et remonte à toute allure le flot de la musique.
    Il s’engouffre dans l’entrebâillement d’une fenêtre, au troisième étage d’un vieil immeuble. Le remous d’air de son passage précipité fait claquer le battant vitré, Courantd’Air ne s’en aperçoit pas. Il contourne sans le voir un humain accroupi devant une machine cubique trouée d’un hublot.
    La merveilleuse musique émane de là. Vaguement, le petit Aérien se dit qu’il devrait se méfier.
    Mais ce son est tellement divin…

    Avec délice, Courantd’Air se laisse aspirer totalement. Le hublot se referme sur lui.

     

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  • Le tiercé du samedi #128

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    Rappel du principe: Chaque semaine, le samedi comme son nom l’indique, il conviendra de choisir les trois livres, le trio gagnant, correspondant au thème proposé.

    A la fin de chacun de ces Rendez-vous, j’indiquerai le thème de la semaine suivante.

    Ce Rendez-Vous Livresque a été inspiré de « The Saturday Awards Book » créé par l’Echos de mots, et qui n'existe plus aujourd'hui.

    Comme annoncé la semaine dernière, le thème d'aujourd'hui est:

    Les trois livres qui vous ont fait rire aux larmes alors que vous broyiez du noir avant de les commencer

     

    Alors pour ma part, le trio gagnant est:

     

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    Pour vous servir

     

     

     

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    Même si la plupart des employeurs sont odieux, on ne peut pas s'empêcher de rire devant certaines situations complètement absurdes.

     

     

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    La fourmi rouge

     

     

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    Même si le livre aborde des sujets on ne plus sérieux, l'humour de l'héroïne nous fait mourir de rire pendant toute la lecture

     

     

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    Kaamelott - Livre I - Partie 1

     

     

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    Aussi hilarant à l'écrit qu'à l'écran, le scénario de la première partie du livre I de la série Kaamelott nous fait rire aux larmes



    Pour la semaine prochaine, le thème sera: Les trois livres que vous refuseriez de lire même si votre vie en dépendait

    Et n'hésitez pas à laisser en commentaire le lien vers votre propre tiercé du samedi!

  • [Film] Contre-enquête

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    Titre original : Contre-enquête

    Réalisé par : Franck Mancuso

    Date de sortie : 07 mars 2007

    Genre : Thriller

    Pays d’origine : France

    Durée : 1h25

    Casting : Jean Dujardin, Laurent Lucas, Agnès Blanchot, Jean-Pierre Cassel…

    Résumé : Malinowski, Capitaine à la Crim', a l'habitude d'être confronté aux faits-divers les plus durs. Mais lorsque sa propre fille est assassinée, tout bascule. Bouleversés par sa détresse, ses collègues mènent l'enquête au pas de charge et un suspect est bientôt arrêté, puis condamné.
    Du fond de sa cellule, celui que tout semble accuser clame son innocence et décide d'écrire à Malinowski. Et s'il était innocent ? Face à la douleur du père qui a obtenu justice, le doute du flic s'installe peu à peu. Pour Malinowski, une contre-enquête solitaire commence...

    Mon avis : Dès les premières scènes, plusieurs choses peuvent frapper : déjà la fillette peut aller sur l’ordinateur sans aucune surveillance puisque non seulement elle en a un dans sa chambre mais en plus elle tape sans aucune hésitation le code parental, qui pour le coup ne sert plus à grand-chose ; ensuite, si son père juge sa tenue vestimentaire un peu légère, à son âge, elle ne fait certainement pas les boutiques seule et donc ses parents ont dû juger à un moment donné que ces vêtements étaient convenables à son âge. Donc si en tant que père, il trouvait cette tenue inappropriée, pourquoi est-ce qu’il la lui laisse porter (bon personnellement, j’ai juste trouvé un peu ridicule la juxtaposition des pantalons et de la jupette à volants, mais rien de choquant); enfin, quand Malinowski rentre du commissariat où il a fait un saut d’une heure et qu’il découvre que sa fille n’est plus là, il ne s’affole pas. La manière dont il dit à sa femme au téléphone « Elle s’est tirée » semble indiquer que ce n’est pas la première fois que la gamine se barre ainsi sans permission et sans aucune indication de là où on peut la trouver. Je trouve que laisser une gamine de son âge faire ce qu’elle veut est irresponsable.

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    Je sais bien que sans tout ça, il n’y aurait plus eu de film, mais pour un couple Flic-médecin, je trouve les parents assez laxistes au niveau de la sécurité de leur fille.
    Jean Dujardin est vraiment bluffant dans ce film qui est bien loin des rôles comiques un peu ridicules qu’il campe en général. J’avoue que je l’ai préféré dans ce rôle plus sobre, plus sombre aussi, rempli d’émotions allant du désespoir à la froide détermination.

