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  • [Livre] Horreur boréale

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    Résumé : Une ferveur religieuse sans précédent s'est emparée de la petite ville minière de Kiruna, en Laponie, depuis que le charismatique Viktor Strandgârd, le Pèlerin du Paradis, a survécu à un terrible accident et est revenu d'entre les morts. Pourtant, un matin, il est retrouvé sauvagement assassiné et mutilé dans l'église de la Force originelle où il officiait. Sanna, la fragile sœur de Viktor, demande à son amie d'enfance, Rebecka Martinsson, avocate fiscaliste à Stockholm, de venir la soutenir et l'aider à échapper aux soupçons de la police. Rebecka, aux prises avec son passé et menacée par les disciples de cette communauté religieuse qu'elle a fuie, doit prouver l'innocence de Sanna au nom d'une amitié depuis longtemps brisée...

     

    Auteur : Asa Larsson

     

    Edition : Folio

     

    Genre : Thriller

     

    Date de parution : 02 février 2011

     

    Prix moyen : 9€

     

    Mon avis : Concernant Rebecka Martinsson, j’ai pris les choses à l’envers. J’ai d’abord lu le tome 4 dans le cadre du grand prix des lectrices ELLE ; puis le tome 5 dans le cadre de la masse critique Babelio. Enfin, je me suis dit, qu’il était peut-être temps de savoir comment tout avait débuté !
    Dans ce premier tome, Rebecka est avocate fiscaliste. Autant vous dire que j’ai passé ma lecture à chercher les indices indiquant qu’elle pourrait devenir procureur un jour (c’est ça de commencer par la fin !).
    Rebecka revient pour la première fois depuis des années dans sa ville natale pour épauler une ancienne amie qui se trouve suspecte dans l’assassinat de son frère, un pilier de la communauté religieuse.
    On ne peut pas franchement dire que Rebecka se précipite à son aide, mais, au fil des pages, on comprend à la fois ses réticences à aider Sanna et celles à retourner à Kiruna.
    Il faut dire que Rebecka a autrefois fait partie de cette communauté religieuse, qui, pour ma part, ressemble plus à une secte qu’à une religion. On sait qu’elle n’est pas la bienvenue à Kiruna, mais on ne comprend ce qu’il s’est passé que par bribes, au travers de flash-backs concernant le passé de Rebecka.
    Les personnages sont complexes : Rebecka a refait sa vie et n’a aucune envie de retourner à Kiruna mais se sent un peu obligée de le faire au nom d’une amitié qui n’existe plus vraiment (et on le comprend quand on avance dans les flash-back) ; Les pasteurs de la communauté agissent en complète contradiction avec les valeurs qu’ils prônent, ils sont avides, cupides, n’hésitant pas à plier la loi à leur avantage, sûr que personne ne va venir leur reprocher quoi que ce soit, puisqu’ils tiennent la majorité de la population sous leur coupe ; Le patron de Rebecka se comporte parfois comme un vrai crétin, et parfois comme un type vraiment génial.
    Personnellement j’aime beaucoup la flic : Anna-Maria Mella. Enceinte, interdite de terrain jusqu’à son accouchement, elle ne vient, au début, que jeter un œil pour donner son avis à un collègue. Puis elle est prise dans la spirale et ne cesse de se mêler de l’enquête, frisant plus ou moins d’insubordination toutes les deux minutes. Elle conduit comme une folle, n’a absolument aucun tact, et j’ai pensé que c’était un miracle qu’elle n’ait pas accouché sur une scène de crime !
    En dehors des « pasteurs », qui sont tous plus méprisables les uns que les autres (je ne supporte pas ceux qui tentent d’utiliser Dieu pour soumettre les gens à leurs 4 volontés), le personnage que j’ai le moins supporté est Sanna. Je sais bien qu’elle a toujours été soumise à la secte, que ses parents l’ont élevée pour qu’elle soit une godiche soumise et silencieuse, mais son attitude, tout au long du livre, m’a donné envie de lui foutre des baffes pour la sortir de son monde et la ramener dans la réalité.
    On a beau avoir de sérieux doutes sur l’identité du ou des coupable(s), la tension reste intacte jusqu’à la fin. Et pour ma part, même une fois le livre refermé, pour un certain personnage, je doute encore !

     

    Un extrait : Sanna reprit la parole. Sa voix semblait aussi fragile que la glace de septembre. Cette voix, Rebecka la reconnaissait : eau noire et glaciale tourbillonnant sous une surface lisse en apparence.

    — Ils lui ont coupé les mains. Et ses yeux étaient… enfin, tout ça est si étrange. Quand je l’ai retourné, sa nuque était… Je crois que je deviens folle. Et la police me recherche. Ils sont venus à la maison très tôt ce matin. Je n’ai pas ouvert et j’ai dit aux filles de ne pas faire de bruit. Ils doivent penser que j’ai tué mon propre frère. Alors j’ai pris les petites et je suis partie. J’ai peur de ne pas tenir le coup. Pourtant ce n’est pas ça le pire.

    — Non ? dit Rebecka.

    — Sara était avec moi quand je l’ai trouvé. Lova aussi mais elle dormait dans le traîneau devant l’église. Sara est sous le choc. Elle ne prononce plus un mot. J’essaie de lui parler mais elle reste prostrée devant la fenêtre, ses cheveux derrière les oreilles.

    Rebecka sentit son estomac se nouer.

    — Pour l’amour de Dieu, Sanna, fais quelque chose. Appelle l’hôpital psychiatrique et demande une consultation d’urgence. Vous avez besoin de soutien psychologique, tes filles et toi. J’ai l’air de dramatiser la situation, bien sûr, mais…

    — Je ne peux pas et tu le sais bien, gémit Sanna. Papa et maman prétendront que je suis folle et ils chercheront à m’enlever les enfants. Tu les connais. Et puis notre Église exècre les psychologues, les hôpitaux et tout ce qui s’en approche. Nos fidèles ne comprendraient pas. Je ne peux pas parler à la police non plus, ils compliqueraient la situation. Je n’ose même pas répondre au téléphone par peur des journalistes. Les débuts de notre cause ont été aussi mouvementés que pénibles. Les gens appelaient pour traiter Viktor de cinglé. Selon eux il était victime d’hallucinations.

    — Tu comprends que tu ne vas pas pouvoir continuer à te cacher comme ça, implora Rebecka.

    — Je n’en peux plus, je n’en peux plus, dit Sanna comme pour elle-même. Excuse-moi de t’avoir dérangée, Rebecka, tu as sûrement du boulot qui t’attend.

    Bon sang de bordel de merde, jura intérieurement celle-ci.

    — J’arrive, soupira-t-elle. Mais tu dois accepter de parler à la police. Je viens pour te soutenir, O.K. ?

    — D’accord, murmura Sanna.

    — Es-tu capable de conduire et d’aller jusqu’à la maison de ma grand-mère, à Kurravaara ?

    — Je peux demander à quelqu’un de m’y accompagner.

    — Bon. Il n’y a jamais personne là-bas en hiver. Emmène Sara et Lova. Tu te souviens où est cachée la clé. Fais du feu. Je serai là cet après-midi. Tu vas pouvoir tenir le coup jusque-là ?

    Après avoir reposé le combiné, Rebecka resta un instant à fixer l’appareil. Déboussolée, elle se sentait vidée de l’intérieur.

    — Bon sang, c’est pas croyable, dit-elle désespérée à Maria Taube. Elle n’a même pas eu besoin de me le demander.

     

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