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    Tout au long du film, on sait qu’il y a manipulation, mais impossible de dire qui manipule qui, de celui qui est en prison, des flics qui ont expédiés l’enquête pour trouver au plus vite un coupable, du nouveau suspect qui se profile… jusqu’à la fin que j’ai trouvé explosive au sens émotionnel du terme.
    Le film va droit à l’essentiel. Il est très court par rapport aux films d’aujourd’hui, à peine 1h20 et il est donc impossible de digresser sur des histoires secondaires comme c’est souvent le cas. Ici on ne meuble pas, on est efficace et concentré sur une seule histoire. J’ai vraiment préféré ce type de réalisation que de devoir suivre plusieurs histoires dont au final la moitié finira en queue de poisson car elles ne servent qu’à rajouter des minutes au film.
    C’est la sobriété du film qui fait sa force. Quand, au début, le corps de la fillette est retrouvé, on ne s’attarde pas des heures sur le chagrin et le désespoir du père. A aucun moment on ne tombe dans l’excès et ça fait mouche.
    Un film qui m’a fait redécouvrir un acteur que j’appréciais déjà et que j’ai hâte de continuer à découvrir dans d’autres films que de la comédie.



  • [Livre] Maman dit que c’est ma faute

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    Résumé : Cathy Glass, mère d’accueil, est désemparée devant cette petite fille qu’on vient de lui confier : Donna semble porter sur ses épaules toute la tristesse du monde. Le regard vide, elle ne dit pas un mot.

    Lorsqu’enfin elle s’exprime, elle révèle une vie de souffre-douleur. Sa mère la bat, l’humilie, la traite en esclave et boit l’argent des allocations.

    Cathy saura-t-elle redonner à Donna l’estime de soi et faire sortir toute la colère qui semble près de l’étouffer ?

     

    Auteur : Cathy Glass

     

    Edition : Archipoche

     

    Genre : Témoignage

     

    Date de parution : 14 octobre 2015

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : La famille de Donna est vraiment horrible et Cathy va aller de découvertes en découvertes, chacune pire que la précédente alors qu’elle pense à chaque fois que la mère de Donna a touché le fond.
    Personnellement, je ne comprends pas que cette femme soit non seulement en liberté mais qu’on l’autorise à avoir des contacts avec sa fille qu’elle se plaît à détruire psychologiquement à défaut de pouvoir le faire de nouveau physiquement. La place de cette femme est en taule, ou à la rigueur dans un hôpital psychiatrique parce qu’avoir une telle haine pour une petite fille est révélateur de problèmes mentaux, aux cas où l’état de sa maison et son comportement autodestructeur n’auraient pas mis la puce à l’oreille des autorités.
    Même s’il n’y a pas encore eu d’audience définitive devant le juge, je n’arrive pas non plus à comprendre qu’on laisse cette femme en contact avec Donna, trois fois par semaine, surtout quand on voit les crises de violence de la fillette à chacun des retours de ces « séances », actes de violence qui montre tout le désarroi de la gamine.
    Le dilemme pour Cathy est énorme car elle doit sans cesse penser à la meilleure manière d’aider Donna mais aussi protéger ses propres enfants et surtout sa fille, Paula, âgée de 6 ans.
    A travers de l’histoire de Donna, Cathy nous parle des obligations qui pèsent sur les familles d’accueil : départ en vacances, sorties, privation d’argent de poche, tout doit être accepté par l’assistante sociale. La mère d’accueil doit aussi écrire un journal où elle doit raconter tout ce que fait l’enfant qui lui est confié et ce journal est consulté régulièrement par l’assistante sociale qui le signe pour montrer qu’elle en a eu connaissance. A se demander si les mères d’accueil ne sont pas vues comme de simples employées de garderies. Elles semblent avoir les mains liées pour tout mais doivent gérer les tensions et les difficultés des enfants au quotidien. Si je trouve bien qu’il y ait un suivi pour éviter les dérives que l’on a pu constater dans certaines familles d’accueil, je trouve que là c’est un peu exagéré. Pas étonnant qu’ils aient autant de mal à trouver des familles prêtes à accueillir des cas difficiles quand on voit toutes les contraintes qu’on leur impose.
    Cathy a gardé contact avec Donna après que celle-ci, qui est métisse, ait été confiée définitivement à une femme ayant la même couleur de peau qu’elle (décision prise car la fillette avait un gros problème d’acceptation de sa couleur), et nous donne des nouvelles pour qu’on puisse voir comment elle a évolué en grandissant. Elle nous donne aussi des nouvelles de la famille de la fillette.
    Ainsi l’histoire ne se termine pas de façon abrupte, comme parfois pour ce genre de témoignage.

     

    Un extrait : Je ne pensais pas accueillir un nouvel enfant avant la rentrée. En général, le mois d’août est « calme » pour les services de la protection de l’enfance, non que les mauvais traitements ou les crises familiales connaissent une trêve pendant cette période, mais tout simplement parce que personne ne les signale. Ce n’est qu’en septembre, lorsque les enfants retournent à l’école, que les enseignants remarquent de ecchymoses, recueillent des confidences ou repèrent des comportements anormaux de repli sur soi ; ils donnent alors l’alerte. Les périodes les plus chargées pour les services sociaux sont fin septembre, octobre et, malheureusement, après Noël, quand les familles dysfonctionnelles explosent sous la pression de toute une semaine passée ensemble.
    C’est donc avec une certaine surprise que, rentrée du jardin, où je mettais une lessive à sécher, pour aller répondre au téléphone, j’entendis la voix de Jill, ma coordinatrice de l’agence de placement.
    - Bonjour, Cathy, me dit-elle, toujours enjouée. Vous profitez bien de ce beau soleil ?
    - Et comment ! Vous avez passé de bonnes vacances ?
    - Oui, merci. La Crète est un endroit charmant. Je ne suis rentrée que depuis deux jours, mais je repartirais bien !

    - Ah oui ? L’agence a déjà beaucoup de demandes ? demandai-je, surprise.

    - Non, mais je suis seule au bureau cette semaine. Rose et Mike sont en vacances.
    Jill marqua une pause. J’attendais la suite ; elle ne m’avait sans doute pas appelée pour savoir si je profitais bien du soleil ni pour se plaindre que ses vacances soient terminées. J’avais vu juste.
    - Cathy, j’ai reçu ce matin un coup de téléphone d’une assistante sociale, Edna Smith. Une femme formidable. Elle cherche une nouvelle famille d’accueil pour une petite fille, Donna, qui a été placée fin juillet. J’ai tout de suite pensé à vous.
    Je ne pus réprimer un petit rire entendu. A n’en pas douter, cela laissait présager des ennuis. Quand un enfant doit changer de famille au bout de trois semaines, c’est que son comportement a été ingérable.

    - Qu’est ce qu’elle a fait ? demandai-je
    Cette fois, c’est Jill qui émit un petit rire.

    - Je ne sais pas vraiment, et Edna non plus. Tout ce que les parents d’accueil ont dit, c’est que Donna ne s’entend pas avec ses deux petits frères. Ils ont été placés ensemble.
    - Ca me parait léger pour justifier un changement de famille, commentai-je.
    Etant donné le caractère très déstabilisant pour l’enfant d’une telle décision, on ne la prend qu’en cas d’extrême nécessité, lorsque l’échec est patent.

     

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  • [Livre] Fétiches

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    Résumé : Des chuchotis dans les ténèbres.

    Une cavalcade étouffée dans les couloirs.

    Des gémissements.

    Les nuits sont rudes et effrayantes à l'établissement psychiatrique haute sécurité de Beechway ...

    Pour le personnel comme pour les patients.

    On murmure que le fantôme de « La Maude », la cruelle infirmière de tous leurs cauchemars, serait reparue.

    Hallucination collective ?

    Autosuggestion ?

    Lorsque les malades commencent à se mutiler et que des morts suspectes surviennent, l'infirmier en chef, AJ, décide d'alerter le commissaire Jack Caffery.

    La folie rôde, l'horreur est en marche et ne demande qu'à s'évader ...

     

    Auteur : Mo Hayder

     

    Edition : Pocket

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 08 janvier 2015

     

    Prix moyen : 8€

     

    Mon avis : Dans l’histoire de « la Maude », le commissaire Caffery n’arrive que vers la moitié du roman car il est occupé à la recherche d’une jeune fille disparue (ou plutôt de son corps car personne ne pense la trouver en vie). J’avoue que cette partie m’a laissée perplexe car je n’y ai trouvé aucun intérêt ni pour le personnage de Caffery, ni pour l’ensemble du roman. Comme le commissaire Caffery est un personnage récurrent des romans de Mo Hayder, je me suis demandé si toute cette histoire n’était pas là pour apporter une résolution à une affaire commencée dans un autre tome, mais comme ce tome est le seul que j’ai lu, je ne saurais le confirmer.
    La première chose à savoir c’est que ce livre est beaucoup moins effrayant que ne le laisse supposer le quatrième de couverture et la couverture. Franchement, je m’attendais à trembler, à ne pas pouvoir éteindre la lumière… et puis non. C’est un bon thriller, mais il ne file pas la trouille (surtout quand on a lu le dernier Sire Cédric peu de temps avant).
    Les chapitres sont très courts, ce qui fait qu’on avance assez vite (le coup du : encore un chapitre et je dors, ne marche absolument pas, les chapitres étant trop courts pour qu’on s’y tienne).
    Il y avait quelques indices qui nous indiquaient la fin, mais franchement, je n’ai pas su les décoder avant que la solution ne soit écrite sous mes yeux. Comme les personnages, je me suis laissée prendre aux apparences et je ne me suis pas méfiée de la bonne personne (en fait, même quand je m’en suis méfiée, j’ai minimisé son rôle).
    L’histoire personnelle d’Isaac est dure à avaler. Ok il a tué ses parents, mais certaines révélations font qu’on se demande si sa place était vraiment dans un hôpital psychiatrique pour aussi longtemps. Beaucoup de choses dans ce livre ne sont pas ce qu’elles semblent être.
    Malheureusement, beaucoup de choses ne sont pas expliquées comme : comment Isaac arrive à entrer chez Penny ?
    Parfois, certaines scènes semblent peu importantes, anecdotiques, mais au final, elles se révèlent toutes importante pour comprendre l’intrigue.
    J’ai beaucoup aimé Mère Monstre qui en sait bien plus que l’on croit et que personne ne songe à interroger sous prétexte qu’elle est une patiente. Et pourtant, elle en aurait des choses à dire !
    Fétiches fait partie d’une série de roman ayant pour personnage principal le commissaire Caffery mais peut se lire indépendamment des autres. La seule chose est que le personnage, qui a déjà évolué dans 5 livres avant celui-ci, ne sera pas développé autant que les personnages créés spécifiquement pour ce roman, puisqu’on est censé déjà le connaitre.
    Un thriller qui n’a pas été un coup de cœur, mais que j’ai lu d’une traite.

    Un extrait : Il est près de 11 heures quand AJ LeGrande, coordinateur en chef de l’établissement psychiatrique Beechway, s’éveille en sursaut d’un cauchemar. Son cœur cogne dans sa poitrine et il lui faut un moment pour retrouver ses repères et se rendre compte qu’il est habillé, assis dans son fauteuil, les pieds sur son bureau. Les rapports qu’il lisait se sont éparpillés sur le sol.

    Il se frotte la poitrine nerveusement. Cligne des yeux et se redresse. La pièce est sombre, il ne passe qu’un rai de lumière sous la porte. Sur sa rétine danse l’image floue récurrente d’une petite forme accroupie sur lui. A cheval sur sa poitrine, sa figure lisse proche de la sienne. Ses bras menus posés délicatement sur les clavicules d’AJ. Il se passe la langue sur les lèvres, parcourt la pièce des yeux, imagine la forme s’échappant malgré la porte fermée à clé. Glissant dessous, passant dans le couloir et se mettant à courir dans tout l’hôpital.

    Il a la gorge serrée. Il n’a pas l’habitude des cols de chemise : il n’est coordinateur que depuis un mois et ne s’habitue pas au costume. Et les cravates à clipser qu’il porte pour sa propre sécurité, il n’a pas le tour de main pour les fixer correctement. Elles ne sont jamais bien accrochées – du moins il n’a jamais l’impression qu’elles le sont. Il laisse ses pieds tomber par terre et défait sa cravate. L’étau qui lui comprime les poumons se desserre un peu. Il se lève, va à la porte. Tripote la poignée, hésite. S’il ouvre, il va découvrir une petite silhouette en chemise de nuit trottinant dans le couloir désert.

    Trois longues inspirations. Il ouvre la porte. Inspecte le corridor dans un sens puis dans l’autre. Rien en vue. Rien que les choses familières auxquelles il s’est accoutumé au fil des ans : les dalles vertes du sol, le point de rassemblement en cas d’incendie avec son plan du service, les mains courantes capitonnées. Pas d’ourlet de chemise de nuit disparaissant au détour du couloir.

    AJ s’appuie un moment au chambranle et tente d’éclaircir son esprit. Des naines sur sa poitrine ? Des petites créatures en chemise de nuit ? Le chuchotis de pieds menus ? Et deux mots auxquels il ne veut pas penser : la Maude.

    Bon Dieu. Il se frappe le front de la jointure d’un doigt. Voilà ce qui arrive quand on enchaîne deux services d’affilée et qu’on s’assoupit avec une cravate trop serrée. Franchement, c’est dingue. Comment se fait-il que, passé cadre administratif, il assure pour la deuxième fois le service de nuit d’un membre du personnel soignant ? C’est tout à fait ridicule, parce que, auparavant, le service de nuit était très recherché : une occasion de regarder la télé ou de rattraper du sommeil en retard. Tout a changé depuis ce qui est arrivé la semaine précédente au pavillon Pissenlit. D’un seul coup, ceux qui étaient de service de nuit ont quitté le navire tels des rats en se faisant porter pâles sous toutes sortes de prétextes. Personne ne veut plus passer la nuit dans le service, comme s’il y était arrivé quelque chose de surnaturel.

     

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